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17/11/2017

Islam, spiritualité authentique contre dérives islamistes. Islamisme et complicités irresponsables…

Deux chroniques particulièrement intéressantes.

D’abord, un texte d’Abdennour Bidar. Percutant, nécessaire. Rage de penser que les auteurs majeurs parlant de l’islam et combattant l’islamisme prêchent dans le désert. Colère contre les aveuglements complices et les confusions haineuses…

« Tirons les leçons de l’affaire Ramadan ».

Extraits (et lien) :

« L’affaire Tariq Ramadan est atterrante à bien des égards. Comment se fait-il qu’il ait fallu attendre le scandale d’accusations de violences sexuelles pour qu’enfin nos élites s’interrogent sérieusement sur le personnage ? Depuis quinze ans, j’ai eu plus que le temps de vérifier l’incapacité quasi systématique de nos médias, de notre classe politique, de la plupart de nos « grands » intellectuels à comprendre en profondeur les questions posées par l’islam. » (…)

« Combien de nos intellectuels ont entrepris une mise en dialogue de leur propre pensée avec au moins un grand philosophe ou sociologue du monde musulman, un grand théologien, un grand mystique de cette civilisation ? » (…)

« L’affaire Ramadan y changera-t-elle quelque chose ? Nous fera-t-elle enfin comprendre que nous restons tragiquement aveugles aux « racines du mal » de l’islamisme ? Systématiquement depuis des années, nos élites choisissent avec une infaillibilité remarquable les mauvais interlocuteurs, et nous ouvrons nos micros, écrans, tribunes, aux traditionalistes patentés du Conseil français du culte musulman (CFCM), ou bien à des prestidigitateurs comme Ramadan, qui rient à gorge déployée de l’aubaine incroyable de notre naïveté.

Débusquer la supercherie

Leur tour de passe-passe est en effet des plus grossiers. A longueur de conférences-débats et autres talk-shows, ils se contentent de réciter avec talent tous les mots que nous aimons entendre, et dans le bon ordre : réformer l’islam, l’adapter à la modernité, le libérer des traditions obscurantistes, bla-bla-bla. Il suffirait pourtant d’aller lire de plus près leurs livres – comme l’a fait, par exemple, Caroline Fourest avec un énorme courage – pour débusquer l’incohérence entre cet affichage publicitaire et l’indécrottable dogmatisme comme l’agressivité larvée qui ressurgissent à chaque page ou presque. » (…)

«… dans notre société de l’image et de la communication, personne ne prend le temps d’aller voir le fond des choses. On célèbre unanimement l’esprit critique, mais personne ou presque ne s’en sert. » (…) «… nous avons laissé se développer en France un islamisme de plus en plus décomplexé, qui revendique maintenant haut et fort la suprématie de la loi de Dieu face à la loi démocratique, qui affiche sans vergogne intolérance et antisémitisme… »  (…)

« En collectionnant les figures d’« imams progressistes » chez lesquels il n’y a le plus souvent qu’un effort parfois sincère mais toujours insuffisant d’adaptation de l’islam, nous avons franchi le pas scélérat de la complicité objective avec tout ce qui contredit les valeurs de la République et des droits de l’Homme. En ayant fait de Ramadan un phénomène médiatique (…) c’est en réalité sa starisation qu’on a organisée. » (…)

« Encourager une philosophie critique de l’islam. 

A l’arrivée, c’est le positionnement d’une trop grande partie de nos élites vis-à-vis de l’islamisme qui n’est ni lucide ni clair.» (…)

« Meddeb est mort, Arkoun est mort, Chebel est mort, après avoir tous crié dans le même désert. C’est indigne de la France. Combien restons-nous désormais à produire une philosophie critique de l’islam ? Une pensée qui nourrisse en chacun les questions spirituelles aussi bien que l’appartenance citoyenne ? Une pensée qui réconcilie les identités, les appartenances, et qui œuvre pour une fraternité qui ne soit pas que de façade ou de fronton ? On pourrait nous compter sur les doigts d’une main » (…)

« Il est grand temps d’arrêter d’être aussi aveugles, complaisants ou lâches face à tout ce qui produit de la radicalité aujourd’hui au quotidien dans notre société. Il faut arrêter aussi, à toutes les échelles, les politiques de complicité avec l’islam politique « 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/11/14/tirons-les...

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Autre chronique, cette fois pour questionner le « lieu » idéologique de la parole de Plenel. Analyse excellente qui mérite une lecture intégrale attentive. Décryptage d’un positionnement complaisant qui a des racines politiques précises, des failles de pensée anciennes, des objectifs non dits. Réflexion d’Alain-Jacques Jacot sur son blog… 

« Islamo-gauchisme, trotskisme et taqiya. D’où parles-tu, camarade Joseph Krasny? »

Citations (et lien) :

« Il était d’usage en 1968, lorsqu’un intervenant demandait la parole dans une AG, de lui demander « D’où parles-tu camarade? », histoire de savoir quel courant idéologique il réprésentait. Voilà longtemps que des journalistes paresseux ou ignares, représentant de médias complaisants, ne posent plus cette question au camarade Joseph Krasny (son pseudo de journaliste de « Rouge », l’organe de l’ex-Ligue Communiste Révolutionnaire, un certain Edwy Plenel qui depuis 20 ans, agit sous couvert de « recherche de vérité journalistique »! » (…)

« Voilà d’où parle le « camarade » Joseph Krasny-Edwy Plenel . Voilà ses buts, voilà ses méthodes! Il poursuit le même but avec les mêmes méthodes que tout militant trotskiste  » infiltré » dans un milieu ennemi. » (voir, sur la note du blog, la liste, qui précède cette phrase, des « méthodes » trotskistes). (…)

« Il se trouve que cet objectif est exactement le même que celui du prédicateur « frère musulman » Tariq Ramadan. Leurs méthodes également. Dans une répartition de rôles, l’un vise la gauche, l’autre les musulmans; l’un les médias, l’autre l’Université. 

Cette alliance objective, illustrée par la complicité entre Ramadan et Plenel, a été théorisée en 2004… » (…)

 « D’où parles-tu, camarade? .

Je demande aussi aux mêmes journalistes de poser à Tariq Ramadan, prédicateur des Frères Musulmans sous couvert d’islamologie, Islamiste qui veut prendre en otage nos concitoyens musulmans, cette même question. (…)

C’est donc maintenant aux républicains, de droite comme de gauche, à se mobiliser pour sauver l’essentiel : LA REPUBLIQUE FRANCAISE, Universaliste, une et indivisible, sociale et laïque. »

https://leblogalupus.com/2017/11/13/islamo-gauchisme-trot... 

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A partir de ces questionnements toute intervention peut être située. 

Poser la question du lieu social, idéologique, et politique, d’où quelqu’un s’exprime, peut se faire directement (journalistes… à condition qu’ils aient fait le travail d’information indispensable). Mais il peut se faire (lecteurs, public qui s’informe) indirectement, en cherchant les traces, les sources, les modalités du « dire ». C’est appliquer simplement la règle de lecture qui est enseignée quand on explique ce qu’est l’énonciation, quand s'exprime un locuteur qui est quelque part, ceci ne signifiant évidemment pas seulement un lieu géographique, mais tout ce qui situe l'espace idéologique et intellectuel à partir duquel quelqu'un élabore son discours. « Qui parle? A qui? D’où? » Ce b.a. ba enseigné au collège est souvent oublié par des « intellectuels » négligeant la rigueur…  De plus, à cette triple question il faut ajouter « Comment? ». Les mots choisis, la structure des textes et des phrases, les références et les silences, voilà qui donne des clés. En plus des faits trop souvent occultés (comme ce livre de Plenel, soi-disant en soutien des musulmans, diffusé abondamment par le Qatar, pays auquel Ramadan est lié par des soutiens et engagements, etc.).

Dans un article récent Médiapart (Plenel) considère qu’il existe « un islamisme démocrate que représentait Ramadan » (!!!) : sur leur site. Et une responsable de Médiapart a déclaré que l’islamisme n’était « pas une chose grave »… La logique complaisante poussée à bout.

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