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28/07/2019

ABÉCÉDAIRE (ciitations pour penser). De É comme écriture (inclusive ? ) à T comme transparence.

 
écriture inclusive,vertuisme,experts,sachants,normes,le mal,pédagogie,poésie,psychanalyse,rêves,transparence,l’écriture inclusive en questions,le panoptique,Éloge de l’irrévérenceÉCRITURE INCLUSIVE ou LANGUE PRISE en OTAGE ? "Ils confondent les signes de la langue qui servent à distinguer des types de mots avec ce qu’ils désignent dans l’extralinguistique (ce qu’on nomme le ‘réel’ en psychanalyse) : ‘masculin’ et ‘féminin’ en grammaire ne signifient pas ‘homme’ et ‘femme’." 
 
 
 
Tribune (d'universitaires), Le vertuisme égalitariste l’emporte sur le bon sens (titre papier), Le Monde, 12-07-2019
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ÉCRITURE INCLUSIVE en QUESTIONS. Point de vue critique. 
"L’idée que le genre grammatical masculin et le genre biologique masculin sont homologues est profondément inexacte. (…) La taie d’oreiller n’est pas plus féminine que l’oreiller. (…) Rendre les langues coupables de solidarités avec des volontés idéologiques est un raccourci trop facile. (…) On peut être irrévocablement féministe - c’est mon cas - et absolument rétive à l’écriture inclusive. (…) L’écriture inclusive est impossible à moraliser et dévoie les signes de ponctuation et typographiques."
Danièle Manesse, entretien, Le masculin de la langue n’est pas le masculin du monde sensible, Le Monde, 31-05-2019. (Livre : Le féminin et le masculin dans la langue. L’écriture inclusive en questions. ESF)
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écriture inclusive,vertuisme,experts,sachants,normes,le mal,pédagogie,poésie,psychanalyse,rêves,transparence,l’écriture inclusive en questions,le panoptique,Éloge de l’irrévérenceEXPERTS et SACHANTS (critique des normes et de ceux qui les gardent, les ’sachants’…).
"La phalange des zélotes, des doctrinaires et des fanatiques incapables de supporter l’existence de l’Insondable."
Hans Magnus Enzensberger, poète et essayiste, auteur de Le Panoptique, Alma éds, cité par Julien Lemaignen, Le Monde, 18-11-2014
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HUMANISME
"Va où l’humanité te porte". C’est le titre du livre de Raphaël Pitti (2018)
Un médecin dans la guerre. Pourquoi, et comment... 
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MAL. Comprendre le MAL. "Il n’y a pas de limite au mal si nous n’essayons pas de comprendre, au moins d’interroger, ce qui fait d’un être un bourreau, si nous n’essayons pas d’établir un lien. (…) La douceur est une énigme (…) La douceur peut retourner le mal contre lui-même. (…)  De l’animalité la douceur garde une fondamentale et paradoxale sauvagerie." 
Anne Dufourmantelle, La douceur est une puissance, Libération Next, décembre 2015.
 
M comme manifestations et violences, ou M comme mutation ? 
(Penser autrement, pour changer le monde… Vers une mutation qui commence par soi.)
"La mutation de l’espèce humaine", par Thierry Vissac 
 (…) "Autrement dit, les problèmes économiques ne sont pas issus d’une caste de dirigeants mais d’un fonctionnement humain partagé qui se perpétue depuis toujours en position de pouvoir." 
 
PÉDAGOGIE. "Il n’y a de pédagogie que par l’amour - et l’inquiétude." 
Federico Mayor, au sujet de Paulo Freire "géant de l’esprit", Le Courrier de l’Unesco, Juin 1997.
 
POÉSIE. "On a trop entendu de paroles salvatrices. Les gens se battent au nom des paroles salvatrices. Les religions, les discours politiques se veulent salvateurs, alors que la poésie n’est pas du tout salvatrice. Elle est exacte. Elle est à l’endroit où l’homme essaie de rejoindre son destin et ça, bien sûr, personne ne peut en parler politiquement. Pourtant c’est là le seul effort réel à faire pour vivre ensemble."
Georges Lavaudant, entretien, Le Monde, 27-04-2002
 
PSYCHANALYSE. "La psychanalyse est et reste, à mes yeux, la théorie la plus avancée du psychique. Grâce à la clinique psychopathologique qui lui est inhérente et compte tenu de son rapport à la culture." 
Pierre Fédida, entretien avec Roger Gentis, La Quinzaine littéraire, 1995.
 
RÊVES. "Les actes sont des murmures comparés aux rêves."
Alison Jean Lester, citée Par Liliane Kerjan, NQL, 01-01-2015
 
TRANSPARENCE TOTALE ? "Le droit de tout savoir est une chasse à courre obscène dont le gibier est humain. Puisque nous nous y engageons autant en avoir conscience : à terme, le monstre n’épargnera personne, pas même ses adorateurs." 
Richard Malka, avocat. Le monstre n’épargnera personne, Le JDD, 21-07-2019

27/07/2019

ABÉCÉDAIRE (citations pour penser). De A, comme antisémitisme à V comme valeurs, en passant par M, comme migrants.

 
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Delphine Horvilleur, rabbin, Le Figaro, 14-02-2019. Entretien au sujet de son livre, Réflexions sur la question antisémite, Grasset, 2019...
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ÉCONOMIE et MUTATION de CIVILISATION. "Nous vivons, à mon sens, une rupture radicale, une mutation non seulement de société mais de civilisation. Nous la vivons très mal. (…) Pour la première fois au cours de l’histoire, l’ensemble des humains n’est plus indispensable au petit nombre de ceux qui gèrent l’économie mondiale. L’économie s’investit chaque jour davantage dans la spéculation pure." 
Viviane Forrester. Entretien, Le Courrier de l’Unesco, Juin 1997. Au sujet de son livre, L’horreur économique, Fayard, 1996. 
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ÉCONOMIE et PROPHÉTIE AUTORÉALISATRICE. "En économie, il n’existe pas deux facteurs de production le capital et le travail -, mais trois : il faut y ajouter la confiance, c’est-à-dire la psychologie collective. (…)   L’économie est, bien plus que la politique, le domaine des ‘prophéties autoréalisatrices’ : penser une chose c’’est contribuer à la réaliser."
Alain Minc, essayiste, DirectSoir, 26-05-2019
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HAINE. "Les discours de haine embrasent le monde, les réseaux sociaux sont exploités pour véhiculer le sectarisme. Les mouvements néonazis et les idéologies de la suprématie blanche prolifèrent.  (…) Au cours des dernières décennies, les discours de haine ont été annonciateurs des crimes atroces qui les ont suivis, génocides compris. Je crains que le monde ne se trouve à nouveau dans une période critique de la bataille contre le démon de la haine. (…) La haine est un danger pour tous et c’est donc l’affaire de tous que de la combattre." 
António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, Le JDD, 30-06-2019
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HUMANITAIRE et droits humains. La catastrophe en SYRIE. TRIBUNE du 12-04-2018 et toujours valable, hélas… DIRE NON à la TERREUR, DIRE NON à la MORT.
Signée par Raphaël Pitti, médecin de guerre et ses collègues de l’UOSSM : Ziad Alissa et Anas Chaker
Extraits :
"Aujourd’hui, nous ne pouvons que continuer de nous indigner et de faire entendre notre voix de médecins, de soignants pour dire stop à la terreur, stop à la mort qui n’en finit pas de s’abattre, que ce soit par la voie d’armes conventionnelles ou d’attaques chimiques. Assez de ces gesticulations, de cette hypocrisie, de ces raisonnements qui visent à préserver des intérêts géopolitiques, géostratégiques ou que sais-je encore ! Mais aussi la lâcheté des autres.(…) Nous ne demandons pas d’intervention militaire, mais le respect du droit humanitaire, la reconnaissance de la catastrophe humanitaire en Syrie." (VOIR aussi la liste "SYRIE", marge gauche du blog. Plusieurs liens).
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INDIFFÉRENCE. "Les pires crimes de l’histoire ont été pour la plupart commis non par haine mais par indifférence. Ils ont été engendrés par des gens qui auraient pu faire quelque chose mais qui n’ont pas même pris la peine de lever le petit doigt. L’indifférence tue.  Peut-être que votre indifférence ne vous tuera pas, vous, mais il est probable qu’elle tuera quelqu’un d’autre."
Yuval Noah Harari, Le Monde, 24-05-2019. (Auteur de Sapiens : une brève histoire de l’humanité, Albin Michel, 2015, et de 21 leçons pour le XXIème siècle, Albin Michel, 2018.
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Roberto SavianoLe JDD, 04-03-2019, encart. 
Et entretien en ligne (Mafia et politiques), 04-03-19 (après l’assassinat du journaliste slovaque Jan Kuciak qui enquêtait sur la corruption avec la Ndrangheta)… https://www.lejdd.fr/International/roberto-saviano-les-re...
 
VOIR aussi LISTE MAFIA (plusieurs liens, marge gauche du blog)
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TYRANS, qu’on ADMET. "En ces temps de mondialisation avancée, ce qui change, c’est aussi le rapport à la tyrannie. Elle choque moins. On s’y fait et, si on ne la justifie pas, on l’admet - au nom de la lutte contre le djihadisme, de la non-ingérence, de la stabilité dans telle ou telle région ou tout simplement au nom du business." (Tyrans. Il cite… Égypte d’Al-Sissi digne de Pinochet, Arabie saoudite qui assassine et exécute en nombre, Corée du Nord, banalisée par Trump, Chine et contrôle numérique, Russie et ultra-droite…).
Alain Frachon, Chronique, Un temps de tyrans, Le Monde, 22-05-2019.
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VALEURS (ou le PIRE). "À partir du moment où nous ne sommes plus capables de savoir profondément quelles sont nos convictions, quelles sont les valeurs qu’on veut défendre au-delà du résultat à atteindre, on ne peut que se laisser entraîner sur le terrain du pire." 
Georges Lavaudant, metteur en scène. Le Monde, 27-04-2002 

26/07/2019

Abécédaire (faits). I comme ISLAMISME et autres VOIES et VOIX d’ISLAM (regards laïques, et voie spirituelle du soufisme)

 
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ISLAMISME. On a pu constater que l’entrisme des Frères musulmans atteignait des associations diverses qui prennent des décisions surprenantes, sous influence. Et on a pu voir aussi que les réseaux des salafistes (pourtant minoritaires au départ) se déployaient. Pour comprendre les enjeux et réagir il faut s’informer. Et c'est possible : blogs et sites, associations, auteurs, les sources sont infinies. Et si le fondamentalisme fait pression et influence, l'expression autre existe : des intellectuels musulmans (ou de culture musulmane sans être d'esprit religieux), des militants laïques, des chercheurs spirituels désirant une autre manière de vivre l'islam hérité, soit simplement en voulant le confronter à la modernité et en contextualiser les textes fondateurs, soit en se rapprochant des voies soufies mystiques.
 
islamisme,frères musulmans,salafistes,laïcité,islam,soufisme,abdennour bidar,ghaleb bencheikh,khaled bentounes,conscience soufie,saveurs soufies,isthmeISLAM. Volonté de s'opposer aux fanatiques qui instrumentalisent le religieux à des fins politiques, de pouvoir.
Et aussi volonté de répondre aux projections malveillantes qui font un amalgame entre des courants violents et criminels (ou des dogmatiques obscurantistes) et l'ensemble des croyants nés dans cette culture, confusion essentialisante qui rejoint un certain racisme ne disant pas toujours son nom. (Même si les marges extrémistes prêtent de quoi nourrir l'hostilité de gens qui ne sont pas forcément des porteurs de haine.) Et même s'il existe une certaine porosité entre les tenants de vues réactionnaires et de simples pratiquants, à partir du sentiment d'appartenance. Cette porosité on peut la voir à des signes, quand des faits provoquent des débats sur des questions liées au voile, par exemple, et que des laïques (par leur
islamisme,frères musulmans,salafistes,laïcité,islam,soufisme,abdennour bidar,ghaleb bencheikh,khaled bentounes,conscience soufie,saveurs soufies,isthmeexpression, leur comportement, et leurs choix de vie) rejoignent des positionnements qui les rapprochent d'esprits plus rigides, à cause d'une susceptibilité de caractère identitaire. 
 
LAÏCITÉ...
REGARDS LAÏQUES...
Ainsi… Ikhwan Info… Menaces contre la laïcité, investigation…
Comité Laïcité République (en descendant sur la page d’accueil, nombreux LIENS, amis ou pas)…
 
BLOG de Naëm Bestandji… 
 
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LIVRE de Fawzia Zouari, Je ne suis pas Diam's...  https://www.editions-stock.fr/livres/essais-documents/je-...
 
LIVRE. Les Nouveaux Penseurs de l'Islam, de Rachid Benzine... https://www.albin-michel.fr/ouvrages/les-nouveaux-penseur...
Une page de SaphirNews, sur un positionnement de Ghaleb Bencheikh islamologue. À propos du voilement… https://www.saphirnews.com/Ghaleb-Bencheikh-s-explique-ap... 
 
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La collusion qui enferme le monde. Article de Dominique Eddé, dans L'Orient littéraire, Liban, sur un livre de Sophie Bessis (La double impasse. L'universel à l'épreuve des fondamentalismes religieux et marchands, La Découverte, 2014). Elle y dénonce notamment la complaisance d'une certaine gauche qui abdique et sacrifie l'universalisme au différentialisme, et accepte une convergence de vues avec des adversaires idéologiques (ou qui devraient l'être, comme les islamistes)...
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Kamel Daoud. Il faut être laïque pour sauver la religion...
 
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Abdennour Bidar. LIVRE. lettre ouverte au monde musulman… http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Lettre_ou...
 
DOSSIER. Réenchanter l’islam, Le Monde des Religions, déc.2017 (et rubriques régulières dans le magazine)... 
 
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LIVRE. L'instant soufi, Éric Geoffroy... http://www.eric-geoffroy.net/linstant-soufi/
 
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Abdennour Bidar. TEXTE. Par-delà religion et athéisme...  http://www.lemondedesreligions.fr/culture/abdennour-bidar-comment-sortir-de-la-religion 

Revue Shakti, SOUFISME, définition... http://revue.shakti.pagesperso-orange.fr/soufisme.htm

Maghress.com/SOUFISME et éthique (Forum, 2011)... https://www.maghress.com/fr/mapfr/21202

Conscience soufie… https://consciencesoufie.com/presentation/ 

Saveurs soufies… https://www.saveurs-soufies.com

Soufisme.org (Isthme)… http://www.soufisme.org/

Khaled Bentounes. Les sources du soufisme, AISA.ong... http://aisa-ong.org/cheikh-khaled-bentounes-les-sources-du-soufisme/

Soufisme et création chez Abd Al Malik (pour qui Camus est aussi une référence essentielle). Cet article donne des clés sur la spiritualité musulmane. "Quand le rap rencontre le soufisme"...
 
Autre témoignage spirituel. Atiq Rahimi, écrivain franco-afghan (lui aussi lecteur de Camus) dit son rapport à l’oeuvre de Shams, le maître mystique du soufi Rûmi. La Croix…  
 
Un peu d’HUMOUR
J’ai beau aller à la mosquée, un Bondynois partage pas son curé...

25/07/2019

Abécédaire (faits). A comme Antisémitisme : contre la haine, la connaissance...

racisme,antisémitisme,judaïsme,delphine horvilleur,pinchas goldschmidt,elie wiesel,akadem,c.c.l.j.,centre laïc juifL’ANTISÉMITISME. En 2018 les actes antisémites ont augmenté de 74%. En février 2019, Le Monde, en première page, listait brièvement les différentes sortes d’antisémitisme qui se rejoignent (mais la première page en oubliait un). Donc (je liste à ma manière)… 
. Celui, ancien et toujours présent, de l’extrême droite, avec ses fantasmes identitaires et ses haines constitutives d’une idéologie entre fascisme et néo-nazisme (ce que montrent les fréquentations internationales des responsables du RN, par exemple, réseaux de l’Ultra-Right américaine, populistes européens souverainistes à tendance identitaire, mouvances pro-Kremlin, et flirt avec des négationnistes qui ne sont exclus que lorsque des photos dérangeantes sortent dans les médias ou les réseaux sociaux). Antisémitisme que certains milieux catholiques, encore imprégnés de vieilleries idéologiques,  partagent (derrière des rideaux de fumée pour faire respectable : ainsi on adore que quelqu’un défende le Céline des Pamphlets, entre deux signes de croix). Cela, c’est un constat que je viens de faire en observant des réactions à des textes, sur Facebook.
. Celui des islamistes (très inspirés aussi par les thèses complotistes…), et cherchant dans la ‘cause’ palestinienne de quoi légitimer des délires. Porosité qui atteint des gens qui ne pourraient peut-être pas être qualifiés d’islamistes, mais qui adoptent des rigidités et des rejets qui viennent de leur propagande. Contagions idéologiques, et terreau accueillant. 
. Les conspirationnistes sévissant sur Internet, et fascinés par des sites que le négationnisme ne gêne pas. Les Gilets jaunes ont été pas mal dans cette mouvance (on l’a vu à des banderoles, des tags, des commentaires en ligne, et des agressions).
. L’extrême-gauche qui se croit pro-palestinienne. De celle qui se fait récupérer par le complotiste Chouard, celui qui ne sait pas ce qu’on doit penser des camps de la mort (réponse, émission de télé, et dont Ruffin fit l'éloge au Parlement...).
… Après avoir vu en quoi consiste le nazisme d’un Céline, savoir cela est inquiétant. Les germes fascistes sont là. Ils ont toujours été là, mais ils n’ont pas toujours rencontré des complaisances lâches. Et les mots du pire n’ont pas toujours été ‘pardonnés’ quand ils ne devaient pas l’être, pour un prétexte ou un autre. (Ainsi les ‘charmantes’ céliniennes obtues sont des criminelles de papier. Et le flirt avec ces discours est un flirt avec la mort. Pinchas Goldschmidt, grand rabbin européen, le rappelait dans le JDD du 17-02-19 : "Elie Wiesel disait qu’Auschwitz n’a pas été construit avec des briques mais avec des mots". Ce grand rabbin, condamnant toutes les compromissions, avait lancé un appel au pouvoir israélien au sujet des liens avec des pouvoirs populistes européens, peu critiques de l’antisémitisme… Mais comme le montre un livre de Jean-Pierre Filiu, "Main basse sur Israël. Netanyahou et la fin du rêve sioniste", la radicalité intérieure a des effets extérieurs. Les ressorts qui motivent les uns ou les autres (intérêts, calculs et ambitions) pour accepter d’accepter sont porteurs de catastrophes. 
 
Lire Caroline Fourest (le début de la chronique est en ligne), "Ignorer l’antisémitisme peut tuer", Marianne, 30-03-18. Je copie les trois dernières phrases : "L’antisémitisme tue. Celui-là, en prime, annonce le totalitarisme. Ne l’oublions jamais".
 
"Dire l'antisémitisme avec des mots fermes" (parole d'un chrétien), Jean-Pierre Denis, La Vie, 17-02-2015... http://www.lavie.fr/debats/edito/dire-l-antisemitisme-ave...
 
TRIBUNE. Quand antisémitisme et racisme s'infiltrent chez les 'gilets jaunes'. Marc KNOBEL, 07-01-2019
 
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CONTRE l’antisémitisme, la CONNAISSANCE… 
Delphine Horvilleur, rabbin. Liens, France Culturehttps://www.franceculture.fr/personne-delphine-horvilleur
Akadem. "Ils ont fait le judaïsme français", rubrique... http://www.akadem.org/sommaire/cours/ils-ont-fait-le-juda...
Musée d’art et d’histoire du judaïsmehttps://www.mahj.org/fr
Collège des Bernardins (centre chrétien). Connaissance du judaïsme… https://www.collegedesbernardins.fr/formation/judaisme
CCLJ. Centre laïc Juif, Belgique… http://www.cclj.be
 
SPIRITUALITÉ...
LAMED. Connaissance du judaïsme, étude et vie pratique.
 
et 
Times of Israël, journal…  https://fr.timesofisrael.com
La Paix Maintenant… https://www.lapaixmaintenant.org

24/07/2019

Des faits. Céline, Voyage au bout du nazisme. Preuves.

1. TAGUIEFF.jpgA lire, CITATIONS et liens… Les FAITS, les preuves...
 
Annnick Duraffour, chronique, CAIRN-info, 2013… "Il assiste au meeting de Doriot du 1er février 42. La presse doriotiste se flatte de sa présence en publiant une photographie ainsi légendée : 'Le grand écrivain Louis-Ferdnand Céline a assisté à la réunion du Vel d'Hiv. Le voici suivant avec émotion l'exposé de Jacques Doriot.' " (...) "Nous voyons en lui un spécimen de ce que l'humanité peut porter de plus vil et de plus dangereux pour les autres. Céline est dans la littérature française une exception sinistre..." (Informations, dans ce texte, sur les dénonciations de Juifs par Céline. Et précisions sur la volonté de faire pression pour faire appliquer des méthodes radicales d'épuration ethnique...   
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Entretien avec Pierre-André Taguieff
, L’Express, 2018. "Céline, agent d’influence nazi"… 
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Tribune de Pierre-André Taguieff, FigaroVox, 2018. "Céline, collaborateur enthousiaste du régime nazi."..
"L'admiration pieuse et inconditionnelle pour le « génie littéraire » nommé Céline, avec son cortège de légendes fabriquées par le « grantécrivain » lui-même, a longtemps fait partie du culturellement correct. Le snobisme célinophile permettait aux esprits grégaires de se prendre pour des aventuriers de l'esprit, des anticonformistes d’élite.’’ (…)''De Faurisson à Sollers en passant par Nabe et Soral, des marginaux aux installés de la célinerie, les prédicants célinistes ont tous entonné le credo victimaire."
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"Voyage au bout du nazisme ? ". Article, Libération, juillet 2019 (Le point d’interrogation est supprimé d’évidence par le compte-rendu qui est fait des émissions de France-Culture…). Donc, Voyage au bout du nazisme, oui. Excellent article.
"La question n’est pas celle d’un Céline antisémite, ce qu’il est de toute évidence, mais celle d’un Céline militant activement pour Hitler." (…) "Dans ses Pamphlets Céline épouse clairement le nazisme. C’est chez lui une conviction." (…) "Quand on lit Bagatelles pour un massacre… on retrouve toutes les idées nazies, dites avec une force expressive qui n’existe même pas dans la littérature nazie elle-même." (Citations de Johann Chapoutot, historien, auteur de "Comprendre le nazisme", c’est-à-dire mettre du savoir sur l’ombre, et "La révolution culturelle nazie", qui analyse la pensée nazie, le processus de sa mise en œuvre). L’article montre, dans le dernier paragraphe, en reprenant les observations de l’historien cité ici,  que les obsessions nazies de Céline sont toujours présentes dans l’extrême droite, sous ses différentes facettes. 
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"L’écrivain fasciste Louis-Ferdinand Céline", Par Robert Paris, MatièreRévolution, 2016…
Des citations qui suffisent à situer...
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Article. "Autoportrait de Céline en salaud délirant", Le Monde,  05-07-19. (Au sujet des Cahiers de prison)… 
"Écrites en 1946, au moment des bilans humains de la guerre, ces phrases composent en vérité l’autoportrait d’un salaud aveuglé par un délire persistant : un salaud en détresse, mais qui refuse obstinément d’admettre que le pire a eu lieu et qu’il en a été partie prenante."
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Céline, sur Robert Desnos. Sommation... 
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LIVRES
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"Avec Céline, c’est tout un imaginaire raciste, antisémite et complotiste qui se livre à l’observation. Se montre ici le fonctionnement d’un esprit raidi dans un réseau de préjugés et de convictions inébranlables…" (…) "Ce livre est une somme, le livre de référence que l’on attendait sur le cas Céline. Il croise la lecture des textes avec l’histoire intellectuelle et politique. Une étude critique, rompant avec les habituelles approches, plus ou moins apologétiques. L’érudition y est mise au service de la volonté de clarifier et de comprendre."
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De Patrick Lepetit, "Voyage au bout de l'abject. Louis-Ferdinand Céline, antisémite et antimaçon", éd. Atelier de création libertaire, 01-07-2017. Sur le "premier des révisionnistes, véritable pousse-au-crime"... 
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Recension du livre de Patrick Lepetit, note de blog
"Voyage au bout de l'abject ne fait que confirmer ce que l'on savait déjà. Le bouquin n'en reste pas moins essentiel car le combat est loin d'être terminé."
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Écho tragique. "D’Asperger, nazi, assassin d’enfants", Le Monde, 29-03-19.
Edith Sheffer dit, dans son livre "Les enfants d'Asperger", qui était ce psychiatre autrichien nazi qui a donné son nom à un autisme (mot inventé, autisme, par un psychiatre suisse pour caractériser un repli sur soi psychotique, et détourné par Asperger). Comment peut-on encore utiliser ce nom, Asperger, pour qualifier des personnes ?

23/07/2019

Des faits... Céline ou l’abjection.

céline,louis-ferdinand céline,abjection,antisémitisme,nazisme,fascisme,extrême droiteAbjection, la sienne, évidemment. Mais abjection, celle de ceux qui peuvent écrire une défense (éloge) des Pamphlets scélérats de Céline, sous le masque d’une fausse science critique. Et cela a été fait, j'ai pu lire la prose d'une femme (écrivain, paraît-il), assumant assez l'immonde complicité pour la diffuser dans des groupes littéraires sur Facebook. Autre  abjection, celle de ceux qui applaudissent à cela, et de ceux qui passent, complaisants. Ou comment des masques tombent. Décidément la lutte contre les esprits fascistes (déguisés en auteurs de fiction ou même en poètes, sur Facebook) est toujours d'actualité. 
 
Comment peuvent-ils cautionner l’admiration pour une écriture fasciste, dans ce qu’elle utilise des émotions et des miasmes idéologiques, dans les passions qu’elle met en scène et inocule ? Passions de rancoeur et haine obsessionnelle. C’est être un bien médiocre lecteur que ne pas sentir que le fascisme du personnage Céline est présent partout, Pamphlets et Voyage… (On ne découpe pas les individus en rondelles de saucisson, toxiques là, digestes là, ou succulentes même ailleurs.) L’élan d’écriture vient de la même source. Saine ou pourrie. On a là une pathologie de l’esprit. Et c’est terrifiant de voir qu’elle est encore contagieuse. 
 
Sur une autre chronique (rendant compte d'une publication chez Tinbad (...) j’ai pu lire que Céline éprouve une ''pitié universelle'' pour tous (!!!). C’était au sujet d’un texte d’un Céline présenté comme critique du régime russe, critique faite par l’anticommuniste Céline préférant Hitler (ce Destouches qui écoutait passionnément Doriot sur ce thème). 
 
Sur celle que je mentionnais d'abord, d'une bêtise confondante (et de tant d'ignorance tant littéraire qu'historique qu'on en reste KO…) une volonté de minimiser l’antisémitisme, et les implications dans l'horreur. Sauf que l’antisémite extrême qu’est Céline (ce qui est déjà beaucoup, car les idées sont porteuses des crimes) est un collaborateur actif, les faits sont maintenant avérés. Dénonciation (dans un article où il le signale, et par une lettre), du poète Robert Desnos (qui mourra en camp, déportation accélérée aussi par l'intervention d'un journaliste collaborateur) et d’autres, par conviction, par intérêt, pour régler des comptes. Participation à des meetings. Lettres et interventions pour accélérer l'élimination des Juifs (Céline veut une épuration plus radicale, tuer, vite). Pressions pour que s’intensifie l’épuration ethnique par le massacre. Les documents existent, les traces sont là. Ce n’est pas de la fiction. Ce sont des faits. Et ces faits condamnent sans retour possible Céline. C’est à cela que sert aussi l’histoire. Et l’authentique critique littéraire. 
Mais comment peut-on se compromettre avec le pire (cet antisémitisme putride dont certains traînent de sales relents dans le fond de leur cerveau et de leurs tripes) ? Antisémitisme qui se prolongea dans la haine de l’étranger, de l’autre, chez Céline, en nazi accompli.
 
Je ne citerai pas le nom de la chroniqueuse. Mais en ligne, sur Google, ce nom fait illusion : on croirait voir un auteur de livres (qui a ses lecteurs fascinés, ses "amis" conquis). Ce sont ces lectures (chroniques et réactions) qui ont déclenché la nécessité de cette note et de la suivante.
 
Donc, Céline, des rappels sont nécessaires, ils suivent. Venant de ceux qui ont fait un considérable travail de recherche… Pour que ce qui mérite la poubelle retourne à la poubelle…   Quoi lire sur cela ? Voir, note suivante, les preuves de l'abjection, liens.
 
MC San Juan
 
Mais déjà, ici, un questionnement, une tribune, un manifeste antifasciste, et une chronique sur un philosophe dont la pensée est à l'opposé du nazisme, Nietzsche... 
 
Le questionnement... 
ENTRETIEN. (05-02- 2018) avec Johann Chapoutot. L’ombre du nazisme plane-t-elle sur l’Europe ? Document audio et texte, plus bibliographie, France Culture.
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La tribune... Le nazisme des intellectuels, par J-P Faye. Sur C.Schmitt, Jünger, Heidegger...
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Le manifeste... "Une vie non fasciste", par Pierre Zaoui et un collectif d'auteurs, revue Vacarme...
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La chronique d'IPhilo sur l'incompatibilité de Nietzsche et des nazis. Le texte aide à définir, par opposition, ce qui constitue le nazisme... Par Philippe Granarolo, qui publie ces jours-ci un livre sur Nietzsche (chez L'Harmattan)... 

21/07/2019

Des "Cafés noirs" à Luis Ocaña, un parcours d'écrivain...

 
On s’en tient à ce qui s’envole : une feuille, un oiseau, un peu d’encre, une pensée.
 
Puis des ailes.
Hervé Bougel, Petites fadaises à la fenêtre

Retour sur quelques livres. Le parcours d’écriture (non exhaustif) d’Hervé Bougel. C’est le moment d’y revenir, maintenant que l’auteur-éditeur a décidé d’arrêter l’édition, après une vingtaine d’années intenses, où il a mené de front son œuvre personnelle, sa vie professionnelle, et l’édition. Il va se consacrer totalement à son écriture.

Publication de livres, dès 1995 (suivant la bibliographie).
Je vais directement plus loin…
 
hervé bougel,cafés noirs,petites fadaises à la fenêtre,les pommarins,osram osram,travails,tombeau pour luis ocaña,poésieCafés noirs, Les Carnets du Dessert de Lune, 2002. Avec des illustrations de Sophie Jolivet.
Au début un poème-préface de Jean-Pierre Chambon, qui présente l’auteur, en familier complice. 
Une vingtaine de textes, proses. Rencontres au hasard des cafés, ou d’un buffet de gare. Portraits de personnages rocambolesques et cinglantes dénonciations de comportements racistes. Des récits de faits divers, presque des scènes de théâtre. Et des souvenirs, comme la grenadine d’enfance.
 
hervé bougel,cafés noirs,petites fadaises à la fenêtre,les pommarins,osram osram,travails,tombeau pour luis ocaña,poésiePetites fadaises à la fenêtre, La Chambre d’échos, 2004.
Un livre qui se relit de bout en bout, ou au hasard des pages. Comme on le fait pour un recueil de poèmes. 
En exergue, Georges Perros (« Prendre l’air / était son métier »). Et tout le long du livre des citations, en italique (références à la fin), une vingtaine.
C’est un journal de regard. Notations brèves, jour après jour, et livre structuré en suivant les quatre saisons, 365 jours… L’auteur, à sa fenêtre (comme le dit le titre) observe, contemple, et note. Parfois avec tendresse, parfois avec une distance ironique. Scènes de tous les jours, une vie de quartier, une rue qui ressemble à d’autres. Scènes universelles du quotidien, des passants, n’importe où. Notations en prose qui sont des fragments poétiques ou souvent une ligne se détache, comme un vers unique, poème minimal lui-même dans un poème-fragment. Mais aussi notes qui sont des poèmes de deux ou trois vers libres. Des pensées qui viennent du regard et s’en échappent. Il rêve aussi, et laisse l’imagination transformer des klaxons en cris d’oiseaux. Mais toujours, exercice de lucidité. Acuité d’esprit, et humour qui trouve les flèches, même en citant Prévert (« Ceux qui sont chauves à l’intérieur de la tête »). Parfois il dialogue avec l’auteur cité. Ainsi, le 16 décembre, sa phrase, une ligne, est entre deux citations de Jacques Bertin
 
hervé bougel,cafés noirs,petites fadaises à la fenêtre,les pommarins,osram osram,travails,tombeau pour luis ocaña,poésieLes Pommarins, Les Carnets du Dessert de Lune, 2008. Préface de Roland Tixier, illustrations d’Hubert Daronnat
La réalité de l’entreprise, brute, brutale, cruelle. L’usine du travail qui écrase, mais lieu, aussi, d’humanité : des visages, la société, telle quelle. Lui écrit, se souvenant de tout, sans illusions, sans acceptation, sans complaisance. Il dit la fatigue du corps et de l’esprit, les destins qui se perdent là. Et comme le dit Roland Tixier : «  Il nous prend à témoin avec des mots dont la force fait dire : c’est ainsi, c’est vrai. » 
 
Osram, Osram. Atelier du Hanneton, 2009.
Seize poèmes denses, qui privilégient le quatrain. Variations sur la lumière, le regard, le corps, sous l'univers des ampoules et des néons. La réalité peinte, et une métaphore du réel. Ce qui est montré, ce qui est ressenti, sans masques.
 
Travails, Les Carnets du dessert de Lune, 2013.
Quatrième de couverture de Christian Degoutte
Longs poèmes verticaux de trois ou quatre pages. Vers courts. Une autobiographie qui mêle des souvenirs divers, le travail justement. Des lieux, des gens, des faits. Fragments de vie, détails, charge de mémoire. 
 
hervé bougel,cafés noirs,petites fadaises à la fenêtre,les pommarins,osram osram,travails,tombeau pour luis ocaña,poésieTombeau pour Luis Ocaña, La Table ronde, 2014. 
Dans cet ouvrage 71 textes, proses, où le Je désigne Luis Ocaña. L’auteur entre dans la mémoire et les jours du coureur cycliste espagnol qui immigra en France. Il parle à sa place, comme pénétré par sa rage, ses douleurs, l’injustice d’un  destin brisé, et la conscience de ce qui menait peut-être à cela. Le premier texte est celui du suicide, mai 1994. Et comme une litanie cela revient, parce que c’est le moment d’un aboutissement triste, et c’est, dans le livre, le point de départ de l’entreprise de dévoilement du mystère Ocaña. Le dernier, le 71, est celui de la chute sur le Tour de France  en juillet 1971, qui le fit perdre. Les chiffres sont une clé, car on comprend ainsi que 1971 est une sorte de naissance du drame, et la sienne dans le drame. Et même si en 1973 il fut vainqueur, le point de vue qui est pris ici met l’accent sur cette tragédie. De cette chute à la mort, comme une boucle de destin. Une tragédie qui se poursuit avec des accidents, la catastrophe qui anéantit sa plantation, son refuge après la fin de sa carrière, et la maladie. On découvre comment la passion du vélo lui est venue, tôt. On pénètre dans le secret de ses doutes, regrets, et rêves. On vit ses douleurs physiques. Et on va de page en page d’un poème (en prose) à un autre. 
 Comme si on avait sous les yeux une tragédie en 71 stances. Et l’archéologie d’une passion dévorante, l’histoire d’un « forcené ». Des mots, les siens, en espagnol, inscrivent cette histoire particulière dans l’univers « del sentimiento trágico de la vida » d’Unamuno. Et interrogent. Quelle est la source de telles passons ? Lui répondit à un journaliste que rien n’avait été plus fort que sa vie de coureur. Le sens d’une vie. Malgré les ratages la force d’une puissance incarnée, pour être. En face de la mort. 
 
MC San Juan
Ce parcours sera complété... 
Hervé BOUGEL. Bio-Biblio, M-E-L (qui devra être actualisée)... http://www.m-e-l.fr/,ec,1156

18/07/2019

"Énigmes du seuil". Ou "prendre place dans une part d'infini"...

      rio di maria,l’arbre à paroles,poésie,citations,infini,métaphysique,le capital des mots,patrick lowie,portrait onirique,énigmes du seuilje dessine mon ombre 
     à l’encre de mon corps
chargé de pages d’incertitudes
     à incendier le futur
                    Rio Di Maria
         Énigmes du seuil, L’Arbre à paroles, 2018
(Dans ses dessins, nombreux, un théâtre magique, quelque chose qui fait penser au métissage culturel du continent sud-américain, une hispanité indienne. Mais il vit depuis presque toujours en Belgique, et ses origines sont italiennes, de Sicile. J’ai trouvé, pourtant, une parenté, dans ces dessins, avec la psychomagie d’Alejandro Jodorowsky, éblouissant artiste franco-chilien).  
 
L’épitaphe est une dédicace offerte à ses proches, en forme de message sur la conscience d’être. « Nous ne serons jamais que poèmes inachevés ». C’est très beau. Poèmes inachevés, au pluriel, mais aussi au singulier, donc lui. Éthique de vie. Se construire comme une œuvre d’art en inachèvement perpétuel, comme un corps-conscience imprégné de mots en gestation. « Que » poèmes… Mais écrire cela n’est pas réducteur, c’est mettre l’accent sur la nécessité de savoir ce qui en nous doit se vivre comme présence en devenir. Mise en garde. Ne pas se laisser perdre au mirage, social ou autre, d’une réalisation dont il faudrait se contenter. Et plus loin dans le recueil il écrit que « La vie s’accomplit en multiples métamorphoses. » 
 
Le poème qui donne son titre au recueil de Rio Di Maria, Énigmes du seuil, superbe, est très mystérieux. De quoi proposer de nombreuses interprétations possibles. J’y lis une interrogation métaphysique. Qu’y a-t-il à la source originelle de tout, dans « l’antarctique du premier langage » ? N’est-ce que « grand sommeil », « néant » ? Et la « maison vide » invoquée, est-ce l’univers sans l’évidence d’un Dieu qui réponde ? Le seuil est-il passage vers l’absence de tout sens ? Ou porte à ouvrir en nous pour accéder à ce premier langage et le déchiffrer ? « Énigmes ». Donc possibles sens offerts. Savoir qu’on ne sait pas et chercher. Savoir qu’on peut saisir des parts de signification. Il semble que tout le livre soit une tentative de déchiffrement de l’énigme plurielle d’un seuil métaphysique, porte ouvrant autant en soi qu’au-dehors. De ce monde intérieur et extérieur (et de la connexion entre les deux) les oiseaux seraient les alchimistes. « Comment dire l’explosion de prévisions des oiseaux ? » 
 
La clé serait la capacité « d’être ailleurs ». Mais quel est cet ailleurs ? Cela veut-il signifier la difficulté de se libérer de soi-même, du moi apparent qui n’est pas l’âme haute, du corps prisonnier de la matière ? Ou est-ce dire la nécessité de savoir être les autres, en empathie avec l’étranger pareil à soi, mais qui se situe dans un « ailleurs » à traduire ? L’autre espace est-il « un pays d’oracles fantômes », un « pays déchiré ». Ou au contraire un lointain qui s’en échappe ? Car il évoque de texte en texte un monde de « hurlements », dans des « orages de neige », un monde entre violence et beauté, le réel mêlé à un univers de « songes ». Comme si affronter la cassure entre le réel et ses ombres, d’un côté, et un rêve de lumière, de l’autre, était l’enjeu de l’écriture.  
 
Alors, pour le réussir, vivre d’abord en soi la genèse du processus en œuvre. « Chaque jour / faire table rase de tout et renaître autre ». Il faut se délivrer des mémoires qui encombrent, pour arriver neuf à la page. Et se délivrer aussi des silences qui ne sont pas encore l’accès au silence fondateur d’écriture. « Oublier le passé / et ses rubis de silence ». Le poète, homme, cherche en lui, par l’oubli, l’éclosion de la part féminine qui se posera dans le « Contre à la mort ». Présence du réel du monde autant que des paraboles de l’imaginaire. Il parle de « Devenir / celui qui oscille dans l’urgente image / floue et inguérissable ». Osciller. Assumer l’aller-retour entre des réels qui s’opposent, et les dire. Car « il fait noir », dans ce réel, par « l’ombre guerrière ». Parce que dans vivre et écrire, d’un côté il y a le mot « guerre », synthèse de tout, et de l’autre le mot « infini ». Car le « Je » du poète, qui se parle à lui-même, est « À l’écoute / derrière la porte des doutes », s’imprégnant des « sanglots des comètes ». Comme si l'univers se pensait à travers lui, souffrant de l’état du monde. Dimension cosmique de l’humain, présente dans tout le livre. Les messagers en sont le soleil, les oiseaux, les galaxies. Pour un dialogue avec le « silence de l’immensité ». Énigmes, mais présence. Malgré l’incertitude.
 
Et « Basta ! ». Le cri est assumé, contre ce qui anéantit, met l’humain sous tutelle. Mais il envoie sa « lettre-bouteille à la mer-éternité ». Et... « l’accident c’est survivre », dit un poème dédié à Bernard Noël. Paradoxe. On écrit face à la mort, de soi, des autres. Et face à un « labyrinthe intérieur ». Celui de soi, de l’autre, cet « apatride » intime autant qu’errant étranger. Métaphore des exils terrestres et des exils de l'être, « la mer émigre en sa préface »… Il mentionne au moins deux fois la « terreur » de notre nature éphémère. Et pourtant, derniers vers du dernier poème, magnifique fin ouverte à l’espoir… On a la réponse métaphysique…
«  … l’impalpable cosmos
 Dans une goutte d’eau intemporelle
toutes ses créations finissent par devenir UN ». 
Rio Di Maria, Énigmes du seuil, page 148
 
MC San Juan
 
PAGE de la Maison de la Poésie d’Amay, Belgique. Énigmes du seuil…  
 
CARTE D'IDENTITÉ LITTÉRAIRE. Sa page sur Le Capital des mots, revue de poésie...
 
Portrait onirique, par Patrick Lowie (plus un lien)... 

17/07/2019

"L'homme qui entendait des voix", et qui est, lui, une voix qui compte...

Éric dubois,l’homme qui entendait des voix,laurence bouvet,jacques cauda,unicité,éditions unicité,antonin artaud,gérard de nerval,yannick noah,marion leboyer,folie,voix,psychiatrie,maladie mentale,écriture,thérapie,témoignagenous sommes tous identiques
aux yeux gantés de soleil
comme des pierres
rêvant d’absolu
                      Éric Dubois  
Blocs, poème / L’homme qui entendait des voix, éds. Unicité, 2019 (Récit autobiographique, finement préfacé par Laurence Bouvet - poète et psychologue. Portrait de couverture par Jacques Cauda)
 
C’est avec l’oeil du dedans que je te regarde, ô Pape au sommet du dedans. C’est du dedans que je te ressemble, moi, poussée, idée, lèvre, lévitation, rêve, cri, renonciation à l’idée, suspendu entre toutes les formes, et n’espérant plus que le vent.
                            Antonin Artaud
Adresse au Dalaï-Lama (Textes de la période surréaliste)
 L’Ombilic des Limbes et autres textes, Poésie/Gallimard
 
Des voix disaient : «  Univers est dans la nuit ! » 
                     Gérard de Nerval     
            Aurélia, Mille-Et-Une-Nuits (p.34)
Pourquoi, me dis-je, ne point enfin forcer ces portes mystiques, armé de toute ma volonté, et dominer mes sensations au lieu de les subir ?
                                      Aurélia (p. 97)
 
Il faut se battre contre le mur du silence.
                    Yannick Noah
'Yannick Noah veut briser le tabou des maladies mentales’ (Entretien exclusif, Le Parisien, 9 juin 2019)
 
En  France, 12 millions de personnes souffrent d’une maladie mentale, soit une sur cinq.
Marion Leboyer, psychiatre, Le Parisien, même page
 
Il faut du courage pour chacun de nous, pour mettre hors de l’intime les vécus de l’intime, quand il semble que cela soit nécessaire. Il faut un courage plus grand encore quand ces vécus sont, dans le contexte de notre vie sociale, culturelle, des réalités qu’on occulte pour ne pas affronter les peurs qu’elles provoquent. On se protège contre le risque de voir affleurer à la conscience éveillée les gouffres de l’inconscient, et, les rencontrant dans des récits, en général on hésite entre fascination et terreur.
 
Ce courage, un poète l’a eu. Éric Dubois. Il n’est pas le premier auteur à mettre des mots sur ce qu’on appelle folie. On a lu Nerval, Artaud, et d’autres, et leur grandeur est inséparable de la part délirante et nocturne. Peut-être même, paradoxalement, en émane-t-elle aussi. 
 
Plus rare est ce qu’on trouve dans ce livre. Une analyse du processus qui mena l’auteur à des périodes de démence, avec délires, angoisses, et actes manqués. Il tente, et réussit, une chirurgie mentale, psychologique, psychanalytique. Et c’est cohérent avec son choix de vie. Il a affronté les crises, accepté les diagnostics et les soins, suivi une thérapie, pour mettre des mots dans un dialogue qui continue à sauver. 
 
Quelle cause, ou causes, dans ce qui a déterminé la bascule irrationnelle dans une sorte de délire mystique ? On ne saura pas vraiment (pas plus que lui ne le sait) s’il y avait vraiment, peut-être, une fragilité originelle. (Toutes les fragilités ne font pas basculer).
Au départ, un enfant choyé, puis un adolescent qui ressemble à beaucoup d’autres (timide, mal dans sa peau, attiré par les filles et s’y prenant mal). Mais cette timidité, ce malaise, cela va devenir, dans le contexte du travail salarié, pour le jeune adulte, prétexte à être victime de ce qu’on sait maintenant nommer : harcèlement. Il rencontre, dans l’entreprise, de faux amis et de vrais bourreaux. Injonctions contradictoires, pressions, moqueries. Il faut s’amuser entre amis et accepter d’être la proie de la bêtise cruelle. Pour un timide qui ne s’est pas encore trouvé réagir est difficile. En parler, impossible. 
Aurait-il basculé sans la cruauté de ces criminels psychiques, cruauté qui participe aux atteintes qui rendent fou ? Pas sûr. Mais laissons, car il n’est plus temps, pour lui, d’avoir à régler d’autres comptes avec eux, ce serait stérile retour en arrière. Son livre dénonce, dit les faits, et c’est déjà très important.
 
Mais il y a l’aspect mystique. Bien sûr on peut n’y voir que du délire. Cependant je ne peux m’empêcher de penser à des lectures d’autres témoignages qui n’ont rien de psychiatrique. Des autobiographies de mystiques, justement, parlant du processus d’éveil qu’ils ont vécu, et comment ils ont frôlé parfois la folie. La rencontre entre la conscience ordinaire et l’approche d’une perception autre, d’un autre savoir, celui du « Soi » qui n’est pas ce « moi » de tous les jours, pas ce mental de la rationalité ordinaire. Peut-être a-t-il été confronté à cela aussi, par moments, sans avoir les outils, alors, pour le mesurer et prendre distance. Pris dans le déchirement entre la conscience de celui qui vit des épreuves sociales et de celui qui aspire à retrouver en lui une mémoire d’âme et la confond avec des mirages, où voix et voix se mêlent. Depuis il s’est débarrassé de l’attrait pour des dogmes, et a une conception spirituelle qui permet la liberté, en raison : « J’ai l’idée non pas d’un Dieu humain, anthropomorphe, mais d’une force cosmique, d’un principe universel au-delà de l’entendement. » 
 
Au bout du compte, s’il pense que l’écriture l’a sauvé, il sait entendre que ce ne fut pas qu’elle, mais la médecine, la thérapie et des proches aimants. Et finalement il a réussi à retrouver les rails d’une rationalité qui permet de s’inscrire dans le temps de tous. Il a su puiser en lui de quoi faire œuvre, ce qui suffit à donner le sens d’une vie. Faire œuvre, et aider les autres à exister avec leurs écrits. Double défi. Réussi. Et continuer l’écriture qui « prouve », témoignant pour lui et pour les autres, avec sa poésie : « Je suis un écrivain parce que maintenant j’ai tant à démontrer, à dire que je ne suis plus cette ombre du passé, ce fantôme de jeune homme tantôt discret et introverti, tantôt agaçant, volubile et extraverti. »  
 
Cet ouvrage, très en marge de sa poésie, est un cadeau qu’il fait à tous ceux qui vivent une détresse psychiatrique, sont marqués du sceau d’un diagnostic, qu’ils peuvent vivre comme infamant, ou qui peut conduire leur famille à les rejeter. Vies entre hôpital et errance, vies solitaires. Ce cadeau il le fait à tous, car les proches de ces errants de la raison sont concernés. Au-delà c’est un message essentiel lancé comme une bouteille à la mer, à la société. Attention aux comportements qui tuent psychiquement. Attention au silence indifférent. Et aux questions existentielles. Que faisons-nous de la folie des autres ? Comment répondons-nous au défi d’être (corps ET âme) pour donner sens et témoigner du sens ? 
 
Il raconte avoir brûlé une copie, un jour d’examen, dans un amphithéâtre. Acte manqué, moment fou. Mais j’y vois un symbole intéressant, assez beau. Presque l’acte constitutif de sa naissance à l’écriture. Brûler l’inessentiel, et ne plus vouloir pour soi que l’écriture authentique. Devenir poète en inscrivant un refus radical : brûler ce qu’on refuse. Preuve que même hors raison il peut y avoir en soi un savoir qui traverse les frontières entre folie et sagesse. Au-delà de la conscience ordinaire. Serait-ce celle de l’âme qui sait ?  Peut-être bien. 
 
MC San Juan
 
PAGE éditeur, éds Unicité. Présentation de l’auteur...
 
Autre recension, ici. Celle de son recueil Chaque pas est une séquence... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2019/05/28/ch...

12/07/2019

TZIGANES, GITANS, ROMS, MANOUCHES. Les connaître, les lire…

1 TZIGANE .jpgSongez-y : nous sommes tous / Le gitan d’un autre (Félix Monget, Gitanitude/poèmes)  

Je n’ai pas encore compris / comment fonctionne le monde, / mais je sais très bien / ce que le ciel exige de moi. / Le temps du gâchis est fini. / Maintenant je pose la main / sur tout ce qui est beau.  (Alexandre Romanes, Paroles perdues)

1 AME.jpgAu terrain vague des Tsiganes / Où papillonne l’enfant nu, / J’entends un orchestre d’oiseaux. (Esméralda Romanez - liens plus bas dans la note).

1 ROMANES.jpgCe qui m’attriste et me met en colère, c’est que les préjugés sont vivaces et tenaces. Les stéréotypes véhiculés au sujet des Roms demeurent identiques à ceux des années 40. On n’a rien appris de l’histoire qui se répète inlassablement. (Tony Gatlif, Entretien - lien plus bas dans la note).  

1. EXILS.jpgIl y a un feu sous les arbres : / on l’entend qui parle bas / à la nation endormie / près des portes de la ville. /// Si nous marchons en silence, / âmes de peu de durée / entre les sombres demeures, / c’est de crainte que tu meures, / murmure perpétuel / de la lumière cachée. (Philippe Jaccottet, Les Gitans, recueil L’Ignorant, 1958) 

……………………………………………………...  

1. FILM.jpgIl y a eu récemment des faits plus que problématiques. Rumeurs et peurs finissant par des menaces et des agressions. Invention d'enlèvements d'enfants et hystéries collectives dans certains quartiers. Contre les Roms.

Peuples nomades, qui ont été victimes à très grande échelle de la catastrophe de l’holocauste, cette mémoire étant largement occultée (voir ci-dessous des liens vers des informations). La Shoah, pour les Gitans c’est "Porajmos" ou "Samudaripen". 

On leur reproche le fait de s’installer n’importe où et de déranger la vie des villages. Mais les accueils prévus sont très largement insuffisants. 

Certes certains font parfois parler d’eux pour des faits de délinquance. Mais comment survivre quand les droits au travail ne sont pas vraiment reconnus (suivant le statut mal compris de ceux qui traversent les frontières). Et quand la mendicité est réprimée (voir l’entretien de Tony Gatlif). Les préjugés, eux, assimilent toute une communauté à une minorité.

D’eux, des apports à la culture de tous, peu est su. Pourtant il suffit de traverser la frontière et de penser « Andalousie » pour voir partout les marques d’une pensée et d’un rapport au corps et au monde qui a une dimension métaphysique. Le geste qui porte à la danse, magnifie la main, c’est une transfiguration de l’être. (Et de même le geste mental, qui ancre dans le réel et dans quelque chose de sacré – ce qui ne veut pas dire religieux).  

De cette réalité qu’est le nomadisme, de la force de liberté qu’elle donne, nous ramenant à une source profonde de l’humain, ontologiquement, peu est compris.

Et que sait-on de la littérature tzigane ? 

D’où la nécessité de cette note. Pour donner à lire, à commencer de lire, le monde gitan. 

MC San Juan

.....................LIENS vers des pages, des SITES. Artistes et auteurs...........................................

Nommer (généralités nécessaires)... https://www.linternaute.com/actualite/societe/1175540-rom...

Aborder le sujet… Page sur les Tsiganes... http://mayvon.chez-alice.fr

FICHE wikipedia. ROMS. Dont partie Littérature… https://fr.wikipedia.org/wiki/Roms

Un SITE. Fils du vent sans pays. Tsiganes, gens du voyage… http://filsduvent.kazeo.com

……………………………………………………………………………………………….........

Pour commencer (hors axe mais pas tout à fait…)

Le prénom d’Enrico Macias vient de sa rencontre à Constantine avec le groupe gitan de musiciens de la famille Enrico. Il les fréquenta tant qu’ils finirent par l’intégrer et le nommer « petit Enrico ». Il y a en lui quelque chose de gitan (en plus du maalouf appris avec son beau-père)… Il chante "L’âme des Gitans" et "Le feu des Gitans", va sur scène en duo avec  Kendji Girac, jeune gitan catalan, avec lequel on sent une proximité de repères.

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Federico Garcia Lorca, poète du cante jondo, poète des gitans. FlamencoWeb... https://www.flamencoweb.fr/spip/spip.php?article179

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Tony Gatlif, gitan ET français natif d’Algérie. Boualem Dahmani, dit Tony Gatlif, est un cinéaste né  à Alger. Père kabyle, mère tzigane. Engagé dans la défense de la cause tzigane.

Cinéaste (dont Exils. FILM sur le retour en Algérie d’un jeune couple, un fils de Pieds-Noirs, une fille de Franco-Algériens)...  http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=54123.html

ENTRETIEN   informations et réflexions… Son FILM (et livre)  Liberté est mentionné (sur les persécutions subies par les Tziganes)… https://owl-ge.ch/arts-scenes/cinema/article/entretien-to...

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Un poète gitan connu et publié (livres), Alexandre Romanès, du cirque Romanès…

Article d’Alexandre Romanes. "Nomades nous resterons", Le Monde…https://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/26/nomades-n...

SITE sur le cirque Romanes (Voyageurs créateurs)...  http://www.voyageurscreateurs.com/romanes-poetes-tsiganes/

Ses LIVRES...http://www.gallimard.fr/Contributeurs/Alexandre-Romanes

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Manitas de Plata. Considérable musicien...

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LIVRES... 

POÈMES ROMS (et gitans, tsiganes). Une sélection… http://www.revue-secousse.fr/Secousse-02/Carte-blanche/Sk...

LISTE de LIVRES TZIGANES sur BABELIO (et introduction  avec lien vers article de The Conversation)…https://www.babelio.com/liste/7311/Litteratures-Rromani-R...

LIVRE. Anina. "Je suis tzigane et je le reste"… https://www.france-terre-asile.org/actualites/la-presse-e... 

LIVRE. Semi-autobiographique. Sandra Jayat... https://www.decitre.fr/livres/la-zingarina-ou-l-herbe-sau...

Autres livres d’elle (récits de vie de gitans). Cf. El Romanes... https://www.decitre.fr/auteur/230752/Sandra+Jayat

Couleur de fumée, une épopée tzigane, de Menihért Lakatos, Actes Sud, 1986. Traduit du hongrois... https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature-etrangere/...

Félix Monget (a vécu beaucoup avec les gitans, l’est devenu de coeur). Un poème de lui était dans l’église de Ste Marie de la mer, c’est là que je l’ai lu d’abord, émue. De lui Esmérada Romanez dit qu’il est "tisseur de passerelles".

"Il ne faut pas faire pleurer les anges", L’Harmattan, coll. Poètes des cinq continents. Et autres LIVRES de lui (dont ses témoignages sur le monde gitan)… http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&... 

Et c’est par lui (sur un site disparu) que j’avais découvert la poétesse Esmeralda Romanez. 

Qui est Esméralda Romanez (pas Romanes, autre famille)…. http://www.diversite-europe.eu/fr/news/esmeralda-romanez-...

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……………………...

ÉDITION Wallada (dont une collection tsigane). Édition présente au Marché de la poésie... http://www.wallada.fr

Contes manouches... http://wallada.free.fr/boutique/?p=productsMore&iProd...  

Chansons manouches... http://wallada.free.fr/boutique/?p=productsList&iCate...

Waroutcho. COLLECTION TSIGANE. Liste de LIVRES… http://wallada.free.fr/boutique/?p=productsList&iCate...

Théâtre. "El duende" (textes de Lorca et Romanès). Descendre sur la page jusqu’au titre et texte... https://www.francetvinfo.fr/culture/spectacles/theatre/el...

Chorégraphe d’origine manouche, Michaël Stoll. Compagnie Mémoires vives. "Samuradipen", création sur le génocide… http://cie-memoires-vives.org/samudaripen/

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Porajmos = le génocide des tsiganes... https://fr.wikipedia.org/wiki/Porajmos

Autre nom. Samuradipen. Le génocide des tsiganes (roms, gitans). (Nom, aussi, d’une association qui avait été créée par la poétesse Esméralda Romanez)… https://fr.wiktionary.org/wiki/Samudaripen  

La Croisée des chemins. La guerre secrète des Tsiganes 1840-1944,de Jan Yoors, Phébus/Libretto, 2005... "Né en Andalousie en 1922 et nourri par une enfance cosmopolite, Jan Yoors fut, durant la Seconde Guerre mondiale, agent de liaison entre les Tsiganes et les Forces alliées. Il est mort à New York, le 28 novembre 1977." (page éditeur)... http://www.editionslibretto.fr/la-croisee-des-chemins-jan-yoors-9782752901071

Mémoire du CAMP tsigane, Montreuil-Bellay (Maine et Loire). Camp oublié… https://jacques-sigot.blogspot.com

et aussi... http://memoireducamptsigane.blogspot.com

PAGE (infos de Jacques Sigot qui fut instituteur à Montreuil-Bellay)...https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/camp-dinternement...

Article (2013)... http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/07/23/01016-...

08/07/2019

Des recueils de poésie à lire en vacances... (et après aussi).

Une_anthologie_de_la_poesie_francaise.jpgQuant à la poésie (gemme, cosse, graines, floraison) c’est le territoire originaire de la parole, personne ne peut apprendre à personne à écrire de la poésie. Une boussole oriente et dénude les mots jusqu’à la pleine page silencieuse du poème de la voix. 
      Patrick Laupin, Le Rien qui précède
 éd. Gros textes, coll. La petite porte, 2019
(Poète, auteur du livre sur  Mallarmé, coll. Poètes d’aujourd’hui, Seghers, 2004. Recueils chez différents éditeurs).
La poésie n’est pas pour moi un exercice réussi lorsque les contraintes ou les procédures ont été respectées, elle est à chaque fois invention d’une écrire-vivre, tension de langue contre ce qui nous rend muets.
Antoine Emaz 
 
Quelqu’un, sur Facebook, a réagi aux listes de livres  « d’été » que font les journaux, les blogs, les sites, les revues en ligne. Constatant un déni d’existence opposé à la poésie, il a fait une liste de recueils… Oui. On propose de quoi se distraire, se délasser. Romans, romans, et romans. La poésie ? Oubliée. (Et j’ajoute à cela l’oubli des aphorismes, catégorie d’ailleurs niée dans le classement des bibliothèques. Mais dans certains recueils de poésie, ils sont présents aussi). Réaction ? Faire des listes de recueils de poésie à mettre dans les valises. Au choix de chacun. Ceci n’étant pas négation du reste. Pour ma part je lirai en vacances de la poésie, toujours. (Plus précisément je relirai surtout, découvrirai un peu.) Mais je ne me priverai pas de romans policiers, de livres de science-fiction, et, même, de mangas (j’en ai repérés). Et il y aura aussi systématiquement un temps pour les journaux et une philosophie non-systémique, en plus de grands textes de sagesse, à relire. (Car la poésie des petites fleurs loin des sursauts du monde et des questionnements sur vivre et mourir - ou la haute spiritualité - ce n'est pas mon truc).
 
1 ANTHOL FR 0rizet.jpgDonc, listes. Et j'ai fait la mienne. Le but n’est pas de s’adresser à des érudits, ni à ceux qui connaissent à fond l’univers de la poésie, jusqu’aux publications les plus récentes (même si j’en mentionne un peu). Ni de proposer de se ruiner (comme on peut être tenté de le faire au Marché de la Poésie…). Non. Proposer à un public large des titres, c’est permettre aussi une initiation, par des livres qui ne soient pas effrayants par l’ampleur, et en prévoir qui soient disponibles à des prix modiques...

ANTHOL FR POCHE.jpgANTHOLOGIES d’abord. 
La meilleure façon de découvrir quels sont les poètes dont on voudra lire des livres et ceux qui ne nous « accrochent » pas. 
Car de la poésie, comme de la littérature en général, on ne lira pas tous les livres... Tous ne sont pas faits pour nous (goûts, affinités, rapport aux mots, au langage, méta-philosophie racine proche ou lointaine, adverse parfois). Pas plus qu’on ne rencontrera tous les êtres humains qu’on est susceptible de croiser, même en se limitant à notre quartier… Alors la ville, le pays, le monde… Alors le temps des siècles : tant d’auteurs et tant de langues… Et même, de certains auteurs choisis, dont on aime beaucoup un ouvrage on ne lira pas tous les autres. Car même parmi les meilleurs certains écrivent trop. (Trop de textes dans un livre, trop de livres en bibliographie. Apparemment il manque alors le silence, et les coups de ciseaux pour enlever ce qui excède). 
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Anthologies de la poésie française.
… de Jean-François Revel, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins… 
… Ou (De Villon à Verlaine), d’Annie Collognat-Barès. Livre de poche, Libretti (poèmes, présentation, notes et index…). (2€)…. En poche, aussi, l’anthologie de Georges Pompidou... Ou celle de Jean Orizet. Et plusieurs titres, catégorie ‘poésie'… 1 Haikus.jpgPlus, ouverture à l’ailleurs, L’art du haïku
 
1 LETTRES RILKE .jpg… Chez Librio, certaines anthologies, comme celle de Sébastien Lapaque, au très beau titre, J'ai vu passer dans mon rêve - titre emprunté à Verlaine, dont une citation est mise en exergue. Son introduction est excellente (quatre pages denses, qui suivent l'épitaphe, une définition rigoureuse de la poésie). Même collection Librio, des recueils (pour 2€). Comme ceci, de Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète... 
 
… La poésie est présente aux éditions Mille-Et-Une-Nuits. (Pour 3€). Il faut fouiner… 
 
Écrivains francophones du Maghreb, sous la direction d’Albert Memmi, éds Seghers. Dont poètes… 
 
Anthologie de la poésie algérienne, Quand la nuit se brise, par Abdelmadjid Kaouah, Autres temps, Points poche.
 
… Poésie espagnole / les nouvelles générations PU.Lyon, (anthologie bilingue) par Pedro Provencio
 
1 FEMMES.jpgQuelqu’un plus tard se souviendra de nous, (femmes poètes, noms majeurs, monde : mes très chères y sont). Poésie/Gallimard...
 
Poètes du monde… Anthologies (et collections). Dont livre éd. Marabout…1 ANTHOL MONDE.jpg
 
Poèmes chan (de moines du bouddhisme chan). Picquier poche.
 
1 Anthol vers unique.jpg… Et enfin, Anthologie du vers unique, de Georges Schehadé. Une merveille…
…………………………………………………………..
TITRES seuls. RECUEILS… 
 
Si vaste d’être seul, de Tristan Cabral,  Le Cherche Midi (recension faite, 2018, lien ci-dessous). (Dernier livre, Poèmes à dire, éd. Chemins de Plume, Nice). Lien vers la note…  http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2018/07/22/si... 
 
poésie,livres,anthologies,bibliographie,poésie française,poésie espagnole,poésie algérienne,poètes du monde,anthologie du vers unique,poèmes chan,haïkus,coll.poésiegallimard,l’ardent pays,Éds mille-et-une-nuits,éd. librio,livre de pocheInstructions à l’intérieur, d’Ashraf Fayad, Le temps des cerises (poète palestinien toujours prisonnier en Arabie saoudite).
 
Au secret, de Franck André Jamme, éds. Isabelle Sauvage
 
Variations sur le silence, de Philippe Mac Leod, éds Ad Solem
 
Hautes lassitudes, de Jean-Marie Blas de Roblès, Dumerchez
 
Apostumes, de Jean-Luc Sarré, Le Bruit du temps
 
Six titres, coll. Poésie/Gallimard
    … Terre énergumène, de Marie-Claire Bancquart
    … En trente-trois morceaux, de René Char 
    … Jonas, de Jean-Paul de Dadelsen
    … Les Mégères de la mer, suivi de Poèmes de Samuel Wood, de Louis-René Des Forêts
    … Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer ? de Claude Roy
     … Toute personne qui tombe a des ailes, d’Ingeborg Bachmann
 
Et…
Trois leçons de ténèbres, de José Ángel Valente, éds Unes, traduction et préface de Jacques Ancet (recueil bilingue).
Oeuvre sur l’eau, d’Erri De Luca, éd. Seghers (biilingue).
Poème à la durée, de Peter Handke, NRF Gallimard
Le Souffle du Monde, d’Yves Simon, éd. Librio… 
1 NERVAL.jpgAurélia, de Gérard de Nerval… Philo et poésie aux Éds Mille-Et-Une-Nuits… https://www.lecteurs.com/editeur/mille-et-une-nuits/11517
 
Autres titres, voir les notes de la catégorie "Recensions"… dont une note de dix titres (Égarer la lenteur)… Et beaucoup d'autres sur un seul livre, comme par exemple "Échos du silence", de François Cheng et Patrick Le Bescont... (Je mettrai des liens dans la liste "Trames nomades... Relire" qui est en marge gauche et doit être mise à jour...)
 
De François Cheng j'emporterai "La vraie vie est ici" (Poésie/Gallimard), pour relire et relire. Il parle à l'âme, à hauteur d'âme, mais des pages peuvent aussi faire venir les larmes aux yeux, tant l'émotion est présente, devant des faits de tous les jours ou l'évocation de grandes douleurs humaines - en empathie avec tout ce qui est. Et tant il sait dire aussi des hésitations entre bonheur et souffrance, présence des autres et solitude radicale, un "Je" discret, pudique, mais là. Une écriture du paradoxe métaphysique, vécu, des oscillations entre le Soi et le moi. 
Et je prendrai ses trois romans, disponibles en livre de poche. Pas lus encore. 
Poésie, encore, voir, en marge droite (descendre un peu) trois listes de liens vers des sites et blogs, des éditions, des revues (papier ou en ligne).
 
MC San Juan
 
LIEN important. Hommage.
TEXTURE. Revue de poésie créée par Michel Baglin, poète dont on perd la présence et garde l’oeuvre…

07/07/2019

"La réalité telle qu'elle est"... "Paroles de méditation".

1 PAROLES.jpgLa sagesse consiste à parler de la réalité telle qu’elle est et agir selon notre nature véritable.                                                                     Héraclite 

                       (cité dans Paroles de méditation, Albin Michel, coll. Carnets de sagesse)

 
Dans son introduction Marc de Smedt dit que la découverte des textes de grands sages d’Orient a été le déclencheur de son envie de pratiquer les techniques de méditation dont leurs paroles étaient en quelque sorte issues.    « Mon univers philosophique s’élargit à l’infini », écrit-il. De la pratique (il mentionne le yoga et le zen - zazen, l’assise) il dit surtout ceci : immobilité, respiration, silence. Les citations qui suivent sont, dit-il, des paroles de grands méditants, « choisies pour éclairer notre route et notre assise méditatrice ».
 
J’en retiens certaines (dont celle posée en exergue).
...
Ne cherchez pas la voie chez les autres.
                              Maître Tozan
 
Le ciel et la terre ont les mêmes racines.
Le ciel et la terre et notre ego ont la même source.
Toutes les existences sont un seul esprit, un seul corps.
                                     Maître Dogen
 
Le vieil arbre mort au coeur de la montagne
précipite son corps au-dessus de l’abîme sans fond.
(…)
Dénudé par les tempêtes, il a traversé dix mille hivers.
Seule subsiste l’essence de l’arbre.
                                  Kodo Sawaki
 
Parce que l’esprit d’éveil est l’origine de toute activité réelle, il apparaît naturellement et automatiquement de lui-même. Il ne peut être défini ni par l’existence ni par la non-existence.
                                                                       Taisen Deshimaru
 
Ayant médité la formation des Trois Corps en soi, 
J’ai oublié de songer à l’espoir et à la crainte.
Ayant médité cette vie et l’au-delà,
J’ai oublié la crainte de la naissance et de la mort.
(…)
Ayant fait de mon corps mon propre monastère,
J’ai oublié le monastère de la ville.
Ayant adopté l’esprit sans la lettre,
J’ai oublié de disséquer les mots.
                                    Milarepa 
 
As-tu mis ton être au diapason de la grande souffrance de l’humanité, ô candidat à la lumière ? 
                                                     La Sagesse du Grand Sentier
 
À l’intérieur du cosmos, au sein de l’univers, se trouve un trésor. Il se cache à l’intérieur du corps.
                                                                Maître Ummon
 
Il n’y a pas de structure à changer, seulement se libérer de la complicité avec la structure.
                                                                 Yvan Amar
 
Ce que nous appelons « je », 
n’est qu’une porte battante
qui va et vient
quand nous inspirons 
et quand nous expirions.
              Suzuki Roski
 
A la fin du livre, une bibliographie donne les sources des textes. 
Et, comme toujours pour cette collection, l’iconographie est très belle.
 
LIENS... 
Sur Babelio une série de couvertures de la collection…
 
Sur le site d’Albin Michel, rubrique Spiritualités. (En recherche noter : Paroles de… Et tous les titres de la collection viennent)...

06/07/2019

"Spiritualité sauvage". Et le livre d'Aédàn... Célébrations & Crépuscules.

 
Aédàn.jpgC’est une parole qui vient de loin. Celle d'Aédàn. De l'autre côté d'un océan, de l'autre côté de certaines frontières en nous. Mais parole qui vient de près, et parle au plus près. On a pu la lire sur sa page Facebook, régulièrement. On la retrouve dans un livre qui reprend certaines notes posées de jour(s) en jour(s). 
Livre publié (début juillet 2019) aux éditions Aluna, dont le nom vient des Kogis, peuple premier qui désigne ainsi le monde de l’esprit. Une édition dédiée à la spiritualité, à des témoignages sur des expériences spirituelles qui modifient la conscience de soi et le regard sur le monde. En relation avec la philosophie dite non-duelle.
 
Ceci n’est pas une recension (je viens de commander le livre sur le site de l'édition…!).
Ce n'est pas une recension, mais quand même un peu... (Je classe la note dans cette catégorie).
Car ce que je vais y trouver je le pressens déjà en grande partie, lisant ses notes régulièrement (des posts Facebook sont repris pour cette publication). Et je sais comment il se distingue, dans cet univers de transmission où on peut voir des témoins d’un vécu humainement paradoxal (au sens des codes sociaux, intellectuels, spirituels) parler un langage contraire. Certains considérant qu’il n’y a rien à dire (mais ils disent), d’autres qu’il y a tout à dire et codifier, pour baliser les règles sur un chemin de devenir. Certains parlant d’un vécu qui semble être une joie permanente, celle du sage que rien n’atteint (et nous, alors, pauvres humains…). D’autres exposant les dures étapes qu’il faut absolument traverser pour se transformer. Les uns ont suivi des maîtres indiens (par exemple), d’autres des mystiques chrétiens (ou d’autres religions). Mais la spiritualité la plus authentique, quel que soit le chemin et le langage, est a-religieuse. Cependant ce qui distingue Aédàn de bien des êtres de cet univers (même s’il n’est pas le seul, heureusement, à être dans cette vérité de son parcours et de son présent), ce n’est pas le fait de ne pas parler de religion ou de voie tracée par des certitudes ou des évidences dont il ferait le récit. Non, ce qui le distingue est dans sa manière de se situer dans une vie « habitée » totalement, avec des forces et des faiblesses, malgré ce jaillissement d'autre chose qui échappe au sens commun. Et finalement sa méthode, si méthode il y a, serait une sorte de contagion de l’écoute en soi de cette part de mystère que la rationalité ordinaire dénie à l’humain, quand il sait y voir un centre lumineux qui défie les limites de l’intelligible.
 
Célébrations & Crépuscules
Ce qui est important, donc, dans ce titre c’est le « & ». ET. Car le vécu c’est tout cela à la fois, même quand on  a traversé le miroir… 

CITATION, passage du livre (via sa page Facebook, Spiritualité sauvage) :      « La spiritualité, ça n’est pas obtenir de haute lutte le prix de la victoire spirituelle : c’est s’asseoir et se faire mendiant de l’être que je suis. C’est ne plus rien mériter, ne plus rien exiger, attendre silencieusement sur le bas-côté de la rue spirituelle, en faisant passer tous les rois et les reines, les gens brillants et les grands méditants, et, dans la poussière de leur pas qui nous empêche de respirer, découvrir…( …) ».

Autres CITATIONS, deux fragments d’un post récent, sur sa page Facebook : « J’ai souvent observé que les enseignements spirituels sont autant des ressources que des pièges. » et « Se dénuder des certitudes. Se laver des enseignements. ». 

Et, d’un ENTRETIEN (partagé - en trois parties - sur sa page) je retiens trois passages particulièrement éclairants...

... Il répond d’abord à une question sur le titre. Pourquoi ce titre qui associe deux réalités opposées, Célébrations & Crépuscules ? Sa réponse est que ce qui doit advenir spirituellement c’est « dans nos vies telles qu’elles sont, dans leur lumière, dans leur obscurité. » (… «  Si tout est Un » ).

... Ensuite il explique son expression, au sujet des enseignements dits de l’éveil spirituel, quand il parle de « publicitaires du manque ». Ce qu’il désigne ainsi c’est une pratique (ancienne et qui continue) : « En spiritualité on vend des livres, des ateliers et des retraites, en créant du manque à l’éveil, du manque à la paix, du manque à… (…) ». Et justement son intention, dans ce livre est « de faire parole spirituelle qui ne participe pas de cela. »  

... Et enfin c’est le thème de l’errance qui est abordé. Accepter de se perdre, «  aller où on ne sait pas », apprendre « à habiter ce déploiement mystérieux du mystère. » 

Présentation du contenu du livre (éditeur) : «  Chez cet auteur, l’éternité ne se manifeste pas en images surannées, mais en éruptions de vivacité. Le spirituel n’est pas associé à la sainteté pure et diaphane mais, au contraire, au fait d’avoir les mains pleines de terre, au fait d’être maculé de sang et de vie. // Expérience mystique, métaphysique et passion poétique… (…) »  

MC San Juan (qui reviendra sur ce livre plus tard, automne...)

LIENS...

Sur l’auteur (éditeur): « Poète, mystique et thérapeute (…) ». Suite sur la page de l’édition… ALUNA... http://www.alunaeditions.fr/celebrations-crepuscules/

Sa PAGE FacebookSpiritualité sauvage... https://www.facebook.com/SpiritualiteSauvage

............. NOTE d'avril 2017, « La poésie comme vivre » (sur la poésie d'Aédàn, Aédàn et la poésie)... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2017/04/04/la...

03/07/2019

Carte d'identité... littéraire. Ou ce que veut dire "créer", pour moi.

DUBOIS 3 CAPITAL .jpgMais à quoi sert l’écrit s’il ne dénonce ? Le verbe s’il ne hurle ?
      Jean-Marie Blas de Roblès, Hautes lassitudes
Qu’est-ce que tu es, nuit sombre au-dedans d’une pierre ? 
                Henri Michaux, Poteaux d'angle
 
Identité littéraire, oui. Mais pour une écriture qui se fait avec deux « stylos ».
L’un, qui est un crayon, mine HB, préalable au clavier. Pour des traces sur post it, nappe de café, note de courses, avant la feuille (parfois la feuille). J’aime cet aspect matériel, l’écriture avec argile et graphite. Lien avec la terre, la pierre.
L’autre qui est « el rectángulo en la mano », pour emprunter l’expression de Sergio Larrain, photographe de mon Panthéon personnel. L’appareil photographique. Dans « photographique » il y a « graphique » : le regard écrit.
 
J’ai été invitée à publier (poésie et photographie) sur la revue en ligne « Le Capital des mots », créée et animée par Éric Dubois, poète. (J’ai attendu d’avoir lu le maximum de pages des poètes qui sont là, connus déjà par moi, ou pas). J’ai alors choisi deux de mes poèmes qui correspondaient aux deux axes que je définis dans mon texte de présentation. Et un autoportrait d’ombre - d’une série qui en a plusieurs : car c’est un exercice intéressant que l’autoportrait, pour des raisons techniques et esthétiques. Pour la pensée que cela induit, photographiquement. Et l'ombre, c'est infini...
 
Je note ici les titres des poèmes, lisibles en ligne (lien ci-dessous).
. Le marcheur indifférent
. Feu
 
Ce qu’est écrire, créer (un paragraphe, pour l’essentiel). Citation : «  Quand je veux caractériser ce qu’est la création pour moi (écriture ou photographie) je reprends le concept du duende, feu créatif pensé par l’Andalousie gitane et (magnifiquement) par Lorca. Mais écrire est aussi…» (suite sur la page en ligne...)   
(…) /// D’un côté cette question de Jean-Marie Blas de Roblès : « Mais à quoi sert l’écrit s’il ne dénonce ? / Le verbe s’il ne hurle ? ». /// De l’autre celle-ci, d’Henri Michaux : « Qu’est-ce que tu es, nuit sombre au-dedans d’une pierre ? »
 
Bio-Biblio - en un paragraphe (Blog. Formations et parcours. Publications).
 
En une page en ligne, est défini tout ce qui compte.
Cette page mène à de très nombreuses autres pages. Il suffit de mettre un nom de poète en 'recherche' et les textes viennent… J’ai été émue, en posant mon nom, non par moi mais parce que le début (Marie-Cl…) fait venir Marie-Claire Bancquart, décédée récemment (février 2019), juste après la parution (fin janvier 2019), en Poésie/Gallimard, de « Terre énergumène ».  Voisinage syllabique... 
Sur ces parcours de pages de la revue en ligne je reviendrai plus tard… (en automne).
 
MC San Juan
 

02/07/2019

"Comme des marbres issus d'une carrière"... "La Porte", recueil de Pierre Perrin-Chassagne

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    Pierre Perrin-Chassagne, La Porte
(Recueil, avec deux photographies de Christine Perrin)
 
tout le trajet à refaire depuis le premier je
comme si l’on devait contempler cette porte à jamais
comme s’il n’y avait pas de porte
(jamais n’atteindre la mère…)
Roger Giroux, Je / pas encore 
Orange Export Ltd (anthologie), Flammarion, 1986 (Relisant les pages de Roger Giroux dans cette anthologie, alors que ma recension était achevée, j'ai été frappée par les éléments qui rejoignaient la thématique de ce recueil). 
 
Poèmes en prose, inscrits dans la lignée des poètes prosateurs. Avec des fulgurances intérieures qui auraient pu offrir des vers pour l’Anthologie du vers unique de Georges Schehadé
Dans ce recueil de Pierre Perrin, La Porte, deux parties. D’abord douze poèmes d’un recueil épuisé depuis longtemps, La Vie crépusculaire (Cheyne éditeur, 1996). Puis choix de textes d’un recueil en chantier, Des jours de pleine terre. Alternance de fragments narratifs et de « morceaux » méditatifs. 
 
L’épigraphe évoque le silence, qui est et qu’on brise. Manière de dire que publier des poèmes c’est lancer une bouteille à la mer que peu ouvriront pour lire le message, la poésie étant souvent celle que « nul ne lit ». D’autant plus si les livres sont épuisés. Or, quand on regarde la bibliographie de l’auteur (elle emplit deux pages) on voit qu’il y a environ cinquante ans de publications chez divers éditeurs. Ses recueils, mais pas seulement. Des études, dont une au très beau titre (« Les caresses de l’absence chez Françoise Lefèvre »). Des anthologies. J’apprécie cela. Écrire c’est bien, mais inscrire ses lectures et en laisser des traces, c’est essentiel. Je le fais avec mes recensions et j’aime quand ceux qui écrivent savent dire qu’ils lisent et comment ils lisent. D’autant plus que, quoi qu’on puisse en penser, la poésie a besoin de traducteurs. J’écris « traducteurs », car c’est effectivement un travail de décryptage d’une langue à une autre, qui se fait dans la même langue pourtant.Un enseignement nécessaire qui se prolonge au-delà des études (courtes ou longues) des lecteurs potentiels. Lui l’a fait aussi comme chroniqueur critique (NRF), l’a fait et le fait comme revuiste (papier puis web).
 
Les titres (bibliographie et ce recueil), il en a le sens. Ils ouvrent un seuil, on devine l’axe possible, les thématiques qui pourraient être traitées dans ce qui suit. Je suis très attentive aux titres (poèmes, livres) : je peux lire un livre pour le titre, ou au contraire ne pas en avoir envie, à cause du titre. Un titre doit éveiller la curiosité. (Mais j’aurais peut-être préféré que la liste des livres sépare les catégories différentes, en maintenant l’indication chronologique, qui est le choix, là, pour l’ensemble : poésie, récits, notes et carnets,essais. ) 
 
J’ai remarqué quelque chose d’important, la présence de plusieurs recueils co-créés avec des peintres, dessinateurs, photographes. Signe que le visuel est une dimension qui compte pour lui. 
 
D’ailleurs la couverture est une photographie. La mer, la côte, les nuages et le ciel. Du bleu. Le titre, La Porte, sur ce bleu, prend le sens de l’ouvert, pas de la clôture. Symboliquement, le bleu serait une couleur iiée au spirituel, au détachement qui élève, à une vacuité atteinte -- pas le vide-néant, mais le vide qui remplace les noeuds dont on s’est libéré - par la psychanalyse, ou par un processus de méditant, ou, aussi, par la poésie qui est, quand elle est authentique rapport au langage et travail sur les mots, un scalpel efficace. Le terme « scalpel », pour cette écriture, est tout à fait adéquat. Il fouille, triture, brise et coupe. Cruel avec lui-même. L’objectif est la plénitude (chemin de soi et pour soi, mais chemin partagé avec une jumelle d’âme : c’est ce qui apparaît).  
L’autre photographie de Christine Perrin est en noir et blanc. Elle sépare les deux parties du livre et représente une porte, écho du titre et du premier poème, métaphore des questions posées par les textes. Pierres, ruines, verticalité. Et mise en abyme. Une porte suit une porte, et notre imagination complète la profondeur de l’espace, au-delà d’une voûte sombre. Vers où fouiller ses ombres et celles de tous, humains capables d'indifférence ou de haine, de violence fanatique ou gratuite. Tout cela est évoqué dans les textes.
 
Puisque j’ai parlé de la bibliographie je dois ajouter que le titre du récit qui est mentionné dans la quatrième de couverture est « Le Cri retenu ». Dialogue avec une mère morte, « la » mère. À lire pour éclairer autrement la « matière » poétique. Ce sont les premiers textes que j’ai découvert de lui. Scalpel, encore.
 
Ce que je regarde souvent, dans un livre, ce sont les exergues, les citations, évocations… Car cela donne des clés. Comme un commentaire indirect de ce qui est écrit, une mise en profondeur. Et connaître les références invoquées révèle des proximités, une lignée. Donc quels sont les écrivains qu’on retrouve ici
René Char, d’abord, auquel il consacre un poème (p. 25), « Gisant debout ». Le titre est déjà l’hommage. Et je relève : 
« Il est plus grand que son corps d’homme sous la terre. », «  un paysan du cosmos », «  Le lire c’est l’aimer ; l’aimer c’est le relire non plus en aveugle ni à genoux, mais pour le grain de son poème. »  
Puis, p. 31, en exergue à un texte sur la poésie, Ramuz : « Le poète immobilise l’espace ; il tâche de le guérir de sa maladie qui est le temps ». Espace et temps, maya, illusion, pour les sages… La poésie serait-elle un outil pour l’éveil, elle qui « précède la pensée » ? Éveil au sens jungien de l’individuation réalisée, ou au sens mystique des bouddhistes ? Ou les deux, successivement ? Car la poésie «  ébranle », «  témoigne... d’une faille intérieure, d’une tectonique de l’impossible. » Poésie qui « propose… des éclairs froids et des cendres. » (J’aime moins cette dernière notation, qui s’associe à la perception du poète comme celui qui est «  l’instrument » dont joue un archet. Vision sombre, là.) Contredite par le poème sur René Char. (Char, solaire, même .) Donc les deux faces de sa pensée sur la poésie. 
Enfin, je retiens la citation de Jean-Paul de Dadelsen : « La terre apprise avec effort est nécessaire ». Car je suis ravie de le trouver là, ayant une passion pour cet auteur d’un seul livre, et livre posthume, « Jonas », établi grâce à sa femme. Pierre Perrin a choisi un vers du poème que Camus fit publier dans la NRF, Bach en automne. Camus, qui était son ami, devait publier le livre de Dadelsein (dont seuls quelques poèmes étaient connus), mais à sa mort la préparation n’était pas achevée… Je ne suis pas étonnée par cette concordance. Les presciences de Jean-Paul de Dadelsen font écho chez Pierre Perrin. Et ce mot, « effort ». Cela en exergue d’un texte, « Partir », qui commence par poser la question de « l’espérance en désordre » qu’il faudrait savoir « entrer de force dans notre vie ». Car ce n’est pas naturel et facile, pas évident. Quand il y a les douleurs, les ruptures, la mémoire, les deuils. Quand « chaotique est notre ascension ». Et qu’il y a l’amertume qu’on « renifle, crache », la mort, qui est « un compost », la peur qui « ne résiste pas au monde ». Comment interpréter cette phrase ? Est-ce le monde qui impose la vie contre la peur mortifère ? Ou la peur qui ne sait pas résister au réel, ne sait pas nous protéger des dangers du réel ? J’ai l’impression que c’est tout cela à la fois, paradoxe intérieur. Le mot « résiste » ferait presque oxymore, associé à la peur. La terre, comment ne serait-elle pas rappelée, puisque le poète parcourt un univers très terrien. Et d’ailleurs un texte  porte ce titre, « La terre » (celle qu’on travaille avec les mains, celle qui épuise les corps), texte qui précède «  Partir » et qui pourrait avoir le vers de Dadelsen en exergue pareillement.
Autres auteurs mentionnés, cités : Ronsard, Claude Michel Cluny, La Bruyère (pas étonnant, le livre comporte des portraits, avec cette exigence de vérité dure), Jean-François Mathé (à qui un poème de la deuxième partie est aussi dédié, donc une écriture et une conception de la poésie qui compte : conscience de soi, et conscience du monde, dire et déchiffrer l’énigme du processus poétique que l’écriture permet de penser), Annie Salager, Jacques Réda, George Steiner… 
 
Mémoires d’enfance où se confondent douleur et douceur, ce qui se dit et ce qui se tait. Paradoxes d’une lucidité qui « percute ». Mais l’horizon du rêve, de l’écriture, qui saisit et trace les « fils de lumière ». Avec le risque, mesuré, de ne pas garder en soi le lieu de « l’impossible », « habitat toujours précaire ». Et l’exigence d’une radiographie de lui écrivant.  Retour à la présence de l’autre : une femme aimée, associée à la plénitude, comme dans le message en épigraphe interne.
 
Ce ne sont pas des pages enroulées sur un univers clos. Le bruit des drames du monde est présent. Ainsi, les réfugiés, par le texte sur l’enfant noyé, celui d’une photographie qui a bouleversé le monde entier, symbole d’une réalité terrible, et plusieurs autres notations, dispersées. Ainsi la dénonciation rageuse de la cruauté gratuite envers les animaux. Indifférence aux êtres humains, aux détresses, et froideur émotionnelle devant la souffrance animale. Même cuirasse qui coupe du coeur.
 
Pour conclure, ceci :
« Qu’est-ce que vivre, sinon s’approprier l’infini particulier d’une éclipse de la mort ? »
(Tombeau de papier, p. 87).
 
MC San Juan
 
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