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02/05/2016

Nimrod, poète… Sur les berges du Chari

NIMROD.jpgLe sous-titre est « district nord de la beauté ». Beauté, mais aussi violence et mort. Solidarité...

En exergue :

« Je n’ai de cri qu’en cette trace où fut le sel. »

Edouard Glissant

Le livre se met sous le superbe chiffre littéraire d’Edouard Glissant. Ainsi on sait que la parole née de la terre d’exil va rejoindre un regard-monde. C’est pour cela que Bruno Doucey peut noter partager avec le poète le « fleuve de la fraternité ».

J’ai associé ce vers (ici inscrit comme un programme poétique et éthique) à une expression d’Emmanuel Levinas : la « luisance de la trace », notion qu’évoque Jean-Paul Kauffmann au sujet de sa recherche des « fantômes » de la bataille d’Eylau (son dernier livre, « Outre-terre »). Il dit « Il n’y a rien, et donc c’est là que ça se trouve. » Evocation en parenté avec la démarche du photographe Yan Morvan (« Champs de bataille / Photosynthèses »). C’est en conclusion d’un long entretien croisé, passionnant, paru dans Marianne, 22/28 avril 2016. Hasard, ces lectures qui se rencontrent, où la trace est une clé. Et plus : batailles, aussi, dans le recueil, notamment dans des poèmes d’hommage (mineurs sud-africains fusillés, étudiants tchadiens réprimés). 

Mais, exergues, il y en a aussi pour introduire des parties du recueil, ou des poèmes : citations de Franck Venaille, de Paul Verlaine, de Benjamin Fondane (fragment magnifique et terrible, qui se termine justement sur la répétition du mot « fantômes », suivi d’un point d’exclamation, apostrophe qui interpelle ainsi ceux qui avaient « cru à l’homme / et aux beaux yeux de la bonté / mais que la route avale comme / un fleuve immense et éhonté »). Quand les exergues sont bien choisis ils valent tous les commentaires ou manifestes. Et, choix du poète, comme une signature, pour un des derniers textes du recueil, un poème encadré de citations d’Amadou Hampâté Bâ, l’immense… 

(« Je suis souverain dans les choses pastorales » 

et 

« Entrez, sortants… Sortants, entrez… »)

Lecture en cours, ce recueil de Nimrod… Qui fait écho, pour moi, au cri murmuré d’Anise Koltz (« Je renaîtrai »).

Page éditeur (éds Bruno Doucey, coll. l’autre langue) : http://www.editions-brunodoucey.com/sur-les-berges-du-cha...

Autres liens : 

Eds Obsidiane, plusieurs recueils de poésiehttp://perso.numericable.com/editions-obsidiane/Auteurs/B... 

BioBiblio, Africultureshttp://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=4979 

Un poème, sur le blog de L’Ardent pays (entre autres pages): http://ardentpays12.over-blog.com/2016/04/nimrod-envol.html 

...

NOTE © MC San Juan (Trames nomades) 

Posée aussi… page Facebook : https://www.facebook.com/TramesNomades

29/03/2015

Confidences d’un homme en quête de cohérence, de Thierry Janssen. En exergue, Nietzsche

LIVRE JANSSEN.gif

« Il faut porter du chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse. »

Friedrich Nietzsche (citation mise en exergue par l’auteur)

« Confidences d’un homme en quête de cohérence », de Thierry Janssen, édition Les liens qui libèrent, 2012, et Pocket, 2014 : http://www.pocket.fr/site/thierry_janssen_&181&21585.html

Superbe phrase de Nietzsche, superbe choix dont on comprend la raison quand on lit ce livre. Un homme agissant, capable de changer de métier, d’y revenir autrement, de se dévoiler totalement. (Autant que peut se dévoiler quelqu’un qui fait le récit de sa démarche, de son advenir, en allant chercher dans les ombres et les douleurs ce qui nourrit sa richesse intérieure, ce qui construit). Capable, aussi, l’auteur, de décrypter les clés des accidents de la vie, un problème de santé qui a du sens, comme tout peut se déchiffrer et signifier, mais parce qu’il le trouve lui-même (car il met en garde, dans ces pages, sur ceux qu’il appelle les « donneurs de sens », c’est-à-dire ceux qui font métier de capter le sens des autres, de dicter leur traduction personnelle, charlatans de l’interprétation, alors que seul l’individu peut savoir lire la signification personnelle de son histoire singulière). Je connaissais déjà Thierry Janssen, par des articles, des conférences, mais je n’avais encore rien lu des livres publiés, tout en sachant que je le ferais, estimant ce que je percevais de cette conscience libre.  

Dans ce livre il raconte ce qu’il nomme « accouchement de Soi » (p.35). De Soi, pas de soi. C’est-à-dire mise au monde, au-delà des peurs et des échecs, des errements qui sont dans toute vie, mise au monde de la haute conscience, de cette part qui est « l’étoile qui danse » ou qui permet « l’étoile qui danse ». Thierry Janssen écrit : « Encore faut-il savoir qui nous sommes, ou plutôt qui nous souhaitons être. Car nous sommes au moins deux : notre Ego et notre Essence – notre Moi névrotique et notre Soi apaisé. » (p.37). Mais pour vaincre le Moi névrotique c’est un long chemin, plus long pour certains que pour d’autres. « Or qu’est-ce que vivre, sinon écrire son roman personnel ? » L’écrire en le cherchant, en cherchant le chemin qui mène à sa vérité, malgré les identités qu’on nous prête, ou qu’on nous vole... Ce chemin qui devrait pouvoir aboutir au « Centre de Soi » (p. 42). Lisant on s’identifie aussi, on se demande où on en est, dans l’aller-retour incessant entre sagesse frôlée et sagesse perdue, par fatigue, paresse, dispersion, ou errance fausse (car une autre errance, elle, renvoie au centre, mais elle est chemin d’exigence,  passage par des voies que le hasard nous donne, obéissance à des synchronicités qu’on perçoit, par attention aux signes du réel). Thierry Janssen, lui, a eu cette écoute, il en parle. Ainsi, il cite, déjà, d'abord, une pensée attribuée à Christophe Colomb : « Un homme ne va jamais aussi loin que lorsqu’il ne sait pas où il va. » (p.47). Et, page suivante, son propre journal, où il a fixé cette phrase, et noté la nécessité « de suivre notre intuition et de partir vers l’inconnu ». Marcher vers l’inconnu, c’est trouver cette capacité de juste errance qui laisse entrevoir des synchronicités qui peuvent guider, car c’est le langage de sa propre haute conscience, à travers des coïncidences, des fils de sens croisés.

Certaines expériences qu’il relate peuvent surprendre des lecteurs qui se veulent rationalistes (ce rationalisme de fausse raison, de perception fermée), s’ils n’ont pas fait dans leur vie la rencontre des mêmes vécus, s’ils sont ignorants des mêmes possibles. Lui-même a dû à certains moments de sa vie se défaire de préventions similaires, de méfiances : cela peut aider à comprendre cette tension entre la raison, comme la veut notre mental (et comme c’est nécessaire en partie),  et le mystère présent, aussi,  autant dans les faits de la vie que dans notre cerveau. La raison c’est peut-être justement la tension entre le vouloir rigoureux de la pensée lucide et le vouloir rêveur de l’intuition visionnaire. Abandonner la tension serait risquer de tomber dans le piège d’une pensée obtuse, qui ne veut rien voir du mystère de nos vies, ou dans le piège d’une fièvre imaginaire qui ne voit que mystère et voiles et laisse la raison aux orties... Abandonner la tension, c’est choisir d’être borné, au sens fort, avec des murs autour de soi... Dans ce livre on est dans la tension permanente, les murs défaits pierre à pierre. Cela passe par des apprentissages, par des pratiques, énergétique comprise (pp. 69-73, notamment), associée à la découverte de la méthode Brennan. Par des lectures, aussi. De Jack Kornfield (p ;76), de Susan Thesenga (p.82), par exemple. Les livres aussi sont des rencontres offertes par le hasard. Synchronicités encore, je crois. Sur ces signes venant de l’intérieur de soi ou de l’extérieur de soi (des théories existent, contraires) il revient, questionnement subtil (pp. 106-108).    

Tension, aussi, dans les choix de l’auteur, pour maintenir sa « cohérence », son « intégrité ». Cela demande de savoir refuser des sollicitations, pouvoir dire non (pp. 124-125). Je note, aussi, dans les dernières pages particulièrement, l'insistance sur l’importance de l’empathie, de l’humilité.

Derniers mots... écrits en 2012 en Egypte. Un peu de peur devant ce dévoilement risqué dans son livre. Mais il se recentre, dit comment, regardant un paysage lumineux, présent en son corps, les « deux pieds sur le sol »... et il retrouve la paix. Ce passage est à lire sur le site de l’auteur :http://www.thierryjanssen.com/livres/livres-broches/168-confidences

A nous...

Et d’autres livres à lire...

Entretien, JDD, 12-11-2011, pour le livre « Le Défi positif », propos recueillis par Robert Melcher : http://bit.ly/1CzxidF

Entretien, Kaizen, 26-10-2012, dans le prolongement du livre « La Solution intérieure », propos recueillis par Lionel Astruc : http://bit.ly/1bGYL2X

Page sur INREES, bibliographie : http://www.inrees.com/soutien/Thierry-JANSSEN/

21/11/2014

ALBERT CAMUS, relire « Noces », et « Retour à Tipasa »… citations...

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NOCES

INCIPIT (« Noces à Tipasa », premières phrases de « Noces »…) : « Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. A certaines heures la campagne est noire de soleil. Les yeux tentent vainement de saisir autre chose que des gouttes de lumière et de couleurs qui tremblent au bord des cils. »

EXPLICIT  (« Le Désert », dernières phrases de « Noces »…) : « Florence ! Un des seuls lieux d’Europe où j’ai compris qu’au cœur de ma révolte dormait un consentement. Dans son ciel mêlé de larmes et de soleil, j’apprenais à consentir à la terre et à brûler dans la flamme sombre de ces fêtes. J’éprouvais… mais quel mot ? quelle démesure ? comment consacrer l’accord de l’amour et de la révolte ? La terre ! Dans ce grand temple déserté par les dieux, toutes mes idoles ont des pieds d’argile. »

CITATIONS (Noces) : http://evene.lefigaro.fr/livres/livre/albert-camus-noces-2065.php?citations

« RETOUR à TIPASA » (« L’Eté »)…

INCIPIT : « Depuis cinq jours que la pluie coulait sans trêve sur Alger, elle avait fini par mouiller la mer elle-même. « 

EXPLICIT : « Mais peut-être un jour, quand nous serons prêts à mourir d’épuisement et d’ignorance, pourrai-je renoncer à nos tombeaux criards, pour aller m’étendre dans la vallée, sous la même lumière, et apprendre une dernière fois ce que je sais. »

Extrait(texte) : http://amorysparadise.tumblr.com/post/72781146963/lete-de-albert-camus-extrait-du-retour-a-tipasa

Très intéressants sont les EXERGUES  choisis par Camus pour nous faire entrer dans ces deux livres, ou certains chapitres, par le sens qu’ils affirment, la force de cette lutte entre ombre et lumière, en soi pour cet accord que cherche Camus entre révolte et amour, et, dehors, entre regard sur la part sombre et mortifère du réel (créé par l’homme, le hasard ou une éventuelle transcendance peut-être présente dans ce que les paysages disent du monde) et la splendeur lumineuse du monde naturel. Pas d’athéisme affirmé chez Camus mais une sorte de mysticisme agnostique déchiré. Exergues, donc. Pour « Noces » c’est Stendhal (La duchesse de Palliano) et la mort du Cardinal Carrafa étranglé par le bourreau : « Le bourreau étrangla le Cardinal Carrafa avec un cordon de soie qui se rompit : il fallut y revenir deux fois. Le Cardinal regarda le bourreau sans daigner prononcer un mot. » La mort, le crime, l’horreur… Pour « Retour à Tipasa » c’est une citation extraite de Médée : « Tu as navigué d’une âme furieuse loin de la demeure paternelle, franchissant les doubles rochers de la mer, et tu habites une terre étrangère ». Echo, dans « La mer au plus près », qui suit « Retour à Tipasa » dans « L’Eté » : « J’ai grandi dans la mer et la pauvreté m’a été fastueuse, puis j’ai perdu la mer… ».  Cependant  l’exergue de l’ensemble est une citation de Holderlin : « Mais toi, tu es né pour un jour limpide… ». La lumière, encore… Le choix d’un exergue c’est part intégrante de l’écriture, tissage entre lire et écrire.

20/11/2011

L’Intranquille, de Gérard Garouste. En exergue, Rabbi Nahman de Bratslav

INTRANQUILLE.jpg

« Ne demande jamais ton chemin à celui qui le connaît. Tu risquerais de ne pas t’égarer. »

Rabbi Nahman de Bratslav

« L’Intranquille », sous-titre : « Autoportrait d’un fils, d’un peintre, d’un fou », de Gérard Garouste, avec Judith Perrignon, éd. L’Iconoclaste, 2009, et Livre de Poche, 2011. Livre dédié à sa femme Elisabeth. 

Gérard Garouste, peintre : http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Garouste 

Le LIVRE. Fiche decitre.fr : http://www.decitre.fr/livres/L-Intranquille.aspx/9782253156741  

Olivia de Lamberterie, Elle : « L’Intranquille est un livre triste et admirable » (citée sur la 4ème de couverture)                                      

Paris-Art.com : http://www.paris-art.com/editeur-design/l-intranquille-autoportrait-d-un-fils-d-un-peintre-d-un-fou/garouste-gerard/2510.html  (« L'Intranquille est le premier récit personnel de Gérard Garouste, artiste internationalement reconnu. Ses oeuvres sont exposées dans les plus grands musées du monde. ». Avec une partie du résumé publié sur la 4ème de couverture. Début : « Je suis le fils d'un salopard qui m'aimait. »). Cette phrase, citée là, est une clé bouleversante pour entrer dans ce livre, ce témoignage, cette œuvre : complexité des êtres et de l’affectif. 

Interview de Judith Perrignon (coauteur du livre), sur le site de l’éditeur, L’Iconoclaste : http://www.editions-iconoclaste.fr/spip.php?article1336  

« "L'Intranquille. Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou", de Gérard Garouste : Garouste, l'horreur des origines », par Philippe Dagen, Le Monde des Livres, 07-05-09. (Mise à jour : lien inactif). Citations : « De Gérard Garouste, on sait qu'il est un peintre français né en 1946 et que sa peinture, depuis les années 1980, va si fortement à contre-courant des tendances issues du minimalisme et du conceptuel qu'elle est tenue pour emblématique de ce que l'on nomme tantôt retour à la figuration, tantôt postmodernisme. Aujourd'hui, Garouste peint des scènes fabuleuses et énigmatiques et des portraits » (…) « Aussi la parution de L'Intranquille, sous-titré Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou, sa première prose, surprend-elle. Qu'est-ce que Garouste peut avoir à écrire ? Des histoires d'atelier ? Non. Des réflexions sur la situation actuelle de l'art ? Très peu. La peinture et le dessin ne sont pas absents. Mais ce qui fait la force et l'intérêt exceptionnels de L'Intranquille, c'est ce que Garouste y révèle de son histoire et la clarté résolue et calme avec laquelle il le révèle - sans aucun pathos, sans masochisme non plus. » 

Mohammed Aïssaoui, Le Figaro, 20-10-2011 (Rubrique Les Poches du jour) : http://www.lefigaro.fr/livres/2011/10/20/03005-20111020ARTFIG00823-gerard-garouste-autoportrait-d-un-intranquille.php  (« Peu d'auteurs savent recueillir avec autant de talent et de sensibilité les confidences. Question d'écoute. Judith Perrignon a tendu l'oreille à Gérard Garouste. ») 

Rubrique « Faites-vous des Poches », Le Point, par Marine de Tilly, 10-10-2011 :  http://www.lepoint.fr/livre/l-intranquille-autoportrait-d-un-fils-d-un-peintre-d-un-fou-de-gerard-garouste-avec-judith-perrignon-10-10-2011-1382831_79.php (« Ce petit livre sombre, profond et d'une sincérité désarmante raconte tout cela : l'enfance, l'antisémitisme et la folie, aux trousses d'un immense artiste. ») 

Blog de Vanessa Curton. Livres coups de cœur. Lecture de L’Intranquille. (Mise à jour : lien inactif...). Citation : « Regard sur ce père qui vient de mourir et son antisémitisme effréné. Gérard Garouste s'est construit en rupture, comme un cri, avec cet enfant au creux de lui et cette ferveur de "peindre jusqu'à l'épuisement". En rupture aussi avec ses contemporains. Tandis que ceux de son âge cherchaient à faire des performances, à provoquer, lui, il "cherchait le chaos des poudres" sur une toile préparée à l'ancienne, choisissait l'érudition et trouvait peu à peu son langage. »)

14/11/2011

Soufi mon amour, d’Elif Shafak. (En exergue, Shams de Tabriz)

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 « Quand j’étais enfant, / je voyais Dieu, / je voyais les anges ; / je regardais les mystères des mondes d’en haut et d’en bas. / Je croyais que tous les hommes voyaient la même chose. / J’ai fini par comprendre qu’ils ne voyaient pas… »

Shams  de  Tabriz

………………………….

Cette citation est mise en exergue en tête de l’ouvrage d’Elif Shafak, romancière turque, « Soufi mon amour », 2010 (éd. 10/18 2011). Traduction, de l’anglais, par Dominique Letellier.

Fille de diplomate Elif Shafak est née à Strasbourg, a vécu en Espagne, puis en Turquie, a enseigné aux Etats-Unis. Elle vit à Istanbul.

Site officiel (en anglais), Elif Shafak : http://www.elifshafak.com/index.php

BioBibliographie, fiche wikipedia, Elif Shafak : « Féministe engagée, cosmopolite, humaniste et profondément imprégnée par le soufisme et la culture ottomane, Şhafak défie ainsi par son écriture toute forme de bigoterie et de xénophobie. » (…) « Le soufisme a toujours joué un rôle central dans l'écriture de Şhafak mais ce n'est qu'avec son dernier roman en date, « Soufi, Mon amour », qu'elle aborde pleinement le sujet. » https://fr.wikipedia.org/wiki/Elif_Shafak

Ce roman tisse des histoires croisées. D’une part, Ella, américaine de culture juive, et Aziz, européen converti à l’islam, photographe, écrivain et voyageur passionné, soufi (et qui semble avoir ainsi retrouvé là une identité d’âme bien plus ancienne…), des êtres de notre temps, qui vont s’aimer et bousculer leur vie pour être fidèles à eux-mêmes. Et, d’autre part, le grand Rûmi, érudit, mystique, et poète, et son maître Shams de Tabriz, le derviche errant, dans un temps bien plus lointain( le XIIIè siècle), et dans un monde peuplé d’êtres très divers qui seront tous marqués d’une manière ou d’une autre par la rencontre déstabilisante de Shams, l’accoucheur d’âmes. Un roman dans le roman ("Doux blasphème"), des pensées de sagesse dans le roman : c’est là un livre dont la lecture est infinie et qu’on se remet à parcourir pour y puiser du sens bien après avoir refermé à regret la dernière page. L’ouvrage met l’amour au centre de toute réalisation de soi, et le soufisme y est présenté comme une clé  possible, une voie vers ce centre intérieur . Voilà des pages qui permettent d’entrer dans la compréhension de cette haute spiritualité musulmane qu’Elif Shafak connaît si bien. Histoire, sagesse, mystique, éthique et questionnements simplement humains… voilà des pages qui donnent matière à réflexion et méditation (et qu’il faudrait donner à lire à tous les faiseurs d’amalgames). « Je crois que la visée de l’art, et en particulier de l’art du récit, est de construire des ponts. », dit l’auteur dans un entretien de qualité, publié sur son site.  (Elle y donne des références pour dire ses lectures sur le thème du soufisme).

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CITATIONS :

« Pour moi, le soufisme est une tapisserie où s’entrelacent couleurs et motifs. Dans mon roman, je ne présente pas le soufisme comme une notion abstraite ou un enseignement théorique, mais comme une énergie vitale, chaude, apaisante. Je m’intéresse à ce que le soufisme représente dans notre monde moderne. Je souhaite montrer la portée de la philosophie de Rûmi aujourd’hui, alors même que nous avons l’impression d’être à des lieues et à des siècles de celle-ci. »

« De l'ouverture du cœur dépend celle de l'esprit. Point n'est besoin de tout abandonner ni de se faire pauvre hère pour tenter d'approcher cette sagesse universelle. Elif Shafak invite chacun, croyant, agnostique ou athée, à ce travail sur lui-même : accepter de se changer pour que change sa vie. »

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Page éditeur, Phébus (BioBiblio. Cliquer sur les couvertures des livres, dont celui-ci, pour lire les présentations): http://www.editionsphebus.fr/fiche-auteur2577/elif-shafak 

Et sur 10/18 (BioBiblio): http://www.10-18.fr/site/elif_shafak_&181&28786.h... 

Critiques du livre… 

La lecture d’Hervé Bonnet : http://blogs.lexpress.fr/les-8-plumes/2012/11/01/elif-sha... 

Et celle de Sabine Mustakim : http://publikart.net/soufi-mon-amour-un-livre-de-elif-sha...

Critique (élogieuse) du livre d’Elif Shafak. Par Kate, sur wodka-over.blog : http://wodka.over-blog.com/article-elif-shafak-soufi-mon-amour-56420106.html