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25/11/2019

Tao-tö king. À lire et relire...

1 TAO .jpgCitations... 
" Tout être porte sur son dos l'obscurité et serre 
dans ses bras la lumière." "Seul le rien s'insère dans ce qui n'a pas de failles.
À quoi je reconnais l'efficace du non-agir." "Le Tao caché n'a pas de nom. Et pourtant c'est lui
seul qui soutient et parachève tous les êtres."
Lao-Tseu
Absolu sommet. Le taoïsme essentiel. L'écriture nue
qui ne se perd jamais en dispersions inutiles. J'en ai
deux volumes. Relus et relus. Celui de la collection
Idées de Gallimard, poche. (Deux cent pages, dont
une cinquantaine pour la préface d'Étiemble). Et
celui des Mille-Et-Une-Nuits. Bilingue, pour 4 euros
environ. Avec 55 notes et une brève postface de
Catherine Despeux.
Deux traductions différentes.
Celle de Liou Kia-Hway pour Idées/Gallimard
et celle de Stanislas Julien pour Mille-Et-Une-Nuits. "Livre de la Voie et de la Vertu"... Trace d'un sage méditant passé de l'autre côté du miroir de la conscience.
Ne pas prendre le mot "vertu" au sens qu'aimeraient les pudibonds.
Ni la "voie" comme un chemin figé. Bien au contraire.

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-S...

08/11/2019

Voix, d'Antonio Porchia, encore...

1 VOIX.jpgC'est cet ouvrage que j'ai d'abord lu en découvrant Antonio Porchia, ses "Voix". Fragments de sagesse, aphorismes-poèmes, "haut langage" au sens de Jean Cohen. Depuis j'ai récupéré d'autres éditions, plus complètes ou intégrales. Mais c'est ce livre qui reste ma référence préférée (le premier, de 1979, postérieur cependant à des fragments publiés par Guy Lévis Mano). Même si j'accorde de l'importance à d'autres, comme la publication bilingue chez erès, la source à lire en espagnol... Voix... En très peu de lignes une sagesse qui vient d'une sorte de méditation permanente dans le simple quotidien. Un constant exercice de lucidité, aussi. À lire et relire infiniment.

"Je n'ai trouvé qu'en Antonio Porchia une aussi haute coïncidence entre la sagesse de la vie et la sagesse du langage."
Roberto Juarroz (extrait de la 4ème de couverture).
 
Citations...
 
Avant de parcourir mon chemin, j'étais mon chemin.
.
Quand je crois que la pierre est pierre, que le nuage est nuage, je suis en état d'inconscience.
.
Ce que je sais je le supporte avec ce que je ne sais pas.
.
Maintenant que mes idées embrassent avec mes yeux, mes bras sont sans objet.
.
Ce qui est hors de moi est une imitation mal faite de ce qui est en moi.
 

07/07/2019

"La réalité telle qu'elle est"... "Paroles de méditation".

1 PAROLES.jpgLa sagesse consiste à parler de la réalité telle qu’elle est et agir selon notre nature véritable.                                                                     Héraclite 

                       (cité dans Paroles de méditation, Albin Michel, coll. Carnets de sagesse)

 
Dans son introduction Marc de Smedt dit que la découverte des textes de grands sages d’Orient a été le déclencheur de son envie de pratiquer les techniques de méditation dont leurs paroles étaient en quelque sorte issues.    « Mon univers philosophique s’élargit à l’infini », écrit-il. De la pratique (il mentionne le yoga et le zen - zazen, l’assise) il dit surtout ceci : immobilité, respiration, silence. Les citations qui suivent sont, dit-il, des paroles de grands méditants, « choisies pour éclairer notre route et notre assise méditatrice ».
 
J’en retiens certaines (dont celle posée en exergue).
...
Ne cherchez pas la voie chez les autres.
                              Maître Tozan
 
Le ciel et la terre ont les mêmes racines.
Le ciel et la terre et notre ego ont la même source.
Toutes les existences sont un seul esprit, un seul corps.
                                     Maître Dogen
 
Le vieil arbre mort au coeur de la montagne
précipite son corps au-dessus de l’abîme sans fond.
(…)
Dénudé par les tempêtes, il a traversé dix mille hivers.
Seule subsiste l’essence de l’arbre.
                                  Kodo Sawaki
 
Parce que l’esprit d’éveil est l’origine de toute activité réelle, il apparaît naturellement et automatiquement de lui-même. Il ne peut être défini ni par l’existence ni par la non-existence.
                                                                       Taisen Deshimaru
 
Ayant médité la formation des Trois Corps en soi, 
J’ai oublié de songer à l’espoir et à la crainte.
Ayant médité cette vie et l’au-delà,
J’ai oublié la crainte de la naissance et de la mort.
(…)
Ayant fait de mon corps mon propre monastère,
J’ai oublié le monastère de la ville.
Ayant adopté l’esprit sans la lettre,
J’ai oublié de disséquer les mots.
                                    Milarepa 
 
As-tu mis ton être au diapason de la grande souffrance de l’humanité, ô candidat à la lumière ? 
                                                     La Sagesse du Grand Sentier
 
À l’intérieur du cosmos, au sein de l’univers, se trouve un trésor. Il se cache à l’intérieur du corps.
                                                                Maître Ummon
 
Il n’y a pas de structure à changer, seulement se libérer de la complicité avec la structure.
                                                                 Yvan Amar
 
Ce que nous appelons « je », 
n’est qu’une porte battante
qui va et vient
quand nous inspirons 
et quand nous expirions.
              Suzuki Roski
 
A la fin du livre, une bibliographie donne les sources des textes. 
Et, comme toujours pour cette collection, l’iconographie est très belle.
 
LIENS... 
Sur Babelio une série de couvertures de la collection…
 
Sur le site d’Albin Michel, rubrique Spiritualités. (En recherche noter : Paroles de… Et tous les titres de la collection viennent)...

04/06/2019

"Épuise le champ du possible." Paroles de sagesse... des Carnets d'Albin Michel

SAGESSE ETERNELLE.jpgÔ mon âme, n’aspire point à l’Immortalité mais épuise le champ du possible.
                                         Pindare
(Paroles de sagesse éternelle, coll. Carnets de sagesse, Albin Michel)
 
En couverture, les spirales de Philippe Roux, et sous le frontispice (une sorte de labyrinthe, avec spirale dans des carrés, représentation métaphorique du chemin de la pensée, ou image du destin du chercheur de sagesse...), une citation de  Pythagore mise ici comme en exergue : "Les paroles sont le souffle de l’âme".
 
La présentation de Michel Piquemal et Marc de Smedt, une page, commence par évoquer le roman de Ray Bradbury, Fahrenheit 451. Pour poser la question suivante : quels sont les livres qu’il faudrait garder, sauver ? Et donner la réponse : les grands classiques surnagent, pour les valeurs essentielles qu’ils portent. Et pour allier deux choses : concision et beauté. C’est René Char qu’ils citent, pour clore leur introduction et finir de donner les clés de leurs choix. Char qui nous dit d’éviter de "faire des noeuds", cette "énigmatique maladie" humaine. Leçon de sagesse, aussi. Simplifier, dépouiller. La pensée qui sait le dénuement intérieur (centre de soi lavé des pollutions du temps que les auteurs évoquent - psychiques et médiatiques), cette pensée est celle qui rejoint l’essentiel.
 
Et, comme toujours pour cette collection, une riche iconographie. Reproductions de fresques antiques, estampes chinoises, miniatures indiennes, ou tableaux, comme "Saint François prêchant aux oiseaux", de Giotto. Mais aussi Raphaël, Vermeer, Vinci, Botticelli, Goya, Van Gogh… Etc. 
 
Ci-dessous, encore des citations, mais ce n’est qu’une sélection. L’anthologie va des textes de sages de l’Asie (taoïstes, penseurs et mystiques du zen, etc.) à des auteurs de la littérature française et étrangère (comme Montaigne, Pascal, Hugo, Balzac, Malraux, Tagore, Tolstoï, Gibran, Rilke...), en passant par Bouddha, L’Ecclésiaste, Jésus, et des mystiques chrétiens ou musulmans, sans oublier les philosophes grecs… Une centaine de pages de fragments et textes brefs.
 
CITATIONS… 
 
As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ? 
                                Apologue grec
(Socrate répondant à quelqu’un voulant rapporter un fait. Les tamis étant : vérité, bonté, utilité…)
 
Puisque la fin de ce monde est le néant,
Suppose que tu n’existes pas, et sois libre.
                                    Omar Khayyâm
 
Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre 
que ne peut en inventer votre philosophie.
                       William Shakespeare
 
Tu es un enfant de l’Univers, tout autant que les arbres et les étoiles.
(Texte anonyme trouvé dans une église de Baltimore en 1692. Page complète dans le livre.)
 
Je suis une partie, une parcelle de Dieu…
                  Ralph Waldo Emerson 
 
L’homme est une corde tendue entre la bête et le Surhumain —, une corde sur l’abîme. (…) Il est un pont et non un but. 
                         Friedrich Nietzsche
 
LIENS...
Carnets de sagesse. Les livres. Librairie Decitre
et
Albin Michel Spiritualités...

27/05/2019

Méditation... "il ne demeure ici que la colline".

UN Méditation.jpg"S'envolant haut, tous les oiseaux ont fui ;
 S'engageant seul, un nuage lambine.
 A nous fixer tous les deux sans ennui, 
 ll ne demeure ici que la colline."
                      Li Bai (701-762)

.
Louis Chevaillier, dont c'est la rubrique, a choisi, pour ce numéro sur la méditation, ce poème qui fait partie d'une anthologie de textes traduits du chinois. Sa brève présentation dit l'essentiel. Ce qui disparaît, laissant seulement la colline, c'est l'ego du poète. 
Pour une pensée "entre taoïsme et bouddhisme", cette "disparition", cet écart, est un des buts de la méditation tchan (ancêtre du zen), une des formes évoquées dans ce numéro, qui fait un parcours assez complet de ce qu'on peut mettre derrière le mot de "méditation". De la pratique intensive des méditants (ancrée dans une spiritualité, une culture) à la recherche plus superficielle d'un bien-être physique et
psychologique. (Recherche d'ailleurs parfois vaine, même si beaucoup sont satisfaits par ce qu'ils y trouvent, car la méditation peut provoquer des remontées de mémoires douloureuses, de traumatismes, et des remises en question qui seront très loin d'un quelconque confort. Le but n'est pas de laisser dans l'illusion...).
C'est un extrait de "Siddartha", d'Hermann Hesse, qui sert d'éditorial. La bd verticale fait un historique (vulgarisation). Le grand entretien est celui de Christophe André, qui conclut en se référant à la conception d' André Comte-Sponville, celle d'une spiritualité laïque, hors dogmes religieux. Car, dit Christophe André, la méditation "peut aider notre esprit à se confronter aux absolus - la vie, la mort, l'infini." Et nous sommes "des êtres spirituels confrontés aux mystères de l'existence." Pas pour s'extraire du monde, non. Il parle plutôt de "communion avec le monde". D'autres articles présentent des points de vue divers, comme le regret de l'oubli des sources (bouddhisme notamment) dans des pratiques à la mode (et parfois un "commerce" de la méditation). Les études scientifiques sont longuement évoquées. 
Deux textes. notamment, sont à lire avec attention. Précieux...
... Celui d'Hervé Clerc, auteur de livres sur le bouddhisme. Il explique sa pratique, simple (une attention à la respiration), parle du "témoin" en nous dans la méditation, qui, dit-il, "vous conduit sur la margelle du monde, à l'écart de la beauté et de la douleur, à l'écart du moi." Il insiste sur la régularité, le silence ("Surtout du silence, pas de musique"), et conclut par cette formule, qu'il emprunte (en partie...) à Marguerite Yourcenar : " Méditer, en réalité, c'est vivre 'les yeux ouverts' ".
... L'autre texte que je retiens aussi particulièrement est le témoignage de Yuval Noah Harari, auteur connu de "Sapiens, une brève histoire de l'humanité", et dont le dernier livre est "21 leçons pour le XXIè siècle". Il a découvert très jeune, à vingt-quatre ans,la méditation Vipassana (l'attention au souffle qui passe par les narines, puis aux sensations du corps et aux idées et émotions qui traversent l'esprit et sont ressenties dans le corps - juste percevoir et lâcher). "Observer simplement la réalité de l'instant présent." Et lui aussi dit ceci de la méditation, rejoignant d'autres contributeurs.: "Loin de fuir la réalité, elle me met en contact avec elle".

LIEN. Le Un, numéro 248, sur la méditation ("Soyez zen")… 

https://le1hebdo.fr/anciens-numeros/540-numero-248.html 

25/04/2019

"Que l'homme ait toujours deux poches". Citation... et citations.

Sagesse juive.jpgQue l’homme ait toujours deux poches.

       Dans l’une il inscrira :
   
"Je ne suis que poussière et cendre"
                 
             Dans l’autre : 
   
"Le monde n’a été créé que pour moi."
                         
                   Bounam de Pssiskhe
 (Paroles de sagesse juive, coll. Carnets de sagesse, éd. Albin Michel)
 
En face de cette citation, "Noé et l’arc-en-ciel", reproduction du tableau de Marc Chagall. Comme pour toutes les pages de cet ouvrage (une cinquantaine), l’iconographie, superbe, reproduit des oeuvres du musée Chagall de Nice. Une page, à la fin, est consacrée au peintre, et cite ce qu’il dit de ses tableaux ("pas le rêve d’un seul peuple mais celui de l’humanité").
La couverture (lettres hébraïques) et les vignettes (couverture et page titre intérieure, étoiles) sont de Danielle Siegelbaum.
 
La préface, trois pages précieuses de Victor Malka, expose le sens de la sagesse juive, philosophie et spiritualité, vision éthique, et libre arbitre de l’être humain. Une de ses phrases fait écho au message du poète François Cheng (présent dans deux notes précédentes). 
Car les sagesses se rejoignent dans la profondeur...
Je cite : "Se rappeler que vivre est une grâce et que, pour peu qu’on le veuille, le monde peut rayonner."
 
Cette citation est la première du livre, anthologie de merveilles. Et la dernière est un poème d’Edmond Jabès, pris dans un ouvrage collectif, Art Contre, l’art contre l’apartheid.
"Il ma dit :
 Ma race est… (...)
 J’ai répondu :
 J e suis de ta race."
   (...)
"Car mon âme… " (...)
(Je vous laisse lire le texte dans le livre...)
 
Une bibliographie propose une dizaine de titres. Lectures pour aller plus loin. Des livres qui iront aussi vers des livres…
 
J’aime beaucoup ces brèves anthologies de la collection Carnets de sagesse (Albin Michel)
Je commence par ce "carnet", mais d’autres suivront, de la même manière, autour d’une citation principale… 
 
LIENS… 
Carnets de sagesse. Les livres. Librairie Decitre
et
Albin Michel Spiritualités...

20/04/2019

"Le Maître de lumière", livre de Jean-Luc Leguay, danseur chorégraphe devenu enlumineur initié…

LEGUAY LUMIERE.jpgCe qui peut nous faire comprendre la force de notre émotion devant Notre-Dame en feu, je le trouve dans un livre de Jean-Luc Leguay, "Le Maître de lumière". (Histoire de son initiation à l’art de l’enluminure,un long itinéraire...).
 
Patrimoine, oui, cette cathédrale. Mais livre d’une mémoire sacrée, où ce qui est dans les pierres, visible et non visible, est la trace des signes et des savoirs que des artisans initiés ont inscrits. Nous ne le savons pas, ne le comprenons pas intellectuellement, mais nous le sentons intuitivement.
 
Parlant de l’art de l’enluminure, appris avec un maître (moine italien de haute spiritualité, le "Maître") il explique comment des éléments invisibles sont travaillés avec autant de soin que ce qui est visible. Car ils jouent un rôle dans la structure de l’oeuvre, son sens et son message. Ainsi, peignant un personnage il pose l’essentiel au-dessous de ce qui sera visible. Jean-Luc Leguay cite Paul Klee, pour montrer que la conscience artistique, si elle est authentique, tient compte de cela… Je recopie ici un grand passage (page 150 de l’édition Albin Michel, 2004, où cette citation figure) :
 
"L’initié dissimule un point de couleur précieuse en dessous — or, lapis-lazuli, émeraude —  (…) comme un trésor enfoui, inscrivant la terre et le ciel dans la couleur de la peau. Cette vibration de la matière influence celui qui regarde. Tout n’est pas fait pour être vu. De même, les bâtisseurs de cathédrales cachaient des sculptures extraordinaires sur les hauteurs, invisibles depuis le parvis. Personne ne les voyait jamais mais elles participaient de la vibration générale de l’édifice. Dans cet esprit les faces arrière des statues ornant les portails étaient sculptées consciencieusement. L’invisible était travaillé avec le même zèle que l’apparent. De même les enluminures sont truffées de petits trésors cachés. 
'L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible' disait Paul Klee. Il donne à voir autre chose que le réel."
 
L’initiation à son "métier" aura duré dix ans, pour que sa main devienne "main de lumière" (et que l’humilité et la patience de la vraie création le traverse totalement). Celui qui ne crée pas dans cet état d’esprit ne fait que donner à voir son "labyrinthe" intérieur, 'enténébreur', est-il enseigné (contaminant les autres, qui regardent ou lisent). Celui qui griffonne des oeuvres de l’ego, pressé d’être reconnu par les autres, avant de s’être connu lui-même au sens de ce que nous dit cet initié… Grande leçon d'humilité, que ce témoignage de qui se veut artisan de lumière. 
 
Voir la RECENSION complète de ce superbe livre. NOTE posée, après celle-ci, le 01-05-2019 (et petit portail de  liens : pages des éditions, site de l'enlumineur, note d'un blog sur une conférence...) ... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2019/05/01/le-maitre-de-lumiere-un-voyage-dans-le-silence-qui-n-a-pas-6147871.html
 
MC San Juan

16/04/2019

Notre-Dame qui brûle… Choc.

ND DRAME.jpgJ’ai d’abord traduit cela ainsi :
Sidération et bouleversement. On se rend compte, dans l'émotion, de l'importance de ces lieux dans notre univers. Et du sens du mot "patrimoine". Un lieu sacré. (Pompiers admirables, qui ont sauvé l'essentiel.)
 
ND LARMES.jpgAlors, après les images et les mots, besoin d’autres mots, réparateurs. Reprendre racine dans le sens profond, qui console de l’ignorance, de la peur de voir détruites des traces de culture et de spiritualité (murs et symboles). Notre tristesse dit l’attachement à un lieu qui fait partie de nous, et auquel nous appartenons aussi, en partage avec tant d’autres. (Exception ND CENDRES.jpgfaite de ceux qui, il y en a et il y en a eu, ont besoin de ruminer de la haine : j’ai vu cela aussi, mais ce sont des marges ND DESASTRE.pngpathologiques, des névroses identitaires qui suent des phrases malodorantes et dysorthographiques - comme ces racialistes qui traînent à l’Unef et ailleurs...). Et, signes fraternels, des messages venus de partout, officiels et anonymes. J’ai été touchée de voir sur les pages Facebook algériennes ou marocaines (par exemple) des textes disant l’essentiel, des reproductions d’oeuvres d’art figurant la cathédrale, ou des citations de Victor Hugo. Émue par le beau message de Kamel Daoud sur ce que représente Notre-Dame (lieu d'art et de mémoire), et par les phrases des commentateurs algériens de sa page, exprimant leur émotion (sauf quelques grincheux, vite remis en place par les autres).
 
"L'art est la seule éternité qu'on a pu prouver et fabriquer. Et le feu qui a emporté, presque, la Cathédrale de Paris rend triste, inquiète, car il porte atteinte à cette part en nous. Touriste, français, croyant, visiteur, passant, artiste et enfant. La destruction d'un monument nous inquiète toujours profondément, nous attriste, nous blesse. Courage aux français: ils rebâtiront."
Kamel Daoud, post Facebook, 15-04
 
PAROLES s éternelle.jpgLectures, donc… L'universel.
J’ai ouvert un recueil d’aphorismes et citations des 
Carnets de sagesse d’Albin Michel,
"Paroles de sagesse éternelle".
Et j’ai picoré, dans le désordre des pages,
mais l’ordre de ma réflexion
 
Il y a un moment pour chaque chose sous les cieux.
Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir,
Un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté,
(…)
Un temps pour démolir et un temps pour bâtir.
L’Écclésiaste
 
Ne laisse pas la tristesse t’étreindre
(…)
Suppose que tu n’existes pas, et sois libre.
Omar Khayyâm
 
Le désespoir est une défaite anticipée.
Karl Jaspers
 
Car… 
 
Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre
que ne peut en inventer votre philosophie.
William Shakespeare
 
Et…
 
Le chemin mystérieux 
va vers l’intérieur.
Novalis
……………………………………..
notre-dame,paris,cathédrale,incendie,spiritualité,citations,sagesse,universelUne "vision" de Victor Hugo, dans "Notre-Dame de Paris" (Feu créé par Quasimodo pour faire fuir les truands).
"Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée. Au-dessous de cette flamme, au-dessous de la sombre balustrade à trèfles de braise, deux gouttières en gueules de monstres vomissaient sans relâche cette pluie ardente qui détachait son ruissellement argenté sur les ténèbres de la façade inférieure."
..................................
Gérard de Nerval, dans son poème "Notre-Dame de Paris" (Odelettes)
évoque un futur très lointain où des hommes "de tous les pays de la terre"…  "Viendront pour contempler cette ruine austère,  / Rêveurs, et relisant le livre de Victor". Le présent heurte encore la vision d’un poète. Car "tous les pays de la terre" ont regardé les images de la cathédrale en souffrance, et beaucoup de Français, mais certainement beaucoup d’étrangers aussi, se sont mis à relire Victor Hugo… 
  Voici… 

"Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être 
Enterrer cependant Paris qu'elle a vu naître ; 
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher 
Comme un loup fait un boeuf, cette carcasse lourde, 
Tordra ses nerfs de fer, et puis d'une dent sourde 
Rongera tristement ses vieux os de rocher !

Bien des hommes, de tous les pays de la terre  
Viendront, pour contempler cette ruine austère,  
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :  
— Alors ils croiront voir la vieille basilique,  
Toute ainsi qu'elle était, puissante et magnifique,  
Se lever devant eux comme l'ombre d'un mort !"

Mise à jour 20-04-19... Vidéo, lecture du poème de Gérard de Nerval et suite de l'émission... (La Grande librairie, Spéciale Notre-Dame, avec les interventions, intéressantes, de plusieurs auteurs, dont Alain Finkielkraut et François Cheng)... https://www.youtube.com/watch?v=s49jQRLDFn4 

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Mise à jour 20-04-19. Une analyse très subtile, par Jean-Noël Kapferer (The Conversation, 18-04-19) des motivations profondes des dons venant du luxe. Il relie cela au sacré. "Pourquoi le luxe vole au secours de Notre-Dame"... https://theconversation.com/pourquoi-le-luxe-vole-au-secours-de-notre-dame-115692?utm
 
........................................................................................
Les Unes de la presse, 16-04.
Et (les mêmes et d’autres) sur le site de BfmTV… https://www.bfmtv.com/societe/incendie-a-notre-dame-de-pa... 
Diaporama du désastre, avec de nombreuses Unes. Mystérieusement la beauté de Notre-Dame passe à travers la vision des flammes, même si cela serre le coeur… Et on voit que le choc est international… Ozap.com…  https://www.ozap.com/photos-images/photo--notre-drame-en-une-de-liberation-4615085.html

04/04/2017

"La poésie comme vivre...", Aédàn...

WHITE.jpg« La poésie comme vivre qui inclut l'idée plutôt que de lui obéir. La poésie comme rappel à ce qui est vivant en soi, à ce qui toujours échappe : comme cet instant. Être-devenir dans un mouvement qui en même temps se saisit et en même temps relâche, qui embrasse et qui se défait. La poésie, essence de vitalité qui brûle les lèvres, éveille les sens et parfois déchire, parfois nous adoucit le cœur. »

Texte en accueil d’un site entre poésie et mystique (ou plutôt sagesse ?), « Un jardin derrière le portique », Ananda. / Sous-titre : « Poésie de l’ éveil et Sagesses du Corps ». Site d’Ananda…  (MISE à JOUR. L'auteur a supprimé le site. On le retrouve sur sa page Facebook, Spiritualité sauvage, et avec le nom Aédàn. Lien ci-dessous...).

L’auteur (poète, traducteur, artiste, enseignant) utilise, pour lui-même, des noms contextuels, donc, suivant le contexte, on le reconnaîtra tel ou tel. Comme Aédàn pour sa page Facebook sur la spiritualité non-duelle (avec un si beau nom : « Spiritualité sauvage »)...  https://www.facebook.com/SpiritualiteSauvage

Il est ce « garçon vêtu d’étoiles » qui apparaît dans un de ses fragments poétiques. Spiritualité au sens mystique (ou sage) du terme. Ou poésie telle que définie par Mallarmé, qu’il cite dans une note de lecture du « Journal » : « la seule tâche spirituelle » (lettre à Léo d’Orfer, 27 juin 1884)... (lien inactif, donc supprimé).

Regard. Ouvrir la page d’un autoportrait bleu (revenir à l’accueil), celui de l’arbre de la colonne vertébrale intérieure : ce qui n’étonnera pas ceux qui pratiquent un yoga (comme lui, et comme moi autrefois) ou un chi qong (comme moi, depuis qu’autrefois a été remplacé par un très long maintenant durable de pas mal d’années…)... (Lien supprimé... Imaginez la représentation de la structure intérieure du corps, os et énergie).

Lisant ce texte introductif, « La poésie comme vivre », (programme et manifeste), et d’autres pages du « jardin derrière le portique », je pense à un poème de Kenneth White, dans un ouvrage que j’ai posé tout en haut d’une bibliothèque, pas sur un rayon de livres, mais sur le dessus, entre les pages dures d’un livre objet où je glisse des trésors, pour être sûre de retrouver facilement ce mince volume, sans qu’il risque d’être perdu, comme d’autres, dans la masse des pages entassées. Retrouver le recueil, d’abord (mais pas seulement) pour une page, où tout est dit d’une démarche particulière, celle qui accepte la rareté du poème, pour que le sens soit le résultat d’une lente alchimie qui réussira à capter l’essence du langage à la frontière du silence, des significations dont la grammaire est celle du regard. Texte de méditant, pour qui l’écriture est pratique de sagesse, exercice sur soi, tissage de l’être. Sans cesse revenir sur l’espace de la page, sculpter les mots le vide le temps les sons. 

Ainsi interfèrent, ici, trois visages de la seule poésie, écriture, qui m’intéresse vraiment : celle qui ne cherche pas le paraître d’un jeu formel, mais déblaie justement les masques, en arrachant l’illusion vaine, couche par couche. Vers un centre. Tout en malaxant, sculptant, les sons et les images… 

Aédàn/Ananda, Mallarmé, Kenneth White… 

MC San Juan

...

Voici ce qu’écrit Kenneth White :

« Travaillant et retravaillant

   les mêmes textes

   jour après jour

   perdant tout sens

   de ‘production’ et de ‘publication’

   toute idée d’une ‘réputation’ à forger

   engagé plutôt dans quelque chose

   — loin de toute littérature —

   que l’on pourrait pertinemment nommer

   un yoga poétique »

  La résidence de la solitude et de la lumière / Méditations pyrénéennes 1

  William Blake and co. édit. (1978)

Kenneth White, liens… (pour situer le lien...).

Les livres… http://bit.ly/2nVYGkY  

Site officiel, accueil… http://www.kennethwhite.org  

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poésie,spiritualité,sagesse,corps,yoga,chi qong,un jardin derrière le portique,spiritualité sauvage,spiritualité non-duelle,poésie de l’éveil et sagesses du corps,étoiles,la résidence de la solitude et de la lumière,méditations pyrénéennes,méditations,le visage du vent d’est,citations,livres,poètes,mallarmé,kenneth white,aédàn,ananda MISE à JOUR. NOTE du 6 juillet 2019. À l'occasion de la sortie du livre d'Aédàn, Célébrations & Crépuscules... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2019/07/06/spiritualite-sauvage-et-le-livre-d-aedan-6162504.html

Rappel. Sa PAGE FacebookSpiritualité sauvage... https://www.facebook.com/SpiritualiteSauvage

17/03/2017

PASSANTS… « Nous sommes tous des passants », dit Achille Mbembe, historien et philosophe…

Mbembe.jpg« Nous sommes tous des passants »… Alors pourquoi nous emprisonner dans des certitudes identitaires qui nous font nous méfier des autres et causent le racisme? Prenons conscience que nous sommes « tous des passants » et lâchons l’inutile piège identitaire. Passionnant texte d'Achille Mbembe

Tous « passants », prisonniers qui doivent se défaire des pulsions morbides des fausses appartenances. C’est à la fois vrai et incomplet...  Vrai à un niveau de haute sagesse, celle de ceux qui ont fortement la conscience du passant qui se sait éphémère sur cette terre (même si tous se savent mortels...). Cependant on naît quelque part, imprégné de l'esthétique des paysages du lieu,  des parfums de la région, des goûts des recettes.  Et nous pensons d'abord dans une langue (ou bi-langue). C'est à partir de cela que nous trouverons le goût des autres et le goût d'ailleurs... Pas en nous déracinant de notre culture au sens privatif, mais plutôt en nous enracinant dans des liens avec ce qui nous était au départ étranger. La haute sagesse d'une conscience identitaire élargie à la planète (et plus, cf. pensée du tao, par exemple) n'est pas opposée à un ancrage. Je complèterais (et corrigerais) cette profonde réflexion du philosophe par celles qui sont développées dans deux ouvrages. Celui d'Amin Maalouf, "Les identités meurtrières" (il dénonce le danger du communautarisme, mais ne voit pas comme idéale une uniformisation illusoire et pauvre...). Et celui d'Amartya Sen,  "Identité et violence" : il définit le multiculturalisme - où les cultures plurielles se rencontrent et s'enrichissent - qu'il oppose au mono-culturalisme (où les communautés sont refermées sur elles-mêmes, coupées des autres) : la pluralité culturelle traverse d'abord l'individu... Et donc, sage peut-être mais ancré, pluriel lui aussi, l'individu, loin des prisons mentales de communautés figées,  baigne dans la richesse du multiple... Je crois qu'il vaut mieux penser que tout peut se croiser et interférer.

Extrait : « Malheureusement, le propre du moment néolibéral est de libérer toutes sortes de forces obscures et perverses que l’on était plus ou moins parvenu sinon à dompter, du moins à reléguer dans le domaine des tabous dans un passé pas très lointain. Tel est le cas du racisme, mais aussi de toutes les pulsions autoritaires dont il faut  répéter qu’elles n’épargnent pas les démocraties libérales. / On ne l’a pas suffisamment fait ressortir, mais à la racine du racisme propre aux sociétés prises dans les rets du néolibéralisme se trouve la difficulté de jouir. Cela étant, les pulsions racistes sont ­devenues des pulsions de type libidinal. / Pour fonctionner, le racisme a besoin de la fiction selon laquelle il y aurait des corps purs, des cultures pures, du sang pur. Or, il n’existe aucun corps humain qui soit pur, diaphane. En matière de corps, de religion, de culture ou de sang, le blanc n’existe tout simplement pas. Tous les corps sont gris ocre et obscurs. Et c’est ce qui fait d’eux des corps vivants et humains, et à ce titre poreux, ouverts sur ce qui les fait vivre, sur la chair du monde. »

Lien, Le Monde, 24-01-17... http://mobile.lemonde.fr/idees/article/2017/01/24/nuit-de... 

Achille Mbembe a publié un essai sur les nationalismes, et leur lien avec l’évolution autoritaire des pouvoirs, les passions guerrières, la violence. « Politiques de l’inimitié », 2016. Vers un au-delà de l’humanisme. Page de l’éditeur : http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Politi...

10/09/2016

Terrorisme, un autre regard…

MORT PEUR.jpgEn cherchant des infos sur le festival O+O, programmé Butte aux Cailles, à côté de chez moi, j’ai trouvé ce message « Terrorisme - Le festival O+O est annulé. La mort dans l'âme, nous avons dû annuler le festival O+O de Paris 2016. » 

Source, blog, « Les armes secrètes de la poésie » : http://armesecretepoesie-axodom.blogspot.fr 

Et site : https://sites.google.com/site/axolotletdominiqueguillerm/... 

Mais sur le blog, à côté de l’information, en évidence, un lien vers un autre site, pour le texte de Thich Nhat Hanh, « Des clés pour faire face au terrorisme », 2001 : http://maisondelinspir.over-blog.com/2015/01/des-cles-pou... 

MAINS.jpgLe hasard crée un lien entre des notes et des réflexions. Ce texte de méditant au 3è oeil ouvert est à lire en prenant le temps de sortir des rails habituels de la pensée et des émotions associées au terrorisme. On peut au moins garder en arrière-plan la perspective d’un autre regard sur la réalité… tout en pensant que l’annulation ne pouvait guère être évitée, dans le contexte… 

Et voilà comment une journée mène de la poésie au terrorisme et du terrorisme à des paroles de sagesse… Faire prendre conscience d’une violence présente dans le monde, co-créée par tous, dont le terrorisme serait une des conséquences, symptôme d’une maladie générale. Même si l’obstacle est cependant cette fascination perverse qu’exercent des idéologies fanatiques qui n’ont besoin de nulle raison pour créer une emprise totalitaire. Instinct de mort et ignorance mêlés donnant, suivant l’époque, nazisme ou islamisme. La réponse serait alors une transmutation totale de l’esprit humain, transformation collective vers une sorte d’éveil global. En commençant par le refus de réagir en miroir à la violence.

Sur Thich Nhat Hanh, un article du Monde « L’Éveillé du Village des Pruniers », repris par le site meditationfrance.comhttp://www.meditationfrance.com/enseigne/hanh.htm 

Mise à jour… J’ai entendu (radio, France-Info) un chef d’entreprise français, qui travaillait dans les tours lors du 11 septembre, et avait réussi à être évacué avec ses employés, mais avait vécu, évidemment, des moments très traumatisants (notamment quand il était dehors et qu’une tour s’était écroulée, mettant le quartier dans la nuit, « une nuit plus noire que la nuit » dit-il). Sa réflexion porte surtout, actuellement, sur le vide de sens du monde actuel, qui mène les gens vers des solutions terrifiantes. Répondre au terrorisme c’est aussi redonner du sens au monde.

J’ai suivi, aussi, une partie d’une émission sur la 5, où Dounia Bouzar insistait sur le fait que chercher des causes nationales aux attentats était un leurre, le terrorisme « impactant le monde » et l’Ei s’adaptant aux situations locales pour trouver un langage qui touche les failles, la causalité principale étant idéologique, à la source.

Complexité des regards. Au centre, le sens à donner au réel…

25/07/2016

Contempler la terreur en soi... ou être (tenter d'être?) et agir.

mms_img1004210911.jpgTerrorisme, terreur, nuit qui obscurcit aussi le regard qu’on porte sur le réel. Il y a des faits et il y a la course aux informations, ou plutôt aux hypothèses qui précèdent les informations. Hâte de beaucoup à interpréter avant même de pouvoir nommer (réseaux sociaux, chaînes en continu). Théâtre vain des certitudes et des projections. Fascination pour la peur, la sienne et celle des autres. Au point qu’on sent parfois dans des mots et des phrases une malsaine jubilation à voir conforter par un fait dramatique une opinion qui le précédait. Il n’y a plus alors de place en l’être pour l’empathie authentique. A cela opposer la lenteur. Légitimes sont les émotions et la tristesse devant l’horreur et la souffrance, mais pas que s’y glisse une sorte de complaisance à se regarder être bouleversé, ni une satisfaction de l’ego à se reconnaître dans des miroirs conformes aux croyances communes, y compris quand elles s’affirment dans d’apparents schémas « d’incroyance ». Comment penser, quand on a lu les analyses contradictoires des uns et des autres, observé les postures, vu les polémiques, risqué la contagion des passions, pris distance en refusant l’obsession guerrière? Par la lenteur et le retour aux questionnements essentiels. Avec l’aide de quelques textes qui sont passés par le filtre de la méditation ou du recul silencieux… Comment agir? En pensant lentement, en dénonçant intégrisme(s) et fascisme(s), et idéologies de haine, d'où qu'elles viennent. Porter une autre parole...

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CITATIONS…  

 « Non pas faire comme si de rien n’était, mais comme si rien ne pouvait nous empêcher d’être ». Christophe Claro, écrivain, tweet posé après le 14-07-16. (signé Claro).

« La vraie vie est multiple, complexe, impure : tous les bons romans sont là pour nous le dire. » Tarun Tejpal, cité par Florence Noiville, Le Monde, 02-11-12

« C’est notre propre humanité qui est comme attaquée et niée… Notre première réaction est sans doute de vouloir réagir immédiatement, mais en un sens très profond, dans une telle situation, il est bon de commencer par ne rien dire et garder le silence. Même si cela n’est plus très audible aujourd’hui, le silence, en son sens fort, n’est pas la négation ou la privation de parole, mais une manière très profonde et très digne de dire et de se tenir. Une manière profondément éthique d’être. » Fabrice Midal (enseignant de méditation, auteur, éditeur, co-rédacteur de la revue Ultreïa pour des chroniques diverses, sur la poésie notamment), post, page Facebook,  fragment d’un message posé après le 13 novembre 15 (page Facebook publique), et reposé après Nice. Site : http://www.fabricemidal.com/a-propos-de-fabrice-midal/liv... 

13 NOVEMBRE, 14 JUILLET… « Les temps actuels, par leur intensité, nous obligent à réaliser de profondes prises de conscience. La principale doit nous conduire à mesurer notre responsabilité dans le déroulement et le contenu du spectacle du monde. » (…) « Les temps ne sont plus à commenter avec effroi, stupeur, colère, indignation, résignation ou sentiment d'impuissance ce qui se joue devant nous, comme si cela était séparé ou indépendant de nous, comme complètement coupé de nos scénarios intérieurs. Car, que nous l'assumions ou non, ce qui se joue devant nos yeux est le fruit de nos entrailles. » (…) « Tout ce contre quoi nous luttons se renforce. Mettre toute notre énergie dans la riposte revient à focaliser nos efforts vers la haine et la peur. » (…) Nous sommes responsables de la façon dont nous regardons le monde. » (…) « Combien de temps allons-nous perdurer dans ces archaïsmes qui ont mené l'Humanité dans sa posture actuelle ? En vérité, la décision nous revient. Elle est intérieure. Elle est notre responsabilité collective et individuelle d'êtres humains dotés de conscience. » Gregory Mutumbo (ancien militaire que la guerre a transformé)… http://www.lasymphoniedesames.com/13_novembre.html 

« Ah, nous avons tout cela en nous : Dieu, le ciel, l’enfer, la terre, la vie, la mort et les siècles, tant de siècles. Les circonstances extérieures forment un décor et une action changeants. Mais nous portons tout en nous et les circonstances ne jouent jamais un rôle déterminant. Etty Hillesum, « Une vie bouleversée », Journal, 3 juillet 42.

Terrorisme, terreur, réactions. Par Yuval Harari, historien, université de Jérusalem. Auteur de « Sapiens. Une brève histoire de l’humanité », Albin Michel. Une réflexion qui fait des détours et sort des chemins balisés par la fascination de la peur… A rebours des commentaires et analyses  les plus courants… http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20160331.OBS7480/la-s...

( Photo. © MCSJ. Affiche déchirée, symbole des fractures…)

07/06/2016

Deuil de blogs...

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MUSIQUE, Andalousie, fraternité. Il y avait un blog au nom héritier de l’Andalousie et de la pensée de Lorca. Une page sur "El Gusto", et le mot qui rejoint, en sens algérois, la signification  du duende andalou. La musique, et Enrico Macias, plus comme musicien que chanteur (chanteur aussi mais importance donnée à sa musique, à son orchestre andalou). 

Mais elduende.musicblog.fr ne peut plus être trouvé. La blogueuse l'avait écrit, disant qu'elle pensait arrêter, sans cesser d'aimer ce qu'elle aimait, fidèle à ses passions. Lassitude. Impression d'écrire dans le vent, dans la solitude, sans vraiment beaucoup de retour. Pourtant son blog était consulté. Moi je l'aimais particulièrement. Mais c'est vrai qu'on peut apprécier sans forcément commenter et contacter... Les notes sont des bouteilles à la mer, qui trouvent des échos inconnus souvent. Et puis, le temps… Elle tenait ce blog depuis longtemps, je crois, et voulait passer à autre chose. Mais c'est dur de découvrir que, voilà, c'est fait, le blog n'apparaît plus que par traces où plus rien ne peut se lire, mais où on voit qu'il y eut là des signes, du langage, des émotions, de l'amour... 

D'ailleurs cela pose un vrai problème de la mémoire (de la trace) de ces oeuvres qui ont accumulé des connaissances, des références, des pensées... Et qui disparaissent complètement. Deuil à faire d'un lien.

Emotion triste aussi - c’est autre chose - quand des sites ou blogs sont arrêtés par la mort du blogueur (forcément cela arrive : ainsi « Patawet », arrêté tout d’un coup). 

Et tristesse autrement, quand des blogs perdurent, mais silencieux depuis... un an, deux ans, ou plus. Et on ne sait pas pourquoi ce silence : lassitude, maladie, dépression, ou mort? Et même si en fait c'est le contraire, une vie passée à autre chose, qui prend le temps de s'échapper autrement... même cela est en rapport avec la mort, la fin, la disparition, l'éphémère... J’en connais un, de blog, entre vent et poème, ainsi silencieux. Quand je le consulte (archives riches) je parle en moi à la blogueuse (« Où es-tu, toi? », « Et qui maintient ce blog alors que tu ne parles plus? »), comme à une amie qui manquerait, une inconnue familière qu’on aurait aimé rencontrer…

Leçons de sagesse. Oui, rien n'est éternel, et encore moins dans cet espace virtuel. Et nous, pas plus. Car dans le miroir c'est notre propre finitude qu'on voit, et la sagesse n'est pas toujours au bord des yeux. Cependant il y a un autre questionnement, qui n'est pas personnel, pas pour une peine individuelle. La toile tissée est une oeuvre collective. Pourquoi perdre ces fragments? Pire quand ces fragments sont la seule mémoire de lieux, le seul témoignage de certains vécus collectifs, de certains exils. Le témoin meurt avec sa mémoire, et personne ne pourra tracer à sa place l’identique... Il manque quelque chose dans ce domaine.

Brisure, brisures. Justement, le traduire avec cette photographie, née de la trace d’une violence de rue. Vitre brisée, mais qui tenait encore. Cependant, en me déplaçant, le regard sur un éclat agressif s’est métamorphosé en vision de mandala, rayonnement partant d’un centre pour créer une étoile, métaphore d’un cosmos lumineux… accidenté par les consciences en recherche de sens. Même le hasard des signes nous enseigne. 

26/04/2016

Une sage lenteur...

mms_img1192164371.jpg« Une sage lenteur a raison de la hâte. » 

Theognis de Mégare, poète grec VIème siècle avant J.-C. (cité par La Croix, 26-04-16) en légende d’une photographie (Marathon de Londres du 24-04 : sur le sol l’inscription « slow »…).

J’aime que les journaux citent des bribes de poèmes, et j’aime que les exergues tissent des parcours de lecture en marge des livres, y compris quand cela devient une anthologie de fragments à l’intérieur de l’ouvrage, comme dans un recueil de Claude Roy. C’est pour cela que j’emporte toujours ce livre en voyage, ayant l’impression de transporter une Bible de poésie (une Bible, légère, où le seul dieu est l’écriture, la pensée reliée…). « Je suis plusieurs     qui se souviennent       et ne se connaissent pas      croient ne pas se connaître » (« Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer? », p. 110, coll. Poésie/Gallimard, Claude Roy, ses poèmes, ses lectures : mêlés)

Sage lenteur… peut-être. Un horizon, la lenteur. Un horizon, la sagesse… Mais pourquoi ai-je tout de suite associé cette pensée (qui pourrait être celle d’un méditant taoïste) à une photographie prise il y a deux ou trois jours, où la lumière crée une flèche vers l’hyperespace, à travers des nuages moutonneux? Pour l’instant. Ni lenteur ni vitesse, l’arrêt. Est-on lent quand on s’arrête? Simplement présent à soi.

© MC San Juan (Trames nomades) 

08/11/2015

Sagesse de la distanciation...

« C’est toi-même qui doit être la tâche »

Franz Kafka, « Méditations sur le péché, la souffrance, l’espoir et le vrai chemin », « Cahiers posthumes », cité par le rabbin Yann Boissière. 

Prises de position, ou de postures, disputes idéologiques, oppositions communautaires, déplacement des conflits sur le terrain des affrontements passionnels… Instrumentalisation par les uns (ou par les autres), mauvaise foi (ou ignorance), souvent, alibi (ou calcul) pour des glissements parfois nauséabonds et dangereux… Nous sommes enfouis, sous des masses d’informations, de mots, d’images… Et dans ce qui est aussi, donc, une guerre des images, réelles (ou trafiquées). Données à voir, ou métaphoriques.

Pensée et recul, pour rendre possible… « une distanciation percutante, personnelle, sur la réalité de nos existences. Conviction, enfin, que pour changer le monde, il faut commencer par se changer soi-même. » (Source : harissa.com)  

Franz Kafka, fiche wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Franz_Kafka

Yann Boissière, Akadem  http://www.akadem.org/conferencier/Boissiere-Yann-229.php