Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/04/2017

Sur une manifestation… et des questions.

Samedi, une manifestation a eu lieu, censée être un soutien aux Palestiniens, mais révélatrice d'autres motifs idéologiques. L'appel était signé notamment par le racialiste PIR et une liste d'associations pro-palestiniennes (mais surtout hostiles à Israël et aux Juifs : pas vraiment pour la paix et deux États...). Un des slogans pour relayer l'appel était "Séparation du CRIF et de l'État", ce qui signifie qu'étaient reprises les thèses complotistes sur le soi-disant pouvoir des Juifs. La récente manifestation contre les violences policières avait été largement l'occasion de crier des slogans antisémites (et le sujet n'avait rien à voir pourtant avec Israël et la communauté juive...). Que ce genre de manifestation soit autorisé par la préfecture est scandaleux. Des personnalités étaient intervenues pour qu'elle soit interdite (dont la maire de Paris, signalant un risque de trouble à l'ordre public). Lire la note de blog d'Hebib Meyer (ample et documentée), qui fait quelques rappels nécessaires... http://www.huffingtonpost.fr/meyer-habib/manifestation-bo...

Attiser les tensions est très dangereux. Et de tels appels sont très loin des positions de ceux qui soutiennent des projets de paix (et donc sont capables de critiquer ceux qui s'y opposent, sans oublier que ces freins sont largement aussi chez les Palestiniens : le Hamas n'étant pas un modèle d'humanisme et de démocratie, sa charte en est un signe, entre autres).

Les liens ci-dessous donnent des informations complémentaires : analyse de Laurent Joffrin sur les dessous du mouvement BDS, chronique de Libération sur les réseaux antisémites, lien vers le site de LPM (La Paix Maintenant, qui milite pour la paix entre les deux peuples en informant largement), lien vers la page des communiqués du CCLJ (Centre Communautaire Laïc Juif belge), qui a le souci de l'intégrité d'Israël comme pays et de la sécurité du peuple, mais n'hésite pas à critiquer le gouvernement israélien pour dénoncer des atteintes aux droits des Palestiniens : tout le contraire d'un positionnement identitaire (le piège dans lequel d'autres tombent, cette manifestation en étant une preuve : le piège identitaire crée la haine...). Voir aussi l'analyse du MPCT (Mouvement contre le terrorisme).

Les positions univoques ne mènent pas à la paix. Comme le demandaient les deux mères (israélienne et palestinienne) témoignant dans le livre "Nos larmes ont la même couleur", à l'étranger ne pas entrer dans le conflit, dans la guerre, mais soutenir les initiatives de paix. (Ainsi, pour ne donner qu'un exemple, les associations pro-palestiniennes qui manifestaient ont-elles parlé quelque part de la grande marche pour la paix de femmes très nombreuses avançant ensemble, Israéliennes et Palestiniennes? Non.). A noter, parmi les signataires, Mgr Gaillot (!) et quelqu'un pour l'Acat (chrétiens contre la torture...). Décidément, relents inquiétants. Il y a aussi quelqu’un d’Ensemble... Et un groupe de La France insoumise (Douai), mais la virgule entre le nom du mouvement et le groupe peut faire croire que L.F.I. signe en tant que mouvement.

Aucune autre association de droits de l'homme ne s'est compromise, en dehors d'Acat...

LIENS... 

"BDS, dessous d’un boycott", chronique de Laurent Joffrin, Libération (2015, mais toujours valable…)… http://www.liberation.fr/planete/2015/08/14/bds-dessous-d...

Autour des manifs pro-palestiniennes, "Antisémitisme, les réseaux de la haine", chronique, Libération (2014, toujours valable)... http://www.liberation.fr/societe/2014/07/22/antisemitisme...

La Paix maintenant s'engage pour la paix entre les deux peuples dans la perspective de deux États… http://www.lapaixmaintenant.org 

CCLJ. Centre Communautaire Laïc Juif. Les communiqués n’hésitent pas à critiquer des actions du gouvernement israélien, mais la charte (lisible dans la rubrique « Qui sommes-nous? ») affirme le souci de l’intégrité d’Israël et la lutte contre l’antisémitisme... http://www.cclj.be/tags/communiqués 

Note (au sujet de cette manifestation) sur le site du MPCT Résistance au Terrorisme... http://www.mpctasso.org/spip.php?article1654

14/02/2017

L’oeil de Moscou… cible Macron.

moscou,réseaux sociaux,propagande,influences,espionnage,espions,complotisme,russie,macron,en marche,présidentielle,f.n.Très grave... Sur cela l'émission C dans l'air du mercredi 8-2-17, "Macron dans l'oeil de Moscou » a donné des informations précises. Quand un élu  LR indigne diffuse des attaques russes, en ciblant un candidat avec des rumeurs et des soupçons, quand des sites complotistes financés par la Russie (RT en français, Sputnik, etc.) font de la désinformation systématique (reprise par le reste de l’univers conspirationniste), quand des trolls occupent l'espace pour influencer les internautes, il y a de quoi s'inquiéter. A noter  : ceux qui ne sont pas visés, ou même sont soutenus (les europhobes, les amis des dictatures, les pro-Poutine) et dont les partisans se délectent de pratiques qu'ils devraient condamner, en reprenant même la propagande en question. Que chacun se fasse une idée, lise et se questionne, vote suivant son choix ensuite, mais en évitant le niveau des poubelles... et en essayant de penser sans être manipulé par des algorithmes... 

Les rumeurs et attaques, d’après le HuffingtonPost…  http://www.huffingtonpost.fr/2017/02/08/attaques-informat... 

Constat et analyse similaires, Nouvel Obs… http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/201702... 

Lire aussi l’appel de Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement En Marche... https://en-marche.fr/contre-tentatives-de-destabilisation... 

PBS RUSSIE FN.jpgSi le Kremlin cible Macron, c’est pour avoir fait d’autres choix. Lire cette étude fournie sur les liens avec le FN (rencontres, soutiens, affinités idéologiques…). Citation : « C’est une alliance politique majeure qui s'est nouée dans la discrétion. Elle peut changer la face du Vieux Continent. Depuis plusieurs mois, le Kremlin mise sur le Front national. Il le juge capable de prendre le pouvoir en France et de renverser le cours de l'histoire européenne en faveur de Moscou. ». Et depuis cet article cela est plus évident…NouvelObs…  http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20141024.OBS3131... 

moscou,réseaux sociaux,propagande,influences,espionnage,espions,complotisme,russie,macron,en marche,présidentielle,f.n.Espions russes, autre face du problème. Article de 2014, mais pistes dont l’actualité accentue le sens, les cibles n’étant plus seulement celles d’il y a deux ans. L’Expresshttp://www.lexpress.fr/actualite/politique/la-france-nid-... 

Le JDD avait fait paraître, récemment, un article (non lisible en ligne) titré « Kremlin sur Seine »… 

Espions russes. Article sur une tribune de députés européens, dont des Français (cf. Rachida Dati) et sur des liens des groupes LR… https://informnapalm.org/fr/deputes-reclament-plus-d-espi... 

Là on voit les liens entre des sites pro-russes et des sites complotistes comme Réseau Voltaire, sites d’extrême droite comme les supports des Identitaires… https://informnapalm.org/fr/liste-des-sites-et-pages-face... 

Les deux liens précédents viennent d’un site militant (Ukraine, Georgie), combattant la propagande russe, hostile au populisme et au complotisme…  https://en.wikipedia.org/wiki/Inform_Napalm 

13/02/2017

Les aveuglements coupables, et le FN à l'horizon, sordide bal des idéologies...

OBS FN.jpgOn voit actuellement beaucoup de posts sur les réseaux sociaux, de notes dispersées (et autres expressions) au sujet de Fillon... Mais fort peu sur celle qui se situe en tête des sondages, a des affaires en série, joue sur le lissage du parti d'extrême droite pour le faire passer pour un parti "normal". Jusqu'à retirer de son programme le rétablissement de la peine de mort (mais en gardant sa conviction et l'idée d'un référendum - qui serait bien mis en route par une propagande sur les peurs, en utilisant l'instinct de mort et de meurtre enfoui dans les inconscients - pour finir par la rétablir...). Jusqu'à camoufler un peu les fréquentations trop marquées de négationnisme, antisémitisme, racisme, mais en donnant encore largement des rôles à plusieurs dans le parti, et en rencontrant tant en France qu'à l’étranger des partenaires de soufre. Et tout en se faisant passer pour une grande "patriote" elle travaille à des relations internationales avec les dictateurs ou extrémistes qui ont les mêmes visions qu'elle, mais pas forcément un regard positif sur la France...! Ni des projets qui serviraient le pays. J'ai entendu un commentateur se demander si les Français n'avaient pas inconsciemment un désir de fascisme. La question se pose, quand on voit qu'on laisse caracoler en tête des sondages, avec indifférence, une Franco en jupe et cheveux blonds... Donc lecture, pour changer… « Les 5 intox de la candidate du FN »… http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/201702...

Des articles, mais moins de diffusion et de volonté de mise en valeur des questionnements, suivant les journaux.. (Ou au contraire, sur certaines chaînes, dans certaines émissions (radio, télé) un traitement occultant la réalité de la formation d’extrême droite (comme c’est le cas aussi, autre extrême, au sujet de groupes ou personnages porteurs de l’idéologie islamiste (comme si tout devait être lissé). Les électeurs FN de conviction ne changeront sans doute pas pour des informations problématiques sur leur parti (non pour l'argument du "tous pourris" mais parce que cela s'inscrit dans le refus du "système"  qu'ils considèrent que leurs élus peuvent détourner). Mais l'électorat est mobile, et une partie des électeurs de droite, lassés par le feuilleton des affaires, peuvent très bien glisser, eux, vers le FN (c’est déjà le cas pour certains),  ou pas, suivant ce qu'ils liront ou entendront. De plus il n'y a pas que la presse et les médias... Sur Facebook… de nombreux internautes de gauche (soucieux de mettre en avant leur candidat, ou - ego - de faire preuve de connivence idéologique adéquate) se focalisent uniquement sur des critiques de Fillon. Critiques répétitives, n’apportant rien qu’on ne sache déjà - suffisamment choquant en soi, litanie déroulée sans se préoccuper du risque majeur qui se profile (extrême droite soutenue par la propagande complotiste appuyée par des sites Pro-poutine et des manipulations diverses). Il y a des aveuglements coupables. Mais si l'on accepte la perspective d'une "présidente" dansant un jour en tant que telle encore au bal des nazis... on peut alors continuer à détourner la tête. Un président soupçonné de malversations financières ce ne serait guère mieux, mais l’un ne doit pas effacer l’autre…

Challenge FN.jpgPour le FN de Le Pen, Challenges a choisi de mettre l’accent sur, d’une part, les emplois fictifs (la dernière affaire en cours…), et, d’autre part, le programme économique catastrophique et fort coûteux de ce parti europhobe et xénophobe…

Emplois fictifs… https://www.challenges.fr/politique/assistants-parlementa...

Challenges (Lire l’actu), « L’extravagant programme de Marine Le Pen »… http://lirelactu.fr/source/challenges/f84184d0-8676-41cb-...

« Flou sur la sortie de l’euro, mal chiffré, coûteux… Le programme du Front national (…) …un creusement des déficits publics assuré. »… https://www.challenges.fr/politique/exclusif-l-essentiel-...

« Les promesses délirantes… » / « Sur la forme, c’est un catalogue de plus de 140 promesses, plus ou moins floues, souvent coûteuses et mal financées. Marine Le Pen ne s’embarrasse guère de l’équilibre des comptes publics. »… https://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/le...

15/11/2016

13-11..."Fluctuat nec mergitur". Ne pas sombrer, c'est aussi parler, témoigner...

BD Bataclan.jpg« La pluie de demain lavera les taches mais il restera toujours quelque chose dans nos âmes. »

Sting (Fragile)

« Nous sommes ceux qui restent, suivis par une ombre, tous unis par une même idée : ne pas nous laisser tuer deux fois. »

Antoine Leiris (auteur de « Vous n’aurez pas ma haine »)

...

PAS HAINE.jpgNe pas sombrer, c’est le défi des survivants des attentats. Et chacun trouve la manière de forger sa résistance, de remettre les pas dans la vie, de reconstruire son rapport aux autres, tant avec ceux qui sont directement concernés, victimes ou endeuillés, qu’avec ceux qui ne peuvent pas complètement comprendre, entendre la parole de douleur, le traumatisme gravissime. Choix entre se taire, ou parler. Parole de partage et parole thérapeutique. Solidarité.

Bien sûr, il y a des expériences différentes. Quand la colère domine, et quand la haine affleure, dont il faut réprimer les mots pour ne pas heurter - comme le dit de lui un survivant du Bataclan (dossier de Libération daté 12-13/11, riche de plusieurs témoignages différents) : père de famille qui s’est, de plus, heurté à des rigidités diverses (indemnisation problématique, incompréhensions de la situation scolaire de ses enfants par des acteurs de l’éducation nationale, dans la méconnaissance troublante de ce que sont les traumatismes graves et leurs effets). 

Beaucoup de témoignages sont le signe, le plus souvent, d’une force vitale renforcée : ne pas laisser les assassins gagner aussi contre l’esprit et le temps. 

Refus de la haine, comme l’a exprimé pour tous Antoine Leiris dans sa lettre spontanée, celle qui a jailli dans la proximité de la douleur la plus grande, et dans la conscience de tout ce qu’il fallait préserver pour son enfant… « Vous n’aurez pas ma haine »…  https://www.facebook.com/antoine.leiris/posts/10154457849... 

Cette lettre est devenue un livre, pour aller au plus loin du message… http://www.fayard.fr/vous-naurez-pas-ma-haine-9782213701295 

Et un documentaire a été créé par Antoine Leiris, qui donne la parole à ceux qui ont vécu la même tragédie…   (Rediffusé le 3-12, France 5, minuit)… http://www.france5.fr/emission/vous-naurez-pas-ma-haine 

« Alice et Aristide » est un documentaire de Laetitia Krupa, qui raconte le parcours du rugbyman Aristide Barraud et de sa soeur, survivants tous les deux (il est passé très près de la mort, et en le sachant). Le corps, la douleur, le doute, la peur, le courage, et le désir de rejouer, donc de vaincre tous les obstacles physiques. Pour soi, et pour les autres : être pour autrui ce que d’autres ont été pour lui, des repères de courage, de ténacité devant l’adversité. Et revenir sur le terrain pour tous ceux qui sont morts. Alice, aussi, accepte d’attendre mais pas de ne plus faire ce qu’elle aime, artiste du corps. Et elle va revenir à la vie du cirque… Ne pas renoncer, jamais…. (« On n’a pas choisi ce qui nous arrive, mais on va choisir ce qu’on va en faire», a dit Aristide, pour sa soeur et lui). A voir… http://www.lequipe.fr/Medias/Actualites/-alice-et-aristid... 

« Mon Bataclan » est une bande dessinée de Fred Dewilde, qui fait le récit de son cauchemar de survivant. Le dessinateur se libère ainsi de l’obsession des images : il les transcrit et s’en délivre… http://www.lemieux-editeur.fr/Fred-Dewilde-sortir-du-Bata... 

Voir aussi des vignettes sur L’Express… http://www.lexpress.fr/actualite/societe/en-images-un-sur... 

Trouver la manière de dire c’est trouver (ou retrouver) la matière, sa matière : les pages pour des mots, les crayons pour dessiner, la voix et l’instrument pour le chant, le corps pour la danse ou le sport de compétition, ou les gestes du quotidien d’un travail retrouvé. Je pense à une agricultrice vue dans un reportage, et qui disait « Ils sèment la mort, moi je sème des graines ». 

fluctuat nec mergitur,13 novembre,terrorisme,islamisme,racisme,intégrismes,fragile,sting,antoine leiris,vous n’aurez pas ma haine,solidarité,alice et aristide,laetitia krupa,mon bataclan,fred dewilde,la belle équipe,stade,traumatismes,résilience,douleur,courage,témoignages,noumouké sidibé,ali charrihi,nicole guiraud,fraternité,abdennour bidar,ikhwan,planète soufie,fondation conscience soufieUn livre très précieux, ainsi, celui de Georges Salines : « L’indicible de A à Z », Seuil. Médecin, père d’une victime du Bataclan, et président de l’association 13 novembre, il met par écrit, en abécédaire de fragments médités qui échappent à toute classification de genre, ce qui lui permet de se regarder souffrir et penser, pour que la pensée, justement, demeure possible. Un livre et un engagement irrécupérables… http://www.seuil.com/ouvrage/l-indicible-de-a-a-z-georges... 

L’anniversaire commémoré m’a fait revoir les visages, photographies dans les journaux, souvenir du choc d’alors. Ainsi ceux de La Belle Équipe. Et lire ou écouter les entretiens. La Belle Équipe, le Bataclan, le Stade, les autres lieux. Penser au présent de ceux qui poursuivent, marqués mais là. Attentive aux mots de Noumouké Sidibé, le chef de sécurité du Bataclan, toujours en arrêt, blessé par les soupçons du chanteur du groupe Eagles of Death Metal, blessé par les méconnaissances, et préoccupé par le risque de bascule dans le terrorisme de jeunes qu’on pourrait sauver de cela.

Commémorations, donc (Nice, Paris…). Elles ont été critiquées par certains commentateurs, (trop ceci, pas assez cela) mais les victimes les désiraient et disent en avoir tiré un apaisement. Comme Ali Charrihi, dont la mère, Fatima, est morte à Nice le 14 juillet. L’hommage rendu est pour lui un signe fort : « La nation entière va honorer ma mère » (cité dans un article du Parisien du 15 octobre). Sa réaction à lui est de décider de s’engager auprès de Latifa Ibn Ziaten, mère d’une victime de Mohamed Merah. Lutter contre les radicalisations, tenter de prévenir.

Ondes de choc… Le temps des secousses dure plus qu’on ne peut croire. Ainsi Nicole Guiraud, victime d’un attentat, enfant, pendant la guerre d’Algérie (le Milk Bar, Alger) le dit dans une lettre ouverte à Zohra Drif.  (Zohra Drif avait posé la bombe visant des civils dans un bar recevant des enfants, d’où son nom, et a réagi récemment, agressivement, à la déclaration du père d’une victime du Bataclan qui parlait de terrorisme dans ce cas précis - puisque le terrorisme est défini par le fait d’attaquer des civils, dont des enfants). Nicole Guiraud la désigne comme son bourreau, car les séquelles de son amputation d’un bras demeurent (douleurs, soins). Plasticienne, elle est aussi privée d’une main pour créer. La mémoire du terrorisme elle la retrouve chaque matin. 

Comme doivent la retrouver des personnes en Algérie, victimes des attentats de la décennie noire. (Et le Milk Bar a encore, alors, été visé…). Nicole Guiraud, comme Danielle Chich, a refusé la haine (au contraire, elle a participé à des actions fraternelles de liens entre les rives). Mais elle a fait de la lutte contre le terrorisme son engagement principal, y compris par la création (comme dans son exposition « Survivre »), ou le partage avec des artistes algériennes (comme lors d’une exposition à trois en Allemagne, à Berlin.).

Ondes de choc… autour. Nous, individuellement, et nous, collectivement.

Le risque des fractures intensifiées, sur lesquelles les extrémistes tirent pour les accentuer. 

…Que ce soient les stratèges de l’islamisme, jouant sur la victimisation (inversant les rôles) et glissant petit à petit leurs codes rigides, qui veulent emprisonner les êtres corps et âmes, et les femmes d’abord. Manipulation et taqiya (avancer masqués). 

…Que ce soient les partis d’extrême droite, racistes, et leurs alliés, dédiabolisés ou pas, ou le fatras des complotistes et antisémites.. 

Une réponse est l’écran construit contre les haines diverses, les peurs, les ignorances. 

..Se méfier des obsédés qui pensent tout à travers le filtre de la peur de l’islam (confondant musulmans et islamistes). 

..Se méfier des idéologues complaisants qui se font complice des manipulateurs, par bêtise, conviction, intérêt. Les idiots utiles. A l'inverse de cela, Abdennour Bidar met l'accent sur la fraternité, sans négliger la lutte contre les intégrismes mensongers, et il développe un mouvement de citoyens... https://www.fraternite-generale.fr 

Résister.

Mais résister ne peut faire l’économie d’une vigilance concertée et totale pour débusquer les pièges des totalitarismes concurrents. 

..Soutenir IkhwanInfo (Mohamed Louizi, Soufiane Zitouni, Caroline Fourest, Antoine Sfeir, etc.…)… http://www.ikhwan.whoswho  

..Soutenir les messagers d’un islam du respect, de haute spiritualité humaniste, comme Planète soufie…http://www.aktab.ma/veille/  ou Fondation conscience soufie… http://conscience-soufie.com 

..Faire passer le message aux politiques, contre le clientélisme aveugle et la diplomatie de complaisance. 

..Soutenir les associations qui luttent contre le racisme et les confusions (liste Agir, marge gauche… ici).

28/07/2016

Le sabre et l'esprit...

PENSEE EXTREME.jpg« Il n’y a que deux puissances au monde, le sabre et l’esprit. A la longue le sabre est toujours battu par l’esprit. » Napoléon à Las Cases. Cité dans la chronique de Marie-Laure Delorme sur le livre de Jean-Paul Kauffmann, « Outre-Terre » (la bataille d’Eylau, Napoléon..).

La mort, les crimes atroces, comment penser cela, comment penser les assassinats violents et comment penser les assassins, pour lutter contre ce qui les détermine? Parce que cette réalité n’est pas la même que celle du nazisme, avec un pouvoir repérable, un pays, la guerre. La dimension insidieuse est en plus, le travail souterrain d’ennemis masqués qui tissent leur toile maléfique, avec leur propagande qui fanatise. Pour penser il faut lire, écouter, échanger, et encore lire, au-delà de la presse, livres qui approfondissent (et au minimum chroniques qui en tirent le questionnement essentiel, car on ne pourra tout lire…). Ainsi, cet ouvrage de 2009, réédité : « La pensée extrême. Comment des hommes ordinaires deviennent des fanatiques », de Gérald Bronner

« Ne pas rester sur l’image d’une désespérance qui, actuellement, alimente les démagogies d’extrême droite. » dit Jean-Louis Laville, cité par Julie Clarini, dans Le Monde du 25 mars 2016. Le sujet était la crise intellectuelle dans la pensée de gauche (« Nombreux sont les intellectuels tétanisés. Ils ont l’impression qu’un monde se défait. », disait-il aussi). Mais on peut adapter cela à cette période longue d’attentats qui se succèdent, ici et ailleurs, et qui mettent les survivants et les témoins en état de sidération (nous le sommes tous, à divers titres, témoins, même de loin : par les informations, les images, les témoignages, l’émotion). Et ce qui va nous être nécessaire c’est de lutter contre l’impression que notre univers se défait, qu’il ne reste que le désespoir, ce grand piège compréhensible…  

Même si un certain pessimisme est une des formes de la lucidité, parfois. Comme celui qui advient quand on découvre les faces sombres de pouvoirs qui manoeuvrent en coulisses obscures, parce qu’on maîtrise une langue qui permet d’entendre des voix masquées en traduction… Ainsi l’explique Kamel Daoud dans une chronique du Point (5 mai 2016) sur le bilinguisme cause de souffrance : « Le bilinguisme est aussi un pessimisme ». Car il peut lire et entendre les discours de haine soutenus par de faux « alliés » de pays occidentaux, qui auront un autre langage (celui du  masque) quand il s’agira de manipuler (ou d’acheter des armes…).

« Pour éradiquer le terrorisme islamiste, les mesures sécuritaires ne suffiront pas. Il faudra aussi lui opposer la force de l’esprit. » Sébastien Le Fol, Le Point, 11-02-16. D’un côté, le sabre des armes de mort (quelles qu’elles soient) et le sabre de l’idéologie totalitaire, d’une sorte de fascisme qui impose sa vision religieuse comme un outil de domination (l’islamisme, le pétrole irriguant la Mecque qui prend les croyants en otage et participe au formatage wahhabite en uniformisant un islam qui est en réalité pluriel), et d’un autre l’esprit, la pensée, la création, l’humour, la libre conscience. Sébastien Le Fol dit qu’il « faut disséquer cette idéologie apocalyptique » qu’est l’islamisme et opposer (notamment sur les réseaux sociaux) la dérision et l’humour : « Pour terrasser l’hydre djihadiste, nous devrons aussi la tourner en ridicule. »

C’est ce qu’ont compris les Marseillais, dans leur réponse aux menaces de Daech. Par tweets moqueurs, posts divers et même vidéo à visage découvert (l’ironie et le courage). C’est un régal. Sur MétroNews : http://www.metronews.fr/info/quand-les-marseillais-se-moq...  Et sur Libération (pour sourire deux fois, avec des variantes) : http://www.liberation.fr/societe/2016/07/22/sur-les-resea... 

Mais je repense aussi au témoignage du luthiste irakien Naseer Shamma, qui, avec la musique, par l’enseignement de la maîtrise de l’oud, a sauvé un jeune Irakien désespéré par la mort de ses soeurs à cause d’une bavure militaire. Il l’a sauvé de la haine qui allait le faire basculer dans des choix extrêmes. En lui disant que la musique exprimerait les absentes et serait son langage. (J’avais fait une note sur lui au début de l’année). Ce jeune a trouvé devant lui une personne au moment exact où il le fallait et la personne qu’il fallait. Naseer Shamma n’a pu faire passer un tel message que pour avoir été loin dans sa propre démarche intérieure. Malgré son pays ravagé, malgré son engagement, c’est de musique dont il a parlé en ouvrant un horizon d’espoir. Bien sûr tout le monde n’a pas un luth à mettre sous les yeux de quelqu’un qui serait habité par une colère personnelle ou d’emprunt. Mais tout le monde peut être une présence (écoute et parole) parmi les autres.  

.......... MISE à jour, 29-07-16. Deux réflexions au sujet du terrorisme et de la manière de le penser... Amin Zaoui, dans Liberté.dz. Réaction au dernier attentat, 28-07-16... http://www.liberte-algerie.com/chronique/flaubert-et-les-... 

Et Kamel Daoud, La Cause littéraire. Chronique de mai 2015, toujours valable... http://www.lacauselitteraire.fr/un-mort-est-la-somme-de-s...

Plus... le texte essentiel d'Abdennour Bidar, envoyé comme communiqué à l'AFP, et publié sur son site (Édito de juillet 2016, lisible alors en accueil). Réaction aux attentats et pistes pour agir : http://abdennourbidar.fr

10/03/2016

PROCÈS à ORAN. L’imam salafiste est condamné… Kamel Daoud gagne

LOGO artcle majeur.pngUne première en Algérie, « une première dans le monde arabo-musulman ». Et c’est UNE juge. Très fort symbole que l’Algérie offre. Une femme, jeune, portant une responsabilité forte dans un procès qui a l’attention du monde. Ceci se passe à Oran, et ce n’est pas anodin. Oran étant une ville qui a particulièrement une tradition d’ouverture, de modernité, de courage aussi. L’imam fait appel (et se répand sur les réseaux sociaux). Espérons que l’Algérie confirme cette avancée (car même si la peine n’est pas très lourde, elle fait sens). La ‘réconciliation’, qui avait valeur d’amnistie après la décennie noire, aurait pu museler la justice, et cela n’a pas été le cas. La peur aurait pu jouer un rôle (ces salafistes ayant un passé criminel qui s’associe à la terreur, et un discours qui n’a pas évolué).

Lire…

Excellente analyse d’Adlène Meddi , « Le cas Kamel Daoud, contre-enquête », middleeasteye.net, 9 mars 16. (Rien à ajouter à cela…). CITATIONS : « La jeune juge n’utilise pas le micro, malgré le vacarme qui règne dans la salle d’audience numéro 1 du tribunal d’Oran. Elle fait défiler les dossiers de sa gauche vers sa droite au rythme des énoncés de jugement en une rafale de mots portée par sa voix fluette. » (…) « C’est une première dans le monde arabo-musulman. C’est la première fois qu’on condamne à de la prison un intégriste qui a menacé de mort un intellectuel. C’est très symbolique. Une manière d’affirmer que la violence, même verbale, devrait être une ligne rouge dans les débats. » (…) « L’ascension de Kamel Daoud comme écrivain ne se fait pas sans douleur : prise au piège des polémiques en France et en Algérie, elle révèle combien, dans un contexte de tensions et de malentendus autour de l’islam, il est difficile de tenir un discours libre. » (…) «… Son indépendance fait sa force mais induit sa solitude, pour paraphraser Pasolini. / Ces gens de l’autre côté de la mer, qu’ils l’attaquent ou le soutiennent, sont dans le confort de leurs propres institutions et espaces de débats, de leur tradition des polémiques intellectuelles apaisées. Ici, Kamel reçoit tout cela seul, isolé dans un pays où le débat est un pugilat, un procès d’intention. » (…) « L’essentiel… C’est ce qui se passe ici, avec ce jugement et le combat de Kamel dans son pays, contre un régime vieux et des intégristes dangereux. C’est ici le centre. Eux, là-bas, avec leurs polémiques, sont à la périphérie. »  http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/le-cas-kamel-dao...  

« Algérie : Kamel Daoud gagne son procès contre le prédicateur salafiste Abdelfattah Hamadache », Jeune Afrique, par Nadia Lamlili, 8 mars 16. CITATION : « Le tribunal d’Oran (à l’ouest d’Alger) a rendu ce matin 8 mars son verdict sur le procès opposant l’écrivain Kamel Daoud au prédicateur salafiste, Abdelfattah Hamadache, leader du parti du Front de la sahwa islamique (non reconnu officiellement).  ‘’Le prédicateur a été condamné à six mois de prison, dont trois mois ferme, et à 50 000 dinars d’amende (près de 500 euros)’’, selon une source sur place. » http://www.jeuneafrique.com/308178/societe/algerie-kamel-...

« Le salafiste Hamadache condamné à la prison ferme », Algérie-Focus, par Abdou Semmar, 8 mars 16. CITATION : « Une première dans les annales de la justice algérienne. Le salafiste, Zeraoui Hamadache, dit Abdelfettah Hamadache, a été condamné, mardi matin, par le tribunal d’Oran pour 6 mois de prison, dont 3 mois fermes pour avoir demandé la condamnation à mort de l’écrivain et journaliste Kamel Daoud. » http://www.algerie-focus.com/2016/03/136187/ 

 « L’imam salafiste qui a appelé au meurtre de Kamel Daoud condamné ».. Marianne, 8 mars 16. CITATION : « L’homme (Hamadache) poursuit surtout ses activités sur les réseaux sociaux, comme le rapporte Le Monde, qui revient sur la dernière vidéo postée par cet ancien du Front islamique du salut (FIS), formation politique à l’origine des centaines de milliers de morts qui ont endeuillé l'ancienne colonie française dans les années 90. » : http://www.marianne.net/imam-salafiste-qui-appele-au-meur...

..... MISE à JOUR, 10-03-16

« Salut à Kamel Daoud », Libération, 10-03-16, par Jean-Luc Nancy. (Mais le « chapeau de Libération n’est pas bon car il déforme une phrase de l’auteur : en ajoutant un adverbe qui modifie le sens et peut même l’inverser à la lecture). Jean-Luc Nancy ne critique pas le « bruit » que ferait la « pugnacité » de Kamel Daoud : au contraire il met en relief l’opposition entre un retrait, attendu et le contraire, public, visible, fort. D'un côté l'acceptation d’une écriture qui ne dérangerait pas les censeurs, ne bousculerait pas, ou serait tellement cachée, peu lue - poésie par exemple, touchant un public qui accepte « la hache » qui brise nos limites, la glace en nous (Kafka) -  écriture qui ne ferait pas de vagues. Et  de l'autre... l’écriture qui, publique, crie la révolte et heurte les inquisiteurs (mauvais lecteurs, conformes à l’ordre qu’ils instituent en norme, aimant peu la hache brûlante des voix fortes). C’est un digne salut que celui de Jean-Luc Nancy… CITATIONS : «Pourquoi l’a-t-on fait à vous et non à tant d’autres qui ont écrit et dit la même chose ? Des Meddeb, Adonis, Benslama, Wafa Sultan, Mona Eltahawy et plus d’un, plus d’une autre dont on pourrait faire recueil sur le sujet qui a fâché de belles âmes consciencieusement postcoloniales. Je prends un seul exemple. Abdellatif Laâbi » (…) « La pensée et la poésie, ça ne fait pas beaucoup de bruit. On trouve qu’il ne faut pas être trop bruyant. » (…) « Mais il est parfois nécessaire de fulminer. » (Et il cite un vers d’Abdellati Lâabi…)  http://www.liberation.fr/debats/2016/03/09/salut-a-kamel-...

.... MISE à JOUR, 14-03-16

Amin Zaoui, "Les faqih de Paris se réveillent", chronique sur les complices idéologiques (rive nord) des islamistes (rives sud et nord). CITATION…. « Après les attaques des islamistes du Sud et les menaces formulées par les Hamadache du bled, c’est au tour des Hamadache du Nord d’attaquer l’écrivain et journaliste Kamel Daoud. Jalousie, paternalisme intellectuel ou tout simplement illettrisme politique ? Bel et bien, les Hamadache occidentaux existent — une réalité maudite — et leurs fatwas ne cessent de pleuvoir sur les quelques têtes lumières de chez nous. Ces Hamadache occidentaux ont des odeurs, des ombres, des langues et des tribunes. Ils sont même des douktour d’universités françaises ! Les faqih de Paris se réveillent ! Oui, la France de Voltaire, Baudelaire, Derrida, Foucault, Bourdieu, Zola, Barthe… la France de la raison, elle aussi a ses Hamadache, ses faqih salafistes ! Et ils sont influents. Et ils sont écoutés ! Et ils sont propagés ! Et je suis en colère ! » Suite sur le site d’El Watan… http://www.elwatan.com/culture/les-faqih-de-paris-se-reve... 

.... MISE à JOUR, 21-03-16 :

Entretien avec Djemila Benhabib, par Walid Mebarek, El Watan, 18-03-16  : « Daoud tout comme Sansal ou Zaoui sont des phares dans l’obscurité ». / Dans son nouveau livre Après Charlie, qui vient de paraître en France (édition (H&O), Djemila Benhabib lance un véritable appel du cœur : «Laïcs de tous les pays mobilisez-vous». 

- Pourquoi avoir ressenti la nécessité de reprendre la plume après l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, votre livre paraissant après les massacres du 13 novembre 2016 ?

« J’ai toujours été sensible à la force des idées et à la brutalité déployée pour les étouffer. Lorsque la conférence de Mouloud Mammeri a été interdite en 1980, j’avais 8 ans et j’habitais à Oran. Bien entendu, je ne comprenais pas grand-chose à cette affaire. Néanmoins, interdire une parole libre me paraissait déjà suspect. J’ai grandi dans une famille de militants de gauche entourée de militants dévoués. / Eliminer les porteurs d’espoir qu’ils se nomment Alloula, Djaout, Fardeheb, Charb, Cabu ou Wolinski m’est insupportable. Ma responsabilité première dans ces circonstances était de décrypter l’absurde et de jeter des ponts entre le «ici» et le «là-bas». L’oubli et la résignation étant la pire des trahisons. Surtout, ne pas se taire. Parler encore et toujours comme l’évoquaient Djaout et Charb. » : http://www.elwatan.com/culture/daoud-tout-comme-sansal-et... 

..... MISE à JOUR 23-03-16

Paul Berman et Michaël Walzer « contre les idiots utiles de l’islamisme ». France Culture, Brice Couturier, 23-03-16.. http://www.franceculture.fr/emissions/les-idees-claires/l...

... MISE à JOUR 25-03-16 

Boualem SANSAL. "Kamel DAOUD ou le principe de déradicalisation", Libération, 23-03-16..."La littérature mondiale a gagné une nouvelle plume en la personne de Kamel Daoud. » (…) « Un jour, il rejoindra le panthéon des grands écrivains, c’est sûr, il en a le talent. Mais voilà, le danger pour lui est bien là, il a du talent, il sait appeler les choses par leurs noms et dire où elles se trouvent, cela en fait une cible de choix. Les lanceurs de fatwas et les censeurs les plus émérites, mais aussi les seconds couteaux, les jaloux, les faux amis et les superagents de la police de la pensée, tapis dans les hautes structures de la culture et de l’information, se mobilisent pour l’abattre » (…) « L’écrivain que je suis, hyperattaqué dans son pays, sait depuis son premier roman l’intelligence et la ténacité des assassins de la liberté et de la pensée. De tout, ils font un crime, ils savent, comme pas un, lire un texte à leur manière, y trouver ce qui ne s’y trouve pas » (…) « Ce sont en vérité des fous, des sanguinaires, des tortionnaires, des lâches surtout, des malheureux, au fond, qui ont besoin d’un os à ronger pour exister, pour calmer en eux on ne sait quelle irrépressible pulsion."http://www.liberation.fr/debats/2016/03/23/kamel-daoud-ou... 

... MISE à JOUR 29-03-16 

A LIRE, un SOUTIEN, total, de Kamel Daoud, en une analyse pertinente… TEXTE signé par Paul Berman (écrivain et essayiste américain) et Michaël Walzer (philosophe, universitaire), 29-03-16. Article paru d’abord en anglais dans Tablet Magazine, traduit pour Le Monde par Pauline Colonna d’Istria. La tribune n’est pas lisible intégralement (abonnés…). Les auteurs insistent sur le double schéma qui est à l’oeuvre dans la condamnation des écrits de Kamel Daoud par des intellectuels occidentaux (intellectuels ou se disant tels). D’abord c’est un refus plus ou moins conscient de reconnaître le droit à des penseurs du Maghreb ou du Moyen-Orient de poser une vision critique sur leur propre société . (Ce qu’ils s’autorisent eux, occidentaux, de loin, mais par des critiques « confuses et réticentes »). Car le second schéma « remonte à l’époque du communisme soviétique », quand il ne fallait pas (croyait la même « intelligentsia) dénoncer les crimes du stalinisme de peur de soutenir la droite contre la gauche. Là, soutenir les intellectuels critiques du Maghreb et du Moyen-Orient  se heurte à la peur de risquer de mettre à mal la critique du colonialisme ou de donner des arguments à l’extrême droite : erreur grave car c’est l’insuffisance des analyses ou leur absence qui est récupérable par l’extrême droite et les nostalgiques du colonialisme). Ainsi, par manque de réelle rigueur, par ignorance et faiblesse de pensée, « cette intelligentsia » « pourfend les dissidents ». Au moment du stalinisme, rappellent les auteurs, « les intellectuels occidentaux n’ont réussi qu’à obscurcir la réalité soviétique », et « ils ont fini par devenir les alliés de l’oppression ». Pour n’avoir pas reconnu « que le débat politique a parfois besoin d’être complexifié », et pour n’avoir pas su « défendre les deux points de vue en même temps » (dénonciation de l’oppression soviétique et lutte contre l’extrême droite occidentale). « De trop nombreux intellectuels progressistes tombent dans le piège de cette logique fallacieuse d’hier . ». Et ainsi, « ils obscurcissent des réalités », et « ils contribuent à alimenter la haine à l’encontre de ces auteurs », les « écrivains les plus talentueux ». Enfin, « ils donnent du poids aux condamnations des islamistes ». Paul Berman et Michaël Walzer concluent en espérant que Kamel Daoud choisisse de continuer à « nous faire penser ». Lire ici le DÉBUT du texte, le passage lisible en ligne : « Les accusations dont il (Kamel Daoud) a fait l’objet représentent un phénomène inquiétant. Doublement inquiétant en réalité, parce que ces accusations obéissent à un schéma qui commence à nous devenir familier. En voici la logique : un écrivain progressiste de tradition musulmane, ou vivant peut-être même dans un pays musulman, se fait connaître. / Cet écrivain propose une critique de l’islam tel qu’il est pratiqué ou de la répression sexuelle par le pouvoir islamique (un thème majeur) ou encore une critique du mouvement islamiste. Ces critiques sont jugées blasphématoires par les islamistes et les imams réactionnaires, qui répondent de la manière qu’on leur connaît. / Dans les pays occidentaux, les intellectuels, qui se considèrent pour la plupart comme des progressistes, mènent leur propre enquête sur l’écrivain et ses idées. Ils espèrent trouver le genre de critiques confuses et réticentes qu’eux-mêmes produisent. Or, ils découvrent autre chose : des critiques plus emportées, plus véhémentes, ou plus radicales et plus directes. »... http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/03/29/a-gauche-d... 

L’article de La Croix (par Ihsane Elkadi, Alger, 08-03-16 - et toujours en phase avec le débat actuel), déploie toute la trame des problématiques en jeu et signale les thématiques à partir desquelles Kamel Daoud  exerce sa lucidité et nous propose d’exercer la nôtre…(Texte lisible intégralement, et renvoyant aussi à d’autres pages). CITATIONS : « À 45 ans, le finaliste du Goncourt 2014 (1) n’aime pas le réel. Il l’efface par ses mots. La littérature comme espace hologramme, pour supporter les rideaux baissés dans Oran, le vendredi à l’heure de la prière. » (…) « Une plume singulière, à rebrousse-poil du consensus mou de la fin de la guerre civile algérienne. Un troc insidieux où le renoncement à l’islamisme politique s’échange contre le refus des libertés individuelles. Kamel Daoud ne comprend pas pourquoi les Algériens jouent à se contraindre autant dans la bigoterie sociale alors qu’ils ont résisté au diktat des barbus. Et comme le pouvoir autocratique et affairiste des années Bouteflika est la première cible de la tornade Daoud, tout le monde en prend pour son grade… » (…) « Comme son alter ego Chawki Amari, écrivain de talent chroniqueur à El Watan, ou Dilem, le caricaturiste « habité » de Liberté, Kamel Daoud incarne l’épopée de la presse algérienne insoumise. » (…) « Kamel Daoud a creusé son sillon durant de longues années dans la poussière de sa ville. Il a la légitimité de la terre et du temps. Et ne veut pas le perdre. » http://www.la-croix.com/Culture/Kamel-Daoud-plume-coeur-p... 

... MISE à JOUR 30-03-16. Chronique publiée, qui est une analyse de grande profondeur. Regard bilingue, pensée que la lucidité écartèle... CITATION. Chronique de Kamel Daoud, « Le bilinguiste et la surdité », 30-03-16… « Lectures du temps et du sang : l’actualité de la semaine est dans la routine du 11 septembre permanent. Cette fois à Bruxelles. Explosions, photos, morts, vidéos, arrestations, analyses et appels. Le calme du tueur tétanise et terrifie plus que le cadavre du mort. Le monde tourne en rond autour d’un néant nouveau. Le plus étrange pour un bilinguiste assis au sud du monde, entre le Français et la langue arabe, c’est de lire les réactions dans les deux mondes. Non pas à travers les spécialistes du «Sud » et le bilinguisme des académiciens « arabes » installés en Occident, un peu trop raffinés, trop désincarnés, amoureux des âges d’or et des accointances qui prouvent l’échange de civilisations, mais à travers le bilinguisme de chair et de terre. Des lieux et des mots des autres et des siens, dans les papiers des journaux et internet et dans les discussions de café. Quand à la fois vous êtes francophone par envie et arabophone par généalogie et curiosité, et que vous pouvez prêter l’oreille et le cœur de part et d’autre. » Suite en ligne… http://www.impact24.info/le-bilinguiste-et-la-surdite/ 

... MISE à JOUR 04-04-16... NETTES PAROLES D’UNE FEMME, Chahdortt Djavann, contre les auteurs de la tribune des 19… Un soutien nocturne, pour Kamel DAOUD…  / L’ouvrage « Les putes voilées n’iront jamais au paradis », de Chahdortt Djavann, était au programme d’une émission,  « Au fil de la nuit », émission culturelle, lundi 4 avril, soir tard (TF1). / Pour conclure, après voir parlé du sujet du livre, question de l’animateur, Christophe Ono-Dit-Biot, à Chahdortt Djavann, sur ce qu’elle pense des attaques venues d’occidentaux contre Kamel Daoud. (On sent que l’animateur - qui se situe là à l’opposé des signataires de la tribune hostile, les 19 - pose cette question en écho aux réflexions précédentes, à propos du livre, questions sur la place de la femme, et sur l’hypocrisie dramatique qui aboutit à la mort pour des prostituées, qui existent, sont utilisées, mais sont niées jusqu’à être tuées… Car le sujet est le même : ce que dénonce Kamel Daoud, ce livre le dénonce aussi. Voici la réponse de Chahdortt Djavann (de mémoire, mais sans trahir la pensée, à écouter en replay, c’était vers la fin de l’émission) : « C’est le pire racisme, c’est la première fois dans l’humanité, dit-elle, que des gens osent critiquer ainsi quelqu'un qui parle de religion de l’intérieur de sa culture » (Elle rappelle comment Voltaire et les penseurs des Lumières étaient critiqués, attaqués, au sujet de la religion, mais par des gens de leur propre culture, pas par des gens d’ailleurs prenant le parti des inquisiteurs). Elle ajoute « Bien sûr il ne faut pas essentialiser ,mais ne pas reconnaître que le rapport à la femme dans dans les pays d’islam n’est pas le même que dans les pays de culture chrétienne, ne pas reconnaître cela c’est de la collaboration. » L’émission Au fil de la nuit , lien: http://lci.tf1.fr/au-fil-de-la-nuit/ 

......................................

RAPPEL. Information sur le collectif algérien de soutien. Article d'Hebib Khalilhttp://khalilhebib.over-blog.com/2016/02/kamel-daoud-tire...  

......................................

Voir aussi les notes des 16, 21 et 27 février 16, 1er mars 16, 3 avril 16. Dans ces notes, texte, citations, et liens (revue de presse, articles et pages en ligne)... 

« Kamel Daoud, voix essentielle », 16-02-16 : http://bit.ly/1OGBTfh

« Lire Kamel Daoud, soutien, suite… », 21-02-16: http://bit.ly/1LODwaQ 

« Pour Kamel Daoud. Sur un texte de soutien », 27-02-16 : http://bit.ly/21EzGsn

« Contre les chiens de garde de la fatwa », 01-03-16  http://bit.ly/1TRXedC

« Penser ombre et lumière, sauver le sens » : Abdennour Bidar et Kamel Daoud »,  03-04-16 : http://bit.ly/1pVDE3L

Et ajout (février 2016)d’une dédicace supplémentaire au texte repris en note le 18-12-15. « Poème pour dire » (texte MCSJuan). Dédicace qui précède des exergues, puis le texte : http://bit.ly/1Tgz1hq

21/02/2016

LIRE KAMEL DAOUD, soutien, suite... (Et soutiens...). Note et LIENS...

kamel daoud,daoud,chroniques algériennes,algérie,journalisme,idéologie,islamisme,islamistes,salafistes,islamophobie,intégristes,intégrisme,laïcité,religions,islam,musulmans,identité,peurs,politique,imaginaire,haine,autre,frères musulmans,liberté,pensée,critique,presse,inquisitionJ’ai lu la chronique d’Aziz Benyahia (Algérie-Focus, 19-02-16 : http://www.algerie-focus.com/2016/02/135541/ ), publiée aussi sur la page Facebook « Chroniques algériennes » sous le même titre  « Notre soutien sans faille avec Kamel Daoud »… (J’ai  posé ma réaction en commentaire sur la page FB).  Voici ce que j’ai écrit : 

Notre soutien doit être sans faille. Oui. Qu'il le soit...! Alors pas de virgules mentales qui rendent la réaction plus que confuse ("faux-pas", "saillie post-coloniale", "intellectuels" signataires, etc.). C’est l’inverse d’un soutien. L'analyse de Kamel Daoud n'est en rien mise en question par l'enquête allemande, et on le savait dès les premières informations. Aucun faux-pas dans sa chronique. (Le faux-pas est celui des signataires de ce texte lâche, et il est aussi celui du journal Le Monde, pas capable, là, de vérifier qui écrit avant d'accepter de publier...). "Saillie post-coloniale"...! Alors qu'il oppose deux visions fantasmatiques, celle d'hommes enfermés dans une perception qui chosifie les femmes (est-ce faux???!!!) et celle d'Européens projetant sur l'Autre, réfugié ou migrant, des peurs liées à la méconnaissance. (Son texte est très clair sur ce point. Les "intellectuels" - qui n'en sont pas vraiment - osent le soupçon d'islamophobie...! C'est ne pas savoir lire, ni le texte qu'ils critiquent ni l'ensemble des chroniques : le contexte d'une pensée est un tout). Ce que combat Kamel Daoud ce n'est certainement pas sa propre culture, dont il ne cesse de dire l'attachement qu'il a pour ce qui constitue son identité, tout ce qui fait l'algérianité. Ce que combat Kamel Daoud, en chroniqueur ouvreur de consciences, ce ne sont que les postures radicales qui piègent les gens en rendant les choix impossibles et en plaçant partout des barbelés mentaux. Ceux qui peuvent se prendre pour des cibles (ayant besoin de réagir contre le chroniqueur : ainsi ce collectif de 19 noms) ne peuvent être que des gens qui confondent islam et islamisme (comme le fait l'extrême droite européenne...). Ou qui sont islamistes. Ou complices-complaisants. Mais quand on lit une tribune on doit se demander (règle de l'énonciation) : "qui parle?", "d'où?", "en s'adressant à qui?".   Le lieu d'où parlent des gens, d'où ils écrivent, est autant fait des titres dont ils s'affublent que des appartenances idéologiques qui les constituent (affichées ou masquées)... Une femme a pris le temps de faire son enquête sur les personnes derrière les noms. Et c'est révélateur… Lire (Sonia), sur sicsic.blog.lemonde, note du 13-02-16. 

Lire « Dis-moi d’où tu écris ». Enquête sur l’identité réelle (idéologique) des signataires de la tribune hostile à Kamel Daoud, masqués sous des titres qui cachent des choix et des objectifs. Blog. http://sicsic.blog.lemonde.fr/2016/02/13/dis-moi-dou-tu-e...

J’ajoute ci-dessous six liens, et des citations. Entretiens et articles qui permettent de mieux comprendre les enjeux de ce qui se passe dans nos sociétés, en rapport avec la parole possible et impossible, les mots porteurs de sens et les mots manipulateurs… Mais, aussi, les effets de miroir entre des positionnements réactionnaires, extrêmes (ceux qui nient le droit de penser autrement que dans le sillage de leurs interdits : islamistes, religieux radicaux, courants soumis à l’idéologie de l’islam radical, associations gangrenées par les Frères musulmans ou leurs complices complaisants) et des constructions mentales qui empruntent les masques de la fraternité (et parfois même de la laïcité) pour calquer leur langage, leurs constats, et leurs objectifs sur un salafisme  ‘soft’, stratège habile.

Entretien de Kamel Daoud avec Samira Hadj Amar, Le Temps/dz, 17-02-16 (Il parle d’un arrêt des chroniques, d’un repos auquel il pensait même avant l’histoire de la tribune, fatigué par les pressions incessantes. Mais l’arrêt du journalisme ne serait  pas l’arrêt de l’écriture). : http://www.letempsdz.com/index.php/175478-le-romancier-et... (Citations : « Ce journaliste, chroniqueur depuis une vingtaine d'années, a enchaîné les prix et les distinctions. En retour, il s'est fait lyncher. Il en parle. » (…) KD : « Cela fait 20 ans que je subis ces pressions. Je suis arrivé au point où chaque fois que je reçois un prix, j'ai peur. Parce que nous sommes arrivés à une situation de sous culture et de paranoïa où  au lieu d'applaudir un algérien qui parvient à décrocher le prix du meilleur journaliste  en France de l'année, on lui tombe dessus. Je ne dis pas que tout le monde est comme ça. Je reçois beaucoup de soutien (…). »

De Kamel Daoud, texte publié dans Chroniques algériennes ( https://www.facebook.com/Chroniques-Algériennes-497977740...  ) , FB, 19-02-16. (Il fait là le diagnostic de ce qui motive les comportements idéologiques, très associés à des frilosités identitaires, des crispations, des obsessions). « Questions fascinantes ». Citations : « D'où vient que certains se sentent menacés dans leur identité, dans leur conviction religieuse, dans leur conception de l'histoire et dans leur mémoire dès que quelqu'un pense autrement qu'eux ? La peur d'être dans l'erreur les poussant donc à imposer l'unanimité et combattre la différence ? De la fragilité des convictions intimes ? De la haine de soi qui passe par la haine de l'Autre ? (…) « Le regard tourné vers ce Nord qui les écrase, les fascine, les rend jaunes de jalousie. Le dos tourné à l'Afrique où l'on meurt quand cela ne les concerne pas: Dieu a créé l'Occident et eux comme couple du monde, le reste c'est des déchets. Il y a des cheikhs et des fatwas pour chaque femme en jupe, mais pas un seul pour nourrir la faim en Somalie. L'abbé Pierre n'est pas un emploi de musulman ?» (…) «… De quoi cela est-il le signe ? Du déni. ») / (Il énumère tous les problèmes divers contre lesquels il y aurait de quoi se révolter et lutter : les misères, violences, souffrances, proches ou lointaines). / « Rien de tout cela ne gêne. Sauf le genou de la femme, l'avis de Kamel Daoud, le film «l'Oranais», dénoncer la solidarité assise et couchée avec la Palestine, l'Occident en général, le bikini en particulier et l'affirmation que je suis Algérien ou le cas d'Israël comme structure des imaginaires morbides. Pourquoi cela existe ? Pourquoi l'âme algérienne est-elle encerclée par une meute de chiens aigus et des ogres pulpeux ?

Entretien d’Alexandre Devecchio avec Laurent Bouvet, professeur de science politique, Le Figaro, 19-02-16. « Cologne, ‘islamophobie’ : ce que révèle l’affaire Kamel Daoud ». Il parle de l’aveuglement et des complaisances : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/19/31003-20160... (Citation :  « Le terme islamophobie sert précisément d'arme à tous ces promoteurs de l'islamisme politique et à leurs alliés. Sous son aspect descriptif d'une réalité qui existe et qui doit être combattue avec vigueur, les paroles et les actes anti-musulmans, il sert avant tout à disqualifier et à mettre en accusation toutes celles et tous ceux qui émettent des critiques contre cet islamisme politique et ses alliés. Et lorsqu'il est déconstruit, avec force, récemment encore par Elisabeth Badinter, ou par Kamel Daoud aujourd'hui, il se trouve toujours des militants zélés ou des idiots utiles de la cause islamiste pour les désigner comme coupables d'être anti-musulmans. / Le terme lui-même n'est parfois même plus interrogé.»

Sur les signataires de la tribune contre Kamel Daoud et sur…Plenel… et l’extrême gauche. « Défendons Kamel Daoud ». Blog :http://in-girum-imus.blogg.org/defendons-kamel-daoud-a125...  (Citations : « Cela nous amène à la question suivante : pourquoi les militants d’extrême-gauche ne soutiennent-ils pas Daoud ? Pourquoi persistent-ils à se produire dans des théâtres avec le propagandiste des Frères Musulmans Tariq Ramadan ? Les Frères Musulmans sont ce qu’il y a de plus rétrograde en terre d’Islam. Mais les gauchistes préfèrent mener la lutte contre cette chimère nommée « islamophobie » plutôt que de lutter contre la pensée religieuse. En ce sens ils rejoignent le camp de la réaction et se situent clairement à droite de l’échiquier politique. » Et, chronique de Kamel Daoud, sur, justement ce soupçon permanent "d'islamophobie" que j'évoque ci-dessus (la tribune hostile, les islamistes contre des pensées critiques). "Le verdict d'islamophobie sert aujourd'hui d'inquisition"  http://www.marianne.net/kamel-daoud-verdict-islamophobie-... 

Lire aussi, de Sara Daniel, "L'islam et la gauche". "KD ne renoncez-pas"  http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160220.OBS5014/l-i...

......

MISE à JOUR, 23-02-16. SOUTIENS. Une note du blog d'Hebib Khalil qui démonte les polémiques hypocrites (et malveillantes) par l'humour. Cela grince, et c'est fait pour provoquer un peu de vraie pensée http://khalilhebib.over-blog.com/2016/02/rapport-maladif-... 

...... Et note du blog de Sérénade Chafik, "Kamel Daoud face à la horde des nouveaux inquisiteurs"  http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... (Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. »)

..... D’un écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, soutien envoyé de Dakar, posé sur son blog et publié par le Courrier international  http://www.courrierinternational.com/article/tribune-kame...

..... Vidéo. Regard philosophique. Raphaël Enthoven  http://www.dailymotion.com/video/x3t1jlu_pourquoi-des-qu-...

....... "Pourquoi Kamel Daoud a raison", par Fawzia Zouari, Jeune Afrque  http://www.jeuneafrique.com/mag/304007/societe/polemique-...

...... "Les nouveaux procureurs de la pensée...?", El Watan, par Hacen Ouali. Synthèse remarquable :   http://www.elwatan.com/actualite/les-nouveaux-procureurs-... (Citations : « Après l’inquisition des ayatollahs du salafisme d’ici, le procès en islamophobie de la bien-pensance d’ailleurs.Depuis deux ans, le journaliste et romancier Kamel Daoud subit un lynchage religieux et politico-médiatique sans pareil. Presqu’à chaque chronique, chaque phrase prononcée, chaque tribune, il est sommé de s’expliquer. Quand il n’est pas conduit carrément devant le tribunal de la bien-pensante dominante. » (…) « Leur texte…(…) « Truffé de jugements et de procès d’intention. » (…) « A suivre cette logique, en accusant Daoud d’alimenter le fantasme d’islamophobie, les dix-neuf intellectuels ne donnent-ils pas du grain à moudre aux prédicateurs et autres marchands de la mort qui n’attendent que cela pour relancer leurs fatwas ? » (…) « …vont jusqu’à écrire que «Kamel Daoud intervient en tant qu’intellectuel laïque minoritaire dans son pays, en lutte quotidienne contre un puritanisme parfois violent». Voilà une autre thèse chère aux islamistes algériens qui considèrent que la démocratie, la liberté de conscience, l’égalité des sexes, l’émancipation sont des «valeurs étrangères à notre société portées par une minorité occidentalisée». (…) « C’est au nom de cette «déviance» que les Djaout, Mekbel, Liabes, Belkhenchir et des dizaines de journalistes ont été sauvagement assassinés. Vingt-ans avant Charlie Hebdo. » (…) « N’est-il pas du rôle de l’intellectuel de penser à contre-courant, contre lui-même, contre les siens ? En filigrane, cette tribune laisse croire, laisse entendre que l’«indigène» Kamel Daoud n’est pas en mesure de réfléchir, incapable d’intelligence. » (…) « Comme toutes les autres, la société algérienne a plus que jamais besoin des Kamel Daoud pour mieux disséquer les maux qui la traversent et malmener des certitudes mortifères. »)

...... "Du silence coupable contre Kamel Daoud", par Sophie Bélaïch, Huffingtsonpost, 24-02-16  http://www.huffingtonpost.fr/sophie-belaich/kamel-daoud-i... (Citations : « Quelle argumentation (elle s’adresse aux auteurs de la tribune haineuse). Depuis quand le fait d'être minoritaire serait-il synonyme d'avoir tort? Et s'il est si minoritaire, pourquoi prenez-vous alors le temps de vous réunir et de vous mettre d'accord, ensemble, sur un texte commun, pour le jeter ainsi à la vindicte populaire? Curieux, curieux, très curieux. » (…) « Cette tribune est loin d'être anecdotique. En visant Kamel Daoud, nous sommes tous en ligne de mire. » (…) « Il y a un réel problème si on ne lit pas clairement la bienveillance dans les écrits de Kamel Daoud, à travers ses dénonciations. On veut ainsi "tuer le messager". Essayer d'"annuler" le message en tentant de tuer intellectuellement le messager. C'est une erreur intellectuelle grave qui relève d'une forme de négationnisme. » (…) « Vive les esprits éclairés et vive l'Islam des Lumières. » (…) « Kamel Daoud, vous dérangez des prétendus bien-pensants malveillants qui se croient de gauche, mais qui encouragent clairement l'islamisme, qui en prennent une part de responsabilité. »)

...... Mise à jour 25-02-16 : « Kamel Daoud, la meute et les lâches », par Etienne Gernelle, Le Point/Afrique, 22-02-16  http://afrique.lepoint.fr/actualites/etienne-gernelle-kam...  (Citation : « C’est bien là le fardeau de Kamel Daoud : devoir supporter en Algérie les fanatiques de la religion et en France les imbéciles gaucho-régressifs, qui, révélant au passage des préjugés déterministes douteux, tentent de l'enfermer dans une case. Comme s'il leur était insupportable qu'un Algérien fût laïque et libre de sa pensée. »)

..... « Retour sur la ‘polémique Kamel Daoud’ en trois questions » (ou le point sur... ce qui est dénoncé car mal lu, sur ceux qui critiquent pour avoir mal lu, et sur ceux qui, sachant lire, le défendent…). Jeune Afrique, 25-02-16, par Rebecca Chaouch   http://www.jeuneafrique.com/305399/societe/retour-polemiq...

15/02/2016

ANTISÉMITISME. Des clés (savoir, dénoncer). Revue de textes...

On rend hommage à Ilan Halimi, on a marqué en janvier la mémoire d’attentats (et d’attentats antisémites), avec le souvenir d’autres assassinats, une enquête vient de montrer la permanence de clichés, signe de grande ignorance, et, enfin, des rumeurs envahissent la Toile en diffusant des théories du complot nourrissant la haine des Juifs… notamment en liaison avec le fondamentalisme islamiste, idéologie politique, et en liaison avec les réseaux négationnistes liés à l'extrême droite... Il est donc important de revenir encore sur la nécessité de refuser tout ce qui attise la haine. Mensonges, désinformations, ignorance. D’où cette revue de liens qui proposent des éléments de compréhension de ce qu’est l’antisémitisme et des moyens de lutter contre, par l'information, la connaissance. Ce qui ne peut se séparer, malgré la spécificité de chaque racisme, d'une lutte contre toutes les formes de racisme (haine des Musulmans, des Noirs, des Roms, peur des étrangers, des réfugiés, etc.). 

Rapports sur l’antisémitisme en Francehttp://www.antisemitisme.fr 

De l’antijudaïsme à l’antisémitisme, dossier Hérodote  http://www.herodote.net/610_a_1492-synthese-24.php 

Fiche-dossier wikipedia (avec bibliographie et liens) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Antisémitisme 

Antisémitisme, ushmm.orghttp://www.ushmm.org/wlc/fr/article.php?ModuleId=32  

« L’antisémitisme qu’on ne veut pas voir », Libération, 23-01-15  http://www.liberation.fr/societe/2015/01/23/l-antisemitis... 

Antisémitisme. France Culture. Dominique Schnapper : http://www.franceculture.fr/emissions/hors-champs/dominiq...

La haine des Juifs scandée dans des rues parisiennes (manifestation ‘Jour de colère’, intégristes et extrême droite, 26 janvier 14) : http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/video-... 

et la réaction de Robert Badinter : http://www.francetvinfo.fr/politique/robert-badinter-deno... 

Slogans antisémites dans des manifestations pro-palestiniennes, comme en juillet 2014 : http://www.huffingtonpost.fr/marc-knobel/violence-manifes... 

Islamisme et antisémitisme, article de 2012  http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/10/08/islamisme-... 

Antisémitisme et fondamentalisme islamiste, article de 2015  http://www.liberation.fr/debats/2015/02/15/antisemitisme-... 

Entretien avec Samir Amghar, spécialiste du salafisme, sur l'antisémitisme associé à l'idéologie de l'islam radical : http://www.cclj.be/actu/politique-societe/radicalisme-mus... 

Antisémitisme d’extrême droite. Par Jean-Yves Camus, conférence, vidéo, Akademhttp://www.akadem.org/sommaire/cours/les-filiations-ideol... 

Informations diverses sur l’extrême droite antisémite et négationniste. Cercle Jean Moulin : http://cercle.jean.moulin.over-blog.com/tag/extreme%20dro... 

Extrême droite et négationnisme : http://the-dissident.eu/6260/valerie-igounet-lextreme-dro...

Michel Wieviorka, un livre (« L’antisémitisme expliqué aux jeunes », éd. du seuil) et des textes http://wieviorka.hypotheses.org/tag/antisemitisme?lang=pt... 

TAGS Antisémitisme, articles… L’Express : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/regain-d-antisem... 

Le Figaro : http://plus.lefigaro.fr/tag/antisemitisme 

Antisémitisme. Textes, CRIF : http://www.crif.org/fr/blogs/categorie/antisémitisme 

Actualité, culture, CCLJ : http://www.cclj.be 

Culture juive, lutte contre l'antisémitisme, CICAD, : http://www.cicad.ch/fr/cicad-action/culture-juive.html 

Lutte contre l’antisémitisme et le racisme : LICRA, SOS-racisme, MRAP.

Citation de Martin Luther King, sur le lien entre antisémitisme et antisionisme : « Qu'est-ce-que l'antisionisme ? » dans une revue en anglais (Saturday Review, août 1967, p. 45,  texte cité dans  wikiquote de wikipedia (antisémitisme) : « L'antisémitisme, la haine envers le peuple juif, a été et reste une tache sur l'âme de l'humanité. Nous sommes pleinement d'accord sur ce point. Alors sache aussi cela : antisioniste signifie de manière inhérente antisémite, et il en sera toujours ainsi. Pourquoi en est-il ainsi ? Tu sais que le Sionisme n'est rien de moins que le rêve et l'idéal du peuple juif de retourner vivre sur sa propre terre. Le peuple juif, nous disent les Ecritures, vécut en union florissante sur la Terre Sainte, sa patrie. Ils en furent expulsés par le tyran de Rome, les mêmes Romains qui assassinèrent si cruellement Notre Seigneur. Chassé de sa patrie, sa nation en cendres, le peuple juif fut forcé d'errer sur le globe. Encore et encore, le peuple juif souffrit aux mains de chaque tyran qui vint à régner sur lui. (...) Pour quiconque chérit ce droit inaliénable de toute l'humanité, il devrait être si facile de comprendre, de soutenir le droit du peuple juif à vivre sur l'antique Terre d'Israël. Tous les hommes de bonne volonté se réjouiront de la réalisation de la promesse de Dieu, que son peuple retourne dans la joie sur la terre qui lui a été volée. C'est cela le Sionisme, rien de plus, rien de moins. »

Mais reconnaître le droit d'existence pour un peuple et un pays n'interdit pas le regard critique sur des positionnements politiques. Cependant, pour Israël, comme pour tout autre pays, pas plus... L'antisémitisme commence quand la critique est extrême et obsessionnelle, diabolisant ce pays, démocratique, et ignorant, ailleurs, des dictatures (dans l'indifférence d'un non-engagement complice), ou ne portant aucun regard critique sur les autres forces en jeu dans le conflit israélo-palestinien (idéologie, terrorisme, etc.). 

BDS et l’affaire des feuilles de bricks produites en région parisienne, CRIF : http://www.crif.org/fr/blog/que-se-cache-t-il-vraiment-de...

.......

Mise à jour 28-02-16... 

…. Comment Dieudonné a sombré dans l’antisémitisme… (L’article ne rappelle pas les liens de Dieudonné avec Jean-Marie Le Pen et le FN, et toutes les dérives complotistes : ce n’est pas le sujet, il note juste le rôle du complotisme dans un moment de basculement. Mais il mentionne le soutien donné au négationnisme) https://fr.news.yahoo.com/président-licra-raconte-lancien... 

…. Et ceci. Un antisémite, obscur faiseur de piges, occupé à remplir un journal peu lu, se lâche sur twitter (twitter, qui ne bouge pas s’il n’y a pas de signalements) et se met hors des lois : http://rue89.nouvelobs.com/2016/02/24/twitter-lantisemite...

......................................................................................................................................................

... LIRE ou RELIRE. ÉDITORIAL, de Jean-Pierre Denis, La Vie, "Dire l'antisémitisme avec des mots fermes", 17-02-2015  http://www.lavie.fr/debats/edito/dire-l-antisemitisme-ave... 

ENTRETIEN. Pierre-André Taguieff, « Les mots qui tuent », Marianne, 2015 (Propos recueillis par Alexis Lacroixhttp://www.marianne.net/pierre-andre-taguieff-les-mots-qu...  Et, 2011 (propos recueillis par Christophe Ono-Dit-Biot), "P-A Taguieff décode la théorie du complot", Le Point http://www.lepoint.fr/societe/taguieff-decode-la-theorie-...

Elie Barnavi, entretien, L’Express, 2014. « L’antisémitisme n’est pas le problème des seuls Juifs. il est toujours le signe d’une pathologie sociale plus profonde. » : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/elie-barnavi-l-a... 

SOMME. « Dictionnaire historique et critique du racisme ». Dir. Pierre-André Taguieff, 250 contributeurs, 540 articles. PUF, 2013 : http://www.univ-droit.fr/recherche/nomodos/116-parution/6...

Ce qui fut dit sur Hitler (ou l’aveuglement, encore et encore). Slate : http://www.slate.fr/story/114945/permier-article-new-york...

......................................................................................................................................................

Pour compléter cette page, lecture possible des précédentes notes :  voir « antisémitisme » dans la liste des catégories (marge gauche, descendre un peu…). De même recherche possible avec le tag « antisémitisme ». ........................................................................................................................................................

Mais... Lutter contre l’antisémitisme c’est connaître l’histoire, la culture juive… LIENS :

"Qui si je criais?" (Veille : antisémitisme, génocides) http://www.scoop.it/t/qui-si-je-criais 

Culture juive, jalons, INAhttp://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu04582/la-...

Akadem, conférences (vidéos) : http://www.akadem.org

Musée d’art et histoire du judaïsmehttp://www.mahj.org/fr/index.php 

Portail, culture juive, wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Judaïsme

CCLJ. Centre communautaire laïc juif, Belgiquehttp://www.cclj.be 

Judaïsme laïque (voir à « documents » pour trouver certains textes annoncés en sommaire…) : http://www.ajhl.org 

Harissa (lumière sur culture Maghreb, et infos diverses): http://www.harissa.com/news/  

AGIR contre l'antisémitisme  (et signaler), voir les sites des associations antiracistes : Licra, SOS-racisme, Mrap… (liste Agir, ici)

SIGNALER (Internet) : https://www.internet-signalement.gouv.fr/PortailWeb/plane...

Théories du complot (associées souvent à l’antisémitisme)... Décryptage sur ConspiracyWatch (Observatoire du conspirationnisme) : http://www.conspiracywatch.info

14/02/2016

ILAN HALIMI, mémoire et hommage...

ilan halimi,juifs,antisémitisme,racisme,haine,clichés,barbarie,gang des barbares,torture,séquestration,assassinat,idéologie,hommages,humanisme,solidarité,mémoire,conscience,24 joursDix ans. Et, depuis, d‘autres agressions antisémites (doublées en un an d’après les dernières statistiques), et d’autres assassinats, des attentats, plus des constats inquiétants sur le maintien des clichés, la circulation de désinformations issues des théories du complot. La mémoire de ce drame atroce rend palpable la nécessité de lutter contre les idéologies de haine. Ci-dessous des articles pour vérifier nos informations, et d’autres pour y réfléchir…

« Ilan Halimi, dix ans après », Le Monde, 13-02-16 : http://bit.ly/1ozvrBM 

« Une blessure toujours à vif », Libération, 19-01-16 : http://bit.ly/20vX7n5 

ilan halimi,juifs,antisémitisme,racisme,haine,clichés,barbarie,gang des barbares,torture,séquestration,assassinat,idéologie,hommages,humanisme,solidarité,mémoire,conscience,24 jours« Le calvaire d’Ilan Halimi », L’Obs, 21-01-16 : http://bit.ly/1OIA0A6 

Paris XIIème, Le Parisien, « Vibrant hommage », 11-02-16 : http://bit.ly/1Tg7FWT 

Paris XIIème, reportage, Le Parisien, vidéo. « L’hommage à Ilan », avec des témoignages, 11-02-16 : http://bit.ly/243dufu 

Hommage, à Bagneux, le 13, ville où Ilan Halimi fut séquestré et torturé, victime de l’antisémitisme abject, des clichés sur les Juifs que le racisme diffuse, HuffingtonPost, 13-02-16 : http://huff.to/1TZXs1m 

 

 

 

DOSSIER sur wikipedia

L’affaire du gang des barbares : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_gang_des_barbares 

Et en anglais une note titrée Ilan Halimi : https://en.wikipedia.org/wiki/Ilan_Halimi 

Entretien avec Emilie Frèche, (co-auteur du livre sur le calvaire d'Ilam Halimi et co-scénariste du film sur ce drame), CCLJ : http://bit.ly/1XqRAxZ  

Un texte de Jean-Yves Camus, en 2006, CCLJ, « Antisémitisme sans idéologie ou banalité absolue du mal » : http://bit.ly/1R27CMr

Article, Le Figaro, 02-04-2009, sur le livre "24 jours", par Ruth Halimi et Émilie Frèchehttp://bit.ly/1i3wnZm 

Article de Causeur sur "24 jours", le film d'Alexandre Arcady  http://www.causeur.fr/arcady-ilan-halimi-27263.html

05/02/2016

Fondamentalisme, courage, et complaisances...

Si Mohamed Louizi n’avait pas révélé ce qui se préparait à Lille pour le 7 février, on aurait peut-être (ou sans doute?) laissé s’exprimer en France des prédicateurs haineux, qui appellent au meurtre, affichent antisémitisme, homophobie, sexisme, sympathie pour le Jihad. Les réactions qui ont suivi ont permis de faire écarter les intervenants les plus dangereux, les plus évidemment radicaux. Simplement en prévenant que des déclarations inacceptables entraîneraient des poursuites… 

Cependant l’UOIF considère que cela est abusif, y voyant une ‘polémique’ non fondée… Et un site comme Saphirnews publie l’information en allant plutôt dans le sens de cette organisation… en la citant sans nuances.

Cela révèle, plus que n’importe quoi d’autre, l’idéologie globale de l’UOIF. Quand on considère normal d’inviter de tels personnages cela signifie qu’on accorde de l’importance à leur parole, qu’on la cautionne. D’ailleurs, parmi les invités, quelqu’un comme Tariq Ramadan est vu par ceux qui suivent ses interventions dans divers lieux comme un porteur de parole au double langage : une face lisse et des déclarations plus douteuses.

Cela révèle aussi la fragilité de nos démocraties, qui par la liberté même qu’elles permettent, ouvrent des failles utilisées par des propagandistes qui veulent les détruire. La réponse ne peut être le renoncement à ces libertés, mais une vigilance accentuée. 

Enfin, on peut mesurer, à cette occasion comme en d’autres cas, la complaisance complice de ceux qui se réfugient dans le silence, cf. Médiapart (ou une neutralité qui s'en approche, ailleurs), refusant de dénoncer ou condamner, ou ceux qui, même, iront jusqu’à épouser les arguments des intégristes. 

Cela au moment où le débat sur la laïcité s’accentue… 

A lire…. 

La note de Mohamed Louizi sur son blog Médiapart. C’est lui qui a alerté  https://blogs.mediapart.fr/mohamed-louizi/blog/250116/7-f... (Introduction : « Le 7 février 2016, l’UOIF invite des personnalités sulfureuses, issues de la frérosphère internationale pour parler du thème des : "Jeunes Musulmans". Des personnalités invitées se distinguent par des propos et fatwas sectaires, takfiristes, jihadistes, homophobes et antisémites. Certains invités, en tête d’affiche, avaient appelé au jihad armé en Syrie. Décryptage et alerte citoyenne … »). Suite sur la page… 

Voir ce que dit, sur le 7 février, ce site, Ikhwan (auquel Mohamed Louizi participe, avec d’autres contributeurs)  Sous pression, l’UOIF renonce à ses invités les plus extrémistes… http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/9782 (Citation : « C’est une victoire. Suite à l’alerte lancée par Mohamed Louizi sur ce site, de nombreuses voix, à gauche et à droite, se sont élevées contre la venue de prédicateurs connus pour leur apologie du terrorisme, à l’invitation (habituelle) de l’UOIF. La Rencontre Annuelle des Musulmans du Nord (tendance Frères musulmans) doit se tenir ce week-end à Lille sous la houlette d'Amar Lasfar. Or plusieurs des conférenciers annoncés  tiennent des propos invitant à tuer les Apostats, les Juifs, les Homosexuels ou incitent au Jihad armé. Ce qui ne relève donc pas de la liberté d'expression, mais de l'apologie du terrorisme et de l'incitation à la haine. » Suite sur la page…

Article très clair, metronews.fr. Sur les prédicateurs plus que problématiques : http://www.metronews.fr/info/rassemblement-de-l-uoif-a-li...

Marianne, sur l’identité idéologique des invités déprogrammés  http://www.marianne.net/uoif-comment-inviter-predicateurs... 

Le Figaro, sur ce qu’on sait de l’UOIF : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/01/28/31003-20160... (Citation : « L’UOIF - Union des organisations islamiques de France, forte de plus de 250 associations et d'une soixantaine de grandes mosquées - est la très officielle fédération des Frères musulmans en France. Et la tendance qui s'affirme en son sein n'est pas à une réforme en phase avec les valeurs de notre République, mais affiche au contraire le courant le plus belliqueux de cette idéologie. »)

Un entretien, FigaroVox. Mohamed Louizi explique la matrice idéologique des Frères musulmans, et en quoi l’UOIF appartient à cette mouvance : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/05/31003-20160... 

15/11/2015

Note CONTRE et POUR. Et retour sur un billet d’humeur… posé sur mon journal Facebook, le 13 novembre à 19h06, et que je reprends ici.

Depuis la soirée du 13, les terribles attentats, je n’ai pas écrit sur mon blog, mais beaucoup sur Facebook, où l’échange est très riche, et où j’ai des signes de près et de loin, que je n’aurais jamais autrement. Cela m’a paru le lieu le plus adéquat pour réagir. Réagir CONTRE ce terrorisme. Et tenter de le penser, avec d’autres, dans le partage des textes, images, liens. Beaucoup d’amour dans les messages venus, au-delà de Paris, de province, et de plus loin : Algérie, Maroc, Tunisie, Australie, Europe, Etats-Unis, Canada, etc. 

En même temps, et c’est ce que j’ai un peu évoqué pour mes correspondants en donnant des nouvelles, j’étais troublée par ma dernière note, « Nuit, Paris Est, or et ombre » (poème et photographies), création d’un moment, vécue dans un sentiment d’amour pour ce quartier de Paris Est sud (le quartier touché par les attentats est plus haut, sur l'autre rive). Sud, dans cette note, mais Est… Et « barzakh », intermonde, qui serait l’espace entre deux mondes après la mort. Hasard ou prescience. Relisant à l'instant un texte d'Abdennour Bidar, j'y vois un sens supplémentaire. Parlant de lui, pour introduire sa réflexion sur l'islam (réflexion de musulman et d'islamologue) il utilise aussi ce mot, "barzakh", pour désigner cet entre-deux de l'appartenance à deux mondes de références. Et ceci est au coeur des problématiques actuelles, dans notre affrontement du terrorisme, la nécessité de le penser pour agir CONTRE. Car ce sont ceux qui se situent, pour une raison ou pour une autre, dans cet entre-deux des appartenances (qu'ils soient binationaux ou marqués par naissance ou origine par un ailleurs, ou qu'ils aient une religion qui les rattache à une communauté ou une autre, mais les ancre aussi dans la culture plus largement partagée, les posant entre-deux, donc), ce sont eux qui aideront à ce travail de pensée et de tissage des liens entre tous, pour faire éviter les pièges que les idéologies extrêmes tendent, dans le but de séparer les communautés humaines qui constituent le tissu social de la France (but visé par l'Ei/Daech, avec l'alliance objective de l'extrême droite, avec ses amalgames et ses appels à la haine, sous prétexte de lutte contre l'Ei).

Donc, penser, agir, créer CONTRE ce qui est mortifère. Penser, agir, créer POUR la force d'effet du barzakh vital, cette capacité de reconnaître en soi un métissage fondateur comme synergie identitaire puissante, pouvant rayonner.

L’autre élément de mon trouble est ce billet que je vais poser ici (ci-dessous) en décalage de temps, et que j’ai écrit et posé sur Facebook, le 13-11 à 19h06, avec une émotion mêlant colère et sentiment d’urgence. La lecture d’A Nous Paris, récupéré le même jour dans le métro, m’avait scandalisée (lire cela en pensant au poète prisonnier et en pensant à l’horreur du terrorisme...). La suite montre à quel point il faudra réfléchir sur cette question de la complaisance et de l’aveuglement à ce qui nourrit le terrorisme, que ce soient les liens géopolitiques fondés sur le marché et l’argent au lieu de l’être sur nos valeurs, ou que ce soit cette paresse idéologique à penser le fondamentalisme et le complotisme associé, base des radicalisations  (ou à OSER le penser et à OSER le dire, l’inscrire). OSER affronter les questions, même dérangeantes. Mais, aussi, SAVOIR le faire en opposition radicale avec les fausses analyses, les thèses et slogans de l’extrême droite. Oser DIFFUSER les paroles fortes de consciences qui, elles, osent, comme Ghaleb Bencheikh, Abdennour Bidar, ou Mohamed Louizi et d’autres, tous divers et essentiels. Essentiels, comme Abdelwahab Medeb, décédé (mais qu'il faut lire et relire). Essentiels, aussi, comme Kamel Daoud, chroniqueur majeur et écrivain, dont on peut lire les chroniques en ligne. Oser DENONCER les complicités objectives de discours et alliances qui tissent des liens au service des idéologies meurtrières, en couvrant cela de fausses théories. (Une analyse des motivations conscientes ET inconscientes de ces acteurs de la mort - ceux que Mohamed Louizi est un des rares à désigner - serait certainement éclairante.)  Enfin, quand des jeunes meurent parce que leur présence dans un lieu de musique est considérée comme le moyen de tuer à la fois la France plurielle et le goût de la vie, en conformité avec  la détestation des intégristes pour tout ce qui est vie (musique, danse, sexualité, etc.), on doit aussi penser à ces jeunes qu’on entraîne vers la mort en Syrie en leur faisant croire qu’on va répondre à leur demande de spiritualité et de « solidarité ». Comment notre société répond-elle à ces attentes? Comment luttons-nous, tous, contre les idéologies qui récupèrent ces insatisfactions? Comment aidons-nous les associations qui interviennent pour prémunir les radicalisations? 

…………………………………………………………………………………..

La photographie que je pose avec cette note, ci-dessous, est celle que j’ai faite le 12 au soir, en sortant d’une réunion sur le terrorisme, justement (invitée comme blogueuse partenaire par une association). Il y avait des ombres de motos dans la rue (et j’aime les ombres, j’en ai plusieurs séries). Mais quand je la regarde, maintenant, elle devient le symbole des corps à terre, image triste, ombre mais ombre de mort. Elle devient prémonitoire. Le regard transforme le sens de ce qu’il voit suivant le moment et ce qui est vécu par qui regarde.

…………………………………………………………………………………..

Billet d’humeur. Facebook, 13 novembre 2015, 19h06 (journal personnel)

A Nous Paris, anousparis.fr (daté 9 au 15 novembre) préfère la promotion du tourisme à Doha, Qatar, à la pensée un peu informée… 

A Nous Paris préfère insister sur la « stratégie de l’après » … « pétrole et gaz » qui (je cite) « amène le pays à miser beaucoup sur l’éducation de ses enfants » plutôt qu’évoquer (ne serait-ce qu’entre parenthèses) le poète qatari, Mohammed al Ajami, condamné pour un ou deux textes à des années de prison (perpétuité, ramenée à quinze années après la protestation internationale de nombreux auteurs et militants des droits humains). Pour des poèmes…!!! (Mais qui se permettaient de rêver de démocratie, crime s’il en est).

Plus qu’agacée, donc, aujourd’hui, par la lecture du gratuit « A Nous Paris », récupéré ce matin… Bien sûr, je peux apprécier, parfois, certaines rubriques (expos, cinéma), certains entretiens… Quand même, chaque semaine, je suis agacée - un peu - par le « save the date » : pas forcément les choix mais le titre, signe permanent de l’acceptation implicite d’une domination linguistique, de l’oubli des langues plurielles, et snobisme. Mais l’édito, en matière de snobisme, donne déjà le ton chaque semaine. Agacée, aussi - plus qu’un peu - par le goût univoque d’un luxe inabordable pour la majorité des lecteurs : usagers du métro, pas lecteurs en limousine… Mais…

Par contre, là, aujourd’hui, mon agacement devient de la colère. Qu’est-ce que cette faillite générale devant l’argent? Ces sourires d’assentiment envoyés à des dictatures? Cet aveuglement devant les réalités? 

Sur la Coupe du Monde prochaine on se limite à l’emploi de l’adjectif « polémique », façon de renvoyer à d’autres le soin de critiquer l’exploitation de travailleurs étrangers, par exemple.

Education de « ses » enfants, par le Qatar, dit-on (noble souci)… Quand ils seront assez éduqués pour rejoindre les rêves du poète prisonnier, ils ne seront plus « ses » enfants, « ses » citoyens, mais des dissidents à enfermer longtemps.

De cet hebdomadaire on n’attend pas, évidemment, qu’il publie les appels associatifs ou se transforme en revue de débat : il vend du loisir, les plaisirs de l’instant. Mais il y a des limites à ne pas dépasser. J’ai bien écrit : il « vend » car la publicité est effectivement là. Mais sur la page « Qatar » je n’ai pas vu l’indication « Communiqué publicitaire » (?) : elle fait partie d’un lot de suggestions (« quelques pistes et bonnes initiatives »). La bonne initiative serait de proscrire cette destination tant que la répression brutale existe, tant que des « soupçpns » de soutien de groupes terroristes existent.

Sur le POETE, lire (note et liens), vignette permanente en accueil du blog : http://tramesnomades.hautetfort.com/list/qatar-le-poete-p... mms_img-1234181133.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire aussi ceci : « Qatar: comment prendre 15 ans de geôle quand on est poète », par Delfeil de Ton, 2013, NouvelObs: http://bibliobs.nouvelobs.com/.../qatar-comment-prendre...

Sur le QATAR lire : « Comment le Qatar a acheté la France », par Eric Leser, Slate, 2011 : http://www.slate.fr/story/39077/qatar-france

QATAR. Rapport AMNESTY 2014-2015 (dont mention du poète) : https://www.amnesty.org/.../middle.../qatar/report-qatar/

Sur Trames nomades, mon blog, quelques notes (tag Qatar) dont celle-ci, 2012 (Le Qatar et la francophonie + liens) : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2012/11/11/le... 

09/02/2015

ISLAMISME, triple piège...

ISLAL CHAHLA  CHAFIQ.gifMINARET ensanglanté.jpgLA LOI de DIEU.jpg

 

((Piège? Triple? Oui. Ne pas voir les masques du fondamentalisme. Ne pas voir les masques de ceux qui attisent peurs et amalgames. Ou, complices objectifs, creuser les failles en croyant combattre l’intégrisme...))

[SOMMAIRE  de cette note : EXERGUES, citations : Imre Kertesz (entretien, Le Monde, 28-01-15, sur la présence toujours recommencée de l’ombre du fascisme), Jacques André (démocratie et inconscient), Wole Soyinka (entretien, JDD, 08-0-215, sur sa colère contre l’aveuglement des pouvoirs devant l’évolution de la radicalité islamiste, celle des « agents d’un fondamentalisme à l’échelle du globe »)/ REFLEXION personnelle (Comprendre : mon commentaire, en italique) / + CITATION (Fatih Akin, sur responsabilité de tous)... / + SUITE REFLEXION / Et... REVUE de LECTURES (résumés, citations, liens) : Kamel Haddar (directeur d’Algérie-Focus/analyse des failles), Rochdy Alili, historien (D’où vient le fanatisme musulman ? Rigorisme et radicalisation...), Joseph Yacoub, universitaire ( les causes plurielles de ce terrorisme), Slim Laghmani , journaliste (dire la distinction islam/islamisme ne suffit pas : ce n’est pas entendu car on s’y prend mal – il faut expliquer comment cela fonctionne pour distinguer)/ Ali Malek, écrivain (l’esprit du Coran est trahi par les oulémas, le problème vient des hadiths : l’islam des islamistes a les mêmes « maîtres » depuis le XVIè siècle – et les signes religieux apparents revendiqués comme formes spirituelles, voile ou halal, sont des marges hors spiritualité authentique qui donnent une image faussée de la religion, dans le déni des valeurs)/ Abderrahman Al-Rached, directeur du plus important quotidien panarabe,  dénonce « Le crime des manipulateurs » / Chala Chafiq, analyse en sociologue les motivations des jeunes séduits par l’islamisme (et elle met l’accent sur l’idéologie, négligée quand on ne voit que le djihadisme, qui en découle) / Dalal El-Bizri nous donne des éléments pour comprendre comment la parole sur l’islam, dans des pays musulmans, peut-être une cause d’angoisse, un risque majeur pris, et que cela induit une double peur : « pour » et « de » l’islam,    Islamophobie » interne(« intime »), qui est en miroir de la peur de l’islam vu de l’extérieur... / Wole Soyinka    dit sa colère devant l’insuffisante lucidité des gouvernements successifs du Niger, qui n’ont pas mesuré à temps la force et la violence de la radicalisation islamiste, et la dimension mondiale du fondamentalisme militant. / Pierre-Jean Luizard analyse le danger de l’universalisme calculé de Daech et son projet de choc, non entre Orient et Occident (comme le croit Huntington), mais entre deux mondes : croyants (quelles que soient leurs origines), et incroyants (fussent-ils Arabes ou musulmans de culture, mais mauvais musulmans selon les critères de Daech /  Gilles Kepel  (spécialiste de l’islam) constate que Daech est en train de mettre en place la stratégie  de l’idéologue syrien Abou Moussab al-Souri (dont il a traduit les thèses), visant la provocation d’une situation de guerre civile entre musulmans et non musulmans (par la revendication au nom de l’islam pour développer le rejet de ces derniers et leur radicalisation en réaction). Utiliser les fractures et les accentuer (le choix des cibles est pensé aussi dans ce but... La réponse ? Le 11 janvier en était une (‘sursaut’, ‘digue culturelle’. Donc... digues similaires.../ Philip Stephens  met en garde (Financial Times, Londres) contre la dangerosité idéologique et politique du FN, toujours présente, malgré les camouflages de la ‘dédiabolisation’.../ ENTRETIEN avec José Luis Zapatero, ex-Premier ministre socialiste espagnol. Le Parisien, magazine. Des réponses après les attentats... (laïcité et démocratie, pluralisme religieux, dialogue interreligieux, rejet du message anti-immigration, discours d'intégration...) / LIENS complémentaires : ARTICLES, BLOGS et sites, LIVRES ]

.......................................................................................................................

 EXERGUES...

« Jusqu’à aujourd’hui, je me suis appliqué à étudier la façon dont s’élabore la langue de toutes les dictatures. » (...) « Mon souci principal, encore une fois, est d’analyser la manière dont les gens sombrent dans le totalitarisme. » (...) «  Avant même les attaques de janvier à Paris, j’avais fait la remarque que l’Europe était en train de mourir de sa lâcheté et de sa faiblesse morale, de son incapacité à se protéger et de l’ornière morale évidente dont elle ne pouvait s’extraire après Auschwitz. La démocratie reste impuissante à se défendre et insensible devant la menace qui la guette. Et le risque est grand de voir les gardes-frontières qui entreprennent de défendre l’Europe contre la barbarie montante, les décapitations, la ‘’tyrannie orientale’’, devenir à leur tour des fascistes. Que va devenir l’humanité dans ces conditions ? Auschwitz n’a pas été un accident de l’histoire, et beaucoup de signes montrent que sa répétition est possible. » (...) « Je ne crois nullement que chaque Allemand porte le nazisme dans ses gènes, et je suis sur ce point en désaccord avec l’historien américain Daniel Goldhagen (...) pour qui il aurait existé un ‘antisémitisme exterminateur’ spécifique à l’Allemagne »

 Imre Kertesz. Entretien, Le Monde, 28-01-15 : http://www.lemonde.fr/international/article/2015/01/27/auschwitz-n-a-pas-ete-un-accident-de-l-histoire_4564126_3210.html

....

« L’inconscient est un sauvage, jamais la démocratie ne sera l’héritière de l’inconscient. Elle se fera toujours contre lui, il n’y a ni égalité ni fraternité dans l’inconscient. S’il y a une liberté, c’est une liberté absolue et sauvage. »

Jacques André, psychanalyste (Entretien, propos recueillis par Natalie Levisalles et Eric Loret, Libération, daté 14-01-2015 : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/13/dieu-c-est-un-autre-nom-pour-le-surmoi_1180025 )

.....

« Avant d’être un Nigerian et un Africain, je suis un être humain. Je ne me sens pas agressé en tant que Nigerian dans un pays souverain mais en tant qu’homme face à des crimes contre l’humanité. » 

Wole Soyinka (Prix Nobel de littérature 1986), entretien, JDD, 08-02-15 : http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Wole-Soyinka-Prix-Nobel-de-litterature-Le-Nigeria-se-rend-compte-que-le-gouvernement-s-est-reveille-trop-tard-717128  

..........................................................................................

Comprendre ce qui est en jeu... Islamisme...? Le rigorisme rigide porte en lui les germes d’une possible radicalisation, qui, elle, peut mener au pire, mais il n’est pas toujours prêt au pire. Le djihadisme, politique, qui semble exacerber le religieux, en fait s’en éloigne de plus en plus, tout en le théâtralisant, et en y trouvant le prétexte de choix sinistres, pour se diriger vers un nihilisme qui explique les dérives monstrueuses vers de plus en plus de violence et vers des crimes contre l’humanité. Donc quand on voit dans le musulman authentique, pratiquant (ou simplement croyant) un complice virtuel du terrorisme, on fait un contresens dramatique (quelles qu’en soient les motivations) et on crée le terrain des discriminations. (Cela ne contredit pas la nécessité, pour l’islam contemporain, de faire un travail de relecture, décryptage, tri, et la refonte rationnelle des références et interprétations : comme c’est nécessaire dans toutes les religions, et dans tous les systèmes de pensée. Lire les éditoriaux de Ghaleb Bencheikh sur le site de 'Religions pour la paix'. Il réagit aux crimes et attentats avec colère. C'est un message d'urgence... Mais la refondation qu'il réclame - lui et tant d'autres - n'est pas aidée par les complaisances idéologiques et politiques de La France à l'égard de dictatures qui instrumentalisent la religion pour opprimer gravement, torturer, emprisonner qui veut penser, et écraser les femmes.) 

Contresens, oui, que la confusion musulman/islamiste potentiel. Car l’authentique rapport au religieux, au sacré (importante dimension culturelle) crée un rapport différent avec soi-même, et donc avec autrui. Spiritualité, d’un côté, qui fonde une éthique, une esthétique, un lien avec la vie, un rapport différent avec le corps, la joie  possible, le rire possible. Spirale du vide, de l’autre côté, où il n’y a plus de conscience-sujet, en soi, et plus de sujet perçu dans les êtres, hors de soi : on peut alors manipuler, torturer,  massacrer : vide intensifié par le collectif et par des références erronées, par un pervers rapport au langage. Et cela attire, comme si c’était un trou noir destructeur, toutes les fragilités, marges de délinquance, tous les désespoirs suicidaires, la part sombre des êtres. On oublie parfois, quand on écrit sur cela (presse, sites), les questions déjà posées par les systèmes de  terreur passés. Fascisme, nazisme. Pourquoi tant suivent ? Instinct de mort... Et on oublie cette « banalité du mal » interrogée par Hannah Arendt, peu comprise souvent. (Il n’excuse rien, ce regard sur les êtres et le fonctionnement des systèmes totalitaires : il ramène à l’interrogation sur l’humain, et devrait nous faire relire Robert Antelme, Primo Levi, Charlotte Delbo, Imre Kertesz...). 

.....

Fascisme tapi dans l’islamisme... (titre de ma note précédente...). Tapi, oui (au double sens de genèse et de masque). Mais, toujours, garder en mémoire que l'idéologie politique n'est pas la réalité religieuse. (Quand l'islam, en tant que source religieuse, porte en lui ce qui a pu produire la haute spiritualité, la haute sagesse qu'est le soufisme - à dimension philosophique, et éthique). Donc.... la cause est-elle si caractérisée qu’on puisse se contenter de  « désigner » et, réfugiés dans la peur, mettre un confortable écran entre les coupables et nous. (Quand on voit, par exemple, les Kurdes combattre Daech/EI, pour eux - et pour nous, soyons-en conscients... Peu aidés, longtemps abandonnés. Quand on voit, dans certains pays, des milliers de musulmans se faire massacrer : musulmans, eux, d'abord.). Les maladies de l’humanité sont nos maladies à tous. Guerres et meurtres, massacres et génocides. Comment faire cesser si on en ignore le rôle de symptôme ? C’est ce que veut nous dire aussi, d’une certaine manière, le réalisateur turco-allemand de « The Cut », Fatih Akin, héritier de l’histoire turque (le génocide arménien sur lequel il fait son film) et héritier, autrement, de l’histoire allemande, par la naissance, le lieu de vie, la culture partagée, l’identité partagée, la langue partagée (donc héritier d’une autre appartenance historique à penser). Il se pose doublement cette question de la confrontation au réel historique et actuel. Pour lui, d’abord, les deux génocides, dans le passé, dans l’histoire, puis l’islamisme, dans notre présent.  « ‘’Ce n’est pas une question de culpabilité, c’est une question de responsabilité. Avant, en tant que turco-allemand, je me disais  ‘ l’Holocauste n’est pas mon crime. J’ai mon propre génocide à affronter.  Aujourd’hui, je me dis que l’Holocauste comme le génocide arménien sont de notre responsabilité à tous. Pas en tant que Turcs ou Allemands, en tant qu’humains.’’  De même, il voit l’Etat islamique comme "le sanglant syndrome d’un monde malade depuis longtemps". ’La vraie question, c’est celle des racines du mal. ‘’ ». Libération, Fatih Akin, portrait,par Cordélia Bonal, « Portrait »/ « Bosse fort la mémoire », 14-01-15 : http://www.liberation.fr/culture/2015/01/13/fatih-akin-bosse-fort-la-memoire_1179963

Syndrome, symptômes, responsabilité... Questions qui font retour à l’histoire religieuse, et histoire générale... (Comme le font les auteurs d’articles qui suivent, plus bas, citations qui ouvrent des perspectives de pensée). 

Et, à l’autre bout, que dire à ceux qui ne sont pas séduits du tout (à juste titre!), mais qui, au contraire, devant les crimes et attentats, revendiqués au nom de l’islam (« au nom d’une lecture pervertie du Coran » comme le dit l’écrivain nigerian Wole Soyinka, voir ci-dessous, un entretien du JDD), ont peur...  Peur des terroristes (c’est normal), mais aussi de la religion, de l’univers de la religion dont se réclament les terroristes. Glissement apparemment logique. Qui peut induire une crainte de ceux qui appartiennent à cette culture. Crainte et rejet qui stigmatisent des gens, sous prétexte d’identité religieuse. Qu’ils arborent des signes ostensibles et aient des revendications remarquées... Ou  qu’au contraire, s’exprimant comme n’importe qui d’autre dans le pays, dans la banalité d’une réalité française commune, ils ne vivent leur religiosité, leur spiritualité, que très intimement.

Cependant cette opposition même est excessivement binaire : n'y-a-t-il choix qu'entre, d'une part, la mise en scène des corps, des gestes, ou des rites, et, d'autre part, une retenue qui fasse complètement disparaître de la sphère sociale toute dimension spirituelle ou religieuse. L'équilibre, je crois plutôt, est dans la tension entre les deux. Il faudrait s'inspirer de ce que dit François Cheng sur le vide médian, que, selon lui la culture occidentale ne comprend pas bien de la culture chinoise. Ni yin ni yang, seulement, mais aussi l'entre deux qui circule et bouge les formes, les limites, les repères - ou frontières... i noir d'encre, ni blanc transparent, mais un aller-retour entre trop de visibilité et trop peu de visibilité, donc d'existence. Lire la 'Lettre aux candidats' de 'Carrefour des mondes et des cultures'. Elle pose exactement cette question, en 2012... 

Que penser ? Que dire ? Comment comprendre le processus qui efface toute distinction, remplace le mot ‘islamisme’ par ‘islam’ et les termes ‘islamistes’, ‘terroristes’ , par ‘musulmans’ ? Confusion qui agit sur le vocabulaire : jusqu’à parler de ‘musulmans modérés’ parfois (ce qui n’a pas de sens). Jusqu’à entretenir une perception obsessionnelle de la présence de ces derniers dans le paysage social de tous (donc de la réalité à partager), comme si c’était une présence de trop. Jusqu’à dire qu’il ne faut pas parler des risques d'amalgame entre islamistes-terroristes et musulmans, pour dénoncer et prévenir (comme si cela occultait la réalité des attentats, faisait oublier les victimes juives, et l’antisémitisme islamiste - lié au complotisme et au négationnisme). Alors que les revendications d’appartenance religieuse des terroristes désignent automatiquement la masse des musulmans (ou censés l'être) dans une rhétorique immédiate utilisée par les extrêmes droites et voulue par l’Etat islamique/Daech (voir articles...). Ne pas dénoncer le piège c’est tomber dans le piège.

Quelque chose de l’ordre de l’islamophobie (terme controversé, mais ancien, plus qu'on ne le dit : occurrences en 1910-1912...) peut cependant être constaté là  où on n’aurait pas pensé que ce puisse être trouvé : dans des pays à dominante musulmane. Là, c’est le ressenti interne de musulmans, pour des raisons que présente Dalal El-Bizri dans un article publié à Beyrouth. Peur ‘pour’, peur ‘de’...

LIRE...

..............................................................................................................

Questions sur l’actualité, les sources plus ou moins récentes des faits... Kamel Haddar, Franco-algérien qui dirige le site Algérie-Focus. Bouleversé par les attentats, malgré l’émotion, prend le temps de dire ses colères contre toutes les « inactions » des pouvoirs, contre la « discrimination », réelle, le regard des « médias », irresponsables souvent dans leur manière de jouer avec les peurs, le retrait de la « majorité silencieuse au sein de la communauté française d’origine maghrébine » (« je déteste la victimisation »), les « appels aux musulmans, depuis les attentats, pour qu’ils expriment leur désolidarisation d’avec ces événements »... « Mais... nous sommes Français avant tout ». Il met en question (à juste titre !) « les liens... des pays occidentaux » avec « l’Arabie saoudite ou le Qatar ». « Qui vend des armes à Daech ? Qui a financé le terrorisme au Nigéria, au Moyen-Orient ? Les terroristes se nourrissent au sein des wahhabites. Que les pays occidentaux en tirent les conséquences. » Article à lire intégralement... (Compte-rendu d’entretien paru dans L’Orient-Le Jour (Beyrouth), le 16-0-15, propos recueillis par Emilie Sueur. Courrier international, 22/28-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/22/j-etais-un-sale-arabe-mais-je-suis-francais ) 

......................

«  Islam : un rigorisme en proie à la radicalisation ». Par Rochdy Alili, historien. Le Monde des Religions, janvier-février 2015. Dossier titré « Les Fous de Dieu », sous-titre : « L’histoire du fanatisme » (Judaïsme, Christianisme, Islam, Hindouisme, Bouddhisme). Le titre est déjà une annonce de l'analyse qui analysera la source de la radicalisation. Lien vers l’article et d’autres titres : http://www.lemondedesreligions.fr/mensuel/2015/69/islam-un-rigorisme-en-proie-a-la-radicalisation-17-12-2014-4414_212.php  [Le chapeau de l’étude résume le processus étudié : « Du VIIe au XXe siècle, les islamistes ont honoré les mêmes maîtres et respecté le même dogme, parfois poussé à la démesure. Mais l’histoire récente, ravivant ressentiments et luttes de pouvoir, a vu l’émergence de groupes d’une violence extrême. » /// CITATIONS : « Depuis 1258 jusqu’à la colonisation au XIX è siècle, des figures du rigorisme musulman définissent l’idéal islamique qui va plus tard nourrir la réflexion de l’islam contemporain. » (...) « La colonisation occidentale va contraindre les musulmans à s’interroger. Une pensée réformiste moderniste s’élabore. » (...) « Le socle doctrinal des islamistes s’ancre dans ce que nous avons caractérisé comme un rigorisme (...) aujourd’hui poussé à l’extrême. » (Mais l’auteur définit trois manières de vivre le « puritanisme musulman », ou « salafisme » : le « quiétisme », tendance majoritaire, sans projet politique ; les islamistes politiques mais sans violence, et les djihadistes, politiques,  forgés dans des luttes, et de plus en plus violents.

......................

Un autre article, même dossier, entretien avec  Joseph Yacoub, non musulman (universitaire, Sciences Politiques, Fac catholique de Lyon), traite du fondamentalisme. « Cet âge d’or où l’islam a rayonné ne sert jamais de référence aux radicaux » / « Pour Joseph Yacoub les arguments religieux des djihadistes n’ont rien à voir avec le fondamentalisme et le rêve d’un retour à une période faste de l’islam. » / Il rappelle que les conflits religieux sont « récurrents » (partout dans le monde), situe la montée du fondamentalisme musulman d’aujourdhui dans les années 1970. Dit de ne pas négliger plusieurs éléments (causalités) comme « le sentiment d’une profonde injustice lié au conflit israélo-arabe, dont on ne dira jamais assez l’importance », « l’échec du nationalisme arabe », « l’absence de démocratie », la « déception » concernant « les politiques menées par l’Occident », la « faillite des partis communistes »...  Mais « la politique des djihadistes » est « intégralement nihiliste ».

.........................

Et donc, ne pas confondre les mots et les gens... Mais ne pas craindre de relier les dérives à ce dont elles se réclament, en le faussant. Islamisme et islam. Pour distinguer, mais autrement. Slim Laghmani met en question les méthodes : « Pour se débarrasser de l'islamisme qui génère le terrorisme et montrer qu'il est différent de l'islam, il faut promouvoir de nouvelles techniques d'interprétation des textes sacrés. ».  Dire que l’islam n’est pas  l’islamisme, dit-il, ne sert à rien. « Que l'islamisme, sans qu'il en ait le monopole, génère le terrorisme, cela on le savait déjà : l'Algérie a compté ses victimes par centaines de milliers dans l'indifférence générale de la société internationale à l'époque [les années 1990]. » Dire que l’islam n’est pas  l’islamisme, dit-il, ne sert à rien.  On n’arrive pas à montrer « en quoi l'islamisme est différent de l'islam »...  « parce que l'on s'y prend très mal ». (...) « Quitte à choquer, je dirais que l'islamisme, c'est aussi l'islam – de même que la Sainte Inquisition, c'était aussi le christianisme. La question n'est pas de savoir ce qu'est l'islam ou ce qu'est le christianisme, mais comment on les comprend. » Conclusion : i « immense travail » à faire, méthodologique, d’interprétation... Article publié dans Leaders  (Tunis), le 12-01-15. Courrier international, 29/01-04/02-2015 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/13/comment-distinguer-l-islamisme-de-l-islam

...................

Travail d’autant plus nécessaire, note l’écrivain Ali Malek, que l’esprit du Coran a été trahi par les oulémas « en s’appuyant exclusivement sur les hadiths, ces paroles prêtées au fondateur de l’islam ». Et, conclut-il,  « Les musulmans européens font un grand tort à leur religion en la réduisant au port du voile et à la viande halal. Il y a dans le Coran des valeurs plus importantes que la prière, le ramadan et le pèlerinage réunis. ‘Dieu ordonne la justice, la bienfaisance...’ ». Car « Les musulmans ne puisent pas leur religion dans le Coran qu’ils prétendent être la parole de Dieu transmise par l’archange Gabriel au prophète Mahomet. ». Et « Tous les problèmes qui collent à la peau des musulmans proviennent de cette chose qu’on appelle le hadith. » (Raisons factuelles de l’apparition des hadiths ‘’sur leur route’’ ». Et... « Oussama Ben Laden est un pur produit des compilations de hadiths. » : Les musulmans ne puisent pas leur religion dans le Coran qu’ils prétendent être la parole de Dieu transmise par l’archange Gabriel au prophète Mahomet. Le Monde,  31-01-15, "Comment l'islam est perverti par ses fidèles": http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/31/comment-l-islam-est-perverti-par-ses-fideles_4567342_3232.html

....................

Pourquoi le terrorisme peut-il se répandre et perdurer ? Parce que des pouvoirs, des médias, des représentants institutionnels le justifient et le soutiennent. Criminels à blâmer, à dénoncer, plus encore que les terroristes, dit Abderrahman Al-Rached, directeur du plus important quotidien panarabe,  dénonce « Le crime des manipulateurs », (Asharq Al-Awsat, Londres, 08-0-15, et Courrier international, 15/21-01-15). CITATIONS : « Il s’agit du même constat : l’extrémisme est le fait de musulmans. Les lieux du crime sont différents, mais la source du crime est la même. / Nous traversons une énorme épreuve. C’est le début d’une avalanche de violences. Elle prend sa source dans des idées, est organisée par des terroristes et dispose de beaucoup de moyens. » / (Il évoque le complotisme, les mensonges de ceux qui justifient les crimes) / « Ces “justificateurs” couvrent les terroristes et leur donnent une légitimité. » (...) « Ce sont eux qui, depuis des années, ont permis au terrorisme de s’implanter dans notre région. De couverture médiatique en justifications politiques et soutiens financiers, leur crime n’est pas moindre que celui des terroristes eux-mêmes. » (...) « Paris est pris pour cible par les mêmes idées, armes et médias qui pourrissent notre région ». http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/08/le-crime-des-manipulateurs

.......................

« Pourquoi  l’offre islamiste séduit une jeunesse en  mal d’héroïsme ». L’analyse que fait Chala Chafiq dans Le Monde du 06-02-15 (sociologue, écrivain) part des paroles des jeunes eux-mêmes (recherche menée à Lille en 2008-2009), qu’elle analyse. Elle met l’accent sur la dimension idéologique, disant qu’on la néglige, alors que, pourtant,   « le djihadisme est une des facettes de l’islamisme », qui « travestit la religion en une idéologie à caractère totalitaire ».  La fascination pour une telle idéologie tient au fait qu’elle répond à des besoins complexes et même parfois contradictoires, explique-t-elle. On donne des « règles », il y a des « interdits » : cadres qui rassurent, et obligations qui permettent d’échapper (pas de choix libres) aux « doutes inhérents à la liberté ». Ensuite on propose une « hiérarchisation sexuée » : séduisante pour les garçons qui considèrent que l’égalité hommes-femmes est un leurre, et pour des filles qui ont envie d’être soumises, croyant que l’amour est « obéissance », parce qu’elles ont intériorisé cette idée de l’infériorité des femmes... « Double essentialisation » du « monde musulman » d’un côté », et de « l’Occident », de l’autre (l’un idéalisé et devant « se défendre », l’autre diabolisé, car vu comme  « raciste » et « islamophobe », et... « pro-juif »... Réduction « du culturel au cultuel », « sentiment d’appartenance à une oumma attaquée ». Idéologisation du « djihad ». « Trouver du sens et des liens », « ordre et rébellion » à vivre dans le même cadre... cela répond à des demandes de jeunes. Chahla Chafiq dit donc que le rappel à la loi ne suffira pas. Qu’il faut « proposer une offre alternative forte » dans l’éducation.  Pour amener les jeunes à « se construire dans l’autonomie et la pensée critique. »

.....................

 « L’islamophobie commence au Moyen-Orient ». Al-Modon (Beyrouth), le 18-01-15, Courrier international, 29-1/04-02-2015. Dalal El-Bizri (sociologue spécialiste des mouvements islamistes contemporains) part d’un constat. En 2004, un crime est fait en accusant l’assassiné d’islamophobie. Peine de mort directe pour... islamophobie. Ce terme, dont, contrairement à ce qui est dit, on trouve des occurrences anciennes, a été réactualisé, en quelque sorte, par les idéologues de l’islamisme pour justifier des crimes, ou simplement la répression, quand toute critique, même interne, devient suspecte d’islamophobie. : « Theo van Gogh, le réalisateur d’un film [Soumission] jugé “offensant pour le Prophète”, a été assassiné en 2004 (lire aussi p. 38). Alors qu’il lui assénait des coups de couteau, l’assassin répétait : “Tu es islamophobe ! Tu es islamophobe !” C’est n’est pas une blague, mais la réalité d’un crime qui ressemble à des dizaines d’autres, si ce n’est des centaines, commis par des islamistes contre des Juifs, contre des artistes, contre des journalistes ou contre d’autres que les islamistes ... prennent pour cibles. » Son analyse est très intéressante, car rare, et convaincante : logique.  Au lieu de réagir avec agressivité et colère aux craintes concernant l’islam (tout court, islam, pas islamisme), l’auteur les explique : « Or l’islamophobie résulte tout naturellement de tous les assassinats individuels ou collectifs qui ont été commis au nom de la ‘défense de l’islam’. ». Pourquoi l’islamophobie commence-t-elle au Moyen-Orient ? La réponse est là : Islam seule culture et seul sacré « seul et unique héritage, nous n’en avons pas d’autre. » Donc « crainte ‘pour’ l’islam ». Mais cela va avec « crainte ‘de’ l’islam » Car la peur « pour » (institutionnalisée, soutenue, instrumentalisée contre la démocratie) rend dangereuse toute expression un peu distancée... Donc peur. « La peur de l’islam, c’est la peur de la mort, de la mise à l’index, de la prison. » (...) Peur « intime, proche ». A « déconstruire » avec une « montagne de courage ». Et quand les instances officielles parlent des musulmans blessés (par les caricatures par exemple)  elles « font ce qu’on leur demande » (les Etats qui les contrôlent) «  à savoir accaparer la parole de tous les musulmans . »  (Alors que la parole ils ne l’ont pas eue...). Peur... « Peur que les islamistes exportent vers l’Occident. » : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/29/l-islamophobie-commence-au-moyen-orient

...............

« Je suis en colère » (titre, papier), « Le Nigeria se rend compte que le gouvernement s’est réveillé trop tard » (titre, site), ENTRETIEN avec Wole Soyinka (Prix Nobel de littérature 1986). Propos recueillis par François Clemenceau, JDD, 08-02-15 : http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Wole-Soyinka-Prix-Nobel-de-litterature-Le-Nigeria-se-rend-compte-que-le-gouvernement-s-est-reveille-trop-tard-717128 (CITATIONS: « Le président actuel, ­Goodluck Jonathan, est coupable, avec d'autres, de ne pas avoir compris à quel point ce défi de l'islam radical ne pouvait aller que crescendo. » (...) « Boko Haram / Cette insurrection est barbare, absolument, elle appartient à une "espèce" qui a quitté depuis longtemps la communauté des êtres humains. Mais ils ne sont pas uniquement Nigerians. Ce sont les agents d'un fondamentalisme à l'échelle du globe, avec une capacité de recrutement d'autant plus facile qu'ils se nourrissent d'une lecture pervertie du Coran afin de faire de tous ceux qui ne leur ressemblent pas des ennemis, y compris chez les musulmans. Ajoutez-y les inégalités sociales, la marginalisation, la pauvreté, et le phénomène devient explosif. »

......................

Piège de Daech... Pierre-Jean Luizard et Gilles Kepel se rejoignent pour dire les pièges dans lesquels il ne faudrait pas tomber, et qui sont d’autant plus dangereux que l’Etat islamique s’appuie sur les failles sociales et culturelles existantes. Sans analyse géopolitique et distance critique, sans informations claires et rappel de certains faits à l’ensemble de la société, nous pouvons être les complices objectifs de la réussite de cette stratégie et laisser venir heurts graves et possible guerre civile, par aveuglement.

D’autant plus que cette stratégie de Daech est aidée, analyse Philip Stephens (Londres), par le jeu pervers du FN, qui, sous le masque d’une dédiabolisation, ne fait qu’adapter sa propre stratégie, qui a pour but de 'faire des musulmans des ennemis du peuple’, suspects, selon les tactiques de Marine Le Pen. (Alors que les Juifs avaient ce rôle principal de suspects du temps du Père à la direction) : père qui est toujours Président d’honneur... ‘Préjugés ethniques’, et ‘altérité’ culturelle suggérée sans cesse, légitiment en fait le racisme et peuvent légitimer la violence.     

« L'Etat islamique veut entraîner la France dans le piège du 'choc des civilisations' », par Pierre-Jean Luizard , Le Monde, 17-01-15 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/16/l-etat-islamique-veut-entrainer-la-france-dans-le-piege-du-choc-des-civilisations_4558056_3232.html  (CITATIONS : « Amedy Coulibaly s’est mis sous l’ombrelle de EI (...)Si cette paternité revendiquée semble difficile à authentifier, il n’en demeure pas moins qu’elle illustre une volonté délibérée du groupe salafiste-djihadiste :internationaliser au maximum le combat qu’il mène contre les « mécréants » (...) « Le terrorisme au nom d’Allah en France vise à susciter des réactions communautaires en chaîne, voire une guerre ouverte entre musulmans et non-musulmans français. » (...) « Loin de se réduire aux caprices d’une idiosyncrasie culturelle barbare, le discours de l’EI a une puissante dimension universaliste qui séduit bien au-delà de sa base arabe sunnite moyen-orientale. Quand on relit ‘Le Choc des civilisations’, de Samuel Huntington, on est frappé du jeu de miroirs qui s’instaure avec les conceptions du salafisme djihadiste. / L’EI reprend parfois mot pour mot les thèses de Huntington afin de mettre en scène un tel choc des civilisations. Il ne s’agit pas d’un conflit entre deux cultures, entre Orient et Occident, entre arabité et monde euro-atlantique, mais d’un choc de titans entre islam et mécréance. » (Dans la conception de l’EI...

.......................

« Daech escompte des situations de guerre civile », par Gilles Kepel, Libération, 14-01-15 : http://www.liberation.fr/monde/2015/01/14/daech-escompte-des-situations-de-guerre-civile_1180804 (CITATIONS : « Le contexte des attentats, c’est celui d’un mouvement, Daech [l’acronyme arabe de l’Etat islamique, ndlr Libération], qui a identifié ce qu’il estime être des fractures culturelles et confessionnelles dans les sociétés européennes - en particulier la France - et qui agit pour que ces fractures soient approfondies, transformées en failles. Le groupe escompte qu’elles se traduiront par des situations de guerre civile entre des populations d’origine musulmane et les «islamophobes», ceux-ci devenant très nombreux à cause des attaques jihadistes. Les populations musulmanes, elles, se radicaliseraient en réaction, jusqu’à considérer les jihadistes comme leurs héros. Cette stratégie a été énoncée en décembre 2004 par Abou Moussab al-Souri, un idéologue syrien dont j’ai traduit les thèses en 2008 dans mon livre ‘Terreur et Martyre’. Elle n’a pas pu se mettre en place à l’époque, car il fallait qu’elle s’appuie sur les réseaux sociaux et sur la proximité d’un terrain de jihad et d’entraînement - qui n’existaient pas encore. Aujourd’hui, on a YouTube, Twitter et le champ de bataille syro-irakien à portée de charter. » (...) « Dans la communication des autorités, il est fondamental de rappeler à l’ensemble de notre société que, parmi les victimes de prédilection des jihadistes, il y a aussi les musulmans désignés par eux comme ‘apostats’, comme c’est le cas du brigadier Ahmed Merabet qui a été délibérément abattu » (...) «  et que la plupart des victimes de Daech sont des musulmans. »)

.....................

« Marine Le Pen : le diable dans les détails », par Philip Stephens, Financial Times (Londres, 22-01-15), Courrier international, 29-01-15. « Même si le FN a adouci son image, il ne faut pas perdre de vue la vraie nature de cette formation, qui dénonce l’islamisation de la France. » : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/29/marine-le-pen-le-diable-dans-les-details (CITATIONS : « Dans toute l’Europe, la droite populiste a élaboré un discours qui consiste à faire des musulmans des ennemis du peuple, au même titre que le capitalisme libéral, les Etats-Unis et les élites politiques. » (...) « Et elle (Marine Le Pen / pour « modérer son discours pour l’emporter ») a renoncé au racisme et à l’antisémitisme déclarés qui étaient propres aux militants FN de la génération de son père. Sa fille préfère attiser les craintes de voir la France envahie par les musulmans. Le père était un démagogue endurci, la fille choisit ses mots avec soin. / « Mais même si le FN... »  (...) « Les préjugés ethniques sont présents dans chacune des déclarations de son état-major.  Les mises en garde contre ‘ l’islamisation ’ sont calculées. Elles ont pour but de créer un environnement permissif pour les éléments les plus violents du parti et de semer la peur dans les esprits (...) »  (...) « Marine Le Pen n’a pas besoin de s’en prendre directement aux musulmans. Il  lui suffit d’alerter sur leur ‘altérité’ et de se demander si l’islam et le républicanisme laïc pourront jamais coexister pacifiquement. De même que l’antisémitisme de Père Jean-Marie Le Pen remettait en cause la loyauté des Juifs, Marine Le Pen sème le doute sur celle des musulmans. L’ennemi c’est l’étranger, comme toujours avec ce nationalisme infâme que l’Europe ne connaît que trop bien. »)

Il faudrait conseiller la lecture d'Imre Kertesz aux gens attirés par les thèses du FN, avant et depuis les attentats... Non, il n'y a pas plus de gènes 'islamistes' chez des Français musulmans, ou musulmans de n'importe quel pays, qu'il n'y a de gènes nazis hérités par les Allemands (voir, ci-dessus, exergue...). L'idéologie n'est pas une identité ethnique ou religieuse...

...................

Après les attentats, et devant les menaces idéologiques et terroristes, comment répondre tant à l’islamisme qu’au FN (et autres extrêmes droites), dangers conjoints... ? Voici une réponse (de plus, dans le débat ample qui nous concerne – réponse de plus mais essentielle et  fort intéressante : nous devons entendre ce qui vient d’ailleurs, frontières proches, regards en proximité aussi, mais regards qui, du dehors, peuvent mettre le doigt sur des manques, rendre plus lucides). Dans le Magazine du Parisien, José Luis Zapatero, qui dirigea l’Espagne après le terrible attentat du 11 mars 2004 à Madrid. (Le gouvernement de droite de José Maria Aznar s’était trompé en attribuant d’abord l’attentat à l’ETA, qui avait effectivement été souvent coupable de terrorisme, alors que la tragédie était causée par Al-Qaïda, donc l’islamisme, pas les séparatistes basques). José Luis Zapatero, ex-Premier ministre socialiste de l’Espagne, fait part de son expérience dans un entretien, l’expérience espagnole donc. Réponses qui ont prouvé leur efficacité (dont certaines peuvent surprendre, en France, comme la décision de légaliser 700 000 travailleurs sans papiers, au lieu de répondre par la peur accentuée des étrangers, des  immigrés...). Mais, surtout, il parle de ce qui favorise le dialogue, et d’une conception de la laïcité qui ne s’oppose pas à la prise en compte du fait religieux

LIRE, Le Parisien, magazine, 06-02-15. « Les Français m’ont ému », ENTRETIEN avec José Luis Zapatero, ex-Premier ministre espagnol. Propos recueillis par Stéphane Loignon : http://www.leparisien.fr/magazine/grand-angle/jose-luis-zapatero-les-francais-m-ont-emu-04-02-2015-4505661.php (CITATIONS Je lui ai aussi dit » (à l’ambassadeur de France) « que le terrorisme se combattait avec la police, les services secrets, la coopération internationale, mais qu’il ne pouvait être vaincu qu’avec une action politique, culturelle et idéologique poussant toute la société et toutes les confessions religieuses à rejeter en bloc la violence. »  (...) « Dans notre pays, majoritairement catholique, nous avons promu le dialogue et la coopération avec les religions minoritaires, dont la première, l’islam, compte 1,5 million de fidèles. Avec l’appui des communautés religieuses, nous avons créé, en 2005, la fondation publique Pluralisme et vivre-ensemble, qui mène des actions en faveur de la paix et du dialogue. Nous avons aussi ouvert un observatoire du pluralisme religieux, qui conseille les administrations publiques et les communautés confessionnelles sur l’exercice de la liberté religieuse. » (...) « Les religions doivent s’unir et établir un code dans lequel elles déclareraient que rien n’est plus contraire à la foi que la violence. » (...) « C’est, à mes yeux, la tâche première de la République que de diffuser les valeurs de liberté, de pluralisme et de paix. Pour cela, nous avons fait voter en 2006 une loi qui créait un enseignement ‘d’éducation des citoyens’. » (..) « Le caractère laïque de l’Etat ne doit pas être une limite au dialogue avec et entre les religions. Le fait religieux a des implications sociales, identitaires, culturelles, idéologiques... L’Etat, tout en maintenant sa laïcité, garantie de la démocratie, doit se saisir de cette réalité. Ensuite le message anti-immigration est profondément négatif. Un discours d’intégration permet la paix, le vivre-ensemble et le rejet de la violence. » ).

....................................................................................................................................................

LIENS :

Articles complémentaires :

Après les attentats, entretien. Islam et islamisme, djihadisme, antisémitisme associé à ce substrat idéologique, et positionnements des jeunes. Olivier ROY, ENTRETIEN, 11-01-2015 : http://seminesaa.hypotheses.org/2642

Sur les musulmans, les enjeux, la  peur, Olivier Roy, ARTICLE. « La peur d’une communauté qui n’existe pas », 09-01-2015 : http://campvolant.com/2015/01/09/la-peur-dune-communaute-qui-nexiste-pas-par-olivier-roy/ 

« Voile, la crise des valeurs », par Chahla Chafiq et Fatima Lalem-Hachilif, Libération, 16-12-2003 : http://www.liberation.fr/tribune/2003/12/16/voile-la-crise-des-valeurs_455517

« Ramadan antiféministe », par Chahla Chafiq, Fatima Lalem, et Maya Surduts, 12-11-2003 : http://www.liberation.fr/tribune/2003/11/12/ramadan-antifeministe_451498

« La gauche radicale a eu tort d’attaquer la prétendue islamophobie de Charlie » : http://www.lattention.net/p/christophe-ramaux.html

Mise à jour 02-06-2016. Ramadan et le Qatar, article de Marianne... http://www.marianne.net/tariq-ramadan-assure-qu-il-n-est-... 

BLOGS et sites :

Antoine SFEIR. Blog (Voir notamment les rubriques "Monde", "Religion", "Décryptages") : https://antoinesfeir.wordpress.com/

Cahiers de l’Orient. Blog : https://cahiersdelorient.wordpress.com/

Chahla CHAFIQ, sociologue. Site : http://www.chahlachafiq.com

LIVRES :

Chahla CHAFIQ, sociologue, « Islam politique, sexe et genre. A la lumière de l’expérience iranienne », 2011. (« Analyse de l’islamisme : idéologisation du religieux, modèle politique totalitaire, phénomène moderne qui s’élève contre la modernité »).  : http://www.puf.com/Autres_Collections:Islam_politique,_sexe_et_genre

Pierre-Jean LUIZARD, historien, « Le piège Daech. L’Etat islamique ou le Retour de l’Histoire », Ed. La découverte, 02-2015 : http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Le_piege_Daech-9782707186102.html

Marc TREVIDIC, juge antiterroriste, « Terroristes : Les 7 piliers de la déraison », Eds JC Lattès, 02-2015 http://www.editions-jclattes.fr/livre-terroristes-marc-tr... 

Antoine SFEIR, directeur des Cahiers de l’Orient, « Dictionnaire géopolitique de l’islamisme », éd. Fayard, 2009 : http://www.franceculture.fr/oeuvre-dictionnaire-g%C3%A9opolitique-de-l-islamisme-de-dirig%C3%A9-par-antoine-sfeir.html

Mise à jour 02-06-2016. « Je ne suis pas Diam’s », de Fawzia Zaouri... http://www.editions-stock.fr/je-ne-suis-pas-diams-9782234... 

Mise à jour 02-06-2016. Adonis, « Violence et islam »... http://www.seuil.com/ouvrage/violence-et-islam-adonis/978... 

03/02/2015

Parler du fascisme tapi dans l'islamisme...(MAIS...). Lectures... Courrier international...

COURRIER international.jpgCOURRIER ISLAM.jpgParler du fascisme, oui. Fascisme... C'est cela que désignent les auteurs de ces articles, journalistes ou écrivains, qui s'expriment dans le monde - et, précisément, aussi (voir les deux derniers articles), dans le "monde arabe" (notion controversée, mais qui recouvre une réalité culturelle et géopolitique cependant). Fondamentalisme qui est avant tout idéologique, politique. Fascisme qui ment en prenant le masque d'un attachement à une appartenance religieuse (même si celle-ci peut interroger ce qui en elle permet cette captation), et en emprisonnant les populations dont c'est la croyance ou la culture. (Ou dont c'est une des cultures, car les êtres sont tissés de cultures plurielles, surtout dans le contexte de notre univers mondialisé, diasporique, métissé, voyageur, nomade, connecté, traversé de réseaux...). Totalitarisme qui a un projet (fou peut-être, mais d'autres folies ont déjà réussi à opprimer terriblement : mémoire de l'Inquisition, du nazisme, du stalinisme...). Idéologie fondée sur des constructions mentales manipulatrices, une rationalité mêlée considérablement d'irrationalité (complotisme et négationnisme n'étant que deux aspects de la mise hors raison). Plongée mortifère dans le culte du passé, la peur de la femme, la peur du rire, du sport, de la musique, de l'art, de la pensée...

Fascisme tapi dans l'islamisme... PAS dans l'islam (vision haineuse que veut imposer l'extrême droite, pour rejeter les musulmans, par pur racisme, xénophobie en tout cas, refus culturel, peur identitaire). Pas dans l'islam tel que le pratiquent la majorité des gens qui le vivent comme spiritualité. Donc pas en eux, seulement croyants parfois, ou même pratiquants - plus ou moins, comme dans toutes les religions. Pas en eux, sur lesquels on risque de projeter l'ombre des terroristes revendiqués musulmans. Projeter cela c'est projeter la peur, et ouvrir la place (dont d'autres pourront se saisir) pour les agressions, verbales ou physiques. Attention, NE PAS confondre... Eviter de superposer les mots et les gens (ou idéologie et croyance religieuse). L'extrême droite nous tend et nous tendra ce piège, qui n'est que le miroir de celui que tendent les islamistes djihadistes (cela conforte leurs analyses jumelles fondées sur la haine de l'Autre...). Confondre, c'est pratique, facile... c'est penser en raccourci. Ne pas penser en raccourci, c'est, aussi, interroger, comme le font de nombreux intellectuels musulmans et des islamologues, ce qui, dans les sources de la religion, peut autoriser la violence, la légitimer. Dans tous les textes de ces intellectuels, donnés à lire dans les revues de presse de plusieurs de mes notes (et dans les références de livres) la complexité est présente. Mais, si la complexité est présente, dans la pensée comme dans la réalité, l'interrogation devra se porter aussi sur le lien des religions avec les revendications identitaires, et sur le lien des appartenances idéo-religieuses avec la perception que les uns ont des autres (croyants ou incroyants, et croyants autrement). [En Norvège, Anders Behring Breivik, le terroriste chrétien qui tua 77 personnes et en blessa 151 en juillet 2011 - des cibles idéologiques - ne le fit évidemment pas au nom de l'islam, mais bien au nom de ses convictions politiques d'extrême droite, sous-tendues par le désir de défendre sa conception d'une identité européenne associée à la chrétienté, qu'il voulait préserver... Preuve que des fanatiques idéologiques peuvent se saisir du religieux à des fins politiques. Stratégiquement parfois, ou même sincèrement... Car le rapport avec la foi est subjectif, donc facilement passionnel, et peut devenir doctrinaire si les questionnements n'ouvrent pas la lecture des textes aux interprétations divergentes. Et, au-delà, si des clés ne sont pas données, culturellement, pour dire comment distinguer ce qui est de l'ordre de la spiritualité, de la recherche de sens, et ce qui est de l'ordre de la politique.] Religion, et religions, ou cultures imbriquées... Rien n'est simplement cela ou le contraire.     

Complexité? Bien mise à mal, encore, quand on enferme les êtres dans des catégories. Car que veut-on dire quand on dit "musulmans"? Ceux qui ne sont ni chrétiens, ni juifs, ni bouddhistes? (Cela ne rend pas forcément musulman...). N'y-a-t-il pas dans cette appellation, y compris pour refuser (à juste titre) tout amalgame avec les terroristes, une manière de désigner une origine? C'est hypocrite et mensonger. Lire la tribune d'Ahmed Benchemsi, parue dans Le Monde du 16-01-15 : "Le 'musulman modéré', une version actualisée du bon nègre". [Citations : "En les qualifiant de 'musulmans', on les singularise déjà." (...) "L'islam, c'est d'une ridicule évidence, n'est inscrit dans le patrimoine génétique de personne." (...) "Sauf à considérer que leur origine ethnique conditionne leur façon de penser (ce qui est la définition même du racisme)"]. Texte intégral : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/01/16/le-musulman-modere-une-version-actualisee-du-bon-negre_4557616_3212.html   

Donc, LECTURES (citations...), pour commencer (ou poursuivre), la confrontation, avec, réellement, ce qu'est l'islamisme... Et non pas ce que nos paresses, notre idéologie, ou notre inconscient, voudraient nous faire croire (dans un sens ou un autre...). Vu de... Québec (l'idéologie...), Ukraine (ne pas tolérer l'intolérable, car ce serait renoncer à la démocratie...), Liban (répondre au fascisme...), Tunisie (des fascistes... imbéciles... qui osent se réclamer d'Allah..), presse monde arabe à Londres (Explications... Non, ni la France, ni les Juifs, n'ont mérité ça. Caricatures? Comprendre que se moquer du Prophète c'est comme se moquer de Moïse. Oui, on peut se moquer de Moïse, mais pas de l'Holocauste, car ce n'est pas la même chose... ), Syrien en exil à Londres (racines historiques de l'islamisme, la source : idéologues refusant la modernité et voulant faire du religieux la norme qui régente tout...). Un dossier, sous forme de revue de presse, qui est une bonne synthèse de questions essentielles...

........................  

Vu de Québec. « Quand l'idéologie tue », par Paul Journet, La Presse (Montréal, 09-01-15), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-du-quebec-quand-l-ideologie-tue [ CITATIONS : « (S’interroger sur...) la part de responsabilité du modèle français d’intégration des minorités. Cet examen est prématuré et simpliste. Il repose sur une confusion entre trois concepts liés mais distincts. L’intégration des immigrants (...), la laïcité (...) et enfin l’intégrisme, la religion devenue militante et violente. Ni la laïcité, trop molle ou stricte, ni l’intégration déficiente ne causent l’intégrisme. Et elles ne suffiront pas à l’éteindre. (...) L’islamisme existe aussi dans des pays où l’intégration ne pose pas problème. ( ...) On oublie que les musulmans forment les plus nombreuses victimes des islamistes et que leur ras-le-bol augmente au Pakistan et ailleurs. Les djihadistes ne correspondent pas à un profil unique. (...) Certains sont fous, d’autres sont diaboliquement rationnels. ». L’auteur insiste sur la nécessité « d’admettre le pouvoir meurtrier de l’idéologie » et d’éviter deux pièges. Le premier est de réagir en adhérant aux thèses de l’extrême droite, récupérant les attentats pour « amalgamer les islamistes à l’ensemble des musulmans qui pratiquent pourtant leur foi dans la paix. » De réagir en croyant à la « bête théorie du choc des civilisations » qui « sert les islamistes » - par la polarisation qu’ils veulent créer pour « mieux recruter ». Au contraire, « Il faut dénoncer sans relâche cette xénophobie. ». L’autre piège, l’autre danger, est « non pas de récupérer, mais d’étouffer le débat sur l’islamisme. »]

.....

Vu d’Ukraine. « Le prix sanglant du ‘politiquement correct’ », par Sergueï Grabovskiy, Den (Kiev, 09-0-115), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-d-ukraine-le-prix-sanglant-du-politiquement-correct [ CITATIONS : « Pour l’heure, ni l’Europe, ni les Etats-Unis, ni l’Ukraine ne sont prêts à exprimer ouvertement les faits essentiels qui ont abouti aux attentats terroristes à Paris, ni la réalité fondamentale qui se dissimule derrière ces actes. » (...) « On ne parle pas seulement de religion, mais de politique parée d’atours religieux. Nous sommes face à une chose digne de l’obscurantisme médiéval ou des Cent-Noirs [mouvement nationaliste, monarchiste et antisémite apparu dans l’Empire russe au début du XXème siècle.] Pour être plus précis, cette idéologie terroriste est un ‘fascisme islamiste’, qui s’appuie sur des idées totalitaires et nourrit des ambitions planétaires. /// En dépit de cette réalité la majorité des journalistes et des dirigeants (...) parlent d’atteinte aux médias et à la liberté d’expression’. Or, ce terrorisme est très particulier, car il a pour objectif ultime la liquidation de la civilisation euro-atlantique (ou ‘judéo-chrétienne’ comme elle se définit elle-même). » (...) « Attentats (...) absurdes » ( ?). « Non. » (...) « ... ce sont des actes complètement rationnels qui s’inscrivent dans le cadre de cette vision du monde totalitaire. » (...) « Il y a eu le bolchevisme, le fascisme et le nazisme, la vague de l’extrême gauche appelant à une révolution mondiale dans les années 1970, et maintenant il y a l’islam militant. » L’auteur dit que, à son avis, la réponse aux attentats de Paris est « la fin de toute ‘tolérance’ face aux agissements des fondamentalistes et des tenants du fascisme islamiste. » (...) Car ne pas le faire « revient à saper les fondements de la démocratie européenne tout en donnant aux musulmans qui défendent les valeurs démocratiques le sentiment d’être abandonnés face au totalitarisme. »]

.......

Vu du Liban. « Le poing du fascisme », par Alex Rowell, Now (Beyrouth, 07-01-15), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-du-liban-le-poing-du-fascisme  [ CITATIONS : « Les rues de Paris, qu’ont autrefois foulées Descartes, Diderot et Voltaire, ont été ensanglantées. Une fois de plus, l’esprit humoristique, ironique et intellectuel est frappé en pleine face par le poing du fascisme.3 (...) « Insondables illusions. Certains, bien entendu, verront dans ce qui s’est passé une sorte de justice expéditive à l’égard du passé colonial de la France ou de ses interventions récentes au Mali ou en Libye. Peu importe aux yeux de ces gens que la seule ‘vengeance’ invoquée par les tueurs l’ait été au nom du Prophète... » (...) « Plus dangereux sont ceux qui diront que ce qui s’est passé aujourd’hui prouve la nécessité de montrer plus de ‘sensibilité’ ou (de façon plus paternaliste) de ‘sens commun’ dans ce que les medias publient au sujet de la religion. » (...) « ... La réalité a toujours prouvé exactement le contraire : ceux qui répondent à la satire par le meurtre doivent être non pas moins mais encore plus critiqués... »]

.....

Vu de Tunisie. « Des imbéciles qui se réclament d'Allah », par Slaheddine Charlie Dchicha, Kapitalis (Tunis, 08-01-15), Courrier international, 15/21-01-15. [ CITATIONS : « Les fascistes qui ont tué les journalistes de Charlie Hebdo sont les mêmes qui égorgent des policiers et des soldats en Tunisie, et sèment la désolation en Irak, en Syrie et en Libye. Ainsi donc deux ou trois sinistres individus, parce que le hasard les a fait naître dans une famille musulmane, s’autoproclament porte-parole des musulmans et s’érigent en représentants de Mahomet voire d’Allah sur terre. Quelle prétention ! Quelle fatuité ! Quelle suffisance ! » (...) « Ces criminels fanatiques et imbéciles prennent en otage les musulmans de France et d’ailleurs. » (...) « Car ces fascistes sont les agents et les promoteurs autoproclamés d’un ordre totalitaire, le même qui émet une fatwa contre Kamel Daoud en Algérie. L’autoproclamation, voilà la malédiction du monde arabe et musulman. » (...) « Le génial journaliste algérien Kamel Daoud a mille fois raison lorsqu’il affirme : ‘Si l’on ne tranche dans le monde dit arabe la question de Dieu, on ne va pas réhabiliter l’homme, on ne va pas avancer... La question religieuse devient  vitale dans le monde arabe. Il faut qu’on la tranche, il faut qu’on la réfléchisse pour pouvoir avancer.’ »]

....

Vu du monde arabe. « Non, la France n'a pas mérité ça ! », par Hazem Saghieh, Al-Hayat (Londres, 10-01-15), Courrier international, 15/21-01-15. [ CITATIONS : « Les auteurs du crime contre la revue satirique Charlie Hebdo ont eu comme seules paroles, d’après ce qu’on en sait, les cris “Allahu Akbar” et l’affirmation qu’ils voulaient “venger le Prophète”. En revanche, des éditorialistes [arabes] et des militants des réseaux sociaux se sont efforcés de trouver des raisons auxquelles les criminels eux-mêmes n’auraient pas pensé et qui sont très loin de leur univers mental simpliste de terroristes. ///Cette ambiguïté, voire complaisance, dont ces éditorialistes font preuve face au crime s’explique par le sentiment que dans nos contrées le réflexe de faire l’unité [entre musulmans] prime les autres considérations. Alors qu’en un clin d’œil on voit les multiples guerres civiles qui déchirent le monde arabo-musulman, ce qui donne à cette “unité” un côté pathologique. Mettons de côté les accusations contre le sionisme, les mises à l’index de la France, des Etats-Unis et des puissances occultes, ainsi que les discours oiseux selon lesquels “eux-mêmes” [la France] l’ont cherché. » (...) « Certains Arabes disent que les caricaturistes se sont moqués de l’islam mais pas de l’Holocauste. Le fait est qu’il y a une différence profonde entre les deux. Selon les dessinateurs de ce journal et selon les lois de leur pays, on a le droit de heurter les sensibilités religieuses et d’attaquer les symboles du sacré. » (...) « C’est tout autre chose que de se moquer de drames humains récents, ayant fait des victimes dont des proches sont encore en vie. On peut se moquer de Moïse, mais pas de l’Holocauste. » (...) « D’autres veulent “que les Juifs dégustent un peu, eux aussi, des souffrances que nous subissons” !  /// Or les Juifs ont bien assez dégusté au cours des dizaines de siècles, bien plus que nous Arabes. Personne, pas même les racistes parmi les Juifs, ne dit que les Arabes devraient subir la même chose. Certes, l’islamophobie existe dans les pays occidentaux. Mais il ne faut pas oublier que ces pays sont les seuls qui débattent de ce phénomène, l’analysent et le condamnent. C’est probablement la frustration que nous ressentons depuis [l’échec] des révolutions, échec qui nous prive de la liberté qui nous aurait permis, à nous aussi, de débattre de ces phénomènes, de les analyser et de les condamner. »]

.......

VU de Londres (article d’un écrivain, opposant syrien). « Comment l'islamisme a triomphé », par Yassine al-Haj Saleh, Al-Quds Al-Arabi (Londres, 10-01-15), Courrier international, 29-01/04-02 :  http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/29/comment-l-islamisme-a-triomphe [Intro. Courrier int. : « Pour cet écrivain et opposant syrien, l’attrait de la modernité a été supplanté dans les pays arabes par la religion à partir des années 1970, alors que l’instruction cessait d’être un gage de progrès social et que se répandait la corruption. » /// ARTICLE. CITATIONS : « L’acclimatation à la modernité n’a pas rencontré de résistance particulière dans le monde musulman pendant environ un siècle, de la deuxième moitié du XIXe siècle aux années 1970. Cela allait de pair avec l’amélioration des conditions de vie et l’apparition d’opportunités de promotion sociale, d’abord pour les hommes, ensuite pour les femmes. » (...) « Quoi qu’il en soit, ce qui meut les sociétés arabes, à l’instar de n’importe quelle société, c’est la perspective d’améliorer la vie en ce bas monde. Et dans aucun pays arabe la lutte anticoloniale n’a été essentiellement religieuse, même si l’islam a fait partie des éléments de mobilisation. » (...) « Jusque dans les années 1970, la tendance générale était à la modernisation des institutions, de la société... » (...) « Certes, cette modernité a rencontré des résistances... » (...) « Que s’est-il donc passé dans les années 1970 pour que les choses s’inversent, pour que le voile soit à nouveau répandu et que les islamistes puissent prétendre se substituer à l’autorité de l’Etat ? On l’explique couramment par l’islam ou par une structure mentale propre aux musulmans. Cette vision des choses correspond à celle des islamistes eux-mêmes puisqu’ils prônent le ‘retour au véritable islam’ et la primauté de la religion dans tous les aspects de la vie. » // « Cette explication n’en est pas une. Pour commencer, parce que les musulmans ne sont pas entièrement  structurés par la religion. En revanche on peut faire remonter cette tendance, dont l’Etat islamique [Ei, Daech] représente le point culminant, à une idée forgée par  Sayyid Qutb, (...) l’idéologue égyptien des islamistes, idée selon laquelle il fallait s’écarter de la modernité. » (Idée, dit-il, qui s’est développée au moment où « les libertés reculaient » – dictateurs, enrichissements de tyrans. » (...) « Ce nouveau climat a permis aux islamistes de répandre leur vision du monde. Aujourd’hui la première tâche consiste à renouer avec le progrès, c'est-à-dire à offrir au plus grand nombre des opportunités pour une vie meilleure.»]

27/01/2015

PETITION internationale. MUSULMANS du MONDE. « Notre responsabilité à l'égard du terrorisme au nom de l'islam »

Je m’écarte un bref instant du regard sur les images terribles du documentaire (nécessaire et important) qui passe sur la 2, « Jusqu’au dernier » (mais je ne m'écarte pas de l’écoute...), pour poser cette information (qui fait écho aux appels déjà publiés par des associations de musulmans laïcs - et laïques). Cf. celui que j’ai mentionné dans la note  du 16-01-15, « Des mots, des chants, des mots...Voix musiciennes et voix musulmanes ». Cet appel international ajoute l’affirmation d’un engagement du signataire : « Chacun des signataires s’engage à militer pour la primauté du droit, des droits humains et de la citoyenneté. ». Ce, après avoir insisté sur ce point : « Tous les discours ou entreprises visant à encourager ou à promouvoir les radicalisations, la haine, le racisme, doivent être criminalisés. ». (Ceci est à entendre par tous, pas seulement les musulmans signataires de cet appel, mais les chrétiens, juifs, athées, agnostiques, et croyants de diverses cultures. Car l’ambiance est aussi, malheureusement, ces derniers jours, en France, à des ripostes haineuses aux drames récents - ripostes en actes ou en discours. Et ailleurs, la haine prospère, comme d’habitude...). Cette pétition a une qualité remarquable, en ceci qu’elle proclame que signer une pétition est certes un acte qui a effet sur ce qu’on vit, mais que s’en contenter ne suffit pas : agir devra prendre aussi d’autres formes, pour l’affirmation des refus ou des adhésions, et pour le courage du dialogue. « Militer »... De même, son intérêt est qu'elle rappelle quelles sont les réponses pour réformer l'islam, c'est-à-dire d'abord réformer la lecture des divers textes fondateurs : tenir compte de leur historicité. Enfin, elle redit ceci, qui est indispensable : pour promouvoir la citoyenneté et les droits humains, il n'y a que l'éducation, la culture.

[Attention à ne pas prendre le mot "responsabilité" comme un aveu de culpabilité après les assassinats et drames ici et à l'étranger. (Comme une sorte de réponse à la double injonction contradictoire envoyée par certains : "exprimez-vous, mais soyez cachés"). Ce serait un contresens. C'est une REPONSE autre, au présent, pour agir maintenant, dans la poursuite consciente des engagements déjà pris, dans et hors une appartenance culturelle. Responsabilité active, espoir critique pour le futur. Constat et engagement... D'autant plus que cet engagement est déjà actif pour beaucoup, mais l'actualité exige un élargissement à une dimension plus grande, et sur un plan international.] C'est ainsi que je comprends cet appel...

....................

Ci-dessous, le TEXTE de l’appel, le LIEN vers la pétition, la LISTE des PREMIERS SIGNATAIRES.

............................................................................................................................

Déclaration

Notre responsabilité à l’égard du terrorisme au nom de l’islam

Le monde est en train de vivre une guerre déclenchée par des individus et des groupes qui se réclament de l’islam. En Syrie, en Irak, en Libye, en Tunisie, au Nigéria, en France, etc., cette guerre est la même. Elle est conduite au nom d’une certaine lecture de l’islam.

Cette guerre nous interpelle tous, nous, laïcs issus du monde islamique. Il est de notre responsabilité d’agir et de nous opposer à tout ce qui l’alimente.

Des réformes sont indispensables dans le monde musulman pour contrer cette guerre. La citoyenneté, l’égalité, la liberté de conscience, l’État de droit et les droits humains sont des antidotes indispensables.

Aujourd’hui, la réponse à cette guerre ne consiste à pas à dire que l’islam n’est pas cela. Car c’est bien au nom d’une certaine lecture de l’islam que ces actes sont commis. Non, la réponse consiste à reconnaître et affirmer l’historicité et l’inapplicabilité d’un certain nombre de textes que contient la tradition musulmane. Et à en tirer les conclusions.

Les troupes ennemies qui mènent cette guerre mondiale ne sont pas constituées de simples égarés mais de combattants fanatisés et déterminés. Ces combattants sont nourris par des textes islamiques qui appellent à la violence, qui existent dans les autres religions et qui relèvent d’un autre contexte, d’un autre âge, aujourd’hui dépassés. Ce corpus est le référentiel des groupes jihadistes. Tous les acteurs concernés, à commencer par les religieux et les autorités de chaque pays, doivent le déclarer comme inadapté, dépassé et inapplicable. Cette position doit être le début d’une véritable réforme du champ religieux de chaque pays et au-delà du champ religieux, d’une mise à niveau des législations.

L’activation et l’instrumentalisation de ce corpus, quelle qu’en soit la raison, doivent être dénoncées d’une manière explicite par les autorités, les religieux, les sociétés civiles ainsi que dans les manuels scolaires et sur les médias.

Nous avons la responsabilité de combattre l’activation de ce corpus et de tous les processus qui y conduisent. Tous les discours ou entreprises visant à encourager ou à promouvoir les radicalisations, la haine, le racisme, doivent être criminalisés. Les programmes scolaires et les discours des médias publics ainsi que les prêches des mosquées doivent être conformes aux idéaux universels de la liberté de conscience et des droits individuels.

Il n’existe pas de religion supérieure à une autre. L’humanité est une et indivisible.

Chacun des signataires s’engage à militer pour la primauté du droit, des droits humains et de la citoyenneté.

Le 11 janvier 2015

POUR SIGNER :

http://www.petitions24.net/notre_responsabilite_a_legard_du_terrorisme_au_nom_de_lislam

Premiers signataires :Raja Benslama, psychanalyste, universitaire, Tunisie/ Fethi Benslama, psychanalyste, professeur des universités, Tunisie, France/Ali Mezghani, Professeur agrégé en droit, Tunisie/Salah Elouadie, poète, président du Mouvement Damir, Maroc/Hella Lahbib, journaliste, Tunisie/Naceureddine Elafrite, journaliste, Maroc, Tunisie/Latefa Aharrare, actrice, Maroc/Aziz Al-Azmeh, universitaire, Syrie/Munaim Alfakir, poète, Irak/Tewfik Allal, coordinateur du Manifeste des Libertés, Algérie, France/Azzeddine Allam, professeur universitaire, Maroc/Zoubir  Arous, professeur  et directeur du laboratoire « Religion et Société », Université d'Alger 2, Algérie/Ahmed Assid, écrivain, Maroc/Fouzia Assouli, militante associative-Fédération de la Ligue des Droits des Femmes, Maroc/Houari Baki, psychanalyste, Algérie, France/Slimane Bedrani, Professeur à l'ENSA, Directeur de recherche associé au CREAD, Algérie/Yagoutha Belgacem, directrice artistique Siwa, Tunisie/Souhayr Belhassan, journaliste, Tunisie/Yadh Ben Achour, vice-président du Comité des droits de l'Homme des Nations Unies. Ancien doyen de la Faculté des sciences juridiques. Tunisie/Ghaleb Bencheikh, islamologue, France/Ali  Bencheneb, professeur émérite, ancien recteur d’académie, Algérie/Kmar Bendana, historienne, Tunisie/Cherif Bennadji, professeur à l'université d’Alger 1, Algérie/Basset Ben Hassan, président de l’Institut arabe des droits de l’Homme, Tunisie/Tabrizi Ben Salah, professeur de droit international, Doyen honoraire, Algérie/Lotfi Ben Slama, stomatologue, Tunisie, France/Nédra Ben Smail, psychanalyste, Tunisie/Sophie Bessis, agrégée d’histoire, journaliste, Tunisie, France/Jawad Boulus, écrivain et avocat, Palestine/Abdelaziz Boumeshouli, professeur d’université, écrivain, Maroc/Mohamed Chafiq, académicien, Maroc/Saloua Charfi, professeur de journalisme, Tunisie/Khedija Cherif, universitaire, Tunisie/Mohamed Ali Cherif, cinéaste, Tunisie/Moulim El Aaroussi, écrivain, Maroc/Said Elakhal, Chercheur, militant associatif, Maroc/Abdallah El Hariri, artiste peintre, directeur artistique, Maroc/Nabile Farès, psychanalyste, écrivain, Algérie, France/Cherif Ferjani, professeur des universités, Tunisie, France/Claudette Ferjani, militante associative, Tunisie/Habib Gherar, professeur à l’université d’Aix-Marseille, France/Nacer-eddine Ghozali, professeur agrégé en droit, Algérie, France/Nedim Gursel, écrivain, Turquie, France/Selma Hajri, médecin, Tunisie/Mohamed Ham, psychanalyste, professeur des universités, Maroc, France/Salem Hamza, psychiatre, Tunisie, France/ Ahmed Henni, professeur des universités, Algérie, France/Mahmoud Hussein, écrivain, France, Egypte/Kadhem Jihad Hassan, écrivain, professeur d’université, Irak, France/Marcel Khalifé, artiste, Liban/Abdellatif Laâbi, poète, Maroc/Kamal Lahbib, militant associatif - Collectif Démocratie et Modernité, Maroc/Slim Laghmani, professeur de droit à l’université de Carthage, Tunisie/Delenda Largueche, historienne, Tunisie/Ali Magoudi, psychanalyste, psychiatre, France/Ahmed Mahiou, professeur de droit, ancien doyen, Algérie/Faïka Moujahid, psychanalyste, Algérie/Hatem Mrad, professeur d’université, Tunisie/Kalthoum Meziou, Professeur à la Faculté des Sciences Juridiques Politique et Sociales de Tunis. Tunisie/Hamad Nazir, psychanalyste, France/Mounira Nessah, psychologue clinicienne, Tunisie, France/Hamadi Redissi, professeur d’université, Tunisie/Nouredine Saadi, écrivain, Algérie/Hachem Saleh, écrivain, traducteur, Syrie/Rajaa Stitou, psychanalyste, enseignante Université Montpellier 3, Maroc, France/Wassila Tamzali, écrivain, Algérie/Georges Tarabichi, écrivain, traducteur, Syrie/Adnane Yassine, poète, Maroc/Yahya Yakhlef, écrivain et romancier, Palestine/Lahcen Zinoun, chorégraphe et cinéaste, Maroc.

Pétition signée « Groupe laïc »

.........................................

Lire aussi, Huffpost Maghreb, "Des intellectuels issus du monde arabe se mobilisent" : http://www.huffpostmaghreb.com/2015/01/16/petition-charlie-hebdo-intellectuels-laics-musulmans-mobilises_n_6486262.html 

VOIR, autres PETITIONS, 8ème LISTE MARGE GAUCHE (après vignettes, liste Agir, etc...). Dernière pétition ajoutée hier : NEGATIONNISME sur INTERNET...    

.... VOIX MUSULMANES... VOIR aussi la note sur les voix, les chants, les textes... Engagements... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/01/16/de...   

25/01/2015

Regards pour penser janvier 2015 : cinéma, théâtre

LES JUSTES.pngINCENDIES.jpg

FILM ALLAH ABD AL MALIK.jpg

 

 

« nous sommes bords et marges / et mettons en évidence les blessures / qui obscurcissent le centre »

Luisa Futoransky

Les orties de Saorge (p.51), Les Eds de la Grenouillère/Editorial Leviatan (traduit de l’espagnol – Argentine - par Nelly Roffé)

Des œuvres prémonitoires n’ont pas été comprises au moment de leur réalisation (La Désintégration, par exemple...). Des créations ont eu du mal à trouver leur financement (L’Apôtre). Mais tous ces films sont du sens donné pour déchiffrer ce qui se refuse à la compréhension. Et, malgré les sujets douloureux ou terrifiants, l’art trouve quand même le moyen de créer de la beauté avec le plus sombre, le plus triste, pour nous remettre dans l’humain, quand il semble échapper à la conscience. Le risque de la censure ou de l’autocensure reste une des questions, cependant. Et la peur, le doute, la sidération...

Films à voir ou revoir. Et quand ils datent un peu, guetter les programmes (cinémas, télévision) ou chercher les DVD... Et, au pire (au moins...), regarder les bandes-annonces, les extraits qu’on trouve abondamment, lire ou relire les critiques : cela aussi nous enrichira, notre culture étant aussi faite de bribes, pas toujours d’œuvres intégrales... quand ce n’est pas possible ou pratique...

Voici des titres, qui mèneront vers des films, des bandes-annonces, des DVD, des séances (cinémathèques, etc.)...  

Poupées russes... Un titre mène à une thématique et donc à des questions, à des lectures aussi, et à un metteur en scène qui a créé d'autres oeuvres... Sélection d’oeuvres qui traitent des sujets qui hantent la presse et nos têtes en ce moment. Critiques de films, citations, perspectives de réflexion, questionnement.

19 REGARDS pour penser janvier 2015 (18 FILMS, une vidéo). 

Les FILMS : Loin des hommes, 2015 (de David Oelhoffen), Qu’Allah bénisse la France, 2014 (d’Abd Al Malik), Timbuktu, 2014 (d’Abderrahmane Sissoko), Eau argentée, 2014 (d’Ossama Mohammed et Wiam Simav Bedirxan), Interdites d’école, 2014 (de Jeannette Bougrab), L’Apôtre, 2014 (de Cheyenne Carron), El Algerian, 2014 (de Giovanni Zelko), Le repenti, 2013 (de Merzak Allouache), Les chevaux de Dieu, 2013 (de Nabil Ayouch), La Désintégration, 2012 (de Philippe Faucon), Laïcité Inch Allah, 2011 (de Nadia El Fani), C’est dur d’être aimé par des cons, 2008/reprise 2015 (de Daniel Leconte), Algérie, histoires à ne pas dire, 2008 (de Jean-Pierre Lledo), Cartouches gauloises, 2007 (de Mehdi Charef), Morituri, 2007 (d’Okacha Touita), El Manara, 2007 (de Belkacem Hadjadj), Qu’a-t-il mon pays ?, 2007,  (de Fatima Belhadj), OAS, une histoire interdite, 2003 (deFrançois Margolin et Georges–Marc Benamou)

............

VIDEO essentielle, 2012 : Rencontre avec Danielle Chich (vers son questionnement adressé à Zohra Drif, Colloque de Marseille)  :  https://www.youtube.com/watch?v=Y0QF19zmkjg  

.............

Et... 7 REGARDS pour penser janvier 2015. THEÂTRE (cinq pièces, sept metteurs en scène). 

LES 5 PIECES : Les Justes, de Camus (deux mises en scène : Kheireddine Lardjam/Compagnie El Ajouad, et Stanislas Nordey), Incendies (de Wadji Mouawad, pièce mise en scène par lui ou d’autres, comme Stanislas Nordey, David Strosberg), L’Attentat (de Yasmina Khadra, adaptation mise en scène notamment par Israël Tshipamba, et aussi par Fabien Bergès/Humani Théâtre), 11 septembre 2001 (de Michel Vinaver, mise en scène de Robert Cantarella – articles/dossiers : textes de Julie Sermon, revue Agôn/Arts de la scène et Jean Baudrillard, le Monde, 02-11-01, lisible sur le site egs.edu), Lapidée, de Jean Chollet.

Pistes pour des recherches, pour une mémoire...

Réflexion sur le besoin d'images, le regard... et donc l'importance des films... Voir la note précédente... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/01/24/de...