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03/07/2019

Carte d'identité... littéraire. Ou ce que veut dire "créer", pour moi.

DUBOIS 3 CAPITAL .jpgMais à quoi sert l’écrit s’il ne dénonce ? Le verbe s’il ne hurle ?
      Jean-Marie Blas de Roblès, Hautes lassitudes
Qu’est-ce que tu es, nuit sombre au-dedans d’une pierre ? 
                Henri Michaux, Poteaux d'angle
 
Identité littéraire, oui. Mais pour une écriture qui se fait avec deux « stylos ».
L’un, qui est un crayon, mine HB, préalable au clavier. Pour des traces sur post it, nappe de café, note de courses, avant la feuille (parfois la feuille). J’aime cet aspect matériel, l’écriture avec argile et graphite. Lien avec la terre, la pierre.
L’autre qui est « el rectángulo en la mano », pour emprunter l’expression de Sergio Larrain, photographe de mon Panthéon personnel. L’appareil photographique. Dans « photographique » il y a « graphique » : le regard écrit.
 
J’ai été invitée à publier (poésie et photographie) sur la revue en ligne « Le Capital des mots », créée et animée par Éric Dubois, poète. (J’ai attendu d’avoir lu le maximum de pages des poètes qui sont là, connus déjà par moi, ou pas). J’ai alors choisi deux de mes poèmes qui correspondaient aux deux axes que je définis dans mon texte de présentation. Et un autoportrait d’ombre - d’une série qui en a plusieurs : car c’est un exercice intéressant que l’autoportrait, pour des raisons techniques et esthétiques. Pour la pensée que cela induit, photographiquement. Et l'ombre, c'est infini...
 
Je note ici les titres des poèmes, lisibles en ligne (lien ci-dessous).
. Le marcheur indifférent
. Feu
 
Ce qu’est écrire, créer (un paragraphe, pour l’essentiel). Citation : «  Quand je veux caractériser ce qu’est la création pour moi (écriture ou photographie) je reprends le concept du duende, feu créatif pensé par l’Andalousie gitane et (magnifiquement) par Lorca. Mais écrire est aussi…» (suite sur la page en ligne...)   
(…) /// D’un côté cette question de Jean-Marie Blas de Roblès : « Mais à quoi sert l’écrit s’il ne dénonce ? / Le verbe s’il ne hurle ? ». /// De l’autre celle-ci, d’Henri Michaux : « Qu’est-ce que tu es, nuit sombre au-dedans d’une pierre ? »
 
Bio-Biblio - en un paragraphe (Blog. Formations et parcours. Publications).
 
En une page en ligne, est défini tout ce qui compte.
Cette page mène à de très nombreuses autres pages. Il suffit de mettre un nom de poète en 'recherche' et les textes viennent… J’ai été émue, en posant mon nom, non par moi mais parce que le début (Marie-Cl…) fait venir Marie-Claire Bancquart, décédée récemment (février 2019), juste après la parution (fin janvier 2019), en Poésie/Gallimard, de « Terre énergumène ».  Voisinage syllabique... 
Sur ces parcours de pages de la revue en ligne je reviendrai plus tard… (en automne).
 
MC San Juan
 

22/07/2018

"Si vaste d'être seul". Citer Tristan Cabral... (citations et recension)

CABRAL .jpg« J’ai faim d’abîmes / Et des oiseaux muets tombent / tout doucement / Sur le monde… » (p. 19)

« J’ai le visage d’un grand brûlé dans son habit de cendre » (p.27)

« Parfois aussi / il coupait les mains des sources / et on le retrouvait  / dans l’arbre à feu » (Gaspar, p. 32)

« Qui ramassera les ombres ? / qui ramassera les noms ? /qui lavera la terre de tous ses bourreaux ? » (p. 39)

 « Sur une croix de bois  // rejetée par la mer  /// On peut lire en trois langues : / en arménien, en hébreu et en grec / ‘SI VASTE D’ÊTRE SEUL........ !’ » (P.75)

                              Fragments de poèmes, « Si vaste d’être seul ». Page éditeur... https://www.lisez.com/livre-grand-format/si-vaste-detre-s...

Livre bouleversant (publié en 2013, éd. du Cherche-Midi). Titre magnifique. Un tel vers suffit à dire la force d’une œuvre entière, à la justifier, à la rendre incontournable. Je pense qu’il vaut mieux quelques fragments de cette force radicale (comme ceux que je cite ci-dessus) que des sommes de livres dont ne jaillissent rien d’évident.

On a envie de consoler Tristan Cabral pour le fait d’être humain dans un monde où les dictateurs oppriment et les bourreaux tuent. Nous y sommes aussi, mais lui, écorché vif et qui le sait (il l’écrit), vit en empathie particulièrement douloureuse les drames de l’Histoire récente (Holocauste) ou très récente (répressions diverses, souffrances et morts). À tel point qu’il semble qu’il le vive dans son corps même. Sa marque est un engagement de toute la vie contre les injustices et les oppressions. Son écriture est charnelle (je la ressens ainsi), brûlante. Son lyrisme est servi par des métaphores ancrées, terriennes, nées du regard sur le monde concret et social. Et c’est allié à un réalisme cru, qui dit la mort avec la réalité du cadavre, sans évacuer l’horreur des désastres causés par l’humain à l’humain. La philosophie est là (il l'enseigna), par ce qui souterrainement motive le questionnement. Quel sens dans ce monde si c’est peuplé de tant de douleurs ?

Lui aussi cite, et beaucoup. Au début du livre, exergues pour l’ensemble, la solitude par Albert Cohen (« Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte. »)  et Franz Kafka (« Je suis seul… Comme Franz Kafka… »). Mais à l’intérieur, citations (ainsi, pleine page, des vers d’Anna Akhmatova, son Requiem : parenté d’évidence avec elle), ou, exergue de poème, André Laude. Et des noms dans le corps même des textes (Celan, Machado, Lorca…). Car « vaste » c’est cela aussi. Béance solitaire, mais univers personnel peuplé, habité, par des esprits frères. Et c'est beaucoup plus, la conscience d'un espace intérieur immense que la solitude révèle, même si elle est douloureuse, même si  peut être effrayant ce regard sur cet infini en soi.

Né en 44 il a enseigné la philosophie longtemps. Son pseudo d’auteur est une création en soi : "Yann Houssin prend le nom de plume de Tristan Cabral en hommage à l'homme politique bissau-guinéen et cap-verdier Amilcar Cabral et à Tristan, du conte populaire Tristan et Iseut." (Fiche Wikipedia).

Je viens de découvrir une très belle recension de David Campisi, sur La Cause littéraire (suivie d’une bibliographie). J’en copie le début… (Suite sur le site, lien ci-dessous) :

« Tristan Cabral recopie ce qu’il voit sur les murs. A l’affût des drames d’aujourd’hui comme de ceux d’hier, furetant dans les massacres, au creux des catastrophes humaines, partout où rôde l’odeur âcre du sang, le poète promène sa sensibilité au gré des choses que l’on tait trop souvent, là où le temps a laissé la place au silence, quand le monde qui tourne va trop vite pour pleurer ses morts.

Mais de quoi nous parle Tristan Cabral ? Si vaste d’être seul est un recueil des poèmes à vif, de réflexions sentimentales, d’aphorismes qui résonnent. Si tout semble délié, quelques faisceaux traversent la poésie de Cabral : les arbres, d’abord, au cœur de son lyrisme, et puis la mer, ensuite, la mer de Bretagne, celle qui ouvre sur l’éternité et s’écrase sur le sable, et puis ses « phares aux yeux fermés » qui n’éclairent plus rien. »…  http://www.lacauselitteraire.fr/si-vaste-d-etre-seul-tris...

MC San Juan

10/05/2015

« Suspendus à l’indéfini »... Images, entre indéfini et défini. Fragments d’autoportrait...

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« Nous sommes tous suspendus à l’indéfini »

 

 Carolyn Carlson (elle rappelle cette phrase, fragment poétique, dans un entretien publié dans la revue Polka - interview, par Elisa Mignot, N°29/mars-avril-mai 2015).

 

« Suspendus à l’indéfini »... C’est peut-être pour cela qu’il est si difficile de passer de l’indéfini au défini... pour tenter de donner des clés, ou de faire indirectement son autoportrait, ou choisir un symbole qui nous représente.  Mais cette pensée de Carolyn Carlson va plus loin. L’indéfini, c’est la marge qui permet la création...  et c’est l’espace qui rend possible l’interprétation.

Justement, entre indéfini de la création, et indéfini de la lecture qu’on en fait, même quand c’est soi, l’hésitation peut être longue.

Sur Facebook (où je continue mon apprentissage en lenteur) la plupart des gens mettent leur visage en profil, des créations en « pages » créatives, peu de symboles. Moi qui aime les détours j’ai mis du temps à choisir les images... que j’ai fini par poser.  Fragments de bibliothèque et désordre de table ... J’ai utilisé aussi pour le blog, ici, en haut à droite, une des photographies (minuscule, car vignette pour poser des liens : écritures ou créations visuelles). Je les pose donc ici, complètes, visibles et lisibles... et même une, qui n’est restée qu’un instant (et fait partie d’une série de pluie : il pleuvait, j’ai regardé... A suivre). 

© MC San Juan (TramesNomades) / Texte et photographies

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