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21/02/2016

LIRE KAMEL DAOUD, soutien, suite... (Et soutiens...). Note et LIENS...

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Notre soutien doit être sans faille. Oui. Qu'il le soit...! Alors pas de virgules mentales qui rendent la réaction plus que confuse ("faux-pas", "saillie post-coloniale", "intellectuels" signataires, etc.). C’est l’inverse d’un soutien. L'analyse de Kamel Daoud n'est en rien mise en question par l'enquête allemande, et on le savait dès les premières informations. Aucun faux-pas dans sa chronique. (Le faux-pas est celui des signataires de ce texte lâche, et il est aussi celui du journal Le Monde, pas capable, là, de vérifier qui écrit avant d'accepter de publier...). "Saillie post-coloniale"...! Alors qu'il oppose deux visions fantasmatiques, celle d'hommes enfermés dans une perception qui chosifie les femmes (est-ce faux???!!!) et celle d'Européens projetant sur l'Autre, réfugié ou migrant, des peurs liées à la méconnaissance. (Son texte est très clair sur ce point. Les "intellectuels" - qui n'en sont pas vraiment - osent le soupçon d'islamophobie...! C'est ne pas savoir lire, ni le texte qu'ils critiquent ni l'ensemble des chroniques : le contexte d'une pensée est un tout). Ce que combat Kamel Daoud ce n'est certainement pas sa propre culture, dont il ne cesse de dire l'attachement qu'il a pour ce qui constitue son identité, tout ce qui fait l'algérianité. Ce que combat Kamel Daoud, en chroniqueur ouvreur de consciences, ce ne sont que les postures radicales qui piègent les gens en rendant les choix impossibles et en plaçant partout des barbelés mentaux. Ceux qui peuvent se prendre pour des cibles (ayant besoin de réagir contre le chroniqueur : ainsi ce collectif de 19 noms) ne peuvent être que des gens qui confondent islam et islamisme (comme le fait l'extrême droite européenne...). Ou qui sont islamistes. Ou complices-complaisants. Mais quand on lit une tribune on doit se demander (règle de l'énonciation) : "qui parle?", "d'où?", "en s'adressant à qui?".   Le lieu d'où parlent des gens, d'où ils écrivent, est autant fait des titres dont ils s'affublent que des appartenances idéologiques qui les constituent (affichées ou masquées)... Une femme a pris le temps de faire son enquête sur les personnes derrière les noms. Et c'est révélateur… Lire (Sonia), sur sicsic.blog.lemonde, note du 13-02-16. 

Lire « Dis-moi d’où tu écris ». Enquête sur l’identité réelle (idéologique) des signataires de la tribune hostile à Kamel Daoud, masqués sous des titres qui cachent des choix et des objectifs. Blog. http://sicsic.blog.lemonde.fr/2016/02/13/dis-moi-dou-tu-e...

J’ajoute ci-dessous six liens, et des citations. Entretiens et articles qui permettent de mieux comprendre les enjeux de ce qui se passe dans nos sociétés, en rapport avec la parole possible et impossible, les mots porteurs de sens et les mots manipulateurs… Mais, aussi, les effets de miroir entre des positionnements réactionnaires, extrêmes (ceux qui nient le droit de penser autrement que dans le sillage de leurs interdits : islamistes, religieux radicaux, courants soumis à l’idéologie de l’islam radical, associations gangrenées par les Frères musulmans ou leurs complices complaisants) et des constructions mentales qui empruntent les masques de la fraternité (et parfois même de la laïcité) pour calquer leur langage, leurs constats, et leurs objectifs sur un salafisme  ‘soft’, stratège habile.

Entretien de Kamel Daoud avec Samira Hadj Amar, Le Temps/dz, 17-02-16 (Il parle d’un arrêt des chroniques, d’un repos auquel il pensait même avant l’histoire de la tribune, fatigué par les pressions incessantes. Mais l’arrêt du journalisme ne serait  pas l’arrêt de l’écriture). : http://www.letempsdz.com/index.php/175478-le-romancier-et... (Citations : « Ce journaliste, chroniqueur depuis une vingtaine d'années, a enchaîné les prix et les distinctions. En retour, il s'est fait lyncher. Il en parle. » (…) KD : « Cela fait 20 ans que je subis ces pressions. Je suis arrivé au point où chaque fois que je reçois un prix, j'ai peur. Parce que nous sommes arrivés à une situation de sous culture et de paranoïa où  au lieu d'applaudir un algérien qui parvient à décrocher le prix du meilleur journaliste  en France de l'année, on lui tombe dessus. Je ne dis pas que tout le monde est comme ça. Je reçois beaucoup de soutien (…). »

De Kamel Daoud, texte publié dans Chroniques algériennes ( https://www.facebook.com/Chroniques-Algériennes-497977740...  ) , FB, 19-02-16. (Il fait là le diagnostic de ce qui motive les comportements idéologiques, très associés à des frilosités identitaires, des crispations, des obsessions). « Questions fascinantes ». Citations : « D'où vient que certains se sentent menacés dans leur identité, dans leur conviction religieuse, dans leur conception de l'histoire et dans leur mémoire dès que quelqu'un pense autrement qu'eux ? La peur d'être dans l'erreur les poussant donc à imposer l'unanimité et combattre la différence ? De la fragilité des convictions intimes ? De la haine de soi qui passe par la haine de l'Autre ? (…) « Le regard tourné vers ce Nord qui les écrase, les fascine, les rend jaunes de jalousie. Le dos tourné à l'Afrique où l'on meurt quand cela ne les concerne pas: Dieu a créé l'Occident et eux comme couple du monde, le reste c'est des déchets. Il y a des cheikhs et des fatwas pour chaque femme en jupe, mais pas un seul pour nourrir la faim en Somalie. L'abbé Pierre n'est pas un emploi de musulman ?» (…) «… De quoi cela est-il le signe ? Du déni. ») / (Il énumère tous les problèmes divers contre lesquels il y aurait de quoi se révolter et lutter : les misères, violences, souffrances, proches ou lointaines). / « Rien de tout cela ne gêne. Sauf le genou de la femme, l'avis de Kamel Daoud, le film «l'Oranais», dénoncer la solidarité assise et couchée avec la Palestine, l'Occident en général, le bikini en particulier et l'affirmation que je suis Algérien ou le cas d'Israël comme structure des imaginaires morbides. Pourquoi cela existe ? Pourquoi l'âme algérienne est-elle encerclée par une meute de chiens aigus et des ogres pulpeux ?

Entretien d’Alexandre Devecchio avec Laurent Bouvet, professeur de science politique, Le Figaro, 19-02-16. « Cologne, ‘islamophobie’ : ce que révèle l’affaire Kamel Daoud ». Il parle de l’aveuglement et des complaisances : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/19/31003-20160... (Citation :  « Le terme islamophobie sert précisément d'arme à tous ces promoteurs de l'islamisme politique et à leurs alliés. Sous son aspect descriptif d'une réalité qui existe et qui doit être combattue avec vigueur, les paroles et les actes anti-musulmans, il sert avant tout à disqualifier et à mettre en accusation toutes celles et tous ceux qui émettent des critiques contre cet islamisme politique et ses alliés. Et lorsqu'il est déconstruit, avec force, récemment encore par Elisabeth Badinter, ou par Kamel Daoud aujourd'hui, il se trouve toujours des militants zélés ou des idiots utiles de la cause islamiste pour les désigner comme coupables d'être anti-musulmans. / Le terme lui-même n'est parfois même plus interrogé.»

Sur les signataires de la tribune contre Kamel Daoud et sur…Plenel… et l’extrême gauche. « Défendons Kamel Daoud ». Blog :http://in-girum-imus.blogg.org/defendons-kamel-daoud-a125...  (Citations : « Cela nous amène à la question suivante : pourquoi les militants d’extrême-gauche ne soutiennent-ils pas Daoud ? Pourquoi persistent-ils à se produire dans des théâtres avec le propagandiste des Frères Musulmans Tariq Ramadan ? Les Frères Musulmans sont ce qu’il y a de plus rétrograde en terre d’Islam. Mais les gauchistes préfèrent mener la lutte contre cette chimère nommée « islamophobie » plutôt que de lutter contre la pensée religieuse. En ce sens ils rejoignent le camp de la réaction et se situent clairement à droite de l’échiquier politique. » Et, chronique de Kamel Daoud, sur, justement ce soupçon permanent "d'islamophobie" que j'évoque ci-dessus (la tribune hostile, les islamistes contre des pensées critiques). "Le verdict d'islamophobie sert aujourd'hui d'inquisition"  http://www.marianne.net/kamel-daoud-verdict-islamophobie-... 

Lire aussi, de Sara Daniel, "L'islam et la gauche". "KD ne renoncez-pas"  http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160220.OBS5014/l-i...

......

MISE à JOUR, 23-02-16. SOUTIENS. Une note du blog d'Hebib Khalil qui démonte les polémiques hypocrites (et malveillantes) par l'humour. Cela grince, et c'est fait pour provoquer un peu de vraie pensée http://khalilhebib.over-blog.com/2016/02/rapport-maladif-... 

...... Et note du blog de Sérénade Chafik, "Kamel Daoud face à la horde des nouveaux inquisiteurs"  http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... (Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. »)

..... D’un écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, soutien envoyé de Dakar, posé sur son blog et publié par le Courrier international  http://www.courrierinternational.com/article/tribune-kame...

..... Vidéo. Regard philosophique. Raphaël Enthoven  http://www.dailymotion.com/video/x3t1jlu_pourquoi-des-qu-...

....... "Pourquoi Kamel Daoud a raison", par Fawzia Zouari, Jeune Afrque  http://www.jeuneafrique.com/mag/304007/societe/polemique-...

...... "Les nouveaux procureurs de la pensée...?", El Watan, par Hacen Ouali. Synthèse remarquable :   http://www.elwatan.com/actualite/les-nouveaux-procureurs-... (Citations : « Après l’inquisition des ayatollahs du salafisme d’ici, le procès en islamophobie de la bien-pensance d’ailleurs.Depuis deux ans, le journaliste et romancier Kamel Daoud subit un lynchage religieux et politico-médiatique sans pareil. Presqu’à chaque chronique, chaque phrase prononcée, chaque tribune, il est sommé de s’expliquer. Quand il n’est pas conduit carrément devant le tribunal de la bien-pensante dominante. » (…) « Leur texte…(…) « Truffé de jugements et de procès d’intention. » (…) « A suivre cette logique, en accusant Daoud d’alimenter le fantasme d’islamophobie, les dix-neuf intellectuels ne donnent-ils pas du grain à moudre aux prédicateurs et autres marchands de la mort qui n’attendent que cela pour relancer leurs fatwas ? » (…) « …vont jusqu’à écrire que «Kamel Daoud intervient en tant qu’intellectuel laïque minoritaire dans son pays, en lutte quotidienne contre un puritanisme parfois violent». Voilà une autre thèse chère aux islamistes algériens qui considèrent que la démocratie, la liberté de conscience, l’égalité des sexes, l’émancipation sont des «valeurs étrangères à notre société portées par une minorité occidentalisée». (…) « C’est au nom de cette «déviance» que les Djaout, Mekbel, Liabes, Belkhenchir et des dizaines de journalistes ont été sauvagement assassinés. Vingt-ans avant Charlie Hebdo. » (…) « N’est-il pas du rôle de l’intellectuel de penser à contre-courant, contre lui-même, contre les siens ? En filigrane, cette tribune laisse croire, laisse entendre que l’«indigène» Kamel Daoud n’est pas en mesure de réfléchir, incapable d’intelligence. » (…) « Comme toutes les autres, la société algérienne a plus que jamais besoin des Kamel Daoud pour mieux disséquer les maux qui la traversent et malmener des certitudes mortifères. »)

...... "Du silence coupable contre Kamel Daoud", par Sophie Bélaïch, Huffingtsonpost, 24-02-16  http://www.huffingtonpost.fr/sophie-belaich/kamel-daoud-i... (Citations : « Quelle argumentation (elle s’adresse aux auteurs de la tribune haineuse). Depuis quand le fait d'être minoritaire serait-il synonyme d'avoir tort? Et s'il est si minoritaire, pourquoi prenez-vous alors le temps de vous réunir et de vous mettre d'accord, ensemble, sur un texte commun, pour le jeter ainsi à la vindicte populaire? Curieux, curieux, très curieux. » (…) « Cette tribune est loin d'être anecdotique. En visant Kamel Daoud, nous sommes tous en ligne de mire. » (…) « Il y a un réel problème si on ne lit pas clairement la bienveillance dans les écrits de Kamel Daoud, à travers ses dénonciations. On veut ainsi "tuer le messager". Essayer d'"annuler" le message en tentant de tuer intellectuellement le messager. C'est une erreur intellectuelle grave qui relève d'une forme de négationnisme. » (…) « Vive les esprits éclairés et vive l'Islam des Lumières. » (…) « Kamel Daoud, vous dérangez des prétendus bien-pensants malveillants qui se croient de gauche, mais qui encouragent clairement l'islamisme, qui en prennent une part de responsabilité. »)

...... Mise à jour 25-02-16 : « Kamel Daoud, la meute et les lâches », par Etienne Gernelle, Le Point/Afrique, 22-02-16  http://afrique.lepoint.fr/actualites/etienne-gernelle-kam...  (Citation : « C’est bien là le fardeau de Kamel Daoud : devoir supporter en Algérie les fanatiques de la religion et en France les imbéciles gaucho-régressifs, qui, révélant au passage des préjugés déterministes douteux, tentent de l'enfermer dans une case. Comme s'il leur était insupportable qu'un Algérien fût laïque et libre de sa pensée. »)

..... « Retour sur la ‘polémique Kamel Daoud’ en trois questions » (ou le point sur... ce qui est dénoncé car mal lu, sur ceux qui critiquent pour avoir mal lu, et sur ceux qui, sachant lire, le défendent…). Jeune Afrique, 25-02-16, par Rebecca Chaouch   http://www.jeuneafrique.com/305399/societe/retour-polemiq...

28/11/2015

PARIS-TUNISIE… Des attentats qui convergent. Des questions.

Un entretien, Guy Sitbon, journaliste français, répond à Leaders. 

Deux textes (rubrique ‘Opinions’, Leaders) : Mourad Guellaty et Badie Ben Ghachem.

Et une question de la rédaction, Leaders (une conférence nationale sur le terrorisme?).

Paris, en première ligne (Europe) dans le combat contre Daech…

Tunis, en première ligne (Maghreb, et plus) pour le projet démocratique et la lutte contre le terrorisme… Eclairage de Leaders...

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Un outil de presse en ligne, tunisien. Et des réflexions qui se rejoignent… France et Tunisie.

Une réflexion sur (et contre) le terrorisme, par Mourad Guellaty, Leaders/Opinions, 26-11-2015. Texte. (Terrorisme en Tunisie, terrorisme dans le monde, et la faillite des réactions). CITATION : « Il est étonnant que des Etats, aussi puissants que les USA, l’URSS, la France, et bien d’autres, n’aient pas trouvé encore l’équation qui permette de mettre un terme à leurs incroyables avancées. / Quand les calculs politiciens, qui se répandent au sein du monde, vont-ils cesser, et mettre un terme à ces agissements bien réels mais de parcours virtuels? / Quand notre  monde va –il se coaliser, oublier ses errements : trop d’injustices, trop de corruption, trop de favoritisme, trop de sensations, trop d’ambitions, trop de déraisons,  partout, oui partout, et gagner la guerre de son temps? ». LIENhttp://www.leaders.com.tn/article/18504-tunisie-2015-la-g... 

Guy Sitbon, journaliste français natif de Tunisie, analyse, pour Leaders (Tunisie), « Les tenants et aboutissants des attaques de Paris ». Entretien (vidéo), 23-11-15. Pas de surprise, dit-il. Riposte, puisque nous combattons Daech. Ce qui ne justifie rien, et ne doit pas suspendre la riposte. Questions sur les engagements insuffisants de certains pays (Europe). Remarque sur la coalition, qui serait plutôt une convergence de choix, d’engagements. Cela suffira-t-il à éradiquer Daech? « Je n’en sais rien », dit-il. Mise en question de la conception qui montre Daech comme le « bébé » des Américains : conception purement polémique, dit-il. Il évoque la question des recrutements et les racines de ce qui permet ces recrutements (misère et propagande). Et aussi le problème du financement de Daech par, notamment, la vente de pétrole à moindre prix (et qui trouve des acheteurs). Analyse de certains errements de langage au sujet de la perception de l’islam en France, d’ignorances. Volonté de refuser les amalgames. Il distingue le prestige de l’islam chez certains penseurs qui y voient un contrepoids à l’Occident, et, au contraire, la méfiance que provoque l’islam : des préjugés historiques aux racines profondes sont accentués par la peur provoqués par Daech, cette hérésie « qui appartient à cette ère civisationnelle » (comme d’autres, veut-il dire, furent les hérésies d’autres temps). VIDEO : https://www.youtube.com/watch?v=UgUbWruTv4Y 

Réflexion de Badie Ben Ghachem, 23-11-15, Leaders/Opinions, « Le Nouveau Monde et le Désert » (vente d’armes, achat de pétrole, prospérité financière de Daech/Ei…). CITATION : « (…) …une opinion publique qui ne croit plus à la classe politique   bernée par le lobby des armes ou celui du pétrole selon des choix stratégiques implacables. / Il est vrai que le commerce des armes est incompatible avec la paix mais nous continuons à croire que le développement du commerce à l’instar des civilisations antiques devrait être source de prospérité et de paix. / Seul le commerce de Daesch continue de prospérer. Ils se nourrissent du pétrole pour acheter des armes. / Le «Nouveau Monde» continue à vendre des armes pour pouvoir acheter du pétrole! ». LIEN : http://www.leaders.com.tn/article/18485-le-nouveau-monde-... 

Question, au sujet d’une conférence nationale sur le terrorisme, en Tunisie. Obstacles et heurts entre groupes et partis… Comme les débats politiciens en France… Lien , Leaders : http://www.leaders.com.tn/article/18512-une-conference-co... 

16/11/2015

« Fluctuat nec mergitur ». Malgré les larmes et le sang...

« Fluctuat nec mergitur »

…. Locution latine comme devise de Paris….

(Il est battu par les flots mais ne sombre pas) / (Il flotte mais ne coule pas) / (Fluctuat… Il fluctue, est agité, mais…)

Quelle que soit la traduction qu’on retient, la devise, inscrite sur le blason de la ville de Paris, sous le bateau symbolique, a pris un sens très fort pour nous, Parisiens, depuis ce 13 novembre. Et c’est exactement ce qui se passe : résistance, courage, désir de vivre. « Même pas peur ». Juste résister. Et rester unis, « Ne pas finir leur travail en tombant dans les pièges de la division ».  Malgré la tristesse, grande, continuer la joie, des petites choses et des grandes. Des petites d’abord. Lire au café, en dégustant un bon breuvage chaud, et en lisant toute la presse, pour construire notre pensée CONTRE et notre pensée POUR. Contre le terrorisme et ce qui le nourrit. Pour la fraternité entre nous tous, toutes origines, toutes classes sociales, tous âges.

Flotter, ne pas couler. Notre éthique… 

Je ne dis pas « morale » mais « éthique » : nuance...

Regarder la Seine, et ne pas penser au sang des morts et des blessés, respirer.

Mais on ne regarde pas la Seine de la même façon, et on pense au sang.

On avait des chiffres bruts : nombre de morts, 129 (132 maintenant?), et le nombre de blessés, 352, dont un grand nombre en urgence vitale absolue, plus ceux qui viennent consulter pour le choc traumatique.

Maintenant on a des visages et des noms, des prénoms, et on réalise plus. C’est un deuxième choc. Deuil partagé. Je pense à Martin Buber, à Emmanuel Levinas. Visages d’autrui, altérité. Si je reconnais en l’autre un visage, un regard, une conscience, je ne peux le tuer.

Retrouvant une photographie prise cet été, j’en ai fait le support visuel de mon ressenti actuel. (Je cherchais ce qui pouvait le mieux traduire la peine, l’émotion.)

Cela s’est imposé. Jour de pluie, sud méditerranéen, vitre de voiture, gouttes, lumière rouge. Le symbole des larmes et du sang… Je peux même y voir les couleurs de notre drapeau, si je veux (que beaucoup, Français ou pas, solidaires, ont mis en surimpression sur leur profil Facebook). Bleu? Traces bleutées, très subtil reflet, que peut-être j'invente. Blanc? Lumière, en point focal. Rouge? Ce feu qui, maintenant, est sang. Et je préfère penser le sang des morts et des blessés comme un feu qui, en nous, va transformer les paresses et les ignorances en colère active, force de savoir, énergie d’action….

En s’appuyant sur des pensées…

« Le visage me demande et m’ordonne. Sa signification est un ordre signifié. Je précise que si le visage signifie un ordre à mon égard, ce n’est pas de la manière dont un signe quelconque signifie son signifié ; cet ordre est la signifiance même du visage. » (Emmanuel Lévinas, « Ethique et infini », Fayard éd., coll. « L’espace intérieur », 1982)

« C’est le fait totalitaire qui atteste, en la niant, la réalité de la subjectivité du sujet. » (Jean Zacklad, « Pour une éthique », Livre III, « L’Alliance », éd. Textes et travaux, 1985)

« Mais on ne sème pas le mensonge, il prolifère, il occupe l’étendue qu’il doit constituer lui-même peu à peu, ce qui lui est facile quand tous les moyens sont prêts pour cela. Et pendant ce temps, la vérité enterrée germe. » (Maria Zambrano, « Sentiers », éd. des femmes 1992 / éd. Editorial Anthropos del Hombre, Barcelone, 1986 / traduit de l’espagnol par Nelly Lhermillier)

« Penser dans les choses, parmi les choses, c’est justement faire rhizome, et pas racine, faire la ligne, et pas le point. Faire population dans un désert, et pas espèces et genres dans une forêt. Peupler sans jamais spécifier. » (Gilles Deleuze / Claire Parnet, « Dialogues », Flammarion, Champs essais, 1996)Gouttes et sang.jpg

15/11/2015

Note CONTRE et POUR. Et retour sur un billet d’humeur… posé sur mon journal Facebook, le 13 novembre à 19h06, et que je reprends ici.

Depuis la soirée du 13, les terribles attentats, je n’ai pas écrit sur mon blog, mais beaucoup sur Facebook, où l’échange est très riche, et où j’ai des signes de près et de loin, que je n’aurais jamais autrement. Cela m’a paru le lieu le plus adéquat pour réagir. Réagir CONTRE ce terrorisme. Et tenter de le penser, avec d’autres, dans le partage des textes, images, liens. Beaucoup d’amour dans les messages venus, au-delà de Paris, de province, et de plus loin : Algérie, Maroc, Tunisie, Australie, Europe, Etats-Unis, Canada, etc. 

En même temps, et c’est ce que j’ai un peu évoqué pour mes correspondants en donnant des nouvelles, j’étais troublée par ma dernière note, « Nuit, Paris Est, or et ombre » (poème et photographies), création d’un moment, vécue dans un sentiment d’amour pour ce quartier de Paris Est sud (le quartier touché par les attentats est plus haut, sur l'autre rive). Sud, dans cette note, mais Est… Et « barzakh », intermonde, qui serait l’espace entre deux mondes après la mort. Hasard ou prescience. Relisant à l'instant un texte d'Abdennour Bidar, j'y vois un sens supplémentaire. Parlant de lui, pour introduire sa réflexion sur l'islam (réflexion de musulman et d'islamologue) il utilise aussi ce mot, "barzakh", pour désigner cet entre-deux de l'appartenance à deux mondes de références. Et ceci est au coeur des problématiques actuelles, dans notre affrontement du terrorisme, la nécessité de le penser pour agir CONTRE. Car ce sont ceux qui se situent, pour une raison ou pour une autre, dans cet entre-deux des appartenances (qu'ils soient binationaux ou marqués par naissance ou origine par un ailleurs, ou qu'ils aient une religion qui les rattache à une communauté ou une autre, mais les ancre aussi dans la culture plus largement partagée, les posant entre-deux, donc), ce sont eux qui aideront à ce travail de pensée et de tissage des liens entre tous, pour faire éviter les pièges que les idéologies extrêmes tendent, dans le but de séparer les communautés humaines qui constituent le tissu social de la France (but visé par l'Ei/Daech, avec l'alliance objective de l'extrême droite, avec ses amalgames et ses appels à la haine, sous prétexte de lutte contre l'Ei).

Donc, penser, agir, créer CONTRE ce qui est mortifère. Penser, agir, créer POUR la force d'effet du barzakh vital, cette capacité de reconnaître en soi un métissage fondateur comme synergie identitaire puissante, pouvant rayonner.

L’autre élément de mon trouble est ce billet que je vais poser ici (ci-dessous) en décalage de temps, et que j’ai écrit et posé sur Facebook, le 13-11 à 19h06, avec une émotion mêlant colère et sentiment d’urgence. La lecture d’A Nous Paris, récupéré le même jour dans le métro, m’avait scandalisée (lire cela en pensant au poète prisonnier et en pensant à l’horreur du terrorisme...). La suite montre à quel point il faudra réfléchir sur cette question de la complaisance et de l’aveuglement à ce qui nourrit le terrorisme, que ce soient les liens géopolitiques fondés sur le marché et l’argent au lieu de l’être sur nos valeurs, ou que ce soit cette paresse idéologique à penser le fondamentalisme et le complotisme associé, base des radicalisations  (ou à OSER le penser et à OSER le dire, l’inscrire). OSER affronter les questions, même dérangeantes. Mais, aussi, SAVOIR le faire en opposition radicale avec les fausses analyses, les thèses et slogans de l’extrême droite. Oser DIFFUSER les paroles fortes de consciences qui, elles, osent, comme Ghaleb Bencheikh, Abdennour Bidar, ou Mohamed Louizi et d’autres, tous divers et essentiels. Essentiels, comme Abdelwahab Medeb, décédé (mais qu'il faut lire et relire). Essentiels, aussi, comme Kamel Daoud, chroniqueur majeur et écrivain, dont on peut lire les chroniques en ligne. Oser DENONCER les complicités objectives de discours et alliances qui tissent des liens au service des idéologies meurtrières, en couvrant cela de fausses théories. (Une analyse des motivations conscientes ET inconscientes de ces acteurs de la mort - ceux que Mohamed Louizi est un des rares à désigner - serait certainement éclairante.)  Enfin, quand des jeunes meurent parce que leur présence dans un lieu de musique est considérée comme le moyen de tuer à la fois la France plurielle et le goût de la vie, en conformité avec  la détestation des intégristes pour tout ce qui est vie (musique, danse, sexualité, etc.), on doit aussi penser à ces jeunes qu’on entraîne vers la mort en Syrie en leur faisant croire qu’on va répondre à leur demande de spiritualité et de « solidarité ». Comment notre société répond-elle à ces attentes? Comment luttons-nous, tous, contre les idéologies qui récupèrent ces insatisfactions? Comment aidons-nous les associations qui interviennent pour prémunir les radicalisations? 

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La photographie que je pose avec cette note, ci-dessous, est celle que j’ai faite le 12 au soir, en sortant d’une réunion sur le terrorisme, justement (invitée comme blogueuse partenaire par une association). Il y avait des ombres de motos dans la rue (et j’aime les ombres, j’en ai plusieurs séries). Mais quand je la regarde, maintenant, elle devient le symbole des corps à terre, image triste, ombre mais ombre de mort. Elle devient prémonitoire. Le regard transforme le sens de ce qu’il voit suivant le moment et ce qui est vécu par qui regarde.

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Billet d’humeur. Facebook, 13 novembre 2015, 19h06 (journal personnel)

A Nous Paris, anousparis.fr (daté 9 au 15 novembre) préfère la promotion du tourisme à Doha, Qatar, à la pensée un peu informée… 

A Nous Paris préfère insister sur la « stratégie de l’après » … « pétrole et gaz » qui (je cite) « amène le pays à miser beaucoup sur l’éducation de ses enfants » plutôt qu’évoquer (ne serait-ce qu’entre parenthèses) le poète qatari, Mohammed al Ajami, condamné pour un ou deux textes à des années de prison (perpétuité, ramenée à quinze années après la protestation internationale de nombreux auteurs et militants des droits humains). Pour des poèmes…!!! (Mais qui se permettaient de rêver de démocratie, crime s’il en est).

Plus qu’agacée, donc, aujourd’hui, par la lecture du gratuit « A Nous Paris », récupéré ce matin… Bien sûr, je peux apprécier, parfois, certaines rubriques (expos, cinéma), certains entretiens… Quand même, chaque semaine, je suis agacée - un peu - par le « save the date » : pas forcément les choix mais le titre, signe permanent de l’acceptation implicite d’une domination linguistique, de l’oubli des langues plurielles, et snobisme. Mais l’édito, en matière de snobisme, donne déjà le ton chaque semaine. Agacée, aussi - plus qu’un peu - par le goût univoque d’un luxe inabordable pour la majorité des lecteurs : usagers du métro, pas lecteurs en limousine… Mais…

Par contre, là, aujourd’hui, mon agacement devient de la colère. Qu’est-ce que cette faillite générale devant l’argent? Ces sourires d’assentiment envoyés à des dictatures? Cet aveuglement devant les réalités? 

Sur la Coupe du Monde prochaine on se limite à l’emploi de l’adjectif « polémique », façon de renvoyer à d’autres le soin de critiquer l’exploitation de travailleurs étrangers, par exemple.

Education de « ses » enfants, par le Qatar, dit-on (noble souci)… Quand ils seront assez éduqués pour rejoindre les rêves du poète prisonnier, ils ne seront plus « ses » enfants, « ses » citoyens, mais des dissidents à enfermer longtemps.

De cet hebdomadaire on n’attend pas, évidemment, qu’il publie les appels associatifs ou se transforme en revue de débat : il vend du loisir, les plaisirs de l’instant. Mais il y a des limites à ne pas dépasser. J’ai bien écrit : il « vend » car la publicité est effectivement là. Mais sur la page « Qatar » je n’ai pas vu l’indication « Communiqué publicitaire » (?) : elle fait partie d’un lot de suggestions (« quelques pistes et bonnes initiatives »). La bonne initiative serait de proscrire cette destination tant que la répression brutale existe, tant que des « soupçpns » de soutien de groupes terroristes existent.

Sur le POETE, lire (note et liens), vignette permanente en accueil du blog : http://tramesnomades.hautetfort.com/list/qatar-le-poete-p... mms_img-1234181133.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire aussi ceci : « Qatar: comment prendre 15 ans de geôle quand on est poète », par Delfeil de Ton, 2013, NouvelObs: http://bibliobs.nouvelobs.com/.../qatar-comment-prendre...

Sur le QATAR lire : « Comment le Qatar a acheté la France », par Eric Leser, Slate, 2011 : http://www.slate.fr/story/39077/qatar-france

QATAR. Rapport AMNESTY 2014-2015 (dont mention du poète) : https://www.amnesty.org/.../middle.../qatar/report-qatar/

Sur Trames nomades, mon blog, quelques notes (tag Qatar) dont celle-ci, 2012 (Le Qatar et la francophonie + liens) : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2012/11/11/le... 

25/01/2015

Regards pour penser janvier 2015 : cinéma, théâtre

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« nous sommes bords et marges / et mettons en évidence les blessures / qui obscurcissent le centre »

Luisa Futoransky

Les orties de Saorge (p.51), Les Eds de la Grenouillère/Editorial Leviatan (traduit de l’espagnol – Argentine - par Nelly Roffé)

Des œuvres prémonitoires n’ont pas été comprises au moment de leur réalisation (La Désintégration, par exemple...). Des créations ont eu du mal à trouver leur financement (L’Apôtre). Mais tous ces films sont du sens donné pour déchiffrer ce qui se refuse à la compréhension. Et, malgré les sujets douloureux ou terrifiants, l’art trouve quand même le moyen de créer de la beauté avec le plus sombre, le plus triste, pour nous remettre dans l’humain, quand il semble échapper à la conscience. Le risque de la censure ou de l’autocensure reste une des questions, cependant. Et la peur, le doute, la sidération...

Films à voir ou revoir. Et quand ils datent un peu, guetter les programmes (cinémas, télévision) ou chercher les DVD... Et, au pire (au moins...), regarder les bandes-annonces, les extraits qu’on trouve abondamment, lire ou relire les critiques : cela aussi nous enrichira, notre culture étant aussi faite de bribes, pas toujours d’œuvres intégrales... quand ce n’est pas possible ou pratique...

Voici des titres, qui mèneront vers des films, des bandes-annonces, des DVD, des séances (cinémathèques, etc.)...  

Poupées russes... Un titre mène à une thématique et donc à des questions, à des lectures aussi, et à un metteur en scène qui a créé d'autres oeuvres... Sélection d’oeuvres qui traitent des sujets qui hantent la presse et nos têtes en ce moment. Critiques de films, citations, perspectives de réflexion, questionnement.

19 REGARDS pour penser janvier 2015 (18 FILMS, une vidéo). 

Les FILMS : Loin des hommes, 2015 (de David Oelhoffen), Qu’Allah bénisse la France, 2014 (d’Abd Al Malik), Timbuktu, 2014 (d’Abderrahmane Sissoko), Eau argentée, 2014 (d’Ossama Mohammed et Wiam Simav Bedirxan), Interdites d’école, 2014 (de Jeannette Bougrab), L’Apôtre, 2014 (de Cheyenne Carron), El Algerian, 2014 (de Giovanni Zelko), Le repenti, 2013 (de Merzak Allouache), Les chevaux de Dieu, 2013 (de Nabil Ayouch), La Désintégration, 2012 (de Philippe Faucon), Laïcité Inch Allah, 2011 (de Nadia El Fani), C’est dur d’être aimé par des cons, 2008/reprise 2015 (de Daniel Leconte), Algérie, histoires à ne pas dire, 2008 (de Jean-Pierre Lledo), Cartouches gauloises, 2007 (de Mehdi Charef), Morituri, 2007 (d’Okacha Touita), El Manara, 2007 (de Belkacem Hadjadj), Qu’a-t-il mon pays ?, 2007,  (de Fatima Belhadj), OAS, une histoire interdite, 2003 (deFrançois Margolin et Georges–Marc Benamou)

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VIDEO essentielle, 2012 : Rencontre avec Danielle Chich (vers son questionnement adressé à Zohra Drif, Colloque de Marseille)  :  https://www.youtube.com/watch?v=Y0QF19zmkjg  

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Et... 7 REGARDS pour penser janvier 2015. THEÂTRE (cinq pièces, sept metteurs en scène). 

LES 5 PIECES : Les Justes, de Camus (deux mises en scène : Kheireddine Lardjam/Compagnie El Ajouad, et Stanislas Nordey), Incendies (de Wadji Mouawad, pièce mise en scène par lui ou d’autres, comme Stanislas Nordey, David Strosberg), L’Attentat (de Yasmina Khadra, adaptation mise en scène notamment par Israël Tshipamba, et aussi par Fabien Bergès/Humani Théâtre), 11 septembre 2001 (de Michel Vinaver, mise en scène de Robert Cantarella – articles/dossiers : textes de Julie Sermon, revue Agôn/Arts de la scène et Jean Baudrillard, le Monde, 02-11-01, lisible sur le site egs.edu), Lapidée, de Jean Chollet.

Pistes pour des recherches, pour une mémoire...

Réflexion sur le besoin d'images, le regard... et donc l'importance des films... Voir la note précédente... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/01/24/de... 

14/06/2013

« Qui donc est l'homme pour accepter… »

michel rocard,pierre larrouturou,économie,banques,finances,politique,audace,europe,crise,gauche« "Toutes les grandes défaites se résument en deux mots : trop tard", affirmait le général MacArthur. Allons-nous attendre qu'il soit trop tard pour comprendre la gravité de la situation ? Allons-nous attendre qu'il soit trop tard pour rompre avec des stratégies qui nous mènent dans le mur ? ». C’est ainsi, sur le site du journal Le Monde, qu’est introduite la tribune de l’ancien premier ministre Michel Rocard et de l’économiste Pierre Larrouturou.

Ce texte est un appel à une prise de conscience de l’urgence de la situation, tant française qu’européenne et mondiale (Etats-Unis, Japon, Chine…). Prise de conscience des responsables, « discours de vérité » à assumer, « audace » des décisions rendues nécessaires par l’ampleur des problèmes.  Car le constat est effrayant : chômage qui augmente, surendettement des Etats, spéculation, « privilèges »  des banques privées, récession plus grave qu’il n’est dit, montée de l’extrême droite en Europe, et, à l’horizon, risque de guerres pour l’eau ou l’énergie, catastrophes… si la réalité n’est pas regardée avec lucidité. Contre cela : « audace intellectuelle et politique » pour affronter « la résistance des égoïsmes »

Concrètement, c’est, avant la conférence sociale des 20 et 21 juin, un appel pour « un nouveau cycle de négociations sur l’emploi » en France. Et, comme nous ne vivons pas (et ne pouvons vivre) en autarcie, une autre exigence est posée par les auteurs : que la France demande, en 2013, là, « un nouveau Bretton Woods », « pour réorganiser le système financier international ».

On parle beaucoup de certains lanceurs d’alerte, en ce moment : ils dénoncent, en prenant des risques parfois considérables, des situations inacceptables. Et, choqués, nous adhérons en masse, souvent, car nous percevons que nous sommes concernés, que ces êtres nous défendent, en quelque sorte. Mais là, sommes-nous prêts à entendre ces voix qui sont elles aussi, d’une certaine façon, celles de lanceurs d’alerte, même si leur statut est différent, leur prestige d’une autre nature? Elles peuvent avoir plus de mal, ces voix,  à entraîner l’adhésion des esprits : car nous sommes interpellés nous aussi. Saurons-nous sortir de ces  égoïsmes qui résistent à ce qui dérange les intérêts personnels, les rituels de pensée, les habitudes corporatistes, les clichés idéologiques, les enfermements communautaires, et partisans, et locaux ? Pourrons-nous faire pression sur nos élus pour refuser d’être trompés sur les dangers qui se profilent et demander que des choix courageux soient faits, très vite ?

La page du Monde, « Gare au prochain tsunami financier », tribune de Michel Rocard et Pierre Larrouturou (mis en ligne le 12-06-2013) : http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/06/12/gare-au-prochain-tsunami-financier_3428946_3232.html  

CITATIONS (« Qui donc est l'homme pour accepter que... ?»)

« Si nous continuons à laisser pourrir la situation, si nous continuons à mettre quelques rustines en misant sur un miraculeux retour de la croissance (auquel plus personne ne croit) tout cela peut, en quelques années, finir dans un fracas terrifiant. »

« Et, dès aujourd'hui, nous sommes nombreux à ressentir un malaise plus intime : qui donc est l'homme pour être traité ainsi ? Qui donc est l'homme pour accepter que des millions d'hommes et de femmes vivent dans la plus grande pauvreté alors que, globalement, nous n'avons jamais été aussi riches ? »

« Crise sociale, crise financière, crise climatique, crise démocratique, crise du sens... dans tous ces domaines, nous sommes proches d'un point de non-retour. »

……

Inquiétante, leur tribune ? Oui. Désespérante ? Non. Car ils proposent des solutions. (Il  serait plus inquiétant qu’ils ne soient pas entendus…).

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Pour aller plus loin...

Les deux auteurs de cette tribune ont publié un livre en janvier 2013, « La gauche n’a plus droit à l’erreur », éd. Flammarion : http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=43159&levelCode=sciences  (« Le but de ce livre est de dire la vérité sur les dangers qui nous menacent mais aussi et surtout de proposer des solutions à la hauteur des enjeux. », page éditeur.)

09/11/2012

UN LIVRE, une somme. S’informer, questionner, penser l’histoire de l’Algérie de 1830 à 1962

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Pourquoi noter, justement là,  ce livre paru déjà depuis plusieurs mois ? Parce que sa lecture (qui n’en exclut pas d’autres...) invite à s’éloigner des tensions passionnelles et inutiles pour aborder réellement les faits, les questions, et s’inscrire dans la pensée raisonnée et raisonnable. On peut utiliser les différentes entrées pour chercher des réponses précises sur un sujet précis, on peut relier des thèmes traités séparément en passant d’un chapitre à l’autre. J’ai choisi des pages d’articles parus en France ou en Algérie, presse ou sites autres. Les citations mettent l’accent sur la démarche, les objectifs, la méthode, les enjeux. 

« Histoire de l'Algérie à la période coloniale ». Sous la direction d’Abderrahmane Bouchène, Jean-Pierre Peyroulou, Ouanassa Siari Tengour, Sylvie Thénault. Coédition La Découverte / Barzakh. Ouvrage publié avec l’aide du Centre National du Livre (CNL). Août 2012.

Fiche éditeur, La Découverte  http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Histoire_de_l_Algerie_a_la_periode_coloniale__1830_1962-9782707173263.html  (« … Ouvrage collectif destiné à un large public...   Or, depuis les travaux pionniers de Charles-André Julien et Charles-Robert Ageron, malgré la multiplication des publications, on manquait d'une vaste fresque synthétique de cette histoire, rendant compte des travaux les plus récents. Ce livre, écrit principalement par des historiens (algériens, français et d'autres nationalités), a donc pour but de mettre à disposition des lecteurs une histoire partagée et critique de cette période historique, qui tienne compte des interrogations actuelles des sociétés sur ce passé. » 

Fiche éditeur, Barzakh : http://www.editionsbarzakh.dz/index.php?option=com_parution&view=parution&id=130&Itemid=3

« Long temps de la colonie – La fresque partagée de l’Algérie française (1830-1962) », Libération, 08-11-12, par Dominique Kalifa : http://www.liberation.fr/livres/2012/11/07/long-temps-de-la-colonie_858849  (CITATION : "Tout en mobilisant plus de 80 spécialistes (français et algériens pour l’essentiel, mais aussi nord-américains, britanniques, allemands), il offre une «vaste fresque... » (…). « Cet essai d’histoire imbriquée de deux nations dont l’une – à l’exception d’une poignée d’ ‘algérianistes’ isolés – voulut ignorer l’autre, constitue un instrument remarquable et marque une étape importante dans l’historiographie. On peut seulement regretter que la période qui suit 1962 ne fasse l’objet que d’un court épilogue. » (…) « ‘En 2012, un Français sur six a un lien direct avec l’Algérie.’’ ».) 

« Quand l’Algérie était la France. ‘’Histoire de l’Algérie à la période coloniale’’. 1830-1962 », Le Monde des livres, 30-08-12 ‘’ : http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/08/30/histoire-quand-l-algerie-etait-la-france_1753077_3260.html   (« Pendant plus d'un siècle, selon le mot du ministre de l'intérieur en 1954, le jeune François Mitterrand, "l'Algérie, c'est la France". Avec ce que cela implique de traces et de mémoire partagée »)

Même page du Monde, note sur l’édition La Découverte. CITATIONS. « … Une difficulté : les compétences et la bonne volonté requises pour un travail de cette exigence ne sont pas légion dans les universités algériennes où, selon François Gèze, PDG des éditions La Découverte, "l'espace d'expression pour une histoire non officielle est réduit à la portion congrue. "Faute de recrue, c'est l'éditeur Abderrahmane Bouchène qui s'est associé aux trois autres chercheurs, » (…) « L'un des points forts de l'ouvrage est d'avoir mis en avant l'importance des travaux des chercheurs étrangers, notamment britanniques ou américains - autre façon de désenclaver cet épisode particulièrement douloureux de l'histoire nationale. »)

« Histoire de l’Algérie à la période coloniale : une fresque de 132 ans »,  Le Matin.dz, 13-09-12, par Kassia G-A : http://www.lematindz.net/news/9482-histoire-de-lalgerie-a-la-periode-coloniale-une-fresque-de-132-ans.html (CITATIONS. « On ne pouvait s’attendre à mieux. » (…) « A travers plusieurs séquences historiques qui ont marqué pour certaines l’histoire algérienne, les auteurs interrogent, dépouillent, expliquent et vont au fond des événements avec une lecture claire, impartiale et novatrice. » (…) » Mettre à perspective les rapports complexes de la période coloniale qu’a vécue l’Algérie pour les expliquer est sans doute l’essence de cette fresque historique. » (…)   « "Comment centre-trente deux-années d'une colonisation sans équivalent à l'époque contemporaine, dont ce livre à plusieurs voix tente de retracer l'histoire, ont-elles marqué la société algérienne et française ?" … interrogation... « dans une postface lumineuse »)

Sur Algeria-Watch (site sur les droits humains en Algérie), « Pour une histoire partagée et critique de la période coloniale », août 2012 :  http://www.algeria-watch.org/fr/article/div/livres/histoire_algerie_coloniale.htm  (« À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, les Éditions La Découverte (Paris) et les Éditions Barzakh (Alger) ont fait  le pari de réaliser un ouvrage collectif ambitieux, qui met à la disposition d'un très large public, dans les deux pays, un ensemble exceptionnel de connaissances sur l'Algérie à la période coloniale (1830-1962), nourri de nombreux travaux historiques peu connus produits ces dernières années. » (…) « Une histoire sans tabous, particulièrement indispensable à l'heure où la permanence des mémoires blessées et des récits biaisés, de part et d'autre de la Méditerranée, entretien toujours des tensions mutuelles qui doivent enfin pouvoir être dépassées.. »

Initiales, groupement de libraires, par Philippe, Librairie Gwalarn, à Lannion , 04-10-12 : http://www.initiales.org/Histoire-de-l-Algerie-a-la-periode.html  (« Un demi-siècle après les accords d’Evian, il est possible d’avoir connaissance de ce que fut la guerre d’Algérie. Son histoire est maintenant bien documentée grâce aux travaux des historiens. Pourtant cette guerre soulève encore de très nombreuses passions tant les traumatismes qu'elle a laissés sont importants, avec pour conséquence une assez large méconnaissance de sa réalité, et cela malgré les dizaines de livres, films, documentaires télévisuels … » (…) « Pour l’ensemble de l’histoire coloniale de l’Algérie (1830-1962), c’est encore pire, car cette histoire a été passée sous silence dans les deux pays et est donc très largement ignorée des deux populations.  Il n’existait que très peu d’ouvrages sur cette période. » (…) « Ce « gros » livre, découpé en quatre grandes périodes, regroupe de nombreux articles écrits par des dizaines d’historiens français, algériens et anglo-saxons. » (…) « Ce livre est tout simplement indispensable à qui s’intéresse à l’histoire de la France et de l’Algérie coloniale. Il n'est pas question ici de vaine repentance ou de concurrence mémorielle mais juste de dire l'histoire. »)

Le site de l’association Harkis-Dordogne http://chs.univ-paris1.fr/spip.php?article42 publie la couverture en mentionnant la publication, et renvoie aux sites de la FNAC et d’EVENE et à la fiche de Sylvie Thénault (avec une bibliographie abondante et précise de ses travaux) : http://chs.univ-paris1.fr/spip.php?article42

« Dépasser la guerre d’Algérie », sur Non Fiction, 30-09-12, par Benjamin Caraco :  http://www.nonfiction.fr/article-6113-depasser_la_guerre_dalgerie.htm  (« Abderrahmane Bouchène, Jean-Pierre Peyroulou, Ouanassa Siari Tengour et Sylvie Thénault soulignent ainsi dès l'introduction leur "volonté de dépasser les polarisations nationales" avec ce livre, "exercice de reconnaissance réciproque et de mise à distance d'un passé conflictuel", qui ne cherche pas pour autant à vainement "réconcilier les mémoires" »  (...)  «  Ce n'est que dans la postface que l'histoire en vient à éclairer le présent avec un essai sur les relations franco-algériennes.  (...) Pour les auteurs le contentieux mémoriel n'est pas encore soldé. »)

« L’ Encyclopédie indispensable »,  El Watan, 16-10-12, par Rémi Yacine :  (« Et si c’était le livre qu’on attendait sur la guerre d’indépendance ? Mieux, sur l’histoire franco-algérienne, une relation imbriquée ? » (…) « …rares sont ceux qui ont entrepris une œuvre aussi titanesque. » (…) « Objectif du livre : «mettre à disposition des lecteurs une histoire partagée et critique de cette période historique, qui tienne compte des interrogations actuelles des sociétés sur ce passé». Objectif dépassé. Un livre indispensable. »

 Sur une conférence de Sylvie Thénault , en juin 2012, à l'Institut français d'Alger. (Questionnement sur la manière de travailler sur la période coloniale, question des archives, etc.) http://www.if-algerie.com/alger/agenda-culturel/ecrire-lhistoire-de-l2019algerie-a-la-periode-coloniale.-en-france-quels-apports-quelles-limites

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Repères chronologiques, fiche wikipedia : Histoire de l’Algérie  Période de l’Algérie française : http://fr.wikipedia.org/wiki/Alg%C3%A9rie_fran%C3%A7aise

18/10/2012

SOUTIEN à Hamid et Zohra, EXPULSES de leur logement

HAMID ET ZOHRA EXPULSÉS de leur logement PAR LE MAIRE (village de l'Hérault), suite à une décision de justice inique (Montpellier).

Pour voir le reportage de France 3, cliquer sur le lien :
http://www.entraide-solidarite.com/journee-de-soutien-a-h...


Signer la pétition (d'Entraide-Solidarité):
http://petit.io/petition/entraide-solidarite/pour-que-ham... 

12/04/2012

1962-2012. GUERRE D’ALGERIE, Histoire, mémoires, présent, et futur à construire. DOSSIER... et LIENS

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La presse a marqué l’anniversaire de mars (fin officielle de la guerre d’Algérie, mais pas des drames et des morts). L’indépendance, c’est après, et l’exode, c’est plus tard, l’été. J’ai lu, bien sûr, parfois avec une impression d’overdose (apprendre encore, apprendre, comprendre ? Ou réactiver des émotions ?). Parfois avec le sentiment, au contraire, d’un manque (tant de choses non dites, mal expliquées, refoulées, occultées).

J’ai mis du temps avant d’acheter le hors série du Monde, « Guerre d’Algérie, Mémoires parallèles ». D’abord à cause du titre. Parallèles, ces mémoires, vraiment ? Parallèles seulement ? Parallèles, lesquelles ? Algérie et France ? Mais quelle Algérie et quelle France ? L’Algérie du peuple ou l’Algérie du pouvoir ? La France métropolitaine ou celle des mémoires des natifs d’Algérie exilés ? Mémoires des historiens, des acteurs, ou des témoins ? Pays de 1962, ou pays actuels, en 2012 ? Oui, le numéro présente des mémoires parallèles, globalement. Mais les mémoires croisées de ceux qui veulent entrer dans la mémoire de l’autre, tout en assumant la leur, où sont-elles ? Je n’ai pas retrouvé tout à fait dans ce sommaire la force des problématiques posées avec tant d’humanisme lors de la conférence sur mémoire et histoire au Forum des images (voir ci-dessous, programme et bilan, deux notes). Mohammed Harbi, cependant, évoque la possibilité de mémoires partagées (pas encore communes, mais partagées).

Autre chose m’avait gênée, quand j’avais entrouvert le journal pour regarder rapidement l’avant-propos. Dès le début, une citation de Sartre, lui qui appelait au meurtre terroriste dans sa préface au livre de Frantz Fanon (ce qui avait scandalisé Jean Daniel). Sartre parlant de névrose au sujet de la France… on a les références qu’on peut… Mais le reste du texte de Michel Lefebvre pose d’une manière correcte la question des mémoires qui ne se rencontrent pas, dans cet avant-propos qui tient lieu d’éditorial…

 J’ai donc lu. En commençant par la fin : la bibliographie. Je la trouve très insuffisante, il aurait fallu deux pages. Ce qui manque semble correspondre à des choix, une vision partielle ou partiale : d’autres titres auraient pu rendre compte d’une réalité plus complexe. Benjamin Stora est omniprésent, et d’autres à peine évoqués, ou pas du tout (Cf. letexte de Roger Vétillard, mentionné plus bas, à propos de La Déchirure : même questionnement). Peu d’Algériens, peu de Pieds-Noirs. Pas de sites, la Toile est négligée : pourtant bien des adresses auraient pu être données, bien des pages indiquées (ne serait-ce que l’INA, mais pas seulement…). Absence de l’apport de la littérature (une bibliographie sans Mouloud Feraoun, Kateb Yacine, Albert Camus, Jean Pélégri, René-Jean Clot, et tant d’autres). Pas de filmographie… 

J’ai apprécié la publication du texte d’Albert Camus, sa « Trêve pour les civils », appel de 1956. J’ai lu les articles sur la torture, les viols (et la page, sur le poignard de Le Pen : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/16/le-grand-blond-au-poignard_1669337_3212.html ), les pages sur Jacques Chevallier, éclairantes aussi sur l’OAS (et je note qu’un livre sur lui va paraître en mai, «J. Chevallier, l’homme qui voulait empêcher la guerre d’Algérie », de José-Alain Fralon). L’entretien avec Mohammed Harbi est riche d’informations, et il y montre un esprit qui rejette le sectarisme, les visions figées : « La colonisation est un fait historique et social. Elle est ambivalente dans ses manifestations et c’est une erreur de dire qu’elle a été globalement positive ou globalement négative. » (Là il renvoie dos à dos les ultras de tous bords, extrémistes de droite ou de gauche). J’ai été intéressée par les témoignages, et notamment l’article sur Ali Aissaoui, fils d'ancien harki. Et j’ai aimé retrouver Jacques Ferrandez et ses BD. Mais je trouve qu’il manque des éclairages importants. Peu ou pas d’antériorité historique (un peu comme El Watan le reproche à La Déchirure : voir ci-dessous). Pas de présence collective des populations qui vivaient en Algérie, la complexité du sentiment d’appartenance à cette terre, la complexité des liens. Absence des « petits », des humbles et des pauvres. Rien ou presque sur la réalité coloniale, avec ses aspects divers – faits sociaux et culturels, injustices et apports. Et pas de questionnement au sujet du terrorisme (comme c’est fait à juste titre pour la torture). Les attentats contre les civils ont juste une place dans la chronologie…

Dans son texte sur les mémoires sous tension, B. Stora évacue d’une phrase la question du mur des victimes du FLN (Disparus), comme si c’était un facteur aggravant des tensions actuelles, comme si ces victimes n’avaient pas droit au respect, et leurs familles à un  lieu de recueillement… (Des controverses les avaient d’ailleurs assimilés à des activistes, ce qui est faux. Laissons les activistes avec les activistes et ne mélangeons pas tout…).

Un passage d'un texte (historienne, Sylvie Thénault) m'a interpellée. Idées reçues sur la guerre. Notamment une. Le fait qu'on ait confondu le rejet du FLN (pour ses méthodes, la terreur) et le rejet de l'indépendance. C'est une idée fausse qui perdure, oui. Mais de la même manière on confond l’anticolonialisme avec des pensées qu’on lui associe et qui n’ont pas à l’être. L'Histoire ne pouvait amener qu'à la fin de toutes les colonisations, quelle que soit leur forme (mais des colonisations continuent à être justifiées, cf. Tibet/Chine, pour ne donner qu’un exemple). Cependant refuser par principe le fait de coloniser ne force pas à penser le passé comme s’il se déroulait en 2012 : la conscience a changé dans les démocraties. Ces prises de conscience doivent être assumées par les pays, donc la France métropolitaine, dont les pouvoirs ont décidé de coloniser. Dénoncer le fait colonial ne doit pas devenir une condamnation des populations immigrées venues vivre et naître dans telle ou telle colonie. C’est pourtant ce qui se fait en France : les Pieds-Noirs sont utilisés comme alibi pour un déni historique (qui donc a colonisé si ce n’est la métropole des Français ? sûrement pas les immigrés espagnols ou les communards expulsés de force, ni les Alsaciens réfugiés, ni les Juifs berbères là depuis toujours… !). Jean Pélégri le disait bien dans son livre « Ma mère l’Algérie », on jettera l’opprobre sur les Pieds-Noirs qu’on accusera de tous les maux : habitude des métropoles, notait-il… Et penser la colonisation ne doit pas devenir (comme c’est souvent le cas) une sorte de catéchisme rigide posant des cadres où toute complexité des faits ne peut qu’échapper…            

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INFORMATIONS :

1830-1940 : "Un siècle de passions algériennes, Une histoire de l'Algérie coloniale", somme de Pierre Darmon : http://www.lepoint.fr/culture/2009-11-29/l-algerie-des-pa...

Guerre d’Algérie, fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d'Alg%C3%A9rie

Chronologie, sur linternaute.com (quelques repères) : http://www.linternaute.com/histoire/categorie/49/a/1/1/histoire_de_la_guerre_d_algerie.shtml

Livre. « Que sais-je ?». La guerre d’Algérie, par Guy Pervillé : http://guy.perville.free.fr/spip/article.php3?id_article=107

Le camp de LODI. « Le camp des oubliés », Nouvel Observateur, 2010  (Centaines de Pieds-Noirs indépendantistes arrêtés) :   http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20100318.OBS0307/lodi-le-camp-des-oublies.html

La Déchirure, documentaire France 2, de Benjamin Stora et Gabriel Le Bomin, avec la voix de Kad Merad.   Lire l’article du Parisien (Kad Merad raconte la guerre d’Algérie) : http://www.leparisien.fr/tv/kad-merad-raconte-la-guerre-d-algerie-11-03-2012-1899832.php  La qualité de ce documentaire n’est en général pas mise en doute, le sérieux de l’entreprise, mais il y a des controverses entre historiens français autour  de ce documentaire. Cf. Benjamin Stora et Daniel Lefeuvre : http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2012/04/10/23971171.html  Ou Roger Vétillard, qui met en question l’omniprésence de Benjamin Stora, et exprime quelques réserves concernant le film...  La réception en Algérie est assez critique (El Watan pointe la limitation du film à un axe qui occulte l’antériorité historique).

Dossier "Guerre d'Algérie'", sur Herodote  https://www.herodote.net/Guerre_d_Algerie-synthese-319.php 

« Fin de la guerre d’Algérie : le massacre d’Oran reste dans les mémoires » https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_du_5_juillet_1962  

Enlèvements, Disparus. "Les Pieds-Noirs ont-ils été abandonnés par la France?", Le Point, 25-01-12 :  http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/francois-guil...

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La tragédie des HARKIS...

Documents sur le site de l'association AJIR pour les harkis : http://www.harkis.com et sur le blog d'Harkis et droits de l’hommehttp://ahdh.blog.lemonde.fr

Harkis. VIdéo INA : http://www.ina.fr/video/CAA8200509301/les-harkis.fr.html 

L'EXIL. Texte de Serge Molines, sur Algérie-Pyrénées : http://www.algeriepyrenees.com/article-algerie-mon-amour-... 

Comment l'idéologie (des uns et des autres) déforme la réalité historique, jusqu'à nier des faits (massacres) ou à changer la réalité des causes (cf. Pierre Daum et son analyse idéologique haineuse de l'exode des Pieds-Noirs). Lire cette note au sujet des massacres de Harkis : Apprentis historiens (et manipulateurs), un article intéressant sur Harkis et Droits de l’homme : http://ahdh.blog.lemonde.fr/2016/04/02/les-harkis-la-2-cv... 

Sur les PIEDS-NOIRS... 

Les Pieds-Noirs, 50 ans après, Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/01/27/01016-... 

Pied-Noir (wiktionary) : https://fr.wiktionary.org/wiki/pied-noir 

Note historique, dossier Migrations, Pieds-Noirs (7 pages) : http://migrations.besancon.fr/quitter-son-pays/rapatries/... 

Fiche wikipedia, Pieds-Noirs : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pieds-noirs

Librairie Pied-Noir, Biblio : http://www.librairie-pied-noir.com

Et voir ici la liste Frères de Rive...s (Algériens et Pieds-Noirs, nombreux liens : dernière liste de la marge gauche)

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TEMOIGNAGES :

Portraits d’oubliés de la guerre d’Algérie, Nouvel Obs, 29-02-12 : http://tempsreel.nouvelobs.com/les-50-ans-de-la-fin-de-la-guerre-d-algerie/20120229.OBS2568/algerie-l-histoire-oubliee.html

Le souvenir à vif des Pieds-Noirs de Carnoux,Le Monde, 15-03-12, Julien et Christian Fenech : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/15/le-souve... ("un pied sur les deux rives", rêvant d'être de ceux qui seront le "fer de lance des contacts au-dessus de la Méditerranée")

Pieds-Noirs, Portraits d'exilés, Le Monde, 19-03-12 (famille Fenech, et autres témoignages): http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/19/pieds-no...

La mémoire refoulée des appelés d'Algérie : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/15/la-memoi...

France-Algérie : les blessures invisibles, France24 (« Ecouter la parole des victimes de tous bords » : crimes, tortures, disparitions, traumatismes). Vidéo et texte: http://www.france24.com/fr/20120317-france-algerie-blessures-invisibles?ns_campaign=editorial&ns_fee=0&ns_linkname=20120317_france_algerie_blessures_invisibles&ns_mchannel=RSS&ns_source=RSS_public (« Pourquoi cette chape de plomb ? Entre la France et l’Algérie, c’est une question de mémoire. Une mémoire en lambeaux. », Adel Gastel)

« Disparus sous le secret ». Libération, 16-03-2012 : http://www.liberation.fr/societe/01012396261-disparus-sous-le-secret (« «Mais qu’est-ce que ça veut dire, disparus ?» C’est sur cette question, posée en voix off par Hélène Cohen au-dessus de la tombe de son père, que s’ouvre Algérie 1962, l’été où ma famille a disparu, un documentaire de 90 minutes qu’elle a réalisé, coproduit par France Télévisions et 13 production. »)

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EXPRESSION de VICTIMES du FLN et de l’OAS (additif expo N Guiraud) :

Un article de Delphine Renard, victime de l’OAS. « Guerre d’Algérie : l’histoire en révision » : http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/02/07/guerre-d-algerie-l-histoire-en-revision_1639524_3232.html (Elle parle de la terreur venue de l’OAS, mais pas de celle causée par le terrorisme du FLN… Elle exprime une légitime révolte au sujet d’hommages rendus à des activistes. D’autres hommages, télévisuels notamment, chaînes publiques, ont pourtant été rendus, aussi,  à des poseuses de bombes du FLN. Seules leurs victimes en ont été choquées : mais leur souffrance n’en a  pas été reconnue pour autant… J’avais fait une note sur cela – tags : terrorisme, Algérie).

Livre, « Lettre à Zohra Drif », de Danielle Michel-Chich (Alger, attentat FLN du Milk-Bar), « La petite Dany du Milk Bar », La Croix, 08-02-2012, par Bruno Frappat : http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Culture/Livres/La-petite-Dany-du-Milk-Bar-_NG_-2012-02-08-766546 (« Lettre à Zohra D. C’est un coup à l’estomac. Une révélation d’humanité. On n’ose pas dire un chef-d’œuvre tant il est mêlé à l’existence de son auteur. » (…) « Milk Bar, le 30 septembre 1956. Ce jour-là, rue d’Isly, à Alger, une militante du FLN, âgée de vingt-deux ans, dépose une bombe sous une table et s’enfuit. »)  ADDITIF 2 autres articles, éclairage différent

Exposition de Nicole Guiraud, Survivre :  http://dalgerie-djezair.viabloga.com/news/exposition-survivre-de-nicole-guiraud-a-perpignan-au-centre-de-documentation-des-francais-d-algerie-couvent-sainte-claire  (voir aussi à son nom, listes). EXPO prolongée jusqu'à fin avril.

Lettre ouverte de Nicole Guiraud (victime du FLN, attentat du Milk Bar) à Danielle Michel-Chich. Elle y exprime certains désaccords et son propre ressenti. La lecture de l’une et de l’autre nous permettra d’entrer dans la complexité des faits et de la manière de les penser. : http://dalgerie-djezair.viabloga.com/news/lettre-ouverte-de-nicole-guiraud-a-danielle-michel-chich  (« J’ai été très touchée par ce témoignage, pouvant parfois presque mot pour mot le faire mien… » (…) « Cependant, progressant dans la lecture du livre, je me suis posé quelques questions… » (…) » Vous écrivez également d’autres choses qui m’ont choquée, peut-être même blessée, et que je trouve profondément injustes. ») Nicole Guiraud réagit aussi à l’intervention de D M Chich dans une émission : http://dalgerie-djezair.viabloga.com/news/la-guerre-d-algerie-selon-b-stora-et-france-2-suite 

Associations :

L’ANPROMEVO (victimes de l’OAS) :  http://www.net1901.org/association/ASSOCIATION-NATIONALE-POUR-LA-PROTECTION-DE-LA-MEMOIRE-DES-VICTIMES-DE-LO.A.S.-ANPROMEVO,91263.html et  Les AMIS de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons  (M.Feraoun, M.Marchand, S.Ould Aoudia et leurs collègues, assassinés par l’OAS le 15 mars 1962) : http://max-marchand-mouloud-feraoun.fr 

L’AVICCEAL (association des victimes du FLN - dissoute en 62).  Du fait de la disparition de cette association ce sont les associations de rapatriés qui s’expriment à ce sujet, comme le Cercle algérianiste, par exemple (Voir, ainsi, certaines pages, point de vue sur l’Histoire) : http://www.cerclealgerianiste.fr/splash.html 

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QUESTIONNEMENTS :

Histoire de la guerre d’Algérie. Manuels en France et en Algérie, Le Monde, « Guerre d’Algérie, un récit à deux voix » : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/18/guerre-d-algerie-un-recit-deux-voix_1670676_3212.html

Sur la nostalgie de l’époque coloniale en Algérie, et la problématique du refoulé, en France, par Yassine Temlali, BabelMed, 3-1-06 (« Il faut être aussi clairs sur nous-mêmes, nous autres Algériens, que sur la société française. Le discours officiel algérien a toujours voulu faire croire aux jeunes générations que «le 1er novembre 1954, le peuple algérien s’est levé comme un seul homme contre le colonialisme». Ce n’est pas du tout vrai. Les Algériens qui ont pris le parti de la séparation de la France, le parti de l’indépendance totale de l’Algérie, étaient une infime minorité. Une autre partie de la population algérienne n’était pas indifférente à une certaine présence française en Algérie. Le courant qu’elle a pu représenter dans la société algérienne de l’époque existe encore aujourd’hui dans la société algérienne. » (…) « Le problème de fond en France est que la société française ne veut pas réellement s’interroger sur son histoire coloniale. Cette histoire est de l’ordre du refoulé. »)

Racisme colonial en France. Conséquences idéologiques de l’Histoire récente et de la manière de penser la guerre d’Algérie ; Une réflexion de Madjid Ben Chikh. (Discours antimusulman ou acceptation inconditionnelle, deux faces du même regard qui ne tient pas compte de la complexité diverse des êtres en globalisant une appartenance mythifiée). Sur MondeEnQuestion... 

Infiltration du FLN, paranoïa, exécutions, la bleuite, Nouvel Obs : http://tempsreel.nouvelobs.com/les-50-ans-de-la-fin-de-la-guerre-d-algerie/20120404.OBS5422/guerre-d-algerie-le-poison-de-la-bleuite.html

Analyse sur le terrorisme et la torture, point de vue sur la chaîne des causes, paru dans Libération en 2000, et repris sur Algeria Watch : http://www.algeria-watch.de/farticle/1954-62/addi.htm 

 « France-Algérie. : pacte contre la mémoire », de Ghania Khelifi, BabelMed, 30-01-12 : http://www.babelmed.net/Pais/Alg%C3%A9rie/francealg%EF%BF%BDrie_pacte.php?c=7243&m=36&l=fr  (« En réalité seuls ceux qui croient en l’amitié entre les deux peuples, ceux qui font la différence entre l’Etat colonial et les populations réclament la lumière sur l’histoire partagée et la libération des mémoires. Les autres ne sont que des politiciens que cette lumière effraie et dérange. »)

2012, anniversaire. La presse algérienne et la commémoration de la fin de la guerre, slateafrique.com : http://www.slateafrique.com/84333/algerie-france-guerre-c...

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LIVRES, BD, FILMS :

Sélection de livres, librairie Jeunesse, librairiesandales : http://librairiesandales.hautetfort.com/archive/2012/03/19/guerre-d-algerie-bibliographie-selective.html

Les ROMANS de la guerre, collectif, Omnibus, decitre.fr : http://www.decitre.fr/livres/Algerie-les-romans-de-la-guerre-Les-mauvais-sentiments-La-derniere-impression-Le-jardin-de-Djemila-Qui-se-souvient-de-la-mer-La-grotte-Les-Bagnoulis-L-opium-et-le-baton.aspx/9782258058507

Sur Kateb Yacine (l’écriture, l’engagement), par Yassine Temlali, BabelMed, 7-11-10 :  http://www.babelmed.net/Pais/Alg%C3%A9rie/kateb_yacine.php?c=6103&m=36&l=fr

Chroniques algériennes, d’Albert Camus, présentation brève, émission, France 3, document INA : http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/2288647001/albert-camus-chroniques-algeriennes-1939-1958.fr.html

BD. Carnets d’Orient, Terre fatale, Jacques Ferrandez, decitre.fr : http://www.decitre.fr/livres/Carnets-d-Orient-Tome-10-Terre-fatale.aspx/9782203015333 

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Etude. L’impact à long terme du traumatisme de masse. Enquête qui mériterait d’être élargie à d’autres groupes humains, victimes de génocides, pour les uns, de répression, pour les autres, d’exode, pour d’autres encore, de racisme et d'ostracisme, pour beaucoup. Cette étude pourrait  notamment concerner les anciens Harkis et leurs familles, les Pieds-Noirs et leurs descendants, et, bien sûr aussi, les Algériens et Franco-Algériens, générations successives sur les deux rives, toutes marquées par l'Histoire et la guerre. A lire sur armeniantrends : http://armeniantrends.blogspot.fr/2012/04/limpact-long-terme-du-traumatisme-de.html

11/11/2011

11 novembre 1918. Histoire, commémorations, musée de la grande guerre...

Voir un dossier sur le site d’Hérodote (collectif d’historiens) : http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19181111

Des archives, sur le site de L’Assemblée nationale :  http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/armistice.asp  (et vidéo INA)

« La fin de la première guerre mondiale », sur L’internaute- Histoire : http://www.linternaute.com/histoire/jour/evenement/11/11/1/a/48289/fin_de_la_premiere_guerre_mondiale.shtml

Cette page est écrite en hommage à mon grand-père jamais connu, Francisco, mort en Algérie, poumons brûlés, des suites de cette guerre, de ce désastre historique de tranchées et de gaz… Lui qui ne connaissait pas la France et dut y vivre l’horreur.

Le 4 mai dernier le dernier Poilu connu est mort. Mais pas les traces des souffrances de cette génération dans les mémoires actuelles des familles, qui, si elles ne sont pas forcément dites, sont transmises par les corps et l’inconscient.

11 novembre 1918, fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Armistice_de_1918 :

CITATIONS : (Derniers morts au combat et causes…) : « Le dernier jour de guerre a fait près de 11 000 tués, blessés ou disparus, soit plus que lors d'une opération majeure comme le Jour J en 1944. Certains soldats ont perdu la vie lors d'actions militaires décidées par des généraux qui savaient que l'armistice avait déjà été signé. Par exemple le général Wright de la 89e division américaine prit la décision d'attaquer le village de Stenay afin que ses troupes puissent prendre un bain, ce qui engendra la perte de 300 hommes. / À 10 h 45 du matin, soit 15 minutes avant l'heure du cessez-le-feu, Augustin Trébuchon a été le dernier soldat français tué, estafette de la 9e compagnie du 415e régiment de la163e division d’infanterie, il est tué d'une balle dans la tête alors qu'il porte un message à son capitaine. Le dernier britannique, George Edwin Ellison a été tué à 9 h 30 alors qu'il faisait une reconnaissance non loin de Mons en Belgique. Le dernier soldat canadien a été George Lawrence Price, deux minutes avant l'armistice. Il a d'abord été enterré à Havré  avant d'être transféré à Saint-Symphorien (Belgique), au cimetière militaire. Sa pierre tombale d'Havré est exposée au Musée d’Histoire militaire de Mons. Enfin l'Américain Henry Gunther est généralement considéré comme le dernier soldat tué lors de la Première Guerre mondiale, 60 secondes avant l'heure d'armistice, alors qu'il chargeait des troupes allemandes étonnées parce qu'elles savaient le cessez-le-feu imminent. / La date de décès des morts français du 11 novembre a été antidatée au 10 novembre par les autorités militaires pour qui il n'était pas possible ou trop honteux de mourir le jour de la victoire. » / (…) Un assassinat par un groupe d’extrême droite allemand qui refuse l’Armistice de : « Matthias Erzberger, signataire civil plénipotentiaire pour les Allemands et député ayant fait voter, après un séjour auprès du pape Benoît XV, une motion pour la paix  dès juillet 1917, est assassiné le 26 août 1921 par des nationalistes d'extrême droite appartenant à l'Organisation Consul. »

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Commémorations en 2011 (96ème  anniversaire de l’Armistice), et projets (vers une journée associant à la commémoration de l’Armistice de 1918 la mémoire des autres guerres et des soldats qui y ont perdu la vie : une proposition de loi sera déposée, et des débats sur cette question ne manqueront pas) : Le Point, 11-11-2011 : http://www.lepoint.fr/societe/sarkozy-revisite-les-ceremonies-du-11-novembre-11-11-2011-1395173_23.php  

« Un 11 novembre en hommage à tous les soldats morts pour la France », Libération (source AFP) : http://www.liberation.fr/societe/01012370935-un-11-novembre-en-hommage-a-tous-les-soldats-morts-pour-la-france  ( « Après la disparition des derniers poilus de la Grande Guerre, les cérémonies du 11 novembre marqueront ce vendredi l’hommage aux soldats «morts pour la France» sur tous les fronts, avant l’inauguration par Nicolas Sarkozy du nouveau musée consacré à 1914-1918, à Meaux. Un hommage particulier sera rendu cette année sous l’Arc de triomphe aux 25 soldats tués au cours des douze derniers mois en Afghanistan. »)

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Dossier du Point sur le Musée de la grande guerre à Meaux  réalisé à partir de la collection de Jean-Pierre Verney, un long travail de mémoire - ensemble de 50000 pièces racheté par l’Etat au collectionneur, devenu le conseiller scientifique et historique du musée) : http://www.lepoint.fr/dossiers/culture/14-18-musee-grande-guerre/  Jacques Tardi a réalisé une fresque, « No Man’s Land ».

Sur Jean-Pierre Verney et le musée, Le Point, article et vidéo, 09-11-2011 : http://www.lepoint.fr/culture/le-passeur-de-memoire-09-11-2011-1394492_3.php

Site du Musée de la grande guerre : http://www.museedelagrandeguerre.eu/   (Ouvert ce 11 novembre, et inauguré par le Président de la République). 

19/10/2011

Le 17 octobre 1961. Crime ? Oui. Crime d'Etat ? Oui. La mémoire, oui. Mais... toute la mémoire ?

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Lire pour s’informer. Mais aussi se poser quelques questions…

ARTICLES

Le Monde (deux grandes pages). Titre papier : « 17 octobre 1961, Toute une Histoire », titre sur le site : « Les plus faibles, ils les achevaient jusqu'à la mort » (reprenant une parole citée). 17-10-2011 : http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/10/17/17-octobre-1961-toute-une-histoire_1587334_3246.html

L’article du Monde donne beaucoup d’informations, et il est donc à lire, mais on peut lui reprocher, d’abord, de ne pas donner assez le contexte de ce jour précis.

« Ce jour-là, les "Français musulmans d'Algérie" manifestaient à l'appel de la fédération de France du FLN contre le couvre-feu qui leur avait été imposé par le préfet de police de Paris,Maurice Papon.  Cantonnés habituellement aux bidonvilles de banlieue, plus de 20 000 hommes, femmes et enfants défilent alors pacifiquement dans les rues du Quartier latin, sur les Grands Boulevards, aux abords des Champs-Elysées. La violence policière est inouïe. »

(Et j’ajouterai un autre reproche : il participe du déséquilibre de la mémoire, non par ce qu'il est, mais par les manques qui lui font face. Aura-t-on en mars deux pages sur le 26-3-62 ? Aura-t-on en juillet deux pages  sur le 5-7-62 ? Et sans amalgames ? Pas sûr… Mise à jour années suivantes : non, pas de pages...).

 Pour bien comprendre le drame, réel, de ce jour du 17 octobre il faut que nous ayons en mémoire qui est ce Maurice Papon, alors préfet de Paris : « Homme politique et haut fonctionnaire français, condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l’humanité pour des actes commis alors qu'il était secrétaire général de la préfecture de Gironde entre 1942 et 1944, sous l'occupation allemande. » Et «Préfet de police en mars 1958, il a également été impliqué dans la répression sanglante de la manifestation organisée par le FLN, et dans celle du 8 février 1962, organisée pour protester contre l'O.A.S., connue sous le nom de l'affaire de la station de métro Charonne. ». C’est un  rappel minimal, fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Papon  (Par contre sur wikipedia les chiffres donnés pour le 17 octobre ne sont pas très fiables).

Si le 17 octobre a mis beaucoup de temps à entrer dans la mémoire collective, signe d’une résistance à assumer certaines réalités de l’Histoire, et n’a pas la reconnaissance officielle que certains demandent, il est des drames similaires qui souffrent encore d’une longue amnésie, française ou algérienne : 26 mars 62 (Alger), 5 juillet 62 (Oran). (Quand, donc, deux grandes pages dans Le Monde pour le 5 juillet ?). Et, pire, ils sont l’occasion, quand l’amnésie fait une pause, d’une stigmatisation supplémentaire, déformations des faits, amalgames divers.

Oui, le 17 octobre, à Paris, était une manifestation à l’appel du FLN. Mais les manifestants, désarmés, ne devaient sans doute pas être tous des militants du FLN, et de loin (il y avait même des enfants !)… D’ailleurs tous les représentants du GPRA ne l’avaient pas approuvée. Et, oui, de même, les manifestants du 26 mars à Alger n’étaient pas des activistes de l’OAS (la plupart arrêtés ou enfuis…). Désarmés, de même : familles pacifiques parties au secours d’un quartier (et des enfants, aussi… !). Mais l’armée a tiré sur eux, et, là aussi, des blessés ont été achevés. Et le 5 juillet 62 ? Des criminels, ces Oranais ? Méritant un massacre que l’armée française a l’ordre de laisser se perpétrer sans intervenir ?

Et si les manifestants du 17 octobre qui sont morts sont effectivement les victimes d’un crime qu'il faut dénoncer, le FLN, qui appelait à cette manifestation, en avait déjà commis beaucoup, et en commettrait bien d'autres.

Donc, 17 octobre 1961, LISONS… REVUE de PRESSE (très nombreuses références) sur bdic.fr : http://www.bdic.fr/pdf/periodiques_17_octobre.pdf?9c91740d9bfb80d546734817b6e5c348=dba13e62d4b493063af1d8b1b0bd09cb   On tombe d’abord sur une page noire… Mais en cliquant  sur l’icône représentant deux feuillets pour un fichier (en haut  à gauche) la page s’ouvre sans problème…

Des FILMS ?

Je note, d’abord, UN film, car… je ne le vois mentionné nulle part. Et pourtant le 17 octobre 1961 y est largement évoqué… !(Mais l’occulterait-on parce que, dans un autre film, le réalisateur traite aussi du 5 juillet 1962 ? Fort possible… et révélateur de ce qu’est la mémoire des faits de l’Histoire, pour certains commentateurs et acteurs de commémorations. Victimes… ET victimes… On fait des cases, on tue deux fois les uns, croyant servir les autres, et enfermant tout le monde dans les frontières de la haine.).

« Algérie, mes fantômes », documentaire  de Jean-Pierre Lledo, 2004. Long passage sur le 17 octobre, avec des documents et des témoignageshttp://www.filmsdocumentaires.com/films/524-algeries-mes-...

« Chaque personnage témoin d'une blessure, est un fantôme opérant dans le travail de deuil, mais aussi pièce du puzzle d'une Algérie "imaginaire" dont il faut recoller les fragments éclatés, à partir de quoi peut s'élaborer une nouvelle identité… ». C’est ainsi que ce film est présenté sur Africultures : http://www.africultures.com/php/index.php?nav=film&no=762

Le 5 juillet 1962, c'est dans « Algérie, histoires à ne pas dire, 2007, 3ème volet d’une trilogie commencée avec Un rêve algérien, 2003. Deux liens : https://www.youtube.com/watch?v=g8NPraqczuo  et http://www.lemonde.fr/cinema/article/2008/02/26/algerie-h...  

Autres FILMS sur le 17 octobre 1961 : Trois documentaires, et un drame  « Ici on noie les Algériens », 2011, de Yasmina Adi ; «17 octobre 1961 : dissimulation d'un massacre », de Daniel Kupferstein, 2001; « Octobre à Paris »,de Jacques Panijel, 1962. Le drame : « Nuit noire, 17 octobre 1961 », d’Alain Tasma, 2004.

17 octobre 61, les films vus par Le Monde, 14-10-2011 : http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/10/14/octobre-a-paris-et-ici-on-noie-les-algeriens-le-17-octobre-1961-la-justice-se-noya-dans-la-seine_1587857_3476.html  

Une bande dessinée, Octobre noir, de Daeninckx et Mako, 2011 : http://www.bedetheque.com/serie-29903-BD-Octobre-noir.html

Une ASSOCIATION, « 17 octobre 1961 : contre l’oubli » : http://17octobre1961.free.fr/pages/association.htm

Et une autre… « Au nom de la mémoire ». Mémoire qui, là, semble très partielle et partiale, à mon sens, quand on voit les objectifs et les projets :  http://www.africine.org/?menu=fichedist&no=3026

Lesquels, parmi ceux qui réclament la reconnaissance du drame d'octobre 61 seraient d'accord pour remémorer les tragédies du 26 mars et du 5 juillet 1962 (dates censées être… après la fin de la guerre…) ? Certains, peut-être oui, d’autres sûrement pas : il en est pour qui il y a victimes et victimes…

Mais, de même, tous ceux qui commémorent, à juste titre, aussi, le 26 mars et le 5 juillet 1962, seraient-ils prêts à dénoncer avec la même force ce crime du 17 octobre?

C'est à ce prix, un partage des mémoires, si difficile que cela puisse paraître parfois, que le dialogue sur l'Histoire et la mémoire pourra véritablement s'instaurer entre les différentes communautés qui ont dû vivre des drames épouvantables, mal compris, oubliés ou occultés (et... objets de projections idéologiques et politiques, ou d'instrumentalisations diverses, par les uns ou par les autres). C'est ce travail sur soi-même, individuellement et collectivement, qui pacifiera les esprits. Cela commence par l'information, pour un regard vers l'autre débarrassé des miasmes de l'ignorance (méconnaissance qui va avec toutes les formes de la haine).

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17 octobre 61... Le FLN, qui appelait à cette manifestation, mais il était en proie à des divisions et luttes pour le pouvoir. Une partie était déjà en train d’éliminer ceux dont il ne voulait pas pour un partage du pouvoir après l’indépendance, par des assassinats ou par des manœuvres politiques.  Cette manifestation a peut-être été utilisée par un courant contre l'autre. Et le fait qu'un livre qui parlait de la répression du 17 octobre ait été censuré, effacé, par la volonté du FLN, est un signe (voir note du 09-11-11, lien ci-dessous, en bas de cette page). Mais pour ceux qui ont participé, appelés à protester contre les injustices de cette guerre et, concrètement contre le couvre-feu et le système très répressif de Maurice Papon c'était autre chose qu'un éventuel piège : l'expression d'une réelle révolte. Ceci dans le contexte du refus du pouvoir français d'accepter l'indépendance, pourtant inéluctable, mais retardée par les blocages politiques et idéologiques...  refus inséparable de la répression.

Le FLN, lui, autre face de cette tragédie, avait commis nombre de crimes, et allait en commettre d’autres, juste après l’indépendance et bien après. Voici un regard très acide sur les multiples commémorations qui se font en France, en oubliant toujours de mentionner la nature du FLN (nature que l’Algérie a payé très cher), et dans l’oubli de dates qui ne correspondent pas à la grille de lecture associée à une certaine vision de l’Histoire : http://ecrivainsmaghrebins.blogspot.com/2011/10/massacre-du-5-octobre-1988.html (Post sur <ecrivainsmaghrebins.blogspot>.« Massacre du  5 octobre 1988 ». Citation : « Pour ceux qui célèbrent le 17 Octobre à grande pompe, spécialement les Français, je précise que ces MILITANTS FLN INTÉGRISTES ont fait un triple CRIME contre leur propre Jeunesse en 1988, et d’autres après l’indépendance… »).

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Oui, police et armée de ce temps, il y a des CRIMES à dénoncer (armée, police, FLN, OAS). Mais…TOUS ! 17 octobre 1961, 26 mars 1962, 5 juillet 1962 (pour ne citer que ces trois dates, et malheureusement il y en  a bien d'autres…). Ces gens assassinés sont tous natifs de la même terre, Frères de terre, Frères de Rive...S. Tous victimes des erreurs et crimes de l’Histoire… 

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Ne pas oublier…

Deuils en partage. Meurtres en partage. L’horreur de la haine aveugle, de la bêtise criminelle.

Cheikh Raymond Leyris. Assassiné à Constantine, en juin 61. Infos : http://judeoandalouse.free.fr/cheikhraymond.html et http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/LaCulture/malouf.htm  

Mouloud Feraoun. Assassiné en mars 62. Lire : http://mouloudferaoun.free.fr/biographie.html et http://felina.pagesperso-orange.fr/doc/alg/feraoun.htm  (avec un texte de Germaine Tillion).

Jean Sénac, assassiné bien plus tard... Lire « Assassinat d’un poète », de Jean-Pierre Péroncel-Hugoz. http://www.decitre.fr/livres/assassinat-d-un-poete-978286...  

Voir aussi le film d’Abdelkrim Bahloul, « Le Soleil assassiné », sur Jean Sénac... Fiche wikipedia sur le film ... https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Soleil_assassiné  Et fiche sur AlloCiné (synopsis, bande-annonce, critiques presse...)... http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=44858.html

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Voir aussi, NOTE suivante, du 09-11-2011 http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/11/09/17... 

20/03/2011

Le 19 mars 62, Algérie. Cessez-le-feu et feu. Une fin de guerre sans date… ?

Comme exergue, j’emprunte la citation qui introduit la rubrique « Histoire » du site rapatries-gauche.org :  « Il y a deux histoires : l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète où sont les véritables causes des évènements. »  Honoré de Balzac : http://rapatries-gauche.org/spip.php?rubrique18

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Pour commencer, un questionnement. « Quelle date pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie ? » : http://felina.pagesperso-orange.fr/doc/alg/19mars.htm  (source : Libération, page ldh).

Et des liens, pour quelques infos :

Le 19 mars. Histoire sur herodote.net : http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19620319  (Cessez-le-feu, Algérie 1962, et morts du 26 mars, à Alger)

Rubriques du Cercle algérianiste (histoire, mémoire, culture). Certains positionnements peuvent nécessiter nuances, questionnements, et réflexions contradictoires (notamment sur  les injustices de la réalité coloniale, qu'on ne peut occulter, mais qui est le résultat d'un système créé par la France, métropole, et imposé autant aux communautés arabo-berbères qu'aux populations méditerranéennes immigrées qui ont produit le métissage pied-noir : Espagnols, Italiens, Maltais, Gitans, etc.). Mais on trouve des informations et questions qui ne sont pas présentes ailleurs (vérités des témoignages, mémoires d'une communauté humaine assez ostracisée, les clichés diffusés en France masquant la réalité des êtres). Et le souci du lien avec l'Algérie actuelle se manifeste par l'organisation de rencontres avec des auteurs algériens, par exemple : ceux qui reconnaissent en eux, Pieds-Noirs, des Algériens légitimes) : http://www.cerclealgerianiste.fr/

Autre regard, assez antinomique, de Pieds-Noirs qui ont créé une association en 2008, pour exposer une autre manière d'analyser l'histoire et l'actualité, ce qui est légitime : "Les Pieds-Noirs progressistes". Mais   là aussi, autrement, il sera nécessaire de nuancer, questionner. Car pour s'opposer aux nostalgiques du passé colonial (si minoritaires...) on peut reprocher la tendance à évacuer les critiques nécessaires quand on évoque le FLN (idéologie, terrorisme, choix antidémocratiques, instrumentalisation de la religion devenant élément de la dimension nationale, refus d'une pluralité de l'algérianité, arabisation forcée éliminant longtemps le berbère, répression des incroyants ou convertis, etc.). Ce reproche s'impose parfois quand on voit certaines réactions ou certains silences. Mais on trouve aussi la possibilité de lire une analyse de gauche sur une histoire commune, sans reniement de l'identité partagée, et avec un souci réel de conscience du présent, dans l'intérêt porté à l'Algérie contemporaine. Lien : http://rapatries-gauche.org

Des adhérents du PS avaient, plus anciennement, créé aussi une association (accueillant des Harkis, des Pieds-Noirs, des Algériens ou Franco-Algériens, dans le but de trouver une paix des mémoires) : l'Araprem. Le site existe toujours (on voit un engagement-programme qui se déroule, phrase à valeur de charte). Mais le site n'est plus mis à jour, la communication ayant, pour les responsables, migré sur Facebook, en réseau informel. Lien : http://www.araprem.asso.fr  

Commémoration du 5 décembre, quai Branly. Colère de JP Rondeau en 2005, à titre de document : http://www.babelouedstory.com/thema_les/5_decembre/822/822.html    [ On pourra trouver que ce texte, avec ses excès (billet d’humeur, de conviction), fait des généralisations sans distanciation, d’une part, et que, d’autre part, il s’inscrit dans une démarche revendicative installée dans la perspective d’une histoire subjective, nostalgique, attachée à des conceptions  associées à une certaine vision de l’histoire  de l’Algérie et des natifs de ces anciens départements – devenus pays indépendant. Mais il exprime cependant des émotions légitimes que beaucoup ressentent devant les négations de leurs souffrances, les projections, les ignorances, les approximations, le mépris et le déni. Pour les ressentir aussi tous ne partagent cependant pas les mêmes analyses au sujet du 5 décembre et du Quai Branly.]

 Le 19 mars, lui, reste très mal vécu, certainement, aussi, par les Harkis rapatriés. Comment reconnaître la fin d’une guerre dans  une date qui, même si elle symbolise un cessez-le-feu officiel, est suivie de massacres ?  26 mars (Alger, armée qui tire sur une foule pacifique), semaines et mois qui suivent, 5 juillet (Oran, massacre de civils, et armée française laissant faire), abandon des Harkis et très nombreux morts...  http://www.harkisetverite.info/ 

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Mais comment inscrire dans les mémoires une histoire qui ait du sens pour tous ?

Il faudrait déjà soustraire la question à l’idéologie combattive. Faire entrer la complexité et la conscience dans la pensée.

Que cesse la permanence de la guerre dans le regard sur les peuples ou sur les communautés. Algérie française vue sans nuances et colonisation passée idéalisée, par les uns, diabolisation des mêmes réalités, par les autres, terrorisme sanctifié, par certains, qui fabriquent alors des héros discutables.

Le pire, c’est ce que j’ai lu, par hasard, dans un article de l’Humanité, il n’y a pas si longtemps. Rappelant le drame de Charonne, qui fit quelques morts (sur lesquels, cependant, on n’a pas tiré) l’auteur entraîne son sujet vers le… négationnisme. Qui sont les négationnistes ? Les Pieds-Noirs, bien sûr. (Qui n’étaient pourtant pas là).  Mais ce n’est pas grave, en parlant de « leurs » morts PN, qu’ils veulent honorer (est-ce crime?), l'article passe de ces victimes de Charonne à celles du 26 mars, en ramenant à l’histoire du Quai Branly : ces noms de victimes civiles, associées aux morts militaires. Scandale ! Pour l’Humanité… OAS ! Eh bien, ils font exactement, à l’Huma, comme les extrémistes qui voient un islamiste derrière chaque musulman : eux voient l’OAS derrière chaque Pied-Noir.  [« Bientôt 45 ans que nous avons été "Rapatriés d’Algérie" et toujours cette même querelle sur notre mémoire, Pieds noirs = colons = OAS. » 16-09-08, citation tirée d'un article du site des Pieds-Noirs progressistes.  

 Et s’il est mort, ce Pied-Noir, c’est qu’il devait mourir… car, forcément, il était OAS… !!! (D’ailleurs les stèles sont forcément « à la gloire de l’OAS », même quand rien de tel n'est noté. Le 26 mars, les victimes, malgré les documents, les vidéos, les témoignages, pour le PCF c’est toujours la mort justifiée de méchants activistes. Donc, si on compare, deux manifs se finissent mal, et il y a des morts (nombreux à Alger). Mais pour le PC il y a morts et morts… Et les Pieds-Noirs sont tous des fascistes. Ignorance. Et… négationnisme, au bout du compte, mais à l’inverse de ce qui était annoncé : celui de l’auteur, celui du PCF. Massacre occulté. Le PC trouverait-il normal qu’on tire sur une foule pacifique (qui portait secours à un quartier populaire victime d’une sorte de blocus) ? Sous prétexte que cette foule aurait eu des idées contestables (au sens de l’auteur) ? Dans l’article, le nom des victimes civiles de la rue d’Isly inscrites au Quai Branly, cela signifie « le terrorisme de l’OAS qui continue ». Délire. http://humanite.fr/09_02_2011-charonne-%C2%AB-le-n%C3%A9gationnisme-un-danger-permanent-pour-la-m%C3%A9moire-%C2%BB-464693 (09-02-11)   Ces projections  qui faussent la perception réelle des faits à leur juste mesure, comme elles sont permanentes, renouvelées à de multiples occasions, là ou là, ont des effets problématiques, pernicieux : on accule autrui ainsi. 

« …nostalgiques de l’Algérie française, fascistes et racistes ». Là, même article, ce sont ceux qui ont cru bon de montrer leur désaccord avec le film Hors-la-Loi (contestation de données du film qui ne correspondent pas aux chiffres réels, selon les protestataires, qui ont vu, là aussi, un déni d’Histoire…). Oui, heurts de mémoires, et totale maladresse (je serais presque tentée de dire « bêtise ») de ceux qui ont manifesté pour cela. Si parmi eux  certains pouvaient être des « nostalgiques » et peut-être, pour une petite frange mêlée aux autres, des gens à situer à la droite extrême (il y a bien un Breton célèbre et, malheureusement, sa blonde fille : il y en a forcément aussi parmi les rapatriés...) ce n’était sans doute pas un ramassis de fascistes et de racistes : plutôt des écorchés vifs un peu trop militants... (Mais pour le PC, apparemment, tout « rapatrié », terme que je n’aime pas, est un « fasciste raciste ». PC qui, pourtant, a vu ses électeurs se sauver pour se jeter dans les bras du FN, et qui, donc, devrait commencer par balayer devant sa porte : qu’est-ce que cette idéologie qui peut laisser faire une telle bascule ?). 

Peut-être parce qu’ils sont passés d’une « vérité » à une autre ? Car, parlant d’Histoire, l’auteur oppose des « vérités ». « La vérité est pourtant à l’opposé », dit-il, craignant de « voir double ». Mais justement, c’est voir double qu’il faudrait : voir la vérité des uns et la vérité des autres. (Et ne plus parler de vérité, à mon sens, mais de faits : laisser les certitudes pour les questionnements devant ces faits). Voir, d’une part, les Algériens luttant pour l’indépendance, aux  combattants encouragés par Sartre à tuer ceux qu’il définit tous comme des « colons » (préface au livre de Fanon). Et voir les natifs d’Algérie issus d’un melting pot de gens simples (et qui n’ont pas su se défaire des puissants, ceux-ci plus « Français » qu’eux, et pas de la meilleure manière). Souffrances des uns et des autres. Tous victimes d’un système qu’ils n’avaient pas créé. (Car les immigrés espagnols chassés d’Andalousie par la misère n’ont pas décidé, eux, la colonisation de l’Algérie : pour donner un exemple. Non, ce sont les ancêtres des autres, restés en France métropolitaine, qui l’ont fait). Une certaine frange politique de la France se débarrasse de son héritage historique sur une communauté chargée de tous les crimes. Et si certains « rapatriés » revendiquent, eux, cet héritage, par désir d’appartenance et traumas d’exilés, cela ne les rend pas pour autant ontologiquement plus coupables (si coupables il y a…).

L’Histoire sera faite par les historiens (et par les historiens algériens aussi). Mais cette Histoire aura besoin des archives de la mémoire. Le déni que ressentent ici des Pieds-Noirs, blessés par ces histoires de dates, pourrait être corrigé par un peu d’humanité : l’humanisme contre les constructions idéologiques. A condition de « voir double » (au bon sens du terme). Cette humanité  vient parfois bien plus de l’autre rive que de celle-ci. Elle est aussi présente dans le dialogue de rive à rive des natifs dispersés, diasporas dialogiques. 

Et dans le contexte actuel, plutôt que de viser des cibles imaginaires, de fantasmer sur des ennemis à combattre (là où il n’y a, au pire, que des errants perdus), voir plutôt les  vrais risques actuels dans ce délitement de la raison qui transforme une extrémiste « faite maison », et pas du tout « rapatriée » en blonde icône du racisme médiatique, se rêvant présidente…

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Dates d’après le 19… qui expliquent les refus de cette date, le malaise...

Le  26 mars 62. Histoire. Le massacre, sur L’Internaute : http://www.linternaute.com/histoire/categorie/evenement/49/1/a/48077/massacre_de_la_rue_d_isly_a_alger.shtml

Enterrés clandestinement : http://www.babelouedstory.com/thema_les/26_mars/902/902.h...

Dossier : http://www.babelouedstory.com/thema_les/26_mars/00_accuei...

Fiche wikipedia (voir aussi les liens externes, documents, dont films)  https://fr.wikipedia.org/wiki/Fusillade_de_la_rue_d%27Isly

Vidéos sur le 26 mars : http://www.dailymotion.com/video/x5c27e_fusillade-du-26-mars-1962-rue-d-isl_news#from=embed  (documents et témoignages)

Vidéos INA : http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/CAF90005855/algerie-les-evenements-du-lundi-26-mars-1962.fr.html 

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Après le 19 mars, aussi, massacres de harkis. Voir sur harkis.com (Ajir pour les harkis) : http://www.harkis.com/article.php3?id_article=25

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5 juillet 62 sur herodote.nethttp://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19620705

Fiche wikipediahttps://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_du_5_juillet_1962

Georges Marc Benhamou, sur le 5 juillet 62 et un livre de Jean Monneret , « La tragédie dissimulée » :http://nice.algerianiste.free.fr/pages/benamou12.html

Témoignage, 5 juillet : http://nice.algerianiste.free.fr/pages/bouq_com/monneret3.html

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19 mars ? Les cessez-le-feu des guerres ne sont-ils jamais vraiment la fin de la mort ? Et les dates ne sont-elles pas  toujours le déni de ce qui les suit, la promesse de mensonges, une faille ouverte aux crimes occultés ?

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MEMOIRE… HISTOIRE… REFLEXIONS… vers la fin de la concurrence mémorielle  (qui n’est peut-être pas tant entre des communautés humaines impliquées qu’entre des courants idéologiques qui veulent instrumentaliser les émotions et les douleurs des uns et des autres).

Conflit de mémoire et de chiffres : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1830

 La mémoire meurtrie de Mohamed Harbi : http://www.mafhoum.com/press4/114P57.htm (Le Monde, 11-10-02)

Une vie debout, Mémoires politiques. M.Harbi : http://www.lematindz.net/news/81-Mohamed-Harbi--une-vie-d...

Texte de l’historien Mahfoud Kaddache (pour la fin du clivage Histoire coloniale/Histoire nationaliste, vers le dialogue scientifique) : http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2006/08/03/2403201.html