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03/07/2016

"Sous la cendre"... la lumière du regard. Un itinéraire d'écriture...

CENDRE.jpg« Elle avait tant désiré vouloir être haute et intelligible. Autre que sous-entendue, en suspens, voire insoupçonnable. »

Roland Chopard, La voix du silence / Sous la cendre (incipit)

« Je porte le temps brûlé dans mes yeux et je voyage vers vous »

Nizar Kabbani, Femmes (Arfuyen)

« Après le feu, le bois devient cendre; le bois ne peut contempler les cendres, et les cendres ne peuvent voir le bois. »

Tozan (Hokyo Zan Mai), cité par Taisen Deshimaru, La Pratique du zen (Albin Michel)

« Les êtres sont en attente, ils l’étaient avant l’incendie, ils l’étaient sous la cendre, ils le sont, plus que jamais, en ce livre né du feu et en réponse au désastre. »

Claude Louis-Combet, postface / Sous la cendre

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« Le temps brûlé », c’est exactement cela : « dans » les yeux. Car ce sont les écrits accumulés dans un temps antérieur qui ont disparu, détruits par un incendie, et avec eux le temps linéaire. Mais pas le regard. Au contraire. Dans ce livre qui cherche la mémoire de ses textes brûlés (et ne les cherche plus, car la « voix » a changé de registre en opérant une transmutation hors temps et hors « je » : elle n’a plus besoin de cette mémoire vraiment), dans ce livre un écrivain vient vers nous, depuis longtemps, d’avant le feu.

Pourquoi ai-je choisi de mettre Tozan en exergue? Rien dans cet ouvrage ne parle de zen. Mais quelque chose en lui rejoint un détachement proche de cette sagesse a-religieuse dépouillée. Une raison sobre capable d’élargir son espace à l’ouvert rilkéen, à cette hauteur. C’est né de l’alchimie du feu. Pas celui de l’incendie, celui des mots de l’écrivain, celui de l’imaginaire né des feuilles en forêt, celui de l’oeil qui peint à partir d’un centre de l’être.

On entre dans ce livre comme dans un fleuve, un flux de mots et de cendre qui draine une lumière. C’est une ample méditation sur l’écriture et la trace, sur le deuil de son oeuvre, quand les manuscrits ont été détruits et qu’il n’en demeure que de vagues réminiscences en soi. Ce presque rien est cependant fait de bribes qui seront matière inconsciente pour le cheminement d’une interrogation qui dépasse l’histoire personnelle de la perte. L’écriture, là, affronte le silence et le risque du silence, car devant la béance de l’absence des pages créées il pourrait y avoir le choix du renoncement. Recommencer, c’est impossible. Ne plus écrire, en voyant dans l’incendie un signe du destin, c’est ce qu’un certain vertige pourrait produire. Mais au contraire, écrire l’essentiel, créer « le » livre du rêve mallarméen, cela est l’autre choix, qui ne se fera pas consciemment ou pas complètement consciemment. 

Car les mots vont se mettre à sourdre d’un centre de soi qui n’est ni cérébral ni émotionnel. Ce qui se met en mouvement transcende le biographique. Je pense à ce que dit Alain Borer préfaçant Zéno Bianu : racontant une anecdote, un échec vécu à deux (moins dramatique), il dit qu’ils ont compris longtemps après que c’était un koan zen, en quelque sorte. Et j’ai associé, lisant, l’incendie à un koan magistral, qui, intuitivement perçu et intégré par l’auteur, l’a propulsé plus loin, semble-t-il, que ce qu’il croyait pouvoir attendre de son écriture jusque-là (par excès d’effacement aux raisons multiples).

On a sous les yeux, non seulement une réflexion sur un itinéraire particulier, mais, à partir d’une plongée singulière dans le questionnement sur le processus de création, un texte qui se meut en art poétique à portée bien plus large. Les citations que Roland Chopard a choisies comme exergues annoncent une thématique qui englobe son expérience et rejoint les démarches de méditants de l’écriture : Maurice Blanchot et Pascal Quignard. C’est « la voix du silence » qui s’exprime, sans que que le « je » intervienne. Cette voix qui perdure car elle puise dans tout ce qui échappe à l’anecdotique. Et c’est cela, écrire. Refuser les mièvreries subjectives et se mettre en face du miroir que le feu a créé, même s’il fait advenir des remontées de vécus, de deuils. Plonger dans ce que le silence recouvre, lui résister tout en l’acceptant (mais autrement), et le révéler en trouvant les mots. Cette voix… « n’est pas soutenue par l’addiction à un égocentrisme pourtant si nécessaire à la plupart des accapareurs de paroles. » (p. 22). 

La poésie vers laquelle tendre se dilue dans le langage, écrit-il (p. 26-27). Doute et peur, sont les freins du passé. Mais ces obstacles intérieurs sont aussi les signes d’un immense refus de ce qui n’est que mirages formels, conformité à des codes plus sociaux que littéraires ou artistiques (lire p. 25). Ce refus est l’expression d’une exigence radicale. C’est à Gilbert Lascault que je pense en relisant certaines pages que je perçois comme des textes rebelles (p. 25, notamment). Dans « Écrits timides sur le visible », Gilbert Lascault inscrit sa démarche « loin des certitudes, hors des polémiques », et, pour la défense de son « esthétique dispersée », il fait l’éloge d’un pluriel qui ne néglige ni l’errance nomade ni le goût du « peu » (comme la poussière prisée par léonard de Vinci). Mais aussi il fait le procès de ceux qui construisent des schémas et des normes pour « établir des ordres et des hiérarchies », interdire le « territoire » de l’art « à ceux qui ne seraient pas dignes d’y entrer ». C’est vrai aussi pour ce qu’on nomme poésie, littérature. Au point que, indépendamment de drames tels que des incendies qui détruisent (ou des sauvegardes qui se perdent) le plus grand obstacle à l’existence d’une oeuvre peut être le long évitement qui maintient indéfiniment les textes dans le tiroir de la maturation hésitante. Cet évitement qui a précédé le feu, l’auteur en parle. Mais il a deux faces. Dont une est la résistance qu’il faudrait savoir déjouer (et qui peut faire que jamais l’oeuvre n’existe, le temps passant, ou qu’elle soit tragiquement posthume). Et l’autre c’est ce retour à Mallarmé, l’attente de l’achèvement, de l’intense dont on sait qu’il est en train d’advenir. 

Ici le feu a été le déclencheur pour dire stop, et accepter l’achèvement. Alors se tisse cette méditation lente qui est poésie autrement. Et le gris que le feu a créé en recourant les couleurs de cendre il le choisit ou se laisse le choisir. Ce gris dont Gilbert Lascault dit (même ouvrage) qu’il est du côté des béances et du mouvant, éduquant l’oeil. 

De la « Suite » sur le silence on passe à « Écripeindre » (p.39), entre regard et forêt, lieu « mythique » et lieu réel qui semble avoir été le maître en fugue et leçon d’oeil. Derrière le poète (car ce long texte ample est poème) se cache l’oeil du peintre. Est riche de sensualité la parole tracée pour dire cette fascination pour la forêt, l’imaginaire et les feuilles. Une des clés est donnée par les citations de William Blake et Léonard de Vinci (p.47) : le « grain de sable » de l’un, où tout peut être vu, si on contemple suffisamment, et le « vieux mur » de l’autre, où se créent nos fantasmagories, si on accepte de regarder librement et assez longtemps. Tentation de la peinture : « Partir d’un signe, d’une trace et tourner autour, le traverser, le masquer, le mettre en évidence ou l’effacer au prix d’un travail qui se contenterait d’obéir à des injonctions. » Autre clé, la citation de Pessoa (p. 55), qui affirme la force de la littérature pour échapper à l’incommunicable… Mais les clés sont plurielles, références de lecteur avide, et qui relit : Pound (pp. 79-80), Giroux (p. 80), Ponge (p. 82), pour ne citer que quelques noms (voir citations, exergues, évocations…). Relire, nous aussi : c’est posé pour qu’on déchiffre… Clés dans une clé dans une clé. Tableaux dans un tableau dans un tableau. Mot dans un mot (« écripeindre »), texte dans texte. Construction en abyme, affirme-t-il, comme méthode « qui permet le retour » (p.74). La voix singulière s’ouvre à une « polyphonie » (p. 78), car des bribes multiples affleurent. 

Roland Chopard a réussi à éviter d’abandonner la voix au piège du « perpétuel chantier » (p. 87), en acceptant la fin de cette écriture-là, en décidant de donner à lire ce qui est advenu. 

Et du poème en prose il a fait un réel art poétique, valable au-delà de lui, car toute écriture se fonde sur des cendres écartées (de tout autres cendres), sur la pénétration dans un labyrinthe à déchiffrer. Toute écriture authentique affronte le vide et le doute et cherche le « comment » en raturant un infini palimpseste, en prenant le risque de tout effacer ou de ne jamais donner à lire. Tout poète est lecteur d’oeil. (Ou n’est pas). L’auteur le sait qui écrit-peint et cite Edmond Jabès : « c’est l’oeil qui déclenche le vrai questionnement » (p. 103). L’écrivain écoute Bach en recouvrant de mots ses pages. Bach « comme un baume » (p. 112). 

Le drame du feu devient une métaphore universelle pour dire la création et la mort, le doute, le vide, et la force d’une alchimie transformatrice. Où l’auteur naît à lui-même. Où le poète non seulement crée mais enseigne, par cette longue lettre-poème avec ses banderoles de fumée grise, porteuses de sens. Théorie littéraire (en refus de l’égocentrisme), humble (par rejet du théorique brut).  Pur poème, enfoui dans sa prose, pierres gravées, en quelque sorte. Comme Bach ce livre peut être un baume. Pour moi, oui...  

Pour clore, j’ai envie de citer un texte de Claude Louis-Combet, car c’est une phrase qui convient à cet ouvrage (ce n’est pas étonnant qu’il ait su saisir à ce point l’enjeu vital du livre dont il a écrit la postface). C’est l’excipit d’un livre de fragments paru en 1992 : « Mais c'est la langue qui est l’organe majeur de la création verbale. Elle a le goût du désir et le goût de l’infini et c’est un seul et même goût. » (« Le Don de Langue », Lettres vives).

MC San Juan

« Sous la cendre ». La page sur le site de l’édition Lettres vives (parution mai 2016) : http://www.editions-lettresvives.com/2016/05/parutions-pr... 

02/05/2015

De phrase... en phrases lues, relues, danser en esprit. CITATIONS

BIBLIO médiante.jpg

« Vent tissé », seuils et pas... (C’était le titre de la note du 04-12-2010. Exergues...).

Trames... Vent tissé, fils brisés, parfois. Tisser, c’est faire pont, mais c’est aussi dénouer les nœuds mensongers, dénoncer l’injuste, par le murmure ou par le cri. Cependant, toujours, revenir au silence, au poème, au regard…  Voici mon manifeste aux mots empruntés. Goût de citer, d’extraire, qui n’est séparable, pour moi, ni de la lecture, ni de l’écriture… Seuils et pas.

Je reprends, ci-dessous, plusieurs des exergues posés en 2010, au moment de la création du blog sur hautetfort... et un peu après. Et, là, cette anthologie miniature, sorte de manifeste aux mots empruntés, s’enrichit encore de quelques citations... qui me sont essentielles. Exercice : bribes notées au fil des lectures, cristal des livres, essence nourricière. Anthologie, et autoportrait... Danser en esprit... Être.

Autoportrait, peut-être, aussi, ce fragment de l’intime sur deux étagères... Lire (trames... errance / écriture... / identités traversées... / être...).

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« La seconde métaphore est la trame. » 

  Jorge Luis Borges,

  Treize poèmes.

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« Notre vie est du vent tissé. »   

   Joseph Joubert,

   Pensées.   

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« Cela qui fait de nous l’humanité

Tissage et métissage »

Salah STETIE, Le Bleu de la question (ds A poèmes ouverts, Anthologie, choix de JP Siméon, éd. Points)

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 « Je suis seuil et je suis chemin.

 Je suis pierre qui dit l'horizon.

 Je suis l'enclos des pas nomades.

 Je suis paume où se lisent les lignes de l'ailleurs. »

  Jacques Lacarrière

    A l'Orée du pays fertile

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« Trame parmi les incidents / Peut lui être augure »

Ted Berrigan

Les sonnets 

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« Il est urgent de réveiller le nomade que chacun porte en soi. »

Jean Malaurie

Ultima Thulé

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« On n'est pas originaire d'un lieu mais de plusieurs. »

Eric Faye

Somnambule dans Istanbul

(cité par Florence Bouchy, Le Monde du 29-11-2013) ......

 « Salut aux passeurs, aux errants, aux exilés. »

Jean-Claude Xuereb, Ulysse ou l’ultime épreuve

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« ... l’habité, l’inhabité. / Voué à l’errance. »

Edmond Jabès

Récit

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 « Ils construisent des murs et ils détruisent le vent. »

Jean-Marie Kerwich, poète gitan, cité par Alexandre Romanès, poète et directeur de cirque.

Nomades, nous resterons : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/26/nomades-nous-resterons-par-alexandre-romanes_1485448_3232.html )     

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« Développez votre étrangeté légitime. »

René Char

Fureur et mystère

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« errance de qui ne se lasse pas / de traverser les frontières »

Abdelwahab Meddeb

Portrait du poète en soufi

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« Sur cet îlot de l’univers / L’univers seule patrie »

Ahmed Azeggah

Arrêtez (Anthologie de la poésie algérienne, « Quand la nuit se brise », dirigée par Abdelmadjid Kaouah, Points)

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« La pensée avant d’être œuvre est trajet. »

Henri Michaux

Poteaux d’angle

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« La Nature est une Maison Hantée – mais l’Art – une Maison qui essaie de l’être. »

Emily Dickinson

Autoportrait au roitelet

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 « -- Et cela pourriez-vous le décrire? Et je répondis : -- Oui, je le peux. »

        Anna Akhmatova    

       Requiem

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« Dans de la colle durcie, Ce pas. Oh, que d'efforts Pour repousser pour rebrousser la route De l'opinion commune! » 

      Marina Tsvétaeva         Le Poème de l'air

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 « Qui dira l’intérieur d’une orange ? / Qui peut à cette clarté-là lire au-dedans des pierres précieuses ? »

Rainer Maria Rilke

Chant éloigné

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« De jour tu écris le poème / qui écrit / en toi / la nuit »

Henry Bauchau

Nous ne sommes pas séparés

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« Je reconnais ma nuit je reconnais ma cendre / Ce qu’à la fin j’ai su comment le faire entendre / Comment ce que je sais le dire de mon mieux »

Aragon

Le roman inachevé

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« Un livre ouvert c’est aussi la nuit. »

Marguerite Duras

Ecrire

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« Affirmer et garder par un poème, / ce qu’est la durée. »

Peter Handke

Poème à la durée

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« J’efface en écrivant. J’écris en effaçant. Je l’un ou l’autre, ou l’inverse. N’importe. Je cultive les passerelles. »

Lyonel Trouillot

Eloge de la contemplation/Poésie

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« Travaillant et retravaillant / les mêmes textes / jour après jour / perdant tout sens / de ‘production’ et de ‘publication’ / toute idée d’une ‘réputation’ à forger / engagé plutôt dans quelque chose / -- loin de toute littérature -- / que l’on pourrait pertinemment nommer / un yoga poétique. »

Kenneth White

La Résidence de la solitude et de la lumière / méditations pyrénéennes 1

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« Un coup de dés jamais n’abolira le hasard » (...) « C’était le nombre  issu stellaire » (...) « Rien n’aura eu lieu que le lieu » (...) « Toute Pensée émet un Coup de Dés »

Stéphane Mallarmé

Un coup de dés

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« Pour chercher le ‘duende’*, il n’existe ni carte ni ascèse. On sait seulement qu’il brûle le sang comme une pommade d’éclats de verre... » (« Le ‘duende’ opère sur le corps de la danseuse comme le vent sur le sable. »

Federico Garcia Lorca

Jeu et théorie du duende

[* el duende : (intraduisible...). La flamme de l’art, qui rend possible l’art, la poésie. Le souffle du flamenco, le feu qui jaillit de l’élan du corps, hors de toute maîtrise technique. Une magie qui opère à la frontière de la souffrance et de la joie. De l’ordre de la transe mystique ou sensuelle. Transcende tout. C’est présent ou pas, et on le sait.]

Federico Garcia Lorca

Jeu et théorie du duende

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« Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. » (...) « Enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

Charles Baudelaire

Petits poèmes en prose

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« J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d’or d’étoile à étoile, et je danse. »

Arthur Rimbaud

Les Illuminations

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« Les labyrinthes érudits de Borges ont ouvert mon troisième œil en me faisant découvrir les profondeurs des sagas et des mythologies. »

Erri de Luca

La parole contraire

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 « Mon pays, / C'est toutes parts où des hommes. / Mon pays? / Toutes parts où des soleils. »

Gabriel Audisio, poème

Hommes au soleil, 1923

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« Sur cet îlot de l’univers / L’univers seule patrie »

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« Seul un esprit socratique d'indulgence envers les autres et de rigueur envers nous-mêmes peut constituer une réelle menace pour une civilisation fondée sur le meurtre. »       

Albert Camus      

Conférence, 1946, Columbia University, USA. NRF, janvier 1996, n° 516.

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« Si l'homme nouveau n'invente pas un vocabulaire à la mesure de sa conscience / Que s'écroule l'homme nouveau. » Jean Sénac Citoyens de beauté 

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« On se croit libre de vivre sa vie d’être humain et d’écrivain, ne se reconnaissant d’autres obligations que celles que vous dicte votre conscience d’être humain ordinaire, semblable — et singulier pourtant — à des milliards d’autres êtres humains.

Et on se retrouve face à une foultitude d’individus et d’institutions qui ne rêvent que de vous inclure de gré ou de force dans une division du monde en troupeaux ethniques, évidemment hiérarchisés les uns par rapport aux autres. » 

Anouar Benmalek

De la malédiction d’être arabe

et de quelques moyens, pour un écrivain arabe, d’y échapper

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 « Vivre ailleurs que là a changé pour moi le sens du mot vivre. »

Marie Cardinal

Au pays de mes racines

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 « Qu’avons-nous appris ? A vivre sans sombrer dans la haine. »

René-Jean Clot

Une Patrie de Sel

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« Les paysages sont comme les livres : ils nous ouvrent à la vie mais leur sens change selon l’âge et les circonstances. (…) Et, matrice de notre mémoire, ils nous constituent à jamais. C’est en eux que s’élaborent, jour après jour, notre sensibilité et notre métaphysique du monde. »

Jean Pélégri

Ma mère, l’Algérie

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« Un honnête homme, un homme de cœur, ne saurait se taire ni se boucher les oreilles. »

Mouloud Feraoun

Journal 1955-1962

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« Jamais l'Obscur en soi ne fut si parfait / car toutes les haines emmêlées / à la liasse des remords / ont saccagé les derniers relents de la lumière »

Umar Timol

(Source : africultures.com / Rubrique POESIE)

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« Oui, j’essaierai d’être. Car je crois que c’est orgueil de n’être pas. »

Antonio Porchia

Voix

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« Je suis l’analogue de ce qui est. »

Paul Valéry

Ego scriptor

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« As-tu déjà regardé l’ombre de tes larmes ? Ce n’est pas une ombre ordinaire, ça n’a rien à voir. C’est une ombre venue exprès pour nos cœurs d’un autre monde lointain. »

Haruki Murakami

Chroniques de l’oiseau à ressort

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« Prends et lis! Prends et lis! »

Augustin (de Thagaste, 654-430)

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« le monde est un tissu d’épiphanies / toute chose visible porte en elle / les traces de l’Invisible »

Abdelwahab Meddeb, Portrait du poète en soufi (Belin)

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« Indemne, qui le prétend ? / Mais d’où survient le lien, la ligature du moment ? »

 Jean-Marie Blas de Roblès, Hautes lassitudes (Dumerchez)

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« L’Orient n’a jamais commis l’erreur de verser dans la poésie individuelle ; tout ce qui a une valeur dans la poésie orientale traite de l’universel. »  Antonin Artaud, Préface (élogieuse) au recueil de Roger Gilbert-Lecomte, La Vie l’Amour la Mort le Vide et le Vent  (Poésie/Gallimard)

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« Je ne reconnaîtrai jamais le droit d’écrire ou de peindre qu’à des voyants » Roger Gilbert-Lecomte (à propos de Sima), Puisque peinture il y a... / Œuvres complètes (Gallimard)

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« Nous ne voulons pas écrire, nous nous laissons écrire. » Roger Gilbert-Lecomte, Avant-propos au premier numéro du Grand Jeu (Poésie/Gallimard et Oeuvres complètes, Gallimard)