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23/02/2015

ROGER HANIN. HOMMAGE...

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Pas question, pour moi, de ne pas rendre hommage à Roger Hanin, « le Raimu des Pieds-Noirs » (le Soir, Belgique, titre de l’article de Fabienne Bradfer). Acteur plus grand qu’on ne l’a suffisamment dit (et Alexandre Arcady le rappelle), homme d’idées, fidèle à ses racines, et antiraciste de toujours. Son dernier choix (être enterré à Alger, dans le cimetière juif où son père repose) est un geste symbolique très fort, un message envoyé autant aux Algériens qu’à la communauté des Pieds-Noirs (Juifs ou pas), et, aussi, aux Français métropolitains. Que comprendre ? L’appartenance irréversible à une terre de naissance et d’origine (ce qui n’est pas contradictoire avec la pleine implication dans la citoyenneté française). Le lien possible entre les communautés d’une même terre native ou originelle, sur cette rive et sur l’autre rive, à condition de se pacifier soi-même, de ne pas être dans une mémoire de la guerre qui évacuerait les mémoires de paix et de partage. La paix des esprits, donc, nécessaire. La fraternité, indispensable. Et ce message, il le lance dans une période secouée où il est d’autant plus nécessaire de l’entendre.

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Alexandre Arcady, cité par  Le Monde, 11-02-15. Il dit notamment que pour lui Roger Hanin était « de la même trempe que Gabin et Belmondo », et « n'a pas eu dans le monde du cinéma la reconnaissance qu'il méritait ».

Lettre-hommage d’Alexandre Arcady, réalisateur, dans une lettre ouverte écrite le 13, dans le retour vers Alger pour l’enterrement de Roger Hanin (selon le choix de l’acteur), lettre dans laquelle il cite Camus.  JDD, 18-02-15… http://www.lejdd.fr/Culture/Le-cineaste-Alexandre-Arcady-...

La proximité d’Elisabeth Guigou et Roger Hanin (« On trouvait Mitterrand injuste vis à vis des Pieds-Noirs et ça nous réunissait »). Lci.tf1... http://lci.tf1.fr/cinema/video/elisabeth-guigou-evoque-ro... 

 Le Parisien, 12-02-15. Dossier. Titres et sous-titres : « Il était bien plus que le commissaire Navarro ». / « L’Algérien / L’Amoureux/ L’Acteur / Evocation de Robert Castel, de Marthe Villalonga ("Roger Hanin le plus souvent marié à Marthe Villalonga") / L’Engagé / Ses grands rôles vus par Emmanuelle Boidron, Patrick Bruel, Alexandre Arcady, Richard Berry... 

LIVRES  de Roger Hanin. Sélection. « L’Ours en lambeaux », autobiographie. « Roger Hanin raconte et se raconte. Comme il parle : d'une écriture murmurée, traversée d'éclats et de chatoiements. ». Et « Les Sanglots de la fête » (histoire vraie de Blanchette, partie de la Casbah vers Paris, et qui mourra à Ravensbrück.) 

Fiche wikipedia (biographie, filmographie, bibliographie, théâtre)... https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Hanin 

Hommage. Article, Actu.J., "L'homme qui a fait entrer les Pieds-Noirs dans le cinéma français"... http://www.actuj.com/2015-02/culture/1451-mort-de-roger-h... 

10/01/2014

SITES et PAGES sur Albert Camus, pour commencer l'année, en ce mois de janvier, anniversaire de sa mort en 1960

« Si j’avais à écrire ici un livre de morale, il aurait cent pages et 99 seraient blanches. Sur la dernière j’écrirais : ‘’ Je ne connais qu’un seul devoir et c’est celui d’aimer.’’ »

Albert Camus, Carnets (passage cité aussi, expo et livre, « Albert Camus citoyen du monde »)

« La pensée d’Albert Camus est un héritage vivant, ses mots résonnent toujours d’une vérité toute contemporaine. Qu’on les lise dans un manuscrit, une édition originale, un livre de poche ou un support électronique, les mots de Camus laissent échapper images et sensations qui frappent notre conscience. Tout l’art de Camus se produit dans l’écho de la lecture. »

« Albert Camus citoyen du monde. Mettre en scène une pensée »

Yacine Aït Kaci, réalisateur de l’exposition d’Aix-en-Provence

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SITES et PAGES à consulter :

ETUDES CAMUSIENNES :http://www.etudes-camusiennes.fr/wordpress/ (Présidente de la Société des Etudes camusiennes : Agnès Spiquel)

WEB CAMUS : http://webcamus.free.fr/ (Georges Bénicourt)

DISCOURS d’Albert Camus, remise du prix NOBEL, Stockholm, 1957. Sur nobelprize.org : http://bit.ly/1enP5aS

Archives INA, Albert Camus. Vidéos et Docs audios, ina.fr : http://bit.ly/1aeBpul

CENTRE ALBERT CAMUS, Cité du livre, Aix : http://bit.ly/1d8OgSX

Daniel Leconte, CAMUS FOREVER, 07-11-13 (rappels salutaires… !), huffingtonpost.fr : http://huff.to/1dkFuDa  (« Je ne suis pas sûr en effet que ceux qui t'encensent aujourd'hui sont tous de vrais héritiers. Pas sûr qu'ils résistent à vouloir recueillir une parcelle de ta gloire pour faire oublier leurs égarements et redorer un blason terni par des engagements qui ne te ressemblent pas ou pire qui les trahissent. Pas sûrs en somme que tous te soient fidèles quand ils font aujourd'hui ton éloge. » / « Je ne voudrais pas à mon tour privatiser ton héritage mais comment copiner avec Bouteflika par exemple et dans le même temps se revendiquer de toi ? Comment continuer à célébrer le génie de Sartre et te vouer une admiration sans limite ? Comment être inféodé à une philosophie de l'histoire et épouser ta conception de la liberté ? Comment en somme concilier ton refus de la servitude avec avec l'allégeance tacite à un antitotalitarisme contre un autre moins fréquentable ? / Tu as été l'animateur intransigeant de la gauche anti totalitaire. Tu as refusé tous les totalitarismes qu'ils soient communistes ou fascistes. » / « Que tu avais raison contre tous et tous ceux qui nous serinaient à l'époque qu'il valait mieux avoir tort avec Sartre que raison avec toi. Alors merci Albert pour cette lucidité qui 100 ans après fait aussi ta grandeur. Par les temps qui courent, elle nous aide à vivre avec notre temps.”). Et son livre... "Camus si tu savais"...

Lecture du Cahier de l’Herne sur Camus, par Nadia Agsous, « Albert Camus,  le ‘’semeur de questions’’… », 13-10-13, huffingtonpost.fr: http://huff.to/1a7Ijoj

Centenaire Camus, ouvrages, sur a-lire.info : http://bit.ly/1ktW07L 

PHILOMAG, hommage : http://bit.ly/1hEWCoR

Biographie : http://mael.monnier.free.fr/bac_francais/etranger/viecamus.htm  Autres pages du même site, sommaire : http://mael.monnier.free.fr/bac_francais/etranger/index.htm

Cinq livres présentés brièvement (La Chute, L’Eté, L’Etranger, Noces, La Peste), par François Lavallée : http://pages.infinit.net/flaval/Le_critique/Critiques_Livres_C.html#CamusEte

Hommage ? Article huffingtonpost.fr : http://www.huffingtonpost.fr/2013/11/07/centenaire-albert-camus-hommage-polemique_n_4226536.html (L’hommage officiel est tiède, mais tant mieux peut-être : "Aujourd'hui, on a pris la mesure de l'impact et de la densité du travail de Camus. L'hommage national, il existe à travers la parution d'ouvrages, les événements qui ont lieu dans de nombreux centres culturels et tous les éléments mis à disposition du public. Cet hommage là me paraît plus correspondre à l'esprit camusien que des commémorations officielles." Agnès Spiquel)

...Autres notes sur Albert Camus : catégorie et tags...

 

17/12/2013

« Quand j’ai lu Albert Camus »… Abd Al Malik…

THEATRE abd-al-malik.jpg

Merci, Abd Al Malik…

Hier soir j’ai assisté à l’hommage rendu à Camus par un lecteur intense… Abd Al Malik. Triomphe. Les spectateurs présents ont senti, compris, l’authenticité de la démarche, le lien entre cet homme jeune, pur produit de notre réalité contemporaine, qu’il transcende dans la création, dans l’écriture, et l’auteur magnifique où il se reconnaît. Il révèle comment, lui, il est concerné, comment, lui, il a été transformé par une lecture. Le choc, les points communs (misère, soleil, exigence entre souffrance, désespoir, et espoir, refus, amour, mère aimée, omniprésente, père absent, trou béant du manque, et, je crois, aussi, la double identité : partage et richesse, déchirement et tension vers un absolu).

Il répète cette phrase en litanie « Quand j’ai lu Albert Camus », puis « Après avoir lu Albert Camus ». Lecture et vécu se croisent, dans une marche sur un fil ténu, où tout pourrait basculer… Et si cette rencontre ne s’était faite, où serais-je, semble-t-il dire. Figure paternelle et message d’éthique et de force. Ou comment vivre, donner du sens, comment s’échapper du risque de mourir, quand des jeunes autour de soi meurent et que tout risquait de nous entraîner encore et encore dans les mêmes dérives mortelles.

Il parle, dit-il, à partir de sa « parcelle d’humanité » (bien grande… !), de ce refus des injustices, refus de la misère quand les autres n’en sortent pas, de la mort (on guillotine encore, rappelle-t-il, dans une longue lettre qu’il adresse à Camus, lui qui lutta contre la peine de mort, pour l’abolition). On guillotine de plusieurs façons, aussi : en abandonnant, en niant, en discriminant. 

Il cite Camus, et Jacques Martial lit Camus.

Ecran. Le visage d’Albert Camus, présence forte.

Ecran. Ombre d’un corps qui danse, magnifiquement.

Musiciens. Soutiennent la voix, sont une voix.

La Méditerranée (et Gibraltar. Alger en passant par Oujda…).

Scène. Danseurs de hip hop qui expriment la même chose, qui font écho à ce qui crie. Gestes purs, souplesse extrême : corps qui se tordent, comme enchaînés, et se libèrent, mais comme s’ils se déchiraient.  

Camus, cité par Abd Al Malik, lu par Jacques Martial, parlait de cette fausse communication où la méchanceté veut se faire passer pour de l’intelligence. Entendant cela, je repensais à une critique négative de ce spectacle, lue je ne sais plus où. On reprochait au rappeur poète de trop centrer sur lui cet hommage, comme prisonnier de son ego, et on disait être gêné par la présence des danseurs de hip hop, comme si cela ne pouvait correspondre à une parole sur un auteur comme Camus. Pourquoi donc ?  Au contraire, l’hommage tire sa force de ce rapport à soi. (Je fais le lien avec le documentaire de Joël Calmettes,  « Vivre avec Camus ». Des jeunes aussi y parlent de leur expérience, et c’est bouleversant : notamment ces jeunes qui en Algérie ont trouvé le lien avec le natif frère d’âme). Ce n’est pas piège de l’ego, mais traduction vitale : l’intellect n’est pas absent, mais l’émotion passe par le corps, c’est tripal. Les mains d’Abd Al Malik en disent autant que les mots. Et le hip hop, moi j’aime ça. J’y vois un art qui défait les armures de souffrance, qui libère corps et cœurs. Corps et cœurs qui savent des douleurs et des joies (des joies parce que des douleurs…). Car « Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre » répète inlassablement Abd Al Malik, avec la voix et les mains. Les applaudissements qui accueillent cet hommage sont aussi, forcément, adhésion à l'œuvre et à l'éthique de Camus. Cela corrige Sartre et autres faiseurs d'ombre... Abd Al Malik voudrait réconcilier Sartre et Camus (il le dit à un moment : espoir de paix entre les idées, mais certaines idées sont antinomiques...). Et rien ne peut effacer les paroles de  Sartre, son appel au meurtre, l'éloge de la violence (préface célèbre...).Un auteur mort ne peut revenir sur ses mots. Ce qui peut être apaisé c'est le rapport entre les vivants, capables de faire l'effort du pardon, et capables de cet effort paradoxal de la rencontre entre mémoire et oubli : devoir de mémoire, témoignages, mais effacement de ce qui excède, par le retour au présent... Non, on ne peut se réconcilier avec le choix du terrorisme, on ne peut que le refuser... C'est Kamel Daoud qui a raison sur ce point. En Algérie, en 1962, nous n'avons pas eu un Mandela, a-t-il écrit ( http://www.djazairess.com/fr/lqo/5191330 )... Mais, maintenant, nous pouvons tous tenter la même démarche : voir en l'autre une humanité pareille, se mettre à sa place... 

Juliette Greco fut sur scène un instant.

Amnesty international proposait, dehors, à l’étage, de signer les appels d'actions en cours.

Et en sortant on pouvait se procurer des livres ou disques. Celui tiré du spectacle (L’art et la révolte), avec quelques textes, et une note de remerciement à Catherine Camus, qui encouragea l’entreprise. Le dernier livre d’Abd Al Malik n’était plus disponible là (il est en librairie) : « L’Islam au secours de la République ». (C'est toute la démarche de paix d'Abd Al Malik, en musulman proche du soufisme, soufi, même : il veut faire passer un message positif, montrer qu'il y a une autre voie en islam, et que cette voie peut coïncider avec les valeurs et réalités de la République).  

SITE officiel d'Ab Al Malikhttp://www.abdalmalik.fr/   

11/12/2013

Mandela, « leçons d’une vie » (Le Monde), « héros de notre temps » (Courrier international)

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Lectures…

Dossiers, numéros hors-séries :

« Nelson Mandela l’universel », présentation du hors-série, Le Monde, 09-12-13 : http://bit.ly/1cnAdVt   (« Il suffit de relire le discours que Nelson Mandela prononça en 2006, lorsqu’il reçut le titre d’ambassadeur de conscience d’Amnesty  International, sept années après s’être retiré de la vie publique, pour mesurer l’envergure universelle de cet homme d’exception, mort à 95 ans, jeudi 5 décembre. Ce discours, retranscrit, parmi d’autres, dans le hors-série que Le Monde publie, était intitulé « Je continue ma lutte ». ‘’Tant que l’injustice et l’inégalité perdureront, nul ne pourra prendre de repos ‘’, disait-il. » (…) « Il laisse aussi dans son sillage un espoir terriblement humain, celui qui fait qu’un homme seul, pourvu qu’il soit doté des qualités nécessaires, peut éviter une guerre et changer le sort d’une nation. (…) « Ce hors-série dresse l’inventaire d’une vie »)

Courrier international. Hors-série de mai 2010. « Mandela, un héros de notre temps » : http://bit.ly/1dnGKlh

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10/12/2013

LIRE NELSON MANDELA…

MANDELA autobio.jpg

MANDELA  CONVERSATIONS.gifRendre hommage à un tel être, c’est d’abord le lire ou relire, le faire lire (offrir…). Pour s’imprégner du sens profond de cet itinéraire, du message porté, des valeurs en référence et en  projet à construire. Prendre conscience des failles dans nos repères ici même, voir dans l’œuvre (vie et textes laissés) un fil tressé dans la trame du monde, encore pleine de trous… de fils manquants…

...... ARTICLE« Mandela, une vie loin du mythe »Le JDD, 12-10-10 : http://bit.ly/IDSkiJ 

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......LIVRES....

« Un long chemin vers la liberté », autobiographie de Nelson Mandela

Éd. Fayard, présentation : http://www.fayard.fr/un-long-chemin-vers-la-liberte-97822... 

Livre de Poche, résumé : http://www.livredepoche.com/un-long-chemin-vers-la-libert...

Fiche Decitre : http://bit.ly/19AcG2N

……………… 

« Conversations avec moi-même » (lettres, entretiens, carnets, préface de Barack Obama)

Eds de La Marinière : http://www.editionsdelamartiniere.fr/ouvrage/conversation... 

Poche, coll. Pointshttp://www.lecerclepoints.com/page-nelson-mandela-convers...

Fiche Decitre : http://bit.ly/19AcVuR

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BIBLIOGRAPHIE. Ecrits DE Nelson Mandela, et ouvrages SUR Nelson Mandela, culturebox.francetvinfo.fr http://bit.ly/1eUMunu

05/12/2013

Mort de Nelson MANDELA, et lecture d'un itinéraire particulier en marge de cette voix magnifique

« L'essence de l'être humain dans tout ce que ce mot devrait, pourrait signifier" Nadine Gordimer, sur Nelson Mandela

Article du Courrier international, 05-12-13, 23h 17. Copie de citations : « Nelson Mandela, icône mondiale de la réconciliation », titre reprenant l'expression de Desmond Tutu : (« "Le pardon libère l'âme, il fait disparaître la peur. C'est pourquoi le pardon est une arme si puissante": Nelson Mandela, mort jeudi à Johannesburg, avait résumé, en une phrase devenue mythique, la vision du monde et de l'humanité qui a fait de lui le dirigeant le plus populaire du XXe siècle. /// De son vivant déjà, le prix Nobel de la paix 1993 était vénéré bien au-delà des frontières de l'Afrique. Pour avoir arraché son pays au régime raciste de l'apartheid, et renoncé à toute vengeance contre la minorité blanche, qui l'avait emprisonné durant vingt-sept longues années. /// Qualifié un jour d'"icône mondiale de la réconciliation" par Desmond Tutu, l'une des hautes figures de la lutte anti-apartheid, l'ancien président sud-africain incarnait des valeurs d'autant plus universelles qu'il n'a jamais prôné ni religion ni idéologie. Juste un humanisme à l'africaine, profondément nourri de la culture de son peuple, les Xhosas. /// Ni Lénine, ni Gandhi, celui que ses compatriotes appelaient affectueusement "Madiba", de son nom de clan, ne s'est jamais enfermé non plus dans une ascèse révolutionnaire. (…) « Après le semi-échec de campagnes de mobilisation non violentes, inspirées des méthodes du Mahatma Gandhi, l'ANC est interdit en 1960. Mandela, arrêté à plusieurs reprises, passe à la clandestinité, et décide d'engager le mouvement sur la voie de la lutte armée. Capturé, il est emprisonné en 1962. Et bientôt envoyé au bagne terrible de Robben Island, au large du Cap. » (...) '' Je savais parfaitement", note-t-il, "que l'oppresseur doit être libéré tout comme l'opprimé. Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de sa haine, il est enfermé derrière les barreaux de ses préjugés (...) Quand j'ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission: libérer à la fois l'opprimé et l'oppresseur". »

Je relève, ci-dessous,  des extraits de l'article du JDD, qui a fait plus que m’intriguer il y a près d’un mois, et dont la relecture s’est imposée ce soir, en apprenant la mort de Nelson Mandela, homme admirable qui transcende notre humanité, et qui faisait du regard sur l’autre, pourtant si autre, une composante d’une éthique de la rencontre inconditionnelle, hors du temps ressassé, hors de l’emprise du passé, fascinant et mortifère... L'histoire de Jean-Yves Ollivier fait le lien entre des pans de l'Histoire contemporaine et peut nous aider à penser le présent, à la lumière de l'œuvre de Mandela. Lien entre l'histoire de l'indépendance algérienne et celle de la fin de l'apartheid d'Afrique du sud. le lien est cet homme, né en Algérie, Pied-Noir à l'itinéraire complexe, qui a milité passionnément pour la liberté en Afrique du Sud, et pour Mandela...

 « Jean-Yves Ollivier. Le mystérieux médiateur », JDD, 10-11-2013. Par François Clémenceau. Lien en bas de page. CITATIONS : «… L’histoire du chantier de la paix en Afrique australe du milieu des années 1980 jusqu’à la fin de l’apartheid et la libération de Mandela. Au coeur de cette aventure, un Français au destin exceptionnel. » /// « ‘’Mandela ne sait rien de moi, rien de mon histoire secrète qui se mélange à la sienne.’’ L’homme qui évoque ainsi l’euphorie qui s’empare de lui lors du retour triomphal de Nelson Mandela auprès des siens, le 13 février 1990, se trouvait cet après-midi-là au milieu de la foule, dans le stade géant de Soccer City à Soweto. » (…) « Jean-Yves Ollivier était venu vivre dans l’anonymat le plus total cette journée historique, la récompense pour lui et ses complices de plusieurs années de tractations secrètes et de diplomatie parallèle. C’est vrai, Mandela n’apprendra l’existence de Jean-Yves Ollivier que bien plus tard, une fois qu’il aura compris les motivations de cet homme d’affaires qui a su conjuguer idéal de liberté, sens commercial et courage politique. » (…) « Mais la décoration dont il est le plus fier, l’Ordre de Bonne-Espérance, la plus haute distinction d’Afrique du Sud pour les dignitaires étrangers, il est le seul Français, avec François Mitterrand et Jacques Chirac, à se l’être vu décerner. Mieux, il a été fait officier par le patron de la diplomatie du régime de l’apartheid, Pik Botha, dès 1987, puis grand officier par le président Nelson Mandela en personne huit ans plus tard. / Son exploit? Avoir passé des années à tisser des liens avec chacun des leaders qui comptent, dans cette région à feu et à sang. Avec d’un côté, les Sud- Africains du régime de l’apartheid appuyé par la CIA et les rebelles de l’Unita de Jonas Savimbi. Et de l’autre, les marxistes au pouvoir en Angola et au Mozambique (…) » /// « Quel parcours pour ce fils d’ingénieur mécano né à Alger en 1944 et qui dévalait les pentes de la rue Michelet pour se faire offrir des Carambar par l’épicier berbère du quartier! Le petit Jean-Yves vit dans un environnement favorable à l’OAS. Et dans un climat de haine. »  (…) « De cette déchirure algérienne, il va garder ancrée en lui l’idée que l’on ne bâtit pas une nation dans la division. Gaulliste avant l’heure? Non, car Ollivier vit comme un traumatisme le rapatriement d’un million de Français, étrangers sur leur propre sol. Mais l’un des premiers collaborateurs qu’il recrute pour monter ses affaires s’appelle Charles de Gaulle, petit-fils du général! Pas rancunier donc. Encore moins avec les héritiers du gaullisme qui se regroupent au côté de Jacques Chirac. » (…) « En débarquant à Johannesburg, il avait eu le sentiment de visiter "une autre planète". "Je me suis demandé comment les Blancs pouvaient ne pas se rendre compte qu’à moins d’accepter le partage du pays, à moins de changer et de tendre la main aux Noirs, ils allaient être jetés à la mer." Comme dans l’Algérie de son enfance. / D’où ce "complot pour la paix" des plus risqués. "Quand j’y repense aujourd’hui, on était gonflés", se souvient Michel Roussin. Jacques Chirac devenu Premier ministre de la cohabitation avec François Mitterrand à l’Élysée, la fine équipe de Jean-Yves Ollivier avait carte blanche (…) » (…) « Jean-Yves Ollivier publiera ses Mémoires l’hiver prochain, comme si le film ne dévoilait qu’un seul de ses secrets parmi tant d’autres. "C’est pour laisser un testament", confie-t-il, lui qui n’a pas d’enfants et dont les photos de famille sont restées en Algérie après le départ tragique de 1962. » LECTURE INTEGRALE de L’ARTICLE : http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Jean-Yves-Ollivier-le-mysterieux-mediateur-638271

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MISE à JOUR : ALGERIE... Nous n'avons pas eu de Nelson Mandela... Je l'ai pensé... Kamel Daoud l'a écrit : 

« Malheureusement, nous n’avons pas eu un Mandela en 62 », Kamel Daoud le 07-12-13. (publié dans Le Quotidien d’Oran, repris sur Djazairess).  Citations : « On ose alors le tabou parce que c’est un grand rêve éveillé : une Algérie qui n’aurait pas chassé les Français algériens mais qui en aurait fait la pointe de son développement, de son économie et la pépinière de sa ressource humaine. Une Algérie de la couleur de l’arc en ciel. L’Afrique du Sud de Mandela a eu son OAS, ses Pieds noirs, ses colons, ses fermiers blancs, ses radicaux noirs, ses traîtres, ses torturés et ses Aussarresses et ses Larbi Ben M’hidi. » / « Un Mandela algérien nous aurait évité le pays actuel, ses mauvaises convictions, nos mauvais jours et des molles dictatures et ses gabegies. Nous aurions perdu moins de vies et moins de temps et nous aurions été un grand pays. Car cet homme est l'un des très rares à avoir donné sens à la décolonisation. Toutes les autres épopées ont mal fini : la décolonisation glorieuse y a été menée à la dictature hideuse ou sournoise. Au massacre, aux caricatures sanguinaires et au sous-développement. C'est dire que l'on ne décolonise pas avec les armes, mais avec l'âme. Décoloniser n'est pas vaincre le colon mais le démon en soi. Adieu l'homme au sourire qui dénoue. » http://www.djazairess.com/fr/lqo/5191330 et aussi sur d’autres sites, comme celui du journal électronique de Sidi Bel-Abbès : http://bel-abbes.info/malheureusement-nous-navons-pas-eu-... 

07/11/2013

Citoyens du monde : Garry Davis et Albert Camus. Double hommage…

CAMUS.jpgL’un, Garry Davis (décédé en juillet 2013),  s’est proclamé citoyen du monde, renonçant à la citoyenneté américaine et diffusant largement ce concept de citoyenneté mondiale (d’abord apparu en Angleterre en 1937), dans un contexte d’après-guerre qui permettait de prendre conscience de la nécessité de sortir des enfermements nationalistes (même si cela est encore loin d’être une réalité en 2013…). C’est loin, et c’est proche aussi, car beaucoup de gens agissent dans une conscience transnationale, tissent des liens transculturels, et de multiples structures solidaires traversent les frontières, même dans la complexe situation de crise économique, politique, environnementale et plus…    

L’autre, Albert Camus, dont on marque le centenaire de naissance (par de nombreux hommages et quelques tentatives diverses – mais vaines - de récupération – car sa pensée est radicalement irrécupérable, s’il est lu intégralement et sans mauvaise foi…) manifesta toujours une aversion pour les nationalismes quels qu’ils soient – ce qui entraîna, et entraîne encore, des malentendus de lecture, des projections et incompréhensions d’une pensée qui est à hauteur d’éthique, complexe, questionnante, assumant le doute. Lui, donc, Albert Camus, fut impliqué dans le soutien de Garry Davis alors que ce dernier se trouvait en France, en situation d’apatride. Textes d'hommage et revue de presse sur le site des Citoyens du monde : http://www.recim.org/dem/garry.htm#autres  (« Robert Sarrazac, qui conservait de nombreux contacts de son temps dans la Résistance, avait créé un « Conseil de Solidarité » formé de personnes admirées pour leur indépendance d’esprit et qui n’étaient liées à aucun parti politique en particulier. Le Conseil était dirigé par Albert Camus, romancier et rédacteur dans plusieurs journaux, André Breton, poète surréaliste, l’Abbé Pierre et Emmanuel Mounier, rédacteur en chef d’Esprit, tous deux étant des Catholiques dotés d’une forte indépendance d’esprit, ainsi qu’Henri Roser, pasteur protestant et secrétaire en charge des pays francophones du Mouvement international de la Réconciliation. »). Plusieurs liens vers d’autres articles  sur Garry Davis, ou extraits, sur cette même page.  Dont l’article du Monde qui se termine sur la même évocation des soutiens dont fut, donc, Albert Camus : « Il va donc lancer en 1953 son mouvement pour un " gouvernement des citoyens du monde ", recevant les soutiens de personnalités aussi diverses qu'Albert Camus, André Gide, Albert Einstein ou Eleanor Roosevelt. Au jour de sa mort, le registre des " citoyens du monde ", tenu par ses supporteurs du World Service Autority à Washington, comptait près d'un million d'inscrits. »

D’octobre 2013 à janvier 2014, une exposition (Aix) fait pénétrer dans la pensée solaire de Camus à partir de cette thématique de citoyenneté du monde. C’est une entrée qui me paraît particulièrement justifiée : Algérie native, Espagne originelle et présente, France de la culture et de la création, ancrage méditerranéen qui porte en lui-même son ouverture au monde, voilà la matrice de cette conscience transnationale, des déchirements intimes qui en découlent et de la dimension libertaire de sa présence au monde. Centre Albert Camus de la Cité du livre, Aix : http://www.citedulivre-aix.com/Typo3/fileadmin/documents/Expositions/centrecamus/

Ouvrage collectif publié à l’occasion de cette exposition, « Albert Camus, citoyen du monde », Gallimard, 2013 : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Albums-Beaux-Livres/Albert-Camus-citoyen-du-monde  (« Pour Albert Camus, le monde est une cité où pourraient cohabiter des hommes libres et égaux. Montrer en lui le «citoyen du monde», c'est souligner son lien avec la nature, son souci du temps présent et de l'avenir, sa générosité envers les autres, son refus des frontières, son sens aigu d'une fraternité universelle. »)

Garry Davis… Sa déclaration de 1948 aux Nations Unies est dite « déclaration d’Oran », pour ce lien avec Camus qui participa à la rédaction de cet appel, affirmation et haut questionnement (« I interrupt you in the name of the people of the world not represented here.”). Fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Garry_Davis   (« Le 19 novembre 1948, en préparation avec Albert Camus, Davis interrompt une séance de l’Assemblée générale des nations Unies au Palais de Chaillot afin de demander la création d’un gouvernement mondial. Le texte de la déclaration d'Oran (ainsi appelée car elle fut rédigée avec Camus, originaire d'Oran. ») .

En ce 07-11-2013, Camus aurait eu cent ans...

18/10/2013

Andalousie… Rêve, mémoire… Illusion ? Utopie ?

Je viens de lire une réflexion de  Jean Daniel, titrée « L'illusion andalouse », et publiée le 09-10-2013 dans le Nouvel Obs… Questionnement percutant. Andalousie, plurielle…  réelle, ou fantasmée. Oui, l’ombre est présente autant que la lumière. Mais beauté du rêve, quand même, d’une sagesse possible, d’une fraternité cependant tissée, et de proximités reconstruites…

Beau texte, à lire lentement et relire. Exercice de lucidité, non pour nier la possibilité de la fraternité, mais pour insister sur les pièges de ce qui l’entrave, sur ce qui fait de la haine entre les communautés une fatalité transmise par enfermement identitaire sur soi. Ignorance et mépris de l’autre, fiction de sa supériorité comme individu d’appartenance… La rencontre, souvent, se ferait par l’art, les créations croisées… et la possibilité offerte de rejoindre l’universel.

La chronique est à lire là : http://tempsreel.nouvelobs.com/jean-daniel/20131009.OBS0285/l-illusion-andalouse.html

De ce lieu, de son histoire complexe, on peut garder, je pense, ce qui effectivement demeure en héritage, si souvent, dans la culture de ceux qui ont une ascendance issue de ce rivage (ou de ceux qui, pour une raison ou une autre, sont attirés par ce qui n’est pas qu’un mirage). Le goût du partage en création (musique andalouse qui, de l’Espagne au Maghreb, et, en écho de présences, en France - Marseille, Paris - marque des identités croisées, des consciences traversées par des appartenances frontières où l’autre est aussi l’étranger que l’on porte en soi). Goût du son des langues… Parentés philosophiques : sagesses. Mystiques en miroir.

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Dans le prolongement de cette lecture on pourra aborder (ou retrouver) deux ouvrages essentiels. 

De Jean Daniel, « La prison juive. Humeurs et méditations d’un témoin », poches, Odile Jacob (Autre regard sur le rapport à l’identité, une ouverture, le témoignage d’une sagesse vécue…).  Christian Makarian écrit ceci sur ce livre, dans L’Express du 27-11-2003 : « Fort d'une puissante culture juive, en admiration devant l'édifice du christianisme, empathique envers l'islam, le directeur-fondateur du Nouvel Observateur propose sa propre clef, son passe personnel: pour échapper à la prison qu'il décrit, il n'y a que l'universalisme. ». La prison juive, humeurs et méditations d’un témoin,sur Decitre : http://www.decitre.fr/livres/la-prison-juive-978273811564... 

D’Amin Maalouf, « Les identités meurtrières », Livre de poche. « Ce qui fait que je suis moi-même et pas un autre, c'est que je suis ainsi à la lisière de deux pays de deux ou trois langues, de plusieurs traditions culturelles. C'est cela mon identité... ». Page éditeur, Grassethttp://www.grasset.fr/les-identites-meurtrieres-978224654... ... Decitre : http://www.decitre.fr/livres/les-identites-meurtrieres-97... .....Citations du livre sur evene.fr : http://www.evene.fr/livres/livre/amin-maalouf-les-identit... 

Pour changer de regard il faut donc développer une éthique personnelle, faite de liberté intérieure, de refus des cadres formels rigides, de recherche de la sagesse. Cela passe par la traversée des frontières mentales et des réelles frontières culturelles. Nécessité du voyage, sous une forme ou une autre, ne serait-ce que par les livres…

Clin d’œil musical à l'éthique méditerranéenne questionnant l'identité singulière pour l'ouvrir à la pluralité, cet orchestre regroupant seize pays du pourtour méditerranéen, Mediterranean Charlie OrchestraLaurent Dussutour, JournalVentilo, résume ainsi l’orientation méditerranéenne de l’orchestre, inspiré aussi par Conrad : « Le véritable sens musical proposé par le MCO est loin du sens commun, proposant un objet jazzistique non identifié, ce qui est le propre de l’esprit du genre ! Au-delà d’un « troisième courant » du jazz qui consisterait à rapprocher classique et notes bleues, c’est plus à une odyssée méditerranéenne rompant avec le tropisme transatlantique du genre que convie ce projet. » : http://www.journalventilo.fr/mediterranean-charlie-orches... 

L’orchestre a une page Facebook : https://www.facebook.com/179835852047859/videos/596901680...

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...Jean Daniel... Fiche wikipedia  https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Daniel 

Jean Daniel, observateur du XXème siècle, sur culture-libre  http://www.culture-libre.org/wiki/Jean_Daniel_:_Observate...

Chroniques, Jean Daniel, Obs : http://tempsreel.nouvelobs.com/journaliste/16443/jean-dan... 

...Amin Maalouf... Fiche wikipedia  https://fr.wikipedia.org/wiki/Amin_Maalouf

................... MISE à JOUR...  LIVRE... Identité et violence, d’Amartya Sen, éd. Odile Jacob : http://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences-humaines/reli...

.................. Voir aussi, Méditerranées, film d'Olivier PY, commentaires croisés (identité, Méditerranée...)... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2013/07/24/me... 

.................. Andalousie / Méditerranée... Catégories et TAGS.......

05/06/2013

Yasmina Khadra dans le dictionnaire Robert... (de natif à natif...)

Robert.jpgYasmina Khadra, écrivain algérien que j'apprécie particulièrement est une des nouvelles "entrées" dans le dictionnaire Robert des noms propres, 2013. (Il est l'auteur, notamment, du livre "Ce que le jour doit à la nuit", regard humaniste sur les liens entre les natifs d'Algérie, des individus des différentes communautés, liens que seuls des natifs peuvent traduire).

La presse algérienne a réagi à cette information, et la Toile de même, avec satisfaction, globalement. Mais j’ai vu, aussi, des commentaires aigres, comme deux réactions au-dessous d’un article du journal « Liberté », qui mentionnait seulement le fait, en citant aussi quelques autres nomsUn des internautes dit que pour lui c’est un non-événement, sans expliquer pourquoi (un autre lui demande si c’est parce qu’il ne l’a pas lu ou ne l’aime pas ou pour une autre raison). Et quelqu’un exprime son agacement devant ce qu’il interprète comme un « besoin maladif » des Algériens d’être reconnus par la France (autrement ils ne relèveraient pas cette entrée comme un fait qui mérite information, sous-entend-il). Double (ou triple) erreur de mesure (très réductrice), à mon sens, dans l’agacement de cet internaute. D’abord, mentionner cela et en être satisfait n’a sans doute rien à voir avec un quelconque désir de prendre sens en fonction de ce qui se dirait en France. Ensuite, dans le contexte mondialisé qui est celui de notre société en 2013, dans ce début du XXIème siècle, il n’est pas anodin de repérer les noms qui apparaissent dans un tel dictionnaire, référence culturelle de poids, quel que soit le pays (ou, aussi, d’apprécier qu’un écrivain de son pays soit traduit en de nombreuses langues et lu dans le monde entier). Qu’un auteur algérien, américain, ou français, soit présent dans ces pages, cela ne signifie pas (seulement) qu’en France on le « reconnaît », mais que le choix s’impose par l’évidence d’une présence au-delà d’une lecture purement française – constatation d’une portée de l’œuvre bien loin d’une petite appréciation hexagonale. (Et, en plus, d'un écrivain qui écrit en français, comme beaucoup d'auteurs algériens, depuis la "prise de guerre" notée par Kateb Yacine parlant de la langue française, conservée comme un butin). Ne pas oublier la réciprocité : on remarque, en France, quand des créations sont appréciées en Algérie ou que des faits vont dans le sens du dialogue. Doit-on éternellement lire ce qui traverse la frontière symbolique à la lumière du référent « colonisation » ? Ne doit-on interpréter les réactions qu’en y cherchant le soupçon d’un syndrome postcolonial (dans un sens ou dans un autre)? Non. Et ceux qui tranquillement constatent avec plaisir que la place d’un écrivain dépasse les frontières réelles et les pièges idéologiques de l’Histoire sont les plus libres, intérieurement : ils ont une identité qui n’a plus besoin, justement, de revendiquer une séparation, car elle est. Simplement : elle est .  Le temps des amertumes doit laisser la place aux fils tendus entre les rives. Enfin, ce dictionnaire Robert fut créé par un lexicographe né en Algérie... Et son œuvre contribue, longtemps après sa mort, à faire connaître aux lecteurs contemporains les êtres remarquables de sa terre natale… Symboliquement voilà un signe intéressant : la boucle est bouclée… fil tendu de natif à natif de la même terre.

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Le dictionnaire, et Paul Robert :

La « philosophie » du Robert, selon le site les-dictionnaires.com : « Paul Robert est né en 1910 en sol algérien. C’est à la suite de la rédaction de sa thèse de doctorat en économie politique que cet homme minutieux décide de l’inaptitude des dictionnaires de l’époque. Dès 1945, il entreprend de créer lui-même un nouveau dictionnaire mieux adapté aux réalités de cette seconde moitié du 20e siècle. » (…) « Paul Robert a changé le visage du dictionnaire pour lui donner une aura plus intellectuelle et une note plus moderne aussi. »: http://www.les-dictionnaires.com/robert.html

Le créateur du dictionnairele lexicographe Paul Robert (1910/Algérie-1980/France)? Voir la biographie et l'oeuvre sur la fiche wikipedia, infos et liens. De la naissance à Orléansville/Chlef, Algérie, à la création de l’édition en 1951, sans oublier l’ouvrage personnel publié en 1970 sur cette aventure – cette entreprise -  intellectuelle, les différents dictionnaires "Robert" : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Robert_(lexicographe)  (Il eut une équipe importante de collaborateurs, dont Alain Rey, Josette Rey-Debove, Henri Cottez, Roger-Georges Morvan…). »

Sur la genèse de cette création, écouter l'entretien du 12-11-1968 (Paul Robert parle d’une évidence, idée venue en 1935, « illumination » soudaine), conscience d’un manque dans ce domaine du dictionnaire, de la lexicographie, et élaboration du projet. Vidéo : http://bit.ly/1aN5ZL8  

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Yasmina Khadra :

Fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Yasmina_Khadra

Le site officiel de l’auteur : http://www.yasmina-khadra.com/

Page de l’édition Julliard : http://bit.ly/12sKmA2

15/04/2013

Le premier homme, Camus. Du livre au film

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Le premier homme, d’Albert Camus…  Le livre commence ainsi : « Au-dessus de la carriole qui roulait sur une route caillouteuse, de gros et épais nuages filaient vers l’est dans le crépuscule. ». De ce livre j’aime tout, les pages solaires qui donnent le parfum de la terre, les lignes sombres des souffrances, les bribes de textes des  annexes en fin de volume, fragments lucides qui font penser aux carnets. A lire et relire. Le film de Gianni Amelio traduit la vérité de l’écrivain, son exigence et son désespoir-espoir d’humaniste. Du livre, je retiens aussi la « patience » de la mère, la pauvreté présente comme réalité et comme concept, la « tristesse africaine » du père disparu, la mémoire des exils, et je reprends un passage en fin de volume : « Il faudrait vivre en spectateur de sa propre vie. Pour y ajouter le rêve qui l’achèverait. Mais on vit et les autres rêvent votre vie. » Que le film donne envie de revenir au livre, et qu’il humanise le regard sur les êtres et les communautés du pays de Camus, quand l’idéologie ferme encore trop souvent le cœur.

Première. Synopsis, bandes-annonces, critiques : http://www.premiere.fr/film/Le-Premier-Homme-2330943

Sur Nord-cinéma. Citation : « Il s'agit donc d'une chronique et l'adaptation cinématographique du "Premier homme", qui n'était absolument pas une évidence, est une parfaite réussite. Les plans sont magnifiques, le montage est fluide entre passé et présent et, au bout du compte, on comprend parfaitement toute la difficulté de la position humaniste de Camus, qui se sentait et se disait algérien et qui, à tout prix, voulait tenir le discours de la raison et de l'intelligence contre le discours radical des passions exacerbées. Evidemment, dans le contexte, ce discours n'était pas tenable et, hué par l'extrême-droite en même temps que condamné pour trahison et pusillanimité par la gauche et l'extrême-gauche anticolonialistes, on comprend que Camus ait été totalement ravagé par le drame algérien. Le grand mérite du film est d'expliquer tout cela, tout en faisant œuvre cinématographique, et on ne peut qu'inciter le public à aller voir cette très belle réalisation. » 

J'apprécie particulièrement la page du blog Armenian Trends/Mes Arménies. J’en note le début et la fin. Citations : « L’on sait l’importance des thèmes de l’exil, de l’enfance et de la violence sociale à l’œuvre chez Gianni Amelio. Un parcours qui ne pouvait que croiser celui d’un Albert Camus, marqué à jamais par la disparition d’un père, qu’il ne connaîtra pas, un foyer quasi matriarcal, où la survie dicte une morale exigeante, une terre où deux communautés vont se trouver contraintes à l’affrontement et la radicalisation. » (…) « Il était, nous rappelle-t-on, un temple à Corinthe, dédié à la Nécessité et à la Violence. Il est aussi des geôles plus obscures encore que celles de la vengeance et de la haine. Il est encore une voie que peu osent explorer. Par delà les enfermements, les ignorances, les oublis. Si les morts sont toujours trop nombreux, à chacun des vivants de se saisir de sa part de lumière, de conscience libre. De générosité vraie. » (Conclusion à méditer…). Texte intégral à lire là : http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/04/gianni-amelio-albert-camus-le-premier.html

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Document, vidéo :

Michel Onfray devant la maison d'Albert Camus à Alger. Entendre ce qu'il dit : http://www.youtube.com/watch?v=_cTenUAIB3U

14/04/2013

« Albert Camus, la pensée révoltée ». Philosophie magazine, hors-série

CAMUS philo.jpg

 

Nombreuses pages… Le premier homme, lu par Alain Finkielkraut, et des textes de Camus commentés par divers philosophes….

Un entretien avec Boualem Sansal, excellent, et dans lequel Martin Legros rappelle, dans un de ses questionnements, la phrase réellement prononcée par Camus sur la justice et sa mère, phrase constamment déformée, tronquée, par des gens ignorants ou intellectuellement malhonnêtes, détournant pour des raisons idéologiques ou politiques une pensée qui condamne le terrorisme. Cette phrase mérite d’être citée encore : « Si la justice prend la forme du terrorisme je choisis ma mère contre la justice. »

Déformer cette phrase c’est choisir le terrorisme, le justifier, contre toute justice, contre tout humanisme…

Il faut lire ce numéro hors-série de Philosophie magazine (avril-mai 2013), pour une approche particulière de l’œuvre de Camus, et de l’être Camus.

 

21/03/2013

Jean-Michel Beaujon, itinéraire solidaire d’un natif d’Alger : l’art des sports extrêmes, le courage pour aider autrui…

Jean-Michel Beaujon, natif d'Algérie, association Les Intrépides. Actions solidaires financées par le courage physique comme art extrême. Un bel itinéraire... accompagné par une association de Pieds-Noirs de sa région.

Lu sur le blog de Claude Rivière (en 2008, lien inactif maintenant), page sur JM Beaujon (itinéraire, action), lien 2008 :  (« Jean-Michel Beaujon défend depuis 30 ans la cause de l'enfance handicapée, via son association Les Intrépides. Pour attirer l'attention du monde sur ce problème, il a conçu le projet Espoir Himalaya consistant à escalader le toit du monde pour y planter le drapeau de l'enfance inadaptée. » (…) « Jean-Michel Beaujon devant rééditer son exploit (de 2001) en 2009, Racine pieds-noirs se mobilise à nouveau à ses côtés : "Cette soirée est pour nous une belle occasion de l'aider à nouveau en nous associant à sa démarche humanitaire. Il fera flotter le drapeau de l'association aux côtés de celui de l'enfance inadaptée. Jean-Michel Beaujon est une personnalité hors-normes, une sorte de Jean Valjean d'aujourd'hui. Comme lui, il a connu des débuts chaotiques… »)

2013 : http://claude2k6.jeblog.fr/cassis-avec-jean-michel-beaujon-les-intrepides-hissent-les-voiles-a45837782
Article de La Montagne, 26-06-2013 (itinéraire, rencontre, évolution...)  http://www.lamontagne.fr/auvergne/actualite/departement/a...

 

11/01/2013

2013… Murs ? Ou ponts ?

« L'homme n'est pas fait pour construire des murs mais pour construire des ponts. »

Lao-Tseu, cité par La Croix, le 03-01-2013

Pensée à méditer au commencement de 2013… Choisira-t-on les murs, ou les ponts? 

06/12/2012

Un poème ouvre un monde et des mondes… Lire Messaour Boulanouar , « semeur de conscience ». Lire l’anthologie « Quand la nuit se brise ». Lire Abdelmajid Kaouah, éveilleur… Lire Ahmed Azeggah, cri en alerte...

ECRIS DE SOUR.pngPOESIE.pngANTHO 2004.png

Voici un  texte qui introduit un livre, devient la clé pour un autre (l’anthologie), et pourrait être le manifeste de ceux qui signent d’autres pages du même ensemble, pages vers des pages...  

« J’écris pour que la vie soit respectée par tous / je donne ma lumière à ceux que l’ombre étouffe / ceux qui vaincront la honte et la vermine //

j’écris pour l’homme en peine l’homme aveugl e /  l’homme fermé par la tristesse /  l’homme fermé à la splendeur du jour //

(…)

j’écris pour tous ceux qui ont pu sauver / de l’ombre et du commun naufrage /  un coin secret pour leur étoile / un clair hublot dans leurs nuages / j’écris pour la lumière qui s’impose / pour le bonheur qui se révèle / j’écris pour accomplir / pour m’accomplir au cœur de mes semblables / pour que fleurisse en nous le désert froid du mal //

 (…)

j’écris pour apaiser mon sang / mon sang violent et dur et lourd de siècles tristes /j’écris pour partager ma joie /  avec ceux qui m’écoutent //

j’écris pour être heureux pour être libre / pour tous les hommes vrais  / qui comprennent mes cris ma peine et mon espoir / J’écris pour éveiller l’azur / au fond  des yeux malades / au fond des vieux étangs de honte //

j’écris pour qu’on défende / pour qu’on respecte /  l’arbre qui monte /  le blé qui pousse / l’herbe au désert  / l’espoir des hommes »

Messaour Boulanouar ,  La meilleure force   

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Que ce poème donne déjà envie de lire l’anthologie, et le poète, puis petit à petit les œuvres disponibles des auteurs cités… Un texte, un livre, et des livres dans un autre livre (extraits et titres qui vont s’ouvrir : des pages vers des pages…).

Il peut suffire d’un texte pour entrer dans une œuvre, en saisir la force, la nécessité, l’évidence. Par ce texte lu, on entre dans l'univers poétique de Messaoud Boulanouar, et le poète entre dans le monde intérieur de ceux qui le découvrent, alchimie transformatrice.

Donc ce texte est la clé d’un livre, celui de son auteur, mais aussi de tout un ouvrage, cette "Anthologie de la poésie algérienne" dirigée par Abdelmajid Kaouah. Ensemble au titre d'espoir au titre d’espoir et désespoir en même temps, superbe titre, « Quand la nuit se brise », POINTS, 2012.

Sur l’auteur de l’anthologie, qui est aussi poète, voir la fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdelmadjid_Kaouah  (Avec une biographie, une bibliographie, et une citation de Tahar Djaout  (Les Mots migrateurs, anthologie, Alger, 1984). Extrait : « L'écriture d'Abdelmadjid Kaouah possède un souffle indéniablement épique, quelque chose comme le rythme d'une marche vers une destination où l'homme demeure la préoccupation essentielle. ». Consulter aussi l'article de LIMAG : http://www.limag.refer.org/Volumes/Kaouah.htm

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Autre page que je retiendrai, une note sur le site Texture (Michel Baglin), qui cite Serge Pey faisant l’éloge de l’écrivain (« Abdelmajid Kaouah, du journalisme à la poésie »), et donne à lire quelques textes du poète, dont je reprends un fragment : http://baglinmichel.over-blog.com/article-30951492.html ( Serge Pey : « La poésie d'Abdelmadjid Kaouah se fait avec les os et le sang de l'air, les yeux de l'eau, les mains du feu. Partout où il y a de l'amour et de la lutte pour l'amour. La poésie de Kaouah est un chemin vers la liberté. Elle nous rappelle qu'il faut arriver au plus profond de soi, dans son lointain territoire intime pour soudain trouver l'autre et sa langue. » // Abdelmajid Kaouah  : « oui il faut se lever chaque matin / à une heure humaine / mais à quelle halante horloge / expier les pétales calcinés  »)

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BLOG de l’auteur de l’anthologie, johablogspotcom-kaouah : http://wwwjohablogspotcom-kaouah.blogspot.fr

Sur ce blog, une très belle page d’Abdelmajid KAOUAH analyse la poésie de Messaour BOULANOUAR. L’auteur en cite quelques fragments, rappelant une publication trop ancienne, 1963, aux Editions du Scorpion, et la nécessité d’une lecture intégrale (à rendre de nouveau possible…), pour que les citations brèves ne nous fassent pas comprendre cette œuvre de manière réductrice, ne nous amènent pas à la trahir, quand sa dimension transcende toute lecture : http://wwwjohablogspotcom-kaouah.blogspot.fr/search?q=Messaour+Boulanouar  (« Dans les poèmes gorgés de réel circule aussi un flot spirituel charriant foi et sueur humaines. Un lieu fertile (où l’épi lourd et plein à la tête pesante / remplace l’épi vide et triste). / Mais comment résumer un poème de deux cents pages fournies, une prise de parole agitée par une famine de silence séculaire ? » (…) « Il n’y d’autre issue, d’autre justice que de l’entendre intégralement. L’ironie, si un jour l’édition se piquait au jeu, voudrait que l’on remonte à La meilleure force, enfantée avant Serkadji. Si justice se pouvait pour le poète. / Entre l’oued et les remparts El Kheïr demeure.» )

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Fiche wikipedia sur le poète MESSAOUR Boulanouar. (Avec des avis de poètes : citations de Jean Sénac, Tahar Djaout, Arezki Metref ; des citations du poète, sur sa conception de l’écriture, de la poésie ; des références bibliographiques – dont le rappel de titres d’anthologies, mais un seul lien externe) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Messaour_Boulanouar  (« Messaour Boulanouar, né le 11 février 1933 à Sour El-Ghozlane (Bouira), est un poète algérien de langue française, compagnon d'écriture de ses amis Kateb Yacine et Jean Sénac. Dans la littérature algérienne, il appartient à la génération qui a vécu sous le colonialisme et accompagné la guerre de libération menant à l'indépendance de l'Algérie. Comme Kateb Yacine, il signe ses recueils de son nom, Messaour, puis de son prénom, Boulanouar. ») CITATION : « Je n'écris pas pour me distraire ni pour distraire les autres. je reste semeur de conscience. ». ENTRETIEN avec Tahar Djaout, Algérie-Actualité.

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EVEILLEURS.  Danielle CATALA et Abdelmajid KAOUAH lisent le très beau poème « Arrêtez », d’Ahmed AZEGGAH, et d’autres textes (R.Boudjedra,  A. Djebar...) :  http://l.apres.over-blog.com/article-danielle-catala-et-abdelmadjid-kaouah-du-coeur-et-de-l-ame-106461251.html 

23/01/2012

Les Identités meurtrières, d’Amin Maalouf. INCIPIT

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« Depuis que l’ai quitté le Liban en 1976 pour m’installer en France, que de fois m’a-t-on demandé, avec les meilleures intentions du monde, si je me sentais ‘’plutôt français’’ ou ‘’plutôt libanais’’. Je réponds invariablement : ‘’L’un et l’autre !’’. (…) Ce qui fait que je suis moi-même et pas un autre, c’est que je suis ainsi à la lisière de deux pays, de deux ou trois langues, de plusieurs traditions culturelles. C’est précisément cela qui définit mon identité. Serais-je plus authentique si je m’amputais d’une partie de moi-même ? (…) « Moitié français, donc, et moitié libanais ? Pas du tout ! L’identité ne se compartimente pas, elle ne se répartit ni par moitiés, ni par tiers, ni par plages cloisonnées.»

Dans cet ouvrage Amin Maalouf rejette cette idée dangereuse qui serait celle d’une identité unique comme essence de notre être, alors que notre réalité est complexe, plurielle, et cette complexité unique pour chaque être. Dangereuse conception, dit-il (et il le démontre avec des exemples précis) que ce qui « réduit l’identité entière à une seule appartenance, proclamée avec rage ». Car « C’est ainsi que l’on ‘’fabrique ‘’ des massacreurs ». Oui, l’identité peut être un piège, quand l’appartenance enferme dans de fausses fidélités, que l’enfermement vienne des ‘’siens’’ (engagements communautaires, sociaux ou idéologiques) ou du regard des ‘’autres’’ (projections, rejets, fantasmes). Alors que les siens sont aussi ‘’autres’’ et que les autres sont aussi ‘’nôtres’’.

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Fiche wikipedia sur le LIVRE : http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Identit%C3%A9s_meurtri%C3%A8res

Page éditeur, éd. Grassethttp://www.grasset.fr/les-identites-meurtrieres-978224654... 

Livre de poche : http://www.livredepoche.com/les-identites-meurtrieres-ami...