Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/04/2019

3. Synchronicités, suite… LIENS (textes, livres et sites).

JUNG SYNCHRO.jpgLivres, articles, fiche (ample), dossiers (sites dédiés), recherches universitaires, et essais….                                               

Le LIVRE de Carl Gustav JUNG… "Synchronicité et Paracelsica", éd. Albin Michel... https://www.albin-michel.fr/ouvrages/synchronicite-et-par...

SYNCHRO ÂME et sc.jpg

 

 

 

 

 

 

 

"La synchronicité, l’âme et la science". LIVRE collectif (Hubert Reeves, Michel Cazenave, Pierre Solié, Karl H. Pribam, Hansuell Etter et Marie-Louise Von Franz), éd. Albin Michel… https://www.albin-michel.fr/ouvrages/la-synchronicite-lam...

Un article de Marie-Laure Colonna, dans la revue "Cahiers jungiens de psychanalyse’" Très éclairant (et lire sa conclusion, aussi…)…  
A lire sur CAIRN.info
 
Un article de Marc Alain, point de vue psychanalytique et mise en garde contre des confusions (fausses synchronicités et fantasmes). Une bibliographie est jointe (synchronicité, philosophie, science, superstition, etc.).
 
Ample FICHE Wikipedia. Des explications, des références, des liens... https://fr.wikipedia.org/wiki/Synchronicité

Un passionnant SITE dédié, qui fait l’historique des différentes théories successives sur cette notion… http://www.synchronicite.net

Et, prolongement de ce site, celui-ci, qui développe la théorie du physicien Philippe Guillemant… http://guillemant.net

LIVRE. Un essai de Jean Désy, près de 200 pages lisibles en ligne, sur Érudit.org. PDF. Publication universitaire. "Le noeud sacré. Essai sur la synchronicité’".. https://www.erudit.org/fr/revues/ltp/1996-v52-n1-ltp2154/...

Une "leçon" sur la notion de synchronicité (avec des références, philosophiques et scientifiques, sur l’histoire de cette notion)…http://www.philosophie-spiritualite.com/cours/theorie7.htm

Un DEA sur le paranormal dans le champ freudien. Plan.. 

Et la partie de cette étude concernant la synchronicité chez Carl Gustav Jung http://cabinet.auriol.free.fr/psychanalyse/Combourieu/syn...

Mémoire universitaire, Québec. Le principe de synchronicité chez Carl Gustav Jung... http://depot-e.uqtr.ca/4965/1/000612921.pdf

01/04/2019

2. Synchronicités ? Détour par l‘astrophysique et la cosmologie (pensée des multivers, voyage dans l’étrange…).

UNIVERS A BARRAU .jpgMultivers ? Vers l'écriture des MultiRêves (Jean-Philippe Cazier, voir ci-dessous).

UNIVERS LIVRE C GALFARD.jpgJe disais donc (note précédente) que, pour comprendre plus facilement ces notions si complexes, si difficiles à envisager avec nos codes de pensée, il fallait se tourner vers des informations du côté de la science (recherches qui, d’ailleurs, font retomber sur philosophie et poésie…).

Et, pour commencer, le double DVD d’ARTE, coffret. Documentaire en plusieurs partes. Une extraordinaire réussite, et c’est très beau… (S’être intéressé d’abord à la synchronicité entraîne plus loin… )

DVD 1 : Espace, illusion du temps, saut quantique, univers et multivers. 

DVD 2 : Le rêve d’Einstein, la théorie des cordes, la 11ème dimension.

"La magie du cosmos et l’univers élégant"...  https://boutique.arte.tv/detail/la_magie_du_cosmos_l_univ...

...............

Multivers ? Un billet sur un article posthume de Stephen Hawking. RFI science... http://www.rfi.fr/science/20180505-stephen-hawking-theori...

VIDÉO. CONFÉRENCE. Par l’astrophysicien et cosmologiste Aurélien Barrau, sur l’idée des multivers. A l’Institut de Physique Théorique du CEA. Avec un détour important par la philosophie, au début...  https://www.youtube.com/watch?v=sKsiJgYUG50

VIDÉO. CONFÉRENCE (TEDx) en 10 minutes. Passionnante et claire. "Univers parallèles et révolution quantique". Par le physicien Christophe Galfard, qui fut doctorant avec Stephen Hawking…  https://www.youtube.com/watch?v=J8PEymuDf6A

...............

LIVRE MULTIREVES.jpgExpérience de pensée, expérience de création. Un LIVRE... "Théorie des MultiRêves". Écrire le "vertige de faire face à  l’impossible, l’impensable, l’infigurable". Voilà ce que fut l’enjeu, pour l’écrivain Jean-Philippe Cazier… 

A partir d'une "matrice scientifique" fournie par Aurélien Barrau, auteur, notamment, d’un livre sur les univers multiples, dits multivers (hypothèse scientifique troublant notre conception du temps et de l’espace…), écrire (mais pas pour un compte-rendu de lecture, pour tout à fait autre chose : une métamorphose de pensée - et donc d'écriture). On est entre science et projection onirique quand on saisit cette possible réalité… Le résultat, ce livre, "Théorie des MultiRêves", a été publié par Dis Voir éds., coll. "Contes illustrés pour adultes". Ce que cette proposition a fait naître est une oeuvre très poétique. 

A lire, la présentation sur Diacritik, excellente recension… Par Lucien Raphmaj, 2017... https://diacritik.com/2017/09/19/jean-philippe-cazier-the...

A lire aussi, sur Diacritik, un entretien avec Jean-Philippe Cazier au sujet de cette expérience de création. "Penser c’est inclure l’étranger en soi" (L'étranger, c’est à la fois le sujet du livre, et le triangle des créateurs : le scientifique, l’écrivain, l’illustrateur. Mystère de la présence de ces univers multiples, écho des pensées autres, intégration de l’étrange en soi)... https://diacritik.com/2017/12/21/penser-cest-inclure-letr...

Cette mise en situation d’une épreuve d’étrangeté, c’est ce que nous devons faire aussi.

Que ce soit pour accueillir la possibilité de l’hypothèse des multivers, des univers parallèles, même. Ou que ce soit pour s’interroger au sujet des synchronités qui ont été le fil à dérouler de cette entrée dans "l’impensable".. 

.......................................................................................................................................................

NOTE QUI VA SUIVRE : "Synchronicité, suite… LIENS (articles, textes, dossiers, recherches universitaires, essais, et sites dédiés).

Synchronicité moins impensable maintenant, peut-être, après ces lectures...

Car pour envisager que des synchronicités (que nous pouvons constater dans nos vies), ne sont  pas seulement le pur produit de hasards sans signification (et totalement indépendants de notre pensée, de notre conscience, de notre énergie), pour commencer à oser penser cela, il faut aussi pouvoir concevoir que des informations circulent entre nous et le réel d’une manière qui n’est pas celle que notre conception limitée de l’univers ne peut laisser imaginer… Conscience, autre conscience, autre réalité, et autres possibles… 

MC San Juan

31/03/2019

1. Synchronicités (conscience, univers connecté, rêves et autre temporalité)

INEXPLORE SYNCHRONICITES.jpgOn doit évoquer de temps en temps les ombres idéologiques, qui sont des menaces réelles... Alors c'est bon de compenser cela en allant vers les rêves de notre conscience (on le fait aussi en créant poèmes ou photographies).
 
Synchronicités, cela peut surprendre. Jung a écrit un livre, majeur, sur ce sujet, et d'autres (analystes, philosophes, scientifiques) ont étudié cette question (qu'on laisse ouverte). Parfois il est nécessaire de lâcher la rationalité courante pour s'autoriser à aborder le réel et ses voiles autrement. Rationalité, mais autre. Et ceux qui ont vu les quatre documentaires d'Arte sur l'espace cosmique (La Magie Du Cosmos : l'univers, le temps et l'illusion du temps, l'hypothèse des multivers, le saut quantique - voir lien en fin de note...) seront en pays familier.
 
J’ai utilisé trois articles de la revue "Inexploré" (Inrees), et complété la documentation par des liens vers des sites, des articles, des essais (dont deux mémoires de recherches universitaires, à lire en ligne), des fiches et des bibliographies intégrées. 
Sur des sujets qui provoquent un recul sceptique chez certains (qui, alors, appliquent la méthode du doute au sujet mais pas à leur propre comportement), je crois nécessaire d’interroger d’abord ses peurs et ignorances, et d’appliquer ensuite une posture mentale pragmatique. (Qui vit quoi et expérimente quoi… ?).
 
Mais ce qui donne sens à ma manière de penser aussi le rapport à l’étrange, qui interpelle, ce sont les deux textes de Diacritik : une recension et un entretien (note qui suit). 
Multivers, écriture et multirêves… 
Ce que cherche à déchiffrer la création de textes ou d’images : notre conscience devant un réel qui échappe à la saisie immédiate des sens. 
Et comment l’intellect peut accepter de renoncer à une fausse rationalité en passant par la création et le rêve.
Car l’irrationnel serait plutôt dans la crispation sur des données que l’habitude mentale fait accepter, en refusant de lâcher prise pour faire ce "saut quantique" de notre imaginaire et pouvoir penser autrement.
La synchronicité ne peut être comprise à partir de schémas réducteurs. Des données différentes de la science (ou des hypothèses) permettent de concevoir des causalités, des processus rendant cela possible. Des faits mystérieux restitués dans un contexte de réalités encore plus étonnantes… 
 
ARTICLE. "Des rêves connectés au futur"… Qu’est-ce que le temps ? Une ligne passé-présent-futur, vérité linéaire, ou une sorte d’espace, ou une dimension de l’espace (espace-temps) ? Une illusion que notre mental crée, incapable de penser ce qui le dépasse ?
Pouvons-nous influencer notre vie en utilisant les synchronicités, en les appelant, voire en les provoquant ? Si les différents moments du temps peuvent être connectées, grand mystère, fascinantes questions.
"Ainsi, dans la culture aborigène d’Australie la notion de rêve est centrale et cette cinquième dimension a sa propre temporalité."… (Voir aussi, note suivante, donc, les deux articles de Diacritik, où les rêves interviennent dans une démarche qui mesure l’écriture au mystère de multivers, théorie, hypothèse qui peut donner des clés pour tenter de saisir le mystère d’un temps qui ne serait plus le temps, et d’un univers multiple aux dimensions peut-être parallèles)... https://www.inrees.com/articles/reves-connectes-futur-cha... 

ARTICLE. "Créer ses synchronicités". Titre troublant… Que dit cet article ? Il part de l'expérience d'un chercheur passé par le chamanisme - dont l'utilisation d'herbes aidant à des changements d'état de conscience. L'article, entretien, aborde un sujet qui est traité dans un livre publié chez Trédaniel. Les synchronicités (celles dont parle Jung) et la rétrocognition (ce que fait la conscience, ce qu'elle peut faire encore plus), dont parlent plutôt ceux qui s'intéressent à ce que les prolongements de la physique quantique modifient de notre conception du temps et de l'espace. (Arte a produit et diffusé un passionnant documentaire, DVD maintenant, qui vulgarise ces notions). Tout est-il figé,  inscrit, provoqué par des causalités qu'on ne maîtrise pas, individuellement et collectivement ?  Ou, paradoxalement, ne créons-nous pas, parfois, des négativités qui forgent ce qu'on appelle des "prophéties autoréalisatrices" (dont la loi des séries est un exemple). Ou, au contraire, des opportunités que peut-être notre conscience a projetées dans le réel, par le mystère de notre possible connexion au Tout de ce qui est. Univers, multivers…  Lire cet article. Surtout le passage sur la rétrocognition et l'effet possible, sur le réel, des actions de la conscience (individuelle ou collective). Et peut-être, ensuite, ouvrir le livre de Romuald Leterrier, "Se souvenir du futur"... https://www.inrees.com/articles/creer-ses-synchronicites/

ARTICLE. "Univers connecté : entretien avec Nassim Haramein", Inrees… Ces hypothèses qui peuvent paraître étranges sont plus compréhensibles quand on les situe dans un contexte d’univers connecté, en suivant les recherches et théories de Nassim Haramein, qui explique un peu, dans cet entretien de vulgarisation, ce qu’il entend par univers connecté. "Ce qu’il présente", dit l’introduction, "est une théorie du champ unifié, une théorie qui fait se rejoindre la relativité d’Einstein et la mécanique quantique." Sa conception est l’idée d’un univers holographique où tout (l'information) est aussi dans un proton. Quand il parle de l’énergie du vide (et des possibilités techniques que cela suppose) il semble retrouver  les intuitions de Tesla, et les presciences d’Einstein, tant philosophiques que scientifiques (voir le passage sur la géométrie)...https://www.inrees.com/articles/univers-connecte-conscien...

Mais pour comprendre plus facilement ces notions si complexes, si difficiles à envisager avec nos codes de pensée, rien de tel que des recherches du côté de la science (recherches qui, d’ailleurs, font retomber sur philosophie et poésie…).

.........................

Jean-Pierre Luminet, astrophysicien et poète, dit ceci : "Le but de l’astrophysique est d’explorer le cosmos. Or le philosophe Gaston Bachelard évoque justement la double profondeur du cosmos et de l’âme humaine, elle-même thème de prédilection de la poésie." Entretien... https://www.letemps.ch/sciences/jeanpierre-luminet-poesie...

....

Inès Safi, chercheuse en théorie de physique quantique 
(CNRS, Paris, et Institut à Casablanca), et méditante
soufie, parle, dans un entretien du Quotidien d’Oran,
des liens (ou oppositions) entre religion et science,
et aborde la question de la spiritualité et de la
rationalité spirituelle (autre conception de la
rationalité, fondée sur sa perception des changements
mentaux induits par les découvertes de la théorie
quantique.)...

http://www.lequotidien-oran.com/?news=5274560

......................................................................................................................................................

Pour ces recherches… NOTE QUI SUIT : "Synchronicités ? Détour par l‘astrophysique et la cosmologie (pensée des multivers, voyage dans l’étrange…"). LIENS vers articles, 2 conférences en ligne (astrophysique, cosmologie), DVD d'Arte, livres... 

MC San Juan

10/02/2019

CITATIONS. L'intellectuel et l'actualité...

citations,intellectuel,jean-claude milner,albert camus,erri de luca,jean sénac,maría zambrano,révolte,fanatisme,liberté de parole,fascisme,boris cyrulnik,charlie hebdo,antisémitismeDes CITATIONS (de MILNER, CAMUS, DE LUCA, SÉNAC, CYRULNIK, ZAMBRANO, plus une phrase de l'éditorial de CHARLIE HEBDO, daté 20-02-19, texte intégral lisible en ligne, lien ci-dessous), citations que j'associe à l'actualité (complotisme, marges factieuses des GJ, recrudescence d'un antisémitisme assumé et affiché - souvent déguisé, d'ailleurs, en antisionisme...). Et (mise à jour du 1er mars 19), Romain GOUPIL, citation d'une tribune sur fascisme et anti-fascisme (alliance jaune-rouge-brun...).

... "La fonction politique de l'intellectuel c'est d'aller où la société ne veut pas ; c'est d'être impopulaire."   Jean-Claude Milner (entretien avec Philippe Lançon, Libération, 20-21 juillet 2002...)

... "Il est donc nécessaire d'éclairer les définitions pour désintoxiquer les esprits et apaiser les fanatismes, même à contre-courant." 
Albert Camus (Avant-propos, Chroniques algériennes)
 
"Quand le ressentiment supplante la révolte, alors l’on voit se lever partout la cohorte ricanante de ces petits rebelles, graines d'esclaves, qui finissent par s'offrir, aujourd'hui, sur tous les marchés d'Europe, à n'importe quelle servitude."
Albert Camus, L'Homme révolté
 
... "Le 28 janvier 2015, dans la salle du tribunal de Turin, ce n'est pas de la liberté de parole qu'on débattra. Celle qui est obséquieuse est toujours libre et appréciée. C'est de la liberté de parole contraire, inculpée pour cette raison, qu'on débattra."
Erri de Luca (La parole contraire)
 
... "Je suis du XXème siècle… Un siècle qui m’a formé, déterminé. Un siècle cyclope, gigantesque et aveugle. Qui ne permettait pas de tourner le dos." 
Erri De Luca, entretien, Le Monde des livres, 15-02-19
(mise à jour de la note, le 23-02-19, car le XXI ème siècle, aussi, ne permet pas de « tourner le dos »…).
 
"Une vraie culture ose et risque."
Jean Sénac (Lettre à A.Taleb, citée dans « Assassinat d’un poète » de J.P. Peroncel-Hugoz
 
... "Je m’indigne qu'on nous demande de nous indigner parce que l’indignation est le premier temps de l’engagement aveugle. Il faut nous demander de raisonner et  non de nous indigner." 
Boris Cyrulnik, neuropsychiatre (en réponse à une demande du Monde, interrogeant diverses personnalités au sujet de leurs indignations, suite au livre de Stéphane Hessel, dont le titre était une injonction (« Indignez-vous ! »…). Le Monde, 03-01-2011 
 
... FASCISME… 
« Le fascisme prétend être un commencement, mais en réalité il n’est que la rage impuissante à retrouver l’issue d’une situation insoutenable ; rage qui s’accroche à ses propres limites. Ce qui est grave dans le fascisme, ce qui le conduit au crime, c’est qu’il se cramponne à des limites, qu’il est rébellion et violence dans son refus d’abandonner une position par ailleurs insoutenable.
Le fascisme se produit dans une situation sociale et économique déterminée, sans doute. Mais le fascisme, ce sont les fascistes qui le font, et il y a un 'homme fasciste’, avec ses caractéristiques, que nous pourrions reconnaître même si nous le trouvions sur une île déserte ; il y a un fonctionnement fasciste des sentiments, et surtout des sentiments ‘reconnus’ ou traditionnels ; il y a un fonctionnement fasciste de l’intelligence ; une utilisation du pouvoir de l’intelligence et surtout le pouvoir de masquer, de falsifier, que possède l’intelligence. »
(…) « La conscience historique...» (...) « Le fascisme apparaît sur cette conscience de l’historique et il l’utilise tout en la masquant.» 
(…) « Il y a une écorce dans le fascisme, il y a un noeud étranglé dans l’âme du fasciste qui le ferme à la vie. » (…) « Le fascisme a élevé un culte aux ‘faits’ mais il commence par éluder tout fait, le créant par sa violence ; nous pourrions dire qu’à l’exemple du criminel il ne croit qu’au fait qu’il accomplit. C’est le même mépris de l’ordre des choses et des choses mêmes. Et c’est ce qui fait que le fascisme non  pas commette des crimes, mais soit lui-même un crime : parce qu’il oeuvre sans reconnaître d’autre réalité que la sienne, parce qu’il fonde la réalité sur son acte de violence destructrice. »
(…) « Le fascisme » (…) « sort comme une aveugle explosion de vitalité qui jaillit du désespoir profond, irrémédiable, de la méfiance totale et absolue avec laquelle l’homme regarde l’univers. »
(…) « L’intelligence fasciste » (…) « Il s’agit d’une superposition élémentaire de pensées faciles, ayant un certain éclat, sur des problème et des angoisses authentiques. » (…) « Et l’éviction suprême qui consiste à faire mention de choses vraies qui étaient (…) d’énormes mensonges. »
María Zambrano (1904-1991), philosophe et essayiste espagnole, disciple de José Ortega y Gasset.
"Les intellectuels dans le drame espagnol" / "Sentiers", éd. Des femmes, 1992
(réflexion valable dans tous les cas, donc  ici et maintenant)
 Page de l'édition, Des Femmes... https://www.desfemmes.fr/essai/sentiers/
....
... (Mise à jour, 23-02-19). Le numéro de Charlie Hebdo du 20 février contient plusieurs articles importants. 
ÉDITORIAL… « Antisémites à tous les étages ».
(Lire la fin de l’éditorial à la lumière de l’analyse de María Zambrano. Je relève ceci : "Certains dans la rue semblent ne plus avoir de limites éthiques à l'expression de leur rage."). Le numéro du 6 février mettait notamment l'accent sur la critique de RT (Russia Today), la (complotiste) "voix du Kremlin", et sur AJ+, la voix du Qatar (Focus du mois, en ligne)... Sites de propagande (considérés par certains comme "alternatives" pour s'informer...).
.........................
... (Mise à jour, 1er mars 19). Le Monde, Romain Goupil (cinéaste), journal papier daté 1er mars 19 (web daté 28-02-19), "L’alliance jaune-rouge-brun menace la démocratie" (titre journal papier)...Tribune, pages Idées.
"Si vous placez sur un pied d’égalité Emmanuel Macron et Marine Le Pen, alors vous êtes un ex-antifasciste. De même si vous entretenez le flou autour des travailleurs étrangers qui viendraient manger le pain des Français. Si vous éructez des diatribes nationalistes anti-allemandes, anti Merkel. Si vous avez de la complaisance pour Poutine et des doutes sur l’utilisation de l’arme chimique par Bachar Al-Assad. Si vous êtes contre les ‘médias pourris’, les journalistes 'vendus aux milliardaires’. Si vous approuvez des messages de haine comme ceux de François Ruffin contre Emmanuel Macron, si vous vous délectez de ce langage d’insultes et de mensonges, c’est que vous êtes un ex-antifasciste.
Et si vous balancez un cocktail Molotov dans une voiture de police, si comme à Puy-en-Velay (Haute-Loire) le 1er décembre, vous bloquez les pompiers pendant que les fonctionnaires sont coincés dans l’incendie de la préfecture et que vous leur criez ‘vous allez griller comme des porcs’, c’est que vous êtes de la graine de fascistes."
 
MC San Juan

08/02/2018

Maurice Merleau-Ponty. Le regard, la création...

MERLEAU-PONTY.jpg« Le peintre, quel qu'il soit, pendant qu'il peint, pratique une théorie magique de la vision. »

Maurice Merleau-Ponty (cité, exergue, sur la page de France Culture).

Phénoménologie du regard ? (France Culture a donné à lire des extraits de « L’Oeil et l’Esprit » de Maurice Merleau-Ponty). Sur la page, un très beau texte sur le "voyant" visible, sur cette énigme du ressenti de la vision qui fait que voit ce "soi" qui est vu aussi. Donc un regard dans un corps-conscience perçoit en étant dans l'espace du concret, au milieu des choses. Rien d'abstrait. Expérience ordinaire de celui qui regarde. Mais ensuite, expérience extraordinaire de celui qui donne à regarder ce qu'il est seul à saisir. Matérialité de la peinture. Matérialité immatérielle de la photographie. Et, autre transcription du regard, les mots, quand il n'y a plus de trace autre que mentale.
Cette magie de la peinture, je veux bien la penser pour la photographie... Et, même, la poésie... Mais il existe aussi un regard qui crée dans l'absolu sans forcément produire une trace de son opération mentale - ou plus que mentale.
Merleau-Ponty est à relire bien au-delà d’un fragment, pour méditer avec lui sur nous, regardant… https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-... 

Merleau-Ponty 2.jpg« L’Oeil et l’Esprit »… « Merleau-Ponty réinterroge la vision, en même temps que la peinture. Il cherche, une fois de plus, les mots du commencement, des mots, par exemple, capables de nommer ce qui fait le miracle du corps humain, son inexplicable animation, sitôt noué son dialogue muet avec les autres, le monde et lui-même – et aussi la fragilité de ce miracle.» Claude Lefort (page de l’édition)… http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-e... 

Relire aussi « Signes »… http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-e... 

Maurice Merleau-Ponty, fiche wikipedia (de la matière, beaucoup, même s’il est dit que des références manquent)… https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Merleau-Ponty 

Document PDF... Sur Philopsis... « La perception selon Marleau-Ponty », par Pascal Dupond… http://www.philopsis.fr/IMG/pdf_perception_merleau-ponty_... 

16/12/2017

Alain Finkielkraut, celui que certains aiment détester... "Terrain miné" ?

FINKIELKRAUT 1.jpg« …Lorsqu’il  m’arrive de perdre mon sang-froid, c’est parce que je suis la cible  favorite de ceux qui n’ont que le mot “changement” à la bouche et pour qui rien ne bouge. »

Alain Finkielkraut

« En terrain miné ». Dialogue épistolaire avec Elisabeth de Fontenay). La page de l’édition…

(Citation éclairante, au sujet des humeurs d’Alain Finkielkraut, qui lui font parfois réagir vivement, maladroitement donc… Réponse indirecte à la polémique récente, et à d’autres…)... http://www.editions-stock.fr/en-terrain-mine-9782234083424 

Oui, la citation de Houria B. par Finkielkraut manquait de guillemets oraux ou écrits, mais la dérision portait sur les termes de ce vocabulaire racialiste qui n'est pas celui de Finkielkraut mais bien du PIR (dit-il)... Le constat qu'il faisait des présences des uns ou des autres n'était pas complètement faux, tout moqueur qu'il soit, même si ceux qui ont montré de l'émotion à la mort de Johnny Hallyday,  sans être forcément dans la rue, mais en écrivant, appartenaient à des communautés diverses. (Superbes hommages que j'ai partagés ici, preuve s'il en est). Mais faire de Finkielkraut un raciste de la même veine que ceux du PIR, c'est aussi stupide que de faire de Camus un "terroriste" (Camus est banni des bibliothèques turques pour ce qualificatif et pour ses idées que les résistants à la dictature d'Erdogan utiliseraient...). C'est de la mauvaise foi (ce qui se produit quand on détermine ses positionnements idéologiques avec des arguments qui déguisent et masquent  les raisons réelles, plus ou moins inconscientes - mais pas toujours inconscientes...). Finkielkraut dérange surtout parce qu'il refuse les dénis et dénonce l'antisémitisme (réel, ample, puisque le tiers des agressions racistes sont antisémites alors que les Juifs constituent 1% de la population française, agressions ayant été,  on le sait, jusqu'aux attentats meurtriers ciblés). Et s'il peut être parfois maladroit (à force d'être attaqué on a le droit de  montrer de l'humeur...) il reste l'intelligence qu'il a toujours été.  On le sait quand on l'a lu et quand on le lit. Mais ses interventions peuvent être passionnelles et ses analyses se perdre dans des détours de langage qui ratent leur but. Oui. Donc soyons lecteurs, capables de ne pas le suivre dans un pessimisme excessif (sur l'avenir) ou les négativités (regard sur le présent) tout en entendant des inquiétudes, légitimes cependant. Comme sont légitimes les critiques qu'on peut faire de ses positionnements quand il rejoint des auteurs qui devraient lui rester étrangers, par fidélité à lui-même (lire la chronique de Jean Birnbaum, lien ci-dessous).

Suis-je toujours d’accord avec Alain Finkielkraut ? Non, souvent pas du tout. Mais on peut exprimer des interrogations, des désaccords aussi, à condition de ne pas faire d’injustes procès fondés sur des interprétations erronées et des projections.

Je n’aime pas les polémiques haineuses de ceux qui visent autre chose que les termes utilisés dans un instant d’humeur. Ils auraient attaqué sur n’importe quoi, cherchant des prétextes pour nourrir une haine qui a d’autres raisons, dont l’antisémitisme de certains - de beaucoup - même masqué, ou le rejet de toute pensée qui réfute des complaisances identitaires ou idéologiques (mais parfois en tombant dans des pièges tendus en miroir, c’est vrai). Par contre je peux apprécier les réflexions critiques, et les trouver aussi nécessaires, si elles se situent dans un dialogue respectueux de l’être, quand elles viennent d’Elisabeth de Fontenay (livre à deux) ou de Jean Birnbaum. (Liens ci-dessous…). Pas de mauvaise foi, là. 

Voici la réponse d’Alain Finkielkraut lui-même à la polémique sur l’emploi du mot « souchiens », Marianne, 11-12-2017, par Thomas Vampouille… (Effectivement, on peut lui reprocher une maladresse (d’humeur, sans doute) mais lui attribuer une réelle adhésion au contenu idéologique d’une pensée empruntée à Houria Bouteldja de manière critique, c’est excessif. (Et ceux qui protestent ne sont pas toujours ceux qui ont critiqué le vocabulaire et l’idéologie du PIR)… S'il réfute c'est bien qu'il prend distance... (Et prend conscience d'une dérive de langage par imitation, provocation aux effets pervers). https://www.marianne.net/societe/souchiens-alain-finkielk... 

La chronique que je propose en lecture ci-dessous est nécessaire… Elle est de Mathieu Bock-Côté (Québec), Figaro.fr, 14-12-17… Il décrypte les attaques portées contre un intellectuel français, avec un recul qui rend l'analyse plus pertinente encore, hors passions locales... (Que ceux qui aiment détester Alain Finkielkraut lisent, eux aussi)... http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2017/12/14/31002-2017121...

LIENS complémentaires, dont réflexions critiques… 

« De quoi Alain Finkielkraut est-il le nom? », Le Point, 02-05-2014, par Sébastien Le Fol… http://bit.ly/2j6rKTx 

« Cinq livres clés de Finkielkraut », Le Point, 11-04-2015, par Thomas Mahler … http://www.lepoint.fr/politique/5-livres-cles-de-finkielk... 

Elisabeth Badinter, « L’équation Finkielkraut = Zemmour = FN est absurde », Le Point, 11-04-2015… http://bit.ly/2k2JOiv 

 « En terrain miné ». Livre de dialogue, introduction et extraits. Par Anne Rosencher. « Elisabeth Fontenay et Alain Finkielkraut : Ce qui nous oppose »… Amitié malgré des désaccords (et nourrie par eux). L’Express, 07-09-2017… http://bit.ly/2k4RDnO 

« Alain Finkielkraut joue avec le feu ». Par Jean Birnbaum, Le Monde, 23-10-2013 . Une critique d’autant plus intéressante qu’elle part de la lecture attentive et critique des textes d’une oeuvre qu’il connaît bien (ici d’un livre surtout, précisément), sans acrimonie personnelle, en disant une inquiétude sur des proximités avec des idéologues qui n’aident pas à penser. Il pose la question d’une trahison de l’auteur par lui-même, en comprenant les racines d’une évolution avec laquelle il n’est pas en accord du tout. Mais il ne rejette pas tout des questionnements et de leurs raisons… Passionnante chronique, où Alain Finkielkraut n’est pas une cible (comme souvent ailleurs) mais un auteur traité en interlocuteur problématique par certains aspects. Jean Birnbaum peut être dur, mais pas injuste… http://lemde.fr/2kBFh63 

Fiche wikipediahttps://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Finkielkraut

.........

MISE à JOUR, 18-12-17. Chronique. Sarah Cattan répond avec humour (et plus) à la polémique autour d’Alain Finkielkraut. Tribune juive, 17-12-17… http://www.tribunejuive.info/opinions/finkie-mets-nous-de...

01/07/2017

Derrida : "J'ai senti qu'au fond j'appartenais à cette solitude"

DERRIDA.jpg"J'ai senti qu'au fond j'appartenais à cette solitude"

Jacques Derrida et son refus du communautarisme,  dans le même esprit qu'Amine Maalouf ou Amartya Sen... Même quand la communauté est un refuge, car subissant des attaques, même quand (natifs déplacés) on n'a de région qu'une terre mentale, trouver un équilibre entre le "dedans" de ses appartenances et de ses langages singuliers, et le "dehors" de l'identité commune. Juste humains. Même si cela fait traverser des zones obscures et solitaires. Lumineuses,  au bout du compte.

France Culture, 2O-01-2016... https://www.franceculture.fr/2016-01-20-une-enfance-doulo...

01/05/2017

Attention, élections. Ne pas ouvrir la porte au fascisme... VOTER !!!

mms_img142482101.jpgS'ABSTENIR est un choix dangereux, que je pense même irresponsable.                                                                                  C'est objectivement donner des voix au FN fasciste.               

mms_img1450971062.jpgJuger Macron sur les gens qui déclarent le soutenir n'a pas de sens (même si certains sont très honorables et vrais soutiens). Voir plutôt son programme et son équipe de travail. Plutôt que des personnalités qui se mettent en avant voir des collectifs ou des experts qui s'engagent. Il a le soutien concret de juges du terrorisme,  de syndicats policiers.                                                     

En face (FN, Le Pen) ce sont des xénophobes, des négationnistes, alliés à des néonazis, des Identitaires.                    Des menteurs.                                                                                      

A ce sujet l'histoire autour de l'UOIF est intéressante à examiner. Le Pen met ça en avant. Évidemment qu'ils appellent contre le FN : quelle que soit l'idéologie de ce groupe (que je combats)  il a fait comme tous les groupes qui représentent des minorités religieuses, ou communautés de croyants (ou prétendent les représenter...). Mais il peut y avoir aussi, de la part de l'UOIF, une volonté perverse de servir le FN d'une autre manière que l'abstention prônée par Ramadan (en jetant l'opprobre sur un faux allié, pas sur le vrai allié objectif).                                                Le CRIF (représentation de la communauté juive et veille contre l'antisémitisme)  appelle à voter Macron : c'est logique, rien de choquant en cela, rien de pervers (l'antisémitisme dans l'ADN du FN, le CRIF le connaît. Mais appellent aussi à ce vote contre le FN les protestants et de nombreuses associations chrétiennes (pas l'Église de France, qui soigne sa relation avec les intégristes de Sens commun,  soutiens du FN).                

L'UOIF, Macron et En Marche ne l'ont jamais sollicité ni rencontré. Le FN, oui,  par des responsables FN qui ont organisé des conférences communes avec l'UOIF (les traces sont sur la Toile, il suffit de chercher). De plus Daech a déjà affirmé publiquement plusieurs fois son désir de voir le FN arriver au pouvoir... ! Et il faut savoir que le médiateur français qui a fait le lien entre Lafarge et Daech est un responsable du FN. (Lafarge a payé Daech, donc financé le terrorisme,  pour continuer à travailler en paix, sans heurts avec Daech, et ceci par l'intermédiaire d'une personnalité du Front national... !). Enfin savez-vous que Tariq Ramadan,  l'islamiste soft, (mais très dangereux) fait campagne intensive contre Macron,  et qu'il appelle tous les musulmans à s'abstenir. (Pas, évidemment, la majorité des musulmans qui vivent leur croyance dans un cadre républicain, respectueux de la loi laïque de 1905. NON, ceux qui le suivent,  islamistes plus ou moins masqués.) S'abstenir c'est obéir à la stratégie de Tariq Ramadan  !!! Si vous en doutez regardez ses vidéos en mettant en recherche sur Google son nom et celui de Macron.                                                             

NON,  je ne voterai pas comme les islamistes qui suivent Tariq Ramadan...  ! (Drôle de façon, que ce serait, de lutter contre l'islamisme...!). Je ne vote pas comme ceux que je combats. Je vais voter pour la démocratie,  pour l'intelligence pragmatique,  les valeurs,  la fraternité.  Contre la vulgarité crasse et les héritiers des fascistes, alliés des néonazis.                                            

De plus je constate que L'INTERNATIONALE D'EXTRÊME DROITE ne cesse de fabriquer des désinformations qu'elle fournit au FN (jusqu'à la création d'un faux diffusé abondamment par les militants FN et les sites complotistes, et que Le Pen a évoqué au débat en insinuant un soupçon sur un compte : plainte est déposée pour usage de faux, une enquête se fera).                                                                                                    

Ainsi la presse RUSSE a publié un entretien de SORAL (voir doc sur mon mur), ce complotiste antisémite et négationniste,  pour lui demander son expertise (!) sur Macron (expertise reprise avec des variantes et attribuée à des psychiatres inventés, parfois italiens, parfois américains... !!!).                                                                               

Le Pen a le soutien officiel, plusieurs fois réaffirmé,  du KKK raciste américain,  groupe violent suprémaciste blanc qui a des assassinats multiples dans son histoire.                                                  

Voilà certains des alliés du parti qu'on prend le risque de laisser prendre le pouvoir en s'abstenant. Ou dont on laisserait monter le score, donc dont on légitimerait l'idéologie.                                        

Qui donc appelle à l'ABSTENTION ?                                              

L'islamiste Tariq Ramadan, donc, ET l'ultragauche de Mélenchon (son parti si peu critique de l'islamisme quand ce n'est pas en accord sur certains discours...).                                    

Je ne veux pas plus faire le même choix que l'ultragauche.  Je vote comme seuls les démocrates peuvent le faire, pour Macron.                                                                                                        

N'étant pas la télé j'ai le droit (simple citoyenne) de le dire, d'informer, discuter, dénoncer, mais pas de lancer un appel pour un des deux candidats... (nuance). Et je ne fais pas l'erreur de me croire accusée de crimes, moi ou mes parents, ou ancêtres espagnols, au sujet de l'Algérie, car même si la formule de Macron était erronée ou maladroite, suivant les analyses qu'on peut en faire, elle ne visait aucunement les Pieds-Noirs, et certainement pas les descendants d'immigrés qui n'étaient même pas Français au moment de la guerre de colonisation, mais elle désignait les responsabilités de l'État, donc de la France... métropolitaine. (N'y en a-t-il pas?).                                                

L'enjeu actuel étant grave il ne faut en aucun cas avoir un réflexe communautaire. Il faut penser à nos vies dans le présent de ce pays, à  la sécurité et à  la lutte contre le terrorisme (lutte pensée avec rigueur par Macron,  quand Le Pen a dit - débat - la confier... aux... douaniers, qui arrêteraient les terroristes aux frontières !!!). Il faut se déterminer aussi pour les enfants, qu'il ne faut pas mettre en situation de devoir nous reprocher de les avoir jetés dans l'enfer que décrit la femme polonaise qui lance un cri SOS pour la France. Car elle a fait, elle, comme d'autres polonais, l'erreur de l'abstention.  Et l'enfer de l'extrême droite au pouvoir elle le vit...! (Son appel est sur mon mur Facebook). Nous sommes devant une responsabilité historique,  et nous serons jugés pour cela...                                                                     

Je serai, pour ma part, en accord avec ma conscience. Et je pourrai regarder les jeunes de ma famille (aux noms divers... suivant les mariages, familles biologiques ou de coeur, recomposées ou pas) en sachant que je ne les aurai pas trahis, ni eux, ni leurs ancêtres exilés plusieurs fois. Pas trahi nos migrations, pas trahi nos métissages.                                                                             

Enfin, quand je vois qu'on affuble Macron du titre d'ultra-libéral... ! Libéral? Oui. Assumé.

Mais que signifie "libéral" ?      Cela ne veut pas dire favorable à un pouvoir destructeur de "machines financières" fantasmées par ceux qui en font des mythes empruntés à de troubles projections héritées des années 30. (Penser à d'immondes caricatures dignes des nazis qui ont circulé...!).                                                                                      

Cela veut dire deux choses.                                                           

D'ABORD une orientation idéologique et politique qui privilégie la LIBERTÉ individuelle. (Et donc le respect des individus, de leurs choix de vie, de leur liberté de conscience, de leur droit à l'éducation - et non celui d'être programmés pour une orientation professionnelle précoce sans espoir d'évolution, comme le FN le prévoit, en sacrifiant d'avance les enfants de ces milieux populaires qu'il prétend défendre...! En voulant revenir à des principes rétrogrades en matière de pédagogie). LIBERTÉ d'information et d'expression. (Et non la mise au pas de la presse, les pressions et menaces, comme on le voit déjà dans les villes tenues par le FN, et comme on a pu le voir pour CNews écartant Audrey Pulvar, ou au sujet du débat, avec le refus d'une personnalité que Le Pen craignait). LIBERTÉ de création, et non budget culturel limité et art condamné parce que non conforme aux perceptions rigides ou xénophobes du FN et ses aberrantes conceptions de ce qu'est la culture française de repli.                                                                                    

Donc LIBERTÉ en cohérence avec la tradition des Lumières.  Liberté, et DROITS (des femmes notamment, bien menacés par les projets FN).                                                                    

ENSUITE... LIBERTÉ d'entreprendre, donc de créer des entreprises et de les faire fonctionner dans un pays ouvert aux échanges commerciaux dans l'Europe (une Europe à repenser pour l'améliorer) et dans le monde, pas avec des frontières fermées aux exportations. LIBERTÉ de faire de la recherche. (Pas un retour, par exemple, au créationnisme que les intégristes confondent avec la raison, ou à d'autres errances similaires...). COMMUNAUTARISME, dans la pensée d'Emmanuel Macron? Certainement pas vrai pour le lecteur d'Amartya Sen qu'il est... ! Ne pas confondre communautarisme et fraternité respectueuse de la diversité des êtres qui constituent notre pays. Cette confusion est entretenue par le FN qui n'en est pas à un mensonge près. (En jouant justement sur des communutarismes... ).                                                                                        

La France est devant la possibilité d'une chance historique. D'une transformation sans violence. Chance dont les observateurs étrangers prennent la mesure (ceux qui ne sont pas les alliés d'extrême droite du FN, bien sûr...).                     

Passer à côté par erreur, frilosité, peur... ce serait inacceptable. Et il serait temps de sortir des attentes immatures d'une gouvernance nous dispensant d'agir en tant que société civile.  Autre argument problématique que les populistes ressortent infiniment (ayant peu de matière à penser...) : la FINANCE...!  Déjà, le FN qui a volé l'EUROPE (8 à 9 millions d'euros, quand même...!!) est mal placé pour se prévaloir d'une éthique à ce sujet... !                                                                                           

Enfin, "la" finance, c'est un mot vide si on ne le met pas au pluriel. Quel rapport entre la spéculation ou l'argent des mafias (voilà "une" finance...) ET le support financier de l'entreprise, du commerce, du mécénat, des services publics? CE sont deux réalités d'un monde économique (et financier) aussi complexe que toute réalité.                                                                                                 

Mais penser la COMPLEXITÉ n'est pas dans les capacités des théoriciens du rejet et du repli, des eurosceptiques enfermés dans les théorisations du vide.                                                            

OUI, je vais VOTER, et VOTER MACRON, pour ce que je pense être digne de la France, et parce que je suis profondément EUROPÉENNE. 

........................................

MESSAGE de POLOGNE, qu’on peut signer comme une pétition, sur WeMove.eu (Oui, je comprends pourquoi elle adresse ce cri qui est un SOS pour la France, car elle constate l'aveuglement irresponsable de beaucoup). Pour ma part, je n'ai pas du tout envie de tomber dans le piège qu'elle dénonce, dans lequel elle est tombée et qui se trouve être un cauchemar. NON. Je vote. Je vote pour la démocratie, l'Europe, l'intelligence pragmatique et les valeurs, la fraternité… https://act.wemove.eu/campaigns/lettre-ouverte?utm_campai... 

Lettre-chronique de Luc Le Vaillant... A JL Mélenchon... ("C'est inexcusable")... http://www.liberation.fr/chroniques/2017/05/01/jean-luc-c... . 

Emmanuel MACRON, ENTRETIEN avec MÉDIAPART (article et vidéos)… https://www.mediapart.fr/journal/france/050517/1-dimanche...

Macron est-il libéral ? Oui, socialement (valeurs, liberté) et économiquement (entreprendre). Slate… http://www.slate.fr/story/144592/macron-liberalisme-scandinave

02/04/2017

« Si le lien des mots à leur référence est coupé… »

FERRARI.jpg« Si le lien des mots à leur référence est coupé, toutes les manipulations sont possibles »

Jérôme Ferrari, entretien, L’Humanité

Acuité des questionnements sur l’actualité, dans cet entretien. L’auteur (qui enseigne la philosophie) publie des chroniques parues dans La Croix (il dit ne pas être croyant mais avoir une sorte d’attirance pour quelque chose qui est de l’ordre de la spiritualité, sans savoir pourquoi). Il a voulu, à travers ces chroniques, ne pas répondre à l’immédiateté vaine, mais prendre le recul de la pensée, appliquer les outils de la philosophie pour poser un regard sur le mouvant des événements, des thèmes de la période. Parce qu’il en percevait la nécessité. L’urgence sans précipitation, en quelque sorte. Et effectivement il met l’accent sur des failles  importantes qui menacent la communication et l’information : les fausses vérités auxquelles des gens vont croire et les réalités factuelles qu’ils refuseront de prendre en compte en croyant faire oeuvre de vigilance, alors qu’ils se laisseront prendre aux pièges du complotisme ou de ces « faits alternatifs » inventés par des manipulateurs. Il repère, pour l’avoir étudié sur lui-même, les modalités de l’enfermement dans des codes conformes (le groupe, le courant, la norme militante qui refuse la complexité, le doute, le retrait et le questionnement dérangeant de l’individu). Il examine le lien entre le social et ce qui fait cadre autrement, pour interroger la crise politique que nous vivons (la présidentielle en est un symptôme…). Et enfin (parmi les éléments que je choisis de citer, parce qu’ils me semblent centraux, il questionne, d’un côté, les pièges identitaires et leur instrumentalisation politique (nation figée, appartenance close et univoque), et, d’un autre côté, le fondamentalisme religieux, particulièrement dans une dérive de l’islam en islamisme (dérive qui est associée à un autre piège identitaire, quand l’identité se mêle à des concepts liés au sacré). 

Citations (entretien) : « En 1951, Hannah Arendt a écrit : « Le citoyen idéal d’un régime totalitaire n’est pas un militant convaincu, c’est quelqu’un pour qui la distinction entre vérité et mensonge n’a plus aucun sens. » Nous y sommes : » (…) « Mon expérience m’a guéri du militantisme. Il conduit, selon moi, à une grégarisation de la pensée. Je parle d’un conformisme social qui imprègne les individus et n’a rien à voir avec leur intelligence. » (…) « Les superstructures ne correspondent plus à la réalité sociale. Peut-être qu’en France l’explosion de la droite et de la gauche, pour des raisons assez symétriques, est le signe de cette crise. Avec des choses inacceptables : être un homme politique, voir les tentations identitaires, le gros danger qui guette, et trouver que c’est une bonne idée d’en jouer, c’est criminel, indigne. » (…) « Avoir vécu dans des pays arabes à majorité musulmane permet de faire l’expérience de la pluralité de l’islam, de constater que, de fait, c’est la version fondamentaliste qui tend à se répandre majoritairement. C’est inquiétant parce que cela tend à valider l’identification qui est faite ici entre islam et fondamentalisme. » 

L’entretien, L’Humanité, 24 mars 2017... http://bit.ly/2nYeSDb 

Deux liens sur le livre qui reprend les chroniques de La Croix : « Il se passe quelque chose », de Jérôme Ferrari, Flammarion… 

La Cause littéraire… http://www.lacauselitteraire.fr/il-se-passe-quelque-chose... 

Fiche Decitre… http://www.decitre.fr/livres/il-se-passe-quelque-chose-97... 

17/03/2017

PASSANTS… « Nous sommes tous des passants », dit Achille Mbembe, historien et philosophe…

Mbembe.jpg« Nous sommes tous des passants »… Alors pourquoi nous emprisonner dans des certitudes identitaires qui nous font nous méfier des autres et causent le racisme? Prenons conscience que nous sommes « tous des passants » et lâchons l’inutile piège identitaire. Passionnant texte d'Achille Mbembe

Tous « passants », prisonniers qui doivent se défaire des pulsions morbides des fausses appartenances. C’est à la fois vrai et incomplet...  Vrai à un niveau de haute sagesse, celle de ceux qui ont fortement la conscience du passant qui se sait éphémère sur cette terre (même si tous se savent mortels...). Cependant on naît quelque part, imprégné de l'esthétique des paysages du lieu,  des parfums de la région, des goûts des recettes.  Et nous pensons d'abord dans une langue (ou bi-langue). C'est à partir de cela que nous trouverons le goût des autres et le goût d'ailleurs... Pas en nous déracinant de notre culture au sens privatif, mais plutôt en nous enracinant dans des liens avec ce qui nous était au départ étranger. La haute sagesse d'une conscience identitaire élargie à la planète (et plus, cf. pensée du tao, par exemple) n'est pas opposée à un ancrage. Je complèterais (et corrigerais) cette profonde réflexion du philosophe par celles qui sont développées dans deux ouvrages. Celui d'Amin Maalouf, "Les identités meurtrières" (il dénonce le danger du communautarisme, mais ne voit pas comme idéale une uniformisation illusoire et pauvre...). Et celui d'Amartya Sen,  "Identité et violence" : il définit le multiculturalisme - où les cultures plurielles se rencontrent et s'enrichissent - qu'il oppose au mono-culturalisme (où les communautés sont refermées sur elles-mêmes, coupées des autres) : la pluralité culturelle traverse d'abord l'individu... Et donc, sage peut-être mais ancré, pluriel lui aussi, l'individu, loin des prisons mentales de communautés figées,  baigne dans la richesse du multiple... Je crois qu'il vaut mieux penser que tout peut se croiser et interférer.

Extrait : « Malheureusement, le propre du moment néolibéral est de libérer toutes sortes de forces obscures et perverses que l’on était plus ou moins parvenu sinon à dompter, du moins à reléguer dans le domaine des tabous dans un passé pas très lointain. Tel est le cas du racisme, mais aussi de toutes les pulsions autoritaires dont il faut  répéter qu’elles n’épargnent pas les démocraties libérales. / On ne l’a pas suffisamment fait ressortir, mais à la racine du racisme propre aux sociétés prises dans les rets du néolibéralisme se trouve la difficulté de jouir. Cela étant, les pulsions racistes sont ­devenues des pulsions de type libidinal. / Pour fonctionner, le racisme a besoin de la fiction selon laquelle il y aurait des corps purs, des cultures pures, du sang pur. Or, il n’existe aucun corps humain qui soit pur, diaphane. En matière de corps, de religion, de culture ou de sang, le blanc n’existe tout simplement pas. Tous les corps sont gris ocre et obscurs. Et c’est ce qui fait d’eux des corps vivants et humains, et à ce titre poreux, ouverts sur ce qui les fait vivre, sur la chair du monde. »

Lien, Le Monde, 24-01-17... http://mobile.lemonde.fr/idees/article/2017/01/24/nuit-de... 

Achille Mbembe a publié un essai sur les nationalismes, et leur lien avec l’évolution autoritaire des pouvoirs, les passions guerrières, la violence. « Politiques de l’inimitié », 2016. Vers un au-delà de l’humanisme. Page de l’éditeur : http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Politi...

10/02/2017

Nous "respirons" la pourriture de la haine raciste...

El Pais... .jpgUn peu d'espagnol... "No somos racistas", El Pais semanal, 05-02-16. Chronique d'un écrivain, Manuel Rivas (poète et essayiste) sur le racisme dans l'univers du football, au sujet du départ probable d'un homme (Carlos Arturo Sánchez Roja) qui ne supporte plus d'entendre des insultes racistes. Car "nous respirons les insultes racistes", ce qui signifie que nous sommes atteints psychologiquement et physiquement, que cela pourrit notre réalité, que nous soyons visés ou témoins. Ainsi, ici, à travers le témoignage du jeune agressé à Aulnay, nous respirons la pourriture de la haine raciste. Et nous ne pouvons qu'ériger le mur de notre refus, comme l'auteur dans son article, et comme celui dont il dit le choix…

El Pais semanal, « Nous ne sommes pas racistes »… http://elpaissemanal.elpais.com/columna/manuel-rivas-no-s... 

 

23/11/2016

"Habiter poétiquement le monde", Poesis.

HABITER-LE-MONDE-POETIQUEMENT-COUV-300dpi2-668x1024.gif« Riche en mérites, mais poétiquement toujours, / Sur terre habite l’homme. »

                           Friedrich Hölderlin

(Exergue de l’anthologie-manifeste réalisée par Frédéric Brun, et dont le titre s’inspire de cette pensée d’Hölderlin. Formule, non, bien plus. Fragment d’un poème, « En bleu adorable », et vision-programme.)

...

« …Il faut, sans innocence et naïveté, certes, dépasser ses doutes pour s’offrir un chemin de résistance. » 

                                          Frédéric Brun

(Avant-propos de l’anthologie, « chemin de résistance », car il n’est pas évident de suivre avec optimisme la formule d’Hölderlin. Le manifeste que veut être cette anthologie tient compte des difficultés d’un monde traversé par des laideurs qui peuvent masquer sa beauté, sa possible beauté. Résister par un acte de lucidité, un retour sur soi, une volonté de métamorphose. Pour créer un monde plus juste il faut d’abord se mettre en situation de refus. Résistance contre ce qui doit être refusé, et résistance contre la part amnésique de soi, oublieuse de son essence. Ensuite, alors, créer et agir.)... http://www.poesis-editions.fr/habiter-poetiquement-le-mon... 

...

Cette anthologie, très ample (pas loin de quatre cent pages, 367 exactement) ne donne pas à lire des poèmes (sauf fragments de citations), mais des textes « sur » la poésie. Principalement des écrits de poètes sur leur art, mais pas uniquement : penseurs qui sont proches de la poésie, pour en être lecteurs attentifs, ou pour avoir une conception de leur écriture qui s’en rapproche, et personnalités qui, par leur vision et leur action, tentent de définir ce que peut être « habiter poétiquement le monde ». Ainsi Pierre Rabhi est présent, au même titre que Gaston Bachelard ou Hubert Reeves. 

Des poètes présents dans cet ouvrage je retrouve beaucoup de mes propres références. Ainsi, dès l’avant-propos, et dans la table des matières, je vois mentionnés des noms qui sont aussi sur les rayons de ma bibliothèque (mais je ne les citerai pas tous…). Voici : Joubert (celui des « Pensées »), Baudelaire, Dickinson, Rimbaud, Mallarmé, Rilke, Valéry, Tagore, Pessoa, Tsvetaeva, Artaud, Michaux, Paz, Chedid, Borges, Neruda, Bonnefoy, Aleixandre, Juarroz, White, Glissant, Adonis, Sedakova, Deguy, Cheng, Midal (dont j’apprécie les textes dans la revue « Ultreïa »), Bobin (que je retiens à la mesure des résistances que certains lui opposent au nom d’une fausse rationalité confondue avec l’aveuglement arrogant), Bianu, Velter, Siméon… et d’autres. 

J’aurais ajouté certains noms (Nerval...?!), comme celui de Jabès, par exemple…! Camus manque aussi, et Lorca (son texte sur El duende…!). De même Levis Mano, poète et éditeur génial… Et Maria Zambrano, philosophe espagnole, qui a écrit des pages magnifiques sur la poésie…? Et Anna Akhmatova? J’aurais trouvé le moyen de placer Antonio Porchia… Les « trous » dans mon abécédaire idéal peuvent être dus à une volonté de cohérence intérieure, autre que celle que je projette…

(Mais ce n’est pas mon anthologie… et elle est d’une telle richesse que je reviens à mon objectif : picorer, dans l’ordre, des citations, pour me faire, en feuilleton, notes après notes, comme cela viendra, une anthologie miniature… de l’anthologie. Ainsi, partager un plaisir de lecture, en donnant des bribes, pour mener vers la lecture du livre entier ceux qui auront été séduits par l’entreprise - ce considérable travail de lecture et recherche qui a été produit par Frédéric Brun… Mais l’objectif complémentaire, mais pas secondaire, est d’être passeur de ces messages qui ont un sens politique, bien au-dessus des batailles des égos politiciens. Comme le dit Pierre Rabhi, une façon aussi de faire ma part, ce qui est à la source de la raison d’être de ce blog, et de tout ce que je peux écrire, là ou ailleurs…). 

Pour l’instant je ne vais citer, ci-dessous, que l’avant-propos. Puisque « habiter poétiquement le monde » définit tout autant une conception de la manière de choisir de vivre sur cette planète pour le temps qui nous est réservé que de la manière de concevoir le rôle de la poésie, cette écriture spécifique qui manie les mots mais vient d’un regard particulier d’êtres qui engagent une éthique de vie. Regard, âme, spiritualité, conscience… sont des termes qui peuvent aider à traduire ce qu’est l’expérience poétique, ses liens avec le quotidien banal et la hauteur d’une perception de ce qu’est « être », pas seulement exister. En fait, la mystique (que plusieurs assument en tant que telle pour exprimer ce qu’est leur itinéraire entre ciel et terre) rejoint l’écologie et la politique. Non la politique partisane, mais l’engagement d’un Hugo. Non l’écologie comme une mode sans remise en question profonde, mais une écologie qui est tout autant écologie de soi-même - comme l’affirme Michel Deguy, transformation intime, pas vers autre chose (lire Pierre Rabhi..)…

L’autre nom majeur, ici, fondateur, en dehors d’Hölderlin, est celui de Kenneth White, car si éthique il y a, c’est bien dans la pensée de ce très grand poète, dont l’ambition n’est pas, pourtant, d’être cela (un « grand poète » reconnu, ou simplement connu) mais d’impulser une pensée du monde, dans le monde, solidaire, une « géopoétique » d’êtres incarnés, soucieux de leur planète, et conscients de leur place dans le cosmos. 

Consulter ce site : http://www.kennethwhite.org/geopoetique/   

Et celui-ci : http://www.oeuvresouvertes.net/autres_espaces/white.html 

Pour Kenneth White, « la poésie commence par un refus radical du monde », le monde tel qu’il est, fait par les hommes, pour l’injustice, la violence et la haine (ou l’ennui). Monde mobile, inachevé, il est là pour qu’on le crée et qu’on se crée en même temps, et ainsi qu’on crée les liens avec les autres humains, à la mesure de notre connexion cosmique, puisque nous sommes part du cosmos et devons nous en souvenir, pour devenir qui nous sommes… 

De Kenneth White j’ai envie de copier un poème du recueil « La résidence de la solitude et de la lumière » (William Blake and co, 1978). Car il dit une intention principale, sur quels refus se fonde sa démarche essentielle, et donc sur quelle création fondamentale et fondatrice : 

« Travaillant et retravaillant

   les mêmes textes

   jour après jour

   perdant tout sens

   de ‘production’ et de ‘publication’

   toute idée d’une ‘réputation’ à forger

   engagé plutôt dans quelque chose

   — loin de toute littérature —

  que l’on pourrait pertinemment nommer

  un yoga poétique » 

(Sagesse humble, humble du vrai orgueil d’être, qui devrait être méditée par pas mal de gens qui jettent en pâture des écrits trop imprégnés d’une ambition qui suinte entre les mots et les pages, et nous fait remporter  certains livres achetés par erreur, vers des circuits moins exigeants… Car alors l’âme est désertée, il ne reste que le vide un peu trop « littéraire », au très mauvais sens du terme  ).

Je reviens donc à l’avant-propos de Frédéric Brun (une dizaine de pages).

Après avoir cité de nouveau Hölderlin : « Et pourquoi des poètes en temps de détresse? », il rappelle que « l’habitat poétique exige une éthique », pour laquelle l’homme doit cesser de mettre l’économique en première place, et donc changer de priorités « pour retrouver l’essence de son existence ». Pour cela, notamment, se nourrir de beauté, regarder (« s’en inondant l’âme et les yeux »). Et il conclut : « Cette attitude poétique pourrait, si nous étions plus nombreux à l’adopter ou au moins à en prendre conscience, devenir également un acte politique et écologique qui participerait au changement du monde. » 

03/10/2016

Ni avancer, ni reculer. Avancer et reculer…

poesis,être présence,zen,tsai chih chung,tao,sagesses,spiritualité,alep,syrie,b.d.,bande dessinée,vipassana,goenka,joie,douleur,violenceJ’ai lu (diffusée par Etre Présence, sur Facebook) une page de BD. Tsai Chih Chung, reprend une sorte de koan zen d’un maître nommé ici Fayun… qui dit qu’il  ne faut ni avancer ni reculer, mais avancer ET reculer. Avancer, est-il écrit, c’est perdre le Tao, reculer perdre la manifestation, la vie, ne rien faire c’est être comme la pierre… 

poesis,être présence,zen,tsai chih chung,tao,sagesses,spiritualité,alep,syrie,b.d.,bande dessinée,vipassana,goenka,joie,douleur,violenceCe paradoxal enseignement de sagesse en bande dessinée (non dénué d'humour...) correspond à mon état d'esprit, en ce moment en tout cas. En fin d'après-midi, alors, je lisais (pause café en terrasse, comme j'aime). Et, sur ma table, les journaux avec un fatras d'horreurs et, quand même, des faits plus souriants. Mais la pensée de la Syrie, Alep, en arrière-plan de toutes les phrases. Après les journaux, plongée dans deux livres (relecture). Dans l'anthologie de Poesis, "Habiter poétiquement le monde", un texte d'Hölderlin, pages 23-24, et dans ce texte une phrase, dont je note la première partie : "C'est par la joie que tu t'efforceras de comprendre le pur en général, les hommes et tous les êtres...". La joie. Le message de toutes les sagesses. Et si loin des émotions liées à l'actualité. L'autre livre, de Goenka sur la méditation Vipassana (qui ne demande qu'être là, respirer, et, surtout, observer ce qui est ressenti : je résume...). page 129 (poche, Points Sagesses), il est écrit ceci, à propos des pensées qui viennent, interrogations, doutes, etc. : "Tout cela est le travail de la surface de l'esprit, mais la partie la plus profonde de l'esprit n'a rien à voir avec tout cela". (Et il relie la profondeur aux sensations perçues puis dissoutes, car la souffrance est notre propre création...). Et, dans cette BD, ce message : ni avancer, ni reculer, avancer ET reculer. La joie à l'horizon, dans ces trois lectures. A l'horizon de la poésie, si elle échappe aux rumeurs médiocres ressassées par l'esprit (et ce n'est malheureusement pas toujours le cas...). A l'horizon de la méditation. A l'horizon des espoirs de paix, du regard solidaire, contre la haine. Sauf que, rappelle la science (cf. article du Monde daté 30-09, signé par Nathaniel Herzberg) "La violence humaine s'enracine dans l'arbre de l'évolution". (Bien sûr, mais nous avons aussi en nous un autre centre, qui refuse de se limiter à cet enracinement...). Donc, malgré tout, croire en la joie. Et tenter l'harmonie... (J'hésite entre point d'interrogation et points de suspension...). Donc : ...???  Comment traduire cela pour penser l'actualité sans se perdre, c'est cela qui importe, et il y a matière...

Les bandes dessinées de Tsai Chih Chung qu'on peut trouver à la FNAC (par exemple) : http://recherche.fnac.com/ia312443/Tsai-Chih-Chung

Poesis éditions : http://www.poesis-editions.fr

05/04/2016

"Dieu par la face Nord"...

DIEU.gifL’article (Le Monde, lecture, par Emmanuel Carrère) n’est pas lisible intégralement en ligne… Dommage. La réflexion rejoint celle d’Abdennour Bidar, je trouve, par cette recherche d’une rationalité dans un au-delà de la religion et de l’athéisme. Emmanuel Carrère parle avec enthousiasme d’un livre qu’il dit avoir lu trois fois et vouloir relire, tant il est enrichissant. Livre… sur Dieu, de quelqu’un, Hervé Clerc, qui n’est croyant d’aucune religion (mais peut avoir le « goût » de certaines, par attrait pour ce qu’elles expriment de sens ou recherche de sens, de ce mystère des questionnements humains, de l’intériorité humaine). Ni croyant, ni athée, agnostique, mais pas de ceux qui sont indifférents à ce qui participe de l’interrogation métaphysique : « Qu’est-ce que je fais là? Et c’est quoi "je"? Et c’est quoi "là"?». La face Sud de Dieu ce serait l’image populaire transmise par les religions, le personnage mythique et simple qui ne répond pas aux questions essentielles. La face Nord ce serait l’intangible qui n’a plus de visage, qui n’est plus rien de ce que les religions veulent nommer. Peut-être plus proche de ce que les mystiques fréquentent et dont les agnostiques ne se moquent pas car l’humilité du non-savoir ne se satisfait pas de la dérision… Cette pensée rejoint une sagesse questionnante, fascinante quand elle repense nos crises comme une sorte de marche vers une modernité qui dépasse le « Dieu est mort » de Nietzsche pour nous faire accéder à un autre devenir du sens. Notre pensée collective inconsciente est peut-être en train de construire une autre approche de l’ontologie fondamentale. Notre réalité, malgré toutes les horreurs qui submergent émotionnellement, est peut être moins sombre que ce que l’on croit. Je relève un passage de cette ample (et passionnante) recension : « Je pense que c’est un livre essentiel, qui pressent quelque chose qui est en train d’advenir et qui est tellement grand qu’on ne peut pas le voir : ce qui se lève et grandit au crépuscule de Dieu, la face nord. » En tout cas, moi, demain, je vais chez mon libraire… http://www.lemonde.fr/livres/article/2016/03/23/l-ascensi... 

Document de l’éditeur, éd. Albin Michel. Citations : « Le mot dieu est ambivalent. Il a un adret et un ubac. Une face sud et une face nord. » (…) « Dans une démarche et un style uniques en leur genre, Hervé Clerc nous invite à un voyage ascendant vers une réalité ineffable et cachée, qui a peu de chose à voir avec le « Dieu » que l’on nie ou confesse habituellement. »... http://www.albin-michel.fr/multimedia/Documents/espace_jo...

ROY.jpgDeuxième passage de cette chronique, qui donnera envie de lire deux autres ouvrages. Celui d’Emmanuel Carrère, qu’il mentionne, pour son rapport avec la « conversation » menée à deux (recherches et écritures tissées par l’amitié).  Celui d’Hervé Clerc, essai sur le bouddhisme de quelqu'un qui n’est pas bouddhiste. Parcours qui peuvent se faire en marge, parallèlement (pour ceux qui aiment croiser leurs lectures), ou pour préparer la fréquentation de la pensée d’Hervé Clerc (dont j’avais aimé « Les choses comme elles sont »). 

CITATION : « Dans mon livre, Le Royaume (POL, 2014), j’ai essayé de tracer son portrait et de faire entendre l’écho de la conversation que nous poursuivons depuis vingt-cinq ans, tout en marchant sur les sentiers de montagne du Valais. Dans cette conversation, je tiens le rôle de l’agnostique, et lui – du « croyant » ? Vous n’y êtes pas. Vous n’y êtes pas plus que cette personne à qui je recommandais son livre sur le bouddhisme, Les Choses comme elles sont (Folio, « Essais », 2011), et qui me disait : « Mais alors, il est bouddhiste, ton ami ? » Non, il n’est pas bouddhiste. Il n’est pas davantage hindouiste ni musulman, bien que son nouveau livre poursuive l’enquête à partir des noms de Dieu dans l’hindouisme et l’islam. »

CHOSES .jpgVoir aussi, sur le livre d’Hervé Clerc, « Les choses comme elles sont », la page de l’éditeur: http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-e... 

… Et cette lecture, riche recension, de Sébastien Barbara : http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article417 

Sur « Le Royaume », voir la critique d’un blog hébergé par l’Express (« Les 8 plumes »), rappel sur le fait que ce livre qui parle de religion est écrit par quelqu’un qui est sorti de la religion, mais dit être « troublé » par le fait d’avoir cru (et donc avoir envie de questionner la croyance et ce qui fait sa matière) : http://blogs.lexpress.fr/les-8-plumes/2014/10/30/21725/ 

© MC San Juan (TramesNomades)

16/02/2016

KAMEL DAOUD, voix essentielle, grande conscience. Polémiques destructrices causées par des censeurs...

kamel daoud,daoud,pensée,idéologie,polémiques,religion,islam,islamisme,intégrisme,islamophobie,censure,censeurs,bien-pensance,bien-pensants,sexualité,misère sexuelle,monde arabe,occident,tabous,guerre du silence,soraya addi,blog,journaldunebougnouleeclaireeVoix essentielle... Kamel Daoud.

Que ce soit dans Le Quotidien d'Oran (cf. illustration), ou que ce soit sur d'autres supports, on lit... pour plus de lucidité, pour un miroir qui nous renvoie des questions souvent douloureuses. Pour plus d'être. Voir ici ses chroniques reprises sur djazairess.com : http://www.djazairess.com/fr/author/Kamel+Daoud

 .

Choquée en lisant dans Le Monde une tribune hostile (agressive, violente, fermée), et attristée en lisant sa réaction, car on y lisait la lassitude de l’auteur devant l’incompréhension malveillante, j’ai posé un commentaire au post publié, m’adressant à lui, comme d’autres internautes, lecteurs. Puis j’ai repris ce commentaire, tel que, en le modifiant à peine, juste en l’adaptant aux destinataires. (mediateur@lemonde.fr et courrier-des-lecteurs@lemonde.fr). Faire passer le message au journal. J’ai précisé que j’en faisais une copie sur mon blog. 

Et c’est ceci : « Tristesse, immense, en lisant la tribune contre Kamel Daoud (sans aucun commentaire du Monde, qui n’aurait pas dû publier cela…). Et tristesse immense en lisant la chronique de Kamel Daoud, où la lassitude est telle devant toutes ces attaques que celui qui a été primé meilleur journaliste (mais est aussi la cible d’une menace de mort)  serait prêt à tout arrêter. On a tous besoin de grandes consciences. Et il en est une, majeure. Il est un des grands esprits algériens, qui fait honneur à la fois à ce pays, à la francophonie, et à l'humanité libre de penser. Ceux qui ont signé cette abjecte tribune (qui se disent intellectuels, affichant leurs titres, mais qui apparemment ne savent pas lire puisqu'ils n'ont rien compris) sont les complices objectifs des intégristes. (Et le Monde avec eux, en leu donnant cet espace). C’est grave d’'avoir accepté de publier cette infamie signée à plusieurs. Nous sommes dans une période où les aveugles et les complaisants règnent. Nous devons tous nous dresser, chacun comme il le peut, contre l'obscurantisme (et tous ses visages) : écrivains, blogueurs, poètes, artistes. En signant. ll y a bien plus de gens qui le lisent et le soutiennent que de gens comme ces auteurs d'une lâche tribune, ces infirmes de la pensée. Ils ont fait une faute grave. "Toute l'eau de la mer ne suffirait pas à laver une tâche de sang intellectuelle" a écrit Lautréamont. La leur ne sera lavée par rien, sauf par l'aveu de leur ignorance et de leur faillite idéologique. Et celle du Monde? »

….

Donc, je reprends ici les textes de Kamel Daoud. Et deux réactions (de deux femmes) qui s’opposent aux censeurs « bien-pensants »… 

La chronique de Kamel Daoud, suite aux attaques ignobles (tribune parue dans Le Monde, après la sienne, et déformant le sens de ce qu’il disait). « Lettre à un ami étranger » : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224963  

CITATION : « J'ai longtemps écrit avec le même esprit qui ne s'encombre pas des avis d'autrui quand ils sont dominants. Cela m'a donné une liberté de ton, un style peut-être mais aussi une liberté qui était insolence et irresponsabilité ou audace. Ou même naïveté. Certains aimaient cela, d'autres ne pouvaient l'accepter. J'ai taquiné les radicalités et j'ai essayé de défendre ma liberté face aux clichés dont j'avais horreur. J'ai essayé aussi de penser. Par l'article de presse ou la littérature. Pas seulement parce que je voulais réussir mais aussi parce que j'avais la terreur de vivre une vie sans sens. Le journalisme en Algérie, durant les années dures, m'avait assuré de vivre la métaphore de l'écrit, le mythe de l'expérience. J'ai donc écrit souvent, trop, avec fureur, colère et amusement. J'ai dit ce que je pensais du sort de la femme dans mon pays, de la liberté, de la religion et d'autres grandes questions qui peuvent nous mener à la conscience ou à l'abdication et l'intégrisme. Selon nos buts dans la vie. /  Sauf qu'aujourd'hui, avec le succès médiatique, j'ai fini par comprendre deux ou trois choses. / D'abord que nous vivons désormais une époque de sommations. » Suite sur la page du journal…

La chronique précédente qui a déclenché les foudres des censeurs autosatisfaits. Kamel Daoud montrait le double jeu de renvois fantasmatiques, pour démonter les pièges idéologiques, tout en affrontant les questions, refusant le déni de réalité  (des uns) et les projections racistes (des autres). « Cologne, lieu de fantasmes », Le Monde, 31-01-16  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/31/cologne-li... 

Il a publié aussi une réflexion sur la sexualité et le rapport aux femmes, NYTimes, 14-02-16, « La misère sexuelle du monde arabe ». (Refuser les tabous, regarder en face les situations, causes et conséquences). Texte en français : http://www.nytimes.com/2016/02/14/opinion/sunday/la-miser... 

Un autre texte de Kamel Daoud me semble important, dans ce débat. Car c’est bien la question du sujet de la conscience qui est en jeu ici. On veut enfermer l’auteur dans des silences exigés par le « nous », la communauté, l’appartenance figée, et lui interdire la pensée du « je ». (Alors que, comme l’inscrit la blogueuse en exergue, nous sommes pluriels, et que comme l’analysent Amin Maalouf et Amartya Sen dans leurs livres, nos identités ramenées à des singularités obligatoires sont des prisons.)

Ce texte est celui-ci, "Le procès permanent du 'je' par le 'nous'" : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224664 (Citations : « Le crime est celui d'avoir donné de l'encre à la voix ou d'avoir écrit ce que chacun dit. Le crime est la dénonciation de l'entre-nous, la transgression du murmure clandestin de sa propre culture. Le crime est la voix et le porte-voix. /  Et cela vous use. /Sous l'inquisition d'un Occident en pleine errance d'âme, qui essaye de trouver en vous le chamane de ses angoisses, le témoin de ses convictions peureuses et la preuve de ses théories sur l'Autre. / Sous l'inquisition des siens qui vous lapident pour votre singularité, ne comprennent pas le ‘je’  dans l'étable du ‘nous’ dominant, ne s'expliquent pas votre vision sauf sous l'angle de l'alimentaire, ne peuvent voir plus loin que la théorie du complot et la salive de l'âge d'or mort et enterré. / Piégé, sommé, obligé, repoussé, brûlé, incompris et soupçonné ou trop coloré et aromatisé comme un exotisme trop convenant. / Texte tarifé ou sommation du groupe. » (…) « C'est alors que l'épuisement guette la clairvoyance. ».

Et j'ajoute ce lien, sa réflexion sur les fascismes, entretien, dans Le Devoir  http://www.ledevoir.com/culture/livres/456378/tous-les-fa... 

...

La chronique sur Cologne a donc déclenché l’hostilité de gens se déclarant anthropologues, historiens, sociologues (cela ne donne pas une bonne idée de ce que peuvent être ces sciences humaines dans les mains de tels signataires…). Leur texte : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/11/les-fantas... (MISE à JOUR, 23-02-16. Mais QUI sont-ils vraiment? Lire cette note sur l'identité idéologique des signataires en question... http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. ») 

Voici une réaction à cette tribune hostile à Kamel Daoud. Par une juriste, Soraya Addi, qui insiste aussi sur le ridicule d’un chroniqueur condescendant qui s’exprime dans Algérie-Focus, pour défendre, en fait, la loi du silence et critiquer Kamel Daoud). Nouvel Obs, LePlus: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1482058-kamel-da...  (CITATION / « Que l'on soit d'accord ou non avec les articles "Cologne : lieu de fantasmes" et "La misère sexuelle du monde arabe", on ne peut nier que Kamel Daoud a permis, dans un éclat international, d'ouvrir le débat sur un sujet enfermé dans un silence de plomb et qui ne pouvait être abordé qu'à l’extérieur du monde musulman mais qui, grâce à sa traduction en arabe par le "New York Times", atteindra le premier public concerné. Car il est nécessaire que les sociétés musulmanes modérées prennent conscience du profond malaise que génère le tabou du sexe afin de combattre les clichés dévastateurs propagés par les islamistes. Et ni la peur de l’islamophobie occidentale, ni la honte du regard extérieur posé sur les souffrances du monde arabe ne devraient être des obstacles à ce combat. ») 

Une autre réaction, une femme encore, une blogueuse qui met en exergue de son blog ses identités plurielles : « La dangereuse guerre du silence faite à Kamel Daoud sur la terre de la liberté d’expression » : https://journaldunebougnouleeclairee.wordpress.com/2016/0...  (CITATIONS :  « Chers Mesdames et Messieurs les anthropologues, historiens et sociologues bien-pensants, permettez-moi tout d’abord de vous dire que vous avez tort. En tant que femme, musulmane, française de naissance, algérienne ayant vécu une décennie en Algérie, permettez-moi de vous dire que vous avez tort. L’islamophobie que vous devriez combattre n’est pas celle de Kamel Daoud mais la vôtre. En effet dans son premier texte, comme dans le second publié par le New York Times « The sexual misery of the Arab World », M. Daoud ne blâme pas l’Islam pour le rapport malsain des musulmans au sexe, mais l’Islamisme. Or dans votre lecture hâtive vous avez fini par assimiler ces deux très différentes notions, et c’est cela l’Islamophobie. » (…) « La France est un pays qui n’aime pas les tabous, et pourtant ici comme ailleurs, il y a culturellement des choses qui se ne disent pas. Or dire que le monde musulman a un rapport malsain au sexe n’a rien de choquant, certaines femmes sont cachées sous des draps sombres, il n’y a pas de preuve plus criante que cela. C’est un appel nécessaire qui aspire à un changement aujourd’hui vital. »)