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10/02/2019

CITATIONS. L'intellectuel et l'actualité...

citations,intellectuel,jean-claude milner,albert camus,erri de luca,jean sénac,maría zambrano,révolte,fanatisme,liberté de parole,fascisme,boris cyrulnik,charlie hebdo,antisémitismeDes CITATIONS (de MILNER, CAMUS, DE LUCA, SÉNAC, CYRULNIK, ZAMBRANO, plus une phrase de l'éditorial de CHARLIE HEBDO, daté 20-02-19, texte intégral lisible en ligne, lien ci-dessous), citations que j'associe à l'actualité (complotisme, marges factieuses des GJ, recrudescence d'un antisémitisme assumé et affiché - souvent déguisé, d'ailleurs, en antisionisme...). Et (mise à jour du 1er mars 19), Romain GOUPIL, citation d'une tribune sur fascisme et anti-fascisme (alliance jaune-rouge-brun...).

... "La fonction politique de l'intellectuel c'est d'aller où la société ne veut pas ; c'est d'être impopulaire."   Jean-Claude Milner (entretien avec Philippe Lançon, Libération, 20-21 juillet 2002...)

... "Il est donc nécessaire d'éclairer les définitions pour désintoxiquer les esprits et apaiser les fanatismes, même à contre-courant." 
Albert Camus (Avant-propos, Chroniques algériennes)
 
"Quand le ressentiment supplante la révolte, alors l’on voit se lever partout la cohorte ricanante de ces petits rebelles, graines d'esclaves, qui finissent par s'offrir, aujourd'hui, sur tous les marchés d'Europe, à n'importe quelle servitude."
Albert Camus, L'Homme révolté
 
... "Le 28 janvier 2015, dans la salle du tribunal de Turin, ce n'est pas de la liberté de parole qu'on débattra. Celle qui est obséquieuse est toujours libre et appréciée. C'est de la liberté de parole contraire, inculpée pour cette raison, qu'on débattra."
Erri de Luca (La parole contraire)
 
... "Je suis du XXème siècle… Un siècle qui m’a formé, déterminé. Un siècle cyclope, gigantesque et aveugle. Qui ne permettait pas de tourner le dos." 
Erri De Luca, entretien, Le Monde des livres, 15-02-19
(mise à jour de la note, le 23-02-19, car le XXI ème siècle, aussi, ne permet pas de « tourner le dos »…).
 
"Une vraie culture ose et risque."
Jean Sénac (Lettre à A.Taleb, citée dans « Assassinat d’un poète » de J.P. Peroncel-Hugoz
 
... "Je m’indigne qu'on nous demande de nous indigner parce que l’indignation est le premier temps de l’engagement aveugle. Il faut nous demander de raisonner et  non de nous indigner." 
Boris Cyrulnik, neuropsychiatre (en réponse à une demande du Monde, interrogeant diverses personnalités au sujet de leurs indignations, suite au livre de Stéphane Hessel, dont le titre était une injonction (« Indignez-vous ! »…). Le Monde, 03-01-2011 
 
... FASCISME… 
« Le fascisme prétend être un commencement, mais en réalité il n’est que la rage impuissante à retrouver l’issue d’une situation insoutenable ; rage qui s’accroche à ses propres limites. Ce qui est grave dans le fascisme, ce qui le conduit au crime, c’est qu’il se cramponne à des limites, qu’il est rébellion et violence dans son refus d’abandonner une position par ailleurs insoutenable.
Le fascisme se produit dans une situation sociale et économique déterminée, sans doute. Mais le fascisme, ce sont les fascistes qui le font, et il y a un 'homme fasciste’, avec ses caractéristiques, que nous pourrions reconnaître même si nous le trouvions sur une île déserte ; il y a un fonctionnement fasciste des sentiments, et surtout des sentiments ‘reconnus’ ou traditionnels ; il y a un fonctionnement fasciste de l’intelligence ; une utilisation du pouvoir de l’intelligence et surtout le pouvoir de masquer, de falsifier, que possède l’intelligence. »
(…) « La conscience historique...» (...) « Le fascisme apparaît sur cette conscience de l’historique et il l’utilise tout en la masquant.» 
(…) « Il y a une écorce dans le fascisme, il y a un noeud étranglé dans l’âme du fasciste qui le ferme à la vie. » (…) « Le fascisme a élevé un culte aux ‘faits’ mais il commence par éluder tout fait, le créant par sa violence ; nous pourrions dire qu’à l’exemple du criminel il ne croit qu’au fait qu’il accomplit. C’est le même mépris de l’ordre des choses et des choses mêmes. Et c’est ce qui fait que le fascisme non  pas commette des crimes, mais soit lui-même un crime : parce qu’il oeuvre sans reconnaître d’autre réalité que la sienne, parce qu’il fonde la réalité sur son acte de violence destructrice. »
(…) « Le fascisme » (…) « sort comme une aveugle explosion de vitalité qui jaillit du désespoir profond, irrémédiable, de la méfiance totale et absolue avec laquelle l’homme regarde l’univers. »
(…) « L’intelligence fasciste » (…) « Il s’agit d’une superposition élémentaire de pensées faciles, ayant un certain éclat, sur des problème et des angoisses authentiques. » (…) « Et l’éviction suprême qui consiste à faire mention de choses vraies qui étaient (…) d’énormes mensonges. »
María Zambrano (1904-1991), philosophe et essayiste espagnole, disciple de José Ortega y Gasset.
"Les intellectuels dans le drame espagnol" / "Sentiers", éd. Des femmes, 1992
(réflexion valable dans tous les cas, donc  ici et maintenant)
 Page de l'édition, Des Femmes... https://www.desfemmes.fr/essai/sentiers/
....
... (Mise à jour, 23-02-19). Le numéro de Charlie Hebdo du 20 février contient plusieurs articles importants. 
ÉDITORIAL… « Antisémites à tous les étages ».
(Lire la fin de l’éditorial à la lumière de l’analyse de María Zambrano. Je relève ceci : "Certains dans la rue semblent ne plus avoir de limites éthiques à l'expression de leur rage."). Le numéro du 6 février mettait notamment l'accent sur la critique de RT (Russia Today), la (complotiste) "voix du Kremlin", et sur AJ+, la voix du Qatar (Focus du mois, en ligne)... Sites de propagande (considérés par certains comme "alternatives" pour s'informer...).
.........................
... (Mise à jour, 1er mars 19). Le Monde, Romain Goupil (cinéaste), journal papier daté 1er mars 19 (web daté 28-02-19), "L’alliance jaune-rouge-brun menace la démocratie" (titre journal papier)...Tribune, pages Idées.
"Si vous placez sur un pied d’égalité Emmanuel Macron et Marine Le Pen, alors vous êtes un ex-antifasciste. De même si vous entretenez le flou autour des travailleurs étrangers qui viendraient manger le pain des Français. Si vous éructez des diatribes nationalistes anti-allemandes, anti Merkel. Si vous avez de la complaisance pour Poutine et des doutes sur l’utilisation de l’arme chimique par Bachar Al-Assad. Si vous êtes contre les ‘médias pourris’, les journalistes 'vendus aux milliardaires’. Si vous approuvez des messages de haine comme ceux de François Ruffin contre Emmanuel Macron, si vous vous délectez de ce langage d’insultes et de mensonges, c’est que vous êtes un ex-antifasciste.
Et si vous balancez un cocktail Molotov dans une voiture de police, si comme à Puy-en-Velay (Haute-Loire) le 1er décembre, vous bloquez les pompiers pendant que les fonctionnaires sont coincés dans l’incendie de la préfecture et que vous leur criez ‘vous allez griller comme des porcs’, c’est que vous êtes de la graine de fascistes."
 
MC San Juan

16/12/2017

Alain Finkielkraut, celui que certains aiment détester... "Terrain miné" ?

FINKIELKRAUT 1.jpg« …Lorsqu’il  m’arrive de perdre mon sang-froid, c’est parce que je suis la cible  favorite de ceux qui n’ont que le mot “changement” à la bouche et pour qui rien ne bouge. »

Alain Finkielkraut

« En terrain miné ». Dialogue épistolaire avec Elisabeth de Fontenay). La page de l’édition…

(Citation éclairante, au sujet des humeurs d’Alain Finkielkraut, qui lui font parfois réagir vivement, maladroitement donc… Réponse indirecte à la polémique récente, et à d’autres…)... http://www.editions-stock.fr/en-terrain-mine-9782234083424 

Oui, la citation de Houria B. par Finkielkraut manquait de guillemets oraux ou écrits, mais la dérision portait sur les termes de ce vocabulaire racialiste qui n'est pas celui de Finkielkraut mais bien du PIR (dit-il)... Le constat qu'il faisait des présences des uns ou des autres n'était pas complètement faux, tout moqueur qu'il soit, même si ceux qui ont montré de l'émotion à la mort de Johnny Hallyday,  sans être forcément dans la rue, mais en écrivant, appartenaient à des communautés diverses. (Superbes hommages que j'ai partagés ici, preuve s'il en est). Mais faire de Finkielkraut un raciste de la même veine que ceux du PIR, c'est aussi stupide que de faire de Camus un "terroriste" (Camus est banni des bibliothèques turques pour ce qualificatif et pour ses idées que les résistants à la dictature d'Erdogan utiliseraient...). C'est de la mauvaise foi (ce qui se produit quand on détermine ses positionnements idéologiques avec des arguments qui déguisent et masquent  les raisons réelles, plus ou moins inconscientes - mais pas toujours inconscientes...). Finkielkraut dérange surtout parce qu'il refuse les dénis et dénonce l'antisémitisme (réel, ample, puisque le tiers des agressions racistes sont antisémites alors que les Juifs constituent 1% de la population française, agressions ayant été,  on le sait, jusqu'aux attentats meurtriers ciblés). Et s'il peut être parfois maladroit (à force d'être attaqué on a le droit de  montrer de l'humeur...) il reste l'intelligence qu'il a toujours été.  On le sait quand on l'a lu et quand on le lit. Mais ses interventions peuvent être passionnelles et ses analyses se perdre dans des détours de langage qui ratent leur but. Oui. Donc soyons lecteurs, capables de ne pas le suivre dans un pessimisme excessif (sur l'avenir) ou les négativités (regard sur le présent) tout en entendant des inquiétudes, légitimes cependant. Comme sont légitimes les critiques qu'on peut faire de ses positionnements quand il rejoint des auteurs qui devraient lui rester étrangers, par fidélité à lui-même (lire la chronique de Jean Birnbaum, lien ci-dessous).

Suis-je toujours d’accord avec Alain Finkielkraut ? Non, souvent pas du tout. Mais on peut exprimer des interrogations, des désaccords aussi, à condition de ne pas faire d’injustes procès fondés sur des interprétations erronées et des projections.

Je n’aime pas les polémiques haineuses de ceux qui visent autre chose que les termes utilisés dans un instant d’humeur. Ils auraient attaqué sur n’importe quoi, cherchant des prétextes pour nourrir une haine qui a d’autres raisons, dont l’antisémitisme de certains - de beaucoup - même masqué, ou le rejet de toute pensée qui réfute des complaisances identitaires ou idéologiques (mais parfois en tombant dans des pièges tendus en miroir, c’est vrai). Par contre je peux apprécier les réflexions critiques, et les trouver aussi nécessaires, si elles se situent dans un dialogue respectueux de l’être, quand elles viennent d’Elisabeth de Fontenay (livre à deux) ou de Jean Birnbaum. (Liens ci-dessous…). Pas de mauvaise foi, là. 

Voici la réponse d’Alain Finkielkraut lui-même à la polémique sur l’emploi du mot « souchiens », Marianne, 11-12-2017, par Thomas Vampouille… (Effectivement, on peut lui reprocher une maladresse (d’humeur, sans doute) mais lui attribuer une réelle adhésion au contenu idéologique d’une pensée empruntée à Houria Bouteldja de manière critique, c’est excessif. (Et ceux qui protestent ne sont pas toujours ceux qui ont critiqué le vocabulaire et l’idéologie du PIR)… S'il réfute c'est bien qu'il prend distance... (Et prend conscience d'une dérive de langage par imitation, provocation aux effets pervers). https://www.marianne.net/societe/souchiens-alain-finkielk... 

La chronique que je propose en lecture ci-dessous est nécessaire… Elle est de Mathieu Bock-Côté (Québec), Figaro.fr, 14-12-17… Il décrypte les attaques portées contre un intellectuel français, avec un recul qui rend l'analyse plus pertinente encore, hors passions locales... (Que ceux qui aiment détester Alain Finkielkraut lisent, eux aussi)... http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2017/12/14/31002-2017121...

LIENS complémentaires, dont réflexions critiques… 

« De quoi Alain Finkielkraut est-il le nom? », Le Point, 02-05-2014, par Sébastien Le Fol… http://bit.ly/2j6rKTx 

« Cinq livres clés de Finkielkraut », Le Point, 11-04-2015, par Thomas Mahler … http://www.lepoint.fr/politique/5-livres-cles-de-finkielk... 

Elisabeth Badinter, « L’équation Finkielkraut = Zemmour = FN est absurde », Le Point, 11-04-2015… http://bit.ly/2k2JOiv 

 « En terrain miné ». Livre de dialogue, introduction et extraits. Par Anne Rosencher. « Elisabeth Fontenay et Alain Finkielkraut : Ce qui nous oppose »… Amitié malgré des désaccords (et nourrie par eux). L’Express, 07-09-2017… http://bit.ly/2k4RDnO 

« Alain Finkielkraut joue avec le feu ». Par Jean Birnbaum, Le Monde, 23-10-2013 . Une critique d’autant plus intéressante qu’elle part de la lecture attentive et critique des textes d’une oeuvre qu’il connaît bien (ici d’un livre surtout, précisément), sans acrimonie personnelle, en disant une inquiétude sur des proximités avec des idéologues qui n’aident pas à penser. Il pose la question d’une trahison de l’auteur par lui-même, en comprenant les racines d’une évolution avec laquelle il n’est pas en accord du tout. Mais il ne rejette pas tout des questionnements et de leurs raisons… Passionnante chronique, où Alain Finkielkraut n’est pas une cible (comme souvent ailleurs) mais un auteur traité en interlocuteur problématique par certains aspects. Jean Birnbaum peut être dur, mais pas injuste… http://lemde.fr/2kBFh63 

Fiche wikipediahttps://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Finkielkraut

.........

MISE à JOUR, 18-12-17. Chronique. Sarah Cattan répond avec humour (et plus) à la polémique autour d’Alain Finkielkraut. Tribune juive, 17-12-17… http://www.tribunejuive.info/opinions/finkie-mets-nous-de...

01/07/2017

Derrida : "J'ai senti qu'au fond j'appartenais à cette solitude"

DERRIDA.jpg"J'ai senti qu'au fond j'appartenais à cette solitude"

Jacques Derrida et son refus du communautarisme,  dans le même esprit qu'Amine Maalouf ou Amartya Sen...

Oui. Même quand la communauté est un refuge, car subissant des attaques, même quand (natifs déplacés) on n'a de région qu'une terre mentale, trouver un équilibre entre le "dedans" de ses appartenances et de ses langages singuliers, et le "dehors" de l'identité commune. Juste humains. Même si cela fait traverser des zones obscures et solitaires. Lumineuses,  au bout du compte.

France Culture, 2O-01-2016... https://www.franceculture.fr/2016-01-20-une-enfance-doulo...

01/05/2017

Attention, élections. Ne pas ouvrir la porte au fascisme... VOTER !!!

mms_img142482101.jpgS'ABSTENIR est un choix dangereux, que je pense même irresponsable.                                                                                  C'est objectivement donner des voix au FN fasciste.               

mms_img1450971062.jpgJuger Macron sur les gens qui déclarent le soutenir n'a pas de sens (même si certains sont très honorables et vrais soutiens). Voir plutôt son programme et son équipe de travail. Plutôt que des personnalités qui se mettent en avant voir des collectifs ou des experts qui s'engagent. Il a le soutien concret de juges du terrorisme,  de syndicats policiers.                                                     

En face (FN, Le Pen) ce sont des xénophobes, des négationnistes, alliés à des néonazis, des Identitaires.                    Des menteurs.                                                                                      

A ce sujet l'histoire autour de l'UOIF est intéressante à examiner. Le Pen met ça en avant. Évidemment qu'ils appellent contre le FN : quelle que soit l'idéologie de ce groupe (que je combats)  il a fait comme tous les groupes qui représentent des minorités religieuses, ou communautés de croyants (ou prétendent les représenter...). Mais il peut y avoir aussi, de la part de l'UOIF, une volonté perverse de servir le FN d'une autre manière que l'abstention prônée par Ramadan (en jetant l'opprobre sur un faux allié, pas sur le vrai allié objectif).                                                Le CRIF (représentation de la communauté juive et veille contre l'antisémitisme)  appelle à voter Macron : c'est logique, rien de choquant en cela, rien de pervers (l'antisémitisme dans l'ADN du FN, le CRIF le connaît. Mais appellent aussi à ce vote contre le FN les protestants et de nombreuses associations chrétiennes (pas l'Église de France, qui soigne sa relation avec les intégristes de Sens commun,  soutiens du FN).                

L'UOIF, Macron et En Marche ne l'ont jamais sollicité ni rencontré. Le FN, oui,  par des responsables FN qui ont organisé des conférences communes avec l'UOIF (les traces sont sur la Toile, il suffit de chercher). De plus Daech a déjà affirmé publiquement plusieurs fois son désir de voir le FN arriver au pouvoir... ! Et il faut savoir que le médiateur français qui a fait le lien entre Lafarge et Daech est un responsable du FN. (Lafarge a payé Daech, donc financé le terrorisme,  pour continuer à travailler en paix, sans heurts avec Daech, et ceci par l'intermédiaire d'une personnalité du Front national... !). Enfin savez-vous que Tariq Ramadan,  l'islamiste soft, (mais très dangereux) fait campagne intensive contre Macron,  et qu'il appelle tous les musulmans à s'abstenir. (Pas, évidemment, la majorité des musulmans qui vivent leur croyance dans un cadre républicain, respectueux de la loi laïque de 1905. NON, ceux qui le suivent,  islamistes plus ou moins masqués.) S'abstenir c'est obéir à la stratégie de Tariq Ramadan  !!! Si vous en doutez regardez ses vidéos en mettant en recherche sur Google son nom et celui de Macron.                                                             

NON,  je ne voterai pas comme les islamistes qui suivent Tariq Ramadan...  ! (Drôle de façon, que ce serait, de lutter contre l'islamisme...!). Je ne vote pas comme ceux que je combats. Je vais voter pour la démocratie,  pour l'intelligence pragmatique,  les valeurs,  la fraternité.  Contre la vulgarité crasse et les héritiers des fascistes, alliés des néonazis.                                            

De plus je constate que L'INTERNATIONALE D'EXTRÊME DROITE ne cesse de fabriquer des désinformations qu'elle fournit au FN (jusqu'à la création d'un faux diffusé abondamment par les militants FN et les sites complotistes, et que Le Pen a évoqué au débat en insinuant un soupçon sur un compte : plainte est déposée pour usage de faux, une enquête se fera).                                                                                                    

Ainsi la presse RUSSE a publié un entretien de SORAL (voir doc sur mon mur), ce complotiste antisémite et négationniste,  pour lui demander son expertise (!) sur Macron (expertise reprise avec des variantes et attribuée à des psychiatres inventés, parfois italiens, parfois américains... !!!).                                                                               

Le Pen a le soutien officiel, plusieurs fois réaffirmé,  du KKK raciste américain,  groupe violent suprémaciste blanc qui a des assassinats multiples dans son histoire.                                                  

Voilà certains des alliés du parti qu'on prend le risque de laisser prendre le pouvoir en s'abstenant. Ou dont on laisserait monter le score, donc dont on légitimerait l'idéologie.                                        

Qui donc appelle à l'ABSTENTION ?                                              

L'islamiste Tariq Ramadan, donc, ET l'ultragauche de Mélenchon (son parti si peu critique de l'islamisme quand ce n'est pas en accord sur certains discours...).                                    

Je ne veux pas plus faire le même choix que l'ultragauche.  Je vote comme seuls les démocrates peuvent le faire, pour Macron.                                                                                                        

N'étant pas la télé j'ai le droit (simple citoyenne) de le dire, d'informer, discuter, dénoncer, mais pas de lancer un appel pour un des deux candidats... (nuance). Et je ne fais pas l'erreur de me croire accusée de crimes, moi ou mes parents, ou ancêtres espagnols, au sujet de l'Algérie, car même si la formule de Macron était erronée ou maladroite, suivant les analyses qu'on peut en faire, elle ne visait aucunement les Pieds-Noirs, et certainement pas les descendants d'immigrés qui n'étaient même pas Français au moment de la guerre de colonisation, mais elle désignait les responsabilités de l'État, donc de la France... métropolitaine. (N'y en a-t-il pas?).                                                

L'enjeu actuel étant grave il ne faut en aucun cas avoir un réflexe communautaire. Il faut penser à nos vies dans le présent de ce pays, à  la sécurité et à  la lutte contre le terrorisme (lutte pensée avec rigueur par Macron,  quand Le Pen a dit - débat - la confier... aux... douaniers, qui arrêteraient les terroristes aux frontières !!!). Il faut se déterminer aussi pour les enfants, qu'il ne faut pas mettre en situation de devoir nous reprocher de les avoir jetés dans l'enfer que décrit la femme polonaise qui lance un cri SOS pour la France. Car elle a fait, elle, comme d'autres polonais, l'erreur de l'abstention.  Et l'enfer de l'extrême droite au pouvoir elle le vit...! (Son appel est sur mon mur Facebook). Nous sommes devant une responsabilité historique,  et nous serons jugés pour cela...                                                                     

Je serai, pour ma part, en accord avec ma conscience. Et je pourrai regarder les jeunes de ma famille (aux noms divers... suivant les mariages, familles biologiques ou de coeur, recomposées ou pas) en sachant que je ne les aurai pas trahis, ni eux, ni leurs ancêtres exilés plusieurs fois. Pas trahi nos migrations, pas trahi nos métissages.                                                                             

Enfin, quand je vois qu'on affuble Macron du titre d'ultra-libéral... ! Libéral? Oui. Assumé.

Mais que signifie "libéral" ?      Cela ne veut pas dire favorable à un pouvoir destructeur de "machines financières" fantasmées par ceux qui en font des mythes empruntés à de troubles projections héritées des années 30. (Penser à d'immondes caricatures dignes des nazis qui ont circulé...!).                                                                                      

Cela veut dire deux choses.                                                           

D'ABORD une orientation idéologique et politique qui privilégie la LIBERTÉ individuelle. (Et donc le respect des individus, de leurs choix de vie, de leur liberté de conscience, de leur droit à l'éducation - et non celui d'être programmés pour une orientation professionnelle précoce sans espoir d'évolution, comme le FN le prévoit, en sacrifiant d'avance les enfants de ces milieux populaires qu'il prétend défendre...! En voulant revenir à des principes rétrogrades en matière de pédagogie). LIBERTÉ d'information et d'expression. (Et non la mise au pas de la presse, les pressions et menaces, comme on le voit déjà dans les villes tenues par le FN, et comme on a pu le voir pour CNews écartant Audrey Pulvar, ou au sujet du débat, avec le refus d'une personnalité que Le Pen craignait). LIBERTÉ de création, et non budget culturel limité et art condamné parce que non conforme aux perceptions rigides ou xénophobes du FN et ses aberrantes conceptions de ce qu'est la culture française de repli.                                                                                    

Donc LIBERTÉ en cohérence avec la tradition des Lumières.  Liberté, et DROITS (des femmes notamment, bien menacés par les projets FN).                                                                    

ENSUITE... LIBERTÉ d'entreprendre, donc de créer des entreprises et de les faire fonctionner dans un pays ouvert aux échanges commerciaux dans l'Europe (une Europe à repenser pour l'améliorer) et dans le monde, pas avec des frontières fermées aux exportations. LIBERTÉ de faire de la recherche. (Pas un retour, par exemple, au créationnisme que les intégristes confondent avec la raison, ou à d'autres errances similaires...). COMMUNAUTARISME, dans la pensée d'Emmanuel Macron? Certainement pas vrai pour le lecteur d'Amartya Sen qu'il est... ! Ne pas confondre communautarisme et fraternité respectueuse de la diversité des êtres qui constituent notre pays. Cette confusion est entretenue par le FN qui n'en est pas à un mensonge près. (En jouant justement sur des communutarismes... ).                                                                                        

La France est devant la possibilité d'une chance historique. D'une transformation sans violence. Chance dont les observateurs étrangers prennent la mesure (ceux qui ne sont pas les alliés d'extrême droite du FN, bien sûr...).                     

Passer à côté par erreur, frilosité, peur... ce serait inacceptable. Et il serait temps de sortir des attentes immatures d'une gouvernance nous dispensant d'agir en tant que société civile.  Autre argument problématique que les populistes ressortent infiniment (ayant peu de matière à penser...) : la FINANCE...!  Déjà, le FN qui a volé l'EUROPE (8 à 9 millions d'euros, quand même...!!) est mal placé pour se prévaloir d'une éthique à ce sujet... !                                                                                           

Enfin, "la" finance, c'est un mot vide si on ne le met pas au pluriel. Quel rapport entre la spéculation ou l'argent des mafias (voilà "une" finance...) ET le support financier de l'entreprise, du commerce, du mécénat, des services publics? CE sont deux réalités d'un monde économique (et financier) aussi complexe que toute réalité.                                                                                                 

Mais penser la COMPLEXITÉ n'est pas dans les capacités des théoriciens du rejet et du repli, des eurosceptiques enfermés dans les théorisations du vide.                                                            

OUI, je vais VOTER, et VOTER MACRON, pour ce que je pense être digne de la France, et parce que je suis profondément EUROPÉENNE. 

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MESSAGE de POLOGNE, qu’on peut signer comme une pétition, sur WeMove.eu (Oui, je comprends pourquoi elle adresse ce cri qui est un SOS pour la France, car elle constate l'aveuglement irresponsable de beaucoup). Pour ma part, je n'ai pas du tout envie de tomber dans le piège qu'elle dénonce, dans lequel elle est tombée et qui se trouve être un cauchemar. NON. Je vote. Je vote pour la démocratie, l'Europe, l'intelligence pragmatique et les valeurs, la fraternité… https://act.wemove.eu/campaigns/lettre-ouverte?utm_campai... 

Lettre-chronique de Luc Le Vaillant... A JL Mélenchon... ("C'est inexcusable")... http://www.liberation.fr/chroniques/2017/05/01/jean-luc-c... . 

Emmanuel MACRON, ENTRETIEN avec MÉDIAPART (article et vidéos)… https://www.mediapart.fr/journal/france/050517/1-dimanche...

Macron est-il libéral ? Oui, socialement (valeurs, liberté) et économiquement (entreprendre). Slate… http://www.slate.fr/story/144592/macron-liberalisme-scandinave

02/04/2017

« Si le lien des mots à leur référence est coupé… »

FERRARI.jpg« Si le lien des mots à leur référence est coupé, toutes les manipulations sont possibles »

Jérôme Ferrari, entretien, L’Humanité

Acuité des questionnements sur l’actualité, dans cet entretien. L’auteur (qui enseigne la philosophie) publie des chroniques parues dans La Croix (il dit ne pas être croyant mais avoir une sorte d’attirance pour quelque chose qui est de l’ordre de la spiritualité, sans savoir pourquoi). Il a voulu, à travers ces chroniques, ne pas répondre à l’immédiateté vaine, mais prendre le recul de la pensée, appliquer les outils de la philosophie pour poser un regard sur le mouvant des événements, des thèmes de la période. Parce qu’il en percevait la nécessité. L’urgence sans précipitation, en quelque sorte. Et effectivement il met l’accent sur des failles  importantes qui menacent la communication et l’information : les fausses vérités auxquelles des gens vont croire et les réalités factuelles qu’ils refuseront de prendre en compte en croyant faire oeuvre de vigilance, alors qu’ils se laisseront prendre aux pièges du complotisme ou de ces « faits alternatifs » inventés par des manipulateurs. Il repère, pour l’avoir étudié sur lui-même, les modalités de l’enfermement dans des codes conformes (le groupe, le courant, la norme militante qui refuse la complexité, le doute, le retrait et le questionnement dérangeant de l’individu). Il examine le lien entre le social et ce qui fait cadre autrement, pour interroger la crise politique que nous vivons (la présidentielle en est un symptôme…). Et enfin (parmi les éléments que je choisis de citer, parce qu’ils me semblent centraux, il questionne, d’un côté, les pièges identitaires et leur instrumentalisation politique (nation figée, appartenance close et univoque), et, d’un autre côté, le fondamentalisme religieux, particulièrement dans une dérive de l’islam en islamisme (dérive qui est associée à un autre piège identitaire, quand l’identité se mêle à des concepts liés au sacré). 

Citations (entretien) : « En 1951, Hannah Arendt a écrit : « Le citoyen idéal d’un régime totalitaire n’est pas un militant convaincu, c’est quelqu’un pour qui la distinction entre vérité et mensonge n’a plus aucun sens. » Nous y sommes : » (…) « Mon expérience m’a guéri du militantisme. Il conduit, selon moi, à une grégarisation de la pensée. Je parle d’un conformisme social qui imprègne les individus et n’a rien à voir avec leur intelligence. » (…) « Les superstructures ne correspondent plus à la réalité sociale. Peut-être qu’en France l’explosion de la droite et de la gauche, pour des raisons assez symétriques, est le signe de cette crise. Avec des choses inacceptables : être un homme politique, voir les tentations identitaires, le gros danger qui guette, et trouver que c’est une bonne idée d’en jouer, c’est criminel, indigne. » (…) « Avoir vécu dans des pays arabes à majorité musulmane permet de faire l’expérience de la pluralité de l’islam, de constater que, de fait, c’est la version fondamentaliste qui tend à se répandre majoritairement. C’est inquiétant parce que cela tend à valider l’identification qui est faite ici entre islam et fondamentalisme. » 

L’entretien, L’Humanité, 24 mars 2017... http://bit.ly/2nYeSDb 

Deux liens sur le livre qui reprend les chroniques de La Croix : « Il se passe quelque chose », de Jérôme Ferrari, Flammarion… 

La Cause littéraire… http://www.lacauselitteraire.fr/il-se-passe-quelque-chose... 

Fiche Decitre… http://www.decitre.fr/livres/il-se-passe-quelque-chose-97... 

10/02/2017

Nous "respirons" la pourriture de la haine raciste...

El Pais... .jpgUn peu d'espagnol... "No somos racistas", El Pais semanal, 05-02-16. Chronique d'un écrivain, Manuel Rivas (poète et essayiste) sur le racisme dans l'univers du football, au sujet du départ probable d'un homme (Carlos Arturo Sánchez Roja) qui ne supporte plus d'entendre des insultes racistes. Car "nous respirons les insultes racistes", ce qui signifie que nous sommes atteints psychologiquement et physiquement, que cela pourrit notre réalité, que nous soyons visés ou témoins. Ainsi, ici, à travers le témoignage du jeune agressé à Aulnay, nous respirons la pourriture de la haine raciste. Et nous ne pouvons qu'ériger le mur de notre refus, comme l'auteur dans son article, et comme celui dont il dit le choix…

El Pais semanal, « Nous ne sommes pas racistes »… http://elpaissemanal.elpais.com/columna/manuel-rivas-no-s... 

 

23/11/2016

"Habiter poétiquement le monde", Poesis.

HABITER-LE-MONDE-POETIQUEMENT-COUV-300dpi2-668x1024.gif« Riche en mérites, mais poétiquement toujours, / Sur terre habite l’homme. »

                           Friedrich Hölderlin

(Exergue de l’anthologie-manifeste réalisée par Frédéric Brun, et dont le titre s’inspire de cette pensée d’Hölderlin. Formule, non, bien plus. Fragment d’un poème, « En bleu adorable », et vision-programme.)

...

« …Il faut, sans innocence et naïveté, certes, dépasser ses doutes pour s’offrir un chemin de résistance. » 

                                          Frédéric Brun

(Avant-propos de l’anthologie, « chemin de résistance », car il n’est pas évident de suivre avec optimisme la formule d’Hölderlin. Le manifeste que veut être cette anthologie tient compte des difficultés d’un monde traversé par des laideurs qui peuvent masquer sa beauté, sa possible beauté. Résister par un acte de lucidité, un retour sur soi, une volonté de métamorphose. Pour créer un monde plus juste il faut d’abord se mettre en situation de refus. Résistance contre ce qui doit être refusé, et résistance contre la part amnésique de soi, oublieuse de son essence. Ensuite, alors, créer et agir.)... http://www.poesis-editions.fr/habiter-poetiquement-le-mon... 

...

Cette anthologie, très ample (pas loin de quatre cent pages, 367 exactement) ne donne pas à lire des poèmes (sauf fragments de citations), mais des textes « sur » la poésie. Principalement des écrits de poètes sur leur art, mais pas uniquement : penseurs qui sont proches de la poésie, pour en être lecteurs attentifs, ou pour avoir une conception de leur écriture qui s’en rapproche, et personnalités qui, par leur vision et leur action, tentent de définir ce que peut être « habiter poétiquement le monde ». Ainsi Pierre Rabhi est présent, au même titre que Gaston Bachelard ou Hubert Reeves. 

Des poètes présents dans cet ouvrage je retrouve beaucoup de mes propres références. Ainsi, dès l’avant-propos, et dans la table des matières, je vois mentionnés des noms qui sont aussi sur les rayons de ma bibliothèque (mais je ne les citerai pas tous…). Voici : Joubert (celui des « Pensées »), Baudelaire, Dickinson, Rimbaud, Mallarmé, Rilke, Valéry, Tagore, Pessoa, Tsvetaeva, Artaud, Michaux, Paz, Chedid, Borges, Neruda, Bonnefoy, Aleixandre, Juarroz, White, Glissant, Adonis, Sedakova, Deguy, Cheng, Midal (dont j’apprécie les textes dans la revue « Ultreïa »), Bobin (que je retiens à la mesure des résistances que certains lui opposent au nom d’une fausse rationalité confondue avec l’aveuglement arrogant), Bianu, Velter, Siméon… et d’autres. 

J’aurais ajouté certains noms (Nerval...?!), comme celui de Jabès, par exemple…! Camus manque aussi, et Lorca (son texte sur El duende…!). De même Levis Mano, poète et éditeur génial… Et Maria Zambrano, philosophe espagnole, qui a écrit des pages magnifiques sur la poésie…? Et Anna Akhmatova? J’aurais trouvé le moyen de placer Antonio Porchia… Les « trous » dans mon abécédaire idéal peuvent être dus à une volonté de cohérence intérieure, autre que celle que je projette…

(Mais ce n’est pas mon anthologie… et elle est d’une telle richesse que je reviens à mon objectif : picorer, dans l’ordre, des citations, pour me faire, en feuilleton, notes après notes, comme cela viendra, une anthologie miniature… de l’anthologie. Ainsi, partager un plaisir de lecture, en donnant des bribes, pour mener vers la lecture du livre entier ceux qui auront été séduits par l’entreprise - ce considérable travail de lecture et recherche qui a été produit par Frédéric Brun… Mais l’objectif complémentaire, mais pas secondaire, est d’être passeur de ces messages qui ont un sens politique, bien au-dessus des batailles des égos politiciens. Comme le dit Pierre Rabhi, une façon aussi de faire ma part, ce qui est à la source de la raison d’être de ce blog, et de tout ce que je peux écrire, là ou ailleurs…). 

Pour l’instant je ne vais citer, ci-dessous, que l’avant-propos. Puisque « habiter poétiquement le monde » définit tout autant une conception de la manière de choisir de vivre sur cette planète pour le temps qui nous est réservé que de la manière de concevoir le rôle de la poésie, cette écriture spécifique qui manie les mots mais vient d’un regard particulier d’êtres qui engagent une éthique de vie. Regard, âme, spiritualité, conscience… sont des termes qui peuvent aider à traduire ce qu’est l’expérience poétique, ses liens avec le quotidien banal et la hauteur d’une perception de ce qu’est « être », pas seulement exister. En fait, la mystique (que plusieurs assument en tant que telle pour exprimer ce qu’est leur itinéraire entre ciel et terre) rejoint l’écologie et la politique. Non la politique partisane, mais l’engagement d’un Hugo. Non l’écologie comme une mode sans remise en question profonde, mais une écologie qui est tout autant écologie de soi-même - comme l’affirme Michel Deguy, transformation intime, pas vers autre chose (lire Pierre Rabhi..)…

L’autre nom majeur, ici, fondateur, en dehors d’Hölderlin, est celui de Kenneth White, car si éthique il y a, c’est bien dans la pensée de ce très grand poète, dont l’ambition n’est pas, pourtant, d’être cela (un « grand poète » reconnu, ou simplement connu) mais d’impulser une pensée du monde, dans le monde, solidaire, une « géopoétique » d’êtres incarnés, soucieux de leur planète, et conscients de leur place dans le cosmos. 

Consulter ce site : http://www.kennethwhite.org/geopoetique/   

Et celui-ci : http://www.oeuvresouvertes.net/autres_espaces/white.html 

Pour Kenneth White, « la poésie commence par un refus radical du monde », le monde tel qu’il est, fait par les hommes, pour l’injustice, la violence et la haine (ou l’ennui). Monde mobile, inachevé, il est là pour qu’on le crée et qu’on se crée en même temps, et ainsi qu’on crée les liens avec les autres humains, à la mesure de notre connexion cosmique, puisque nous sommes part du cosmos et devons nous en souvenir, pour devenir qui nous sommes… 

De Kenneth White j’ai envie de copier un poème du recueil « La résidence de la solitude et de la lumière » (William Blake and co, 1978). Car il dit une intention principale, sur quels refus se fonde sa démarche essentielle, et donc sur quelle création fondamentale et fondatrice : 

« Travaillant et retravaillant

   les mêmes textes

   jour après jour

   perdant tout sens

   de ‘production’ et de ‘publication’

   toute idée d’une ‘réputation’ à forger

   engagé plutôt dans quelque chose

   — loin de toute littérature —

  que l’on pourrait pertinemment nommer

  un yoga poétique » 

(Sagesse humble, humble du vrai orgueil d’être, qui devrait être méditée par pas mal de gens qui jettent en pâture des écrits trop imprégnés d’une ambition qui suinte entre les mots et les pages, et nous fait remporter  certains livres achetés par erreur, vers des circuits moins exigeants… Car alors l’âme est désertée, il ne reste que le vide un peu trop « littéraire », au très mauvais sens du terme  ).

Je reviens donc à l’avant-propos de Frédéric Brun (une dizaine de pages).

Après avoir cité de nouveau Hölderlin : « Et pourquoi des poètes en temps de détresse? », il rappelle que « l’habitat poétique exige une éthique », pour laquelle l’homme doit cesser de mettre l’économique en première place, et donc changer de priorités « pour retrouver l’essence de son existence ». Pour cela, notamment, se nourrir de beauté, regarder (« s’en inondant l’âme et les yeux »). Et il conclut : « Cette attitude poétique pourrait, si nous étions plus nombreux à l’adopter ou au moins à en prendre conscience, devenir également un acte politique et écologique qui participerait au changement du monde. » 

05/04/2016

"Dieu par la face Nord"...

DIEU.gifL’article (Le Monde, lecture, par Emmanuel Carrère) n’est pas lisible intégralement en ligne… Dommage. La réflexion rejoint celle d’Abdennour Bidar, je trouve, par cette recherche d’une rationalité dans un au-delà de la religion et de l’athéisme. Emmanuel Carrère parle avec enthousiasme d’un livre qu’il dit avoir lu trois fois et vouloir relire, tant il est enrichissant. Livre… sur Dieu, de quelqu’un, Hervé Clerc, qui n’est croyant d’aucune religion (mais peut avoir le « goût » de certaines, par attrait pour ce qu’elles expriment de sens ou recherche de sens, de ce mystère des questionnements humains, de l’intériorité humaine). Ni croyant, ni athée, agnostique, mais pas de ceux qui sont indifférents à ce qui participe de l’interrogation métaphysique : « Qu’est-ce que je fais là? Et c’est quoi "je"? Et c’est quoi "là"?». La face Sud de Dieu ce serait l’image populaire transmise par les religions, le personnage mythique et simple qui ne répond pas aux questions essentielles. La face Nord ce serait l’intangible qui n’a plus de visage, qui n’est plus rien de ce que les religions veulent nommer. Peut-être plus proche de ce que les mystiques fréquentent et dont les agnostiques ne se moquent pas car l’humilité du non-savoir ne se satisfait pas de la dérision… Cette pensée rejoint une sagesse questionnante, fascinante quand elle repense nos crises comme une sorte de marche vers une modernité qui dépasse le « Dieu est mort » de Nietzsche pour nous faire accéder à un autre devenir du sens. Notre pensée collective inconsciente est peut-être en train de construire une autre approche de l’ontologie fondamentale. Notre réalité, malgré toutes les horreurs qui submergent émotionnellement, est peut être moins sombre que ce que l’on croit. Je relève un passage de cette ample (et passionnante) recension : « Je pense que c’est un livre essentiel, qui pressent quelque chose qui est en train d’advenir et qui est tellement grand qu’on ne peut pas le voir : ce qui se lève et grandit au crépuscule de Dieu, la face nord. » En tout cas, moi, demain, je vais chez mon libraire… http://www.lemonde.fr/livres/article/2016/03/23/l-ascensi... 

Document de l’éditeur, éd. Albin Michel. Citations : « Le mot dieu est ambivalent. Il a un adret et un ubac. Une face sud et une face nord. » (…) « Dans une démarche et un style uniques en leur genre, Hervé Clerc nous invite à un voyage ascendant vers une réalité ineffable et cachée, qui a peu de chose à voir avec le « Dieu » que l’on nie ou confesse habituellement. »... http://www.albin-michel.fr/multimedia/Documents/espace_jo...

ROY.jpgDeuxième passage de cette chronique, qui donnera envie de lire deux autres ouvrages. Celui d’Emmanuel Carrère, qu’il mentionne, pour son rapport avec la « conversation » menée à deux (recherches et écritures tissées par l’amitié).  Celui d’Hervé Clerc, essai sur le bouddhisme de quelqu'un qui n’est pas bouddhiste. Parcours qui peuvent se faire en marge, parallèlement (pour ceux qui aiment croiser leurs lectures), ou pour préparer la fréquentation de la pensée d’Hervé Clerc (dont j’avais aimé « Les choses comme elles sont »). 

CITATION : « Dans mon livre, Le Royaume (POL, 2014), j’ai essayé de tracer son portrait et de faire entendre l’écho de la conversation que nous poursuivons depuis vingt-cinq ans, tout en marchant sur les sentiers de montagne du Valais. Dans cette conversation, je tiens le rôle de l’agnostique, et lui – du « croyant » ? Vous n’y êtes pas. Vous n’y êtes pas plus que cette personne à qui je recommandais son livre sur le bouddhisme, Les Choses comme elles sont (Folio, « Essais », 2011), et qui me disait : « Mais alors, il est bouddhiste, ton ami ? » Non, il n’est pas bouddhiste. Il n’est pas davantage hindouiste ni musulman, bien que son nouveau livre poursuive l’enquête à partir des noms de Dieu dans l’hindouisme et l’islam. »

CHOSES .jpgVoir aussi, sur le livre d’Hervé Clerc, « Les choses comme elles sont », la page de l’éditeur: http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-e... 

… Et cette lecture, riche recension, de Sébastien Barbara : http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article417 

Sur « Le Royaume », voir la critique d’un blog hébergé par l’Express (« Les 8 plumes »), rappel sur le fait que ce livre qui parle de religion est écrit par quelqu’un qui est sorti de la religion, mais dit être « troublé » par le fait d’avoir cru (et donc avoir envie de questionner la croyance et ce qui fait sa matière) : http://blogs.lexpress.fr/les-8-plumes/2014/10/30/21725/ 

© MC San Juan (TramesNomades)

16/02/2016

KAMEL DAOUD, voix essentielle, grande conscience. Polémiques destructrices causées par des censeurs...

kamel daoud,daoud,pensée,idéologie,polémiques,religion,islam,islamisme,intégrisme,islamophobie,censure,censeurs,bien-pensance,bien-pensants,sexualité,misère sexuelle,monde arabe,occident,tabous,guerre du silence,soraya addi,blog,journaldunebougnouleeclaireeVoix essentielle... Kamel Daoud.

Que ce soit dans Le Quotidien d'Oran (cf. illustration), ou que ce soit sur d'autres supports, on lit... pour plus de lucidité, pour un miroir qui nous renvoie des questions souvent douloureuses. Pour plus d'être. Voir ici ses chroniques reprises sur djazairess.com : http://www.djazairess.com/fr/author/Kamel+Daoud

 .

Choquée en lisant dans Le Monde une tribune hostile (agressive, violente, fermée), et attristée en lisant sa réaction, car on y lisait la lassitude de l’auteur devant l’incompréhension malveillante, j’ai posé un commentaire au post publié, m’adressant à lui, comme d’autres internautes, lecteurs. Puis j’ai repris ce commentaire, tel que, en le modifiant à peine, juste en l’adaptant aux destinataires. (mediateur@lemonde.fr et courrier-des-lecteurs@lemonde.fr). Faire passer le message au journal. J’ai précisé que j’en faisais une copie sur mon blog. 

Et c’est ceci : « Tristesse, immense, en lisant la tribune contre Kamel Daoud (sans aucun commentaire du Monde, qui n’aurait pas dû publier cela…). Et tristesse immense en lisant la chronique de Kamel Daoud, où la lassitude est telle devant toutes ces attaques que celui qui a été primé meilleur journaliste (mais est aussi la cible d’une menace de mort)  serait prêt à tout arrêter. On a tous besoin de grandes consciences. Et il en est une, majeure. Il est un des grands esprits algériens, qui fait honneur à la fois à ce pays, à la francophonie, et à l'humanité libre de penser. Ceux qui ont signé cette abjecte tribune (qui se disent intellectuels, affichant leurs titres, mais qui apparemment ne savent pas lire puisqu'ils n'ont rien compris) sont les complices objectifs des intégristes. (Et le Monde avec eux, en leu donnant cet espace). C’est grave d’'avoir accepté de publier cette infamie signée à plusieurs. Nous sommes dans une période où les aveugles et les complaisants règnent. Nous devons tous nous dresser, chacun comme il le peut, contre l'obscurantisme (et tous ses visages) : écrivains, blogueurs, poètes, artistes. En signant. ll y a bien plus de gens qui le lisent et le soutiennent que de gens comme ces auteurs d'une lâche tribune, ces infirmes de la pensée. Ils ont fait une faute grave. "Toute l'eau de la mer ne suffirait pas à laver une tâche de sang intellectuelle" a écrit Lautréamont. La leur ne sera lavée par rien, sauf par l'aveu de leur ignorance et de leur faillite idéologique. Et celle du Monde? »

….

Donc, je reprends ici les textes de Kamel Daoud. Et deux réactions (de deux femmes) qui s’opposent aux censeurs « bien-pensants »… 

La chronique de Kamel Daoud, suite aux attaques ignobles (tribune parue dans Le Monde, après la sienne, et déformant le sens de ce qu’il disait). « Lettre à un ami étranger » : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224963  

CITATION : « J'ai longtemps écrit avec le même esprit qui ne s'encombre pas des avis d'autrui quand ils sont dominants. Cela m'a donné une liberté de ton, un style peut-être mais aussi une liberté qui était insolence et irresponsabilité ou audace. Ou même naïveté. Certains aimaient cela, d'autres ne pouvaient l'accepter. J'ai taquiné les radicalités et j'ai essayé de défendre ma liberté face aux clichés dont j'avais horreur. J'ai essayé aussi de penser. Par l'article de presse ou la littérature. Pas seulement parce que je voulais réussir mais aussi parce que j'avais la terreur de vivre une vie sans sens. Le journalisme en Algérie, durant les années dures, m'avait assuré de vivre la métaphore de l'écrit, le mythe de l'expérience. J'ai donc écrit souvent, trop, avec fureur, colère et amusement. J'ai dit ce que je pensais du sort de la femme dans mon pays, de la liberté, de la religion et d'autres grandes questions qui peuvent nous mener à la conscience ou à l'abdication et l'intégrisme. Selon nos buts dans la vie. /  Sauf qu'aujourd'hui, avec le succès médiatique, j'ai fini par comprendre deux ou trois choses. / D'abord que nous vivons désormais une époque de sommations. » Suite sur la page du journal…

La chronique précédente qui a déclenché les foudres des censeurs autosatisfaits. Kamel Daoud montrait le double jeu de renvois fantasmatiques, pour démonter les pièges idéologiques, tout en affrontant les questions, refusant le déni de réalité  (des uns) et les projections racistes (des autres). « Cologne, lieu de fantasmes », Le Monde, 31-01-16  http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/31/cologne-li... 

Il a publié aussi une réflexion sur la sexualité et le rapport aux femmes, NYTimes, 14-02-16, « La misère sexuelle du monde arabe ». (Refuser les tabous, regarder en face les situations, causes et conséquences). Texte en français : http://www.nytimes.com/2016/02/14/opinion/sunday/la-miser... 

Un autre texte de Kamel Daoud me semble important, dans ce débat. Car c’est bien la question du sujet de la conscience qui est en jeu ici. On veut enfermer l’auteur dans des silences exigés par le « nous », la communauté, l’appartenance figée, et lui interdire la pensée du « je ». (Alors que, comme l’inscrit la blogueuse en exergue, nous sommes pluriels, et que comme l’analysent Amin Maalouf et Amartya Sen dans leurs livres, nos identités ramenées à des singularités obligatoires sont des prisons.)

Ce texte est celui-ci, "Le procès permanent du 'je' par le 'nous'" : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5224664 (Citations : « Le crime est celui d'avoir donné de l'encre à la voix ou d'avoir écrit ce que chacun dit. Le crime est la dénonciation de l'entre-nous, la transgression du murmure clandestin de sa propre culture. Le crime est la voix et le porte-voix. /  Et cela vous use. /Sous l'inquisition d'un Occident en pleine errance d'âme, qui essaye de trouver en vous le chamane de ses angoisses, le témoin de ses convictions peureuses et la preuve de ses théories sur l'Autre. / Sous l'inquisition des siens qui vous lapident pour votre singularité, ne comprennent pas le ‘je’  dans l'étable du ‘nous’ dominant, ne s'expliquent pas votre vision sauf sous l'angle de l'alimentaire, ne peuvent voir plus loin que la théorie du complot et la salive de l'âge d'or mort et enterré. / Piégé, sommé, obligé, repoussé, brûlé, incompris et soupçonné ou trop coloré et aromatisé comme un exotisme trop convenant. / Texte tarifé ou sommation du groupe. » (…) « C'est alors que l'épuisement guette la clairvoyance. ».

Et j'ajoute ce lien, sa réflexion sur les fascismes, entretien, dans Le Devoir  http://www.ledevoir.com/culture/livres/456378/tous-les-fa... 

...

La chronique sur Cologne a donc déclenché l’hostilité de gens se déclarant anthropologues, historiens, sociologues (cela ne donne pas une bonne idée de ce que peuvent être ces sciences humaines dans les mains de tels signataires…). Leur texte : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/02/11/les-fantas... (MISE à JOUR, 23-02-16. Mais QUI sont-ils vraiment? Lire cette note sur l'identité idéologique des signataires en question... http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. ») 

Voici une réaction à cette tribune hostile à Kamel Daoud. Par une juriste, Soraya Addi, qui insiste aussi sur le ridicule d’un chroniqueur condescendant qui s’exprime dans Algérie-Focus, pour défendre, en fait, la loi du silence et critiquer Kamel Daoud). Nouvel Obs, LePlus: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1482058-kamel-da...  (CITATION / « Que l'on soit d'accord ou non avec les articles "Cologne : lieu de fantasmes" et "La misère sexuelle du monde arabe", on ne peut nier que Kamel Daoud a permis, dans un éclat international, d'ouvrir le débat sur un sujet enfermé dans un silence de plomb et qui ne pouvait être abordé qu'à l’extérieur du monde musulman mais qui, grâce à sa traduction en arabe par le "New York Times", atteindra le premier public concerné. Car il est nécessaire que les sociétés musulmanes modérées prennent conscience du profond malaise que génère le tabou du sexe afin de combattre les clichés dévastateurs propagés par les islamistes. Et ni la peur de l’islamophobie occidentale, ni la honte du regard extérieur posé sur les souffrances du monde arabe ne devraient être des obstacles à ce combat. ») 

Une autre réaction, une femme encore, une blogueuse qui met en exergue de son blog ses identités plurielles : « La dangereuse guerre du silence faite à Kamel Daoud sur la terre de la liberté d’expression » : https://journaldunebougnouleeclairee.wordpress.com/2016/0...  (CITATIONS :  « Chers Mesdames et Messieurs les anthropologues, historiens et sociologues bien-pensants, permettez-moi tout d’abord de vous dire que vous avez tort. En tant que femme, musulmane, française de naissance, algérienne ayant vécu une décennie en Algérie, permettez-moi de vous dire que vous avez tort. L’islamophobie que vous devriez combattre n’est pas celle de Kamel Daoud mais la vôtre. En effet dans son premier texte, comme dans le second publié par le New York Times « The sexual misery of the Arab World », M. Daoud ne blâme pas l’Islam pour le rapport malsain des musulmans au sexe, mais l’Islamisme. Or dans votre lecture hâtive vous avez fini par assimiler ces deux très différentes notions, et c’est cela l’Islamophobie. » (…) « La France est un pays qui n’aime pas les tabous, et pourtant ici comme ailleurs, il y a culturellement des choses qui se ne disent pas. Or dire que le monde musulman a un rapport malsain au sexe n’a rien de choquant, certaines femmes sont cachées sous des draps sombres, il n’y a pas de preuve plus criante que cela. C’est un appel nécessaire qui aspire à un changement aujourd’hui vital. »)

 

19/12/2015

CITATIONS et... TITRES. Lecture... Lecture... Lecture... (pour soi, ou pour offrir...)

« Je crois que je devine pourquoi on écrit les vrais livres. Pas pour se rendre célèbre, mais pour mieux se rendre invisible, tout en réclamant à manger le vrai noyau du monde. »

Kamel Daoud, « Meursault, contre-enquête »

Donc, des livres écrits pour se rendre invisible (que les auteurs le sachent ou pas), des livres pour pénétrer le sens enfoui du réel… (le sachant). Des livres sur mon chemin, en phase avec ce chemin…


GESTE.jpg
POÉSIE. « Le moindre geste », de Michel Bourçon, éd. pré#carré / Hervé Bougel, décembre 2015. Citations : « peut-être que la direction à prendre n’est ni en soi / ni au dehors, que le panneau indicateur se trouve / planté dans la divergence. » (…) « entre soi et les choses / quelque chose / qui ne rejoint rien » Page éditeur : http://precarrediteur.fr/?page_id=1529 

.........

ATTESTE.jpgPOÉSIE. (Et publication Jeunesse). « J’atteste / contre la barbarie », d’Abdellatif Laâbi, éd. Rue du Monde (avec un dossier documentaire d’Alain Serres et des dessins de Zaü). Lecture pour tous les âges. Un poème écrit après la tuerie de janvier 2015, et publié en urgence après les massacres de novembre. Livre essentiel pour affirmer un idéal d’humanité, un refus des monstruosités produites par la haine et la folie idéologique. Page éditeur : http://www.rue-des-livres.com/livre/235504404X/j_atteste....  Librairie en ligne, La Courte échelle : http://lacourteechelle.hautetfort.com/archive/2015/12/07/... 

Le Monde, article, « Parler des attentats aux jeunes lecteurs » : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/12/15/parler-des... 


Abdellatif Laâbi.jpg

POÉSIE, même auteur, Abdellatif Laâbi, « La saison manquante », Éds. de La Différence : https://www.ladifference.fr/la-saison-manquante-suivi-de-... 

 

 

et Recours au poème, recension : http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/abdellatif-laâbi-l... 

... 

PEN ANTHOLOGIE.jpg

 

 

 

POÉSIE. PEN club français. « Liberté de créer, liberté de crier », anthologie.

Recension, par Emmanuel Baugue, Recours au poème  http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/pen-club-français-... 

D’Emmanuel Baugue, des chroniques sur Recours au poème, dont celle sur le poète Ashraf Fayad (agir : « A propos… ». Il le dit ‘saoudien’ alors qu’il est palestinien, mais le poète a effectivement représenté l’Arabie saoudite comme poète-artiste, ancré dans le pays où il vit, donc…). Et lire aussi deux textes sur la poésie (« Contre le simulacre » et « De la poésie »). Liste après le paragraphe sur lui : http://www.recoursaupoeme.fr/users/emmanuel-baugue 

Falaises.jpgEt, de lui, un recueil, « Falaises de l’abrupt » : http://www.recoursaupoemeediteurs.com/premiers-poemes/fal...

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TURC.jpgPOÉSIE.« Août 1936. Dernier mois dans le ventre de ma mère », d'Özdemir Ince. Préface de Lionel Ray, poèmes traduits du turc par Claire Lajus, éd. A L’Index (Le livre à dire / Jean-Claude Tardif lelivreadire.blogspot.com / revue.alindex@free.fr ). Citations : « Que je puisse voir à quoi ressemble une forêt de pluie » (…) « J’attends ma naissance depuis l’origine / de l’univers, je m’attends » (…) « Je serai un révolté, si jamais je me décide, / et si je reste là pour toujours » Page sur la revue Aynahttp://revueayna.com/actualites/

NAITRE.jpgPOÉSIE. « Naître si mourir », de Hyam Yared (née à Beyrouth), éds. Mémoire d’encrier (Canada/Québec). Citations (son prologue) : « Naître de toute évidence, puisque mourir est le dernier rêve. » (…) « Car on ne meurt pas, on rejoue une dernière fois sa naissance. » Citations (poèmes) : « L’errance est mon décharnement. Nos regards / — nos déchirés. On court après nos visages. » (…) « Où tu es je suis / visage. Où peut-être / je ne suis. » (…)  « Les morts ont tous droit à l’obscure. » Page éditeur : http://memoiredencrier.com/naitre-si-mourir-hyam-yared/ 

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DIAMS.jpgESSAI. « Je ne suis pas Diam’s », de Fawzia Zouari (franco-tunisienne), éd. Stock. Citations : « Je ne suis pas Diam’s. Ni par la naissance, ni par le parcours, ni par la conception de l’islam. J’ai vu le jour en Tunisie, dans un petit village où mon père avait le titre de "cheikh" qui lui conférait une autorité religieuse. Ma mère a passé sa vie enfermée derrière les murs de sa maison et je n’ ai aperçu sa chevelure que sur son lit de mort. Vers douze ans, mes soeurs aînées ont été interdites d’ école et cloîtrées. Je me suis alors promis d’aller jusqu’au bout de mes études et de ne pas me voiler. » Page éditeurhttp://www.editions-stock.fr/je-ne-suis-pas-diams-9782234...  Articles, Jeune Afrique : http://www.jeuneafrique.com/mag/274208/culture/livres-je-...  et Kapitalis (Tunisie) : http://kapitalis.com/tunisie/2015/11/23/je-ne-suis-pas-di... 

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NUIT.jpgFRAGMENTS (prose poétique, méditation et engagement). « À ce stade de la nuit », De Maylis de Kerangal, éd. Verticales. Comment un nom entendu à la radio (Lampedusa) traverse (est traversé par) des sens divers : mémoire, rêve, et cauchemar réel, enfin. Citations : « à ce stade de la nuit je tourne toujours les pages du journal, je les balaie du regard, je repère les titres, les légendes des photographies » (…) « La nuit avance. Je suis maintenant rivée à l’île de Lampedusa comme on s’obsède d’une poussière sur une feuille vierge. » (…) « Heures nocturnes, lumière qui perle au bout des cils, fatigue extralucide, vitesse de la pensée : l’événement cristallise doucement. » (…) « Etrangement le toponyme insulaire (…) mais ce matin, matin du 3 octobre 2013, il s’est retourné comme un gant, Lampedusa concentrant en lui seul la honte et la révolte, le chagrin, désignant désormais un état du monde, un tout autre récit. » Page éditeur http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Verticales/Mi... 

poésie,poèmes,poètes,créer,écriture,humanisme,humanité,barbarie,valeurs,liberté,droits humains,solidarité,citations,culture,livres,lecture,pen club,poète palestinien,ashraf fayad,lampedusa,réfugiés,liberté de conscience,kamel daoud,michel bourçon,pré#carré,hervé bougel,abdellatif laâbi,alain serres,zaü,rue du monde,j’atteste,emmanuel baugue,recours au poème,özdemir ince,à l’index,j-c tardif,lionel ray,claire lajus,hyam yared,fawzia zouari,maylis de kerangal,eux c’est nous,cimade,marie aubinais,elsa fouquier,anouk rucard,liyahCHARLIE HEBDO. « Tout est pardonné », le livre. 500 dessins (Cabu, Charb, Wolinski, Tignous, Honoré… et aussi Coco, Catherine, Riss, Pétillon, Luz, Willem, Dilem…)

Sur le site de Charlie Hebdo (édition créée par Charlie Hebdo, Les échappés)  https://charliehebdo.fr/editions-les-echappes/ 

Diffusion librairie en ligne, Decitre  http://www.decitre.fr/livres/tout-est-pardonne-9782357661... 

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EUX.jpgÉDITION JEUNESSE… « Eux, c’est nous », Les éditeurs Jeunesse avec les réfugiés, éd. Cimade/Gallimard http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD-JEUNESSE/Cima... 

PETITS.jpget « Les questions des tout-petits sur les méchants », de Marie Aubinais (illustrations d’Elsa Fouquier et Anouk Rucard), éd. Bayard Jeunesse. Présentation (illustrée) du livre, blog de Liyahhttp://www.leslecturesdeliyah.com/livre-pour-enfants-ques... 

Page Bayard éducation : http://www.bayardeducation.com/article/donner-aux-enfants... 

08/11/2015

Sagesse de la distanciation...

« C’est toi-même qui doit être la tâche »

Franz Kafka, « Méditations sur le péché, la souffrance, l’espoir et le vrai chemin », « Cahiers posthumes », cité par le rabbin Yann Boissière. 

Prises de position, ou de postures, disputes idéologiques, oppositions communautaires, déplacement des conflits sur le terrain des affrontements passionnels… Instrumentalisation par les uns (ou par les autres), mauvaise foi (ou ignorance), souvent, alibi (ou calcul) pour des glissements parfois nauséabonds et dangereux… Nous sommes enfouis, sous des masses d’informations, de mots, d’images… Et dans ce qui est aussi, donc, une guerre des images, réelles (ou trafiquées). Données à voir, ou métaphoriques.

Pensée et recul, pour rendre possible… « une distanciation percutante, personnelle, sur la réalité de nos existences. Conviction, enfin, que pour changer le monde, il faut commencer par se changer soi-même. » (Source : harissa.com)  

Franz Kafka, fiche wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Franz_Kafka

Yann Boissière, Akadem  http://www.akadem.org/conferencier/Boissiere-Yann-229.php

30/10/2015

"Des âmes et des corps"...

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 « Le grand péril de l’humanité, c’est que la nourriture des hommes est entièrement faite d’âmes ». Pierre Michon cite un vieil Inuit, dans sa chronique du Monde du 11-09-15, au début de sa recension d’un livre de Philippe Descola, « Par-delà nature et culture » (Folio/Essais)  http://www.lemonde.fr/livres/article/2015/09/10/on-repren... . Et, continuant son analyse, en profondeur, il note :  « Nous redoublons les formes qui ensachent notre âme commune. / Ainsi parle l’animiste. De ce ‘scandale logique’, dit Philippe Descola, est née l’anthropologie. » Donc, notre pensée clive Culture et Nature, système duel que l’auteur du livre laisse pour étudier ce qui, selon lui, organise vraiment notre réalité et sa perception : le partage entre les âmes et les corps. Les ontologies diverses se définissent suivant leur conception d’une continuité ou discontinuité de cette réalité duelle : animisme, naturalisme, analogie, totémisme. 

La chronique redonne une définition de ces différentes approches du réel, faisant la synthèse de l’étude développée dans l’ouvrage. 

Je n’ai pas encore lu ce livre (une somme de 794 p.) mais le lirai. Déjà les questions font trace… De toute façon, l’animisme, qui accompagne toute lecture anthropologique du monde, est présent dans d’autres espaces où le rencontrer : ainsi, l’univers des pratiques chinoises gestuelles et méditatives est celui d’une ontologie animiste, et, de même, la parole de « sages » se référant à des expériences mystiques ouvrant la conscience à un autre regard sur le monde, les choses, la nature, et les êtres qui y vivent, animaux ou humains. Peut-être que la source de beaucoup de nos drames est là : on se nourrit d’âmes, donc de morts, en ne croyant qu’à des corps inhabités, chosifiés. (Ou, plutôt, on se nourrit de mort au singulier). On inhale la violence et l’aveuglement. Effets sur la planète. Effets sur les peuples. Destructions. Guerres. Sommes-nous en crise pour sortir du clivage…?

 

20/10/2015

Barzakh, intermonde et océan… Mohammed Dib et Jeff Foster… L’écriture et la vague...

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« Qu’est-il arrivé à cette part du Monde ; à ses jours, à ses nuits ? Serait-elle tombée dans un entre-deux où chaque composante du temps ne sait dire que son contraire ? (…) N’est-ce pas le barzakh, s’il pouvait exister et s’il faut y vivre ? » 

Mohammed Dib, Neiges de marbre.

Citation en exergue sur  le site de Barzakh éditions... http://www.editions-barzakh.com

Note sur le livre, librairie Ombres blanches : http://bit.ly/1NlToUL )

Barzakh (citation de Mohamed Dib...), peut se comprendre de multiples façons. Dans l’ouvrage, «  Neiges de marbre », c’est la perte, le deuil qui fait s’interroger sur le « barzakh », mot qu’on traduit par la notion d' « intermonde », cet espace entre la vie physique et un monde où seraient les âmes après la mort. Séparation, barrière, écran, espace… Mais aussi, dans la trame du livre de Mohammed Dib, la part d’ombre des êtres, des marges de la folie. On peut voir, dans le barzakh, simplement la métaphore du mystère de cet entre-deux qu’est le temps de la mort (nous étions, corps présent, ancré, heureux ou souffrant, et nous ne sommes plus, nous entrons dans la mémoire et dans l’oubli des autres). On peut y lire aussi le symbole du trouble entre savoir et ne rien savoir, croire et ne pas croire. Mais chez le poète on peut aller encore plus loin, autoriser toutes les lectures, en faire une méditation sur la part d’ombre de notre monde, enfermé dans ses barrières, ses masques et ses haines.

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« La vague regarde l’océan et demande : ''Pourquoi tant de vagues si tout est l’océan?’' » / « Bien sûr, il n’y a jamais eu de vague séparée. Ainsi les questions se dissolvent et la réponse devient absolument apparente. » 

Jeff Foster, « Une absence extraordinaire », p.142, éd. Almora   http://www.almora.fr/telechargement/jeff-foster/383-une-a...

Et, autre citation, la vague, encore (métaphore qu’il utilise dans ces passages de deux livres, pour tenter de traduire ce que peut être l'expérience de la non-dualité, dans l’esprit de quelqu’un qui vit une ouverture de conscience qui métamorphose le sens de l’identité personnelle, la perception de l’altérité supposée d’autrui)...  

« D’un certain point de vue, une vague peut sembler éloignée d’une autre au milieu de l’océan, mais du point de vue de l’océan, dans la mesure où chaque vague est l’océan lui-même, le concept de distance ou son absence, perd son sens. » (…) « Toutes les vagues dans l’océan que je suis sont par essence ce que je suis même si en apparence certaines sont à des milliers de kilomètres les unes des autres. » 

Jeff Foster, « L’acceptation profonde », p.90, éd. Almora   http://www.almora.fr/telechargement/jeff-foster/382-l-acc...  

N’est-ce pas cela que nous tentons de rejoindre quand, comme les Israéliens et Palestiniens qui dialoguent et refusent la haine, parents qui partagent ensemble leur souffrance d’endeuillés, nous voyons en l’autre le même? 

Difficile, devant certains faits de l’actualité quotidienne, ici et ailleurs, partout, devant la noirceur et la brutalité de crimes, de voir en l’autre le même, bien sûr… Mais pourtant, si nous savons être en train de vivre dans un monde dont nous sommes aussi les co-créateurs, que devient la pensée de la vague? 

05/04/2015

PAGES TISSEES. Des blogs, des blogs, des blogs et leurs liens... Sites et lecture infinie...

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« ...On gagne en liberté avec les années. Je suis maintenant dans une urgence et une impatience adolescentes. Il faut que les choses aient lieu. » (...) « ... Affronter les gens ou ne pas les affronter. On peut mettre, ou non, la négation. »

Maïtena Biraben , citée par Marie-Laure Delorme, JDD, Regards/Portraits, 05-04-15

« ...On a toutes les lumières en soi. » (...) « Je suis aussi bien passionnée par les textes taoïstes que soufis ou chrétiens. Ils ouvrent des portes intérieures et nous aident à traverser les émotions. Je ne suis pas religieuse et assez méfiante vis-à-vis des croyances, même si j’ai un sens des rituels, si importants dans le respect de l’autre. »

Juliette Binoche, entretien, JDD, 05-04-15, propos recueillis par Alexis Campion

................................................ ("Qui si je criais", voir le lien, fin de note, avant "poésie" (Poezibao) et "sagesses")............

Hasard des lectures du jour, exergues trouvés sans les chercher, dans la presse. Citations qui disent exactement certaines choses essentielles. Que ce qui doit être pour donner sens complètement à notre vie ait lieu. Qu’on pose le non qu’il faut poser, comme le font les auteurs de pages qui suivent... Et que des mots cassent les murs intérieurs. Et pourquoi ce choix d'illustration (qu'on retrouve en vignette et en lien, vers un site)? Car c'est révélateur du processus qui mène aux pages lues. On cherche un poème, et on tombe sur un lien vers un site de ressources, un site de veille. Pages tissées... Des blogs, des sites. Pages personnelles ou simples lectures, colères, engagements, humanisme, poésie, revues et éditions, parfois. Préférences. Pour des écritures, des thématiques, des questionnements. Une esthétique... qui fait éthique... parentés morales. Murmures et cris. Plus on lit de pages sur papier et plus on lit de pages sur la Toile, et inversement. Découvertes de poèmes, de commentaires, désir d’aller lire tel recueil... Réflexion en cours, actualité, et le hasard qui fait rencontrer, justement, les pages qui donnent les clés qui manquaient. Voyage... d’un clic je suis à... Nouméa. D’un autre je reviens à... Lampedusa (trois adresses dans la liste en marge, trois textes). Ci-dessous j’ai surtout repris des titres qui étaient dans la liste en marge (pages qui n’y sont plus, mais les sites, oui, pour l’essentiel), ou ajouté des liens qui n’y étaient pas encore, pour construire une mémoire de pages, ici... Dans certains cas l’actualité impose, comme la nécessité de garder trace de « paroles contraires » (cf. note du 30-03-15), consciences solidaires de Soufiane Zitouni : les liens sont dans cette note, et certains blogs découverts ainsi rejoignent la liste (Pages tissées) pour d’autres écritures. J’aime les blogs de netwriters, de gens qui écrivent vraiment, pas ceux où l’on se contente de faire copie de textes lus... Sauf quand, c’est rare, le montage des choix est une création, un collage qui fait sens. Ici, j’ai choisi des blogueurs que je connais, et des blogwriters inconnus (blogwriter, j’aime ce terme anglais, pour une fois... emprunt que je garde : c’est court, c’est net). Inconnus mais proches en conscience. La liste en marge est alphabétique. Ici je vais tenter un ordre (logique intérieure...). Je ne mets pas (ou exceptionnellement, si la structure du blog le rend nécessaire) le lien vers l’accueil des sites, mais je choisis une page particulière, que je voudrais faire découvrir, et je la laisse longtemps en ligne (liste puis note). On peut ensuite voyager dans les pages ouvertes... Tisser ainsi des fils entre les pages des uns et des autres, connus et inconnus, c’est, presque, aussi, tracer un autoportrait, ou portrait en projet, en advenir.

Pour commencer.... Je pose des pages précises. Mais ensuite on peut aller découvrir tout ce qui peut être lu d'autre en allant voir l'accueil, les sommaires... Lecture infinie, donc...

MEMOIRE du VENT, septembre 2012, un texte de Khalil Gibran, « Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit... » (extrait, Le Prophète). Je fréquente ces pages depuis longtemps... Poésie, voyage... Pas de mise à jour depuis 2013 ? Lassitude peut-être (je n’aime pas le trop long silence des blogs. Mais pourtant...) : http://memoireduvent.canalblog.com/archives/2012/09/06/25048943.html

BLOG de Jean-Claude Tardif, écrivain et éditeur (une ample note mensuelle, ou quelques notes brèves). A L’INDEX, novembre 2014, Jacques Basse, Anthologie de poésie turque (Visages de poésie), et autres informations littéraires. L’exigence comme méthode et pratique. Lucidité comme éthique sociale et d’écriture, fidélité au réel. Un goût des autres, savoir prendre le temps de rendre hommage. C’est ce que je perçois :   http://poesiealindex.blogspot.fr/2014_11_01_archive.html     

Le livre à dire, Empreinte. A L’Index N° 29. J-C Tardif veut faire lire et relire Gabriel Okoundji : http://lelivreadire.blogspot.fr/2015/02/a-lindex-n29-n-empreinte-consacre.html

PAPALAGUI, BLOG de Christian Tortel, journaliste, s’intéresse aux « littératures éparses et ultrapériphériques ». Il nous ouvre des mondes, et interroge une certaine immobilité perverse qui fige les consciences, source de tous les pièges du racisme, ou de l'indifférence. Invite au nomadisme de l'âme (à comprendre comme esprit, intelligence du regard). Sur cette page, juin 2013, une citation de René Char (« Va vers ton risque... ») et Les Matinaux en illustration (plus une explication du terme papalagi - ou papalagui). Dans ses liens : îles, sud, nomadisme et « tout-monde »...  http://papalagi.blog.lemonde.fr/2013/06/26/va-vers-ton-risque/

Le rendez-vous des civilisations, de Florent de Gigord, dont le blog montre l’intérêt pour la spiritualité, à condition qu’elle soit liée à une démarche libre. Liberté de conscience, d’abord. Culture ouverte aux sagesses diverses. Culture large, nourrie de lectures. Humanisme et fraternité. Le dialogue contre les idéologies de l’affrontement. Connaître la pensée et la spiritualité des autres, pour comprendre. Donc voyager hors de ses cadres, entrer en empathie dans le cœur, le centre, des sagesses proches et lointaines. Esprit curieux de découvrir et faire découvrir des sites, en proximité éthique (et esthétique...). Ainsi, dans la note qui suit, il présente d’un trait en une ligne (mais avec des illustrations choisies), un blog qui fait partie justement aussi de mon panthéon, « Thé au jasmin ». Et il répond à un commentaire, de manière intéressante, même page : http://flo92100.blogspot.fr/2013/04/the-au-jasmin.html

« Thé au jasmin », blog de Kenza, qui aime la voix de Melody Gardot, la poésie, la peinture... En exergue : « L'art et rien que l'art, nous avons l'art pour ne point mourir de la vérité. »,  Friedrich Nietzsche. Et, sur certaines pages, comme un programme, cette citation : «Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.», Emile Bernard. La blogueuse fait des choix, reprend des notes d’éditeurs, cite, sait associer une reproduction (c’est très riche en illustrations : peintures, expositions diverses), écrit peu, mais un peu, comme dans cette page, citation et remarque brève qui fait présence. Ce que j’aime, je crois, c’est ce « tissage » (là aussi) de références qui sont un langage en soi : http://theaujasmin.blogspot.fr/search/label/Lectures

Vivre à BELCOURT, site de Luc Demarchi. Petit à petit le site accumule des pages autobiographiques, classées dans les portfolios, et on voit une écriture se définir, s’affirmer. Certains textes offrent des fulgurances. Deux autres pages à lire dans la liste en marge, deux pages que j’aime particulièrement. Parole d’exil, de tendresse, réflexion sur la mémoire, sur le lieu d’ancrage, l’enfance, autrui. Le retour sur soi rejoint l’universalité des émotions. Le lisant on se demande quelle est l’influence des paysages (nature et ville) sur notre formation, quels sont les liens entre les gens d’un même quartier, la fraternité des appartenances, non communautaires, mais d’ancrage dans un espace voisin. Et le passage dans l’imaginaire de l’autre rive (imaginaire car le réel se recrée, et la vision traverse le temps) offre une méditation sur le regard, les perceptions. Je rêve d’un recueil qui regrouperait ces pages en ouvrage à feuilleter. En voilà une, « Le rendez-vous manqué » (Camus !)... http://belcourtois.com/index.php/projet/le-rendez-vous-ma...

ARMENIANtrends/Mes Arménies. Voilà ce qu’il donne en accueil comme autoportrait et programmation : « Arménies - traversées de soi, de l'autre - flux et reflux informulés - quête d'Eden - les saisons d'ordalie - accéder aux métamorphoses - scander les gouffres et les cimes - multiple, errant, total ». Oui, traversées de soi, de l'autre : Arménie en thème majeur, mais aussi des poèmes personnels, dispersés ça et là, des pages (et poèmes, aussi), sur les créations d’une plasticienne qui vit entre Allemagne et France, Nicole Guiraud (présente aussi sur mon blog, note et album, listes, etc.), des réflexions que l’histoire ou l’actualité impose, des traductions. Humanisme engagé, fraternité. Là j’ai choisi un poème, « L’œil » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/10/loeil.html

Les SONGES d'une NUIT. Blog de Pôl Kraly. "L'homme sans costume", 15-12-13. Il y a une démarche très personnelle, une recherche. Pages méditées qui cherchent une cohérence entre exigence spirituelle et éthique laïque : http://lessongesdunenuit.hautetfort.com/archive/2013/12/15/l-homme-sans-costume-5247759.html

MEMOIRE de Là-bas. Blog d'Hubert Ripoll. LIVRE, liens, commentaires, contributions. Une très belle écriture tente une cartographie identitaire loin de tout enfermement : http://memoiredelabas.blogspot.fr/2009/08/alimentez-vous-meme-memoire-de-la-bas.html

MEMOBLOG, de Paul Souleyre. Mémoire, encore, mais la recherche de fils et filles de Pieds-Noirs. Questions sur la transmission, l’identité, le rapport avec l’autre rive. Avec la perception d’une deuxième génération d’exil et mémoire (ou oubli : l’amnésie doit parfois être interrogée quand on fait ce chemin vers une vérité de la transmission). Désir de lucidité, même si cela peut déranger des regards venant d’une autre génération, d’une autre approche idéologique (là l’idéologie est évacuée, volonté d’une démarche rigoureuse, plongée en soi, archéologie des passages de témoins des anciens aux plus jeunes, par les mots et par les silences). « Un peu d'ordre dans Mémoblog », en accueil : http://www.memoblog.fr/ 

MUSIQUE, Andalousie, fraternité. Blog "El Duende", de Florence Guilbot. Une page sur "El Gusto", et le mot qui rejoint, en sens algérois, la signification andalouse du duende. La musique andalouse, et Enrico Macias, plus comme musicien que chanteur (chanteur aussi mais importance donnée à sa musique, son orchestre andalou). Mais elduende.musicblog.fr ne peut plus être trouvé. La blogueuse l'avait écrit, disant qu'elle pensait arrêter, sans cesser d'aimer ce qu'elle aimait, fidèle à ses passions. Lassitude ou besoin de passer à autre chose.  (Mise à jour, 06-06-2016).

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TITRES et LIENS. Humanisme, sagesses, écritures, engagements, se croisent.... Des VOIX....

Abdou LABBIZE, photographe algérien. Humanisme, générosité. Il offre au regard les êtres et les lieux, les paysages et le patrimoine de l’Algérie. Série PORTRAITS. Regarder en musique : http://www.labbize.net/French/Pictures/Portraits/Portraits.htm 

Anouar BENMALEK. Questionnaire de Proust. De quoi entrer dans l’univers profond d’un écrivain de talent : http://anouarbenmalek.free.fr/textes_divers/questionnaireDeProust_juin2008.htm

L'AGORA, Canada. Immense site, lecture infinie... CONTE SOUFI sur la pauvreté et la mort. Rûmi : http://agora.qc.ca/thematiques/mort/documents/le_cercueil

VACARME.org. Texte très important. A lire, relire, méditer. UNE VIE NON FASCISTE : http://www.vacarme.org/article2288.html 

Patricia Grange, BLOG Papillons de mots, "A l'origine notre père obscur", recension, et poème : http://www.papillonsdemots.fr/2015/01/26/a-lorigine-notre... Voir son site, Le Jardin de Mariposa (et écouter... en accueil) : http://www.patriciagrange.fr/ 

Cathy GARCIA. "Le désespoir des anges", d'Henri Kénol. Une note, pour découvrir tout le blog : http://bit.ly/1bYMEOZ

Muriel DIALLO, texte sur la création en exil... http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&... Voir aussi la page sur aflit.arts (Afrique, Femmes écrivains) : http://aflit.arts.uwa.edu.au/DialloMuriel.html   

Kamel DAOUD. Algérie-Focus, Djazairi, ma langue : http://bit.ly/1axv0Bm

Kamel DAOUD. Sur la haine. Le Quotidien d’Oran : http://bit.ly/1IA7DkZ  

ESPRITS NOMADES. Emily Dickinson, "la recluse incandescente" : http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/dickinson/dickinson.html

Jalel El Gharbi, BLOG. « S’il n’y avait qu’un texte à faire connaître... », Giono, et F. Bach http://jalelelgharbipoesie.blogspot.fr/2014/06/sil-ny-avait-quun-texte-faire-connaitre.html

NOUS LAMINAIRES. Julien Delmaire, sur Yahia Belaskri : http://bit.ly/1J9uEfu

KAIZEN. REZA, entretien. « Femme témoin de paix » : http://bit.ly/1GVwMIB

 Chahla Chafiq, SITE.  Reparler d’humanisme : http://bit.ly/1xQNS8G

Chahla Chafiq, SITE. « Jaune de nulle part », POEME : http://bit.ly/1P9CN7Y  

Ecritures du monde...Chantal  Serrière, BLOG. « Claude s’en est allée » :  http://bit.ly/1P9CVo5  

Le journal des chercheurs, René Barbier. « La fraternité de reliance »... (et sa lecture d’Abdennour Bidar) : http://www.barbier-rd.nom.fr/journal/spip.php?article1963

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Soufiane Zitouni est attaqué, suspecté, propos déformés. Mais des consciences réagissent. J’avais posé une citation et le lien pour intégrer sa lecture de la couverture du « journal des survivants », Charlie, à ma propre réflexion, très intéressée par le fait de découvrir une interprétation proche de la mienne, qui avait été écrite d’instinct (alors qu’il se référait à un hadith, en philosophe et en mystique). J’ai suivi ensuite l’évolution des réactions, sa démission, ce qu’il en écrivit, lu des commentaires, des articles. Puis j’ai lu avec attention les notes qui suivent, essentielles, ayant du mal à supporter les pièges manipulateurs des fondamentalismes... qui sont le terreau des horreurs qu’on apprend jour après jour...

Mohamed Louizi. BLOG. Lycée Averroès del’UOJF : http://bit.ly/1CGGED0 

Suite... Lycée… PRECISIONS : http://bit.ly/1FbXvw0

Mohamed Louizi. Suite... INTIMIDATIONS : http://bit.ly/1P9Dnma

Vincent Bonnet. BLOG. "Deux cas pour la liberté d'expression" (et Médiapart)... https://blogs.mediapart.fr/vincent-bonnet/blog/160215/de-...

Germinal Pinalie, BLOG. Face à Edwy Plenel : http://bit.ly/1J9wddv

Et, ample complément d’information, article de Libération, rencontre avec Soufiane Zitouni, 18-02-15, propos recueillis par Anastasia Vécrin : http://bit.ly/1Ler0AL

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Voyage... loin, ou moins loin, mais toujours possible entrée vers soi...

Madrépores éds. Nouméa. « Âmes errantes » : http://madrepores.blogspot.fr/2012/06/ames-errantes.html

Scholastique Mukasonga. « Ce que murmurent les collines » :  http://www.scholastiquemukasonga.net/home/ce-que-murmurent-les-collines/

El PODER de la PALABRA. Lire, voir, écouter (musique) http://www.epdlp.com/index.php

BABELMED.  « Anatomie de l’errance », de Bruce Chatwin, par Rosita Ferrato : http://bit.ly/1CGHbVF

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« Qui si je criais...? », Florence Trocmé. « VEILLE autour de l'antisémitisme, des exterminations & génocides, répressions, oppression et persécutions, hier et aujourd'hui ». Ressources nombreuses en ligne : http://www.scoop.it/t/qui-si-je-criais

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Marina Tsvetaïeva, POESIE...  BioBibliographie, par Florence Trocmé, POEZIBAO : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2005/05/marina_tsvta...

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Sagesses...

SOUFISME.org.  Faouzi Skali sur Eva de Vitray : http://www.soufisme.org/site/spip.php?article10 

Lectures non duelles, un SITE et ses LIENS : http://leveil.org/liens

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Clin d’œil, après un drame... ALGERazur. BLOG. Note sur Florence Arthaud, fille de Pieds-Noirs (mère) http://algerazur.canalblog.com/archives/2015/03/10/31678797.html

30/03/2015

« Parole contraire ». Présence contre l’absence, l’évitement, la fuite, le renoncement... Mots autres...

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Page éditeur, « La parole contraire », janvier 2015, Gallimard : http://bit.ly/1z8suFE

 On reproche à Erri De Luca une « incitation » à la violence, pour avoir utilisé le mot « saboter », en répondant à une question de journaliste au sujet de la ligne Lyon Turin que la région concernée  refuse et qui présente de grands dangers environnementaux et de santé publique. Il soutient le refus et prête ses mots d’écrivain à ce refus. Reprenant une injonction biblique il dit devoir « ouvrir la bouche pour les muets », parler pour les « sans-voix », pour défendre ce droit à la parole des autres. De ce projet contestable du Val de Suse (« réaliser un lieu qui n’existe pas ») il dit : « Une utopie, et des pires qui soient, est l’asservissement d’un territoire à une spéculation déclarée stratégique pour de plus grands abus. » (p.19). Il rappelle que cela passe par « Le percement et la pulvérisation des gisements d’amiante » (pp. 19 et 39). Et il évoque de même les gisements de pechblende (radioactif) qui doivent aussi être percés (p.40). Mais son propos principal est la revendication de son droit de parole d’écrivain et le refus de la distorsion du sens des mots qui est à la base de l’accusation. « Saboter », ce n’est pas pour lui faire violence, c’est « entraver », rendre impossible ce qu’on refuse, et entraver les mensonges et la désinformation.

Cet écrivain est un autodidacte qui fut d’abord un ouvrier, dont la révolte explique les engagements passés. L’érudit qu’il est devenu par grande patience de lecteur intense, et pour avoir fait des choix éthiques qui signifiaient engagement autre dans le travail des langues, notamment. L’holocauste, et précisément la Shoah qui en est l’ombre immense, ont été pour lui devoir de langage : apprendre le yiddish parce que les êtres qui le parlaient avaient été tués en masse et que la langue risquait de disparaître, apprendre l’hébreu ancien et faire de la Bible une lecture quotidienne...

Lecteur, il l’a été de livres fondateurs, pour lui. « En tant que lecteur, je n’ai pas eu de préférence pour la littérature sociale et politique. Les labyrinthes érudits de Borges ont ouvert mon troisième œil en me faisant découvrir les profondeurs des sagas et des mythologies. » (p.11). Il évoque Orwell dans la genèse de son anarchisme. Libertaire il est, et reste. Par-dessus tout il est écrivain, et il se bat pour le sens donné aux mots. Et pour ce droit à la « parole contraire », celle qui ne se soumet ni aux ordres, ni aux modes, ni  au groupe. Celle qui est portée par une conscience autonome et donc libre. Responsable. Et qui se doit de résister. « J’ai été formé à l’école du XXème siècle où les écrivains, les poètes, ont payé le prix fort pour leurs paroles. » (p. 37). Son livre est une sorte de manifeste éthique, qui pousse le lecteur à l’examen de sa propre parole. Que fait-il du langage devant les abus et oppressions dont il est témoin, même de loin... ?

LIRE...

Tribune sur le contexte du procès fait en Italie à Erri de Luca, sur plainte d’une société française (LTF, Lyon Turin Ferroviaire) et recension du livre rédigé par lui pour faire connaître sa position. Libération, 02-02-2015, par Eliane Patriarca (lisible en ligne intégralement) : http://bit.ly/1IIpsz1  (Citations : « Erri de Luca fut, dans les années 70, militant de Lotta Continua » (...)  « avant de faire des mots son seul outil, d’apprendre l’hébreu ancien et le yiddish, de devenir cet érudit qui lit chaque matin l'Ancien Testament, ce mystique sans religion qui puise dans la Bible une concentration unique de sens et de poésie. »  (...) « Comment en est-on arrivé en Italie à inculper un écrivain pour des mots ? »

Chronique de François Xavier, Salon littéraire : http://bit.ly/1OO42ow

Entretien, JDD, 8 mars 2015, propos recueillis par Cécile Amar. Le titre papier était « Je donne ma voix à ceux qui n’en ont pas » : http://bit.ly/1Ajx4CP (Citations : Sur le sens du mot ‘saboter’ : « Dans toutes les langues du monde, ce verbe a des sens multiples. Saboter, en plus de produire des dommages matériels, embrasse le sens d'entraver, empêcher, faire obstruction, s'opposer. » (...) Sur le rôle de l’écrivain « Il y a un verset des proverbes dans l'Ancien Testament qui stipule :"Ouvre ta bouche pour le muet." Écrire, c'est la possibilité pour quelqu'un qui a un écho public d'offrir son audience, sa parole à ceux qui n'ont pas ce droit. " » (...) « Apprendre le yiddish était la seule chose que pouvait faire quelqu'un né après 1945. Je voulais remuer les lèvres d'une langue assassinée. » / Sur l’hébreu (il lit la Bible en hébreu): « Cela n'a rien à voir avec le monde juif. Dans la Bible, la parole fait advenir les choses.» (...) « Il y a un mot hébreu qui tient ensemble le mot et la chose accomplie, c'est davar. En tant que lecteur et écrivain, je suis fasciné par cet emploi de la parole, qui lie le dire et le faire. Je suis comme un alpiniste dans l'Himalaya qui veut visiter les montagnes les plus hautes de la planète. Dans l'ancien hébreu, les montagnes les plus hautes sont rejointes par la parole. »)

Rencontre avec Erri De Luca, EHSS/Rencontres littéraires : http://bit.ly/1He97RF  

SOUTIEN : http://soutienaerrideluca.net/

Pétition : http://www.petitions24.net/soutien_a_erri_de_luca

..............  Paroles contraires... aussi :

Cette conviction (nécessité et force de l'optimisme) chez Thierry Saussez : «En ces temps où la barbarie et l'extrémisme exercent une telle menace, nous affirmons qu'il faut dépasser l'indignation proclamatoire pour faire de l'engagement un axe fondamental de notre action. » (Car l’indignation proclamatoire n’est pas « parole contraire » : elle n’est que justification de son retrait, elle est l’inverse de la parole contraire)...Tribune de Thierry SaussezJDD, 22-03-15 : http://bit.ly/1He94Fq

Parole contraire... En soi, débat intérieur, et, dans la société (démocratique), place pour les contradictions, pour les « contraires ». Je lis un entretien dans lequel Eugène Green parle de l’oxymore, car « Le dogmatisme est un refus de l’oxymore »... EntretienLe Monde, 24-03-15, propos recueillis par Aureliano Tonet : http://bit.ly/1OO4bZb

De même, ce que dit Roger-Pol Droit sur François Jullienà propos de son "Lexique euro-chinois de la penséerencontre la même problématique. Parole contraire, pensée contraire, philosophie réelle tout simplement. Cette pensée qui met du "jeu" dans les évidences, les dérangeant donc. Un mot : "dynamique". Ce qui parle dans le contraire, c'est l'écart, le pas de côté qui questionne les certitudes... Chronique de Roger-Pol Droit, sur la pensée de François Jullien, Le Monde, 26-03-15 : http://bit.ly/1HVYgPZ