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13/11/2019

Islamophobie ? Sur la marche du 10-11 et le piège du mot.

S'il faut refuser (combattre) la musulmanophobie, comme toute haine 
associée aux croyances ou origines, les slogans au sujet de la soi-disant
islamophobie (terme dont l'emploi est discutable) masquent le refus de
toute pensée critique.
Et le seul choix possible était de ne pas soutenir (mais au contraire
critiquer) l'organisation de cette manifestation. Quand on sait ce que
recouvre l'idéologie du CCIF et de divers signataires, qui osent mettre
en question les lois laïques (qu'ils désignent comme liberticides),
c'est-à-dire la vision fondamentaliste et antirépublicaine d'un islam
politique qui n'a rien à voir avec une quelconque orientation spirituelle.
Les complices politiques de cet événement sont irresponsables
(ces islamisto-gauchistes sans culture).
Car ils aident une extrême droite islamiste à prendre en otage
les nombreux musulmans qui ne partagent pas ces visions.
Dans la marche il y avait sans doute des gens sincères, mais aussi
des acteurs de manipulations (l'étoile jaune vue, scandaleuse confusion,
et certains slogans, plus que hors sujet).
Bonne mise au point... "Islamophobie : pourquoi je ne manifesterai
pas le 10 novembre". L’édito de Michel Taube -
Opinion Internationale...
https://www.opinion-internationale.com/2019/11/08/islamop...
 
 
Pas étonnant de ce support, si j'en crois la manière dont ils ont traité le sujet.
Évidemment que le mot islamophobie n'a pas été créé par les Iraniens, il est attesté depuis le début du XX ème s. Mais c'était par des orientalistes voulant mettre en garde, alors, la méconnaissance, par des administrateurs, de l'islam. Sauf que depuis il a été récupéré par des gens qui n'ont pas du tout la même optique. Et qui effectivement refusent tout regard critique sur l'islam, et font des amalgames en dénonçant toutes les options laïques et mettent dans leurs listes de faits islamophobes des expulsions d'islamistes ou des fermetures de lieux porteurs de discours de haine. De plus le contexte a changé, la connaissance est autre. Culturellement il y a une ouverture à l'oeuvre d'auteurs, islamologues ou mystiques.
Quant aux références, dans cet article, elles sont une preuve de leur méconnaissance.
Le Pen pour dévaloriser les vrais laïques et les assimiler à l'extrême droite (c'est exactement le discours des islamistes).  Et Messaoudene qui est un personnage plus que problématique, antilaïque militant, et auteur de déclarations qui sont inadmissibles. Cet individu qui blague après l'assassinat monstrueux des enfants à Toulouse par Merah...! Aucune info sur ce qu'il est réellement. 
Et bien sûr le rappel de l'aversion visant C. Fourest, en la légitimant, puisque mentionnée comme normale. Aversion qui est née surtout de son opposition à T. Ramadan,  notamment sur le choix de celui-ci du "moratoire" au sujet de la lapidation des femmes adultères (elle qui savait ce qu'il en était de ses adultères et viols présumés - objets de plaintes et enquêtes depuis - par des témoignages reçus). 
 
Ce mot est celui d'un refus des lois républicaines (cf. texte d'appel à la marche) et du respect de la laïcité,  dont droit au blasphème, au changement de croyance ou au rejet des croyances institutionnalisées (qu'on soit agnostique ou athée. - agnostique ne signifiant pas forcément loin de toute spiritualité, mais libre à ce sujet). 
Le rejet des musulmans en tant que tels a un nom, musulmanophobie. 
La phobie de l'islam ou des autres religions est un droit. D'autant plus que le fondamentalisme de l'islam politique a donné plus que des raisons de crainte. 
 
Il vaut mieux relire des rappels de qui sont les certains leaders autoproclamés.
 
 
Plus, note de blog de Naëm Bestandji... https://www.naembestandji.fr/dossiers/ccif/accuse-detre-u... ?
 
Ceci aussi est important. Un des faits de la manif. Provocation de Marwan Muhammad, autre personnage sulfureux, la mauvaise foi des justifications (cautionnées par Libération et démontées par Marianne)...

27/03/2018

Yassine Alaoui Ismaili, alias Yoriyas. De la danse à la photographie. L'art contre la méconnaissance ou la haine...

« À travers une photo, nous pouvons voir, savourer, réfléchir, comprendre et porter plus d’attention à une scène que nous n’aurions probablement pas remarqué si celle-ci n’avait pas été capturée. » 

Yassine Alaoui Ismaili, dit Yoriyas (photographe marocain)

.....

J’ai découvert ce photographe en apprenant, bien après, par un article sur HuffpostMaghreb, que des photographies, exposées à l’extérieur, avaient été détruites par des extrémistes haineux. Haineux et bêtes. Pour quelle raison s’en prendre à un jeune photographe qui parcourt le monde avec ses photos, magnifiant son regard sur sa ville? Aberration de la haine de qui vient d’ailleurs. (Car on ne voit pas d’autres raisons que cette xénophobie, maladie de l’esprit.). Scènes de rue qu’il prend depuis 2014, street photographie colorée, solaire. Il fut danseur et a dû arrêter après une blessure. 

Sur la page d’HuffpostMaghreb, du 23-11-2016, trois photographies de Yoriyas, scènes de rue à Casablanca, présentées lors d’une exposition à San Francisco… Le « vrai » Casablanca, loin de la ville des studios cinématographiques, qui a fait rêver mais n’est pas la ville moderne, vécue par ses habitants actuels... https://bit.ly/2JeuD0D  

« Casablanca not the movie ». En novembre et décembre 2017 il est invité à exposer en studio à Montélimar et sur les berges du Rhône. C’est là que les photographies seront détruites et taguées…  http://www.presences-photographie.fr/yoriyas-yassine-alao... 

Son itinéraire et sa démarche sont expliqués sur cette page, Geopolis.francetvinfo.fr…. http://geopolis.francetvinfo.fr/casablanca-intime-et-inso... 

Ci-dessous trois articles qui donnent l’information sur le vandalisme haineux dont il a été victime. Photographies détruites et tags FN. Plainte a été déposée par la mairie (je n’ai rien vu sur les suites)… Les vandales sont lâches et se cachent.

HuffpostMaghreb… https://bit.ly/2JbcPTY 

Yabiladi.com… https://www.yabiladi.com/articles/details/63005/l-exposit... 

Et Le Dauphiné du 05-12-2017… https://bit.ly/2BM4XEU 

31/01/2018

Charlie Hebdo. Mercredi...

CHARLIE .jpgJuste trois citations, pour rappel de réalité… Ou « Ce que ces trois années ont vraiment changé »…  

"Il n'est pas normal que dans une démocratie, en temps de paix, un journal satirique, un journal d'opinion, un journal d'information, un journal de distraction, n'importe quel journal, soit contraint de vivre sous protection, qu'elle soit privée ou publique. C'est même scandaleux, car cela signifie que la liberté de la presse n'est pas pleinement assurée. La République française, qui est loin d'être parfaite, a sans doute sa part de responsabilité dans cette situation." (Gérard Biard, Charlie, 3 janvier 2018, tribune "À la manivelle"). 

 "Nous ne sommes pas des héros, seulement des humains qui croient encore dans des valeurs humaines universelles. Et cela nous donne le droit d'interpeller notre président, Emmanuel Macron, et tous ceux qui exercent en notre nom un pouvoir public. Monsieur le président, est-il bien juste que nous soyons contraints d'acheter ainsi notre vie en payant une police privée ? Et ce faisant de privatiser notre liberté et notre sécurité ? Est-il juste que la République française ne garantisse pas réellement le droit de Charlie à réunir son équipe, à réaliser son travail hebdomadaire sous la protection efficace de policiers de la République ? " (Fabrice Nicolino, dans la chronique sur les conditions de vie des journalistes dans le contexte actuel, depuis l'attentat. Charlie du 3 janvier 2018, "Ce que ces trois années ont vraiment changé").

"Arrivant du pays des mollahs, où les Indigènes de la République et les Frères musulmans pensent qu'il fait bon vivre, j'avais perdu repères et boussole." (...) "Dans mon pays d'origine, ceux qu'on désigne ici comme 'islamistes extrémistes', voire 'djihadistes', gouvernent et se revendiquent 'vrais musulmans'." (...) "Dès que Charlie m'a invitée à écrire dans le journal j'ai dit oui. Parce que nous avons les mêmes ennemis." (Chandortt Djavann, romancière et essayiste d'origine iranienne, rubrique "Papier buvard", Charlie du 3 janvier 2018).


Charlie cette semaine...  SITE. (Sommaire, textes, dessins, couverture)… https://charliehebdo.fr 

En illustration, un hors-série…

04/12/2017

LAÏCITÉ, islamisme, pensée contre postures. Notes de blog utiles (de Roger Evano). Et chroniques (IPhilo...)...

ISLAMISME.jpgLAÏCITÉ... Edgar Morin répond à Roger Evano (qui l’interrogeait dans une note précédente) mais il montre encore qu'il n'est pas très clair avec le multiculturamisme, donc avec la laïcité, malgré sa mise au point, et quand il parle de ne pas heurter sur la question du sacré il légitime indirectement la notion de blasphème, qui est à refuser car elle interdit toute pensée critique, et n’a pas sa place dans un contexte laïque). Le multiculturalisme (cf. Angleterre) est une organisation sociale qui sépare et enferme les "communautés" dans des ghettos (croyances, règles, valeurs... coupées de la constitution générale et de la circulation plurielle de la culture). Mais c'est analysé, et les autres notes de Roger Evano donnent encore des réponses... Précieux blog. https://blogs.mediapart.fr/roger-evano/blog/011217/la-rep... 

Lire aussi cette note (« Lettre à Mediapart : Oui, vous saviez »). Importante (dans le contexte où l’islamisme a ses soutiens complaisants qui l’aident à tisser sa toile en France), note dont je copie l’introduction et la première phrase : « Il est toujours facile de jouer sur les émotions, il est plus difficile de manipuler les faits. Quelles sont, depuis plusieurs années, les carences de Médiapart, concernant Tariq Ramadan et plus généralement l'islamisme? Ce n'est pas d'avoir couvert les agissements sexuels de Tariq Ramadan, ce dont vous vous défendez, mais c'est de vous être montrés proches politiquement. » /// « La question qui vous est posée est celle de votre complaisance avec les thèses des Frères Musulmans portées par Tariq Ramadan. » https://blogs.mediapart.fr/roger-evano/blog/171117/lettre... 

Et celle-ci, toujours sur la problématique des postures de Médiapart/Plenel… Et une redéfinition de ce qu’est l’islamisme, ses visées totalitairesCITATIONS… « Ceux qui attendaient des réponses à leurs questions en sont pour leurs frais. L'expression longuement réfléchie d'Edwy Plénel est une succession d'esquives et de reculades maquillées en maladresses. » (…) « A la question que chacun d'entre nous peut se poser : pourquoi s'opposer à l'islamisme? je réponds que je me bats pour une société laïque, plus libre, plus égalitaire, plus fraternelle. Or l'islamisme, loin d'être un courant émancipateur, loin de soutenir la cause des opprimés, est tout-à-fait compatible avec l'impérialisme, l'oligarchie, l'exploitation des travailleurs, l'accaparement des richesses, le pillage des ressources, le racisme, les inégalités et les injustices que développent les régimes capitalistes. L'islamisme ne se trouve ni à gauche ni à l'extrême gauche mais à droite par son conservatisme et à l'extrême droite par ses visées totalitaires. Troquer les valeurs de liberté des sociétés démocratiques capitalistes pour un projet de société, tout autant capitaliste, où la liberté est filtrée par le tamis des versets du coran est une régression. » https://blogs.mediapart.fr/roger-evano/blog/251117/le-deb... 

On peut lire le livre de l’auteur :  "La démocratie face au défi de l’islamisme", éditions L’Harmattan... http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogu... 

................

Autre définition de l’islamisme, autre approche, site IPhilo… Par L. Hansen-Love (sur la page un lien vers un article du Courrier international… que je pose aussi, plus bas)… CITATION... « Il faut donc déclarer que l’islamisme radical et terroriste n’est plus une religion. C’est une idéologie, ce qui est bien différent. Et cette idéologie, délirante et paranoïaque, on a le droit de la critiquer ! Cette critique peut passer – entre autres – par la dénonciation de son caractère totalitaire. Totalitaire : qui veut s’emparer de l’homme tout entier et qui veut régir le monde dans sa totalité. Une telle « idéologie » (au sens de H. Arendt) ne capte pas la violence pour la canaliser, l’encadrer, voire l’euphémiser. Tout au contraire, elle la prône pour asseoir sa puissance séculière, mais aussi pour justifier la guerre totale, éliminer l’Autre et précipiter l’Apocalypse. Elle est totalitaire car elle présente l’ extermination de l’ ennemi comme la condition du possibilité du Salut. Elle est totalitaire car elle ne dissocie pas politique et religion mais prétend – à l’opposé – dériver un dessein « politique » de la religion. Elle est totalitaire car elle divise la planète entre amis et ennemis, tout comme le préconisait l’idéologie nazie. Elle est totalitaire car elle déclare la guerre à la civilisation en tant que telle. Elle est totalitaire car elle nie l’unité de l’humanité, dès lors qu’elle en scinde l’humanité en trois groupes (les croyants, les infidèles, et les égarés). Elle est totalitaire car elle sacralise la mort, désacralise la vie et déshumanise l’ennemi. » http://iphilo.fr/2015/11/25/islam-religion-totalitarisme-... 

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Article du Courrier international. Éclairant aussi… « Que veut vraiment l’Ei ? »… https://www.courrierinternational.com/article/enquete-ce-...

Et, sur Ramadan, retour sur un décryptage paru en ... 2003, et toujours valable, sur "L'entrisme de Tariq Ramadan"... Libération, article de Cynthia Fleury et Emmanuel Lemieux... http://www.liberation.fr/tribune/2003/11/19/l-entrisme-de...

17/11/2017

Islam, spiritualité authentique contre dérives islamistes. Islamisme et complicités irresponsables…

Deux chroniques particulièrement intéressantes.

D’abord, un texte d’Abdennour Bidar. Percutant, nécessaire. Rage de penser que les auteurs majeurs parlant de l’islam et combattant l’islamisme prêchent dans le désert. Colère contre les aveuglements complices et les confusions haineuses…

« Tirons les leçons de l’affaire Ramadan ».

Extraits (et lien) :

« L’affaire Tariq Ramadan est atterrante à bien des égards. Comment se fait-il qu’il ait fallu attendre le scandale d’accusations de violences sexuelles pour qu’enfin nos élites s’interrogent sérieusement sur le personnage ? Depuis quinze ans, j’ai eu plus que le temps de vérifier l’incapacité quasi systématique de nos médias, de notre classe politique, de la plupart de nos « grands » intellectuels à comprendre en profondeur les questions posées par l’islam. » (…)

« Combien de nos intellectuels ont entrepris une mise en dialogue de leur propre pensée avec au moins un grand philosophe ou sociologue du monde musulman, un grand théologien, un grand mystique de cette civilisation ? » (…)

« L’affaire Ramadan y changera-t-elle quelque chose ? Nous fera-t-elle enfin comprendre que nous restons tragiquement aveugles aux « racines du mal » de l’islamisme ? Systématiquement depuis des années, nos élites choisissent avec une infaillibilité remarquable les mauvais interlocuteurs, et nous ouvrons nos micros, écrans, tribunes, aux traditionalistes patentés du Conseil français du culte musulman (CFCM), ou bien à des prestidigitateurs comme Ramadan, qui rient à gorge déployée de l’aubaine incroyable de notre naïveté.

Débusquer la supercherie

Leur tour de passe-passe est en effet des plus grossiers. A longueur de conférences-débats et autres talk-shows, ils se contentent de réciter avec talent tous les mots que nous aimons entendre, et dans le bon ordre : réformer l’islam, l’adapter à la modernité, le libérer des traditions obscurantistes, bla-bla-bla. Il suffirait pourtant d’aller lire de plus près leurs livres – comme l’a fait, par exemple, Caroline Fourest avec un énorme courage – pour débusquer l’incohérence entre cet affichage publicitaire et l’indécrottable dogmatisme comme l’agressivité larvée qui ressurgissent à chaque page ou presque. » (…)

«… dans notre société de l’image et de la communication, personne ne prend le temps d’aller voir le fond des choses. On célèbre unanimement l’esprit critique, mais personne ou presque ne s’en sert. » (…) «… nous avons laissé se développer en France un islamisme de plus en plus décomplexé, qui revendique maintenant haut et fort la suprématie de la loi de Dieu face à la loi démocratique, qui affiche sans vergogne intolérance et antisémitisme… »  (…)

« En collectionnant les figures d’« imams progressistes » chez lesquels il n’y a le plus souvent qu’un effort parfois sincère mais toujours insuffisant d’adaptation de l’islam, nous avons franchi le pas scélérat de la complicité objective avec tout ce qui contredit les valeurs de la République et des droits de l’Homme. En ayant fait de Ramadan un phénomène médiatique (…) c’est en réalité sa starisation qu’on a organisée. » (…)

« Encourager une philosophie critique de l’islam. 

A l’arrivée, c’est le positionnement d’une trop grande partie de nos élites vis-à-vis de l’islamisme qui n’est ni lucide ni clair.» (…)

« Meddeb est mort, Arkoun est mort, Chebel est mort, après avoir tous crié dans le même désert. C’est indigne de la France. Combien restons-nous désormais à produire une philosophie critique de l’islam ? Une pensée qui nourrisse en chacun les questions spirituelles aussi bien que l’appartenance citoyenne ? Une pensée qui réconcilie les identités, les appartenances, et qui œuvre pour une fraternité qui ne soit pas que de façade ou de fronton ? On pourrait nous compter sur les doigts d’une main » (…)

« Il est grand temps d’arrêter d’être aussi aveugles, complaisants ou lâches face à tout ce qui produit de la radicalité aujourd’hui au quotidien dans notre société. Il faut arrêter aussi, à toutes les échelles, les politiques de complicité avec l’islam politique « 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/11/14/tirons-les...

………………………………………………

Autre chronique, cette fois pour questionner le « lieu » idéologique de la parole de Plenel. Analyse excellente qui mérite une lecture intégrale attentive. Décryptage d’un positionnement complaisant qui a des racines politiques précises, des failles de pensée anciennes, des objectifs non dits. Réflexion d’Alain-Jacques Jacot sur son blog… 

« Islamo-gauchisme, trotskisme et taqiya. D’où parles-tu, camarade Joseph Krasny? »

Citations (et lien) :

« Il était d’usage en 1968, lorsqu’un intervenant demandait la parole dans une AG, de lui demander « D’où parles-tu camarade? », histoire de savoir quel courant idéologique il réprésentait. Voilà longtemps que des journalistes paresseux ou ignares, représentant de médias complaisants, ne posent plus cette question au camarade Joseph Krasny (son pseudo de journaliste de « Rouge », l’organe de l’ex-Ligue Communiste Révolutionnaire, un certain Edwy Plenel qui depuis 20 ans, agit sous couvert de « recherche de vérité journalistique »! » (…)

« Voilà d’où parle le « camarade » Joseph Krasny-Edwy Plenel . Voilà ses buts, voilà ses méthodes! Il poursuit le même but avec les mêmes méthodes que tout militant trotskiste  » infiltré » dans un milieu ennemi. » (voir, sur la note du blog, la liste, qui précède cette phrase, des « méthodes » trotskistes). (…)

« Il se trouve que cet objectif est exactement le même que celui du prédicateur « frère musulman » Tariq Ramadan. Leurs méthodes également. Dans une répartition de rôles, l’un vise la gauche, l’autre les musulmans; l’un les médias, l’autre l’Université. 

Cette alliance objective, illustrée par la complicité entre Ramadan et Plenel, a été théorisée en 2004… » (…)

 « D’où parles-tu, camarade? .

Je demande aussi aux mêmes journalistes de poser à Tariq Ramadan, prédicateur des Frères Musulmans sous couvert d’islamologie, Islamiste qui veut prendre en otage nos concitoyens musulmans, cette même question. (…)

C’est donc maintenant aux républicains, de droite comme de gauche, à se mobiliser pour sauver l’essentiel : LA REPUBLIQUE FRANCAISE, Universaliste, une et indivisible, sociale et laïque. »

https://leblogalupus.com/2017/11/13/islamo-gauchisme-trot... 

…………………………………

A partir de ces questionnements toute intervention peut être située. 

Poser la question du lieu social, idéologique, et politique, d’où quelqu’un s’exprime, peut se faire directement (journalistes… à condition qu’ils aient fait le travail d’information indispensable). Mais il peut se faire (lecteurs, public qui s’informe) indirectement, en cherchant les traces, les sources, les modalités du « dire ». C’est appliquer simplement la règle de lecture qui est enseignée quand on explique ce qu’est l’énonciation, quand s'exprime un locuteur qui est quelque part, ceci ne signifiant évidemment pas seulement un lieu géographique, mais tout ce qui situe l'espace idéologique et intellectuel à partir duquel quelqu'un élabore son discours. « Qui parle? A qui? D’où? » Ce b.a. ba enseigné au collège est souvent oublié par des « intellectuels » négligeant la rigueur…  De plus, à cette triple question il faut ajouter « Comment? ». Les mots choisis, la structure des textes et des phrases, les références et les silences, voilà qui donne des clés. En plus des faits trop souvent occultés (comme ce livre de Plenel, soi-disant en soutien des musulmans, diffusé abondamment par le Qatar, pays auquel Ramadan est lié par des soutiens et engagements, etc.).

Dans un article récent Médiapart (Plenel) considère qu’il existe « un islamisme démocrate que représentait Ramadan » (!!!) : sur leur site. Et une responsable de Médiapart a déclaré que l’islamisme n’était « pas une chose grave »… La logique complaisante poussée à bout.

23/05/2017

Islam et islamisme... Distinguer.

« Comment dénoncer l’islamisme sans servir les causes malveillantes du rejet des autres en Occident et ailleurs ? Comment proclamer l’altérité comme lieu de réflexion entre les jérémiades du Sud et les indifférences sophistiquées du Nord ? Comment dénoncer et dire ? Comment appeler à résister au Mal, à traquer en soi ses signes escamotés sous le prétexte de la communauté, de la religion ou de la spécificité culturelle, sans tomber dans l’offre de service aux radicalités d’en face ?  Comment écrire sans être sommé ? » 

                     KameL Daoud (Introduction au recueil de ses chroniques 2010-2016, "Mes indépendances", Barzakh / Actes Sud 2017).

Il est extrêmement important de distinguer l'islam (la religion de croyants qui ne sont pas des idéologues mais seulement des gens qui accordent une place à la spiritualité dans leur vie, en fonction de la culture transmise) et l'islamisme (construction idéologique et politique à visée totalitaire). Si on crée la confusion on stigmatise des gens qu'on voue ainsi à l'enfermement identitaire (et, pour les plus fragiles psychologiquement ou socialement, à une possible radicalisation). "Aimer" ou pas une religion ou les religions n'est ni de l'ordre d'une pensée politique ni une démarche laïque authentique. La séparation des églises et de l'État que définit la loi de 1905 n'exige ni amour ni détestation : juste de la vigilance et de la rigueur. Ce n'est pas la droite en tant que telle mais les extrêmes droites qui rejettent l'islam (et englobent les êtres dans leur détestation qui devient alors une forme de racisme) : le FN, les identitaires, des associations comme Riposte laïque. De même la complaisance à l'égard des islamistes a pour origine les analyses erronées non de la gauche mais des extrêmes gauches (aveuglement ancien qui date de la guerre d'Algérie et se poursuit aussi dans certains réseaux pro-palestiniens univoques et antisémites). La gauche a suivi (pas toujours) du fait d'un malaise néocolonial qui est dans certains cas un alibi. Enfin, l'anticléricalisme est une chose, mais "ne pas aimer les religions" n'est pas un marqueur de gauche (il y a des croyants engagés à gauche, autant que d'incroyants - même si ce terme de "croyants" n'est pas vraiment adapté car réducteur : des individus pour qui la spiritualité est part intégrante de leur vie, dans une religion ou hors de toute structure religieuse). Les marqueurs de gauche sont l'action pour la justice sociale, le respect de la liberté de conscience et de l'intégrité de la personne, des valeurs s'exprimant notamment par des refus (abolition de la peine de mort...). Les confusions produisent aussi des totalitarismes (et cela commence par le choix des mots) ; les pièges sémantiques deviennent des pièges dialectiques. Sur la question des religions... le stalinisme a érigé l'athéisme en "religion" de remplacement : ce n'est pas un modèle à suivre. La nature du totalitarisme se définit par une emprise sur la conscience des individus, en fonction de ce que le pouvoir du moment croit être la juste manière de penser, croire, ou ne pas croire. Les dictatures islamistes imposent de croire à leur manière, l'Inquisition catholique le fit aussi, avec la même violence, mais le stalinisme imposa tout aussi violemment de ne pas croire...

 

03/04/2017

Sur une manifestation… et des questions.

Samedi, une manifestation a eu lieu, censée être un soutien aux Palestiniens, mais révélatrice d'autres motifs idéologiques. L'appel était signé notamment par le racialiste PIR et une liste d'associations pro-palestiniennes (mais surtout hostiles à Israël et aux Juifs : pas vraiment pour la paix et deux États...). Un des slogans pour relayer l'appel était "Séparation du CRIF et de l'État", ce qui signifie qu'étaient reprises les thèses complotistes sur le soi-disant pouvoir des Juifs. La récente manifestation contre les violences policières avait été largement l'occasion de crier des slogans antisémites (et le sujet n'avait rien à voir pourtant avec Israël et la communauté juive...). Que ce genre de manifestation soit autorisé par la préfecture est scandaleux. Des personnalités étaient intervenues pour qu'elle soit interdite (dont la maire de Paris, signalant un risque de trouble à l'ordre public). Lire la note de blog d'Hebib Meyer (ample et documentée), qui fait quelques rappels nécessaires... http://www.huffingtonpost.fr/meyer-habib/manifestation-bo...

Attiser les tensions est très dangereux. Et de tels appels sont très loin des positions de ceux qui soutiennent des projets de paix (et donc sont capables de critiquer ceux qui s'y opposent, sans oublier que ces freins sont largement aussi chez les Palestiniens : le Hamas n'étant pas un modèle d'humanisme et de démocratie, sa charte en est un signe, entre autres).

Les liens ci-dessous donnent des informations complémentaires : analyse de Laurent Joffrin sur les dessous du mouvement BDS, chronique de Libération sur les réseaux antisémites, lien vers le site de LPM (La Paix Maintenant, qui milite pour la paix entre les deux peuples en informant largement), lien vers la page des communiqués du CCLJ (Centre Communautaire Laïc Juif belge), qui a le souci de l'intégrité d'Israël comme pays et de la sécurité du peuple, mais n'hésite pas à critiquer le gouvernement israélien pour dénoncer des atteintes aux droits des Palestiniens : tout le contraire d'un positionnement identitaire (le piège dans lequel d'autres tombent, cette manifestation en étant une preuve : le piège identitaire crée la haine...). Voir aussi l'analyse du MPCT (Mouvement contre le terrorisme).

Les positions univoques ne mènent pas à la paix. Comme le demandaient les deux mères (israélienne et palestinienne) témoignant dans le livre "Nos larmes ont la même couleur", à l'étranger ne pas entrer dans le conflit, dans la guerre, mais soutenir les initiatives de paix. (Ainsi, pour ne donner qu'un exemple, les associations pro-palestiniennes qui manifestaient ont-elles parlé quelque part de la grande marche pour la paix de femmes très nombreuses avançant ensemble, Israéliennes et Palestiniennes? Non.). A noter, parmi les signataires, Mgr Gaillot (!) et quelqu'un pour l'Acat (chrétiens contre la torture...). Décidément, relents inquiétants. Il y a aussi quelqu’un d’Ensemble... Et un groupe de La France insoumise (Douai), mais la virgule entre le nom du mouvement et le groupe peut faire croire que L.F.I. signe en tant que mouvement.

Aucune autre association de droits de l'homme ne s'est compromise, en dehors d'Acat...

LIENS... 

"BDS, dessous d’un boycott", chronique de Laurent Joffrin, Libération (2015, mais toujours valable…)… http://www.liberation.fr/planete/2015/08/14/bds-dessous-d...

Autour des manifs pro-palestiniennes, "Antisémitisme, les réseaux de la haine", chronique, Libération (2014, toujours valable)... http://www.liberation.fr/societe/2014/07/22/antisemitisme...

La Paix maintenant s'engage pour la paix entre les deux peuples dans la perspective de deux États… http://www.lapaixmaintenant.org 

CCLJ. Centre Communautaire Laïc Juif. Les communiqués n’hésitent pas à critiquer des actions du gouvernement israélien, mais la charte (lisible dans la rubrique « Qui sommes-nous? ») affirme le souci de l’intégrité d’Israël et la lutte contre l’antisémitisme... http://www.cclj.be/tags/communiqués 

Note (au sujet de cette manifestation) sur le site du MPCT Résistance au Terrorisme... http://www.mpctasso.org/spip.php?article1654

14/02/2017

L’oeil de Moscou… cible Macron.

moscou,réseaux sociaux,propagande,influences,espionnage,espions,complotisme,russie,macron,en marche,présidentielle,f.n.Très grave... Sur cela l'émission C dans l'air du mercredi 8-2-17, "Macron dans l'oeil de Moscou » a donné des informations précises. Quand un élu  LR indigne diffuse des attaques russes, en ciblant un candidat avec des rumeurs et des soupçons, quand des sites complotistes financés par la Russie (RT en français, Sputnik, etc.) font de la désinformation systématique (reprise par le reste de l’univers conspirationniste), quand des trolls occupent l'espace pour influencer les internautes, il y a de quoi s'inquiéter. A noter  : ceux qui ne sont pas visés, ou même sont soutenus (les europhobes, les amis des dictatures, les pro-Poutine) et dont les partisans se délectent de pratiques qu'ils devraient condamner, en reprenant même la propagande en question. Que chacun se fasse une idée, lise et se questionne, vote suivant son choix ensuite, mais en évitant le niveau des poubelles... et en essayant de penser sans être manipulé par des algorithmes... 

Les rumeurs et attaques, d’après le HuffingtonPost…  http://www.huffingtonpost.fr/2017/02/08/attaques-informat... 

Constat et analyse similaires, Nouvel Obs… http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/201702... 

Lire aussi l’appel de Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement En Marche... https://en-marche.fr/contre-tentatives-de-destabilisation... 

PBS RUSSIE FN.jpgSi le Kremlin cible Macron, c’est pour avoir fait d’autres choix. Lire cette étude fournie sur les liens avec le FN (rencontres, soutiens, affinités idéologiques…). Citation : « C’est une alliance politique majeure qui s'est nouée dans la discrétion. Elle peut changer la face du Vieux Continent. Depuis plusieurs mois, le Kremlin mise sur le Front national. Il le juge capable de prendre le pouvoir en France et de renverser le cours de l'histoire européenne en faveur de Moscou. ». Et depuis cet article cela est plus évident…NouvelObs…  http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20141024.OBS3131... 

moscou,réseaux sociaux,propagande,influences,espionnage,espions,complotisme,russie,macron,en marche,présidentielle,f.n.Espions russes, autre face du problème. Article de 2014, mais pistes dont l’actualité accentue le sens, les cibles n’étant plus seulement celles d’il y a deux ans. L’Expresshttp://www.lexpress.fr/actualite/politique/la-france-nid-... 

Le JDD avait fait paraître, récemment, un article (non lisible en ligne) titré « Kremlin sur Seine »… 

Espions russes. Article sur une tribune de députés européens, dont des Français (cf. Rachida Dati) et sur des liens des groupes LR… https://informnapalm.org/fr/deputes-reclament-plus-d-espi... 

Là on voit les liens entre des sites pro-russes et des sites complotistes comme Réseau Voltaire, sites d’extrême droite comme les supports des Identitaires… https://informnapalm.org/fr/liste-des-sites-et-pages-face... 

Les deux liens précédents viennent d’un site militant (Ukraine, Georgie), combattant la propagande russe, hostile au populisme et au complotisme…  https://en.wikipedia.org/wiki/Inform_Napalm 

13/02/2017

Les aveuglements coupables, et le FN à l'horizon, sordide bal des idéologies...

OBS FN.jpgOn voit actuellement beaucoup de posts sur les réseaux sociaux, de notes dispersées (et autres expressions) au sujet de Fillon... Mais fort peu sur celle qui se situe en tête des sondages, a des affaires en série, joue sur le lissage du parti d'extrême droite pour le faire passer pour un parti "normal". Jusqu'à retirer de son programme le rétablissement de la peine de mort (mais en gardant sa conviction et l'idée d'un référendum - qui serait bien mis en route par une propagande sur les peurs, en utilisant l'instinct de mort et de meurtre enfoui dans les inconscients - pour finir par la rétablir...). Jusqu'à camoufler un peu les fréquentations trop marquées de négationnisme, antisémitisme, racisme, mais en donnant encore largement des rôles à plusieurs dans le parti, et en rencontrant tant en France qu'à l’étranger des partenaires de soufre. Et tout en se faisant passer pour une grande "patriote" elle travaille à des relations internationales avec les dictateurs ou extrémistes qui ont les mêmes visions qu'elle, mais pas forcément un regard positif sur la France...! Ni des projets qui serviraient le pays. J'ai entendu un commentateur se demander si les Français n'avaient pas inconsciemment un désir de fascisme. La question se pose, quand on voit qu'on laisse caracoler en tête des sondages, avec indifférence, une Franco en jupe et cheveux blonds... Donc lecture, pour changer… « Les 5 intox de la candidate du FN »… http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/201702...

Des articles, mais moins de diffusion et de volonté de mise en valeur des questionnements, suivant les journaux.. (Ou au contraire, sur certaines chaînes, dans certaines émissions (radio, télé) un traitement occultant la réalité de la formation d’extrême droite (comme c’est le cas aussi, autre extrême, au sujet de groupes ou personnages porteurs de l’idéologie islamiste (comme si tout devait être lissé). Les électeurs FN de conviction ne changeront sans doute pas pour des informations problématiques sur leur parti (non pour l'argument du "tous pourris" mais parce que cela s'inscrit dans le refus du "système"  qu'ils considèrent que leurs élus peuvent détourner). Mais l'électorat est mobile, et une partie des électeurs de droite, lassés par le feuilleton des affaires, peuvent très bien glisser, eux, vers le FN (c’est déjà le cas pour certains),  ou pas, suivant ce qu'ils liront ou entendront. De plus il n'y a pas que la presse et les médias... Sur Facebook… de nombreux internautes de gauche (soucieux de mettre en avant leur candidat, ou - ego - de faire preuve de connivence idéologique adéquate) se focalisent uniquement sur des critiques de Fillon. Critiques répétitives, n’apportant rien qu’on ne sache déjà - suffisamment choquant en soi, litanie déroulée sans se préoccuper du risque majeur qui se profile (extrême droite soutenue par la propagande complotiste appuyée par des sites Pro-poutine et des manipulations diverses). Il y a des aveuglements coupables. Mais si l'on accepte la perspective d'une "présidente" dansant un jour en tant que telle encore au bal des nazis... on peut alors continuer à détourner la tête. Un président soupçonné de malversations financières ce ne serait guère mieux, mais l’un ne doit pas effacer l’autre…

Challenge FN.jpgPour le FN de Le Pen, Challenges a choisi de mettre l’accent sur, d’une part, les emplois fictifs (la dernière affaire en cours…), et, d’autre part, le programme économique catastrophique et fort coûteux de ce parti europhobe et xénophobe…

Emplois fictifs… https://www.challenges.fr/politique/assistants-parlementa...

Challenges (Lire l’actu), « L’extravagant programme de Marine Le Pen »… http://lirelactu.fr/source/challenges/f84184d0-8676-41cb-...

« Flou sur la sortie de l’euro, mal chiffré, coûteux… Le programme du Front national (…) …un creusement des déficits publics assuré. »… https://www.challenges.fr/politique/exclusif-l-essentiel-...

« Les promesses délirantes… » / « Sur la forme, c’est un catalogue de plus de 140 promesses, plus ou moins floues, souvent coûteuses et mal financées. Marine Le Pen ne s’embarrasse guère de l’équilibre des comptes publics. »… https://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/le...

15/11/2016

13-11..."Fluctuat nec mergitur". Ne pas sombrer, c'est aussi parler, témoigner...

BD Bataclan.jpg« La pluie de demain lavera les taches mais il restera toujours quelque chose dans nos âmes. »

Sting (Fragile)

« Nous sommes ceux qui restent, suivis par une ombre, tous unis par une même idée : ne pas nous laisser tuer deux fois. »

Antoine Leiris (auteur de « Vous n’aurez pas ma haine »)

...

PAS HAINE.jpgNe pas sombrer, c’est le défi des survivants des attentats. Et chacun trouve la manière de forger sa résistance, de remettre les pas dans la vie, de reconstruire son rapport aux autres, tant avec ceux qui sont directement concernés, victimes ou endeuillés, qu’avec ceux qui ne peuvent pas complètement comprendre, entendre la parole de douleur, le traumatisme gravissime. Choix entre se taire, ou parler. Parole de partage et parole thérapeutique. Solidarité.

Bien sûr, il y a des expériences différentes. Quand la colère domine, et quand la haine affleure, dont il faut réprimer les mots pour ne pas heurter - comme le dit de lui un survivant du Bataclan (dossier de Libération daté 12-13/11, riche de plusieurs témoignages différents) : père de famille qui s’est, de plus, heurté à des rigidités diverses (indemnisation problématique, incompréhensions de la situation scolaire de ses enfants par des acteurs de l’éducation nationale, dans la méconnaissance troublante de ce que sont les traumatismes graves et leurs effets). 

Beaucoup de témoignages sont le signe, le plus souvent, d’une force vitale renforcée : ne pas laisser les assassins gagner aussi contre l’esprit et le temps. 

Refus de la haine, comme l’a exprimé pour tous Antoine Leiris dans sa lettre spontanée, celle qui a jailli dans la proximité de la douleur la plus grande, et dans la conscience de tout ce qu’il fallait préserver pour son enfant… « Vous n’aurez pas ma haine »…  https://www.facebook.com/antoine.leiris/posts/10154457849... 

Cette lettre est devenue un livre, pour aller au plus loin du message… http://www.fayard.fr/vous-naurez-pas-ma-haine-9782213701295 

Et un documentaire a été créé par Antoine Leiris, qui donne la parole à ceux qui ont vécu la même tragédie…   (Rediffusé le 3-12, France 5, minuit)… http://www.france5.fr/emission/vous-naurez-pas-ma-haine 

« Alice et Aristide » est un documentaire de Laetitia Krupa, qui raconte le parcours du rugbyman Aristide Barraud et de sa soeur, survivants tous les deux (il est passé très près de la mort, et en le sachant). Le corps, la douleur, le doute, la peur, le courage, et le désir de rejouer, donc de vaincre tous les obstacles physiques. Pour soi, et pour les autres : être pour autrui ce que d’autres ont été pour lui, des repères de courage, de ténacité devant l’adversité. Et revenir sur le terrain pour tous ceux qui sont morts. Alice, aussi, accepte d’attendre mais pas de ne plus faire ce qu’elle aime, artiste du corps. Et elle va revenir à la vie du cirque… Ne pas renoncer, jamais…. (« On n’a pas choisi ce qui nous arrive, mais on va choisir ce qu’on va en faire», a dit Aristide, pour sa soeur et lui). A voir… http://www.lequipe.fr/Medias/Actualites/-alice-et-aristid... 

« Mon Bataclan » est une bande dessinée de Fred Dewilde, qui fait le récit de son cauchemar de survivant. Le dessinateur se libère ainsi de l’obsession des images : il les transcrit et s’en délivre… http://www.lemieux-editeur.fr/Fred-Dewilde-sortir-du-Bata... 

Voir aussi des vignettes sur L’Express… http://www.lexpress.fr/actualite/societe/en-images-un-sur... 

Trouver la manière de dire c’est trouver (ou retrouver) la matière, sa matière : les pages pour des mots, les crayons pour dessiner, la voix et l’instrument pour le chant, le corps pour la danse ou le sport de compétition, ou les gestes du quotidien d’un travail retrouvé. Je pense à une agricultrice vue dans un reportage, et qui disait « Ils sèment la mort, moi je sème des graines ». 

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L’anniversaire commémoré m’a fait revoir les visages, photographies dans les journaux, souvenir du choc d’alors. Ainsi ceux de La Belle Équipe. Et lire ou écouter les entretiens. La Belle Équipe, le Bataclan, le Stade, les autres lieux. Penser au présent de ceux qui poursuivent, marqués mais là. Attentive aux mots de Noumouké Sidibé, le chef de sécurité du Bataclan, toujours en arrêt, blessé par les soupçons du chanteur du groupe Eagles of Death Metal, blessé par les méconnaissances, et préoccupé par le risque de bascule dans le terrorisme de jeunes qu’on pourrait sauver de cela.

Commémorations, donc (Nice, Paris…). Elles ont été critiquées par certains commentateurs, (trop ceci, pas assez cela) mais les victimes les désiraient et disent en avoir tiré un apaisement. Comme Ali Charrihi, dont la mère, Fatima, est morte à Nice le 14 juillet. L’hommage rendu est pour lui un signe fort : « La nation entière va honorer ma mère » (cité dans un article du Parisien du 15 octobre). Sa réaction à lui est de décider de s’engager auprès de Latifa Ibn Ziaten, mère d’une victime de Mohamed Merah. Lutter contre les radicalisations, tenter de prévenir.

Ondes de choc… Le temps des secousses dure plus qu’on ne peut croire. Ainsi Nicole Guiraud, victime d’un attentat, enfant, pendant la guerre d’Algérie (le Milk Bar, Alger) le dit dans une lettre ouverte à Zohra Drif.  (Zohra Drif avait posé la bombe visant des civils dans un bar recevant des enfants, d’où son nom, et a réagi récemment, agressivement, à la déclaration du père d’une victime du Bataclan qui parlait de terrorisme dans ce cas précis - puisque le terrorisme est défini par le fait d’attaquer des civils, dont des enfants). Nicole Guiraud la désigne comme son bourreau, car les séquelles de son amputation d’un bras demeurent (douleurs, soins). Plasticienne, elle est aussi privée d’une main pour créer. La mémoire du terrorisme elle la retrouve chaque matin. 

Comme doivent la retrouver des personnes en Algérie, victimes des attentats de la décennie noire. (Et le Milk Bar a encore, alors, été visé…). Nicole Guiraud, comme Danielle Chich, a refusé la haine (au contraire, elle a participé à des actions fraternelles de liens entre les rives). Mais elle a fait de la lutte contre le terrorisme son engagement principal, y compris par la création (comme dans son exposition « Survivre »), ou le partage avec des artistes algériennes (comme lors d’une exposition à trois en Allemagne, à Berlin.).

Ondes de choc… autour. Nous, individuellement, et nous, collectivement.

Le risque des fractures intensifiées, sur lesquelles les extrémistes tirent pour les accentuer. 

…Que ce soient les stratèges de l’islamisme, jouant sur la victimisation (inversant les rôles) et glissant petit à petit leurs codes rigides, qui veulent emprisonner les êtres corps et âmes, et les femmes d’abord. Manipulation et taqiya (avancer masqués). 

…Que ce soient les partis d’extrême droite, racistes, et leurs alliés, dédiabolisés ou pas, ou le fatras des complotistes et antisémites.. 

Une réponse est l’écran construit contre les haines diverses, les peurs, les ignorances. 

..Se méfier des obsédés qui pensent tout à travers le filtre de la peur de l’islam (confondant musulmans et islamistes). 

..Se méfier des idéologues complaisants qui se font complice des manipulateurs, par bêtise, conviction, intérêt. Les idiots utiles. A l'inverse de cela, Abdennour Bidar met l'accent sur la fraternité, sans négliger la lutte contre les intégrismes mensongers, et il développe un mouvement de citoyens... https://www.fraternite-generale.fr 

Résister.

Mais résister ne peut faire l’économie d’une vigilance concertée et totale pour débusquer les pièges des totalitarismes concurrents. 

..Soutenir IkhwanInfo (Mohamed Louizi, Caroline Fourest, etc.)… http://www.ikhwan.whoswho  

..Soutenir les messagers d’un islam du respect, de haute spiritualité humaniste, comme Planète soufiehttp://www.aktab.ma/veille/  ou Fondation conscience soufiehttp://conscience-soufie.com 

..Faire passer le message aux politiques, contre le clientélisme aveugle et la diplomatie de complaisance. 

..Soutenir les associations qui luttent contre le racisme et les confusions (liste Agir, marge gauche… ici).

28/07/2016

Le sabre et l'esprit...

PENSEE EXTREME.jpg« Il n’y a que deux puissances au monde, le sabre et l’esprit. A la longue le sabre est toujours battu par l’esprit. » Napoléon à Las Cases. Cité dans la chronique de Marie-Laure Delorme sur le livre de Jean-Paul Kauffmann, « Outre-Terre » (la bataille d’Eylau, Napoléon..).

La mort, les crimes atroces, comment penser cela, comment penser les assassinats violents et comment penser les assassins, pour lutter contre ce qui les détermine? Parce que cette réalité n’est pas la même que celle du nazisme, avec un pouvoir repérable, un pays, la guerre. La dimension insidieuse est en plus, le travail souterrain d’ennemis masqués qui tissent leur toile maléfique, avec leur propagande qui fanatise. Pour penser il faut lire, écouter, échanger, et encore lire, au-delà de la presse, livres qui approfondissent (et au minimum chroniques qui en tirent le questionnement essentiel, car on ne pourra tout lire…). Ainsi, cet ouvrage de 2009, réédité : « La pensée extrême. Comment des hommes ordinaires deviennent des fanatiques », de Gérald Bronner

« Ne pas rester sur l’image d’une désespérance qui, actuellement, alimente les démagogies d’extrême droite. » dit Jean-Louis Laville, cité par Julie Clarini, dans Le Monde du 25 mars 2016. Le sujet était la crise intellectuelle dans la pensée de gauche (« Nombreux sont les intellectuels tétanisés. Ils ont l’impression qu’un monde se défait. », disait-il aussi). Mais on peut adapter cela à cette période longue d’attentats qui se succèdent, ici et ailleurs, et qui mettent les survivants et les témoins en état de sidération (nous le sommes tous, à divers titres, témoins, même de loin : par les informations, les images, les témoignages, l’émotion). Et ce qui va nous être nécessaire c’est de lutter contre l’impression que notre univers se défait, qu’il ne reste que le désespoir, ce grand piège compréhensible…  

Même si un certain pessimisme est une des formes de la lucidité, parfois. Comme celui qui advient quand on découvre les faces sombres de pouvoirs qui manoeuvrent en coulisses obscures, parce qu’on maîtrise une langue qui permet d’entendre des voix masquées en traduction… Ainsi l’explique Kamel Daoud dans une chronique du Point (5 mai 2016) sur le bilinguisme cause de souffrance : « Le bilinguisme est aussi un pessimisme ». Car il peut lire et entendre les discours de haine soutenus par de faux « alliés » de pays occidentaux, qui auront un autre langage (celui du  masque) quand il s’agira de manipuler (ou d’acheter des armes…).

« Pour éradiquer le terrorisme islamiste, les mesures sécuritaires ne suffiront pas. Il faudra aussi lui opposer la force de l’esprit. » Sébastien Le Fol, Le Point, 11-02-16. D’un côté, le sabre des armes de mort (quelles qu’elles soient) et le sabre de l’idéologie totalitaire, d’une sorte de fascisme qui impose sa vision religieuse comme un outil de domination (l’islamisme, le pétrole irriguant la Mecque qui prend les croyants en otage et participe au formatage wahhabite en uniformisant un islam qui est en réalité pluriel), et d’un autre l’esprit, la pensée, la création, l’humour, la libre conscience. Sébastien Le Fol dit qu’il « faut disséquer cette idéologie apocalyptique » qu’est l’islamisme et opposer (notamment sur les réseaux sociaux) la dérision et l’humour : « Pour terrasser l’hydre djihadiste, nous devrons aussi la tourner en ridicule. »

C’est ce qu’ont compris les Marseillais, dans leur réponse aux menaces de Daech. Par tweets moqueurs, posts divers et même vidéo à visage découvert (l’ironie et le courage). C’est un régal. Sur MétroNews : http://www.metronews.fr/info/quand-les-marseillais-se-moq...  Et sur Libération (pour sourire deux fois, avec des variantes) : http://www.liberation.fr/societe/2016/07/22/sur-les-resea... 

Mais je repense aussi au témoignage du luthiste irakien Naseer Shamma, qui, avec la musique, par l’enseignement de la maîtrise de l’oud, a sauvé un jeune Irakien désespéré par la mort de ses soeurs à cause d’une bavure militaire. Il l’a sauvé de la haine qui allait le faire basculer dans des choix extrêmes. En lui disant que la musique exprimerait les absentes et serait son langage. (J’avais fait une note sur lui au début de l’année). Ce jeune a trouvé devant lui une personne au moment exact où il le fallait et la personne qu’il fallait. Naseer Shamma n’a pu faire passer un tel message que pour avoir été loin dans sa propre démarche intérieure. Malgré son pays ravagé, malgré son engagement, c’est de musique dont il a parlé en ouvrant un horizon d’espoir. Bien sûr tout le monde n’a pas un luth à mettre sous les yeux de quelqu’un qui serait habité par une colère personnelle ou d’emprunt. Mais tout le monde peut être une présence (écoute et parole) parmi les autres.  

.......... MISE à jour, 29-07-16. Deux réflexions au sujet du terrorisme et de la manière de le penser... Amin Zaoui, dans Liberté.dz. Réaction au dernier attentat, 28-07-16... http://www.liberte-algerie.com/chronique/flaubert-et-les-... 

Et Kamel Daoud, La Cause littéraire. Chronique de mai 2015, toujours valable... http://www.lacauselitteraire.fr/un-mort-est-la-somme-de-s...

Plus... le texte essentiel d'Abdennour Bidar, envoyé comme communiqué à l'AFP, et publié sur son site (Édito de juillet 2016, lisible alors en accueil). Réaction aux attentats et pistes pour agir : http://abdennourbidar.fr

10/03/2016

PROCÈS à ORAN. L’imam salafiste est condamné… Kamel Daoud gagne

LOGO artcle majeur.pngUne première en Algérie, « une première dans le monde arabo-musulman ». Et c’est UNE juge. Très fort symbole que l’Algérie offre. Une femme, jeune, portant une responsabilité forte dans un procès qui a l’attention du monde. Ceci se passe à Oran, et ce n’est pas anodin. Oran étant une ville qui a particulièrement une tradition d’ouverture, de modernité, de courage aussi. L’imam fait appel (et se répand sur les réseaux sociaux). Espérons que l’Algérie confirme cette avancée (car même si la peine n’est pas très lourde, elle fait sens). La ‘réconciliation’, qui avait valeur d’amnistie après la décennie noire, aurait pu museler la justice, et cela n’a pas été le cas. La peur aurait pu jouer un rôle (ces salafistes ayant un passé criminel qui s’associe à la terreur, et un discours qui n’a pas évolué).

Lire…

Excellente analyse d’Adlène Meddi , « Le cas Kamel Daoud, contre-enquête », middleeasteye.net, 9 mars 16. (Rien à ajouter à cela…). CITATIONS : « La jeune juge n’utilise pas le micro, malgré le vacarme qui règne dans la salle d’audience numéro 1 du tribunal d’Oran. Elle fait défiler les dossiers de sa gauche vers sa droite au rythme des énoncés de jugement en une rafale de mots portée par sa voix fluette. » (…) « C’est une première dans le monde arabo-musulman. C’est la première fois qu’on condamne à de la prison un intégriste qui a menacé de mort un intellectuel. C’est très symbolique. Une manière d’affirmer que la violence, même verbale, devrait être une ligne rouge dans les débats. » (…) « L’ascension de Kamel Daoud comme écrivain ne se fait pas sans douleur : prise au piège des polémiques en France et en Algérie, elle révèle combien, dans un contexte de tensions et de malentendus autour de l’islam, il est difficile de tenir un discours libre. » (…) «… Son indépendance fait sa force mais induit sa solitude, pour paraphraser Pasolini. / Ces gens de l’autre côté de la mer, qu’ils l’attaquent ou le soutiennent, sont dans le confort de leurs propres institutions et espaces de débats, de leur tradition des polémiques intellectuelles apaisées. Ici, Kamel reçoit tout cela seul, isolé dans un pays où le débat est un pugilat, un procès d’intention. » (…) « L’essentiel… C’est ce qui se passe ici, avec ce jugement et le combat de Kamel dans son pays, contre un régime vieux et des intégristes dangereux. C’est ici le centre. Eux, là-bas, avec leurs polémiques, sont à la périphérie. »  http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/le-cas-kamel-dao...  

« Algérie : Kamel Daoud gagne son procès contre le prédicateur salafiste Abdelfattah Hamadache », Jeune Afrique, par Nadia Lamlili, 8 mars 16. CITATION : « Le tribunal d’Oran (à l’ouest d’Alger) a rendu ce matin 8 mars son verdict sur le procès opposant l’écrivain Kamel Daoud au prédicateur salafiste, Abdelfattah Hamadache, leader du parti du Front de la sahwa islamique (non reconnu officiellement).  ‘’Le prédicateur a été condamné à six mois de prison, dont trois mois ferme, et à 50 000 dinars d’amende (près de 500 euros)’’, selon une source sur place. » http://www.jeuneafrique.com/308178/societe/algerie-kamel-...

« Le salafiste Hamadache condamné à la prison ferme », Algérie-Focus, par Abdou Semmar, 8 mars 16. CITATION : « Une première dans les annales de la justice algérienne. Le salafiste, Zeraoui Hamadache, dit Abdelfettah Hamadache, a été condamné, mardi matin, par le tribunal d’Oran pour 6 mois de prison, dont 3 mois fermes pour avoir demandé la condamnation à mort de l’écrivain et journaliste Kamel Daoud. » http://www.algerie-focus.com/2016/03/136187/ 

 « L’imam salafiste qui a appelé au meurtre de Kamel Daoud condamné ».. Marianne, 8 mars 16. CITATION : « L’homme (Hamadache) poursuit surtout ses activités sur les réseaux sociaux, comme le rapporte Le Monde, qui revient sur la dernière vidéo postée par cet ancien du Front islamique du salut (FIS), formation politique à l’origine des centaines de milliers de morts qui ont endeuillé l'ancienne colonie française dans les années 90. » : http://www.marianne.net/imam-salafiste-qui-appele-au-meur...

..... MISE à JOUR, 10-03-16

« Salut à Kamel Daoud », Libération, 10-03-16, par Jean-Luc Nancy. (Mais le « chapeau de Libération n’est pas bon car il déforme une phrase de l’auteur : en ajoutant un adverbe qui modifie le sens et peut même l’inverser à la lecture). Jean-Luc Nancy ne critique pas le « bruit » que ferait la « pugnacité » de Kamel Daoud : au contraire il met en relief l’opposition entre un retrait, attendu et le contraire, public, visible, fort. D'un côté l'acceptation d’une écriture qui ne dérangerait pas les censeurs, ne bousculerait pas, ou serait tellement cachée, peu lue - poésie par exemple, touchant un public qui accepte « la hache » qui brise nos limites, la glace en nous (Kafka) -  écriture qui ne ferait pas de vagues. Et  de l'autre... l’écriture qui, publique, crie la révolte et heurte les inquisiteurs (mauvais lecteurs, conformes à l’ordre qu’ils instituent en norme, aimant peu la hache brûlante des voix fortes). C’est un digne salut que celui de Jean-Luc Nancy… CITATIONS : «Pourquoi l’a-t-on fait à vous et non à tant d’autres qui ont écrit et dit la même chose ? Des Meddeb, Adonis, Benslama, Wafa Sultan, Mona Eltahawy et plus d’un, plus d’une autre dont on pourrait faire recueil sur le sujet qui a fâché de belles âmes consciencieusement postcoloniales. Je prends un seul exemple. Abdellatif Laâbi » (…) « La pensée et la poésie, ça ne fait pas beaucoup de bruit. On trouve qu’il ne faut pas être trop bruyant. » (…) « Mais il est parfois nécessaire de fulminer. » (Et il cite un vers d’Abdellati Lâabi…)  http://www.liberation.fr/debats/2016/03/09/salut-a-kamel-...

.... MISE à JOUR, 14-03-16

Amin Zaoui, "Les faqih de Paris se réveillent", chronique sur les complices idéologiques (rive nord) des islamistes (rives sud et nord). CITATION…. « Après les attaques des islamistes du Sud et les menaces formulées par les Hamadache du bled, c’est au tour des Hamadache du Nord d’attaquer l’écrivain et journaliste Kamel Daoud. Jalousie, paternalisme intellectuel ou tout simplement illettrisme politique ? Bel et bien, les Hamadache occidentaux existent — une réalité maudite — et leurs fatwas ne cessent de pleuvoir sur les quelques têtes lumières de chez nous. Ces Hamadache occidentaux ont des odeurs, des ombres, des langues et des tribunes. Ils sont même des douktour d’universités françaises ! Les faqih de Paris se réveillent ! Oui, la France de Voltaire, Baudelaire, Derrida, Foucault, Bourdieu, Zola, Barthe… la France de la raison, elle aussi a ses Hamadache, ses faqih salafistes ! Et ils sont influents. Et ils sont écoutés ! Et ils sont propagés ! Et je suis en colère ! » Suite sur le site d’El Watan… http://www.elwatan.com/culture/les-faqih-de-paris-se-reve... 

.... MISE à JOUR, 21-03-16 :

Entretien avec Djemila Benhabib, par Walid Mebarek, El Watan, 18-03-16  : « Daoud tout comme Sansal ou Zaoui sont des phares dans l’obscurité ». / Dans son nouveau livre Après Charlie, qui vient de paraître en France (édition (H&O), Djemila Benhabib lance un véritable appel du cœur : «Laïcs de tous les pays mobilisez-vous». 

- Pourquoi avoir ressenti la nécessité de reprendre la plume après l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, votre livre paraissant après les massacres du 13 novembre 2016 ?

« J’ai toujours été sensible à la force des idées et à la brutalité déployée pour les étouffer. Lorsque la conférence de Mouloud Mammeri a été interdite en 1980, j’avais 8 ans et j’habitais à Oran. Bien entendu, je ne comprenais pas grand-chose à cette affaire. Néanmoins, interdire une parole libre me paraissait déjà suspect. J’ai grandi dans une famille de militants de gauche entourée de militants dévoués. / Eliminer les porteurs d’espoir qu’ils se nomment Alloula, Djaout, Fardeheb, Charb, Cabu ou Wolinski m’est insupportable. Ma responsabilité première dans ces circonstances était de décrypter l’absurde et de jeter des ponts entre le «ici» et le «là-bas». L’oubli et la résignation étant la pire des trahisons. Surtout, ne pas se taire. Parler encore et toujours comme l’évoquaient Djaout et Charb. » : http://www.elwatan.com/culture/daoud-tout-comme-sansal-et... 

..... MISE à JOUR 23-03-16

Paul Berman et Michaël Walzer « contre les idiots utiles de l’islamisme ». France Culture, Brice Couturier, 23-03-16.. http://www.franceculture.fr/emissions/les-idees-claires/l...

... MISE à JOUR 25-03-16 

Boualem SANSAL. "Kamel DAOUD ou le principe de déradicalisation", Libération, 23-03-16..."La littérature mondiale a gagné une nouvelle plume en la personne de Kamel Daoud. » (…) « Un jour, il rejoindra le panthéon des grands écrivains, c’est sûr, il en a le talent. Mais voilà, le danger pour lui est bien là, il a du talent, il sait appeler les choses par leurs noms et dire où elles se trouvent, cela en fait une cible de choix. Les lanceurs de fatwas et les censeurs les plus émérites, mais aussi les seconds couteaux, les jaloux, les faux amis et les superagents de la police de la pensée, tapis dans les hautes structures de la culture et de l’information, se mobilisent pour l’abattre » (…) « L’écrivain que je suis, hyperattaqué dans son pays, sait depuis son premier roman l’intelligence et la ténacité des assassins de la liberté et de la pensée. De tout, ils font un crime, ils savent, comme pas un, lire un texte à leur manière, y trouver ce qui ne s’y trouve pas » (…) « Ce sont en vérité des fous, des sanguinaires, des tortionnaires, des lâches surtout, des malheureux, au fond, qui ont besoin d’un os à ronger pour exister, pour calmer en eux on ne sait quelle irrépressible pulsion."http://www.liberation.fr/debats/2016/03/23/kamel-daoud-ou... 

... MISE à JOUR 29-03-16 

A LIRE, un SOUTIEN, total, de Kamel Daoud, en une analyse pertinente… TEXTE signé par Paul Berman (écrivain et essayiste américain) et Michaël Walzer (philosophe, universitaire), 29-03-16. Article paru d’abord en anglais dans Tablet Magazine, traduit pour Le Monde par Pauline Colonna d’Istria. La tribune n’est pas lisible intégralement (abonnés…). Les auteurs insistent sur le double schéma qui est à l’oeuvre dans la condamnation des écrits de Kamel Daoud par des intellectuels occidentaux (intellectuels ou se disant tels). D’abord c’est un refus plus ou moins conscient de reconnaître le droit à des penseurs du Maghreb ou du Moyen-Orient de poser une vision critique sur leur propre société . (Ce qu’ils s’autorisent eux, occidentaux, de loin, mais par des critiques « confuses et réticentes »). Car le second schéma « remonte à l’époque du communisme soviétique », quand il ne fallait pas (croyait la même « intelligentsia) dénoncer les crimes du stalinisme de peur de soutenir la droite contre la gauche. Là, soutenir les intellectuels critiques du Maghreb et du Moyen-Orient  se heurte à la peur de risquer de mettre à mal la critique du colonialisme ou de donner des arguments à l’extrême droite : erreur grave car c’est l’insuffisance des analyses ou leur absence qui est récupérable par l’extrême droite et les nostalgiques du colonialisme). Ainsi, par manque de réelle rigueur, par ignorance et faiblesse de pensée, « cette intelligentsia » « pourfend les dissidents ». Au moment du stalinisme, rappellent les auteurs, « les intellectuels occidentaux n’ont réussi qu’à obscurcir la réalité soviétique », et « ils ont fini par devenir les alliés de l’oppression ». Pour n’avoir pas reconnu « que le débat politique a parfois besoin d’être complexifié », et pour n’avoir pas su « défendre les deux points de vue en même temps » (dénonciation de l’oppression soviétique et lutte contre l’extrême droite occidentale). « De trop nombreux intellectuels progressistes tombent dans le piège de cette logique fallacieuse d’hier . ». Et ainsi, « ils obscurcissent des réalités », et « ils contribuent à alimenter la haine à l’encontre de ces auteurs », les « écrivains les plus talentueux ». Enfin, « ils donnent du poids aux condamnations des islamistes ». Paul Berman et Michaël Walzer concluent en espérant que Kamel Daoud choisisse de continuer à « nous faire penser ». Lire ici le DÉBUT du texte, le passage lisible en ligne : « Les accusations dont il (Kamel Daoud) a fait l’objet représentent un phénomène inquiétant. Doublement inquiétant en réalité, parce que ces accusations obéissent à un schéma qui commence à nous devenir familier. En voici la logique : un écrivain progressiste de tradition musulmane, ou vivant peut-être même dans un pays musulman, se fait connaître. / Cet écrivain propose une critique de l’islam tel qu’il est pratiqué ou de la répression sexuelle par le pouvoir islamique (un thème majeur) ou encore une critique du mouvement islamiste. Ces critiques sont jugées blasphématoires par les islamistes et les imams réactionnaires, qui répondent de la manière qu’on leur connaît. / Dans les pays occidentaux, les intellectuels, qui se considèrent pour la plupart comme des progressistes, mènent leur propre enquête sur l’écrivain et ses idées. Ils espèrent trouver le genre de critiques confuses et réticentes qu’eux-mêmes produisent. Or, ils découvrent autre chose : des critiques plus emportées, plus véhémentes, ou plus radicales et plus directes. »... http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/03/29/a-gauche-d... 

L’article de La Croix (par Ihsane Elkadi, Alger, 08-03-16 - et toujours en phase avec le débat actuel), déploie toute la trame des problématiques en jeu et signale les thématiques à partir desquelles Kamel Daoud  exerce sa lucidité et nous propose d’exercer la nôtre…(Texte lisible intégralement, et renvoyant aussi à d’autres pages). CITATIONS : « À 45 ans, le finaliste du Goncourt 2014 (1) n’aime pas le réel. Il l’efface par ses mots. La littérature comme espace hologramme, pour supporter les rideaux baissés dans Oran, le vendredi à l’heure de la prière. » (…) « Une plume singulière, à rebrousse-poil du consensus mou de la fin de la guerre civile algérienne. Un troc insidieux où le renoncement à l’islamisme politique s’échange contre le refus des libertés individuelles. Kamel Daoud ne comprend pas pourquoi les Algériens jouent à se contraindre autant dans la bigoterie sociale alors qu’ils ont résisté au diktat des barbus. Et comme le pouvoir autocratique et affairiste des années Bouteflika est la première cible de la tornade Daoud, tout le monde en prend pour son grade… » (…) « Comme son alter ego Chawki Amari, écrivain de talent chroniqueur à El Watan, ou Dilem, le caricaturiste « habité » de Liberté, Kamel Daoud incarne l’épopée de la presse algérienne insoumise. » (…) « Kamel Daoud a creusé son sillon durant de longues années dans la poussière de sa ville. Il a la légitimité de la terre et du temps. Et ne veut pas le perdre. » http://www.la-croix.com/Culture/Kamel-Daoud-plume-coeur-p... 

... MISE à JOUR 30-03-16. Chronique publiée, qui est une analyse de grande profondeur. Regard bilingue, pensée que la lucidité écartèle... CITATION. Chronique de Kamel Daoud, « Le bilinguiste et la surdité », 30-03-16… « Lectures du temps et du sang : l’actualité de la semaine est dans la routine du 11 septembre permanent. Cette fois à Bruxelles. Explosions, photos, morts, vidéos, arrestations, analyses et appels. Le calme du tueur tétanise et terrifie plus que le cadavre du mort. Le monde tourne en rond autour d’un néant nouveau. Le plus étrange pour un bilinguiste assis au sud du monde, entre le Français et la langue arabe, c’est de lire les réactions dans les deux mondes. Non pas à travers les spécialistes du «Sud » et le bilinguisme des académiciens « arabes » installés en Occident, un peu trop raffinés, trop désincarnés, amoureux des âges d’or et des accointances qui prouvent l’échange de civilisations, mais à travers le bilinguisme de chair et de terre. Des lieux et des mots des autres et des siens, dans les papiers des journaux et internet et dans les discussions de café. Quand à la fois vous êtes francophone par envie et arabophone par généalogie et curiosité, et que vous pouvez prêter l’oreille et le cœur de part et d’autre. » Suite en ligne… http://www.impact24.info/le-bilinguiste-et-la-surdite/ 

... MISE à JOUR 04-04-16... NETTES PAROLES D’UNE FEMME, Chahdortt Djavann, contre les auteurs de la tribune des 19… Un soutien nocturne, pour Kamel DAOUD…  / L’ouvrage « Les putes voilées n’iront jamais au paradis », de Chahdortt Djavann, était au programme d’une émission,  « Au fil de la nuit », émission culturelle, lundi 4 avril, soir tard (TF1). / Pour conclure, après voir parlé du sujet du livre, question de l’animateur, Christophe Ono-Dit-Biot, à Chahdortt Djavann, sur ce qu’elle pense des attaques venues d’occidentaux contre Kamel Daoud. (On sent que l’animateur - qui se situe là à l’opposé des signataires de la tribune hostile, les 19 - pose cette question en écho aux réflexions précédentes, à propos du livre, questions sur la place de la femme, et sur l’hypocrisie dramatique qui aboutit à la mort pour des prostituées, qui existent, sont utilisées, mais sont niées jusqu’à être tuées… Car le sujet est le même : ce que dénonce Kamel Daoud, ce livre le dénonce aussi. Voici la réponse de Chahdortt Djavann (de mémoire, mais sans trahir la pensée, à écouter en replay, c’était vers la fin de l’émission) : « C’est le pire racisme, c’est la première fois dans l’humanité, dit-elle, que des gens osent critiquer ainsi quelqu'un qui parle de religion de l’intérieur de sa culture » (Elle rappelle comment Voltaire et les penseurs des Lumières étaient critiqués, attaqués, au sujet de la religion, mais par des gens de leur propre culture, pas par des gens d’ailleurs prenant le parti des inquisiteurs). Elle ajoute « Bien sûr il ne faut pas essentialiser ,mais ne pas reconnaître que le rapport à la femme dans dans les pays d’islam n’est pas le même que dans les pays de culture chrétienne, ne pas reconnaître cela c’est de la collaboration. » L’émission Au fil de la nuit , lien: http://lci.tf1.fr/au-fil-de-la-nuit/ 

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RAPPEL. Information sur le collectif algérien de soutien. Article d'Hebib Khalilhttp://khalilhebib.over-blog.com/2016/02/kamel-daoud-tire...  

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Voir aussi les notes des 16, 21 et 27 février 16, 1er mars 16, 3 avril 16. Dans ces notes, texte, citations, et liens (revue de presse, articles et pages en ligne)... 

« Kamel Daoud, voix essentielle », 16-02-16 : http://bit.ly/1OGBTfh

« Lire Kamel Daoud, soutien, suite… », 21-02-16: http://bit.ly/1LODwaQ 

« Pour Kamel Daoud. Sur un texte de soutien », 27-02-16 : http://bit.ly/21EzGsn

« Contre les chiens de garde de la fatwa », 01-03-16  http://bit.ly/1TRXedC

« Penser ombre et lumière, sauver le sens » : Abdennour Bidar et Kamel Daoud »,  03-04-16 : http://bit.ly/1pVDE3L

Et ajout (février 2016)d’une dédicace supplémentaire au texte repris en note le 18-12-15. « Poème pour dire » (texte MCSJuan). Dédicace qui précède des exergues, puis le texte : http://bit.ly/1Tgz1hq

07/03/2016

Deux petits films créés par des Syriens en exil...

Dire en quelques images le refus de l’obscurantisme des fondamentalistes, ou les douleurs de la guerre et de l'exil... 

Court film créé par des Syriens exilés au Liban. « Fade to black »  https://www.youtube.com/watch?v=WIrSDKcO-4M 

Et celui-ci, pour dire la douleur… « Yaman »  https://www.youtube.com/watch?v=Bjuev58SGCo&ab_channe... 

01/03/2016

CONTRE les "chiens de garde de la fatwa, déguisés en chercheurs". Réflexion, et lecture de la tribune de Pascal Bruckner

mms_img1203484475.jpgSoutien de Kamel Daoud, suite...

Car... "A nous de décider quel monde nous voulons" (Kamel Daoud, Courrier international, 09-01-15 : http://bit.ly/1BLvE7G )

Et car... « Ces dernières décennies, le monde dit musulman vit, à travers les propagandes islamistes, une surexcitation de ces codes sexués patriarcaux que la charia entérine. En désignant la liberté sexuelle comme le point crucial de la culture occidentale, l’islamisme identifie les droits des femmes et des homosexuels comme les pires fléaux d’une « occidentalisation » qui détruirait l’identité islamique. La mixité et l’autonomie des femmes sont aussi présentées comme sources de corruption sociale et de désordre. Dans cette optique, la prescription du voile, garant de la pudeur, et des conduites inhérentes à respecter confère d’emblée aux femmes non voilées un caractère impudique. » Chahla Chafik  (Le Monde, 15-01-2016.

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"Le Monde" a récidivé, en ouvrant une page (partagée) à une des signataires de la tribune hostile à Kamel Daoud (qui reprend les mêmes slogans donnés pour de la pensée… et ne comprend toujours pas ce qu’a écrit l’auteur que ces inquisiteurs accusent de tous les maux). Et en titrant, de manière choquante, « Peut-on critiquer Kamel Daoud? » (Pourquoi ne pas titrer « A-t-on le droit d’appuyer les fatwas contre les auteurs libres? » ou « A-t-on le droit de lyncher avec des mots hypocrites les penseurs qui nous dépassent? » ou « A-t-on le droit d’être les complices complaisants des islamistes? A-t-on le droit d’être des collaborateurs? »)

De quoi s’agit-il? Un auteur, chroniqueur et écrivain (qui depuis des années porte sur la société, les mentalités, les intégrismes, un regard d’une grande lucidité) a réagi à un fait dramatique, l’agression de femmes, à Cologne, par des hommes venant de pays arabo-musulmans (ce que l’enquête a démontré, mais que l’on savait dès les premiers témoignages, malgré le silence gêné d’officiels). Réagir à l’actualité, c’est le travail des chroniqueurs. Tenter de comprendre les causes des faits, de décrypter le réel, c’est du journalisme. 

Des agressions sexuelles? oui, ce fut le cas.

L’ identité des hommes? Oui, ce que disent les faits, les témoins, puis l’enquête, cela conforte le questionnement de Kamel Daoud. Pays, culture, appartenance à un ensemble déterminé par des codes machistes légitimés par des justifications se référant à une interprétation rigide de sources religieuses (ou un dévoiement inventant des règles que les sources ne confirment pas…).

Réelles agressions, occultées par les auteurs de la tribune qu’elles dérangent moins que le fait de les analyser et questionner, apparemment. Le crime de l’auteur est de refuser le déni. Et comme le déni est ce qui remplace la pensée pour les censeurs, il faut condamner celui qui le refuse.

Pourtant il n’y a pas  que Cologne. Le wahhabisme s’étend, là où il a le pouvoir les femmes sont soumises à l’effacement derrière les voiles qui masquent corps et beauté (car autrement les hommes ne sauraient résister aux pulsions?) et à des interdits, une soumission. Le voile sert aux salafistes de marque et d’affiche, et la notion de « pudeur » d’occultation à tout vécu de la sexualité qui ne soit d’emprise.

Il n’y a pas que Cologne. Mais, aussi, il n’y a pas que Kamel Daoud qui interroge et dénonce ce qui doit être interrogé et dénoncé. Pourquoi tant de hargne contre lui? Ce n’est pas seulement pour la grande qualité de son écriture (que les inquisiteurs n’ont pas l’air de savoir apprécier). Ce n’est pas seulement pour sa notoriété. 

Serait-ce parce qu’ils sont dérangés par la grande complexité de sa pensée? Justement? Complexité qui, notamment dans cette chronique sur Cologne, lui faisait renvoyer dos à dos les fantasmes des uns et des autres, les peurs des uns contre les peurs des autres. Ou, autre page, autre jour, dénoncer « les » intégrismes (« L’intégriste universel »). S’il n’accepte pas les pièges de la victimisation jouée et surdouée, qui évacue toute responsabilité, il n’accepte pas plus les pièges d’une idéalisation fausse des réalités occidentales. L’acuité du regard, Kamel Daoud l’exerce sur tout. 

Serait-ce à cause de cette fatwa? Par un désir inconscient de complaire aux salafistes? A moins que ce soit plus que complaire, et plus qu’inconscient? 

Ou, calcul stratégique qui aurait été impulsé par un courant idéologique qui sait infiltrer et capter des passeurs de message, serait-ce parce que, fragilisé par cette fatwa, il est une cible idéale pour ensuite décourager les autres auteurs. (Chroniqueurs, blogueurs, journalistes divers, romanciers, poètes ou philosophes?) On commence avec celui qui est le plus en vue, primé récemment encore (et on se saisit de ce moment, peut-être pas par hasard…), avec l’intention de continuer ensuite avec d’autres. 

Ou…? Je cherche, je réfléchis, depuis plusieurs jours, lisant les réactions des uns et des autres, tous ces soutiens qui sont de plus en plus nombreux. Et je me demande s’il n’y a pas quelque chose qui est de l’ordre du racisme, même si des signataires s’appuient sur leurs noms pour revendiquer une appartenance à l’univers culturel de l’auteur. Le racisme qui est ressenti devant celui qui échappe aux catégories, dont vous craignez qu’il vous ressemble au point que vous ne sachiez plus vous différencier. Kamel Daoud, lui, est très clair. Il est et se dit Algérien, totalement, avec amour pour la terre native et les êtres qui la peuplent. Il en prend toute la culture héritée, ne faisant pas profession d’athéisme. Il a choisi d’écrire en français, comme beaucoup (cette prise revendiquée par le grand Kateb Yacine). Et son esprit saisit le monde autant que le lieu. Son écriture produit des « chroniques algériennes », mais son art rejoint l’universel. Une conscience qu’on ne peut enfermer dans une case, et qui gêne le désir qu’ont certains de se mettre dans de confortables cases conformes : la victime éternelle de l’Histoire coloniale, le croyant toujours stigmatisé, l’antiraciste vigilant (ou qui croit l’être,antiraciste), l’ami « des » musulmans (qu’il confond souvent avec les islamistes, mais…), l’intellectuel (ou croyant l’être car bardé d’éventuels diplômes ou titres) professant le multiculturalisme (mais en fait le mono-culturalisme pluriel tel que défini par Amartya Sen), l’identitaire qui ne sait pas qu’il l’est (mais il l’est : obsédé par l’appartenance, l’origine, la fidélité aux frontières et aux normes dictées).

Oui, racisme sans doute. 

Et peur. Car Kamel Daoud interroge autant les conforts et failles de l’impensé européen (machisme miroir qui refusait de voir du viol là où il y avait viol) que les failles dans ce qu’il dit de son monde d’autre bord de mer. Secousse sur deux rives. 

Si de telles questions viennent d’Algérie, l’onde de choc qui se prolonge peut déchirer bien des certitudes. Et les « sociologues », enfermés dans leurs systèmes, être perdus sans leurs cadres repères. C’est leur statut aussi qu’ils défendent. Leur échec à savoir penser ce qu’un écrivain peut formuler avec d’autres mots et concepts que ceux que leurs schémas ne savent pas saisir. 

Ce que l’exigence de lucidité de Kamel Daoud provoque, c’est un questionnement sur le rapport de la société avec le féminin (plus que le rapport féminin-masculin seul), de manière universelle. Et aussi de la société avec la pensée et les frontières artificielles entre domaines de compétence. La force d’écriture d’un auteur dépasse en rigueur, par son art, les productions dites universitaires. Parfois une chronique vaut plus que certains livres lourds de pages et de certitudes. 

La flamme d’un style contre la glace des intégrismes (même coiffés).

Pour que l’intelligence ne soit pas marquée d’illégitimité…

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Et donc, j’ai lu, aujourd’hui, la tribune de Pascal Bruckner, qui oppose sa lecture des faits et sa perspicacité à l’obscurantisme déguisé en maîtrise. Soutien affirmé de Kamel Daoud. Affirmé et argumenté.

Le titre pose les points sur les « i »… Fatwas. Le « s » associe les signataires (et la récidive individuelle de l’une d’entre eux) à la monstruosité de l’appel du salafiste vouant la pensée à la mort. Car c’est effectivement du même ordre.

« Défendons les libres-penseurs contre les fatwas de l’intelligentsia », est donc le titre (papier) de cette tribune de Pascal Bruckner, dans Le Monde daté 2 mars. Sur le site le complément (« venus du monde musulman ») correspond bien au contenu du texte… (même si la notion de « monde musulman » masque la pluralité des mondes dits de l’islam - où, d’ailleurs, tout n’est pas « islam »… malgré les injonctions de forces dominantes - et où « islam » recouvre des réalités plurielles aussi). 

« Comment faire taire une voix originale ? », dit-il, « Par deux moyens : la menace physique, d’un côté, le discrédit moral, de l’autre. »

Si, insiste-t-il (à juste titre), Kamel Daoud a évoqué la misère sexuelle, la frustration, « Il n’est pas le premier à proposer une telle lecture : de Tahar Ben Jelloun à Fethi Benslama, nombreux sont les écrivains ou psychanalystes, originaires d’Afrique du Nord, à avoir mis en lumière la misère sexuelle, la relégation des femmes, l’interdit de l’homosexualité dans le monde arabe. ». Mais lui, note-t-il, a appliqué sa réflexion aux agressions de Cologne. C’est concret, c’est ici, c’est tabou. Donc : « Il s’agit de lui fermer la bouche en l’accusant de racisme. » Et « Avec cette pétition, on n’est pas dans le débat intellectuel, parfaitement légitime, mais dans la démonologie. » Pour supprimer de l’horizon, de manière inconsciemment magique, ce qui est insupportable car très grave, « il ne faut pas en parler »… « il ne faut rien en dire ». Comme si ne pas nommer avait pouvoir d’évacuer le réel dérangeant... « Une sorte d’interdit pèse sur l’interprétation. » 

Pascal Bruckner porte l’attention sur une inversion de la prise en compte des faits. Se soucier des personnes agressées portant l’attention sur la violence des hommes et leur identité, il ne faut pas le faire : donc se taire est le choix de ceux qui dénient à Kamel Daoud le droit de dire, questionner, analyser des… faits. Non, il faut se soucier plutôt de l’image que cela donnerait des cultures auxquelles ils se rattachent, disent implicitement les censeurs. Et du religieux, dont la présence est dominante. Parler du religieux, là, c’est forcément, explique Pascal Bruckner, être accusé d’islamophobie (ce qui a été fait dans leur tribune pétitionnaire) : « Voilà donc, le terme d’islamophobie, ce mot du vocabulaire colonial du XIX ème siècle, transformé en arme de guerre idéologique par les mollahs de Téhéran en 1979, à nouveau utilisé comme instrument de censure.» Censure, visant les intellectuels au-delà de Kamel Daoud  : « C’est toute la nébuleuse critique de l’intelligentsia franco-maghrébine qui est visée par les pétitionnaires. »

Et, là, Pascal Bruckner fait le lien avec la période stalinienne, où les tabous étaient aussi violents, où l’on désignait comme traîtres réactionnaires ceux qui osaient critiquer l’URSS, alors intouchable au regard de communistes suivistes… Une certaine gauche ne supporte pas de voir ses illusions percées à jour. (Je dirais, pour ma part, une gauche qui frôle l’extrême droite…).

Il dénonce aussi ce qui relève, dit-il, d’une sorte d’apartheid intellectuel (on ne reconnaît pas à l’intellectuel algérien, maghrébin, le droit de critiquer sa propre culture). Le regard critique sur soi étant un privilège d’européen : « mépris néo-colonial masqué sous la défense de l’islam ». Pascal Bruckner regrette qu’au lieu d’aider les penseurs dissidents à « combattre le fanatisme», les intellectuels soutiennent « les pouvoirs dominants » et « cautionnent »... la « bigoterie religieuse en cours » : « trahison des clercs », encore… 

Contre les « chiens de garde de la fatwa, déguisés en chercheurs » (titre de la note emprunté à cette citation),  Pascal Bruckner en appelle à ceux qui sauront « appuyer ces voix divergentes » : « Il n’est pas de cause plus sacrée ». I agree…! Car l’enjeu est de taille, pour la paix, pour la démocratie, pour le bonheur et l’intelligence des individus. Lien vers le texte (non lisible intégralement…), Le Monde, daté 02-03 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/03/01/defendons-...

........ MISE à JOUR, 03-03-16 :

Chronique de Kamel Daoud « Mes petites guerres de libération ». Il explique son rapport à l’écriture, ses décisions : « «En règle générale, je n'aime pas parler à la première personne. Le « je » est un abus. Encore plus chez un journaliste. Cela me gêne comme une carapace ou un maquillage. Cela me rappelle ces egos démesurés qui croissent chez les « engagés », les militants, les intellectuels ou chez les bavards. Ecrire est une exigence de la lucidité et cela impose de s'effacer. Au « je », je préfère l'artifice de « chroniqueur ». Un statut d'administrateur de la métaphore. Cela me permet d'écrire tout en gambadant, libre, derrière les mots. Cela donne de l'importance à l'Autre. Laisser courir un vent. Ouvrir une fenêtre sur une poignée de main. Ecouter et rester un peu immobile pour voir surgir l'inattendu dans le buisson des verbes. Exprimer des idées sans les alourdir par son propre ego.   http://www.lequotidien-oran.com/?news=5225706

Plainte de Kamel Daoud contre le salafiste auteur de la fatwaProcès. Six mois requis (justice). Décision le 8 mars  http://www.lecourrierdelatlas.com/1097201032016Affaire-Da... 

« Haro sur un écrivain révolté », par Anne Hamidou, 23-02-16  http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/02/23/kamel-da...  

Marianne, 01-03-16. Sur la troisième intervention de Fawzia Zouari (sur France Inter le 1er mars, après des chroniques de soutien à Kamel Daoud parues dans Jeune Afrique et Libération - liens posés ici (note du 21-02, l’une, du 27-02, l’autre) : http://www.marianne.net/kamel-daoud-est-victime-fatwa-lai...

Tribune de Manuel Valls : https://www.actualitte.com/article/tribunes/en-soutien-a-... 

André Comte-Sponville. Pourquoi philosopher quand… « N’aurait-on pas le droit d’être…? ». L'Express  http://www.lexpress.fr/actualite/societe/andre-comte-spon... 

Et, Franck Crudo, "Le politiquement correct, l’islam et moi", http://www.causeur.fr/comte-sponville-islam-politiquement...

Note blog de Sébastien Fath, 01-03-16 (laïcité, protestantisme) : « Kamel Daoud, défaite du débat et misère de la sociologie française » : http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/archive/2016/03...

Réaction de la Licra (Pas vu d’autre intervention d’associations antiracistes pour l’instant): http://www.licra.org/quels-mots-face-aux-maux/ 

Communiqué signé par Cherifa Kheddar, Blida, Présidente de l’association " Djazairouna" des Familles Victimes du Terrorisme Islamiste, et Huguette Chomsky Magnis, Paris, Secrétaire générale du Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme (MPCT). « Solidaires de Kamel Daoud, solidaires de toutes les femmes victimes de violences sexuelles, solidaires de toutes les victimes du terrorisme islamiste » : http://www.mpctasso.org/spip.php?article1484

Texte de Myriam Ibn Arabi, publié par Virgil Brill, (blog) https://blogs.mediapart.fr/virgil-brill/blog/220216/aux-o... 

Additif 9 mars 16. Réaction de Tahar Ben Jelloun  http://www.le360.ma/fr/blog/le-coup-de-gueule/affaire-kam... 

............... Mise à jour 04-03-16

Entretien avec Lydia Guirous, qui situe le contexte idéologique de la polémique…. Les faux débats  et les attaques s’inscrivent dans le cadre d’une lutte où le fondamentalisme trouve des complices. Lydia Guirous dénonce les pièges et dit les enjeux. « L’islamisme c’est le nazisme du XXIème siècle ». par Lydia Guirous, L’Écho, Belgique, 02-03-16. Citations : « Nous avons une gauche da­van­tage sou­cieuse d’évi­ter les ac­cu­sa­tions d’is­la­mo­pho­bie que de condam­ner le fa­na­tisme is­la­mique. C’est triste pour la France et c’est in­dé­cent pour toutes les vic­times. » (…) « Les ac­com­mo­de­ments rai­son­nables ont mené à l’échec de l’in­té­gra­tion. Quant au voile, il n’est rien d’autre que le sym­bole de la sou­mis­sion et de l’in­fé­rio­rité de la femme. Le com­mu­nau­ta­risme re­li­gieux est le ter­reau de la ra­di­ca­li­sa­tion. Or, par quoi passe le com­mu­nau­ta­risme re­li­gieux au­jour­d’hui? Par le pro­sé­ly­tisme. Et quels sont les ou­tils de ce pro­sé­ly­tisme? Ce sont les signes os­ten­ta­toires re­li­gieux: voile, burqa, niqab, etc. Ces at­tri­buts sont de­ve­nus le sym­bole du refus d’un mode de vie, de toute forme d’in­té­gra­tion. » (…) « On a fait preuve d’un aveu­gle­ment et d’un ro­man­tisme ef­frayant. L’is­la­misme, c’est le na­zisme du XXIe siècle. » https://m.lecho.be/economie_politique_europe_general/L_is...  

Les deux articles qui suivent illustrent ce que Lydia Guirous explique…

« Manuel Valls, merci pour Kamel Daoud. / Le Premier ministre a frappé fort. Plenel n’a pas apprécié », Causeur, 03-03-16. Dans cet article, Marc Cohen met en question le positionnement d’Edwy Plenel (symbolique d’un aveuglement) : http://www.causeur.fr/manuel-valls-kamel-daoud-edwy-plene... 

Mohamed Louizi, lui, va plus loin en pointant des liens qui lui semblent faire sens : https://blogs.mediapart.fr/mohamed-louizi/blog/110615/med...

27/02/2016

Pour Kamel Daoud. Sur un texte de soutien...

mms_img-2007196497.jpgIslamophobie?

« Quel islam pour quelle phobie ? L'islam de Médine ou l'islam de la Mecque ? L'islam soufi ou l'islam de Daech ? L'islam de Sayyid Qutb ou celui de Mahmoud Taha ? L'islam qui lapide ou l'islam d'Averroès ? L'islam de Mohammed Arkoun ou l'islam des ténèbres ? / N'a-t-on pas le droit de chercher à saisir la frontière qui sépare l'islam de l'islamisme, de comprendre comment l’islamisme se transforme en terrorisme ? »

Karim Akouche, chronique, Marianne, 26-02-16http://bit.ly/1T5aqvJ 

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Les 19 inquisiteurs (la tribune polémique…) osent parler "d'islamophobie" au sujet de Kamel Daoud, ce qui n'a pas de sens et démontre à quel point la notion est utilisée de manière perverse par des gens qui ont traversé la frontière qui sépare la lecture critique (droit que personne ne conteste, si c'est argumenté et fondé) du procès idéologico-religieux. Ils ont aussi traversé la frontière qui sépare le refus éthique de toute discrimination sur la base de l'ethnie ou de la foi et l'hystérisation fanatique de lois communautaires (interdiction de penser autrement que ce qu'exige de nous la norme des appartenances ethniques et religieuses, ou supposées religieuses). C'est poser un interdit sectaire, et refuser la liberté de conscience, droit humain s'il en est, dans la totale confusion. Ces gens devraient lire Amartya Sen…  

J'apprécie beaucoup le passage de l'article où Karim Akouche, en renvoyant un questionnement au sujet de ce soupçon diffamant "d'islamophobie", demande de quel Islam ils parlent. Car on ne peut certainement pas mettre sur le même plan, et derrière le même mot, l'islam lumineux des soufis (dont tous nous pouvons nous nourrir pour grandir en humanité), l'islam dit des Lumières, celui de la haute sagesse, d'une philosophie, d'une métaphysique rigoureuse, l'islam humble des croyants qui entrent une morale de vie, et l'islam de haine de criminels pouvant tuer une petite fille qui fuit, regardant son visage avec des yeux sans conscience... tuer (Toulouse). De criminels voulant débarrasser la terre de la musique, de la danse, des mots de la pensée.  Et ne pensant du corps que la violence (viol, meurtres, décapitations), des femmes que l'effacement et la domination. L'islam des sages et des méditants n'est pas celui des intégristes ou de leurs complices (ces gens qui préparent avec des anathèmes la route des assassins. Et qui le savent (ou sont fous). Non, Kamel Daoud n'est pas seul... La preuve, ces écrits (journalistes, écrivains, blogueurs) de gens qui signent des engagements de liberté. 

« Kamel Daoud ne hait pas les islamistes, il les combat », par Karim Akouche, Marianne, 26-02-16 : http://www.marianne.net/agora-kamel-daoud-ne-hait-pas-les... 

……... Mise à jour, 28-02-16, articles : 

« Kamel Daoud ou la défaite du débat », de Michel Guerrin , Le Monde, 26-02-16. Soutien de K.D., car la défaite n'est pas la sienne. (Et citation de Hugues Lagrange, joint en Inde, et qui soutient Kamel Daoud)  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/26/kamel-daou... 

« Sexe, islam, et polémiques », de Caroline Hayek, 22-02-16. L’Orient-Le-Jourhttps://www.lorientlejour.com/article/971657/sexe-islam-e... 

« La double fatwa », par Michel Onfray (le début, seul en ligne), Le Point, 24-02-16. Pour le titre, très juste, et quelques lignes  http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sebastien-le-fol/mi...

Soutien. "Au-delà du relativisme culturel. pour une défense et illustration de la pensée critique". Par Amira Bouraoui et Maya Boutaghou, 28-02-16 . « …Montrer que notre liberté d’expression et notre esprit critique sont les seules réponses à une forme d’aveuglement bien pensant. »: http://www.chouf-chouf.com/chroniques/au-dela-du-relativi...

« Au nom de Kamel Daoud », par Fawzia Zouari (auteur du livre « Je ne suis pas Diam’s », Stock, ouvrage qui parle d’islam, de féminisme et de laïcité, à partir de sa propre expérience de musulmane laïque et d’une grande culture). Elle donne totalement raison à Kamel Daoud, en rappelant des réalités, en opposant la lucidité à l’aveuglement et aux complaisances. Libération, 28-02-16  http://www.liberation.fr/debats/2016/02/28/au-nom-de-kame... (Citations : « Oui, le concept de ‘oumma' recouvre l’adhésion à des certitudes dogmatiques aujourd’hui plus que jamais attestées sous le voile et le qamis. » (…) « Oui, les intégristes sont dans la culture de la mort. » (…) «Les signataires de la tribune appellent à un «débat apaisé et approfondi». Cela veut dire quoi, au juste ? Qu’on occulte ce qui ne va pas dans nos sociétés ? » (…) « Il existe, en France, une élite de gauche qui entend fixer les critères de la bonne analyse et qui veut faire de nous les otages d’un contexte français traumatisé par la peur de l’accusation d’islamophobie. » (…) « La même élite qui s’essaie à l’exégèse coranique et cherche la bénédiction de religieux devenus ses principaux interlocuteurs, aux dépens des musulmans laïques réfractaires au rôle de victime. » / « Cette tendance à dicter aux intellectuels arabes ce qu’ils doivent dire ou ne pas dire sur leurs sociétés confine au néocolonialisme » (…) « Or c’est d’un nouveau discours que nous avons besoin de la part de la gauche. » Nous sommes de plus en plus nombreux dans le monde arabo-musulman et ailleurs à penser que le salut de l’islam comprend et exige la relecture de l’islam. » (…) « Et si certains veulent se constituer en brigade anti-islamophobe, assimilant toute critique de l’islam à un sentiment de peur ou de haine, nous estimons que notre rôle à nous est d’éveiller les consciences sur le poids de nos tabous spécifiques et les maux de nos sociétés en attente de liberté. » (…) « Sachez que des Kamel Daoud, il en naît tous les jours de l’autre côté de la Méditerranée. Et c’est là un signe de bonne santé. » (« En cela, et contrairement à ce que vous pensez, ils ne sortent pas de leur monde ni ne souffrent de déni d’identité. Bien au contraire. Ils s’inscrivent dans une autre tradition de l’islam, celle des poètes rebelles et des penseurs du doute… »)

« Kamel Daoud dérange le confortable angélisme sur l’islam », Marianne, 25-02-16. Abdallah Soidri rappelle le contenu de la tribune de Fawzia Zouari parue dans Jeune Afrique et le contexte de sa réponse aux attaques contre Kamel Daoud. (La page comporte plusieurs liens) http://www.marianne.net/fawzia-zouari-kamel-daoud-derange...

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