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09/02/2011

Andrée CHEDID, POETE. 20-3-1920/6-2-2011, Le Caire/Paris. Hommage

Au coeur du coeur.jpg

« S’écoulent les mots / Qui délivrent le cri / Relais / De fièvres et d’aube / De chant et de chagrins » / (…) / « Entre le doute et la voie / Veille en ta parole ». Andrée Chedid, « Par-delà les mots », éd. Flammarion.

A peu de jours près, deux poètes meurent en même temps, deux êtres venus, l’un, d’au-delà des mers, l’autre d’au-delà des frontières : Edouard Glissant, Andrée Chedid. Tous deux pétris de cultures croisées, ouverts au monde. Tous deux écrivains majeurs, donnant à la langue une ampleur éthique, au pays une identité traversée, questionnée, enrichie.  

La qualité de  l’écriture d’Andrée Chedid a été reconnue par des auteurs comme Char, Lévis Mano (poète et éditeur), Jabès, et bien d’autres…

Poèmes, mais aussi nouvelles, romans, essais, théâtre... Et, dans l’œuvre poétique, des proses, notes brèves, entre poème et aphorisme : ainsi les textes de « Terre et poésie ». Le Printemps des poètes l’a célébrée en 2010, et dans le métro parisien on pouvait lire ce texte affiché : « Les habiles, les jongleurs de mots sont plus éloignés de la poésie que cet homme qui – sans parole aucune – se défait de sa journée, le regard levé vers un arbre, ou le cœur attentif à la voix d’un ami. »   …

On peut découvrir la poésie d’Andrée Chedid, simplement, avec un tout petit livre, une anthologie de la collection Librio : publication à l’occasion du Printemps des Poètes. « Au cœur du cœur » : les textes ont été choisis et préfacés par le poète Jean-Pierre Siméon et Matthieu Chedid, M, son petit-fils musicien. De la préface je retiendrai deux passages qui éclairent la démarche, insistent sur ce qui, profondément, nourrit l’ancrage universel de cette écriture : « La poésie chez Andrée est une philosophie de l’existence, elle fonde une éthique de la fraternité » et « Oui, il y a une rebelle dans Andrée Chedid, une objection résolue à ce qui ment, à ce qui dégrade ».

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En exergue à la fiche d’evene.fr, cette citation : « Ecrire, c’est très dur, avec de grandes fenêtres de joie » http://www.evene.fr/celebre/biographie/andree-chedid-3083.php  (biographie, citations, bibliographie, hommage, lien vidéo INA, entretiens, dont un interview de Louis Chedid, son fils, le chanteur).

Site (en anglais) : http://www.andreechedid.com/

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Hommages en ligne :

(Sur le site du Printemps des Poètesun texte de Jean-Pierre Siméon, article paru dans L’Humanité du 8 février, « Ce qui fonde à mes yeux la valeur exceptionnelle de son œuvre et qui lui assurera, je crois, une postérité plus longue qu’on imagine peut-être, c’est son enjeu éthique », et un lien avec la page dédiée du site de Guy Allix,  « Andrée était un très grand poète dont il faudra peu à peu relire l’œuvre pour l’apprécier à sa juste mesure, loin des faiseurs à la mode. »

Sur poezibao, par Bernard Mazo : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/02/hommage-%C3%...

Ecrits-vains, Andrée Chedid et le pouvoir de l’écriture, par Renée Laurentine : http://ecrits-vains.com/points_de_vue/renee_laurentine01....   (« Lors d'une interview, Andrée Chedid a parlé de son œuvre comme de l'éternelle quête d'une humanité. ») et lecture du recueil « Territoires du souffle », par Renée L. aussi : http://ecrits-vains.com/recueils/chedid.htm (« Bien qu'Andrée Chedid soit aussi romancière, nouvelliste et dramaturge, la poésie reste une " source essentielle " »)

Dossier sur Terres de femmes« Les traversées poétiques d’Andrée Chedid », soirée IMA pour le Printemps des Poètes 2006, traversées très méditerranéennes, pour une méditerranéenne d’importance). Sur le même site, des textes « poèmes du jour », anthologie, et des notes. (Liens à la suite du texte sur cette page)... http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2006/03/les_tr...

medi@terranée, journal de la Méditerranée :  http://www.mediaterranee.com/20110207168811/France/Cultur... (citation des différents hommages officiels) 

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Revue de presse

Télérama : « Un poème pour saluer Andrée Chedid », par Martine Laval : http://www.telerama.fr/livre/un-poeme-pour-saluer-andree-chedid,65387.php («  Elle qui écrivait « Je lutte et résiste » ne faisait qu’une seule âme avec la poésie »). Le texte cité,  est « Le Rien », « Rythmes », 2003 (« J’ai traversé le Rien / Aux jours de mon enfance /  Déchiffrant la mort »…).  

L’Express : http://www.lexpress.fr/culture/livre/andree-chedid-est-morte_959612.html  (« Dans ses romans elle parle de ce que l'Egypte lui a apporté et dresse parfois des parallélismes touchants »)

Elle : (« Andrée Chedid laisse derrière elle une vingtaine de recueils  de poèmes dont quelques-uns pour enfants ») : http://www.elle.fr/elle/Loisirs/Livres/News/La-romanciere...

Le JDD : http://www.lejdd.fr/Culture/Livres/Actualite/La-romancier...  (« Andrée Chedid rejoint le cercle des poètes disparus » / « Poétesse du ‘Double pays’ »)

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Nombreuses CITATIONS sur babelio.com : http://www.babelio.com/auteur/Andree-Chedid/5687/citations

30/01/2011

Un Balcon sur la mer, film de Nicole Garcia

J’ai vu récemment ce film. Merci, Nicole Garcia, merci Jacques Fieschi, son coscénariste. Les acteurs sont excellents, et on oublie qu’ils jouent : Jean Dujardin et Marie-Josée Croze, notamment, mais pas uniquement, loin de là (forte présence du père pied-noir, par exemple). Histoire de double ? Mais double double… Jeune femme qui retrouve son amour d’enfance, mais qui, confondue avec une autre, maintient la confusion, s’y perd ; homme qui vit une identité apparente, dans une vie « normale », et une autre, cachée à lui-même, refoulée, dans une amnésie de survie. C’est tellement vrai cette vision du problème identitaire des exilés, surtout quand s’ajoutent les traumatismes de l’incompréhension des autres et les silences des aînés, enfermés dans leur douleur. Ce n’est pas une quelconque nostalgie qui intéresse Nicole Garcia, mais la question du déchirement intérieur, de cette identité troublée : quelle est la part de l’authenticité, la part des mensonges qu’on se fait à soi-même ? Guérit-on de son exil ? Quand, à la fin du film le personnage de Jean Dujardin dit s’être perdu et qu’il parle de l’instant, du lieu, j’entends autre chose : perdu à moi-même dans l’oubli de mes souvenirs de cet ailleurs de l’enfance. Et cela se passe aux abords du théâtre où celle qu’il recherche va jouer : de nos identités lesquelles ne sont que des rôles auxquels on croit? Quand elle répétait son rôle et croyait ne pas trouver le ton juste, alors que justement elle l’avait trouvé, elle parlait du regard (comme en parle Nicole Garcia dans l’interview de TGV magazine, mais en tant que metteur en scène qui ne peut se regarder elle-même comme actrice, qui comme actrice a besoin du regard d’un autre). Les yeux ont beaucoup d’importance dans la reconnaissance complexe entre les deux personnages, et ils en ont beaucoup dans ce qu’on ressent de nos appartenances : les yeux de l’autre… A Oran l’homme assis, Algérien au beau visage, qui dit à Jean Dujardin qu’il peut monter sur la terrasse, a des yeux fraternels, des yeux qui reconnaissent celui qui est né là. Comme cela se passe si souvent, en réalité, dans les retours des Pieds-Noirs… Il y a trop souvent, ici, les regards qui exilent (hostiles ou indifférents, ou loin de comprendre) et il y a, à cet instant, sur cette rive, le regard qui ancre.  Les lieux sont magistralement filmés : Oran de la mémoire, en flash-back, et Oran du présent, Nice, le sud… C’est un film très méditerranéen : voilà une identité magnifiée par ce film, et celle-ci, exil ou pas, se retrouve d’une rive à l’autre, perdure.

Dans le TGV magazine de décembre-janvier 2011, j’ai lu un entretien intéressant dont je choisis deux passages, pour compléter cette note sur cet excellent film (Nicole Garcia répond à Olivier Boucreux). « Quand on retourne sur un lieu de son enfance après un exil, on retrouve un peu de cette enfance à jamais perdue. Et c’est déchirant. » (…) Et, parlant  de la tristesse de la génération de ses parents : « L’Histoire a été sévère avec cette communauté que l’on a appelé plus tard les Pieds-Noirs. » (J’ajoute la majuscule, puisque c’est une identité collective…).

 Sur le site telerama.fr  on peut lire un long et passionnant entretien (et voir des vidéos) : http://www.telerama.fr/cinema/nicole-garcia-en-compagnie-des-ombres-1-2,63544.php « J’étais déjà retournée à Oran pour des voyages officiels, et j’avais ressenti une émotion étrange, très animale. Ni romantique, ni nostalgique. Plutôt le sentiment violent d’un temps à jamais perdu. Comme une déflagration. »

Dans cet entretien Nicole Garcia évoque son rôle, comme actrice, dans le film de Laurent Heynemann, « La Question »    (à partir du livre d’Henri Alleg), participation nécessaire et difficile (du fait des confusions faites entre l’armée française et les Français d’Algérie dans divers courants de l’opinion).  Occasion pour elle d’un retour sur mémoire, déjà, d’un retour dans le pays de l’enfance. Elle précise aussi, pour son dernier film, l’importance de Jacques Fieschi, son coscénariste, lui aussi originaire d’Algérie, et attaché à cette origine de manière plus tripale, et qui, dit-elle, l’a plongée dans l’eau de ce sujet (situer cette histoire de double dans l’arrachement de l’exil) comme on jette dans une piscine. Parce que, certainement, la résistance est grande. Et d’autant plus grande que la douleur enfouie est forte ? Elle parle du silence de son père, de l’origine espagnole, de la fuite de la langue du père.

A lire, critique de Télérama, 18-12-10, par Guillemette Odicino : http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:vwrjOCgddFAJ:www.telerama.fr/cinema/films/un-balcon-sur-la-mer,418551,critique.php+un+balcon+sur+la+mer+telerama&cd=2&hl=fr&ct=clnk&gl=fr  « Un Balcon sur la mer, le sixième film de Nicole Garcia, est un retour aux sources pour cette cinéaste d'origine oranaise. Et ce qui l'intéresse, dans cette histoire de passé retrouvé, c'est le vertige. Celui que l'on ressent en se penchant d'un balcon sur lequel on aura, trop longtemps, refusé de monter. »

Voir aussi synopsis et vidéo : http://www.telerama.fr/cinema/films/un-balcon-sur-la-mer,418551.php    

Lire aussi les critiques diverses de cette revue de presse : http://www.allocine.fr/film/revuedepresse_gen_cfilm=145167.html

Je sais que certains lui ont reproché de n’avoir montré qu’un attentat de l’OAS (la petite fille qui meurt, et qu’aimait, enfant, le personnage principal, était la fille d’un communiste indépendantiste : un attentat OAS les avait tués, et cette mort avait été cachée au petit garçon amoureux, déjà traumatisé par l’arrachement à son pays de naissance). Ainsi ce film est démonté par un blogueur  (qui pourtant sur son site dénonce aussi des crimes de l’OAS, ailleurs) : voir les liens ci-dessous. Car il ne comprend pas pourquoi  le scénario retient un attentat (fictionnel, ici, mais s’inspirant de faits réels) et pas d’autres, ne faisant aucune allusion au massacre du 5 juillet 1962 à Oran, par exemple, massacre qui a traumatisé toute une ville (et que des Oranais algériens qualifient de génocide dans le documentaire de Jean-Pierre Lledo  «Algérie, histoires à ne pas dire » : voir la bande-annonce du film et des critiques dans les liens de ce blog, albums, et vidéos).  

Je ne ferai pas du tout les mêmes reproches à ce film. Le but n’était pas de réaliser un documentaire équilibré sur les torts des uns et des autres, ou de rentrer dans des débats historiques, ou de traiter du terrorisme (FLN ou OAS). Le sujet était d’abord le thème du double, soutenu par la question de l’exil (dont le traumatisme crée forcément une dualité intérieure, et nourrit donc ce déchirement identitaire de l’individu). Si le scénario avait intégré d’autres problématiques le film aurait dévié et le sujet n’aurait plus été traité : il aurait perdu sa part d’universalité. Et cela aurait été bien dommage. C’est donc, pour moi, un film qu’il faut voir et soutenir. Elle ne parle que d’un attentat OAS ? Mais d’autres n’en parlent jamais : ça équilibre… 

29/12/2010

Jafar Panahi, cinéaste iranien, arrêté et condamné. Mobilisation internationale...

Mobilisation pour le cinéaste iranien Jafar Panahi. Article du Monde, 21-12-2010... http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/12/21/jafar-panahi-les-intellectuels-francais-expriment-leur-indignation_1456136_3218.html

Relire le message du cinéaste au festival de Cannes, 18 mai 2010 (arrêté pour un projet de film)... http://www.lefigaro.fr/festival-de-cannes/2010/05/18/03011-20100518ARTFIG00649-le-message-poignant-de-jafar-panahi.php  (« Le réalisateur iranien Jafar Panahi ne cesse de hanter les esprits » (...) « «Ici, des milliers de prisonniers sans défense n'ont même pas une seule personne pour relayer leur détresse. Ils n'ont, tout comme moi, pas commis le moindre crime. Et mon sang n'est pas plus important que le leur.»

Biographie et filmographie de Jafar Panahi, sur allocine.fr... http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=21762.html

... Mise à jour...

Cinéaste résistant, arte.tv... TAXI Téhéran... http://cinema.arte.tv/fr/article/jafar-panahi-cineaste-re...

FICHE wikipedia. Biographie et filmographie... https://fr.wikipedia.org/wiki/Jafar_Panahi

04/12/2010

HANOUCCA, Fête des Lumières… en ce début décembre 2010

Bougies de Hanoucca.jpgMenorah de Hanoucca.jpgLiens, commentaires, textes, images, chants...

Fêtes, religions, cultures, symboles… En ce début décembre, c’est le temps de Hanoucca, fête juive rabbinique, fête des Lumières ». Elle a commencé le 2, précisément le 1er au coucher du soleil, et s’achèvera le 9. Dans cette page, des liens, d’abord (pour définir, donner des clés), puis des commentaires (approfondir un peu…), et, de nouveau des liens (littérature, vidéos, iconographie, musique).

Définitions : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hanoucca

Menorah de Hanoucca (découvrir) : http://fr.wiktionary.org/wiki/menora  (le chandelier à 9 branches, hanouccia).  Menorah (approfondir...) : « La force de la Menorah » : http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=1453

Pages dédiées, sur les sites des Juifs originaires des trois pays d’Afrique du Nord : http://www.harissa.com/D_Religion/hannouca.htm (Tunisie). Sur cette page, la lecture de plusieurs textes est aussi suggérée, ce qui fait un dossier assez riche : témoignage (Bernard Sberro), poème (Haïm-Nahman Bialik), conte (Albert Simeoni), etc.  http://www.dafina.net/hannouka.htm (Maroc). Et voir plusieurs hannoukiot du Maroc, là : http://www.dafina.net/hannoukasuite.htm  Sur http://www.zlabia.com/Hannouca1.htm (Algérie), avec le même poème que donne à lire harissa.com…

Sur Harissa on peut lire ceci : « Il est vrai que Hannouca est en fait une fête joyeuse puisqu'elle est la célébration de la victoire des Macchabées et de la reprise de contrôle du Temple qui avait été profané par les Syriens. La petite fiole de pure huile que les Macchabées trouvèrent continua à brûler pendant 8 jours. Aussi est-ce pour cela que Hannouca dure huit jours. Nous allumons une bougie le premier soir ainsi que le shamash*, deux bougies plus le shamash le deuxième soir et ainsi de suite. »

[(*shamash, ou chammaach : la branche centrale du chandelier). On trouve plusieurs graphies pour ce mot, comme pour Hanoucca.]

Si je résume, en première approche, ce sera par quatre mots : Joie, Lumière, Toupies, Huit (huit jours). Cette fête des Lumières, est dite de l’Edification  (et de l’Education). Le mot signifie aussi « inauguration ».  Les objets symboliques sont la bougie, le chandelier  (la Hanoukkia), la toupie.  On trouve des graphies différentes pour le nom de la fête : Hanouca, Hannouca, Hanoucca, Hanouccah.… On peut y chercher un sens strictement lié à l’Histoire du peuple juif (la survie contre les puissants), ou y voir un lien avec le solstice d’hiver, ou encore déchiffrer un symbolisme complexe à méditer, source d’enseignement pour sa vie. Et il faudrait alors ajouter un cinquième mot : sens.

Sur http://www.beth-hillel.org (comme sur Lamed.fr) des explications. Dont un beau, et très riche, commentaire (signé Rabbi Abraham Dahan), sur Hanoucca : On y trouve  l’explication du sens de la toupie (l’invention, la recherche, le refus de l’immobilisme dans le dogmatisme) : c’est une interprétation ouverte, donnée pour faire penser cette  « tension permanente »…  « entre le particulier et l’universel ».  Plus loin il est écrit « Ce n'est pas dans leur opposition qu'universalisme et particularisme doivent être compris, mais dans le passage, dans la tension entre les deux. C'est le mouvement même de la vie. » La victoire qui est commémorée est aussi interprétée ici comme une victoire du judaïsme contre l’hellénisme, même si des aspects de l’hellénisme étaient admirés, et restent largement reconnus (l’auteur note la présence de mots grecs dans l’œuvre rabbinique du Talmud). Je trouve, pour ma part, cette lecture fort intéressante, quand notre philosophie est constamment dans la vénération des grecs et dans l’oubli de tant de pensées et de cultures philosophiques autres.  A la fin de son texte  Rabbi Abraham Dahan cite Eliane Amado Lévy-Valensi (« La Racine et la Source »), pour préciser le sens de cette tension nécessaire : un équilibre trouvé dans le mouvement entre « recueillement  sur soi-même » et « expansion vers autrui », dynamisme d’un humanisme authentique, qui, à partir d’une oscillation lucide de la pensée entre soi et l’autre, évite les pièges du renfermement sur soi  ou d’un universalisme trop simpliste.

On peut appliquer cela, je pense, aux risques du communautarisme,  au départ  frilosités intellectuelles, puis peurs idéologiques,  qui empêchent de se confronter à la pensée différente, ou étrangère. Mais aussi on peut y voir, à l’inverse, une mise en garde contre l’oubli de soi dans une vague vision syncrétique de sa propre réalité, perdant les frontières de ses références, ou les rendant trop floues. L’ancrage dans sa communauté originelle, que les fêtes permettent,  par leur symbolisme, par le retour  réfléchi aux sources de sa pensée - dont elles sont l’occasion, si on en prend le temps de l’étude  - cet ancrage  n’est pas le communautarisme, mais il peut être  au contraire le terrain d’un réel universalisme.  Par ce commentaire et par la citation qui le clôt, Rabbi Abraham Dahan donne une forte et profonde signification à la fête de Hanoucca, cette fête des Lumières où la toupie vient rappeler ce que peut être le judaïsme, dans la construction de l’individu, entre rationalité dynamique et intégration du symbolique.

Il ne faut pas négliger l’iconographie (chandeliers, bougies, toupies). Et notamment, là : http://www.lamed.fr/index.php?id=174&cat=64  (illustration de quatre articles sur Hanoucca, dont un sur Noël, ou la tentation de l’arbre : en lire aussi les commentaires, qui rappellent un parallélisme  intéressant… entre Hanoucca et Noël, dates et symboles).... Autres articles, nombreux, sur le même sujet, même site, plus de deux pages de titres, ailleurs : Pour approfondir les liens de cette fête avec d’autres aspects du judaïsme,  des études denses sont proposées (car, est-il indiqué, "La valise la plus lourde à porter est celle qui est vide",  et "Nous proposons de pénétrer le judaïsme par 80 portes de la vie" http://www.lamed.fr/index.php?id=191 

Lire, notamment, ce texte : « Connaissance ou sagesse », par le Rabbin Shraga Simmons : http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=1516  (et la question de l’éthique).

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Cherchant le mot « lumière » dans une encyclopédie des symboles, par exemple celle de La Pochothèque (Livre de Poche), on trouvera plusieurs pages sur ce « symbole de la divinité ou de la spiritualité ». Dans l’article de  ce volume (Pochothèque) je relève la mention de la cabbale juive, pour le sens ésotérique de la lumière, comme « substance même de la divinité », le lien avec le récit de la Genèse dans la Bible, et des éléments comparatifs (obscurité et lumière dans la pensée chinoise : le yin et le yang ; la parole du Christ, « Je suis la lumière du monde » ; ou la lumière comme « métaphore de la sagesse » dans l’hindouisme ; et le nom sacré « Nûr », ou « Nour », dans l’Islam.  …………………………………………………………………………………………………………………

Si on veut aller plus loin dans la compréhension des fêtes et des rites il faut, je trouve, lire les commentateurs, les philosophes, les auteurs de contes, et les poètes. « Seule l’interprétation, m’offrant la liberté d’inventer, me permet d’inventer ma liberté ! », écrit Marc-Alain Ouaknin dans « Lire aux éclats, Eloge de la caresse », 1989, éd. Lieu Commun (p. 77). Et Jean Zacklad « Sous l’un de ses aspects l’hébreu est écrit comme sur un palimpseste », dans « Pour une éthique, Livre 3, « L’Alliance » (p. 15), éd. Textes et travaux, 1985. (Donc la pensée que cette langue, originellement, porte, pourra se lire aussi comme palimpseste à déchiffrer). Il conclut cet ouvrage par un développement sur le lien, ...«l’urgence de l’étude du lien, immersion de l’invisible dans le visible », ce qui peut s’opposer à la « nocivité » des « gens ligaturés dans les choses » (p. 81). Emmanuel Lévinas, lui, commentant un psaume, dans « Cinq nouvelles lectures talmudiques », « Du sacré au saint », 1977, éds de Minuit , évoque le symbolisme de la nuit, comme celui d’une obscurité qui représenterait le « mal » de la « non-communication » (« être absolument  enfermé en soi, au point de ne pas s’apparaître à soi-même », p.36). On peut donc alors penser,aussi, ce symbolisme de la lumière comme le rappel d’une exigence de communication. Ce que Lévinas précise, dans « Ethique et Infini », 1982, éd. Fayard. Parlant du rapport à autrui il dit : « Le visage me demande et m’ordonne » (p.104). Non, dit-il, pour être regardé (car le regard ne serait que « perception »), mais pour un accès qui est « d’emblée éthique » (p89). Ou comment, si on réfléchit au sens de quelques bougies allumées jour après jour sur un chandelier, et si on lit les penseurs du judaïsme, on trouve, en conclusion, de quoi s’interroger sur la notion d’humanisme. Car la flamme de la bougie (ce feu purificateur) éclairera le visage, donc autrui. Non, fait comprendre Lévinas, parlant du regard, mais pas de Hanoucca, non, fait-il comprendre, pour qu’on puisse voir la couleur des yeux ou le grain de la peau (si ce n’était que cela ce serait chosifier l’être) mais pour le reconnaître comme être, justement. Car … « l’homme dont il convient de défendre les droits, c’est d’abord l’autre homme, ce n’est pas initialement moi. Ce n’est pas le concept « homme » qui est à la base de cet humanisme, c’est autrui », « Du sacré au saint » (p.17).

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A LIRE… A VOIR… A ECOUTER, aussi.  (Un texte littéraire, des vidéos (objets, rites, visages et chants…), des images (riche iconographie).

Hanoucca et littérature... Indépendamment des commentaires, je choisis de renvoyer à un texte.  (Hanoucca en Alsace, mémoire d’enfance), extrait du livre de Claude Vigée,   « Un panier de houblon »,  tome 1, éd. J-C Lattès, 1994 : http://judaisme.sdv.fr/perso/vigee/judaisme/hanoucca.htm(Lire aussi cette étude de Francine Kaufmann, pour mieux saisir le contexte de cette page dans un livre qui est, écrit-elle, une « autobiographie des origines », et mieux comprendre ce que peut alors signifier la mémoire d'une fête de l'enfance, pour cet auteur dont le lieu originel a été ravagé par l'histoire - lieu et souvenir du lieu) : http://judaisme.sdv.fr/perso/vigee/litterat/houblon/houblon.htm ). 

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Voir cette reproduction d'une PEINTURE de Chalom Kinor (chandelier),  et écouter la brève COMPOSITION MUSICALE   de C.Kinor et T. Honstetter  (sur la même page): http://www.hassidout.org/page_derniere89.htm

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Regarder (et écouter) les VIDEOS suivantes :

…Hanoucca. Chants, objets rituels, mets, et souhaits en langues…  sur infolive.tv à Jérusalem : http://www.youtube.com/watch?v=RmS3WQtUyU0&playnext=1...

…ALLUMAGE des BOUGIES dans le monde : http://www.youtube.com/watch?v=qD7Xh2NwISc

…Festival of LIGHTS (Chanukah songs)  : http://www.youtube.com/watch?v=-gLQSZPuzII&feature=related  et http://www.youtube.com/watch?v=-FbooXzSiQk + http://www.youtube.com/watch?v=ISTEzSFFFRo&feature=related + http://www.youtube.com/watch?v=ZNkBaDa33iA&feature=related   Etc.

... Un très beau morceau musical, le VIOLON. (Le chandelier apparaît un instant…).  A jewish Odyssey, Dancing on water, Finjan, Shlomo Carlebach, Méditation.

http://www.youtube.com/watch?v=hXg6d0BQxik&NR=1

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ICONOGRAPHIE, IMAGES de google : http://www.google.fr/images?hl=fr&source=imghp&q=hanoucca&btnG=Recherche+d%27images&gbv=2&aq=f&aqi=g1&aql=&oq=&gs_rfai=

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Dialogue interreligieux... 

AJMF http://www.ajmfparis1.com/index.php?option=com_content&am... (Amitié judéo-musulmane de France, antenne de Paris)

AJCF : http://www.ajcf.fr/spip.php?page=sommaire  (Amitié judéo-chrétienne de France)