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21/06/2019

Traversée thématique. De l'aleph au son, des livres et des livres...

SILENCE.jpgJe prolonge ici une recherche commencée avec une note en 2013 (lien ajouté, note qui suit). Silence entre les mots, entre les textes, par les textes... Titres de livres à découvrir. Poésie, spiritualité, art, philosophie... J'ai noté en titre "De l'aleph au son"... Car le silence est  présent dès l'alphabet dans le processus d'écriture, et paradoxalement il permet d'arriver au son : musique des mots, musique de la poésie, chant intérieur du sens.

POÉSIE, fragments.

. Traduit du silence, Joë Bousquet, 1942. L’Imaginaire/Galliimard, 1995 

. Les récifs du silence, d’Ahmed Azeggah, éd. Quatre vents, 1974 

. Ce pays du silence, Charles Juliet, P.O.L., 1992

. Entre parole et silence /Haïkus, de Georges Bogey, Éds de L’Astronome, 2009 

. Jours de silence, Henri Michaux, Fata Morgana, 2010 

. Puisqu’il est ce silence (Prose pour Henri Meschonnic),  

   Jacques Ancet, Lettres vives, 2010

. Prologue au silence, François Jacqmin, La Différence, 2011

. Hélène Duc. Le silence de l'autre rive, Unicité, 2014

. Silences (Haïkus), Vincent Hoarau, Unicité, 2016

. Variations sur le silence, Philippe Mac Leod, Ad Solem, 2019

. Dans les plis du silence / Poèmes de la nuit, Gérard Mottet, Unicité, 2019

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SPIRITUALITÉ

. La force du silence, Carlos Castaneda, Gallimard, 1988

. Dans le silence de l’Aleph, Claude Vigée, Albin Michel Spiritualités, 1992

. Le son du silence, Karlfried Graf Dürckheim, Cerf, 1993

. La Révolution du silence, Jiddu Krishnamurti, Stock, 1994

. L’arbre du silence, Jeff Perreau, Altess, 1997

. La mystique du silence, Jacques Vigne, Albin Michel Spiritualités, 2003

. Eloge du silence, Marc de Smedt, Albin Michel Espaces libres, 2015

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REPÈRES. Récits, histoire.

. Le Silence de la mer, de Vercors (Jean Bruller), 1942, Minuit clandestines. Livre de poche, 2000  

   et La bataille du silence, Souvenirs de minuit, rééd. Minuit, 1992

. Silence (roman historique sur les persécutions des chrétiens au XVIIè siècle au Japon) de  Shūsaku Endō, 1966 (Japon), Folio Gallimard, 2010.

. Le Silence, Nathalie Sarraute, Gallimard, 1967, Folio Gallimard, 1993

. Une histoire du silence : De la Renaissance à nos jours. Alain Corbin, Albin Michel, 2016

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Pensée de l’art. ESTHÉTIQUE

. Les Voix du silence, d’André Malraux (art, philo, esthétique), Gallimard, 1951

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… ART

PEINTURE. Le Christ du silence, d'Odilon Redon (1840-1916)

SCULPTURE. Le Silence, d’Auguste Preault (1809-1879)

ARCHITECTURE. Silence et lumière, conférences (1955-1974) de l’architecte et théoricien Louis Isadore Kahn, éds du Linteau, 1996

PHOTOGRAPHIE. Photographier le silence. Titre d'un dossier en ligne sur l’art de la photographe danoise Trine Søndergaard (née en 1972). Elle montre l’absence, l’apparence, le retrait.  (Artefields.net).

CALLIGRAPHIE. Passagère du silence / Dix ans d’initiation en Chine, de Fabienne Verdier, Albin Michel 2003. (Calligraphie, taoïsme, méditation chan. Parcours spirituel et artistique). Livre de poche, 2005.

MIME. Marcel Marceau, la poésie du silence. Livre de Rémi David et Florence Salzano. (Sur l’art du mime, sa création d’un personnage muet, BIP). éd. A dos d’âne, 2016.

OPÉRA (musique et danse). Vers le silence, documentaire de Jean-Stéphane Bron filmant le chef d’orchestre Philippe Jordan (répétitions, coulisses de l’Opéra), 2018.

MUSIQUE. Silence (Conférences et écrits), John Cage, Denoël, 1970, Héros-Limite, 2003

FOLK ROCK. The sounds of silence, de Simon et Garfunkel, 1964 (et 2009-2016-2017). Et dans la bande originale du film de Mike Nichols, Le Lauréat. 

CINÉMA. Le monde du silence, de Louis Malle et Jacques-Yves Cousteau. 1956. Exploration des fonds marins, l’univers de l’océan.

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….. LIENS web…dont articles passionnants (références, citations, bibliographies).

SigilaREVUE franco-portugaise, transdisciplinaire. Dossier : Le silence - O silêncio. Numéro 29, 2012. Thème du silence, en hommage à Cesaria Évora. En ligne, sommaire (bref résumé des articles). L’oxymore comme fil et sujets divers. LIEN… http://www.sigila.msh-paris.fr/-rubrique43-.html

REVUE. Les Cahiers du CIREM (Centre International de Recherches en Esthétique Musicale), dossier sur musique et silence. (N° 32-33-34, 1994). LIEN… http://ressources.ircam.fr/record/default:UNIMARC:19476

POÉSIE (textes). CINQ poèmes sur le silence (et titrés ainsi)… LIEN…  https://www.poesie-francaise.fr/poemes-silence/

CRITIQUEPoésie et silence (article lisible en ligne). Littérature/Larousse. Par Fernand Cambon, 1986 (Lecture de Rilke, Celan, etc.)…. LIEN… https://www.persee.fr/doc/litt_0047-4800_1986_num_64_4_1410

CRITIQUE. De Patrick Quillier, L’épreuve de silence, les preuves par silencerevue Noesis, 19 | 2012 (Article lisible en ligne, nombreuses citations, René Char, Boris Gamaleya, etc.)…. LIEN… https://journals.openedition.org/noesis/1810

PHILOSOPHIE.

Silence et philosophie. Article de Jean-Luc Solère, 2005, Revue philosophique de Louvain. Une vingtaine de pages, parcours de la notion en philosophie. A la fin une riche bibliographie (intégrant des mystiques). Lisible intégralement en ligne…. LIEN… https://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_2005_num_103_4_...

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Et voir la note précédente sur un numéro de Poésie / première... 

20/04/2019

"Le Maître de lumière", livre de Jean-Luc Leguay, danseur chorégraphe devenu enlumineur initié…

LEGUAY LUMIERE.jpgCe qui peut nous faire comprendre la force de notre émotion devant Notre-Dame en feu, je le trouve dans un livre de Jean-Luc Leguay, "Le Maître de lumière". (Histoire de son initiation à l’art de l’enluminure,un long itinéraire...).
 
Patrimoine, oui, cette cathédrale. Mais livre d’une mémoire sacrée, où ce qui est dans les pierres, visible et non visible, est la trace des signes et des savoirs que des artisans initiés ont inscrits. Nous ne le savons pas, ne le comprenons pas intellectuellement, mais nous le sentons intuitivement.
 
Parlant de l’art de l’enluminure, appris avec un maître (moine italien de haute spiritualité, le "Maître") il explique comment des éléments invisibles sont travaillés avec autant de soin que ce qui est visible. Car ils jouent un rôle dans la structure de l’oeuvre, son sens et son message. Ainsi, peignant un personnage il pose l’essentiel au-dessous de ce qui sera visible. Jean-Luc Leguay cite Paul Klee, pour montrer que la conscience artistique, si elle est authentique, tient compte de cela… Je recopie ici un grand passage (page 150 de l’édition Albin Michel, 2004, où cette citation figure) :
 
"L’initié dissimule un point de couleur précieuse en dessous — or, lapis-lazuli, émeraude —  (…) comme un trésor enfoui, inscrivant la terre et le ciel dans la couleur de la peau. Cette vibration de la matière influence celui qui regarde. Tout n’est pas fait pour être vu. De même, les bâtisseurs de cathédrales cachaient des sculptures extraordinaires sur les hauteurs, invisibles depuis le parvis. Personne ne les voyait jamais mais elles participaient de la vibration générale de l’édifice. Dans cet esprit les faces arrière des statues ornant les portails étaient sculptées consciencieusement. L’invisible était travaillé avec le même zèle que l’apparent. De même les enluminures sont truffées de petits trésors cachés. 
'L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible' disait Paul Klee. Il donne à voir autre chose que le réel."
 
L’initiation à son "métier" aura duré dix ans, pour que sa main devienne "main de lumière" (et que l’humilité et la patience de la vraie création le traverse totalement). Celui qui ne crée pas dans cet état d’esprit ne fait que donner à voir son "labyrinthe" intérieur, 'enténébreur', est-il enseigné (contaminant les autres, qui regardent ou lisent). Celui qui griffonne des oeuvres de l’ego, pressé d’être reconnu par les autres, avant de s’être connu lui-même au sens de ce que nous dit cet initié… Grande leçon d'humilité, que ce témoignage de qui se veut artisan de lumière. 
 
Voir la RECENSION complète de ce superbe livre. NOTE posée, après celle-ci, le 01-05-2019 (et petit portail de  liens : pages des éditions, site de l'enlumineur, note d'un blog sur une conférence...) ... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2019/05/01/le-maitre-de-lumiere-un-voyage-dans-le-silence-qui-n-a-pas-6147871.html
 
MC San Juan

18/04/2019

"Échos du silence", de François Cheng et Patrick Le Bescont

échos du silence,françois cheng,patrick le bescont,créaphis,filigranes,photographie,poésie,citations,haut langage,art,artistes,québec,l'intervalle,fabien riberyÉcrire ce qui se tait est une démarche d’alchimie.

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(La couverture du livre ne comporte pas le bandeau blanc qu'on voit sur tous les sites, ajout mis pour les librairies)

J’ai découvert, par hasard, en librairie, cet ouvrage aux dimensions d’un passeport (et c’est d’ailleurs le nom de la collection, "Format Passeport").

"Échos du silence" est le titre de ce recueil de fragments poétiques de François Cheng, posés en marge du regard de Patrick Le Bescont. C’est la trace d’un double parcours photographique hivernal au Québec, il y a une trentaine d’années. Le livre, publié en 1988 chez Filigranes, édition créée par le photographe, a été réédité par Creaphis en 2018.

Trente ans d’écart. Et même présence intemporelle de ces éclats de silence.

On voit un univers presque désertique, de glace, de gris, perdu entre ciel et fleuve, fleuve et terre glacée. C’est souvent minimaliste, un trait, l’infini d’un horizon gelé. 

Ces images (créées avec un appareil construit par le photographe) ne pouvaient que séduire François Cheng. Car c’est un monde silencieux, offert à la contemplation, où la vie n’apparaît que par touches subtiles : un peu de végétation, sèche, un oiseau loin dans le ciel, d’autres qui rasent l’eau à la recherche de nourriture, et un magma entre eau et terre. Et c'est un univers qui peut illustrer (ou traduire) la réalité ternaire du Tao. Le Yin et le Yang prenant sens avec l'espace, le concept, du Vide médian, ce troisième élément de la pensée chinoise (auquel François Cheng tient, et qu’il cherche à nous faire entendre). Ce qui relie est paradoxalement l’absence, le rien. De cet univers le Yin serait la glace, le plat des terres froides, le Yang serait la force de l’immense horizon, et le feu caché, feu paradoxal de ce qui brille, présent dès le deuxième poème. Et le Vide ? Ce quelque chose de mystérieux que seul le silence peut révéler, et qui dans les poèmes passe par les mots supprimés, les parenthèses invisibles qui créent un espace entre les vers, un peu comme dans la respiration du méditant, ce qui n’est ni l’inspiration ni l’expiration, mais l’entre-deux qui les permet.
 
On imagine, on sent, le silence des lieux, et on a l’impression de partager la présence méditative du regard du photographe. Comment regardait-il ? Contemplant, et laissant l’évidence de l’image s’imposer ? Ou, concentré, cherchait-il en lui le point où regarder changeait de dimension et lui faisait capter ce silence-là, celui dont il devinerait ensuite (c’est lui qui le lui proposera) que le poète François Cheng le saurait, le savait déjà, le devinant d’avance, car su d’autres expériences intérieures.
 
Et, effectivement, total est l’accord entre les images et les mots du poète. Il déchiffre les traces, voit l’ombre, et dans la glace voit le feu, voit les "irradiants diamants". Il écrit ce qui rêve en soi, l’eau à la "saveur de larme et de sel", et ce qui, dans la vague, fait naître la peur physique chez l’être humain, devant la force violente de la nature, mémoire ancestrale des corps.  Lui aussi regarde, à travers les photographies, le monde qu’elles présentent. Ou il pense le regard du photographe, se met à sa place, déchiffre le mystère du regard photographique. "Au centre de l’oeil immobile / contempler"... Il interroge le rôle des mots. "Nommer" révèle-t-il cet univers ? Question à la source de l’écriture. Car écrire ce qui se tait est une démarche d’alchimie. 
 
La pensée de la mort est présente. Comme si la nudité de cet espace renvoyait à une solitude, à une interrogation métaphysique dans la solitude d’un monde qui se tait (interrogation permise par cela même, la solitude et l’absence de messages). 
 
Le poète note "le passage du noir, du gris" et "la lumière sans ombre". Il remarque les goélands. Le poète ne se contente donc pas d’être le déchiffreur d’un paysage, il en fait l’espace d’une méditation sur le sens de notre présence. Et un poème, presque central, donne la clé de sa pensée (p.40). L’Un... 
 
"Le trait est l’Un
 L’Un est le trait
 Là où les souffles se séparent 
             et se réunissent
 Le fini et l’infini tracent leur partage 
             pour ravir le regard de l’homme"
 
La force de François Cheng est de dépasser ce qui pourrait demeurer une contemplation esthétique ou une errance angoissante entre rêve et peur. Il trouve là, encore, la place de l’unicité, du Tout. Le sens d’être, dans le réel terrestre. Et juste après ce poème il évoque, page suivante, le nuage "un instant capturé" : "Tu nous délivres de notre exil". L’exil, ici, n’est pas de pays. Il est celui de l’essence, de l’âme coupée du Tout, hors de l’Un, endormie dans un rivage trop matériel. Nuage, symbole de la transcendance entrevue. Et c’est encore dans le ciel que se fait le lien. Par "le cri d’une mouette égarée" se recrée "l’alliance ciel-terre". Et c’est de la "lumière" qu’il attend que soit dit "le secret de nos errances".
 
Des photographies de branches nues sont comme des calligraphies, mais ce ne sont pas celles où l’auteur voit une lecture possible, il n’y déchiffre qu’un "signe mal effacé" où la nature se refuse (elle ne se donne qu’au photographe et ne veut pas des mots). Il préfère lire le trait de l’horizon, cet horizontal "Un" minimal. Et, à force de regarder ces étendues d’un littoral un peu mystérieux, il transforme la "grisaille" en "griserie". Peut-être par contagion, ou divination, saisit-il cette ivresse de la tension sans tension qui permet la capture du réel par l’œil qui cadre et capte. Le poète "est" photographe, par osmose intime avec l'esprit de l'artiste qui voit. Il contemple. Et dans ce silence il met du son, celui de l’écoute d’une respiration cosmique, et celui des "échos" d’une musique imaginaire qui serait la vibration du monde. C’est le "rythme éternel" que le photographe a senti et montré, puisque cela peut être vu à travers lui, et que l’écrivain sait. De nouveau, accent mis sur ce qui unifie. Même l’hiver...  
 
Cet "Hiver unifiant
       Divers unifié"
Le dernier mot du dernier fragment, sur le lointain, est "retour".
Celui du retour à la présence .
 
échos du silence,françois cheng,patrick le bescont,créaphis,filigranes,photographie,poésie,citations,haut langage,art,artistes,québecPar le pouvoir du regard double, en duo musicien, où l'écriture dessine la partition qu'elle déchiffre sur les photographies. Haute conscience de François Cheng, sa poésie est vraiment ce "haut langage" pensé, théorisé, par Jean Cohen dans son ouvrage "Le haut langage / Théorie de la poéticité". Et grand art de celui qui photographie. Superbe livre que ces "Échos du silence".
 
Pour moi, écrivant ET photographiant, c'est un livre qui interroge profondément, par les questions qui en émergent : sur la création, sur le rôle du regard (dans l'instant photographique soudain mais médité longtemps, et dans la trace minimale ou plus longue des mots).
 
 
MC San Juan
 
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LIENS...
 
Filigranes Éditions...Et un petit diaporama de trois photographies de Patrick Le Bescont…
 
Six photographies sur le blog de Fabien Ribery. L'intervalle (littérature, arts visuels...)... Blog découvert en cherchant justement plus de photographies issues de ce livre.
 
Creaphis éditions

08/02/2018

Maurice Merleau-Ponty. Le regard, la création...

MERLEAU-PONTY.jpg« Le peintre, quel qu'il soit, pendant qu'il peint, pratique une théorie magique de la vision. »

Maurice Merleau-Ponty (cité, exergue, sur la page de France Culture).

Phénoménologie du regard ? (France Culture a donné à lire des extraits de « L’Oeil et l’Esprit » de Maurice Merleau-Ponty). Sur la page, un très beau texte sur le "voyant" visible, sur cette énigme du ressenti de la vision qui fait que voit ce "soi" qui est vu aussi. Donc un regard dans un corps-conscience perçoit en étant dans l'espace du concret, au milieu des choses. Rien d'abstrait. Expérience ordinaire de celui qui regarde. Mais ensuite, expérience extraordinaire de celui qui donne à regarder ce qu'il est seul à saisir. Matérialité de la peinture. Matérialité immatérielle de la photographie. Et, autre transcription du regard, les mots, quand il n'y a plus de trace autre que mentale.
Cette magie de la peinture, je veux bien la penser pour la photographie... Et, même, la poésie... Mais il existe aussi un regard qui crée dans l'absolu sans forcément produire une trace de son opération mentale - ou plus que mentale.
Merleau-Ponty est à relire bien au-delà d’un fragment, pour méditer avec lui sur nous, regardant… https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-... 

Merleau-Ponty 2.jpg« L’Oeil et l’Esprit »… « Merleau-Ponty réinterroge la vision, en même temps que la peinture. Il cherche, une fois de plus, les mots du commencement, des mots, par exemple, capables de nommer ce qui fait le miracle du corps humain, son inexplicable animation, sitôt noué son dialogue muet avec les autres, le monde et lui-même – et aussi la fragilité de ce miracle.» Claude Lefort (page de l’édition)… http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-e... 

Relire aussi « Signes »… http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-e... 

Maurice Merleau-Ponty, fiche wikipedia (de la matière, beaucoup, même s’il est dit que des références manquent)… https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Merleau-Ponty 

Document PDF... Sur Philopsis... « La perception selon Marleau-Ponty », par Pascal Dupond… http://www.philopsis.fr/IMG/pdf_perception_merleau-ponty_... 

18/12/2017

Gilbert Lascault. Un regard essentiel...

ECRITS timides.jpgUn regard essentiel. Une écriture essentielle... 

Critique majeur que Gilbert Lascault.  Nourriture magique que ses chroniques lues régulièrement des années dans La Quinzaine littéraire (puis dans « En attendant Nadeau », en ligne). Livre essentiel que ses "Écrits timides sur le visible", de ces livres coups de foudre qu'on garde précieusement pour des relectures infinies (et qui entrent automatiquement dans la liste pour l'île déserte, réelle ou symbolique).  Bonheur de découvrir une année (il y a deux ans ?),  au Marché de la Poésie, chez Tarabuste, un magnifique volume regroupant critiques et oeuvres commentées, méditées. Une pensée essentielle. Un art. Car son écriture a cette tension entre poésie et philosophie qui est la marque des grands (en tout cas pour moi). Ce vers quoi on doit porter son exigence.  Gilbert Lascault réussit à faire de l'esthétique une éthique. Dans l'esprit (pour moi, encore) de Jankélévitch qui voyait l'éthique (penser la morale) comme un enjeu primordial de la philosophie. Je voyais cela, cette volonté de refuser le regard et les normes qui balisent des frontières sociales, dès les premières pages des "Écrits timides sur le visible".  (Sans parler du titre qui révèle tout de la démarche où le "je" se fait subjectivité humble, par la délicatesse de l'admiration qui effleure en refusant de brusquer avec de brutales affirmations de "sachant"). Leçons de regard d'un "maître" (comme on s'en choisit,  au pluriel). 

E. SAVEURS imprévues.jpgEt merveille, promesse de joies, encore des textes regroupés (voir le lien ci-dessous)… « Saveurs imprévues et secrètes », anthologie, choix de textes sur l’art de Gilbert Lascault, regroupés par  Camille Paulhan, chez Hippocampe éditions, octobre 2017. Chronique de Christian Limousin, sur « En attendant Nadeau »...  https://www.en-attendant-nadeau.fr/2017/12/05/gilbert-las...

«  Saveurs imprévues et secrètes », page de présentation sur le SITE des éditions HippocampeCitation : « Les textes réunis par Camille Paulhan pour ce volume sont issus de catalogues, de revues, d’actes de colloque ou de recueils variés, s’étirant sur une période allant de 1968 à 1994. Ils permettent d’appréhender la poésie d’une esthétique apparemment effilochée, manifestement énamourée et définitivement engagée. Les saveurs imprévues et secrètes, ce sont celles qui émanent des œuvres d’art et parmi lesquelles Gilbert Lascault nous guide, comme un nez manipulant des fragrances évanescentes. »…  http://www.hippocampe-editions.fr/actualites/495-gilbert-... 

Autres liens… 

E. TARABUSTE.jpgLe livre (superbe) paru chez Tarabuste, « Les chambres hantées de Gilbert Lascault » (Citation de la présentation : « Les chambres hantées » se veut le témoin d’un chaos. Mais l’impression de désordre qui règne dans les chambres de Gilbert Lascault est une impression fausse, comme est fausse l’idée que l’ensemble est chaotique. » (…) « Comprendre, expliciter le monde, serait donc un des rôles de l’artiste qu’est Gilbert Lascault. À l’instar de tous les artistes présents dans cet ouvrage, l’oeuvre de Gilbert Lascault comporte infiniment de lectures possibles. Ce que l’on prétend chaos n’est alors que cette infinité de lectures. »)… http://www.laboutiquedetarabuste.com/fr/collections/nouve... 

Page des éditions du Félin, introduction au livre de Gilbert Lascault, « Écrits timides sur le visible », 2008 (réédition, première parution en1979, coll.10/18). Extrait de la présentation : « Mais d’autres plaisirs naissent peut-être ailleurs: dans le flou, dans l’effiloché, dans le dispersé, dans l’impur, dans les ébauches de descriptions des particularités qui se refusent aux généralisations. / Loin des certitudes, hors des polémiques, bavard et balbutiant, éparpillé en textes non liés, un discours esthétique (parmi d’autres discours esthétiques possibles) peut tenter d’effectuer un certain parcours: discours nomade, vagabond, qui ne se connaît pas d’ennemis, qui ne se cherche pas de but, qui erre pour éviter l’ennui de son immobilité. Discours timide aussi, toujours un peu indécis. » / « Un tel discours ne sait pas s’il est ou non subversif. Il n’oserait pas se vanter de l’être. Il se croit plutôt inoffensif, un peu perdu, et (comme dit le langage populaire) toujours «à côté de ses pompes». Mais il ne fait pas semblant d’avoir une mission, une fonction, un rôle. Tenir un discours de ce type, c’est nécessairement ne pas vouloir que le monopole de la parole soit détenu par les «missionnaires», les «fonctionnaires», par tous ceux qui parlent selon leur fonction et dont on sait d’avance ce qu’ils vont dire. »… http://www.editionsdufelin.com/o-s-chap-r-373.html 

Essai (textes d’un colloque consacré à Gilbert Lascault), « Les Fables du visible et l'Esthétique fictionnelle de Gilbert Lascault », éd. La Lettre volée, 2003. Citation (présentation) : « Pour décrire le visible, Gilbert Lascault a recours à la fiction. Il invente ainsi une esthétique, plus soucieuse de déployer les ruses et la magie des images que de s’enfermer dans un système. Ce volume prend pour point de départ un colloque consacré à son œuvre qui a eu lieu à Amiens en mars 2002. ». Textes et bibliographie… http://www.lettrevolee.com/spip.php?article998 

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Un article de Roger-Pol Droit, Le Monde des livres, 15-05-2008… Citation... « Entrer dans le musée personnel qu'est son appartement ressemble fort à visiter un de ses textes, où cohabitent inimitablement fiction et philosophie, formes plastiques et tournures de phrases, avec un bizarre tempo lent, dans le genre fantastique chaloupé, qui transforme cette oeuvre rare en un monde délicieusement attachant… »… http://www.lemonde.fr/livres/article/2008/05/15/gilbert-l...

Portrait. "Critique d’art"… http://journals.openedition.org/critiquedart/1782 

Fiche wikipedia… https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilbert_Lascault 

Marie-Claude San Juan

26/05/2017

"Et n'oubliez pas de peindre"...

IMAGINE.gifDécouvrir... 

« Et n'oubliez pas de peindre

  tous ceux qui ont vécu leur vie

  comme porteurs de lumière »

 "Instructions aux Peintres et aux Poètes"

  par Lawrence Ferlinghetti

https://immaginepoesia.jimdo.com

16/02/2017

CAMUS, lire et relire ses « Carnets »…

CARNETS... .jpg« Carnets », journal de pensée, journal d’écriture… Livre de chevet, comme le Journal de Kafka. De ces livres lus et relus...

Mais là je reprends (et commente) deux citations posées sur des pages Facebook dédiées à Camus, ces pages littéraires qui font relire des fragments au hasard. Parfois c’est « Albert Camus », parfois « Albert Camus, pensée du jour ». Et j’en ajoute une, en feuilletant l'ouvrage… 

...

"Pourquoi suis-je un artiste et non un philosophe ? C'est que je pense selon les mots et non selon les idées".

Artiste, oui. Poète (lisez Noces...!). ET philosophe. Un des seuls à avoir su penser les totalitarismes sans se laisser fasciner par eux. Et, lui, était en résistance quand il le fallait, quand un Sartre posait des textes dans des feuilles collaborationnistes et signait (comme Beauvoir) l'engagement qui les faisait affirmer (sur l’honneur?!) qu'ils n'étaient ni Juifs ni francs-maçons, pour pouvoir rester dans l'Éducation nationale pendant l'Occupation...! Un philosophe n'est pas un constructeur de systèmes. C'est un penseur qui donne de quoi élaborer une conscience, individuellement et collectivement. Lisez ses "Écrits libertaires", regroupés par Lou Marin, ce chercheur allemand qui a retrouvé tant de textes dispersés dans des revues libertaires du monde entier...

"Paris ou le décor de la sensibilité"... (La page Facebook "Albert Camus, pensée du jour" avait associé cette citation à une photographie de Paris vu de l'espace...).

Paris pensé par Camus… Pensée de metteur en scène, qu'on peut interpréter diversement : force du lieu, richesse sensible possible, ou mirage qui cache les froideurs, ou tout cela en même temps... De Paris, Camus percevait des aspects plus angoissants (autres textes...). L'espace gris, la pluie, qui, malgré la beauté, réveillaient la nostalgie d'un univers méditerranéen solaire (Algérie, Espagne, mais aussi un certain sud en France, celui de son ami si cher, René Char... ou des paysages italiens). Et puis Paris, ce fut pour lui des vécus très divers, entre l'amitié des Gallimard, d'un côté, et l'hostilité d'un certain milieu d'une bourgeoisie intellectuelle rejetant le fils de pauvres et (comme il le dit) l'Algérien en lui (et sans doute l'Espagnol - par sa mère et ses liens vitaux - l'Espagnol  libertaire, surtout…).

Et j’ajoute ceci (Carnets 1945-48) : « Il n’y a pas de justice, il n’y a que des limites. » 

J’associe cette pensée à l’éthique du père de Camus « Un homme, ça s’empêche ». On pose des freins à la violence des êtres, des mots contre les masques du langage. Sans illusion, on résiste à l’injuste. 

LIENS… 

Gallimard, Folio : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio/C... 

Fabula, un appel en 2010 pour un colloque (et quelques pistes de lecture)... http://www.fabula.org/actualites/article35111.php 

Fiche wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Carnets_(Albert_Camus) 

Nombreuses citations, dont fragments des Carnets… http://www.laculturegenerale.com/citations-albert-camus/ 

26/10/2016

Silence, on danse… Silence, on médite… et tisse.

DANSE.jpg

 

« La danse est une forme de foi, une espérance, disait-elle. C’est une aspiration, le besoin d’atteindre un univers, une atmosphère, un état qui vous fait progresser, la recherche d’une vérité. »

Yvette Chauviré, danseuse étoile (citée par Rosita Boisseau, Le Monde, ample article du 20-10-16 qui lui rend hommage après sa mort, le 19 octobre) http://www.lemonde.fr/culture/article/2016/10/19/mort-de-... 

Avant le 19 octobre, je voulais, depuis quelques jours, faire une note brève sur Masatake Ito, danseuse qui laisse son corps bouger en fluidité totale, osmose étrange entre elle et le vent, l’herbe. Contemplant cet instant magique de beauté absolue (ode à la vie) j’avais associé cette fusion avec les éléments à la pratique du chi qong spontané : rien de formel mais un laisser faire de l’énergie qui décide du geste. On est, regardant sa danse, devant une prière cosmique. Les mains envoient leurs spirales en ondes immenses qui rejoignent le ciel lointain, et plus, mais l’ancrage est total, pieds arrimés à la terre, plongeant leurs racines invisibles. Quand j’ai lu cette citation d’Yvette Chauviré j’ai trouvé qu’elle correspondait aussi (en partie au moins) à ce qui émane de Masatake Ito (lien vers une vidéo, en fin de note : magie d’un instant). Autre association naturelle, celle qui concerne un livre, « La danse des femmes » de Rosina-Fawzia Al-Rawi (née en Irak), où la danse (orientale) est présentée, étudiée, comparée, dans la même perspective que ce lien que je fais entre danse et pratique du chi qong avancé. Danse avec ses rituels d’initié(e)s, son mystère, voie pour faire émerger ce qui peut sourdre au-delà des blocages physiques, émotionnels, ou mentaux, et mystère de l’accès à soi. Tout un savoir est là, transmis de génération en génération. (Éd. Almora, 2011). Présentation détaillée sur une page d’Amazon (citation : « Elle détaille précisément des exercices qui ouvrent les centres d’énergies et nous permettent aussi de retrouver une harmonie intérieure. La danse concerne tout le corps et Fawzia nous montre comment ressentir chaque partie du corps pour nous ouvrir à notre espace intérieur de vie et de vibration. En reliant également la danse orientale à la mystique soufie et notamment à la danse des derviches tourneurs, Fawzia explique la dimension mystique et ésotérique de cette danse. »). Lien vers cette page (et d’autres, dont l’édition) sur cette note du blog, de 2011 « Conscience sans objet ». (J'ai remarqué aussi qu’au 25-10-16 on trouve un entretien avec Abdennour Bidar au sujet de son dernier livre, « Les Tisserands, réparer ensemble le tissu déchiré du monde » : http://consciencesansobjet.blogspot.fr/2011/11/rosina-faw... 

Le titre de cette note s’est imposé, par l’association qui s’est faite naturellement entre danse, méditation, et silence (même si la danse est souvent soutenue par la musique). Silence, aussi, de la mort. L’étoile disait que les rôles mouraient et renaissaient, recréés par une danseuse après une autre qui cessait ou disparaissait. Silence, quand on fait des pauses, comme l’explique très bien Alain Gourhant dans sa note de blog, « Pause, silence et poésie ». Silence comme espace de devenir, de ce devenir non obsédé par le futur personnel du petit « moi » mais ouvert au tissage du monde (qui a, oui, besoin d’être réparé par tous les tisserands de liens et d’art) : http://blog.psychotherapie-integrative.com/pause-silence-...

Un documentaire a été consacré à Yvette Chauviré par Dominique Delouche, « Yvette Chauviré pour l’exemple ». Extrait sur cette page : http://www.filmsdocumentaires.com/films/1184-yvette-chauv... 

Sur la page de FranceInfo l’article sur la danseuse étoile disparue est complété par deux vidéos, deux moments forts (Giselle, Le Cygne) de cette « étoile étincelante » : http://culturebox.francetvinfo.fr/scenes/la-mort-d-yvette... 

Regarder Masatake Ito. Vidéo. Le son est un peu brouillé, mais ce qui importe est la danse du corps : on peut mettre sur silence si cela gêne… (Je n’ai rien trouvé d’autre sur elle, ni article ni lien quelconque.) : https://www.youtube.com/watch?v=bgGIUQr5uTU 

28/06/2016

ECRITURES interférentes, qui respirent le monde, font rhizome, et disent l’oeil. PAGES TISSÉES…

HABITER-LE-MONDE-POETIQUEMENT-COUV-300dpi2-668x1024.gif« Pour l’abandon

ne fais confiance à personne

il te faut te déserter toi-même. »

Francis Coffinet, 

« Ni le moi, ni le mot, mais le monde. »

Kenneth White 

Les sites et blogs "tissés" par moi (dont je viens de vérifier la liste, « Pages tissées », et dont je pose des liens vers des pages précises, notes) sont eux-mêmes (pour la majorité) des tissages complexes qui mêlent dans leurs pages des poèmes, commentaires, regards, et… analyses. Blogs, sites, revues (suivant les cas). L’écriture (poésie, principalement) est le plus souvent l’axe (avec la lecture qui s’y greffe : car celui qui écrit lit - si vraiment il écrit). Mais le poème (ou le fragment) peut être suivi par une note-chronique, quand l’actualité impose une réflexion, quand l’urgence du réel demande une autre parole, dans l’instant. La création littéraire, étant, elle, dans le temps d’une lenteur qui nécessite une mise à distance. Donc tous sont dans un écart de tension intérieure qui obéit à une exigence éthique. Du poème à l’article ou à la note de blog, rupture de modalité. Mais l’un nourrit l’autre, et réciproquement, par cette tension de présence maintenue, en même temps, à son intériorité, et, au-dehors, à l’espace autour de soi, concret et social : d’où la conscience du lointain devenu prochain. 

Comme les îles du monde de Christian Tortel, sur son blog Papalagi. Éveilleur de proximité, il nous fait traverser les mers pour lire Haïti, par exemple, ou, en éveilleur de mémoire du Tout-Monde, déchiffrer nos pluralités. Son blog est une oeuvre, un livre-somme. On feuillette (c’est une image, mais pas si fausse…) et on passe d’une réflexion à une lecture, d’un haïku à un poème plus ample. Et c’est bien que son écriture s’inscrive ainsi entre les pages qu’il consacre à tant d’autres. On y voit un écrivain.

Ce sont des pages glanées sur les sites et blogs de cette liste « Pages tissées ». Pour cette troisième note, des auteurs soucieux d’inscrire la trace de leur démarche à la fois dans l’espace réel du monde (sa matérialité vivante, ancrage et questionnements) et dans l’espace virtuel de la parole à autrui, textes offerts à l’inconnu, en plus des éventuelles publications, éphémères ou pérennes. Mais, aussi, poètes blogueurs désireux de faire rhizome : notes pour des recensions, exergues et citations, démarche de réseau, liens posés, abondants. Enfin, écrivains qui dialoguent avec l’image, le regard étant central, non pour chercher des « illustrations » complices, mais pour créer avec l’oeil, soit seul soit en partage (livres d’artistes). Poètes qui sont en même temps photographes ou peintres, comme prolongement de l’acte d’écrire. La trace est toujours la trace, mais plurielle.

J'intègre à cette note des liens vers des revues où la réflexion théorique donne une place essentielle à la création, et où la pensée "par" le poème n'est pas sacrifiée à la pensée "du" poème objet d'étude. Où l'intelligence du monde passe par sa perception poétique, même dans une rubrique hors poésie. Mais les revues de poésie sont, elles, à découvrir dans la liste adéquate... en marge.

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Donc... PAPALAGI. BLOG Le Monde, de Christian Tortel ("littératures éparses et ultrapériphériques"). Poème : « Des papillons, les ailes du désir » : http://papalagi.blog.lemonde.fr/2015/01/01/des-papillons-... 

...Note, même blog, sur la discussion de mauvaise foi autour de l’enseignement de l’arabe, « Enseigner l’arabe, ou pas?… » : http://papalagi.blog.lemonde.fr/2016/06/05/enseigner-lara... 

... Discrète, une catégorie « Haïku »… pour des perles posées, regards, notes du réel lu poétiquement (ce qui peut être cependant douloureusement). Ainsi, la rue : http://papalagi.blog.lemonde.fr/2016/06/17/haiku-169/ 

... Ailleurs, un blog cité par lui, « J’apprends l’arabe », et cette note choisie : « Il faut savoir payer l’impôt de son savoir » http://djehaarabe.blogspot.fr/2011/08/il-faut-savoir-paye... 

... Sur ce blog, djehaarabe, je relève la citation (trilingue) de Pablo Neruda (espagnol, arabe, français), « Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n’empêcheront pas le printemps de revenir… »  http://djehaarabe.blogspot.fr/2015/09/ils-pourront-couper... 

...Comme j’ai découvert ce blog de citations en langues, dans ses liens (et dans un renvoi de note), on peut découvrir pas mal de pages, les listes de liens étant amples, sur Papalagi…  

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BLOG de Jalel El Gharbi, POÉSIE. Lire, ainsi, un article sur l’écriture de Toussaint Médine Shangô (posé là par l’auteur blogueur après avoir appris le décès de l’écrivain) : http://jalelelgharbipoesie.blogspot.fr/2016/06/toussaint-... 

... Ou « En relisant Primo Levi » http://jalelelgharbipoesie.blogspot.fr/2014/10/en-relisan... 

... Sur Jehat.com  « Littératures inouïes »  http://www.jehat.com/Jehaat/Fr/Poets/JalelEl-Gharbi.htm 

... Traducteur et critique Jalel El Gharbi est aussi poète. LIVRE : « Prière du vieux maître soufi au lendemain de la fête »  http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-priere-v... 

... Voir aussi un poème de Jalel El Gharbi sur le blog d’ Emmila Gitana (« Poème de l’exil, du monde qui rétrécit et des égorgeurs ») : http://emmila.canalblog.com/archives/2013/08/30/27924668.... 

... Et je retiens cette page évoquant Paul Badin...  http://jalelelgharbipoesie.blogspot.fr/2016/03/paul-badin...

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Florence Trocmé, créatrice inspirée du site de poésie Poezibao (ressources, recensions, anthologie…), et du précieux site de Veille « Qui si je criais? », tient un blog attaché à Poezibao, Le « Flotoir ». Nom qui évoque l’impermanence, les notations respectant le flou de la pensée des instants, le flux de notations guidées par le hasard des lectures et des informations. Captation des moments, c’est le blog d’une lectrice attentive, non conforme. Bribes de flotoir, où un passage (fragments du 26 juin) insiste sur l’intérêt qu’il peut y avoir à ne pas comprendre un passage qu’on lit, car alors on devra affronter réellement le sens à saisir. Moment d’arrêt où une autre intelligence peut advenir. Ce qui est dit là pourrait être le manifeste d’une humilité patiente proposée comme méthode de lecture et de vie. Fragments de prose qui coulent : une pensée. Réflexion sur la contemplation du réel et la photographie. A lire, là, ces « bribes » du 26 juin, en deux notes distinctes, sous le même titre, « J’ai un jour tendu l’oreille »... http://poezibao.typepad.com/flotoir/2016/06/jai-un-jour-t... et « J’ai un jour tendu l’oreille (2) »... http://poezibao.typepad.com/flotoir/2016/06/jai-un-jour-t...  

… Voir, note du 19 juin, « Écrire de la main gauche », les fragments sur le visage, la lecture, la poésie, etc. les fragments à l’intérieur des notes ont des titres clairs qui permettent de sélectionner ses lectures, si on ne peut tout lire.

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Le SITE de Jean-Michel Maulpoix présente des notes de lecture, des articles publiés d’abord en revues, des pages bibliographiques pour des présentations rapides de ses livres, avec des liens vers des recensions. Des textes récents, au 27 juin, je choisis les notes sur « La poésie a mauvais genre » (José Corti) et « Le voyageur à son retour » (Le Passeur), et les études amples sur Paul Valéry, « le contemporain capital » (conférence) et Yves Bonnefoy (sur la difficulté de lecture « Du mouvement et de l’immobilité de Douve », méditation sur ce que Bonnefoy appelle « la cérémonie de l’obscurité », et dévoilement  de renversements opérés dans et par l’écriture, image annulée ou gardée mais dépouillée de ses attributs « d’image ». Et je garde aussi, là, le passage sur le carnet de voyage, manuscrit pour rêver. Liens : Le carnet de voyage : http://www.maulpoix.net/poetiquecarnet.html  / Sur Valéry : http://www.maulpoix.net/contemporaincapital.html  / Sur Bonnefoy : http://www.maulpoix.net/Theatrebonnefoy.html   

… Il faut chercher des pages diverses en utilisant le sommaire, comme le renvoi, avec « Manuscrits « , vers des carnets de voyage, des notes entre départ et retour… A « Pages critiques sur la poésie » on trouvera un sommaire (réflexions et entretiens sur la poésie).  Lien (accueil) : http://www.maulpoix.net 

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Lire Francis Coffinet, guidé par son SITE et des pages dispersées (il faut fouiner sur la Toile). Je le lis depuis des années (même si je suis très loin de tout connaître). La meilleure présentation de ce qui peut se lire en ligne serait peut-être ces fragments, poème(s), que je trouve (je cherche les mots, très beaux, oui, superbes, mais ce n’est pas suffisant pour traduire). Intenses, c’est déjà mieux. Il est de ces textes qui sont captés immédiatement, et demandent cependant à être relus. On les saisira sans doute plus profondément ainsi, mais ce n’est pas la raison principale de la relecture. C’est pour retrouver la musique qui continue en soi après avoir lâché la page… Ou pour respirer l’essence de ce qui parle là de l’être (au double sens du terme, parfum et centre axial). Magnifique titre de la page (qui reprend un fragment de vers : « Je t’ai construit dans la promesse / toi / qui porte ta couronne au centre de ton oeil. ». « La Revue des Ressources », 2008 : http://www.larevuedesressources.org/je-t-ai-construit-dan... 

… « Les Ambassades du vide », éds L’Oreille du loup (voir à Catalogue) : http://loreilleduloup.blogspot.fr 

… « Je suis allé au soufre natif », Les Cahiers bleus : http://www.les-cahiers-bleus.com/shop/Je-suis-alle-au-sou... 

… Le site officiel présente le prisme de ses expressions créatrices (triple art, au moins). J’aime particulièrement le dialogue entre poésie et regard, car il est plasticien, et cela est perceptible dans ce qu’il écrit. Ce qui explique aussi le goût qu’il a pour les livres d’artistes où il associe ses poèmes aux créations graphiques, aux peintures ou gravures d’autres plasticiens, en affinité d’évidence. Par exemple ce qui a été créé pour l’édition Transignum (Wanda Mihuelac), comme « Un requiem pour le viseur » : http://www.transignum.com . Ou les livres-oeuvres pensés avec la plasticienne Thérèse Boucraut…  Mais voir aussi la page sur le Trio Sinistra (théâtre/musique/performance) : http://francis.coffinet.free.fr 

... Livres chez divers éditeurs (dont Dumerchez). Plusieurs ouvrages publiés par Alidades... http://alidades.librairie.pagespro-orange.fr/coffinet.html 

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Thierry Guinhut, sur son BLOG, Littératures, fait alterner notes sur la littérature, textes traitant de  photographie, et fragments de travaux en chantier… Ainsi, la page sur Anna Akhmatova, entre recension et réflexion sur la traduction : http://www.thierry-guinhut-litteratures.com/2015/03/requi... 

... Et, autre sujet, on parcourt un itinéraire photographique, pratique et théorique, à travers lequel l’auteur interroge directement le sien. La question du « beau » en photographie (du beau, et donc du laid) : http://www.thierry-guinhut-litteratures.com/article-rober...

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Photographie aussi, Cartier-Bresson, expo de 2014, sur le blog Un café littéraire :   https://uncafelitteraire.wordpress.com/2014/02/18/henri-c...    (Et des fragments autobiographiques, des notations diverses)

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BLOG que je découvre, poésie, en découvrant l’auteur : Les tribulations d’Éric Dubois. On y trouve des poèmes, des fragments, des notes de lecture (voir les catégories), et son « work in progress » (quand les blogs sont nos ateliers d’écriture…). A lire aussi, des notes très très brèves (Journal de l’esprit). Ce peut être une phrase courte, quelques mots, pas une ligne entière… Un début de poème possible, ou un aphorisme. Et, même, un seul mot (qui peut être une question). 

… J’ai remarqué un lien vers un blog qui est aussi présent dans ma liste de… pages tissées (Pierre-Louis Reynaldo). Volonté de faire connaître. Le poète blogueur indique d’ailleurs cet objectif de promotion de la poésie (concrétisé par l’association et le site « Le Capital des Mots », revue en ligne). Lire : http://www.le-capital-des-mots.fr

… Parmi ses poèmes en ligne (de ce « work in progress »), voici celui-ci, du 11 juin : http://www.ericdubois.net/2016/06/poeme.html 

… Ailleurs, il signale, sur une page, la recension de son livre (« Chaque pas est une séquence », éd. Unicité) dans la revue « Décharge » http://www.ericdubois.net/2016/05/dans-la-revue-decharge.... 

…Ou, autre page, la lecture faite d’un autre ouvrage de lui, un ensemble (la réédition de textes parus ailleurs), chronique sur Terre à ciel : http://www.ericdubois.net/2016/04/dans-terre-a-ciel.html

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J’apprécie l’alternance, entre poèmes et réflexions denses, actuelles, sur le SITE de René Barbier, Le Journal des chercheurs. Poème (Le mitraillage), rêve, liens : http://www.barbier-rd.nom.fr/journal/spip.php?article1966 

Et, poème (Détachement)   http://www.barbier-rd.nom.fr/journal/spip.php?article2184

Analyse (essentielle) sur Daech, la pulsion de mort, le pétrole, la peur, l’imaginaire social. En exergue, René Char, et, pour référence, la pensée d’Hannah Arendt sur le totalitarisme. Citation : « Daech n’a que faire de l’écologie démocratique. C’est un totalitarisme comme en parle Hannah Arendt. Il veut enfermer l’ensemble du monde dans son univers lié à la pulsion de mort. / Les acteurs des multinationales agro-alimentaires et pétrolières fonctionnent également à la pulsion de mort. Sur ce point ils se rejoignent. / Avoir la lucidité de comprendre l’imaginaire social qui se joue à travers leurs jeux destructeurs est une nécessité à l’époque actuelle pour tous les citoyens libres du monde. » A lire : http://www.barbier-rd.nom.fr/journal/spip.php?article2092

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Sur le site de La Revue des Ressources, recension d’un ouvrage publié par leurs éditions (ERR), collection Carnets de la grande ERRance. Livre d’entretiens de Kenneth White avec Régis Poulet, « Panorama géopoétique ». Pages introductives, en quelque sorte, pour un projet éditorial destiné à promouvoir une pensée autre du rapport à la terre, à la biosphère.

... Ce premier livre (six en tout, à cette date, dont ceux de Régis Poulet et Laurent Margantin) : http://www.larevuedesressources.org/parution-de-panorama-... 

… Le texte inaugural de l’Institut de géopoétique, 1989, écrit par Kenneth White pour l’Institut. Référence, notamment, à Holderlin, comme pour l’anthologie de l’édition Poesis (« Habiter poétiquement le monde »). Texte http://www.institut-geopoetique.org/fr/presentation-de-l-... 

… Proximité (ERR…). Ce site d’écritures disséminées (mais connectées, autour d’une association, pensée en rhizome…). Interactions, créations, et fil de blogs d’auteurs (nombreux liens), WEBasso :  http://www.webasso-auteurs.net 

… De l’espace d’ Oeuvres ouvertes (Laurent Margantin et ses blogsbooks), je choisis cette note sur Kenneth White (pour la « cristallisation » du sens, quand la boucle est bouclée…) : http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article3412 

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Dans Trilogies, une réflexion sur l’art, pas récente, mais toujours valable, ouvre des perspectives passionnantes sur la création actuelle. Vers une transmodernité métisse  : http://trilogies.ch/articles/khan-cherkaoui-vers 

... Autre rubrique, un dossier en cinq parties sur Etty Hillesum (1/5)  http://trilogies.ch/articles/etty-hillesum-rencontre  Voir aussi les citations (Paroles), et les notes sur le cinéma.

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Revue Vacarme.  Ma sélection du moment… Entretien (janvier 15) Bricolages contre un désastre annoncé », Yves Citton : http://www.vacarme.org/article2729.html 

... Et page sur l'islam, l'islamophobie : « Lignes de fond en Méditerranée », entretien  avec Jocelyne Dakhlia   http://www.vacarme.org/article2747.html 

... Orlando et suites. « (Re)politiser nos identités minoritaires », par Valentin Chémery   http://www.vacarme.org/article2904.html 

... Sur « De l’écoute et de l’inécoute » (et la poésie), texte de Pierre Zaoui : http://www.vacarme.org/article2797.html

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Les Influences, site-revue. « Etre sans idée » : un texte à méditer, de Philippe Chriqui http://www.lesinfluences.fr/Etre-sans-idee.html 

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Sur The dissident.eu  une lettre d’Hermann Hesse à un jeune artiste (1949) : http://the-dissident.eu/10850/lettre-dhermann-hesse-a-jeu... 

... Et un manifeste inédit de Camus sur la liberté de la presse (Camus et Arendt sont les deux références clés) : http://the-dissident.eu/manifeste-de-camus/ 

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ANTHOLOGIE MANIFESTE. « Habiter poétiquement le monde », éd. Poesis : http://www.poesis-editions.fr/habiter-poetiquement-le-mon... 

. Tout à fait à part... (et sans doute vers l'ébauche d'une note, d'automne peut-être, pour tisser des regards), voici les créations de Khadija El Abyad... De la beauté, et beaucoup de pensée donnée à... voir... L'oeil écrit, autrement. Et elle, d'ailleurs, glisse des titres, parfois, qui sont des bribes de poèmes... http://khadijaelabyad.tumblr.com

VOIR aussi les LISTES en marge des notes : Pages tissées (marge gauche), et (marge droite) : Poésie, Editions de poésie, Revues de poésie, Poètes et poèmes, Citations, et… Blogs... L'ensemble est mon PORTAIL portatif POÉSIE, complété par les notes de la catégorie "Poésie".

Pages tissées, trois notes posées à la suite (les 26, 27, et 28 juin), et une catégorie, même nom (ces pages et une note antérieure).

18/06/2016

Super Oum. Quelque chose de l’ordre de la danse…

VOILE.jpgOui, quelque chose de l’ordre de la danse… Pourtant rien ne danse, dans cette exposition de Fatima Mazmouz. Sauf dans l’immobilité d’avant le geste. Visages voilés sous des couleurs et le blanc de la gaze (pas celle des fils légers, mais celle de blessures recouvertes). On « voit » le geste de l’arrachage de ces tissus qui cachent la peau et les yeux des visages. Arrachés par celles qui les portent et par celle qui les représente. Car l’excès de ce qui emmitoufle ces regards enfouis, masqués, ne peut être suivi que par un arrachement brutal, un dévoilement qui vienne répondre à l’interrogation identitaire. Qui existe sans pouvoir être vu(e)? Et quel regard paradoxal commande de masquer? 

mms_img900244544.jpgJ’imagine ce qu’aurait fait Pina Bausch de cette scène inaugurale, présente dans plusieurs cadres. Les femmes seraient entrées sur scène et des personnages seraient venus lentement les provoquer (certains), les délivrer (d’autres ou les mêmes). Des hommes. 

« Chaque femme effrayée, je lui ai donné une patrie » écrivait Nizar Kabbani dans son poème « Tribunal » (Femmes, éd. Arfuyen). Et c’est cela aussi que l’artiste ici veut inscrire, non la patrie mais le questionnement de la patrie, racines et charges, paradoxes de l’ancrage culturel, riche, de l’appartenance, interrogée, de la pluralité identitaire par les migrations et par la conscience de l’universalité. Au bout du compte, le crâne dessiné porte bien des traces de lieux et des drapeaux, mais il est crâne de mort. Des identités en partie illusoires ne restera que la part commune : mourir. Alors on se détourne du crâne et on regarde de nouveau les têtes sous leurs voiles. Les pansements qui cachent les visages recouvrent aussi les os, et s’ils consolent peut-être les femmes de la douleur visible, ils ne soignent rien de l’invisible, et ne protègent pas du mensonge et de l’hypocrisie. (Quand au Maroc une actrice est diffamée et brutalisée pour avoir joué le rôle d’une prostituée, on sait que la violence vient du refoulé).

Ailleurs, c’est une joueuse de catch très dénudée, et enceinte. Comme toutes les femmes dont on voit les corps aux ventres énormes, et sur lesquelles des signes identitaires sont présents, questions obsessionnelles. Mais toutes ont aussi une étoile à la place du coeur, point commun, parcelle cosmique. Qu’est-ce qui est « mère »? La femme ou la terre? Qu’est-ce qui fait l’humain? Le ventre originel de l’espèce incarnée, ou l’ancrage terrestre d’une « poussière d’étoiles »? La joueuse de catch, elle, n’est ni belle (plutôt laide) ni fragile : au contraire, lutteuse à la façon des héroïnes de bandes dessinées, contre les clichés.

Des calligraphies font, elles, des chorégraphies de signes autour de femmes, pour une représentation de l’espace culturel qui hante l’inconscient corporel, richesse complexe à interroger. 

Une des plus grandes oeuvres est une photographie retravaillée où l’inscription des lettres fait à la fois écran et miroir, avec des couleurs chaudes qui rejoignent un peu celles des masques, mais dans une musicalité autre. Car on pourrait y voir un chant, comme une partition qui serait un autoportrait en gestation… Dont l’autre part serait la Marianne sous un drapeau métis (oeuvre visible sur le site de la galerie).

Exposition à voir jusqu’au 25 juin, Galerie Mamia Bretesché : http://www.mamiabreteschegallery.com

A Lire, sur Afrique in visu, un entretien avec Fatima Mermouz, en 2007, au moment d'une exposition dans la même galerie... http://www.afriqueinvisu.org/les-detournements,021.html 

08/06/2016

MARINA...

MARINA.jpg« Un poète c’est quelqu’un qui a un don égal pour l’âme et pour le verbe. »

Marina Tsvetaïeva, « Le poète et la critique »

Marina Tsvetaïeva, sa POESIE d’un livre à l’autre, d’un site à l’autre (graphies différentes de son nom, parfois Tsvetaeva). Majeure, Marina. Un des auteurs pour notre île déserte. Elle, le contraire du désert. Une lumière, au-delà de tant de souffrances, mais toujours, en elle, cette fulgurance d'âme. Comptent ses poèmes, comptent ses essais. Superbe pensée. Mieux que beaucoup d'autres, elle sait dire ce que signifie créer, en regardant sa vie dans le miroir des oppressions, des exils, des morts des pertes, avec l'étoile du sens au creux de son être. Précieux volumes, édités par "Le Temps qu'il fait" : "L'Art à la lumière de la conscience", " Le Poète et le Temps", "Le Poète et la Critique"... En marge de "L'Offense lyrique", des lampes qui balisent le chemin... 

LIVRE MARINA.jpg

 

 

 

 

 

 

Liens...       

Marina Tsvetaïeva, POESIE  BioBibliographie, par Florence Trocmé, POEZIBAO : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2005/05/marina_tsvta...

Des poèmes, POEZIBAO : http://bit.ly/1DCBUlp

Magnifique dossier, sur ESPRITS NOMADES (« Indices terrestres », « Marina, Marina », « Une passante de l’éternité », textes et BIBLIOGRAPHIE ): http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/tsvetaeva/t... 

REMUE.net, lecture de Marina Tsvetaeva par Dominique Dussidour. Commentaire médité, belle page, et des textes  http://remue.net/spip.php?article2314

TERRES de FEMMES (Angèle Paoli) : Un poème, et des liens vers d’autres textes sur d’autres pages du même site http://bit.ly/1NMjxKu

Recension (un volume, « Insomnie et autres poèmes »), et citations, sur RECOURS au POEME : http://bit.ly/1CIovoq

Textes, bibliographie, liens, TERRE à CIEL : http://terreaciel.free.fr/poetes/poetestsvetaeva.htm 

FRANCE CULTURE, Marina… http://www.franceculture.fr/personne-marina-tsvetaieva 

et, France Culture, « Les forçats de l’absolu » : http://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemin...

Chronique de Cécile Guivarch, Francopolis... http://www.francopolis.net/revues/TsvetaievaM.html 

Et Lettre à Marina, de Zeio, Francopolis... http://www.francopolis.net/Vie-Poete/MARINATSVETAEVA.html 

Fiche wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marina_Tsvetaïeva 

SITE dédié : http://tsvetaeva.free.fr/index.html

Couvertures de livres, titres à voir… images google (recherche : « Marina Tsvetaeva livres »)… 

07/03/2016

Deux petits films créés par des Syriens en exil...

Dire en quelques images le refus de l’obscurantisme des fondamentalistes, ou les douleurs de la guerre et de l'exil... 

Court film créé par des Syriens exilés au Liban. « Fade to black »  https://www.youtube.com/watch?v=WIrSDKcO-4M 

Et celui-ci, pour dire la douleur… « Yaman »  https://www.youtube.com/watch?v=Bjuev58SGCo&ab_channe... 

24/02/2016

"Devant moi quelque chose qui s'ouvre dans le ciel ou la terre." Ou quand Naseer Shamma pense son art...

SHAMMA .jpg«Je vois devant moi quelque chose qui s’ouvre dans le ciel ou la terre. Alors je me précipite dans cette brèche. Il faut perdre son chemin pour en trouver un bien meilleur.» (Pour dire ce qu’est pour lui le processus d’improvisation, de création).

Naseer Shamma, cité par Jean-Pierre Perrin, dans sa chronique, Libération, 22-02-16.

Naseer Shamma avait programmé un concert à l’Olympia, avec plusieurs musiciens, soirée unique avant une tournée internationale. D’où certains articles récents, comme celui de  Libération. Excellente approche, qui mérite une lecture attentive et intégrale. "L'oud, l'autre luth de Naseer Shamma" : http://next.liberation.fr/musique/2016/02/22/l-oud-l-autr... 

Ce qui est remarquable dans la démarche du musicien irakien, c’est la manière dont il voit le rôle (et le pouvoir) de son instrument. Ainsi il raconte comment il a aidé quelqu’un (un jeune Irakien) dont la famille avait été tuée par des tirs américains, à se libérer de la colère et de la haine stérile pour capter et traduire la présence prolongée des êtres anéantis, à partir de la musique. Et ainsi témoigner, sans destruction ni autodestruction. Oeuvre de paix et d’humanisme. (« Mondialisation de l’oud », dit le musicien.). Pour cela il crée des « Maisons de l’oud », inspirées de celle du Caire, considérée comme la meilleure du monde pour son enseignement.  

Présentation du concert (résumé) sur le site de l’Olympia : http://www.olympiahall.com/hip-hop-reggae/naseer-shamma.h... 

Une note de 2012, quelques indications supplémentaires intéressantes  http://www.mondomix.com/news/naseer-shamma-magnifique-mai... 

Page sur le luth arabe (oud et divers instruments proches), la musique et Constantine. Site de Serge Gilard, dédié à Constantine (ville où il passa son enfance malgré une naissance en France) : http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/laculture/artis... 

Naseer Shamma, titres sur Deezer : http://www.deezer.com/artist/1289598?autoplay=true  

Titres sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=dZN8rd8NpqA&list=RDdZ... 

Sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/x40k0u_naseer-shamma-ira... 

Et au Festival de guitare de Cordoba, Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=IUVRL1It7BQ

30/11/2015

BRUNO HADJIH... METAPHORA, Le REGARD qui répare...

mms_img-329636550.jpgmms_img-1995844623.jpg"On a oublié de clôturer le visage. Offert à l’énigme. Regard errant dans le noir de ce visage, cherchant l’issue. L’autre issue. Prisonnier d’une opacité. Ne voyant pas que c’est même chose, même issue. Qu’il y a sans doute un tracé foudroyant l’espace. Ne heurtant plus rien. Plus rien ‘d’ici’ où tout se ramène à un visage. Ton visage en toutes choses et elle en toi. Il faut donc aller plus loin, creuser la blessure, ouvrir plus encore la brèche."(Pierre-Albert Jourdan,  ‘Brèche’, ’L’espace de la perte’)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Le visage me demande et m’ordonne. Sa signification est un ordre signifié."
(Emmanuel Lévinas, ‘Ethique et infini’)

"Tu as pensé aussi / qu’on te laisserait / rejoindre l’arbre, / les pierres… / Reprendre ta place / parmi eux" (Jean-Louis Giovannoni, ‘Au fond de l’air’)

"Nul arbre. Le désir. Et la mort / qui regarde / Une absence innommable des choses" (Roger Giroux, ‘L’autre temps’)

"Bruno Hadjih est un magnétiseur qui fait oeuvre de sismologue." (…) "A équidistance d’un désastre natif et d’une possible catastrophe terminale, Bruno Hadjih n’a pas d’autre visée alors, s’il veut transfigurer la nuit profonde de notre présent aveugle, que celle de la lucidité consistant, comme le souligne Walter Benjamin, à ‘organiser le pessimisme’." (Saad Chakali)... Superbe écriture, texte, exposé, qui fait une lecture de l’oeuvre en rapport avec l’origine du monde, y voyant éléments et signes qui viennent de très loin dans le passé, dans un questionnement inquiet, car lucide, de l’avenir de notre univers… et donc le nôtre.

En exergue à l’exposition, une citation de Walter Benjamin (sur le seul discours que tient une oeuvre, ‘…Celui qu’elle tient aux autres oeuvres, et qui ne se déploie pas dans le domaine du langage. Celui de l’engagement.’)

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METAPHORA, titre de l’exposition…

C’était le 14 novembre. L’artiste et la galerie avaient décidé de maintenir le vernissage (pour ne pas offrir un renoncement aux terroristes), et nous, nous avions décidé d’y aller.

Regarder des photographies, dans ces conditions, c’est entrer dans un espace du regard qui transcende toute approche ‘technique’, et même peut-être ‘esthétique’. Nous avions besoin de consolation et nous nous sommes mis sous les mains photographiées par l’artiste. Voir les reflets de nos corps sous la lumière de ces mains si humaines, à la peau presque palpable, grandes mains sombres aux doigts puissants, protecteurs, cela pouvait mettre les larmes aux yeux.

J’ai photographié ce reflet, et d’autres où deux espaces se mêlaient, nous ici à Paris, dans le cocon de la galerie, et plus loin d’autres lieux, d’autres êtres.

Nous sommes encore dans la sidération du 13 au soir, et là nous nous heurtons à une autre sidération, double.

La beauté. Le silence. La peau, les yeux. Et le bois, la matière. 

Nous entrons dans une expérience particulière, difficile à définir. Comme si la démarche était archéologique, pour une part. 

mms_img-1017221335.jpgmms_img-655907459.jpgFouiller dans la profondeur d’un visage, aux rides comme de la terre, et lui associer les signes du temps d’un arbre. Ces yeux nous regardent, et le cercle associé (la photographie accolée, installée dans le même cadre) fait venir ce regard de très loin, du fond du temps (tant passé que futur). Terre destinée à la terre, l’humain qui meurt. Visage seul, dont on ne sait rien de la vie. Être humain interrogeant le sens d’être là, sa destinée à lui, ses questions à lui. Peut-être son désespoir. Ou peut-être pas. Juste la question du rapport à cet univers du temps

mms_img-818883163.jpgLe bois, encore (je crois), mais vertical, pour accompagner un visage plus jeune.  Ascension, humanité. Et ce même regard qui interroge, qui semble interroger. Qui suis-je? Et, nous dit-il, qui es-tu? Toi qui regardes, qui?. Est-ce aussi la question du photographe? Quelles identités se rencontrent? 

Metaphora… Métaphore. Ne restez pas, nous dit le titre, à la surface d’une apparence. Allez plus loin. Percevez. Voyez votre propre métaphore, si vous voulez - votre représentation, humains. 

Voici un photographe qui est aussi un reporter, avide d’humanité ‘juste’. Il montre donc des beautés (visages, mains, corps, couleurs, lieux) et des réalités douloureuses, pour dénoncer des scandales. Ainsi certaines photographies (et un documentaire) nous font tomber, choc sur choc, sur un double secret d’Etat. Secret car tout n’est pas su, et beaucoup est tu. Les bombes, le nucléaire, espaces sacrifiés, le vivant sacrifié, Sahara… Visages du grand sud brûlé… Brûlé, ce sud, au sens plus fort que celui de l’impact du soleil, puisque Bruno Hadjih photographie aussi des êtres irradiés, et leurs descendants (un diaporama reprend des séries qui correspondent à un travail systématique de défrichement. Sahara : l’ordinateur est là, pour voir les êtres et le bleu de leurs vêtements, et celui du ciel, comme le voit Bruno Hadjih, un bleu intense).mms_img1535058292.jpgmms_img880101725.jpg

mms_img44757957.jpg

Ce regard répare. L’art répare. La conscience ici  trouve sa densité. Présence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rien de doucereux dans cette ‘réparation’. Gifle, plutôt. Justement, c’est cela qui répare : nous avons besoin de lucidité. Kafka le dit pour les livres, c’est vrai pour les photographies aussi : la hache qui brise la glace… et le 14, le froid émotionnel nous faisait trembler et trembler ne suffisait pas à défaire le gel figé… Les visages sur les murs, oui, ils pouvaient. Et le cercle, et le bois, et l’ombre.

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SITE de la GALERIE Mamia Bretesché, 77 rue Notre Dame de Nazareth, 75003, Métro Réaumur Sébastopol (on peut aussi arriver par la 5 à République et marcher un peu en suivant cette rue.  L’expo continue jusqu’au 18-12-15. Quelques PHOTOGRAPHIES visibles sur le site   http://www.mamiabreteschegallery.com/?p=1361 

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BRUNO HADJIH. Éléments complémentaires

PAGE (riche et à jour) sur ses travaux, picturetank (sur ‘les mutations des sociétés musulmanes et particulièrement sur les failles historiques de ces dernières’, ‘travail sur le soufisme durant 15 années’,travail sur ‘les espaces sahariens’) : http://www.picturetank.com/creative.php?id=830

BIO, et travaux, dont la dernière exposition, Algériades : http://www.algeriades.com/bruno-hadjih/article/bruno-hadjih 

BIO, Africultures (pas mise à jour… mais des éléments complémentaires)  http://www.africultures.com/php/index.php?nav=personne&am...

Page sur des expos de groupe (2005 à 2015), artfacts.net  http://www.artfacts.net/fr/artiste/bruno-hadjih-75262/ligne-directrice.html

LIVRE. « Avoir 20 ans à Alger », avec Aziz Chouaki, éd. Gallimard : https://www.librairiedialogues.fr/personne/bruno-hadjih/7... 

PORTFOLIO, Le Monde (« Être algérien aujourd’hui ») : http://www.lemonde.fr/le-monde-2/portfolio/2009/03/27/etr... 

Article de La Dépêche sur le documentaire d'Élisabeth Leuvrey , d’après les photographies de Bruno Hadjih, sur les essais nucléaires français de 61 à 66, Sahara), At-h-ome : http://www.ladepeche.fr/article/2015/06/03/2117283-cinema-jeudi-at-h-ome-en-presence-de-bruno-hadjih.htmlmms_img-1110822157.jpgmms_img2066377143.jpg

07/11/2015

FRED DEUX… « Faire vivre l’obscur »

« Dire ce que tu es. Ce qui revient à parler de ce qui vient vers toi et comment tu vas vers l’autre »

Fred Deux 

« Eloigné des modes, le travail de Fred Deux - et de Cécile Reims -, par sa puissance évocatrice, son univers obsessionnel et viscéral, bouleverse le confort de nos certitudes esthétiques. »

Carlos Pardo 

Bel article dense, de Carlos Pardo (et beau titre, « Faire vivre l’obscur »), sur cet artiste double (écriture et peinture) créateur de « livres uniques », né en 24 et mort en septembre 2015. Artiste relié au courant du biomorphisme. Evocation, dans ce texte, aussi, de sa compagne de vie et d’art, Cécile Reims, graveur : http://www.monde-diplomatique.fr/2015/11/PARDO/54163

FRED DEUX.jpgExprimer « la flamme à l’intérieur du bide », « racler au fond de la boue de la vie ». Carlos Pardo choisit de citer ces deux formules de Fred Deux, qui, toutes deux, parlent de profondeur, d’humus originel. Processus de création, chez Fred Deux, où brûler et déchirer c’est le même geste de plongée en soi et dans le creux de ce qui est à la source des passions et douleurs. La boue ce n’est pas le sale et putride seulement, c’est la matière vivante, terre et eau. Le ventre, pas la tête, et le feu, pas l’excrément. Passion, intensité, mais aussi, écho d’une intuition profonde, qui rejoint la parole des chamans taoïstes : feu source, centre. 

Double création… Difficile à assumer dans un contexte formaliste où on devrait n’être qu’une partie de sa voix. Au point qu’il fut, lui, obligé de prendre un pseudonyme d’écriture (qu’il finit par lâcher). C’est significatif. Etre regard ou tracer des mots. Devoir choisir alors que l’écriture est regard et que l’art visuel est hanté par le langage. Que l’un porte l’autre. Importance de cet itinéraire qui fait repère… 

« Faire vivre l’obscur »... Lui fouille dans les hantises de souffrances originelles et interroge une réalité enfouie autant dans le corps que dans la conscience.

De ce qui peut être lu, je choisis « Le For intérieur », éd. Les Cahiers dessinés. Et « Dessins bruissants, pensées murmurées », éd. Alain Margaron. Mais il y a toute une bibliographie à découvrir. Voir la fiche wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fred_Deux

Autre éclairage, article, Le Monde, 14-09-15, par Philippe Dagen, qui insiste sur le mystère d’une œuvre et d’une vie où l’introspection est si présente : http://www.lemonde.fr/arts/article/2015/09/14/l-artiste-et-ecrivain-fred-deux-est-mort_4756490_1655012.html  

« Le For intérieur », Les Cahiers dessinés : http://www.lescahiersdessines.fr/le-for-interieur-fred-deux-9791090875333 

Reproductions, voir, galerie Alain Margaron (qui annonce une rétrospective à Lyon en 2016 : http://galerieamargaron.com/artistes/fred-deux-2/