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26/05/2016

KOBANÉ... Cri, chant, plainte et mort.

KURDES.jpgPlainte pour le peuple kurde, ce chant écouté il y a plusieurs jours, reste dans ma mémoire. Solidarité minimale que cette écoute, ce partage… 

Lamentation pour KOBANÊ (sous-titres en français). Viyan Peyman (barde et combattante) est décédée depuis… Et sa voix demeure, cri tragique... https://www.youtube.com/watch?v=V2TLtyiwRoI&feature=p... 

KOBANÉ, ville frontière (Turquie-Syrie) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kobané

Comme elle, de nombreuses femmes sont engagées pour la survie de leur peuple http://television.telerama.fr/television/kurdistan-la-gue... 

Pour mémoire :

Juin 2015, massacre des habitants de Kobané par les djihadistes de l’Ei)... http://www.lexpress.fr/actualite/syrie-les-djihadistes-d-... 

Juillet 2015, bombardements turcs sur Kobané : « Ankara poursuit sa campagne de bombardements en Irak et en Syrie, visant pour la première fois les Kurdes de Kobané. Dans un communiqué, les Unités de protection du peuple (YPG), la force militaire kurde de Kobane, ont exhorté ce matin la Turquie à cesser son ‘agression’.»... http://www.rfi.fr/moyen-orient/2min/20150727-turquie-offe...

INFOS récentes (une autre ville, mais toujours les Kurdes, pris entre deux feux, pouvoir syrien et djihadistes…).
KURDES du sud-est… Habitants de la ville de SUR, victimes de l’AKP : « Après le génocide des populations, voici donc le génocide culturel. Il y a un siècle, les Arméniens étaient les cibles. C'est désormais la population kurde du coeur historique de Diyarbakir (au moins 24 000 personnes) qui a été expulsée manu militari de ses habitations (quand elle n'a pas été pilonnée sur place). Ce serait en tout 500 000 Kurdes qui auraient été déplacés en-dehors des différentes villes kurdes du sud-est de la Turquie. Des centaines de civils auraient été tués selon plusieurs ONG. »... SUR, mai 2016 : http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=93825

Offensive pour libérer Raqqa : http://fr.euronews.com/2016/05/24/syrie-les-milices-kurde... 

...

Histoire. Les Kurdes sur Hérodote : https://www.herodote.net/Les_Kurdes-synthese-2054.php 

LIVRE : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogu... 

05/04/2016

"Dieu par la face Nord"...

DIEU.gifL’article (Le Monde, lecture, par Emmanuel Carrère) n’est pas lisible intégralement en ligne… Dommage. La réflexion rejoint celle d’Abdennour Bidar, je trouve, par cette recherche d’une rationalité dans un au-delà de la religion et de l’athéisme. Emmanuel Carrère parle avec enthousiasme d’un livre qu’il dit avoir lu trois fois et vouloir relire, tant il est enrichissant. Livre… sur Dieu, de quelqu’un, Hervé Clerc, qui n’est croyant d’aucune religion (mais peut avoir le « goût » de certaines, par attrait pour ce qu’elles expriment de sens ou recherche de sens, de ce mystère des questionnements humains, de l’intériorité humaine). Ni croyant, ni athée, agnostique, mais pas de ceux qui sont indifférents à ce qui participe de l’interrogation métaphysique : « Qu’est-ce que je fais là? Et c’est quoi "je"? Et c’est quoi "là"?». La face Sud de Dieu ce serait l’image populaire transmise par les religions, le personnage mythique et simple qui ne répond pas aux questions essentielles. La face Nord ce serait l’intangible qui n’a plus de visage, qui n’est plus rien de ce que les religions veulent nommer. Peut-être plus proche de ce que les mystiques fréquentent et dont les agnostiques ne se moquent pas car l’humilité du non-savoir ne se satisfait pas de la dérision… Cette pensée rejoint une sagesse questionnante, fascinante quand elle repense nos crises comme une sorte de marche vers une modernité qui dépasse le « Dieu est mort » de Nietzsche pour nous faire accéder à un autre devenir du sens. Notre pensée collective inconsciente est peut-être en train de construire une autre approche de l’ontologie fondamentale. Notre réalité, malgré toutes les horreurs qui submergent émotionnellement, est peut être moins sombre que ce que l’on croit. Je relève un passage de cette ample (et passionnante) recension : « Je pense que c’est un livre essentiel, qui pressent quelque chose qui est en train d’advenir et qui est tellement grand qu’on ne peut pas le voir : ce qui se lève et grandit au crépuscule de Dieu, la face nord. » En tout cas, moi, demain, je vais chez mon libraire… http://www.lemonde.fr/livres/article/2016/03/23/l-ascensi... 

Document de l’éditeur, éd. Albin Michel. Citations : « Le mot dieu est ambivalent. Il a un adret et un ubac. Une face sud et une face nord. » (…) « Dans une démarche et un style uniques en leur genre, Hervé Clerc nous invite à un voyage ascendant vers une réalité ineffable et cachée, qui a peu de chose à voir avec le « Dieu » que l’on nie ou confesse habituellement. »... http://www.albin-michel.fr/multimedia/Documents/espace_jo...

ROY.jpgDeuxième passage de cette chronique, qui donnera envie de lire deux autres ouvrages. Celui d’Emmanuel Carrère, qu’il mentionne, pour son rapport avec la « conversation » menée à deux (recherches et écritures tissées par l’amitié).  Celui d’Hervé Clerc, essai sur le bouddhisme de quelqu'un qui n’est pas bouddhiste. Parcours qui peuvent se faire en marge, parallèlement (pour ceux qui aiment croiser leurs lectures), ou pour préparer la fréquentation de la pensée d’Hervé Clerc (dont j’avais aimé « Les choses comme elles sont »). 

CITATION : « Dans mon livre, Le Royaume (POL, 2014), j’ai essayé de tracer son portrait et de faire entendre l’écho de la conversation que nous poursuivons depuis vingt-cinq ans, tout en marchant sur les sentiers de montagne du Valais. Dans cette conversation, je tiens le rôle de l’agnostique, et lui – du « croyant » ? Vous n’y êtes pas. Vous n’y êtes pas plus que cette personne à qui je recommandais son livre sur le bouddhisme, Les Choses comme elles sont (Folio, « Essais », 2011), et qui me disait : « Mais alors, il est bouddhiste, ton ami ? » Non, il n’est pas bouddhiste. Il n’est pas davantage hindouiste ni musulman, bien que son nouveau livre poursuive l’enquête à partir des noms de Dieu dans l’hindouisme et l’islam. »

CHOSES .jpgVoir aussi, sur le livre d’Hervé Clerc, « Les choses comme elles sont », la page de l’éditeur: http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-e... 

… Et cette lecture, riche recension, de Sébastien Barbara : http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article417 

Sur « Le Royaume », voir la critique d’un blog hébergé par l’Express (« Les 8 plumes »), rappel sur le fait que ce livre qui parle de religion est écrit par quelqu’un qui est sorti de la religion, mais dit être « troublé » par le fait d’avoir cru (et donc avoir envie de questionner la croyance et ce qui fait sa matière) : http://blogs.lexpress.fr/les-8-plumes/2014/10/30/21725/ 

© MC San Juan (TramesNomades)

03/04/2016

Penser ombre et lumière, sauver le sens : Abdennour Bidar et Kamel Daoud

BIDAR.png2012. Regard d'Abdennour Bidar sur des "récurrences tenaces". Et la lumière quand même… 

2015. Réflexion de Kamel Daoud. Pour que le sens (cherché, ouvert) ne soit pas pris en otage… 

Je retrouve par hasard ces deux textes en même temps. Publiés à trois ans d’intervalle, ils se croisent exactement pour se rejoindre et nous aider à comprendre ce qui est à l’oeuvre actuellement : les attaques contre Kamel Daoud et l’enjeu majeur (soutenir cette voix, la conscience, la laïcité pour la démocratie - sauver la pensée). A travers la force de cette voix soutenir aussi celle des poètes prisonniers (Arabie saoudite, Qatar…). Refuser les injonctions qui traversent les frontières, les compromissions, le silence honteux, les alliances honteuses avec l’oppression. 

Relecture de l'entretien d’Abdennour Bidar (propos recueillis en 2012, Le Monde des Religions) pour penser les attaques contre Kamel Daoud et être plus armé pour le défendre, en mesurant mieux le contexte 2012-2016 (et suite…).

« Comment sortir de la religion », entretien de 2012, donc… Mais explication par avance des racines des alliances entre sociologues et traditionalistes (ou carrément, cf. tribune des 19, entre sociologues et islamistes). Citation : « Les traditionalistes musulmans deviennent de plus en plus sociologues et certains sociologues, vaincus par leur empathie naturelle, viennent de plus en plus au secours des traditionalistes musulmans. » Cette phrase introduit sa réponse à la dernière question de l’entretien, où il précise ce qu’est cette alliance, ce qu’est le contexte (« crise spirituelle » et « sous-culture religieuse ») et ce que sont les « récurrences extrêmement tenaces et critiquables » présentes dans les sociétés musulmanes. Il évoque (en musulman et islamologue), ses fortes divergences avec Tariq Ramadan. Il parle du présent de 2012, mais ce qu’il dénonce se déroule là, en 2016, accentué, évident, plus destructeur encore, et plus assumé. Les attaques contre Kamel Daoud sont à situer dans ce qu’il dit de ce contexte de compromission intellectuelle, de dévoiement de la pensée tombée dans le piège d’une idéologie fourvoyée par complaisance politique à la domination du religieux… Alors qu’on entre dans l’ère de la fin des religions (pas de la spiritualité : des religions)… Cet entretien n’est pas un plaidoyer pour l’athéisme, rien de tel (Abdennour Bidar est plus proche d’un mystique que d’un athée, quand on le lit). Il traite de la fin de la religion (de la religion, pas de la spiritualité ou d’un rapport à la transcendance) pour penser une troisième voie, qui se situerait « par-delà religion et athéisme ». (Réflexion développée dans un ouvrage titré « Comment sortir de la religion », éds Les Empêcheurs de penser en rond / La Découverte, 2012)... http://www.lemondedesreligions.fr/culture/abdennour-bidar... 


mms_img1824734821.jpgRetour vers un texte de Kamel Daoud sur Tunisie Focus
, avril 2015… « Il faut être laïc pour sauver la religion ». Car les attaques contre Kamel Daoud veulent (en posant le soupçon de la dite « islamophobie ») donner de lui une image trompeuse (à laquelle adhèrent parfois ceux qui le défendent, soupçon d’islamophobie en moins mais confusion commune). Kamel Daoud n’est pas dans un combat contre la religion en tant que telle, ou contre les démarches de ceux qui cherchent un sens transcendant. A le lire on comprend qu’il combat les manipulations, les idéologies meurtrières, et, justement, la pollution des concepts qui permettent de penser les questions des êtres humains sur le sens et les réponses qu’ils se donnent. Il n’est pas un militant de l’athéisme, mais un penseur de la laïcité (celle, sans adjectifs, qui respecte autant  les croyants que les agnostiques ou les athées).  

CITATIONS… « Dans le monde dit ‘arabe’ c’est le ciel qui trace les frontières de la Terre et transforme les nations en nuages éphémères. C’est le nouveau siècle et les pays du coin sont des tracés sur le sable…» (…) « Le ciel s’y joue et tue l’homme qui passe ou s’y attarde. Cela se passe ainsi quand on ne sépare pas religion et État, péché et délit.» (…) « Les religieux sincères devraient être les premiers à défendre la laïcité. » (…) « Sauf que le mot a mauvaise presse, sali par ceux-là mêmes qui disent que la laïcité est un crime contre Dieu et un complot de l’Occident. Cela se comprend : l’assassin défend son masque. S’il vous dit que séparer la religion et la politique est un péché c’est parce qu’il fait de la politique au nom de la religion. » (…) « Séparer l’État de la religion sauve al religion de ceux qui la salissent et la manipulent. » (…) « Cela permettrait de libérer une religion de la prise d’otage par la violence. C’est alors que l’on parlera de l’homme, de l’amour d’un Dieu, de sens, de vision, de conviction…»... http://www.tunisiefocus.com/politique/il-faut-etre-laic-p... 

Chroniques de Kamel DAOUD, Impact24.info http://www.impact24.info/category/chroniques/kamel-daoud/ 

Articles de Kamel Daoud, Le Quotidien d’Oran, sur Djazairess… http://www.djazairess.com/fr/author/Kamel+Daoud 

Chronique régulière dans Le Point : http://www.lepoint.fr/journalistes-du-point/kamel-daoud

……….

« Cultures d’islam », Abdennour BIDAR sur France Culture, les émissions : http://www.franceculture.fr/personne-abdennour-bidar.html

Article, Abdennour Bidar, octobre 2010, « L’absence de spirituel est un problème, pas l’islam ». CITATION : « Ici en France, une laïcité mal comprise nous a fait expulser hors du champ public toute recherche en commun d’un souverain bien spirituel… Or, cette laïcité française est une chance, si aujourd’hui nous nous en saisissons pour chercher tous, avec nos musulmans, dans le respect et la compréhension mutuelle, ce qui en amont de la dignité de la personne humaine la fonde spirituellement. »... http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/10/27/l-absence-... 

Livres d’Abdennour Bidar (en rapport avec le sujet traité ici) :

« Comment sortir de la religion », éds. La découverte, coll. Les empêcheurs de penser en rond, 2012. (Sortir de la religion n’est pas, pour lui, sortir de la possibilité de penser la transcendance, mais se libérer des instances qui imposent leurs dogmes. De même, Kamel Daoud, défendre la laïcité, valeur de liberté, ce n’est pas vouloir la disparition des dimensions religieuses, c’est refuser leur instrumentalisation politique. Ils se rejoignent dans l’exigence d’une raison lumineuse…). http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Commen...

et...  « Lettre ouverte au monde musulman », éds. Les liens qui libèrent, 2015 : http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Lettre_ou...

24/03/2016

POÉSIE…« Cet envers du temps… »

Des rencontres, lectures, qu’on a suivies ou ratées (mais certaines dépassent la date du 20 mars…). Des noms et des vers sous les yeux, notes de titres sur des cahiers (ou fichiers…) pour des lectures ou relectures à venir. Lire, c’est premier. Pages infinies. On aime, ou pas, en général tout de suite. La poésie est diverse, l’expérience et l’exigence de ceux qui publient, aussi. Je mets ici l’accent sur quelques repères, seulement quelques repères…

…..

PRINTEMPS .png"Le Printemps des poètes" 2016… Le vingtième siècle, large parcours, et une collection, Poésie/Gallimard, qui a publié tant de recueils de ce siècle…

En exergue sur le site : "J'appelle poésie cet envers du temps, ces ténèbres aux yeux grands ouverts" Louis Aragon

CITATION : « Cela ne fait pas de doute : on peut affirmer aujourd'hui, avec le recul nécessaire, que le XXe siècle fut pour notre pays et la Francophonie un siècle de poésie majeure. Après la déflagration dadaïste et surréaliste, qui a permis une invention formelle sans précédent et refondé l'enjeu existentiel et subversif de la poésie, jamais peut-être un temps n'a produit autant d'œuvres considérables par leur portée et leur singularité… »

Suite sur le site…. http://www.printempsdespoetes.com/index.php?rub=6&ssr...


RECOURS.png"Recours au poème"…

En accueil, exergues qui alternent, citations renvoyant à des ouvrages et donnant envie d’en lire plus… On peut cliquer sur un texte pour faire revenir une autre citation et parcourir ainsi différents fragments…

CITATION : « Le Poème est attaqué par l'antipoésie. L’antipoésie en actes vise à détruire ce réel même qu’est la poésie, lien sacré reliant nos âmes au Poème.

La profondeur du Poème répond au Simulacre et à la Superficialité. La profondeur, qui est la complexion du Poème, est une volonté physiologique à la recherche de sa forme.
Le Poème, ce point suprême encore et toujours à atteindre si nous voulons demeurer des vivants.
Nous n’accepterons jamais les manœuvres de l’antipoésie. Car nous connaissons cette architecture merveilleuse et poétique qui fait de la vie et de nos âmes une seule chose, séparées – en apparence seulement – dans et par le Simulacre. « Séparées », et cependant une seule chose, en bas comme en haut.
Une seule chose et un seul réel : le Poème.
La poésie est opérative.
Tout le reste n’est que Simulacre. »

Intégralité du texte : http://www.recoursaupoemeediteurs.com/poetes-des-profonde... 

Commandes en ligne… e-books…

Recours au poème, la revue : http://www.recoursaupoeme.fr 

50-ans-de-Poesie-Gallimard_full_news_large.jpg

 

 

Les 50 ans de Poésie/Gallimard… Mémoire de la poésie... Entretien avec André Velter : http://www.gallimard.fr/Divers/Plus-sur-la-collection/Poe... 

La collection : http://www.gallimard.fr/Divers/Plus-sur-la-collection/Poe... 

Parutions récenteshttp://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Poesie-Gallim...

MOTS FPM.jpg"FPM", Festival permanent des mots. En ligne et version papier. Le site est en lui-même une création graphique, une architecture, on y voyage, ce qui est conforme à la nécessité poétique. Goût du bref, du grinçant, refus du mielleux larmoyant : http://www.fepemos.com 

.....

Poésie en ligne. Ressources, sites de diffusion, liste sur… http://www.printempsdespoetes.com/index.php?rub=2&ssr... 

remue.net (revue, dossiers). Un univers ample qui se déroule (des textes, des lectures critiques). Pas de version papier  : http://remue.net/spip.php?page=sommaire  

REVUES de poésie (liste, liens) : http://amb.boudet.perso.sfr.fr/revues.htm et : http://jean.dif.free.fr/Textes/Revues.html

Dont... Revue A L’Index : http://lelivreadire.blogspot.fr

ÉDITIONS de poésie, comme AEncrage éds et tant d'autres : http://www.printempsdespoetes.com/index.php?rub=2&ssr...  

CORTI.gifDont… Eds José Corti. Repère indispensable. Centre : http://www.jose-corti.fr 

AILE .pngEt… Aile éditions. Parcours, langues croisées… http://www.aile-editions.com

Eds Rougerie (Et... les livres de Jean-Claude Xuereb. Voir aussi les prestigieux aînés, dont René Char) : http://www.editions-rougerie.fr 

Et... Pré#carré éditeur : http://precarrediteur.fr

HABITER-LE-MONDE-POETIQUEMENT-COUV-300dpi2-668x1024.gifAnthologie, Poesis éd. : « Habiter poétiquement le monde » : http://www.poesis-editions.fr  

ANTHO 2.jpgEt… autre anthologie : « Voix intermédiaires », publie.net : http://www.publie.net/nouveaute-voix-intermediaires-une-a... 

REVUE U.jpgA part… Revue Ultreïa (des articles sur l’expérience poétique, un univers qui rejoint ce qui est dit de la poésie des profondeurs sur le site de Recours au poème). Magnifique iconographie : http://revue-ultreia.com/contact/contact-espace-lecteurs/...

A part, autrement, Le Bois d’Orion éd. (dont ouvrages de Charles Duits, et études critiques sur Daumal, Duits, etc., par Christian Le Mellec, « Vent immobile »). Ou l’écriture comme itinéraire d’être, vers… être : http://www.leboisdorion.fr 

Et Arfuyen (axe spirituel croisant l'axe littéraire...)  http://www.arfuyen.fr  

Lectures bilingues... http://ivywritersparis.blogspot.fr  

Club des poèteshttp://www.poesie.net/index.php 

.... MISE à JOUR, 03-04-16. "La poésie a le vent en poupe", L'Express, 03-04-16 (infos diverses, et même... évocation des poèmes dans le métro...) : http://bit.ly/1RTsDtb

Justement, dans le métro, les deux dernières citations lues... Une de René Char, "Va vers ton risque" (Les Matinaux), et une autre de Jean Cocteau, fragment du "Journal d'un inconnu" (le passage sur le poète visionnaire d'un futur, la prescience de l'écriture...). De quoi donner envie de relire, tant Char que Cocteau... http://cocteau.biu-montpellier.fr/index.php?id=475 (autres pages en ligne sur cet ouvrage...).

24/02/2016

"Devant moi quelque chose qui s'ouvre dans le ciel ou la terre." Ou quand Naseer Shamma pense son art...

SHAMMA .jpg«Je vois devant moi quelque chose qui s’ouvre dans le ciel ou la terre. Alors je me précipite dans cette brèche. Il faut perdre son chemin pour en trouver un bien meilleur.» (Pour dire ce qu’est pour lui le processus d’improvisation, de création).

Naseer Shamma, cité par Jean-Pierre Perrin, dans sa chronique, Libération, 22-02-16.

Naseer Shamma avait programmé un concert à l’Olympia, avec plusieurs musiciens, soirée unique avant une tournée internationale. D’où certains articles récents, comme celui de  Libération. Excellente approche, qui mérite une lecture attentive et intégrale. "L'oud, l'autre luth de Naseer Shamma" : http://next.liberation.fr/musique/2016/02/22/l-oud-l-autr... 

Ce qui est remarquable dans la démarche du musicien irakien, c’est la manière dont il voit le rôle (et le pouvoir) de son instrument. Ainsi il raconte comment il a aidé quelqu’un (un jeune Irakien) dont la famille avait été tuée par des tirs américains, à se libérer de la colère et de la haine stérile pour capter et traduire la présence prolongée des êtres anéantis, à partir de la musique. Et ainsi témoigner, sans destruction ni autodestruction. Oeuvre de paix et d’humanisme. (« Mondialisation de l’oud », dit le musicien.). Pour cela il crée des « Maisons de l’oud », inspirées de celle du Caire, considérée comme la meilleure du monde pour son enseignement.  

Présentation du concert (résumé) sur le site de l’Olympia : http://www.olympiahall.com/hip-hop-reggae/naseer-shamma.h... 

Une note de 2012, quelques indications supplémentaires intéressantes  http://www.mondomix.com/news/naseer-shamma-magnifique-mai... 

Page sur le luth arabe (oud et divers instruments proches), la musique et Constantine. Site de Serge Gilard, dédié à Constantine (ville où il passa son enfance malgré une naissance en France) : http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/laculture/artis... 

Naseer Shamma, titres sur Deezer : http://www.deezer.com/artist/1289598?autoplay=true  

Titres sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=dZN8rd8NpqA&list=RDdZ... 

Sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/x40k0u_naseer-shamma-ira... 

Et au Festival de guitare de Cordoba, Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=IUVRL1It7BQ

22/02/2016

Jean-Paul Kauffmann. Le silence, la solitude, la trace. "Outre-Terre"

OUTRE TERRE.jpgJean-Paul Kauffmann s’intéresse à Napoléon (celui de la fin, de l’exil, du temps d’avant la mort).

Napoléon en « homme désarmé », nu, seul… Dans ce livre de 1998, déjà, et dans celui qui paraît là, « Outre-Terre », sur une bataille obscure dans un lieu difficile et fascinant.

A travers Napoléon, il cerne autre chose, entre son expérience à lui de douleur et catastrophe (de renaissance, ou, comme il le dit, de « cohabitation » avec ce qui fait souffrir).

« Outre-Terre », j’aime ce titre. Il peut désigner un désolant espace. Mais on peut aussi le lire en y voyant la pensée d’une capture d’un paysage entre espace et temps. Une symbolique de nos itinéraires, parfois. 

Napoléon et la bataille d’Eylau, ce n’est pas dans mes thématiques… Par contre l’auteur de « La Maison du retour », écrivain et lecteur, oui, pour ce qu’il dit de sa démarche d’écriture, et de la manière de penser les cataclysmes, et comment les dépasser vers plus de vie (« La Maison du retour »). 

J’ai été accrochée par des citations dans une chronique du JDD (21-02-16), par Marie-Laure Delorme, sur la dernière parution, « Outre-Terre » (mais pas de trace en ligne. dommage). Citations… Celles où l’auteur se révèle, et celle où il cite Napoléon (parlant à Las Cases) : « Il n’y a que deux puissances au monde, le sabre et l’esprit. A la longue, le sabre est toujours battu par l’esprit. ». Espoir… 

LIENS...

Entretien, Jean-Paul Kaufffman, Gallimard. Autour de « La Chambre noire de Longwood » (1998)  http://www.gallimard.fr/catalog/entretiens/01034636.htm 

« Outre-Terre », fiche, éd. des Équateurs, février 2016  http://editionsdesequateurs.fr/aParaitre/Litterature/OUTR... 

Un entretien, La Croix, avec Jean-Claude Raspiengeas (sur le rôle immense de la lecture dans un moment de ravage), 17-01-14 : http://www.la-croix.com/Actualite/France/Otage-pendant-tr... 

Sur « La Maison du retour » (2007), fine chronique en ligne, par Hervé Georgelin, 2011 : http://www.e-litterature.net/publier3/spip/spip.php?page=... 

Fiche wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Kauffmann

21/02/2016

LIRE KAMEL DAOUD, soutien, suite... (Et soutiens...). Note et LIENS...

kamel daoud,daoud,chroniques algériennes,algérie,journalisme,idéologie,islamisme,islamistes,salafistes,islamophobie,intégristes,intégrisme,laïcité,religions,islam,musulmans,identité,peurs,politique,imaginaire,haine,autre,frères musulmans,liberté,pensée,critique,presse,inquisitionJ’ai lu la chronique d’Aziz BenyahiaAlgérie-Focus, publiée le 19-02-16, publiée aussi sur la page Facebook « Chroniques algériennes » sous le même titre  « Notre soutien sans faille avec Kamel Daoud »… (J’ai  posé ma réaction en commentaire sur la page FB).  Voici ce que j’ai écrit : 

Notre soutien doit être sans faille. Oui. Qu'il le soit...! Alors pas de virgules mentales qui rendent la réaction plus que confuse ("faux-pas", "saillie post-coloniale", "intellectuels" signataires, etc.). C’est l’inverse d’un soutien. L'analyse de Kamel Daoud n'est en rien mise en question par l'enquête allemande, et on le savait dès les premières informations. Aucun faux-pas dans sa chronique. (Le faux-pas est celui des signataires de ce texte lâche, et il est aussi celui du journal Le Monde, pas capable, là, de vérifier qui écrit avant d'accepter de publier...). "Saillie post-coloniale"...! Alors qu'il oppose deux visions fantasmatiques, celle d'hommes enfermés dans une perception qui chosifie les femmes (est-ce faux???!!!) et celle d'Européens projetant sur l'Autre, réfugié ou migrant, des peurs liées à la méconnaissance. (Son texte est très clair sur ce point. Les "intellectuels" - qui n'en sont pas vraiment - osent le soupçon d'islamophobie...! C'est ne pas savoir lire, ni le texte qu'ils critiquent ni l'ensemble des chroniques : le contexte d'une pensée est un tout). Ce que combat Kamel Daoud ce n'est certainement pas sa propre culture, dont il ne cesse de dire l'attachement qu'il a pour ce qui constitue son identité, tout ce qui fait l'algérianité. Ce que combat Kamel Daoud, en chroniqueur ouvreur de consciences, ce ne sont que les postures radicales qui piègent les gens en rendant les choix impossibles et en plaçant partout des barbelés mentaux. Ceux qui peuvent se prendre pour des cibles (ayant besoin de réagir contre le chroniqueur : ainsi ce collectif de 19 noms) ne peuvent être que des gens qui confondent islam et islamisme (comme le fait l'extrême droite européenne...). Ou qui sont islamistes. Ou complices-complaisants. Mais quand on lit une tribune on doit se demander (règle de l'énonciation) : "qui parle?", "d'où?", "en s'adressant à qui?".   Le lieu d'où parlent des gens, d'où ils écrivent, est autant fait des titres dont ils s'affublent que des appartenances idéologiques qui les constituent (affichées ou masquées)... Une femme a pris le temps de faire son enquête sur les personnes derrière les noms. Et c'est révélateur… Lire (Sonia), sur sicsic.blog.lemonde, note du 13-02-16. 

J'ai lu « Dis-moi d’où tu écris ». Enquête sur l’identité réelle (idéologique) des signataires de la tribune hostile à Kamel Daoud, masqués sous des titres qui cachent des choix idéologiques et des objectifs. (Le lien ne fonctionne plus).

Entretiens et articles qui permettent de mieux comprendre les enjeux de ce qui se passe dans nos sociétés, en rapport avec la parole possible et impossible, les mots porteurs de sens et les mots manipulateurs… Mais, aussi, les effets de miroir entre des positionnements réactionnaires, extrêmes (ceux qui nient le droit de penser autrement que dans le sillage de leurs interdits : islamistes, religieux radicaux, courants soumis à l’idéologie de l’islam radical, associations gangrenées par les Frères musulmans ou leurs complices complaisants) et des constructions mentales qui empruntent les masques de la fraternité (et parfois même de la laïcité) pour calquer leur langage, leurs constats, et leurs objectifs sur un salafisme  ‘soft’, stratège habile.

Entretien de Kamel Daoud avec Samira Hadj Amar, Le Temps/dz, 17-02-16 (Il parle d’un arrêt des chroniques, d’un repos auquel il pensait même avant l’histoire de la tribune, fatigué par les pressions incessantes. Mais l’arrêt du journalisme ne serait  pas l’arrêt de l’écriture). (Citations : « Ce journaliste, chroniqueur depuis une vingtaine d'années, a enchaîné les prix et les distinctions. En retour, il s'est fait lyncher. Il en parle. » (…) KD : « Cela fait 20 ans que je subis ces pressions. Je suis arrivé au point où chaque fois que je reçois un prix, j'ai peur. Parce que nous sommes arrivés à une situation de sous culture et de paranoïa où  au lieu d'applaudir un algérien qui parvient à décrocher le prix du meilleur journaliste  en France de l'année, on lui tombe dessus. Je ne dis pas que tout le monde est comme ça. Je reçois beaucoup de soutien (…). »

De Kamel Daoud, texte publié dans Chroniques algériennes ( https://www.facebook.com/Chroniques-Algériennes-497977740...  ) , FB, 19-02-16. (Il fait là le diagnostic de ce qui motive les comportements idéologiques, très associés à des frilosités identitaires, des crispations, des obsessions). « Questions fascinantes ». Citations : « D'où vient que certains se sentent menacés dans leur identité, dans leur conviction religieuse, dans leur conception de l'histoire et dans leur mémoire dès que quelqu'un pense autrement qu'eux ? La peur d'être dans l'erreur les poussant donc à imposer l'unanimité et combattre la différence ? De la fragilité des convictions intimes ? De la haine de soi qui passe par la haine de l'Autre ? (…) « Le regard tourné vers ce Nord qui les écrase, les fascine, les rend jaunes de jalousie. Le dos tourné à l'Afrique où l'on meurt quand cela ne les concerne pas: Dieu a créé l'Occident et eux comme couple du monde, le reste c'est des déchets. Il y a des cheikhs et des fatwas pour chaque femme en jupe, mais pas un seul pour nourrir la faim en Somalie. L'abbé Pierre n'est pas un emploi de musulman ?» (…) «… De quoi cela est-il le signe ? Du déni. ») / (Il énumère tous les problèmes divers contre lesquels il y aurait de quoi se révolter et lutter : les misères, violences, souffrances, proches ou lointaines). / « Rien de tout cela ne gêne. Sauf le genou de la femme, l'avis de Kamel Daoud, le film «l'Oranais», dénoncer la solidarité assise et couchée avec la Palestine, l'Occident en général, le bikini en particulier et l'affirmation que je suis Algérien ou le cas d'Israël comme structure des imaginaires morbides. Pourquoi cela existe ? Pourquoi l'âme algérienne est-elle encerclée par une meute de chiens aigus et des ogres pulpeux ?

Entretien d’Alexandre Devecchio avec Laurent Bouvet, professeur de science politique, Le Figaro, 19-02-16. « Cologne, ‘islamophobie’ : ce que révèle l’affaire Kamel Daoud ». Il parle de l’aveuglement et des complaisances : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/19/31003-20160... (Citation :  « Le terme islamophobie sert précisément d'arme à tous ces promoteurs de l'islamisme politique et à leurs alliés. Sous son aspect descriptif d'une réalité qui existe et qui doit être combattue avec vigueur, les paroles et les actes anti-musulmans, il sert avant tout à disqualifier et à mettre en accusation toutes celles et tous ceux qui émettent des critiques contre cet islamisme politique et ses alliés. Et lorsqu'il est déconstruit, avec force, récemment encore par Elisabeth Badinter, ou par Kamel Daoud aujourd'hui, il se trouve toujours des militants zélés ou des idiots utiles de la cause islamiste pour les désigner comme coupables d'être anti-musulmans. / Le terme lui-même n'est parfois même plus interrogé.»

Sur les signataires de la tribune contre Kamel Daoud et sur…Plenel… et l’extrême gauche. « Défendons Kamel Daoud ». Blog :http://in-girum-imus.blogg.org/defendons-kamel-daoud-a125...  (Citations : « Cela nous amène à la question suivante : pourquoi les militants d’extrême-gauche ne soutiennent-ils pas Daoud ? Pourquoi persistent-ils à se produire dans des théâtres avec le propagandiste des Frères Musulmans Tariq Ramadan ? Les Frères Musulmans sont ce qu’il y a de plus rétrograde en terre d’Islam. Mais les gauchistes préfèrent mener la lutte contre cette chimère nommée « islamophobie » plutôt que de lutter contre la pensée religieuse. En ce sens ils rejoignent le camp de la réaction et se situent clairement à droite de l’échiquier politique. » Et, chronique de Kamel Daoud, sur, justement ce soupçon permanent "d'islamophobie" que j'évoque ci-dessus (la tribune hostile, les islamistes contre des pensées critiques). "Le verdict d'islamophobie sert aujourd'hui d'inquisition"  http://www.marianne.net/kamel-daoud-verdict-islamophobie-... 

Lire aussi, de Sara Daniel, "L'islam et la gauche". "KD ne renoncez-pas"  http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160220.OBS5014/l-i...

......

MISE à JOUR, 23-02-16. SOUTIENS. Une note du blog d'Hebib Khalil qui démonte les polémiques hypocrites (et malveillantes) par l'humour. Cela grince, et c'est fait pour provoquer un peu de vraie pensée http://khalilhebib.over-blog.com/2016/02/rapport-maladif-... 

...... Et note du blog de Sérénade Chafik, "Kamel Daoud face à la horde des nouveaux inquisiteurs"  http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... (Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. »)

..... D’un écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, soutien envoyé de Dakar, posé sur son blog et publié par le Courrier international  http://www.courrierinternational.com/article/tribune-kame...

..... Vidéo. Regard philosophique. Raphaël Enthoven  http://www.dailymotion.com/video/x3t1jlu_pourquoi-des-qu-...

....... "Pourquoi Kamel Daoud a raison", par Fawzia Zouari, Jeune Afrque  http://www.jeuneafrique.com/mag/304007/societe/polemique-...

...... "Les nouveaux procureurs de la pensée...?", El Watan, par Hacen Ouali, 22-02-2016. Synthèse remarquable. CITATIONS : « Après l’inquisition des ayatollahs du salafisme d’ici, le procès en islamophobie de la bien-pensance d’ailleurs.Depuis deux ans, le journaliste et romancier Kamel Daoud subit un lynchage religieux et politico-médiatique sans pareil. Presqu’à chaque chronique, chaque phrase prononcée, chaque tribune, il est sommé de s’expliquer. Quand il n’est pas conduit carrément devant le tribunal de la bien-pensante dominante. » (…) « Leur texte…(…) « Truffé de jugements et de procès d’intention. » (…) « A suivre cette logique, en accusant Daoud d’alimenter le fantasme d’islamophobie, les dix-neuf intellectuels ne donnent-ils pas du grain à moudre aux prédicateurs et autres marchands de la mort qui n’attendent que cela pour relancer leurs fatwas ? » (…) « …vont jusqu’à écrire que «Kamel Daoud intervient en tant qu’intellectuel laïque minoritaire dans son pays, en lutte quotidienne contre un puritanisme parfois violent». Voilà une autre thèse chère aux islamistes algériens qui considèrent que la démocratie, la liberté de conscience, l’égalité des sexes, l’émancipation sont des «valeurs étrangères à notre société portées par une minorité occidentalisée». (…) « C’est au nom de cette «déviance» que les Djaout, Mekbel, Liabes, Belkhenchir et des dizaines de journalistes ont été sauvagement assassinés. Vingt-ans avant Charlie Hebdo. » (…) « N’est-il pas du rôle de l’intellectuel de penser à contre-courant, contre lui-même, contre les siens ? En filigrane, cette tribune laisse croire, laisse entendre que l’«indigène» Kamel Daoud n’est pas en mesure de réfléchir, incapable d’intelligence. » (…) « Comme toutes les autres, la société algérienne a plus que jamais besoin des Kamel Daoud pour mieux disséquer les maux qui la traversent et malmener des certitudes mortifères. »)

...... "Du silence coupable contre Kamel Daoud", par Sophie Bélaïch, Huffingtsonpost, 24-02-16  http://www.huffingtonpost.fr/sophie-belaich/kamel-daoud-i... (Citations : « Quelle argumentation (elle s’adresse aux auteurs de la tribune haineuse). Depuis quand le fait d'être minoritaire serait-il synonyme d'avoir tort? Et s'il est si minoritaire, pourquoi prenez-vous alors le temps de vous réunir et de vous mettre d'accord, ensemble, sur un texte commun, pour le jeter ainsi à la vindicte populaire? Curieux, curieux, très curieux. » (…) « Cette tribune est loin d'être anecdotique. En visant Kamel Daoud, nous sommes tous en ligne de mire. » (…) « Il y a un réel problème si on ne lit pas clairement la bienveillance dans les écrits de Kamel Daoud, à travers ses dénonciations. On veut ainsi "tuer le messager". Essayer d'"annuler" le message en tentant de tuer intellectuellement le messager. C'est une erreur intellectuelle grave qui relève d'une forme de négationnisme. » (…) « Vive les esprits éclairés et vive l'Islam des Lumières. » (…) « Kamel Daoud, vous dérangez des prétendus bien-pensants malveillants qui se croient de gauche, mais qui encouragent clairement l'islamisme, qui en prennent une part de responsabilité. »)

...... Mise à jour 25-02-16 : « Kamel Daoud, la meute et les lâches », par Etienne Gernelle, Le Point/Afrique, 22-02-16  http://afrique.lepoint.fr/actualites/etienne-gernelle-kam...  (Citation : « C’est bien là le fardeau de Kamel Daoud : devoir supporter en Algérie les fanatiques de la religion et en France les imbéciles gaucho-régressifs, qui, révélant au passage des préjugés déterministes douteux, tentent de l'enfermer dans une case. Comme s'il leur était insupportable qu'un Algérien fût laïque et libre de sa pensée. »)

..... « Retour sur la ‘polémique Kamel Daoud’ en trois questions » (ou le point sur... ce qui est dénoncé car mal lu, sur ceux qui critiquent pour avoir mal lu, et sur ceux qui, sachant lire, le défendent…). Jeune Afrique, 25-02-16, par Rebecca Chaouch   http://www.jeuneafrique.com/305399/societe/retour-polemiq...

16/02/2016

KAMEL DAOUD, voix essentielle, grande conscience. Polémiques destructrices causées par des censeurs...

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Que ce soit dans Le Quotidien d'Oran (cf. illustration), ou que ce soit sur d'autres supports, on lit... pour plus de lucidité, pour un miroir qui nous renvoie des questions souvent douloureuses. Pour plus d'être. Voir ici ses chroniques reprises sur djazairess.com : http://www.djazairess.com/fr/author/Kamel+Daoud

 .

Choquée en lisant dans Le Monde une tribune hostile (agressive, violente, fermée), et attristée en lisant sa réaction, car on y lisait la lassitude de l’auteur devant l’incompréhension malveillante, j’ai posé un commentaire au post publié, m’adressant à lui, comme d’autres internautes, lecteurs. Puis j’ai repris ce commentaire, tel que, en le modifiant à peine, juste en l’adaptant aux destinataires. (mediateur@lemonde.fr et courrier-des-lecteurs@lemonde.fr). Faire passer le message au journal. J’ai précisé que j’en faisais une copie sur mon blog. 

Et c’est ceci : « Tristesse, immense, en lisant la tribune contre Kamel Daoud (sans aucun commentaire du Monde, qui n’aurait pas dû publier cela…). Et tristesse immense en lisant la chronique de Kamel Daoud, où la lassitude est telle devant toutes ces attaques que celui qui a été primé meilleur journaliste (mais est aussi la cible d’une menace de mort)  serait prêt à tout arrêter. On a tous besoin de grandes consciences. Et il en est une, majeure. Il est un des grands esprits algériens, qui fait honneur à la fois à ce pays, à la francophonie, et à l'humanité libre de penser. Ceux qui ont signé cette abjecte tribune (qui se disent intellectuels, affichant leurs titres, mais qui apparemment ne savent pas lire puisqu'ils n'ont rien compris) sont les complices objectifs des intégristes. (Et le Monde avec eux, en leu donnant cet espace). C’est grave d’'avoir accepté de publier cette infamie signée à plusieurs. Nous sommes dans une période où les aveugles et les complaisants règnent. Nous devons tous nous dresser, chacun comme il le peut, contre l'obscurantisme (et tous ses visages) : écrivains, blogueurs, poètes, artistes. En signant. ll y a bien plus de gens qui le lisent et le soutiennent que de gens comme ces auteurs d'une lâche tribune, ces infirmes de la pensée. Ils ont fait une faute grave. "Toute l'eau de la mer ne suffirait pas à laver une tâche de sang intellectuelle" a écrit Lautréamont. La leur ne sera lavée par rien, sauf par l'aveu de leur ignorance et de leur faillite idéologique. Et celle du Monde? »

….

Donc, je reprends ici les textes de Kamel Daoud. Et deux réactions (de deux femmes) qui s’opposent aux censeurs « bien-pensants »… 

La chronique de Kamel Daoud, suite aux attaques ignobles (tribune parue dans Le Monde, après la sienne, et déformant le sens de ce qu’il disait). « Lettre à un ami étranger » : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224963  

CITATION : « J'ai longtemps écrit avec le même esprit qui ne s'encombre pas des avis d'autrui quand ils sont dominants. Cela m'a donné une liberté de ton, un style peut-être mais aussi une liberté qui était insolence et irresponsabilité ou audace. Ou même naïveté. Certains aimaient cela, d'autres ne pouvaient l'accepter. J'ai taquiné les radicalités et j'ai essayé de défendre ma liberté face aux clichés dont j'avais horreur. J'ai essayé aussi de penser. Par l'article de presse ou la littérature. Pas seulement parce que je voulais réussir mais aussi parce que j'avais la terreur de vivre une vie sans sens. Le journalisme en Algérie, durant les années dures, m'avait assuré de vivre la métaphore de l'écrit, le mythe de l'expérience. J'ai donc écrit souvent, trop, avec fureur, colère et amusement. J'ai dit ce que je pensais du sort de la femme dans mon pays, de la liberté, de la religion et d'autres grandes questions qui peuvent nous mener à la conscience ou à l'abdication et l'intégrisme. Selon nos buts dans la vie. /  Sauf qu'aujourd'hui, avec le succès médiatique, j'ai fini par comprendre deux ou trois choses. / D'abord que nous vivons désormais une époque de sommations. » Suite sur la page du journal…

La chronique précédente qui a déclenché les foudres des censeurs autosatisfaits. Kamel Daoud montrait le double jeu de renvois fantasmatiques, pour démonter les pièges idéologiques, tout en affrontant les questions, refusant le déni de réalité  (des uns) et les projections racistes (des autres). « Cologne, lieu de fantasmes », Le Monde, 31-01-16  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/31/cologne-li... 

Il a publié aussi une réflexion sur la sexualité et le rapport aux femmes, NYTimes, 14-02-16, « La misère sexuelle du monde arabe ». (Refuser les tabous, regarder en face les situations, causes et conséquences). Texte en français : http://www.nytimes.com/2016/02/14/opinion/sunday/la-miser... 

Un autre texte de Kamel Daoud me semble important, dans ce débat. Car c’est bien la question du sujet de la conscience qui est en jeu ici. On veut enfermer l’auteur dans des silences exigés par le « nous », la communauté, l’appartenance figée, et lui interdire la pensée du « je ». (Alors que, comme l’inscrit la blogueuse en exergue, nous sommes pluriels, et que comme l’analysent Amin Maalouf et Amartya Sen dans leurs livres, nos identités ramenées à des singularités obligatoires sont des prisons.)

Ce texte est celui-ci, "Le procès permanent du 'je' par le 'nous'" : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224664 (Citations : « Le crime est celui d'avoir donné de l'encre à la voix ou d'avoir écrit ce que chacun dit. Le crime est la dénonciation de l'entre-nous, la transgression du murmure clandestin de sa propre culture. Le crime est la voix et le porte-voix. /  Et cela vous use. /Sous l'inquisition d'un Occident en pleine errance d'âme, qui essaye de trouver en vous le chamane de ses angoisses, le témoin de ses convictions peureuses et la preuve de ses théories sur l'Autre. / Sous l'inquisition des siens qui vous lapident pour votre singularité, ne comprennent pas le ‘je’  dans l'étable du ‘nous’ dominant, ne s'expliquent pas votre vision sauf sous l'angle de l'alimentaire, ne peuvent voir plus loin que la théorie du complot et la salive de l'âge d'or mort et enterré. / Piégé, sommé, obligé, repoussé, brûlé, incompris et soupçonné ou trop coloré et aromatisé comme un exotisme trop convenant. / Texte tarifé ou sommation du groupe. » (…) « C'est alors que l'épuisement guette la clairvoyance. ».

Et j'ajoute ce lien, sa réflexion sur les fascismes, entretien, dans Le Devoir  http://www.ledevoir.com/culture/livres/456378/tous-les-fa... 

...

La chronique sur Cologne a donc déclenché l’hostilité de gens se déclarant anthropologues, historiens, sociologues (cela ne donne pas une bonne idée de ce que peuvent être ces sciences humaines dans les mains de tels signataires…). Leur texte : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/11/les-fantas... (MISE à JOUR, 23-02-16. Mais QUI sont-ils vraiment? Lire cette note sur l'identité idéologique des signataires en question... http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. ») 

Voici une réaction à cette tribune hostile à Kamel Daoud. Par une juriste, Soraya Addi, qui insiste aussi sur le ridicule d’un chroniqueur condescendant qui s’exprime dans Algérie-Focus, pour défendre, en fait, la loi du silence et critiquer Kamel Daoud). Nouvel Obs, LePlus: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1482058-kamel-da...  (CITATION / « Que l'on soit d'accord ou non avec les articles "Cologne : lieu de fantasmes" et "La misère sexuelle du monde arabe", on ne peut nier que Kamel Daoud a permis, dans un éclat international, d'ouvrir le débat sur un sujet enfermé dans un silence de plomb et qui ne pouvait être abordé qu'à l’extérieur du monde musulman mais qui, grâce à sa traduction en arabe par le "New York Times", atteindra le premier public concerné. Car il est nécessaire que les sociétés musulmanes modérées prennent conscience du profond malaise que génère le tabou du sexe afin de combattre les clichés dévastateurs propagés par les islamistes. Et ni la peur de l’islamophobie occidentale, ni la honte du regard extérieur posé sur les souffrances du monde arabe ne devraient être des obstacles à ce combat. ») 

Une autre réaction, une femme encore, une blogueuse qui met en exergue de son blog ses identités plurielles : « La dangereuse guerre du silence faite à Kamel Daoud sur la terre de la liberté d’expression » : https://journaldunebougnouleeclairee.wordpress.com/2016/0...  (CITATIONS :  « Chers Mesdames et Messieurs les anthropologues, historiens et sociologues bien-pensants, permettez-moi tout d’abord de vous dire que vous avez tort. En tant que femme, musulmane, française de naissance, algérienne ayant vécu une décennie en Algérie, permettez-moi de vous dire que vous avez tort. L’islamophobie que vous devriez combattre n’est pas celle de Kamel Daoud mais la vôtre. En effet dans son premier texte, comme dans le second publié par le New York Times « The sexual misery of the Arab World », M. Daoud ne blâme pas l’Islam pour le rapport malsain des musulmans au sexe, mais l’Islamisme. Or dans votre lecture hâtive vous avez fini par assimiler ces deux très différentes notions, et c’est cela l’Islamophobie. » (…) « La France est un pays qui n’aime pas les tabous, et pourtant ici comme ailleurs, il y a culturellement des choses qui se ne disent pas. Or dire que le monde musulman a un rapport malsain au sexe n’a rien de choquant, certaines femmes sont cachées sous des draps sombres, il n’y a pas de preuve plus criante que cela. C’est un appel nécessaire qui aspire à un changement aujourd’hui vital. »)

 

06/02/2016

LAÏCITÉ... sans adjectifs, mais en débat.

Débat houleux, ces derniers temps. Et faits inquiétants, parallèlement.

Cela rend nécessaire le retour sur des articles récents (polémiques, heurts, malentendus ou hypocrisies) et sur des textes récents et plus anciens, qui donnent des outils pour la  réflexion.

Le débat oppose la ligne de Jean Glavany, par exemple, d’un côté, et de Jean-Louis Bianco (qui, en arrivant à la direction de L’Observatoire de la laïcité, disait qu’il n’y avait pas en France de problème de laïcité…). Le Parisien publiait le 23-01-16 un entretien avec chacun d’eux. On pourra lire l’introduction, qui résume un peu la problématique : http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/la-laicite-e... ((Jean Glavany rappelait cette déclaration de JL Bianco, en réfutant sa véracité, et refusait aussi le fait qu’on ajoute à la notion de laïcité des adjectifs qui la réduisent. « A chaque fois que l’on accole un adjectif au mot de « laïcité » c’est que, en fait, on la combat. » (…) « Je ne connais pas plus de laïcité pure et dure que de laïcité impure et molle. Je connais la laïcité tout court. Ceux qui se disent laïques et qui stigmatisent une religion, quelle qu’elle soit, ne sont pas des laïques. C’est tout. La laïcité n’est pas antireligieuse : elle a fait la paix avec les religions et combat les intégrismes. »—-  Jean-Louis Bianco, lui, réfutait les critiques qu’on adresse à l’Observatoire de la laïcité, considérant qu’il manifeste un recul de l’exigence laïque et des complaisances devant les dérives intégristes. Il rappelait, pour répondre à cela, l’arsenal juridique et les publications de l’Observatoire… Mais s’il reconnaissait des tensions dans les hôpitaux il ne mentionnait pas les faits dérangeants signalés par des travailleurs (cf., à la RATP, des chauffeurs refusant de s’asseoir sur un siège occupé précédemment par une femme, ou, ailleurs, des hommes refusant de serrer les mains d’une femme… comme on l’a vu récemment avec le comportement d’un responsable associatif - de BarakaCity - dans une émission de télévision). Il disait trouver la polémique sur le mot ‘islamophobie’ inutile (sans préciser dans quel sens : car on peut considérer le concept nécessaire pour dénoncer paroles ou faits contre les musulmans en général, ou y voir au contraire une manière de refuser toute critique rationnelle de l’islam, comme on peut faire une critique rationnelle de toute religion ou croyance, même athée…). Il notait que « Certains, notamment à l’extrême droite, instrumentalisent le principe de laïcité pour en faire une arme antimusulmans. » 

Les raisons du malaise des laïques au sujet de l’Observatoire de la laïcité sont analysées dans la tribune de Caroline Fourest dans Le Monde du 21-01-16 (lecture partielle en ligne). Gêne, est-il rappelé, quand on voit des signataires s’associer - dans un appel d’union - au rappeur Médine qui chante « crucifions les laïcards » (les laïcards étant les laïques pour les intégristes). Malaise, aussi, quand on voit Nicolas Cadène, le numéro 2 de l’Observatoire, participer à la campagne du CCIF contre Elisabeth Badinter - qui n’a jamais fait l’apologie de la haine des musulmans, elle qui a toute sa vie lutté contre tout racisme, mais qui a simplement dit qu’il fallait être capable de défendre la laïcité « sans avoir peur d’être traité d’islamophobe »… ce qui est très différent : cela signifie qu’il ne faut pas tomber dans le piège de ceux qui voient de l’islamophobie partout, dès qu’on refuse l’intégrisme ou les dérives idéologiques au nom de la religion. Lien :  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/21/pourquoi-j... 

Marianne (que JL Bianco n’apprécie pas) a rappelé le contenu de ces attaques déformant la parole d’Elisabeth Badinter http://www.marianne.net/elisabeth-badinter-mauvaise-consc...

Dans cet entretien de PhiloMag avec Elisabeth Badinter, la question du rapport au féminin est abordée d’abord, son itinéraire intellectuel, des thèses diverses, puis vient la question sur la laïcité et l’entretien développe alors des thèmes qui lui sont associés (« Il y a une terrible pression du fanatisme dans nombre de banlieues. Je m’y rends régulièrement. ») : « Elisabeth Badinter : ‘Résister à la pression du fanatisme’ » :  http://www.philomag.com/les-idees/entretiens/elisabeth-ba...

Le conflit sur la laïcitéPrécisions au sujet d’une pétition (JL Bianco), ProChoixhttp://www.prochoix.org/wordpress/?p=758

Du côté du judaïsme, voici une parole de sagesse, paisible et claire : Delphine Horvilleur, rabbin libéral, sur religion et laïcité (kippa etc.) : http://www.cclj.be/node/8971

Dans une revue d’anthropologie algérienne on trouve cette réflexion, par Mohammad Abid Al-Jâbirî (ample) sur la notion de laïcité en relation avec la pensée en islam. (Mais elle ne concerne que les pays musulmans, ne peut s’appliquer à notre société et à nos structures - cependant c’est éclairant sur le rapport au terme 'laïcité', en fonction des réalités liées à l’islam qui n’a pas d’Eglise à séparer de l’Etat, mais des autorités religieuses qui interfèrent sur les droits sociaux et la pensée…) : http://insaniyat.revues.org/7974 

Plus adapté à notre réalité est cette tribune parue fin 2014 mais toujours valable. Défense argumentée de la laïcité par un penseur de culture musulmane, Al Quds Al-Arabi http://www.courrierinternational.com/article/2014/11/13/l... (Alors que j’ai vu une tribune parue sur Saphirnews - et dont je n’ai aucune envie de mettre le lien, pas de pub pour ça ici - d’un universitaire non musulman, qui relie laïcité et ‘islamophobie’, comme si la laïcité était une arme de haine. D’un côté des musulmans laïques - mais qui peuvent être croyants - et d’un autre des ennemis de la laïcité, par pure complaisance, ou ce qu’on appelle « idiots utiles de l’islamisme ». Car il ne faut pas confondre musulmans et islamistes, que ces esprits hostiles à la laïcité confondent, eux, croyant défendre les musulmans dans leur ensemble en défendant les intégristes, et en calquant sur eux leur refus de la laïcité.)

A lire aussi cet entretien avec un imam de banlieue, Mohamed Bajrafil (à Ivry-sur-Seine) originaire des Comores, Le Monde des Religions - dont une question pose problème par l’emploi du mot « laïcards » sans que soit fait un quelconque lien avec des positions extrêmes de laïques (athées militants?). Mais les réponses de l’imam sont éclairantes et assez nuancées : http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/mohamed-bajra... 

Judaïsme et laïcité. Etude de Gérard Fellous (intègre des éléments historiques, une analyse des faits sociaux et religieux), 2014 : http://gerardfellous.com/la-laicite-francaise-lattachemen... 

Trois conceptions juives de la laïcité. Entretiens qui datent de 2003, mais sont fort intéressants et restent très actuels : Philippe Haddad, rabbin (qui met l’accent sur l’acceptation du pacte républicain, mais associe laïcité et rupture avec la croyance - ce qui n’est pas la réalité de tous les laïques, certains étant incroyants d’autres pouvant même être des mystiques, mais c’est sa perception…)—— Philippe Lazar, Président du Cercle Gaston-Crémieux (qui se réfère à la séparation de l’Eglise et de l’Etat, mais élargit cela à une évolution vers une culture diasporique où la culture de tous enrichit chacun, où l’appartenance culturelle ne s’oppose pas au respect laïc de la diversité partagée). Et David Susskind, cofondateur du Centre communautaire laïc  juif de Bruxelles (La réalité de la guerre et de la Shoah a modifié son regard sur la foi, mais donné une autre dimension au fait d’être Juif. Maintenir la culture et l’étude des textes, reconnaître la judéité en celui qui se considère Juif, même s’il est incroyant. Transmission d’une culture et d’un humanisme nourri des textes du judaïsme. Au-delà du religieux.) : http://www.claudefaber.net/presse/juif-laic.html 

Un dialogue sur christianisme, islam et laïcité, Abdennour Bidar et Fabrice Hadjadj (tout n’est pas lisible mais le début, avec des remarques à retenir, et suivent des liens vers des articles complémentaires), Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/06/05/31003-20150... 

Le protestantisme a vu dans les lois laïques une chance de liberté, pas une menace. texte de Janine Kohler, qui fait une synthèse claire, 1989. A lire avec la pensée des faits actuels… Mise en valeur de la notion de liberté de conscience. (… « Les idées laïques rencontraient les valeurs protestantes, notamment en ce qui concerne l'importance donnée à l'individu, à sa liberté de conscience, à son esprit critique. Pour la laïcité, comme pour le protestantisme, le but de l'éducation est de former un individu autonome, capable de faire seul ses choix et d'exercer sa raison. » (…) « Nous vivons une laïcité qui n'est pas un obstacle à la spiritualité. Nous croyons que la religion peut être facteur d'identité, sans être instrument de guerre ou d'agressivité. Seul l'appauvrissement culturel favorise l'intolérance. La laïcité nous apparaît comme un gage de démocratie. Pour les protestants cette notion reste liée à l'histoire de leurs libertés. Elle affirme que chacun, quelle que soit son origine sociale, ethnique, spirituelle, a sa place dans la communauté des hommes. » : http://www.protestants.org/?id=2027

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Mise à jour, quelques heures après, et quelques articles lus depuis… Communautarisme contre toute ‘parole dissidente’ (article du Monde) et contre les valeurs laïques…

Amine El Khatmi a subi un lynchage virtuel pour avoir affirmé une exigence républicaine, en musulman croyant et pratiquant, élu PS, qui avait été choqué, en regardant une émission, par l’agressivité grossière d’une femme ‘au discours communautarisme militant’ (Le Monde)...

Le Figaro présente les faits, les relie, donne des liens complémentaires  http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/01/29/31003-20160... 

Le Monde fait, au sujet d'Amine El Khatmi, une analyse approfondie du phénomène des réseaux ciblant des personnes dans l’univers de Twitter ou Facebook. (Tout n’est pas lisible, dommage car les lenteurs du PS - qui ne réagit que tard et peu - sont présentées  précisément, ce qui montre bien cette difficulté idéologique du PS à penser la laïcité, et cette frilosité inquiétante d’un parti à s’interroger sur le lien entre le religieux et le politique) : http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/02/06/le-col... 

Marianne le soutient : http://www.marianne.net/amine-el-khatmi-resistant-laicite... 

 Gilles Clavreul, attaques contre lui, aussi, et regard, ici, sur ses positions réelles, Le Figaro  http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/12/17/31003-20151... 

Il faudra lire le livre de Jean Birnbaum, « Un silence religieux. La gauche face au djihadisme » (Seuil). Car l’intégrisme fait le lit du djihadisme et ceux qui l’affrontent, musulmans critiques principalement, sont sacrifiés sur l’autel de la complaisance lâche. Ce qui libère un espace d'expression (de propagande) tant pour les fondamentalistes que pour l'extrême droite, son instrumentalisation mensongère de la laïcité.

Un exemple de difficulté (choix faits en fonction d'une conception "ouverte" de la laïcité, avec adjectif donc)... Accommodements problématiques et flou (de l’ODL, Observatoire de la laïcité ) sur la notion de  prosélytisme : où commence-t-il, ou pas?  http://www.ufal.org/laicite/laicite-a-lhopital-public-de-...

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RESSOURCES pour la LAÏCITÉ. SITES associatifs, BLOGS...et leurs liens (+ livres, dossiers, revues, textes, bibliographie, citation...).

CLR. Comité Laïcité République (avec, notamment, une bonne revue de presse bien actualisée) : http://www.laicite-republique.org/#&panel1-2 

LaïcArt.orghttp://laicart.org 

Obs. islam radical. IKHWANhttp://www.ikhwan.whoswho 

UFALhttp://www.ufal.org 

ProChoix. Veille/intégrismes : http://www.prochoix.org/wordpress/

FCI. Femmes contre les intégrismeshttp://www.fci-asso.org

CCLJ. Juifs laïques : http://www.cclj.be 

RAJEL. Judaïsme laïquehttp://www.rajel.eu 

Daniel Horowitz, « La Laïcité à la juive » https://blogs.mediapart.fr/daniel-horowitz/blog/150612/la... 

ISLAM laïque, blog : http://islamlaique.canalblog.com 

IQBAL. Pensée critique/créatrice en islamhttp://iqbal.hypotheses.org 

NSAE. Chrétiens laïques, réseau : http://nsae.fr 

BLOG (laïcité, protestantisme évangélique). Sébastien Fath http://www.laicite-republique.org/#&panel1-2 

Regard protestant sur la laïcité. Oratoire du Louvre http://blog.oratoiredulouvre.fr/2014/06/un-regard-protest...

Réponse à un message hostile, sur l’islam laïque. Par Michel Hilal Renard (et réfs. livres)  http://islamlaique.canalblog.com/archives/2014/07/03/3019...

Juifs, Français, Laïcs. Analysehttp://www.revues-plurielles.org/_uploads/pdf/9_6_7.pdf

Voir aussi les BLOGS de Leïla Babès, Jacques Benillouche, Caroline Fourest, Mohamed Louizi (2 blogs), Nadia Geerts, Daniel Horowitz… Etc. Pour diverses notes. Et des sites personnels, comme celui de Chahla Chafiq (ses livres, articles, interventions), ou les billets de Sérénade Chafik, sur HuffingtonPost... (LISTE "Laïcité", marge droite).

Et consulter le site de Religions pour la paix (voir les conférences prévues, l’appel 2014 des 110, signable au-delà, et les éditoriaux de Ghaleb Bencheikh). Options de dialogue, dans le sens d’une citoyenneté laïque : http://www.religionspourlapaix.org

Cahiers de l'islam, REVUE. Philo/religion http://www.lescahiersdelislam.fr 

Revue ÉTUDES. DOSSIER LAÏCITÉhttps://www.revue-etudes.com/archive/report/index.php?cod...

DOSSIER de l’Agora :http://agora.qc.ca/dossiers/Laicite

PHILO MAG. DOSSIER. Contre le fanatisme (doute et raison…) http://www.philomag.com/les-idees/dossiers/guide-dautodef...

PHILO. Point de vue d'un philosophe égyptien, Mourad Wahba. "Pas de démocratie sans laïcité"  http://www.memri.fr/2016/02/12/le-philosophe-egyptien-mou... 

Presse :FRÈRES musulmans et BELGIQUE otage : http://laicite-revue-de-presse.fr/?p=4176  ET... VOILEhttp://laicite-revue-de-presse.fr/?p=7130

Laïcité. Fondements juridiques  http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/d000095-l...

Manifeste (« Pour une spiritualité laïque et universelle ») : http://www.unisson06.org/manifeste_unisson.htm

CITATION : « La laïcité constitue le cadre qui rend possible la manifestation de la diversité sans morcellement communautariste de l'espace civique, préservé à la fois comme fondement de paix et comme horizon d’universalité. » Henri Pena-Ruiz, phrase en exergue sur le site unisson06.org (Spiritualité laïque).

Fractures, deux conceptions de la laïcité. « Pour le sociologue Philippe d'Iribarne, la notion de «laïcité ouverte» est spécieuse et équivaut à une démission de l'État face aux islamistes. » : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/08/31003-20160... 

ENTRETIEN.Rachid Ahrab. « Laïcité, islam, intégration... On est dans la dictature de l’urgence » http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160126.OBS3425/l... 

ENTRETIEN. Sérénade Chafik. « Femmes et islam. A qui appartient le corps des femmes?» http://yaelmellul.livehost.fr/2015/12/23/femmes-et-islam-...

LIVRE. La marque du sacré, JP Dupuy : http://www.carnetsnord.fr/titre/la-marque-du-sacre 

LIVRE. Dialogue, trois regards (dont place des religions dans Etat laïc), « Les Enfants d’Abraham » http://www.fraternite-dabraham.com/les-enfants-dabraham-u...

LIVRE. « En finir avec la tolérance? Différences religieuses et rêve andalou », d’Adrien Candiard, éd. PUF, 2014. Excellente recension, par Bertrand Wallon, sur ‘Chrétiens de la Méditerranée’ : http://bit.ly/1VZhF6f  

LIVRE. Islam et laïcité : http://www.memoire-mediterranee.com/index.php?p=phom&...

LIVRE. « Femmes sous le voile face à la loi islamique », de Chahla Chafiq et Farhad Khosrokhavar, éd. Le Félin, 1995 : http://bit.ly/1oYQ7De 

LIVRE, synthèse… « Je ne suis pas Diam’s », de Fawzia Zouari , éd. Stock, sept. 2015 : http://www.editions-stock.fr/je-ne-suis-pas-diams-9782234... 

TEXTE, Jean Jaurès, « La laïcité par légitime défense » : http://www.jaures.eu/ressources/de_jaures/la-laicite-par-...  (Voir aussi à TEXTES et DOCS, liste "Laïcité", marge droite)

BIBLIOGRAPHIE (ample) : http://www.cairn.info/histoire-de-la-laicite-en-france--9... 

TEXTES de référence et vocabulaire : http://www.institut-jacquescartier.fr/2010/10/la-laicite-...   ET… http://abo.marianne.net/hors-series/hs-les-textes-laicite...

Et…documents, ODL.gouv : http://www.gouvernement.fr/documents-de-l-observatoire-de...

31/01/2016

"CHOCOLAT", être et film. Sagesses d'Omar SY...

FILM CHOCO.jpgA la journaliste Fatou Biramah critiquant le film sur Africa n°1 (elle refusait cette image de Noirs clowns, Africains clowns : « On en a marre d’être des clowns »), Omar Sy répond : « Je ne me laisserai pas emprisonner par ce genre de discours. Etre artiste c’est être libre. Chocolat se perd quand il perd sa liberté. Je suis un comique et j’en suis fier. Je n’ai pas à me demander si j’ai le droit d’incarner tel personnage parce qu’ « on » en a marre d’être ceci ou cela. Pour moi, il n’y a pas de « on », il y a « je ». Je pense que c’est le « on » qui fait que la France est dans cette situation particulière. Il faut qu’on arrête de penser à nos modèles en terme de couleur ou de religion, sinon on fait le jeu des deux extrêmes qui tuent notre pays. Nous sommes des Français. Dans les modèles que j’avais dans mon enfance il n’y a pas que des Noirs, et heureusement, sinon je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui. Il faut qu’on arrête avec ça. Aujourd’hui, pour modèles, nos jeunes n’ont le choix  qu’entre les footballeurs, Omar Sy ou Teddy Riner. Pourquoi pas Jean Dujardin? Dans mon salon j’ai une photo de Belmondo qui est un modèle pour moi. » 

Omar Sy explique dans le JDD qu’il a changé de registre (gravité du sujet et rôle du corps autre) avec le désir de réhabiliter la mémoire de Chocolat, qui connut la célébrité puis fut oublié, sauf par son biographe (et sauf, maintenant, par le metteur en scène et les acteurs, puis les spectateurs du film - qui sort le 3 février). L’esclavage, le racisme, un destin d’artiste, une vie personnelle : beaucoup d’éléments se mêlent. 

Ce qui est particulièrement intéressant, pour moi, dans la démarche de l’acteur, c’est ce qu’il dit (ci-dessus) pour répondre à une critique. Et répondant ainsi personnellement, il va bien au-delà, car il touche le coeur des problèmes de l’actualité. Ce « on » dans lequel tous s’enferment, qui dilue le « je » de la conscience, du sujet libre, dans un clan idéologique, identitaire (religieux ou ethnique), sans recul. Heurts communautaires, tentations intégristes… Pour se libérer de ces entraves il faut échapper aux pressions du « on ». La critique d’Africa n°1 affrontait le sujet du « je » d’Omar Sy en l'opposant au « on » d’appartenance : « les » Noirs, « les » Africains, refusant le sujet qui pourtant parle d’un être qui fut. Omar Sy répond avec l’affirmation de son choix personnel, juste le sien, en conscience libre. Leçon qui est à entendre par tous. Englués dans nos appartenances rendues plus singulières qu’elles ne le sont, dans nos identités dont on ne veut pas voir la réalité plurielle (englués y compris par les regards hostiles, l’ostracisme, les préjugés des uns sur les autres) nous sommes piégés émotionnellement. Solution? Pas facile, mais nécessaire. Courage de déplaire dans ce qu’on affirme. Courage d’assumer des contradictions.

Omar Sy incarne Chocolat dans le film de Roschdy Zem, Le Point, 30-01-2016 : http://www.lepoint.fr/cinema/omar-sy-chocolat-c-est-moi-3... (Citation : « Si Chocolat est drôle dans ses numéros, le destin tragique de cet amuseur qui se rêve en comédien shakespearien, victime du racisme de son époque, entraîne aussi Omar Sy dans une dimension de jeu beaucoup plus grave. »)

Fiche Allo Ciné (synopsis, entretiens, bande-annonce) : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=217656.html  

Le clown Chocolat (1868-1917), aux divers noms et au destin entre tragédie et succès, succès et échecs (échapper au ‘comique’ ne lui fut pas possible). Nouvel Obs : http://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20160129.OBS3620/... 

Le film romance l’histoire, l’aménage (dit Jeune Afrique). Pour la rendre plus vraie encore, pour rendre un son juste et faire comprendre les réalités de cette vie et de ce temps, certainement. Mais pour savoir vraiment ce qui est authentique il faudra lire la biographie de Gérard Noiriel, qui fait le récit de cette vie et qui a servi de support à l’acteur pour saisir les vérités de Rafaël Padilla, dit Chocolat :  http://www.jeuneafrique.com/298126/culture/cinema-ce-qui-... 

Sur le livre. Entretien avec Gérard Noiriel (et la question de l’identité : « Nous sommes tous le produit de multiples critères identitaires qui fonctionnent le plus souvent comme des identités latentes. »). Libération : http://next.liberation.fr/livres/2016/01/06/gerard-noirie... 

Le livre de Gérard Noiriel : "Chocolat. La véritable histoire d'un homme sans nom", éd. Bayard (602p.) 

22/01/2016

Papusza, poétesse tzigane. Citation, et lien vers un texte et une présentation...

Poème de Bronislawa Wajs (1908-1987), appelée Papusza, poétesse tzigane. Texte écrit pendant le génocide nazi. Présentation (note du site) à partir de la communication de Jean-Yves Potel en 2011 (colloque, 2011).

CITATION

« Mais terre, tu es en larmes !

criblée par la douleur.

Mais terre, ton rêve pleure ! »

LIENhttps://peuplenature.wordpress.com/2015/06/09/36/

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Voir aussi : Etudes tsiganes  http://www.etudestsiganes.asso.fr/numero/vol48-49.html 

Dépêches tsiganes (sur revue et film)  http://www.depechestsiganes.fr/un-film-et-une-revue-consa... 

Emission, France Culturehttp://www.franceculture.fr/emission-sur-les-docks-papusz...

20/01/2016

Deux fois le féminin pour interroger le rapport au religieux et à la société...

Les communautés qui affrontent le plus d’hostilité actuellement sont les Juifs et les Musulmans, en France. L’antisémitisme a des effets plus dramatiques car il entraîne l’adhésion à des idéologies meurtrières, mais les agressions contre les musulmans ont triplé, d'après les dernières statistiques. Cependant, malgré cela, les actes antisémites sont deux fois plus nombreux, 806 dénombrés en 2015, pour 400 actes antimusulmans (actes dont le nombre est contesté par certains* quand des associations spécifiques intègrent à cela des réactions à des pratiques discutables ou à des discours de haine : expulsions d'imams qui se mettent hors la loi). Les uns et les autres subissent des stigmatisations d’une sorte ou d’une autre. Cela interroge le rapport des individus à l’idéologie, et à la religion, quand elle devient soit le prétexte à se faire haïr ou tuer soit le prétexte pour haïr et tuer. Poser les bonnes questions et trouver des éléments de réponse, cela dépasse de loin le seul débat intellectuel mais devient une question de survie. « Sauver » est le terme qu’utilisent les mères de la Brigade des mères. Résoudre les conflits, y compris celui qui oppose Israéliens et Palestiniens et entraîne souffrances et morts, c’est un des thèmes de la réflexion de Delphine Horvilleur, qui rappelle l’assassinat de Yitzhak Rabin.

* (cf. une tribune d'Eric Conan, dans Marianne du 15 au 21 janvier, qui traite de la laïcité et de la polémique déclenchée par un interview d'Elisabeth Badinter, qui posait la question de la nécessité de pouvoir critiquer toutes les religions, islam compris - alors que le mot "islamophobie" est souvent utilisé pour faire barrage à tout questionnement...)

Voilà ce qu’écrivent en tête de leur site des femmes musulmanes, antiracistes, et désireuses de sortir des pièges de la victimisation ou de la radicalisation : « Nous sommes toutes Mères et françaises. Nous allons lancer des ponts de la connaissance entre les banlieues et les centres villes, entre Paris et Sevran, et créer l’Ecole de la République des Mères. Nous voulons que les lois de la République soient appliquées pour sauver les Mères et les enfants. Nous sommes contre la Radicalisation, l’Islamophobie, L’Antisémitisme, la Victimisation, le clientélisme. C’est terminé. » Nadia Remadna : http://www.brigadedesmeres.org ((Pour ma part je préfère parler de haine des musulmans, ce qui rejoint une forme de racisme, que d'islamophobie, ce terme d' "islamophobie" restant controversé car au spectre trop large et à la définition floue : qu'entend-on vraiment par cela? Si c'est le questionnement de l'idéologie associée à une certaine vision de la religion, ce questionnement est légitime et nécessaire. Si c'est le refus d'accepter la foi des croyants, et par extension ces croyants, c'est problématique. Dans quel cadre peut-on faire entrer la critique de l'islam radical, politique? Dans quel cadre peut-on faire entrer un regard critique sur le fondamentalisme? L'antisémitisme, par exemple, ne recouvre pas la critique qu'on peut faire des postures intégristes de certains courants juifs (et que les Juifs laïques font eux-mêmes) : il recouvre clairement la haine des Juifs en tant que Juifs. La Brigade des mères entend certainement par islamophobe la haine des musulmans en tant que tels...))

Delphine Horvilleur, elle, rabbin libéral, parle du féminin, du « va-et-vient entre le texte et l’humain », qui est central dans la pratique religieuse, et elle évoque les positions conservatrices, en France, des instances religieuses (et des mentalités) en général. Elle invite ainsi à un questionnement intime et social, en relation avec l’actualité et la résolution des conflits. Car « l’altérité est au coeur du conflit ». Elle nomme le fondamentalisme (présent dans toutes les religions : on l'a vu lors des débats sur le mariage pour tous...) qui est une fermeture qui fige tout, pensée et langage, codifie les comportements (en utilisant notamment la notion de pudeur pour dominer la femme), empêche la liberté : http://www.telerama.fr/idees/le-rabbin-delphine-horvilleu...

10/01/2016

EXIL...62. Théâtre. "Dis-leur que la vérité est belle"

THEATRE.jpgRetour sur une pièce présentée en… 2010. Mais j’ai revu récemment un extrait (vidéo), et trouvé une connexion à faire, dans un dialogue, entre la violence qu’on affronte, ou qu’on n’affronte pas, et les formes de violence (terrorisme, mort et peur, et arrachement violent à son pays, exil). Aussi, la mort - encore - mais de ceux qui disparaissent… normalement, mais, par leur mort, suppriment la parole possible, qui expliquerait, pourrait expliquer peut-être enfin, ce qui a été vécu ensemble de violence affrontée (terrorisme, exil(s), ostracisme, etc.). Le silence ne peut plus se combler. Et le silence a été une réponse au traumatisme...

Les expériences passées différentes aident à penser le présent. (A rêver le futur?).

Vidéo, un extrait, avec un commentaire intéressant sur cette page  https://vimeo.com/51442056 

Note sur la pièce de Jacques Hadjaje (un résumé, d’Alger 1955 à Créteil aujourd’hui) : http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Dis-leur-q... 

Intéressante critique d’Elise Noiraud (élogieuse : tant pour le texte que pour le jeu des comédiens et la mise en scène de Jacques Hadjaje), Les trois coups. CITATION : « Oui, un travail d’orfèvre, pour un petit bijou. Une grande épopée de l’intime, où chaque élément compte, où chaque respiration est essentielle. Et de ce sens de l’infiniment petit naît celui de l’infiniment grand, avec une sensation de tragédie sourde qui parcourt tout le spectacle. Cette tension, génialement amenée sur scène par la direction de Jacques Hadjaje, c’est bien celle de la tragédie, celle qui fait advenir sous nos yeux l’inéluctable, sans échappatoire ni aire de repos. » : http://www.lestroiscoups.com/article-dis-leur-que-la-veri... 

19/12/2015

CITATIONS et... TITRES. Lecture... Lecture... Lecture... (pour soi, ou pour offrir...)

« Je crois que je devine pourquoi on écrit les vrais livres. Pas pour se rendre célèbre, mais pour mieux se rendre invisible, tout en réclamant à manger le vrai noyau du monde. »

Kamel Daoud, « Meursault, contre-enquête »

Donc, des livres écrits pour se rendre invisible (que les auteurs le sachent ou pas), des livres pour pénétrer le sens enfoui du réel… (le sachant). Des livres sur mon chemin, en phase avec ce chemin…


GESTE.jpg
POÉSIE. « Le moindre geste », de Michel Bourçon, éd. pré#carré / Hervé Bougel, décembre 2015. Citations : « peut-être que la direction à prendre n’est ni en soi / ni au dehors, que le panneau indicateur se trouve / planté dans la divergence. » (…) « entre soi et les choses / quelque chose / qui ne rejoint rien » Page éditeur : http://precarrediteur.fr/?page_id=1529 

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ATTESTE.jpgPOÉSIE. (Et publication Jeunesse). « J’atteste / contre la barbarie », d’Abdellatif Laâbi, éd. Rue du Monde (avec un dossier documentaire d’Alain Serres et des dessins de Zaü). Lecture pour tous les âges. Un poème écrit après la tuerie de janvier 2015, et publié en urgence après les massacres de novembre. Livre essentiel pour affirmer un idéal d’humanité, un refus des monstruosités produites par la haine et la folie idéologique. Page éditeur : http://www.rue-des-livres.com/livre/235504404X/j_atteste....  Librairie en ligne, La Courte échelle : http://lacourteechelle.hautetfort.com/archive/2015/12/07/... 

Le Monde, article, « Parler des attentats aux jeunes lecteurs » : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/12/15/parler-des... 


Abdellatif Laâbi.jpg

POÉSIE, même auteur, Abdellatif Laâbi, « La saison manquante », Éds. de La Différence : https://www.ladifference.fr/la-saison-manquante-suivi-de-... 

 

 

et Recours au poème, recension : http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/abdellatif-laâbi-l... 

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PEN ANTHOLOGIE.jpg

 

 

 

POÉSIE. PEN club français. « Liberté de créer, liberté de crier », anthologie.

Recension, par Emmanuel Baugue, Recours au poème  http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/pen-club-français-... 

D’Emmanuel Baugue, des chroniques sur Recours au poème, dont celle sur le poète Ashraf Fayad (agir : « A propos… ». Il le dit ‘saoudien’ alors qu’il est palestinien, mais le poète a effectivement représenté l’Arabie saoudite comme poète-artiste, ancré dans le pays où il vit, donc…). Et lire aussi deux textes sur la poésie (« Contre le simulacre » et « De la poésie »). Liste après le paragraphe sur lui : http://www.recoursaupoeme.fr/users/emmanuel-baugue 

Falaises.jpgEt, de lui, un recueil, « Falaises de l’abrupt » : http://www.recoursaupoemeediteurs.com/premiers-poemes/fal...

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TURC.jpgPOÉSIE.« Août 1936. Dernier mois dans le ventre de ma mère », d'Özdemir Ince. Préface de Lionel Ray, poèmes traduits du turc par Claire Lajus, éd. A L’Index (Le livre à dire / Jean-Claude Tardif lelivreadire.blogspot.com / revue.alindex@free.fr ). Citations : « Que je puisse voir à quoi ressemble une forêt de pluie » (…) « J’attends ma naissance depuis l’origine / de l’univers, je m’attends » (…) « Je serai un révolté, si jamais je me décide, / et si je reste là pour toujours » Page sur la revue Aynahttp://revueayna.com/actualites/

NAITRE.jpgPOÉSIE. « Naître si mourir », de Hyam Yared (née à Beyrouth), éds. Mémoire d’encrier (Canada/Québec). Citations (son prologue) : « Naître de toute évidence, puisque mourir est le dernier rêve. » (…) « Car on ne meurt pas, on rejoue une dernière fois sa naissance. » Citations (poèmes) : « L’errance est mon décharnement. Nos regards / — nos déchirés. On court après nos visages. » (…) « Où tu es je suis / visage. Où peut-être / je ne suis. » (…)  « Les morts ont tous droit à l’obscure. » Page éditeur : http://memoiredencrier.com/naitre-si-mourir-hyam-yared/ 

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DIAMS.jpgESSAI. « Je ne suis pas Diam’s », de Fawzia Zouari (franco-tunisienne), éd. Stock. Citations : « Je ne suis pas Diam’s. Ni par la naissance, ni par le parcours, ni par la conception de l’islam. J’ai vu le jour en Tunisie, dans un petit village où mon père avait le titre de "cheikh" qui lui conférait une autorité religieuse. Ma mère a passé sa vie enfermée derrière les murs de sa maison et je n’ ai aperçu sa chevelure que sur son lit de mort. Vers douze ans, mes soeurs aînées ont été interdites d’ école et cloîtrées. Je me suis alors promis d’aller jusqu’au bout de mes études et de ne pas me voiler. » Page éditeurhttp://www.editions-stock.fr/je-ne-suis-pas-diams-9782234...  Articles, Jeune Afrique : http://www.jeuneafrique.com/mag/274208/culture/livres-je-...  et Kapitalis (Tunisie) : http://kapitalis.com/tunisie/2015/11/23/je-ne-suis-pas-di... 

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NUIT.jpgFRAGMENTS (prose poétique, méditation et engagement). « À ce stade de la nuit », De Maylis de Kerangal, éd. Verticales. Comment un nom entendu à la radio (Lampedusa) traverse (est traversé par) des sens divers : mémoire, rêve, et cauchemar réel, enfin. Citations : « à ce stade de la nuit je tourne toujours les pages du journal, je les balaie du regard, je repère les titres, les légendes des photographies » (…) « La nuit avance. Je suis maintenant rivée à l’île de Lampedusa comme on s’obsède d’une poussière sur une feuille vierge. » (…) « Heures nocturnes, lumière qui perle au bout des cils, fatigue extralucide, vitesse de la pensée : l’événement cristallise doucement. » (…) « Etrangement le toponyme insulaire (…) mais ce matin, matin du 3 octobre 2013, il s’est retourné comme un gant, Lampedusa concentrant en lui seul la honte et la révolte, le chagrin, désignant désormais un état du monde, un tout autre récit. » Page éditeur http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Verticales/Mi... 

poésie,poèmes,poètes,créer,écriture,humanisme,humanité,barbarie,valeurs,liberté,droits humains,solidarité,citations,culture,livres,lecture,pen club,poète palestinien,ashraf fayad,lampedusa,réfugiés,liberté de conscience,kamel daoud,michel bourçon,pré#carré,hervé bougel,abdellatif laâbi,alain serres,zaü,rue du monde,j’atteste,emmanuel baugue,recours au poème,özdemir ince,à l’index,j-c tardif,lionel ray,claire lajus,hyam yared,fawzia zouari,maylis de kerangal,eux c’est nous,cimade,marie aubinais,elsa fouquier,anouk rucard,liyahCHARLIE HEBDO. « Tout est pardonné », le livre. 500 dessins (Cabu, Charb, Wolinski, Tignous, Honoré… et aussi Coco, Catherine, Riss, Pétillon, Luz, Willem, Dilem…)

Sur le site de Charlie Hebdo (édition créée par Charlie Hebdo, Les échappés)  https://charliehebdo.fr/editions-les-echappes/ 

Diffusion librairie en ligne, Decitre  http://www.decitre.fr/livres/tout-est-pardonne-9782357661... 

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EUX.jpgÉDITION JEUNESSE… « Eux, c’est nous », Les éditeurs Jeunesse avec les réfugiés, éd. Cimade/Gallimard http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD-JEUNESSE/Cima... 

PETITS.jpget « Les questions des tout-petits sur les méchants », de Marie Aubinais (illustrations d’Elsa Fouquier et Anouk Rucard), éd. Bayard Jeunesse. Présentation (illustrée) du livre, blog de Liyahhttp://www.leslecturesdeliyah.com/livre-pour-enfants-ques... 

Page Bayard éducation : http://www.bayardeducation.com/article/donner-aux-enfants... 

30/11/2015

BRUNO HADJIH... METAPHORA, Le REGARD qui répare...

mms_img-329636550.jpgmms_img-1995844623.jpg"On a oublié de clôturer le visage. Offert à l’énigme. Regard errant dans le noir de ce visage, cherchant l’issue. L’autre issue. Prisonnier d’une opacité. Ne voyant pas que c’est même chose, même issue. Qu’il y a sans doute un tracé foudroyant l’espace. Ne heurtant plus rien. Plus rien ‘d’ici’ où tout se ramène à un visage. Ton visage en toutes choses et elle en toi. Il faut donc aller plus loin, creuser la blessure, ouvrir plus encore la brèche."(Pierre-Albert Jourdan,  ‘Brèche’, ’L’espace de la perte’)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Le visage me demande et m’ordonne. Sa signification est un ordre signifié."
(Emmanuel Lévinas, ‘Ethique et infini’)

"Tu as pensé aussi / qu’on te laisserait / rejoindre l’arbre, / les pierres… / Reprendre ta place / parmi eux" (Jean-Louis Giovannoni, ‘Au fond de l’air’)

"Nul arbre. Le désir. Et la mort / qui regarde / Une absence innommable des choses" (Roger Giroux, ‘L’autre temps’)

"Bruno Hadjih est un magnétiseur qui fait oeuvre de sismologue." (…) "A équidistance d’un désastre natif et d’une possible catastrophe terminale, Bruno Hadjih n’a pas d’autre visée alors, s’il veut transfigurer la nuit profonde de notre présent aveugle, que celle de la lucidité consistant, comme le souligne Walter Benjamin, à ‘organiser le pessimisme’." (Saad Chakali)... Superbe écriture, texte, exposé, qui fait une lecture de l’oeuvre en rapport avec l’origine du monde, y voyant éléments et signes qui viennent de très loin dans le passé, dans un questionnement inquiet, car lucide, de l’avenir de notre univers… et donc le nôtre.

En exergue à l’exposition, une citation de Walter Benjamin (sur le seul discours que tient une oeuvre, ‘…Celui qu’elle tient aux autres oeuvres, et qui ne se déploie pas dans le domaine du langage. Celui de l’engagement.’)

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METAPHORA, titre de l’exposition…

C’était le 14 novembre. L’artiste et la galerie avaient décidé de maintenir le vernissage (pour ne pas offrir un renoncement aux terroristes), et nous, nous avions décidé d’y aller.

Regarder des photographies, dans ces conditions, c’est entrer dans un espace du regard qui transcende toute approche ‘technique’, et même peut-être ‘esthétique’. Nous avions besoin de consolation et nous nous sommes mis sous les mains photographiées par l’artiste. Voir les reflets de nos corps sous la lumière de ces mains si humaines, à la peau presque palpable, grandes mains sombres aux doigts puissants, protecteurs, cela pouvait mettre les larmes aux yeux.

J’ai photographié ce reflet, et d’autres où deux espaces se mêlaient, nous ici à Paris, dans le cocon de la galerie, et plus loin d’autres lieux, d’autres êtres.

Nous sommes encore dans la sidération du 13 au soir, et là nous nous heurtons à une autre sidération, double.

La beauté. Le silence. La peau, les yeux. Et le bois, la matière. 

Nous entrons dans une expérience particulière, difficile à définir. Comme si la démarche était archéologique, pour une part. 

mms_img-1017221335.jpgmms_img-655907459.jpgFouiller dans la profondeur d’un visage, aux rides comme de la terre, et lui associer les signes du temps d’un arbre. Ces yeux nous regardent, et le cercle associé (la photographie accolée, installée dans le même cadre) fait venir ce regard de très loin, du fond du temps (tant passé que futur). Terre destinée à la terre, l’humain qui meurt. Visage seul, dont on ne sait rien de la vie. Être humain interrogeant le sens d’être là, sa destinée à lui, ses questions à lui. Peut-être son désespoir. Ou peut-être pas. Juste la question du rapport à cet univers du temps

mms_img-818883163.jpgLe bois, encore (je crois), mais vertical, pour accompagner un visage plus jeune.  Ascension, humanité. Et ce même regard qui interroge, qui semble interroger. Qui suis-je? Et, nous dit-il, qui es-tu? Toi qui regardes, qui?. Est-ce aussi la question du photographe? Quelles identités se rencontrent? 

Metaphora… Métaphore. Ne restez pas, nous dit le titre, à la surface d’une apparence. Allez plus loin. Percevez. Voyez votre propre métaphore, si vous voulez - votre représentation, humains. 

Voici un photographe qui est aussi un reporter, avide d’humanité ‘juste’. Il montre donc des beautés (visages, mains, corps, couleurs, lieux) et des réalités douloureuses, pour dénoncer des scandales. Ainsi certaines photographies (et un documentaire) nous font tomber, choc sur choc, sur un double secret d’Etat. Secret car tout n’est pas su, et beaucoup est tu. Les bombes, le nucléaire, espaces sacrifiés, le vivant sacrifié, Sahara… Visages du grand sud brûlé… Brûlé, ce sud, au sens plus fort que celui de l’impact du soleil, puisque Bruno Hadjih photographie aussi des êtres irradiés, et leurs descendants (un diaporama reprend des séries qui correspondent à un travail systématique de défrichement. Sahara : l’ordinateur est là, pour voir les êtres et le bleu de leurs vêtements, et celui du ciel, comme le voit Bruno Hadjih, un bleu intense).mms_img1535058292.jpgmms_img880101725.jpg

mms_img44757957.jpg

Ce regard répare. L’art répare. La conscience ici  trouve sa densité. Présence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rien de doucereux dans cette ‘réparation’. Gifle, plutôt. Justement, c’est cela qui répare : nous avons besoin de lucidité. Kafka le dit pour les livres, c’est vrai pour les photographies aussi : la hache qui brise la glace… et le 14, le froid émotionnel nous faisait trembler et trembler ne suffisait pas à défaire le gel figé… Les visages sur les murs, oui, ils pouvaient. Et le cercle, et le bois, et l’ombre.

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SITE de la GALERIE Mamia Bretesché, 77 rue Notre Dame de Nazareth, 75003, Métro Réaumur Sébastopol (on peut aussi arriver par la 5 à République et marcher un peu en suivant cette rue.  L’expo continue jusqu’au 18-12-15. Quelques PHOTOGRAPHIES visibles sur le site   http://www.mamiabreteschegallery.com/?p=1361 

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BRUNO HADJIH. Éléments complémentaires

PAGE (riche et à jour) sur ses travaux, picturetank (sur ‘les mutations des sociétés musulmanes et particulièrement sur les failles historiques de ces dernières’, ‘travail sur le soufisme durant 15 années’,travail sur ‘les espaces sahariens’) : http://www.picturetank.com/creative.php?id=830

BIO, et travaux, dont la dernière exposition, Algériades : http://www.algeriades.com/bruno-hadjih/article/bruno-hadjih 

BIO, Africultures (pas mise à jour… mais des éléments complémentaires)  http://www.africultures.com/php/index.php?nav=personne&am...

Page sur des expos de groupe (2005 à 2015), artfacts.net  http://www.artfacts.net/fr/artiste/bruno-hadjih-75262/ligne-directrice.html

LIVRE. « Avoir 20 ans à Alger », avec Aziz Chouaki, éd. Gallimard : https://www.librairiedialogues.fr/personne/bruno-hadjih/7... 

PORTFOLIO, Le Monde (« Être algérien aujourd’hui ») : http://www.lemonde.fr/le-monde-2/portfolio/2009/03/27/etr... 

Article de La Dépêche sur le documentaire d'Élisabeth Leuvrey , d’après les photographies de Bruno Hadjih, sur les essais nucléaires français de 61 à 66, Sahara), At-h-ome : http://www.ladepeche.fr/article/2015/06/03/2117283-cinema-jeudi-at-h-ome-en-presence-de-bruno-hadjih.htmlmms_img-1110822157.jpgmms_img2066377143.jpg