Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/01/2017

Anne Perrier, poète, nomade de l’essentiel. Nomade enfuie…

 VOIE nomade.jpg« Ce n’est pas 

    Au moment de mourir tous les cris

    Déchirants de la terre que j’emporterai

    Toutes les larmes non

    Mais ce rire d’enfant comme un chevreuil

    Qui traverse la foudre »

             Anne Perrier, La voie nomade 

Elle meurt, mais les textes sont là. J’aurais aimé la connaître, elle qui demandait  « où est ma demeure » et rêvait de possession qui soit dépossession, en cherchant à la frontière du silence. Demeure? Celle des mots, mais justement lesquels pour dire l’essentiel? Et celle du sens intérieur, d’un rapport juste au monde et à la mort, donc à la vie. Perte d’une inconnue non rencontrée, mais si connue, si proche, rencontrée autrement, intimement. 

Poèmes… « La voie nomade » et autres titres… http://www.wikipoemes.com/poemes/anne-perrier/la-voie-nom... 

Chronique, dans Recours au poème…  http://www.recoursaupoeme.fr/chroniques/chronique-du-veil... 

Article du Temps… https://www.letemps.ch/culture/2017/01/22/poete-vaudoise-... 

Chronique du Monde. Disparitions… http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/01/25/mor... 

Fiche wikipedia… https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Perrier

Note de 2013 : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2013/12/04/la... 

 

03/05/2016

Jean-Claude Xuereb. Répondre aux questions graves...

XUEREB.gif« Aux questions les plus graves, nous répondons, en fin de compte, par notre existence entière. Ce que l’on dit entre temps n’a aucune valeur, car lorsque tout est achevé, on répond avec l’ensemble de sa vie aux questions que le monde vous a posées. »

Sándor Márai, Les Braises 

En exergue à son ouvrage, « Le jour ni l’heure », Jean-Claude Xuereb a choisi de poser cette pensée profonde d’un écrivain hongrois au destin douloureux, dans les secousses de l’Histoire, Sándor Márai. Antifasciste qui doit fuir son pays, puis homme inquiet et déçu quand le régime communiste s’installe en Hongrie. Longtemps méconnu, puis enfin révélé. Solitude et deuils, et permanence d’une cohérence, d’une fidélité à ses valeurs. 

Jean-Claude Xuereb nous parle évidemment à travers cela. Lui aussi l’Histoire l’a bousculé, lui aussi vit des deuils (c’est évoqué dans certains poèmes du recueil, et se croisent là mots pour dire attachements et mémoire, mots pour questionner la vie, le sens). Les années passant, nous dit-il à travers le choix de cet exergue, on pense au bilan de sa vie, de son oeuvre : comment a-t-on répondu aux épreuves, aux événements, quelles réponses a-t-on données pour dépasser les traumatismes et échapper aux pièges des faux miroirs idéologiques? A-t-on su répondre, contre la haine des vengeurs dans les secousses du temps? 

De belles rencontres : Albert Camus, René Char, Jamel Eddine Bencheikh… Et, en 1970, l’éditeur René Rougerie - auquel il rend hommage en lui dédicaçant un grand poème (« Job ou les avatars du corps-poème ». Titre où j’entends comme un écho des interrogations de Jean Sénac, terrien de la même Algérie méditerranéenne. En exergue, non au livre mais au poème, page 37, à côté de Raymond Guilhem (« Attrait du vide »… « Mon corps privé de lendemain »…« néant d’étoiles »… ), Albert Camus, fraternelle référence et… horizon philosophique qui veut dépasser le désespoir du vide et de l’absurde (étape et non fin dans le cheminement de pensée de l’écrivain philosophe), projet éthique de l’humaniste qu’est Camus (« Il faut imager Sisyphe heureux »). Le mythe camusien de Sisyphe associé à l’éditeur, et au « corps-poème », juste après la citation de Guilhem, pour qui « Un dieu ne tendra pas la main ». Comment, pour celui qui se dit (avec un peu de distance ironique) « mécréant », penser la fin de tout et de soi, la fin, comme celle de l’éditeur ami, René Rougerie? Et comment penser le retour de l’écriture, de poème en poème, de recueil en recueil? Le livre comme un mont qu’on gravit, un mont intérieur : à chaque fois autre et semblable dans l’exigence, Sisyphe reprend l’effort répété. 

Mais Jean Rousselot écrivit « On peut mourir / la gorge obstruée par un cachet d’espérance » et c’est ce qui introduit le très beau poème « Pour ainsi dire », page 7. Refuser ce qui serait, pense-t-il (« mécréant »!) le mensonge d’un faux rêve. Mais regarder, à travers les objets qui sont là, ce qui est signe que « l’ancre » a été posée vraiment « au défi des exils successifs », que le soleil est amical (« comparse » comme l’amour).

Mais qui est, page 15, le « prophète / non reconnu des siens »? Est-ce le poète, dont « la trace messagère » n’est pas suffisamment comprise, les poètes étant souvent voués aux signes « que nul ne déchiffre »? A ces « lointains d’indicible »? (Comme l’écrivain Sándor Márai le fut longtemps).

Ceci est aussi l’exil, ou une conséquence de l’exil. 

Méditation devant le miroir, page 18, pour questionner « le sens du verbe ‘réfléchir’ » et chercher en soi l’être essentiel derrière un reflet ou ce qu’on perçoit comme masque de soi-même (car le temps altère le visage, et se reconnaît-on?). Alors qu’en soi c’est « un enfant qui pleure » les deuils (page 65), mais un enfant qui a gardé le privilège de l’accord avec le soleil natif, retrouvé où qu’il soit.

Est-ce surtout le poète, ou surtout, simplement, l’homme de chair, le père, le grand-père (poème offert à ses petits-fils, page 21) qui hésite entre l’effacement (page 56) et la trace (page 57) ?  « Il faudrait se délester pas à pas » écrit-il page 60. 

Alors que (exergue, page 53, Léon Tolstoï, « Les hommes sont comme des rivières »). Mais, « coup de dé » le hasard a fait naître dans un lieu dévasté par les « purulences de l’Histoire ». Oui, Algérie native, longue guerre, conflits et terreurs, déchirements, exil.  Plusieurs textes l’évoquent, si on sait, et c’est un balancement entre mémoire d’autrefois et mémoire de retour, pour un « site revisité ». Importance des lieux, comme ce Ravin de la Femme Sauvage, évoqué dans ces « Horizons de l’enfance », page 49. Mais. « je n’ai reconnu que le ciel »… Importance des êtres : Augustin « mon frère de Thagaste et Carthage », page 45. Repère. Augustin, frère de cette « Terre violente » (page 46), violente mais « Terre d’amour »… Pour laquelle la mémoire est déchirée par les souvenirs de supplices. 

René-Jean Clot chanta sa douloureuse « ...Patrie de Sel », Albert Camus grava, dans le temps d’une guerre que l’on peut penser aussi comme guerre civile, ses « Chroniques algériennes » de dénonciation de l’injuste. Et je pourrais citer une litanie de témoins (Pélégri, Roy, Cardinal, Roblès, Audisio, Marcello-Fabri, Sénac, Vircondelet, et Dib, Feraoun, Haddad, Boulanouar, Yacine, Azeggah, Djaout, Alloula, Gréki, Kréa, Martinez, Amrouche, etc.). 

Jean-Claude Xuereb, lui, distille des inscriptions qui invoquent l’Histoire d’une terre, l’identité d’errants méditerranéens, ancrés ou déplacés. Et il le fait de telle façon que tout natif le reconnaîtra comme frère d’algérianité, mais que cette réalité est transmutée en vérité universelle sur la planète de tous les exilés. Nimrod, que je viens de lire, comprendrait. Tchad, Algérie, îles, lointain… qu’importe. L’homme qui écrit aime les arbres et les oiseaux, même s’il dit ne pas avoir réussi à les apprivoiser… ces oiseaux libres des jardins ou des chemins. Mais quand? Aux « horizons de l’enfance » d’avant ou de l’enfance en soi, qui perdure, avec les images de son ciel d’autrefois? 

Magnifique ouvrage… Grande oeuvre. Impossible de lire dans l’ordre ces poèmes. Il faut tourner les pages et revenir en arrière pour saisir le sens de ce qui fait aller-retour et se cache puis se révèle… Et relire. 

Chaque livre des poètes est un morceau de testament. Tout est présent à chaque fois. Plus ou moins consciemment. Et plus la vie avance et plus c’est le cas. Mais pour cet ouvrage c’est une évidence dès le choix de l’exergue. Ce qui compte le plus doit être dit. Ce qui dot être tracé doit l’être absolument sans attendre. Dire les proximités, les solitudes, les tensions de l’écriture (Sisyphe…!) pour capter même ce qu’on ne sait. Les mots, l’amour, le soleil, la mémoire des suppliciés. Parce que la révolte est aussi un devoir, celle de Camus, celle des Justes. Et c’est le camp de Jean-Claude Xuereb.

J’ai une tendresse particulière pour un recueil (qui semble épuisé chez Rougerie), « Pouvoir des clés », livre où il réaffirme le programme d’une écriture qui se veut « outil de lucidité » (page 25). Avec l’humilité de celui qui espère que les Clés s’ouvrent, pour « oser persévérer » à écrire. Car la poésie vient avec ses clés, ou pas : mystère du courage de poursuivre. Je retrouve dans cet ouvrage le « pays natal », le désir de la mer, le soleil, les oiseaux et les arbres. Et les questions « graves »,  incessantes, pour une ontologie de l’écriture et du regard sur vivre, être, passer. 

Dans « Pouvoir des clés » les mots sont « lavés ». Dans « Le jour ni l’heure », encore plus, sont lavés les mots et l’être, le réel des paysages et des destins. La lucidité est affutée : encore plus. L’écriture demeure, le style est reconnaissable, mais l’intensité est autre : Sisyphe a gravi la montagne et le ciel des lieux est aussi un ciel du sens. Très grand livre, vraiment. Car le lecteur, qu’il soit mécréant ou mystique, sera, lisant, lui aussi devant un miroir et la buée du temps, vers l’inéluctable fin. Lui aussi devra interroger sa vie, ce qu’il restera de ses choix à sa mort(dont il ne sait ni "le jour ni l’heure"). Valeur. Traces. Et textes, s’il écrit.

(Et je ne peux que mentionner l’avant-propos, deux pages, au poème-livre d’Anne-Lise Blanchard, Le Bleu violent de la vie, éd. Orage-Lagune-Express, 2004. Texte émouvant, sur l’exil et l’héritage des blessures, la parole des générations qui suivent…) 

Fiche wikipediahttps://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Xuereb 

Page sur le site du Printemps des poètes : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Xuereb 

Dossier, revue Phoenix, Marseille, numéro 15, automne 2014. Commande possible de numéros antérieurs... http://www.revuephoenix.com/auteurs/jean-claude-xuereb.html 

Page de blog, celui d’Abdelmadjid Kaouah (auteur d’une anthologie de la poésie algérienne, « Quand la nuit se brise », Points), Joha : http://wwwjohablogspotcom-kaouah.blogspot.fr/2012/02/jean... 

Portrait, par Jacques Basse (portrait, poème et note) : http://www.jacques-basse.net/2008/09/23/jean-claude-xuereb/ 

Page sur Recours au poème (avec deux textes : Ce qui bouge, et Regain) : http://www.recoursaupoeme.fr/poètes/jean-claude-xuereb 

Nombreuses pages correspondant à des parutions dans diverses revues de poésie, comme Sillages, Texture, etc.

LIVRES publiés par les éditions Rougerie : http://www.editions-rougerie.fr 

.... MISE à JOUR 03-06-2016... Jean-Claude Xuereb, par Jean-Louis Vidal. Coll. Présence de la poésie, éd. des Vanneaux...  http://les.vanneaux.free.fr 

.... NOTE © MC San Juan (Trames nomades) 

Posée aussi... page Facebook : https://www.facebook.com/TramesNomades 

02/05/2016

Nimrod, poète… Sur les berges du Chari

NIMROD.jpgLe sous-titre est « district nord de la beauté ». Beauté, mais aussi violence et mort. Solidarité...

En exergue :

« Je n’ai de cri qu’en cette trace où fut le sel. »

Edouard Glissant

Le livre se met sous le superbe chiffre littéraire d’Edouard Glissant. Ainsi on sait que la parole née de la terre d’exil va rejoindre un regard-monde. C’est pour cela que Bruno Doucey peut noter partager avec le poète le « fleuve de la fraternité ».

J’ai associé ce vers (ici inscrit comme un programme poétique et éthique) à une expression d’Emmanuel Levinas : la « luisance de la trace », notion qu’évoque Jean-Paul Kauffmann au sujet de sa recherche des « fantômes » de la bataille d’Eylau (son dernier livre, « Outre-terre »). Il dit « Il n’y a rien, et donc c’est là que ça se trouve. » Evocation en parenté avec la démarche du photographe Yan Morvan (« Champs de bataille / Photosynthèses »). C’est en conclusion d’un long entretien croisé, passionnant, paru dans Marianne, 22/28 avril 2016. Hasard, ces lectures qui se rencontrent, où la trace est une clé. Et plus : batailles, aussi, dans le recueil, notamment dans des poèmes d’hommage (mineurs sud-africains fusillés, étudiants tchadiens réprimés). 

Mais, exergues, il y en a aussi pour introduire des parties du recueil, ou des poèmes : citations de Franck Venaille, de Paul Verlaine, de Benjamin Fondane (fragment magnifique et terrible, qui se termine justement sur la répétition du mot « fantômes », suivi d’un point d’exclamation, apostrophe qui interpelle ainsi ceux qui avaient « cru à l’homme / et aux beaux yeux de la bonté / mais que la route avale comme / un fleuve immense et éhonté »). Quand les exergues sont bien choisis ils valent tous les commentaires ou manifestes. Et, choix du poète, comme une signature, pour un des derniers textes du recueil, un poème encadré de citations d’Amadou Hampâté Bâ, l’immense… 

(« Je suis souverain dans les choses pastorales » 

et 

« Entrez, sortants… Sortants, entrez… »)

Lecture en cours, ce recueil de Nimrod… Qui fait écho, pour moi, au cri murmuré d’Anise Koltz (« Je renaîtrai »).

Page éditeur (éds Bruno Doucey, coll. l’autre langue) : http://www.editions-brunodoucey.com/sur-les-berges-du-cha...

Autres liens : 

Eds Obsidiane, plusieurs recueils de poésiehttp://perso.numericable.com/editions-obsidiane/Auteurs/B... 

BioBiblio, Africultureshttp://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=4979 

Un poème, sur le blog de L’Ardent pays (entre autres pages): http://ardentpays12.over-blog.com/2016/04/nimrod-envol.html 

...

NOTE © MC San Juan (Trames nomades) 

Posée aussi… page Facebook : https://www.facebook.com/TramesNomades

26/04/2016

Une sage lenteur...

mms_img1192164371.jpg« Une sage lenteur a raison de la hâte. » 

Theognis de Mégare, poète grec VIème siècle avant J.-C. (cité par La Croix, 26-04-16) en légende d’une photographie (Marathon de Londres du 24-04 : sur le sol l’inscription « slow »…).

J’aime que les journaux citent des bribes de poèmes, et j’aime que les exergues tissent des parcours de lecture en marge des livres, y compris quand cela devient une anthologie de fragments à l’intérieur de l’ouvrage, comme dans un recueil de Claude Roy. C’est pour cela que j’emporte toujours ce livre en voyage, ayant l’impression de transporter une Bible de poésie (une Bible, légère, où le seul dieu est l’écriture, la pensée reliée…). « Je suis plusieurs     qui se souviennent       et ne se connaissent pas      croient ne pas se connaître » (« Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer? », p. 110, coll. Poésie/Gallimard, Claude Roy, ses poèmes, ses lectures : mêlés)

Sage lenteur… peut-être. Un horizon, la lenteur. Un horizon, la sagesse… Mais pourquoi ai-je tout de suite associé cette pensée (qui pourrait être celle d’un méditant taoïste) à une photographie prise il y a deux ou trois jours, où la lumière crée une flèche vers l’hyperespace, à travers des nuages moutonneux? Pour l’instant. Ni lenteur ni vitesse, l’arrêt. Est-on lent quand on s’arrête? Simplement présent à soi.

© MC San Juan (Trames nomades) 

14/01/2016

SOLIDARITÉ avec AHSRAF FAYAD, poète palestinien condamné en Arabie saoudite pour apostasie supposée (et écrits d’une pensée libre)

FAYADASHRAF.jpgAujourd’hui, 14 janvier, dans plusieurs villes de France, et dans le monde, lecture de ses textes en messages multipliés de soutien, et appels de voix plurielles, pour l'abandon de la condamnation.

.....................................................

Mise à jour, 3 février 2016 (Source : réseau de soutien / presse arabe, traduction en anglais puis français).... Nouvelles du poète condamné en Arabie saoudite : La mobilisation internationale a eu un effet : la condamnation à mort a été annulée. Mais à la place il devrait faire huit ans de prison et subir 800 coups de fouet… ce qui est une torture. Appel a été fait par les avocats pour que toutes les charges retenues contre lui soient considérées comme non motivées et qu’il puisse être libéré…

 ..... Trace de la note précédente, 16-12-15 (on le défendait alors contre une condamnation à mort) : http://bit.ly/1RdWvh0

16/12/2015

Ashraf FAYAD, POÈTE condamné en Arabie saoudite…

mms_img890865515.jpgmms_img-1046065589.jpg………………………………………………………………………………………………….

« Le vent est un être invisible

même quand il danse

avec les arbres »  (Logique)

« La terre

cet enfer apprêté pour… les réfugiés »  (Amnistie)

« La perte de l'âme exige un temps qui ne suffira pas

Pour consoler tes yeux effrayés de ce qu’ils ont coulé comme pétrole »  (Du mérite du pétrole sur le sang)

« Dieu sur son trône

Et tu essaies maintenant

de réparer tes ailes »  (Corbeau volant sur deux bâtons)

Ahsraf Fayad / ‘Instructions internes’ (recueil, 2007, éd. Dar al Farabi, Beyrouth/Liban). Poèmes traduits par Abdellatif Laâbi (Plusieurs poèmes sont sur le site du Marché de la Poésie : http://poesie.evous.fr  ou sur celui du Printemps des poètes : http://www.printempsdespoetes.com

...

PÉTITIONS de soutien... SUR CHANGE.ORG https://www.change.org/p/sauvons-le-poète-palestinien-ash...

Et... AMNESTY INTERNATIONALhttp://www.amnesty.be/je-veux-agir/agir-en-ligne/signer-e...

.....................

... MISE à JOUR, 14-01-2016... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2016/01/14/so... 

15/11/2015

Note CONTRE et POUR. Et retour sur un billet d’humeur… posé sur mon journal Facebook, le 13 novembre à 19h06, et que je reprends ici.

Depuis la soirée du 13, les terribles attentats, je n’ai pas écrit sur mon blog, mais beaucoup sur Facebook, où l’échange est très riche, et où j’ai des signes de près et de loin, que je n’aurais jamais autrement. Cela m’a paru le lieu le plus adéquat pour réagir. Réagir CONTRE ce terrorisme. Et tenter de le penser, avec d’autres, dans le partage des textes, images, liens. Beaucoup d’amour dans les messages venus, au-delà de Paris, de province, et de plus loin : Algérie, Maroc, Tunisie, Australie, Europe, Etats-Unis, Canada, etc. 

En même temps, et c’est ce que j’ai un peu évoqué pour mes correspondants en donnant des nouvelles, j’étais troublée par ma dernière note, « Nuit, Paris Est, or et ombre » (poème et photographies), création d’un moment, vécue dans un sentiment d’amour pour ce quartier de Paris Est sud (le quartier touché par les attentats est plus haut, sur l'autre rive). Sud, dans cette note, mais Est… Et « barzakh », intermonde, qui serait l’espace entre deux mondes après la mort. Hasard ou prescience. Relisant à l'instant un texte d'Abdennour Bidar, j'y vois un sens supplémentaire. Parlant de lui, pour introduire sa réflexion sur l'islam (réflexion de musulman et d'islamologue) il utilise aussi ce mot, "barzakh", pour désigner cet entre-deux de l'appartenance à deux mondes de références. Et ceci est au coeur des problématiques actuelles, dans notre affrontement du terrorisme, la nécessité de le penser pour agir CONTRE. Car ce sont ceux qui se situent, pour une raison ou pour une autre, dans cet entre-deux des appartenances (qu'ils soient binationaux ou marqués par naissance ou origine par un ailleurs, ou qu'ils aient une religion qui les rattache à une communauté ou une autre, mais les ancre aussi dans la culture plus largement partagée, les posant entre-deux, donc), ce sont eux qui aideront à ce travail de pensée et de tissage des liens entre tous, pour faire éviter les pièges que les idéologies extrêmes tendent, dans le but de séparer les communautés humaines qui constituent le tissu social de la France (but visé par l'Ei/Daech, avec l'alliance objective de l'extrême droite, avec ses amalgames et ses appels à la haine, sous prétexte de lutte contre l'Ei).

Donc, penser, agir, créer CONTRE ce qui est mortifère. Penser, agir, créer POUR la force d'effet du barzakh vital, cette capacité de reconnaître en soi un métissage fondateur comme synergie identitaire puissante, pouvant rayonner.

L’autre élément de mon trouble est ce billet que je vais poser ici (ci-dessous) en décalage de temps, et que j’ai écrit et posé sur Facebook, le 13-11 à 19h06, avec une émotion mêlant colère et sentiment d’urgence. La lecture d’A Nous Paris, récupéré le même jour dans le métro, m’avait scandalisée (lire cela en pensant au poète prisonnier et en pensant à l’horreur du terrorisme...). La suite montre à quel point il faudra réfléchir sur cette question de la complaisance et de l’aveuglement à ce qui nourrit le terrorisme, que ce soient les liens géopolitiques fondés sur le marché et l’argent au lieu de l’être sur nos valeurs, ou que ce soit cette paresse idéologique à penser le fondamentalisme et le complotisme associé, base des radicalisations  (ou à OSER le penser et à OSER le dire, l’inscrire). OSER affronter les questions, même dérangeantes. Mais, aussi, SAVOIR le faire en opposition radicale avec les fausses analyses, les thèses et slogans de l’extrême droite. Oser DIFFUSER les paroles fortes de consciences qui, elles, osent, comme Ghaleb Bencheikh, Abdennour Bidar, ou Mohamed Louizi et d’autres, tous divers et essentiels. Essentiels, comme Abdelwahab Medeb, décédé (mais qu'il faut lire et relire). Essentiels, aussi, comme Kamel Daoud, chroniqueur majeur et écrivain, dont on peut lire les chroniques en ligne. Oser DENONCER les complicités objectives de discours et alliances qui tissent des liens au service des idéologies meurtrières, en couvrant cela de fausses théories. (Une analyse des motivations conscientes ET inconscientes de ces acteurs de la mort - ceux que Mohamed Louizi est un des rares à désigner - serait certainement éclairante.)  Enfin, quand des jeunes meurent parce que leur présence dans un lieu de musique est considérée comme le moyen de tuer à la fois la France plurielle et le goût de la vie, en conformité avec  la détestation des intégristes pour tout ce qui est vie (musique, danse, sexualité, etc.), on doit aussi penser à ces jeunes qu’on entraîne vers la mort en Syrie en leur faisant croire qu’on va répondre à leur demande de spiritualité et de « solidarité ». Comment notre société répond-elle à ces attentes? Comment luttons-nous, tous, contre les idéologies qui récupèrent ces insatisfactions? Comment aidons-nous les associations qui interviennent pour prémunir les radicalisations? 

…………………………………………………………………………………..

La photographie que je pose avec cette note, ci-dessous, est celle que j’ai faite le 12 au soir, en sortant d’une réunion sur le terrorisme, justement (invitée comme blogueuse partenaire par une association). Il y avait des ombres de motos dans la rue (et j’aime les ombres, j’en ai plusieurs séries). Mais quand je la regarde, maintenant, elle devient le symbole des corps à terre, image triste, ombre mais ombre de mort. Elle devient prémonitoire. Le regard transforme le sens de ce qu’il voit suivant le moment et ce qui est vécu par qui regarde.

…………………………………………………………………………………..

Billet d’humeur. Facebook, 13 novembre 2015, 19h06 (journal personnel)

A Nous Paris, anousparis.fr (daté 9 au 15 novembre) préfère la promotion du tourisme à Doha, Qatar, à la pensée un peu informée… 

A Nous Paris préfère insister sur la « stratégie de l’après » … « pétrole et gaz » qui (je cite) « amène le pays à miser beaucoup sur l’éducation de ses enfants » plutôt qu’évoquer (ne serait-ce qu’entre parenthèses) le poète qatari, Mohammed al Ajami, condamné pour un ou deux textes à des années de prison (perpétuité, ramenée à quinze années après la protestation internationale de nombreux auteurs et militants des droits humains). Pour des poèmes…!!! (Mais qui se permettaient de rêver de démocratie, crime s’il en est).

Plus qu’agacée, donc, aujourd’hui, par la lecture du gratuit « A Nous Paris », récupéré ce matin… Bien sûr, je peux apprécier, parfois, certaines rubriques (expos, cinéma), certains entretiens… Quand même, chaque semaine, je suis agacée - un peu - par le « save the date » : pas forcément les choix mais le titre, signe permanent de l’acceptation implicite d’une domination linguistique, de l’oubli des langues plurielles, et snobisme. Mais l’édito, en matière de snobisme, donne déjà le ton chaque semaine. Agacée, aussi - plus qu’un peu - par le goût univoque d’un luxe inabordable pour la majorité des lecteurs : usagers du métro, pas lecteurs en limousine… Mais…

Par contre, là, aujourd’hui, mon agacement devient de la colère. Qu’est-ce que cette faillite générale devant l’argent? Ces sourires d’assentiment envoyés à des dictatures? Cet aveuglement devant les réalités? 

Sur la Coupe du Monde prochaine on se limite à l’emploi de l’adjectif « polémique », façon de renvoyer à d’autres le soin de critiquer l’exploitation de travailleurs étrangers, par exemple.

Education de « ses » enfants, par le Qatar, dit-on (noble souci)… Quand ils seront assez éduqués pour rejoindre les rêves du poète prisonnier, ils ne seront plus « ses » enfants, « ses » citoyens, mais des dissidents à enfermer longtemps.

De cet hebdomadaire on n’attend pas, évidemment, qu’il publie les appels associatifs ou se transforme en revue de débat : il vend du loisir, les plaisirs de l’instant. Mais il y a des limites à ne pas dépasser. J’ai bien écrit : il « vend » car la publicité est effectivement là. Mais sur la page « Qatar » je n’ai pas vu l’indication « Communiqué publicitaire » (?) : elle fait partie d’un lot de suggestions (« quelques pistes et bonnes initiatives »). La bonne initiative serait de proscrire cette destination tant que la répression brutale existe, tant que des « soupçpns » de soutien de groupes terroristes existent.

Sur le POETE, lire (note et liens), vignette permanente en accueil du blog : http://tramesnomades.hautetfort.com/list/qatar-le-poete-p... mms_img-1234181133.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire aussi ceci : « Qatar: comment prendre 15 ans de geôle quand on est poète », par Delfeil de Ton, 2013, NouvelObs: http://bibliobs.nouvelobs.com/.../qatar-comment-prendre...

Sur le QATAR lire : « Comment le Qatar a acheté la France », par Eric Leser, Slate, 2011 : http://www.slate.fr/story/39077/qatar-france

QATAR. Rapport AMNESTY 2014-2015 (dont mention du poète) : https://www.amnesty.org/.../middle.../qatar/report-qatar/

Sur Trames nomades, mon blog, quelques notes (tag Qatar) dont celle-ci, 2012 (Le Qatar et la francophonie + liens) : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2012/11/11/le... 

17/06/2015

Carnival/Intact Project/Tweeter Module, par Sara Malinarich. Exposition chez Mamia Bretesché, Paris, juin 2015

EXPO  VIDEO 7.jpgEXPO  VIDEO 10.jpg

EXPO  VIDEO 4.jpgEXPO  VIDEO 11.jpgEXPO  VIDEO 13.jpgEXPO  VIDEO 12.jpgEXPO  VIDEO 6.jpgEXPO  VIDEO 5.jpgEXPO  VIDEO 3.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme de longs échos qui de loin se confondent / Dans une ténébreuse et profonde unité, / Vaste comme la nuit et comme la clarté, / Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Charles Baudelaire, Correspondances/Les Fleurs du mal

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, / Je dirai quelque jour vos naissances latentes

Arthur Rimbaud, Voyelles/Poésies

« Somos  los terminales nerviosos de la retina colectiva» (Nous sommes les terminaux nerveux de la rétine collective)

 José Val del Omar

(Sur José Val del Omar voir la note précédente, introductive – ce cinéaste-poète-inventeur-penseur du regard, théoricien et artiste espagnol né à Grenade, étant une source majeure de la démarche présentée ici).

...............

Carnival/Intact Project/Tweeter Module…« Le virtuel devient réalité ». Démonstration, performance, exposition d’une héritière, donc, de José Val del Omar, Sara Malinarich. Ce projet étonnant met en place une présence qui n’en est pas une, une réalité non réelle. Virtuelle, oui, autrement présente, réelle concrètement vivante, non. Interférence de la machine et de la conscience humaine, et éclatement de la conscience en espace multiple. Une conscience qui n’est plus seulement celle de l’individu, mais un arrière-plan collectif, une conscience globale. « Rétine collective », dit José Val del Omar. Cela peut rejoindre, pour moi, la théorie jungienne, un inconscient plus large que la fantasmagorie personnelle, mémorielle en partie, et imaginaire en partie : un univers de signes souterrainement communs. « Terminaux nerveux », nous, indépendamment de la technique. Par la force du biologique. Mais la technique renforce l’impact. Cela peut rejoindre aussi la pensée du Tao. Nous, reliés, connectés les uns aux autres, bons ou mauvais, contenus dans l’univers mais le contenant. Cosmos intérieur autant qu’extérieur, un monde d’étoiles en nous. Pour lire à travers ce champ multiple, les correspondances baudelairiennes donnaient déjà des clés. Tout se parle, se traduit : « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent », car la dispersion est illusoire : « ténébreuse et profonde unité » (ténébreuse, car indéchiffrable, mystérieuse, incompréhensible au regard du petit « je » qui se croit séparé du tout). Cela c’est conforme à ce que j’ai intégré de la pensée de José Val del Omar. Une vision où la technique sert comme révélateur d’un savoir perceptif déjà là. L’œil collectif voit à travers nous quand on prend une photographie et qu’à la fois on sait et on ne sait pas ce qu’on saisit. Importance de cet artiste (et auteur) comme penseur du regard.

Mais qu’ont-ils donc fait, à Intact Project, avec Medialab à Madrid et le Lieu multiple de Poitiers ? Qu’ont-ils fait dans ce laboratoire d’art, maître en innovation, dirigé par Sara Malinarich? La galerie parisienne, le temps de l'exposition (et plus, grâce aux outils informatiques) se trouvant reliée à Madrid et Poitiers (et Madrid étant en réseau avec d’autres lieux ailleurs en Espagne  - surtout – mais aussi avec quelques centres similaires, en France, au Québec, et ailleurs). Interactions et interférences, connexions infinies. Ils (et donc elle...) ont introduit un module dans le système informatique (comment, je n’en sais rien : laissons aux techniciens la maîtrise du dispositif électronique). Ce qui compte c’est l’introduction de cette téléprésence distancée qui, par ce « Rachael Runner », twitter apparemment être fantomatique mais réalité virtuelle, reçoit des messages et les renvoie transformés en créations graphiques. On voit sur l’écran la phrase exploser (en quelque sorte), les lettres se disperser et des couleurs, des formes apparaître, qui se mêlent aux lettres, les intègrent, les métamorphosent. Là on a sous les yeux une démonstration de l’affirmation de Rimbaud : « A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, / Je dirai quelque jour vos naissances latentes ». Son intuition visionnaire est confirmée par la technique... C’est mouvant, comme un film. Mais si on stoppe le flux, un tableau se crée, qui peut être figé par la caméra qui capture l’image d’un instant unique, avec des fragments des lettres du message originel, ou pas. (Peut être reçu n’importe quel  texte de n’importe qui, à condition qu’il contienne le mot clé #telepresence). En réponse le module renvoie le tableau capturé, avec, en légende, une citation de José Val del  Omar. (C’est, en plus, une judicieuse manière de faire lire un poète...). La vidéo, elle, bruisse du son des formes (c’est l’impression que j’ai eue).

Des photographies représentent des instants capturés alors que les images défilaient (je voulais saisir au passage les lettres des mots éclatés). Les créations mises en forme sont dans des cadres, et la citation de José Val del Omar y est lisible. (L’autre nom est celui de l’expéditeur du premier message, destinataire de celui-ci). Est à part un autoportrait fantôme (l’image avec les trois ovales blancs sur du noir et un fond bleu) : sur le verre du cadre se reflète ma main qui tient l’appareil, mon ombre et on voit, à peine, reflétés aussi, trois petits cadres des vidéastes, accrochés sur le mur, en face. Je suis entrée dans l’écriture de José Val del Omar, imprégnée, traversée. Après tout, c’était un des buts...

L’artiste (chilienne) qui proposait cette démonstration, Sara Malinarich, est une spécialiste de ce concept de la téléprésence et des performances et réalisations que cela permet de penser. Elle a posé diverses installations dont le support était fondé sur la création connectée, l’inventivité formelle technique, les nouveaux moyens de communication, un langage d’avant-garde, une mise en scène à plusieurs dimensions. 

Quand on lit (sur divers sites, et sur le sien) la présentation de son parcours, on mesure la part de recherche, artistique et théorique, qui sous-tend la création.  (Beaux-Arts au Chili et en Espagne, doctorat, recherches innovantes dans le domaine de la culture visuelle et des avancées technologiques. Spécialisation en arts numériques et dans la création d’interfaces technologiques. Direction d'Intact Project, réseau de téléprésence produisant des interfaces pour interactions artistiques). Place, dans cette démarche, il me semble, pour des interrogations sociales : son exposition (une fois resituée dans le contexte de son itinéraire intellectuel et créatif) fait écho au thème du Printemps des Poètes (dont il y avait encore des traces au Marché de la Poésie, par certaines publications) : l’insurrection poétique. Car la technique peut être un outil pour emprisonner et manipuler, ou, au contraire, pour créer plus de conscience, une intelligence collective capable d’interagir de manière subversive (ce qui ne veut pas dire violente mais agissante pour une liberté en fraternité).  

Site d’Intact project : http://www.intact01.net/

Page du module Rachael Runner sur twitter (où regarder et lire...). Pour faire fonctionner la réponse virtuelle (transformation du message en image où les mots dispersent leurs lettres et se traduisent en formes et couleurs) il faut envoyer un tweet contenant le mot clé "telepresence", pour activer le déclenchement du logiciel) : https://twitter.com/rachael_runner

Le module dans le cadre de l’exposition et sa poursuite, Rachael Runner : https://twitter.com/Rachael_Runner/status/606462558401396736

Site personnel de Sara Malinarich (biographie, réalisations, publications dont une analyse de l’impact des réseaux sur notre réalité personnelle et collective, questionnement sur la nouvelle réalité de l’identité, et la question des alternatives dans le monde en devenir) : http://www.saramalinarich.net/

Catalogue (Sara Malinarich), pdf (œuvres graphiques et citations du poète, José Val del Omar) : http://www.intact01.net/wp-content/uploads/2015/05/catalogo_expo_mamia.pdf

...........................................................................................................................................

Echo singulier à ces recherches, le travail du collectif Reify (New York), qui utilise l’impression 3 D pour donner forme aux sons. Une chanson devient un objet visuel palpable. Sur leur site (« Turn Songs into 3D-Printed Sculptures You Can ‘Listen To’ with Reify ») on peut voir des photographies d’objets-sculptures obtenus ainsi : http://www.thisiscolossal.com/2015/04/turn-songs-into-3d-printed-sculptures-you-can-listen-to-with-reify/ 

............................................................................................................................................

Sara Malinarich était accompagnée, dans cette exposition, par un couple d’artistes  vidéastes, White Black Fungus (Reinhard Hampel et Véronique Cartier-Hampel). Leurs créations mêlent photographies, vidéos en plans fixes ou trajectoires lentes, dessins, peintures. Un montage fait aller de l’image réelle à la photographie modifiée, de la photographie à la peinture, en passant par des surimpressions qui font voir autre chose, imaginer, projeter.  La création ovale (avec du rose-mauve) représente un moment d’une vidéo, le demi-cercle un autre instant fugace. Voir leur  site : http://www.whiteblackfungus.com/

................................................................................................................................................

Le site de la galerie Mamia Bretesché : http://www.mamiabreteschegallery.com/ 

...............................................................................................................................................

Je reprends ici certaines des citations du poète José Val del Omar, et en fais une traduction personnelle, très libre (comme pour d’autres, dans la note précédente) :

« El circuito eléctrico nos introduce en el simultáneo. Todo se convierte en directo camino » (Par le circuit électrique nous pénétrons dans le simultané. Tout se transforme en voie directe.)

« Existe en la sustancia una Conciencia Colectiva que alumbra y taladra nuestras miserias. »(Il existe dans la matrice matérielle une Conscience collective qui illumine et transperce nos misères.)

« El mirar sólo desde una parte nos amodorra. » (Le regard qui ne viendrait que d’une source partielle nous transformerait en dormeurs.)

« El propio hombre es una insólita unita contradictoria a la que llamamos individuo. » (En soi l’être humain est une insolite unité en contradiction avec ce que nous appelons individu ou individuation.)

« El hombre está en camino hacia la Unidad; ese camino es pálpito entre diferencias. » (L’être humain est en chemin vers l’Unité, vers le Un; ce chemin palpite entre les réalités divergentes.)

«Sobre el diario parpadeo, todo marchitándose y todo naciendo. » (Sur le cillement léger du jour, tout s’étiolant et tout venant au monde.)EXPO  VIDEO 14.jpg

«Lo más opuesto se conjuga y armoniza.» (Du plus lointain opposé tout se rejoint et crée l’harmonie.)

Voir la page... multiple (autres citations et productions graphiques...) : https://twitter.com/rachael_runner Ou le catalogue en ligne (lien ci-dessus : productions visuelles disponibles, art numérique).

16/06/2015

Découvrir José Val del Omar. Note introductive à l’exposition d’une héritière du cinéaste-poète, Sara Malinarich

LIVRE VAL del OMAR.jpg

Note introductive, car pour comprendre la démarche de Sara Malinarich (note qui va suivre) il faut, je crois, se situer dans le sillage du cinéaste, inventeur et chercheur, poète, présent dans l’exposition que j’ai vue il y a quelques jours, et qui est toujours visible, galerie Mamia Bretesché. Doublement présent. D’abord par la continuité d’une inventivité technique (et de la réflexion qu’elle induit sur ce qu’est regarder, sur le rapport entre la vue et les autres sens, sur les interférences tant visuelles que sonores). Ensuite par ses textes, citations transférées par des tweets, eux-mêmes envoyés au logiciel inventé pour métamorphose éclatée en graphisme et couleurs. Je ne connaissais pas José Val del Omar cinéaste et inventeur, découvert grâce à cette exposition. (J’ai du mal à comprendre comment c’est possible : le Jeu de Paume avait pourtant créé un événement pour faire connaître le cinéma expérimental dont il fut - et reste après sa mort - un maître, mais, autrement, apparemment, grand silence réducteur.) On est enfoui dans une masse d’informations où surnage beaucoup de vide et on rate des clés essentielles, pour comprendre l’art, le réel, et soi. Je ne le connaissais pas plus comme poète, et les fragments que j’ai découverts m’ont paru de la plus haute poésie (voir ci-dessous, citations, et  note suivante, exergues et textes saisis dans mes photographies : j’ai tenté de les rendre bien lisibles...). Il suffit de trois vers, trois phrases, pour découvrir un auteur et savoir s’il devient essentiel ou ne le sera jamais. Lui sera essentiel. Pour compenser le manque antérieur j’ai cherché (sur la Toile) ses films, ses écrits, et des présentations de son œuvre, tout regardé, tout écouté, tout lu (en français, en espagnol). Enthousiasme total. Quelqu’un dit de lui (vidéo sur son cinéma) qu’il fait une sorte d’alchimie. Et c’est exactement cela. Hypnotique, fascinant. Mais pas hypnotique d’une manière qui nous endormirait : au contraire, plutôt de l’ordre de l’effet méditatif, qui fait accéder à d’autres dimensions du réel intérieur et extérieur, en secouant pour réveiller, éveiller.

Poète, José Val del Omar l’est aussi dans les titres et sous-titres. Comme pour « Fuego en Castilla », sous-titre : «  Ensayo sómnambulo de visión táctil en noche de un mundo palpable. » (Essai somnambule de vision tactile dans la nuit d’un monde palpable). L’essai c’est aussi à comprendre au sens philosophique, des concepts sont pensés avec des formes, du mouvement, des instants photographiques. Création formelle et création de pensée. Poète, dans le choix des exergues. Pour « Fuego en Castilla », c’est Federico Garcia Lorca : « En España, / todas las primaveras viene la muerte / y levanta las cortinas. » (En Espagne, la mort vient pour tous les printemps, et soulève les rideaux). Poète, aussi, et penseur, dans le choix de mettre « Sin fin » au lieu de Fin pour clore ses films. Sans fin, lente poursuite du sens dans la perception, la recherche technique. Sans fin dans la durée et sans fin dans l’espace. Parce que les interférences visuelles et sonores (diaphonie...) se prolongent hors du film.

Poète, Val del Omar, autant que cinéaste, et cinéaste en poète.  Diego Quemada-Díez, réalisateur, en parle dans un entretien au sujet d’un film sur les migrants (Guatemala et Mexique vers les USA), « Rêves d’or », propos recueillis en 2012 par Carine Trenteun sur  CinéMatraque (Citation qui éclaire la démarche de José Val del Omar – la poésie par les mots et la poésie comme éthique cinématographique) : http://www.cinematraque.com/2013/12/rencontre-avec-diego-quemada-diez-realisateur-de-reves-dor-la-jaula-de-oro/# :  « Mon poète préféré, José Val del Omar, qui est aussi réalisateur, dit que le cinéma relève d’un acte de manipulation extrême, car les gens entrent dans une pièce sombre où on ne leur montre juste qu’une partie de la réalité. Les spectateurs viennent pour que nous déposions nos rêves. Toute cette manipulation ne se justifie que s’il y a un but poétique. Nous avons donc une grande responsabilité. Cette poésie doit être générée par de l’empathie et de l’amour. Toute la construction d’un univers de fiction est reliée à tous ces éléments pris de la réalité, tous ces témoignages. » Diego Quemada-Diez en parle aussi là, insistant sur cette référence première, intensément présente : http://www.festival-cannes.fr/fr/theDailyArticle/60190.html

Poète. Les fragments donnés à lire en légende des créations graphiques proposées par Sara Malinarich  (renvoi de citations du poète aux expéditeurs de messages adressés au logiciel, voir l'explication de la démarche dans la note à venir) sont révélateurs de la manière dont José Val del Omar pense la place de la conscience individuelle dans la conscience globale : lui, nous, le monde-cosmos...

Citations : « Lo que llamamos contranos u opuestos son trozos de la Unidad. » (Ce que nous appelons présences contraires ou réalités adverses sont des fragments  de l’Un).

... « Todo desea ser Todo, y para ser Todo hay que no ser nada. Comenzar por quedar vacio. » (En tout il y a désir d’être le Tout, et pour être Tout il faut n’être rien. Commencer par rester vide.)

...........

A lire (en français, en espagnol...).

J’ai trouvé des notes en français : d’Olivier Arezki (article, 2003, et page de liens), d’Olivier Hadouchi (chronique, 2007 puis 2010), du Jeu de Paume (deux pages de présentation d’un événement sur le cinéma expérimental espagnol, 2011), un dossier de créations sur des vidéos en espagnol.

L’article d’Olivier Arezki, paru en 2003, sur le court-métrage « Fuego en Castilla » : http://www.cineastes.net/textes/arezki-fuego.html Citation : « José Val del Omar est un cinéaste alchimiste convoquant divers éléments, tels le feu, la terre, et l’eau. Un poète qui passe d’une incursion dans le monde contemporain où le temps file à toute vitesse (horloge, montage rapide et saccadé), avec des voitures filant, phares allumés, à un ciel traversé de sombres nuages. Sa caméra effectue souvent des envolées verticales, et sait abolir la perspective pour lui substituer des images anamorphosées, répandre des formes allongées (on pense au Greco), évanescentes, animer des statues, par des jeux de montage et de lumières, violents et très sophistiqués qui utilisent à merveille les richesses et les subtilités du noir et blanc (contrastes, palettes de gris, jeu sur les tonalités…). »

Page de liens, créée par Olivier Arezki : http://www.cineastes.net/c/omar.html

La longue chronique d’Olivier Hadouchi, en deux parties, enrichie de notes : excellente analyse, très grande maîtrise du sujet. Et en plus il met en exergue une citation de Maria Zambrano, philosophe que j’apprécie particulièrement, et qui, effectivement, rejoint ce qu'on découvre de José Val del Omar, êtres en affinité : « Pur oubli dans la nuit/ puisqu’il fait toujours nuit / pour celui qui vit à moitié.». Mars 2010 (trace antérieure, moins ample, 2007), CinéFabrika, « l’autre revue du cinéma et des arts visuels », « Notes autour de Val del Omar et d’un cinéma de la métamorphose et du crépitement », première partie : http://cinefabrika.blogspot.fr/2010/03/notes-autour-du-cinema-de-val-del-omar.html

Citations (le texte d'Olivier Hadouchi) : « Cinéaste espagnol né à Grenade en 1904, il est notamment l’auteur d’un des plus grands accomplissements filmiques tous genres, supports et catégories confondus, un « triptyque élémentaire d’Espagne » réunissant trois films réalisés à plusieurs années voire décennies d’intervalle » (...) « ...mettant la technique au service de la libération, pour réunir Jean de la Croix et Prométhée, l’albumine et l’aluminium, l’incarnation métaphysique et le fil à haute tension. Espoir de participer à l’émergence d’une autre voie, et que nous appelons « cinéma expérimental » par commodité, car il s’agit en premier lieu d’un cinéma d’avant-garde, à partir d’une appréhension originale de cette notion. Soit d’un cinéma élargi qui ouvre intensément les portes de la perception, travaille sur ses matières mêmes (penchant pour l’anamorphose, le décentrement, le reflet...) » (...) « ... inventeur de néologismes (‘mécamystique’ est le plus révélateur)... »

Deuxième partie : http://cinefabrika.blogspot.fr/2010/03/notes-autour-de-val-del-omar-2eme-p.html   Citations : « Topographie(s) plurielle(s) d’une Espagne palimpseste. » (...)  « En Andalousie, Grenade tournée vers le sud et l’est : l’Orient » (...) « Val del Omar juxtapose : une étoile de David en mosaïque, des inscriptions calligraphiées en arabe, des chants et des danses gitans andalous. »

Page de présentation, site, Jeu de Paume. « La sélection s’ouvre avec un artiste essentiel, José Val del Omar» : http://www.jeudepaume.org/index.php?page=article&idArt=1446

Jeu de Paume. 50 ans de cinéma expérimental en Espagne (mars-avril 2011). Document pdf : http://www.jeudepaume.org/pdf/DelExtasisAlArrebato.pdf

Dossier, créations de José Val del Omar, sur Point to Point, blog : http://pointopoint.blogg.org/jose-val-del-omar-un-fantastico-fantastic-a116322996

..

Vidéos, en espagnol  (en espagnol, mais fragments de l’œuvre à regarder – et écouter) :

Le cinéma de José Val del  Omar. Présentation, vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=F_emTQaMFPY

Film. "Aguaespejo granadino" - 1955 José Val del Omar (« Miroir d’eau grenadin ». L’eau-miroir de Grenade, l’eau comme miroir. Sur la pierre et l’eau dans la réalité et la culture andalouse)

Val del Omar, entre cinéaste, génial technicien,  et alchimiste (mot employé par celui qui introduit la vidéo). En espagnol : https://www.youtube.com/watch?v=Nk7t8hRyFRE

....................

Textes en espagnol. Pour lire, et traduire approximativement : http://tr.voila.fr/ 

Site dédié (très riche et très beau, complet : le cinéma, les collages, les textes) : http://www.valdelomar.com

Page Facebook dédiée: https://www.facebook.com/pages/Val-del-Omar/46660711337

Fiche Wikipedia (filmographie et  bibliographie : livres « de », livres « sur » Val del Omar) : http://es.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Val_del_Omar

..................................................................................................................................................................

Exposition de Sara Malinarich et d’un couple de vidéastes (groupe White Black Fungus), galerie Mamia Bretesché...

Le destin des textes du cinéaste poète est un rêve, dans l'aventure ainsi proposée par Sara Malinarich. Magie. Voilà ce que la poésie peut être, aussi, hors des revues et livres, pour circuler. Là, on peut le lire démultiplié, associé aux graphismes créés par le module, citations qui circulent, et demeurent, disponibles, sur la page du twitter machine (qui emprunte un visage...). Regarder, et LIRE José Val del Omar. Lire et relire. Fragments qui donneront envie de plonger dans un livre. Et, car c'est aussi- ou surtout - une aventure du regard, guidée par la pensée de Val del Omar, regarder, regarder...! Sans négliger d'entrer dans les interrogations du penseur inventeur sur ce qu'est le regard, la conscience, créer. Se demander, avec lui, quel est le rapport entre le regard conscient, ce regard décalé à la fois par la volonté de ce pas de côté, métaphysique en quelque sorte, et décalé par ce que la technique propose comme métamorphoses, anamorphoses... Qui regarde en nous, le seul "je" ou cet espace immense où le "je" devient autre? (Et qui crée?). C'est peut-être cela que Rimbaud voulait dire, encore Rimbaud... Plus de citations de José Val del Omar. Voir, note suivante, quelques phrases, en espagnol, et ma traduction, très libre. 

Rachael Runner (Le procédé est d'envoyer un tweet au logiciel Rachael Runner, en intégrant ce qui activera la réponse et la transformation (#telepresence). La création visuelle viendra en réponse avec une citation de José Val del Omar  : https://twitter.com/rachael_runner

De même, dans le catalogue de l'exposition, les créations graphiques sont associées aux phrases du poète, puisque ce sont les phrases qui sont renvoyées avec la production visuelle. Document pdf (regarder... lire...) : http://www.intact01.net/wp-content/uploads/2015/05/catalogo_expo_mamia.pdf 

11/06/2015

André LAUDE, poète. Réédition d’une somme, son parcours d’un demi-siècle de lectures et regards...

VOL 1.jpgVOL 2.jpg

Mon dieu / donnez-nous notre pain quotidien / mais donnez-nous aussi / tout ce qu'ils nomment inutile : / le jaune de Van Gogh / le Mystère de Vermeer de Delft / la chanson de Petrarque et Laure / la course du lièvre effrayé à minuit devant les pharesde l'auto / le sourire de la touriste juive polonaise à Liverpool / le quatuor des cigales au pied de Montségur / la figure délivrée par le crachat sur un vieux piano / la plainte d'amour de la neige / la vision du couple nu au centre exact de la clairière / en Forêt noire / le cerceau de la petite fille dans une ruelle de Barcelone / le soleil des poitrines nues de femmes et d'hommes / dont la marche commune abrège la nuit

André Laude

Libre dans le désert / Comme une blessure rapprochée du soleil

Réédition en coédition (2015, les deux volumes écrits par André Laude pour Les Nouvelles littéraires en 1975). Un parcours de plusieurs décennies : littérature et art... « La Légende du demi-siècle d’André Laude. Introuvable aujourd’hui, ce bijou de la culture contemporaine circule sous le manteau, comme un Samizdat... Pour marquer les vingt ans de la mort d’André Laude, la Revue A L’Index et Levée d’Encre le rééditent dans son intégralité. »

.................

Les éditeurs de « La légende du demi-siècle » intégrale : A  L’Index/Le livre à dire et Levée d’encre...

Infos : A  L’Index/Le livre à dire...   Courriel : revue.alindex@free.fr

 Site : http://lelivradire.blogspot.fr/ (vol.1, Levée d’encre)

Blog : http://lelivreadire.blogspot.fr/2015/05/laude-en-cours.html  (vol.2, Levée d’encre / A L’Index)

..................

Archives... La légende du demi-siècle 1, note sur la publication en 2011, éds Levée d’encre. Le Post/Huffingtonpost. « La légende d’André Laude », 29-04--2011 : http://huff.to/1KYNzdE

Des poèmes d’André Laude, à lire en ligne sur Albatroz (blog) : http://albatroz.blog4ever.com/articles/poasie-a-andra-laude

Poèmes, aussi, sur « Poésie, Muzik, Etc. » : https://poesiemuziketc.wordpress.com/2012/09/13/andre-laude-poemes/ 

André Laude, Poezibao, Par Marie-Claire Bancquart  (« Ne pas oublier André Laude ! Ultrasubjectif et ultraengagé, avec cette langue d'objurgations et de violences qui se fait aussi bouleversante de dénuement personnel, il a souvent quelque chose de mystérieux dans ses alliances de mots, dans ses références. Et en même temps il écrit avec une pureté et une simplicité persuasives.») : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2008/11/oeuvre-potique.html

« Poésie urgente », site des Amis d’André Laude : http://andre.laude.pagesperso-orange.fr/

Hommage (libertaire) : http://lesvoleursdefeu.free.fr/crbst_21.html

Esprits nomades. Titre, « Une colère si proche du soleil », qui fait écho à un vers de René Char et à un titre d’André Laude, « Comme une blessure rapprochée du soleil », 1979 : http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/laude/laude.html

Une note forte de Stéphane Vallet sur son blog « Le cercle des inquiets » (et d’autres pages sur ce poète, dates diverses) : http://bit.ly/1GAaJsZ

Une belle page de Bernard Morlino, sur son blog : http://bit.ly/1FL8ygv

Un poème (de détresse), un portrait (par Cartier-Bresson, dessin), et une note brève, éclairante sur la difficulté à vivre de cet auteur, qui, d’après ce qui est dit, ne pouvait ni être aidé, ni être aimé facilement par des femmes dans l’intime - trop torturé pour ne pas faire souffrir en retour celles qui l’aimèrent, douloureusement. (Mais, aimé, il le fut d’amis, les pages qu’on trouve le montrent – amis souvent impuissants, cependant, à faire écran à une douleur ayant certainement des racines anciennes, peut-être simplement cette mort si précoce de la mère). Cette page aide à comprendre le déchirement des textes, au bord de gouffres intérieurs : http://www.dechargelarevue.com/id/index.php?art=183

Un témoignage poignant, et le dernier poème, testament bouleversant. Par André Chenet, 2009, sur Francopolis : http://www.francopolis.net/Vie-Poete/Laude-octobre09.html

Sur une exposition d’artistes qu’André Laude appréciait, 2013 : https://agendapoetique06.wordpress.com/tag/andre-laude/

« André Laude : rêveur inguérissable, coureur d'infini », Poebzine, note du 22-02-15, par François-Xavier Farine (et lien vers une de ses chroniques) : http://poebzine.canalblog.com/archives/2015/02/22/31582663.html

Des poèmes d’André Laude, à lire en ligne sur Albatroz (blog) : http://albatroz.blog4ever.com/articles/poasie-a-andra-laude

Fiche wikipedia, André Laude : http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Laude

Un ouvrage peut aider la compréhension des dimensions de l’œuvre, en la resituant dans un cadre (non enfermant, au contraire) : « Histoire de la littérature libertaire en France », de Thierry Maricourt, Albin Michel, 1990. (Même si certains engagements révolutionnaires d’André Laude ne furent pas toujours d’esprit libertaire : Cuba, etc. Le poète eut là, aussi, ses forces et ses faiblesses, dans les choix, les idéaux contradictoires. Une vie a toujours ses points aveugles. Celle-ci comme une autre. Reste un être émouvant, un itinéraire cohérent, et une œuvre, forte.) Page, édition : http://bit.ly/1L32Op9

11/05/2015

Edouard Glissant. Retour sur une œuvre majeure...

Le Sel noir.jpgSOLEIL de la conscience.jpg

« L’écrivain est l’ethnologue de soi-même » 

Edouard Glissant cité par René de Ceccaty, Le Monde (papier), 4-2-11

Au soir tardif du 10 mai, je relis une de mes notes de 2011, sur cet auteur, un hommage juste après sa mort. Quand on se souvient des drames que les pièges identitaires (forcément inégalitaires et vouant les êtres au racisme) ont causé dans l’histoire, relire un penseur-poète qui nous propose une éthique du nomadisme, une dynamique des interférences, ne peut que nous aider à traverser ces pièges. De ma note (très longue, par les très nombreux liens) je ne reprends ici qu’un fragment, nécessaire, et des citations (en ajoutant une), peu de liens (mais j’en ajoute trois)...  Ci-dessous...

Dénonçant  l’enfermement dans une identité limitative qui resterait figée, il opposait notamment les notions de créolité et de créolisation, ce dernier concept se posant dans la dynamique d’un monde moderne exigeant de l’individu l’acceptation d’une réflexion sur son identité, pas pour la renier, mais pour prendre conscience de sa nécessaire transformation du fait des interférences culturelles, des échanges. L’éthique entre les peuples devant être celle de la relation, pas de la domination. Le lisant, on peut comprendre la « poésie » comme genre, mais aussi comme modalité du regard sur le monde, esthétique de l’éthique des interférences. Penser « l’envers lumineux de l’histoire »...

......................

CITATIONS :

 « Toute parole est une terre / Il est de fouiller son sous-sol / Où un espace meuble est gardé / Brûlant, pour ce que l'arbre dit ». Plus… sur : http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/glissant_champ.html 

« Le nomadisme m’a permis d’échapper à tous les enfermements. Mais en voyageant, on transporte toujours ‘‘ses’’ lieux avec soi, ses lieux communs .Chaque lieu est incontournable. On ne peut le remplacer ni en faire le tour.» (...) « Au plus fort de mon activité politique dans les années 60, j’écrivais des poèmes résolument opaques. L’obscur est le renoncement aux fausses vérités des transparences. Je réclame pour tous le droit à l’opacité.» (Édouard Glissant cité dans l’article de Gilles Anquetil, Le Nouvel Observateur) http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20110203.OBS7408/hommage-le-cyclone-glissant.html

.....................

LIENS :

Le site officiel : http://www.edouardglissant.fr/  (En exergue, ceci : « Le poète achemine la connaissance du monde dans son épaisseur et sa durée, l’envers lumineux de l’histoire qui a l’homme pour seul témoin. »)

Une page sur Recours au poème, « Les Fruits de l’Archipel », par Marc-Williams DeBono : http://www.recoursaupoeme.fr/essais/les-fruits-de-l%E2%80%99archipel/marc-williams-debono

Un sommaire (articles sur l’auteur), remue.net : http://remue.net/spip.php?mot119

Et... la note (liens, dont papalagi...) sur Trames nomades, en 2011... Edouard Glissant, le poète, le penseur du Tout-Monde, de la "créolisation" du monde. Hommage : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/02/05/edouard-glissant-le-poete-le-penseur-du-tout-monde-de-la-cre.html

18/12/2014

« Portrait du poète en soufi ». Lire Abdelwahab Meddeb, conscience éclairante...

 

SOUFI.jpgIncipit : "Ô souffle ô voix / ô saveur ô parfum / l'eau que la bouche donne et reçoit / la fleur qui dans l'oreille bruit / le jardin où les mains sont fleurs / le nombril que l'œil boit "  (1, p.7)

Citations :" que serait l'aurore / sans le noir de la nuit? "   (deux vers du fragment '54', p.47)

"matière soufie dense infinie en perpétuelle / découverte dire encore et toujours et à jamais / sur la voie inventer ses haltes ses points de fuite / et reprendre le chemin de logis en maison / où se vit et s'entend la jouissance autre / parfois sur le pré de désolation ou à son bord / ou à l'ombre de la maison de contrition / ailleurs ça peut être sur les rives de la jubilation / en mouvement sans cesse sans s'arrêter / porteur d'un feu qui..." (...) // (début du poème '97', p.107)   

"Portrait du poète en soufi", coll. L’Extrême contemporain, éd. Belin, 2014 (155 poèmes comme fragments de méditation).

J'ai choisi trois pages pour introduire cette lecture : la présentation du livre sur le site de l'édition, le portrait que fait Nicolas Truong de l'écrivain, un texte de lui sur le conflit israélo-palestinien. Et, bien sûr, trois citations, dont l'incipit. J'admire depuis fort longtemps cet auteur, brillant intellectuel né en Tunisie, qui, au-delà de ses dons de poète, de lecteur, de penseur, avait une faim du monde, un désir d'universalité, une grande exigence spirituelle. Force éthique exprimée dans la douleur du constat que nous sommes forcés, tous, de faire, devant la lâcheté hypocrite des enfermements complaisants dans la bêtise et la haine (dans la bêtise de la haine...). Dénonciation des murs dressés par les fausses croyances identitaires, par une sorte de goût mortifère du conflit avec l'Autre qu'on croit autre, ce goût de la mort contre la vie... Il le dit, notamment, cela, avec rage et souffrance, en humaniste profond, dans le texte "Pornographie de l'horreur". Voix perdue, l'immédiate : il est décédé en novembre 2014. Mais ses livres demeurent : la voix porte, à la fois intemporelle - par sa dimension spirituelle - et intensément dans le temps de nos vies, temps de ce monde qu'il pensa.    

Fiche éditeur : ("Pensées d'un néo-nomade" : "Le poète, soufi d'un nouveau genre en quête de la poésie globale de notre temps, trouve sa matière en réinventant sa patrie dans un nomadisme à l'horizon du monde" / (...) "Abdelwahab Meddeb, tunisien de culture française, est une personnalité importante du monde culturel. Il est écrivain, poète, philosophe et universitaire. Il produit et anime chaque vendredi sur France Culture l'émission "Cultures d'islam". Il a enseigné aux universités de Yale, Genève et Nanterre. Il a été lauréat en France de plusieurs prix littéraires.") :http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-portrait-du-poete-en-soufi-23819.php

PORTRAIT « Mort de l’essayiste et romancier Abdelwahab Meddeb (1946-2014) », Le Monde, 06-11-2014, par Nicolas Truong : http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2014/11/06/mort-de-l-essayiste-et-romancier-abdelwahab-meddeb-1946-2014_4519799_3382.html (CITATIONS : «Poète, islamologue, essayiste et romancier, né en 1946 à Tunis, Abdelwahab Meddeb est mort à la clinique Bizet, à Paris, mercredi 5 novembre, d’un cancer du poumon. Grand érudit, pétri de culture musulmane et occidentale, il plaidait sans relâche pour un Islam des Lumières, un dialogue des civilisations face au choc des nations, des images et des représentations. / « Passionné par la littérature la plus exigeante, ce sont les attentats du 11 septembre 2001 qui conduisirent ce poète et romancier franco-tunisien à descendre dans l’arène des débats. « Si, selon Voltaire, l'intolérance fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l'Allemagne, l'intégrisme est la maladie de l'islam », écrivait-il en ouverture à La Maladie de l’islam (Seuil, 2002), son ouvrage-phare, dans lequel il invitait le monde musulman à balayer « devant sa porte » et à rompre avec la spirale de la violence et du ressentiment. Il ne cessa de combattre l’islamisme radical, tout comme le mépris ignare pour les musulmans dans lequel se complaisent certains intellectuels français.  / « Une position singulière, qui lui valut d’avoir des adversaires dans chaque camp. Mais aussi de nombreux amis et soutiens, tels... » (... voir l’article...). » / (...) «"Je porte en moi la maladie de l’islam’’ », disait-il encore alors qu’il luttait contre son cancer. » / « Pour lutter contre le littéralisme et l’intégrisme, séparer le politique du théologique, il propose de chercher dans la tradition du soufisme d’Ibn Arabi (1165-1240) notamment, la voie d’un islam ouvert à la pluralité des mondes. Cette préoccupation est au cœur du Portrait du poète en soufi, son dernier ouvrage. ») 

Cette remarquable ouverture de conscience se voit dans ce texte qui met dos à dos les violences et la terreur dans le conflit Israël-Palestine : « Pornographie de l'horreur », A.Meddeb, Le Monde, 12-01-2009 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2009/01/12/pornographie-de-l-horreur-par-abdelwahab-meddeb_1140741_3232.html

06/08/2014

« Dans mes veines ce n’est pas du sang qui coule, c’est l’eau… ». Lire Jean Venturini, poète…

OUTLINES.gif

Guerre au Proche-Orient, désastres violents en Irak, Syrie, et ailleurs (images de corps martyrisés)… Vacances, tout de même, près ou loin – qui font s’échapper de l’actualité autant que des habitudes, changer de regard et de paysage… Et la poésie ? Quelle place lui donnera-t-on en cet été ? Lire et relire, bien sûr… Jean Venturini, par exemple. Lui qui, par son écriture et sa vie, est au croisement de ce que je viens d’évoquer. Révolte et colère (or n’est-ce pas ce que nous ressentons en voyant les ravages des conflits, la furie de ce goût de la mort des humains, avec tant de variantes ?). Regard : les yeux aimés, la beauté de visages ou d’arbres, la lumière, des couleurs, et même la laideur, puisque c’est du vivant, que c’est. La part de l’ombre en soi, murmurée ou criée, contemplée avec lucidité (or si tous nous faisions cet effort de descente dans ce labyrinthe d’émotions, de frustrations, de blessures… peut-être y aurait-il moins de projections, de volonté d’anéantissement des autres quand on les décrète étrangers, ennemis, maudits ?). Guerre : c’est bien cela qui a tué Jean Venturini en 1940, même si le naufrage de son sous-marin semble avoir été dû à la rencontre accidentelle d’un champ de mines. Pas de champ de mines sans guerre…

……………  

Il y a quelques années, ayant vainement cherché un exemplaire du recueil épuisé de Jean Venturini, dont je ne connaissais que le poème de l’anthologie de Pierre Seghers… j’avais fini par mettre une annonce de recherche sur le site d’une association de collectionneurs (chercheurs de documents en rapport avec la culture des pays d’Afrique du Nord). Et j’avais été contactée par la personne qui possédait le rare ouvrage (et qui m’offrit la copie pour qu’enfin je puisse lire l’œuvre intégrale : merci !). Comme lui je regrettais que ce poète ne soit plus réédité : quelle tristesse de voir disparaître la trace d’une écriture brûlante, sacrifiée avec la vie de l’auteur dans ce naufrage de 1940. Que serait devenu ce jeune rimbaldien vivant au Maroc ? Seghers voyait en lui  la promesse d’une œuvre à poursuivre. Si Antoine Lantéri avait perdu ce livre, ou l’avait oublié, son héritier n’aurait jamais pu lancer sa recherche et nous n’aurions pas dans les mains tous les autres textes (car personne ne se préoccupait de faire revivre ce recueil et la voix de Jean Venturini).

OUTLINES  a été réédité… enfin, en 2009. Avec un avant-propos de Jean-Luc FALCO, qui explique comment cela a été possible, la préface originelle de René GUILLOT, ému par la jeunesse du poète tôt disparu, par la force des élans de l’auteur, par sa révolte entre colères et rêves d’amour.  L’ouvrage est complété par une documentation sur le sous-marin Le Morse et son naufrage. Eds VAILLANT : http://www.editionsvaillant.net/

Fiche sur DECITRE, librairie en ligne (on peut commander ainsi l’ouvrage, ou chez son libraire de quartier) : http://www.decitre.fr/livres/outlines-9782916986067.html

Relisant  le recueil, là, pour en choisir des citations, je remarque l’importance des points de suspension dans ses textes... Ne pas clore, laisser la pensée poursuivre son errance dans les mots non écrits, ou le rêve. Noter la phrase, le vers, mais poser ainsi, aussi, l’hésitation : on n’aura pas tout dit, ni trouvé exactement les mots adéquats, car jamais le poème n’est vraiment achevé intérieurement (« Demain peut-être en cherchant bien, je trouverais d’autres mots – plus beaux. » - Phrases dans l’ombre). Et le poème est ouvert à d’autres sens derrière les mots, dans le silence : les points de suspension valent retournement, comme si le silence était une marge en miroir, qui amplifie la phrase.

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

Jean Venturini, est né en Tunisie en 1921 mais a vécu ensuite au Maroc. Il est mort en mer quand le sous-marin Le Morse (où il s’était engagé comme marin radio) a été détruit par des mines, en 1940 au large de Casablanca.  Son poème Sang est visionnaire : « Dans les veines ce n’est pas du sang qui coule, c’est l’eau, l’eau amère des océans houleux… »

« Outlines », est son seul recueil de poèmes (éd. 1939, puis 1940). 48 poèmes dont « Sang », qui fut publié dans l’anthologie de Pierre Seghers, « Le Livre d’Or de la Poésie française » (des origines à 1940), éd. Marabout.  Jean Venturini est le dernier poète cité dans ce volume : http://fr.wikipedia.org/wiki/Outlines

Pierre SEGHERS écrivait ceci à son sujet, introduisant le texte choisi : « Révolté, rimbaldien, son unique recueil « Outlines » parut en novembre 1939 à Casablanca. Il annonçait un grand poète. Comment ne pas penser, le lisant, que le poète est un « voyant », qu’il est doué d’une extraordinaire prescience ? »

PAGE dédiée au poète sur wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Venturini

Monographie, par Madeleine Kérisit : http://www.auxmarins.net//fiche_marin/7305/Venturini

Evocation du marin Jean Venturini  (M. Kérisit), sur http://www.amedenosmarins.fr/pages/Jean_Venturini_marin_mort_pour_la_France_et_poete-2908728.html

CITATIONS (et fragment de l'hommage de Max-Pol Fouchet, revue "Fontaine", 1940) sur : http://fr.wikiquote.org/wiki/Jean_Venturini

Le poème « SANG » : http://egoak.free.fr/VENTURIN.htm

Deux poèmes sur un blog : SANG » et « FAREWELL » : http://raynaldopierrelouis.over-blog.com/2014/05/deux-poemes-tires-du-recueil-outlines-de-jean-ventur.html

......................................................................................................................................................

CITATIONS, en feuilletant les pages du recueil… Pour donner envie de lire le recueil entier :  

VENTS :

 « Vrai, j’ai trop erré… / J’ai trop pleuré… / Mes yeux / S’en sont allés / Et mon cœur est vieux… / Ma gorge est nouée d’avoir trop râlé / Mes amours et mes haines… / Oh qui cassera mes chaînes ? »(Chanson de fou)

« J’ai dans mes veines un sang rouge / Epais comme du vin nouveau… du gros vin / Lourd et sombre, plein d’alcools encore inavoués…  /// Un sang qui gronde et noue mes tempes… /// (…) Et qui sait mon cœur, comme du pus… /// …Peut-être ai-je aussi un peu de la lumière du ciel / Un peu de la tendresse et de la paix du monde / Qui murmurent quand ma brute s’endort » (Hérédité)

« Ceux de la nuit / Qui s’en vont dans la brume et dans la pluie / Sont mes frères… / Je les reconnais les gueux, les hères, / Leurs visages blêmes et laids / Me sont familiers… «  (Ceux de la nuit)

« Je sais les fugues de lumière sur l’eau des mares… / Et la douceur immense des couchants violets / Qui flottent sur les horizons qui s’effarent, / Funèbres reflets de pourpres inviolées. » (Paysan)

« J’ai jeté vers le ciel de hauts gibets pour / y pendre mes rêves… / (…) Aux arbres de la forêt j’ai noué des cordes pour pendre mes rêves… » (La sérénade aux pendus)

« Je veux la nuit profonde des hivers blancs, / muette et froide comme les caveaux sous la terre… /la nuit muette, pleine de l’élan / dur des arbres nus vers les gouffres sans lumière. » (Nuit)

« Dans mes veines ce n’est pas du sang qui coule, c’est l’eau, l’eau amère des océans houleux… » (Sang)

« Mais il n’y a personne devant moi, c’était / Un souvenir entré par les fenêtres avec / Le souffle chaud du vent d’été… » (Fenêtres)

« Alors je suis parti en une recherche effarée, / J’ai erré dans la nuit sans bords / Pour trouver la lisière que l’aube colore… / … L’aube était morte, linceulée de ses voiles déchirés. » (Recherches) [ En exergue, une citation de René GUILLOT : « De la terre au ciel en passant par où ? » (Chemin)

« Sur les flots glauques comme l’émeraude de ses yeux, / Je souffrirai des lunes pleines du mal de souvenir / Puis tout mourra dans mon cœur silencieux…  / Alors enfin libre je ne pourrai plus revenir.» (L’appel)

…..

MAROC :

« Moi je songe à des fontaines, à des chants murmurés / dans la paix fraîche des harems… » (Marrakech)

« Dans les bleus froissements d’ailes des ramiers, / le soir s’en est venu dormir sur les palmiers… /// (…) Demain peut-être en cherchant bien, je trouverais d’autres mots – plus beaux. » (Phrases dans l’ombre)

« Ils ont marché longtemps, les vents… » (Révolte). Poème dédié à René GUILLOT.

« Menaces de sang dans le soleil / Les étandards chérifiens / Fouaillent les ciels trop bleus. /// Un jour viendra, un jour glorieux / Où leurs étoiles vertes / Bondiront dans la lumière » (Un jour)

…..

ELLES (en exergue, Rimbaud (« Je voudrais vous casser les hanches / D’avoir aimé ») :

« Vous êtes entrées au jardin de mon âme » (Jeunes filles)

« …Viendra-t-il jamais, ce vent qui doit calmer ma fièvre ? » (Jeux d’eau)

« Mourir comme le jour bleu qui s’achève, / Et mêler mon âme aux senteurs pourries de l’automne. » (Automne)

« Ton souvenir c’est un naufrage / Dans les eaux calmes du large… / Une cassure sur le miroir / De ma mémoire… » (Marines)

« Ne regarde jamais du côté de la mer… «  (Naufrage)

« Mais les chimères aussi meurent.. » (Vous en souvenez vous)

RENOUVEAU

« J’ai trop pensé, j’ai trop rêvé » (Renouveau)

22/11/2012

« Le poète ne dit qu’un seul mot… », Pierre Jean Jouve

BAUCHAU.png

«Le poète ne dit qu’un seul mot toute sa vie

Quand il parvient à le desceller des orages».

Pierre Jean Jouve

« Jouve écrivit ces vers magnifiques... (…) « Ce 'seul mot' n’est pas un mot seul, isolable, jeté une fois pour toutes, c’est un mystère lové au creux de l’intériorité. Et qui résonne avec celle des autres.

Pour Bauchau, poète, auteur dramatique et romancier, ce 'mot' aussi existe et il tenta de le 'desceller'. Quant aux 'orages', il les voit agissant au plus profond de l’inconscient, dans les souvenirs d’enfance retravaillés, dans les presciences de la mythologie grecque… »

Bruno Frappat

« Les poètes et la Sibylle », La Croix, 22-11-12, par Bruno Frappat (critique du livre de Henry Bauchau, « Pierre et Blanche, Souvenirs sur Pierre Jean Jouve et Blanche Reverchon »). 

11/11/2012

QATAR. Le POÈTE a été libéré (mise à jour avril 2016)

Voir la mise à jour ci-dessous (bas de page), infos 2016. Après les informations sur les réactions et actions de 2012... 

COMMUNIQUÉ (page en français) d'Amnesty international. « Procès secret pour un poète arrêté à la suite de la ‘’révolution  de jasmin’’ », 29-10-12  (« Un poète en détention depuis 2011 risque d’être jugé en secret. Si cet homme a été arrêté uniquement pour les critiques qu’il a émises de manière pacifique, il s’agit d’un prisonnier d’opinion et il doit être libéré immédiatement et sans condition, a déclaré Amnesty International à l’approche du premier anniversaire de son arrestation. /  Mohammed al Ajami, également connu sous le nom de Mohammed Ibn al Dheeb, a été arrêté le 16 novembre à Doha, la capitale du Qatar. Il aurait par la suite été inculpé d’« incitation au renversement du système dirigeant » et d’« outrage à l’émir »./ Le dossier de l’accusation semble reposer sur un poème que cet homme a écrit en 2010, dans lequel il critiquait l’émir du Qatar. Des militants de la région estiment cependant que la véritable raison de son arrestation est un autre poème, intitulé « Jasmine Poem » (« Poème de jasmin »), écrit en 2011 au moment des troubles au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. »)

"Le poète qatari Mohammed Ibn Al-Dhib Al-Ajami toujours en détention".  Le PEN international se mobilise », actualitte.com, le 05-11-12 :  http://www.actualitte.com/international/le-poete-qatari-mohammed-ibn-al-dheeb-al-ajami-toujours-en-detention-37955.htm  (« L'association internationale pour la défense de la littérature, PEN international, vient de rappeler sa préoccupation sur la situation du poète Qatari Mohammed Ibn al-Dheeb al-Ajami, arrêté le 16 novembre 2011 et toujours contraint à l'isolement dans la prison centrale de Doha, capitale du Qatar. Il est accusé d'incitation à la rébellion contre le système en place, potentiellement punie par la peine de mort, en vertu de l'article 130 du code pénal de ce réjouissant pays. »/ « Selon PEN international, toutes les cessions devant le tribunal ont été tenues à huit-clos, sans que le poète, sans doute maltraité et torturé, ait pu être représenté par un avocat. » / « Le poète est apparu cinq fois devant la cour criminelle de Doha, sans que son avocat, obligé de présenter une défense écrite, ait été autorisé à être présent. »

………………………………………………………………………………………………………………………………………………

ACTIONS. Courriers à l'ambassade du Qatar, et aux dirigeants. (Seront-ils sensibles à ces appels, à l’image déplorable que ce pays donne en matière de liberté d’expression ? Ou croiront-ils que l’argent peut tout acheter, même le silence des témoins solidaires ? Et que la répression est la norme à conserver… ?)

…………………………………………………………………………………………………………………

....... Infos complémentaires... QATAR. Projet de loi qui criminalise la critique des dirigeants : http://www.ifex.org/qatar/2012/10/30/draft_media_poet/fr/  (IFEX)  …..ET…… http://www.hrw.org/fr/news/2012/10/30/qatar-le-projet-de-loi-sur-la-presse-devrait-tre-r-vis-pour-permettre-de-critiquer-l  (HRW)

QATAR. Infos QATAR, PAGE "PAYS", Amnesty.org : http://www.amnesty.org/fr/region/qatar/report-2012

 ................ MISE à JOUR, 23-04-16. Le poète a été libéré (après 4 ans de prison). Voir note du 03-08-15, mise à jour (dont communiqué d'Amnesty international): http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/08/03/qa...