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03/11/2011

Kafka, Levinas, Mahmoud Darwich, cités par… Mathieu Lindon (Libération), Marie Boëton (La Croix ), et, autre rubrique, même journal, cit. M.D., page "Autrement dit"...

Envie de tisser ensemble des citations éparses... dont je vois un arc de sens, association que chacun peut déchiffrer...

« Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous»

« …la fameuse phrase de Kafka vient nécessairement à l’esprit à la lecture de "Derrière le mur de briques", recueil de sept nouvelles de Tibor Déry datant de 1950 à 1960. Né en en 1894 et mort en 1977, l’écrivain hongrois fut d’abord emprisonné par un régime de droite, puis sous le communisme pour sa participation à l’insurrection de Budapest en 1956… ».

Kafka cité par Mathieu Lindon, Libération, chronique du 3-11-2011, titrée « Tibor Déry fait le mur ». (Lecture intégrale… papier ou abonnés). http://www.liberation.fr/livres/01012369245-tibor-dery-fait-le-mur

 De Kafka, lire le "Journal" (publié en Poche). Et... http://www.rue-des-livres.com/auteurs/500/franz_kafka.html

«Rencontrer un homme, c’est être tenu en éveil par une énigme »

« …écrivait Levinas. Alexandre Jollien a fait sienne cette maxime. Et pour cause : plus l’intéressé se laisse approcher, plus il déroute ».

Levinas cité par Marie Boëton. Ample article, titré. « Alexandre Jollien, chercheur de joie »  (lisible intégralement sur le site du journal). La Croix, 29/30-10-2011: http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Culture/Actualite/Alexandre-Jollien-chercheur-de-joie-_NG_-2011-10-28-729089

Alexandre Jollien, SITE officiel : http://www.alexandre-jollien.ch/ (livres, agenda, citations...). De "L'éloge de la faiblesse" à... 2011, "Le philosophe nu"...

« Où irons-nous, après l’ultime frontière ? Où partent les oiseaux, après le dernier ciel ? Où s’endorment les plantes, après le dernier vent ? »

Mahmoud Darwich

La Croix, page 25 (« Autrement dit », rubrique « Spiritualité »). Citation donnée comme légende d’une photographie de Bédouins de Palestine, dans un désert, «… après la destruction de leurs tentes par des bulldozers israéliens, le 31 octobre, en Cisjordanie » 

02/11/2011

L'équation africaine, de Yasmina Khadra. Ed. Julliard, 2011

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 Page éditeur :

http://www.julliard.fr/site/l_equation_africaine_&100&9782260019602.html

« Autour d'un phénomène dramatique - les prises d'otages récurrentes au large de la Somalie, Yasmina Khadra, au sommet de son art, construit un roman éblouissant, qui mêle suspense, récit d'aventures et histoire d'amour enfiévrée. » (…) « Un hymne à la grandeur d'un continent livré aux pires calamités. »

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« Puissant message de tolérance ».

Stéphane Koechlin, dans A nous Paris, 03-10-2011

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30/10/2011

Jiddu Krishnamurti sur krishnamurti-france.org (Association culturelle pour la connaissance de la pensée de Krishnamurti).

SE LIBERER du connu.jpgBONHEUR KRISHNAMURTI.gifKRISH APPRENDRE.jpgLa flamme de l'ATTENTION.jpgPENSEE KRISH.jpgSILENCE.jpg 

 

 

 

 

 

 

 

"La Vérité est un pays sans chemin"

(Citation, parmi celles qui apparaissent en exergue sur le site dédié : association culturelle pour la connaissance de cette oeuvre, de cette pensée) http://www.krishnamurti-france.org/

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LIRE : « Se libérer du connu », Livre de poche.

C’est cet ouvrage qui est conseillé sur le site, pour commencer à découvrir l’œuvre et la pensée de Krishnamurti. (Plus de précisions, autres titres, dans la rubrique « Nous contacter », à « Questions fréquemment posées »).

Cit. : « Cet ouvrage est une anthologie succincte des thèmes de l’œuvre (…) à recommander comme première approche. »

Nombreuses informations à consulter. (Lectures, activités de l’association, etc.).

En accueil du site associatif, une photographie, juste sous la phrase en exergue... Un  grand arbre, qui fait penser aux sages méditant à l'ombre d'un cèdre, ou conversant pour des méditations parlées, ou donnant un enseignement à des disciples... Calme lieu propice au silence du recueillement...

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Qui est Krishnamurti ? Penseur d’envergure (1896-1986), sage à la recherche de la sagesse (car vivant incarné, ne se voulant pas maître ou gourou, et riche de paradoxes humains), philosophe hors cadres, conférencier et écrivain de talent, éducateur soucieux d’une métamorphose des approches pédagogiques, être libre mettant en question les attachements qui emprisonnent (mais non les liens humains, leurs paradoxes, leurs faiblesses, leurs forces). "Eveillé" (voir les extraits de la fiche de wikipedia, ci-dessous, fin de note), mais pas lisse comme une perfection qui nous dépasserait au point de ne pas nous concerner : non, justement, humain donnant un horizon d’exigence et des objectifs éthiques à portée des individus aux prises avec les pièges et les passions du quotidien, des idéologies, des appartenances, du corps, et de la pensée… Assez proche pour qu’on retienne ce qu'il propose comme pistes - abordables - pour devenir plus libres, lâcher les peurs et les colères qui deviendraient toxiques (pour le corps et l’esprit)… Pistes? Savoir trouver le silence, et prendre le temps de méditer. Cultiver l’attention, cette présence dans l’instant. Savoir regarder avec un détachement neutre ce qui fait notre complexe identité (sans se trahir, mais sans tomber dans les pièges de l’attachement à cette apparence d’être, cette illusion de n’être QUE cela), se méfier de ce qui nous formate (même dans le regard des autres, qu’il soit aimant ou haineux). Ne pas s’identifier à un visage de nous qui ne serait qu’un masque. Tendre à ETRE… au-delà de seulement exister. Voilà ce que, pour ma part, je retiens, et cherche à approfondir... Rien qui nie la nécessité de l’engagement (civique, social, politique même si on y tient…), mais rien qui force cet engagement à être figé et fidèle à autre chose qu’à notre éthique en permanent devenir. Pistes d’un processus intérieur, tissé (mes trames…) dans les fils de « process » collectifs, lentes transformations qu’on peut espérer promouvoir, vers plus de conscience…

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Autre SITEFondation, jkrishnamurti.org (en anglais), lisible en français (une citation en accueil par semaine - qui peut être envoyée par mail, des enseignements, biographie, bibliographie) : http://www.jkrishnamurti.org/fr/?select=1

Document. Pages en anglais sur le problème de l’attachement à sa nationalité (l’enfermement passionnel que cela entraîne) : http://books.google.fr/books?id=DjgZXCT7J8QC&pg=PA200&dq=nationality+krishnamurti&hl=fr&ei=9Y2tTd3fJNKQ4ga6o9GNCw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=4&ved=0CEEQ6AEwAw#v=onepage&q&f=false

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Indépendamment de la consultation des sites (et d’autres pages données ci-dessus), voilà quelques liens vers les ouvrages de ce penseur, chercheur de liberté intérieure...

LIVRES de Jiddu Krishnamurti :

Se libérer du connu... http://www.livredepoche.com/se-liberer-du-connu-jiddu-kri...  (Autres livres de Krishnamurti disponibles en Livre de poche : descendre en bas de la page...) Voir aussi cette note sur le site chaouqi.net (Abel): http://www.chaouqi.net/index.php?2005/04/26/14-krishnamur...

Aux éditions Trédaniel, un livre, dialogues et réflexions, « Liberté, amour, action »... http://www.editions-tredaniel.com/jiddu-krishnamurti-aute... 

La flamme de l’attention (fiche decitre.fr): http://www.decitre.fr/livres/La-flamme-de-l-attention.aspx/9782020258807  (éd. Seuil, Points/Sagesses)

Le sens du bonheur (page FNAC): http://livre.fnac.com/a1934081/Jiddu-Krishnamurti-Le-sens-du-bonheur  (Points/Sagesses)

Autres titres sur ces pages...

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Extrait du livre « Au seuil du silence ». Sur la question centrale, celle de notre capacité d'autonomie, en pensée, sur la libération des conditionnements : http://www.krishnamurti-france.org/L-esprit-est-il-capabl...

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WIKIPEDIA (fiche très ample). EXTRAITS (relatifs à la dimension spirituelle de cet être) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jiddu_Krishnamurti . Extraits : « À l'été 1922, selon ses propos rapportés par Lutyens, il vécut une expérience  "transformatrice" qui, bien que systématiquement accompagnée de violents maux de tête fut qualifiée par lui-même d'éveil spirituel, qui devait changer sa vie. Ce qu'il baptisa "le processus" (the process) et qu'Annie Besant appelait le réveil de Kundalini. » (…) « En 1980 (…) il affirme à son entourage que l'expérience intérieure, le "processus", qu'il décrivait les premières années, avait pris une force nouvelle, que ce mouvement intérieur aurait atteint la "source de toute énergie" et qu'il ne restait en lui qu' "espace incroyable et une immense beauté"» (…) « La pensée de Krishnamurti est, selon lui, résumée dans son texte de 1980 "Le cœur des enseignements". Il se fonde sur sa citation de 1929, selon laquelle "La Vérité est un pays sans chemin". L'acquisition de cette "vérité" (qu'il appelait aussi " l'art de voir") ne peut, selon lui, se faire au travers d'aucune organisation, aucun crédo, aucun dogme, prêtre ou rituel, ni aucune philosophie ou technique psychologique. »

28/10/2011

CE QUE LE JOUR DOIT A LA NUIT, livre de YASMINA KHADRA

VIDEO

L’auteur y parle de son ouvrage (et c'est très intéressant) http://www.dailymotion.com/video/x86r7l_ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit-yasmi_creation

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Lire aussi cette page d’un lecteur attentif, Labib Dadi,sur le blog  "djbeltounes.wordpress.com" http://djbeltounes.wordpress.com/2011/03/26/ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit-de-yasmina-khadra/ 

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22/10/2011

INCIPIT. Les raisins de la colère, de John Steinbeck.

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« Sur les terres rouges et sur une partie des terres grises de l’Oklahoma, les dernières pluies tombèrent doucement et n’entamèrent point la terre crevassée. Les charrues croisèrent et recroisèrent les empreintes des ruisselets. Les dernières pluies firent lever le maïs très vite et répandirent l’herbe et une variété de plantes folles le long des routes, si bien que les terres grises et les sombres terres rouges disparurent peu à peu sous un manteau vert. »

Les raisins de la colère, de John Steinbeck (premières phrases du premier chapitre)

Marcel Duhamel et M.-E. Coindreau, pour la traduction (de l’américain). 

Coll. Folio, éd. Gallimard 

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Le LIVRE (1939) :

etudes-litteraires.com, résumé et étude, « L’éveil d’une conscience » : http://www.etudes-litteraires.com/steinbeck.php

Sur critiques libres.com, « Une grande leçon de vie » : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/4474

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Le FILM de John Ford (sortie USA, 1940). Fiche, synopsis, bande-annonce, sur allocine.fr : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=1268.html

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04/10/2011

L’internement des Gitans (1940), témoignage de Raymond Gurême, 86 ans. 4 octobre pour mémoire…

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« Indigné pour toujours. »

« A 86 ans, Raymond Gurême témoigne de l’internement des gitans, en 1940, dans le camp de Linas-Montlhéry (91). » : Article de Julie Védie, Ile de France, Journal du Conseil Régional, oct-nov 2011. (Lien devenu inactif, ce n'est plus lisible en ligne) 

Citations : « ‘’Toute ma vie, j’ai recherché la liberté, l’insouciance et le bonheur familial que l’on m’a volés ce jour-là, alors que j’avais 15 ans.’’ Ce jour-là, c’est le 4 octobre 1940. Raymond Gurême, ses parents et ses sept frères et soeurs sont arrêtés aux aurores dans leur roulotte et internés dans le ‘’camp de rassemblement de nomades’’ de Darnétal, en Seine-Maritime. » Puis « au camp de Linas-Montlhéry (91), avec 200 autres tziganes. » (…) « ‘’Il ne faut pas oublier’’, martèle ce témoin indigné pour toujours, qui trouve à notre époque des relents des années 1940. ‘’On continue à s’acharner sur des gens sous prétexte qu’ils sont noirs, rouges ou bronzés. Nous, les gitans, on est de toutes les couleurs, avec l’impression d’être indésirables dans notre pays…’’ ».

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LIVRE : « Interdit aux nomades », de Raymond Gurême, avec Isabelle Ligner, éds Calmann-Lévy.

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Voir aussi : MémoiresTsiganes1939-1946... http://www.memoires-tsiganes1939-1946.fr/internement.html                       

03/10/2011

« Les Faiseuses d’histoire – Que font les femmes à la pensée ? », livre d’Isabelle Stengers et Vinciane Despret (article de Patrice Van Eersel, Clés)

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En consultant le site de la revue Clés on peut découvrir des rubriques et des pages fort enrichissantes, des pages qui donnent à penser… Et j’ai trouvé celle-ci :

« Retour de flamme féministe », chronique, par Patrice Van Eersel, Clés, rubrique  Itinéraires, à propos d’un ouvrage des philosophes Isabelle Stengers et Vinciane Despret : « Les Faiseuses d’histoire – Que font les femmes à la pensée ? », Les empêcheurs de tourner en rond/La Découverte, 2011 (Lien retiré, car devenu inactif : mise à jour 30-03-16)

Mais dans le commentaire de Clés (occasion de découvrir ce livre) histoire, au sens d'Histoire - celle des historiennes - devient un pluriel, jouant sur l'expression "faire des histoires".  (Jeu sur le sens présent dans le titre du livre évidemment, pour marquer le fait que, souvent, donner sens à l'histoire - la leur et celle de tous - cela demeure un domaine dominé par les hommes. Donc reprendre pouvoir sur cela dérange).

Citations : « Éberluées par ‘’La philosophie, ou l’art de clouer leur bec aux femmes’’ de Frédéric Pagès (Mille et une nuits), les philosophes Isabelle Stengers et Vinciane Despret, de l’Université Libre de Bruxelles, demandent : ‘’Et si on ne jouait plus le jeu ?’’ » (…) « L’expression    ’’faiseuses d’histoires’’  a plusieurs sens, mais le premier est celui-là : Stengers et Despret invitent les femmes à ne pas s’écraser, à ne pas jouer le jeu et à ’’faire des histoires’’, quitte à passer pour d’horribles chiffonnières ! » (…) « …dé-dignez-vous » (…) « Cessez d’accepter dignement ce que l’on vous présente comme inéluctable. Soyez des emmerdeuses. »

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Je crois que toute femme qui a l’habitude de penser par elle-même, d’analyser la réalité  (actualité, idéologie, politique), d’élaborer ses propres concepts, d’exprimer des désaccords, sera tombée, à un moment ou à un autre, dans un cadre professionnel ou associatif, sur quelques petits maîtres d’autorité, sûrs de leur fait, sûrs de savoir, eux, avec leur intelligence… masculine, persuadés d’avoir compris, mieux, et de s’être informés, forcément mieux… ! Heureusement, dans la vie privée on évacue de son cercle de bonheur de tels énergumènes, mais dans un contexte social élargi, là, c’est parfois plus difficile… D’autant plus qu’effectivement, ce qui est dit à propos de l’attitude de certaines femmes est juste (elles pointent les milieux universitaires, mais c’est vrai ailleurs). Oui, des femmes choisissent un comportement faussement féministe : rassurez-vous, messieurs, disent-elles ainsi (plus ou moins consciemment), nous sommes capables, nous, de fonctionner comme vous, voyez, nous sommes d’accord – à égalité avec vous - correctes, respectueuses… ! Equivalentes. Eh bien, oui, détestées ou pas, il est bon de savoir ne pas jouer le jeu, ne pas se faire piéger par l’illusion d’une mensongère réciprocité. Et alors d’autres interlocuteurs, authentiques, pas machistes, se révèlent. Ailleurs.

Cette analyse me fait penser à un article d’Yves Delahaie sur Caroline Fourest, s'interrogeant sur les raisons de l'agressivité haineuse qu'elle doit affronter souvent.  Car il est certain que la force de son engagement intellectuel doit intervenir dans la manière dont elle est reçue : elle tient tête, elle ose, elle maîtrise, en affrontant des contradicteurs hommes, notamment. Et cela dérange. Peut-être même quand elle démonte les arguments de personnalités qui déplaisent… Du dialogue ou de la démonstration, de manière souterraine, non sue, l’auditeur retient le franchissement du tabou. Il oublie le fondamentaliste ou l’extrémiste raciste, et retient cela, même s’il adhère à la pensée de l’une et abhorre la pensée de l’autre…

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Lien vers une recension du même ouvrage, lisible en ligne. Par Osi Bouaké : http://osi.bouake.free.fr/?Les-Faiseuses-d-histoire-Que-f...   

27/09/2011

Et le pataouète… ??? (Journée des langues, suite…). Pages, sites, livres, auteurs… pataouètes. Plus... commentaire perso...

Brua.jpgLanly-Andre-Le-Francais-D-afrique-Du-Nord-A LANLY.jpgMazzella.jpgTrésors des racines pataouètes.jpgRabia.jpg

Le 26 au matin, écoutant France-Info, j’apprends que cette date est celle d’une journée européenne des langues, et il est précisé que le but est de valoriser le patrimoine linguistique en tenant compte des langues régionales et des langues des flux migratoires (ce qui est fort bien, si les discours des gouvernants correspondent ensuite aux choix…). On parle aussi de la langue des signes : langue, réellement, et qu’une communauté partage (oui, et elle devrait être enseignée bien plus : voilà l’esperanto auquel on pourrait croire). Mais je pense immédiatement à une autre langue, création collective du métissage linguistique populaire, inventivité mêlant  des idiomes méditerranéens et réussissant à faire entrer l’image et le geste dans le mot. Langue qu’une communauté, aussi, partage, totalement ou par bribes, viscéralement, et notamment pour l’expression des émotions – et quand elle n’est pas « parlée » vraiment, elle est présente souterrainement dans l’inconscient du quotidien linguistique, comme un code, une complicité des affects. Elle demeure dans la mémoire dispersée des mots qui nous reviennent d’instinct, et nous font reprendre l’accent, là où l’arabe, l’espagnol, le maltais, l’italien, se mêlent dans la gorge au français. Elle fait rechercher les textes des chroniques de Jean Brua, les dictionnaires et glossaires, les anthologies, les sites, les livres des auteurs phares du parler pied-noir, littérature dans la littérature. Elle s’écoute en miroir dans le langage des jeunes des quartiers populaires ou des banlieues (délice de voir que quelque chose de familier perdure quand même dans la langue qui s’invente elle-même quand des origines se mêlent) et chez des humoristes ou des acteurs dans des films créés par des descendants d’Algériens ou Maghrébins, ici, ou des films venus d’Algérie, notamment, pour l’écho des langues et la façon dont les gestes appuient les sonorités (et l’emploi d’expressions issues du pataouète, qui semble avoir trouvé ses héritiers sur les deux rives). Mais je me dis que, certainement, rien n’aura évoqué cette langue pataouète dans les diverses activités proposées pour ce jour. Car qui penserait que cette langue est une part légitime d’un patrimoine à préserver ? Langue entre deux rives ? Perdue dans les eaux de l’oubli ? Cela a un goût de mort. Négation d’une culture. Négation d’une communauté?


pataouète,livres,humour,français d’afrique du nord,littérature,pieds-noirs,accent,sabir,algérie,andré lanly,edmond brua,jean brua,roland bacri,geneviève baïlac,auguste robinet,musette,cagayous,jean-jacques jordi,rabia,la famille hernandez,langue,langageQui parmi nous aurait pensé revendiquer une place pour ce fragment de notre culture ? Personne, sans doute : car on intériorise l’ostracisme quand il nous touche (cette forme conforme du racisme ordinaire, celui que les associations militantes  ne « voient » pas, elles qui pourtant sont dédiées à lutter contre la haine, mais finissent par la compartimenter, suivant des cases idéologiques dans lesquelles on classe les communautés). L’intériorisant, on a des pratiques d’évitement, on anticipe les refus, les rejets, on occulte le possible de peur qu’il ne s’échappe. 

Pourtant cette langue est celle qui montrerait le mieux ce qu’est la richesse du plurilinguisme, des cultures qui se croisent, s’entremêlent : elle est ouverte, traversée, produite par les flux migratoires qui ont abouti des rives étrangères de la Méditerranée à la terre algérienne. Ce sont ces immigrés des temps passés qui ont inventé ce langage, en frottant leurs langues à l’arabe et au français, pendant que, lentement ils devenaient des Pieds-Noirs… (Ceux que l’officielle Histoire confond avec l’Etat français : l’un colonisait, les autres traversaient des frontières pour survivre, puis devenaient Français). Mais il y aura au moins une référence pataouète dans ce concert d’hommages aux langues : ma petite note…  ma résistance. Même si je sais bien qu’il n’y a pas de malveillance volontaire dans cette absence, juste un signe, triste.

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Pages, définitions, titres, et CITATIONS :

Pataouète et sabir, librairie-pied-noir.com http://www.librairie-pied-noir.com/content/9-pataouete : Citation (la conclusion de la page) : « Avec le temps, pataouète et sabir se seraient sans doute encore rapprochés pour finir par ne plus faire qu’une seule langue dont la formation aurait certaine­ment été accélérée par la mobilité croissante des per­sonnes et le développement des moyens de commu­ni­cation qui ont marqué la fin du XXe siècle./ Le sabir a, lui aussi, plus modestement toutefois, connu les honneurs de la scène et de la radio avec Ben Ali et ses parodies de fables de La Fontaine ou ses Aventures de Djilalli./ Curieusement, le sabir trouve aujourd’hui une sorte de renaissance dans le parler des « jeunes des ban­lieues » que font connaître des artistes comme Smaïn, Jamel Debbouze ou Gad Elmaleh et l’on peut même se demander dans quelle mesure le langage métropolitain n’est pas en train de se « sabiriser » tant évoluent, sous l’effet de la mode, l’accent et le langage de nombreux jeunes français de tous horizons régionaux et sociaux ! Mais il est vrai que la cuisine française a bien intégré le couscous et les merguez… » (Voir aussi la bibliographie qui complète l’article)

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lecavalierbleu.com  « Ils se reconnaissent à leur accent », extrait du livre « Les Pieds-Noirs » de Jean-Jacques Jordi, éd. Le Cavalier Bleuhttp://www.lecavalierbleu.com/images/30/extrait_212.pdf (pages sur la langue et l’identité) « Plus près de nous, des expressions et des interjections reprises dans les journaux actuels sont attribuées à tort aux « jeunes des banlieues » du Sud de la France principalement, alors qu’elles étaient popularisées en Afrique du Nord : « Se taper un bain », « lui donnerle compte » ou « perdre la figure» (« la honte à la figure j’ava i s, dis, de traverser tout Bab-el-Oued avec les menottes », Albert Camus, Noces, 1957) ont cependant moins de succès que « allez, va » « tu me cherches », « oublie- moi », « dégage, va de là » ou les très connus « va te cacher », « tranquille » (pour peinard) et « c’est trop mortel » employés par Lucienne Favre en 1946 dans Babel-Oued ! »

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bainsromains.com : « Ce qui nous reste, en fait, de plus identifiable de notre passé en dehors de l'accent, c'est ce parler qui faisait sourire le visiteur, ce pataouète avec ses expressions imagées qui affleurent toujours avec plus ou moins de vigueur dans notre langage quelque quarante ans plus tard. »  http://www.bainsromains.com/PagesSensations/Pataouete.html

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babelouedstory.co : « Le pataouète, " ce rameau sur la souche des langues d'oc ", selon l'excellente définition de Gabriel Audisio, continue à forger impétueusement, sur une toile de fond française, sa syntaxe exubérante et son vocabulaire concret empruntant sans complexe ses locutions à l'espagnol - catalan, valencien ou castillan -, aux versions napolitaine et sicilienne de l'italien, au maltais, au provençal, à l'arabe. » http://babelouedstory.com/bab_el_oued_photos/texte_03/texte_03.html

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Le pataouète chez Pataouète, patawet.hautetfort.com : « Le mélange de cultures prend aussi son sens dans le parler algérois :Le pataouète, mélange de plusieurs langues. Espagnol, italien, français, arabe…» http://patawet.hautetfort.com/archive/2009/04/29/le-pataouete.html

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VIDEO. « L’accent de chez nous » : http://www.dailymotion.com/video/x4vwfv_l-accent-de-chez-nous_lifestyle

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GLOSSAIRE (et expressions), par Gérard Lavallée : http://storage.canalblog.com/84/11/281248/57276436.pdf

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BIBLIOGRAPHIE, sur alger.babeloued : http://alger.babeloued.free.fr/contenu/Biblio.html

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TEXTES :

Edmond Brua, portrait de famille, par Jean Brua (et document audio, fable dite par l’auteur, «… fable remontée du passé, et qui vous mettra en bouche un goût, non de madeleine, mais de mouna »), sur esmma.free.fr : http://esmma.free.fr/mde4/brua/EdmondBrua.htm

« Chapeau bas à André Lanly », « L’éminent linguiste qui a fait entrer le pataouète à l’Université », par Jean Brua : http://jp.follacci.pagesperso-orange.fr/Lanly/Lanlypag.htm

Poèmes de Roland Bacri, sur hubertzakine.blogspot.com : http://hubertzakine.blogspot.com/2011/05/petit-poeme-de-roland-bacri.html

Un poème d’Edmond Brua, « Maisons », sur arioul.blog : http://arioul.blog.lemonde.fr/2007/02/24/un-poeme-d-edmond-brua/

« Racines », de Jean Brua, sur arioul.blog : http://arioul.blog.lemonde.fr/2008/01/08/pieds-noirs-2/  

Geneviève Baïlac explique la genèse de sa pièce « La Famille Hernandez », sur babelouedstory.com : http://babelouedstory.com/ecoutes/famille_hernandez/famille_hernandez.html  (texte après les illustrations…). Citation : « Un "homme nouveau" naissait ainsi en dépit des politiques, des différences fondamentales, des heurts de nature, un homme que l'on pouvait rencontrer dans la rue avec son langage pittoresque émaillé d'expressions empruntées à toutes les langues parlées en Algérie, avec son exubérance, sa truculence, son verbe haut et son humour méditerranéen. II me semblait que cet homme devait trouver au théâtre le moyen d'expression le plus adapté à sa nature, et je cherchais donc à le faire vivre sur une scène »

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LIVRES :

Plusieurs ouvrages dans la rubrique « Langue pied-noir » des éditions Gandini, comme « Œuvres soigies » d’Edmond Brua, ou « Fables et contes en sabir » de Kaddour.

Ainsi, « Le pataouète, Dictionnaire de la langue populaire d’Algérie et d’Afrique du Nord » par J.Fuclos, C-A Massa, J. Monneret, et Y. Plevenhttps://editions-gandini.fr/ga02-le-pataouete.html 

« Qué Rabia » de Jean Brua https://editions-gandini.fr/ga103-que-rabia.html 

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« Trésors des racines pataouètes », de Roland Bacri, éd. Belin : http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-tresors-des-racines-pataouetes-6426.php?lst_ref=1  et sur bibliomonde.com  http://www.bibliomonde.com/livre/tresors-des-racines-pataouetes-1565.html

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Le Parler Pied-Noir, mots et expressions de là-bas », lexique établi par Léon Mazzella, éd. Rivages : http://www.payot-rivages.net/livre_Le-Parler-pied-noir--Leon-Mazzella_ean13_9782869302556.html

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« Le roro, dictionnaire pataouète de la langue pied-noir, étymologique, analogique, didactique, sémantique, et tout », de Roland Bacri, éd. Denoël : http://books.google.com/books/about/Le_roro_dictionnaire_pataou%C3%A8te_de_la_la.html?id=ug1iHQAACAAJ

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« Le Français d’Afrique du Nord », (thèse), d’André Lanly, éd. PUF, 1962 et « Bibliothèque des Introuvables », 2003 http://www.priceminister.com/offer/buy/1880961/Lanly-Andre-Le-Francais-D-afrique-Du-Nord-Qu-est-Ce-Que-Le-Patouete-Enquete-Sur-Le-Francais-Des-Pieds-Noirs-Livre.html 

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AUTEURS :

Auguste Robinet, dit Musette (1862-1930), créateur de Cagayous : http://babelouedstory.com/cdhas/36_37_cagayous/36_37_cagayous.html et... http://babelouedstory.com/bab_el_oued_photos/texte_02/texte_02.html ou...  http://patawet.hautetfort.com/archive/2010/04/03/cagayous.html

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Edmond Brua, 1901-1977, note biobibliographique de Georges Laffly, sur le site de Bernard Venis, alger-roi: http://alger-roi.fr/Alger/portraits/pages_liees/8_brua_edmond_pn45.htm

Présentation d’E.Brua, sur hubertzakine.blogspot.com : http://hubertzakine.blogspot.com/2009/11/edmond-brua.html  (documents audios associés, textes de l’auteur du blog : mémoire, identité…)

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Roland Bacri, né en 26 :

Fiche Wikipedia (et bibliographie) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Roland_Bacri

Sur evene.fr : http://www.evene.fr/celebre/biographie/roland-bacri-3272.php

« Et alors? Et oila! », disque : http://www.bide-et-musique.com/artist/5684.html

Discographie : http://www.encyclopedisque.fr/artiste/13707.html

Poèmes de Roland Bacri, choix d’Hubert Zakine, blog : http://hubertzakine.blogspot.com/2011/05/petit-poeme-de-roland-bacri.html

« Et alors ? Et oila ! », livre : http://www.amazon.fr/alors-oila-ROLAND-BACRI/dp/B003WWB0CK 

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Geneviève Baïlac :

Fiches wikipedia sur la pièce « La famille Hernandez », et le film qui a suivi : http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Famille_Hernandez  (pièce)

et  (film) : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Famille_Hernandez_(film) 

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...Voir aussi l'album "Le Pataouète" (livres et liens). Cliquer sur les images pour lire :  http://tramesnomades.hautetfort.com/album/le-pataouete/pa...

20/04/2011

Lire Jeremy Rifkin et Amartya Sen. L’empathie humaine, la volonté de justice : l’économie et le monde…

FIN du TRAVAIL J RIFKIN.gifECO.gifACCES J RIFKIN.gif

 

 

 

Jeremy Rifkin. « Une empathie nouvelle gagne l’humanité », Le Monde, 15-04-11 : http://www.lemonde.fr/week-end/article/2011/04/15/jeremy-rifkin-une-empathie-nouvelle-gagne-l-humanite_1507194_1477893.html#xtor=EPR-32280468-[NL_weekend]-20110416« Nous assistons à une extraordinaire vague de solidarité mondiale, comme nous en avions déjà connu pour le tsunami de décembre 2004 ou le séisme d'Haïti en janvier 2010. Un puissant sentiment d'inquiétude et d'altruisme soulève des centaines de millions de personnes autour du monde. Ce sont des exemples très forts de la nouvelle réalité empathique qui gagne l'humanité. » (Il parle des grands changements à l’œuvre dans le monde : industrie, techniques, écologie, réseaux de communication. Pistes pour comprendre l’évolution actuelle de la planète, les choix devant lesquels l’humanité se trouve).

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 Amartya Sen. « Supprimer l' injustice partout dans le monde », article paru dans Philosophie magazine, novembre 2010 (lien inactif ensuite...). Un itinéraire, une œuvre, une éthique. Cet économiste, prix Nobel, est un philosophe : l’entretien était passionnant…). CITATION : « Il faut rechercher un meilleur mélange des institutions. Le dogmatisme crée de grandes crises. Le socialisme dogmatique a créé l'URSS, et, à la fin de l'Union soviétique, l'économie fonctionnait très mal. Le capitalisme dogmatique a créé la récente crise. Ne soyez pas dogmatiques ou pragmatiques, mais posez-vous la question, qui est une question ouverte : est-ce que je veux cette institution ? »Ethique et éco Amarta SEN.gifINEG A SEN.gifNOUVEAU A SEN.gif

15/04/2011

Jan Patocka, CITATION, et réflexion. « Ce qu’il faut, c’est dire la vérité »…

Platon et l'Europe.jpg

La phrase qui suit a été rédigée par le philosophe Jan Patocka sur son lit d’hôpital, avant de mourir des suites des interrogatoires subis, pour être un des acteurs de la dissidence, et le porte-parole de la Charte 77. Prague… Elle a la force d’une résistance menée au point de mourir. Ce sont de mots comme cela dont on a besoin, parce qu’ils sont marqués au fer rouge de la torture, de la dignité conservée dans les pires conditions. « Ne pas se laisser effrayer et intimider ». Si lui a pu le faire, dans un tel contexte, ceux qui refusent les mots de la haine le pourront, ici et maintenant (dans un contexte différent où les pressions sont idéologiques, mais où il n’est pas toujours facile de savoir dire cette vérité de l’éthique en affrontant la confusion de la pensée qui tente de dominer la raison, avec des certitudes nées des mauvaises peurs).

 «Ce qui est nécessaire, c’est de se conduire en tout temps avec dignité, de ne pas se laisser effrayer et intimider. Ce qu’il faut, c’est dire la vérité.»  Jan Patocka cité par Robert Maggiori, dans l’article de Libération du 31-04-11, "Patocka, Prague à l'âme" : http://www.liberation.fr/livres/01012328899-pato-ka-prague-a-l-ame 

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Pour situer un peu plus l’auteur :

Jan Patocka, "Platon et l’Europe", éds. Verdier. Site de l'édition... http://www.editions-verdier.fr  Extraits de presse : 

« Ce qui change tout est que ce très bon livre, mais qu’on croirait écrit en 1910 et auprès duquel Habermas serait postmoderne, ne sort pas de la vieille Sorbonne ou d’un Club pour l’arrêt des Horloges, mais de la Prague de 1973, où il a paru en samizdat dans la nuit soviétique. Alors, le cœur serré, on pense en le lisant, à ce qu’en 1943 René Char écrivait de la Madeleine à la veilleuse peinte par Georges de la Tour : « La femme explique, l’emmuré écoute. Merci à Georges de la Tour, qui maîtrisa les ténèbres hitlériennes avec un dialogue d’êtres humains. » (Libération, 1983)

« Qui se souvient encore du rôle de la Charte 77 en Tchécoslovaquie aura peut-être oublié jusqu’au nom de Jan Patocka, l’un de ses principaux porte-parole et inspirateurs,  qui devait mourir le 13 mars 1977 à la suite d’interrogatoires prolongés de la police. » () « Terré dans une cave de Prague où il tenait des séminaires, qu’il rédigeait ensuite, avant qu’ils ne soient diffusés sous la forme de samizdats, Jan Patocka a vécu dramatiquement l’expérience de la ligne de front qu’il décrit dans un chapitre central des Essais hérétiques» (Le Nouvel Obs. 1983)

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ESSAIS HERETIQUES. Présentation de l’éditeur (extrait) : « Remontant aux origines de la philosophie européenne, il aborde alors les problèmes du choix, du souci de l’engagement, et de la violence. La Charte 77 dont Jan Patocka fut le premier porte-parole, trouve ici une première tentative d’expression philosophique. » Fragment d’un article (sur la page de l’éditeur), Libération, entretien avec Erika Abrams : « faut dire que, dans l’ensemble, son œuvre s’adresse plutôt à des philosophes professionnels. Ce n’est pas le cas des Essais qui peuvent toucher un bien plus vaste public. Patocka pose des questions nouvelles. »

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Jan Patocka, sur Bibliomonde : http://www.bibliomonde.net/auteur/jan-patocka-1696.html  (note, biblio, et livre référencé, sur l’Europe - pensée comme horizon universel, non comme série de pays enfermés dans le retour au nationalisme)

Fiche  wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jan_Pato%C4%8Dka

06/04/2011

Aimé Césaire. Hommage rendu au Panthéon, ce mercredi 6 avril 2011

Aimé Césaire entre au Panthéon, 20 minutes, 06-04-11 : http://www.20minutes.fr/article/701822/culture-aime-cesaire-entre-pantheon  « ‘’Reconnaître l'une des plus grandes voix ultramarines, c'est aussi rendre hommage à la vitalité des cultures d'Outre-mer, qui n'ont cessé d'influencer l'ensemble de la culture française’’, avait déclaré le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand lors d'une présentation de l'événement. Notons au passage que 2011 est l'année des Outre-mer. » (La tombe du poète décédé en 2008 reste en Martinique, mais une plaque et une fresque monumentale lui rendront hommage au Panthéon.  Cérémonie en présence du Président de la République, qui avait rencontré l’auteur, en présence, aussi, de la famille et de très nombreux invités.) 

Libération, annonçant la mort de l’écrivain, en avril 2008, rappelait les grands axes de sa vie. Article du 17-04-2008 http://www.liberation.fr/politiques/010127082-aime-cesair... : « Aimé Césaire fut, avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon-Gontran Damas, l’un des chantres du courant de la «Négritude».L’auteur du «Cahier d’un retour au pays natal» avait consacré sa vie à la poésie et à la politique. ». Il redisait ses combats contre le racisme, et notait l’hommage rendu par L’Elysée, pour son 94 ème anniversaire, par une lettre rendue publique : « Le président Nicolas Sarkozy avait salué alors le 26 juin dernier en Aimé Césaire le poète et ‘’homme d’action’’, ‘’porteur d’un message de paix, de tolérance et d’ouverture’’ ».

Aujourd'hui, sur le site du même journal, la dépêche de l'AFP cite les paroles d'émotion de personnes parfois venues de très loin pour assister à cette cérémonie. Parmi les phrases qu'on peut lire, celle-ci : «C'est un événement qu'on ne verra qu'une fois, voir un grand homme des Caraïbes qui a fait connaître les valeurs de la négritude et de l'humanisme entrer au Panthéon.», (Jean Liseron). Et « Il y a un avant et un après Césaire. Son passage sur terre a été une révélation. », (Roland Veron, venu de Martinique).

L'article du 06-04-11, lui, n'est pas lisible intégralement (réservé aux abonnés) : http://www.liberation.fr/culture/01012330031-ave-cesaire (J'y relève une citation importante, qui précise la nature de l'engagement de l'auteur, concernant la négritude : « Nègre je suis, nègre je resterai... Mais Senghor et moi, nous nous sommes toujours gardés de tomber dans le racisme noir. »   

Le Monde, 05-04-11 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/05/celebre-au...  Titre : « Célébré au Panthéon, Aimé Césaire demeure un rebelle irrécupérable.» Article qui rend compte de l'héritage humaniste de Césaire. Notions clés et CITATIONS...

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Parmi les expressions d'admiration reçues de son vivant, il y eut cette profonde reconnaissance de dette, d’un poète au poète… Dans « Ce que je dois à Aimé Césaire », Bibliophane, 2004, Jacques Lacarrière écrivit ce que fut pour lui le choc salvateur de cette lecture (car cela métamorphosa sa conception de l’écriture poétique, donna sens et direction à toute son œuvre) : «La découverte du cahier en cet automne 1947 me révéla dès les premières pages les pouvoirs et les magies insoupçonnées de ma propre langue : ce n'était pas seulement un poème que je tenais entre mes mains, mais un texte de feu, un brasier, un brûlot.»

Jean-Pierre Siméon, insiste sur cela dans la préface qui introduit le recueil des  « Oeuvres poétiques complètes» de Jacques Lacarrière, Seghers 2011,  «A l'orée du pays fertile » : « La grande rencontre, celle qui décidera de sa destinée de poète et qui est de la nature d'une révélation foudroyante, c'est celle d'un livre, le Cahier d'un retour au pays natal de Césaire. » Cette rencontre se fit par hasard, ouvrage trouvé dans une librairie...

Si un livre peut être croisé, trouvé, et gardé ainsi, comme un heurt prolongé qui change le rapport à la langue, à ce que cela signifie qu'écrire, c'est que ce livre mérite d'être pris en compte par beaucoup, pour tenter de comprendre ce qui fit ce bouleversement...  

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Fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Aim%C3%A9_C%C3%A9saire

Biographie et poèmes, pierdelune.com : http://www.pierdelune.com/cesaire.htm

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VIDEO : Rencontre avec Césaire, 2006 : http://www.dailymotion.com/video/x63g14_rencontre-avec-ce... 

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CITATIONS :

« L'homme de culture doit être un inventeur d'âmes. » (et autres CITATIONS d'Aimé Césaire), sur evene.fr : http://www.evene.fr/citations/auteur.php?ida=1627 

« La justice écoute aux portes de la beauté.  » (et autres fragments) sur wikiquote.org : http://fr.wikiquote.org/wiki/Aim%C3%A9_C%C3%A9saire

« Colonisation = chosification »  Citation ajoutée par le Petit Robert à sa définition de la colonisation : http://www.lemonde.fr/societe/article/2007/09/04/le-petit... 

19/03/2011

Salon du livre, suite… « Abd Al Malik, la plume et le cœur », compte-rendu de la rencontre du 18 mars 2011

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http://www.salondulivreparis.com/

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Une rencontre avec le public était donc programmée, pour ce vendredi 18 mars, avec Abd Al Malik, rappeur, slameur, écrivain  (voir la note précédente). L’échange était animé par Juan Masseyna (France 5), qui posait des questions permettant de faire le tour des thématiques essentielles, et encourageait le public à en poser aussi. Il y en eut d’intéressantes, dont une, lancée au vol, presque comme un  fragment de slam, entre poésie et philosophie…  Les questions de l’animateur, sauf exception, sont sous-entendues, ou reprises dans la formulation des mots clés des réponses d’Abd Al Malik, ou inscrites dans la formulation de la pensée, au départ…  (C’était très fluide le passage de la question à la réponse).

Je souligne les mots clés, je souligne et mets en gras les mots ou les expressions sur lesquels il a fait porter une accentuation, les mettant donc en valeur. Mais ce n’est pas la trace d’un enregistrement, ni de notes de sténo : notes prises au vol, traduction de l’essentiel, le plus fidèlement possible.

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Dès ses premiers mots Abd Al Malik insiste sur l’importance, pour lui, de créer du sens, de faire lien. A propos du slam il parle d’énergie. Celle qui circule, qui se donne et celle qu’on donne, propre à la forme même de la parole dans le partage. Passer du rap au slam, pour lui, c’était logique, dans la mesure où ce qui compte pour lui, ce sont les mots. Parce que les mots font sens.

Evoquant le hip hop, lié à cette même culture, il cite un écrivain américain (il n’a pas rappelé le nom) dont il avait lu une pensée sur cet art du corps en mouvement : « Les Baudelaire d’aujourd’hui sont les artistes du hip hop. » Pourquoi ? Parce qu’ils ont créé une forme nouvelle : ils ont donc vraiment créé (et c’est une forme, justement, qui correspond à l’époque, qui peut traduire ce que ces artistes d’aujourd’hui vivent et ressentent).

Au sujet du rap il fait remarquer que c’est une musique qui intègre toutes les autres musiques actuelles : ce n’est pas un genre à part, mais une forme qui contient.

Que doit-on faire avec l’art, l’expression ? Si on garde en conscience la notion d’universelon doit aller vers l’autre, critiquer ce qui fait mur, défaire les murs barrières. Mais en s’interrogeant, en se demandant comment on peut faire cela, soi. Comment défaire ces barrières déjà en soi, ne pas participer à ce qui dresse les obstacles, ne pas en être complices involontaires par manque de lucidité. Comment amener sa part de lumière au lieu de chercher des responsables extérieurs à nos échecs et douleurs ?

Et qu’est-ce qu’on peut faire au sujet des fantasmes projetés sur les banlieues et sur l’islam ? Moi, dit-il, je cherche à répondre à ces questions avec ma spiritualité. (Mais chacun la sienne : cela peut être divers).

Comment, lui demande Juan Masseyna, passe-t-on du texte écrit pour être chanté au texte destiné à un livre ? C’est la même dynamique, dit Abd Al Malik. Pour le rap, le chant, c’est la musique qui fait venir les mots. Dans l’écriture de livres c’est d’une autre manière, on ne travaille pas de la même façon, on revient en relisant, on soumet au premier lecteur qui réagit, mais ce sont toujours les mots. Pour le rappeur ou pour l’écrivain, l’important ce sont les mots.

Dès le départ, d’entrée, je voulais faire les deux.

Pourquoi pas un scénario ? lui demande un comédien… Justement, je travaille sur cela pour mon livre « Qu’Allah bénisse la France ». C’est une « grammaire » qui m’intéresse, celle du scénario...

Les mots. Ils sont là pour soigner. Si on est dans un élan de vie on transmet la vie. Si on est dans un élan de mort on transmet la mort. Je suis dans cette démarche de partage parce que j’ai vu la mort au sens propre. Dans mon quartier, où l’héroïne était une plaie à un moment.

On ne parle pas assez d’une pauvreté qui est celle du manque de mots. La pauvreté en mots, quand on ne peut mettre des mots sur ses douleurs. Il y a des jeunes qui disent que cela ne sert à rien d’aller à l’école si on ne peut pas, après, avoir du « taf », de l’argent. Non. On doit d’abord aller à l’école pour les outils, pour la maîtrise de la langue.

Moi, je me suis reconnu dans Camus, dans Césaire, dans Sartre, etc. On se dit, lisant,  qu’il y a quelque chose de commun, d’homogène, qui, finalement, nous lie.

D’où l’importance d’investir dans l’Education nationale.

La seule communauté qui compte c’est la communauté nationale.

« La guerre des banlieues n’aura pas lieu », ce titre est là pour dire qu’on est acteurs de nos propres vies. Et on parle de la schizophrénie, dans les cités,  d’être de là et de là (comme si c’était un partage problématique). Non , il adviendra ce que moi, ce que nous, nous aurons décidé. C’est aussi un message vers les médias. Car la manière dont on nous regarde détermine la manière dont on se comporte. Pouvoir des médias… La banlieue ce n’est pas une machine, car dedans il y a des individus.

Pourquoi cette volonté absolue de réintégrer le quartier dans les débats concernant la France ? Le quartier ce n’est pas périphérique. Le quartier c’est une allégorie pour parler de la France. La banlieue est la France. Tout se joue dans les quartiers, tout y est.

Ce qui m’intéresse c’est de lancer des passerelles, car s’il y a dialogue il y a la possibilité du changement .

Le vocabulaire de mon personnage, dans le dernier livre, Peggy ? Ce n’est pas le mien. Il vit des choses que je connais, des choses que je ne connais pas : c’est un personnage. Moi je fais attention aux mots que j’emploie, je n’aime pas, par exemple, les mots vulgaires, car une attitude et des mots déterminent un comportement. Mais le personnage a son propre cheminement.

La mémoire c’est quelque chose de central, pour qu’une expérience serve. Ainsi, dans le livre de Primo Levi, « Si c’est un homme », l’auteur dit que dans le camp il faisait attention à son hygiène, malgré les conditions si dures, pour garder son humanité. Important de se rappeler notre humanité. Ou alors notre semblable devient un chiffre, un sondage. Or chaque individu se construit dans la reconnaissance de l’autre.

Un auditeur lui demande s’il est dans une recherche de la réconciliation (avec l’autre, avec lui), d’une rédemption, dans le passage du slam à une autre musique, ou d’une musique à l’autre. Non. Pas réconciliation, plutôt cheminement.

Ne plus avoir peur d’être soi. Donc courage d’aller vers soi.

Avant je cherchais des responsables ailleurs, en dehors de moi. Maintenant je fais la démarche d’avoir le courage d’être moi. On chemine vers soi.

On dit de moi que je suis consensuel ? Oui. Je suis pour le consensus actif : chercher ce qui rapproche, je veux être fédérateur.

Cela vient de ma démarche spirituelle. Attention, je ne suis pas prosélyte. Pour moi la spiritualité c’est ma religion musulmane, pour d’autres cela peut être le sport, une autre religion, ou autre chose.

Racines ? Moi, je suis 100% du Congo, et 100% français. Car il faut sortir de la schizophrénie

Quand je lis « L’Envers et l’Endroit » de Camus, ce qu’il dit de ses origines, d’où il vient : c’est moi. Quand je lis Aragon, je me reconnais. Je suis décomplexé

L’arbre ne fait pas ses fruits sur les racines.

Les racines c’est très important. Mais je ne suis pas mes racines.

Etre en paix avec soi est la seule manière d’être en paix avec les autres.

Décomplexé… par rapport à la littérature, par rapport au fait d’être noir. Etc.

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18/03/2011

Salon du Livre 2011, 18 mars, jour 1. Des livres… et Abd Al Malik...

Le Salon du Livre 2011 : http://www.salondulivreparis.com/   18 au 21 mars

J’avais repéré, dans « A Nous Paris », ce moment, titré « Abd Al Malik, la plume et le cœur », et annoncé ainsi, pour ce vendredi 19h-20h : « Rencontre avec le plus poète des rappeurs, le plus engagé des slameurs. De l’écriture de ses textes à leur mise en musique. ». En courant je pouvais y être… et je suis arrivée juste pour le début.  Sur le moment je n’ai pas eu le réflexe de prendre des notes (fin de journée…) puis le papier et le crayon sont sortis naturellement (voir mon compte-rendu,note suivante).   

Mais, d’abord, les quelques livres de mon marché (qui, n’étant pas celui de la Poésie, juin  à St-Sulpice, ne peut rapporter les ouvrages des éditeurs absents : pour eux, ce sera le libraire du coin – car deux Arfuyen et deux J. Corti attendent sur un post-it… que je trouve le temps et que j'aie fait mes comptes...).

Ce marché…

Abd Al Malik, justement. J’avais lu, mais pas acheté, deux volumes : « Qu’Allah bénisse la France » (éd. Albin Michel, coll. Espaces libres, 2004 puis 2007), et « La guerre des banlieues n’aura pas lieu » (éd. Le Cherche Midi, 2010). J’y reviendrai, à l’occasion. Pas ruineux : 12,5 E. les deux… Donc aucune raison de passer à côté de ces lectures ou relectures, vous qui lisez ces lignes. Ces livres sont des ouvrages nécessaires... un cadeau pour soi : éthique sociale, dimension spirituelle.

Jacques Lacarrière (c’était prévu), « A l’orée du pays fertile », Œuvres poétiques complètes (éd. Seghers, 2010). De même, René Depestre, « Non-assistance à poètes en danger » (éd. Seghers, coll. Autour du monde, 2005). Avec une préface de Michel Onfray, qui m’agace souvent, mais qui, là, dit pourtant, au début de sa préface (début repris comme citation de quatrième de couverture) une chose ou deux sur la poésie contemporaine et certains pièges formels (formalistes...). Par contre, à la fin du même texte, il retombe dans ses propres pièges : vocabulaire conforme et fausse rationalité, parlant de « ce génie toujours tenu à distance par les Blancs épuisés ». Clichés, vocabulaire que les racialistes peuvent apprécier : quelle idée ! Un poète publié par Seghers est-il tenu à distance ? Et c’est qui, les « Blancs » ? Je n’aime pas plus ce mot, là, que, ailleurs, lorsque la porte-parole des Indigènes de la République l’emploie chez Taddei, comme jeudi dernier (en se justifiant inefficacement : pour elle, catégorie politique… !). Et pour Onfray ? Catégorie idéologique ? C’est du n’importe quoi... (Qui n'enlève rien au reste, et rien au recueil du poète). 

Découverte, par hasard (étonnée de ne pas connaître…).  De Patrick Mesner : « Algérie, la tombe de ma mère » (éd. Le temps qu’il fait, 2004). Voyage, en Algérie et dans la mémoire, personnelle, familiale. Voyage dans le présent du pays actuel. Notes, commentaires, et nombreuses photographies. De ce livre, et des autres, je reparlerai aussi, d'une manière ou d'une autre. Et ces pages, je vais les lire de très près... (Pays, racines, proximités...).

Autre hasard. En feuilletant, c’est une citation qui m’a accrochée : « Aujourd’hui, j’aimerais beaucoup entendre quelqu’un revendiquer le droit d’être impopulaire pour des raisons morales. ». Parole… « Entretiens », Jacques Attali (éd. Michel de Maule, 2007).

28/02/2011

ECRIVAINS libyens, de Sifaw El Mahroug à Kamal Ben Hameda. Parcours…

libye,littérature,culture,poésie,citations,dictature,exil,amazighité,livres« Ne ressent la brûlure du feu que celui qui marche dessus. » Kamal Ben Hameda, écrivain (texte, Le Monde, 25-2-11).

Connaît-on la littérature libyenne ? (Quand on ne savait rien sur la société même…).

Nous étions tellement obnubilés (à juste titre, mais pas de la même manière que certains dirigeants) par le dictateur à la tête de ce pays (les attentats, les mensonges, la haine, et les menaces), que cela a fait écran. Et notre perception de la réalité sociale de la Libye en a été déformée. On pense « terrorisme » (et c’est), et on n’a plus la place mentale pour penser que, là, des gens écrivent, malgré tout. Certains en meurent, d’autres s’exilent ou sont emprisonnés, d’autres, encore, tentent de créer des bribes de société civile, pour plus de droits (voir, ci-dessous, 2009 : des écrivains sont impliqués).

Dans un entretien du JDD, où une question est posée à Luis Martinez sur l’existence d’une opposition en Libye (pas seulement les révoltes de rue et les manifestations et combats, mais des organisations préparées à une relève) le chercheur (Sciences-Po), avant de répondre, évoque d’abord l’alphabétisation, la culture (puis les études à l’étranger) : « On a très mal pris en compte la société libyenne ces dernières années. Le taux d’alphabétisation est de 90% et celui d’urbanisation de 80%. Bien que ce soit interdit, toutes les familles ont des paraboles et savent très bien ce qui se passe à l’extérieur. » (Journal du Dimanche, 27-2-11).

Donc notre ignorance était grande.

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Traces de ces écritures, de ces résistances, des informations quilaissent leurs petits cailloux de sens, montrant la genèse des évolutions. Je les ai notées chronologiquement.
De 1994 à 2011, on meurt, on écrit, on part, on écrit… Parcours de dates, de noms, et de faits.
Sifaw El Mahroug est un poète berbère libyen, né en 1946, dissident et harcelé, mort en1994 des suites d’un accident douteux, d’après l'ancien site berberoscope :  
CITATION :
«Tant de gens
Ont oublié leurs noms
Après avoir oublié
Leur accent.»
(Ce fragment de poème, peut symboliser aussi, je trouve, des annéesaprès,la situation des 
Libyens dans un pays
au système dictatorial
plus qu’étouffant, et celle des exilés. L’accent
sera à
comprendre, non plus comme le seul signe perdu de l’ « amazighité », signe qu’il est
mais comme la marque d’une perte d’identité
plus générale : perte d’être dans un monde brutal
qui écrase,
perte des racines pour celui qui doit s’éloigner. Formes diverses de l’exil.)
...
SurSifaw El Mahroug, et de lui, lire cette page, dans le supplément littéraire mensuel de 
L'Orient Le Jour (Liban) : http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=... 
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 libye,littérature,culture,poésie,citations,dictature,exil,amazighité,livresKamal Ben Hameda (cité en exergue), libyen de Tripoli, est exilé aux Pays-Bas. Et le texte de lui que je viens de lire, dans Le Monde du 24-2-11, est loin d’être juste un article, mais vraiment la page forte d’un écrivain. Ce texte peut servir d’introduction à la pensée, à l’écriture, de ce poète. Un cri, le souffle de la colère et de la douleur : celle de celui qui n’a pas revu sa mère, morte seule, elle aussi exilée, mais là où elle fut toujours («… cette jeune vieille dame que j'appelais jadis maman »), et qui sait que nombreuses sont les mères en deuil de leurs enfants, fils forcés de partir à la mort. « Elles resteront tapies dans la brûlure du manque, ces mères-là, car le grand désert a englouti les leurs dans ses replis ». Il nous parle de la marche des « folles » de Benghazi (écho aux célèbres mères de disparus), qui les premières « ont ouvert un champ à l'espoir » et de ce « Bédouin autiste aux mille visages, golem du désert » que l’Occident semble découvrir après l’avoir accueilli… En humaniste, il poursuit : « Ma parole ne saura qu'ourler nos ruptures et tisser nos distances si le sentiment de l'humain n'est pas en notre partage. » Et il conclut par une anecdote. (Un passant lui ayant demandé d’où il venait, donc qui il était, «… au regard de mon faciès basané », il répondit par un mot latin: « Mens », esprit, «un être humain ») . http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/24/qu-il-part...

Commencer par lire, ou relire, et faire lire, un auteur libyen, c’est commencer à entrer dans l’apprentissage de cette culture trop méconnue.

Cinq titres chez L’Harmattan : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=3003 

Présentation du livre « Le Saint Je » (poème monosyllabique), 2003 : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=15844

Et du recueil de poèmes  « La tentation de la lumière », 2002 :  http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=5047  (« Deuil du moi pour l'ouvrir à toutes les contrées des fonds de l'invisible… ")

« Plis de lumière », 2007 : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=23992

Texte à lire sur le site africultures.com, Aube... http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&...

EXTRAITS :

« Poésie, acte de connaissance.
Connaissance dans l'acception primaire, matérielle et sensuelle de naissance à l'autre, avec l'autre, aux mondes. Une naissance comme toute autre, réelle et palpable qui élit une nudité, nomme une transparence. » 
(…) « La poésie, cet instant-là, devient le chemin qui mène de soi vers le Soi, un voyage initiatique, initiation à sa propre parole. »

Dernier livre paru : La compagnie des Tripolitaines, éd. Elyzad, 2011. http://www.babelio.com/livres/Ben-Hameda-La-compagnie-des...

11/02/2011

LECTURE d’ Anise Koltz le 10 février, L’Entrepôt, Paris

 livres,anise koltz,je renaîtrai,lune noircie,l’ailleurs des mots,arfuyen,luxembourg,langues,carnets spirituels,cahiers d’arfuyen,transcendance,citations,littérature,poésie,culture,spiritualitéCITATIONS:

« Casser le mot / comme une noix / en extraire le noyau / le broyer entre les dents / le recracher au poème »     L’ailleurs des mots, coll. Carnets spirituels, éd. Arfuyen, 2007

« Dans les paumes de ma mère / où tous les temps coexistent  / je lis mon avenir »  Je renaîtrai (coll. Cahiers d’Arfuyen, janvier 2011)

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C'était là : http://www.lentrepot.fr  Prétexte à relecture... 

Le lecteur ne sort pas indemne d’une telle lecture, de cette oeuvre qui lui fait affronter les désastres du siècle (retour, dans "Lune noircie", sur la mort de son mari, en 1974, lui qui avait été torturé par les nazis), et les questionnements de l’être, entre naissance, mort, renaissance évoquée ou refusée, deuil qui est plus que mémoire du deuil, oeuvre qui repousse les limites du rapport à la langue et à l’intériorité. Elle peut écrire, dans "L’ailleurs des mots", « Nous sommes de la matière des astres »,   nous laissant interpréter cela comme la prescience d’un « plus » d’être, et elle peut dire qu’elle renaît  « dans la crasse / Et le sang », victoire d’une mise au monde « Jour par jour », ou force vitale dans l’effort de vivre, douloureusement.  Litanie de ce en quoi elle ne croit plus, refus des dogmes imposés, colère ou rage contre la mort inscrite dans tous les choix humains, lamentation, mais, aussi, constat de réalité : vie. Paradoxe d’une revendication du blasphème (non à la religion, non à Dieu…) et d’une recherche qui le dépasse et le nie.   

Complexité d’une pensée…  Dans le discours fait en 2009 à l’occasion de son prix européen Jean Arp, elle dit d’abord ceci : « Je suis chaque fois désorientée et embarrassée lorsqu’on me demande de prendre la parole. Dès que je prononce une phrase j’ai déjà envie de la rejeter pour dire, dans la suivante, le contraire. » Et elle achève son intervention sur cette phrase : « Notre  langue reste sacrée. Notre devoir est de la protéger, de la veiller, comme un feu qui ne doit jamais s’éteindre. Car c’est lui qui précisément doit éclairer la nuit du monde. ». Entre ces deux fragments elle évoque la solitude de l’homme et la violence, la brutalité du siècle, mais aussi le phénomène en jeu dans l’esprit du poète, son mystère, ce lien avec le « grand ‘Tout’ ».  

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FICHE AUTEUR (BioBibliographie, et revue de presse),  sur le site de l’édition Arfuyen : clés essentielles pour comprendre les raisons de l’itinéraire en langues de celle qui passera de l’allemand au français dans l’élaboration de son œuvre : http://www.arfuyen.fr/koltz.html 

Lire, sur le livre "L’ailleurs des mots" : http://www.arfuyen.fr/html/fichelivre.asp?id_livre=374     

 Et sur le recueil récemment publié, Je renaîtrai : "Ce nouvel ouvrage, Je renaîtrai, renoue avec la forme poétique. Son titre, brandi comme un véritable défi par cette femme de 82 ans, fait référence au premier texte du recueil". Citation « J’ai escorté mon nom / jusqu’à l’oubli // Demain je renaîtrai  / surgissant de l’argile // Mon ombre gravite déjà / autour d’une nouvelle effigie »... http://www.arfuyen.fr/html/fichelivre.asp?id_livre=443 

Ample revue de presse, et nombreuses citations dans les recensions ( http://www.arfuyen.fr/koltz.html ) :  Ainsi, dans l’analyse fouillée de Gaston Carré, sur L’ailleurs des mots, La Voix, 2008, il est écrit : « Noir certes est son ailleurs. Ténébreux et fuligineux, féroce souvent, ardent toujours. Anise s'expose au vertige du miroir, moire glacée où se mirent l'ego, le logos et le monde, et nous rapporte sans concession ce qu'en leur tréfonds elle sonde. » Alors que Sahkti note, au sujet des récits de Lune noircie, l’adhésion à l’emprise d’une écriture, belle par la forme et par le sens à déchiffrer : « L’écriture d'Anise Koltz est superbe, tellement humaine, forte et fragile à la fois. Je me suis laissée submerger par ses lignes, cet amour qui émane de sa plume, en particulier lorsqu'elle fait face à l'adversité. »

Anthologie permanente Anise Koltz, POEZIBAO :  http://poezibao.typepad.com/poezibao/2011/01/anthologie-permanente-anise-koltz.html

CITATIONShttp://surduvent.hautetfort.com/archive/2011/01/27/anise-...