Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/07/2018

Patrick Chamoiseau, LES POÈTES DÉCLARENT…

CHAMOISEAU... .jpgPrenez le temps d’écouter, le temps de lire… 

« Les poètes déclarent que dans l’indéfini de l’univers se tient l’énigme de notre monde, que dans cette énigme se tient le mystère du vivant, que dans ce mystère palpite la poésie des hommes : pas un ne saurait se voir dépossédé de l’autre ! »

Fragment 2, sur 16, Les Poètes déclarent,"La Déclaration des Poètes". POÈME (très puissant message) de Patrick Chamoiseau, extrait de Frères Migrants (2017)

À écouter, ICI… Lecture (superbe) par Isabelle Fruleux... https://www.youtube.com/watch?v=v2qCTKVZChw&feature=y... 

NOTE, sur la démarche de l’auteur… http://www.l-etre-en-lettres.fr/actualites/la-declaration... 

Le TEXTE à lire, ICI… http://tout-monde.com/downloads/fre300res-migrants-chamoi...  

Frères migrants, LIVRE, Patrick Chamoiseauéd. du Seuil, page éditeur… http://www.seuil.com/ouvrage/freres-migrants-patrick-cham... 

08/12/2017

Jean d'Ormesson. Juste une citation...

ORMESSON.jpg"N'existent que les êtres dans l'espace et le temps. Dieu n'existe pas puisqu'il est éternel."

Jean d'Ormesson, "Presque rien sur presque tout" (1996)

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Presq...

Leçon de mots entre existence et essence, et sagesse d'agnostique tenté par l'envie de dire une transcendance... 

(...Juste une citation... Cependant j'en ajoute une, et un lien...) 

Mise à jour, 16-12-17. Lien vers une ample et fort intéressante chronique de Daniel Guillon-Legeay, qui rend hommage à Jean d’Ormesson en relisant le « Guide des égarés ». Sur IPhilo, 15-12-17. 

jean d’ormesson,presque rien sur presque tout,citation,livre,gallimard,existence,essence,dieu,espace,temps,daniel guillon-legeay,iphilo,le guide des égarésCITATION. « Le meilleur hommage que l’on puisse rendre à un écrivain est encore de relire et de discuter ses textes. A l’annonce de la disparition de Jean d’Ormesson, je me suis replongé dans son Guide des égarés que j’avais découvert au moment de sa parution (aux éditions Gallimard, en octobre 2016). Pour la première fois de mon existence, je lisais un ouvrage de l’illustre académicien. Il faut dire que, d’ordinaire, mes affinités vont ailleurs… Pourtant, contre toute attente, son Guide des égarés m’avait, sinon convaincu, du moins séduit. Par l’élégance et la lumineuse beauté de son style, la hauteur de vue, le rire malicieux sous lequel perce pourtant un indéniable sens du tragique et, bien entendu, la question centrale à laquelle il s’efforce de répondre : «Qu’est-ce que je fais là ?». »... http://iphilo.fr/2017/12/15/jean-dormesson-le-guide-des-e... 

28/07/2017

Kamel Daoud, lire et relire...

DAOUD .jpgKamel Daoud est primé pour une reconnaissance de son oeuvre de chroniqueur engagé pour les droits humains. Lui préfère se dire « concerné », et, oui, il l’est. Oeuvre marquée par la publication d’un choix, ample, de ses textes dans « Mes indépendances », livre publié par Actes Sud. Superbe.

Que ses chroniques soient lues abondamment, elles qui mettent en scène, en quelque sorte, le balancement subtil entre le total "oui" à la vie et la tension du "non". "Mes indépendances". Magnifique écriture d'un grand chroniqueur (nouvelliste et romancier aussi), mais l'écrivain est complètement présent dans les pages profondes, brillantes, du journaliste. Exercice de lucidité, processus de questionnement permanent. La critique, si on lit bien, porte sur les failles des deux rives. Aucune complaisance. Lecteur idéologue ou paresseux, sauvez-vous. Car Kamel Daoud ne propose pas le confort mais la secousse. Il secoue les préjugés, regrette que l'Algérie de 62 n'ait pas eu son Mandela (car un peuple métis en serait né, et une culture plurielle aurait pu être assumée). Il revendique fortement son algérianité (qui passe notamment par la langue). Et dans ce vital ancrage il entraîne Camus, dont il espère que l'Algérie arrivera à récupérer ses "cendres", au sens symbolique, c'est-à-dire à le revendiquer comme sien, autant si ce n'est plus que la France. Cela fait des années que je lis Kamel Daoud, et que je lis les commentaires que ses écrits entraînent. J'ai l'impression que, malgré les attaques qui perdurent (sur des erreurs de lecture), de plus en plus des Algériens le soutiennent, le comprennent, l'admirent.

CITATION, article de Livres Hebdo : « L’écrivain et journaliste Kamel Daoud vient d’obtenir ce jeudi 20 juillet le 16e prix Livre et Droits de l’Homme de la Ville de Nancy pour Mes indépendances, chroniques 2010-2016, pari en février chez Actes Sud. / Ce prix, sous la présidence d'honneur de Vincent Monadé, président du Centre national du livre, lui sera remis officiellement lors du 39e Livre sur la Place le vendredi 8 septembre à Nancy. De manière symbolique, cette année, le jury a souhaité dédié ce prix à l’écrivaine turque Asli Erdogan, qui, après avoir été incarcérée 136 jours, attend son procès et risque la prison à vie. »... Texte intégral...http://www.livreshebdo.fr/article/kamel-daoud-laureat-du-... 

« Mes indépendances », page de l’éditeur… http://www.actes-sud.fr/catalogue/societe/mes-independances 

31/01/2016

"CHOCOLAT", être et film. Sagesses d'Omar SY...

FILM CHOCO.jpgA la journaliste Fatou Biramah critiquant le film sur Africa n°1 (elle refusait cette image de Noirs clowns, Africains clowns : « On en a marre d’être des clowns »), Omar Sy répond : « Je ne me laisserai pas emprisonner par ce genre de discours. Etre artiste c’est être libre. Chocolat se perd quand il perd sa liberté. Je suis un comique et j’en suis fier. Je n’ai pas à me demander si j’ai le droit d’incarner tel personnage parce qu’ « on » en a marre d’être ceci ou cela. Pour moi, il n’y a pas de « on », il y a « je ». Je pense que c’est le « on » qui fait que la France est dans cette situation particulière. Il faut qu’on arrête de penser à nos modèles en terme de couleur ou de religion, sinon on fait le jeu des deux extrêmes qui tuent notre pays. Nous sommes des Français. Dans les modèles que j’avais dans mon enfance il n’y a pas que des Noirs, et heureusement, sinon je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui. Il faut qu’on arrête avec ça. Aujourd’hui, pour modèles, nos jeunes n’ont le choix  qu’entre les footballeurs, Omar Sy ou Teddy Riner. Pourquoi pas Jean Dujardin? Dans mon salon j’ai une photo de Belmondo qui est un modèle pour moi. » 

Omar Sy explique dans le JDD qu’il a changé de registre (gravité du sujet et rôle du corps autre) avec le désir de réhabiliter la mémoire de Chocolat, qui connut la célébrité puis fut oublié, sauf par son biographe (et sauf, maintenant, par le metteur en scène et les acteurs, puis les spectateurs du film - qui sort le 3 février). L’esclavage, le racisme, un destin d’artiste, une vie personnelle : beaucoup d’éléments se mêlent. 

Ce qui est particulièrement intéressant, pour moi, dans la démarche de l’acteur, c’est ce qu’il dit (ci-dessus) pour répondre à une critique. Et répondant ainsi personnellement, il va bien au-delà, car il touche le coeur des problèmes de l’actualité. Ce « on » dans lequel tous s’enferment, qui dilue le « je » de la conscience, du sujet libre, dans un clan idéologique, identitaire (religieux ou ethnique), sans recul. Heurts communautaires, tentations intégristes… Pour se libérer de ces entraves il faut échapper aux pressions du « on ». La critique d’Africa n°1 affrontait le sujet du « je » d’Omar Sy en l'opposant au « on » d’appartenance : « les » Noirs, « les » Africains, refusant le sujet qui pourtant parle d’un être qui fut. Omar Sy répond avec l’affirmation de son choix personnel, juste le sien, en conscience libre. Leçon qui est à entendre par tous. Englués dans nos appartenances rendues plus singulières qu’elles ne le sont, dans nos identités dont on ne veut pas voir la réalité plurielle (englués y compris par les regards hostiles, l’ostracisme, les préjugés des uns sur les autres) nous sommes piégés émotionnellement. Solution? Pas facile, mais nécessaire. Courage de déplaire dans ce qu’on affirme. Courage d’assumer des contradictions.

Omar Sy incarne Chocolat dans le film de Roschdy Zem, Le Point, 30-01-2016 : http://www.lepoint.fr/cinema/omar-sy-chocolat-c-est-moi-3... (Citation : « Si Chocolat est drôle dans ses numéros, le destin tragique de cet amuseur qui se rêve en comédien shakespearien, victime du racisme de son époque, entraîne aussi Omar Sy dans une dimension de jeu beaucoup plus grave. »)

Fiche Allo Ciné (synopsis, entretiens, bande-annonce) : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=217656.html  

Le clown Chocolat (1868-1917), aux divers noms et au destin entre tragédie et succès, succès et échecs (échapper au ‘comique’ ne lui fut pas possible). Nouvel Obs : http://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20160129.OBS3620/... 

Le film romance l’histoire, l’aménage (dit Jeune Afrique). Pour la rendre plus vraie encore, pour rendre un son juste et faire comprendre les réalités de cette vie et de ce temps, certainement. Mais pour savoir vraiment ce qui est authentique il faudra lire la biographie de Gérard Noiriel, qui fait le récit de cette vie et qui a servi de support à l’acteur pour saisir les vérités de Rafaël Padilla, dit Chocolat :  http://www.jeuneafrique.com/298126/culture/cinema-ce-qui-... 

Sur le livre. Entretien avec Gérard Noiriel (et la question de l’identité : « Nous sommes tous le produit de multiples critères identitaires qui fonctionnent le plus souvent comme des identités latentes. »). Libération : http://next.liberation.fr/livres/2016/01/06/gerard-noirie... 

Le livre de Gérard Noiriel : "Chocolat. La véritable histoire d'un homme sans nom", éd. Bayard (602p.)