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07/06/2019

LIU XIAOBO, ombre et lumière de la Chine

HASKI LIVRE .jpgPourquoi ce titre ? Liu Xiaobo, ombre et lumière de la Chine... 
Ombre, oui, car une tache sur l’histoire de la Chine, tache retentissante autant que le massacre de la Place Tiananmen, ou la persécution des Ouïghours et des adeptes du Falun gong.
Lumière, car honneur d’une culture formidable, celle des lettrés chinois ouverts à la culture du monde tout autant que maîtres de leur culture séculaire.
Et c’est bien ma double perception du pays, ombre et lumière. D’un côté une culture que j’apprécie au plus haut point, étant nourrie de textes des grands penseurs chinois, et passionnée par les pratiques associées au taoïsme qui est une racine fondamentale de cette culture. De l’autre un régime qui me fait être signataire de pétitions encore et encore, tant il y a de problèmes…
 
CHINE PHILO.jpgJe reviens sur la Chine pour avoir lu un article qui m’a donné envie de repréciser un certain nombre de points.
CHINE VERITE .jpgC’est l’excellente chronique d’Alain Frachon dans Le Monde du 7 juin. Titre papier : "Histoire d’un grand chinois". Très juste. Liu Xiaobo, c’est exactement cela, une immense conscience. 
CHINE JUIN.jpgAlain Frachon montre que les deux grands impensés, les deux refoulés majeurs (cause de répression pour ceux qui veulent en parler) sont, d’égale manière, Liu Xiaobo et la Place Tananmen. Il analyse les causes de cette peur du pouvoir chinois. Et le paradoxe de cette peur. Car la Chine peut aussi être fière du chemin fait (famine et misère vaincue, progrès économiques et techniques indéniables). Mais la honte de la Chine est double. La manière dont le mouvement démocratique fut réprimé, dans la violence meurtrière, en 1989. Et le traitement atroce qui fut réservé au grand auteur (et Prix Nobel) Liu Xiaobo. (Et à sa femme, Liu Xia, photographe et poète, des années en résidence surveillée, privée de contacts avec son mari, forcée d’accepter qu’il n’ait pas de tombe, mais enfin réfugiée en Allemagne, tout récemment). Liens sur elle (dont ses photos, en fin de note).
Pourquoi cette peur du pouvoir ? Parce que les dissidents démocrates mettent en question la puissance du parti communiste, et portent en eux les prémices possibles d’une transformation qui serait la fin du monopole du PCC (de ce parti qui s’accorde avec un capitalisme dont il tire bénéfice). La Charte  08, de 2008 (dont Liu Xiaobo fut un rédacteur) préparait une libéralisation du système chinois, avec un parfum de liberté occidentale.
Cette histoire, dit Alain Frachon, "est la part d’ombre du succès de la Chine de ces trente dernières années, facette sombre mais inséparable d’un pays en passe de devenir la plus grande puissance du monde." Il rappelle la nécessité de lire les essais de Liu Xiaobo (comme,dit-il, le recommandait Simon Leys, sinologue avisé). Et il redonne les références du livre de Pierre Haski, "Liu Xiaobo : L'Homme qui a défié Pékin" (le film est à voir en replay sur Arte jusqu'au 3 juillet)...
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ESSAIS de Liu Xiaobo, éd. Gallimard
La philosophie du porc / Vivre dans la vérité / Élégies du 4 juin...
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Sur Liu Xia, article au moment de son départ, enfin, de Chine, HuffingtonPost
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Et son arrivée en Allemagne, Le Monde...
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Fiche Wikipedia. Liu Xia
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Photographies de Liu Xia...

06/06/2019

TIAN'ANMEN 30 ans après. Mémoire pour la Chine... (Et, juin 2019, Hong Kong + répression Chine)

CHINE.jpgLa Chine est à la fois un pays de grande culture, une économie développée, et un régime qui allie capitalisme et dictature du parti communiste. La répression concerne tout positionnement critique du parti au pouvoir, et toute minorité « dérangeante » ou mouvement réclamant la démocratie.
 
Dans la note de Global Voices des informations sur la réalité de la répression en Chine. Et sur l’occultation du massacre du 4 juin 1989, Place TianAnmen.
 
CITATIONS... 
"Le Parti communiste chinois n'a jamais reconnu publiquement ces événements ni soumis ses actes à une enquête indépendante."
(...)
"Global Voices couvre ce sujet depuis plus d'une décennie. Cette année, nous commémorons le 30ème anniversaire de ce qui a conduit au massacre du 4 juin, afin de remplir notre devoir de garder vivant le souvenir de ces événements, malgré la persistance de Pékin à nier la vérité historique élémentaire."
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La fiche Wikipedia est un véritable dossier sur Tiananmen. Historique des événements, contexte géopolitique, répression, références, bibliographie et liens.
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PÉTITION, Amnesty Belgique... CONTRE LA RÉPRESSION...
"30 ans après Tiananmen, la Chine réprime toujours les militants"...  
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"Des balles et de l’opium", livre de Liao Yiwu, écrivain exilé à Berlin (ami de Liu Xiaobo, le Prix Nobel décédé en prison). Liao Yiwu écrit la mémoire de cette tragédie. Le Monde, 28-05-19...
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Deux livres importants sur la mémoire de Tiananmen…Le Monde, 29-05-19
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LISTE de 11 LIVRES sur TIANANMEN. Babelio (dont les "Élégies du 4 juin", de Liu Xiaobo)...
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MISE à JOUR, 17-06-19
HONG KONG… 
Deux millions de manifestants à Hong Kong. Refus de la loi d’extradition que voulait imposer le pouvoir local (contrôlé par Pékin), et malgré le recul (provisoire ?) la foule maintient l’action. Huffingtonpost... 
 
"Les signes d'une crise existentielle sous le joug de Pékin". Le Monde, 13-06-19. Car des éléments justifient l’inquiétude des Hongkongais qui ne veulent pas perdre leur autonomie et leur liberté d’expression (comme la détention de libraires et éditeurs hongkongais en 2016).  Xi Jinping est très répressif et fait pression sur le pouvoir local….
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MISE à JOUR, 17-06-19. Répression des adeptes du Falun gong.
La répression des adeptes du Falun Gong (que les ambassades 
présentaient comme un chi qong parmi les meilleurs de Chine,
jusqu'à ce que ce mouvement conteste la dictature du PCC...).
 
Arte... https://bit.ly/2x0pRil
Propagande, et torture. AgoraVox. Tribune… https://bit.ly/2MR8Hyo

05/06/2019

SOLIDARITÉ. Mohamed Ould Cheikh MKhaïtir, blogueur mauritanien, est toujours prisonnier

mohamed ould mkhaïtir,mkhaïtir,mauritanie,blogueur,liberté de conscience,droits humains,abdoulaye bah,pétitionsSur Global Voices, article d’information d’Abdoulaye Bah, avec plusieurs extraits de textes d'associations, blogs, ou sites de presse, et le communiqué d’Amnesty international.
CITATION : "Trente-deux organisations de défense des droits humains ont lancé une campagne mondiale pour exiger la libération et la protection de Mohamed Ould Mkheitir. Cet ingénieur, âgé de 33 ans est toujours détenu au secret alors qu’une cour d’appel a ordonné il y a un an de commuer sa peine de mort en une détention de deux ans d'emprisonnement.  Ayant déjà fait 3 ans de détention préventive, il aurait du être libéré depuis un an."
…………………………………………
TRIBUNE des avocats de Mohamed Ould Cheikh Mkhaïtir. Le Monde, 31-05-2019.
EXTRAITS….
"Le 22 juin, les Mauritaniens éliront un nouveau président de la République. Cette transition politique offre à l’actuel chef de l’Etat une opportunité sans précédent de clore le dossier du blogueur Mohamed Ould Cheikh Mkhaïtir, en détention depuis cinq ans pour avoir tenu des propos qualifiés de blasphématoires."
(...)
"En décembre 2013, Mkhaïtir avait publié un article en ligne qui dénonçait la justification religieuse apportée au maintien du système de castes en Mauritanie, que certains Mauritaniens légitimeraient – à tort, selon le blogueur – en s’appuyant sur des exemples de la vie du prophète Mohammed. Mkhaïtir appartient lui-même à la caste marginalisée des forgerons. Quelques jours après sa prise de position, le blogueur est arrêté et inculpé d’apostasie.
En décembre 2014, après un an de détention préventive, Mkhaïtir est condamné à mort pour apostasie et outrage au prophète Mohammed."
(...)
En novembre 2017, la cour d’appel de Nouadhibou réduit finalement la peine de Mkhaïtir à deux ans de prison et à une amende, pour mécréance.
(...)
"Mkhaïtir est maintenu en détention de manière arbitraire et injustifiée depuis le 9 novembre 2017, dans un lieu secret."
…………………………………………..
PÉTITION d’AMNESTY… 
Pour demander sa libération et sa protection (car il est menacé par des fanatiques)... https://www.amnesty.org/fr/get-involved/take-action/mauri...

26/01/2019

Gérard Dubois, "regard artistique sur la peine de mort"

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Le titre peut surprendre quand on sait de quoi on parle. D'horreur, de terreur, de haine, de barbarie. 
La peine de mort.
Mais justement, cette persistance archaïque des modalités de traitement des crimes, concerne par son horreur même les artistes, et eux en premier lieu.
Car comment pouvoir créer de la beauté par les mots, la musique, ou les images, si on reste indifférent au sort d'humains qui, pendant qu'on écrit, pendant qu'on crée, souffrent la torture dans un couloir de la mort ? Car cette attente de la mort ou de la grâce est une torture, un martyre. 
Aucun crime ne justifie que nous devenions collectivement nous aussi, par délégation, criminels. Car si on accepte cela on partage la condamnation et la mise à mort. 
Et, drame supplémentaire, des innocents vivent cette terreur, anéantis par cette injustice.
La vivent aussi des poètes, des blogueurs, des artistes, des militants des droits humains, des dissidents refusant des dictatures. Condamnés pour avoir dérangé un régime d'oppression ou des intérêts. 
 
Dans des poèmes on peut crier contre cela. 
Sur des blogs on peut, en marge de son art si son art ne sait comment traiter ce sujet, dire. Informer.
 
Penser à la question de la peine de mort quand on suit la défense de personnes précises, ce n'est plus abstrait, on y met des visages, comme celui de Serge Atlaoui, innocent prisonnier du couloir de la mort depuis dix ans en Indonésie, ou celui de condamnés sauvés du pire mais encore prisonniers, comme le poète palestinien Ahsraf Fayad (prisonnier en Arabie saoudite, pour des poèmes) ou le blogueur mauritanien Mohamed Mkhaïtir (qui devrait être libéré depuis plus d'un an et ne l'est toujours pas...), ou Asia Bibi (Pakistanaise chrétienne condamnée à mort pour un "blasphème" - avoir bu de l'eau, souillée par elle d'après les intégristes - puis acquittée après des années de prison, mais son sort est remis en question, par la protestation des islamistes et la cour qui accepte un appel contre son jugement d'acquittement). Sur ces personnes, voir les liens dans les marges de ce blog, listes à leur nom.
 
Gérard Dubois, illustrateur français qui vit au Canada, a créé un visuel pour le 7ème congrès mondial contre la peine de mort. 
Il a cherché à faire passer un message. Sur ce que devient l'être qui se sait condamné, comme s'il portait la mort en lui, comme s'il perdait son visage de chair.
Dans un entretien il explique sa démarche. (Et c'est sur la page d'ECPM - Ensemble Contre la Peine de Mort - qui donne le programme du congrès et des infos diverses).
Voici... 
Citation : " Il me paraissait important de mettre l’humain en avant, la personne humaine, celle qui est derrière la condamnation. / 
Lorsque j’ai esquissé cette superposition des deux visages, l’un mort, l’autre vivant, tout m’est apparu en place, tant sur le fond que la forme."
 
MC San Juan

28/07/2017

Kamel Daoud, lire et relire...

DAOUD .jpgKamel Daoud est primé pour une reconnaissance de son oeuvre de chroniqueur engagé pour les droits humains. Lui préfère se dire « concerné », et, oui, il l’est. Oeuvre marquée par la publication d’un choix, ample, de ses textes dans « Mes indépendances », livre publié par Actes Sud. Superbe.

Que ses chroniques soient lues abondamment, elles qui mettent en scène, en quelque sorte, le balancement subtil entre le total "oui" à la vie et la tension du "non". "Mes indépendances". Magnifique écriture d'un grand chroniqueur (nouvelliste et romancier aussi), mais l'écrivain est complètement présent dans les pages profondes, brillantes, du journaliste. Exercice de lucidité, processus de questionnement permanent. La critique, si on lit bien, porte sur les failles des deux rives. Aucune complaisance. Lecteur idéologue ou paresseux, sauvez-vous. Car Kamel Daoud ne propose pas le confort mais la secousse. Il secoue les préjugés, regrette que l'Algérie de 62 n'ait pas eu son Mandela (car un peuple métis en serait né, et une culture plurielle aurait pu être assumée). Il revendique fortement son algérianité (qui passe notamment par la langue). Et dans ce vital ancrage il entraîne Camus, dont il espère que l'Algérie arrivera à récupérer ses "cendres", au sens symbolique, c'est-à-dire à le revendiquer comme sien, autant si ce n'est plus que la France. Cela fait des années que je lis Kamel Daoud, et que je lis les commentaires que ses écrits entraînent. J'ai l'impression que, malgré les attaques qui perdurent (sur des erreurs de lecture), de plus en plus des Algériens le soutiennent, le comprennent, l'admirent.

CITATION, article de Livres Hebdo : « L’écrivain et journaliste Kamel Daoud vient d’obtenir ce jeudi 20 juillet le 16e prix Livre et Droits de l’Homme de la Ville de Nancy pour Mes indépendances, chroniques 2010-2016, pari en février chez Actes Sud. / Ce prix, sous la présidence d'honneur de Vincent Monadé, président du Centre national du livre, lui sera remis officiellement lors du 39e Livre sur la Place le vendredi 8 septembre à Nancy. De manière symbolique, cette année, le jury a souhaité dédié ce prix à l’écrivaine turque Asli Erdogan, qui, après avoir été incarcérée 136 jours, attend son procès et risque la prison à vie. »... Texte intégral...http://www.livreshebdo.fr/article/kamel-daoud-laureat-du-... 

« Mes indépendances », page de l’éditeur… http://www.actes-sud.fr/catalogue/societe/mes-independances 

25/07/2017

CHINE. Liu Xiaobo et Liu Xia sacrifiés en silence…

ELEGIES LIU XIAOBO.jpg« Avant que tu rentres dans ta tombe, n’oublie pas de m’écrire une lettre avec les cendres de tes os, et de me laisser ton adresse dans le néant obscur. »

Liu Xiaobo, poème, cité par Libération, 11-12 déc. 2010.

Je reprends cet exergue posé sur une note ancienne, car il convient à la situation. C’est comme s’il se parlait à lui-même, maintenant, ou prêtait sa voix à sa femme… (Mes notes sur Liu Xiaobo ou Liu Xia se retrouvent en mettant le nom en recherche. Elles reviennent parfois un peu en désordre, bizarrement, 2010 avant 2013…).

On a réagi à la mort de l’écrivain avec peine, dans les réseaux sociaux, la presse, et pendant quelques jours les articles se sont succédé. 

Mais en même temps c’était avec une colère rentrée. Car c’est comme si le silence l’avait enfoui toutes ces années, abandonné par le monde (en tout cas celui qui pouvait tenter d’intervenir, les gouvernants - à part des communiqués prudents). Les actions des associations militantes des droits humains n’auront pu le faire délivrer, ni faire cesser le contrôle absolu de la vie de sa femme. Et nous, impuissants, malgré des mots jetés comme des bouteilles à la mer, sur des blogs ou sur des pages de journaux.

VIVRE.jpgD’une certaine manière il aura été amené à la mort, la maladie étant accélérée par des conditions dures de privation de liberté et par les émotions qui devaient être les siennes.

Des années volées.

Il ne faut pas oublier sa femme (voir la pétition associée à un article d’Amnesty international). 

Poète et artiste (ou deux fois artiste) elle a vécu la prison de la séparation, et elle vit maintenant son deuil dans la solitude que lui impose le régime.

Le prix Nobel donnait un retentissement à cet emprisonnement, mais n’a pas changé le regard du pouvoir.

Il fut le visage symbolique de l’ensemble de ceux qui sont arrêtés pour avoir écrit, ou dit, ou en avoir défendu d’autres (les avocats sont nombreux à être poursuivis…). N’oublions pas les autres : blogueurs, journalistes, dissidents divers (dont les adeptes du Falun Gong, qui, pour le régime, ont le tort de critiquer le PC chinois et de revendiquer, comme d’autres révoltés, la démocratie).

J’ai choisi quelques liens, dont une vidéo magnifique d’Amnesty, des articles, et une note d’un site qui mérite consultation pour beaucoup de ses pages, La Chine autrement (où j’ai trouvé aussi une vidéo).

D’abord, deux vidéos… puis des articles ou pages de sites, dont une pétition (Amnesty).

Liu Xia lisant ses textes (poèmes de solitude, blog La Chine autrement)… http://bit.ly/2uzU6fG 

Et la magnifique vidéo d’Amnesty, sur le parcours de Liu Xiaobo… http://bit.ly/2uAkEgH 

Protestation de RSF après la mort de l’écrivain… http://bit.ly/2uh9iPp  

Présentation d’un livre dans la revue en ligne « Recours au poème », « Élégies du 4 juin » (Gallimard, coll. Bleu de Chine). Par Vincent Motard. Citations : « Vingt ans de poèmes. Un par an, pour l'anniversaire du 4 juin 1989, ce jour où des grévistes de la faim chinois, étudiants ou citadins lambda, ont été chassés de la place Tian’anmen. » (…) « Le poète dit non à cette fin possible de la résistance ; il écrit la mort, le sang, les mères en deuil, les jeunes qui ne vieilliront jamais, sa propre jeunesse qui hurle, qui saigne, qui pleure, mais surtout qui veut, non, qui exige de vivre, pas seulement de survivre ; le poing levé, avec de l'encre au bout des doigts. »… 

Le livre, page sur le site de l’édition Gallimardhttp://bit.ly/2tFQDJw

Autre livre, « Vivre dans la vérité »… http://bit.ly/2w2tIZE

Sur Amnesty international en anglais, un article qui déplore la perte « d'un géant des droits humains ». Mais aussi, même page, il y avait une pétition pour la libération de Liu Xia, sous leur photographie… http://bit.ly/2tMohQb 

La pétition donnée ci-dessus était nécessaire car la situation de Liu Xia, poète et photographe, inquiétait. Voir cet article du Monde (effrayant, ce qui est montré du moment des obsèques)… http://lemde.fr/2u0ysRc 

Sur un blog critique, La Chine autrement, une note récente sur les apparences et la réalité.... « Il y a beaucoup de raisons de se tromper sur les réalités chinoises »… http://bit.ly/2tM40fj  

On peut aussi consulter les dossiers « Chine » du Courrier international et tags presse, Amnesty, RSF, Acat, HWR...

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MISE à JOUR après le décès de Liu Xiaobo.

...... FICHE WIKIPEDIA... LIU XIAOBOdécédé le 13 juillet 2017 en prison. Le pouvoir fit disperser ses cendres dans la mer... Sa femme Liu Xia (poète et photographe) a réussi, finalement, à quitter la Chine, après bien des épreuves. Elle est réfugiée en Allemagne...  https://fr.wikipedia.org/wiki/Liu_Xiaobo 

....... Qui était le Prix Nobel de littérature Liu Xiaobo, mort en captivité ?, FranceTVinfo...  https://www.francetvinfo.fr/monde/chine/qui-etait-liu-xia...

……. ....... "L’hommage impossible", en Chine. La Chine veut effacer sa mémoire… http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20180712-chine-mort-liu-...

16/12/2016

ALEP. « Ils voulaient juste être libres »….

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Même analyse, « La mort de l’humanisme », Courrier international (source Al-Hayat, La Vie, Londres, journal des intellectuels arabes libéraux) : http://www.courrierinternational.com/article/syrie-alep-l... 

« Je pense à la Syrie et je me mets à pleurer ». Entretien (passionnant) avec l’historien syrien Farouk Mardam-Bey, décembre 2014, Orient XXI. propos recueillis par Sylvain Cypel. On comprend autrement… Voir sa conclusion, notamment, sur ce qui limite la solidarité internationale… http://orientxxi.info/magazine/je-pense-a-la-syrie-et-je-... 

Même site, Orient XXI (France) mais éditorial du 10 décembre 2016. "Requiem pour la Syrie" (analyse géopolitique)… http://orientxxi.info/magazine/requiem-pour-la-syrie,1621

« Ma déshumanisation », chronique de Rania Raad Tawk, L’Orient Le Jour, Beyrouth. Sur Alep, la télévision, notre regard, l’impuissance… http://www.lorientlejour.com/article/1024514/ma-deshumani... 

Lettre du Liban, Courrier international, source L'Orient-Le-Jour, Beyrouth, "Pourquoi François Fillon a tout faux sur la Syrie"... http://www.courrierinternational.com/article/lettre-ouver...

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MISE à JOUR 16-12-16, Libération du 16-12-16,  … « Notre barbare », éditorial de Laurent Joffrin, qui rappelle le cynisme qui fut celui des USA soutenant les dictateurs d’Amérique du Sud en pensant que cela servirait le combat contre le communisme de l’URSS (« «Ce sont des barbares mais ce sont les nôtres.»). Et il insiste sur le fait que le même argument est utilisé avec Assad (protection du régime dictatorial censée aider la lutte contre le terrorisme, alors que le pouvoir syrien s’est servi des terroristes et du terrorisme contre les opposants).  « On parle à Poutine. Mais c’est parler à un sourd volontaire, qui poursuit implacablement son entreprise de retour sur le théâtre moyen-oriental pour flatter le nationalisme grand-russe dont il se nourrit. Telle est la réalité des faits, dégagée des artifices de la désinformation dont nous faisons ici justice. Soutenir Al-Assad, ce n’est pas lutter contre le terrorisme. C’est conforter un tyran qui se sert du terrorisme comme repoussoir pour se maintenir au pouvoir. Alors que seule une solution politique sans Al-Assad aurait permis de trouver une issue acceptable à cette guerre qui finit par déshonorer la conscience internationale. »... http://www.liberation.fr/planete/2016/12/16/notre-barbare... 

Dans le même numéro de Libération un dossier ("Faux et usage de faux") décrypte les désinformations diverses qui circulent (principalement celles de ceux qui ont le plus de pouvoir pour les diffuser, Syrie et Russie : sites russes en langues, vidéos trompeuses etc.). Sur les opposants, sur la « lutte » contre l’EI (pas à Alep), sur l’apparente liesse des civils à la « libération » d’Alep, sur la soi-disant protection des chrétiens syriens (quand la représentante de « Syriens chrétiens pour la paix », Samira Moubayed, explique le contraire)… Informations grâce aux échanges avec d'anciens contacts vivant à Alep, aux sources fondées sur le travail d'agences de presse internationales (qui ont des correspondants locaux), et aux enquêtes sur le terrain d'organismes spécialisés comme "L'Institute for the Study of War" et le think tank "Atlantic council". http://www.liberation.fr/planete/2016/12/16/alep-faux-et-... 

Sur la propagande russe en France, Libération, 16-12-16, « Russia Today et Sputnik, les voix de Moscou ». Citations : « Ces outils de «soft power» peu subtils relaient la propagande russe en France via Facebook ou YouTube. Et bientôt à la télé.  /  D’un côté, RT France (pour Russia Today France) : 245 000 abonnés sur Facebook, 83 000 sur Periscope et 25 millions de vidéos vues sur YouTube. De l’autre, Sputnik : 262 000 suiveurs sur Facebook pour la version hexagonale et 33 000 sur Twitter. Les deux médias, directement liés à l’Etat russe, sont les relais les plus puissants de la guerre de l’information déclenchée par Moscou. Elle est telle que, fin novembre, le Parlement européen a adopté une résolution s’alarmant de la campagne d’intoxication orchestrée par le Kremlin. Proches des partisans français de Vladimir Poutine, dont le Front national qu’ils suivent d’un œil très favorable, RT France et Sputnik ne produisent que des articles allant dans le sens de la ligne politique et diplomatique édictée par la Russie. »… http://www.liberation.fr/planete/2016/12/16/russia-today-... 

Même constat, Le Figaro, "Comment Vladimir Poutine pousse ses pions sur le vieux continent et en France", 15-12-16… http://www.lefigaro.fr/international/2016/12/15/01003-201... 

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Le site général d’Amnesty international (amnesty.org/fr, en français) comporte des dossiers par pays… (En haut, voir « pays », puis ensuite, au-dessous de la photo la liste alphabétique permet de rechercher le pays sur lequel on cherche une info…

Page SYRIE, sur le site d'Amnestyhttps://www.amnesty.org/fr/countries/middle-east-and-nort... 

DOSSIER Amnesty sur ALEP… https://www.amnesty.fr/dossiers/situation-a-alep?utm_medi...

Et sur Reporters sans frontièreshttps://rsf.org/fr/syrie

AIDER… Toutes les associations peuvent recevoir des dons (même peu, multiplié par le nombre de donateurs… c’est efficace). On peut adhérer à certaines… 

15/12/2016

ALEP...!!! Solidarité à Paris

syrie 3.jpgALEP... Rassemblement important à Paris ce mercredi soir. Syriens démocrates exilés, et Parisiens... Plusieurs centaines de personnes. Pour dénoncer l'horreur des massacres et les désinformations diffusées par Assad et Poutine (dont le veto bloque, chaque fois, toute solution de paix). Les slogans mettaient en question les différents agresseurs (Assad, Poutine, Khamenei/Rohani - l’Iran a fait échouer la dernière tentative d’accord - et le Hezbollah) et la propagande. Non Daech n'est plus à Alep, mais ailleurs. Restent des opposants et de nombreux civils.

syrie.jpgCrimes contre l'humanité perpétrés par des milices iraniennes, le Hezbollah, l'armée d'Assad et de Poutine. La vérité n'est pas du côté des dictateurs... 


mms_img-2012735727.jpgJ'ai pris plusieurs photos de ce moment de solidarité… (Comme d'autres, avec l'intention de témoigner...).


Insupportable, l’impuissance.

Regrettable, l'absence, dans ce rassemblement, de candidats à la présidentielle. Plus grave, ceci dit, le silence de trois d'entre eux (donc soutien indirect des pouvoirs criminels, par adhésion relative aux discours de Poutine) : Fillon, Mélenchon et Le Pen... Drôle de trio. Les autres ont tous réagi contre ces massacres, dans des déclarations, posts et tweets. Comme le Président.

syrie 5.jpgsyrie 2.jpgInsupportable, la propagande... Celle des dictateurs impliqués et de leurs alliés, complices, celle des sites, le plus souvent complotistes, qui les soutiennent, ou d’associations ayant des intérêts idéologiques ou autres motivant ce soutien…

mms_img1025649181.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Occasion de rappeler le film « Eau argentée »,  le documentaire d’Ossama Mohammed et Wiam Simav Bedirxan, décembre 2014. Fiche complète, sur AlloCiné (dont bande-annonce et critiques)… Lien ci-dessous... http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=228417.html 


Eau argentée
, vidéo, Youtube… https://www.youtube.com/watch?v=baf7wzxWFqk&feature=p...

mms_img-2117734554.jpg...... Note qui suit, informations sur la tragédie syrienne, s’appuyant sur des sources diverses, presse et ONG.

mms_img920415043.jpg...... Et, note à part, pour qu’elle ne se perde pas dans le flot des liens, qui reprendra la pétition de Médecins du monde, posée ci-dessous… en y ajoutant les dossiers de MdM et MSF, Médecins sans frontières (dont un WebDoc sur cinq ans de guerre et d’exode).

 

PÉTITION... http://www.medecinsdumonde.org/fr/pays/moyen-orient/petit...

24/11/2016

MAURITANIE. Un jeune blogueur risque d'être exécuté...

ECPM.jpgDécision de la justice attendue, pour le blogueur Mohamed Ould Cheikh Ould Mkhaitir condamné à mort en Mauritanie. On l'accuse d'être un apostat (crime dans ce contexte...), alors qu'il ne l'est pas. Donc, on projette sur lui de fausses accusations pour masquer d'autres raisons. Il serait apostat on devrait le soutenir de même, pour la liberté de conscience... Mais il est important que nous comprenions ce qui se joue là. Ce jeune homme fait partie de la caste des forgerons, méprisés et diffamés (on leur invente même des "crimes" contre le prophète du temps de Mahomet). Des groupes haineux utilisent la religion pour refuser de mettre en question le déclassement perpétuel d'une catégorie de gens qu'on enferme dans un statut dont ils sont prisonniers. Le mot "forgeron" est celui qui se cache derrière le mot "apostat". Ainsi on peut dresser des gens contre lui, pour de mauvaises raisons. Le combat de ce jeune blogueur est un combat pour la justice sociale, au nom de son groupe humain persécuté, les forgerons.

D’abord, je reprends cet article d’avril, qui permet de situer le contexte (les débats impossibles, le contexte hostile) avant de citer des textes plus récents… La décision de la justice doit être prise le 20-12 (confirmation de la sentence de mort ou annulation). Décision qui se prendra dans un contexte de fureur haineuse et hystérique de la rue... Les foules haineuses disent parler au nom de leur dieu, de leur prophète, et se réfèrent à leur livre sacré. Sauf que dans le Coran il est écrit : "Celui qui tue un être humain tue toute l'humanité. Celui qui sauve un être humain sauve toute l'humanité". Mais ils vont chercher des textes produits par des idéologues ivres de pouvoir, et, sur des mensonges, ils désirent la barbarie de la mise à mort.

Il a écrit récemment encore une lettre, pour expliquer sa position (publiée sur Facebook pour information par des gens qui le soutiennent). Et il s'adresse autant à ses détracteurs qu' "à mes frères opprimés" (voir lettre...). (( CITATIONS : « Ceux qui osent inventer de faux hadiths et les attribuent au prophète (paix et salut d’Allah sur lui), aucune morale ni religion ne peut l’empêcher d’interpréter à leur guise un article écrit par un simple jeune, novice de surcroît. Ils ne ménageront aucun effort afin de mobiliser la passion du musulman commun au service de leurs intérêts. C’est ainsi qu’ils ont prétendu que les forgerons ont Blasphémé à l’encontre du prophète (paix et salut d’Allah sur lui) à travers un article écrit par un des leurs, tout comme ils avaient prétendu que celui qui avait fait tomber les dents du prophète lors de la bataille du mont Ouhoud était un forgeron. » (…) « Tous les faits et récits que j’ai cité dans mon précédent article revêtent un caractère historique et véridique. Ces récits ont naturellement leurs interprétations littérales et superficielles et leurs sens visés et profonds. » (…)« A tous mes frères opprimés. / Nous devons être totalement conscients du fait que le destin nous a conduits à être les citoyens de cette terre. Nous devons par conséquent défendre notre droit à une citoyenneté pleine et à une vie descente. Ces droits ne nous seront jamais donnés, ils ne seront obtenus que par nos combats dont l’unification et le moyen le plus rapide pour accéder à nos droits. »

« Un blogueur mauritanien condamné à mort pour blasphème. », article MondArique, 25-04-2016. (Sauf que le blasphème est une accusation fabriquée.) / « La journaliste Mariem Mint Derwich dénonce avec courage un verdict indigne.»... Citations : L’introduction de MondAfrique :« Un jeune blogueur mauritanien de 33 ans, Mohamed Cheikh Ould M’Kheitir, avait été arrêté début 2014 pour avoir publié sur internet des propos jugés blasphématoires à l’encontre du prophète Mahomet. Des manifestations demandant à ce que des sanctions soient prises contre Mohamed Cheikh Ould M’Kheitir avaient alors éclaté dans le pays. Plusieurs ONG dont Amnesty international avaient dénoncé cette arrestation et demandé l’annulation de la condamnation à mort. La Cour Suprême doit désormais statuer sur le repentir du jeune homme »... Le début du texte de Mariem Mint Derwich, poète, journaliste, et blogueuse : « « Ce soir je pense à Mkheïtir qui vient de voir sa peine de mort confirmée / Je pense à ces juges qui sont rentrés chez eux retrouver leurs familles, sans que leur décision ne les dérange et les empêche de manger le repas du soir et de continuer à vivre comme si….! / Je pense à tous ces salopards qui se réjouissent que le sang soit demandé pour un crime de pensée! » (…) « Je pense à Mkheïtir et je pleure avec lui devant tant de haine…. »...  http://mondafrique.com/blogueur-mauritanien-condamne-a-mo... 

L’article se réfère aussi aux posts de Mariem Mint Derwich, poète, sur son journal Facebook. Très suivie elle échange avec de nombreux correspondants et lutte contre les idées obscurantistes de fondamentalistes qui croient appliquer une juste loi divine en voulant mettre à mort un jeune, sous prétexte qu’il a osé penser librement. Mais ceci est présenté comme un blasphème, un crime pour les intégristes qui ne pensent qu’en fonction de ce qu’ils croient être la seule vérité. Quand on lit les posts et commentaires des interlocuteurs à ce sujet on constate que le débat se fait principalement en fonction d’interprétations religieuses. C’est le terrain d’intervention possible. Les arguments rationnels, au nom du respect de la liberté de conscience ou contre la peine de mort, ne sont pas entendus. Et là, ce sont des discussions d’intellectuels. La foule, elle, ne discute pas et demande la mort (mais sans doute manipulée pour qu’elle réagisse ainsi). Le jeune blogueur a des avocats courageux qui se dressent contre une majorité de décideurs de la mort. J’ai lu les explications, aussi, d’un doctorant, spécialiste de la charia, qui cherche à utiliser sa connaissance du juridique religieux pour montrer que, même en s’y référant, la mort devrait être refusée. Les partisans de l’abandon de cette condamnation sont obligés de se situer sur ce terrain. Rien d’autre n’est compris autrement.  

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ARTICLES RÉCENTS, Jeune Afrique, 13-11-2016. Fanatisme. Appel des chefs religieux pour la mort…  http://www.jeuneafrique.com/373557/societe/mauritanie-che... 

360.ma (Le360afrique.com / Mauritanie). Dossier sur le jeune mauritanien. Un article et des liens vers plusieurs autres sur le même sujet. Intervention d’imams mauritaniens pour demander la mort ….http://afrique.le360.ma/mauritanie/societe/2016/11/14/752... 

Dont cet article, avec un signe d’espoir (Des entretiens avec le président laisseraient entrevoir une solution apaisante. Mais l’article dit que la décision est influencée par le poids de pressions opposées : les islamistes, d’un côté, et les pays occidentaux, d’un autre, posant des questions sur les droits humains…)… http://afrique.le360.ma/mauritanie/societe/2016/11/19/766... »

L’appel à la mort des religieux musulmans mauritaniens. AfricaNews, 21-11-16...  « Des centaines de manifestants, ainsi que des clercs se sont rassemblés mardi 18 novembre à l’extérieur de la Cour suprême du pays et ont appelé les autorités à exécuter le blogueur Mohamed Ould Cheikh Ould Mkhaitir, condamné à mort en 2014 pour apostasie après avoir écrit un billet sur l’islam et la discrimination raciale » L’article dit que le jeune blogueur a expliqué qu’il avait été mal compris, qu’il s’était repenti. Repentir obligatoire pour espérer être sauvé : repentir qui fait donner comme « faute « , « péché » , « blasphème » le fait d’avoir pensé et de l’avoir écrit… http://fr.africanews.com/2016/11/21/mauritanie-les-religi... 

Autre fait inquiétant. Même un débat sur ce cas devient scandaleux pour les fanatiques… http://www.fr.alakhbar.info/12018-0-Mauritanie-des-manife... 

La justice de la Mauritanie ne semble pas se préoccuper de l’image désastreuse qui est donnée de son pays. Le pouvoir, pas plus. Et désastreuse, l’image, elle l’est. Mais pour eux, l’enjeu est peut-être de développer encore plus la peur, de donner encore plus de pouvoir aux forces les plus réactionnaires, dans le but de verrouiller les esprits, la pensée, de tout faire passer par le filtre de la norme d’une foi obligatoire (et de l’obligation de la définir dans le même cadre sclérosé).

Mais des consciences réagissent autrement, preuve en est cet appel de jeunes mauritaniens et africains qui ont lancé une pétition. Ils se définissent ainsi : « Active Generation, World wide web activists et jeunes africains défenseurs des libertés et de la dignité humaine. » Lettre ouverte (appel à signatures, car ils ajoutent « avec le soutien de défenseurs des droits humains et de la liberté »). Pétition (voir aussi les pétitions dans la note antérieure, en bas de page, ici) : http://talsou.wesign.it/fr 

Je suis revenue sur la pétition, et j’ai tapé un texte de soutien. Mais il n’est pas passé car j’avais déjà signé, il y a sans doute plusieurs mois… Mon message reste valable : « Je trouve cette condamnation scandaleuse et je pense avec tristesse à l'angoisse qui peut être celle de ce jeune blogueur. La Mauritanie donne une image désastreuse d'elle . Et si elle maintient la condamnation cela voudra dire que l'obscurantisme y règne. J'exprime mon estime pour les consciences libres qui défendent la liberté de conscience de ce jeune et refusent la peine de mort, cette infamie. » Oui, estime, car il leur faut du courage… 

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ACTIONS… 

RSF a demandé l’annulation de la peine de mort. Voir la page « Mauritanie » sur le site : https://rsf.org/fr/mauritanie 

Amnesty aussi a agi : https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2016/04/maurtana-m... 

Rapport Amnesty 2015-2016, Mauritanie : https://www.amnesty.org/fr/countries/africa/mauritania/re... 

Sur Facebook, un groupe soutient ce jeune blogueur. Et une page existe, mais la mise à jour n’a pas de dates au-delà d’avril, à ce jour : https://www.facebook.com/NetuezpasOuldMkheitir/ 

Lutte, générale, pour l’abolition de la peine de mort, ECPM : http://www.abolition.fr 

Lutte contre la peine de mort et la torture, générale aussi, Acathttps://www.acatfrance.fr 

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SYNTHÈSES

Jeune Afrique... http://www.jeuneafrique.com/319194/societe/mauritanie-con... 

Une page wikipedia donne quelques infos (dont le nom d’une militante des droits humains, menacée par une fatwa), mais la fiche n’est pas à jour… https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Ould_Cheikh_M%27Khe...

Dans cette note, antérieure, du 20-04-2016 (et mise à jour), j’avais mis des infos et des liens vers des pétitions… http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2016/04/20/ap...

 

28/09/2016

ALEP… Prendre le temps de lire et de regarder…

SYRIE.jpgD’abord, le récit bouleversant de Karam Al-Masri, jeune photographe, correspondant syrien de l’AFP, sur le blog de l’AFP… https://making-of.afp.com/couvrir-alep-la-peur-au-ventre-... 

 

 

 En complément utile, l’éditorial, très juste, de Laurent Joffrin : « Cyniques »… La barbarie cynique du couple Assad-Poutine, l’impuissance ou le cynisme complice des témoins… http://www.liberation.fr/planete/2016/09/26/cyniques_1511... 

J’ai écrit, hier ou avant-hier, ailleurs, ceci, que je reprends ici : « Si on ne se sent pas concerné par cela, tout le reste est inutile : écrire, peindre, photographier, danser, chercher, ou... méditer... Tout le reste est alors contemplation vaine et vide de son ego… » 

J’ai aimé une oeuvre de Jean-Marc Musial, titrée « Sortir de l’enfer », que j’ai associée (mon regard intérieur) aux photographies d’Alep, parents dévastés devant le corps de leur enfant, enfants fuyant (tentant de fuir). J’y voyais la même douleur, le sang, les pierres, le désastre. Heureusement, l’art peut dire le réel, en sortant des médiocres  remuements sentimentaux. Ses oeuvres sont visibles sur sa page Facebook (« Un dessin par nuit »). Une autre création m’a retenue, très sombre, très nocturne, j’y ai vu des yeux effarés (où je les ai inventés : peu importe, c’est fait pour cela, pour qu’on invente aussi, qu’on projette rêves et angoisses, et tristesse de l’impuissance contre la violence et la guerre…). Page : https://www.facebook.com/undessinparnuit 

« Éloge de la haine », couverture paradoxale comme icône symbolique de cette note contre la violence, la guerre, et la haine. Justement. Pour la référence nécessaire (connaître par les Syriens les problématiques réelles, leurs racines, et tenter de comprendre la réalité dramatique pour laquelle, simples citoyens, nous nous sentons si impuissants). 

Donc, des livres… Écrivains syriens, L’Orient littéraire : http://lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=16&a... 

Déjà, en 2012, Khaled Khalifa le disait, Nouvel Obs. Complicité internationale… http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2012/02/08/lecri... 

et... Le Monde... https://www.actualitte.com/article/monde-edition/l-ecriva... 

Entretien avec Khaled Khalifa, 2011, au sujet de son livre « L’Éloge de la haine »... http://www.jeuneafrique.com/191163/culture/khaled-khalifa... 

Page sur le livre, Actes Sud... http://www.actes-sud.fr/catalogue/sciences-politiques-et-... 

Pour s’informer régulièrement sur la Syrie, « Un oeil sur la Syrie », blog Le Monde... http://syrie.blog.lemonde.fr

14/09/2016

Le Dalaï Lama en France. Manque de courage…

TIBET.jpgManque de courage des uns, engagement des autres, par des signes…

Plus qu’au rôle spirituel je m’intéresse là au symbole politique (même si le Dalaï Lama est moins engagé dans ce sens). 

Sans idéaliser le Tibet historique (société très hiérarchisée dont l’évolution était apparemment bloquée) on ne peut être insensible aux réalités de l’occupation chinoise : persécutions, violence, et volonté de détruire la culture originelle dans tous ses aspects.

Mais la Chine faisant pression, pas de rencontre officielle… 

Huffington Post. pas de rencontre officielle, mais le Dalaï Lama a « croisé » Emmanuel Macron… http://www.huffingtonpost.fr/2016/09/09/dalai-lama-visite... 

Une évolution dans la perception… La Croix… http://www.la-croix.com/Religion/France/Pourquoi-le-dalai... 

Protection, mais pas d’honneurs officiels. Libération… http://www.liberation.fr/france/2016/09/13/le-dalai-lama-... 

« Politiquement encombrant… ». Libération… http://www.liberation.fr/france/2016/09/12/le-dalai-lama-... 

Mais des sénateurs (groupe d’information pour le Tibet) des députés, et donc Emmanuel Macron, ont rencontré le Dalaï Lama. JDD…  http://www.lejdd.fr/Politique/Apres-s-etre-fait-raser-Mac...  (« "J'ai vu le visage de la bienveillance." C'est par ces termes, accompagnés d'une photo, postés sur son compte Twitter qu'Emmanuel Macron a indiqué avoir rencontré le dalaï-lama lundi. Ce dernier lui remet une "khata", une écharpe traditionnelle de bienvenue.

L'entrevue, qui s'est déroulée dans un grand hôtel parisien, a permis à l'ancien ministre et au chef spirituel tibétain d'échanger "sur le fait religieux, la liberté religieuse, le rôle des religions dans la société", selon l'entourage d'Emmanuel Macron. "Des gens qui se connaissent dans les entourages [des deux hommes] ont organisé" cette rencontre. »)

20/04/2016

Procès en appel (21-04) du jeune blogueur mauritanien Cheikh Ould Mkheitir. Condamné à mort pour apostasie (Additif : Infos 23 et 24-04)

Le procès en appel du jeune blogueur mauritanien Cheikh Ould Mkheitir, 31 ans, condamné à mort pour "apostasie" en 2014, a lieu ce jeudi 21 avril (sans avocat, d’après l’IHEU : voir ci-dessous). On lui a reproché d’avoir publié un texte sur Facebook où il émettait des idées critiques, interrogeant le sectarisme originel dans la religion et la permanence de comportements actuels liés à la religiosité, aux normes transmises. Son texte, en arabe, était intitulé «La religion, la religiosité et les forgerons» (la caste des forgerons étant victime d’humiliations imposées par les religieux traditionnels mauritaniens). Son but était de défendre les forgerons (sa caste), mais le fait qu’il ait lié cela à une réflexion sur les causes idéologiques et religieuses, à l’héritage de normes rigides, a donné matière à l’accusation de blasphème. Cette condamnation à mort pour apostasie est un cas d’exception dans ce pays (dont les règles juridiques sont celles d’une charia rude, mais qui n’a pas exécuté de condamnés depuis trente ans environ : la menace demeure inquiétante).

Communiqué de presse d'AMNESTY, 19 avril 2016 "Il faut annuler la condamnation à la peine capitale": http://www.amnesty.fr/Presse/Communiques-de-presse/Maurit... 

MISE à JOUR 23-04-16. Peine de mort confirmée mais accusation requalifiée en "mécréance" au lieu d'apostasie, ce qui est considéré comme moins grave (...) et pourrait faire obtenir l'abandon de la peine en Cassation. Espoir léger, juridiquement  http://www.rfi.fr/afrique/20160422-mauritanie-peine-mort-...

MISE à JOUR 24-04-16. Mobilisation en Mauritanie... https://www.cath.ch/newsf/mobilisation-mauritanie-sauver-...

A lire :

La note blog d’Hebib Khalil, 20-04-16, chroniqueur au Matin DZ  reprend les infos AFP et pose des liens récents, comme l’article Jeune Afrique du 18-04-16) : http://khalilhebib.over-blog.com/2016/04/mauritanie-conda...

PÉTITION antérieure, elle peut toujours être lue et signée  : http://talsou.wesign.it/fr 

Groupe Facebook de soutien : https://www.facebook.com/groups/312364528953052/

Un article de Mohamed Louizi (16-02-15) sur le silence de la France et des institutions musulmanes en France au sujet de la condamnation à mort du jeune blogueur mauritanien Mohamed Cheikh Ould Mkheitir. Cridem (infos mauritaniennes) : http://cridem.org/C_Info.php?article=665499  ((Je relève un commentaire (mais certains, aussi, sont hostiles au jeune prisonnier) :  « Ce n'est pas ce jeune homme qu'on condamne à mort , mais c'est la liberté de penser et de s'exprimer qu'on veut ôter au peuple mauritanien. Les autorités veulent continuer à museler tout un peuple. »))

Info, 16-04-2016, en anglais, sur le site de l’IHEU, International Humanist and Ethical Union (« We also understand that he has no lawyer for the appeal process ») :http://iheu.org/young-writer-sentenced-to-death-for-apost...

J'ai retrouvé la page d'Amnesty, 2015, qui précisait que son avocat, soumis à des pressions, renonçait, alors, à le défendre (« La pression est telle que le premier avocat d’Ould Mkheitir, Mohameden Ould Icheddou, jette l’éponge. Il renonce à le défendre, après avoir reçu des menaces de mort. ») : http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Abolition-de-la-peine... 

Page 2015, aussi, sur ACAT, secteur Mauritanie (recherche « s’informer » / pays / Mauritanie / 4ème doc.) : https://www.acatfrance.fr  

Et sur la page « Mauritanie » de RSF, il est fait mention de lui : https://rsf.org/fr/mauritanie?

Les associations comme RSF et ACAT, notamment, agissent (et tout n'est pas forcément en ligne)...

14/01/2016

SOLIDARITÉ avec AHSRAF FAYAD, poète palestinien condamné en Arabie saoudite pour apostasie supposée (et écrits d’une pensée libre)

FAYADASHRAF.jpgAujourd’hui, 14 janvier, dans plusieurs villes de France, et dans le monde, lecture de ses textes en messages multipliés de soutien, et appels de voix plurielles, pour l'abandon de la condamnation.

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Mise à jour, 3 février 2016 (Source : réseau de soutien / presse arabe, traduction en anglais puis français).... Nouvelles du poète condamné en Arabie saoudite : La mobilisation internationale a eu un effet : la condamnation à mort a été annulée. Mais à la place il devrait faire huit ans de prison et subir 800 coups de fouet… ce qui est une torture. Appel a été fait par les avocats pour que toutes les charges retenues contre lui soient considérées comme non motivées et qu’il puisse être libéré…

 ..... Trace de la note précédente, 16-12-15 (on le défendait alors contre une condamnation à mort) : http://bit.ly/1RdWvh0

06/01/2016

Jacques Derrida, la philosophie contre la peine de mort. Séminaire...

DERRIDA.gif« Derrida déclarait à Elisabeth Roudinesco que "tant qu’on n’aura pas déconstruit (…) le discours (…) qui prétend justifier la peine de mort de façon principielle, sans référence à la moindre utilité, on s’en tiendra à un discours abolitionniste précaire, limité, conditionné par les données empiriques, et, par essence, provisoire’’ » Jacques Derrida a donc élaboré, au cours de son séminaire, cette déconstruction systématique d’un discours philosophique favorable à la peine de mort, celui de Kant, pour développer une philosophie abolitionniste (Kant dont Derrida dit que sa pensée de la justice pénale se fonde sur une "morale sacrificielle" : c’est cette "pulsion sacrificielle" qu’il faut donc interroger). 

La chronique de Hicham-Stéphane Afeissa sur Non Fiction donne des clés très intéressantes pour comprendre cette démarche. 

Car c’est vrai que les arguments qu’on utilise contre la peine de mort (et cependant à juste titre) tiennent compte de la logique sociale (inefficacité, prouvée par des études statistiques, contre le crime) et de la morale (ne pas se faire meurtrier du meurtrier pour refuser le crime, ou ne pas déléguer à d’autres le geste de tuer, en assumant cependant le choix donc le crime : chaîne infinie). 

Mais cela reste une morale pensée sans avoir conscience de la dimension sacrificielle, que Jacques Derrida réintroduit dans son analyse.

Aspect très intéressant de la pensée de Derrida, aussi, c’est le lien fait avec notre rapport aux animaux ("Je pense la même chose pour le rapport aux animaux : derrière toutes les problématiques qui sont des alibis au sujet de notre consommation et de notre tuerie des animaux, il y a, au-delà de toutes les prétendues nécessités sur les protéines, etc., il y a une pulsion sacrificielle. (…) Il faut penser ce que signifie ‘sacrifice’ pour approcher aussi bien la question de l’animal que la question de la peine de mort, des deux côtés »).    

Je vois cette oeuvre abolitionniste comme un prolongement de l’écriture et de la lutte d’Albert Camus (et, plus loin dans le temps, de Victor Hugo). Camus et Derrida, deux natifs d’Algérie engagés (chacun à sa manière, chacun avec son langage) contre cette barbarie toujours si présente dans le monde. Cela peut nous aider, au-delà des pétitions et diverses actions contre les exécutions, l’engagement peut être plus fort s’il s’appuie sur des pensées fortes. 

C’est bien nécessaire quand on vient d’apprendre les 47 exécutions en Arabie saoudite, qu’on craint, dans ce pays, pour le poète palestinien et pour le jeune neveu d’un des dissidents assassinés. Quand on doit signer une pétition pour tenter de sauver trois jeunes condamnés en Iran (pays qui exécute encore plus que l’Arabie saoudite…). Même si de plus en plus de pays deviennent abolitionnistes nombreux sont ceux qui ne le sont pas encore (comme les USA, la Chine, etc.).

LIENS :

De Jacques Derrida… Volume 2, Séminaire, La peine de mort (2000-2001), éd. Galilée. Note sur Non fictionhttp://www.nonfiction.fr/article-7875-la_folie_de_la_rais... 

BioBiblio sur wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Derrida 

Sur une biographie de Jacques Derrida (celle de Benoît Peeters, éd. Flammarion). Présentation de l'éditeur: http://www.derrida.ws/index.php?option=com_content&ta...  

Et..., échos...

Réflexions sur la guillotine, Albert Camus : http://www.etudes-camusiennes.fr/wordpress/tag/reflexionx... 

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Le dernier jour d’un condamné, Victor Hugo  https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dernier_Jour_d%27un_condamnéjacques derrida,derrida,séminaire,albert camus,camus,kant,peine de mort,abolition,victor hugo,hicham-stéphane afeissa,non fiction,essais,livres,philosophie,sacrifice,morale,société,idées,animaux,exécutions,arabie saoudite,iran,u.s.a.,chine

18/12/2015

POÈME POUR DIRE… SOUTIEN, suite. "Litanie pour juillet plusieurs fois, plusieurs fois tous les temps…"

mms_img-2007196497.jpg((SOMMAIRE : photographie (cristal des mots, éclair lucide…), dédicace, exergues, poème))

Dédicace. Aux victimes de la terreur, quelles que soient les formes, le lieu, et le moment. Refus, pour soi, pour eux. Résister c’est dire. Et particulièrement, dédicace offerte à Ahsraf Ayad, condamné en Arabie saoudite, à Mohammed Al Ajami, prisonnier au Qatar, à tous ceux qui souffrent, dans ces deux pays, de nos silences complices. Message, pour les êtres du 13-11-15 à Paris et hors de Paris, les morts et les vivants. Offert, ce poème, écrit d’abord dans la pensée d’autres drames, et repris encore et encore, à chaque blessure rappelée, en écho questionnant. Que faire des plaies du monde? Que faire des noirceurs qui nous tendent ce miroir effrayant de notre humanité?

.......... Et j’ajoute (25 février 2016), aux lignes antérieures, l’offre de cette dédicace à Kamel Daoud, grande plume algérienne, qui subit le lynchage de ceux qui se mettent du côté de la bêtise, par ignorance doublée d’hypocrisie idéologique, avec la complaisance d’esprits paresseux, ou de stratèges aveugles… (Voir les notes des 16 et 21 février, mises à jour depuis).

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Litanie pour juillet plusieurs fois, plusieurs fois tous les temps…

"Tout ce que nos yeux ont vu et que l’esprit ne parvient pas à comprendre."  Margherita Guidacci  (Inventaire du massacre / L’horloge de Bologne) 

"La vie additionne. La mort soustrait." Edmond Jabès  (Le petit livre de la subversion hors de soupçon) 

"J’atteste qu’il n’y a d’Être humain / que Celui qui combat sans relâche la Haine / en lui et autour de lui." Abdellatif Laâbi, 10 janvier 2015 (J’atteste / contre la barbarie) 

"Il y a de grandes flaques de sang sur le monde / où s’en va-t-il tout ce sang répandu." Jacques Prévert (Chanson dans le sang / Paroles)

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Aujourd’hui je ne me souviens pas. Je ne me souviens pas d’hier, seulement du plus lointain de la mémoire, d’une pluie de sable, d’une pluie d’instants. 

Nuages. Comme brouillard sur l’écran des yeux. Très douce la parole du passé, très douce.

Douce et violente de la violence des exils, douce de la déchirure des langues, douce du froissement du papier de soie autour du texte offert par l’étrangère, en cette intime voix du dedans.

Amnésie. Bouffée de rires sur fond d’horreur ultime.

Aujourd’hui on lapide une femme, aujourd’hui on lapide un couple. Je ne me souviens pas, je rampe. Dans le présent je rampe, et mange l’orchidée noire.

Aujourd’hui on jette un homme et son oeuvre au feu du mépris, au destin de mort. Poète, on a peur de l’éclair lucide de tes mots, peur des yeux et du corps vivant. On craint la contagion d’esprit, la source intime de pensée, l’invasion de multiples « je » libres. Consciences sans dieux, ou consciences mystiques, on a peur des braises du vent qui chante.

Litanie de dates, litanie de noms, oubliés de mars et juillet, oubliés de janvier et novembre. Oubliés d’avant et après mars et juillet. Massacres et génocides, bombes et pierres, fleuves obsédants d’octobre noir. Je ne me souviens pas, je rampe : bombes, couleurs d’artificiers, disparus.

Disparus, bouches hantées, tendresses ravagées, identités lacérées, juillet désert, été désert, automne sidéré, hiver brûlant d’effroi. Enfant aux yeux aveuglés.

Aujourd’hui on censure un livre, on déchire un poème, on interdit un film, on arrête un blogueur : je ne me souviens pas. Otages, je ne me souviens plus…

Je ne me souviens plus, je danse. Je danse sur des cadavres, je marche sur des charniers, j’habite des immondices mémoriels, je dors sur de la cendre. Et douce, douce, est la cendre.

Soleil je bois, en coulées d’averses. Non, je ne bois pas l’or, soleil, je cherche l’ombre qui brûle. Je la chante, sanglant oublieux, je la cherche.

Yeux mats, papier journal en terrasse d’ocre toit, ou fond de cour au figuier, oui. Je froisse la feuille des nouvelles, je déchire la photographie, j’oublie que je me souviens. Alors je ne me souviens pas.

Morte rive, amante desséchée, l’eau n’a pas le bleu qu’il faut, l’eau s’enfuit en abysse en faux bleu, en rigole.

Gargoulette fantasmatique, inutile de tendre les lèvres vers une image, ou de poser les paumes sur un souvenir de fraîcheur, la soif reste, et les mots, dans l’incandescence des mains. De ne pas savoir je me souviens.

Aujourd’hui on emprisonne encore une femme, pour crime de pensée, on fait de sa porte la clé d’une cellule, de sa fenêtre le miroir clos de leurs peurs. Et je ne me souviens pas, je danse, sur la cendre je danse, sur nos douleurs je danse.

Mystère des arbres : je pose la main, je pose les pieds, j’arrête le silence. Je ne sais. Ni le soldat enlevé, ni l’enfant assassiné, ni les rêves de joie, ni les gouttes de rosée sur la fleur du temps. Ni même les murs.

Non, je ne sais plus rien, je suis là, j’existe. Devoir de mémoire. Devoir de bonheur, je laisse la mort hanter le papier journal, le temps de ma récréation cosmique, de mes contemplations de galaxies, de mes tendresses.

Mais je me souviens du bruit, j’écoute les mots. Je me souviens de la voix, j’écoute le souffle, la musique. Violons de Rostropovitch et Menuhin contre les mirages des armes, luth de Raymond, tambour du chaman, voix du blues, danse soufie. Contre l’illusion kamikaze.

Je ne parle pas du sang : j’ai oublié le sang. Je ne parle pas des noms : cela j’ai oublié. Je ne parle que du reste : l’oubli même.

Oui, trace, poudre, silence du bois, silence de la pierre. Petits cailloux de quartz de Saint-Augustin : en lécher le goût, pacifier l’olivier, le parfum.

Sidi Yahia des frontières, oasis de quelqu’un d’autre, qui ne reconnaît que le nom et cherche pourtant des yeux les sages. De cela est-ce que je me souviens ? 

Naissance frontière, autre rive. Quelqu’un sait-il encore quelle rue ou quel chant ? 

Je ne me souviens pas des noms, je ne sais plus les rues. Aujourd’hui je perds cette langue.

Musicien perdu, de Thagaste en Ardenne, quels sons, quelles lettres ? Seulement un écho bruissant du vide, de ne pas savoir faire.

Clandestine migration, Grenade ne se souvient plus des noms, Alicante a perdu les visages, Valence tous les prénoms, Almeria les sons, Alger les tombes, Oujda le vent, Marseille l’accent, Montréal les adresses. Il n’y a que Paris, la mer, et l’olivier, qui sachent encore rejoindre les pas, faire soleil de l’ombre. 

L’acacia, peut-être, Camargue…

Je ne me souviens pas des pères et des mères, et je ne me souviens pas des enfants des pères et des mères. Juste des litanies de foules sur des routes vagues. Distraite de moi-même je ne sais plus les visages successifs enfouis derrière mes yeux, je ne sais plus la caresse du temps.

Je ne me souviens pas de ne faire que me souvenir. Devant une feuille et un crayon je me souviens de la trace malgré le soir, de la fatigue des ensommeillés, d’hypocrites menteurs qui déguisent mes pieds, de colères à écrire. Pour délivrer l’âme d’encombrantes lenteurs je me souviens de la rebelle solitude heureuse, d’un tapis où s’asseoir. Ici l’urgence de dire et la force du présent dans la douceur tiède des rues, des mains. Vers un ailleurs qui sait, lointain rivage.

Buscar. Buscar la luz. 

L’étrangère aussi, en soi sait peut-être… Elle.

© MC San Juan (Texte et photographie)

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