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01/05/2019

"Le Maître de lumière", un voyage dans le silence "qui n’a pas de fin" et "redevient Parole primordiale"

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Sur son site, Illuminator (Enlumineur), en légende d’une enluminure de l’exposition Eleven Beatus (Rockefeller Center, New York), dédiée aux victimes du 11 septembre 2001, il est noté ceci : "La structure géométrique ouvre un espace sacré".

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Au début, c’est la danse, le corps, son monde pendant près de vingt ans, "mon unique horizon". Cet univers, dont il dit l’avoir "cru vaste". Car quand il commence à transcrire son extraordinaire itinéraire, il sait que, malgré la beauté créée, malgré la transfiguration du geste, le danseur-chorégraphe qu’il fut (passionné, réputé) n’a pas vraiment idée, alors, de ce que "vaste" veut dire. Parce qu’il n’est pas dans sa voie.
 
Pourtant c’était une vie où tout était art. Et cela le menait inexorablement vers ce qu’il vivra ensuite. Par ce travail sur le corps : le sien (danseur), celui des autres (chorégraphe). Le corps, l’énergie du corps, préparait le processus d’alchimie intérieure de sa future métamorphose, celle qui transcende la biologie. D’ailleurs le maître futur lui fera plus tard adopter une discipline gestuelle, mais autre, et secrète, propre à sa lignée d’enlumineurs traditionnels. 
C’est autre, mais finalement familier.
 
Une phrase révèle que, longtemps avant cette rencontre, en lui se préparait une conscience de ce vaste qui n’était pas encore là. Il écrit : "Pour moi, un corps qui danse et qui sue était une torche de feu". Magnifique traduction d’un mystère, et prescience troublante. Torche de feu, il le sera, en quelque sorte, plus tard, autrement. D’abord brûlé et affamé, par des travaux matériels exténuants, pour un apprentissage commencé qui est aussi une mise à l’épreuve, physique et psychologique. 
 
Dans cet ouvrage Jean-Luc Leguay n’occulte pas toute une période de vie intense, dans le bruit des rencontres, des amours, des aventures sexuelles, des voyages, des fêtes.
Mais c’est dans un instant de silence foudroyant que tout  commence vraiment pour lui.
Il est un jour à Turin, pour des représentations. C’est une période où il sent le besoin de renouveler ses chorégraphies, et il est attiré par les danses sacrées. Cherchant des documents, il va dans la Bibliothèque royale, consulte des manuscrits précieux. Le lieu est presque désert, il est concentré, intensément présent. Devant une lumineuse page de parchemin, une enluminure, se produit un phénomène extraordinaire, un "séisme". Il est littéralement foudroyé. Ce qui émane de ce parchemin, tant par le léger contact du toucher que par la vue, le bouleverse. C’est un éblouissement radical, une révélation. Pas de mots, une "onde". Seul, dans le silence du lieu, il est brûlé intérieurement par quelque chose "qui n’était pas de l’ordre du profane". Il dira de ce moment qu’il fut "ouvert par le Haut".
 
Évidence. L’enluminure sera sa voie, est sa voie. Mais il lui faudra trouver un maître artisan. Une transcendance l’a habité, l’a guidé jusque-là, l’a traversé, et lui a indirectement parlé (sans rien dire…). Foudre. Il a été illuminé par l’oeuvre d’un ancien enlumineur. Et ce n’est pas traduisible, c’est de l’ordre de l’indicible.
 
Mais si des hasards et des synchronicités ouvrent le chemin, l’épreuve est ensuite le silence des signes. C’est une longue errance avant de trouver le maître. Personne ne connaît d’enlumineurs, beaucoup pensent qu’il n’y en a plus. Mais un ermite orthodoxe italien finira par lui parler d’un moine enlumineur, ermite lui aussi, vivant seul dans une maison isolée, en pleine campagne du sud, mais peu loin d’un monastère. 
La première rencontre est extraordinaire. Après un parcours de centaines de kilomètres en voiture, il marche vers la vieille demeure indiquée, écoute  les vibrations du lieu. Ce moment est aussi important que celui de la révélation de Turin. Le vieux moine est assis, et le regarde de loin, comme attendant ce qu’il sait venir vers lui. Lui marche, "et tout est silencieux". "Comme si une main supérieure, surnaturelle, avait coupé le son". Trois mots résument cette bascule de destin : lumière, silence, lenteur. Tout passe par le regard du moine, qui semble savoir tout de lui et de sa venue. Une heure de présence, peu de mots, presque rien. "Je ne dis rien". Et... "Il ne parle pas non plus". C’est le premier jour d’un lent commencement. Le moine ne semble pas soucieux d’accélérer quoi que ce soit, comme s’il savait, malgré son âge très avancé, disposer encore des années nécessaires pour cette transmission qu’il doit à son art sacré. 
Ce qui commence est l’histoire de l’apprentissage du métier d’enlumineur, pendant dix ans. Dans un silence qui fera partie de l’initiation. Apprendre en se taisant, en regardant, en observant. Accepter que le maître, qui deviendra pour lui le Maître, ne dise rien, n’explique rien, impose son silence comme une discipline. (Même s’il y a quelques rares paroles). 
Double vie, entre danse continuée, et fuites de plus en plus longues vers ce lieu de lumière. Avec des déchirements dans la vie privée (femme, fils), que provoque son propre silence sur ce qu’il vit de si particulier.
Frustrations.
Même la faim du corps est une souffrance, dans une demeure de totale frugalité.  Mais cela fait partie de l’enseignement. Son Maître (il emploie toujours la majuscule pour le désigner) sait où il le mène et comment. Il finira par savoir comment se nourrir autrement, capter l’énergie forte d’aliments rares. Et cela aussi est en relation avec une sorte de silence. Savoir calmer le bruit intérieur des pulsions de faim, pour une attention silencieuse, calme, à la réalité vibratoire de ce qui peut nourrir le corps affamé (et qui le sera de moins en moins). Jusqu’à, dans la dernière année de son initiation, être capable de jeûner quarante jours, et d’y trouver une force autre. 
 
Le maître veut le mener au "geste sacré". Et pour cela l’initiation finale passera aussi par des gestes rituels, secrets, destinés aux seuls initiés.
Comme le maître parle très peu, ses phrases sont comme des clés ouvrant des seuils, des sortes de mantras, de koans du zen. Ce moine chrétien est capable de citer aussi le Coran, tout autant que la Bible. Mais "pas de questions-réponses". Rien de didactique. 
 
Le sommeil, aussi, intéresse le vieux moine. Car on peut être happé par "les ténèbres de la nuit", c’est-à-dire par l’agitation des rêves, des cauchemars, le bruit de l'inconscient et des miasmes du mental. L’enseignement sera de savoir remplacer l’ordinaire sommeil par une présence ouverte à la lumière. "Dors comme un éveillé". Et plutôt que par des discours le changement passe par des rituels. Le maître pose des "sceaux" sur le corps de son disciple. Marques symboliques ou gestes tracés, on n’en saura pas plus, puisque le silence est aussi celui du secret. La pratique symbolique des sceaux se réfère aux bâtisseurs de cathédrales qui marquaient les pierres en y cachant des signes.     
Silence de leur partage. Silence pour nous qui ne sommes pas disciples enlumineurs. Et silence, ensuite, pour lui, l’initié qui ne doit rien révéler de certains savoirs transmis, dont le secret est sans doute aussi la puissance. "Tu es un artisan de lumière qui travaille dans l’ombre. Ce secret est ta force", dit le vieux moine en l’initiant.
Apprendre en se taisant, être privé de mots, mais initié par qui ne dit rien ou peu, et se taire.
Le processus et les rites doivent mener l’initié "de notre nature limitée à notre nature illimitée".
Les mots clés du parcours seraient : sens, signes, rites, symboles, lumière.
Le danseur est passé d’une ascèse à une autre. Il est la matière même de sa création. Et longtemps il ne crée rien d’autre que son dévoilement intérieur. Pas la moindre enluminure. Il fait des travaux préparatoires et se transforme lui-même. 
Ce n’est pas un enseignement oral, donc, mais un dur rapport charnel avec les éléments (terre, eau, feu…).
Matière, silence, immobilité. "L’immobilité qui sous-tend la danse".
 
Le premier dessin, fait au bout de trois ans, lui vaut d’entendre que c’est "un mort dessiné par un mort". Bien plus tard, vers la fin, créer le chef d’œuvre  de sa maîtrise achevée se fera dans un dialogue intérieur intuitif avec la géométrie sacrée, sans calculs. Avec les couleurs, magnifiées, et avec la lumière de l’or, dont il trouve seul comment illuminer sa splendeur. Sans les mots du maître. Toujours ce silence qui initie. 
 
La géométrie de l’enluminure est le miroir d’une structure intérieure à épurer, pour trouver le point qui révèle la forme. 
La place du secret (le silence des signes) est telle que dans l’œuvre même s’inscrit l’invisible point qui porte le visible, et que nul ne doit savoir. C’est la "main de lumière" de l’enlumineur authentique qui guide cette trace. Car pour avoir traversé cette lente épuration l’initié s’est défait de son "labyrinthe intérieur", afin de ne pas être un "enténébreur" qui nous entraînerait vers ses propres ombres, au lieu d’être l’artiste qui donne à l’âme d’autrui un miroir de lumière. 
 
Au bout du chemin, Jean-Luc Leguay devient Heraclius A, nom d’initié transmis par son Maître, avec lequel il devra signer ses enluminures. Il s’inscrit ainsi dans une lignée. Passé de la danse à la Danse intérieure. Car, dit-il, "le moindre geste du début contenait déjà tout". Le très vieux moine meurt peu de temps après l’initiation finale. C’était comme s’il l’avait attendu, dans sa solitude de créateur méditant, ne signant rien, et qu’il s’était donné encore dix ans de vie pour tout transmettre au disciple qui lui était destiné.
Cette mort est un fracas pour celui qui est maintenant Heraclius A. Et une initiation supplémentaire. 
Il sait alors qu’il devra transmettre, et comprend qu’il faudra publier. Puisqu’il connaît le moyen de "sacraliser le temps et l’espace", de "ne pas agir", et de "baigner le travail de transcendance". 
A la fin du livre, dans les deux dernières phrases, est résumé l’aboutissement du processus d’initiation, son sens profond.
L’artisan, l’artiste (le poète, s’il sait) est une part de la Cathédrale planétaire, cosmique (il met alors une majuscule). Réalité de l’hologramme. Il écrit : "Je suis une pierre marquée à la main, une pierre parmi les autres, signée et cachée dans les murs de la grande Cathédrale. D’autres viendront après moi achever la construction".
Voilà la leçon de ce long voyage dans le silence.
J'avais lu ce livre magnifique il y a longtemps. Le relisant je l'ai compris plus profondément. 
Nous, lecteurs de ce récit, on en sort comme d’un voyage semblable presque partagé. 
On a envie de prolonger l’effet en relisant des pages, en ouvrant les autres ouvrages, en regardant les enluminures. 
Et sur le site, "Illuminator", nous lisons cette phrase de lui, à propos de l’édition du  Mutus liber : "Le "livre muet de l’initiation" ouvre des voies de lecture où le silence, grâce à l’enluminure, redevient Parole primordiale."
 
LIENS...
Publication de 2004, éd. Albin Michel… https://www.albin-michel.fr/ouvrages/le-maitre-de-lumiere... 
Réédition, Dervy poche, 2009, et autres livres de lui… http://www.dervy-medicis.fr/jean-luc-leguay-auteur-2279.h... 
Note d'un BLOG, sur une conférence de 2018… http://www.jlturbet.net/2018/05/glnf-le-trace-de-l-enlumi... 
SITE, Illuminator (biographie, vidéos, diaporamas, bibliothèque d’enluminures, dont La Divine Comédie de Dante, expositions, dont Eleven Beatus, New York (dédiée aux victimes du 11 septembre)… 
 
Note brève, même livre, posée le 20 avril, en relation avec l'incendie de Notre-Dame...   http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2019/04/20/le-maitre-de-lumiere-livre-de-jean-luc-leguay-danseur-chore-6145329.html
 
MC San Juan

20/04/2019

"Le Maître de lumière", livre de Jean-Luc Leguay, danseur chorégraphe devenu enlumineur initié…

LEGUAY LUMIERE.jpgCe qui peut nous faire comprendre la force de notre émotion devant Notre-Dame en feu, je le trouve dans un livre de Jean-Luc Leguay, "Le Maître de lumière". (Histoire de son initiation à l’art de l’enluminure,un long itinéraire...).
 
Patrimoine, oui, cette cathédrale. Mais livre d’une mémoire sacrée, où ce qui est dans les pierres, visible et non visible, est la trace des signes et des savoirs que des artisans initiés ont inscrits. Nous ne le savons pas, ne le comprenons pas intellectuellement, mais nous le sentons intuitivement.
 
Parlant de l’art de l’enluminure, appris avec un maître (moine italien de haute spiritualité, le "Maître") il explique comment des éléments invisibles sont travaillés avec autant de soin que ce qui est visible. Car ils jouent un rôle dans la structure de l’oeuvre, son sens et son message. Ainsi, peignant un personnage il pose l’essentiel au-dessous de ce qui sera visible. Jean-Luc Leguay cite Paul Klee, pour montrer que la conscience artistique, si elle est authentique, tient compte de cela… Je recopie ici un grand passage (page 150 de l’édition Albin Michel, 2004, où cette citation figure) :
 
"L’initié dissimule un point de couleur précieuse en dessous — or, lapis-lazuli, émeraude —  (…) comme un trésor enfoui, inscrivant la terre et le ciel dans la couleur de la peau. Cette vibration de la matière influence celui qui regarde. Tout n’est pas fait pour être vu. De même, les bâtisseurs de cathédrales cachaient des sculptures extraordinaires sur les hauteurs, invisibles depuis le parvis. Personne ne les voyait jamais mais elles participaient de la vibration générale de l’édifice. Dans cet esprit les faces arrière des statues ornant les portails étaient sculptées consciencieusement. L’invisible était travaillé avec le même zèle que l’apparent. De même les enluminures sont truffées de petits trésors cachés. 
'L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible' disait Paul Klee. Il donne à voir autre chose que le réel."
 
L’initiation à son "métier" aura duré dix ans, pour que sa main devienne "main de lumière" (et que l’humilité et la patience de la vraie création le traverse totalement). Celui qui ne crée pas dans cet état d’esprit ne fait que donner à voir son "labyrinthe" intérieur, 'enténébreur', est-il enseigné (contaminant les autres, qui regardent ou lisent). Celui qui griffonne des oeuvres de l’ego, pressé d’être reconnu par les autres, avant de s’être connu lui-même au sens de ce que nous dit cet initié… Grande leçon d'humilité, que ce témoignage de qui se veut artisan de lumière. 
 
Voir la RECENSION complète de ce superbe livre. NOTE posée, après celle-ci, le 01-05-2019 (et petit portail de  liens : pages des éditions, site de l'enlumineur, note d'un blog sur une conférence...) ... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2019/05/01/le-maitre-de-lumiere-un-voyage-dans-le-silence-qui-n-a-pas-6147871.html
 
MC San Juan

17/12/2017

Etty Hillesum. Retour sur une oeuvre magnifique...

ETTY HILLESUM 1  VIE.jpgRetour sur une oeuvre magnifique (à lire et relire infiniment), d’une femme fascinante, à la voix, l’écriture, lumineuse (sa voix non séparable de sa voie, sublime, vécue et écrite...). 

Née en 1914, Esther (Etty) Hillesum meurt à Auschwitz le 30 novembre 1943.

Je viens de découvrir par hasard une note de blog (de juin 2015, lien ci-dessous, avec d’autres) qui m’a fait ressortir encore le livre d’Etty Hillesum, son Journal 1941-43 (journal, et rares lettres du camp de transit, puis le silence), publié au Seuil en 1985, sous le titre « Une vie bouleversée » (disponible maintenant dans la collection Points Seuil. L’édition a publié depuis l’intégralité des lettres, « Les écrits d’Etty Hillesum »).  

Elle savait ce qui l’attendait, l’horreur du camp et la mort. Mais elle voulait le vivre en étant dans ce qu’elle appelait la grâce, cette part d’elle indestructible, cet état devenu son éthique dans son rapport avec elle-même. Son itinéraire était celui d’une recherche de progression intérieure. Elle s’était nourrie de grands textes, et même quand le découragement l’atteignait elle refusait de s’y laisser emprisonner.  Ce Journal est un témoignage spirituel. Dans un contexte terrible qui pourrait détruire toute foi, en n’importe qui, mais pas en elle, qui continue à s’affirmer dans une volonté d’âme. Ce n’est pas un être désincarné, une mystique qui renierait son corps et la capacité de désirer. Loin de là. De nombreux passages du journal témoignent de soin ancrage dans un réel qui sait les élans passionnels et les doutes.

ETTY H JOURNAL 2.jpgC’est bouleversant, impressionnant. 

A chaque fois qu’on met un visage sur un être parmi les millions que le nazisme meurtrier a anéantis on prend de nouveau la mesure de l’horreur. 

Mais ce Journal veut nous donner aussi mesure de la lumière qu’elle tend vers nous. Être-âme, comment le dire autrement ?

Il faut lire ce livre si ce n’est fait. Et le relire. Ouvrir les pages au hasard de temps en temps aussi, comme on le fait des textes des sages et des mystiques. 

ETTY HILLESUM  2 .gifPuis découvrir ensuite l’intégralité des lettres publiées au Seuil… 

Je choisis quelques CITATIONS dans les pages du Journal…

Page 78. «  Un écho flotte encore en moi de la sensation radieuse de dilatation que j’ai connue cette nuit. Paix et espace pour toutes choses. »

p. 138. « La vie et la mort, la souffrance et la joie, les ampoules des pieds meurtris, le jasmin derrière la maison, les persécutions, les atrocités sans nombre, tout, tout est en moi et forme un ensemble puissant, je l’accepte comme une totalité indivisible et je commence à comprendre de mieux en mieux  - pour mon propre usage, sans pouvoir encore l’expliquer à d’autres - la logique de cette totalité. » 

p.180. Lectrice de Rilke, au travail elle s’échappe ainsi : « Et moi, dans un coin, je lis Rilke. »

p. 181. «  En moi un immense silence, qui ne cesse de croître. Tout autour, un flux de paroles qui vous épuisent parce qu’elles n’expriment rien. » 

p.226. « Je vais reprendre ma lecture de saint Augustin. Quelle sévérité, mais quel feu ! »

p. 228. « Une âme est un composé de feu et de cristal de roche. » 

p. 229. « On voudrait être un baume versé sur tant de plaies. »

p.237. Lettre du camp de transit de Westerbork. « Un moment vient où l’on ne peut plus agir, il faut se contenter d’être et d’accepter; Et cette acceptation je la cultive depuis bien longtemps, mais elle n’est valable que pour moi-même, jamais pour les autres. C’est pourquoi ma situation est si désespérante en ce moment.»

p. 238. « Je me sens de force à affronter mon destin, mais pas celui de mes parents. Ceci est la dernière lettre que je puisse écrire librement. Cet après-midi on nous retirera nos cartes d’identité.»

p. 240.«  Ah ! tu sais, quand on n‘a pas en soi une force énorme qui nous permet de considérer le monde extérieur comme une série d’incidents pittoresques incapables de rivaliser avec la grande splendeur (je ne trouve pas d’autre mot) qui est notre inaliénable trésor intérieur - alors on a tout lieu de sombrer dans le désespoir ». » 

LIENS… 

Note de blog, de Marc Alpozzo. « Etty Hillesum, derrière les barbelés la grâce »… Sa note est une chronique sur un ouvrage qui tente de rendre compte des jours qui suivirent la fin du journal et des lettres. « A propos d’Olympia Alberti, ‘Etty Hillesum, l'amour dans l’âme’. » http://bit.ly/2AGVSMC

Note brève (citations), « Journal d’une âme… Etty Hillesum »… Blog Zoher Tahora… http://zoher.tahora.over-blog.com/2014/10/le-journal-d-un... 

Chronique de Sophie Galabru, La Cause littéraire, 02-03-17… http://bit.ly/2kCO73h 

Itinéraire sur les traces d’Etty Hillesum, plusieurs notes de blog (Le moine ruminant…) sur un voyage… Citation (note du 3 juillet 2014) : "Dans une recension du journal et des lettres d'Etty Hillesum, Elizabeth O’Connor (professeure et écrivaine américaine, décédée en 1998) affirme que l’œuvre d’Etty Hillesum est « le document spirituel le plus signifiant de notre époque ». L’Écrivain néerlandais Abe Herzberg, qui a contribué à la publication de l’œuvre d’Etty, affirme quant à lui : « Je n’hésite pas à dire qu’à mon sens, nous nous trouvons ici en présence d’un des sommets de la littérature néerlandaise. » Paul Lebeau parle du Journal d’Etty comme l’un des « événements spirituels et littéraires les plus marquants du milieu du XXè siècle."… http://bit.ly/2CKFNGT

Les huit noteshttps://moineruminant.com/tag/etty-hillesum/ 

LIVRE. « Une vie bouleversée », Journal, coll. Points Seuilhttp://bit.ly/2AZXDIQ  

LIVRE. « Les Écrits d’Etty Hillesum » (intégralité des lettres), éd. du Seuil, 2008. Page de Decitre… http://bit.ly/2zimV2q 

DOSSIER, éd. Arfuyen… http://www.arfuyen.fr/hillesum.html 

SITE dédié, « Les Amis d’Etty Hillesum ». Textes et informations, bibliographie (oeuvres sur elle), documents sonores, liens… http://www.amisdettyhillesum.fr/index.htm 

Page de France Loisirs. Diffusion d’un livre d’Yves Bériault « Etty Hillesum, témoin de dieu dans l’abîme du mal ». (Extrait de la présentation : « Puisant à la fois au judaïsme et au christianisme, elle découvre Dieu au plus intime d'elle-même, sans toutefois jamais adhérer à une confession religieuse. L'auteur trace pour nous un portrait saisissant de cette femme au parcours hors du commun. »)… http://bit.ly/2B1EJBl 

Fiche wikipedia… https://fr.wikipedia.org/wiki/Etty_Hillesum 

Documentaires, en ligne… 

« De mémoire d’homme », de Valentine Cohen… Les textes d’Etty Hillesum…  https://www.dailymotion.com/video/x26w1e6 

Film pour la mémoire historique de l’Europe, et la lecture du livre d’Etty Hillesum… « Etty Hillesum », d’André Bossuroy… Textes donnés à lire et dits, en français. Chant en anglais. Dialogues. Informations. http://www.dailymotion.com/video/xorwkn 

06/04/2017

Bleu, dedans et dehors...

Fenêtre.jpg

 

Bleu.

 

 

 

 

La vitre

 

est

 

 

 

 

une frontière,

la couleur un pont,

la lumière le langage… 

Et l’ombre la douceur.

 

 

© MC San Juan (texte et photographie, dr)

22/03/2017

Mortel printemps… Si doux.

mms_img-1573165880.jpgMortel printemps… Si doux, annonciateur d’encore plus de douceur. Mais signe de l’éphémère. Tourne le temps, viennent les fleurs, le rose, une autre lumière. -1070359136.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

 

Mortel, au sens de fort, passion de vie, savoir de mort. mms_img-510984261.jpgInstants de parfums, de silence contemplatif, de rêve, pourquoi pas?

 

 

 

 

 

 

 

Paradoxe de ces joies qui sont contemporaines des douleurs voisines ou lointaines… La beauté est là, tranquille, mais tout peut exploser, si passe un fou d’une haine ou d’une autre. mms_img-257479403.jpgEt les fleurs sont aussi ailleurs, entre les pierres, malgré les persécutions, les exécutions, les bombes…
mms_img-667671209.jpg

 

 

 

 

 

 

Alors on choisira le grand écart permanent. On militera, on écrira, on méditera… 

 

 

 

Regardant les arbres et la lumière d'un jardin.

29/07/2015

"Retourner le champ invisible..."

 dedans dehors.pngfenêtre voile.pngfleurs mauves et voile.png

 « Continuer inlassablement de retourner le champ invisible »

Franck André Jamme, cité par les Souffleurs (commandos poétiques), sur leur site

« Susciter du visible fomente de l’invisible. La forme instaure ce qu’elle efface »

Joseph Beaude, « Habiter », livret premier, rééd. pré#carré, 2015

« écrire encore / un poème une phrase un chant / peu importe le nom / écrire encore »

Michaël Glück, « encore », opus IV, éd. pré#carré, 2014 

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« Retourner le champ invisible », en photographiant. Avec des éclats du monde, volés dans un instant à peine happé : regarder, cadrer, prendre. Et si le bord invisible du sens des choses mortes et vivantes n’y est pas, ou si le cadrage n’est pas celui du regard instinctif,  ne pas corriger, jeter... On ne traverse pas les transparences du réel avec de la technique retravaillée. Mais plutôt avec l’incessante maturation du regard. C’est plus de temps, de patience. Quelque chose jaillit du hasard, qui se préparait dans un long et lent silence.

Pourquoi le regard a-t-il tant d’importance, et tant en ce moment ? Un équilibre à trouver contre les cris des terreurs, et cette nécessaire présence au bruit du monde ? Art et douceur contre revue de presse et douleur ? Tentative pour saisir et comprendre l’arrière-plan de la violence du réel ? Et puiser de la beauté dans cet arrière-plan…

Mais aussi recherche du lieu, invention du lieu, pour savoir quelle ville on habite, où est la trace de la terre dans le béton, la couleur dans la rue, la lumière dans l’ombre. Recherche des voiles qui délivrent le caché. Et soi, autre lieu.

« Retourner le champ invisible », en écrivant.  Contre l’instant saisi, brutale émergence d’une mémoire des yeux, permanente lenteur de la gestation de soi. Ecrire ? Mettre ses yeux en mots, mais les yeux derrière les yeux. Barrer, effacer, couper, déchirer : revenir et revenir. Choisir le peu, l’essentiel. Malaxer corps et âme, tracer, comme sur du sable.

C’est ce que dit Kenneth White de cette ascèse de sens : « Travaillant et retravaillant / les mêmes textes / jour après jour / perdant tout sens / de « production » et de « publication » / toute idée d’une « réputation » à forger / engagé plutôt dans quelque chose / --- loin de toute littérature --- / que l’on pourrait pertinemment nommer / un yoga poétique » (« La Résidence de la solitude et de la lumière », William Blake and Co, 1978) 

Visible, invisible, dedans dehors. Mirages, ou vraie présence ? Le lieu projeté ailleurs avec ses lumières, ou l’ailleurs entré dans le lieu avec les signes du lointain, transparences de l’autre ? Tout est voile, et donc tout révèle l’œil central. Que ce soit la nuit, les reflets, ou des rideaux mouvants, légers, un voile fin, fait de rien, de rayon rose mauve, une toile tapissant d’ombres et d’arbres une trouée de ciel, des perles pour une échappée de rue sombre, ou un rideau métallique captant des spirales… tout est voile. 

© MC San Juan (TramesNomades) / Texte et photographiestrouée de ciel et reflets toile.pngVoile perles et noir.pngvoile métal.png

 

 

 

 

 

 

25/07/2015

Autoportraits d’ombres…

Lignes.pngarbre cercles.png

escalier.pngconversation.pngbain d'arbre.pngFascination pour l’ombre. Soi entre réel et perte, sur la surface des choses. A peine là, éphémère, visible et invisible. Trace sans langage, mais que les mots peuvent saisir, trace qui donne envie de mots tout autant que de silence. Présence qui s’efface sans effacer le sol. Autoportraits d’ombre, dialogue intérieur, voyage dans la conscience, autrement. L’ombre c’est dehors, c’est dans la lumière, la marche des rues. L’œil intense. C’est soi, mais n’importe qui. Ou peut-être pas…

Là, cinq photographies, au hasard parmi d’autres… Autoportrait aux lignes, la géométrie est une écriture du réel. Photographie à l’arbre diagonal dans sa grille aux deux cercles, instant photographique, c’est ce geste qui compte, comme si j’avais besoin de fixer cet acte du fugitif, apparemment si bref, et pourtant si longuement présent dans la maturation du regard, le fixer pour en savoir quelque chose. Capture d’autoportrait à l’escalier, ce fut d’un clic plus que rapide, en courant presque, pour ne pas perdre les angles de lumière. Conversation, quand même, hasard d’un moment, croiser les amitiés voisines mais vite retrouver le temps des yeux, un temps qui se veut solitaire. Bain d’arbre, tenir l’appareil d’une main, l’autre levée vers les branches, pour rendre hommage aux feuillages, respiration de paume. 

© MC San Juan (TramesNomades) / Texte et photographies

22/03/2015

D’ombre et de lumière... La poésie contre l’arrogance brumeuse...

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« J’écris pour que la vie soit respectée par tous /// je donne ma lumière à ceux que l’ombre étouffe »

Messaour Boulanouar

La Meilleure Force (et poème cité dans l’Anthologie de la poésie algérienne, « Quand la nuit se brise », dirigée par Abdelmadjid Kaouah, éds Autres temps, 2004 /Points, 2012)

 Que d’ombre... dans les paroles des uns et des autres, quand on aborde le sujet de l'Algérie (colonisation, décolonisation, communautés). Que d'ombre... chez ceux qui ont besoin de reprendre, pour on ne sait quelle satisfaction perverse, des litanies de rejet, dans leur seule poussière de mots sans lumière. Et cela se retrouve autant dans une certaine sorte de presse (celle qui choisit le masque nationaliste : qu'il soit fait de passion française ou de passion algérienne) que sur des sites et sur les réseaux sociaux (le fiel masqué... derrière des pseudos - ou sans pseudos, mais à l'abri de la distance, derrière son clavier). Sans doute ne lisent-ils pas assez la poésie, qui, peut-être, peut, par les mots, faire entrer un peu de conscience complexe...

Et dans ces charges d'ombre, si souvent (d'où que cela vienne) les Pieds-Noirs sont une cible pratique. Pratique, car cela permet d'éviter le regard lucide sur le réel. Celui qui ferait assumer consciemment par la France et ses composantes sociales, idéologiques et politiques - de gauche, aussi - les responsabilités du pouvoir de la métropole dans la guerre de colonisation, dans les injustices qui suivirent, et dans la guerre du refus de l'indépendance. (Guerre qui ne fut pas le fait des immigrés qui créeront ensuite ce métissage méditerranéen pied-noir, par le processus de migrations plurielles : Espagnols, Italiens, Maltais, Gitans... Guerre qui ne fut pas non plus, d'ailleurs, le choix des Communards français exilés de force, ni des Alsaciens fuyant pour garder leur identité). Cible, les PN, aussi, des nationalistes algériens aux pensées conformes à l'Histoire officielle, à l'idéologie officielle, préférant s'aveugler plutôt que penser et analyser les erreurs passées et les dérives présentes.  Le bouc émissaire, c'est confortable...

Cependant, ombre et ombres, de même, chez des nostalgiques d'un statut antérieur de l'Algérie coloniale, sans regard critique sur le fait colonial, dans l'idéalisation mensongère de réalités, qui, si on doit en voir la complexité, ne peuvent être comprises en dehors de ce constat : un passé enfermé dans l'aberration d'un système qu'un mot suffit à dénoncer, et c'est le mot "colonisation". Cette ombre-là a des effets pervers sur le regard qui est porté sur les Algériens ou Franco-Algériens, et, de manière élargie, fantasmée, sur les musulmans (d'autant plus que le terrorisme islamiste semble légitimer, autoriser, un glissement de perception où se produit une interférence faussée entre passé mal compris et présent analysé à la mesure seule des peurs). Extrême minorité des Pieds-Noirs et frange extrémiste générale de la population (dont il est difficile de saisir vraiment l'importance, la proportion, et aussi la toxicité réelle - car les statistiques viennent de sondages et études à relativiser - les questions semblant parfois suggérer les réponses). Et si, en plus, on fait intervenir la question de l'antisémitisme (qui vise, là encore, une partie des Pieds-Noirs, et les Juifs qui tiennent, malgré le destin et l'exil commun, à se définir autrement, seulement comme Français Juifs d'origine algérienne)... on retrouve autrement des miasmes idéologiques créateurs de haine. Et l'articulation, assez perverse, avec l'actualité moyen-orientale...  

Pourtant, dans cette période lourde, de montée des nationalismes européens, des fanatismes de toutes sortes, le seul langage qui vaille est celui de la fraternité. Dont la source, l'intelligence (la compréhension profonde), est à chercher dans la parole des écrivains.

Jean Pélégri, dans son ouvrage « Ma mère l’Algérie », Actes Sud, le dit bien, que les PN seraient chargés de « tous les péchés d’Algérie »... « Je pressentais qu’un jour prochain, par commodité simplificatrice, et parce que c’est l’habitude des métropoles, ma communauté, les Pieds-Noirs... » (...) « Alors que la colonisation était un fait global et politique qui relevait essentiellement de la France. » (page 70).

René-Jean Clot (peintre et écrivain), lui, écrivit dans « Une Patrie de Sel », Librairie Bleue, ceci  (à méditer)... Parlant de l’exil, du manque d’Alger : « Dans cette eau mouvante et trouble, il faut retirer la vermine politique. Dépolitiser, cela veut dire décrasser. Au début, j’étais perdu dans mon chagrin, maintenant mon chagrin m’a donné une leçon d’ordre moral. » (page 29). Et « Pourquoi, contre nous, cette ignorance, cette mauvaise foi des métropolitains ? Nous les dérangions. » (p.41). Et « Avec douleur nous nous sommes aperçus que, parlant des Pieds-Noirs, les métropolitains se trompaient de portes, de noms, de dates, de lois et, disons-le, d’Histoire de France. » (p.43). Et il ajoute : « Qu’avons-nous appris ? A vivre sans sombrer dans la haine. » (p.49). 

Que les Algériens et les Pieds-Noirs se parlent sans les chambres d’échos, et motivations douteuses, venant déformer la réalité des uns et des autres. Car ils sont liés par une terre et des imprégnations culturelles qui font se comprendre, sans regard « étranger »... Donc, au lieu de poursuivre les guerres, qu'ils servent de médiateurs, de créateurs de liens.

Les poètes algériens savent, eux aussi, dire les dangers de la haine, des dissensions qui apportent la mort.  Ainsi, Ahmed Azeggah, écrivain et humaniste de haute tenue, dans son poème « Arrêtez » (message que tous doivent entendre) : « Arrêtez de célébrer les massacres / Arrêtez de célébrer des noms / Arrêtez de célébrer les fantômes / Arrêtez de célébrer des dates » (...)  « Ce sang coagulé / Venin de la haine / Levain du racisme » (...) « ... et moi je suis Pied-noir et moi Juif et moi on m’appelait Bicot / On en a marre de vos histoires et vos Idées / Elles / Rebuteraient tous les rats écumeurs de poubelles » (...) « L’univers seule patrie » (A chacun son métier).

... 

Prolonger la réflexion... Livre de Jean-Jacques JORDI, « Les Pieds-Noirs », coll. Idées reçues, éd Le Cavalier bleu  http://www.lecavalierbleu.com/f/index.php?sp=liv&livr...

et "Pieds-Noirs, identité et culture", par MC S-J: http://editions-gandini.fr/df077-pieds-noirs-identite-et-... 

30/11/2014

FERGURSON. Un éditorial, une citation… « La haine ne peut… »

Lu aujourd’hui. Editorial d’Alexandra Schwartzbrod, Libération, 29-30 novembre 2014. Analyse sur la situation actuelle, aux USA, après Fergurson : http://www.liberation.fr/monde/2014/11/28/tournant_1152965    (« Il y aura sans doute un avant et un après Ferguson. Aux Etats-Unis, mais aussi dans le reste du monde où beaucoup réalisent soudain qu’il ne suffit pas d’élire un président noir pour chasser les démons d’un lourd passé racial. Cinquante ans tout juste après l’abolition des dernières lois Jim Crow - qui instauraient la ségrégation raciale dans le pays -, les Américains (re)découvrent qu’il existe deux villes de Ferguson, une blanche et une noire qui rarement se croisent. Et surtout qu’il existe deux Amériques, une blanche et une noire, la première vivant dans de bien meilleures conditions que la seconde et risquant beaucoup moins d’être la cible de la police. » Suite sur le site du journal. )

Son éditorial se termine par une citation de Martin Luther King, valable pour ce thème, mais aussi pour bien d’autres…  «L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité : seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine : seul l’amour le peut.»

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Mise à jour. 06-12-14

Colère à New York : https://fr.news.yahoo.com/la-colère-persiste-aux-usa-après-la-disculpation-221529414--finance.html (« par Sebastien Malo et Joseph Ax. NEW YORK (Reuters) - La colère suscitée par la disculpation d'un policier blanc de New York impliqué dans la mort cet été d'Eric Garner, un père de famille noir, ne faiblit pas aux Etats-Unis, où de nouveaux rassemblements étaient prévus vendredi pour la troisième soirée consécutive./ Comme à Ferguson, dans le Missouri, où un grand jury a estimé le 24 novembre qu'il n'y avait pas matière à poursuivre le policier blanc Darren Wilson pour la mort en août du jeune noir Michael Brown, les jurés de Staten Island, l'un des quartiers de New York, ont jugé mercredi que le policier Daniel Pantaleo ne serait pas poursuivi pour la mort d'Eric Garner./ Contrairement à Ferguson, l'interpellation fatale de ce père de six enfants, revendeur de cigarettes à la sauvette, a pourtant été filmée le 17 juillet par un vidéaste amateur. On y voit l'agent new-yorkais et ses collègues l'immobiliser par strangulation tandis que Garner, asthmatique et en surcharge pondérale, dit à plusieurs reprises qu'il n'arrive plus à respirer. » ). Suite sur le site…

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Voir aussi liens LISTE "Actu" (marge gauche...). Articles classés à USA

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21/11/2014

ALBERT CAMUS, relire « Noces », et « Retour à Tipasa »… citations...

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NOCES

INCIPIT (« Noces à Tipasa », premières phrases de « Noces »…) : « Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. A certaines heures la campagne est noire de soleil. Les yeux tentent vainement de saisir autre chose que des gouttes de lumière et de couleurs qui tremblent au bord des cils. »

EXPLICIT  (« Le Désert », dernières phrases de « Noces »…) : « Florence ! Un des seuls lieux d’Europe où j’ai compris qu’au cœur de ma révolte dormait un consentement. Dans son ciel mêlé de larmes et de soleil, j’apprenais à consentir à la terre et à brûler dans la flamme sombre de ces fêtes. J’éprouvais… mais quel mot ? quelle démesure ? comment consacrer l’accord de l’amour et de la révolte ? La terre ! Dans ce grand temple déserté par les dieux, toutes mes idoles ont des pieds d’argile. »

CITATIONS (Noces) : http://evene.lefigaro.fr/livres/livre/albert-camus-noces-2065.php?citations

« RETOUR à TIPASA » (« L’Eté »)…

INCIPIT : « Depuis cinq jours que la pluie coulait sans trêve sur Alger, elle avait fini par mouiller la mer elle-même. « 

EXPLICIT : « Mais peut-être un jour, quand nous serons prêts à mourir d’épuisement et d’ignorance, pourrai-je renoncer à nos tombeaux criards, pour aller m’étendre dans la vallée, sous la même lumière, et apprendre une dernière fois ce que je sais. »

Extrait(texte) : http://amorysparadise.tumblr.com/post/72781146963/lete-de-albert-camus-extrait-du-retour-a-tipasa

Très intéressants sont les EXERGUES  choisis par Camus pour nous faire entrer dans ces deux livres, ou certains chapitres, par le sens qu’ils affirment, la force de cette lutte entre ombre et lumière, en soi pour cet accord que cherche Camus entre révolte et amour, et, dehors, entre regard sur la part sombre et mortifère du réel (créé par l’homme, le hasard ou une éventuelle transcendance peut-être présente dans ce que les paysages disent du monde) et la splendeur lumineuse du monde naturel. Pas d’athéisme affirmé chez Camus mais une sorte de mysticisme agnostique déchiré. Exergues, donc. Pour « Noces » c’est Stendhal (La duchesse de Palliano) et la mort du Cardinal Carrafa étranglé par le bourreau : « Le bourreau étrangla le Cardinal Carrafa avec un cordon de soie qui se rompit : il fallut y revenir deux fois. Le Cardinal regarda le bourreau sans daigner prononcer un mot. » La mort, le crime, l’horreur… Pour « Retour à Tipasa » c’est une citation extraite de Médée : « Tu as navigué d’une âme furieuse loin de la demeure paternelle, franchissant les doubles rochers de la mer, et tu habites une terre étrangère ». Echo, dans « La mer au plus près », qui suit « Retour à Tipasa » dans « L’Eté » : « J’ai grandi dans la mer et la pauvreté m’a été fastueuse, puis j’ai perdu la mer… ».  Cependant  l’exergue de l’ensemble est une citation de Holderlin : « Mais toi, tu es né pour un jour limpide… ». La lumière, encore… Le choix d’un exergue c’est part intégrante de l’écriture, tissage entre lire et écrire.

06/08/2014

« Dans mes veines ce n’est pas du sang qui coule, c’est l’eau… ». Lire Jean Venturini, poète…

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Guerre au Proche-Orient, désastres violents en Irak, Syrie, et ailleurs (images de corps martyrisés)… Vacances, tout de même, près ou loin – qui font s’échapper de l’actualité autant que des habitudes, changer de regard et de paysage… Et la poésie ? Quelle place lui donnera-t-on en cet été ? Lire et relire, bien sûr… Jean Venturini, par exemple. Lui qui, par son écriture et sa vie, est au croisement de ce que je viens d’évoquer. Révolte et colère (or n’est-ce pas ce que nous ressentons en voyant les ravages des conflits, la furie de ce goût de la mort des humains, avec tant de variantes ?). Regard : les yeux aimés, la beauté de visages ou d’arbres, la lumière, des couleurs, et même la laideur, puisque c’est du vivant, que c’est. La part de l’ombre en soi, murmurée ou criée, contemplée avec lucidité (or si tous nous faisions cet effort de descente dans ce labyrinthe d’émotions, de frustrations, de blessures… peut-être y aurait-il moins de projections, de volonté d’anéantissement des autres quand on les décrète étrangers, ennemis, maudits ?). Guerre : c’est bien cela qui a tué Jean Venturini en 1940, même si le naufrage de son sous-marin semble avoir été dû à la rencontre accidentelle d’un champ de mines. Pas de champ de mines sans guerre…

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Il y a quelques années, ayant vainement cherché un exemplaire du recueil épuisé de Jean Venturini, dont je ne connaissais que le poème de l’anthologie de Pierre Seghers… j’avais fini par mettre une annonce de recherche sur le site d’une association de collectionneurs (chercheurs de documents en rapport avec la culture des pays d’Afrique du Nord). Et j’avais été contactée par la personne qui possédait le rare ouvrage (et qui m’offrit la copie pour qu’enfin je puisse lire l’œuvre intégrale : merci !). Comme lui je regrettais que ce poète ne soit plus réédité : quelle tristesse de voir disparaître la trace d’une écriture brûlante, sacrifiée avec la vie de l’auteur dans ce naufrage de 1940. Que serait devenu ce jeune rimbaldien vivant au Maroc ? Seghers voyait en lui  la promesse d’une œuvre à poursuivre. Si Antoine Lantéri avait perdu ce livre, ou l’avait oublié, son héritier n’aurait jamais pu lancer sa recherche et nous n’aurions pas dans les mains tous les autres textes (car personne ne se préoccupait de faire revivre ce recueil et la voix de Jean Venturini).

OUTLINES  a été réédité… enfin, en 2009. Avec un avant-propos de Jean-Luc FALCO, qui explique comment cela a été possible, la préface originelle de René GUILLOT, ému par la jeunesse du poète tôt disparu, par la force des élans de l’auteur, par sa révolte entre colères et rêves d’amour.  L’ouvrage est complété par une documentation sur le sous-marin Le Morse et son naufrage. Eds VAILLANT : http://www.editionsvaillant.net/

Fiche sur DECITRE, librairie en ligne (on peut commander ainsi l’ouvrage, ou chez son libraire de quartier) : http://www.decitre.fr/livres/outlines-9782916986067.html

Relisant  le recueil, là, pour en choisir des citations, je remarque l’importance des points de suspension dans ses textes... Ne pas clore, laisser la pensée poursuivre son errance dans les mots non écrits, ou le rêve. Noter la phrase, le vers, mais poser ainsi, aussi, l’hésitation : on n’aura pas tout dit, ni trouvé exactement les mots adéquats, car jamais le poème n’est vraiment achevé intérieurement (« Demain peut-être en cherchant bien, je trouverais d’autres mots – plus beaux. » - Phrases dans l’ombre). Et le poème est ouvert à d’autres sens derrière les mots, dans le silence : les points de suspension valent retournement, comme si le silence était une marge en miroir, qui amplifie la phrase.

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Jean Venturini, est né en Tunisie en 1921 mais a vécu ensuite au Maroc. Il est mort en mer quand le sous-marin Le Morse (où il s’était engagé comme marin radio) a été détruit par des mines, en 1940 au large de Casablanca.  Son poème Sang est visionnaire : « Dans les veines ce n’est pas du sang qui coule, c’est l’eau, l’eau amère des océans houleux… »

« Outlines », est son seul recueil de poèmes (éd. 1939, puis 1940). 48 poèmes dont « Sang », qui fut publié dans l’anthologie de Pierre Seghers, « Le Livre d’Or de la Poésie française » (des origines à 1940), éd. Marabout.  Jean Venturini est le dernier poète cité dans ce volume : http://fr.wikipedia.org/wiki/Outlines

Pierre SEGHERS écrivait ceci à son sujet, introduisant le texte choisi : « Révolté, rimbaldien, son unique recueil « Outlines » parut en novembre 1939 à Casablanca. Il annonçait un grand poète. Comment ne pas penser, le lisant, que le poète est un « voyant », qu’il est doué d’une extraordinaire prescience ? »

PAGE dédiée au poète sur wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Venturini

Monographie, par Madeleine Kérisit : http://www.auxmarins.net//fiche_marin/7305/Venturini

Evocation du marin Jean Venturini  (M. Kérisit), sur http://www.amedenosmarins.fr/pages/Jean_Venturini_marin_mort_pour_la_France_et_poete-2908728.html

CITATIONS (et fragment de l'hommage de Max-Pol Fouchet, revue "Fontaine", 1940) sur : http://fr.wikiquote.org/wiki/Jean_Venturini

Le poème « SANG » : http://egoak.free.fr/VENTURIN.htm

Deux poèmes sur un blog : SANG » et « FAREWELL » : http://raynaldopierrelouis.over-blog.com/2014/05/deux-poemes-tires-du-recueil-outlines-de-jean-ventur.html

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CITATIONS, en feuilletant les pages du recueil… Pour donner envie de lire le recueil entier :  

VENTS :

 « Vrai, j’ai trop erré… / J’ai trop pleuré… / Mes yeux / S’en sont allés / Et mon cœur est vieux… / Ma gorge est nouée d’avoir trop râlé / Mes amours et mes haines… / Oh qui cassera mes chaînes ? »(Chanson de fou)

« J’ai dans mes veines un sang rouge / Epais comme du vin nouveau… du gros vin / Lourd et sombre, plein d’alcools encore inavoués…  /// Un sang qui gronde et noue mes tempes… /// (…) Et qui sait mon cœur, comme du pus… /// …Peut-être ai-je aussi un peu de la lumière du ciel / Un peu de la tendresse et de la paix du monde / Qui murmurent quand ma brute s’endort » (Hérédité)

« Ceux de la nuit / Qui s’en vont dans la brume et dans la pluie / Sont mes frères… / Je les reconnais les gueux, les hères, / Leurs visages blêmes et laids / Me sont familiers… «  (Ceux de la nuit)

« Je sais les fugues de lumière sur l’eau des mares… / Et la douceur immense des couchants violets / Qui flottent sur les horizons qui s’effarent, / Funèbres reflets de pourpres inviolées. » (Paysan)

« J’ai jeté vers le ciel de hauts gibets pour / y pendre mes rêves… / (…) Aux arbres de la forêt j’ai noué des cordes pour pendre mes rêves… » (La sérénade aux pendus)

« Je veux la nuit profonde des hivers blancs, / muette et froide comme les caveaux sous la terre… /la nuit muette, pleine de l’élan / dur des arbres nus vers les gouffres sans lumière. » (Nuit)

« Dans mes veines ce n’est pas du sang qui coule, c’est l’eau, l’eau amère des océans houleux… » (Sang)

« Mais il n’y a personne devant moi, c’était / Un souvenir entré par les fenêtres avec / Le souffle chaud du vent d’été… » (Fenêtres)

« Alors je suis parti en une recherche effarée, / J’ai erré dans la nuit sans bords / Pour trouver la lisière que l’aube colore… / … L’aube était morte, linceulée de ses voiles déchirés. » (Recherches) [ En exergue, une citation de René GUILLOT : « De la terre au ciel en passant par où ? » (Chemin)

« Sur les flots glauques comme l’émeraude de ses yeux, / Je souffrirai des lunes pleines du mal de souvenir / Puis tout mourra dans mon cœur silencieux…  / Alors enfin libre je ne pourrai plus revenir.» (L’appel)

…..

MAROC :

« Moi je songe à des fontaines, à des chants murmurés / dans la paix fraîche des harems… » (Marrakech)

« Dans les bleus froissements d’ailes des ramiers, / le soir s’en est venu dormir sur les palmiers… /// (…) Demain peut-être en cherchant bien, je trouverais d’autres mots – plus beaux. » (Phrases dans l’ombre)

« Ils ont marché longtemps, les vents… » (Révolte). Poème dédié à René GUILLOT.

« Menaces de sang dans le soleil / Les étandards chérifiens / Fouaillent les ciels trop bleus. /// Un jour viendra, un jour glorieux / Où leurs étoiles vertes / Bondiront dans la lumière » (Un jour)

…..

ELLES (en exergue, Rimbaud (« Je voudrais vous casser les hanches / D’avoir aimé ») :

« Vous êtes entrées au jardin de mon âme » (Jeunes filles)

« …Viendra-t-il jamais, ce vent qui doit calmer ma fièvre ? » (Jeux d’eau)

« Mourir comme le jour bleu qui s’achève, / Et mêler mon âme aux senteurs pourries de l’automne. » (Automne)

« Ton souvenir c’est un naufrage / Dans les eaux calmes du large… / Une cassure sur le miroir / De ma mémoire… » (Marines)

« Ne regarde jamais du côté de la mer… «  (Naufrage)

« Mais les chimères aussi meurent.. » (Vous en souvenez vous)

RENOUVEAU

« J’ai trop pensé, j’ai trop rêvé » (Renouveau)

24/12/2011

Noël 2011...

A Noël, une pensée, d’abord, pour les Chrétiens d’Orient, qui vivent leur fête dans un contexte inquiétant…(Additif, mise à jour 28-12, le Nigeria : http://religions.blogs.ouest-france.fr/archive/2011/12/26...  Et, aussi, en cette période de Noël, qui devrait avoir un autre sens, en France, des profanations : tombes musulmanes d'anciens combattants, avec l'inscription de croix gammées et des slogans haineux qui s'en prennent aux Arabes et aux Juifs, signe d'une dangereuse idéologie toujours présente : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/12/26/97001-201112...)

« La Terre sainte célèbre Noël au coeur d'un monde arabe en pleine révolution », L’Express, 24-12-2011 : http://www.lexpress.fr/actualites/1/actualite/la-terre-sa...  (« Au coeur d'une région arabe en pleine révolution, où la poussée islamiste inquiète les chrétiens d'Orient. » (…) « En Egypte et en Tunisie, où des soulèvements populaires ont mis fin à des décennies de dictatures "laïques", les partis islamistes sont apparus comme les grands vainqueurs, récoltant dans les urnes les fruits des révoltes. En Libye et en Syrie, les islamistes réapparaissent également sur le devant de la scène. De quoi troubler des communautés chrétiennes déjà en déclin en raison de l'émigration et des guerres successives dans la région. »)

« Le Noël incertain des chrétiens du monde arabe », Le Figaro, 22-12-2011 : « Au Maghreb, où ils sont très minoritaires, ou au Proche-Orient, où ils sont présents depuis 2000 ans, les chrétiens des pays arabes ne sont pas rassurés en cette veille de Noël par la tournure islamique du printemps arabe. »

Cependant, Noël est une fête de lumière, gardons un espace mental pour cela aussi. Par exemple avec ce diaporama, trouvé sur une page du Dauphiné : http://www.ledauphine.com/loisirs/2011/12/24/les-plus-bel...  (« Les plus belles illuminations des fêtes »)

22/12/2011

HANOUCCA, fête des lumières, début : 21 décembre 2011

Menorah de Hanoucca.jpgRetour d'une fête...

A lire. Recueil de textes sur harissa.com : http://www.harissa.com/news/article/hanoucca-des-juifs-de-tunisie-textes-recettes-et-coutumes

Dont ces deux pages :

L’histoire de Hanoucca, par Ruben Corcos : http://www.harissa.com/D_Religion/hannoucarcorcos.htm

Les rituels, par Léon Masliah : http://www.harissa.com/D_Religion/hanoukka5760lm.htm

A lire ou relire, la note du 04-12-10, ample, fruit de lectures et recherches, Hanoucca, fête des lumières : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2010/12/04/hanoucca-fete-des-lumieres-en-ce-debut-decembre-2010.html

Et, récente, 14-12-11, celle sur la lumière, car la symbolique est là, Lumière et lumières, regard… : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/12/14/lumiere-et-lumieres-regard-photographie-fete-meditation-et-p.html

Une autre fête des lumières, a été organisée par les soufis parisiens, le 18 décembre au Forum 104 : http://www.soufisme.org/rps/  (Cliquer sur "soufisme"...).

Et, bientôt, Noël...

Signe, ces dates fêtées par les trois religions et cultures du Livre, que cette période au cœur de l’hiver et des jours raccourcis, est bien celle d’une recherche réelle et symbolique de la lumière dans toutes les voies spirituelles…

14/12/2011

LUMIERE… et lumières. Regard, photographie, fête, méditation, et poème…

« Ce n’est pas la lumière qui manque à notre regard, c’est notre regard qui manque de lumière. »

Gustave Thibon  http://fr.wikipedia.org/wiki/Gustave_Thibon   (Page Autrement dit, Rubrique Spiritualité, La Croix, le 08-12-2011. Citation en légende d’une photographie de Maurice Subervie, prise le 8 décembre à Lyon, pour la fête des lumières.)

La fête des lumières sur le site du photographe Maurice Subervie (autres pages, villes, dont Paris, et pays, ainsi la Birmanie, le Maroc) : http://www.maurice-subervie.com/affiche_image.php?nom=lyonfetedeslumieres&id=5&reflex=0

Lumière, celle des ombres pluvieuses, des reflets de l’eau, miroirs et couleurs : photographies de Christophe Jacrot, avec la palette d’un peintre.  Album, liens vers ses créations, liens cachés derrière l’icône au parapluie, son logo.

C. Jacrot cite Willy Ronis (sur son site personnel), pour dire ses propres choix : « A mes yeux il y a deux grandes façons de photographier le monde, saisir son horreur (il y a de quoi faire) ou le sublimer. J’ai choisi la seconde. » Et « Je ne mets pas en scène, je négocie l’aléatoire ». Page (pluie, lumière) sur le blog de J-S Stehli... http://blog.madame.lefigaro.fr/stehli/2011/11/christophe-... 

Paris in the rain, site officiel C. Jacrot : http://christophejacrot.com/portfolio/paris-in-the-rain/

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Lumière dans un regard, aussi. Celui de Rinko Kawauchi, artiste japonaise.  A voir dans l’album « Art » (des livres…). « Illuminance », photographies, « Lumière en apesanteur », d’après David Chandler, dans sa postface à l’ouvrage édité par Xavier Barral. Lumière, de celle qui éblouit en douceur.

Rinko Kawauchi, « Illuminance », livre : http://le29.fr/?p=47 

Page sur le blog de J-S Stehli :http://blog.madame.lefigaro.fr/stehli/2011/12/rinko-kawau... 

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La nuit et la lumière sont souvent associées…

« Méditer dans le noir et les yeux clos, contempler les mains ouvertes dans la lumière… »

 Gilles Bernheim, Quarante méditations juives, éd. Stock, 2011.

 « Les étoiles m’attaquent / traversent mes vêtements / comme une légion de fourmis / chargées de lumière »Etoiles II.

Anise Koltz

Je renaîtrai, éd. Arfuyen, 2011

24/10/2011

Fra Angelico et les maîtres de la lumière, EXPOSITION du 23-9-2011 au 16-1-2012

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Fra Angelico. Rare événement… Première expo sur Fra Angelico dans un musée, en France. Parcours chronologique, musée Jacquemart-André, pour la découverte des œuvres de ce très grand peintre, initiateur du courant dit des « Peintres de la lumière ».

Musée Jacquemart-André 

 

Article d’evous.fr, Paris. Présentation de l’expo (texte et vidéo) : http://www.evous.fr/Fra-Angelico-et-les-maitres-de-la-lumiere-au-Musee-Jacquemart-Andre,1160730.html

Page du Café pédagogique, qui insiste sur l’offre « famille », le livret jeune, et l’application Iphone, Ipad, et Android : http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2011/09/300911-angelico.aspx