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07/07/2019

"La réalité telle qu'elle est"... "Paroles de méditation".

1 PAROLES.jpgLa sagesse consiste à parler de la réalité telle qu’elle est et agir selon notre nature véritable.                                                                     Héraclite 

                       (cité dans Paroles de méditation, Albin Michel, coll. Carnets de sagesse)

 
Dans son introduction Marc de Smedt dit que la découverte des textes de grands sages d’Orient a été le déclencheur de son envie de pratiquer les techniques de méditation dont leurs paroles étaient en quelque sorte issues.    « Mon univers philosophique s’élargit à l’infini », écrit-il. De la pratique (il mentionne le yoga et le zen - zazen, l’assise) il dit surtout ceci : immobilité, respiration, silence. Les citations qui suivent sont, dit-il, des paroles de grands méditants, « choisies pour éclairer notre route et notre assise méditatrice ».
 
J’en retiens certaines (dont celle posée en exergue).
...
Ne cherchez pas la voie chez les autres.
                              Maître Tozan
 
Le ciel et la terre ont les mêmes racines.
Le ciel et la terre et notre ego ont la même source.
Toutes les existences sont un seul esprit, un seul corps.
                                     Maître Dogen
 
Le vieil arbre mort au coeur de la montagne
précipite son corps au-dessus de l’abîme sans fond.
(…)
Dénudé par les tempêtes, il a traversé dix mille hivers.
Seule subsiste l’essence de l’arbre.
                                  Kodo Sawaki
 
Parce que l’esprit d’éveil est l’origine de toute activité réelle, il apparaît naturellement et automatiquement de lui-même. Il ne peut être défini ni par l’existence ni par la non-existence.
                                                                       Taisen Deshimaru
 
Ayant médité la formation des Trois Corps en soi, 
J’ai oublié de songer à l’espoir et à la crainte.
Ayant médité cette vie et l’au-delà,
J’ai oublié la crainte de la naissance et de la mort.
(…)
Ayant fait de mon corps mon propre monastère,
J’ai oublié le monastère de la ville.
Ayant adopté l’esprit sans la lettre,
J’ai oublié de disséquer les mots.
                                    Milarepa 
 
As-tu mis ton être au diapason de la grande souffrance de l’humanité, ô candidat à la lumière ? 
                                                     La Sagesse du Grand Sentier
 
À l’intérieur du cosmos, au sein de l’univers, se trouve un trésor. Il se cache à l’intérieur du corps.
                                                                Maître Ummon
 
Il n’y a pas de structure à changer, seulement se libérer de la complicité avec la structure.
                                                                 Yvan Amar
 
Ce que nous appelons « je », 
n’est qu’une porte battante
qui va et vient
quand nous inspirons 
et quand nous expirions.
              Suzuki Roski
 
A la fin du livre, une bibliographie donne les sources des textes. 
Et, comme toujours pour cette collection, l’iconographie est très belle.
 
LIENS... 
Sur Babelio une série de couvertures de la collection…
 
Sur le site d’Albin Michel, rubrique Spiritualités. (En recherche noter : Paroles de… Et tous les titres de la collection viennent)...

27/05/2019

Méditation... "il ne demeure ici que la colline".

UN Méditation.jpg"S'envolant haut, tous les oiseaux ont fui ;
 S'engageant seul, un nuage lambine.
 A nous fixer tous les deux sans ennui, 
 ll ne demeure ici que la colline."
                      Li Bai (701-762)

.
Louis Chevaillier, dont c'est la rubrique, a choisi, pour ce numéro sur la méditation, ce poème qui fait partie d'une anthologie de textes traduits du chinois. Sa brève présentation dit l'essentiel. Ce qui disparaît, laissant seulement la colline, c'est l'ego du poète. 
Pour une pensée "entre taoïsme et bouddhisme", cette "disparition", cet écart, est un des buts de la méditation tchan (ancêtre du zen), une des formes évoquées dans ce numéro, qui fait un parcours assez complet de ce qu'on peut mettre derrière le mot de "méditation". De la pratique intensive des méditants (ancrée dans une spiritualité, une culture) à la recherche plus superficielle d'un bien-être physique et
psychologique. (Recherche d'ailleurs parfois vaine, même si beaucoup sont satisfaits par ce qu'ils y trouvent, car la méditation peut provoquer des remontées de mémoires douloureuses, de traumatismes, et des remises en question qui seront très loin d'un quelconque confort. Le but n'est pas de laisser dans l'illusion...).
C'est un extrait de "Siddartha", d'Hermann Hesse, qui sert d'éditorial. La bd verticale fait un historique (vulgarisation). Le grand entretien est celui de Christophe André, qui conclut en se référant à la conception d' André Comte-Sponville, celle d'une spiritualité laïque, hors dogmes religieux. Car, dit Christophe André, la méditation "peut aider notre esprit à se confronter aux absolus - la vie, la mort, l'infini." Et nous sommes "des êtres spirituels confrontés aux mystères de l'existence." Pas pour s'extraire du monde, non. Il parle plutôt de "communion avec le monde". D'autres articles présentent des points de vue divers, comme le regret de l'oubli des sources (bouddhisme notamment) dans des pratiques à la mode (et parfois un "commerce" de la méditation). Les études scientifiques sont longuement évoquées. 
Deux textes. notamment, sont à lire avec attention. Précieux...
... Celui d'Hervé Clerc, auteur de livres sur le bouddhisme. Il explique sa pratique, simple (une attention à la respiration), parle du "témoin" en nous dans la méditation, qui, dit-il, "vous conduit sur la margelle du monde, à l'écart de la beauté et de la douleur, à l'écart du moi." Il insiste sur la régularité, le silence ("Surtout du silence, pas de musique"), et conclut par cette formule, qu'il emprunte (en partie...) à Marguerite Yourcenar : " Méditer, en réalité, c'est vivre 'les yeux ouverts' ".
... L'autre texte que je retiens aussi particulièrement est le témoignage de Yuval Noah Harari, auteur connu de "Sapiens, une brève histoire de l'humanité", et dont le dernier livre est "21 leçons pour le XXIè siècle". Il a découvert très jeune, à vingt-quatre ans,la méditation Vipassana (l'attention au souffle qui passe par les narines, puis aux sensations du corps et aux idées et émotions qui traversent l'esprit et sont ressenties dans le corps - juste percevoir et lâcher). "Observer simplement la réalité de l'instant présent." Et lui aussi dit ceci de la méditation, rejoignant d'autres contributeurs.: "Loin de fuir la réalité, elle me met en contact avec elle".

LIEN. Le Un, numéro 248, sur la méditation ("Soyez zen")… 

https://le1hebdo.fr/anciens-numeros/540-numero-248.html 

25/07/2016

Contempler la terreur en soi... ou être (tenter d'être?) et agir.

mms_img1004210911.jpgTerrorisme, terreur, nuit qui obscurcit aussi le regard qu’on porte sur le réel. Il y a des faits et il y a la course aux informations, ou plutôt aux hypothèses qui précèdent les informations. Hâte de beaucoup à interpréter avant même de pouvoir nommer (réseaux sociaux, chaînes en continu). Théâtre vain des certitudes et des projections. Fascination pour la peur, la sienne et celle des autres. Au point qu’on sent parfois dans des mots et des phrases une malsaine jubilation à voir conforter par un fait dramatique une opinion qui le précédait. Il n’y a plus alors de place en l’être pour l’empathie authentique. A cela opposer la lenteur. Légitimes sont les émotions et la tristesse devant l’horreur et la souffrance, mais pas que s’y glisse une sorte de complaisance à se regarder être bouleversé, ni une satisfaction de l’ego à se reconnaître dans des miroirs conformes aux croyances communes, y compris quand elles s’affirment dans d’apparents schémas « d’incroyance ». Comment penser, quand on a lu les analyses contradictoires des uns et des autres, observé les postures, vu les polémiques, risqué la contagion des passions, pris distance en refusant l’obsession guerrière? Par la lenteur et le retour aux questionnements essentiels. Avec l’aide de quelques textes qui sont passés par le filtre de la méditation ou du recul silencieux… Comment agir? En pensant lentement, en dénonçant intégrisme(s) et fascisme(s), et idéologies de haine, d'où qu'elles viennent. Porter une autre parole...

….

CITATIONS…  

 « Non pas faire comme si de rien n’était, mais comme si rien ne pouvait nous empêcher d’être ». Christophe Claro, écrivain, tweet posé après le 14-07-16. (signé Claro).

« La vraie vie est multiple, complexe, impure : tous les bons romans sont là pour nous le dire. » Tarun Tejpal, cité par Florence Noiville, Le Monde, 02-11-12

« C’est notre propre humanité qui est comme attaquée et niée… Notre première réaction est sans doute de vouloir réagir immédiatement, mais en un sens très profond, dans une telle situation, il est bon de commencer par ne rien dire et garder le silence. Même si cela n’est plus très audible aujourd’hui, le silence, en son sens fort, n’est pas la négation ou la privation de parole, mais une manière très profonde et très digne de dire et de se tenir. Une manière profondément éthique d’être. » Fabrice Midal (enseignant de méditation, auteur, éditeur, co-rédacteur de la revue Ultreïa pour des chroniques diverses, sur la poésie notamment), post, page Facebook,  fragment d’un message posé après le 13 novembre 15 (page Facebook publique), et reposé après Nice. Site : http://www.fabricemidal.com/a-propos-de-fabrice-midal/liv... 

13 NOVEMBRE, 14 JUILLET… « Les temps actuels, par leur intensité, nous obligent à réaliser de profondes prises de conscience. La principale doit nous conduire à mesurer notre responsabilité dans le déroulement et le contenu du spectacle du monde. » (…) « Les temps ne sont plus à commenter avec effroi, stupeur, colère, indignation, résignation ou sentiment d'impuissance ce qui se joue devant nous, comme si cela était séparé ou indépendant de nous, comme complètement coupé de nos scénarios intérieurs. Car, que nous l'assumions ou non, ce qui se joue devant nos yeux est le fruit de nos entrailles. » (…) « Tout ce contre quoi nous luttons se renforce. Mettre toute notre énergie dans la riposte revient à focaliser nos efforts vers la haine et la peur. » (…) Nous sommes responsables de la façon dont nous regardons le monde. » (…) « Combien de temps allons-nous perdurer dans ces archaïsmes qui ont mené l'Humanité dans sa posture actuelle ? En vérité, la décision nous revient. Elle est intérieure. Elle est notre responsabilité collective et individuelle d'êtres humains dotés de conscience. » Gregory Mutumbo (ancien militaire que la guerre a transformé)… http://www.lasymphoniedesames.com/13_novembre.html 

« Ah, nous avons tout cela en nous : Dieu, le ciel, l’enfer, la terre, la vie, la mort et les siècles, tant de siècles. Les circonstances extérieures forment un décor et une action changeants. Mais nous portons tout en nous et les circonstances ne jouent jamais un rôle déterminant. Etty Hillesum, « Une vie bouleversée », Journal, 3 juillet 42.

Terrorisme, terreur, réactions. Par Yuval Harari, historien, université de Jérusalem. Auteur de « Sapiens. Une brève histoire de l’humanité », Albin Michel. Une réflexion qui fait des détours et sort des chemins balisés par la fascination de la peur… A rebours des commentaires et analyses  les plus courants… http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20160331.OBS7480/la-s...

( Photo. © MCSJ. Affiche déchirée, symbole des fractures…)

28/03/2015

Lire Jiddu Krishnamurti. Le Livre de la Méditation et de la Vie... Ecouter...

KRISHNAMURTI LE LIVRE DE LA MEDITATION ET DE LA VIE.jpg

Lire, relire, mais par fragments... Car c’est dense, et qu’on se retrouve devant un espace de questions, de paradoxes, d’apparentes contradictions. De retour à faire sur soi, mais un soi en construction et déconstruction permanente, qui est censé chercher sa liberté intérieure, une bascule de conscience. 

Je reprends donc juste quelques pages, pour commencer cette relecture. L’écoute. Quand le bruit des discours nous recherche, dans la politique et les débats...

Ecouter... pages 21 à 26. Jiddu Krishnamurti parle à un public qui l’écoute... Et il parle de l’écoute, interrogeant cet acte même. Mais qu’est-ce qu’écouter ? Est-ce simplement être là, intéressé ou captivé, s’oubliant soi pour recevoir la parole de l’autre ? Ou au contraire est-ce d’abord faire place à une sorte de silence, à l’écoute de soi (et par quel silence ?). Est-ce faire un effort d’attention soutenu, difficile, pour tenter de comprendre ce qui nous est dit. Ou est-ce lâcher cet effort qui est une barrière de plus à l’écoute réelle ? Doit-on se fixer sur les mots de l'autre, des autres? Mais quels sont les mots qu'on entend : ceux de celui qui parle, ou ceux qu'on invente, chargés de nos peurs, de nos idées, de nos fantasmes peut-être? Et justement, pendant cette période, en France, avec les questions posées et les évidences fausses qui se croisent, convictions et stratégies, croyances et mauvaise foi, que faire, nous, avec les mots des uns et des autres, quand même les mots sont matière à débat ou instrumentalisation. C'est là que le retour à la pensée de Jiddu Krishnamurti est bienfaisant. Cela donne envie de prendre du recul, de refuser les injonctions idéologiques diverses, d'en trouver la force intérieure. Marcher sur la ligne raide du fil dressé entre les abîmes. Solitude comme éthique. Mais que dit-il dans ces passages sur l'écoute, ce penseur unique, hors appartenances? Il parle des écrans à défaire pour écouter vraiment, ces projections diverses... "Nous est-il possible d'écarter tous ces écrans à travers lesquels nous écoutons - et d'écouter vraiment?" Il propose une sage méfiance. Attention au "bruit des mots". Pour se défaire des pièges de ce bruit-là... "écouter avec une passivité vigilante". Paradoxe bien représentatif des exigences du penseur méditant. Trouver en soi autant la vigilance extrême, lucidité et pensée intense, et en même temps se mettre en état de passivité. Fil du rasoir...   

L’ouvrage, Livre de Poche : http://www.livredepoche.com/le-livre-de-la-meditation-et-de-la-vie-jiddu-krishnamurti-9782253147527

« Sa conviction était qu'un tel changement devait passer par une transformation de ce qu'il appelait le ‘vieux cerveau conditionné de l'homme’ (‘mutation de la psyché’) afin d'accéder à une liberté que ni les religions, ni l’athéisme, ni les idéologies politiques ne seraient capables de produire, puisque, selon lui, elles ne font que perpétuer les conditionnements. ». C'est ce qui est dit de lui dans la fiche wikipedia, quia raison de mettre l'accent sur cette liberté qui refuse l'enfermement dans des systèmes de croyance. Spiritualité sans religion, transcendance sans le Dieu des croyances traditionnelles, mystique d'un maître qui ne se veut surtout pas maître : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jiddu_Krishnamurti

Site dédié (Association culturelle Krishnamurti). En exergue, une citation « La vérité est un pays sans chemin » : http://www.krishnamurti-france.org/  

J. Krishnamurti online : http://www.jkrishnamurti.org/fr/

Le journal des chercheurs, René Barbier. Textes sur Krishnamurti : http://barbier-rd.nom.fr/journal/spip.php?page=recherche&recherche=Krishnamurti

Page sur meditationfrance : http://www.meditationfrance.com/enseigne/krishnamurti.htm

Sur psychologies.com, « Le philosophe insoumis » : http://www.psychologies.com/Culture/Maitres-de-vie/Krishnamurti

Blog dédié : http://lapenseedekrishnamurti.midiblogs.com/ 

René Barbier sur Krishnamurti : http://www.barbier-rd.nom.fr/journal/spip.php?article1112

14/12/2011

LUMIERE… et lumières. Regard, photographie, fête, méditation, et poème…

« Ce n’est pas la lumière qui manque à notre regard, c’est notre regard qui manque de lumière. »

Gustave Thibon  http://fr.wikipedia.org/wiki/Gustave_Thibon   (Page Autrement dit, Rubrique Spiritualité, La Croix, le 08-12-2011. Citation en légende d’une photographie de Maurice Subervie, prise le 8 décembre à Lyon, pour la fête des lumières.)

La fête des lumières sur le site du photographe Maurice Subervie (autres pages, villes, dont Paris, et pays, ainsi la Birmanie, le Maroc) : http://www.maurice-subervie.com/affiche_image.php?nom=lyonfetedeslumieres&id=5&reflex=0

Lumière, celle des ombres pluvieuses, des reflets de l’eau, miroirs et couleurs : photographies de Christophe Jacrot, avec la palette d’un peintre.  Album, liens vers ses créations, liens cachés derrière l’icône au parapluie, son logo.

C. Jacrot cite Willy Ronis (sur son site personnel), pour dire ses propres choix : « A mes yeux il y a deux grandes façons de photographier le monde, saisir son horreur (il y a de quoi faire) ou le sublimer. J’ai choisi la seconde. » Et « Je ne mets pas en scène, je négocie l’aléatoire ». Page (pluie, lumière) sur le blog de J-S Stehli... http://blog.madame.lefigaro.fr/stehli/2011/11/christophe-... 

Paris in the rain, site officiel C. Jacrot : http://christophejacrot.com/portfolio/paris-in-the-rain/

...... 

Lumière dans un regard, aussi. Celui de Rinko Kawauchi, artiste japonaise.  A voir dans l’album « Art » (des livres…). « Illuminance », photographies, « Lumière en apesanteur », d’après David Chandler, dans sa postface à l’ouvrage édité par Xavier Barral. Lumière, de celle qui éblouit en douceur.

Rinko Kawauchi, « Illuminance », livre : http://le29.fr/?p=47 

Page sur le blog de J-S Stehli :http://blog.madame.lefigaro.fr/stehli/2011/12/rinko-kawau... 

...... 

La nuit et la lumière sont souvent associées…

« Méditer dans le noir et les yeux clos, contempler les mains ouvertes dans la lumière… »

 Gilles Bernheim, Quarante méditations juives, éd. Stock, 2011.

 « Les étoiles m’attaquent / traversent mes vêtements / comme une légion de fourmis / chargées de lumière »Etoiles II.

Anise Koltz

Je renaîtrai, éd. Arfuyen, 2011