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04/11/2012

« HAÏR C'EST ENCORE DEPENDRE ». Réflexion à partir d'un texte de Daniel Maximin citant Césaire (texte à méditer...)

Des récupérations idéologiques et politiques ont cours en ce moment, là ou ailleurs, à propos de la reconnaissance des crimes du 17 octobre 1961 (déguisée par certains - qui y sont hostiles - en « repentance » : ce qui attise les passions, remue les émotions, les colères, les rancoeurs - ce qui, aussi, autorise la mauvaise foi…). Dans ces heurts où les mémoires et souffrances s’opposent (et intimement dans les questionnements personnels identitaires que ces débats réactivent) parfois la haine affleure (ou déborde). Haine et haines d’autant plus dangereuses que, dans un contexte de crise, des groupes politiques (des mouvances, des partis) instrumentalisent mémoire et Histoire pour, dans l’actualité sociale, introduire des thématiques discriminatoires, des divisions entre les communautés qui composent le pays, provoquer la peur (de l’autre, forcément). Et quand, en plus, la commémoration en hommage aux victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie entraîne une lutte de dates qui recouvre un conflit mémoriel plus important... on ne sait plus qui va crier le plus fort.

Il est donc peut-être nécessaire de relire certains textes qui proposent de prendre recul, de faire un peu silence en soi avec ces remuements douloureux sur un passé individuel et collectif. Qu’est-ce qui libère et qu’est-ce qui entrave ? Penser dans la solitude permet de retrouver son autonomie de pensée, de réfléchir autrement, sans influence politicienne ou communautaire (ce qui ne veut pas dire reniement d’appartenances : mais il y a plusieurs manières d’appartenir – en se faisant piéger par un enfermement idéologique et passionnel univoque, ou en acceptant de constater la complexité des regards sur la réalité et la complexité des communautés humaines elles-mêmes).Ce qui ne veut pas dire non plus renoncement à l'expression, ni même aux revendications justes... 

Daniel Maximin, à propos de la commémoration de l’esclavage, se pose les mêmes questions. On remplace « esclavage » par guerre d’Algérie, colonisation, décolonisation, et on a de quoi méditer sur les choix possibles (quels positionnements?) à ce sujet. (« On »  renvoie à des « mondes », divers : Pieds-Noirs et Harkis, oui - personnes, communautés, et associations - mais aussi Algériens sur les deux rives, Franco-Algériens, anciens appelés, métropolitains, pouvoirs, partis, médias… Mais c’est d’abord un appel à la conscience individuelle… exigence qui interfère… (Et c'est valable pour d'autres conflits passés et actuels...).


« La commémoration a un sens si elle n'est pas déviée. Car, plus important que le devoir de mémoire, il y a le droit à l'Histoire. Il faut que toute l'Histoire soit dite: pas seulement celle des douleurs, mais surtout la plus cachée, celle des résistances. La mémoire doit autant privilégier la parole des opprimés que la condamnation du discours de l'oppresseur. Elle doit montrer que l'esclavage a perdu, qu'il n'était pas fait pour fonder des sociétés, des cultures. Donc il ne doit y avoir ni ressentiment, ni resserrement, ni posture victimaire. Césaire disait : "Attention, haïr, c'est encore dépendre." » Evidemment, d'un lecteur du texte à l'autre l'opprimé et l'oppresseur auront des visages différents. Peu importe : ce qui compte surtout c'est la mise en garde... Attention...
 

Le sens du mot  « dépendre » peut être compris diversement. Ceux qui ont dépendu de l’autorité politique des autres, subi des oppressions (colonisation, esclavage), doivent se libérer du lien qui demeurerait avec la colère et la haine, et les maintiendrait dans une sorte de paradoxale dépendance, intérieure surtout, inconsciente. Mais les situations sont parfois plus complexes, autres, l’oppression avoir des formes très diverses, camouflées, les contraintes être de l’ordre de la manipulation (manipulation d’opinion, aussi, comme le montre et le dénonce Jean Pélégri dans son livre « Ma Mère l’Algérie » : comment la métropole – avec ses pouvoirs – a construit une image collective des Pieds-Noirs, en faisant de cette communauté un bouc émissaire). Et cependant, dans tous les cas, prolonger les luttes passées, ne rien remettre en question de ses croyances antérieures, rester dans la douleur des exils, quels qu’ils soient, cela aussi crée dépendance, autrement. Collectivement il faut travailler à une résilience libératrice, en déconstruisant les manipulations passées et présentes, en refusant les injonctions qui font jouer un rôle, créent une fausse identité, piègent dans de fausses valeurs (qu’on croit siennes et qui sont étrangères profondément). Bien sûr, parler de résilience (Algériens, Pieds-Noirs, Harkis, Appelés, Métropolitains) est plus difficile quand on évoque les plus terribles traumatismes (victimes du terrorisme, enfants de disparus ou de victimes d’assassinats ciblés, survivants d’un massacre, témoins de meurtres, de tortures, nés d’un viol, victimes de viol). C’est là que les communautés peuvent avoir un rôle apaisant ou au contraire aggravant (en croyant même parfois accompagner – mais en réactivant les souffrances, les colères, en les figeant dans un éternel passé, quand le présent est déjà assez dur). Attention aux héros qu’on se crée, aux icônes qu’on fabrique : certains masques peuvent être dévastateurs… Le défi est de ne pas choisir ce qui dévaste… Quand ceux qui haïssent ne dépendent pas seulement (encore…) de ceux qui les ont opprimés ou agressés (ou, c’est pareil, rôles inversés, de ceux qu’ils ont opprimés ou méprisés), mais dépendent aussi (et c’est peut-être la pire prison) de la part la plus sombre d’eux-mêmes, de l’ombre intérieure qui les hante et qu’ils projettent sur le monde, pour une vision manichéiste… 

L'entretien complet est à lire sur le site de L’Express. « Haïr, c’est encore dépendre », Daniel Maximin, 07-05-2009 : http://www.lexpress.fr/culture/livre/daniel-maximin-hair-c-est-encore-dependre_823480.html

Autre entretien, éclairant aussi. « Il faut arrêter d’être esclave de l’esclavage », Daniel Maximin, décembre 2006, L’Internaute : http://www.linternaute.com/histoire/magazine/interview/daniel-maximin/retranscription-daniel-maximin.shtml  (CITATIONS :« La volonté d'oppression est constitutive d'une partie de chacun d'entre nous. C'est le désir de mort pour soi ou pour l'autre qui s'oppose en permanence au désir de vie ou de faire vivre. » (…) « Il reste nécessaire de pratiquer "l'auto-surveillance" dont vous parlez (il répond à une question) vis-à-vis de chacun de nous et vis-à-vis des autres. Il n'est pas utopique de penser que la mort et le mal existeront toujours mais que la Résistance à leur empire est aussi permanente dans l'histoire des hommes. »)

C’est une leçon de lucidité.  Ne risquons-nous pas, nous, tous, en effet, d’être esclaves des attachements à la condition d’exilé (par exemple), quand nous ne sommes ici que de passage? (Ce peut être aussi le contraire, avec les pièges de l'ancrage local, ou des visions ethnicistes, à la façon des Identitaires ou des Indigènes de la République...). Ne sommes-nous pas, tous, souvent, dans l’illusion de l’innocence intime, communautaire, ou nationale, quand personne n’a échappé, en réalité, aux choix les plus mortifères. Ne serait-ce que par contagion. Ne serait-ce qu’en se taisant… 

22/03/2012

LE RACISME TUE… (3). Terrorisme. Les armes tuent. Et les mots, les livres, les films…

Le 19 (après les assassinats des 11 et 15 mars) une fusillade terrible, sur fond de racisme et d’idéologie fascisante. Réactions, émotions (légitimes). Une horreur qui atterre tout le monde. C’est ici, ce sont nos compatriotes, à l’intérieur de frontières repérables. Les faits sont qualifiés de monstrueux (ce qu’ils sont). Ce soir c’est le tueur que j’ai entendu qualifier de monstre par le Président de la République. Monstre? C’est rassurant de se dire que l’auteur de tels actes échappe à l’humain, que nous sommes d’une autre nature. Rassurant mais faux. Psychopathologie qui va chercher dans la part la plus sombre, la plus perverse, de l’humain, à partir de délires idéologiques construisant une haine obsessionnelle. Le mal. On a sans doute inventé le Diable pour figurer ce puits où sombrent des individus, et des groupes, ou masses, d’individus, de temps en temps dans l’Histoire, et dans l’actualité, pour leur malheur et le nôtre... Le serial killer a des motivations personnelles plus ou moins inconscientes : le fanatique politique structure autrement la pensée de ses passages à l’acte, qu’il soit d’ultra droite (attentat de Norvège, juillet 2011, près d’une centaine de morts : http://www.lefigaro.fr/international/2011/07/23/01003-201... ), ou islamiste (les crimes de Montauban et Toulouse). Le militaire américain qui a massacré récemment seize personnes en Afghanistan (dont femmes et enfants) est-il, lui, un fou, ou un fasciste d’un autre genre, projetant tout d’un coup sa haine ? Quel genre de terroriste est-il, lui? (http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/03/14/a... )

Si seuls les « monstres » tuaient de manière barbare il n’y aurait pas de crimes de guerre, pas de crimes contre l'humanité, pas de trafics d’armes, mais une société paisible secouée parfois par des « accidents » tragiques.

Le président dit que ces actes qui viennent de nous déchirer ne sont pas explicables. Peut-être le dit-il pour réagir à des tentatives d’explication un peu sommaires. (Nous cherchons tous maladroitement à comprendre, car comprendre peut aider à lutter contre cela, mais aussi des personnalités politiques cherchent sans doute, trêve de campagne ou pas, à inscrire leur différence, leur stratégie, ou leur récupération – jugeant, critiquant, projetant). Mais si ces actes ne sont pas du tout explicables, alors la barbarie gagnera toujours. Actes explicables? Ils ne sont en aucun cas justifiables, mais explicables, forcément un peu, avec des grilles diverses que la raison peut nous permettre d’utiliser pour entrer dans la trame complexe des causalités nombreuses. Tenter d’expliquer ne veut pas dire que nous allons désigner des coupables, mais peut-être accepter d’interroger nos fonctionnements, nos manques éventuels.

Cela se passe dans un monde que nous créons quotidiennement, qui est héritier des violences et des guerres précédentes, modelé par les guerres présentes, par les discours haineux des uns et des autres, dont les folies et les frustrations individuelles peuvent se saisir pour donner matière d'argumentation à la violence démente. (D'autant plus que des armes circulent, et se trouvent facilement. De cela qui est complice? Quand fera-t-on le lien entre le terrorisme et le nécessaire contrôle des armes?).

Climat idéologique, donc, qui ne peut être cause principale mais qui est cause aggravante. (Climat créé par les excès des extrémistes de tous bords : extrême droite, extrême gauche – qui se rejoignent souvent, par exemple, dans l’antisémitisme, sous des formes variables plus ou moins assumées - et servent directement ou indirectement les délires des islamistes, notamment, ou des ultras. Mots et discours démultipliés sur la Toile, sans règles et sans contrôle efficace).

Depuis qu’on sait qui est l’auteur des crimes, Mohamed Merah, djihadiste, on critique ceux qui ont pu oser soupçonner l'ultra droite. Mais les enquêteurs, aussi, portaient leur questionnement vers elle, au début. Qu’on ait pensé à l’extrême droite, en voyant des victimes musulmanes dans les premiers meurtres, ce n’est pas étonnant. Et qu’on y ait pensé alors qu’on est assailli de déclarations qui rejoignent des thématiques de haine, ça l’est moins encore. Aucun groupe précis n’a été désigné à tort, cependant… (Cela choque, cette hypothèse formulée là, alors que le soupçon, pour la Norvège, qui a fait penser aux islamistes, quand c’était un ultra droite, cette hypothèse n’a pas gêné les mêmes…).

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Mais... on ne déchiffre jamais l'archéologie d'une histoire du terrorisme, de la théorisation acceptée de sa légitimation (pour certaines causes, dans certains cas... quand on confond terrorisme ciblant les civils et résistance) et des traces qui perdurent... de cette complaisance idéologique avec le pire. Ainsi, des films sont les supports de cette acceptation complice. Et, là, d'un jour à l'autre, condamnation générale d'actes abjects, dans toute la presse (d'un côté), le 19. le lendemain, dans le pays même qui vit ces drames, à la télévision publique, éloge du terrorisme fantasmé, auréolé d'héroïsme.

… Donc, le 19, l'horreur dans une école, le 20, film sur la 3. Non, pas de déprogrammation pour donner des clés, aider à penser les drames. Non. Après un journal qui dénonce l’impensable, un film qui met en scène la justification de faits similaires. « Pour Djamila », de Caroline Huppert, titre emprunté au texte de Simone de Beauvoir, publié au moment du procès.

Voici un article, révélateur de l’esprit de la critique en général, regard sympathique porté sur le film, et courte réflexion. Le Parisien, 20-03-2012 : http://www.leparisien.fr/espace-premium/culture-loisirs/h...

De nouveau la thématique terroriste, après le film sur Zohra Drif, poseuse de bombes. 

Que le film Pour Djamila parle d’une lutte pour l’indépendance, dans le cadre de la décolonisation générale, qu'il évoque un désespoir qui porte certains au pire, cela fait partie du regard sur l’Histoire. Que ce film dénonce la torture, cela rejoint les nécessaires combats pour les droits humains, contre des procédés inadmissibles. Et que l'histoire de cette femme rende compte de la torture qui fut utilisée contre elle, c'est légitime. (Elle fut torturée et violée). Mais qu'à travers un portrait très positif, et l'oubli de la réalité des actes des poseuses de bombes, on magnifie et justifie cette forme d'engagement, cela n'est en rien acceptable. Pas de preuves, pas d'aveux, est-il dit. En fait elle avait avoué avoir posé une bombe, et était revenue sur ses aveux, après avoir rencontré Gisèle Halimi. (Vérité ou faux aveux sous l'infamie de la torture? Vérité ou stratégie de défense dans la négation de la culpabilité?). Les enquêteurs et les juges pensaient, eux, avoir suffisamment d'éléments pour considérer qu'elle était coupable.

Je porte un regard très critique sur ce film qui évoque l'histoire de Djamila Boupacha et le procès... Il y a donc les faits (présentés diversement suivant les auteurs), une part du réel, et la manière dont on rend compte de tout le réel. Le film, je trouve, est surtout fidèle à la radicalité de Simone de Beauvoir et de Gisèle Halimi : partiel, et partial. Qu'il dédramatise l’utilisation du terrorisme, effaçant d’un trait les victimes civiles, les morts ou les blessés graves (adultes et enfants), cela n’est pas acceptable. Sartre, préfaçant Frantz Fanon, avait appelé au meurtre des civils (les «colons», écrivait-il…), sans états d’âme, et il reste le maître à penser (ou ne pas penser) de certains faiseurs de «culture»...

Pour appuyer cette justification de l’immonde (le terrorisme : les bombes qui tuent et blessent des civils), un certain manichéisme sous-tend tout le récit, et là encore ce sont les Pieds-Noirs qui sont la cible - forcément des coupables, forcément des gens à abattre, fussent-ils des bébés, des petites filles ou des petits garçons ("nés quelque part" où on ne leur reconnaît pas, dans une certaine marge de la France métropolitaine, d'avoir eu le droit de naître...).. La seule parole qui les concerne est celle de la mère de Djamila Boupacha, qui dit ceci (je cite de mémoire, pas tout à fait complètement, mais le sens est là) : « Les Français de France, il y a des gens bien, mais les Français d’Algérie, des méprisants, et il y a des barbares. Tout pour eux, rien pour nous. ». Rapide raccourci. Dénoncer les injustices d'un système à défaire, oui, mais l'anathème qui globalise, non... On se demande pourquoi les Pieds-Noirs seraient accueillis si fraternellement en Algérie s’ils avaient tous été des gens aussi abjects ? Et pourquoi Aït Ahmed aurait dit d’eux, ses compatriotes de naissance, qu’il aurait fallu construire l’Algérie indépendante avec eux – précisant « avec eux, pas avec les Français, avec les Pieds-Noirs » Donc, dans le film, les Pieds-Noirs, funestes gens, sont les représentants du Mal absolu, le terrorisme, lui, est une option acceptable. (Mais qui donc avait colonisé l’Algérie, si ce n’est le pouvoir de la France métropolitaine ? Sûrement pas des immigrés de tous les pays méditerranéens, devenus Français par leur ancrage en Algérie. Et qui avait torturé, alors, si ce n’est l’armée française ?)

Et si c'était, si c'est, acceptable, alors le terrorisme actuel l'est aussi.Pas grave, on pleurera plus tard, au Journal de la nuit, ou du lendemain, en revenant sur les crimes récents…

Que fait-on dire à Djamila Boupacha ? « Le terrorisme, l’arme de ceux qui ne peuvent pas se défendre, ça a toujours été comme ça, ce sera toujours comme ça. ». Rien de plus complexe n'intervient pour compenser... Voilà la lutte contre le terrorisme réglée d’un coup. Il faut dire que, quand le terrorisme F.L.N touchait les Pieds-Noirs il ne dérangeait personne. Pas de LDH prête à s’émouvoir  Pas de soutien pour supporter les traumatismes, alors. Seul le terrorisme de l’OAS (plus tardif, sur une seule année), qui toucha aussi la métropole, a été condamné comme tel. Et bien plus tard seulement, les massacres de Harkis.

Sauf que… Cette vision d’un terrorisme légitime (et même héroïque) a inspiré celui d’autres régions du monde, et, en Europe, des factions d’extrême gauche, persuadées de faire une juste guerre révolutionnaire. Il a inspiré aussi les acteurs de la décennie noire (années 90) en Algérie. Il a nourri l’idéologie des intégristes et leur violente doctrine politique.

(Et voilà comment nos chaînes nationales luttent contre le terrorisme…)

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Pour plus de lucidité et d’humanisme je renverrai encore au "Journal" de Mouloud Feraoun, car il aborde subtilement ces questions 

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Mise à jour. 24-03, soir.

Sur ConspiracyWatch trois autres articles en relation avec le terrorisme (islamiste ou d'extrême droite). Deux analyses précieuses.

Drames de Montauban et Toulouse. Les conspirationnistes s'en mêlent! Déclaration du candidat Poutou (NPA), corrigée maladroitement, ensuite par celle, officielle, de son parti. A lire sur conspiracywatch.info : http://www.conspiracywatch.info/Tuerie-de-Toulouse-Poutou-n-ecarte-pas-une-tentative-de-diversion_a809.html   

A partir de la tuerie en Norvège, "La nouvelle extrême droite" : http://www.conspiracywatch.info/Le-cas-Anders-Behring-Breivik-et-la-nouvelle-extreme-droite-europeenne_a805.html

"Le péril islamique existe-t-il?" : http://www.conspiracywatch.info/Le-peril-islamique-existe-t-il_a433.html 

 

21/03/2012

LE RACISME TUE (2). Idéologie, théories fumeuses, terrorisme : les mots, la haine, les meurtres...

On sait maintenant que le meurtrier (Montauban et Toulouse), Mohammed Merah, se présente comme djihadiste, ce qu’il est, et revendique une appartenance à Al-Qaida (ce que l'enquête précisera): La Dépêche, 21-03-2012 : http://www.ladepeche.fr/article/2012/03/21/1311586-le-suspect-est-un-djihadiste-francais-de-24-ans.html , Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/03/21/01016-20120321ARTFIG00355-toulouse-le-suspect-est-un-djihadiste-francais-de-24-ans.php  Et les informations tournent en boucle, radio, télé, pendant que ce personnage est cerné. (Ce qui n’est pas sans poser problème, comme l’analysait ce soir sur la 16, Anne Giudicelli, spécialiste du terrorisme, agence TERRORISC : le meurtrier a sa stratégie, et retarder sa reddition lui donne la possibilité d’utiliser la situation à son profit, faisant passer indirectement des messages d’appel à la haine, à travers les médias. Mais c’est le Raid, expert en ce domaine, qui a la maîtrise d’une opération très difficile, avec un individu à la dangerosité particulièrement monstrueuse - et son but n’est pas de lui donner une tribune, mais de le remettre vivant à la justice, autant que possible). Son avocat, interrogé par les journalistes, parle  d’un itinéraire de délinquant, pas vraiment encore radicalisé  (mais qui était allé en Afghanistan... ce qui semble pourtant un signe… ), et ayant même eu le désir, à une période de rentrer dans l’armée, ce qu’il ne pouvait certainement pas faire avec un tel passé (?).  Ce à quoi Jean-Pierre Bouchard, criminologue, répond qu’une telle évolution ne se fait pas brusquement, que c’est un lent processus (toujours sur la 16). Sur la 5, C dans l'air, débat d’experts : "La dérive islamiste des frères Merah". Des livres sont évoqués, comme celui de Mathieu Guidère (« Les nouveaux terroristes », sur ces solitaires « formés sur Internet » : http://www.rfi.fr/emission/20101106-nouveaux-terroristes-mathieu-guidere ). Aziz Sahri intervient pour dénoncer l’alibi que se donnent des terroristes en affirmant soutenir les Palestiniens… Non, dit-il, les Palestiniens n’ont pas besoin de ce genre d’aide, qui leur nuit, il faut sortir de la volonté de guerre concernant le Moyen-Orient, des fausses solidarités.  Xavier Raufer, criminologue, intervient aussi...

Le 19, la police disait orienter son enquête vers deux cibles : islamistes radicaux, d’une part, et ultra droite, d’autre part. Deux extrémismes fascisants qui se ressemblent par la haine théorisée et le choix de la violence et des actes barbares. Du premier on dit « fascisme vert », et c’est celui qui est finalement en jeu là.

Hier on pouvait se demander si les soldats visés l’étaient en tant que soldats seulement (piste islamiste) ou choisis pour leur origine (ultra droite identitaire, qui, héritière du nazisme, confond dans la même haine Arabes et Juifs, et joue avec l’amalgame islam/islamisme)... L’identité des soldats m’avait fait penser auqqi à l'hypothèse "néonazis", racistes et antisémites. Mais, en même temps, je pensais à ce qui rejoint l’antisémitisme dans des positions militantes d’extrême gauche (qui se veulent pro-palestiniennes, critiquent abondamment Israël mais pas le Hamas). Car cela aussi aide la radicalisation des fanatiques, la banalise, la justifie.

J’ai lu aujourd’hui, dans Libération (entretien avec Christophe Forcari), ce que disait François Bayrou que j’avais déjà entendu s’exprimer un peu sur ce sujet. Il  répondait alors en ne sachant pas encore qui était l’auteur des crimes de Montauban et Toulouse, mais cela n’enlève rien à la pertinence de ses remarques, je trouve. « Combattre ceux qui font flamber les passions noires » : http://www.liberation.fr/politiques/01012397284-combattre-ceux-qui-font-flamber-les-passions-noires (« Je mets en cause une dérive générale de notre société, dérive lourde de conséquences, et dans laquelle la politique a sa part » (…) ‘Pour moi la crise morale du pays n’est pas un thème accessoire : c’est un thème central. »)

J'ai lu aussi l'éditorial du Monde, "L'hypothèse Al-Qaida, une menace permanente". J'en retiendrai surtout le dernier paragraphe. "Que veulent ces djihadistes? Précisément empêcher la France d'être la France et l'Europe d'être l'Europe, dans leur diversité et leur tradition de tolérance." (...) "La pire erreur aujourd'hui (...) serait de céder à cette pression, dans la douleur et sous la menace." C'est à rapprocher d'un article, titré "Al-Qaida prend en otage les musulmans". Où Jean-Pierre Filiu, répondant aux questions du Monde, dit que le but de ces groupes (que le tueur soit réellement relié à eux ou pas, car ces meurtres peuvent être utilisés par eux) cherchent à "déchaîner un cycle de violence raciste" (contre les musulmans, pour les "retrancher de la communauté nationale") : http://www.lemonde.fr/international/article/2012/03/21/je...

Stratégie de guerre civile. En fait les islamistes peuvent attendre des réactions comme celles, après le 19, de Marine le Pen, instrumentalisant déjà la triple tragédie (tout en s'en défendant) et ils peuvent désirer des ripostes d'ultras (guerre des mots sur Internet, malveillances, agressions, crimes).

Je pense effectivement que l'extrême droite, avec toutes ses mouvances, est un instrument pour les islamistes. Comme ils en sont un pour l'extrême droite. C'est pourquoi les attentats et les meurtres racistes (ou ciblant des symboles), qu'ils proviennent des uns ou des autres, se situent sur le même terreau idéologique, sur fond de même crise de repères, nés des mêmes échecs de notre part à construire une société fraternelle et juste, nationalement et internationalement... Extrêmes pensées... L'extrême gauche, elle, banalise des excès d'un autre genre, et elle sert aussi ces radicalismes...

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Juste au moment où nous étions bouleversés par de tels monstrueux actes de terrorisme, la télévision (FR.3) passait le film "Pour Djamila". Evocation du terrorisme, sans la moindre condamnation, ni dans l'interprétation, ni dans le débat. 

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Certaines informations posent question (diffusées  aujourd'hui sur France Info).

Plainte, triple,  contre lui, d’une mère en 2010 : pour avoir tenté d’embrigader son fils, l’avoir séquestré dans son appartement (en le forçant à regarder des vidéos violentes), et être venu ensuite les agresser et les menacer bruyamment dans leur quartier pour se venger de la plainte précédente. Plaintes restées sans suite. Prises plus au sérieux, auraient-elles suffi à arrêter la spirale infernale de cet itinéraire meurtrier et suicidaire? Ce n'est pas certain...  (Mais les tentatives d'embrigadement ne devraient-elles pas être un délit?).

Le tueur (certains commentateurs parlaient encore aujourd'hui de tueur présumé, alors qu’il est bien certain qu’il est l’auteur des massacres) a été interrogé en novembre par les services de renseignement. Sans que cela ait été plus loin, du fait de son apparente normalité. Mais comme des spécialistes du terrorisme le constatent et nous l'expliquent les actuels djihadistes radicalisés ont changé leur comportement et font tout pour se fondre dans la masse (vêtements, activités, comportements) pour ne pas être facilement repérés. Certains d'entre eux sont peut-être, comme il l'a été dit de M. Merah, atypiques, mais d'autres font ces choix pour porter un masque. Cela rend les surveillances bien plus difficiles.

20/03/2012

Le RACISME TUE... (1). Antisémitisme (fusillade ciblant une école juive), après l'assassinat de militaires...

On ne parlait que de militaires visés par un meurtrier mystérieux. Mais un article du JDD, lu dimanche, donnait précisément les identités des jeunes soldats, origine maghrébine, et antillaise pour l’un d’entre eux. Je ne l’avais pas entendu mentionner avant, ni lu. Et encore le soir du 19, télé, des journalistes disaient qu’on ne voyait pas le rapport entre les crimes de militaires et d’écoliers juifs. Non, sauf si on tient compte des origines. Antisémitisme, pour les meurtres du 19, évidemment. Est-ce le hasard, aussi, qui fait viser justement trois personnes d’une même famille, ce professeur venu d’Israël et ses enfants, et la fille du directeur de l’école ? (Ou le résultat d’une préparation, d’une enquête précise ?). Hasard, que les militaires atteints appartiennent, comme l’a titré un journal américain,  aux « minorités » ?  J’en doute. Racisme? Ou autres raisons? (Haine de ce qu'ils représentent?). L’enquête finira par nous donner des clés sur ces drames (même arme, sait-on déjà, même meurtrier sans doute). Mais ces faits sont à analyser comme de probables conséquences des dérives de langage et de pensée, propagandistes de la mort… (qui? quelle idéologie?).

Qu’il soit fou ou pas le meurtrier agit dans une trame idéologique où domine certainement l’obsession identitaire fondée sur l’exclusion  de l’autre (antisémitisme dans un cas, autre sorte de haine dans l'autre cas : militaires... c'est une clé).  Même la folie meurtrière s’inscrit dans un cadre social, une fausse rationalité qui légitime la haine et le meurtre.

Au-delà des politiques en vue, et des chroniqueurs complaisants, sont complices, aussi, ceux qui attisent l’instrumentalisation des conflits du Moyen-Orient, prennent violemment partie, choisissent un camp, théorisent leur antisémitisme, par exemple, sous le masque de la solidarité internationale. Ainsi les courants extrémistes se rejoignent : extrême gauche, extrême droite… on peut aimer le terrorisme des uns sous prétexte de condamner la terreur causée par les autres… Complices, ceux qui croient que la haine active dirigée vers les uns les épargnera, eux.

Complices des meurtres racistes, de même, ceux qui diffusent les désinformations haineuses qui circulent sur la Toile, hoax ou tracts de propagande, marketing idéologique viral.  Jeu de confusion entre une religion et sa perversion politique par des intégristes. Jeu de confusion entre un conflit au Moyen-Orient et des identifications qui se veulent solidaires mais masquent des instrumentalisations stratégiques. Ou négligent des agressions et des faits dont ils ne voient pas ce qu’ils annoncent pour la suite, si on n’y prend pas garde…  Ceux qui se complaisent dans les rancœurs en relation avec le passé, tragédies et Histoire mal digérée. Complices, ceux qui relativisent la portée néfaste de théories haineuses et d’alliances dangereuses, sous  prétexte de retrouver chez leurs auteurs l’évocation de certaines de leurs souffrances ou misères, récupération politicienne qu’ils prennent pour de la reconnaissance (la bêtise peut être criminelle, à force…).

Quand l’enquête sera bouclée (en espérant que d’autres drames ne  surgissent...) sera-t-on capable de relier cela au climat européen qui redonne de la voix aux pires noirceurs, y compris en France ? De relier cela à des extrémismes qui se répandent (France, Europe, monde). Ou se rassurera-t-on en criant au fou solitaire ?

A lire. Quelques ARTICLES. Les jeunes militaires, l’école de Toulouse :

Libération : http://www.liberation.fr/societe/01012396888-une-fusillade-devant-une-ecole-juive-de-toulouse

La traque du tueur de paras. JDD, 18-02-2012, « Les enquêteurs tentent d’identifier le tueur de Montauban ». Ciblés : trois jeunes d’origine maghrébine et un guadeloupéen :
http://www.lejdd.fr/Societe/Faits-divers/Actualite/Les-enqueteurs-tentent-d-identifier-le-tueur-de-Montauban-495343/?from=cover

« Meurtres de trois parachutistes : un tueur unique et un mobile mystérieux », Libération : http://www.liberation.fr/societe/01012396599-meurtres-de-trois-parachutistes-un-tueur-unique-et-un-mobile-mysterieux

 Communiqué du MPCT (Mouvement pour la Paix et Contre le Terrorisme) : http://www.mpctasso.org/spip.php?article983

23/01/2012

Les Identités meurtrières, d’Amin Maalouf. INCIPIT

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« Depuis que l’ai quitté le Liban en 1976 pour m’installer en France, que de fois m’a-t-on demandé, avec les meilleures intentions du monde, si je me sentais ‘’plutôt français’’ ou ‘’plutôt libanais’’. Je réponds invariablement : ‘’L’un et l’autre !’’. (…) Ce qui fait que je suis moi-même et pas un autre, c’est que je suis ainsi à la lisière de deux pays, de deux ou trois langues, de plusieurs traditions culturelles. C’est précisément cela qui définit mon identité. Serais-je plus authentique si je m’amputais d’une partie de moi-même ? (…) « Moitié français, donc, et moitié libanais ? Pas du tout ! L’identité ne se compartimente pas, elle ne se répartit ni par moitiés, ni par tiers, ni par plages cloisonnées.»

Dans cet ouvrage Amin Maalouf rejette cette idée dangereuse qui serait celle d’une identité unique comme essence de notre être, alors que notre réalité est complexe, plurielle, et cette complexité unique pour chaque être. Dangereuse conception, dit-il (et il le démontre avec des exemples précis) que ce qui « réduit l’identité entière à une seule appartenance, proclamée avec rage ». Car « C’est ainsi que l’on ‘’fabrique ‘’ des massacreurs ». Oui, l’identité peut être un piège, quand l’appartenance enferme dans de fausses fidélités, que l’enfermement vienne des ‘’siens’’ (engagements communautaires, sociaux ou idéologiques) ou du regard des ‘’autres’’ (projections, rejets, fantasmes). Alors que les siens sont aussi ‘’autres’’ et que les autres sont aussi ‘’nôtres’’.

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Fiche wikipedia sur le LIVRE : http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Identit%C3%A9s_meurtri%C3%A8res

Page éditeur, éd. Grassethttp://www.grasset.fr/les-identites-meurtrieres-978224654... 

Livre de poche : http://www.livredepoche.com/les-identites-meurtrieres-ami...

21/01/2012

Boualem Sansal. Entretien avec Arezki Metref (le Soir d’Algérie) : citations

« Le premier réflexe de toute communauté est de rejeter celui qui vient lui dire des choses qui la dérangent dans ses certitudes ou dans son sommeil. »

 (Réponse de Boualem Sansal à la question d’Arezki Metref sur « la collision de son œuvre avec le dogme », et l’hostilité de ceux qui en sont les gardiens.)

Mais voici une autre citation,  qui donne son titre à la page : « L’Histoire de l’Algérie a toujours été, depuis l’Antiquité, écrite par les autres, les Romains, les Byzantins, les Vandales, les Arabes, les Turcs, les Espagnols, les Français, et tous nous ont traités dans leur Histoire comme si nous n’existions pas, comme si nous étions une race disparue ou vouée à la disparition, ou au mieux comme si nous étions une partie congrue d’eux, des bâtards. Et lorsque, enfin, nous sommes maîtres de notre destin, donc en mesure d’entrer dans notre Histoire et de la poursuivre, des gens, nos chefs autoproclamés, incultes et complexés, ont décidé de nous inscrire dans une Histoire qui n’est pas la nôtre, ils font comme s’ils avaient honte de notre identité, de notre histoire, comme si nous étions réellement des bâtards. »

Cet entretien complète tout à fait la réflexion entamée dans des notes précédentes, d’où l’importance que je lui accorde. Il faut que nous ayons le courage de déranger : la vérité des faits s’impose avec le temps, comme la complexité de la réalité fait éclater les certitudes simplificatrices...

Lecture intégrale de l’article, sur lematindz.net, 19-01-2012, « L’histoire de l’Algérie a toujours été écrite par les autres ». : http://www.lematindz.net/news/7072-boualem-sansal-lhistoire-de-lalgerie-a-toujours-ete-ecrite-par-les-autres.html

09/11/2011

17 octobre 61, suite. « FLN, censure intestine », un article du Monde des livres

Voilà un article (et la postface d’un livre) qui donnent des clés précieuses pour comprendre un moment historique, ses suites, et de complexes réalités politiques…

« FLN, censure intestine », Le Monde des livres, daté 14-10-2011. Par Catherine Simon http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/10/13/fln-censure-intestine_1586849_3260.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20111014-[player_evenement]  :

"Marcel et Paulette Péju (soutiens inconditionnels  du FLN pendant les années 60…) avaient fini de rédiger leur livre sur le 17 octobre 1961 en 1962. Ils voulaient le publier ( il ne sera publié que maintenant, donc des années après, à l’initiative de l’historien Gilles Manceron, qui l’enrichit d’une postface expliquant l’étrange histoire de cet ouvrage…). Le livre, qui voulait témoigner et dénoncer un crime (celui de Maurice Papon et de l’Etat français) fut censuré… par le FLN (Ordre de Houari Boumédiène et Ahmed Ben Bella...).  Cette censure émanait de la ligne du FLN qui avait pris le pouvoir en éliminant politiquement et physiquement ceux qui ne partageaient pas sa vision de l’Algérie à construire - fondée sur une conception ethnique et religieuse de l’appartenance nationale… (Il ne fallait pas, pour cette ligne du FLN, risquer de mettre en avant un courant qu’on voulait repousser dans l’ombre - et qui avait été l’initiateur de la manifestation du 17 octobre. Plutôt sacrifier la mémoire des victimes."

( Parenthèse Trames nomades)... Habituelle méthode des pouvoirs : la France fait pareil avec les 26 mars et 5 juillet 62, pour ne parler que de deux dates de la même histoire algérienne –auxquelles on peut ajouter l’attentat du Milk Bar à Alger – dont les victimes doivent supporter de voir la télévision française rendre hommage aux terroristes qui posèrent les bombes – cause de morts et d’immenses catastrophes personnelles pour les victimes survivantes, méconnues).

"Le couple Péju obéit à ses maîtres idéologiques, et le livre ne parut pas, silence qui contribua à la chappe de plomb posée sur les morts du 17 octobre 1961. (Jacques Vergès, qui dément, bien sûr, aurait joué un rôle dans cette occultation, d’après Gilles Manceron). Les victimes l’auront été doublement : effacées par les luttes internes du FLN et les « faiblesses » du PCF et des partis politiques français."

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Le LIVRE : "Le 17 octobre des Algériens", de Marcel et Paulette Péju, suivi de "La triple occultation d'un massacre", postface de Gilles Manceron. Ed. La Découverte.

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A lire : « Pour une reconnaissance, pas une repentance ». Entretien avec Qassa Aïssi, Le Point, 17-10-2011 : http://www.lepoint.fr/monde/france-algerie-17-octobre-1961-pour-une-reconnaissance-pas-une-repentance-17-10-2011-1385700_24.php

Et j’ajoute (mise à jour) un titre suggéré par un internaute : " Les ratonnades d'octobre". Par Michel Levine, Editions Jean-Claude Gawsewitch, 2011. Il est d’ailleurs mentionné dans une liste de titres proposés par El Watan : http://www.djazairess.com/fr/elwatan/343617 

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NOTE antérieure, du 18-10-2011 http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/10/18/le...