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18/11/2013

« Les Tourbillons d’Anne Frank », par « Les Vies l’Art », des « Oiseaux r’Arts »

Anne Frank.jpgAffiche-Les-Tourbillons-d-Anne-Frank-Paris.jpgTrès beau moment de théâtre, dimanche après-midi, 7 rue des Plâtrières (Paris, 20ème). Surprenant, aussi, quand on croit venir pour partager une expérience qu’on croit être éducative, et qu’on trouve de l’art, à hauteur d’art, justement.

Une salle pleine, attentive, une scène au décor dépouillé (des papiers jetés à terre, un chandelier, des valises, une table), peu de lumière.  (L’ombre est celle de l’angoisse que les personnages vivent dans le contexte de l’horreur : le nazisme, la persécution, la mort qui hante, et, dominant cette ombre, le symbole nazi – immense il fait que l’univers terrifiant sort de la scène et domine la salle entière, spectateurs pris dans cette ombre).

Des comédiens, dont ceux «qu’on dit déficients intellectuels », et qui sont notés là, rajoute le programme, « Extra-Ordinaires » : la troupe « Les Vies l’Art ». Non ordinaires, pas regardés en général comme « ordinaires ». Mais donnant effectivement un jeu extraordinaire. Une année de préparation, le travail du groupe dans le cadre d’un atelier, une actrice devenue metteur en scène, et passée par le rôle d’éducatrice pour faire le lien entre son art et ces êtres qu’elle a découverts et qui la passionnent : Béatrice Scarfogliero. Lire, pour la découvrir,  l’interview sur ce blog (deux auteurs, Andréa et Rebecca) : http://fromeuropewithlove.fr/2013/11/05/interview-de-beatrice-scarfogliero/  (avec des photographies de la pièce)

Peu de paroles, mais fortes. Dans le silence, importance de la gestuelle et des symboles.

Anne Frank écrit, a peur, rêve. Sa famille se terre, vit, et souffre.

Les valises deviennent, à la fin, des cercueils, puis des tombes où on pose les pierres rituelles (respect, hommage, deuil). Les papiers restent à terre, messages de menaces, identités perdues.

Mémoire. Hommage à ceux qui sont évoqués, et à tous ceux qu’ils représentent, les victimes de l’Holocauste. Condamnation du nazisme, rappel du mal qui vient de la haine, du racisme, de l’antisémitisme.

Puis Hitler perd ses signes, et un autre personnage apparaît : Hitler est mort, une autre Allemagne naît, avec des générations  qui héritent d’une histoire terrible mais des enfants qui ne sont pas coupables des crimes des pères (au sens symbolique de pères). Gestuelle qui semble représenter une sorte de transe d’effacement ou de naissance, une danse de chaman : cette fois c’est un jeune allemand qui sort de l’ombre. Pour que cela soit dit, que l’espoir de la fraternité s’ouvre à la fin, la voix de Barbara fait passer le message de Göttingen, cette chanson qu’elle écrivit justement à Göttingen. Emotion, point final qui clôt de manière magistrale cette création magnifique… très applaudie. 

Les Tourbillons d’Anne Frank, quefaire.paris.fr : http://bit.ly/1aew8FO  et, page theatreonline.com : http://bit.ly/1fNbqxY Sur le site de l’association les « Oiseaux r’Arts », à laquelle est rattachée la troupe « Les Vies l’Art » : http://www.lesoiseauxrarts.fr/les-spectacles/les-tourbillons-danne-frank/

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Göttingen. Ce qu’en écrit Barbara dans son autobiographie, « Il était un piano noir : Mémoires interrompus » : « En Göttingen je découvre la maison des frères Grimm où furent écrits les contes bien connus de notre enfance. C'est dans le petit jardin contigu au théâtre que j'ai gribouillé 'Göttingen', le dernier midi de mon séjour. Le dernier soir, tout en m'excusant, j'en ai lu et chanté les paroles sur une musique inachevée. J'ai terminé cette chanson à Paris. Je dois donc cette chanson à l'insistance têtue de Gunther Klein, à dix étudiants, à une vieille dame compatissante, à la blondeur des petits enfants de Göttingen, à un profond désir de réconciliation, mais non d'oubli. » : http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%B6ttingen_(chanson)

Göttingen, extrait : « Quand ils ne savent rien nous dire,
Ils restent là à nous sourire
Mais nous les comprenons quand même,
Les enfants blonds de Göttingen.

Et tant pis pour ceux qui s'étonnent
Et que les autres me pardonnent,
Mais les enfants ce sont les mêmes,
A Paris ou à Göttingen.

O faites que jamais ne revienne
Le temps du sang et de la haine
Car il y a des gens que j'aime,
A Göttingen, à Göttingen. »

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Site de la Maison Anne Frank :  http://www.annefrank.org/  

Le Journal d’Anne Frank : http://www.annefrank.org/fr/Anne-Frank/Le-journal-dAnne-Frank/

Livre de Poche, le Journal, édition 2013 : http://bit.ly/I0oPr8 

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