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03/11/2015

« Apocalypse Staline », regard sur un documentaire… Et comment cela nous donne à penser, plus loin...

Sur ce documentaire historique de Daniel Costelle et Isabelle Clarke on trouve des critiques diverses, positives complètement, certaines, plus nuancées ou critiques, d’autres. J’en ai choisi quatre, à donner à lire (liens ci-dessous…). Pour ma part je trouve cette réalisation nécessaire et intéressante. On pourra prolonger par des lectures… Occasion de se questionner sur ce qui fait que les êtres humains choisissent d’adhérer à des systèmes totalitaires, destructeurs, meurtriers, fous. La source est toujours dans ce qui précède, dans les souffrances. mais cela ne suffit pas à expliquer la soumission à des êtres au charisme d’ombre, ni la puissance de ces ordres maléfiques qui perdurent longtemps. Comment tant de gens peuvent suivre des injonctions leur ordonnant de surveiller, dénoncer, emprisonner, torturer, tuer, être les rouages de l’infamie. Prisons idéologiques, fascinations d’appartenance, peurs inversées. 

Comment ne pas penser à Etienne de La Boétie, son « Discours de la servitude volontaire » (écrit à dix-huit ans…!). Donc, le relire… 

Ensuite, affronter (…) des lectures historiques qui démasquent la part d’horreur (démasquent, car longtemps occultée), et des liens de chaînes d’influence que des lecteurs n’apprécient pas forcément. (Voir, ci-dessous, des critiques de la somme de Thierry Wolton, "Histoire mondiale du communisme" : comment penser, notamment, l’éventuelle responsabilité de la France, par les aspects les plus sombres de sa Révolution, de la Terreur, quand nos ‘héros’ n’ont pas toujours les mains blanches? Cet examen-là doit-il faire peur?). 

Retour, aussi, sur le regard si lucide d’Albert Camus, vilipendé pour ça, son regard sur les mirages de l’univers stalinien que beaucoup, en France, soutenaient, refusant d’en voir les crimes. Car penser seul, dans l’intimité de ses questionnements, et exprimer clairement ses questions et ses doutes, cela demande du courage. C’est savoir d’avance les rejets de ceux qui, n’ayant pas pris le temps du retrait solitaire, lui préférant le confort de l’appartenance, de l’accord conforme, mépriseront, détesteront. Sur Camus, malgré l’immense reconnaissance internationale, on sent encore les effets pervers de ce rejet : le Pieds-Noirs libertaire - et Algérien de fait, sans papiers - dérange encore. Mais n’est-ce-pas un devoir de libertaire que cela : déranger…? Solitaire et lié. J’ai relevé, notamment, dans des critiques littéraires, récentes, au sujet de l’ouvrage de Kamel Daoud, auteur (et chroniqueur) que j’apprécie, et qui détourne l’Etranger en créant un miroir inversé. Beaucoup de critiques relisent le livre de Camus en oubliant deux choses importantes. L’une est le fait que Camus, dans son livre, n’est pas le personnage mais l’auteur - confusion permanente, étonnante chez des spécialistes de littérature. L’étranger, c’est Meursault, et comment ne pas penser que Camus pose question sur l’identité des natifs algériens de différentes communautés, quand la nationalité n’existe pas encore, du fait que l’indépendance n’est pas alors acquise. C’est Meursault, pas Camus, dans ce sens aussi. Car lui rêve autrement, déchiré. Meursault est étranger par son absence au monde et à l’affect, par son incapacité de nommer l’autre en dehors d’une identité qui l’éloigne, d’où l’absence de prénom (l'auteur entre dans la conscience de son personnage et crée autour de lui un univers de mots qui correspondent à ses failles, non par mépris de l’écrivain qui endosserait une sorte de racisme, mais par la lucidité d’un auteur qui montre une réalité problématique qui fait partie de l’absurde - étape de sa pensée et non finalité de l’oeuvre inachevée : un système qui colonise piège tous les gens dans cette absence de regard, tant sur soi-même que sur l’autre. Peut-on voir plus grande critique? Et, deuxième chose, c’est oublier le Camus des Chroniques algériennes, le Camus intervenant dans l’ombre pour sauver des indépendantistes condamnés (lui qui ne l'était pas et n'était pas non plus le contraire, voulant  inventer autre chose, une fédération peut-être), le Camus des Ecrits libertaires, dans la ligne de la résistance fondatrice, le Camus de la Trêve, haï, cette fois, par l’extrême droite, menacé (et peu aidé par les autres.), le Camus de L’Hôte… Donc, relire Camus… ses Ecrits libertaires, notamment, enfin regroupés en 2008 (Egrégore éds.), réédités en 2013 (Indigène éds.), grâce au fabuleux travail de Lou Marin, chercheur allemand. Voir ci-dessous… 
HIST communisme 1.jpgDiscours.gifCamus LIB.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A LIRE… 

Sur le documentaire, quatre liens, ci-dessous :

 

 

Télé Star 5 bonnes raisons de regarder ce documentaire » : http://www.telestar.fr/2015/photos/apocalypse-staline-fra... 

Et, Nouvel Obs : http://teleobs.nouvelobs.com/actualites/20151027.OBS8390/... 

Mais, Les Inrocks (la polémique...) : http://www.lesinrocks.com/2015/11/03/actualite/la-polemiq...

Et, Libération (gros sabots...) : http://www.liberation.fr/planete/2015/11/02/staline-gros-...  

Sur l’ouvrage d’Etienne de la Boétie, et sur l’auteur...  Un commentaire sur un blog libertaire (avec un lien vers le texte)... http://libertaire.pagesperso-orange.fr/archive/2000/227-a... 

Ed. Mille et une nuits (avec une belle couverture…), diffusion librairie en ligne, Decitre, 3€ et 1,99 en E-Book ( : http://www.decitre.fr/livres/discours-de-la-servitude-vol... 

Sur le stalinisme (fiche wikipedia, avec une bibliographie partielle, études contemporaines) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Stalinisme 

….

Sur la somme de Thierry Wolton :

Histoire. Une somme. Présentation de l’édition, Grasset : « Histoire mondiale du communisme », en deux tomes (T.1. Les bourreaux, T.2. Les victimes. Ouvrages de Thierry Wolton, éd. Grasset) : http://www.grasset.fr/histoire-mondiale-du-communisme-tom...  et  http://www.grasset.fr/histoire-mondiale-ducommunisme-tome...  Troisième volume, à paraître, Les Complices.

La critique du Nouvel Obs reproche une vision trop anticommuniste (négligeant des apports sociaux ou des implications positives, cf. résistance)  : http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20151022.OBS8142/une-...

Le Figaro apprécie plus (c’est cohérent…), avec un bon titre pour le dossier, « Retour sur une utopie sanguinaire » : http://www.lefigaro.fr/livres/2015/10/21/03005-20151021AR...  (et un bon titre, aussi, pour la recension des livres : « Une tyrannie qui a tant séduit »)  

Philosophie magazine fait une recension sans parti pris : http://www.philomag.com/les-livres/notre-selection/histoi... 

Lien. Albert Camus, Ecrits libertaires, Indigène éditions : http://www.indigene-editions.fr/esprit/albert-camus-ecrit... 

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