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05/04/2015

PAGES TISSEES. Des blogs, des blogs, des blogs et leurs liens... Sites et lecture infinie...

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« ...On gagne en liberté avec les années. Je suis maintenant dans une urgence et une impatience adolescentes. Il faut que les choses aient lieu. » (...) « ... Affronter les gens ou ne pas les affronter. On peut mettre, ou non, la négation. »

Maïtena Biraben , citée par Marie-Laure Delorme, JDD, Regards/Portraits, 05-04-15

« ...On a toutes les lumières en soi. » (...) « Je suis aussi bien passionnée par les textes taoïstes que soufis ou chrétiens. Ils ouvrent des portes intérieures et nous aident à traverser les émotions. Je ne suis pas religieuse et assez méfiante vis-à-vis des croyances, même si j’ai un sens des rituels, si importants dans le respect de l’autre. »

Juliette Binoche, entretien, JDD, 05-04-15, propos recueillis par Alexis Campion

................................................ ("Qui si je criais", voir le lien, fin de note, avant "poésie" (Poezibao) et "sagesses")............

Hasard des lectures du jour, exergues trouvés sans les chercher, dans la presse. Citations qui disent exactement certaines choses essentielles. Que ce qui doit être pour donner sens complètement à notre vie ait lieu. Qu’on pose le non qu’il faut poser, comme le font les auteurs de pages qui suivent... Et que des mots cassent les murs intérieurs. Et pourquoi ce choix d'illustration (qu'on retrouve en vignette et en lien, vers un site)? Car c'est révélateur du processus qui mène aux pages lues. On cherche un poème, et on tombe sur un lien vers un site de ressources, un site de veille. Pages tissées... Des blogs, des sites. Pages personnelles ou simples lectures, colères, engagements, humanisme, poésie, revues et éditions, parfois. Préférences. Pour des écritures, des thématiques, des questionnements. Une esthétique... qui fait éthique... parentés morales. Murmures et cris. Plus on lit de pages sur papier et plus on lit de pages sur la Toile, et inversement. Découvertes de poèmes, de commentaires, désir d’aller lire tel recueil... Réflexion en cours, actualité, et le hasard qui fait rencontrer, justement, les pages qui donnent les clés qui manquaient. Voyage... d’un clic je suis à... Nouméa. D’un autre je reviens à... Lampedusa (trois adresses dans la liste en marge, trois textes). Ci-dessous j’ai surtout repris des titres qui étaient dans la liste en marge (pages qui n’y sont plus, mais les sites, oui, pour l’essentiel), ou ajouté des liens qui n’y étaient pas encore, pour construire une mémoire de pages, ici... Dans certains cas l’actualité impose, comme la nécessité de garder trace de « paroles contraires » (cf. note du 30-03-15), consciences solidaires de Soufiane Zitouni : les liens sont dans cette note, et certains blogs découverts ainsi rejoignent la liste (Pages tissées) pour d’autres écritures. J’aime les blogs de netwriters, de gens qui écrivent vraiment, pas ceux où l’on se contente de faire copie de textes lus... Sauf quand, c’est rare, le montage des choix est une création, un collage qui fait sens. Ici, j’ai choisi des blogueurs que je connais, et des blogwriters inconnus (blogwriter, j’aime ce terme anglais, pour une fois... emprunt que je garde : c’est court, c’est net). Inconnus mais proches en conscience. La liste en marge est alphabétique. Ici je vais tenter un ordre (logique intérieure...). Je ne mets pas (ou exceptionnellement, si la structure du blog le rend nécessaire) le lien vers l’accueil des sites, mais je choisis une page particulière, que je voudrais faire découvrir, et je la laisse longtemps en ligne (liste puis note). On peut ensuite voyager dans les pages ouvertes... Tisser ainsi des fils entre les pages des uns et des autres, connus et inconnus, c’est, presque, aussi, tracer un autoportrait, ou portrait en projet, en advenir.

Pour commencer.... Je pose des pages précises. Mais ensuite on peut aller découvrir tout ce qui peut être lu d'autre en allant voir l'accueil, les sommaires... Lecture infinie, donc...

MEMOIRE du VENT, septembre 2012, un texte de Khalil Gibran, « Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit... » (extrait, Le Prophète). Je fréquente ces pages depuis longtemps... Poésie, voyage... Pas de mise à jour depuis 2013 ? Lassitude peut-être (je n’aime pas le trop long silence des blogs. Mais pourtant...) : http://memoireduvent.canalblog.com/archives/2012/09/06/25048943.html

BLOG de Jean-Claude Tardif, écrivain et éditeur (une ample note mensuelle, ou quelques notes brèves). A L’INDEX, novembre 2014, Jacques Basse, Anthologie de poésie turque (Visages de poésie), et autres informations littéraires. L’exigence comme méthode et pratique. Lucidité comme éthique sociale et d’écriture, fidélité au réel. Un goût des autres, savoir prendre le temps de rendre hommage. C’est ce que je perçois :   http://poesiealindex.blogspot.fr/2014_11_01_archive.html     

Le livre à dire, Empreinte. A L’Index N° 29. J-C Tardif veut faire lire et relire Gabriel Okoundji : http://lelivreadire.blogspot.fr/2015/02/a-lindex-n29-n-empreinte-consacre.html

PAPALAGUI, BLOG de Christian Tortel, journaliste, s’intéresse aux « littératures éparses et ultrapériphériques ». Il nous ouvre des mondes, et interroge une certaine immobilité perverse qui fige les consciences, source de tous les pièges du racisme, ou de l'indifférence. Invite au nomadisme de l'âme (à comprendre comme esprit, intelligence du regard). Sur cette page, juin 2013, une citation de René Char (« Va vers ton risque... ») et Les Matinaux en illustration (plus une explication du terme papalagi - ou papalagui). Dans ses liens : îles, sud, nomadisme et « tout-monde »...  http://papalagi.blog.lemonde.fr/2013/06/26/va-vers-ton-risque/

Le rendez-vous des civilisations, de Florent de Gigord, dont le blog montre l’intérêt pour la spiritualité, à condition qu’elle soit liée à une démarche libre. Liberté de conscience, d’abord. Culture ouverte aux sagesses diverses. Culture large, nourrie de lectures. Humanisme et fraternité. Le dialogue contre les idéologies de l’affrontement. Connaître la pensée et la spiritualité des autres, pour comprendre. Donc voyager hors de ses cadres, entrer en empathie dans le cœur, le centre, des sagesses proches et lointaines. Esprit curieux de découvrir et faire découvrir des sites, en proximité éthique (et esthétique...). Ainsi, dans la note qui suit, il présente d’un trait en une ligne (mais avec des illustrations choisies), un blog qui fait partie justement aussi de mon panthéon, « Thé au jasmin ». Et il répond à un commentaire, de manière intéressante, même page : http://flo92100.blogspot.fr/2013/04/the-au-jasmin.html

« Thé au jasmin », blog de Kenza, qui aime la voix de Melody Gardot, la poésie, la peinture... En exergue : « L'art et rien que l'art, nous avons l'art pour ne point mourir de la vérité. »,  Friedrich Nietzsche. Et, sur certaines pages, comme un programme, cette citation : «Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.», Emile Bernard. La blogueuse fait des choix, reprend des notes d’éditeurs, cite, sait associer une reproduction (c’est très riche en illustrations : peintures, expositions diverses), écrit peu, mais un peu, comme dans cette page, citation et remarque brève qui fait présence. Ce que j’aime, je crois, c’est ce « tissage » (là aussi) de références qui sont un langage en soi : http://theaujasmin.blogspot.fr/search/label/Lectures

Vivre à BELCOURT, site de Luc Demarchi. Petit à petit le site accumule des pages autobiographiques, classées dans les portfolios, et on voit une écriture se définir, s’affirmer. Certains textes offrent des fulgurances. Deux autres pages à lire dans la liste en marge, deux pages que j’aime particulièrement. Parole d’exil, de tendresse, réflexion sur la mémoire, sur le lieu d’ancrage, l’enfance, autrui. Le retour sur soi rejoint l’universalité des émotions. Le lisant on se demande quelle est l’influence des paysages (nature et ville) sur notre formation, quels sont les liens entre les gens d’un même quartier, la fraternité des appartenances, non communautaires, mais d’ancrage dans un espace voisin. Et le passage dans l’imaginaire de l’autre rive (imaginaire car le réel se recrée, et la vision traverse le temps) offre une méditation sur le regard, les perceptions. Je rêve d’un recueil qui regrouperait ces pages en ouvrage à feuilleter. En voilà une, « Le rendez-vous manqué » (Camus !)... http://belcourtois.com/index.php/projet/le-rendez-vous-ma...

ARMENIANtrends/Mes Arménies. Voilà ce qu’il donne en accueil comme autoportrait et programmation : « Arménies - traversées de soi, de l'autre - flux et reflux informulés - quête d'Eden - les saisons d'ordalie - accéder aux métamorphoses - scander les gouffres et les cimes - multiple, errant, total ». Oui, traversées de soi, de l'autre : Arménie en thème majeur, mais aussi des poèmes personnels, dispersés ça et là, des pages (et poèmes, aussi), sur les créations d’une plasticienne qui vit entre Allemagne et France, Nicole Guiraud (présente aussi sur mon blog, note et album, listes, etc.), des réflexions que l’histoire ou l’actualité impose, des traductions. Humanisme engagé, fraternité. Là j’ai choisi un poème, « L’œil » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/10/loeil.html

Les SONGES d'une NUIT. Blog de Pôl Kraly (son pseudo de blogueur). Des notes jusqu’en novembre 2016. Il y a une démarche très personnelle, une recherche. Pages méditées qui cherchent une cohérence entre exigence spirituelle et éthique laïque. Beaucoup de citations, poésie très présente, et des notes sur la spiritualité, ou même l’ésotérisme (ou des approches moins conventionnelles). Puis une
dernière note qui est un adieu, pour dire l’interruption du blog, qui reste cependant disponible, avec toutes ses notes déposées régulièrement, longtemps. Donc, le 29-11-2016, 'Clap de fin’, pour dire qu’il n’y aura plus de signes : 'Une nouvelle aube se lève… et je dis adieu à ce blog tant aimé’ car ‘je dois aller vers d’autres chemins’. C’est signé Franck, qui  ajoute ‘À bientôt sur d’autres chemins’… Il nous laisse toutes les notes à consulter, les poèmes à lire, les livres mentionnés, et des liens (sites et blogs, où Trames nomades est dans son choix)…  http://lessongesdunenuit.hautetfort.com/archive/2013/12/1...

MEMOIRE de Là-bas. Blog d'Hubert Ripoll. LIVRE, liens, commentaires, contributions. Une très belle écriture tente une cartographie identitaire loin de tout enfermement : http://memoiredelabas.blogspot.fr/2009/08/alimentez-vous-meme-memoire-de-la-bas.html

MEMOBLOG, de Paul Souleyre. Mémoire, encore, mais la recherche de fils et filles de Pieds-Noirs. Questions sur la transmission, l’identité, le rapport avec l’autre rive. Avec la perception d’une deuxième génération d’exil et mémoire (ou oubli : l’amnésie doit parfois être interrogée quand on fait ce chemin vers une vérité de la transmission). Désir de lucidité, même si cela peut déranger des regards venant d’une autre génération, d’une autre approche idéologique (là l’idéologie est évacuée, volonté d’une démarche rigoureuse, plongée en soi, archéologie des passages de témoins des anciens aux plus jeunes, par les mots et par les silences). « Un peu d'ordre dans Mémoblog », en accueil : http://www.memoblog.fr/ 

MUSIQUE, Andalousie, fraternité. Blog "El Duende", de Florence Guilbot. Une page sur "El Gusto", et le mot qui rejoint, en sens algérois, la signification andalouse du duende. La musique andalouse, et Enrico Macias, plus comme musicien que chanteur (chanteur aussi mais importance donnée à sa musique, son orchestre andalou). Mais elduende.musicblog.fr ne peut plus être trouvé. La blogueuse l'avait écrit, disant qu'elle pensait arrêter, sans cesser d'aimer ce qu'elle aimait, fidèle à ses passions. Lassitude ou besoin de passer à autre chose.  (Mise à jour, 06-06-2016).

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TITRES et LIENS. Humanisme, sagesses, écritures, engagements, se croisent.... Des VOIX....

Abdou LABBIZE, photographe algérien. Humanisme, générosité. Il offre au regard les êtres et les lieux, les paysages et le patrimoine de l’Algérie. Série PORTRAITS. Regarder en musique : http://www.labbize.net/French/Pictures/Portraits/Portraits.htm 

Anouar BENMALEK. Questionnaire de Proust. De quoi entrer dans l’univers profond d’un écrivain de talent : http://anouarbenmalek.free.fr/textes_divers/questionnaireDeProust_juin2008.htm

L'AGORA, Canada. Immense site, lecture infinie... CONTE SOUFI sur la pauvreté et la mort. Rûmi : http://agora.qc.ca/thematiques/mort/documents/le_cercueil

VACARME.org. Texte très important. A lire, relire, méditer. UNE VIE NON FASCISTE : http://www.vacarme.org/article2288.html 

Patricia Grange, BLOG Papillons de mots, "A l'origine notre père obscur", recension, et poème : http://www.papillonsdemots.fr/2015/01/26/a-lorigine-notre... Voir son site, Le Jardin de Mariposa (et écouter... en accueil) : http://www.patriciagrange.fr/ 

Cathy GARCIA. "Le désespoir des anges", d'Henri Kénol. Une note, pour découvrir tout le blog : http://bit.ly/1bYMEOZ

Muriel DIALLO, texte sur la création en exil... http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&... Voir aussi la page sur aflit.arts (Afrique, Femmes écrivains) : http://aflit.arts.uwa.edu.au/DialloMuriel.html   

Kamel DAOUD. Algérie-Focus, Djazairi, ma langue : http://bit.ly/1axv0Bm

Kamel DAOUD. Sur la haine. Le Quotidien d’Oran : http://bit.ly/1IA7DkZ  

ESPRITS NOMADES. Emily Dickinson, "la recluse incandescente" : http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/dickinson/dickinson.html

Jalel El Gharbi, BLOG. « S’il n’y avait qu’un texte à faire connaître... », Giono, et F. Bach http://jalelelgharbipoesie.blogspot.fr/2014/06/sil-ny-avait-quun-texte-faire-connaitre.html

NOUS LAMINAIRES. Julien Delmaire, sur Yahia Belaskri : http://bit.ly/1J9uEfu

KAIZEN. REZA, entretien. « Femme témoin de paix » : http://bit.ly/1GVwMIB

 Chahla Chafiq, SITE.  Reparler d’humanisme : http://bit.ly/1xQNS8G

Chahla Chafiq, SITE. « Jaune de nulle part », POEME : http://bit.ly/1P9CN7Y  

Ecritures du monde...Chantal  Serrière, BLOG. « Claude s’en est allée » :  http://bit.ly/1P9CVo5  

Le journal des chercheurs, René Barbier. « La fraternité de reliance »... (et sa lecture d’Abdennour Bidar) : http://www.barbier-rd.nom.fr/journal/spip.php?article1963

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Soufiane Zitouni est attaqué, suspecté, propos déformés. Mais des consciences réagissent. J’avais posé une citation et le lien pour intégrer sa lecture de la couverture du « journal des survivants », Charlie, à ma propre réflexion, très intéressée par le fait de découvrir une interprétation proche de la mienne, qui avait été écrite d’instinct (alors qu’il se référait à un hadith, en philosophe et en mystique). J’ai suivi ensuite l’évolution des réactions, sa démission, ce qu’il en écrivit, lu des commentaires, des articles. Puis j’ai lu avec attention les notes qui suivent, essentielles, ayant du mal à supporter les pièges manipulateurs des fondamentalismes... qui sont le terreau des horreurs qu’on apprend jour après jour...

Mohamed Louizi. BLOG. Lycée Averroès del’UOJF : http://bit.ly/1CGGED0 

Suite... Lycée… PRECISIONS : http://bit.ly/1FbXvw0

Mohamed Louizi. Suite... INTIMIDATIONS : http://bit.ly/1P9Dnma

Vincent Bonnet. BLOG. "Deux cas pour la liberté d'expression" (et Médiapart)... https://blogs.mediapart.fr/vincent-bonnet/blog/160215/de-...

Germinal Pinalie, BLOG. Face à Edwy Plenel : http://bit.ly/1J9wddv

Et, ample complément d’information, article de Libération, rencontre avec Soufiane Zitouni, 18-02-15, propos recueillis par Anastasia Vécrin : http://bit.ly/1Ler0AL

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Voyage... loin, ou moins loin, mais toujours possible entrée vers soi...

Madrépores éds. Nouméa. « Âmes errantes » : http://madrepores.blogspot.fr/2012/06/ames-errantes.html

Scholastique Mukasonga. « Ce que murmurent les collines » :  http://www.scholastiquemukasonga.net/home/ce-que-murmurent-les-collines/

El PODER de la PALABRA. Lire, voir, écouter (musique) http://www.epdlp.com/index.php

BABELMED.  « Anatomie de l’errance », de Bruce Chatwin, par Rosita Ferrato : http://bit.ly/1CGHbVF

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« Qui si je criais...? », Florence Trocmé. « VEILLE autour de l'antisémitisme, des exterminations & génocides, répressions, oppression et persécutions, hier et aujourd'hui ». Ressources nombreuses en ligne : http://www.scoop.it/t/qui-si-je-criais

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Marina Tsvetaïeva, POESIE...  BioBibliographie, par Florence Trocmé, POEZIBAO : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2005/05/marina_tsvta...

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Sagesses...

SOUFISME.org.  Faouzi Skali sur Eva de Vitray : http://www.soufisme.org/site/spip.php?article10 

Lectures non duelles, un SITE et ses LIENS : http://leveil.org/liens

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Clin d’œil, après un drame... ALGERazur. BLOG. Note sur Florence Arthaud, fille de Pieds-Noirs (mère) http://algerazur.canalblog.com/archives/2015/03/10/31678797.html

25/02/2015

ECRIVAINS. Quatre voix tues... Malek Alloula, André Brink, Claude Michel Cluny, Assia Djebar

Des écrivains meurent, des œuvres s’arrêtent, mais pas la lecture infinie de ces livres. Parfois, même, paradoxalement, les hommages déclenchent l’intérêt de gens qui ne connaissaient pas les auteurs. Poètes et romanciers. Algérie, Afrique du Sud, France... Paroles engagées, comme celles d’André Brink contre le système de l’apartheid et celles d’Assia Djebar contre l’asservissement des femmes et pour une parole historique qui affronte les pages sombres. Exigence de l’écriture poétique, chez Claude Michel Cluny et Malek Alloula, de deux manières différentes, et plus discrètement chez Malek Alloula, pas connu autant qu’il le faudrait...

Exergues... Puis lectures proposées, par ordre alphabétique...

Malek Alloula, André Brink, Claude Michel Cluny, Assia Djebar

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« et maintenant / quel héritage de bois mort / sous la canicule »

Malek Alloua (Extrait de la Lettre du Cisia, Anthologie « Quand la nuit se brise »)

 « Il est un terme où j’arrive toujours / A la tombée de la nuit / Un aveuglement ancestral / Dont je retrouvais le sens circulaire / D’où partaient ces voix / Pour parler si calmement de la mort / Comme d’une lampe éteinte avant la débâcle. » 

Malek Alloula (cité dans Le Point, Article de Tahar Ben Jelloun)

« On avance le long de strates analogues aux fibres du bois, butant, maladroits, sur des nids, des nœuds, des failles. La terre suppure une espèce de sève où ce qui s’aventure s’englue et se fait digérer vivant. Le ciel a des couleurs violentes, fiel, fièvre pourpre. Les fleuves n’existent pas. »

Vénus  (« D’autres planètes »)

Claude Michel Cluny

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Malek Alloula... En exergue, le début d’un poème publié dans l’anthologie « Quand la nuit se brise », Poésie algérienne, Points (choix d’Abdelmadjid Kaouah), et un  poème, cité par Tahar Ben Jelloun dans son article d’hommage au poète mort à Berlin pendant une résidence d’écriture, mi février  (Le Point,  20-02-15). Texte où  Tahar Ben Jelloun dit les souffrances et les forces de l’auteur, son parcours. Et ceci, qui, pour un poète, est signe d’exigence, de sagesse : « Il écrivait peu, mais chacun de ses textes est ciselé comme un diamant. » (...) « Malek Alloula fréquentait les poètes soufis comme Ibn Arabî et Al-Hallaj tout en lisant Hölderlin et Paul Celan. Son regard sur le monde était juste, c'est-à-dire totalement désespéré. Que ce soit dans Villes et autres lieux, dans Rêves/Sépultures ou dans Mesures du vent, l'écriture est d'une forte rigueur, avec une belle exigence. C'est un grand poète qui s'en est allé. On peut regretter que sa poésie, publiée principalement aux éditions Sindbad, n'ait pas eu le succès qu'elle mérite. Mais les poètes, les vrais, sont souvent de cette sorte, non seulement ils ne s'occupent pas du "marché", mais se contentent de quelques lecteurs fidèles. » : http://www.lepoint.fr/invites-du-point/tahar-ben-jelloun/ben-jelloun-le-poete-algerien-malek-alloula-est-mort-20-02-2015-1906668_1921.php

Rencontre, en 2010, «... à l’occasion de la réédition de l’intégralité de l’œuvre de ce poète oranais par les éditions Barzakh, à Alger. Ont donc pris part à cette rencontre, en plus du principal intéressé, à savoir Malek Alloula, le directeur de l’IDRH, Mohamed Bahloul, ainsi le directeur des éditions Barzakh, Sofiane Benhadjaj. »  : https://milianihadj.wordpress.com/2010/11/22/malek-alloula-a-lidrh-quand-un-ecrivain-revendique-sa-%C2%ABpaysannerie%C2%BB/

Huffingtonpost/maghreb, 18-02-15. « Il a publié "Les festins de l'exil" en 2003. Sa dernière œuvre a été un roman-photo intitulé "Paysage d'un retour" publié en France en collaboration avec le photographe Pierre Clauss en 2010. » : http://www.huffpostmaghreb.com/2015/02/18/malek-alloula_n_6705024.html

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André Brink, pour nous, c’est le témoin, l’engagé courageux qui aida à nous révéler, par ses livres, ce qu’était le système de son pays, contre lequel il luttait. Emouvant de savoir le rôle d’auteurs français dans son cheminement intellectuel et militant. Rôle de Camus, notamment.

Hommage de l’éditeur Actes Sud à André Brink, décédé le 6 février 2015 : http://www.actes-sud.fr/hommage-andre-brink  (« Je sais maintenant, plus que jamais auparavant, ce que Nelson Mandela a voulu dire quand il m'a déclaré, le dernier matin que j'ai passé avec lui : Tu es un Africain. ». Mes Bifurcations. Mémoires (2010)

« André Brink n'a jamais cessé le combat », JDD, 08-02-15. Entretien avec l’éditeur du romancier sud-africain, Bernard Magnier, Actes Sud. Par Marie-Laure Delorme : http://www.lejdd.fr/Culture/Livres/Andre-Brink-n-a-jamais-cesse-le-combat-717118  (Citations : « Avec ce livre (Une Saison blanche et sèche)’, André Brink a fait découvrir à toute une génération l'apartheid dont il dénonçait les exactions et les abjections. Né dans une famille afrikaner, il était blanc et aurait dû être du côté de l'oppresseur. Il en était d'autant plus crédible dans sa dénonciation. Je me souviens notamment de lui, à Apostrophes, répondant, en français, aux questions de Bernard Pivot. Il nous donnait à voir le monde sud-africain dans toute sa complexité et son horreur. Mais au-delà de ce livre, il est l'auteur d'une œuvre considérable. Il n'a jamais cessé d'écrire, même après la fin de l'apartheid. » (...) « (En 2013) il nous disait ses attentes et son immense tristesse des espoirs déçus. »)

André Brink, écrivain engagé contre l’apartheid,  est mort début février 2015, JDD, 07-02-15 :http://www.lejdd.fr/Culture/Mort-d-Andre-Brink-l-auteur-de-Une-saison-blanche-et-seche-716832 (Citation : « En 1973, il fut le premier écrivain afrikaneer frappé par la censure en Afrique du Sud pour son roman Au plus noir de la nuit. »)

Mort d’André Brink, l’article du Monde/Afrique, 07-02-15 : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/02/07/l-ecrivain-sud-africain-andre-brink-est-mort_4571955_3212.html (Citations : « Sa prise de conscience des abominations de l'apartheid coïncide avec une ‘’histoire d'amour’’pour la France, où la littérature – Hugo, Zola, Anouilh, Colette, Simenon et surtout Camus, dont il était le traducteur en afrikaans – jouera un rôle décisif. » (...) « ‘’Je dois m'efforcer d'être digne des exigences et des complexités de l'univers sociopolitique auquel j'appartiens, répétait-il. Et en même temps, je dois m'efforcer d'être digne des exigences de la création littéraire. Seule la qualité détermine l'efficacité.’’ Une conception très haute de la liberté d'expression. »)

Commentaire intéressant d’un lecteur, Henri Chamussy , qui note la proximité des dates de disparition d’auteurs et le sens que dit du monde notre lien de lecteurs avec ces auteurs. « Apprendre d'un même coup les disparitions d'André Brink et de Assia Djebar, c'est douloureux, mais en même temps... » (... l’interculturalité du monde relié par le pouvoir des mots, des lectures communes...) .

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Claude Michel Cluny, auteur et éditeur, mort le 11 janvier 2015... Indépendance dans la manière de penser l’écriture, le rôle de l’écrivain,  les idées sur les liens entre création et société, les conditions de la création.  Echapper aux modes (en le choisissant consciemment, en élaborant cette liberté personnelle - si difficile tant l’influence du climat idéologique d’un moment est prégnante - par le choix de la réflexion solitaire). Questionnement aux sources de son écriture, mais qui va bien au-delà d’une élucidation de son art propre, et pense la création – en général – aussi à partir de l’examen de la logique sociale dont il fait le constat. Contexte (notre période contemporaine) qui serait celui d’une sorte d’idéologie du renoncement éthique, d’une esthétique et d’une théorie littéraire de l’imposture. Contre cela, l’exigence...

Très bel hommage sur le site de l’éditeur. La Lettre de Colette Lambrichs, qui, évidemment, remarque l’étrange, ou belle, coïncidence (le poète est mort le jour de la grande manifestation du 11 janvier ) :  (Citations : « Est-ce l’ultime trait d’humour de Claude Michel Cluny d’être passé de vie à trépas le jour de la grande manifestation nationale ? Partir comme un chat sans déranger personne était bien dans ses manières. » (...) « La plus grande partie de son œuvre littéraire a été publiée à La Différence, poésie, essais, fictions et son Journal littéraire, « L’Invention du temps » dont dix volumes sont d’ores et déjà parus. Un cercle de lecteurs inconditionnels la salue comme une des œuvres majeures de la seconde moitié du XXe siècle. Je pense qu’ils ont raison mais la littérature survivra-t-elle à la barbarie qui vient ? Son immense culture a permis qu’existe la collection ‘’Orphée’’ qui compte aujourd’hui 256 titres de poètes du monde entier ») : http://www.ladifference.fr/Lettre-fevrier-2015-Ou-sont-les.html#lettre3480

Hommage de Jalel El Gharbi, qui a publié sur l’œuvre deClaude Michel Cluny : http://jalelelgharbipoesie.blogspot.fr/2015/01/claude-michel-cluny.html

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Assia Djebar... Déjà des travaux supplémentaires sur cette oeuvre... Annonce d’un colloque international préparé à Oran sur l’œuvre d’Assia Djebar (morte le 6 février, le même jour qu’André Brink), Le Huffingtonpost/Maghreb, 23-02-15. Diaporama sur ses livres : http://www.huffpostmaghreb.com/2015/02/23/assia-djebar-colloque-oran_n_6735102.html

Hommage d’El Watan repris par Courrier international.Parcours d’Assia Djebar. « Un esprit libre contre la régression et la mysoginie » http://www.courrierinternational.com/article/2015/02/09/assia-djebar-un-esprit-libre-contre-la-regression-et-la-misogynie (Citations :  Au sujet du livre ‘Nulle part dans la maison de mon père’ : « Le titre de ce roman magnifique, que nous avions qualifié de "livre où elle se livre", de même que plusieurs de ses passages, était assurément un message d’une grande délicatesse mais d’une force terrible. » (...) ///  Et sur son expérience d’académicienne : « Elle va plus loin dans son discours, lâchant dans ce cénacle des mots qui, sans doute, n’y avaient jamais été prononcés, sinon du bout des lèvres, revendiquant pleinement ses origines, dénonçant le colonialisme et son entreprise de négation de la culture algérienne, évoquant les langues amazighe et arabe, de même que le Coran, griffant au passage la tentative de positiver une occupation et une ségrégation violente (on est alors en plein débat sur la "colonisation positive"). »)

Assia Djebar. BioBibliographie, et filmographie. Fiche auteur, Africultures : http://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=3798

« La femme sans sépulture », livre lu par Sophie Perrin, 28-01-2003, Africultures. Livre de mémoire, qui place les femmes au centre de l’histoire algérienne : http://www.africultures.com/php/?nav=article&no=2765  (Citation : « Assia Djebar confiait, lors de sa dernière intervention publique, qu'écrire en français lui permettait une ouverture d'une part sur les autres langues – en faisant entendre en écho l'arabe et le berbère - et d'autre part sur sa culture et les femmes. Effectivement, par cette " langue de la transparence ", elle donne la parole à ceux qui restent dans l'ombre. »)

« Nulle part dans la maison de mon père », 2007, fiche livre, Africultures. La place des femmes, à travers l’expérience personnelle sensible, la difficulté à trouver cette place : http://www.africultures.com/php/index.php?nav=livre&no=7374 (Citation : « Après plusieurs fresques historiques évoquant l'Algérie, Assia Djebar, s'abandonnant à un flux de mémoire intimiste, nous donne son livre le plus personnel. Elle ressuscite avec émotion, lucidité et pudeur la trace d'une histoire individuelle dont l'ombre projetée n'est autre que celle de son peuple. »)