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03/07/2020

Aziz CHOUAKI, Les oranges. Ou le parcours poétique d'années algériennes par un humaniste camusien...

aziz chouaki,les oranges,mille et une nuits,algérie,citations,littérature,théâtre,humanisme,fraternité,camus Attendre, que le sang sèche, comme l’encre, puis écrire, avec le vent, avec les arbres, des feuilles simples et splendides, pour dire le vœu, l’œuf le mot, la pastèque de Camus, le mètre cube de terre, le chant de Rosina, la grande et puissante symphonie des oranges. Celle qui, partout et nulle part, dit le cercle parfait.
   Le témoin a avoué, la plaque de la rue a été retrouvée. Le voleur c’est un gars des nouvelles cités.
   Le match est fini, ceux d’en bas ont gagné, bravo les gars.
   Quant à moi, je crois que je vais descendre me faire une bonne petite belote.
 Aziz Chouaki, Les Oranges, Mille et Une Nuits, 1998
 
   Moins de cent pages et toute l’histoire de l’Algérie. Aziz Chouaki fait d’abord parler un vieil homme qui se souvient de ses sept ans en 1830 et qui regarde la mer et Alger de son balcon. Mais le Je qui s’exprime tout au long du récit est un Algérien qui traverse le temps, de la colonisation française à l’indépendance, en passant par les dérives du pouvoir et les horreurs de la décennie noire, avec les litanies de victimes. Sans omettre les violences du FLN et de l’OAS. C’est cela le sang dont on attend qu’il sèche, celui de la guerre et celui du terrorisme. Le Je multiple c’est aussi Aziz Chouaki lui-même. Pour la fraternité.

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21/06/2020

BEDOS, celui qui ne "désaime pas"...

Bedos.jpgJe repense à son livre "Je craque", et au passage où il disait "Arrêtez le monde, je veux descendre !"... Son humour était le langage de certaines colères et l'écume détournée des chagrins d'un écorché vif (il l'a dit, que l'humour était un langage du désespoir). Un natif d'Algérie engagé contre toutes les formes de racisme, fraternel profondément. J'espère qu'on pourra revoir les films où il joue, avec des acteurs amis complices. Et revoir le documentaire de son voyage en Algérie, dans l'Est, avec son fils Nicolas (doué autant que son père...). Les marches dans les rues, les rencontres, et ce moment où on évoque ses bulletins dans son ancien établissement... Dans la vidéo il évoque le pont de Constantine (dit des suicidés, d'ailleurs, car haut - et tentant pour les déprimés...), où parfois il fut tenté de (au moins) imaginer ce que ce serait de sauter.  Il y a une phrase de lui (empruntée à Simone Signoret mais reprise à son compte) qu'il est bon de noter "Je ne désaime pas" (il le disait notamment à propos de ses liens maintenus avec son ex-femme Sophie Daumier). 

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12/06/2020

Albert Memmi. Hommage.

memmi,tunisie,judéité,hétérophobie,littérature,livres,humanisme,fraternité,laïcité,ce que je crois,penser à vifAlbert MEMMI
Hommage
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Albert Memmi est mort le 22 mai à 99 ans. C’est un esprit majeur de notre culture qui disparaît. Un penseur, sociologue de formation philosophique, écrivain et grand lecteur. Né en Tunisie il a écrit un livre important, et reconnu comme tel, Portrait du colonisé, précédé du Portrait du colonisateur (1957), préfacé par Sartre. Mais il avait publié, avant (en 1953) La Statue de sel, livre autobiographique préfacé par Camus. Ce sont deux premiers axes de son oeuvre, souvent réduite à tort à l’étape du livre de 1957. Né en Tunisie d’une mère juive berbère, de culture sépharade, et d’un père d’origine juive italienne. Tunisien sous le protectorat français il aspirait à l’indépendance de son pays natal, pensant y demeurer comme natif et citoyen, se sentant colonisé au même titre que les Tunisiens musulmans. Cependant il quittera la Tunisie à l’indépendance du pays, constatant avec tristesse qu’il n’a pas vraiment, en tant que juif, sa place dans son pays. Il deviendra français, en 1973.

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04/02/2020

ABD AL MALIK, rappeur soufi, et auteur, rend hommage à CAMUS par des spectacles, des interventions, des lectures, et des livres…

abd al malik,albert camus,camus,camus l’art de la révolte,qu’allah bénisse la france,théâtre,les justes,rap,rappeur,soufisme,soufi,fraternité,humanismeJ'avais vu le spectacle d'Abd Al Malik en hommage à Albert Camus, auquel il dit devoir beaucoup. C'était en partie autobiographique, et très émouvant. Parole d'un camusien éthique dont l'itinéraire est aussi celui de quelqu'un qui a été transformé par sa rencontre avec le soufisme. (Lire ce qu'il dit de tout cela dans son livre "Qu'Allah bénisse la France", éd. Albin Michel, poche.) J'ai vu sa mise en scène des Justes. Et c'était une joie que le spectacle dans la salle, l'enthousiasme d'un public assez jeune, qu'Abd Al Malik entraîne vers la lecture d'un sommet de la pensée. Témoignage auquel j'associe celui de deux jeunes étudiants algériens dans un documentaire d'Arte, "Vivre avec Camus" (disponible en DVD). 

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14/05/2019

JOFROI. Chanter l’humanisme pour "habiter la terre"...

JOFROI.jpgJofroi est auteur-compositeur-interprète. Un esprit libertaire.
(L’illustration est l’affiche d'une tournée au Québec, en 2018).
 
J'ai découvert l'artiste par hasard il y a plusieurs mois, peut-être un peu plus.
Il y a un film de Pagnol (1934) qui est titré ainsi, du nom provençal d'un personnage. Et comme le chanteur (d’origine belge), lui, vit maintenant dans le sud de la France, il a sans doute choisi ce pseudonyme pour dire son lien avec cette terre adoptive (et adoptée…).
Quand je vois tout ce qu’il a fait, disques et participations à des scènes, avec Maurane, par exemple, je suis étonnée de ne pas l’avoir découvert plus tôt.
Envie de partager. 
J’ai trouvé deux axes à son expression. Éthique de la solidarité avec les autres, d’où qu’ils viennent, et souci de la planète, avec des valeurs simples qui rejoignent celles d’une écologie de soi pour une écologie de la terre. 
 
CITATION. Voilà comment il se présente (page sur le recueil des textes) : "On entend parfois dire : "Pour être d'ici, il faut avoir ses parents au cimetière et ses enfants à l’école"... Autant dire que je suis de nulle part. Il y a bien longtemps que j'ai quitté mon village natal ainsi que la terre où reposent mes ancêtres… Et mes enfants ne sont pas tout près non plus. Mais est-ce vraiment si important ? Dans ce monde où le futur de l'homme est planétaire. Je ne suis donc ni d'ici, ni de là... Je suis à l'endroit où je vis et j'y construis des univers, en partie imaginaires. Je suis de Champs la rivière, je suis de Cabiac sur terre… Et ces mondes se métamorphosent."
Donc… Conscience planétaire, qui sait qu’on est de plusieurs endroits, de plusieurs identités, de nulle part et de partout. Mais je vois (publications critiques) que la Belgique garde un oeil sur lui… 
 
LIVRE. L’intégrale de ses textes a pour titre l’itinéraire d’un lieu à l’autre (de la Belgique francophone au sud ensoleillé, à Cabiac) : "de Champs la rivière à Cabiac sur terre" (Éditions du Soleil, 2013 - je fais le lien avec les Productions du Soleil)…
 
ENTRETIEN, sur TV5 Monde, en 2015. (Un parmi d’autres, sur la page "Actualités" du site). Au sujet d’un festival de chansons qu’il organise (Chansons de Parole, c'est-à-dire de textes). Plutôt que de chansons engagées il préfère parler de chansons  "responsables" et d’humanisme.
 
TEXTES de ses chansons (comme... l’accordéoniste, aimer ou haïr, bienvenue sur la terre, Cartier-Bresson, frontières, hasard (le), il rêve, poésie (la), prière iconoclaste, voyance…).
 
ÉCOUTER… (Voir aussi la page ‘Vidéos’ du site)...
En l’an 2000, l’humanité… http://www.jofroi.com/mp3/an2000/humanite2000.mp3 
Prière iconoclaste… https://youtu.be/PYGRdbRzC-k 
 
FICHE wikipedia (bio, discographie, implications, publications)…

12/02/2018

Michel Simonet, balayeur et écrivain.

SIMONET.jpgL'article du Nouvel observateur me donne très envie de lire ce livre de Michel Simonet. Après avoir lu avec intérêt l'art poétique de Roger Caillois (son éthique, qui s'adresse quand même plutôt aux auteurs assez connus pour risquer d'en faire usage de pouvoir, il me semble, même si certains points peuvent être adoptés par ceux qui aiment l'ombre - ou que l'ombre choisit...) je trouve que la démarche de cet homme est un art poétique en actes. Il pense la vie en libertaire "total" (total, mais non "radical"). N'ayant pas encore lu le livre je ne peux avoir d'avis sur la qualité littéraire, bien sûr (ce sera plus tard, en mise à jour). Mais j'ai l'impression qu'il y a une profondeur vécue, une sorte de sagesse qui émane de cet homme, un savoir spirituel. Et son goût pour ce métier de balayeur (cantonnier à Fribourg) me fait penser à ce que disait Stephen Jourdain ("sage" s'il en est, pour ne dire par ce mot qu'un peu de lui), dans un de ses livres, revenant sur les tâches quotidiennes qu'il aimait accomplir : balayer, frotter, laver... Sans doute parce que, par ces gestes, on entre ainsi dans un rapport physique à la matérialité du réel, on est dans l'instant pur, loin des idées trop mentales... Donc, je lirai... 

L'article de Jérôme Garcin... https://bibliobs.nouvelobs.com/l-humeur-de-jerome-garcin/...

Page de la revue Conférence, 2017 (avec les illustrations, dessins de Pierre Dupont)… http://www.revue-conference.com/index.php 

Premier éditeur, diffusion Payot, 2015…. https://www.payot.ch/Detail/une_rose_et_un_balai-michel_s... 

16/12/2016

ALEP. « Ils voulaient juste être libres »….

alep,syrie,liberté,démocratie,dictature,terreur,humanisme,guerre,violence,massacres,solidarité,farouk mardam-bey,orient xxi,amnesty,human rights watch,reporters sans frontières,casques blancs,syria charity,courrier international,france inter,médecins du monde,médecins sans frontières« Ils voulaient juste être libres ». La page de France Inter fait un nécessaire rappel historique, et résume l’enjeu humain, politique et éthique, d’un échec international : une solidarité minimale rendue impossible par les stratégies de pouvoirs dictatoriaux (Assad, Poutine et son veto répété à l’ONU, dictateurs auxquels ajouter l’alliance de l’Iran et du Hezbollah). Stratégies appuyées par une intensive action de propagande sur des sites qui se présentent comme des alternatives à la presse « traditionnelle », « officielle », « principale », ou « mainstream » (ils adorent ce terme. Sites complotistes. Sites russes en langues (RT, Sputnik, etc.), animés, comme des pages et des commentaires sur les réseaux sociaux, par une armée d’intervenants payés pour ça. Ce qui est effrayant c’est de voir des gens relayer cela sans prendre le temps de confronter ces affirmations à des sources autres, et de consulter les rubriques pour voir qui est soutenu par ces sites (les extrêmes droites, fréquemment, les négationnistes, à l’occasion). Dans le cas de la Syrie, on voit des internautes préférer croire la parole des manipulateurs et ne pas écouter celle des premiers intéressés, les Syriens démocrates, ou d’intervenants impliqués dans l’aide et les secours (ONG qui font leurs constats sur place - y compris au péril de leur vie - et ont leurs réseaux de contacts pour recevoir des informations : Médecins du monde, Médecins sans frontières, Amnesty, RSF, Syria Charity, Casques blancs…)… https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopoli... 

Même analyse, « La mort de l’humanisme », Courrier international (source Al-Hayat, La Vie, Londres, journal des intellectuels arabes libéraux) : http://www.courrierinternational.com/article/syrie-alep-l... 

« Je pense à la Syrie et je me mets à pleurer ». Entretien (passionnant) avec l’historien syrien Farouk Mardam-Bey, décembre 2014, Orient XXI. propos recueillis par Sylvain Cypel. On comprend autrement… Voir sa conclusion, notamment, sur ce qui limite la solidarité internationale… http://orientxxi.info/magazine/je-pense-a-la-syrie-et-je-... 

Même site, Orient XXI (France) mais éditorial du 10 décembre 2016. "Requiem pour la Syrie" (analyse géopolitique)… http://orientxxi.info/magazine/requiem-pour-la-syrie,1621

« Ma déshumanisation », chronique de Rania Raad Tawk, L’Orient Le Jour, Beyrouth. Sur Alep, la télévision, notre regard, l’impuissance… http://www.lorientlejour.com/article/1024514/ma-deshumani... 

Lettre du Liban, Courrier international, source L'Orient-Le-Jour, Beyrouth, "Pourquoi François Fillon a tout faux sur la Syrie"... http://www.courrierinternational.com/article/lettre-ouver...

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MISE à JOUR 16-12-16, Libération du 16-12-16,  … « Notre barbare », éditorial de Laurent Joffrin, qui rappelle le cynisme qui fut celui des USA soutenant les dictateurs d’Amérique du Sud en pensant que cela servirait le combat contre le communisme de l’URSS (« «Ce sont des barbares mais ce sont les nôtres.»). Et il insiste sur le fait que le même argument est utilisé avec Assad (protection du régime dictatorial censée aider la lutte contre le terrorisme, alors que le pouvoir syrien s’est servi des terroristes et du terrorisme contre les opposants).  « On parle à Poutine. Mais c’est parler à un sourd volontaire, qui poursuit implacablement son entreprise de retour sur le théâtre moyen-oriental pour flatter le nationalisme grand-russe dont il se nourrit. Telle est la réalité des faits, dégagée des artifices de la désinformation dont nous faisons ici justice. Soutenir Al-Assad, ce n’est pas lutter contre le terrorisme. C’est conforter un tyran qui se sert du terrorisme comme repoussoir pour se maintenir au pouvoir. Alors que seule une solution politique sans Al-Assad aurait permis de trouver une issue acceptable à cette guerre qui finit par déshonorer la conscience internationale. »... http://www.liberation.fr/planete/2016/12/16/notre-barbare... 

Dans le même numéro de Libération un dossier ("Faux et usage de faux") décrypte les désinformations diverses qui circulent (principalement celles de ceux qui ont le plus de pouvoir pour les diffuser, Syrie et Russie : sites russes en langues, vidéos trompeuses etc.). Sur les opposants, sur la « lutte » contre l’EI (pas à Alep), sur l’apparente liesse des civils à la « libération » d’Alep, sur la soi-disant protection des chrétiens syriens (quand la représentante de « Syriens chrétiens pour la paix », Samira Moubayed, explique le contraire)… Informations grâce aux échanges avec d'anciens contacts vivant à Alep, aux sources fondées sur le travail d'agences de presse internationales (qui ont des correspondants locaux), et aux enquêtes sur le terrain d'organismes spécialisés comme "L'Institute for the Study of War" et le think tank "Atlantic council". http://www.liberation.fr/planete/2016/12/16/alep-faux-et-... 

Sur la propagande russe en France, Libération, 16-12-16, « Russia Today et Sputnik, les voix de Moscou ». Citations : « Ces outils de «soft power» peu subtils relaient la propagande russe en France via Facebook ou YouTube. Et bientôt à la télé.  /  D’un côté, RT France (pour Russia Today France) : 245 000 abonnés sur Facebook, 83 000 sur Periscope et 25 millions de vidéos vues sur YouTube. De l’autre, Sputnik : 262 000 suiveurs sur Facebook pour la version hexagonale et 33 000 sur Twitter. Les deux médias, directement liés à l’Etat russe, sont les relais les plus puissants de la guerre de l’information déclenchée par Moscou. Elle est telle que, fin novembre, le Parlement européen a adopté une résolution s’alarmant de la campagne d’intoxication orchestrée par le Kremlin. Proches des partisans français de Vladimir Poutine, dont le Front national qu’ils suivent d’un œil très favorable, RT France et Sputnik ne produisent que des articles allant dans le sens de la ligne politique et diplomatique édictée par la Russie. »… http://www.liberation.fr/planete/2016/12/16/russia-today-... 

Même constat, Le Figaro, "Comment Vladimir Poutine pousse ses pions sur le vieux continent et en France", 15-12-16… http://www.lefigaro.fr/international/2016/12/15/01003-201... 

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Le site général d’Amnesty international (amnesty.org/fr, en français) comporte des dossiers par pays… (En haut, voir « pays », puis ensuite, au-dessous de la photo la liste alphabétique permet de rechercher le pays sur lequel on cherche une info…

Page SYRIE, sur le site d'Amnestyhttps://www.amnesty.org/fr/countries/middle-east-and-nort... 

DOSSIER Amnesty sur ALEP… https://www.amnesty.fr/dossiers/situation-a-alep?utm_medi...

Et sur Reporters sans frontièreshttps://rsf.org/fr/syrie

AIDER… Toutes les associations peuvent recevoir des dons (même peu, multiplié par le nombre de donateurs… c’est efficace). On peut adhérer à certaines… 

20/09/2016

« En quête de L’Étranger », essai critique d'Alice Kaplan

CAMUS.jpgVoilà enfin une étude d’Alice Kaplan qui reprend la question de l’appellation de « l’Arabe » dans L’Étranger d’Albert Camus en tenant compte de faits littéraires qui rendent compte du sens  de ce choix, totalement inverse aux interprétations malveillantes de certains lecteurs (parfois essayistes ou « critiques ») qui (contrairement à ce qu’on enseigne pourtant même aux lycéens) confondent l’auteur et le personnage, et projettent des significations qui confortent leurs présupposés idéologiques, et ne tiennent pas compte de ce qui fonde l’éthique de l’écrivain (et donc contredit des pensées qui la nieraient). Alice Kaplan rappelle l’influence reconnue par Camus du « Facteur sonne toujours deux fois » de James M Cain (qui désigne son personnage par « le Grec », « au lieu d’un véritable nom propre »). Et, dit-elle, « Camus comprend que lui-même peut produire un effet similaire en appelant son propre personnage de victime « l’Arabe ». Réduire un homme à un simple qualificatif ethnique lui permet de signifier le racisme sans avoir à l’expliquer. » Car le romancier, pour Camus « doit être toujours un peu en deçà de l’expression ». Et, ajoute Macha Séry, « D’où l’insondable densité de L’Étranger. ». Le Monde des livres, 16-09-16. J’ai toujours lu ainsi l’intention d’Albert Camus, assez atterrée par « l’insondable » bêtise arrogante et malveillante de certains « lecteurs »… 

L'article du Monde : http://www.lemonde.fr/livres/article/2016/09/15/l-etrange... 

Page de l’édition Gallimard... http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Hors-serie-Co... 

28/07/2016

Le sabre et l'esprit...

PENSEE EXTREME.jpg« Il n’y a que deux puissances au monde, le sabre et l’esprit. A la longue le sabre est toujours battu par l’esprit. » Napoléon à Las Cases. Cité dans la chronique de Marie-Laure Delorme sur le livre de Jean-Paul Kauffmann, « Outre-Terre » (la bataille d’Eylau, Napoléon..).

La mort, les crimes atroces, comment penser cela, comment penser les assassinats violents et comment penser les assassins, pour lutter contre ce qui les détermine? Parce que cette réalité n’est pas la même que celle du nazisme, avec un pouvoir repérable, un pays, la guerre. La dimension insidieuse est en plus, le travail souterrain d’ennemis masqués qui tissent leur toile maléfique, avec leur propagande qui fanatise. Pour penser il faut lire, écouter, échanger, et encore lire, au-delà de la presse, livres qui approfondissent (et au minimum chroniques qui en tirent le questionnement essentiel, car on ne pourra tout lire…). Ainsi, cet ouvrage de 2009, réédité : « La pensée extrême. Comment des hommes ordinaires deviennent des fanatiques », de Gérald Bronner

« Ne pas rester sur l’image d’une désespérance qui, actuellement, alimente les démagogies d’extrême droite. » dit Jean-Louis Laville, cité par Julie Clarini, dans Le Monde du 25 mars 2016. Le sujet était la crise intellectuelle dans la pensée de gauche (« Nombreux sont les intellectuels tétanisés. Ils ont l’impression qu’un monde se défait. », disait-il aussi). Mais on peut adapter cela à cette période longue d’attentats qui se succèdent, ici et ailleurs, et qui mettent les survivants et les témoins en état de sidération (nous le sommes tous, à divers titres, témoins, même de loin : par les informations, les images, les témoignages, l’émotion). Et ce qui va nous être nécessaire c’est de lutter contre l’impression que notre univers se défait, qu’il ne reste que le désespoir, ce grand piège compréhensible…  

Même si un certain pessimisme est une des formes de la lucidité, parfois. Comme celui qui advient quand on découvre les faces sombres de pouvoirs qui manoeuvrent en coulisses obscures, parce qu’on maîtrise une langue qui permet d’entendre des voix masquées en traduction… Ainsi l’explique Kamel Daoud dans une chronique du Point (5 mai 2016) sur le bilinguisme cause de souffrance : « Le bilinguisme est aussi un pessimisme ». Car il peut lire et entendre les discours de haine soutenus par de faux « alliés » de pays occidentaux, qui auront un autre langage (celui du  masque) quand il s’agira de manipuler (ou d’acheter des armes…).

« Pour éradiquer le terrorisme islamiste, les mesures sécuritaires ne suffiront pas. Il faudra aussi lui opposer la force de l’esprit. » Sébastien Le Fol, Le Point, 11-02-16. D’un côté, le sabre des armes de mort (quelles qu’elles soient) et le sabre de l’idéologie totalitaire, d’une sorte de fascisme qui impose sa vision religieuse comme un outil de domination (l’islamisme, le pétrole irriguant la Mecque qui prend les croyants en otage et participe au formatage wahhabite en uniformisant un islam qui est en réalité pluriel), et d’un autre l’esprit, la pensée, la création, l’humour, la libre conscience. Sébastien Le Fol dit qu’il « faut disséquer cette idéologie apocalyptique » qu’est l’islamisme et opposer (notamment sur les réseaux sociaux) la dérision et l’humour : « Pour terrasser l’hydre djihadiste, nous devrons aussi la tourner en ridicule. »

C’est ce qu’ont compris les Marseillais, dans leur réponse aux menaces de Daech. Par tweets moqueurs, posts divers et même vidéo à visage découvert (l’ironie et le courage). C’est un régal. Sur MétroNews : http://www.metronews.fr/info/quand-les-marseillais-se-moq...  Et sur Libération (pour sourire deux fois, avec des variantes) : http://www.liberation.fr/societe/2016/07/22/sur-les-resea... 

Mais je repense aussi au témoignage du luthiste irakien Naseer Shamma, qui, avec la musique, par l’enseignement de la maîtrise de l’oud, a sauvé un jeune Irakien désespéré par la mort de ses soeurs à cause d’une bavure militaire. Il l’a sauvé de la haine qui allait le faire basculer dans des choix extrêmes. En lui disant que la musique exprimerait les absentes et serait son langage. (J’avais fait une note sur lui au début de l’année). Ce jeune a trouvé devant lui une personne au moment exact où il le fallait et la personne qu’il fallait. Naseer Shamma n’a pu faire passer un tel message que pour avoir été loin dans sa propre démarche intérieure. Malgré son pays ravagé, malgré son engagement, c’est de musique dont il a parlé en ouvrant un horizon d’espoir. Bien sûr tout le monde n’a pas un luth à mettre sous les yeux de quelqu’un qui serait habité par une colère personnelle ou d’emprunt. Mais tout le monde peut être une présence (écoute et parole) parmi les autres.  

.......... MISE à jour, 29-07-16. Deux réflexions au sujet du terrorisme et de la manière de le penser... Amin Zaoui, dans Liberté.dz. Réaction au dernier attentat, 28-07-16... http://www.liberte-algerie.com/chronique/flaubert-et-les-... 

Et Kamel Daoud, La Cause littéraire. Chronique de mai 2015, toujours valable... http://www.lacauselitteraire.fr/un-mort-est-la-somme-de-s...

Plus... le texte essentiel d'Abdennour Bidar, envoyé comme communiqué à l'AFP, et publié sur son site (Édito de juillet 2016, lisible alors en accueil). Réaction aux attentats et pistes pour agir : http://abdennourbidar.fr

18/06/2016

Super Oum. Quelque chose de l’ordre de la danse…

VOILE.jpgOui, quelque chose de l’ordre de la danse… Pourtant rien ne danse, dans cette exposition de Fatima Mazmouz. Sauf dans l’immobilité d’avant le geste. Visages voilés sous des couleurs et le blanc de la gaze (pas celle des fils légers, mais celle de blessures recouvertes). On « voit » le geste de l’arrachage de ces tissus qui cachent la peau et les yeux des visages. Arrachés par celles qui les portent et par celle qui les représente. Car l’excès de ce qui emmitoufle ces regards enfouis, masqués, ne peut être suivi que par un arrachement brutal, un dévoilement qui vienne répondre à l’interrogation identitaire. Qui existe sans pouvoir être vu(e)? Et quel regard paradoxal commande de masquer? 

mms_img900244544.jpgJ’imagine ce qu’aurait fait Pina Bausch de cette scène inaugurale, présente dans plusieurs cadres. Les femmes seraient entrées sur scène et des personnages seraient venus lentement les provoquer (certains), les délivrer (d’autres ou les mêmes). Des hommes. 

« Chaque femme effrayée, je lui ai donné une patrie » écrivait Nizar Kabbani dans son poème « Tribunal » (Femmes, éd. Arfuyen). Et c’est cela aussi que l’artiste ici veut inscrire, non la patrie mais le questionnement de la patrie, racines et charges, paradoxes de l’ancrage culturel, riche, de l’appartenance, interrogée, de la pluralité identitaire par les migrations et par la conscience de l’universalité. Au bout du compte, le crâne dessiné porte bien des traces de lieux et des drapeaux, mais il est crâne de mort. Des identités en partie illusoires ne restera que la part commune : mourir. Alors on se détourne du crâne et on regarde de nouveau les têtes sous leurs voiles. Les pansements qui cachent les visages recouvrent aussi les os, et s’ils consolent peut-être les femmes de la douleur visible, ils ne soignent rien de l’invisible, et ne protègent pas du mensonge et de l’hypocrisie. (Quand au Maroc une actrice est diffamée et brutalisée pour avoir joué le rôle d’une prostituée, on sait que la violence vient du refoulé).

Ailleurs, c’est une joueuse de catch très dénudée, et enceinte. Comme toutes les femmes dont on voit les corps aux ventres énormes, et sur lesquelles des signes identitaires sont présents, questions obsessionnelles. Mais toutes ont aussi une étoile à la place du coeur, point commun, parcelle cosmique. Qu’est-ce qui est « mère »? La femme ou la terre? Qu’est-ce qui fait l’humain? Le ventre originel de l’espèce incarnée, ou l’ancrage terrestre d’une « poussière d’étoiles »? La joueuse de catch, elle, n’est ni belle (plutôt laide) ni fragile : au contraire, lutteuse à la façon des héroïnes de bandes dessinées, contre les clichés.

Des calligraphies font, elles, des chorégraphies de signes autour de femmes, pour une représentation de l’espace culturel qui hante l’inconscient corporel, richesse complexe à interroger. 

Une des plus grandes oeuvres est une photographie retravaillée où l’inscription des lettres fait à la fois écran et miroir, avec des couleurs chaudes qui rejoignent un peu celles des masques, mais dans une musicalité autre. Car on pourrait y voir un chant, comme une partition qui serait un autoportrait en gestation… Dont l’autre part serait la Marianne sous un drapeau métis (oeuvre visible sur le site de la galerie).

Exposition à voir jusqu’au 25 juin, Galerie Mamia Bretesché : http://www.mamiabreteschegallery.com

A Lire, sur Afrique in visu, un entretien avec Fatima Mermouz, en 2007, au moment d'une exposition dans la même galerie... http://www.afriqueinvisu.org/les-detournements,021.html 

06/06/2016

Ramadan, réalité et regards pluriels...

ARKOUN.jpgRespect. Pour ceux qui choisissent de le faire par désir de vivre une spiritualité ou une culture, et qui ne sont pas forcément de sombres intégristes...! Occasion de sortir des visions schématiques. On peut avoir une autre religion, être agnostique, ou athée, et respecter les choix des autres. 

RAMADAN... D’authentiques laïques le font, pour des raisons spirituelles qui leur sont propres.

Je ne supporte pas plus les certitudes trop affichées d'un athéisme militant que les rigidités de croyants trop conformes, ou dogmatiques. A lire les commentaires sur les réseaux sociaux, il est évident que le doute manque, là où on en fait parfois un précepte à imposer... aux autres. La raison, c'est aussi le temps de l'humilité, pas de l'hystérie militante. Il y a les Lumières des philosophes, il y a la lutte contre tous les intégrismes (tous...), et il y a aussi le constat culturel : la réalité est complexe, la conscience a plusieurs chemins. Et les sagesses diverses, issues de voies qui pensent la transcendance, ont donné de hautes pensées, de grandes oeuvres : une autre manière de penser aussi les Lumières. Lire ou relire les textes des soufis (ou ce simple roman, assez magique, "Soufi, mon amour", d'Elif Shafak, disponible en 10/18, qui contient trois livres en un...)... pour prendre un peu de distance avec une raison qui serait, elle, dogmatique, et donc pas si rationnelle que cela. 

Et, évidemment, là où le jeûne est obligatoire, si on réprime des gens qui le refusent : engagement total pour les soutenir. De même, soutien, si on réprime quelqu'un pour son refus de croire. Liberté de conscience…

Et le VOILE (signe-symptôme, dans ces temps de ramadan, ou en dehors, et dans ces temps de terrorisme…). Il y a deux postures idéologiques hystériques : le voile donné comme norme obligatoire, valeur, etc. (piège islamiste, support de propagande du wahhabisme saoudien religieux et politique), d’un côté, et, d’un autre côté, le soupçon porté systématiquement sur toute femme voilée (cf. petit voile discret sur les cheveux, pour des raisons qui peuvent être fort diverses). L'hystérisation du débat (dans un sens ou son contraire) ne peut qu'aider les radicaux et donner du pouvoir, donc, aux extrémistes intégristes. Si la position sur le voile devient une sorte de code de reconnaissance pour montrer qu'on est du bon côté des croyants ou du bon côté des laïques (et caresser son ego en exprimant un mépris agressif des femmes voilées), c'est aussi dangereux que l'aveuglement sur les raisons des radicaux de faire du voile un marqueur politique. C'est là que la complexité du regard et de la pensée est plus que nécessaire (même si ce n'est pas facile). D’autant plus que, foi ou incroyance, ramadan assumé ou rejeté (respecté, qui que l’on soit, ou moqué), islamisme dénoncé (et ses variantes salafistes aux doux masques) ou flatté par complicité idéologique objective, voile questionné ou voile-thème d’un refus obsessionnel… dans tous les cas, exprimer une opinion sur ces sujets fera croiser des commentateurs qui chercheront alliance pour de tout autres raisons idéologiques (ou politiques), donc à l’opposé de ce qu’on tente de définir comme repères universels. L’apparent accord sur un point (cf. le voile) risque de légitimer des positions haïssables (carrément racistes, par exemple). Il reste à penser sur le fil du rasoir…

GHALEB.jpgMais, dans le temps de ce mois, on peut saisir l’occasion de s’interroger sur ce que l’on sait de l’islam et des textes issus de l’islam (commentaires, mystiques).

 

 

 

 

Le ramadan, infos… 

Explications minimales de L’Internaute : http://www.linternaute.com/actualite/societe/1233170-rama... 

Fiche wikipedia, le ramadan:https://fr.wikipedia.org/wiki/Ramadan 

Article de L’Obs, 2012 (mais questions toujours actuelles), « Le ramadan entre spiritualité et business » : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/597267-le-ramada... 

RUMI.jpgLa voie spirituelle la plus haute dans l’islam est le soufisme. On peut lire cet article qui présente un ouvrage d’Eric Geoffroy, islamologue spécialiste du soufisme (et voir des liens vers plusieurs autres articles sur le thème du soufisme, avec des pistes de recherche ou lecture), SaphirNews : http://www.saphirnews.com/Eric-Geoffroy-Le-soufisme-mode-... 

Même site, saphirnews, interrogations sur ce qu’est l’islam, et liens vers des articles, des livres… http://www.saphirnews.com/Islam-spirituel-et-soufisme-viv... 

Un passionnant article sur Eva de Vitray-Meyerovitch « chercheuse d’absolu »… http://www.saphirnews.com/Eva-de-Vitray-Meyerovitch-une-c... 

La chronique d’Eric Geoffroy dans la revue Ultreïa… « L’instant soufi » : http://revue-ultreia.com/rubriques/chroniques/linstant-so... 

Sur l’islam, un dossier de la revue Ultreïa (le numéro 3, printemps 2015, qui peut être commandé à l’édition, « L’islam contre l’islam »). Sommaire : http://revue-ultreia.com/revue-par-numero/?numero=1572 

Le ramadan… Mais le contexte de la présence de l’islam dans la société est un aspect important aussi. Les débats, les faux débats, les regards extérieurs. La spiritualité et le fondamentalisme (à l’opposé). Ce que recadre Abdennour Bidar dans cet entretien, Libération, mai 2015 : http://www.liberation.fr/debats/2016/05/05/abdennour-bida...

Et si on doit penser (en associant religion et problèmes de l'actualité violente) aux dérives du jihadisme meurtrier, il sera utile de relire ce texte de Chahla Chafiq, qui, pourtant dans un refus radical du fondamentalisme, considère qu'il faut sortir de cette vision qui voit dans la religion la source ou la solution de tous les problèmes. Non, dit-elle, ce qu'il faut c'est retrouver le sens de l'humanisme laïc. L'humanisme... A lire et méditer... http://bit.ly/1xQNS8G

BIBLIOGRAPHIE. L’islam (dont études sur le Coran), La Procure... http://www.laprocure.com/rayons/islam.html 

BIBLIOGRAPHIE. Le soufisme, librairie La Procure : http://www.laprocure.com/instant-soufi-eric-geoffroy/9782... 

……. Côté ombre…... 

Menace de Daesh sur le ramadan, Direct Matin, 05-06-16 http://www.directmatin.fr/monde/2016-06-05/la-menace-daes... 

Et autre menace possible (sur l’Euro et le ramadan) d’extrême droite (l’histoire de cet homme arrêté avec armes et explosifs), et chez qui on a trouvé un vêtement avec un sigle d’un groupe d’extrême droite : « L'étrange et dangereux arsenal du français arrêté en Ukraine ». Mais prudence (peut-être n’est-ce « que » trafic d’armes). A moins que ce ne soit une manipulation ukrainienne (???) : http://www.leparisien.fr/faits-divers/l-etrange-et-danger...

24/02/2016

"Devant moi quelque chose qui s'ouvre dans le ciel ou la terre." Ou quand Naseer Shamma pense son art...

SHAMMA .jpg«Je vois devant moi quelque chose qui s’ouvre dans le ciel ou la terre. Alors je me précipite dans cette brèche. Il faut perdre son chemin pour en trouver un bien meilleur.» (Pour dire ce qu’est pour lui le processus d’improvisation, de création).

Naseer Shamma, cité par Jean-Pierre Perrin, dans sa chronique, Libération, 22-02-16.

Naseer Shamma avait programmé un concert à l’Olympia, avec plusieurs musiciens, soirée unique avant une tournée internationale. D’où certains articles récents, comme celui de  Libération. Excellente approche, qui mérite une lecture attentive et intégrale. "L'oud, l'autre luth de Naseer Shamma" : http://next.liberation.fr/musique/2016/02/22/l-oud-l-autr... 

Ce qui est remarquable dans la démarche du musicien irakien, c’est la manière dont il voit le rôle (et le pouvoir) de son instrument. Ainsi il raconte comment il a aidé quelqu’un (un jeune Irakien) dont la famille avait été tuée par des tirs américains, à se libérer de la colère et de la haine stérile pour capter et traduire la présence prolongée des êtres anéantis, à partir de la musique. Et ainsi témoigner, sans destruction ni autodestruction. Oeuvre de paix et d’humanisme. (« Mondialisation de l’oud », dit le musicien.). Pour cela il crée des « Maisons de l’oud », inspirées de celle du Caire, considérée comme la meilleure du monde pour son enseignement.  

Présentation du concert (résumé) sur le site de l’Olympia : http://www.olympiahall.com/hip-hop-reggae/naseer-shamma.h... 

Une note de 2012, quelques indications supplémentaires intéressantes  http://www.mondomix.com/news/naseer-shamma-magnifique-mai... 

Page sur le luth arabe (oud et divers instruments proches), la musique et Constantine. Site de Serge Gilard, dédié à Constantine (ville où il passa son enfance malgré une naissance en France) : http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/laculture/artis... 

Naseer Shamma, titres sur Deezer : http://www.deezer.com/artist/1289598?autoplay=true  

Titres sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=dZN8rd8NpqA&list=RDdZ... 

Sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/x40k0u_naseer-shamma-ira... 

Et au Festival de guitare de Cordoba, Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=IUVRL1It7BQ

14/02/2016

ILAN HALIMI, mémoire et hommage...

ilan halimi,juifs,antisémitisme,racisme,haine,clichés,barbarie,gang des barbares,torture,séquestration,assassinat,idéologie,hommages,humanisme,solidarité,mémoire,conscience,24 joursDix ans. Et, depuis, d‘autres agressions antisémites (doublées en un an d’après les dernières statistiques), et d’autres assassinats, des attentats, plus des constats inquiétants sur le maintien des clichés, la circulation de désinformations issues des théories du complot. La mémoire de ce drame atroce rend palpable la nécessité de lutter contre les idéologies de haine. Ci-dessous des articles pour vérifier nos informations, et d’autres pour y réfléchir…

« Ilan Halimi, dix ans après », Le Monde, 13-02-16 : http://bit.ly/1ozvrBM 

« Une blessure toujours à vif », Libération, 19-01-16 : http://bit.ly/20vX7n5 

ilan halimi,juifs,antisémitisme,racisme,haine,clichés,barbarie,gang des barbares,torture,séquestration,assassinat,idéologie,hommages,humanisme,solidarité,mémoire,conscience,24 jours« Le calvaire d’Ilan Halimi », L’Obs, 21-01-16 : http://bit.ly/1OIA0A6 

Paris XIIème, Le Parisien, « Vibrant hommage », 11-02-16 : http://bit.ly/1Tg7FWT 

Paris XIIème, reportage, Le Parisien, vidéo. « L’hommage à Ilan », avec des témoignages, 11-02-16 : http://bit.ly/243dufu 

Hommage, à Bagneux, le 13, ville où Ilan Halimi fut séquestré et torturé, victime de l’antisémitisme abject, des clichés sur les Juifs que le racisme diffuse, HuffingtonPost, 13-02-16 : http://huff.to/1TZXs1m 

 

 

 

DOSSIER sur wikipedia

L’affaire du gang des barbares : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_gang_des_barbares 

Et en anglais une note titrée Ilan Halimi : https://en.wikipedia.org/wiki/Ilan_Halimi 

Entretien avec Emilie Frèche, (co-auteur du livre sur le calvaire d'Ilam Halimi et co-scénariste du film sur ce drame), CCLJ : http://bit.ly/1XqRAxZ  

Un texte de Jean-Yves Camus, en 2006, CCLJ, « Antisémitisme sans idéologie ou banalité absolue du mal » : http://bit.ly/1R27CMr

Article, Le Figaro, 02-04-2009, sur le livre "24 jours", par Ruth Halimi et Émilie Frèchehttp://bit.ly/1i3wnZm 

Article de Causeur sur "24 jours", le film d'Alexandre Arcady  http://www.causeur.fr/arcady-ilan-halimi-27263.html

31/01/2016

"CHOCOLAT", être et film. Sagesses d'Omar SY...

FILM CHOCO.jpgA la journaliste Fatou Biramah critiquant le film sur Africa n°1 (elle refusait cette image de Noirs clowns, Africains clowns : « On en a marre d’être des clowns »), Omar Sy répond : « Je ne me laisserai pas emprisonner par ce genre de discours. Etre artiste c’est être libre. Chocolat se perd quand il perd sa liberté. Je suis un comique et j’en suis fier. Je n’ai pas à me demander si j’ai le droit d’incarner tel personnage parce qu’ « on » en a marre d’être ceci ou cela. Pour moi, il n’y a pas de « on », il y a « je ». Je pense que c’est le « on » qui fait que la France est dans cette situation particulière. Il faut qu’on arrête de penser à nos modèles en terme de couleur ou de religion, sinon on fait le jeu des deux extrêmes qui tuent notre pays. Nous sommes des Français. Dans les modèles que j’avais dans mon enfance il n’y a pas que des Noirs, et heureusement, sinon je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui. Il faut qu’on arrête avec ça. Aujourd’hui, pour modèles, nos jeunes n’ont le choix  qu’entre les footballeurs, Omar Sy ou Teddy Riner. Pourquoi pas Jean Dujardin? Dans mon salon j’ai une photo de Belmondo qui est un modèle pour moi. » 

Omar Sy explique dans le JDD qu’il a changé de registre (gravité du sujet et rôle du corps autre) avec le désir de réhabiliter la mémoire de Chocolat, qui connut la célébrité puis fut oublié, sauf par son biographe (et sauf, maintenant, par le metteur en scène et les acteurs, puis les spectateurs du film - qui sort le 3 février). L’esclavage, le racisme, un destin d’artiste, une vie personnelle : beaucoup d’éléments se mêlent. 

Ce qui est particulièrement intéressant, pour moi, dans la démarche de l’acteur, c’est ce qu’il dit (ci-dessus) pour répondre à une critique. Et répondant ainsi personnellement, il va bien au-delà, car il touche le coeur des problèmes de l’actualité. Ce « on » dans lequel tous s’enferment, qui dilue le « je » de la conscience, du sujet libre, dans un clan idéologique, identitaire (religieux ou ethnique), sans recul. Heurts communautaires, tentations intégristes… Pour se libérer de ces entraves il faut échapper aux pressions du « on ». La critique d’Africa n°1 affrontait le sujet du « je » d’Omar Sy en l'opposant au « on » d’appartenance : « les » Noirs, « les » Africains, refusant le sujet qui pourtant parle d’un être qui fut. Omar Sy répond avec l’affirmation de son choix personnel, juste le sien, en conscience libre. Leçon qui est à entendre par tous. Englués dans nos appartenances rendues plus singulières qu’elles ne le sont, dans nos identités dont on ne veut pas voir la réalité plurielle (englués y compris par les regards hostiles, l’ostracisme, les préjugés des uns sur les autres) nous sommes piégés émotionnellement. Solution? Pas facile, mais nécessaire. Courage de déplaire dans ce qu’on affirme. Courage d’assumer des contradictions.

Omar Sy incarne Chocolat dans le film de Roschdy Zem, Le Point, 30-01-2016 : http://www.lepoint.fr/cinema/omar-sy-chocolat-c-est-moi-3... (Citation : « Si Chocolat est drôle dans ses numéros, le destin tragique de cet amuseur qui se rêve en comédien shakespearien, victime du racisme de son époque, entraîne aussi Omar Sy dans une dimension de jeu beaucoup plus grave. »)

Fiche Allo Ciné (synopsis, entretiens, bande-annonce) : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=217656.html  

Le clown Chocolat (1868-1917), aux divers noms et au destin entre tragédie et succès, succès et échecs (échapper au ‘comique’ ne lui fut pas possible). Nouvel Obs : http://bibliobs.nouvelobs.com/documents/20160129.OBS3620/... 

Le film romance l’histoire, l’aménage (dit Jeune Afrique). Pour la rendre plus vraie encore, pour rendre un son juste et faire comprendre les réalités de cette vie et de ce temps, certainement. Mais pour savoir vraiment ce qui est authentique il faudra lire la biographie de Gérard Noiriel, qui fait le récit de cette vie et qui a servi de support à l’acteur pour saisir les vérités de Rafaël Padilla, dit Chocolat :  http://www.jeuneafrique.com/298126/culture/cinema-ce-qui-... 

Sur le livre. Entretien avec Gérard Noiriel (et la question de l’identité : « Nous sommes tous le produit de multiples critères identitaires qui fonctionnent le plus souvent comme des identités latentes. »). Libération : http://next.liberation.fr/livres/2016/01/06/gerard-noirie... 

Le livre de Gérard Noiriel : "Chocolat. La véritable histoire d'un homme sans nom", éd. Bayard (602p.) 

26/12/2015

HOCINE AÏT AHMED est décédé. Hommage...

Hommage pour l'humanisme d'un indépendantiste qui incluait les Pieds-Noirs dans son rêve d'Algérie libre. Il a écrit de belles choses dans ce sens. Un démocrate, qui a dû s'exiler. Son dernier choix est d'être enterré humblement, pas dans le carré des "héros", dont il pensait qu'il y avait là des assassins autant que des sacrifiés, des imposteurs autant que des esprits sincères. Dernier acte d'âme libre.

Lire :

Le Monde  http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/12/23/algerie-... 

Algérie-Focus : http://www.algerie-focus.com/2015/12/133041/