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05/12/2011

Alain Finkielkraut, trois phrases, et des questions… Plus une citation de Gilbert Lascault (ou la question du territoire...)

« Apprendre à lire, c’est apprendre à faire attention aux livres et, grâce aux livres, aux autres et au monde. On s’oublie pour se retrouver. Lire, c’est se lire ».

Alain Finkielkraut, dans une page du JDD de septembre 2011.

Une gaieté grave. Article de Marie-Laure Delorme, le JDD, 25-09-2011, sur le livre d’Alain Finkielkraut, « Et si l’amour durait » : http://www.lejdd.fr/Culture/Livres/Actualite/Alain-Finkielkraut-une-gaiete-grave-395299/

Je retrouve cet article, sur un livre que, pour l’instant, je n’ai pas encore lu : d’autres attendent (et je ne sais pas si j’aurai, finalement, envie de le lire : peut-être, peut-être pas...). J’avais repéré des phrases de Finkielkraut, citées dans la critique. J’en ai retenues trois, là. D’abord, cette  idée avec laquelle on ne peut qu’être d’accord (« Lire, c’est se lire ») mais qui n’a rien de très original. (D’autres ont dit des choses très proches de cette conception de la lecture : la lecture qui aide au déchiffrement de soi, avant même d’aider au déchiffrement du monde. Oui, bien sûr…). Mais aussi deux passages qui me gênent (comme peuvent le faire parfois les affirmations de Finkielkraut, parfois profondes, parfois agaçantes).

Car, écrit-il, « Nous avons trop de créateurs et pas assez de lecteurs. La littérature sera morte le jour où tout le monde sera écrivain. »

Pourquoi donc tout le monde voudrait-il être écrivain ? N’y a-t-il pas des tas d’autres manières de créer et de se réaliser ? (Et nous aurions, d’ici là, du travail à faire, pour vaincre l’analphabétisme, par exemple…). Mais,  aussi, pourquoi craindre que beaucoup écrivent? (Tout ce qui s’écrit n’est pas de la littérature, ceci dit). Pourquoi ? N’est-ce pas, là, l’expression de ce que Gilbert Lascault dénonce dans le texte « Apologie du pluriel » (« Ecrits timides sur le visible », coll. 10/18, page 13) : « Comment interdire son territoire à ceux qui ne seraient pas dignes d’y entrer, comment y établir des ordres et des hiérarchies. ». (Je citerai totalement ce passage demain...). Et pourquoi penser que la lecture aurait comme ennemis les gens qui écrivent? C'est tout le contraire... L'écriture se nourrit de lecture. Plus les gens écrivent, plus ils lisent (ils écrivent parce qu'ils ont été lecteurs et le demeurent...). Et, encore, pourquoi penser que certains puissent être écrivains ET lecteurs, et d'autres incapables de cela? (Territoires?).

Et ceci, aussi, m’agace : « On enseigne aux enfants l’expression mais pas l’attention. » Qui ? Quoi ? Comment ? Toujours cette opposition fausse entre expression et attention. Alors qu’il n’y a pas enfants plus attentifs que ceux qui créent (ce qui ne les empêche pas, à d’autres moments - une pédagogie étant un tout – d’être attentifs pour apprendre des règles de grammaire, par exemple). Toujours vouloir donner des leçons à ceux qui enseignent. (Qu’ils aient des difficultés à le faire, dans certaines conditions, oui : c’est un autre problème). Mais cela rejoint encore la question du territoire (cohérence idéologique?) : enfants (futurs lecteurs passifs?) voués à recevoir, pas à produire. Les uns apprennent et lisent, les autres créent ce qu'on donne à lire...

22/11/2011

La Ruelle bleue, blog littéraire. En exergue, Kafka…/ (Blog né en 2010, fermé en 2013, voir la note mise à jour)

RUELLE.png

« Un livre doit être la hache qui fend la mer gelée en nous »

                              Kafka 

Ce blog a été fermé en 2013, après trois ans d'activité, et à la place on trouve maintenant une offre de vente de l'espace. Mais je ne supprime pas cette note. (J'ai fait une mise à jour en relisant et supprimé les liens devenus inutiles) car c'est en même temps une information sur la vie des blogs. Reste l'exergue, des traces ici, et un entretien intéressant (ci-dessous, lien toujours actif) qui permet une réflexion sur ce qu'est bloguer (et surtout en sachant que le blog n'existe plus).

La Ruelle bleue était un blog littéraire :  (celui d’une lectrice, pas d’une critique, c’est ainsi qu’elle le définit, même si la profession qu'elle veut faire est en rapport avec les livres).

L’exergue était cette phrase de Kafka que j’apprécie particulièrement. Comme c’est juste… Bonne idée que mettre cette pensée en exergue d’un blog qui dit l’amour de la  lecture. Oui, si un livre n’est que de la confiture tiède, peu importe qu’on le lise ou pas : il ne changera rien, ne donnera ni force ni courage ni lucidité ni joie ni rien. Secouer, bousculer, questionner, heurter, voilà ce que doit faire un livre.

En accueil il y avait l’image bleue d’une femme qui tend une coupe. Beau symbole : don, offrande, nourriture intellectuelle partagée, curiosité offerte pour enrichir autrui… Le bleu de l'illlustration, le bleu du nom. Bleu? La mer du voyage? Le ciel du rêve? Couleur froide, dit-on, que la symbolique associe à la spiritualité, à la réflexion, au mystère, à l'incertitude... Beau symbole, donc, doublement.  

J’avais découvert ce blog en fouinant sur la Toile, pour lire des articles sur le livre d’Arturo Pérez Reverte, Cadix ou la diagonale du fou. Et, parmi d’autres pages, j’avais trouvé celle-ci. J’ai d’abord repéré l’exergue, en ouvrant le lien… Nuage de mots-clefs (ou « tags »), en accueil (comme sur tous les blogs, et cela fait toujours sens). J’en avais relevé certains : Actes Sud, adolescence, altérité, coup de cœur, création, détresse sociale, enfance, engagement, politique, Europe, existence, femme, Histoire, intrigue, quête d’identité, quête initiatique, racines…

ENTRETIEN. « Qui se cache derrière La Ruelle bleue ? ». Par Stéphanie Joly, sur pariscilaculture.fr

Stéphanie Joly avait questionné la blogueuse. Dans les réponses données on voit les raisons qui lui feront effectivement arrêter le blog.
Blog littéraire mené de manière presque professionnelle dans une période de transition (elle dit que ce fut sa motivation première, structurer son temps libre, ensuite seulement est venu le goût du partage (dont elle dit qu’il se fait plus en coulisses que par des commentaires : oui, c’est souvent le cas). 170 notes rédigées en un an, essentiellement sur des livres lus (le blog existait depuis 2010). C’est un rythme impossible à tenir si on a une activité autre. Il faut au contraire laisser du temps vide, n’écrire que lorsque cela est senti comme une exigence. 
Elle parle ensuite des contacts, des opportunités nés de cela, et à la question "Envisagez-vous d’arrêter un jour ?" elle répond que oui. Car "La gestion d’un blogue est très chronophage." (C'est vrai, il faut donc faire des pauses et ne faire des notes que choisies très consciemment). Mais elle parle aussi de doutes au sujet de sa légitimité critique (car c’était l’axe unique de son blog). Pour le reste c'est lisible sur le site... Cet entretien est toujours en ligne (vérifié encore début février 2020...). http://www.pariscilaculture.fr/2011/10/qui-se-cache-derriere-www-laruellebleue-com/

On trouve la trace (liens et textes) de titres de notes de 2010, et de quelques lignes (de décembre à août) sur un blog qu’elle devait tenir sur Médiapart. Même nom (et l’image bleue, profil-signature, se devine). Une vingtaine de notes dont une sur la rétrospective du photographe André Kertesz  (majeur, pour moi), une sur Jack Kerouac, et enfin une page  sur un thriller de David Peace, Tokyo ville occupée. Cependant le renvoi vers un blog inactif ne permet pas une lecture complète, ou donne une page vide.

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MISE à JOUR... La Ruelle bleue a mentionné (2013) que les publications s'arrêtaient après trois ans d'activité intense... Les 280 articles sont restés lisibles un certain temps. Mais c'est terminé.