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15/07/2018

FOOT. Olivier GUEZ, Albert CAMUS, et moi... UNE "PAUSE MÉTAPHYSIQUE" ?

 GUEZ.jpgJ'ai toujours considéré le football comme une pause métaphysique. À l'échelle d'une nation, c'est extraordinaire et, à mes yeux, largement suffisant."

       Olivier GUEZ    (écrivain, dont je recopie ci-dessous un fragment de chronique)

CAMUS.jpgVraiment le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités.

                Albert CAMUS

  (« Pourquoi je fais du théâtre », 1959)

« Maintenant encore, les matchs du dimanche, dans un stade plein à craquer et le théâtre, que j’ai aimé avec une passion sans égale, sont les seuls endroits au monde où je me sente innocent. »

            Albert CAMUS  (La Chute)

Albert Camus et le foot... http://toutelaculture.com/livres/albert-camus-et-le-foot-... 

et... Camus, ce footeur devenu écrivain... http://lefooteur.com/2013/01/14/camus-ce-footeur-devenu-e...

 

Coupe du Monde… Ce que j'en pense ? 

Oui, la répression continue en Russie (il suffit, pour le savoir, de consulter le dossier 'Russie' sur les sites de RSF et d'autres associations des droits humains, et de lire la presse - mais pas RT ou Sputnik...). Oui, Poutine utilise la Coupe du Monde en stratège habile, et d'autres gouvernants peuvent s'en saisir (avec perversité, ou pas du tout). Et, oui, le triste anniversaire de la tragédie de Nice met une ombre sur ces jours. Alors justement... LUMIÈRE... !!! (Et nous agirons aussi en signant des pétitions pour soutenir le cinéaste ukrainien prisonnier, en grève de la faim : en diffusant des informations, et en participant aux actions proposées par des associations... La joie collective aide la solidarité, ne l'entrave en rien).

Car cet événement, il me semble, n'est pas récupérable : il s'y joue autre chose, si des peuples aiment ce sport et ont leurs raisons pour cela. (Non, l'argument "le pain et les jeux", qui réduit l'univers des gens à une manipulation qu'ils acceptent, cela n'explique pas l'essentiel et c'est assez méprisant.) 

Même quand, comme moi, on n'y connaît strictement rien (regardant très rarement des matchs), on peut aimer la gestuelle qui est comme une chorégraphie (c'était vrai pour Zidane et ça le devient pour d'autres), on peut admirer l'habileté époustouflante et la grande maîtrise de certains. On peut voir dans une équipe une métaphore de la société, du collectif. Et quand des personnalités surnagent, par leur comportement, leur charisme, cela aide à penser autrement l'humain (l'enthousiasme de beaucoup de jeunes doit sans doute beaucoup à cela : s'identifier à du "possible" dans les réalisations des êtres, à travers quelques visages qui les séduisent). Une équipe qui nous ressemble, par sa diversité assumée et heureuse. Différents, et très Français. 

En plus on assiste à un phénomène pédagogique assez remarquable (ou comment un sélectionneur crée une dynamique collective et révèle des personnalités). 

Albert CAMUS aimait le foot, et ce qu'il a dit à ce sujet parle autant de lui que du foot, ce sport populaire (or lui était d'un milieu populaire, justement) : "Vraiment le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités." (citation déjà en exergue...).

La fébrilité des groupes de spectateurs qui suivaient la demi-finale, et la fièvre dans les cafés (les cris pour les buts...) et dans les rues, c'est de la vie, une dynamique particulière que seule provoque aussi la musique dans les foules de concerts. Pas de l'hystérie, du partage. Ce soir il faut être dans les cafés... 

Albert CAMUS, donc, pour le foot.

Mais aussi Olivier GUEZ, qui a écrit une belle chronique dans Le Monde daté du 13 juillet. J'en retiens un passage (dont j'ai tiré un exergue) : "Il y a une autre chose que révèle le parcours russe des Bleus : l'immense besoin de communier des Français, ensemble, après les drames de 2015 et 2016 et malgré nos divisions, politiques, économiques et religieuses. J'ai toujours considéré le football comme une pause métaphysique. À l'échelle d'une nation, c'est extraordinaire et, à mes yeux, largement suffisant."

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PS : après le triomphe des Bleus. Joie de voir gagner cette équipe si sympathique et ce sélectionneur remarquable…

15/06/2018

LIU XIA. SOUTIEN.. / Enfin libre, la mobilisation a réussi...

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Mise à jour, 11-07-18

 ENFIN LIBRE... 

 

 

 

LIU XIA A QUITTÉ LA CHINE... https://www.nouvelobs.com/monde/20180710.OBS9450/liu-xia-...

CCCCCCC

Rencontre, le 16 juin à 19h. Maison de la Poésie

Avec Catherine Blanjean, auteur de « Liu Xia, lettres à une femme interdite », Liao Yiwu, poète chinois exilé en Allemagne (et préfacier du livre), Béatrice Desgranges, traductrice de Liu Xia (et auteur d’une pétition de soutien, lien ci-dessous), et Jean-Philippe Béja, traducteur de Liu Xiaobo… https://www.maisondelapoesieparis.com/events/catherine-bl...

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Pétition de soutien. (Et informations, dont poèmes de Liu Xia traduits)… Mises à jour régulière, comme, notamment l'indication de la pétition adressée au gouvernement chinois (voir ci-dessous, fin de la note...)...  https://www.change.org/p/mme-hidalgo-après-la-mort-de-liu...?   

Lecture des poèmes de Liu Xia, en soutien. ActuaLitté... https://bit.ly/2JN3Zvy

Et sur Culturebox… https://bit.ly/2LQinUh

De Liao Yiwu, on peut lire « Dans l’empire des ténèbres » et « Poèmes de prison ». Liu Xiaobo le considérait comme « le plus grand poète chinois de sa génération ». Le Figaro, juin 2018… https://bit.ly/2Jv2aq0

Lire aussi cet article de 2013, questionnement du poète Liao Yiwu sur la dictature en Chine et sur notre regard... https://lemde.fr/2HPRsG5

Liu Xia lit ses poèmes, Contrepoints.org… https://bit.ly/2uzU6fG

Sur une exposition de ses photographies.. https://bit.ly/2JW3QJs

2ème pétition, adressée au gouvernement chinois... https://form.jotform.me/81611618372455  

3ème pétition, Amnesty... https://www.amnesty.ie/china-release-poet-liu-xia-under-i...

 

31/05/2018

Superbe exposition de Tomoko Yoneda, Maison de la culture du Japon.

tomoko-yoneda-affiche.jpg« Pour cette exposition, j’ai revisité les lieux où Camus a vécu, ainsi que les endroits et les événements historiques qui l’ont inspiré, dialoguant avec les habitants de l'Algérie et de la France chères à l'écrivain pour mieux explorer en images la question de l’amour universel et radieux. Je me suis efforcée d’alimenter la réflexion sur la nature humaine, en répondant en photographies aux événements du passé, mais aussi aux ombres qui planent de nouveau sur l’Europe et le Japon. »                      Tomoko Yoneda (début de son texte introductif. Suite sur le site de la Maison de la culture du Japon, où on peut lire aussi une présentation de l’artiste, de sa démarche de photographe)… https://www.mcjp.fr/fr/agenda/tomoko-yoneda 

Camus.jpgSuperbe exposition, achevée le 2 juin. Associer les lieux d’Albert Camus, en Algérie et en France, en les reliant, à travers une démarche très consciente des questions que pose Camus, de son éthique, c’est une réussite. Les textes qui introduisent l’oeuvre de Tomoko Yoneda sont ceux d’une artiste camusienne lucide, qui veut, par le regard, lutter contre les ombres qu'elle sait menacer nos pays, ceux de Camus, mais aussi le Japon, et d’autres. Elle se réfère à « Ni victimes ni bourreaux ». Ce rappel accentue la force du message, comme la citation qu’elle fait de Camus, sur la révolte, contre ce qui manque, et parfois dans ce qui est, dans le monde. J'apprécie ce lien fait entre Camus et le Japon, lui qui avait été bien seul à protester contre l’horreur de la bombe nucléaire. 

Certaines photographies sont très grandes, d’autres petites (celles-ci associées par deux).

Présence de la lumière. Soleil d’Alger… 

La mer, bien sûr. Méditerranée, sur les deux rives : Marseille, ainsi. 

La beauté chantée par les mots de Camus, ses repères de joie. Tipaza, aussi.

La luxuriance du Jardin d’Essai. 

Mais aussi les lieux de vie : la maison du quartier populaire de Belcourt à Alger, l’hôtel de Montmartre où Camus acheva L’Étranger, la maison où il écrivit Le premier homme. 

« Dialogue avec Albert Camus », ce titre est bien adapté. Car on sent un intense échange intérieur avec l’oeuvre. On perçoit la conscience en éveil de la photographe, inquiète de la marche du monde, des pièges qui guettent, des totalitarismes toujours à l’affût, contre lesquels Camus dressait sa lucidité et la beauté de l’art, écriture et théâtre. Elle crée de la beauté, mais en choisissant des lieux porteurs et en accompagnant les photographies de textes qui en sont comme un deuxième cadre. Ce qui fait que le regard porté sur les photographies tient compte d’un hors champ conceptuel que l’artiste a disposé volontairement, subtilement. L’ombre est aussi dans le hors champ, les menaces totalitaires, la violence, la mort. Et le « je » de la photographe est dans la création, dans les questions, dans l’écoute de l’oeuvre camusienne, avec le juste recul d’un « je » qui ne se contemple pas mais dit le réel (parfois ce qui est donné à voir n’est pas banalement « beau », mais juste banal de la banalité du quotidien (la maison de Belcourt, l’hôtel de l’écriture). Réel. Le dialogue est aussi entre les temps, des lieux vus actuellement, qui ont appartenu au passé de Camus ou de son père (la bataille de la Marne). Sur le présent d’un lieu se projette la mémoire qu’on a des textes et des questionnements associés. Guerre et guerre (Mémorial des étudiants algériens). La guerre, ce meurtre collectif délégué, thème central chez Camus, même refus chez elle, habitée par l’Histoire.

Leçon d’esthétique, dans cette exposition. Il faut deux fois cadrer une photographie : cadrer par le regard qui choisit l'angle et structure, cadrer par les mots qui créent un possible hors champ, et qui ne sont pas « commentaire » mais marge offerte à la pensée. Et certaines photographies sont elles-mêmes des marges pour les autres. Comme celle de L’attente, port d’Alger. Une femme, voilée, attend. Derrière des vitres, barrées de fer. Qui est prisonnier? Elle ? (De normes rigoristes qui réduisent sa liberté de femme, et contre lesquelles d’autres femmes luttent? »). Nous ? (De peurs que des signes font naître à juste titre par le sens qu’ils véhiculent ? Ou de peurs excessives qui projettent sur des visages, autres, les ombres lues sur des masques qui cachent les corps ? Ou, comme l'analyse Camus, dans « Ni victimes ni bourreaux », la peur de dire, qui crée les silences complices. Les vitres pourraient symboliser le silence, mur invisible, abstrait mais compact). 

Dans le dossier de presse (à lire sur le site) on apprend que photographier en Algérie n'a pas été si facile pour l'artiste, constamment contrôlée, et ne pouvant obtenir d’avoir des échanges avec des étudiants. (Je me demande si c'est son intérêt pour Camus qui a dérangé un pouvoir qui ne le comprend toujours pas et qui a peur de sa liberté, contagieuse… Ou simplement la peur des regards lucides, d'où qu’ils viennent ? Pourtant son objectif était l’empathie. Répondre par l'amour aux défis du monde, morale camusienne aussi.)

Son SITE…  https://www.tomokoyoneda.com 

Lire le texte de Camus auquel elle se réfère, « Ni victimes ni bourreaux », 1948, Combat. Texte écrit contre le meurtre justifié idéologiquement au nom d’objectifs « futurs ». Éloge des « médiocres »  que nous sommes (Camus s'intègre dans ce « nous », et médiocres que nous devons être, ceux qui n’ont pas la force de supporter l’horreur de tuer). Réflexion sur la peur présente dans le monde, dans la conscience et l'inconscient des humains.

CITATIONS (c’est tellement actuel que c’est troublant, la réalité de 2018…) : 

« Le XVIIe siècle a été le siècle des mathématiques, le XVIIIe celui des sciences physiques, et le XIXe celui de la biologie. Notre XXe siècle est le siècle de la peur. » (…) 

« Le long dialogue des hommes vient de s’arrêter. Et, bien entendu, un homme qu’on ne peut pas persuader est un homme qui fait peur. C’est ainsi qu’à côté des gens qui ne parlaient pas parce qu’ils le jugeaient inutile s’étalait et s’étale toujours une immense conspiration du silence, acceptée par ceux qui tremblent et qui se donnent de bonnes raisons pour se cacher à eux-mêmes ce tremblement, et suscitée par ceux qui ont intérêt à le faire. »

« Depuis août 1944, tout le monde parle chez nous de révolution, et toujours si sincèrement, il n’y a pas de doute là-dessus. Mais la sincérité n’est pas une vertu en soi. Il y a des sincérités si confuses qu’elles sont pires que des mensonges. Il ne s’agit pas pour nous aujourd’hui de parler le langage du cœur, mais seulement de penser clair. » (…) 

« Je puis maintenant conclure. Tout ce qui me parait désirable, en ce moment, c’est qu’au milieu du monde du meurtre, on se décide à réfléchir au meurtre et à choisir. Si cela pouvait se faire, nous nous partagerions alors entre ceux qui acceptent à la rigueur d’être des meurtriers et ceux qui s’y refusent de toutes leurs forces. » 

Lecture intégrale, "Ni victimes ni bourreaux"pdf… https://inventin.lautre.net/livres/Camus-Ni-victimes-ni-b... 

Camus à Combat, éditoriaux et articles, 44-47… http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-e... 

L’éditorial de Camus après Hiroshima, extrait, suivi de textes de rares intervenants critiques… http://pm22100.net/docs/pdf/textes/121105_CAMUS_APRES_HIR... 

Marie-Claude San Juan

03/04/2018

DOSSIER CAMUS sur The Dissident. Mon regard, et les autres...

mms_img-225999906.jpgPour ceux qui aiment Camus, voici un dossier précieux. J'ai été invitée à y contribuer, et j’ai fait une lecture très personnelle de l’univers de Camus. (Celui qui dénonça le terrorisme comme la peine de mort, celui dont l'identité complexe emprunte autant à l’Espagne qu’à l’Algérie et à la France. Camus qui se veut surtout artiste, et dont la dernière étape de l’oeuvre, essais philosophiques, n'a pas pu révéler complètement l’intention, écriture empêchée par la mort. Mais Camus qui donne des clés qui éclairent la démarche entreprise dès ses recherches sur Plotin et Augustin, Plotin surtout. Camus et la métaphysique, au-delà des concepts. J’ai parlé de la proximité avec la pensée indienne, que sa traductrice voit comme une évidence, et qu’elle développe dans un ouvrage. Cette proximité est aussi celle de Plotin…).      

Lisez d’abord les chroniques de Rémy Degoul (créateur du magazine en ligne, qui introduit le dossier avec son éditorial sur la liberté, il faut donc commencer par ce texte…), et d’Agnès Spiquel  (Études camusiennes, qui a participé à l'édition des oeuvres complètes chez Gallimard). 

Mais je tiens à signaler aussi les contributions de…

Marie-Paule Farina (spécialiste de Sade, qui fait le récit subtil de l’évolution de son regard sur Camus, entre errements et prise de conscience).

Laurent Muratet (qui ose transcrire des intuitions - que j’apprécie particulièrement - dont il sait qu'elles peuvent surprendre).

Khalil Hebib (l’exergue, Camus sur l’amour, introduit une méditation triste et rageuse sur l'impossibilité de vivre l’amour dans un pays qui est pris par des inerties rigoristes ou des tensions pires que l’inertie).

Hubert Ripoll (psychologue et fin analyste des tourments de la mémoire et de l’identité, il traite de l’exil de et chez Camus).

Tawfiq Belfadel (enseignant, chroniqueur, écrivain, il imagine un retour de Camus dans l’Algérie actuelle, et à travers le regard de Camus il fait un portrait du pays en observateur intérieur lucide et douloureux, l'amour mêlé à la douleur).

…  Luc Demarchi (qui, enfant, habitait la maison en face de celle de Camus, quartier Belcourt - mais, né longtemps après Camus, il a eu le sentiment d’avoir raté une rencontre possible).

Pour découvrir d'autres contributions il faut fouiner en prenant le temps. 

Le dossier (Votre Camus ? ) sur le site de The Dissidenthttps://the-dissident.eu/dossier/camus-et-vous/ 

Ma contribution (MC San Juan)… https://the-dissident.eu/dossiers/camus-poete-metaphysiqu... 

J'ai repris la même photographie que j'avais posée sur le site. J'en copie ma légende, message aussi... "Calligraphie de métal et d'ombre. Les "sonorités noires" du duende, tissées avec le "nada" lumineux. Algérianité..."

Marie-Claude San Juan

27/03/2018

Yassine Alaoui Ismaili, alias Yoriyas. De la danse à la photographie. L'art contre la méconnaissance ou la haine...

« À travers une photo, nous pouvons voir, savourer, réfléchir, comprendre et porter plus d’attention à une scène que nous n’aurions probablement pas remarqué si celle-ci n’avait pas été capturée. » 

Yassine Alaoui Ismaili, dit Yoriyas (photographe marocain)

.....

J’ai découvert ce photographe en apprenant, bien après, par un article sur HuffpostMaghreb, que des photographies, exposées à l’extérieur, avaient été détruites par des extrémistes haineux. Haineux et bêtes. Pour quelle raison s’en prendre à un jeune photographe qui parcourt le monde avec ses photos, magnifiant son regard sur sa ville? Aberration de la haine de qui vient d’ailleurs. (Car on ne voit pas d’autres raisons que cette xénophobie, maladie de l’esprit.). Scènes de rue qu’il prend depuis 2014, street photographie colorée, solaire. Il fut danseur et a dû arrêter après une blessure. 

Sur la page d’HuffpostMaghreb, du 23-11-2016, trois photographies de Yoriyas, scènes de rue à Casablanca, présentées lors d’une exposition à San Francisco… Le « vrai » Casablanca, loin de la ville des studios cinématographiques, qui a fait rêver mais n’est pas la ville moderne, vécue par ses habitants actuels... https://bit.ly/2JeuD0D  

« Casablanca not the movie ». En novembre et décembre 2017 il est invité à exposer en studio à Montélimar et sur les berges du Rhône. C’est là que les photographies seront détruites et taguées…  http://www.presences-photographie.fr/yoriyas-yassine-alao... 

Son itinéraire et sa démarche sont expliqués sur cette page, Geopolis.francetvinfo.fr…. http://geopolis.francetvinfo.fr/casablanca-intime-et-inso... 

Ci-dessous trois articles qui donnent l’information sur le vandalisme haineux dont il a été victime. Photographies détruites et tags FN. Plainte a été déposée par la mairie (je n’ai rien vu sur les suites)… Les vandales sont lâches et se cachent.

HuffpostMaghreb… https://bit.ly/2JbcPTY 

Yabiladi.com… https://www.yabiladi.com/articles/details/63005/l-exposit... 

Et Le Dauphiné du 05-12-2017… https://bit.ly/2BM4XEU 

11/02/2018

Cyril Chevrot, un itinéraire spirituel. (Et un blog à découvrir…).

CYRIL CHEVROT.jpgJe trouve ce témoignage de Cyril Chevrot particulièrement intéressant, sur son itinéraire culturel et spirituel. Une conversion à l'islam, puis un retrait car le courant qu'il avait rejoint (simplement parce que c'était là, dans le quartier) s'est révélé un piège idéologique et une déception spirituelle. Mais à partir de cela, qui a joué son rôle au moment où il en avait besoin, une ouverture de conscience s'est produite, suite à son retrait, lui évitant de basculer dans un total rejet destructeur. Il a choisi l'autonomie hors religions, qui permet de se nourrir de ce que la culture humaine a produit de fort, philosophiquement et spirituellement, en gardant de son expérience de l'islam la part haute, et en cherchant des proximités avec d'autres pensées, proches ou lointaines. Ce n'est pas non plus l'éloge d'un syncrétisme médiocre, loin de là. Je pense, en le lisant, à ce que dit Tobie Nathan de la demande métaphysique des jeunes,  qui n'est pas comprise, qui ne reçoit pas de réponses... LIRE... https://cyrilc42.blog/2018/02/01/pourquoi-je-suis-devenu-... 

Vidéo. Cyril Chevrot lecteur d’Abdennour Bidar…  http://lactualitedessocialistes.hautetfort.com/archive/20... 

Plusieurs autres livres qu’il a sélectionnés (bon choix)… Divers auteurs...  https://cyrilc42.blog/2017/02/17/presentation-du-livre-da... 

Citations d’Abdennour Bidarhttps://cyrilc42.blog/tag/les-tisserands/ 

Vidéo. Extrait du livre d’Abdennour Bidar, Les Tisserands. Sur la spiritualité individuelle… et... https://www.youtube.com/watch?v=mLsMMdZBkxA 

Sommaire du site de Cyril Chevrothttps://cyrilc42.blog 

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(En marge de cette note, complément, entretien avec Abdennour Bidar,

Fondation Jean Jaurès

(et page de titres de vidéos )... https://www.youtube.com/watch?v=opNaP2WEYSI 

09/02/2018

"Réanchanter l'islam", un dossier remarquable du Monde des religions.

COUV ISLAM  1.jpgUn numéro (janvier-février) qu'il faut absolument lire. Même quand on connaît (ou croit connaître) la culture musulmane on apprend beaucoup. C'est très riche, complexe, nourri d'approches diverses (chercheurs, auteurs, poètes, islamologues, mystiques, penseurs qui questionnent et consciences qui proposent des "lectures" multiples, des racines anciennes aux voix contemporaines). De quoi casser de nombreux clichés et corriger, notamment, la manière de penser la lutte contre le fondamentalisme obscurantiste porteur d'une idéologie meurtrière. De multiples citations enrichissent ce dossier. Et de nombreuses références de livres proposent d'aller plus loin.
Des personnalités fascinantes sont évoquées (il en manque certaines et c'est parfois trop rapide pour d'autres, la place étant insuffisante). Mais connaissez-vous le (ou les) "Gandhi" musulmans? Avez-vous entendu parler de l'imame Sherin Khankan (une sorte de double du rabbin Delphine Horvilleur) ? Connaissez-vous le nom des soufis Palestiniens militants pour la paix (jumeaux des acteurs de paix israéliens) ? Il faut lire les entretiens avec Yadh Ben Achour ou Youssef Seddik. Lire la tribune d'Éric Geoffroy (raison et haute spiritualité du soufisme), lire l'étude d'Abdennour Bidar sur Mohammed Iqbal.

Lire, donc. Sans oublier... Leili Anvar (sur le "Livre de l'éternité" d'Iqbal, "poète d'Orient et philosophe d'Occident")... Hubert Reeves (qui ne se contente pas des "réponses habituelles" qu'on offre aux questions métaphysiques, et refuse de se définir - et de définir autrui - avec des mots qui "limitent")... Et Trinh Xuan Thuan, lecteur d'Albert Einstein. Ces deux derniers intervenants, astrophysiciens renommés, sont en marge du dossier, qu'ils éclairent aussi. (Et je ne cite pas tout...).

Ce dossier (plus passionnant que beaucoup d'autres sur ce sujet) est indispensable pour comprendre et pour mieux savoir répondre aux questions urgentes que l'actualité nous lance. Sans tomber dans les pièges de l'ignorance ou de la haine. Pour se délivrer des peurs perverses (que les extrêmes droites attisent, dans leur rêve-cauchemar de guerre civile ou de califat totalitaire, objectivement complices par stratégie cynique et mortifère).

Que vous soyez musulman ou quoi que ce soit d'autre, lisez. Que vous vous définissiez comme athée ou agnostique ou mystique, lisez. Il est urgent de lâcher toutes ses certitudes, et de prendre le temps du travail de culture et du travail sur soi pour cela...

Le titre "Réenchanter l'islam" n'est pas un programme naïf ou une provocation poétique. C'est un appel aux voies de pacification, au lieu des impasses hystériques conseillées par l'autosatisfaction d'un ego aveuglé.

LIENhttp://www.lemondedesreligions.fr/papier/2017/87/reenchan...

23/12/2017

Babel heureuse, revue d'art et littérature...

BABEL heureuse.pngVoilà donc enfin (et pour le moment) la brève note sur Babel heureuse, ample et superbe revue d’art et littérature, semestrielle. Juste, pour l’instant, les liens vers l’essentiel de la présentation. J’ai la joie d’occuper quelques pages pour des photographies et deux textes, l’un où je dis ma démarche de création et mes références ("Peindre sans peindre, et soi dans l’ombre et les ombres…"), l’autre où l’écrivain et éditeur Roland Chopard regarde, commente, devine. Et regarder, il sait, écrire son regard, tout autant… ("Ombres et lumières"). Roland Chopard analyse aussi sa propre démarche d'écriture dans un grand texte passionnant, "Comment j'écris". Il prolonge ainsi la méditation sur la création  commencée dans son ample poésie en prose, "Sous la cendre" où il évoquait la destruction d'une oeuvre par le feu et la plongée en soi pour faire advenir à la mémoire des bribes de ce qui fut perdu, et s'interroger sur la perte, le sens, écrire et vivre. 

Mais déjà, une clé, pour l'éloge du pluriel programmatique, des croisements de soi à soi et de soi à l'autre. En exergue de l’édition Gwen Catala, la citation de Roland Barthes, tirée de « Le plaisir du texte » : « Le sujet accède à la jouissance par la cohabitation des langages, qui travaillent côte à côte : le texte de plaisir c’est Babel heureuse. »... https://www.gwencatalaediteur.fr/babel-heureuse-1-explora... 

Présentation des objectifs éditoriaux. « Être en avant sur la parole en avant, faire entendre/voir/lire l’élémentaire, ce qui a l’opacité du réel, dans les langues et les arts ». Et, pour dire l’enjeu « polyphonique » (Babel !) : « Sans hiérarchisation de valeur, dans la revue trouveront leur place (car elle se veut lieu plurimodal de pensée et de création) : photographes, vidéastes, peintres, chorégraphes, compositeurs, penseurs… et ceux qui ne sont stricto sensu rien de tout cela et tout cela à la fois, les poètes — loin de la fragmentation des savoirs et des arts. » … https://www.gwencatalaediteur.fr/babel-heureuse-la-revue 

Lien, site de la revue, vers le numéro 2, couverture et contributeurs…En exergue un extrait de l’entretien publié par Diacritik, définition de l’axe de la revue par son directeur créateur : « La revue voudrait ainsi faire advenir ce qui suffoque, rompt, libère, excède le langage en filet. »…  https://www.gwencatalaediteur.fr/revue-babel-heureuse-n2 

Lire, donc, l’entretien publié par Diacritik (excellent magazine que je lis intensément…). Très riche approche qui donne l’occasion de préciser la démarche et les intentions…  François Rannou répond aux questions de Johan Faerber. Ou comment naît une revue, de quels rêves, par quelles rencontres…  https://diacritik.com/2017/11/07/la-revue-babel-heureuse-... 

Je reviendrai sur ce numéro 2 (et un parcours du numéro 1) pour des lectures et regards...

MC San Juan

18/12/2017

Gilbert Lascault. Un regard essentiel...

ECRITS timides.jpgUn regard essentiel. Une écriture essentielle... 

Critique majeur que Gilbert Lascault.  Nourriture magique que ses chroniques lues régulièrement des années dans La Quinzaine littéraire (puis dans « En attendant Nadeau », en ligne). Livre essentiel que ses "Écrits timides sur le visible", de ces livres coups de foudre qu'on garde précieusement pour des relectures infinies (et qui entrent automatiquement dans la liste pour l'île déserte, réelle ou symbolique).  Bonheur de découvrir une année (il y a deux ans ?),  au Marché de la Poésie, chez Tarabuste, un magnifique volume regroupant critiques et oeuvres commentées, méditées. Une pensée essentielle. Un art. Car son écriture a cette tension entre poésie et philosophie qui est la marque des grands (en tout cas pour moi). Ce vers quoi on doit porter son exigence.  Gilbert Lascault réussit à faire de l'esthétique une éthique. Dans l'esprit (pour moi, encore) de Jankélévitch qui voyait l'éthique (penser la morale) comme un enjeu primordial de la philosophie. Je voyais cela, cette volonté de refuser le regard et les normes qui balisent des frontières sociales, dès les premières pages des "Écrits timides sur le visible".  (Sans parler du titre qui révèle tout de la démarche où le "je" se fait subjectivité humble, par la délicatesse de l'admiration qui effleure en refusant de brusquer avec de brutales affirmations de "sachant"). Leçons de regard d'un "maître" (comme on s'en choisit,  au pluriel). 

E. SAVEURS imprévues.jpgEt merveille, promesse de joies, encore des textes regroupés (voir le lien ci-dessous)… « Saveurs imprévues et secrètes », anthologie, choix de textes sur l’art de Gilbert Lascault, regroupés par  Camille Paulhan, chez Hippocampe éditions, octobre 2017. Chronique de Christian Limousin, sur « En attendant Nadeau »...  https://www.en-attendant-nadeau.fr/2017/12/05/gilbert-las...

«  Saveurs imprévues et secrètes », page de présentation sur le SITE des éditions HippocampeCitation : « Les textes réunis par Camille Paulhan pour ce volume sont issus de catalogues, de revues, d’actes de colloque ou de recueils variés, s’étirant sur une période allant de 1968 à 1994. Ils permettent d’appréhender la poésie d’une esthétique apparemment effilochée, manifestement énamourée et définitivement engagée. Les saveurs imprévues et secrètes, ce sont celles qui émanent des œuvres d’art et parmi lesquelles Gilbert Lascault nous guide, comme un nez manipulant des fragrances évanescentes. »…  http://www.hippocampe-editions.fr/actualites/495-gilbert-... 

Autres liens… 

E. TARABUSTE.jpgLe livre (superbe) paru chez Tarabuste, « Les chambres hantées de Gilbert Lascault » (Citation de la présentation : « Les chambres hantées » se veut le témoin d’un chaos. Mais l’impression de désordre qui règne dans les chambres de Gilbert Lascault est une impression fausse, comme est fausse l’idée que l’ensemble est chaotique. » (…) « Comprendre, expliciter le monde, serait donc un des rôles de l’artiste qu’est Gilbert Lascault. À l’instar de tous les artistes présents dans cet ouvrage, l’oeuvre de Gilbert Lascault comporte infiniment de lectures possibles. Ce que l’on prétend chaos n’est alors que cette infinité de lectures. »)… http://www.laboutiquedetarabuste.com/fr/collections/nouve... 

Page des éditions du Félin, introduction au livre de Gilbert Lascault, « Écrits timides sur le visible », 2008 (réédition, première parution en1979, coll.10/18). Extrait de la présentation : « Mais d’autres plaisirs naissent peut-être ailleurs: dans le flou, dans l’effiloché, dans le dispersé, dans l’impur, dans les ébauches de descriptions des particularités qui se refusent aux généralisations. / Loin des certitudes, hors des polémiques, bavard et balbutiant, éparpillé en textes non liés, un discours esthétique (parmi d’autres discours esthétiques possibles) peut tenter d’effectuer un certain parcours: discours nomade, vagabond, qui ne se connaît pas d’ennemis, qui ne se cherche pas de but, qui erre pour éviter l’ennui de son immobilité. Discours timide aussi, toujours un peu indécis. » / « Un tel discours ne sait pas s’il est ou non subversif. Il n’oserait pas se vanter de l’être. Il se croit plutôt inoffensif, un peu perdu, et (comme dit le langage populaire) toujours «à côté de ses pompes». Mais il ne fait pas semblant d’avoir une mission, une fonction, un rôle. Tenir un discours de ce type, c’est nécessairement ne pas vouloir que le monopole de la parole soit détenu par les «missionnaires», les «fonctionnaires», par tous ceux qui parlent selon leur fonction et dont on sait d’avance ce qu’ils vont dire. »… http://www.editionsdufelin.com/o-s-chap-r-373.html 

Essai (textes d’un colloque consacré à Gilbert Lascault), « Les Fables du visible et l'Esthétique fictionnelle de Gilbert Lascault », éd. La Lettre volée, 2003. Citation (présentation) : « Pour décrire le visible, Gilbert Lascault a recours à la fiction. Il invente ainsi une esthétique, plus soucieuse de déployer les ruses et la magie des images que de s’enfermer dans un système. Ce volume prend pour point de départ un colloque consacré à son œuvre qui a eu lieu à Amiens en mars 2002. ». Textes et bibliographie… http://www.lettrevolee.com/spip.php?article998 

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Un article de Roger-Pol Droit, Le Monde des livres, 15-05-2008… Citation... « Entrer dans le musée personnel qu'est son appartement ressemble fort à visiter un de ses textes, où cohabitent inimitablement fiction et philosophie, formes plastiques et tournures de phrases, avec un bizarre tempo lent, dans le genre fantastique chaloupé, qui transforme cette oeuvre rare en un monde délicieusement attachant… »… http://www.lemonde.fr/livres/article/2008/05/15/gilbert-l...

Portrait. "Critique d’art"… http://journals.openedition.org/critiquedart/1782 

Fiche wikipedia… https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilbert_Lascault 

Marie-Claude San Juan

16/12/2017

Alain Finkielkraut, celui que certains aiment détester... "Terrain miné" ?

FINKIELKRAUT 1.jpg« …Lorsqu’il  m’arrive de perdre mon sang-froid, c’est parce que je suis la cible  favorite de ceux qui n’ont que le mot “changement” à la bouche et pour qui rien ne bouge. »

Alain Finkielkraut

« En terrain miné ». Dialogue épistolaire avec Elisabeth de Fontenay). La page de l’édition…

(Citation éclairante, au sujet des humeurs d’Alain Finkielkraut, qui lui font parfois réagir vivement, maladroitement donc… Réponse indirecte à la polémique récente, et à d’autres…)... http://www.editions-stock.fr/en-terrain-mine-9782234083424 

Oui, la citation de Houria B. par Finkielkraut manquait de guillemets oraux ou écrits, mais la dérision portait sur les termes de ce vocabulaire racialiste qui n'est pas celui de Finkielkraut mais bien du PIR (dit-il)... Le constat qu'il faisait des présences des uns ou des autres n'était pas complètement faux, tout moqueur qu'il soit, même si ceux qui ont montré de l'émotion à la mort de Johnny Hallyday,  sans être forcément dans la rue, mais en écrivant, appartenaient à des communautés diverses. (Superbes hommages que j'ai partagés ici, preuve s'il en est). Mais faire de Finkielkraut un raciste de la même veine que ceux du PIR, c'est aussi stupide que de faire de Camus un "terroriste" (Camus est banni des bibliothèques turques pour ce qualificatif et pour ses idées que les résistants à la dictature d'Erdogan utiliseraient...). C'est de la mauvaise foi (ce qui se produit quand on détermine ses positionnements idéologiques avec des arguments qui déguisent et masquent  les raisons réelles, plus ou moins inconscientes - mais pas toujours inconscientes...). Finkielkraut dérange surtout parce qu'il refuse les dénis et dénonce l'antisémitisme (réel, ample, puisque le tiers des agressions racistes sont antisémites alors que les Juifs constituent 1% de la population française, agressions ayant été,  on le sait, jusqu'aux attentats meurtriers ciblés). Et s'il peut être parfois maladroit (à force d'être attaqué on a le droit de  montrer de l'humeur...) il reste l'intelligence qu'il a toujours été.  On le sait quand on l'a lu et quand on le lit. Mais ses interventions peuvent être passionnelles et ses analyses se perdre dans des détours de langage qui ratent leur but. Oui. Donc soyons lecteurs, capables de ne pas le suivre dans un pessimisme excessif (sur l'avenir) ou les négativités (regard sur le présent) tout en entendant des inquiétudes, légitimes cependant. Comme sont légitimes les critiques qu'on peut faire de ses positionnements quand il rejoint des auteurs qui devraient lui rester étrangers, par fidélité à lui-même (lire la chronique de Jean Birnbaum, lien ci-dessous).

Suis-je toujours d’accord avec Alain Finkielkraut ? Non, souvent pas du tout. Mais on peut exprimer des interrogations, des désaccords aussi, à condition de ne pas faire d’injustes procès fondés sur des interprétations erronées et des projections.

Je n’aime pas les polémiques haineuses de ceux qui visent autre chose que les termes utilisés dans un instant d’humeur. Ils auraient attaqué sur n’importe quoi, cherchant des prétextes pour nourrir une haine qui a d’autres raisons, dont l’antisémitisme de certains - de beaucoup - même masqué, ou le rejet de toute pensée qui réfute des complaisances identitaires ou idéologiques (mais parfois en tombant dans des pièges tendus en miroir, c’est vrai). Par contre je peux apprécier les réflexions critiques, et les trouver aussi nécessaires, si elles se situent dans un dialogue respectueux de l’être, quand elles viennent d’Elisabeth de Fontenay (livre à deux) ou de Jean Birnbaum. (Liens ci-dessous…). Pas de mauvaise foi, là. 

Voici la réponse d’Alain Finkielkraut lui-même à la polémique sur l’emploi du mot « souchiens », Marianne, 11-12-2017, par Thomas Vampouille… (Effectivement, on peut lui reprocher une maladresse (d’humeur, sans doute) mais lui attribuer une réelle adhésion au contenu idéologique d’une pensée empruntée à Houria Bouteldja de manière critique, c’est excessif. (Et ceux qui protestent ne sont pas toujours ceux qui ont critiqué le vocabulaire et l’idéologie du PIR)… S'il réfute c'est bien qu'il prend distance... (Et prend conscience d'une dérive de langage par imitation, provocation aux effets pervers). https://www.marianne.net/societe/souchiens-alain-finkielk... 

La chronique que je propose en lecture ci-dessous est nécessaire… Elle est de Mathieu Bock-Côté (Québec), Figaro.fr, 14-12-17… Il décrypte les attaques portées contre un intellectuel français, avec un recul qui rend l'analyse plus pertinente encore, hors passions locales... (Que ceux qui aiment détester Alain Finkielkraut lisent, eux aussi)... http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2017/12/14/31002-2017121...

LIENS complémentaires, dont réflexions critiques… 

« De quoi Alain Finkielkraut est-il le nom? », Le Point, 02-05-2014, par Sébastien Le Fol… http://bit.ly/2j6rKTx 

« Cinq livres clés de Finkielkraut », Le Point, 11-04-2015, par Thomas Mahler … http://www.lepoint.fr/politique/5-livres-cles-de-finkielk... 

Elisabeth Badinter, « L’équation Finkielkraut = Zemmour = FN est absurde », Le Point, 11-04-2015… http://bit.ly/2k2JOiv 

 « En terrain miné ». Livre de dialogue, introduction et extraits. Par Anne Rosencher. « Elisabeth Fontenay et Alain Finkielkraut : Ce qui nous oppose »… Amitié malgré des désaccords (et nourrie par eux). L’Express, 07-09-2017… http://bit.ly/2k4RDnO 

« Alain Finkielkraut joue avec le feu ». Par Jean Birnbaum, Le Monde, 23-10-2013 . Une critique d’autant plus intéressante qu’elle part de la lecture attentive et critique des textes d’une oeuvre qu’il connaît bien (ici d’un livre surtout, précisément), sans acrimonie personnelle, en disant une inquiétude sur des proximités avec des idéologues qui n’aident pas à penser. Il pose la question d’une trahison de l’auteur par lui-même, en comprenant les racines d’une évolution avec laquelle il n’est pas en accord du tout. Mais il ne rejette pas tout des questionnements et de leurs raisons… Passionnante chronique, où Alain Finkielkraut n’est pas une cible (comme souvent ailleurs) mais un auteur traité en interlocuteur problématique par certains aspects. Jean Birnbaum peut être dur, mais pas injuste… http://lemde.fr/2kBFh63 

Fiche wikipediahttps://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Finkielkraut

.........

MISE à JOUR, 18-12-17. Chronique. Sarah Cattan répond avec humour (et plus) à la polémique autour d’Alain Finkielkraut. Tribune juive, 17-12-17… http://www.tribunejuive.info/opinions/finkie-mets-nous-de...

09/12/2017

Hommage populaire... Johnny.

JOHNNY.jpg" En nous quelque chose de...". Quand un artiste populaire touche des millions de gens pendant des décennies...Un être qui a ému, même par ses propres fêlures, où d'autres se reconnaissent aussi... Une voix (et la voix c’est de l’ordre de l'âme). Très aimé. Il est allé au bout de ses rêves avec son chant. Un visage. Une vie dense et du don.

Ceci, qui précède, c’est ma première réaction, posée en post sur Facebook. Parce que cette mort m’a émue un peu comme ces foules. D’abord j’entendais le « ding ding dong… salut les copains ! » rappelé par les radios, symbole d’un commencement, d’espoirs et révoltes mêlés. Et je sentais que des choses disparaissaient avec lui, Johnny, de chacun de nous et de l’histoire de ce pays. Car ce n’est pas rien qu’un élan qui part de la musique et de la danse pour faire émerger plus tard une révolution de moeurs. Le rock lancé par un jeune qui bouge autrement et qui énerve la génération précédente, peut-être inquiète d’un mouvement dont on ne sait pas ce qu’il fera de la société et des destins. Rien de politique, en apparence, dans ces chansons de « l’idole des jeunes », dans les mélodies berçant des slows avec des mots. 

RESTER.jpgÉmouvant itinéraire qui suit les vies des uns et des autres, quand il se marie, et d’autres de même, divorce, et d’autres aussi. Miroir de nos fêlures, questions. Et énergie qui transcende. Donc il y a du sens. Et justement, lui, transforme sa vie en destin, qui parfois rejoint la tragédie, parfois se perd apparemment dans des galeries de glaces, mirages des grands, des fuites, d’autre chose, des souffrances et peurs qui remontent. 

Sauf qu’il rebondit. Et ceux qui l’écoutent avec lui (beaucoup de ses « fans » témoignent de passages de leurs vies où ses chansons, sa voix, les ont aidés, contre le désespoir ou même l’envie de mourir, ou simplement pour supporter un quotidien lassant ou trop solitaire, avant de retrouver un équilibre et de changer). 

Énergie. On aime cela, l’énergie de chanteurs ou acteurs (de ces artistes les plus populaires) qui font capter quelque chose de cette énergie corps-conscience qu’on sait tous avoir en soi : la voir ainsi transfigurée renvoie un écho. C’est peut-être cela, un mystère capté, qui fascine et fait aimer. Et des connexions d'inconscient à inconscient (individuel et collectif).

Lui en a plus que bien d’autres, de l’énergie. Et cela passe par un corps sensuel (donc une beauté de cet ordre), par des yeux au regard intense, un visage qui vieillit avec le temps (comme tous) mais qui, marqué, intensifie son expression. Ses visages successifs se superposent, puisque tous sont connus, et il est l’enfant blessé et l’ami contemporain ou même le père, tout cela.

Donc j’étais émue et j’écoutais plutôt avec plaisir les chansons passées et repassées (radio, télé). « Retiens la nuit », « Marie », etc. Diverses car paroliers divers suivant les époques, et de très bons. Des paroliers qui savent tous saisir (avec lui, donc par lui) ce que sa voix portera le mieux de lui, de son histoire même. Dont le rôle de ses femmes (les trois plus importantes). 

Émue, et énervée par des réactions stupides de certains snobs (comment dire autrement?), qui, réseaux sociaux, voulant montrer à quel point ils ne sont pas de la même engeance que cette populace, protestent contre les chansons qu’ils entendent de force (pourquoi ne pas fermer radio et télé dans ce cas?), contre l’hommage, indû (n’est-ce pas?), ces foules émotives et, même, les personnalités qui disent leur peine. Commentaires agacés sous les articles ou posts contraires à leur malaise. Mais ceux qui assument d'apprécier ce chanteur "populaire" assument d'abord leur appartenance à autre chose qu'à des élites sociales se reconnaissant entre elles et balisant des frontières. Même s'ils sont très diplômés, et créateurs autrement. Sans doute conscients de racines sociales humbles, et d'une proximité avec leurs "pareils", dans le fond... 

Mais, quand j’ai vu les images du défilé menant le convoi funéraire à la Madeleine (ou de groupes, ailleurs, rendant hommage en chantant dans d’autres villes), j’ai aimé cette foule capable de tant d’amour, pour avoir reçu, longtemps, des chansons. Je regardais les visages, écoutais. En me disant que ce pays était spécial, d’être capable d’un tel ensemble dans le chant ou le grand silence, élan de foule sans le désordre passionnel des foules (comme pour la marche silencieuse après les attentats : ou pour écouter Johnny Hallyday chanter ensuite ce dimanche de marche, à République). Et que ces gens me plaisaient, somme d’individualités sympathiques, soudées par le partage. Je me demandais quelle impression cela pouvait faire de l’étranger (nous trouvera-t-on ridicules ou touchants ? étranges ? remarquables à notre façon ?). Peu importe. Symbole fort que la place du chant, de la musique, des foules sans peur, dans le contexte actuel des haines intégristes de la musique et des menaces terroristes. 

Un enfant, dix ans peut-être, interrogé par un journaliste (étonné de le voir, ému, chanter avec les autres, connaître les paroles comme les adultes) répond : « Bien sûr qu’on peut aimer Johnny quand on est un enfant. Il n’y a pas d’âge pour aimer Johnny ! ».

Un jeune homme dit être venu de Hong Kong et repartir le lendemain. Trop important pour lui. 

D’autres, la génération du chanteur, ont l’émotion de la mémoire d’adolescence, lointaine… La peine de la mort de ses jumeaux d’âge… prescience de la sienne. Et l'empathie pour ses intimes (quatre enfants, femme, ex-épouses,amis), tout le monde sachant les deuils. 

Philippe Labro, parmi ceux qui ont parlé devant les proches et les moins proches, a évoqué (enregistrement, télé, émission spéciale) Nietzsche, le citant, pour rappeler que l’homme (l’humain…) est « une corde tendue au-dessus de l’abîme »). Oui, je le pense, Johnny Hallyday en était une figure, tendue au point de craquer parfois, s’étant brûlé aussi. Et finalement, emporté par la maladie , comme bien d’autres. Mais artiste jusqu’au bout, pour affronter l’abîme, ou lui présenter un visage sans renoncement.

J’ai écouté (émission spéciale, télé, encore) le sociologue Michel Fize, qui, reprenant la formule d’Emmanuel Macron (qui a réussi son hommage) dit préférer le terme « héraut » à « héros » pour Johnny. Car, expliqua-t-il, porteur d’une parole de liberté, la chanson devenant une thérapie qui guérit (preuve : des témoignages). La variété, a-t-il ajouté, est un genre noble. D’où le « merci » exprimé par beaucoup (et inscrit sur la tour Eiffel…). 

C’est donc un jour particulier, un événement riche de sens, même si nous sommes, pour la plupart, plus observateurs qu’acteurs présents dans la foule. Par l’émotion à la nouvelle de la mort du chanteur. Et par la manière dont cela a été exprimé et porté de la foule anonyme aux personnalités connues (politiques aussi, sauf M. Le Pen, refusée par la famille), jusqu’au pouvoir, président actuel et présidents récents… Tous touchés vraiment. Effet d’onde.

Populaire, marque d’une certaine vérité, pour l’art. Les gens ne viennent pas aux concerts par hasard, pas parce que la pub est bonne (cela ne dure pas), et ils n’achètent de disques que pour les écouter… Tous avec … « Quelque chose de Tennessee », dans l’oreille et symboliquement.

Et ce malgré la distance qui fait qu’on apprécie de loin, sans connaître plus que son art, un grand chanteur, d’une génération mais pour plusieurs… Distance mais perception de pans de vie, autre connaissance malgré tout. Et un visage peut suffire à capter beaucoup.

VOIX… Une voix, et c’est beaucoup. On sent inconsciemment que c’est plus que ce qu’on croit, une voix. Cela vient d’un corps et de beaucoup plus qu’un corps. Cette voix traduisait une énergie d’amour, c’est cela que les gens sentaient, et ils savaient que l’énergie circulait, trouvait en eux le point dense qui répondait. Le peuple (simple et divers, peu lettré ou très cultivé, mais dans tous les cas instinctif) a des intuitions pour reconnaître un mystère qui lui parle de chacun. Un peuple, cela peut devenir une foule haineuse, si des meneurs la manipulent, des autocrates avec du charisme. Si le peuple n’est que foule il peut être très bête. Mais là, justement, les foules aimant Johnny Hallyday, et lui rendant hommage, n’avaient de collectif que le partage, et restaient une somme d’individualités. Visages devant un visage. 

MUSIQUE… Une cérémonie de deuil qui laisse la joie d’être passer. Et la joie de la musique. Rock, bien sûr, chansons, et le rappel (par La Quête, pour clore la cérémonie) de ce que Jacques Brel représentait pour Johnny Hallyday.

LIENS… 

SITE officielhttp://johnnyhallyday.com 

Fiche wikipediahttps://fr.wikipedia.org/wiki/Johnny_Hallyday  

Paroles des chansonshttps://www.paroles.net/johnny-hallyday 

Écoute, sur Deezerhttp://www.deezer.com/fr/artist/1060  

Articles… Le Monde, 06-12-17, « Notre seule rock star »…http://lemde.fr/2AGM1Ht   

Parcours de vie, Le Monde, 06-12-17…http://lemde.fr/2BDm36W 

Revue de presse interne, Libérationhttp://bit.ly/2nM4OON 

Évocation d’un attrait pour des questions métaphysiques, Le Figaro, « Un désir d’au-delà », 08-12-17… http://bit.ly/2jleIp8  

L’hommage populaire, Le Monde, 09-12-17… http://lemde.fr/2B6SCxt

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MISE à JOUR, 11-12-17, et autres liens...

Déjà, je recopie ce message trouvé sur la page Facebook dédiée à Camus… (car... Johnny, Jean-Philippe Smet enfant, chez Camus… !)... https://www.facebook.com/AlbertCamusAuthor/ ...  "Alors que nous apprenons la triste nouvelle de la mort de Johnny Halliday, nous nous souvenons avec émotion que le petit Jean-Philippe Smet fit ses tout premiers pas sur scène en 1949, à l'âge de 5 ans, non pas en tant que chanteur mais comme figurant dans une mise en scène de "Caligula" d'Albert Camus à Londres. Or, il est avéré que Camus assista à la première de la pièce le 8 mars 1949. L'histoire ne dit pas si c'était le petit Jean-Philippe qui était sur scène ce soir là. En ce jour particulier, nous nous plairons à le croire. »

L’éditorial du Parisien, le 10-12-17, par Frédéric Vézard, titré « Un ange est passé » caractérise ce que Johnny Hollyday produit chez les gens, une force pour aimer. Et insiste sur la « bouleversante communion en musique ».

Hervé Gattegno (« Une idole et son peuple », JDD, 10-12-17) dit la même chose de cette ferveur (« La foule vibrait, chantait ») et de la musique.(« On attendait l’hommage, ce fut un concert »). Il justifie la grandeur de l’hommage que les Français ont voulu, eux, car, dit-il, le rebelle de la jeunesse a touché toutes les générations, en étant capable de se renouveler. Et aimé tel qu’il fut, imparfait donc humain, « fort et fragile comme un homme, simple et grand comme la France ». Il évoque Jean d’Ormesson, uni à lui par la date de leur mort (« l’aristocrate devenu populaire et le fils du peuple devenu un seigneur »). Texte fort, dommage qu’il ne puisse être lu en ligne… 

Johnny, vu d’Algérie. Un très bel hommage, ample, vibrant. Texte de Kacem Madani, Le Matin, 09-12-17, « Nos années d’or à Alger : Oh Johnny si tu savais ! ». Comment l’art d’un chanteur aide à vivre, donne l’élan pour se trouver. Texte nostalgique, car l’élan a été étouffé ensuite par un contexte dur. Mais en soi, ce qui vibre est toujours là…  http://www.lematindalgerie.com/nos-annees-dor-alger-oh-jo...

Autre hommage, venu du sud, lui, même sincérité. Traduction d’un itinéraire… Et comment ce qu’on aime ne se dit pas toujours, car les codes et les normes nous imposent de jouer des rôles, de rester dans les cadres qui s’imposent à nous… Dans Libératon, 06-12-17, Magyd Cherfi raconte son rapport avec les chansons de Johnny, d’abord aimé en cachette, en conflit de soi à soi. Et maintenant assumé totalement, intensément. « Johnny, plus qu’une voix »… http://www.liberation.fr/debats/2017/12/06/johnny-plus-qu...

... Mise à jour, 16-12-17… (Courrier international)

L’hommage vu de l’étrangerhttps://www.courrierinternational.com/article/vu-de-letra...   

Et particulièrement, côté anglais… https://www.courrierinternational.com/article/hommage-qua...

Johnny Hallyday symbole de « la résistance culturelle française » (il chantait en français, notamment). Point de vue d’un chroniqueur : « Johnny Hallyday était pourtant bien plus qu’une rock star, affirme ce chroniqueur britannique. Il était un trésor national. Et un sacré bon chanteur. »… https://www.courrierinternational.com/article/johnny-symb...

... Mise à jour 18-12-17... Le Point. Dossier…  http://www.lepoint.fr/dossiers/culture/johnny-hallyday-un...

28/07/2017

Kamel Daoud, lire et relire...

DAOUD .jpgKamel Daoud est primé pour une reconnaissance de son oeuvre de chroniqueur engagé pour les droits humains. Lui préfère se dire « concerné », et, oui, il l’est. Oeuvre marquée par la publication d’un choix, ample, de ses textes dans « Mes indépendances », livre publié par Actes Sud. Superbe.

Que ses chroniques soient lues abondamment, elles qui mettent en scène, en quelque sorte, le balancement subtil entre le total "oui" à la vie et la tension du "non". "Mes indépendances". Magnifique écriture d'un grand chroniqueur (nouvelliste et romancier aussi), mais l'écrivain est complètement présent dans les pages profondes, brillantes, du journaliste. Exercice de lucidité, processus de questionnement permanent. La critique, si on lit bien, porte sur les failles des deux rives. Aucune complaisance. Lecteur idéologue ou paresseux, sauvez-vous. Car Kamel Daoud ne propose pas le confort mais la secousse. Il secoue les préjugés, regrette que l'Algérie de 62 n'ait pas eu son Mandela (car un peuple métis en serait né, et une culture plurielle aurait pu être assumée). Il revendique fortement son algérianité (qui passe notamment par la langue). Et dans ce vital ancrage il entraîne Camus, dont il espère que l'Algérie arrivera à récupérer ses "cendres", au sens symbolique, c'est-à-dire à le revendiquer comme sien, autant si ce n'est plus que la France. Cela fait des années que je lis Kamel Daoud, et que je lis les commentaires que ses écrits entraînent. J'ai l'impression que, malgré les attaques qui perdurent (sur des erreurs de lecture), de plus en plus des Algériens le soutiennent, le comprennent, l'admirent.

CITATION, article de Livres Hebdo : « L’écrivain et journaliste Kamel Daoud vient d’obtenir ce jeudi 20 juillet le 16e prix Livre et Droits de l’Homme de la Ville de Nancy pour Mes indépendances, chroniques 2010-2016, pari en février chez Actes Sud. / Ce prix, sous la présidence d'honneur de Vincent Monadé, président du Centre national du livre, lui sera remis officiellement lors du 39e Livre sur la Place le vendredi 8 septembre à Nancy. De manière symbolique, cette année, le jury a souhaité dédié ce prix à l’écrivaine turque Asli Erdogan, qui, après avoir été incarcérée 136 jours, attend son procès et risque la prison à vie. »... Texte intégral...http://www.livreshebdo.fr/article/kamel-daoud-laureat-du-... 

« Mes indépendances », page de l’éditeur… http://www.actes-sud.fr/catalogue/societe/mes-independances 

25/07/2017

CHINE. Liu Xiaobo et Liu Xia sacrifiés en silence…

ELEGIES LIU XIAOBO.jpg« Avant que tu rentres dans ta tombe, n’oublie pas de m’écrire une lettre avec les cendres de tes os, et de me laisser ton adresse dans le néant obscur. »

Liu Xiaobo, poème, cité par Libération, 11-12 déc. 2010.

Je reprends cet exergue posé sur une note ancienne, car il convient à la situation. C’est comme s’il se parlait à lui-même, maintenant, ou prêtait sa voix à sa femme… (Mes notes sur Liu Xiaobo ou Liu Xia se retrouvent en mettant le nom en recherche. Elles reviennent parfois un peu en désordre, bizarrement, 2010 avant 2013…).

On a réagi à la mort de l’écrivain avec peine, dans les réseaux sociaux, la presse, et pendant quelques jours les articles se sont succédé. 

Mais en même temps c’était avec une colère rentrée. Car c’est comme si le silence l’avait enfoui toutes ces années, abandonné par le monde (en tout cas celui qui pouvait tenter d’intervenir, les gouvernants - à part des communiqués prudents). Les actions des associations militantes des droits humains n’auront pu le faire délivrer, ni faire cesser le contrôle absolu de la vie de sa femme. Et nous, impuissants, malgré des mots jetés comme des bouteilles à la mer, sur des blogs ou sur des pages de journaux.

VIVRE.jpgD’une certaine manière il aura été amené à la mort, la maladie étant accélérée par des conditions dures de privation de liberté et par les émotions qui devaient être les siennes.

Des années volées.

Il ne faut pas oublier sa femme (voir la pétition associée à un article d’Amnesty international). 

Poète et artiste (ou deux fois artiste) elle a vécu la prison de la séparation, et elle vit maintenant son deuil dans la solitude que lui impose le régime.

Le prix Nobel donnait un retentissement à cet emprisonnement, mais n’a pas changé le regard du pouvoir.

Il fut le visage symbolique de l’ensemble de ceux qui sont arrêtés pour avoir écrit, ou dit, ou en avoir défendu d’autres (les avocats sont nombreux à être poursuivis…). N’oublions pas les autres : blogueurs, journalistes, dissidents divers (dont les adeptes du Falun Gong, qui, pour le régime, ont le tort de critiquer le PC chinois et de revendiquer, comme d’autres révoltés, la démocratie).

J’ai choisi quelques liens, dont une vidéo magnifique d’Amnesty, des articles, et une note d’un site qui mérite consultation pour beaucoup de ses pages, La Chine autrement (où j’ai trouvé aussi une vidéo).

D’abord, deux vidéos… puis des articles ou pages de sites, dont une pétition (Amnesty).

Liu Xia lisant ses textes (poèmes de solitude, blog La Chine autrement)… http://bit.ly/2uzU6fG 

Et la magnifique vidéo d’Amnesty, sur le parcours de Liu Xiaobo… http://bit.ly/2uAkEgH 

Protestation de RSF après la mort de l’écrivain… http://bit.ly/2uh9iPp  

Présentation d’un livre dans la revue en ligne « Recours au poème », « Élégies du 4 juin » (Gallimard, coll. Bleu de Chine). Par Vincent Motard. Citations : « Vingt ans de poèmes. Un par an, pour l'anniversaire du 4 juin 1989, ce jour où des grévistes de la faim chinois, étudiants ou citadins lambda, ont été chassés de la place Tian’anmen. » (…) « Le poète dit non à cette fin possible de la résistance ; il écrit la mort, le sang, les mères en deuil, les jeunes qui ne vieilliront jamais, sa propre jeunesse qui hurle, qui saigne, qui pleure, mais surtout qui veut, non, qui exige de vivre, pas seulement de survivre ; le poing levé, avec de l'encre au bout des doigts. »… http://bit.ly/2vLK0qC 

Le livre, page sur le site de l’édition Gallimardhttp://bit.ly/2tFQDJw

Autre livre, « Vivre dans la vérité »… http://bit.ly/2w2tIZE

Sur Amnesty international en anglais, un article qui déplore la perte « d'un géant des droits humains ». Mais aussi, même page, une pétition pour la libération de Liu Xia, sous leur photographie… http://bit.ly/2tMohQb 

La pétition donnée ci-dessus est nécessaire car la situation de Liu Xia, poète et photographe, inquiète. Voir cet article du Monde (effrayant, ce qui est montré du moment des obsèques)… http://lemde.fr/2u0ysRc 

Des trois sites sur la Chine qui sont dans ma liste « Actu » (marge gauche en descendant) j’ai donc choisi de mettre un lien vers un des deux blogs critiques, La Chine autrement, pour une note récente sur les apparences et la réalité.... « Il y a beaucoup de raisons de se tromper sur les réalités chinoises »… http://bit.ly/2tM40fj  

On peut aussi consulter les dossiers « Chine » du Courrier international, Amnesty, RSF, Acat, HWR...

01/07/2017

Derrida : "J'ai senti qu'au fond j'appartenais à cette solitude"

DERRIDA.jpg"J'ai senti qu'au fond j'appartenais à cette solitude"

Jacques Derrida et son refus du communautarisme,  dans le même esprit qu'Amine Maalouf ou Amartya Sen... Même quand la communauté est un refuge, car subissant des attaques, même quand (natifs déplacés) on n'a de région qu'une terre mentale, trouver un équilibre entre le "dedans" de ses appartenances et de ses langages singuliers, et le "dehors" de l'identité commune. Juste humains. Même si cela fait traverser des zones obscures et solitaires. Lumineuses,  au bout du compte.

France Culture, 2O-01-2016... https://www.franceculture.fr/2016-01-20-une-enfance-doulo...

22/06/2017

France Culture supprimerait une émission sur la spiritualité ("les" spiritualités)...

LOGO CULTURE.pngUne émission sur la spiritualité ("les" spiritualités...) supprimée par France Culture... 

(« Discussions du soir », de Leili Anvar). Grave erreur, dans une période où des fondamentalismes intégristes guettent les esprits faibles pour en faire des "martyrs" meurtriers, où des faiseurs de haine cherchent à stigmatiser les uns pour les crimes des autres, où l'ignorance crée des monstres là où il n'y a que pensée... Et dans un moment de l'histoire humaine où des consciences cherchent à penser un sens de la vie et de l'humanité en dehors des dogmes et des frontières religieuses, en supprimant une émission éclairante on renvoie les gens à la pauvreté des messages diffusés en nombre par des propagandistes divers et habiles. Que l'on soit croyant ou agnostique, mystique ou indifférent, la spiritualité fait partie du patrimoine humain et la rejeter est une aberration qui nie une réalité collective, universelle.

L’émission (divers intervenants)… https://www.franceculture.fr/emissions/les-discussions-du... 

Les soirs de Leili Anvar.. https://www.franceculture.fr/personne-leili-anvar.html 

Portrait de Leili Anvar (site d’une agence de voyages en relation avec la spiritualité)…  http://www.voyages-interieurs.com/voyager-eveille/nos_int...

PÉTITION (Change)…. http://bit.ly/2sFupaI