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29/05/2017

« La malédiction », POÈME de Hassan Yassin…

« La malédiction », POÈME de Hassan Yassin…

J’ai lu ce poème sur un post qui reprenait la réflexion de Tieri Briet, suivie de sa copie du bouleversant poème de Hassan Yassin. Je ne reprends qu’une partie du texte introductif de Tieri Briet : l’essentiel, qui situe. (Et de la même manière qu’il ne faut pas rendre les réfugiés responsables de situations qui leur échappent, je tiens à dire aussi qu’il ne faudrait pas non plus rendre les femmes qui refusent le harcèlement responsables de la situation des réfugiés quand ils ne sont pas pris en charge…) : 

« Qui sont ces hommes qu'on chasse de rue en rue, de ville en ville ? Ne sont-ils plus rien d'autre qu'une malédiction ? C'est ce que dit Hassan Yassin, arrivé du Soudan. L'autre soir, il a lu son poème en arabe, sur la petite scène du Local où un atelier théâtre destiné aux migrants nous avait invités. Une comédienne traduisait ses paroles en français. Et puis en prononçant les derniers mots, Hassan a fondu en larmes. La tragédie du poème continuait sous nos yeux. » (…) « Je recopie le poème de Hassan Yassin. Je voudrais qu'il soit lu, entendu, diffusé sur les murs. Et que nos regards changent eux aussi. » 

Tieri Briet 

…………………………………………………………………………

Le POÈME de Hassan Yassin, réfugié soudanais :

..

La malédiction

Je suis une malédiction

Je suis la malédiction incarnée

Suspendu à ma corde secrète

Attaché à l'utérus du ciel

J'entends les cris du vent et les pleurs aux alentours

Je parle aux fleurs autour de moi et j'admire le chant des murs

Ces murs de mon isolement infini et

La peur mon amie, 

Rien ne me donne le sentiment de sécurité...

Vous les passants face à moi 

Ne demandez pas la miséricorde en mon nom 

Comme un pécheur dans l'attente du pardon

Détournez le regard 

N'ayez pas pitié de moi

Donnez-moi juste un sac noir.

Pour que j'y rassemble ma désolation, 

Ma défaite et mon anéantissement

... Pour pouvoir le mâcher et l'avaler

Donnez-moi du feu pour que je brûle mes saletés, 

Je suis une charogne qui empuantit l'air tout autour

jusqu'à vous faire détester vos corps élancés

parfumés d'essences florales de Paris

Je vous inspire la haine de la race humaine 

mes semblables désarticulés...

ceux qui ont subi les horreurs des guerres

... Je suis une charogne où demeurent les vers 

Je ne serai ni leur dernier rêve, ni leur dernière demeure 

Ni ce qui reste de leurs souvenirs

J'ignore le jour de ma mort

Laissez moi reprendre souffle

Fermer les yeux pour me réveiller au paradis

Je n'ai envie de rien

Rien ne me séduit plus

Même pas le baiser de l'enfant que j'aurais pu avoir

Ni la jouissance au moment de sa conception

Ni même la pénétration d'une partie de moi 

Dans les vagins, berceaux de mes espoirs incertains

Priez pour que mon heure arrive vite

Le moindre regard vers moi ne vous inspire que dégoût

Laissez-moi quitter votre monde d'artifices

où je n'existe pas...

Je suis un anonyme sans identité, sans papiers

Un tas de détritus face à vos portes

Je veux mourir et remettre mon âme dans les mains de Dieu, 

Je finirai en ange ou en démon, qu'importe. 

Que ma mort ne soit pas lente, 

Si seulement les fleurs poussaient sur mon cœur, 

Parfumaient mes poumons et fardaient les vers qui me rongent de parures multicolores, 

Et la mélancolie des carillons des cloches couvriraient les battements de mon cœur.

Que vos prières puissent envelopper ma peur. 

Ne l'appelez plus corps, 

C'est mon cadavre pourri qui vous observe, 

Ce cadavre que vous méprisez !! 

Même ces chiens me regardent bizarrement, 

Vos chiens bien habillés qui ont une identité et un nom. 

Dieu mon préféré, quand est-ce que tu me regarderas avec pitié 

Pour ordonner à mon coeur de s'arrêter, mon cœur empli de fleurs emprisonnées, 

Son battement me tue. 

Quoi de pire que le mot réfugié pour nommer un homme ?

Des lambeaux de saleté recouvrent mon corps et l'enveloppent d'une chaleur aux relents pestilentiels,

Vos odeurs agréables dégoûtent les poux qui ont trouvé refuge dans mes cheveux. 

Vous les passants devant moi : 

Je suis un migrant qui a survécu à la fermentation de la chair en Méditerranée pour pourrir dans les rues de Paris.

Ces rues nettoyées au petit matin, et moi là !!!

Je suis le mensonge de ce monde, 

Je suis cette part d'humanité médiatisée, 

Ils cherchent des stratégies pour se débarrasser de moi, 

Ils dépensent des sommes colossales, 

Ils ont créé des commissions pour me déraciner.

Alors je ne sais plus si je suis un bout de viande ou un morceau d'asphalte.

Ce monde me procure du mépris, 

Comme à mes frères renvoyés à la torture, 

Assassinés au nom des conventions internationales.

Ou ceux qui ont échappé aux campements, 

Aux empreintes maudites,

Venant des bains de sang Africains pour se retrouver plus bas que terre, mais pourquoi ??? 

Parce que je suis un réfugié rempli de pourriture, 

allongé sans même pouvoir espérer. 

Inquiet, je meurs avec le silence des lucioles, caressé par des papillons multicolores.

Hassan Yassin

16/12/2016

ALEP. « Ils voulaient juste être libres »….

alep,syrie,liberté,démocratie,dictature,terreur,humanisme,guerre,violence,massacres,solidarité,farouk mardam-bey,orient xxi,amnesty,human rights watch,reporters sans frontières,casques blancs,syria charity,courrier international,france inter,médecins du monde,médecins sans frontières« Ils voulaient juste être libres ». La page de France Inter fait un nécessaire rappel historique, et résume l’enjeu humain, politique et éthique, d’un échec international : une solidarité minimale rendue impossible par les stratégies de pouvoirs dictatoriaux (Assad, Poutine et son veto répété à l’ONU, dictateurs auxquels ajouter l’alliance de l’Iran et du Hezbollah). Stratégies appuyées par une intensive action de propagande sur des sites qui se présentent comme des alternatives à la presse « traditionnelle », « officielle », « principale », ou « mainstream » (ils adorent ce terme. Sites complotistes. Sites russes en langues (RT, Sputnik, etc.), animés, comme des pages et des commentaires sur les réseaux sociaux, par une armée d’intervenants payés pour ça. Ce qui est effrayant c’est de voir des gens relayer cela sans prendre le temps de confronter ces affirmations à des sources autres, et de consulter les rubriques pour voir qui est soutenu par ces sites (les extrêmes droites, fréquemment, les négationnistes, à l’occasion). Dans le cas de la Syrie, on voit des internautes préférer croire la parole des manipulateurs et ne pas écouter celle des premiers intéressés, les Syriens démocrates, ou d’intervenants impliqués dans l’aide et les secours (ONG qui font leurs constats sur place - y compris au péril de leur vie - et ont leurs réseaux de contacts pour recevoir des informations : Médecins du monde, Médecins sans frontières, Amnesty, RSF, Syria Charity, Casques blancs…)… https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopoli... 

Même analyse, « La mort de l’humanisme », Courrier international (source Al-Hayat, La Vie, Londres, journal des intellectuels arabes libéraux) : http://www.courrierinternational.com/article/syrie-alep-l... 

« Je pense à la Syrie et je me mets à pleurer ». Entretien (passionnant) avec l’historien syrien Farouk Mardam-Bey, décembre 2014, Orient XXI. propos recueillis par Sylvain Cypel. On comprend autrement… Voir sa conclusion, notamment, sur ce qui limite la solidarité internationale… http://orientxxi.info/magazine/je-pense-a-la-syrie-et-je-... 

Même site, Orient XXI (France) mais éditorial du 10 décembre 2016. "Requiem pour la Syrie" (analyse géopolitique)… http://orientxxi.info/magazine/requiem-pour-la-syrie,1621

« Ma déshumanisation », chronique de Rania Raad Tawk, L’Orient Le Jour, Beyrouth. Sur Alep, la télévision, notre regard, l’impuissance… http://www.lorientlejour.com/article/1024514/ma-deshumani... 

...

Pour contredire le discours du pouvoir syrien sur la "lutte" contre le terrorisme... cet article... "Comment nous avons créé l'état islamique...", par un homme du pouvoir syrien... http://www.atlantico.fr/decryptage/confessions-choc-homme...

Pour poser des questions utiles sur les réseaux d'influence de Poutine en France, dont proches de candidats à la présidentielle, dommage que ce ne soit pas lisible en ligne, sauf inscription pour lecture numérique sur le site... Un dossier très documenté sur les soutiens de Poutine, les alliances intéressées diversement, et même (d'après une source des renseignements français), des faux diplomates vrais espions, et agents français séduits par Poutine... Article du JDD du 11 décembre, "Kremlin sur Seine"... http://www.lejdd.fr 

Lettre du Liban, Courrier international, source L'Orient-Le-Jour, Beyrouth, "Pourquoi François Fillon a tout faux sur la Syrie"... http://www.courrierinternational.com/article/lettre-ouver...

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MISE à JOUR 16-12-16, Libération du 16-12-16,  … « Notre barbare », éditorial de Laurent Joffrin, qui rappelle le cynisme qui fut celui des USA soutenant les dictateurs d’Amérique du Sud en pensant que cela servirait le combat contre le communisme de l’URSS (« «Ce sont des barbares mais ce sont les nôtres.»). Et il insiste sur le fait que le même argument est utilisé avec Assad (protection du régime dictatorial censée aider la lutte contre le terrorisme, alors que le pouvoir syrien s’est servi des terroristes et du terrorisme contre les opposants).  « On parle à Poutine. Mais c’est parler à un sourd volontaire, qui poursuit implacablement son entreprise de retour sur le théâtre moyen-oriental pour flatter le nationalisme grand-russe dont il se nourrit. Telle est la réalité des faits, dégagée des artifices de la désinformation dont nous faisons ici justice. Soutenir Al-Assad, ce n’est pas lutter contre le terrorisme. C’est conforter un tyran qui se sert du terrorisme comme repoussoir pour se maintenir au pouvoir. Alors que seule une solution politique sans Al-Assad aurait permis de trouver une issue acceptable à cette guerre qui finit par déshonorer la conscience internationale. »... http://www.liberation.fr/planete/2016/12/16/notre-barbare... 

Dans le même numéro de Libération un dossier ("Faux et usage de faux") décrypte les désinformations diverses qui circulent (principalement celles de ceux qui ont le plus de pouvoir pour les diffuser, Syrie et Russie : sites russes en langues, vidéos trompeuses etc.). Sur les opposants, sur la « lutte » contre l’EI (pas à Alep), sur l’apparente liesse des civils à la « libération » d’Alep, sur la soi-disant protection des chrétiens syriens (quand la représentante de « Syriens chrétiens pour la paix », Samira Moubayed, explique le contraire)… Informations grâce aux échanges avec d'anciens contacts vivant à Alep, aux sources fondées sur le travail d'agences de presse internationales (qui ont des correspondants locaux), et aux enquêtes sur le terrain d'organismes spécialisés comme "L'Institute for the Study of War" et le think tank "Atlantic council". http://www.liberation.fr/planete/2016/12/16/alep-faux-et-... 

Sur la propagande russe en France, Libération, 16-12-16, « Russia Today et Sputnik, les voix de Moscou ». Citations : « Ces outils de «soft power» peu subtils relaient la propagande russe en France via Facebook ou YouTube. Et bientôt à la télé.  /  D’un côté, RT France (pour Russia Today France) : 245 000 abonnés sur Facebook, 83 000 sur Periscope et 25 millions de vidéos vues sur YouTube. De l’autre, Sputnik : 262 000 suiveurs sur Facebook pour la version hexagonale et 33 000 sur Twitter. Les deux médias, directement liés à l’Etat russe, sont les relais les plus puissants de la guerre de l’information déclenchée par Moscou. Elle est telle que, fin novembre, le Parlement européen a adopté une résolution s’alarmant de la campagne d’intoxication orchestrée par le Kremlin. Proches des partisans français de Vladimir Poutine, dont le Front national qu’ils suivent d’un œil très favorable, RT France et Sputnik ne produisent que des articles allant dans le sens de la ligne politique et diplomatique édictée par la Russie. »… http://www.liberation.fr/planete/2016/12/16/russia-today-... 

Même constat, Le Figaro, "Comment Vladimir Poutine pousse ses pions sur le vieux continent et en France", 15-12-16… http://www.lefigaro.fr/international/2016/12/15/01003-201... 

........

En Une, sur le site d’Amnesty France, les infos les plus récentes et les actions solidaires (divers lieux). En allant dans le menu (en haut à gauche) et en cliquant ensuite sur « Actualités » on trouvera un dossier sur la Syrie... https://www.amnesty.fr

Il est utile de consulter aussi Amnesty Belgique, car l’accent peut être mis sur autre chose, et tout se complète. .. https://www.amnesty.be 

Le site général d’Amnesty international (amnesty.org/fr, en français) comporte des dossiers par pays… (En haut, voir « pays », puis ensuite, au-dessous de la photo la liste alphabétique permet de rechercher le pays sur lequel on cherche une info…

Page SYRIE, sur le site d'Amnestyhttps://www.amnesty.org/fr/countries/middle-east-and-nort... 

DOSSIER Amnesty sur ALEP… https://www.amnesty.fr/dossiers/situation-a-alep?utm_medi...

Sur CARE… http://www.carefrance.org/actualite/communique-presse-new...

Dossier Syrie sur Human rights watch, hrw.org/fr  : https://www.hrw.org/fr/middle-east/n-africa/syria 

Et sur Reporters sans frontièreshttps://rsf.org/fr/syrie

AIDER… Toutes les associations (ci-dessus, ci-dessous) peuvent recevoir des dons (même peu, multiplié par le nombre de donateurs… c’est efficace). On peut adhérer à certaines… 

Syria Charity (aide médicale, secours porté aux enfants, parrainages). Infos sur les actions et vidéos (montrer la réalité)… 19 av. d’Italie, 75013, Paris / E-mail... contact@syriacharity.org   SITE...https://www.syriacharity.org PAGE Facebookhttps://www.facebook.com/ong.syriacharity 

... La Défense civile, les Casques blancs syriensSITE (en anglais) : http://www.syriacivildefense.org    

L’Express, qui résume action, soutiens financiers (plusieurs pays), difficultés… http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orien... 

Courrier international (source Milliyet, Istanbul), « Les Casques blancs, héros ordinaires de la guerre civile » : http://www.courrierinternational.com/article/syrie-les-ca... 

Fiche wikipediahttp://www.syriacivildefense.org 

...

Voir aussi les sites de MSF : http://www.msf.fr et Mdm : http://www.medecinsdumonde.org/fr 

(plusieurs liens précis dans la note précédente sur la pétition de Médecins du monde).

ALEP. PÉTITION, Médecins du monde…

mms_img1025649181.jpg(Constat - et appel - venant non de méchants propagandistes - comme voudraient le faire croire des sites complotistes ou des alliés d’Assad/Poutine, Khameini/Rohani, et du Hezbollah) mais des acteurs de terrain qui savent ce qu’ils voient…).

Réagir devant les crimes contre l’humanité, ou perdre la nôtre… 

PÉTITION... « Si nous n’agissons pas, il ne restera bientôt à Alep que les cadavres de ses habitants qui n’auront pas pu fuir, pas pu se protéger. Alors qu’ils font l’objet d’un siège odieux, les quartiers Est de la ville subissent des bombardements incessants, tellement puissants et dévastateurs que la ville toute entière tremble et qu’il ne restera bientôt plus que des ruines dans la partie orientale jadis peuplée de 3 millions d’habitants. Aucun compte n’est tenu des populations civiles qui seront massacrées tant que les rebelles tiendront ces zones. Le régime et ses alliés russes veulent à tout prix, au sol comme dans les airs, gagner cette guerre par la violence des armes, quitte à commettre des crimes de guerre au mépris d’une communauté internationale impuissante. »... http://www.medecinsdumonde.org/fr/pays/moyen-orient/petit... 

Un ultimatum humanitaire… http://www.medecinsdumonde.org/fr/actualites/syrie/2016/1...

Page de Médecins sans frontières sur le bombardement d’hôpitaux, tuant patients et médecins (MSF avait condamné de même le bombardement d’un hôpital du Yémen par l’Arabie saoudite)… « En Syrie, se cacher pour continuer à soigner »… http://www.msf.fr/actualite/articles/en-syrie-se-cacher-c...

Et dossier MSF sur la Syrie (historique, chiffres, précisions)… http://www.msf.fr/pays/syrie 

WebDoc MSF, cinq ans de guerre civile. « La terreur et l’exil / Cinq ans de guerre, cinq ans d’exode ». Passer l’intro… http://syria.msf.fr/?_ga=1.241951680.318578854.1481779953... syrie 2.jpg

15/12/2016

ALEP...!!! Solidarité à Paris

syrie 3.jpgALEP... Rassemblement important à Paris ce mercredi soir. Syriens démocrates exilés, et Parisiens... Plusieurs centaines de personnes. Pour dénoncer l'horreur des massacres et les désinformations diffusées par Assad et Poutine (dont le veto bloque, chaque fois, toute solution de paix). Les slogans mettaient en question les différents agresseurs (Assad, Poutine, Khamenei/Rohani - l’Iran a fait échouer la dernière tentative d’accord - et le Hezbollah) et la propagande. Non Daech n'est plus à Alep, mais ailleurs. Restent des opposants et de nombreux civils.

syrie.jpgCrimes contre l'humanité perpétrés par des milices iraniennes, le Hezbollah, l'armée d'Assad et de Poutine. La vérité n'est pas du côté des dictateurs... 


mms_img-2012735727.jpgJ'ai pris plusieurs photos de ce moment de solidarité… (Comme d'autres, avec l'intention de témoigner...).


Insupportable, l’impuissance.

Regrettable, l'absence, dans ce rassemblement, de candidats à la présidentielle. Plus grave, ceci dit, le silence de trois d'entre eux (donc soutien indirect des pouvoirs criminels, par adhésion relative aux discours de Poutine) : Fillon, Mélenchon et Le Pen... Drôle de trio. Les autres ont tous réagi contre ces massacres, dans des déclarations, posts et tweets. Comme le Président.

syrie 5.jpgsyrie 2.jpgInsupportable, la propagande... Celle des dictateurs impliqués et de leurs alliés, complices, celle des sites, le plus souvent complotistes, qui les soutiennent, ou d’associations ayant des intérêts idéologiques ou autres motivant ce soutien…

mms_img1025649181.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Occasion de rappeler le film « Eau argentée »,  le documentaire d’Ossama Mohammed et Wiam Simav Bedirxan, décembre 2014. Fiche complète, sur AlloCiné (dont bande-annonce et critiques)… Lien ci-dessous... http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=228417.html 


Eau argentée
, vidéo, Youtube… https://www.youtube.com/watch?v=baf7wzxWFqk&feature=p...

mms_img-2117734554.jpg...... Note qui suivra, informations sur la tragédie syrienne, s’appuyant sur des sources diverses, presse et ONG.

mms_img920415043.jpg...... Et, note à part, pour qu’elle ne se perde pas dans le flot des liens, qui reprendra la pétition de Médecins du monde, posée ci-dessous… en y ajoutant les dossiers de MdM et MSF, Médecins sans frontières (dont un WebDoc sur cinq ans de guerre et d’exode).

 

PÉTITION... http://www.medecinsdumonde.org/fr/pays/moyen-orient/petit...

15/11/2016

13-11..."Fluctuat nec mergitur". Ne pas sombrer, c'est aussi parler, témoigner...

BD Bataclan.jpg« La pluie de demain lavera les taches mais il restera toujours quelque chose dans nos âmes. »

Sting (Fragile)

« Nous sommes ceux qui restent, suivis par une ombre, tous unis par une même idée : ne pas nous laisser tuer deux fois. »

Antoine Leiris (auteur de « Vous n’aurez pas ma haine »)

...

PAS HAINE.jpgNe pas sombrer, c’est le défi des survivants des attentats. Et chacun trouve la manière de forger sa résistance, de remettre les pas dans la vie, de reconstruire son rapport aux autres, tant avec ceux qui sont directement concernés, victimes ou endeuillés, qu’avec ceux qui ne peuvent pas complètement comprendre, entendre la parole de douleur, le traumatisme gravissime. Choix entre se taire, ou parler. Parole de partage et parole thérapeutique. Solidarité.

Bien sûr, il y a des expériences différentes. Quand la colère domine, et quand la haine affleure, dont il faut réprimer les mots pour ne pas heurter - comme le dit de lui un survivant du Bataclan (dossier de Libération daté 12-13/11, riche de plusieurs témoignages différents) : père de famille qui s’est, de plus, heurté à des rigidités diverses (indemnisation problématique, incompréhensions de la situation scolaire de ses enfants par des acteurs de l’éducation nationale, dans la méconnaissance troublante de ce que sont les traumatismes graves et leurs effets). 

Beaucoup de témoignages sont le signe, le plus souvent, d’une force vitale renforcée : ne pas laisser les assassins gagner aussi contre l’esprit et le temps. 

Refus de la haine, comme l’a exprimé pour tous Antoine Leiris dans sa lettre spontanée, celle qui a jailli dans la proximité de la douleur la plus grande, et dans la conscience de tout ce qu’il fallait préserver pour son enfant… « Vous n’aurez pas ma haine »…  https://www.facebook.com/antoine.leiris/posts/10154457849... 

Cette lettre est devenue un livre, pour aller au plus loin du message… http://www.fayard.fr/vous-naurez-pas-ma-haine-9782213701295 

Et un documentaire a été créé par Antoine Leiris, qui donne la parole à ceux qui ont vécu la même tragédie…   (Rediffusé le 3-12, France 5, minuit)… http://www.france5.fr/emission/vous-naurez-pas-ma-haine 

« Alice et Aristide » est un documentaire de Laetitia Krupa, qui raconte le parcours du rugbyman Aristide Barraud et de sa soeur, survivants tous les deux (il est passé très près de la mort, et en le sachant). Le corps, la douleur, le doute, la peur, le courage, et le désir de rejouer, donc de vaincre tous les obstacles physiques. Pour soi, et pour les autres : être pour autrui ce que d’autres ont été pour lui, des repères de courage, de ténacité devant l’adversité. Et revenir sur le terrain pour tous ceux qui sont morts. Alice, aussi, accepte d’attendre mais pas de ne plus faire ce qu’elle aime, artiste du corps. Et elle va revenir à la vie du cirque… Ne pas renoncer, jamais…. (« On n’a pas choisi ce qui nous arrive, mais on va choisir ce qu’on va en faire», a dit Aristide, pour sa soeur et lui). A voir… http://www.lequipe.fr/Medias/Actualites/-alice-et-aristid... 

« Mon Bataclan » est une bande dessinée de Fred Dewilde, qui fait le récit de son cauchemar de survivant. Le dessinateur se libère ainsi de l’obsession des images : il les transcrit et s’en délivre… http://www.lemieux-editeur.fr/Fred-Dewilde-sortir-du-Bata... 

Voir aussi des vignettes sur L’Express… http://www.lexpress.fr/actualite/societe/en-images-un-sur... 

Trouver la manière de dire c’est trouver (ou retrouver) la matière, sa matière : les pages pour des mots, les crayons pour dessiner, la voix et l’instrument pour le chant, le corps pour la danse ou le sport de compétition, ou les gestes du quotidien d’un travail retrouvé. Je pense à une agricultrice vue dans un reportage, et qui disait « Ils sèment la mort, moi je sème des graines ». 

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L’anniversaire commémoré m’a fait revoir les visages, photographies dans les journaux, souvenir du choc d’alors. Ainsi ceux de La Belle Équipe. Et lire ou écouter les entretiens. La Belle Équipe, le Bataclan, le Stade, les autres lieux. Penser au présent de ceux qui poursuivent, marqués mais là. Attentive aux mots de Noumouké Sidibé, le chef de sécurité du Bataclan, toujours en arrêt, blessé par les soupçons du chanteur du groupe Eagles of Death Metal, blessé par les méconnaissances, et préoccupé par le risque de bascule dans le terrorisme de jeunes qu’on pourrait sauver de cela.

Commémorations, donc (Nice, Paris…). Elles ont été critiquées par certains commentateurs, (trop ceci, pas assez cela) mais les victimes les désiraient et disent en avoir tiré un apaisement. Comme Ali Charrihi, dont la mère, Fatima, est morte à Nice le 14 juillet. L’hommage rendu est pour lui un signe fort : « La nation entière va honorer ma mère » (cité dans un article du Parisien du 15 octobre). Sa réaction à lui est de décider de s’engager auprès de Latifa Ibn Ziaten, mère d’une victime de Mohamed Merah. Lutter contre les radicalisations, tenter de prévenir.

Ondes de choc… Le temps des secousses dure plus qu’on ne peut croire. Ainsi Nicole Guiraud, victime d’un attentat, enfant, pendant la guerre d’Algérie (le Milk Bar, Alger) le dit dans une lettre ouverte à Zohra Drif.  (Zohra Drif avait posé la bombe visant des civils dans un bar recevant des enfants, d’où son nom, et a réagi récemment, agressivement, à la déclaration du père d’une victime du Bataclan qui parlait de terrorisme dans ce cas précis - puisque le terrorisme est défini par le fait d’attaquer des civils, dont des enfants). Nicole Guiraud la désigne comme son bourreau, car les séquelles de son amputation d’un bras demeurent (douleurs, soins). Plasticienne, elle est aussi privée d’une main pour créer. La mémoire du terrorisme elle la retrouve chaque matin. 

Comme doivent la retrouver des personnes en Algérie, victimes des attentats de la décennie noire. (Et le Milk Bar a encore, alors, été visé…). Nicole Guiraud, comme Danielle Chich, a refusé la haine (au contraire, elle a participé à des actions fraternelles de liens entre les rives). Mais elle a fait de la lutte contre le terrorisme son engagement principal, y compris par la création (comme dans son exposition « Survivre »), ou le partage avec des artistes algériennes (comme lors d’une exposition à trois en Allemagne, à Berlin.).

Ondes de choc… autour. Nous, individuellement, et nous, collectivement.

Le risque des fractures intensifiées, sur lesquelles les extrémistes tirent pour les accentuer. 

…Que ce soient les stratèges de l’islamisme, jouant sur la victimisation (inversant les rôles) et glissant petit à petit leurs codes rigides, qui veulent emprisonner les êtres corps et âmes, et les femmes d’abord. Manipulation et taqiya (avancer masqués). 

…Que ce soient les partis d’extrême droite, racistes, et leurs alliés, dédiabolisés ou pas, ou le fatras des complotistes et antisémites.. 

Une réponse est l’écran construit contre les haines diverses, les peurs, les ignorances. 

..Se méfier des obsédés qui pensent tout à travers le filtre de la peur de l’islam (confondant musulmans et islamistes). 

..Se méfier des idéologues complaisants qui se font complice des manipulateurs, par bêtise, conviction, intérêt. Les idiots utiles. A l'inverse de cela, Abdennour Bidar met l'accent sur la fraternité, sans négliger la lutte contre les intégrismes mensongers, et il développe un mouvement de citoyens... https://www.fraternite-generale.fr 

Résister.

Mais résister ne peut faire l’économie d’une vigilance concertée et totale pour débusquer les pièges des totalitarismes concurrents. 

..Soutenir IkhwanInfo (Mohamed Louizi, Soufiane Zitouni, Caroline Fourest, Antoine Sfeir, etc.…)… http://www.ikhwan.whoswho  

..Soutenir les messagers d’un islam du respect, de haute spiritualité humaniste, comme Planète soufie…http://www.aktab.ma/veille/  ou Fondation conscience soufie… http://conscience-soufie.com 

..Faire passer le message aux politiques, contre le clientélisme aveugle et la diplomatie de complaisance. 

..Soutenir les associations qui luttent contre le racisme et les confusions (liste Agir, marge gauche… ici).

26/05/2016

KOBANÉ... Cri, chant, plainte et mort.

KURDES.jpgPlainte pour le peuple kurde, ce chant écouté il y a plusieurs jours, reste dans ma mémoire. Solidarité minimale que cette écoute, ce partage… 

Lamentation pour KOBANÊ (sous-titres en français). Viyan Peyman (barde et combattante) est décédée depuis… Et sa voix demeure, cri tragique... https://www.youtube.com/watch?v=V2TLtyiwRoI&feature=p... 

KOBANÉ, ville frontière (Turquie-Syrie) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kobané

Comme elle, de nombreuses femmes sont engagées pour la survie de leur peuple http://television.telerama.fr/television/kurdistan-la-gue... 

Pour mémoire :

Juin 2015, massacre des habitants de Kobané par les djihadistes de l’Ei)... http://www.lexpress.fr/actualite/syrie-les-djihadistes-d-... 

Juillet 2015, bombardements turcs sur Kobané : « Ankara poursuit sa campagne de bombardements en Irak et en Syrie, visant pour la première fois les Kurdes de Kobané. Dans un communiqué, les Unités de protection du peuple (YPG), la force militaire kurde de Kobane, ont exhorté ce matin la Turquie à cesser son ‘agression’.»... http://www.rfi.fr/moyen-orient/2min/20150727-turquie-offe...

INFOS récentes (une autre ville, mais toujours les Kurdes, pris entre deux feux, pouvoir syrien et djihadistes…).
KURDES du sud-est… Habitants de la ville de SUR, victimes de l’AKP : « Après le génocide des populations, voici donc le génocide culturel. Il y a un siècle, les Arméniens étaient les cibles. C'est désormais la population kurde du coeur historique de Diyarbakir (au moins 24 000 personnes) qui a été expulsée manu militari de ses habitations (quand elle n'a pas été pilonnée sur place). Ce serait en tout 500 000 Kurdes qui auraient été déplacés en-dehors des différentes villes kurdes du sud-est de la Turquie. Des centaines de civils auraient été tués selon plusieurs ONG. »... SUR, mai 2016 : http://www.collectifvan.org/article.php?r=0&id=93825

Offensive pour libérer Raqqa : http://fr.euronews.com/2016/05/24/syrie-les-milices-kurde... 

...

Histoire. Les Kurdes sur Hérodote : https://www.herodote.net/Les_Kurdes-synthese-2054.php 

LIVRE : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogu... 

18/12/2015

POÈME POUR DIRE… SOUTIEN, suite. "Litanie pour juillet plusieurs fois, plusieurs fois tous les temps…"

mms_img-2007196497.jpg((SOMMAIRE : photographie (cristal des mots, éclair lucide…), dédicace, exergues, poème))

Dédicace. Aux victimes de la terreur, quelles que soient les formes, le lieu, et le moment. Refus, pour soi, pour eux. Résister c’est dire. Et particulièrement, dédicace offerte à Ahsraf Ayad, condamné en Arabie saoudite, à Mohammed Al Ajami, prisonnier au Qatar, à tous ceux qui souffrent, dans ces deux pays, de nos silences complices. Message, pour les êtres du 13-11-15 à Paris et hors de Paris, les morts et les vivants. Offert, ce poème, écrit d’abord dans la pensée d’autres drames, et repris encore et encore, à chaque blessure rappelée, en écho questionnant. Que faire des plaies du monde? Que faire des noirceurs qui nous tendent ce miroir effrayant de notre humanité?

.......... Et j’ajoute (25 février 2016), aux lignes antérieures, l’offre de cette dédicace à Kamel Daoud, grande plume algérienne, qui subit le lynchage de ceux qui se mettent du côté de la bêtise, par ignorance doublée d’hypocrisie idéologique, avec la complaisance d’esprits paresseux, ou de stratèges aveugles… (Voir les notes des 16 et 21 février, mises à jour depuis).

…………………..

Litanie pour juillet plusieurs fois, plusieurs fois tous les temps…

"Tout ce que nos yeux ont vu et que l’esprit ne parvient pas à comprendre."  Margherita Guidacci  (Inventaire du massacre / L’horloge de Bologne) 

"La vie additionne. La mort soustrait." Edmond Jabès  (Le petit livre de la subversion hors de soupçon) 

"J’atteste qu’il n’y a d’Être humain / que Celui qui combat sans relâche la Haine / en lui et autour de lui." Abdellatif Laâbi, 10 janvier 2015 (J’atteste / contre la barbarie) 

"Il y a de grandes flaques de sang sur le monde / où s’en va-t-il tout ce sang répandu." Jacques Prévert (Chanson dans le sang / Paroles)

………..

Aujourd’hui je ne me souviens pas. Je ne me souviens pas d’hier, seulement du plus lointain de la mémoire, d’une pluie de sable, d’une pluie d’instants. 

Nuages. Comme brouillard sur l’écran des yeux. Très douce la parole du passé, très douce.

Douce et violente de la violence des exils, douce de la déchirure des langues, douce du froissement du papier de soie autour du texte offert par l’étrangère, en cette intime voix du dedans.

Amnésie. Bouffée de rires sur fond d’horreur ultime.

Aujourd’hui on lapide une femme, aujourd’hui on lapide un couple. Je ne me souviens pas, je rampe. Dans le présent je rampe, et mange l’orchidée noire.

Aujourd’hui on jette un homme et son oeuvre au feu du mépris, au destin de mort. Poète, on a peur de l’éclair lucide de tes mots, peur des yeux et du corps vivant. On craint la contagion d’esprit, la source intime de pensée, l’invasion de multiples « je » libres. Consciences sans dieux, ou consciences mystiques, on a peur des braises du vent qui chante.

Litanie de dates, litanie de noms, oubliés de mars et juillet, oubliés de janvier et novembre. Oubliés d’avant et après mars et juillet. Massacres et génocides, bombes et pierres, fleuves obsédants d’octobre noir. Je ne me souviens pas, je rampe : bombes, couleurs d’artificiers, disparus.

Disparus, bouches hantées, tendresses ravagées, identités lacérées, juillet désert, été désert, automne sidéré, hiver brûlant d’effroi. Enfant aux yeux aveuglés.

Aujourd’hui on censure un livre, on déchire un poème, on interdit un film, on arrête un blogueur : je ne me souviens pas. Otages, je ne me souviens plus…

Je ne me souviens plus, je danse. Je danse sur des cadavres, je marche sur des charniers, j’habite des immondices mémoriels, je dors sur de la cendre. Et douce, douce, est la cendre.

Soleil je bois, en coulées d’averses. Non, je ne bois pas l’or, soleil, je cherche l’ombre qui brûle. Je la chante, sanglant oublieux, je la cherche.

Yeux mats, papier journal en terrasse d’ocre toit, ou fond de cour au figuier, oui. Je froisse la feuille des nouvelles, je déchire la photographie, j’oublie que je me souviens. Alors je ne me souviens pas.

Morte rive, amante desséchée, l’eau n’a pas le bleu qu’il faut, l’eau s’enfuit en abysse en faux bleu, en rigole.

Gargoulette fantasmatique, inutile de tendre les lèvres vers une image, ou de poser les paumes sur un souvenir de fraîcheur, la soif reste, et les mots, dans l’incandescence des mains. De ne pas savoir je me souviens.

Aujourd’hui on emprisonne encore une femme, pour crime de pensée, on fait de sa porte la clé d’une cellule, de sa fenêtre le miroir clos de leurs peurs. Et je ne me souviens pas, je danse, sur la cendre je danse, sur nos douleurs je danse.

Mystère des arbres : je pose la main, je pose les pieds, j’arrête le silence. Je ne sais. Ni le soldat enlevé, ni l’enfant assassiné, ni les rêves de joie, ni les gouttes de rosée sur la fleur du temps. Ni même les murs.

Non, je ne sais plus rien, je suis là, j’existe. Devoir de mémoire. Devoir de bonheur, je laisse la mort hanter le papier journal, le temps de ma récréation cosmique, de mes contemplations de galaxies, de mes tendresses.

Mais je me souviens du bruit, j’écoute les mots. Je me souviens de la voix, j’écoute le souffle, la musique. Violons de Rostropovitch et Menuhin contre les mirages des armes, luth de Raymond, tambour du chaman, voix du blues, danse soufie. Contre l’illusion kamikaze.

Je ne parle pas du sang : j’ai oublié le sang. Je ne parle pas des noms : cela j’ai oublié. Je ne parle que du reste : l’oubli même.

Oui, trace, poudre, silence du bois, silence de la pierre. Petits cailloux de quartz de Saint-Augustin : en lécher le goût, pacifier l’olivier, le parfum.

Sidi Yahia des frontières, oasis de quelqu’un d’autre, qui ne reconnaît que le nom et cherche pourtant des yeux les sages. De cela est-ce que je me souviens ? 

Naissance frontière, autre rive. Quelqu’un sait-il encore quelle rue ou quel chant ? 

Je ne me souviens pas des noms, je ne sais plus les rues. Aujourd’hui je perds cette langue.

Musicien perdu, de Thagaste en Ardenne, quels sons, quelles lettres ? Seulement un écho bruissant du vide, de ne pas savoir faire.

Clandestine migration, Grenade ne se souvient plus des noms, Alicante a perdu les visages, Valence tous les prénoms, Almeria les sons, Alger les tombes, Oujda le vent, Marseille l’accent, Montréal les adresses. Il n’y a que Paris, la mer, et l’olivier, qui sachent encore rejoindre les pas, faire soleil de l’ombre. 

L’acacia, peut-être, Camargue…

Je ne me souviens pas des pères et des mères, et je ne me souviens pas des enfants des pères et des mères. Juste des litanies de foules sur des routes vagues. Distraite de moi-même je ne sais plus les visages successifs enfouis derrière mes yeux, je ne sais plus la caresse du temps.

Je ne me souviens pas de ne faire que me souvenir. Devant une feuille et un crayon je me souviens de la trace malgré le soir, de la fatigue des ensommeillés, d’hypocrites menteurs qui déguisent mes pieds, de colères à écrire. Pour délivrer l’âme d’encombrantes lenteurs je me souviens de la rebelle solitude heureuse, d’un tapis où s’asseoir. Ici l’urgence de dire et la force du présent dans la douceur tiède des rues, des mains. Vers un ailleurs qui sait, lointain rivage.

Buscar. Buscar la luz. 

L’étrangère aussi, en soi sait peut-être… Elle.

© MC San Juan (Texte et photographie)

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16/12/2015

Ashraf FAYAD, POÈTE condamné en Arabie saoudite…

mms_img890865515.jpgmms_img-1046065589.jpg………………………………………………………………………………………………….

« Le vent est un être invisible

même quand il danse

avec les arbres »  (Logique)

« La terre

cet enfer apprêté pour… les réfugiés »  (Amnistie)

« La perte de l'âme exige un temps qui ne suffira pas

Pour consoler tes yeux effrayés de ce qu’ils ont coulé comme pétrole »  (Du mérite du pétrole sur le sang)

« Dieu sur son trône

Et tu essaies maintenant

de réparer tes ailes »  (Corbeau volant sur deux bâtons)

Ahsraf Fayad / ‘Instructions internes’ (recueil, 2007, éd. Dar al Farabi, Beyrouth/Liban). Poèmes traduits par Abdellatif Laâbi (Plusieurs poèmes sont sur le site du Marché de la Poésie : http://poesie.evous.fr  ou sur celui du Printemps des poètes : http://www.printempsdespoetes.com

...

PÉTITIONS de soutien... SUR CHANGE.ORG https://www.change.org/p/sauvons-le-poète-palestinien-ash...

Et... AMNESTY INTERNATIONALhttp://www.amnesty.be/je-veux-agir/agir-en-ligne/signer-e...

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... MISE à JOUR, 14-01-2016... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2016/01/14/so... 

14/12/2015

SOLIDARITÉ. Soirée pour ASHRAF FAYAD, poète palestinien condamné à mort en Arabie saoudite. Maison de la Poésie, Paris, le 14-12, 20h.

POETE.jpgAPPEL de la Maison de la Poésie : « Le poète palestinien Fayad Ashraf a été condamné à mort pour « apostasie » par des juges d’Arabie Saoudite. / Il est lui est notamment reproché d’avoir publié un recueil de poèmes en 2007, « Instructions internes », qui contiendrait des poèmes athées. (Cette condamnation à mort intervient après une première condamnation à quatre ans de prison et 800 coups de fouets). / Des poètes français et arabes liront des poèmes de Fayad Ashraf, ainsi que des poèmes en rapport avec le sujet. Le même jour, à l’invitation du Mouvement mondial des poètes, d’autres manifestations semblables se tiendront dans d’autres villes en différentes régions du monde. / Soirée organisée par La Biennale Internationale des poètes en Val de Marne, le Pen Club français et le Printemps des Poètesavec le soutien de la SGDL (Société des Gens de Lettres), de l’Union des poètes,du WPM (mouvement mondial des poètes).» LIEN : http://www.maisondelapoesieparis.com/events/sauvons-fayad...

Pour rappel des infos, note Trames nomade du 24-11-15 http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/11/24/as... 

Mise à jour, 14-01-2016http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2016/01/14/so... 

04/12/2015

"Frères et soeurs d'infortune"... en rencontre profonde d'humanité essentielle

Ombre chaîne NUIT attentat.jpgJai lu ce texte d’abord dans Marianne du 4 décembre, rubrique Journal des lecteurs. Je le retrouve en ligne sur un blog. (Je l'introduis, avec, en exergue, cette photographie qui interroge nos chaînes, nos ombres, le refus des chaînes... Mais la capacité de voir l'ombre, et donc la lumière...).

Danielle Michel-Chich, née en Algérie, qui a perdu une jambe à cinq ans en 1956 lors de l’attentat du Milk Bar, écrit aux blessés du 13 novembre. Car, si on a pensé beaucoup aux morts, absence irréversible, douleur infinie des proches, demeurent les blessés, si nombreux, dont certains le sont très gravement, et on peut se douter que des corps seront irrémédiablement atteints. Danielle Michel-Chich sait, pour le vivre, qu’on ne peut pas oublier cette atteinte, toujours présente pour rappeler le fracas terrifiant de cet instant. Terrorisme alors, terrorisme encore. Terreur telle qu’elle sidère quelque chose en soi et dans l’entourage, proche ou moins proche : communauté, concitoyens, compatriotes, et tout simplement humains, qui, même très loin, ressentent l’effet du choc, partagent. Ce choc physique et psychique se prolonge longtemps, et c’est un travail sur soi qu’en défaire ce qui serait obstacle au fait de vivre, malgré et à cause de ça, plus, encore plus, ou, simplement, vivre. Comment réagir, comment penser, et comment ne pas s’enfermer dans la haine? Sachant plus que personne les pièges et les ressources de vie qu’on trouve en soi, qu’on décide de trouver en soi, Danielle Michel-Chich s’adresse à tous ceux qui sont directement meurtris. Meurtris ils le sont par le deuil, s’ils ont perdu un proche (parfois deux, ou plus). Ils le sont par l’inquiétude et la révolte devant la souffrance de ceux qu’ils aiment, encore hospitalisés ou revenus chez eux et suivis. Devant le saccage des corps et des liens par la folie de fanatiques. Ils peuvent l’être, aussi, meurtris, par la colère. Colère contre les assassins, colère contre ceux qui n’ont pas su empêcher cela, comme l’ont exprimé fortement des pères révoltés (pourquoi n’a-t-on pas fait avant ce qu’on fait maintenant? pourquoi n’a-t-on pas pris la mesure des failles?). De la souffrance à la haine, de la colère à la haine, le fil est ténu. Parfois cela submerge, même quand on s’y refuse. Mais cela nous détruit, la haine est une prison.

Danielle Michel-Chich leur dit comment elle a réagi, les ‘choix’ qu’elle a faits (se demandant - elle met un point d’interrogation - si ce sont des choix ou un instinct vital qui a coulé sans le décider). Elle a choisi la vie, la joie, l’implication. 

Et elle leur exprime un seul souhait : qu’ils puissent éviter l’écueil de la haine.

D’elle on peut entendre cela, d’autres ce serait différent. Elle parle du lieu du partage, fraternité de douleur, d’infortune (au sens fort : ce hasard tragique qui atteint dans un instant, et aurait pu ne pas atteindre). 

Elle a un autre message : même si elle reprend le mot ‘victimes’ au début de son texte, pour dire à qui elle s’adresse, elle précise à la fin qu’elle récuse ce mot (‘étiquette salement collante’). Mot qui est une autre prison, chape de plomb qui réduit une identité singulière en la figeant dans un moment et dans un rôle. Avec le risque d’être transformé en icône d’une vision. Idéologies qui veulent leurs martyrs pour les maintenir dans leurs filets, en prétextant parfois les protéger, les soutenir. 

Elle parle de réactions à son livre, sans jugement. Dans le contexte passionnel de la mémoire de la guerre d’Algérie, les projections sont encore importantes, tant les douleurs peuvent avoir été violentes, et tous n’ont pas les mêmes ressources pour se délivrer de la haine. Certains ont peut-être désiré d’elle un partage de haine qu’elle n’a jamais proposé. Elle dit seulement que la haine empêche d’avancer. (D’autres ont vécu des drames similaires, et refusé la haine - ainsi la plasticienne Nicole Guiraud, qui a failli mourir en 1956, au Milk Bar, petite fille, et a perdu un bras. Pas de haine non plus. Mais chaque être exprime à sa façon son choix de vie : écrire, créer, militer pour la fraternité, les uns, militer contre le terrorisme, les autres) .  

Voici donc le texte si dense et fort que Danielle Michel-Chich offre aux êtres blessés du 13 novembre (corps et âmes) : « A mes jeunes frères et soeurs d’infortune » : https://blogs.mediapart.fr/danielle-michel-chich/blog/231... 

Dans une chronique du Monde, le 1er décembre, Benoît Hopquin faisait l’éloge des 130 morts, jeunes, citoyens heureux d’une Babel. Ce qu’il dit d’eux on peut le reprendre pour les vivants, les blessés, les meurtris, qui vont se reconstruire : « Ils étaient pioupious de la liesse, sentinelles du vivre-ensemble, artificiers de l’amitié, balançant encore leurs salves de rires, juste avant le drame. » Ils le seront encore, même si, comme le dit Danielle Michel-Chich, il leur faudra beaucoup de courage. Lien : http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/11/30/morts-au... 

Le processus  de reconstruction de soi et de sa vie, c’est un peu le prolongement de ce que raconte ce couple de survivants, Caroline Dos Santos et Julien Boudot : « S’extraire de l’horreur » cela va continuer...  « S’extraire de l’horreur. Hébétés, ahuris, encore dans l’épouvante. Et courir dans la nuit. Survivants! Chercher désespérément un taxi au milieu des sirènes. Et se serrer l’un contre l’autre tandis que la voiture file sur les berges de la Seine et s’éloigne de ce théâtre de guerre. Incrédules. Pleins de larmes et de frissons. Avec l’urgence de vivre. » (…) « J’oscille en permanence », dit Caroline (entre pleurs et rires). Propos recueillis par Annick Cojean : "Je t'aime, on ne doit pas mourir" Lire : http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/28... 

Humanité… Visages. Êtres émouvants, généreux. Et le mal, son mystère. Comment et pourquoi peut-on arriver à ne plus être capables de reconnaître en l’autre un visage, une conscience, un sujet? Humanisation et déshumanisation, disent Fabienne Brugère et Guillaume Le Blanc, philosophes, dans une tribune de La Croix du 1er décembre, "L'idée d'humanité" : « Dans toute société, il existe alors des processus d'humanisation portés par des valeurs et des processus de déshumanisation qui tiennent à la présence de la violence ou du mal. ‘Liberté, égalité, fraternité’  est une devise qui porte une idée de l'humanité, et qui doit s'incarner dans des processus d’humanisation… » (…) « Nous avons plus que jamais besoin de tenir ensemble, à la fois dans un même pays, mais aussi dans un univers mondialisé. Défendre les valeurs de l'humanité revient à ne pas faire des autres des ennemis, à ne pas oublier non plus l'ennemi intérieur. Le mal peut toujours être porté surtout s'il trouve les supports pour se déployer. » L’ennemi intérieur qui peut faire basculer un individu dans la folie meurtrière ou l’assassinat de masse. L’ennemi intérieur, tapi en soi, fait de rancoeurs, de ressassements, de haine plus ou moins consciente… Radicalité qui s’installe, fantasmes et théories du complot, fuite dans le jihadisme. Ou, autre radicalité jumelle, rejet de l’autre, xénophobie, projections. Le mal, qui s’insinue dans l’esprit, le langage, nourrit le meurtre dans tous les cas. Donc tentons de faire des valeurs les remparts au mal tapi dans l’ombre : http://www.la-croix.com/Archives/2015-12-01/FORUM.-L-idee...

26/11/2015

TUNISIE. Un CRI qu'il faut entendre...

tunisie,mabrouk soltani,nessim soltani,nessma news,état islamique,décapitation,crime,assassinat,terrorisme,misère,résistance,daouar slatniya,daech,leaders,leaders.comLe 13 novembre, l’horreur à Paris, massacre de masse. 

Le 13 novembre, l’horreur en Tunisie (Le Parisien situe le crime le 15, les autres sources le 13, mis ce n’est pas l’essentiel).

Tunisie, indépendamment des attentats précédents (Bardo) et suivants (la garde présidentielle), dans la solitude, un adolescent est massacré (après avoir été menacé), dans la plus grande solitude. Décapité. Et une famille, ravagée de douleur et de peur. Des gens dans la plus grande précarité, pas protégés, pas aidés. 

Il faut écouter ce que dit Nessim Soltani, et voir son visage, qui dit toute sa révolte désespérée, et force notre respect par sa lucidité extrême et son courage (car il résiste). Il a témoigné à la télévision, sur Nessma news.)

VIDEO. Sous-titrage en français sur la page youtube. Et cette légende : « Mabrouk Soltani a été décapité par les terroristes le 13 novembre 2015 dans un silence assourdissant des pouvoirs publics. » Son cousin témoigne : https://www.youtube.com/watch?v=-kxuIolboIc&sns=fb 

Il faut l'entendre. Car c'est à tous qu'il s'adresse. C’est terriblement triste. Son courage est aussi grand que sa colère et son désespoir. Pour lui aussi, nous devons lutter contre les causes de la terreur et contre la misère (et ses causes)… Que peut-on faire? Aider à partir (financements participatifs)? Non, il veut rester, résister, faire barrage aux terroristes qui sont dans la montagne. (Mais est-ce aux gens de son village de faire cela? Dans le dénuement et sans aide?) Aider la protection? Mais comment? Aider. Il faut trouver.

Ce témoignage est révélateur de la double stratégie des terroristes. 

Là ils veulent, par la terreur, faire fuir les gens d’un village, pour lesquels la montagne a une importance vitale (s’ils ne peuvent y aller ils n’ont plus les moyens de trouver de l’eau et de faire paître leurs animaux). Ainsi les terroristes veulent grignoter petit à petit un territoire. Autre réalité de ce ravage auquel les Tunisiens doivent eux aussi s’affronter. 

Mais ce jeune homme (qui regrette de n’avoir pas pu faire d’études et qui est fort intelligent) analyse aussi les faits autrement. Il explique que les menaces et manipulations ont pour autre but d’entraîner les gens, qu’ils savent démunis et mécontents (leur misère est immense). Ils veulent recruter : ils recrutent ou tuent celui qui refuse.

Autres informations

Emotion des Tunisiens en apprenant ce drame. (L’article parle du ‘frère’ du jeune assassiné, qui témoigne à la télévision, mais lui se désigne comme cousin). MétroNews, 19-11-15 . (« Cet acte ignoble relance en outre le sentiment d'abandon d'une région délaissée d'où était parti, fin 2010, le "Printemps arabe", après l'immolation d'un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi. Depuis la révolution, et malgré les avancées démocratiques dans le pays, la Tunisie est confrontée à une montée de l'islamisme radical et du terrorisme. ») : http://www.metronews.fr/info/emotion-en-tunisie-apres-la-... 

Article du Parisien, le 19-11-15 (la revendication n’a pas encore été faite…). Citations : « Ses assassins ont ensuite ordonné à son cousin Chokri, 14 ans, témoin de la scène, de ramener la tête enveloppée dans du plastique à la famille, selon des proches et le ministère de l’Intérieur. Lorsque Chokri arrive, couvert de sang, avec dans les bras son macabre fardeau, le choc est terrible à Daouar Slatniya, hameau situé au pied de la montagne. » (…) « A Daouar Slatniya, la mort de Mabrouk a ravivé le sentiment d'exclusion d'une région, celle du gouvernorat de Sidi Bouzid, où le vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s'était immolé par le feu le 17 décembre 2010, point de départ du "Printemps arabe". / Cinq ans plus tard, à la pauvreté et au chômage toujours croissants s'est ajoutée la menace djihadiste. / "Ici, nous vivons en dehors de l'Histoire. Coupés du monde", affirme à l'AFP Imed, 32 ans, un cousin de Mabrouk. Dans un témoignage poignant, Nessim, 20 ans, un autre cousin, a raconté sur Nessma la misère quotidienne. "Nous mangeons les plantes, ramenons l'eau de la montagne et aujourd'hui il y a les terroristes. Où vais-je boire? Je vais mourir soit de soif, soit de faim, soit de terrorisme", a-t-il clamé. "Pourquoi Mabrouk est mort? Parce qu'il vivait de la montagne", a poursuivi le jeune Tunisien, la gorge serrée. » : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/tunisie-co... 

Sur l’assassinat et les mensonges des terroristes au sujet du jeune berger. Jeune Afrique, 23-11-15. Citation : « Mabrouk Soltani, 16 ans, a été tué le 13 novembre sur le mont Mghilla, dans le centre-ouest de la Tunisie. Un groupe jihadiste se présentant comme Jund al-Khilafa a revendiqué son meurtre au nom de l’État islamique »)  http://www.jeuneafrique.com/280954/politique/tunisie-berg...

Sur la revendication. Jeune Afrique, 22/23-11 : http://www.jeuneafrique.com/280727/politique/tunisie-lass... 

Sur la revendication au nom de l’EI de la décapitation du jeune berger tunisien, RFI, 23-11-15 : http://www.rfi.fr/afrique/20151123-tunisie-decapitation-b...

Article, "Le cri d’alarme de Nessim Soltani", et les réponses à donner d’urgence. Par Mokhtar El Khlifi, Leaders/Opinions (Tunisie), 23-11-15  http://www.leaders.com.tn/article/18474-le-cri-d-alarme-d...

MISE à JOUR 29-11-15... puis 07-06-16. Collecte de dons lancée. Et réussie (aide concrète portée, pour un travail possible du jeune cousin qui aidera sa famille). Mais la situation reste très angoissante dans leur région (d'après les informations qui ont suivi, et qui ne sont pas étonnantes : le contexte général l'explique).

 

24/09/2015

Sauver Ali Mohammed Al-Nimr, jeune saoudien condamné à mort

Terrifiant. Dure reprise du blog, en commençant par un drame (loin d’être isolé, mais particulièrement choquant et bouleversant…). Plongée directe dans la nécessité de dire… (Le silence de blog, aussi, a sa nécessité, j’en ai fait une longue cure… tout en gardant quelques articles en réserve pour une revue de presse très sélective… et qui viendra).

La simple déclaration du président Hollande demandant la clémence en rappelant notre opposition à la peine de mort : nécessaire, mais insuffisante. Il faut un geste plus fort.  

Ci-dessous, des informations, et des actions : pétition officielle sur change.org (voir le lien ci-dessous), pétition sur Mes opinions (beaucoup de signatures), page Facebook dédiée, communiqués (Acat, ECPM, MPCT, Amnesty). Et pétitions d'Amnesty (Belgique), care sur thepetitionsite, Reprieve, Cyberacteurs...    

Libération, 23-09-15 : http://www.liberation.fr/monde/2015/09/23/arabie-saoudite...  

Paris-Match : http://www.parismatch.com/Actu/International/Ali-al-Nimr-...  

Qui est Ali Mohammed Al-Nimr, Slate : http://www.slate.fr/story/107079/al-nimr-arabie-saoudite-...  

Multiplication des appels pour sauver Ali Mohammed Al-Nimr, Le Monde, 24-09-15 : http://www.lemonde.fr/arabie-saoudite/article/2015/09/24/...  

On attend de la France une réaction plus forte qu’une simple déclaration d’appel à la clémence uniquement en référence à la suppression de la peine de mort (ou nous serons coresponsables de son exécution). Chronique du Point, 24-09-15 : http://www.lepoint.fr/invites-du-point/charles-consigny/c...

Et Riyad au Conseil des d-Droits de l’homme…! RFI, 23-09-15: http://www.rfi.fr/moyen-orient/20150923-arabie-saoudite-n...  

Le Figaro, appel, 23-09-15 : http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2015/09/23/31002-2015092...  

Le Figaro, info, suite, 24-09-15 : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/09/24/97001-201509...  

Ambiguïtés de l’Occident face à l'Arabie saoudite, Le Figaro, 24-09-15: http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/09/24/31001-201...  

……………………………………PÉTITIONS…………………………………………………………. 

PETITION officielle, sur change.org : https://www.change.org/p/king-abdullah-bin-abdul-aziz-sup...

Mes opinions : http://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/fr...   

Cyberacteurshttp://www.cyberacteurs.org/cyberactions/decapite-crucifi...

Pétition avaazhttps://secure.avaaz.org/fr/stop_saudi_beheadings_loc/?pv...

Pétition Amnesty international USAhttps://act.amnestyusa.org/ea-action/action?ea.client.id=...          

03/08/2015

QATAR. LE POETE Mohammed Ibn Al-Dhib Al-Ajami / LIBÉRÉ (info avril 2016)

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Mise à jour, avril 2016. Après avoir été condamné à la perpétuité (pour ses écrits), puis à 15 ans, il vient enfin d'être libéré de manière anticipée, après quatre années de prison (info Amnesty international). Le soutien a des effets. Cependant les conditions de sa libération (et de sa liberté d'expression) peuvent encore poser question. Lien http://www.amnesty.be/je-veux-m-informer/actualites/artic... 

............. Note du 03-08-15, trace pour mémoire...................................

Poésie, oui… Récemment le Marché à St-Sulpice… Mais des poètes sont en prison, comme Mohammed Ibn Al-Dhib Al-Ajami. Au Qatar il avait été condamné d’abord à la perpétuité, puis en 2013 cela fut commué à quinze ans de prison. Pour un poème - non une critique directe de l’émir, comme cela est dit parfois, mais un poème d’espoir, rêve de démocratie pour la Tunisie et tous…  En 2012 j’avais fait une note, et depuis, j’ai toujours laissé des liens sur lui dans les listes en marge de mes notes - en étant particulièrement attentive aux dérives du Qatar concernant les droits humains. J'ai remarqué, parmi les pages qu'on trouve sur lui, qu'une édition laisse un lien en accueil vers la note sur lui, Aile, et que Poetas del mundo avait publié une ode d’hommage...

Marché de la poésie 2013 : Poètes empêchés (dont lui) : http://poesie.evous.fr/mardi-4-juin-2013-Ecrivains.html"

Aile éditions (« Créations croisées, langues en dialogue, arts mêlés… »), page de soutien (toujours indiquée en accueil), et poème, plus un message de lui, de 2013 : http://www.aile-editions.com/article/scandale-15-ans-de-p...  

Poetas del mundo. Ode au poète qatari. Site multilingue : http://www.poetasdelmundo.com/detalle.php?id=2768

Aile éditions et Poetas del mundo, page Facebook, aussi, dans les deux cas…

Pour que cela soit en mémoire, et afin de commencer à semer une graine pour des actions de soutien à venir, cette note (la précédente avait été faite au moment des pétitions et soutiens divers (articles, appels, etc.) 11-11-12...  http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2012/11/11/qa...  

 

12/06/2015

ASIA BIBI prisonnière en danger, Pakistan : action urgente (dégradation inquiétante de sa santé)

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Je reprends les informations de la page du MPCT, confirmées par lettre par la journaliste qui suit Asia Bibi et a écrit deux livres pour son soutien :

L’association britannique des Chrétiens pakistanais a alerté des associations (dont le MPCT) sur la dégradation alarmante de la santé d’Asia Bibi, condamnée à mort pour un prétendu blasphème, et emprisonnée depuis près de 6 ans.

La journaliste Anne-Isabelle Tollet, proche de la famille d’Asia, note : « Asia est très malade, elle a probablement été empoisonnée. Elle n’arrive plus à s’alimenter, ni à se déplacer et vomit du sang…Son avocat a déposé une requête auprès de la Cour Suprême pour qu’elle puisse être vue par un médecin, analyse de sang, bilan général et traitement. / Il a demandé aussi à ce qu’elle soit transférée pour plus de sécurité et pour être plus proche de sa famille. Les déplacements à Multan sont très longs et très onéreux et c’est pourquoi, ils n’arrivent pas toujours à lui apporter sa nourriture à temps, d’où les risques d’empoisonnement. »

Il faut intervenir rapidement et efficacement auprès des autorités pakistanaises pour qu’elle soit suivie par un médecin, qu’elle ait un traitement et qu’elle revienne à Lahore (la sauver : la faire libérer sera une autre étape...).

ACTIONS possibles ? (Après consultation des sites) :

Soutenir la pétition déjà posée : http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2014N46953

Ecrire  (contact sur sites ou courriels). Résumer les faits pour demander une intervention du gouvernement français. Et s’adresser aux autorités pakistanaises par l’intermédiaire de l’ambassade et du consulat (les courriels sont sur le site).

Courrier sur le site de l’Elysée : http://www.elysee.fr/ecrire-au-president-de-la-republique/

Affaires étrangères : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/mentions-legales-infos-pratiques/nous-ecrire/

Ambassade du Pakistan : http://www.pakembparis.com/home  (deux adresses « emb », plus consulat).

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Site du Comité international de soutien : http://www.asiabibi.com/

Page du MPCT sur les dernières informations concernant Asia Bibi: http://www.mpctasso.org/spip.php?article1417

Livre. « Blasphème », La Vie, 30-05-2011 : http://www.lavie.fr/religion/islam/blaspheme-un-livre-exceptionnel-pour-sauver-asia-bibi-catholique-pakistanaise-condamnee-a-mort-30-05-2011-17246_20.php

Livre. « La mort n’est pas une solution » d’Anne-Isabelle Tollet, Paris-Match, 08-03-2015 : http://www.parismatch.com/Actu/International/Seul-un-elan-international-pourra-sauver-Asia-Bibi-721332

Mise à jour 03-06-2016 (Asia Bibi ciblée par la propagande islamiste) : https://www.portesouvertes.fr/informer/espace-radio/chron... 

08/05/2015

Place Igor Stravinsky, Paris, 7 mai 2015. Des voix et des images pour les dissidents d’Arabie saoudite

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PHOTO 12 RAIF.jpgarabie saoudite,dissidence,dissidents,liberté,liberté d’expression,raif badawi,waleed abu al-khair,samar badawi,abdullah al-hamid,droits humains,7 mai 2015,place stravisnky,amnesty,r.s.f.,photographies,citations,prison,prisonniersPhotographies... Manière de prolonger ces moments solidaires, de faire trace. Seuls visages visibles, militants qui ont donné leur accord ou qui ont posé volontairement (ceux qui ont prêté leur voix un instant  à chacun des prisonniers...). Je photographie les messages, dans le contexte du lieu, aidée pour certaines images par des mains tenant des papiers : symboles forts, ces mains, tissant ces fils tendus vers d’autres, pour ne pas les oublier...  

Lecture : des citations publiées par les associations ayant appelé au rassemblement du 7 mai à Paris.

"De nos cellules nous allumerons des bougies" (Dr. Abdullah Al-Hamid)  

« Je n’ai pas été enfermé pour avoir pris ma propre défense. Je l’ai été parce que je défendais les personnes opprimées de mon pays. Ne m’oubliez pas. Mais, par dessus tout, n’oubliez pas celles et ceux que je défendais. » (Waleed Abu Al-Khair, avocat des droits humains, condamné à quinze ans de prison)

« Vivre longtemps dans une cage obscure nous fait craindre la liberté. » (Waleed Abu Al-Khair)

« Aujourd’hui, il est temps de défendre la liberté d’expression en tant que telle ! Pour que jamais plus une personne ne puisse être jetée en prison pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression. » (Samar Badawi (frère emprisonné, mari emprisonné - porte-parole des dissidents...)

Extraits de NOTES de Raif Badawi (blog), repris par le GUARDIAN (en anglais). « A look at the writings of Saudi blogger Raif Badawi – sentenced to 1,000 lashes » : http://www.theguardian.com/world/2015/jan/14/-sp-saudi-blogger-extracts-raif-badawi 

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Rappel. NOTE du 07-03-2015, sur RAIF BADAWI : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/03/07/ra...