Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06/05/2021

Parcours de quelques livres... Éditions Unicité. Lire Éric Desordre, Pascal Hermouet, Pascal Mora, Mohsen Marashi Pour, Éric Dubois...

Unicité éd.jpgD’abord, l’édition, car ce sont des livres qui sont tous publiés par les éditions Unicité (picorés sur quatre années, 2018 à 2021). Cette édition, qui n’a plus à prouver sa qualité, a été créée en 2010 par François Mocaër, écrivain engagé dans un itinéraire personnel qui donne sens à ses choix d’éditeur et au nom de son édition (voir la note précédente). Cela paraît très proche, 2010, alors que les traces concrètes des productions commencent à être assez nombreuses, et que l’aura dépasse la région parisienne, notamment par les auteurs qui viennent de toutes régions et d’au-delà des frontières, pour certains, comme le jeune philosophe iranien, dont je présente ici un ouvrage. Il a su pouvoir être compris là. Puisqu’il cherche à dépasser la dualité, toute pensée de séparation, même dans un contexte difficile.

Unicité, l’exergue en accueil sur le site explique ce que cela veut signifier. Une citation d’Albert Einstein, ce chercheur maître en rationalité mais ouvert à une compréhension du réel qui lui fait ressentir émerveillement devant ce qui est, dans ces moments, écrit-il, "où l’on se sent libéré de ses propres limites et imperfections humaines". Et… "Il n’y a qu’être", ajoute Einstein. Être. Voilà un mot qui aidera à comprendre les démarches des auteurs recensés aujourd’hui. Aucun n’est dupe de ses limites ou fragilités (la sagesse commence par la connaissance de nos "imperfections humaines"…). Mais aucun ne s’arrête là. Chez tous ce désir d’échapper à ce qui sépare d’autrui et de la possibilité de l’émerveillement, si on arrive à produire en soi la capacité de vivre de tels moments d’ouverture de conscience. 

Autre chose est à noter. Certains sont photographes. Mais dans tous ces livres le regard est important. Savoir regarder le monde (le vivant, la nature, les choses), et les visages, les yeux, d’autrui. Les yeux, profondeur qui offre plus que la beauté. Le regard, comme celui d’Albert Einstein, "fixé en émerveillement sur la beauté froide et pourtant profonde et émouvante de ce qui est éternel, de ce qui est insaisissable". Lisez la citation complète en accueil sur le site.

Lien… http://www.editions-unicite.fr

…………………………………………………………………...................................................................

Lire la suite

17/07/2019

"L'homme qui entendait des voix", et qui est, lui, une voix qui compte...

Éric dubois,l’homme qui entendait des voix,laurence bouvet,jacques cauda,unicité,éditions unicité,antonin artaud,gérard de nerval,yannick noah,marion leboyer,folie,voix,psychiatrie,maladie mentale,écriture,thérapie,témoignagenous sommes tous identiques
aux yeux gantés de soleil
comme des pierres
rêvant d’absolu
                      Éric Dubois  
Blocs, poème / L’homme qui entendait des voix, éds. Unicité, 2019 (Récit autobiographique, finement préfacé par Laurence Bouvet - poète et psychologue. Portrait de couverture par Jacques Cauda)
 
C’est avec l’oeil du dedans que je te regarde, ô Pape au sommet du dedans. C’est du dedans que je te ressemble, moi, poussée, idée, lèvre, lévitation, rêve, cri, renonciation à l’idée, suspendu entre toutes les formes, et n’espérant plus que le vent.
                            Antonin Artaud
Adresse au Dalaï-Lama (Textes de la période surréaliste)
 L’Ombilic des Limbes et autres textes, Poésie/Gallimard

Lire la suite

03/07/2019

Carte d'identité... littéraire. Ou ce que veut dire "créer", pour moi.

DUBOIS 3 CAPITAL .jpgMais à quoi sert l’écrit s’il ne dénonce ? Le verbe s’il ne hurle ?
      Jean-Marie Blas de Roblès, Hautes lassitudes
Qu’est-ce que tu es, nuit sombre au-dedans d’une pierre ? 
                Henri Michaux, Poteaux d'angle
 
Identité littéraire, oui. Mais pour une écriture qui se fait avec deux « stylos ».
L’un, qui est un crayon, mine HB, préalable au clavier. Pour des traces sur post it, nappe de café, note de courses, avant la feuille (parfois la feuille). J’aime cet aspect matériel, l’écriture avec argile et graphite. Lien avec la terre, la pierre.
L’autre qui est « el rectángulo en la mano », pour emprunter l’expression de Sergio Larrain, photographe de mon Panthéon personnel. L’appareil photographique. Dans « photographique » il y a « graphique » : le regard écrit.

Lire la suite

26/06/2019

"Égarer la lenteur".. Incipit, excipit, titres... Parcours de livres, éds. Unicité.

Voilà une autre manière de donner à lire… 
Beaucoup de livres en lecture programmée (Marché de la Poésie…), ou lus plus ou moins récemment. Envie de noter un parcours rapide. Cette fois, je fais un tour dans un catalogue (éds. Unicité)...
INCIPIT. Premières phrases, premiers vers… Les incipit (mot invariable, mais l’usage joue avec cela…) peuvent suffire à révéler un univers, donner envie de lire plus, ou pas. 
EXCIPIT, Les excipit disent comment l’auteur a voulu la fermeture de sa parole, et cela fait sens.
Pour chaque livre… deux citations. Incipit, d’abord, excipit ensuite, puis le titre, l’auteur. S’il y a une épigraphe, je passe (cette fois…). Et pour certains livres, je reviendrai citer les exergues… Entre parenthèses je note un commentaire...
 
AIR 5 DUC.jpg    veille du solstice
dans l’ajout du brouillard
     la clarté du seigle        
///  
     désordre du monde
 dans la boue une limace
     esquisse son épure    
Hélène Duc, « Égarer la lenteur », 2015
.
.
 
 
 
 
 
 
 
.......................................

Lire la suite

28/05/2019

"Chaque pas est une séquence". Sur deux livres d'Éric Dubois.

DUBOIS 1 .jpg"Chaque pas est une séquence"
 
C’est important, un titre. Cela donne une clé, est déjà un poème minimal, la trace d’une langue. Celui-ci est un message, qui parle à la fois de vie et d’écriture.
Avancer, dans les difficultés des jours, les siennes et celles du monde auquel le poète est sensible, car pas enfermé dans la contemplation de soi, tout en étant attentif au devenir de soi.
Je crois ce recueil central, par rapport à ce que j’ai pu lire d’autre d'Éric Dubois. Il est paru en 2016. On y trouve un travail sur le langage, un questionnement sur ce qui se joue dans le langage, celui du poème mais pas seulement. 
"Arpenteur du silence" est le premier vers, comme un programme d’écriture et de démarche intérieure, dans cette recherche, apparemment paradoxale, de sens là où il n’y a pas de sens dit. Où il faut peut-être même se méfier de ce qui serait trop dit.
Ce sens il commence par le trouver dans la matérialité du réel, dans les éléments et paysages du monde : l’eau, la pluie, la pierre, le soleil, le sable, le vent, les arbres.

Lire la suite