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13/12/2016

Lanceurs d'alerte...

ALERTE... .jpgEn ce moment commence le procès en appel d’Antoine Deltour, de son ancien collègue, Raphaël Halet, et du journaliste Edouard Perrin de France 2 (qui avait pourtant été acquitté). Comme le dit Edouard Perrin (entretien, Le Monde du 12-12-16, qui reprend ce constat en titre), « ce procès est un message envoyé contre les lanceurs d’alerte et les journalistes. » Mais les révélations ont déjà modifié certaines règles, et aidé des prises de conscience…

Ceci est, je crois, très important. De la société civile, par des individus qui réagissent dans la réalité de leur quotidien professionnel, monte une volonté d’éthique sociale, financière, politique. Droit de regard, droit de parole. Une forme de dissidence morale...

Sur ce phénomène des lanceurs d’alerte on peut lire aussi le livre de Florence Hartmann qui fait le portrait de quelques cas de ces témoins éthiques, et analyse les problématiques en jeu…  « Lanceurs d’alerte / Les mauvaises consciences de nos démocraties », éds Don Quichotte, février 2014. Résumé et fiche sur Decitre : http://www.decitre.fr/livres/lanceurs-d-alerte-9782359491...

ALERTE 2.jpgStéphanie Gibaud (révélation du scandale UBS, l’exil fiscal organisé) paie encore lourdement les conséquences de son courage, n’ayant pas retrouvé de poste depuis cinq ans. Elle a rendu service au pays, le pays ne le lui rend pas en protection… Pour en savoir plus, notamment sur le harcèlement subi, les pressions, lire d’elle « La femme qui en savait vraiment trop », paru en février 2014,  éditions du Cherche midi. Page de l’édition : https://www.cherche-midi.com/livres/la-femme-qui-en-savai...

Autres livres… http://deslivresetlalerte.fr 

Fiche wikipedia... https://fr.wikipedia.org/wiki/Lanceur_d'alerte 

Ceci rejoignant la question de la corruption. On peut donc consulter le site de Transparency International… https://transparency-france.org  et celui d’Anticor, qui s’engage aussi sur ce sujet : http://www.anticor.org

28/09/2016

ALEP… Prendre le temps de lire et de regarder…

SYRIE.jpgD’abord, le récit bouleversant de Karam Al-Masri, jeune photographe, correspondant syrien de l’AFP, sur le blog de l’AFP… https://making-of.afp.com/couvrir-alep-la-peur-au-ventre-... 

 

 

 En complément utile, l’éditorial, très juste, de Laurent Joffrin : « Cyniques »… La barbarie cynique du couple Assad-Poutine, l’impuissance ou le cynisme complice des témoins… http://www.liberation.fr/planete/2016/09/26/cyniques_1511... 

J’ai écrit, hier ou avant-hier, ailleurs, ceci, que je reprends ici : « Si on ne se sent pas concerné par cela, tout le reste est inutile : écrire, peindre, photographier, danser, chercher, ou... méditer... Tout le reste est alors contemplation vaine et vide de son ego… » 

J’ai aimé une oeuvre de Jean-Marc Musial, titrée « Sortir de l’enfer », que j’ai associée (mon regard intérieur) aux photographies d’Alep, parents dévastés devant le corps de leur enfant, enfants fuyant (tentant de fuir). J’y voyais la même douleur, le sang, les pierres, le désastre. Heureusement, l’art peut dire le réel, en sortant des médiocres  remuements sentimentaux. Ses oeuvres sont visibles sur sa page Facebook (« Un dessin par nuit »). Une autre création m’a retenue, très sombre, très nocturne, j’y ai vu des yeux effarés (où je les ai inventés : peu importe, c’est fait pour cela, pour qu’on invente aussi, qu’on projette rêves et angoisses, et tristesse de l’impuissance contre la violence et la guerre…). Page : https://www.facebook.com/undessinparnuit 

« Éloge de la haine », couverture paradoxale comme icône symbolique de cette note contre la violence, la guerre, et la haine. Justement. Pour la référence nécessaire (connaître par les Syriens les problématiques réelles, leurs racines, et tenter de comprendre la réalité dramatique pour laquelle, simples citoyens, nous nous sentons si impuissants). 

Donc, des livres… Écrivains syriens, L’Orient littéraire : http://lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=16&a... 

Déjà, en 2012, Khaled Khalifa le disait, Nouvel Obs. Complicité internationale… http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2012/02/08/lecri... 

et... Le Monde... https://www.actualitte.com/article/monde-edition/l-ecriva... 

Entretien avec Khaled Khalifa, 2011, au sujet de son livre « L’Éloge de la haine »... http://www.jeuneafrique.com/191163/culture/khaled-khalifa... 

Page sur le livre, Actes Sud... http://www.actes-sud.fr/catalogue/sciences-politiques-et-... 

Pour s’informer régulièrement sur la Syrie, « Un oeil sur la Syrie », blog Le Monde... http://syrie.blog.lemonde.fr

03/02/2015

Parler du fascisme tapi dans l'islamisme...(MAIS...). Lectures... Courrier international...

COURRIER international.jpgCOURRIER ISLAM.jpgParler du fascisme, oui. Fascisme... C'est cela que désignent les auteurs de ces articles, journalistes ou écrivains, qui s'expriment dans le monde - et, précisément, aussi (voir les deux derniers articles), dans le "monde arabe" (notion controversée, mais qui recouvre une réalité culturelle et géopolitique cependant). Fondamentalisme qui est avant tout idéologique, politique. Fascisme qui ment en prenant le masque d'un attachement à une appartenance religieuse (même si celle-ci peut interroger ce qui en elle permet cette captation), et en emprisonnant les populations dont c'est la croyance ou la culture. (Ou dont c'est une des cultures, car les êtres sont tissés de cultures plurielles, surtout dans le contexte de notre univers mondialisé, diasporique, métissé, voyageur, nomade, connecté, traversé de réseaux...). Totalitarisme qui a un projet (fou peut-être, mais d'autres folies ont déjà réussi à opprimer terriblement : mémoire de l'Inquisition, du nazisme, du stalinisme...). Idéologie fondée sur des constructions mentales manipulatrices, une rationalité mêlée considérablement d'irrationalité (complotisme et négationnisme n'étant que deux aspects de la mise hors raison). Plongée mortifère dans le culte du passé, la peur de la femme, la peur du rire, du sport, de la musique, de l'art, de la pensée...

Fascisme tapi dans l'islamisme... PAS dans l'islam (vision haineuse que veut imposer l'extrême droite, pour rejeter les musulmans, par pur racisme, xénophobie en tout cas, refus culturel, peur identitaire). Pas dans l'islam tel que le pratiquent la majorité des gens qui le vivent comme spiritualité. Donc pas en eux, seulement croyants parfois, ou même pratiquants - plus ou moins, comme dans toutes les religions. Pas en eux, sur lesquels on risque de projeter l'ombre des terroristes revendiqués musulmans. Projeter cela c'est projeter la peur, et ouvrir la place (dont d'autres pourront se saisir) pour les agressions, verbales ou physiques. Attention, NE PAS confondre... Eviter de superposer les mots et les gens (ou idéologie et croyance religieuse). L'extrême droite nous tend et nous tendra ce piège, qui n'est que le miroir de celui que tendent les islamistes djihadistes (cela conforte leurs analyses jumelles fondées sur la haine de l'Autre...). Confondre, c'est pratique, facile... c'est penser en raccourci. Ne pas penser en raccourci, c'est, aussi, interroger, comme le font de nombreux intellectuels musulmans et des islamologues, ce qui, dans les sources de la religion, peut autoriser la violence, la légitimer. Dans tous les textes de ces intellectuels, donnés à lire dans les revues de presse de plusieurs de mes notes (et dans les références de livres) la complexité est présente. Mais, si la complexité est présente, dans la pensée comme dans la réalité, l'interrogation devra se porter aussi sur le lien des religions avec les revendications identitaires, et sur le lien des appartenances idéo-religieuses avec la perception que les uns ont des autres (croyants ou incroyants, et croyants autrement). [En Norvège, Anders Behring Breivik, le terroriste chrétien qui tua 77 personnes et en blessa 151 en juillet 2011 - des cibles idéologiques - ne le fit évidemment pas au nom de l'islam, mais bien au nom de ses convictions politiques d'extrême droite, sous-tendues par le désir de défendre sa conception d'une identité européenne associée à la chrétienté, qu'il voulait préserver... Preuve que des fanatiques idéologiques peuvent se saisir du religieux à des fins politiques. Stratégiquement parfois, ou même sincèrement... Car le rapport avec la foi est subjectif, donc facilement passionnel, et peut devenir doctrinaire si les questionnements n'ouvrent pas la lecture des textes aux interprétations divergentes. Et, au-delà, si des clés ne sont pas données, culturellement, pour dire comment distinguer ce qui est de l'ordre de la spiritualité, de la recherche de sens, et ce qui est de l'ordre de la politique.] Religion, et religions, ou cultures imbriquées... Rien n'est simplement cela ou le contraire.     

Complexité? Bien mise à mal, encore, quand on enferme les êtres dans des catégories. Car que veut-on dire quand on dit "musulmans"? Ceux qui ne sont ni chrétiens, ni juifs, ni bouddhistes? (Cela ne rend pas forcément musulman...). N'y-a-t-il pas dans cette appellation, y compris pour refuser (à juste titre) tout amalgame avec les terroristes, une manière de désigner une origine? C'est hypocrite et mensonger. Lire la tribune d'Ahmed Benchemsi, parue dans Le Monde du 16-01-15 : "Le 'musulman modéré', une version actualisée du bon nègre". [Citations : "En les qualifiant de 'musulmans', on les singularise déjà." (...) "L'islam, c'est d'une ridicule évidence, n'est inscrit dans le patrimoine génétique de personne." (...) "Sauf à considérer que leur origine ethnique conditionne leur façon de penser (ce qui est la définition même du racisme)"]. Texte intégral : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/01/16/le-musulman-modere-une-version-actualisee-du-bon-negre_4557616_3212.html   

Donc, LECTURES (citations...), pour commencer (ou poursuivre), la confrontation, avec, réellement, ce qu'est l'islamisme... Et non pas ce que nos paresses, notre idéologie, ou notre inconscient, voudraient nous faire croire (dans un sens ou un autre...). Vu de... Québec (l'idéologie...), Ukraine (ne pas tolérer l'intolérable, car ce serait renoncer à la démocratie...), Liban (répondre au fascisme...), Tunisie (des fascistes... imbéciles... qui osent se réclamer d'Allah..), presse monde arabe à Londres (Explications... Non, ni la France, ni les Juifs, n'ont mérité ça. Caricatures? Comprendre que se moquer du Prophète c'est comme se moquer de Moïse. Oui, on peut se moquer de Moïse, mais pas de l'Holocauste, car ce n'est pas la même chose... ), Syrien en exil à Londres (racines historiques de l'islamisme, la source : idéologues refusant la modernité et voulant faire du religieux la norme qui régente tout...). Un dossier, sous forme de revue de presse, qui est une bonne synthèse de questions essentielles...

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Vu de Québec. « Quand l'idéologie tue », par Paul Journet, La Presse (Montréal, 09-01-15), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-du-quebec-quand-l-ideologie-tue [ CITATIONS : « (S’interroger sur...) la part de responsabilité du modèle français d’intégration des minorités. Cet examen est prématuré et simpliste. Il repose sur une confusion entre trois concepts liés mais distincts. L’intégration des immigrants (...), la laïcité (...) et enfin l’intégrisme, la religion devenue militante et violente. Ni la laïcité, trop molle ou stricte, ni l’intégration déficiente ne causent l’intégrisme. Et elles ne suffiront pas à l’éteindre. (...) L’islamisme existe aussi dans des pays où l’intégration ne pose pas problème. ( ...) On oublie que les musulmans forment les plus nombreuses victimes des islamistes et que leur ras-le-bol augmente au Pakistan et ailleurs. Les djihadistes ne correspondent pas à un profil unique. (...) Certains sont fous, d’autres sont diaboliquement rationnels. ». L’auteur insiste sur la nécessité « d’admettre le pouvoir meurtrier de l’idéologie » et d’éviter deux pièges. Le premier est de réagir en adhérant aux thèses de l’extrême droite, récupérant les attentats pour « amalgamer les islamistes à l’ensemble des musulmans qui pratiquent pourtant leur foi dans la paix. » De réagir en croyant à la « bête théorie du choc des civilisations » qui « sert les islamistes » - par la polarisation qu’ils veulent créer pour « mieux recruter ». Au contraire, « Il faut dénoncer sans relâche cette xénophobie. ». L’autre piège, l’autre danger, est « non pas de récupérer, mais d’étouffer le débat sur l’islamisme. »]

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Vu d’Ukraine. « Le prix sanglant du ‘politiquement correct’ », par Sergueï Grabovskiy, Den (Kiev, 09-0-115), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-d-ukraine-le-prix-sanglant-du-politiquement-correct [ CITATIONS : « Pour l’heure, ni l’Europe, ni les Etats-Unis, ni l’Ukraine ne sont prêts à exprimer ouvertement les faits essentiels qui ont abouti aux attentats terroristes à Paris, ni la réalité fondamentale qui se dissimule derrière ces actes. » (...) « On ne parle pas seulement de religion, mais de politique parée d’atours religieux. Nous sommes face à une chose digne de l’obscurantisme médiéval ou des Cent-Noirs [mouvement nationaliste, monarchiste et antisémite apparu dans l’Empire russe au début du XXème siècle.] Pour être plus précis, cette idéologie terroriste est un ‘fascisme islamiste’, qui s’appuie sur des idées totalitaires et nourrit des ambitions planétaires. /// En dépit de cette réalité la majorité des journalistes et des dirigeants (...) parlent d’atteinte aux médias et à la liberté d’expression’. Or, ce terrorisme est très particulier, car il a pour objectif ultime la liquidation de la civilisation euro-atlantique (ou ‘judéo-chrétienne’ comme elle se définit elle-même). » (...) « Attentats (...) absurdes » ( ?). « Non. » (...) « ... ce sont des actes complètement rationnels qui s’inscrivent dans le cadre de cette vision du monde totalitaire. » (...) « Il y a eu le bolchevisme, le fascisme et le nazisme, la vague de l’extrême gauche appelant à une révolution mondiale dans les années 1970, et maintenant il y a l’islam militant. » L’auteur dit que, à son avis, la réponse aux attentats de Paris est « la fin de toute ‘tolérance’ face aux agissements des fondamentalistes et des tenants du fascisme islamiste. » (...) Car ne pas le faire « revient à saper les fondements de la démocratie européenne tout en donnant aux musulmans qui défendent les valeurs démocratiques le sentiment d’être abandonnés face au totalitarisme. »]

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Vu du Liban. « Le poing du fascisme », par Alex Rowell, Now (Beyrouth, 07-01-15), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-du-liban-le-poing-du-fascisme  [ CITATIONS : « Les rues de Paris, qu’ont autrefois foulées Descartes, Diderot et Voltaire, ont été ensanglantées. Une fois de plus, l’esprit humoristique, ironique et intellectuel est frappé en pleine face par le poing du fascisme.3 (...) « Insondables illusions. Certains, bien entendu, verront dans ce qui s’est passé une sorte de justice expéditive à l’égard du passé colonial de la France ou de ses interventions récentes au Mali ou en Libye. Peu importe aux yeux de ces gens que la seule ‘vengeance’ invoquée par les tueurs l’ait été au nom du Prophète... » (...) « Plus dangereux sont ceux qui diront que ce qui s’est passé aujourd’hui prouve la nécessité de montrer plus de ‘sensibilité’ ou (de façon plus paternaliste) de ‘sens commun’ dans ce que les medias publient au sujet de la religion. » (...) « ... La réalité a toujours prouvé exactement le contraire : ceux qui répondent à la satire par le meurtre doivent être non pas moins mais encore plus critiqués... »]

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Vu de Tunisie. « Des imbéciles qui se réclament d'Allah », par Slaheddine Charlie Dchicha, Kapitalis (Tunis, 08-01-15), Courrier international, 15/21-01-15. [ CITATIONS : « Les fascistes qui ont tué les journalistes de Charlie Hebdo sont les mêmes qui égorgent des policiers et des soldats en Tunisie, et sèment la désolation en Irak, en Syrie et en Libye. Ainsi donc deux ou trois sinistres individus, parce que le hasard les a fait naître dans une famille musulmane, s’autoproclament porte-parole des musulmans et s’érigent en représentants de Mahomet voire d’Allah sur terre. Quelle prétention ! Quelle fatuité ! Quelle suffisance ! » (...) « Ces criminels fanatiques et imbéciles prennent en otage les musulmans de France et d’ailleurs. » (...) « Car ces fascistes sont les agents et les promoteurs autoproclamés d’un ordre totalitaire, le même qui émet une fatwa contre Kamel Daoud en Algérie. L’autoproclamation, voilà la malédiction du monde arabe et musulman. » (...) « Le génial journaliste algérien Kamel Daoud a mille fois raison lorsqu’il affirme : ‘Si l’on ne tranche dans le monde dit arabe la question de Dieu, on ne va pas réhabiliter l’homme, on ne va pas avancer... La question religieuse devient  vitale dans le monde arabe. Il faut qu’on la tranche, il faut qu’on la réfléchisse pour pouvoir avancer.’ »]

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Vu du monde arabe. « Non, la France n'a pas mérité ça ! », par Hazem Saghieh, Al-Hayat (Londres, 10-01-15), Courrier international, 15/21-01-15. [ CITATIONS : « Les auteurs du crime contre la revue satirique Charlie Hebdo ont eu comme seules paroles, d’après ce qu’on en sait, les cris “Allahu Akbar” et l’affirmation qu’ils voulaient “venger le Prophète”. En revanche, des éditorialistes [arabes] et des militants des réseaux sociaux se sont efforcés de trouver des raisons auxquelles les criminels eux-mêmes n’auraient pas pensé et qui sont très loin de leur univers mental simpliste de terroristes. ///Cette ambiguïté, voire complaisance, dont ces éditorialistes font preuve face au crime s’explique par le sentiment que dans nos contrées le réflexe de faire l’unité [entre musulmans] prime les autres considérations. Alors qu’en un clin d’œil on voit les multiples guerres civiles qui déchirent le monde arabo-musulman, ce qui donne à cette “unité” un côté pathologique. Mettons de côté les accusations contre le sionisme, les mises à l’index de la France, des Etats-Unis et des puissances occultes, ainsi que les discours oiseux selon lesquels “eux-mêmes” [la France] l’ont cherché. » (...) « Certains Arabes disent que les caricaturistes se sont moqués de l’islam mais pas de l’Holocauste. Le fait est qu’il y a une différence profonde entre les deux. Selon les dessinateurs de ce journal et selon les lois de leur pays, on a le droit de heurter les sensibilités religieuses et d’attaquer les symboles du sacré. » (...) « C’est tout autre chose que de se moquer de drames humains récents, ayant fait des victimes dont des proches sont encore en vie. On peut se moquer de Moïse, mais pas de l’Holocauste. » (...) « D’autres veulent “que les Juifs dégustent un peu, eux aussi, des souffrances que nous subissons” !  /// Or les Juifs ont bien assez dégusté au cours des dizaines de siècles, bien plus que nous Arabes. Personne, pas même les racistes parmi les Juifs, ne dit que les Arabes devraient subir la même chose. Certes, l’islamophobie existe dans les pays occidentaux. Mais il ne faut pas oublier que ces pays sont les seuls qui débattent de ce phénomène, l’analysent et le condamnent. C’est probablement la frustration que nous ressentons depuis [l’échec] des révolutions, échec qui nous prive de la liberté qui nous aurait permis, à nous aussi, de débattre de ces phénomènes, de les analyser et de les condamner. »]

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VU de Londres (article d’un écrivain, opposant syrien). « Comment l'islamisme a triomphé », par Yassine al-Haj Saleh, Al-Quds Al-Arabi (Londres, 10-01-15), Courrier international, 29-01/04-02 :  http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/29/comment-l-islamisme-a-triomphe [Intro. Courrier int. : « Pour cet écrivain et opposant syrien, l’attrait de la modernité a été supplanté dans les pays arabes par la religion à partir des années 1970, alors que l’instruction cessait d’être un gage de progrès social et que se répandait la corruption. » /// ARTICLE. CITATIONS : « L’acclimatation à la modernité n’a pas rencontré de résistance particulière dans le monde musulman pendant environ un siècle, de la deuxième moitié du XIXe siècle aux années 1970. Cela allait de pair avec l’amélioration des conditions de vie et l’apparition d’opportunités de promotion sociale, d’abord pour les hommes, ensuite pour les femmes. » (...) « Quoi qu’il en soit, ce qui meut les sociétés arabes, à l’instar de n’importe quelle société, c’est la perspective d’améliorer la vie en ce bas monde. Et dans aucun pays arabe la lutte anticoloniale n’a été essentiellement religieuse, même si l’islam a fait partie des éléments de mobilisation. » (...) « Jusque dans les années 1970, la tendance générale était à la modernisation des institutions, de la société... » (...) « Certes, cette modernité a rencontré des résistances... » (...) « Que s’est-il donc passé dans les années 1970 pour que les choses s’inversent, pour que le voile soit à nouveau répandu et que les islamistes puissent prétendre se substituer à l’autorité de l’Etat ? On l’explique couramment par l’islam ou par une structure mentale propre aux musulmans. Cette vision des choses correspond à celle des islamistes eux-mêmes puisqu’ils prônent le ‘retour au véritable islam’ et la primauté de la religion dans tous les aspects de la vie. » // « Cette explication n’en est pas une. Pour commencer, parce que les musulmans ne sont pas entièrement  structurés par la religion. En revanche on peut faire remonter cette tendance, dont l’Etat islamique [Ei, Daech] représente le point culminant, à une idée forgée par  Sayyid Qutb, (...) l’idéologue égyptien des islamistes, idée selon laquelle il fallait s’écarter de la modernité. » (Idée, dit-il, qui s’est développée au moment où « les libertés reculaient » – dictateurs, enrichissements de tyrans. » (...) « Ce nouveau climat a permis aux islamistes de répandre leur vision du monde. Aujourd’hui la première tâche consiste à renouer avec le progrès, c'est-à-dire à offrir au plus grand nombre des opportunités pour une vie meilleure.»]

23/01/2015

« Pourquoi tant de haine ? », dossier, Le Un

UN HAINE.jpg

 

 

« Ce n’est pas vrai qu’un mort / Soit comme un vague empire / Plein d’ordres et de bruit. (...) – Mais c’est vrai que des morts / Font sur terre un silence / Plus fort que le sommeil. »

 Souvenir

Guillevic      (recueil « Exécutoire »). Poème choisi par Louis Chevaillier, rubrique « La voix du poète », Le Un  

En exergue du numéro, Camus (parlant des Possédés). CITATION : « Pour moi Dostoïevski est d’abord l’écrivain qui, bien avant Nietzsche, a su discerner le nihilisme contemporain, le définir, prédire ses suites monstrueuses, et tenter d’indiquer les voies du salut. Son sujet principal est ce qu’il appelle lui-même ‘’l’esprit profond, l’esprit de négation et de mort’’, l’esprit qui, revendiquant la liberté illimitée du ‘’tout est permis’’, débouche dans la destruction de tout ou dans la servitude de tous. » (Témoins, automne 1957-1958).

Après les attentats, tenter de penser les racines des drames, et les perspectives offertes à ceux qui ne veulent pas rester impuissants et n’attendent pas tout (mais beaucoup cependant) des pouvoirs de l’Etat. Editorial : « Après le deuil vient le temps de la réflexion. ». Suite en Une... 

Différents points de vue (et, justement, différents : la complexité de cette réalité terrifiante est saisie, et le lecteur peut réfléchir en sortant des excès compassionnels – du seul compassionnel – et échapper aux injonctions politico-morales qui forcent à penser dans un sens, pris au piège, parfois, de clichés désolants. Là, non,  rien de tel : des avis qui se confrontent, mais sans polémique, entrant tellement dans la recherche de ce qui, racines complexes des faits, échappe d’abord au regard de l’émotion. Mots clés de la thématique :  fanatisme, djihadisme, islam, Coran, laïcité... "Pourquoi en sommes-nous là?"

Les contributeurs : Edgar Morin, Leïla Slimani, Michel Onfray, Dominique Schnapper, Metin Arditi, Olivier Roy, Mayanthi Fernando, Tahar Ben Jelloun. Noter, aussi, la rubrique "Repères", qui, en dessins, fait l'historique de l'insertion des jeunes dans les quartiers (par Manon Paulic/Jochen Gerner).

Sur le site certains articles sont lisibles. Ainsi : « Un islam sans racines ni culture », par Olivier Roy, http://le1hebdo.fr/numero/40/un-islam-sans-racines-ni-culture-651.html

Et « Une armée de plumes », par Leïla Slimani : http://le1hebdo.fr/numero/40/une-arme-de-plumes-642.html

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CITATIONS :

"Aux essayistes, comme aux écrivains, va bientôt revenir la tâche de prendre de la distance. De faire quelques pas en arrière pour apprécier ce qui se passe." (...) "La littérature est plus que jamais nécessaire. Elle ramène de la complexité et de l'ambiguïté dans un monde qui les rejette." Leïla Slimani, écrivain, "Une armée de plumes".

"Les humiliations subies ne s'oublient pas. Elles se transmettent de génération en génération. La marginalité sociale et le chômage endémique n'expliquent pas tout. La démocratie 'extrême' ne favorise pas l'intégration des populations marginales ou fragiles. Elle cultive une relativité des valeurs qui constitue un choc pour les héritiers des cultures traditionnelles." (...) "Il faut lutter contre l'antisémitisme, même sous ses formes sophistiquées d'antisionisme (...)." / "Il faut lutter pour que cesse la lente communautarisation de la société française. Trop souvent les politiques ont alimenté l'idée de 'communautés' au sein de la société française et fait apparaître les juifs et les musulmans comme étrangers à la nation, tandis que se développait la confusion entre juif et Israélien." Dominique Schnapper, sociologue, "Les ressorts de la haine".

"IL Y A UN TEMPS POUR TOUT". "Un temps pour dire (...) qu'une terre éclairée doit savoir vivre avec celui qu'elle a a fait venir pour vider ses poubelles." (...) "Il y a un temps pour dire que former des imams français qui souscrivent aux valeurs de la France ne serait pas la pire des idées."/"Un temps pour rappeler ces mots : Il ne faut jamais blesser les hommes, disait Machiavel. Il faut les caresser ou les occire, car un homme blessé est un animal dangereux." (...) "Un temps pour rappeler à François Hollande, qui parle d'unité, que ce mot dit l'unicité, qu'il est le contraire de la pluralité. Que c'est un mot d'exclusion. C'est d'union qu'il faut parler. D'union, qui désigne une entente entre plusieurs. Ce qui est tout autre chose. Et c'est le cœur du problème." Metin Arditi, écrivain, "To be or not to be Charlie"

"Dehors, droite et gauche confondues, la France a bombardé les populations musulmanes (...) sous prétexte de lutter contre le terrorisme." (...) "La plupart des intellectuels (...)"... 'je songe au terrible rôle de BHL..." (...)  "Comment ces guerres répétées contre les musulmans partout sur la planète depuis presque un quart de siècle ne pouvaient-elles pas faire de la France une cible? Ce qu'elle est devenue aujourd'hui. Islamophobe au-dehors, la France est islamophobe au-dedans." (...) Que n'avons-nous aujourd'hui, à gauche, un Chevènement capable, au-dehors, de mener une politique proarabe qui ne soit pas anti-israélienne et, au-dedans, de conduire une politique clairement laïque qui ne laisse aucun pion se positionner dans une stratégie antirépublicaine sur l'échiquier français." Michel Onfray, philosophe, "Le balai de l'apprenti sorcier"

"Les rejetés rejettent ceux qui les rejettent. Une partie de ces jeunes se sentent non pas Français, mais privés de patrie." (...) "Pour les jeunes d'ascendance maghrébine, le poids de la colonisation qu'ont subie leurs ascendants n'a pas disparu." (...) "Une grande majorité d'Arabo-musulmans souffrent de toutes les humiliations subies par le monde arabe. Ils voient dans les guerres américaines en Afghanistan et en Irak des interventions impérialistes contre des nations arabes." (...) "L'Occident dénonce avec horreur le terrorisme aveugle qui tue civils, femmes et enfants, sans se soucier que dans le monde arabo-musulman, on dénonce avec horreur les bombardements aveugles qui tuent civils, femmes et enfants, les assassinats ciblés par drones ou autres." (...) "Ainsi la guerre du Moyen-Orient est entrée en France le 7 janvier 2015." (...) "L'IMPUISSANCE." (...) "La coalition inclut l'Arabie saoudite, dont le régime est proche de celui que rêve d'instaurer Daech." (...) "L'AVEUGLEMENT. L'interventionnisme occidental accentue la décomposition des nations du Moyen-Orient qu'il a en grande partie provoquée." (...) "L'ILLUSION. L'objectif des Occidentaux au Moyen-Orient est la restauration des Etats-nations déjà décomposés. Alors qu'il existe un seul et vrai but de guerre à opposer au califat de Daech, c'est la confédération du Moyen-Orient, à l'image amplifiée d'un Liban, qui respecterait l'autonomie et la liberté des ethnies et des religions diverses qui y sont implantées, dont le christianisme" (...) "Sauf redressement et changement de voie, tout s'aggravera, y compris en France." (...) "... L'espoir serait que, de cette société civile qui s'est réveillée, puisse naître en dehors des partis une confédération d'associations." (...) "Mais malheureusement l'anti-islamisme profite maintenant du raz-de-marée de dimanche, l'orientant pour isoler, culpabiliser, dégrader les populations musulmanes. De plus une incompréhension réciproque s'est installée dans les esprits : les uns, laïcs, ne peuvent admettre une limitation de nature religieuse à la liberté, quand les autres ne peuvent accepter une atteinte à ce que leur religion a de plus sacré. / "La réponse n'est pas dans les polémiques lapidaires. Elle est dans l'introduction au cœur de la culture française, et d'abord à l'école, d'une culture historique." (...) "Il faut également rappeler que le 'terrorisme' n'est pas une invention islamique en Europe." (...) "La re-pensée, la ré-éducation sont beaucoup plus nécessaires que les proclamations antiracistes. / S'impose à nous une grande, lourde, mais nécessaire tâche de régénération de la pensée, qui comporte nécessairement une regénération de la pensée politique." Edgar Morin, philosophe, "Essayons de comprendre..."

"Terroristes ou djihadistes, ils se construisent un statut de héros, de guerriers (...) ils se mettent en scène (...) ne préparent ni leur fuite ni des lendemains qui chantent, et meurent en direct à la une des journaux télévisés, dans un bref spasme de toute-puissance." (...) "En ce sens ils sont bien le produit d'une culture nihiliste et individualiste de la violence que l'on retrouve dans d'autres secteurs de la jeunesse (...)."Il y a beaucoup de rebelles en quête d'une cause, mais la cause qu'ils peuvent choisir n'est évidemment pas neutre." (...) "On pourrait enfin se demander si la 'laïcité' ne fabrique pas à son tour un sacré qui échapperait à la liberté d'expression." (...) Ce religieux (...) est reconstruit à partir d'une déculturation profonde des nouvelles générations. Le salafisme, qui en est l'expression la plus pure, rejette toutes les cultures à commencer par la culture musulmane et sa propore histoire. (...) " L'Arabie saoudite... (...) La Mecque aujourd'hui, c'est Las Vegas plus la charia." (...) "Historiquement, l'islam comme le christianisme se sont 'enculturés', aujourd'hui religion et culture se séparent. La question est donc non pas de 'réformer' l'islam, mais de 'culturer' l'islam en l'insérant dans la société française. En mettant en avant une conception de la laïcité qui exclurait le religieux de l'espace public, on contribue à 'fanatiser' le religieux." Olivier Roy, politologue, spécialiste de l'islam politique, "Un islam sans racines ni culture".

"Les musulmans sont donc placés dans une situation impossible : ils doivent désavouer une appartenance communautaire à laquelle ils sont pourtant constamment réduits." Mayanthi Fernando, anthropologue, "Le fardeau de la représentation".

"Deux visions du monde vont s'affronter à travers la lecture du Coran. La première est portée par des théologiens appartenant au courant mutazilite, des rationalistes lisant le texte de manière symbolique et métaphorique." (...) "... Face à eux des traditionalistes pour qui le Coran est non seulement incréé, mais doit être lu de manière littérale sans aucune distance ni interprétation." (...) '... Victoire de l'obscurité sur la lumière, du rigorisme sur l'intelligence." (...) "La défaite de la raison est aussi celle de l'humanisme qu'on trouve dans le Coran." Tahar Ben Jelloun, écrivain, "Lire le Coran".

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Des lectures sont suggérées, au fil des articles ou dans la note "Pour aller plus loin". Dont l'ouvrage d'Abdelwahab Meddeb, "La Maladie de l'islam", 2202, éd. du Seuil, ou "Généalogie de l'islamisme" d'Olivier Roy, Pluriel, 2011.

 

15/01/2015

Lecture de Charlie, numéro 1178 : irrévérence, questions, tristesse, rire ...

CHARLIE MERCREDI.jpgLIBERATION du 15 janvier.jpgCANARD.png

 J’ai lu, aujourd’hui, intégralement, Charlie Hebdo... Digne de la Une, à laquelle je disais déjà hier que j’adhérais complètement (et ravie de trouver dans Libération, ce jeudi, une analyse qui rejoint ma lecture : résumé et citations dans la mise à jour de la note du 14-01...). Celle de Soufiane Zitouni, qui enseigne la philosophie au lycée Averroès.

Dans Charlie, l’éditorial de Gérard Biard, « L’Apéro », pose la question des « Oui, mais »... (Dessins et critiques de Charlie, oui, mais, quand même...). Crainte du retour aux frilosités critiques antérieures. (A juste titre : j’entends, infos, que le Pape catholique a protesté contre ce qui, pour lui, est atteinte au sacré des uns ou des autres. Veut-il, le Pape, remettre au goût du jour la question du blasphème, et être suivi par les Français qui partagent sa foi ?). Colère, dans l'édito, contre les manœuvres des complotistes, actifs dès le 7... Et insistance sur la notion de laïcité : « pas la laïcité-je-ne-sais-quoi, la laïcité point final. »

Jean-Yves Camus, dans sa chronique, « Les charognards du complot », décrypte ce phénomène inquiétant. Citation : « Si on laisse de côté les indécrottables tarés de l’ultradroite antisémite, pour qui tout est « sioniste » et « juif », il ne faut pas se leurrer : ce complotisme est un problème de la gauche radicale et de la sous-culture islamo-gauchiste qui sévit sur les forums. ».

Laurent Léger, lui, interroge les « trous dans le filet » du renseignement..

Le reste : émotion, réflexions, dessins, humour et humour sur larmes... c’est dans le journal. « Charlie » 1178 est  en vente plusieurs jours encore (plus d’exemplaires le matin dans les boutiques importantes, qui ont plus de place que les petits kiosques...). 

LAÏCITE... Au début de l’éditorial, il y a l’affirmation du refus de l’expression « laïcard intégriste », que Gérard Biard aimerait voir « disparaître  du vocabulaire intellectuel et politique ». Sauf que pour cela il faudrait que cela disparaisse de la réalité. Or les « laïcards intégristes » cela existe  : conception erronée de la laïcité, qui n’est plus, chez certains, séparation des églises et de l’Etat ("laïcité point final"), mais volonté d’imposer une vision, et mépris de tous ceux qui oseraient affirmer une foi quelconque – sans pour autant s’abstraire d’une société laïque. (Ce n'est pas une laïcité qu'on réduirait, à laquelle on enlèverait quelque chose, mais une laïcité à laquelle on ajoute quelque chose : on la colore, vision "laïcarde", d'une obligation de. croyance, athéisme imposé comme norme d'une pensée qui se voudrait laïque). Certains croient à une transcendance, d’autres pas. Point. Ils ne sont pas plus « crétins » les uns que les autres (vocabulaire qui pourtant désigne plus facilement les uns que les autres dans la parole des athées convaincus que sont souvent les laïcards, pas forcément les laïques, même militants, et vocabulaire qu'on retrouve parfois dans les expressions "des" Charlie).  

Crainte du retour des « oui, mais »... Oui, l’irrévérence et le droit au blasphème ne doivent pas se heurter aux « oui, mais » qui peuvent vite rejoindre l’appel à la contrainte ou à la censure. Oui, irrévérence et droit au blasphème "point final" aussi, cf. G. Biard... Cependant, malgré le massacre, on ne doit pas non plus sacraliser Charlie au point de refuser la critique. C’était, c’est, et cela reste un journal : ce serait une erreur d’en faire un emblème intouchable. Justement, dans Charlie, la critique féroce des religions, des pouvoirs,  et des postures idéologiques ou politiques qui ont leur ridicule, cela doit continuer. Mais il ne faudrait pas oublier une autre posture qui s’apparente au religieux : l’athéisme militant, bardé de certitudes qui ne sont pas plus fondées que celles sur le dieu (Dieu...) ou les dieux des autres. D’ailleurs ce mot de « dieu » ne recouvre pas forcément dans l’esprit de croyants un personnage de conte pour enfant : ce peut être simplement la croyance en une transcendance, quelque chose qu’on suppose, hors ou dans l’être humain, dépasser le petit personnage que nous sommes tous, piégé dans une pauvre identité limitée et en partie illusoire.  

(Et ce « dieu » dans l’esprit des agnostiques c’est seulement un point d’interrogation, pour ces êtres qui disent « je ne sais pas », donc les moins « religieux » qui soient... et peut-être les plus authentiquement laïques... Car comment prendre une posture totalitaire avec un « je ne sais pas » ?).

Critère du « je ne sais pas », donc, tant pour lire Charlie que pour interroger ses propres éventuelles « croyances ». Pour que la laïcité (mal comprise) ne devienne pas le mot clé du risque d’un autre obscurantisme. (Après tout des régimes totalitaires ont fait du refus du religieux une matière de la répression... de la liberté d’expression : les églises ne régentaient plus l’Etat, certes, mais l’Etat, lui, régentait un vide spirituel pour mieux opprimer). Sauf à tomber dans le piège dans lequel semble être tombé Amnesty international (2010), qui voit de la discrimination dans un outil de la laïcité (« la laïcité point final », comme le dit Gérard Biard. L'erreur d' Amnesty... donc.  Alors, oui, même si j’aime bien ajouter des « mais » aux « oui », pour quoi que ce soit (comment, autrement, penser les nuances et la complexité ?), devant de telles dérives associatives, on attend avec impatience la caricature qui pourra s’en inspirer... Amnesty et les « curés » fondamentalistes d’un islam dévoyé... Décidément, la dérision est nécessaire... (Mais je continuerai à signer des pétitions d'Amnesty : autres...).

Et, j'y reviens, le regard critique sur toute lecture...Voir, dans Charlie à venir, ce qui manquerait (en fonction de l'actualité). Voir ce qui est en trop (une chronique acceptée, il y a des années, par erreur, sur un brûlot, choix corrigé ensuite). Regard attentif, et critique s'il le faut. Cela aussi c'est respecter. 

[Mise à jour, 16-01-15. Obsèques émouvantes... Mais... je ressens un malaise, en entendant (infos) Mélenchon se lancer dans un discours tremblant d’émotion, lui qui, là, représenterait une figure critique libre du soutien de Charlie, lui, l’ami de Chavez, le soutien du pouvoir répressif de Cuba. Présence qui a été préférée à celle de Jeannette Bougrab, qui semble avoir dérangé. Les raisons de cet éloignement ne sont pas connues : ce peut être du fait de ses appartenances politiques ou pour d'autres résistances qui, dans tous les cas, choquent dans le contexte (il semble qu'elle ait décidé de ne pas venir ou qu'elle ne l'ai pu), malgré sa douleur évidente. Si c'est un rejet motivé par des préjugés idéologiques, c'est blessant, si la cause est émotionnelle (rivalité de proximité dans le deuil) c'est troublant. En tout cas, d'elle, on ne peut que saluer l'immense courage, prouvé par les risques pris afin de réaliser un documentaire, bien digne du courage de Charb. (Qu’importe qu’une relation soit officielle ou pas, discrète ou pas : si on est peiné on doit être invité à vivre sa peine...). Autre chose, triste signe des errances idéologiques dans la mouvance PCF, bien avant le massacre de Charlie Hebdo, à la fête de L’Humanité, où Charb vint (il votait PC, dit-on), un rappeur, Médine, était invité. (Lui qui crie « Crucifions les laïcards » dans un clip (« Don’t Laïk », je crois) pour ne relever qu’un exemple de ce qui n’est pas loin de l’appel au meurtre... et quoi qu'il puisse dire, depuis : les mots sont plus que des sons). Le mot "laïcards" signifie "laïques", là...  Triste coïncidence : « Médine, l’étrange invité à la fête de l’Humanité », Marianne, 27-09-2014 : http://www.marianne.net/Medine-l-etrange-invite-de-la-Fete-de-l-Humanite_a241577.html

MISE à JOUR 18-01-2015 (obsèques, suite...). ARTICLE : « La double peine de Jeannette Bougrab », Le Parisien, 18-01-2015 http://bit.ly/1xlT3aD (« Il manquait quelqu'un vendredi aux obsèques de Charb, à Pontoise. Jeannette Bougrab, qui, la semaine dernière, avait de façon forte et émouvante crié sa douleur sur les plateaux de télévision, révélant qu'elle était la compagne du dessinateur, n'aura pas pu lui rendre un dernier hommage et assister à ses funérailles. » / «... hospitalisée au Val-de-Grâce à Paris depuis plusieurs jours, n'est rentrée chez elle qu'hier. »

Mise à jour 24-01-15. Déclaration de l’avocat de Jeannette Bougrab. Le Point, 23-01-15 :  http://mobile.lepoint.fr/people/mise-en-cause-de-sa-relation-avec-charb-jeannette-bougrab-prete-a-aller-en-justice-23-01-2015-1898972_2116.php

Mise à jour, 02-02-15. Lecture de cette page : "Le 'oui-mais' est une formule assassine", Le Huffingtonpost, par Pauline Bebe, 1ère femme rabbin, 19-01-15 : http://huff.to/163pAeA

Mise à jour, 02-02-15. Réactions (pays) au numéro du 14 janvier. Huffingtonpost, 14-01-15 : http://huff.to/1Dvh5nx 

La lecture  de Charlie (à entendre lecture de ce numéro, et lecture du journal en général), cette lecture ne serait pas complète sans proposer la réflexion de Nicolas Bedos, sur le courage de l’humour (l’estime qu’il exprime pour les caricaturistes de Charlie, et l’affirmation de sa propre démarche, courageuse et engagée). Son admiration pour les journalistes assassinés ne l’empêche pas de soumettre un questionnement d'humoriste, questions à lui-même aussi), tout en rappelant le refus de l’autocensure : « Nicolas Bedos : ‘ Laissez-nous l’ouvrir et risquer notre peau ’ », Le Monde, 10-01-2015. Entretien : « Pleurer la bande Charlie n’empêche pas de rappeler son combat offensif, quasi hebdomadaire, à l’encontre des symboles islamiques. Non, Charlie n’était pas un repaire de déconneurs bon enfants. Et alors ? J’étais de tout cœur avec eux. Mais nier l’obsession satirique de Charb concernant l’Islam serait une provocation à l’égard des jeunes musulmans - ceux-là même qui, jamais, n’ont souhaité une telle barbarie. Charlie avait le droit - et le devoir – de concentrer son vitriol sur l’Islam radical mais on ne peut pas dire qu’il était un journal satirique classique. C’est faire de l’angélisme, du politiquement correct, et ça risque d’attiser le sentiment d’exclusion des jeunes musulmans. Qui pourraient se dire : ‘S’ils ne reconnaissent pas que certains dessins étaient extrêmement véhéments, alors j’emmerde Charlie et la France’ ». Article complet : http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/01/10/nicolas-bedos-laissez-nous-l-ouvrir-et-risquer-notre-peau_4553347_3246.html

...... Echo de plusieurs questions évoquées ici, dans « Le canard enchaîné » : complotisme (article « Complètement complot » (etc.)......

...... Site de Charlie Hebdo : http://www.charliehebdo.fr/

........ Site du Canard enchaîné http://lecanardenchaine.fr/

14/01/2015

CHARLIE HEBDO 1178, 14 janvier 2015. Des millions d’exemplaires contre les haines mortifères et la bêtise

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La UNE.... Le dessin de Luz fait pleurer Mahomet, qui, ici, étranger aux terroristes, larme et bouche mécontente, dit que «Tout est pardonné». Les dessins ? Les malentendus ? Les menaces et les crimes ? L’indifférence qui aurait pu mener à la faillite ? La solitude d’un combat incompris parfois ? Qui pardonne ? Personne justement : il n’y a pas vraiment dans cette phrase de sujet d’un pardon, je crois. Il y a l’espoir d’une humanité au-delà de la haine, l’espoir de la possibilité du dessin, de la main vivante qui trace de nouveau des traits malgré le traumatisme. C’est le refus de la censure, de l’autocensure. (Doit-on parfois, aussi, se pardonner son courage pour encore vaincre la peur ? Et ainsi être dans encore plus de courage...).  Si Mahomet (qui n’est pas dieu mais homme) était ce que des croyants disent qu’il est, et s’il vivait maintenant, il aurait été du côté de Charlie, affichant « Je suis Charlie ». Il aurait pleuré après le massacre, mécontent de se voir associé à des crimes. Il aurait fait appel à cette notion de « pardon », sans espérer un pardon impossible, mais s’identifiant à Charlie, il aurait cassé la fracture de haine. Pardonner ? Pardonner l’impardonnable ? Non : garder mémoire, et garder mémoire du sens. Mais  faire que la dérision puisse reprendre ses droits et donc rire au moment où on pleure. Dans cette page, cette Une, les intégristes ont le prophète contre eux, le rire contre eux. Ce sont eux qui font pleurer le prophète, pas Charlie, puisque Mahomet est dans la manif : il marche en pleurant (ou n’arrive même plus à marcher) : lui aussi est Charlie... !!! D’ailleurs il n’est pas ridicule, ici : juste humain, du côté de l’humain, puisque, quand même, le pardon est posé comme horizon éthique. Mais il est cependant dessiné en Une d’un journal de dessinateurs caricaturistes : pas de censure. Les terroristes, décidément, ont perdu, sur tous les plans.

Mais il faudra de nouveau prendre aussi la plume et la parole pour dire et redire que la notion de blasphème fait écran à toute expression libre (et échappe au juridique dans nos lois et notre culture : elle ne regarde que l’intime de ceux qui y croient et qui ne devraient pas croire ainsi qu’une transcendance - posée par une foi quelconque ou par une autre – ait besoin d’effacer quoi que ce soit du réel qu’elle transcenderait...). Luz a peut-être voulu dire aussi que, si Mahomet est Charlie, comme nous tous, Charlie est Mahomet, et nous aussi. Tous humains. Le clivage qui met des frontières est un mensonge des extrémismes...

Il va falloir aussi approfondir notre réflexion, pour échapper aux pièges tendus par les manipulateurs qui sont à la source du projet terroriste. Ecoutons Boris Cyrulnik, analysant le 10 janvier la situation actuelle ("La seule bonne solution c'est la solidarité armée. S'armer intellectuellement, notamment." Et, dit-il, éviter le rejet de groupes humains, le rejet des musulmans...) 

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MISE à JOUR 19-01-15 et 23-01-15.

La Une de Charlie répond à un massacre qui atterre. Pas de justification aux assassinats (même si on devra tenter de comprendre les racines de ce désastre et lutter contre l’éternel recommencement du meurtre.). La mort, puis quelqu’un trace un DESSIN...  Une image pour dire...

Réactions. Quatre regards sur la UNE :

Inès Pohl, rédactrice en chef du journal "Tageszeitung", Allemagne, commente sa réception de la Une de Charlie et explique le sens de leur choix (publier cette couverture « sacrément bien réussie »). Libération, 18-01-15 : http://www.liberation.fr/monde/2015/01/18/luz-a-offert-un-geste-de-reconciliation_1183506 [Citations (traduction de Charles Morillon) : « Pour être honnête, si nous avons publié la une de Charlie Hebdo en première page de notre journal, c’est avant tout parce que nous la trouvions drôle et sacrément bien réussie[la quasi-totalité des journaux allemands ont publié les dessins de Charlie, y compris la une, sans que cela fasse débat, ndlr].Parce que notre confrère Renald Luzier, "Luz", est parvenu à relever un défi qui semblait presque impossible : offrir un geste de réconciliation dans cette situation, restant ainsi fidèle à l’esprit de l’hebdomadaire. «Parce que c’est une caricature qui a du mordant et qui dit : nous continuerons. Sans pour autant tomber dans le piège du "maintenant plus que jamais". Le turban évoque Mahomet ; la couverture est de la couleur du Prophète, en vert. C’est suffisant, on n’a pas besoin de plus.» (...) « La une de notre édition de mercredi est bien sûr un signe clair de solidarité. »]

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Fouad Laroui (auteur de l’essai « De l’islamisme, une réfutation personnelle du totalitarisme religieux », éd. Robert Laffont, 2011) : « On se dit catholique ou musulman, mais on sait à peine de quoi on parle ». Entretien de l’écrivain marocain avec Sabine Cessou, publié sur son blog ‘Rues d’Afrique’ (« Regards décalés sur l’Afrique, continent pluriel »), 21-01-15.  A la question « Que pensez-vous de la dernière une de Charlie Hebdo ? », il répond : « Les caricaturistes de Charlie Hebdo ont le droit de faire la une qu’ils veulent et ceux qui ne l’aiment pas ont le droit de protester pacifiquement. L’important, c’est de rester dans la légalité. ».  Entretien intégral lisible sur le blog : http://blogs.rue89.nouvelobs.com/rues-dafriques/2015/01/21/fouad-laroui-se-dit-catholique-ou-musulman-mais-sait-peine-de-quoi-parle-234090

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Malek Chebel (anthropologue des religions et psychanalyste). Au sujet de la UNE de Charlie. Le Monde, 19-01-2015 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/19/le-prophete-lui-avait-de-l-humour_4559218_3232.html (« Ne pas représenter le Prophète c’est faire de lui une idole païenne, un Anti-Dieu. » (...) « On fait de la non-représentation du Prophète un secret mais si nous lisons les traités de théologie, Mohamed est décrit avec force détails. » (...) « Libérer l’image est une nécessité devant la prolifération maligne des images individuelles, forcément solipsistes. »)

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« Aujourd'hui, le prophète est aussi Charlie », Libération, 15-01-2015, par Soufiane Zitouni, professeur de philosophie au lycée Averroès : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/14/aujourd-hui-le-prophete-est-aussi-charlie_1180802 

[La tribune commence par le rappel d’un hadith qui parle de Mahomet pleurant, et répondant à la question d’un compagnon : « J’ai vu que dans le futur j’allais devoir témoigner contre ma propre communauté. » /  Soufiane Zitouni  écrit : « Et je pose ensuite cette question à mes élèves : « Ce futur sur lequel pleurait le Prophète de l’Islam, n’est-ce pas notre propre époque ? » / Il évoque ensuite cette Une de Charlie qui avait fait scandale : « Un dessin de Cabu tellement juste et si peu compris par beaucoup de musulmans, malheureusement, montrant un prophète de l’islam en colère s’exclamant : « C’est dur d’être aimé par des cons ! ».  (...) « Je me demande si beaucoup de musulmans n’ont pas un énorme problème avec l’humour. » Il dit avoir repensé au livre du psychanalyste François Roustang, « Comment faire rire un paranoïaque ? », et il en résume le message essentiel (« Nous avons tous en nous un paranoïaque qui a besoin d’ennemis identifiés pour se rassurer quant à son identité propre, parce que ses ennemis lui servent de limites ou de bornes (qu’il n’a pas su se constituer lui-même). » Sur la représentation interdite ou pas du prophète ou des êtres en général, il rappelle des anecdotes – polémique en Algérie autour du cheikh Khaled Bentounès) démontrant la superstition ignorante de certains milieux et la froide rigidité de certaines institutions. (...) Pour conclure cette analyse il revient sur la notion d’humour : « Est-ce à dire, alors, que la connaissance serait sœur de l’humour ? A cette question, je réponds sans hésitation, oui ! » (...) « Alors oui, ce prophète caricaturé, insulté, moqué, mais surtout ignoré, est aussi Charlie aujourd’hui, n’en déplaise à un grand nombre de musulmans qui trouveront peut-être ce propos déplacé ou naïf, voire insultant, surtout de la part de quelqu’un qui se réclame comme eux de la culture islamique. »] 

MISE à JOUR 06-02-15 : Soufiane Zitouni a dû démissionner de son poste depuis cette tribune. Il explique pourquoi (ce qui va entraîner une plainte du lycée en question, dont il dénonce le double jeu). Libération, 05-02-15, "Pourquoi j'ai démissionné du lycée Averroès" : http://www.liberation.fr/societe/2015/02/05/pourquoi-j-ai-demissionne-du-lycee-averroes_1196424  

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LECTURES complémentaires, CITATIONS :

« Une minute peut blesser un siècle », Victor Hugo cité par Eric Fottorino, Le Un : 

« Ces monstres furieux de carnage altérés, / Excités par la voix des prêtres sanguinaires, / Invoquaient le Seigneur en égorgeant leurs frères ; / Et, le bras tout souillé du sang des innocents, / Osaient offrir à Dieu cet exécrable encens. » Voltaire,  La Henriade, 1723, texte choisi par Louis Chevaillier, Le Un 

Kamel Daoud sur sa page Facebook, deux jours après le 7. Courrier international, 13-01-2015 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/09/kamel-daoud-a-nous-de-decider-quel-monde-nous-voulons (« Deux jours de silence. Mots épars dans la tête. Dessiner tue, penser tue, écrire tue, être libre tue, être digne tue, jouer tue, danser tue, rire tue, dénoncer tue, aimer tue. Deux jours à penser à la mort en soi, aux siens, aux autres, aux dessinateurs de Charlie Hebdo, aux deux journalistes tunisiens exécutés*, aux morts d'ailleurs. L'enjeu ? "Je suis libre" contre ceux qui hurlent "Je suis Allah". A nous de décider quel monde nous voulons face à la fin du monde que les tueurs veulent pour nous. »)

« S’il faut tenir compte du contexte, le contexte mondial ne sera jamais favorable à rigoler de l’islam radical ou des religions en général. Si on tient compte du contexte on ne parle plus de rien, jamais, la presse satirique est condamnée et c’est foutu. » Charb, cité par Eric Conan et Martine Gozlan. Marianne, 9 au 15 janvier.

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D'un côté des écrivains et des intellectuels qui apprécient la Une, de l'autre des foules qui manifestent, spontanément ou pas. Et des remarques, des réflexions de gens simples qui parfois acceptent, parfois se sentent blessés, ne comprennent pas cet humour, tout en condamnant totalement la violence. Des adolescents agressifs qui se sentent attaqués... Tout n'est pas mauvaise foi. Tout n'est pas bêtise. Ce sont juste des signes que la parole est nécessaire, l'écoute, le partage. Et le travail culturel. Il faut poser des ponts.

Mise à jour, 09-03-15. Tribune de Bruno Nassim Aboudrar, universitaire (professeur d'esthétique). Texte très éclairant : "Sans effigie du Prophète, il ne peut y avoir de caricature", Libération, 22-01-15 : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/21/sans-effigie-...

Libération, 13-01-15, Malek Chebel, anthropologue des religions. Sur la Une de Charlie : "J ne vois rien dans cette une qui puisse provoquer quelque violence que ce soit." (...) "Il n'y a rien de blasphématoire dans ce dessin." (...) "Après, il y a toujours des semeurs de haine, des idéologues qui pourront s'en servir comme prétexte pour diviser." :  http://www.liberation.fr/societe/2015/01/13/je-me-rejouis-que-ce-dessin-ne-soit-pas-plus-clivant_1180092

13/01/2015

MÊME PAS PEUR !!! 11 JANVIER 2015, MARCHE HISTORIQUE...

Le MONDE couv  11 janvier.jpgLe PARISIEN LIBERTE MARCHE.jpgLIBERATION PEUPLE  2.jpgL'Humanité.jpgLA CROIX DEBOUT.jpg

 

 

 

 

Revue de presse... Quelques traces en images, titres, articles... d’un fait immense...  Des citations...   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/12/le-message-du-11-janvier_4554379_3224.html (« Le message du 11 janvier », éditorial, Le Monde du 12-01, daté 13-01-2015. Citations : « Les Français, ces jours derniers, ont adressé un message puissant au monde et aux auteurs des odieux attentats terroristes de la semaine dernière. Un message de rassemblement, un message de détermination, et surtout un message d’attachement aux valeurs qui ont été attaquées : la liberté, la tolérance, le pluralisme. Ils l’ont fait dans le calme et avec une dignité admirable. / Une fois l’émotion retombée, des questions vont se poser sur la meilleure manière de nous protéger. Comment éviter que de tels actes se reproduisent ? Comment écarter la menace ? Comment mettre les terroristes potentiels hors d’état de nuire, alors que nous savons désormais qu’ils vivent parmi nous, au sein même de notre société ? » / (...) « Il faut, bien sûr, réagir avec la plus grande fermeté. Il faut procéder à un examen sans concession des failles de notre dispositif, notamment dans le domaine du renseignement (...) » / « Mais il faut aussi éviter le piège du 11-Septembre aux Etats-Unis : celui de la « guerre mondiale contre la terreur » du président George W. Bush et d’un arsenal de répression et de surveillance sans précédent (...) » ///  Le reste de l’éditorial évoque notamment les moyens de lutte dont dispose déjà la France, la lutte contre la radicalisation, et l’Europe : « Le terrorisme islamiste doit être combattu à l’échelle européenne. ». Texte complet réservé en lecture abonnés ou sur journal papier...) 

« Le pire n'est pas toujours sûr », chronique de Gérard Courtois, Le Monde  du 12, daté 13-01-2015 : http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/01/12/le-pire-n-est-pas-toujours-sur_4554462_823448.html (Citations : « Mais dès aujourd’hui sauront-ils les uns et les autres rester à la hauteur ? Au-delà de l’émotion, gouvernement, majorité et opposition républicaine sauront-ils engager le débat aussi urgent qu’indispensable sur les remèdes à apporter au traumatisme subi par le pays ? C’est leur responsabilité. Elle reste à démontrer. » / (...) « Une nouvelle fois se posera la question de l’équilibre entre le respect des libertés démocratiques et l’efficacité de la réponse policière, à l’échelle de la France et à celle de l’Europe. » : (...) « Au-delà, une question plus large et plus lourde encore est posée : comment la France a-t-elle pu en arriver là ? » (...) « Pourquoi la République se laisse-t-elle gagner par un racisme latent et un antisémitisme odieux ? Comment empêcher que toute la communauté des musulmans de France ne soit prise en otage par les djihadistes qui ont armé le bras des assassins parisiens ? » Texte complet réservé en lecture abonnés ou sur journal papier...)

« Un élan magnifique », éditorial, par Laurent Joffrin, Libération, 12-01-2015 : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/11/un-elan-magnifique_1178617 : (Citations : «  L’espoir, avec le chagrin, marchait en tête du cortège. Dévastée, en pleurs, fatiguée du tumulte, mais chavirée par une solidarité grande comme la mer, l’équipe de Charlie a marché dans Paris, suivie par plus d’un million et demi de personnes, c’est-à-dire par la République. » (...) « La plus grande manifestation depuis la Libération ! Quelque chose d’inouï s’est passé dimanche dans les rues de France. Contre la violence, contre l’obscurantisme, contre la division des communautés, le pays de Voltaire et de Cabu s’est soulevé dans un immense élan civique. La République a été frappée au cœur. Deux jours plus tard, la République est debout. » (...) « Chacun a ressenti, au plus profond de lui-même, que tout ce qui le protège, tout ce qui lui assure une vie adulte et responsable, tout ce à quoi il croit a été attaqué par les fanatiques. Marcher pour dire non. Marcher pour être libre. » (...) « Les fractures ne sont pas seulement dans la réalité, dans la société. Elles sont dans les esprits. La bataille se joue dans les têtes. Eh bien cette mobilisation restera dans les mémoires comme une borne, un amer, un sémaphore démocratique ! Comment la faire fructifier ? C’est tout simple : combattre, tous les jours, ici et maintenant, demain et plus tard, avec force, avec patience, la peste identitaire. Chacun a droit à sa patrie, à sa religion, à sa tradition, à ses racines. » Texte complet à lire sur le site du journal.)

« Marche républicaine à Paris : une ampleur sans précédent », Libération, 11-01-2015 : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/11/en-direct-la-place-de-la-republique-noire-de-monde_1178277

« Charlie, hebdo antirécup », Libération, 12-01-2015 :   http://www.liberation.fr/societe/2015/01/11/charlie-hebdo-antirecup_1178666 (Sur les risques de récupération de la manif, réponse de chroniqueurs et dessinateurs de Charlie)

« Des réponses vraies et justes », Le Parisien, éditorial du 12-01-2015 : http://www.leparisien.fr/espace-premium/fait-du-jour/des-reponses-vraies-et-justes-12-01-2015-4438705.php (Citation : « Les immenses défilés de ces deux derniers jours sont aussi un réveil, une prise de conscience face aux erreurs ou aux errements de notre société qui ont abouti à ce que des criminels fanatiques osent venir insulter nos valeurs et chercher à saper les fondements de notre république. »)  

« Vivre libre », éditorial, par Guillaume Goubert, La Croix, 12-01-2015  (Citations : « Bravant la peur et la haine, des foules immenses d’hommes et de femmes, jeunes et moins jeunes, de toute opinion, de toute religion, de toute condition et de toute nationalité, ont marché ensemble hier à Paris et dans toute la France pour affronter la barbarie qui a tué les collaborateurs d’un journal satirique, des policiers, des clients d’un supermarché casher. Dix-sept personnes qui, comme les manifestants, étaient différentes par leurs origines, leurs convictions, leurs religions – ou leur non-religion. Et c’est bien cela qui, profondément, réunissait les manifestants, la volonté de vivre dans une société ouverte, où l’on peut librement exprimer ses opinions et pratiquer sans crainte sa religion, que l’on soit juif, chrétien ou musulman. » (...) « Ce sentiment d’unité est bien sûr terriblement fragile. Peu de chose suffira pour que les querelles et l’acrimonie reprennent le dessus. Mais il est permis d’espérer. Cela relève de chacun d’entre nous. Il faut chaque jour, partout, préférer la concorde à la division, choisir la bienveillance plutôt que la méfiance. C’est ainsi que nous serons fidèles à ceux qui sont tombés. C’est ainsi que nous vaincrons la peur et la haine. » Texte complet à lire sur le site du journal.)

09/01/2015

Charlie Hebdo. Hommage de la presse...

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Des... couvertures, des sites, des liens... Charlie en UNE, partout... Quelques exemples...

 

 

 

 

Le Monde, 08-01-2015. « Ce que l’on sait de l’attentat contre Charlie Hebdo http://bit.ly/1Y1Nr5Y

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Libération, 07-01-2015. « ‘’Charlie’’, satire dans tous les sens » : http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2015/01/07/charlie-satire-dans-tous-les-sens_1175870

Les UNES de la presse étrangère, Courrier international : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/08/attentat-contre-charlie-les-unes-de-la-presse-etrangere 

Algérie-Focus. Rédaction de Charlie cible d’une attaque, Algérie solidaire : http://bit.ly/1Dx1xzW

 

Rue 89. Onde de choc mondiale, nombreux gestes de soutien : http://bit.ly/1TWEXv9

07/01/2015

Terrorisme. « Il n’y a rien à négocier avec les fascistes », Charb, 2012

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« Peins un Mahomet glorieux, tu meurs. / Dessine un Mahomet rigolo, tu meurs. / Gribouille un Mahomet ignoble, tu meurs. / Réalise un film de merde sur Mahomet, tu meurs. / Tu résistes à la terreur religieuse, tu meurs. / Tu lèches le cul aux intégristes, tu meurs. / Prends un obscurantiste pour un abruti, tu meurs. / Essaie de débattre avec un obscurantiste, tu meurs. / Il n’y a rien à négocier avec les fascistes. »

Charb, 2012

Images de Charlie Hebdo sur google : http://bit.ly/1Km6LTR 

Fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Charlie_Hebdo

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A noter, le prénom du policier d’abord blessé puis abattu sur le trottoir (il approchait, répondant à l’alerte) : Ahmed. Que ce prénom soit un rappel contre les amalgames. Et, pour conclure, ci-dessous ce texte qui dénie aux assassins tout droit d’instrumentaliser une religion. Assassins terroristes les islamistes ne sont porteurs d’aucune foi réellement ancrée, d’aucune culture, juste porteurs d'une idéologie de haine et de mort, qui projette une lecture essentialiste du monde, une vision manichéiste. Une pensée mensongère justifie normes rigides et crimes. La démarche qui la fonde est l'inverse de ce qui est dit. Les "penseurs" ne partent pas du religieux pour énoncer des normes qui seraient conformes à la foi. Ils partent de leurs idées pour qualifier ce que doit être le religieux. De ces idées la domination et le pouvoir sont des clés. La charge violente inconsciente une racine puissante. D'un côté, un possible surmoi qui fait barrage à la violence intérieure (elle qui ne sait nulle empathie ou compassion), surmoi qu'autorise la pensée d'une transcendance. De l'autre, la fureur aveugle du "ça" dévastateur, horizontalité brutale sans pensée des valeurs... Horizon forcément mortifère, forcément criminel. La barbarie n’est que barbarie. L’idéologie fascisante n’est qu’idéologie fascisante. (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/01/07/01016-...) Mais notre regard (terrifié,sidéré) ne pourra nous dispenser d'une recherche des causes, d'analyses forcément plus complexes. 

« Mon coeur est devenu capable de toutes les formes, / Une prairie pour les gazelles, un couvent pour les moines, / Un temple pour les idoles, une Ka’ba pour le pèlerin, /Les Tables de la Torah, le Livre du Coran. / Je professe la religion de l’Amour, et quelque direction que prenne sa monture, / l’Amour est ma religion et ma foi. »

Ibn Arabi « L’Interprète des désirs » (Tarjumân al-ashwâq)

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Hommage à quatre des journalistes assassinés, Le Figaro (Cabu, Charb, Tignous, Wolinski). Hommage à tous à travers eux : http://www.lefigaro.fr/culture/2015/01/07/03004-20150107A...

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MISE à JOUR, 08-01-14 :

08-01-14, Le Figaro : « Série d’actes anti-musulmans au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo » : http://bit.ly/1BDeadq

« Attentat contre Charlie Hebdo : cinq dessinateurs emblématiques assassinés ». RFI, 07-01-14. Hommage et portrait : http://www.rfi.fr/france/20150107-attentat-charlie-hebdo-cabu-tignous-charb-wolinski-maris/ [Charb, Cabu, Tignous, Honoré, Wolinski]

Les 12 victimes, Le Parisien, 08-01-14. Hommage : http://bit.ly/1AJLgbt  [Cabu (Jean Cabut), Wolinski (Georges Wolinski), Charb (Stéphane Charbonnier), Tignous (Bernard Verlhac), Honoré (Philippe Honoré), Bernard Maris (économiste), Elsa Cayat (psychanalyste et chroniqueuse), Franck Brinsolaro (brigadier, dont le frère jumeau, également policier, a témoigné en hommage à son frère et à ses collègues), Ahmed Merabet (policier), Frédéric Boisseau (agent de maintenance), Michel Reanaud (journaliste en formation, en visite à Charlie Hebdo), Mustapha Ourrad (correcteur)]

Algérie-Focus. "Carnage à Charlie Hebdo, Mustapha Ourad, Algérien, victime de la tuerie" : http://www.algerie-focus.com/blog/2015/01/carnage-a-charlie-hebdo-mustapha-ourad-algerien-victime-de-la-tuerie/

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Charlie Hebdo sort. Un million d’exemplaires tirés pour mercredi 14. Appel aux dons, au soutien ("Le journal des survivants", mercredi 14/1) : http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/08/charlie-...

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SITE de CHARLIE HEBDOhttps://charliehebdo.fr/charlie/

Attentats de janvier 2015 (dont la fusillade à Montrouge). Fiche wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_de_janvier_2015_e...

19/12/2014

Kamel Daoud menacé. Une liberté agissante, qui dérange...

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Petite revue de presse, puis réflexion personnelle... et liens vers pages de Kamel Daoud.

« Un salafiste algérien émet une "fatwa" contre Kamel Daoud », Le Monde ,18-12-2014, par Amir Akef (Alger, correspondance) : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/12/17/un-salafiste-algerien-emet-une-fatwa-contre-kamel-daoud_4541882_3212.html (Extrait : « Un imam salafiste, Abdelfatah Hamadache, chef du parti non autorisé du Front de la Sahwa islamique salafiste algérienne, a émis mardi 16 décembre 2014, sur sa page Facebook une « fatwa » contre l’écrivain et chroniqueur Kamel Daoud, qualifié d’ennemi de l’islam et de la langue arabe, d’écrivain « sionisé » qui insulterait Allah et le Coran. »)

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« Menacé de mort, Kamel Daoud porte plainte contre son pourfendeur », France24, 17/18-12-2014: http://www.france24.com/fr/20141217-menace-mort-ecrivain-kamel-daoud-porte-plainte-dirigeant-salafiste-algerie-islamisme/  (CITATIONS : « Le journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud a porté plainte en Algérie, mercredi 17 décembre, contre le dirigeant salafiste qui a demandé sa condamnation à mort sur Facebook. » /// « Kamel Daoud dérange et ce n’est pas nouveau. Connu pour ses prises de position très virulentes contre la religion ou ses chroniques sans complaisances à l’égard du président Abdelaziz Bouteflika, le romancier et journaliste algérien est régulièrement la cible d’insultes et de critiques. Cette fois, le  finaliste du  Goncourt est menacé de mort. Le dirigeant salafiste Abdelfatah Hamadache a lancé mardi 16 décembre une fatwa contre l’auteur de "Meursault, contre-enquête". » /// « "Je trouve ça dramatique [ce type de menace] dans un pays qui a beaucoup souffert, mais il ne faut pas y accorder plus d’importance que cela", confie Kamel Daoud à France 24. "Abdelfatah Hamadache est un simple clown islamiste. C’est un homme médiatique qui a un sens de la comédie très poussé. Mais j’ai toujours pensé à haute voix et je ne vais pas m’arrêter parce qu’il a émis une menace de mort", poursuit l’auteur. / Plus tôt dans la journée, Kamel Daoud avait publié sur son mur Facebook : "Fatwa pour me tuer émise par le mouvement salafiste algérien. Signé par le Abd El Fettah Hamdache. Voilà où mène le sentiment d'impunité chez ces gens là."  Il précise sa pensée : "Depuis quelques mois, il y a une poussée des islamistes en Algérie et il n’y a pas de ligne rouge. Pas de réaction politique", regrette l’écrivain. » /// « Vague d’indignation en Algérie : La menace de mort d’Abdelfatah Hamadache a soulevé une vague d'indignation sur les réseaux sociaux. »)

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Soutien des journalistes algériens : communiqué, déclarations, articles, réactions sur les réseaux sociaux, pétition...

Analyse, « Hamadache, ce terroriste protégé par le régime algérien », par Abdou Semmar, 17-12-2014, Algérie-Focus : http://www.algerie-focus.com/blog/2014/12/hamadache-ce-terroriste-protege-par-le-regime-algerien-par-abdou-semmar/  (CITATIONS : « ‘’Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion’’, avait dit un jour le regretté Voltaire. Abdelfatah Hamadache, cet imam salafiste algérien qui veut «réislamiser» à sa manière la société algérienne, incarne parfaitement ce monstre dont parle si bien le bon vieux Voltaire.  // Un monstre de terrorisme intellectuel qui a franchi hier mercredi toutes les lignes rouges en appelant au «meurtre» de l’écrivain, certes d’expression francophone mais Algérien avant tout, Kamel Daoud. » // (...) « Les règles du jeu sont claires : le terrorisme idéologique de Hamadache est toléré, pour ne pas dire soutenu, dans la mesure où il ne vise que ces opposants honnis par le régime. Un terrorisme accepté s’il ne s’en prend qu’aux homosexuels, couples amoureux, femmes émancipées ou jeunes algériens en quête de liberté sexuelle. Un terrorisme idéologique protégé même puisqu’il est instrumentalisé par un régime soucieux de préserver le statu-quo. Dieu merci, tous les Algériens ne sont pas dupes… »). (Article intégral sur le site...)

Malheureusement, en cherchant des infos supplémentaires sur la Toile, on tombe aussi, ici, sur les tentatives haineuses des spécialistes de l’obsessionnelle hantise de l’islam : amalgame islam/islamisme donné comme allant de soi. Abdelwahab Meddeb parlait du « mépris ignare » de certains intellectuels par rapport aux musulmans (voir la note précédente). Oui, cela existe, mais là, c’est encore un cran au-dessous : ces gens ne méritent pas le titre d’intellectuels, car ils n’élaborent aucune pensée, mais naviguent dans un brouillard idéologique constitué de constructions fantasmatiques. Ils  déforment la pensée de Kamel Daoud (que sans doute ils n’ont pas lu, ou pas vraiment) pour instrumentaliser le fait de cette fatwa, en essayant de faire entrer cela dans leur système idéologique qui fantasme des foules hystériques appelant en chœur au meurtre dans le sillage du salafiste clownesque. Les réactions algériennes, massives, d’indignation et de soutien à Kamel Daoud ? Evidemment ils n’en parlent pas : cela ne cadre pas avec leur volonté de produire de la peur, de nourrir les préventions contre les musulmans en général. Extrême droite aux visages politiques divers, sites d’incitation à la haine (quand je vois sur une page d’accueil  carrément la revendication de « l’islamophobie » comme « opinion », avec un appel à participer à une campagne islamophobe...). On apprend, en fouinant, que Christine Tasin (Riposte laïque...) a été relaxée en appel (procès de Belfort)  pour des termes injurieux à l’égard de l’islam (... !!!). Si on détournait le dessin humoristique reproduit sur la page de Reporters.Dz on pourrait poser la question : « De quoi ces faiseurs d’agitation sont-ils le nom ? » Et répondre : « 50 nuances de haine », ou (variante) « 50 nuances de FN » (appartenance ou pas, d’ailleurs : le FN a ses marges...).

Preuve, tout cela, qu’il est extrêmement important de lire et faire lire les intellectuels de culture musulmane (croyants ou pas, pratiquants ou pas, mystiques ou pas), les musulmans qui veulent inscrire une pensée d’un islam des lumières, les islamologues, les soufis (qui représentent une haute spiritualité, une « sagesse », au-delà même de toute appartenance religieuse)s. Aussi important, cela, que la lutte indispensable contre l’idéologie salafiste, les miasmes jihadistes. L’absence de culture est porteuse d’errance et perte. 

L’intégrisme est « une maladie de l’islam » disait Abdelwahad Meddeb. Oui, mais pas seulement. Car si les horreurs de l’Inquisition catholique furent une maladie du christianisme elles furent aussi une maladie de société, de civilisation, d’époque, un révélateur des impensés du temps, des refoulés d’un inconscient perverti... Et la réalité d’un intégrisme qui fascine ici et ailleurs des gamins perdus autant que des idéologues rendus fous par leurs constructions mentales, cette réalité n’est pas qu’une maladie de l’islam (tout en l’étant évidemment totalement, aussi) : elle est un révélateur des failles contemporaines, locales et mondiales.

Des esprits de la qualité de Kamel Daoud interrogent les confusions identitaires, les illusoires « appartenances», les mensonges idéologiques, les croyances erronées, les instrumentalisations de conflits, les confiscations mémorielles.  Donc heurtent, ces esprits, ceux qui sont dérangés, ainsi, dans leur fanatisme, leur paresse, ou leur folie. C’est ce qu’a fait récemment, autres questions, autres urgences de parole, Harry Roselmack, dans Le Monde du 17-12-2014 (« Halte aux mauvais réflexes identitaires ! », dénonçant notamment des dérives racistes, antisémites précisément, dans la complaisante indulgence de certains devant les formulations haineuses de Dieudonné, sous prétexte d’appartenance communautaire).  

Les racistes hypocrites diront qu’ils désignent des faiblesses de communautés humaines critiquables, et ils feront semblant de croire trouver là arguments pour leur haine. Sauf que c’est l’inverse qui est vrai... Quel miroir est tendu là ? A mon sens celui qui force à se demander en quoi on interroge ses propres failles, en quoi on est capable d’échapper aux diktats communautaires de ses éventuelles appartenances (né quelque part, à tel moment, avec telle ou telle ascendance, telle(s) langue(s), et telle ou telle éducation religieuse ou athée). Comment gère-t-on l’écart nécessaire entre appartenir et savoir traverser les frontières réelles et symboliques ?

Le plus difficile, justement, est le regard critique sur les choix de ceux dont nous partageons une identité, un être là qui nous définit en partie ou beaucoup, suivant les ressentis. La légitime solidarité doit-elle être aveugle ? Celui qui dénonce les dérives prend pour certains la figure du « traître » (comme Camus, celui, surtout, des Chroniques algériennes ou de l’appel à la Trêve, perçu par les ultras comme l’homme à abattre, par exemple). L’intime déchirure sera parfois l’écart d’une lettre entre solidaire de n’importe quoi ou solitaire... Risque pris par ceux qui lancent leur parole au premier plan, risque récompensé par la reconnaissance des « justes », comme cela se voit dans l’élan de nombreux Algériens pour soutenir le chroniqueur et écrivain Kamel Daoud...

Donc tomber dans le piège du regard négatif sur une communauté ou un peuple parce que de l’intérieur des paroles critiques s’élaborent et se publient, c’est un contre-sens absolu. Estimable la communauté humaine, estimable le peuple capable de faire émerger des esprits critiques dans le regard sur soi (soi collectif...).

Sur la Toile, on voit donc l’élan unanime d’un soutien authentique de l’écrivain menacé, sur les deux rives et au-delà. Et on voit aussi, en marge, le faux soutien, ici (et sans doute ailleurs), de menteurs qui font semblant d’adhérer à une pensée qui est leur exact contraire, pour mieux nourrir leur fantasmatique délirante. C’est la stratégie habituelle de l’extrême droite : récupérer des valeurs pour les détourner et les inverser. Ces gens ne valent pas mieux que le salafiste : leur « solidarité » apparente et leur « soutien », affiché, à Kamel Daoud ne sont que le masque (assez transparent) de leurs projections mortifères. 

Peu importe pour lui. L’essentiel est ailleurs, dans l’appui authentique que son intégrité et son intelligence entraînent, massivement. Mais pour ceux qui veulent comprendre ce qui se joue en France autour du seul mot « islam », c’est important de regarder dans les marges problématiques qui s’étalent sur la Toile...

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Kamel Daoud 

Sur Decitre, auteur : http://www.decitre.fr/auteur/1565553/Kamel+Daoud/

Kamel Daoud, chroniqueur...  Impact 21, Algérie Focus, etc.

Articles de Kamel Daoud, Le Quotidien d’Oran, regroupés sur djazairess.com : http://www.djazairess.com/fr/author/Kamel+Daoud

23/07/2013

« Organes de l’État, Abus de transplantations d’organes en Chine » : un livre, des liens…

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Chine, pays à la culture magnifique, mais soumis à un régime dictatorial. Une des horreurs est cette réalité du trafic d’organes, sur lequel on apprend de pire en pire avec le temps… Prisonniers exécutés, organes pris sur des cadavres de  condamnés à mort (exécutions extrêmement nombreuses…), organes pris sur des prisonniers vivants qui en meurent (prisonniers « disparus », adeptes du Falun gong persécutés, tués…). On peut lire en français le livre de David Matas et dr Torstein Trey. Et lire aussi toutes ces pages, liens ci-dessous  (presse, blogs, sites divers, associations) qui permettent de savoir et de réagir. Quand on soutient les dissidents de Chine (blogueurs, militants des droits de l’homme, journalistes, écrivains, artistes) on aide indirectement à la sortie de la vérité sur de tels abus scandaleux. (Voir ici la liste « Agir », marge gauche, en haut. Pour s’informer sur les droits en Chine - tous sujets – voir, en fin de note, les liens « Infos Chine »).

Sortie en France de "Organes de l’État : Abus de transplantation en Chine", 09-07-2013, BLOG 20 minutes, "Regard sur la Chine", Camps d’extermination en Chine : http://bit.ly/18Sr22J

Un nouveau livre révèle davantage les atrocités de saisie d’organes à vif, minghui.org : http://fr.minghui.org/news/1207/28/E134602_20120724_fr.html

Trafics d’organes. Agoravox : http://bit.ly/bpMCuP

Articles sur la question des prélèvements sur le site du Falun gong Europe , clearharmony.net : http://fr.clearharmony.net/cat/c206/c206.html

En France on nie le problème des prélèvements forcés, epochtimes.fr : http://www.epochtimes.fr/front/13/7/18/n3508620.htm

La Chine : organes à vendre sur demande, Perspective monde, 2012 (article suivi de liens presse) : http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=1404

Les condamnés à mort exécutés à coups de bistouri, Midi libre, 2012 : http://bit.ly/Uxqgey

Au cœur d’un trafic d’organes, sangha.leforum.eu, 2010. Témoignage :   http://sangha.leforum.eu/t1541-Au-coeur-d-un-trafic-d-organes.htm

Conférence de David Kilgour, en 2009, site officiel, david-kilgour.com : http://bit.ly/1bHgbcT

Trafic d’organes en Chine. Article de 2006, Sens public : http://bit.ly/19elXls

Peines de mort sur ordonnance en Chine, Libération. Article de 2005 (qui ne parle encore – 2005 - que de condamnés exécutés, pas des prélèvements sur des vivants) : http://bit.ly/15c7WAA

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Infos Chine (sites mis à jour, infos 2016) :

Droits de l'homme en Chine. HR Chine : http://www.hrichina.org

Amnesty International: http://www.amnesty.org/en/region/china

Infos Falun Gong: http://www.clearwisdom.net/html

RSF, rubrique Chine : http://rsf.org/fr 

IFEX, rubrique Chine : http://www.ifex.org

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AILLEURS qu’en Chine, c’est-à-dire partout… des questions se posent sur la marchandisation des organes et les dérives que cela peut entraîner. Voir cet article, qui présente un ouvrage d’enquête ( ). Nouvel Obs / Books, 2012 : http://bit.ly/11ayl0M  (INTRO : « Un livre d’enquête de Dick Teresi, journaliste scientifique, jette un froid outre-Atlantique.  Imprécise, la notion de «mort cérébrale» alimenterait le marché juteux de la transplantation d’organes – 20 millions de dollars chaque année. »). Si ce marché de la transplantation n’est pas mieux contrôlé… ce qui se passe en Chine sera facilité par un climat douteux… ailleurs.  

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NOTE antérieure sur le même sujet, 16-04-2012 (mais mise à jour, infos 2016) : Prélèvements d’organes en Chine, doc. 2003-2012 : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2012/04/16/prelevements-d-organes-en-chine-prisonniers-executes-et-adep.html  

04/11/2012

HAÏTI. Situation catastrophique après SANDY. Indifférence médiatique? Ou information et solidarité ?

Les chaînes d’information de la télévision française (iTélé, BMFtv, TF1, Frce 2, Frce 3, etc.) ont suivi abondamment (en revenant en boucle sur les mêmes faits) ce qui se passait aux Etats-Unis avec le cyclone Sandy, mais surtout sur cela, et en n’évoquant pas ou peu les autres pays touchés… Cela continue avec les suites (marathon annulé, essence rare à New York, etc.). Si les effets du cyclone sur les élections américaines ne peuvent que nous intéresser, nous maintenir dans l’indifférence de l’ignorance pour les autres lieux touchés et un pays dévasté, c’est pire que de la désinformation… Le silence est un choix idéologique.

A Haïti la situation est particulièrement catastrophique…

Informations sur Europe 1, "Sandy. Haïti, un pays délaissé" : http://www.europe1.fr/International/Sandy-Haiti-un-pays-delaisse-1296895/ 

« Plus de cinquante morts, des infrastructures dévastées et des récoltes détruites : Haïti a été durement touché par le passage de l’ouragan Sandy. L’état d’urgence a été décrété par le gouvernement pour une durée d’un mois dans ce pays qui peine encore à se remettre du séisme dévastateur de 2010. Un appel à l’aide internationale a aussi été lancé. »

Point de vue de Gotson Pierre, journaliste à Port-au-Prince. Extrait : « Les médias ont beaucoup couvert le passage de Sandy aux Etats-Unis, mais très peu à Haïti, qu’en pensez-vous ?--- C’est tout à fait choquant. Surtout que dans le cas d’Haïti, il y a un impact énorme du phénomène, en termes d’ampleur des dégâts. On s’imagine que, normalement, la presse devrait s’intéresser à ça. Y a-t-il des degrés de valeur au niveau de la mort et des dégâts, qui font qu’on considère plus ce qui se passe dans une région que dans une autre ? Il y a des pays qui sont sous les projecteurs et d’autres qui sont délaissés. ». 

Importante analyse, celle du contexte géopolitique, dans la chronique de Brice Lalonde ( Coordonnateur de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable). Il pose, dans cette chronique du JDD, la question du traitement médiatique inégalitaire du cyclone, puis  la question morale des responsabilités des USA (pays qui contribue particulièrement au réchauffement climatique - dans sa part due aux hommes), et, ayant développé la situation particulière d’Haïti, il se demande si une prise de conscience américaine pourra enfin permettre un accord mondial en 2015 sur les questions climatiques… « Sandy, à Port-au-Prince comme à New-York », Le JDD, 04-11-2012 : http://www.lejdd.fr/Chroniques/Invite-du-JDD/Sandy-a-Port-au-Prince-comme-a-New-York-573251 (CITATIONS : « Port-au-Prince et New York, Haïti et les États-Unis. Aux deux bouts de l’échelle du développement, victimes du même ouragan Sandy mais avec des moyens de lutte et de reconstruction incomparables. Qui parle des premiers? En encourageant à l’action contre les dérèglements climatiques, le désastre tant médiatisé à New York pourrait contribuer à soulager non seulement Haïti et les Caraïbes, mais encore toutes les îles menacées par la montée de la mer. C’est aussi une question morale. Si le changement climatique augmente l’intensité des ouragans et si les gaz émis par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz sont les principaux agents du changement climatique, alors Manhattan, capitale économique d’un grand pays gourmand de combustibles fossiles, aura probablement sa part de responsabilité dans les futures inondations de la Cité Soleil de Port-au-Prince. » (…) « La question qui compte désormais est la suivante : une partie de l’Amérique continuera-telle d’ignorer le changement climatique? Ou bien les États-Unis se joindront-ils enfin à l’Europe et aux nations soucieuses de l’avenir pour montrer une voie nouvelle et proposer un accord mondial à la conférence climat de 2015 »)

SOLIDARITÉ : De nombreuses associations ont fait appel aux dons. Solidarités.org, Unicef, Médecins du monde ou Médecins sans frontières... etc.

03/05/2012

3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse...

journée mondiale de la liberté de la presse,presse,liberté d’expression,r.s.f.,reporters sans frontières,amnesty,unesco,mexique,colombie,roméo langlois,tunisie,persepolis,nessmanLa liberté d'informer et de s'informer a bien besoin d'un rappel. Empêchements divers et crimes viennent rappeler la difficulté qu'ont les pouvoirs autoritaires à accepter la libre critique. Les journalistes sont aussi des cibles pour des terroristes de diverses origines et idéologies... (Ainsi l'enlèvement de Roméo Langlois). En marge du journalisme proprement dit l'expression des blogueurs se heurte à des obstacles (ou à la totale impossibilité) dans les pays gouvernés par des dictatures... Et les démocraties elles-mêmes présentent parfois des failles...

La journée dans le monde, INFOS sur le site de l’UNESCO : http://www.unesco.org/new/fr/communication-and-information/flagship-project-activities/world-press-freedom-day/homepage/

AMNESTY. "La répression à l'ère du numérique" : http://www.amnesty.org/fr/news/world-press-freedom-day-repression-digital-era-2012-05-01

Informations générales sur RSF, tous pays http://rsf.org/fr 

L’IFEX (Réseau de l’Échange international de la liberté d’expression). Page sur la journée sur le site principal : http://www.ifex.org/wpfd/fr/ 

(En illustration de cette note, le logo de la Journée mondiale de la liberté de la presse, créé par l'UNESCO)

25/09/2011

Elles changent l’Inde… Exposition, et album de RSF

Elles changent l’Inde…

Le Petit Palais expose (du 21 octobre 2011 au 8 janvier 2012) 108 photographies dont le thème est de montrer « comment les femmes contribuent à « changer le monde ». C’est le résultat d’un partenariat avec Reporters sans frontières (Album pour la liberté de la presse) et Magnum Photos.

Le Petit Palais, exposition : http://www.petitpalais.paris.fr/fr/expositions/elles-changent-linde

RSF, le site de l'association qui soutient les journalistes et les blogueurs : http://fr.rsf.org

DIAPORAMA, L’Express : http://www.lexpress.fr/diaporama/diapo-photo/actualite/monde/ces-femmes-qui-changent-l-inde_1030166.html?p=2

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