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24/07/2017

COMPLEXITÉ. Le voile inquiétant... et le voile autrement.

DIAMS.jpgLaïque inconditionnelle, oui. Exaspérée par les injonctions des intégristes qui utilisent le voile des femmes comme marqueurs, et désirant combattre leur idéologie à visée politique, oui. (D'ailleurs,  j'ai diffusé l'info sur la manif des femmes sans voiles, pour ce droit de refuser et d'analyser les enjeux et la portée). MAIS je tiens au regard complexe sur des faits complexes. J'ai lu avec intérêt le livre important de Fawzia Zouari, "Je ne suis pas Diam's", contre le voile,  qui, dans ce qu'elle en sait, n'a été qu'un porteur de domination et d'enfermement, ravageur, mortel. Cependant je lis aussi les témoignages et analyses qui expriment une autre perception. Et j'écoute. Ne soyons pas naïfs, car les islamistes ne le sont pas, non. Stratèges dangereux, autocrates menaçants et exécuteurs, quand ils ont le pouvoir. Pervers et haineux quand ils manipulent pour y accéder. Mais ne soyons pas non plus d'arrogants justiciers froids. Luttons avec les armes de la laïcité. Refusons les prêches obscurantistes, le complotisme,  l'antisémitisme (tout cela s'associe). Refusons la maltraitance des fillettes qu'on voile, protestons contre les manoeuvres clientélistes de certains élus, ou leur complaisance. Soyons solidaires avec celles qui refusent le voile au péril de leur vie. ET ne soyons pas persuadés de savoir ce qu'il y a dans la conscience d'une jeune fille ou femme qui fait un choix surprenant pour nous, dérangeant. Les sujets, pour combattre la radicalité inquiétante ne manquent pas. Alors prenons un peu distance pour dépassionner celui-ci… Sous les voiles il y a des visages. Ne mettons pas d'écrans entre ces visages et nous. On se croise et on se rencontre dans le hasard du quotidien, il faut que là aussi on laisse entrer ce tissu des liens d'un instant avec des inconnues. Un jour les parfums remplaceront les voiles. Alors faisons l'éloge des parfums, de la danse, des couleurs, et de la lecture. Quant à l'infâme niqab, si laid, la loi existe… Les couleurs, justement. Le fondamentalisme les a en horreur puisqu’il recouvre les femmes d’un linceul (quelle que soit la valeur symbolique que les intégristes puissent donner au noir…). En donner le goût dès l’enfance serait une prévention à ne pas négliger… même si cela paraît à certains un écran dérisoire... 

VOILE.jpgJ’ajoute à cette réflexion des liens… qui renvoient à des analyses diverses.

ENTRETIEN. Le Point, 2015. Fawzia Zouari, journaliste tunisienne, parle du livre ("Je ne suis pas Diam's", éds Stock) dans lequel elle interpelle Diam’s, dont elle nie la légitimité à la représenter, à parler pour elle. Diam’s, convertie, se voilant pour, pense-t-elle, être conforme à sa foi. Diam’s étant à l’opposé de ce qu’être musulmane signifie pour l’auteur… L’article dit bien en quoi et pourquoi elle s’insurge... « Diam’s ne peut pas parler en mon nom »… http://bit.ly/2tAIXZb 

Article de Jeune Afrique, 2015  (journal dont elle est la collaboratrice), sur le livre de Fawzia  Zouari…L’article dit bien en quoi et pourquoi elle s’insurge. (Et mentionne aussi les titres des deux livres de Diam’s, où celle-ci raconte son itinéraire et justifie ses choix.)... http://bit.ly/2eLUt1c  

Présentation du livre, page des éditions StockCITATION : « L’ auteur s’engage avec passion en faveur d’un islam des Lumières, intégré dans le pays de la laïcité dont elle défend les valeurs. »... http://www.editions-stock.fr/je-ne-suis-pas-diams-9782234... 

Voici un article (Revue des deux mondes, 2016, par Valérie Toranian )qui dénonce la compromission de certaines marques de la mode avec les codes d’un islam puritain, "Fausse pudeur et vraie imposture". Des commentaires divers le suivent (pour, contre, sincères ou de mauvaise foi). J’en retiens un, qui pose le problème de l’injonction renvoyée par ces critiques sans nuances à des femmes qui, pour une raison ou pour une autre, ont choisi le voile : « Arrêtez de stigmatiser le port du voile, vous soumettez vous-même une pression identitaire à ces femmes et elles ne savent plus où elles en sont. Elles qui sont entre 2 pressions l’une politique et l’autre salafiste. Elles sont vraiment courageuses !! Qu’elles portent le voile ou non. » (Cela va dans le sens de ce que je ressens. Poser des questions, oui, mais sortir des certitudes en parlant de vécus qui ne sont pas les nôtres.)… http://www.revuedesdeuxmondes.fr/fausse-pudeur-et-vraie-i...  

Mais j’ai trouvé une analyse, 2016  (sur Orient XXI, journal libanais de qualité) d’une chercheuse musulmane, Neslihan Çevik, qui porte un regard nuancé sur la complexité des évolutions, ne signifiant pas forcément l’enfermement qu’on craint (pas pour toutes,du moins). Car elle prend en compte des modifications dans les goûts et la mode où se construisent des identités qui ne se veulent pas conformes. D’où ce courant « hipster » (volonté d’une affirmation personnelle différente des normes religieuses des rigoristes, mais en phase avec l’identité musulmane revendiquée), et cela donne mipster… (le m pour « musulmane »)... « Le foulard islamique, la mode et l’émancipation » http://bit.ly/2tXYQIm  

Et, sur Paris-Match, 2015, le compte-rendu d’une enquête auprès de femmes voilées, « Jamais sans mon voile », avec la mention de deux livres, dont celui de Nahida Nakad, « Derrière le voile ». L’article n’évacue pas le rôle des Frères musulmans dans ces pressions faites aux femmes, et il mentionne le voilement choquant d’enfants, cette maltraitance. Mais il donne la parole à des femmes voilées qui disent leur ressenti (pas toujours compris, ce ressenti, d’ailleurs, par les musulmans de leur famille ou de leur entourage, qui se méfient de leur évolution, et s’interrogent sur le sens que cela a, car effectivement cela peut être aussi signe de radicalisation inquiétante, si le choix est le niqab)... http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Jamais-sans-mon-vo... 

ENTRETIEN. Nahida Nakad, Paris-Match, 2013, "Le voile est l'arbre qui cache la forêt". Au sujet de son livre. CITATIONS  (parlant de son expérience des déchirements au Liban sur ces questions d’identité religieuse, et leurs pièges) : « Je suis très respectueuse de l’importance de la laïcité, et en même temps de la religion. » (…) « J’ai voulu expliquer combien il était important d’apaiser le débat, et de le recentrer sur les vraies questions. Car – et c’est ce que j’espère avoir expliqué dans ce livre - le problème n’est pas le voile, il est ailleurs. Il l’est devenu en France, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. A force de ne regarder que le voile, on laisse passer des choses, on ne fait pas attention à ce qui se passe en profondeur dans la société française, qui est une islamisation réelle, et plus que cela – ce que j’explique dans le chapitre «La Oumma» - ce sentiment d’appartenance à la communauté religieuse plus qu’à la Nation. Or, c’est le plus grand danger qui puisse exister dans un pays. Je l’ai vu au Liban, et je le crains en France – dans une bien moindre mesure, toutefois, car c’est un pays ancien qui a des racines démocratiques bien ancrées, et qui a ses garde-fous. »... http://bit.ly/2vGS0ZH  

« Derrière le voile », de Nahida Nakad, éds. Don Quichotte. Présentation de l’éditeurCITATION : « Les musulmanes revendiquent quant à elles leur liberté individuelle et de culte lorsqu’elles veulent se couvrir, et vivent difficilement l’incompréhension qui leur est opposée. Tous s’appuient sur la même loi, tous s’opposent au nom du même principe. Mais alors, quel est le vrai sens du voile – des voiles ? »…http://bit.ly/2eLLOff 

LIVRES… Si vous mettez « voile musulman, livres » sur google, images, en recherche (« musulman », pour ne pas tomber sur les bateaux à voile…) vous aurez de nombreuses couvertures de livres sur ce sujet… 

BIBLIOGRAPHIES. Il y en a une du CNRS, « Le corps, la voix, le voile », très ample, mais dépassant de loin le thème du voile… http://books.openedition.org/editionscnrs/3675?lang=fr

Celle de Sens critique, 2015, est brève donc incomplète. 13 livres et des pistes. « Le voile : Femmes, islam et visibilité en France »… http://bit.ly/2tXwDS2 

Celle de Préfixes, ample, 2013 (Bibliothèque de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée, Lyon)  a une introduction qui semble un peu partiale. Le thème englobe des études généralistes sur l’islam et des titres spécifiquement sur le voile. Sont cités Dounia Bouzar (plusieurs fois…), Alain Gresh… Mais aussi, Mohamed Arkoun, précieuse référence, et Abdennour Bidar (regard mystique et authentiquement laïque).. "Le voile islamique en France : une bibliographie"... http://prefixesmom.hypotheses.org/1173

08/06/2016

MARINA...

MARINA.jpg« Un poète c’est quelqu’un qui a un don égal pour l’âme et pour le verbe. »

Marina Tsvetaïeva, « Le poète et la critique »

Marina Tsvetaïeva, sa POESIE d’un livre à l’autre, d’un site à l’autre (graphies différentes de son nom, parfois Tsvetaeva). Majeure, Marina. Un des auteurs pour notre île déserte. Elle, le contraire du désert. Une lumière, au-delà de tant de souffrances, mais toujours, en elle, cette fulgurance d'âme. Comptent ses poèmes, comptent ses essais. Superbe pensée. Mieux que beaucoup d'autres, elle sait dire ce que signifie créer, en regardant sa vie dans le miroir des oppressions, des exils, des morts des pertes, avec l'étoile du sens au creux de son être. Précieux volumes, édités par "Le Temps qu'il fait" : "L'Art à la lumière de la conscience", " Le Poète et le Temps", "Le Poète et la Critique"... En marge de "L'Offense lyrique", des lampes qui balisent le chemin... 

LIVRE MARINA.jpg

 

 

 

 

 

 

Liens...       

Marina Tsvetaïeva, POESIE  BioBibliographie, par Florence Trocmé, POEZIBAO : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2005/05/marina_tsvta...

Des poèmes, POEZIBAO : http://bit.ly/1DCBUlp

Magnifique dossier, sur ESPRITS NOMADES (« Indices terrestres », « Marina, Marina », « Une passante de l’éternité », textes et BIBLIOGRAPHIE ): http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/tsvetaeva/t... 

REMUE.net, lecture de Marina Tsvetaeva par Dominique Dussidour. Commentaire médité, belle page, et des textes  http://remue.net/spip.php?article2314

TERRES de FEMMES (Angèle Paoli) : Un poème, et des liens vers d’autres textes sur d’autres pages du même site http://bit.ly/1NMjxKu

Recension (un volume, « Insomnie et autres poèmes »), et citations, sur RECOURS au POEME : http://bit.ly/1CIovoq

Textes, bibliographie, liens, TERRE à CIEL : http://terreaciel.free.fr/poetes/poetestsvetaeva.htm 

FRANCE CULTURE, Marina… http://www.franceculture.fr/personne-marina-tsvetaieva 

et, France Culture, « Les forçats de l’absolu » : http://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemin...

Chronique de Cécile Guivarch, Francopolis... http://www.francopolis.net/revues/TsvetaievaM.html 

Et Lettre à Marina, de Zeio, Francopolis... http://www.francopolis.net/Vie-Poete/MARINATSVETAEVA.html 

Fiche wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marina_Tsvetaïeva 

SITE dédié : http://tsvetaeva.free.fr/index.html

Couvertures de livres, titres à voir… images google (recherche : « Marina Tsvetaeva livres »)… 

06/06/2016

Ramadan, réalité et regards pluriels...

ARKOUN.jpgRespect. Pour ceux qui choisissent de le faire par désir de vivre une spiritualité ou une culture, et qui ne sont pas forcément de sombres intégristes...! Occasion de sortir des visions schématiques. On peut avoir une autre religion, être agnostique, ou athée, et respecter les choix des autres. 

RAMADAN... D’authentiques laïques le font, pour des raisons spirituelles qui leur sont propres.

Je ne supporte pas plus les certitudes trop affichées d'un athéisme militant que les rigidités de croyants trop conformes, ou dogmatiques. A lire les commentaires sur les réseaux sociaux, il est évident que le doute manque, là où on en fait parfois un précepte à imposer... aux autres. La raison, c'est aussi le temps de l'humilité, pas de l'hystérie militante. Il y a les Lumières des philosophes, il y a la lutte contre tous les intégrismes (tous...), et il y a aussi le constat culturel : la réalité est complexe, la conscience a plusieurs chemins. Et les sagesses diverses, issues de voies qui pensent la transcendance, ont donné de hautes pensées, de grandes oeuvres : une autre manière de penser aussi les Lumières. Lire ou relire les textes des soufis (ou ce simple roman, assez magique, "Soufi, mon amour", d'Elif Shafak, disponible en 10/18, qui contient trois livres en un...)... pour prendre un peu de distance avec une raison qui serait, elle, dogmatique, et donc pas si rationnelle que cela. 

Et, évidemment, là où le jeûne est obligatoire, si on réprime des gens qui le refusent : engagement total pour les soutenir. De même, soutien, si on réprime quelqu'un pour son refus de croire. Liberté de conscience…

Et le VOILE (signe-symptôme, dans ces temps de ramadan, ou en dehors, et dans ces temps de terrorisme…). Il y a deux postures idéologiques hystériques : le voile donné comme norme obligatoire, valeur, etc. (piège islamiste, support de propagande du wahhabisme saoudien religieux et politique), d’un côté, et, d’un autre côté, le soupçon porté systématiquement sur toute femme voilée (cf. petit voile discret sur les cheveux, pour des raisons qui peuvent être fort diverses). L'hystérisation du débat (dans un sens ou son contraire) ne peut qu'aider les radicaux et donner du pouvoir, donc, aux extrémistes intégristes. Si la position sur le voile devient une sorte de code de reconnaissance pour montrer qu'on est du bon côté des croyants ou du bon côté des laïques (et caresser son ego en exprimant un mépris agressif des femmes voilées), c'est aussi dangereux que l'aveuglement sur les raisons des radicaux de faire du voile un marqueur politique. C'est là que la complexité du regard et de la pensée est plus que nécessaire (même si ce n'est pas facile). D’autant plus que, foi ou incroyance, ramadan assumé ou rejeté (respecté, qui que l’on soit, ou moqué), islamisme dénoncé (et ses variantes salafistes aux doux masques) ou flatté par complicité idéologique objective, voile questionné ou voile-thème d’un refus obsessionnel… dans tous les cas, exprimer une opinion sur ces sujets fera croiser des commentateurs qui chercheront alliance pour de tout autres raisons idéologiques (ou politiques), donc à l’opposé de ce qu’on tente de définir comme repères universels. L’apparent accord sur un point (cf. le voile) risque de légitimer des positions haïssables (carrément racistes, par exemple). Il reste à penser sur le fil du rasoir…

GHALEB.jpgMais, dans le temps de ce mois, on peut saisir l’occasion de s’interroger sur ce que l’on sait de l’islam et des textes issus de l’islam (commentaires, mystiques).

 

 

 

 

Le ramadan, infos… 

Explications minimales de L’Internaute : http://www.linternaute.com/actualite/societe/1233170-rama... 

Fiche wikipedia, le ramadan:https://fr.wikipedia.org/wiki/Ramadan 

Article de L’Obs, 2012 (mais questions toujours actuelles), « Le ramadan entre spiritualité et business » : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/597267-le-ramada... 

RUMI.jpgLa voie spirituelle la plus haute dans l’islam est le soufisme. On peut lire cet article qui présente un ouvrage d’Eric Geoffroy, islamologue spécialiste du soufisme (et voir des liens vers plusieurs autres articles sur le thème du soufisme, avec des pistes de recherche ou lecture), SaphirNews : http://www.saphirnews.com/Eric-Geoffroy-Le-soufisme-mode-... 

Même site, saphirnews, interrogations sur ce qu’est l’islam, et liens vers des articles, des livres… http://www.saphirnews.com/Islam-spirituel-et-soufisme-viv... 

Un passionnant article sur Eva de Vitray-Meyerovitch « chercheuse d’absolu »… http://www.saphirnews.com/Eva-de-Vitray-Meyerovitch-une-c... 

La chronique d’Eric Geoffroy dans la revue Ultreïa… « L’instant soufi » : http://revue-ultreia.com/rubriques/chroniques/linstant-so... 

Sur l’islam, un dossier de la revue Ultreïa (le numéro 3, printemps 2015, qui peut être commandé à l’édition, « L’islam contre l’islam »). Sommaire : http://revue-ultreia.com/revue-par-numero/?numero=1572 

Le ramadan… Mais le contexte de la présence de l’islam dans la société est un aspect important aussi. Les débats, les faux débats, les regards extérieurs. La spiritualité et le fondamentalisme (à l’opposé). Ce que recadre Abdennour Bidar dans cet entretien, Libération, mai 2015 : http://www.liberation.fr/debats/2016/05/05/abdennour-bida...

Et si on doit penser (en associant religion et problèmes de l'actualité violente) aux dérives du jihadisme meurtrier, il sera utile de relire ce texte de Chahla Chafiq, qui, pourtant dans un refus radical du fondamentalisme, considère qu'il faut sortir de cette vision qui voit dans la religion la source ou la solution de tous les problèmes. Non, dit-elle, ce qu'il faut c'est retrouver le sens de l'humanisme laïc. L'humanisme... A lire et méditer... http://bit.ly/1xQNS8G

BIBLIOGRAPHIE. L’islam (dont études sur le Coran), La Procure... http://www.laprocure.com/rayons/islam.html 

BIBLIOGRAPHIE. Le soufisme, librairie La Procure : http://www.laprocure.com/instant-soufi-eric-geoffroy/9782... 

……. Côté ombre…... 

Menace de Daesh sur le ramadan, Direct Matin, 05-06-16 http://www.directmatin.fr/monde/2016-06-05/la-menace-daes... 

Et autre menace possible (sur l’Euro et le ramadan) d’extrême droite (l’histoire de cet homme arrêté avec armes et explosifs), et chez qui on a trouvé un vêtement avec un sigle d’un groupe d’extrême droite : « L'étrange et dangereux arsenal du français arrêté en Ukraine ». Mais prudence (peut-être n’est-ce « que » trafic d’armes). A moins que ce ne soit une manipulation ukrainienne (???) : http://www.leparisien.fr/faits-divers/l-etrange-et-danger...

29/02/2016

"Un trait de khôl au bord des yeux"... Ou la trace sensible de la mémoire.

KHÔL.jpgLivre dont la dédicace est double, adressée à sa mère, qui est centrale dans le livre, et à ses enfants, pour le devoir de transmission de la mémoire. 

L’auteur, Laurence Fontaine Kerbellec, est née d’un métissage entre exil pied-noir et ancrage normand. Elle, de cet exil et de cette culture dont vient sa mère, elle a reçu ce qui passe par les mots, les silences, le signe des douleurs, mais aussi par les minuscules choses qui traduisent des appartenances, des héritages. Elle a baigné, le sachant parfois et parfois le sachant moins, dans un espace nourri d’Oranie espagnole. Nourri, car la nourriture, la cuisine, cela est part importante de ce qui se transmet : le goût de recettes métissées, de certaines épices, de certaines couleurs, dans les plats (et des plats). Mais nourri aussi d’un reste d’accent, de parfums peut-être, de mots traversant les langues. De la tristesse, car l’exil est souffrance (et ce qui précéda l’exil autant que ce qui le suivit, ce fut souffrance), mais aussi une présence autre du corps, et du corps féminin. 

D’où ce titre, si bien choisi, qui dit tant de choses… "Un trait de khôl au bord des yeux" Car le khôl, venu de l’esthétique du Maghreb, est comme une empreinte. On marque son regard d’étrangeté, on lui fait signer sa part d’orient. Au bord des yeux, comme on est au bord des larmes. Regard ici, regard ailleurs (« là-bas »). Le khôl marque une frontière qu’inconsciemment on trace pour dire son statut d’exilée. (En tout cas ce fut un sens possible, qui s’est perdu ensuite, avec l’emprunt de ce signe par d’autres, loin, elles, d’avoir à dire le traumatisme d’une traversée non choisie, ou d’un héritage de mémoire à interroger, écrire, transmettre.)

En exergue, Maupassant, pour dire, à travers lui, quelque chose de l’amour d’un enfant pour sa mère : « On aime sa mère presque sans le savoir, sans le sentir, car cela est naturel comme de vivre. »

L’écriture est dans le sillage de cet amour : « Je veux tout savoir sur l’enfance et la jeunesse de ma mère ». Avec aussi l’attrait de ce qui diffère d’elle. La mère, fille du soleil, la fille qui en a aussi le goût mais sait vivre avec le froid normand…

Mais ce qui motive aussi ce désir d’écrire pour mieux connaître cette mère, c’est le besoin de se comprendre mieux soi-même : « Quand nos origines ne nous sont pas toutes dévoilées ou du moins dans le détail, on est en recherche de soi. C’est important de savoir d’où on vient pour mieux comprendre où on va et pourquoi on va dans cette direction. »

Ce livre intéressera ceux qui ont des racines identiques, car ils y trouveront un écho ou des repères. Mais il peut aussi concerner quiconque a le goût d’autrui, justement quand les vécus sont tout à fait autres. Comment les mémoires ancestrales font leur chemin dans les consciences, comment on trouve son identité à partir du croisement d’identités aux marques différentes, comment on entre dans le souvenir de joies et de douleurs, intimement, et comment cela se tisse avec les questionnements de l’histoire et de l’actualité, que ce soit formulé ou pas.

Il est diffusé aussi en e-book : https://www.publibook.com/un-trait-de-khol-au-bord-des-ye...

……….. « Un trait de khôl au bord des yeux » est destiné aux adultes, mais la présentation sur Ricochet le conseille aussi à partir de 13 ans (à juste titre) : http://www.ricochet-jeunes.org/livres/livre/46618-un-trai...

Et c’est vrai que ce travail sur la mémoire passe bien dans cette littérature, car (on le voit aux notes sur les ouvrages que je mentionne ci-dessous) le fait que les livres soient destinés à un public jeune fait que les auteurs qui choisissent ce public (ou qui peuvent être lus aussi par ce public jeune) ont un regard qui tente de rendre à tous les protagonistes de leurs histoires leur humanité, sans polémiques inutiles, sans ostracisme. Et quand les personnages sont des enfants on voit mal comment on leur ferait porter le poids des responsabilités historiques, même quand l’auteur est extérieur à leur univers. Quand les auteurs parlent de leur propre mémoire, personnelle ou familiale, en s’adressant à des enfants ou à des jeunes, ils font un travail sur eux-mêmes, pour que le témoignage ne soit pas trop chargé de douleur ou de désespoir (ce qui serait traumatisant pour les lecteurs jeunes), mais en conservant la charge d’émotion. Et ce faisant ils opèrent une réparation, une guérison psychologique, contagieuse pour le lecteur (et c'est pourquoi ils devraient être lus aussi, ces livres, par les adultes). De plus, faisant entrer dans l’univers d’enfants ou d’adolescents dans l’Histoire, souvent, ils combattent les clichés et l’ostracisme dont ont tant souffert les exilés… 

...... Lectures complémentaires…...

ALGÉRIE, guerre d’Algérie. Livres JEUNESSE (et pouvant être lus par des adultes…) 

Douleurs d’exil.  « Le livre d’Étoile », et « Le Voyage de Mémé », de Gil Ben Aych, né à Tlemcen http://www.lacauselitteraire.fr/gil-ben-aych-de-tlemcen-a... 

Plusieurs ouvrages de Gil Ben Aych, sur la mémoire, l’exil, la culture : http://www.ecoledesloisirs.fr/auteur/gil-ben-aych 

Un livre de lui, aux éds Exils : http://www.editions-exils.fr/auteurs/gil-ben-aych 

Article sur l’enseignement de la philosophie, Le Parisien (et mention d’un ouvrage paru chez L’Harmattan, en 2006, « Du bonheur d’enseigner la philosophie » : http://www.leparisien.fr/val-de-marne/gil-ben-aych-un-pro... 

« Oran 62, la rupture », de Pierre Davy (auteur de récits historiques pour la jeunesse), né en France, mais ancien appelé en Algérie, d’où ce livre. BioBibliographie : http://www.histoiredenlire.com/auteurs/pierre-davy.php 

Présentation du livre, sur Ricochethttp://www.ricochet-jeunes.org/livres/livre/4485-oran-62-... 

« Quand ils avaient mon âge. Alger 1954-1962 », de Gilles Bonotaux et Hélène Lasserre, éd. Autrement Jeunesse : http://www.histoiredenlire.com/20e-siecle/avaient-age-alg...  et (brève note sur Ricochet) http://www.ricochet-jeunes.org/livres/livre/12485-quand-i...  

Le site du couple d’auteurs (nés en France, aussi, et traitant de sujets divers avec humanisme) http://bonotauxlasserre.monsite-orange.fr/index.html

De Jean-Paul Nozière. « Le Ville de Marseille ». Départ d’Algérie d’une famille : http://www.ricochet-jeunes.org/critiques/livre/35375-le-v...

Guy Jimenes, auteur de livres pour la jeunesse né à Oran (ne traite pas surtout de l’Algérie - sauf le livre sur Abd-El-Kader, mais de questions qui relèvent d’une sensibilité aux malheurs liés à l’Histoire : la douleur des hommes dans les conflits, le rejet, l’exclusion). 

Bio : http://www.guyjimenes.net/bio.php 

Bibliographie : http://www.guyjimenes.net/bibliodispo.php

Entretienhttp://www.ricochet-jeunes.org/entretiens/entretien/13-gu...

... BIBLIOGRAPHIE thématique, ALGÉRIE, guerre d’Algérie. Livres JEUNESSE, sélection de Ricochet... http://www.ricochet-jeunes.org/themes/theme/58-algerie

...Voir aussi, mémoire, Algérie… note, BD, un album et une bibliographie : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/04/30/pe... 

18/10/2015

Israël-Palestine, penser le conflit sans "être" le conflit...

 
« Un peu de repos pour les blessures - qui parle de guérison? / (Et les hurlements de ces orphelins sont transmis d'une génération / à l'autre, comme dans une course de relais : / le bâton ne retombe jamais.) / Laissez-la venir comme les fleurs sauvages, / soudainement, car le champ / doit l'avoir: la paix sauvage. » 
Yehuda Hamichai, Paix sauvage 
« Je suis Ahmad l'Arabe, a-t-il dit / je suis la balle l'orange la mémoire / j'ai trouvé mon âme près de mon âme / je me suis éloigné de la rosée et de la vue sur la mer / et moi le pays réincarné / je suis le départ continu vers le Pays / j'ai trouvé mon âme remplie de mon âme.. » 
Mahmoud Darwich, Ahmad Al Arabi
 
Deux poèmes en exergue, et des liens… pour tenter de comprendre, en refusant d’entrer dans le conflit, ou de le laisser entrer en soi. Non, être les uns ET être les autres, le déchirement est la seule solution... contre le déchirement...
 
... RUMEURS… Elles naissent aussi des images. "Guerre des images", comme le démontre avec la présentation d’un cas le site belge CCLJ...  http://www.cclj.be/actu/israel/guerre-image
…...
Autre analyse, celle de l’historien Zeev Sternhell, texte paru dans le journal israélien de gauche, Haaretz, et repris dans Le Monde le 13-10-15 (le titre papier était mauvais car il déformait la pensée de l’auteur - donnant l’impression, fausse, d’une justification des attaques aux couteaux). Sur le site c’est différent, l’accent est mis sur la nécessité de deux Etats (souhait de l’auteur et conformité au titre originel) et le retour à la partition prévue en 49. Il considère que la poursuite de la colonisation est la cause des violences actuelles et que rien ne pourra être fait tant que cela continuera. L’enjeu est l’existence même d’Israël et son identité morale. Cela passe par une prise de conscience. Mais la réciprocité est vraie. L’existence d’Israël doit être reconnue et non niée comme le fait le Hamas. Et les enjeux, pour les Palestiniens, sont liés aussi au fait de pouvoir construire une réalité qui soit démocratique et un Etat qui devienne un voisin pacifique : cela va ensemble.
Lienhttp://www.lemonde.fr/idees/article/2015/10/13/la-revolte...  ... L'éthique de Zeev Sternhell rejoint celle de Lucien Lazare, par exemple - ce résistant et historien, auteur de l’ouvrage « Le tapissier de Jérusalem » 
...
« Pourquoi le conflit israélo-palestinien devient une guerre de religion? ». Cette page date de novembre 2014, mais elle éclaire ce que l’on sait de la rumeur lancée par l’islamiste Raed Salah inventant une menace sur la mosquée Al-Aqsa, en jouant sur des peurs identitaires religieuses, et ce que l’on sait de provocations d’extrémistes juifs israéliens mettant en question l’accord de partage des lieux pour la prière (esplanade pour les musulmans, et mur des lamentations pour les juifs). (C’est d’ailleurs ce sur quoi met l’accent l’article-dossier de Marianne, publication du 16-10-15, en ne posant plus la question mais en faisant le constat.). France 24, 12-11-2014 : http://www.france24.com/fr/20141112-analyse-conflit-israe... 
… 
Les OPINIONS ont un rôle, et elles ne le tiennent pas correctement. Souvent le conflit est présent aussi dans les débats, les positionnements. On choisit son camp, on polémique, donc on nourrit la guerre… Sans être réellement informé, parfois, sur les faits, sur la complexité des réalités, sur le soubassement de certaines déclarations ou options. 
 
Ainsi, dans Libération, Laurent Joffrin, dans un éditorial du journal daté 15-16 août 2015 (« BDS, dessous d’un boycott »), analysait le sens réel et les objectifs cachés de l’action BDS, apparemment modérée et justifiée (car qui ne voudrait faire pression sur le gouvernement israélien pour qu’il cesse la poursuite de la colonisation?). Or, comme il le démontre, la logique souterraine aboutit à une option destructrice. 
… 
Ainsi (opinions… fractures… polémiques), la réflexion de Martine Gozlan, qui couvre le conflit israélo-palestinien pour Marianne, et a écrit un ouvrage sur les différents courants qui s’opposent en Israël... 
( « Israël contre Israël. L’autre menace », éd L'Archipel ).
 Là encore cette page du CCLJ date (entretien, 2013) mais est éclairante. Martine Gozlan y parle du paradoxe de l’opinion juive française, mal informée souvent de la réalité israélienne. Lire aussi les commentaires : http://www.cclj.be/actu/politique-societe/martine-gozlan-... 
OPINIONS… Autre danger, quand la lutte pro-palestinienne devient pour certains un alibi permettant d’afficher leur antisémitisme (masqué). Voir cette analyse sur le blog Marianne « Télégrammes d’Orient ». « Comment la haine antijuive a détourné la cause palestinienne »  : http://www.marianne.net/martinegozlan/Comment-la-haine-an... 
… 
Donc parler des INITIATIVES de PAIX  et donner des informations soucieuses des faits et de l'intérêt des deux peuples... 
Le CERCLE des PARENTShttp://www.theparentscircle.com 
...Article du Monde, sur la genèse de l’association, par Benjamin Barthe, 2011 : http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/08/25/le-cercle... 
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Le réseau Main dans la Main, Yad B'Yad, Hand in Hand, Ecoles mixtes pour l'éducation au dialogue, à la paix. Article, Le Monde des religions, 14-03-2011  http://www.lemondedesreligions.fr/savoir/enfants-juifs-mu... 
Et, page, site, israelvalley.com  http://www.israelvalley.com/news/2013/12/01/41901/apprend...  
   
PORTAIL de LIENS, Israël-Palestine, sur le site La Paix Maintenant   http://www.lapaixmaintenant.org/liens 
dont sites du camp de la paix palestinien, comme celui-ci, lisible en anglais : http://www.miftah.org 
 
LIVRES, des titres, des liens. Des ouvrages pour comprendre la complexité des réalités,  mais aussi des références volontairement littéraires... Car lire les auteurs israéliens et les auteurs palestiniens, c'est entrer, à chaque fois, dans l'intimité d'une écriture et partager intérieurement ce que les mots traduisent et qui ne peut plus rester étranger et lointain... c'est en quelque sorte rencontrer le visage. La compréhension ne se construit pas d'ennemis... Si on aime le poète on aime son univers, son lieu, et on partage ses questions, incertitudes, doutes et douleurs.
 
 
ECRIVAINS israéliens (blog dédié)  http://ecrivainsisraeliens.over-blog.com (Si on met « écrivains israéliens » en recherche google, une fresque des écrivains apparaît, qui permet de cliquer sur une icône et de trouver la page adéquate de liens…).
 
ECRIVAINS palestiniens, dossier sur oasisfle - et, en bas de page, des liens vers des pages d’information sur la Palestine   http://www.oasisfle.com/culture_oasisfle/litterature_pale... ( La recherche avec la mention "écrivains palestiniens" sur google donne de nombreuses pages de liens vers des articles et des sites). 
 
Voir, LISTE Actu (ici, marge gauche, descendre…) des liens vers des articles classés à Israël ou Palestine ou Israël-Palestine, et des institutions ou associations. Notes précédentes... (tags). Dont la note du 13-10-15, mise à jour après le débat du 15, "Nos larmes ont la même couleur"   http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/10/13/%C... 

01/05/2015

POESIE VISUELLE, note introductive...

BLAINE POESIE.jpgVISU POESIE.gif

Voici une introduction à la poésie visuelle... Mon regard, pour commencer, puis des citations issues de recherches universitaires, dont la lecture de ce qui est lisible en ligne est fort abordable (d'abord un essai de définition sur la poésie visuelle, comme forme poétique, ses sources, son évolution, puis  une thèse sur un poète visuel). De nombreux liens suivent (page BNF, textes, SITES - très beaux visuellement, livres, bibliographies, vidéo, film, PORTAILS de liens, répertoires... Etc.)     

Passionnantes approches, qui peuvent ouvrir une porte (des portes)  vers une étude approfondie et éclairante. Ceci peut concerner des passionnés, déjà intéressés et lecteurs "visuels", mais aussi être l'occasion d'une découverte aux promesses infinies, pour les autres. La poésie, qui peine souvent à se faire lire, est un domaine où se manifestent des tentatives de métamorphose de ce que peut être tant l'écriture que la lecture. Parfois cela va jusqu'à une conscience d'art total. Créer avec l'énergie vitale de tous ses sens, faire entrer le poème dans une chorégraphie, le geste dans le poème... Penser et vivre le regard créateur de poésie au même titre que la main qui trace des mots. Laisser dans l'image les mots se deviner, s'inventer. Provoquer, par des techniques diverses, dont la photographie, un graphisme sans lettres, ou lettres captées autrement. Faire du regard un acteur de poésie, au même titre que l'intellect qui use des mots, des alliances de sens. Traverser des limites. D'autant plus que les outils que nous avons actuellement nous donnent la possibilité de les transformer en stylos alternatifs et rejoindre, ainsi, l'art plastique, les arts visuels, les arts du geste, la danse... Etc.   

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« La poésie visuelle : essai de définition », par Vincent Foucaud , agrégé d’espagnol, recherche (thèse) sur la poésie visuelle.  (Archives ouvertes. HAL, document bilingue anglais-français). Pour une approche vraiment informée : https://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-00658808/document [ CITATIONS : « Elle est une forme de poésie expérimentale et se trouve par conséquent intimement liée à d’autres formes de poésies contemporaines comme la poésie sonore, la polypoésie, la typoésie, la poésie concrète, la cyberpoésie... » (...) «... Cette forme d’art ultra-contemporaine (en effet, les anthologies existantes citent toutes des poètes vivants) s’inscrit dans la très ancienne tradition de la poésie figurative que l’on fait remonter à l’Antiquité. » (...)  « Mais la poésie visuelle s’inspire aussi des multiples associations texte-image qui parsèment les arts visuels, depuis les hiéroglyphes égyptiens de l’Antiquité jusqu’aux tableaux de Miró qui intègrent des mots dans la peinture, comme dans l’oeuvre ‘Escargot femme fleur étoile’(1934). La poésie visuelle est donc née de traditions artistiques diverses et anciennes. Elle se présente pourtant comme une forme d’art inédite et novatrice.» (...) «... Nous essaierons de mettre en évidence les caractéristiques propres à la poésie visuelle. Pour cela, nous nous appuierons uniquement sur un corpus espagnol, plus précisément sur 235 poèmes composés par quelques 58 poètes visuels, tous cités dans l’ouvrage de Alfonso López Gradolí : ‘Poesía visual española (Antología incompleta)’(Madrid, Calambur, 2007» (...) «... Cette réflexion d’ordre méta-artistique était sous-tendue par un système multi-réflexif complexe de mises en scène du signifiant. » / « Ce qui frappe en premier lieu quand on s'intéresse aux poèmes visuels, c'est leur caractère ludique. » (...) «... Les poèmes visuels sont davantage caractérisés par une réflexion plus profonde sur la poésie elle-même, sur l'art en général et sur le statut du poète. » (...) « par sa forme hybride associant plusieurs sémiologies souvent issues de plusieurs disciplines artistiques, elle pose plus que jamais le problème des frontières entre les différents arts et celles entre l'art et la littérature. Cette caractéristique de la poésie visuelle a été mise en évidence par la poétesse visuelle Julia Otxoa qui parle de « ‘poesía visual como arte combinatoria.’ » (...) « Ce caractère combinatoire de la poésie visuelle pose parallèlement le problème du statut du poète visuel qui n'est plus jugé sur son style d'écriture ou sur sa manipulation des vers ou des rimes, mais bien sur sa virtuosité à composer les macro-signes que sont les poèmes visuels. Certes, le poète visuel reste un assembleur de signes, mais il ne s'agira plus d'associer dans un syntagme des signes linguistiques comme le fait le poète traditionnel, mais des signes linguistiques avec des signes iconiques. Ces signes iconiques se révèlent parfois être des images insérées par montage, sans que celles-ci soient modifiées par la main du poète. » (...) «... Cette forme d'art est constituée d'un enchâssement de réflexivités fondées sur plusieurs mises en scène simultanées du signifiant.» (...) « Ainsi, en conclusion, nous pouvons observer que la poésie visuelle est une forme transcendante d'art dans le sens où elle s'interroge sans cesse non seulement sur sa propre matière, mais aussi sur la notion d'art et plus généralement sur le langage. » (...) « Elle rappelle ainsi que la lecture est un acte tout aussi subjectif que l'écriture. »] TEXTE intégral sur le site, voir le lien ci-dessus...

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THESE de Marc Audi, 2011, Sorbonne et Barcelone. Sur la poésie visuelle de Joan Brossa (1919-1998). SEPT PAGES (passionnantes) de présentation de l’objet de la thèse, à lire là : http://www.paris-sorbonne.fr/IMG/pdf/AUDI_position.pdf [ CITATIONS :  « L’objet de cette thèse est de décrire, de mettre en contexte et d’analyser l’intégralité de la poésie visuelle de Joan Brossa, composée de 1941 à 1998, en très grande partie inédite à ce jour. Considéré comme l’une des personnalités majeures de la littérature et de l’art expérimentaux du XXe siècle en Catalogne et en Espagne, son oeuvre est un pivot entre les avant-gardes historiques – très riches dans les domaines catalan et espagnol. » (...) « Brossa mit au centre de ses recherches la poésie qu'il a appelé visuelle à partir de la fin des années 1950. C'est précisément dans ce domaine particulier que l'on peut lire, aujourd'hui, une partie de l'histoire des croisements entre l'art et la littérature des cinquante dernières années. » (...) « Ses liens avec le groupe madrilène El Paso dans les années 1950, les dialogues de la poésie visuelle de Brossa avec l’oeuvre plastique de Tàpies, Chillida ou Miró à partir des années 1960, sont quelques exemples d’un travail ouvert sur son temps. Outre ces collaborations, ’étude de la poésie visuelle fait apparaître le contexte comme un matériau en soi. La récupération, l’objet trouvé, le travail à partir de la presse, sont des techniques de composition que Brossa hérite du dadaïsme et du surréalisme, mais qu’il porte à un degré de pertinence extraordinaire, dans une Espagne et une Catalogne muselées. » (...) « Dès le début de nos recherches, le dépouillement des archives de poésie visuelle à la Fundació Joan Brossa de Barcelone a été une source d’émerveillement et de questionnement. Les originaux de plus de mille poèmes visuels y sont conservés, souvent organisés en recueils inédits, des séries de collages de matériaux de récupération, verbaux ou alphabétiques essentiellement. Nous avons conçu le projet d’en établir une recension intégrale » (...) « La première partie de cette étude est consacrée à la définition du concept de poésie visuelle en général. Celui-ci interroge les limites et la nature du genre poétique, auquel Brossa reproche son enfermement dans le domaine strictement littéraire. Si la poésie visuelle est un autre de la littérature, il faut donc déterminer en quoi, et selon quels principes. L'examen de la notion de poésie expérimentale s'avère nécessaire avant de parvenir à l'une de ses branches, la poésie visuelle. » (...) « Reprise probablement au poète italien Carlo Belloli, puis utilisée par de nombreux poètes expérimentaux dans toute l’Europe et en Amérique avec des variantes depuis les années 1950 – dont celui plus connu peut-être de poésie concrète –, la notion de poésie visuelle est restée fort vague. Elle désigne une poésie dont les enjeux formels et sémiotiques reposent fondamentalement sur l’image plutôt que sur le langage. L’héritage de l’oeuvre de Kurt Schwitters, qui fut avant tout poète, et du questionnement radical de Dada sur le langage et la signification y est très présent » (...) « Cependant dans le domaine littéraire, toujours dans le sillage de Dada, l’incessante exploration brossienne transforma la manière de concevoir, d’imprimer, de diffuser et de ‘lire’ les poèmes.» (...) « Les poèmes visuels sont donc des objets hybrides, sur la ligne de partage très poreuse au XXe siècle entre les domaines littéraire et plastique. » (...) « Ce sont des poèmes sans syntaxe, la plupart du temps sans texte, l’image n’y ayant pas de fonction illustrative. Une poésie qui compose des images non rhétoriques, des images au sens propre, représente un défi théorique pour la critique littéraire, » (...) «... Brossa propose une nouvelle perception du poème ainsi qu’une nouvelle façon de faire de la poésie qui répond à ce qui lui apparaît comme une insuffisance du texte. Le texte, pour Brossa, n’atteint l’imagination que de manière indirecte et médiate ; il faut solliciter d’autres sens, de nouvelles formes. Le bouleversement technique va de pair avec un renversement de l’attitude poétique : le poète-médium transcrivant des images rêvées cède le pas au poète visuel qui crée directement de nouvelles images. » (...) « La poésie visuelle dialogue alors avec la création proprement plastique. » (...) « Brossa baptise ses créations plastiques du nom de poésie visuelle. C’est un parler paradoxal dans la mesure où dans ses images le poète se tait tout en disant ceci est un poème. En quoi ces images sont-elles des poèmes ? La poésie naît ici des liens incessants que l’image entretient avec la lettre, mais aussi et surtout, des séries ordonnées d’images. » (...) « Les poèmes visuels s’inscrivent dans une syntaxe propre. » (...) « ... le hasard joue un rôle essentiel jusque dans la réflexion sur l’existence que Brossa a de plus en plus menée dans sa poésie littéraire. » (...) « La thèse comprend (...) une base de données comprenant plus de mille poèmes visuels. » (...) « ... utilité pour les archives de la Fundació Joan Brossa, qui viennent d’être transférées au Museu d’Art Contemporani de Barcelona (MACBA). » Page sur Joan Brossa (musée) : http://www.macba.cat/ca/brossa-joan

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Documentation BNF : http://data.bnf.fr/11959250/poesie_visuelle/

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TEXTES :

Jacques Donguy, « Poésie visuelle internationale », parcours : http://www.costis.org/x/donguy/poesie-visuelle-fr.htm

Poésie visuelle (« ‘l’interlangue’ de mon siècle »), par Gaëlle Theval, revue littéraire Trans : http://trans.revues.org/157

« Penser l’image, voir le texte », par Bettina Thiers , La vie des idées : http://www.laviedesidees.fr/Penser-l-image-voir-le-texte.html

« Le poème visuel », préface d’une anthologie, par Harry Polkinhorn, sur  le blog de Lucien Suel : http://academie23.blogspot.fr/2007/10/anthologie-posie-visuelle-harry.html

« La poésie visuelle », par Giovanni Pozzi , page Books google : http://bit.ly/1DIwI9b 

Artwiki. Poésie visuelle, texte : http://www.artwiki.fr/wakka.php?wiki=PoesieVisuelle

Jean-Jacques Thomas, « Essais sur la poésie française », éd. P.U. Lille, sur un livre de Pierre Garnier (« Spatialisme et poésie concrète », éd. Gallimard, 1960), page Books Google : http://bit.ly/1JGQwCd 

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SITES dédiés, œuvres, poètes visuels :

Xavier Dandoy de Casabianca : http://xddc.org/index.html

Démosthène Agrafiotis : http://dagrafiotis.com/?cat=8&lang=fr

Hortense Gauthier : http://des-plis-et.com/tag/poesie-visuelle/

Ratures, SITE (collectif) d’expression poétique (Grenoble): http://ratures.over-blog.fr/album-1299672.html

Poésie cybernétique, scriptpoèmes, photographies  d’Antero De Alda, et ANTHOLOGIE de poésie visuelle : http://www.anterodealda.com/p_visuelle.htm

Collection de poésie visuelle et sonore, site de poésie Tapin : http://tapin2.org/

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LIEUX, événements :

Galerie 13 (et liens): http://poesievisuelletreizegalerie.blogspot.fr/

Galerie nomade, librairie, livres d’artistes : http://artistesdulivre.com 

Association PAGES, promotion du livre d’artistes : http://www.pages-paris.com

Librairie Nicaise : http://www.nicaise.com

Biennale de poésie visuelle et Festival « Poètes pour la paix » (avec  trois ONG : ‘Poetas del mundo’, ‘100 thousand poets for change’ et ‘World poetry movement’ : http://www.lr2l.fr/acteur/biennale-de-poesie-visuelle-ille-sur-tet.html

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LIVRES :

« Typoèmes », livre de Jérôme Peignot (typographie et poésie visuelle), éd. du Seuil : http://jeromepeignot.free.fr/2004-peignot-typoemes/2004-00.html

LIVRE, de Julien Blaine, « Cours minimal sur la poésie contemporaine » (quelques clés sur la poésie), éd. Al Dante : http://al-dante.org/poesie/blaine-julien-cours-minimal-sur-la-poesie-contemporaine/ 

Et citation (le « descriptif ») sur Cultura : http://bit.ly/1FDPXa0 

Plus... BIBLIOGRAPHIE, tag ‘poésie visuelle’ (dont plusieurs ouvrages de Julien Blaine), éd. Al Dante : http://al-dante.org/shop-4/product-tag/poesie-visuelle/

Bibliographie, Médiathèque de Paris : http://bit.ly/1dBKfKQ 

Ilse Garnier, « Jazz pour les yeux / Anthologie de poésie spatiale, éds. « L’herbe qui tremble » : http://www.lherbequitremble.fr/catalogue-Garnier.html

Pierre Garnier, « Manifeste pour une poésie nouvelle, visuelle et phonique », éd Silvaire (fonds cédé aux Eds du Rocher). / Texte sur Pierre Garnier (Célébration) , par  François Huglo, sur Sitaudis : http://www.sitaudis.fr/Celebrations/pierre-garnier-un-agitateur.php

« Visuelle poésie », éd. Reclam Phillip. Sur Decitre : http://bit.ly/1zl8czz 

BIBLIOGRAPHIE, BNF, le livre d’artiste, PDF : http://www.bnf.fr/documents/biblio_livre_artiste.pdf

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DOSSIER: « Avant-gardes poétiques et littérature numérique » : http://www.olats.org/livresetudes/basiques/litteraturenumerique/5_basiquesLN.php

ETUDE  et  reproductions, « Des signes dans l’espace », sur Recours au poème : http://www.recoursaupoeme.fr/essais/des-signes-dans-l%E2%80%99espace/lucien-wasselin

ENTRETIEN avec Philippe Castellin, par Alexandre Gherban, sur Poezibao. « La poésie est sans épithète » (ou les cloisons qui sont des leurres...) : http://bit.ly/1ECFf1o

PUZZLE d’écrits de 1 à 11 (au 29-04-15), par Camille de Toledo, « Manifeste d’un art potentiel » (pour situer la question de la poésie visuelle dans le contexte général de la création contemporaine, XXI è siècle), Remue-net : http://remue.net/spip.php?article7235   (en marge le sommaire de l’ensemble)

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SOMMES...

« L’œil littéraire. La vision comme opérateur scriptural », collectif, P.U. Rennes. Etudes réunies par Paul Dirkx : http://artsetmondesocial.blogspot.fr/2015/03/lil-litteraire-la-vision-comme.html

« Anthologie du graphisme », éds Pyramid : http://pyramyd-editions.com/anthologie-du-graphisme/

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Cédérom, Académie de Grenoble, « Créations poétiques au XXème siècle », site de Créteil : http://bit.ly/1ECGsFV 

Effets spéciaux et poésie visuelle, Jean-Marie Marbach. VIDEO  : http://www.jm-marbach.net/

FILM, documentaire de Claudio Francia, « De la poésie visuelle à l’Art total », Yadé films : http://www.lussasdoc.org/film-de_la_poesie_visuelle_a_l_a... 

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PORTAIL :

Répertoire de poésie (portail, nombreux sites) : http://repertoiredepoesie.free.fr/ecriture-online.htm#editeursonline

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IMAGES Google. Poésie visuelle : http://bit.ly/1GDr7Ty 

Poésie visuelle contemporaine. IMAGES Google (des images communes, et quelques images présentes sur une page et pas sur l’autre...)  : http://bit.ly/1zAwNku 

Images google, livres d'artistes : http://bit.ly/1Y2rK5u

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PAGES wikipedia (pour certains liens, certaines références) :

Poésie visuelle : http://fr.wikipedia.org/wiki/Po%C3%A9sie_visuelle

Poésie graphique : http://fr.wikipedia.org/wiki/Po%C3%A9sie_graphique

Calligramme : http://fr.wikipedia.org/wiki/Calligramme

Livre d'artiste : https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_d%27artiste 

30/04/2015

« Petit-fils d’Algérie », BD, avril 2015

BD Petit-fils d'Algérie.jpg

 

 

 

 

Album de Joël Alessandra (scénario, dessin, couleurs), éd. Casterman, coll. Univers d’auteurs.

 

 

 

 

 

 

 

Critique, par David Taugis, sur actuabd.com. Intéressante, parce qu’elle met l’accent, dans l’origine de cette famille, dont l’histoire est donc comptée par le « petit-fils », dessinateur bédéiste,  sur le premier exil de ces Italiens. Immigrés : Français... après.

...Rappel important du fait migratoire dans la constitution de ce « peuple » de Pieds-Noirs, communauté majoritairement issue de l’immigration méditerranéenne. (Et qu’on a tendance à transformer en  « colons » venus de France, à les assimiler à eux, ou aux descendants des soldats colonisateurs... Non. Ils n’étaient même pas des Français, alors, eux. Ensuite, ils ont eu le tort de se laisser piéger par un mélange entre l’ancrage algérien - l’amour de cette terre - et la construction mensongère - élaborée par le pouvoir français, sa propagande - d’une identité qui devait se confondre avec l’acceptation d’un statut et d’une citoyenneté inégalitaires. Tous n’étaient pas dupes, mais beaucoup, car un système dans lequel on baigne nous imprègne. Et que la population, en France métropolitaine, globalement, l’appuyait). Citations : « Découverte poignante de Constantine par ce fils de Pieds-noirs italiens qu’est Joël Alessandra. Où il reconstruit son passé autant que des morceaux d’histoire d’Algérie. » (...) « Il se penche non seulement sur l’histoire de tous les Pieds-noirs, mais aussi sur l’évolution de l’Algérie, sa mémoire, ses blessures dues aux années terribles des attentats durant les années 1990. » / « Dans ’Petit-fils d’Algérie’, le sentiment de réconciliation et d’apaisement nous ramène au ‘Portugal’de Pedrosa. Une porte à nouveau ouverte vers le passé, et un chemin de mémoire éclairé pour les générations suivantes. ».

....Oui, il fallait insister aussi sur cet aspect : « réconciliation et apaisement ». Les générations qui suivent les temps des conflits et des violences peuvent avoir, réciproquement, un regard qui se défait des ombres et des peurs, mais garde les proximités. Dans la guerre d’Algérie (guerre d’indépendance), il y avait, d’une part, un peuple qui voulait ne plus dépendre d’une identité captive et se libérer de ce joug, et, d’autre part, un pouvoir colonisateur, avec son armée et ses fantasmes de puissance, en France métropolitaine. Au milieu, les Pieds-Noirs qui n’étaient ni l’un ni l’autre (mais dont certains choisirent d’être acteurs de cette libération nationale, et d’autres de tout faire pour ne pas perdre ce qu’ils considéraient comme leur patrie, mais française, notamment en se faisant manipuler par des stratèges suicidaires, cf. oas métro – comme on dit). Il est temps de mettre de côté les jugements (sur les uns et les autres) et de prendre en compte, surtout, ce sentiment, non-dit, pour des Pieds-Noirs, de se retrouver dans l’horreur d’une sorte de guerre civile. On voit mourir les uns et les autres, voisins et lointains (au sens littéral et au sens métaphorique). Exil sur exil : il y a de quoi perdre le sens des racines, et de quoi, chez ceux qui suivent, de tenter de le retrouver. ...Quand on lit cet album, on sait qu’on peut remplacer « Italiens » par « Espagnols », « Maltais », « Gitans », « Arméniens », etc. et repérer les mêmes schémas. Ainsi les BD des fils et petit-fils de Pieds-Noirs tiendront le rôle d’une salle de Musée de l’immigration... ! (Inexistante... elle). Migrations, errances... exils. Est-ce drame ou chance ? Un sens est à déchiffrer, à mon avis. Le résultat, aussi : métissage d’âme, qui peut ouvrir - et ouvre - les lignées à une acceptation de l’Autre, au goût des langues, au refus du racisme. Terrien, n’est-ce pas suffisant ? (Remarque récente d’un Pieds- Noirs arrivé en France très jeune adolescent – je mets PN avec ‘s’ car on a deux pieds, même si on est ‘un’). Lire l’article intégral de David Taugis, actuabd.com: http://www.actuabd.com/Petit-fils-d-Algerie-Par-Joel 

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Critique sur 9èmeart.fr. Par Alfro ... Moins bonne  critique, car partiale, et peu cohérente. Bizarrement, déjà, le site (dédié à la BD...) reproche à l’auteur son expression par la... BD (car, dit l’auteur de la page, c’est ainsi moins convaincant qu’un reportage... !). Ce qui est ignorer tout le courant de la BD qui crée en ayant comme supports des autobiographies, biographies, enquêtes, reportages,  voyages, récits historiques. Ensuite, le parti pris est flagrant. Alfro (pseudo…) sur 9emart.fr, donc, continue en exprimant son malaise. Comme le retour de ce petit-fils de Pieds-Noirs se fait dans l’harmonie, que ce qu’il apprend de la vie de sa famille en Algérie ne peut être que créateur de lien (au singulier, sens fort) avec les Algériens qu’il rencontre, la ville, la mémoire familiale, un ancrage dans cette part de son identité hérité. Comment... ???!!! Des Pieds-Noirs qui ne correspondent pas aux clichés construits par la métropole, une parole paisible avec les Algériens, du dialogue ??? Non, Alfro ne supporte pas ça. Donc il déclare que c’est « bâtard » comme point de vue. Il soupçonne de « l’angélisation », trouve que la violence de l’OAS et du FLN n’est pas assez présente... Sauf que l’auteur n’est pas venu pour ressasser la guerre et se vautrer dans les émotions négatives : il est venu (par accident au départ, une invitation qui se transforme) avec l’intention de profiter de ce voyage pour faire un pont entre lui et ceux dont il descend, un pont entre celui qui méconnaissait sa part algérienne et cette part enfouie, un pont entre lui et les êtres de l’Algérie vivante actuelle. Pour comprendre d’où il vient en partie. C’est juste... ce qu’il fallait faire. Et tant mieux si c’est de la BD. Cela complète une « collection » d’œuvres qui finissent par réaliser un portrait nuancé d’une communauté. (Les Pieds-Noirs et leur « algérianité » complexe, triste et joyeuse à la fois : triste par l’exil, joyeuse par la conscience d’une culture qui ne peut se perdre complètement, car elle se glisse dans les interstices de la mémoire transmise, même insuffisamment.  Et que, si la métropole a tendance à la jeter aux orties, cette mémoire, il y a aussi, justement, des consciences qui portent un autre regard, comme des éditeurs de BD...  Et il y a, c’est essentiel, une proximité avec les natifs de l’autre rive, par cette algérianité commune que même les descendants retrouvent quand ils franchissent la mer, ou sans la franchir encore, dans leurs rencontres d’autres exilés, sur cette rive.).   Ce texte critique décevant, par ces deux faiblesses importantes, donc, est à lire ici (il a quand même le mérite d’en parler, ce qui est déjà beaucoup). LIEN, 9emeart.fr : http://www.9emeart.fr/post/critique/franco-belge/petit-fils-d-algerie-la-critique-3882

Autres BD,  même thématique 

Jacques Ferrandez (particulièrement « Fils du Sud » dans « Carnets d’Orient ») et « L’Hôte » puis « L’Etranger » de Camus (voir TAGS à son nom, pour notes) : http://www.bedetheque.com/auteur-877-BD-Ferrandez-Jacques... 

« L’Algérie c’est beau comme l’Amérique », d’Olivia Burton et Mahi Grand http://steinkis.com/l-alg-eacute-rie-c-est-beau-comme-l-a... 

« Là-bas », de Tronchet-Sibran, éd Dupuis  http://www.dupuis.com/la-bas/bd/la-bas-la-bas/2870 

« Le chat du rabbin », de Joann Sfar https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Chat_du_rabbin

« Pierrot de Bab El Oued », éd Limage, Alger, de Sid Ali Melouah. Bio sur ActuaBD http://www.actuabd.com/Deces-du-dessinateur-algerien-Sid-... 

Hommage sur Femmes en action (forum). Sid Ali Melouah : http://femmesenaction.forumactif.fr/t644-deces-du-dessina...

Zoom sur la BD algérienne, sur ToutenBD, 2004 : http://www.toutenbd.com/dossiers/article/zoom-sur-la-bd-a...  

La BD algérienne à travers une expo (avril 2016) : http://www.lecourrierdelatlas.com/1115006042016-Caractere... 

...... BIBLIOGRAPHIE thématique, ALGÉRIE, guerre d’Algérie. Sélection de BD... http://www.bdfugue.com/bd/selections/independance-algerie

...... Voir aussi… Algérie, guerre d’Algérie, mémoire, livres Jeunesse… note. Un livre, et une bibliographie : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2016/02/29/un...