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22/12/2014

Kamel DAOUD. Journalistes algériens solidaires.

Soutien, d'évidence, parce que cette menace contre un journaliste et écrivain est insupportable. Que c'est révélateur de la mise en danger de soi que constitue la volonté de dire, quand on affronte les extrémismes en refusant leurs diktats. Que le sens de cette attaque est d'autant plus fort et violent que l'intellectuel visé est une figure de liberté et pensée de très haute exigence. La lecture de ses chroniques est une nourriture essentielle (intelligence, lucidité, et humanisme). Ce qui se joue là est la possibilité d'un monde à construire, d'une Algérie d'avenir, d'une traversée des frontières au-delà des limites identitaires et des enfermements. Mais la violence est aussi dans certains soutiens affirmés qui, en fait, trahissent le message réel de l’écrivain menacé. 

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Mise à jour (22-12-2014) : un texte de soutien, parmi tous ceux qu’on pourrait mentionner... Contribution, publiée dans Le Soir d’Algérie, 20-12-2014.  « De la charte de l’impunité à «la peine de mort» de Kamel Daoud », Par Leïla Aslaoui-Hemmadi :http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2014/12/20/article.php?sid=172343&cid=41

Ce texte (lisible intégralement sur le site du journal : ci-dessous de larges extraits) pose des questions importantes, pour lesquelles les réponses ne sont d’ailleurs pas simples. Tenter la réconciliation après des périodes de guerre civile, cela peut ramener la paix, stopper la haine et la mort... Mais si le terreau idéologique demeure, et si le pardon rencontre le mensonge de fausses renonciations, appuyées par des complaisances, le germe mortifère peut couver là. L’auteur du texte met aussi en question le terme de fatwa, qui, en effet, est détourné par les islamistes s’autoproclamant maîtres en religion... Les pétitions, ajoute-il, ne suffiront pas. Cet appel terrifiant d’un intégriste est une leçon, est-il dit finalement : la vigilance ne doit jamais cesser. 

Constat valable, à mon sens, autant à Paris qu’à Alger : des extrémismes menacent (certains similaires, dont la genèse échappe un peu trop aux analystes pour que les réponses soient toutes pertinentes, d’autres de nature différente, mais interférant avec la même culture de haine). Contre les fascismes (noirs ou verts) les polices et pouvoirs ne peuvent seuls agir : il faut une résistance de terrain, et des outils pour qu’elle puisse concrètement s’ancrer dans le quotidien et se faire entendre.... »

CITATIONS : « Abdelfatah machin… dans son ignorance crasse ne saura jamais rien de Camus, de L’étranger et de Meursault. Il ne retint des propos de Kamel Daoud que le terme «Dieu» lorsque probablement celui-ci a dit : «Si on ne tranche pas la question de Dieu dans le monde arabe, on ne va pas avancer.» Ah Dieu ! le monopole des islamistes. Ah Dieu ! dont eux seuls ont le droit de parler lorsqu’ils assassinent en son nom et de l’islam, lorsqu’ils demandent la mise à mort d’un poète, d’un écrivain, d’un cinéaste, d’une femme, d’un homme toujours au nom de Dieu, c’est bien ce qu’a fait Abdelfatah machin… lorsqu’il a lancé son cri de haine contre Kamel Daoud sans se forcer d’ailleurs, parce que tout son être n’est que haine, détestation à l’égard de tous ceux qui ne lui ressemblent pas mais surtout qui ne partagent pas son projet de société fait d’incurie et d’obscurantisme. Et en bon islamiste fidèle à ses principes : si on ne se soumet pas à son «diktat» il appelle au meurtre. «Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous. Leur meurtre est licite» inscrivirent les Frères musulmans de Hassan-El-Bana en 1953 dans leur charte. » /  (...) « Demain, si nous nous taisons, viendra le tour des journalistes, des éditeurs, d’autres écrivains, d’artistes-peintres, etc. Ne l’avons-nous pas vécu ? » / (...) « Voilà pourquoi notre vigilance est plus que jamais d’actualité, parce que l’islamiste tantôt assassine ceux qui «sont contre lui» tantôt il vocifère qu’il faut les tuer comme Abdelfatah machin… Le résultat est strictement identique. Voilà pourquoi nous sommes tous des Kamel Daoud solidaires avec lui et plus que jamais. Plus que jamais dis-je, car si Abdelfatah machin… et autres islamistes ont recours à l’anathème, à l’appel au meurtre, c’est essentiellement parce que «la charte de l’impunité» (dite «de réconciliation nationale ?») a fait d’eux non pas seulement des criminels de la pire espèce blanchis mais aujourd’hui des infatués récidivistes appelant à l’assassinat des républicains. A leurs côtés se tiennent leurs idéologues qui jureront qu’ils sont des non-violents, «des islamistes modérés» disent les naïfs ou les niais c’est selon ; mais qui en, leur for intérieur, partagent en tous points le hurlement barbare de Abdelfatah machin… » / (...) « Si de telles pratiques sont autorisées, tolérées, instrumentalisées par l’Etat, cela signifie, comme l’exprime Mohamed Issami que : «Leur «repentance» a concerné le recours à l’action terroriste et non aux idées qui sont l’intolérance, l’inquisition et finalement la violence. Autrement dit, la religion n’est qu’un retour à la case départ («Le FIS et le terrorisme : Au cœur de l’enfer» Le Matin éditions page 417). L’amnistie dite «de réconciliation nationale» garantissant l’impunité aux terroristes islamistes fait d’eux mais aussi de leurs soutiens d’hier et d’aujourd’hui des défenseurs acharnés de leur projet de société. C’est ainsi qu’il faut interpréter l’appel au meurtre de Abdelfatah machin… Et notre vigilance ainsi que notre solidarité avec Kamel Daoud ne sauraient s’arrêter à la signature d’une pétition. » / (...) « Alors oui, nous sommes tous des Kamel Daoud. Mille fois oui. » L. A.-H.

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