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31/05/2018

Superbe exposition de Tomoko Yoneda, Maison de la culture du Japon.

tomoko-yoneda-affiche.jpg« Pour cette exposition, j’ai revisité les lieux où Camus a vécu, ainsi que les endroits et les événements historiques qui l’ont inspiré, dialoguant avec les habitants de l'Algérie et de la France chères à l'écrivain pour mieux explorer en images la question de l’amour universel et radieux. Je me suis efforcée d’alimenter la réflexion sur la nature humaine, en répondant en photographies aux événements du passé, mais aussi aux ombres qui planent de nouveau sur l’Europe et le Japon. »                      Tomoko Yoneda (début de son texte introductif. Suite sur le site de la Maison de la culture du Japon, où on peut lire aussi une présentation de l’artiste, de sa démarche de photographe)… https://www.mcjp.fr/fr/agenda/tomoko-yoneda 

Camus.jpgSuperbe exposition, achevée le 2 juin. Associer les lieux d’Albert Camus, en Algérie et en France, en les reliant, à travers une démarche très consciente des questions que pose Camus, de son éthique, c’est une réussite. Les textes qui introduisent l’oeuvre de Tomoko Yoneda sont ceux d’une artiste camusienne lucide, qui veut, par le regard, lutter contre les ombres qu'elle sait menacer nos pays, ceux de Camus, mais aussi le Japon, et d’autres. Elle se réfère à « Ni victimes ni bourreaux ». Ce rappel accentue la force du message, comme la citation qu’elle fait de Camus, sur la révolte, contre ce qui manque, et parfois dans ce qui est, dans le monde. J'apprécie ce lien fait entre Camus et le Japon, lui qui avait été bien seul à protester contre l’horreur de la bombe nucléaire. 

Certaines photographies sont très grandes, d’autres petites (celles-ci associées par deux).

Présence de la lumière. Soleil d’Alger… 

La mer, bien sûr. Méditerranée, sur les deux rives : Marseille, ainsi. 

La beauté chantée par les mots de Camus, ses repères de joie. Tipaza, aussi.

La luxuriance du Jardin d’Essai. 

Mais aussi les lieux de vie : la maison du quartier populaire de Belcourt à Alger, l’hôtel de Montmartre où Camus acheva L’Étranger, la maison où il écrivit Le premier homme. 

« Dialogue avec Albert Camus », ce titre est bien adapté. Car on sent un intense échange intérieur avec l’oeuvre. On perçoit la conscience en éveil de la photographe, inquiète de la marche du monde, des pièges qui guettent, des totalitarismes toujours à l’affût, contre lesquels Camus dressait sa lucidité et la beauté de l’art, écriture et théâtre. Elle crée de la beauté, mais en choisissant des lieux porteurs et en accompagnant les photographies de textes qui en sont comme un deuxième cadre. Ce qui fait que le regard porté sur les photographies tient compte d’un hors champ conceptuel que l’artiste a disposé volontairement, subtilement. L’ombre est aussi dans le hors champ, les menaces totalitaires, la violence, la mort. Et le « je » de la photographe est dans la création, dans les questions, dans l’écoute de l’oeuvre camusienne, avec le juste recul d’un « je » qui ne se contemple pas mais dit le réel (parfois ce qui est donné à voir n’est pas banalement « beau », mais juste banal de la banalité du quotidien (la maison de Belcourt, l’hôtel de l’écriture). Réel. Le dialogue est aussi entre les temps, des lieux vus actuellement, qui ont appartenu au passé de Camus ou de son père (la bataille de la Marne). Sur le présent d’un lieu se projette la mémoire qu’on a des textes et des questionnements associés. Guerre et guerre (Mémorial des étudiants algériens). La guerre, ce meurtre collectif délégué, thème central chez Camus, même refus chez elle, habitée par l’Histoire.

Leçon d’esthétique, dans cette exposition. Il faut deux fois cadrer une photographie : cadrer par le regard qui choisit l'angle et structure, cadrer par les mots qui créent un possible hors champ, et qui ne sont pas « commentaire » mais marge offerte à la pensée. Et certaines photographies sont elles-mêmes des marges pour les autres. Comme celle de L’attente, port d’Alger. Une femme, voilée, attend. Derrière des vitres, barrées de fer. Qui est prisonnier? Elle ? (De normes rigoristes qui réduisent sa liberté de femme, et contre lesquelles d’autres femmes luttent? »). Nous ? (De peurs que des signes font naître à juste titre par le sens qu’ils véhiculent ? Ou de peurs excessives qui projettent sur des visages, autres, les ombres lues sur des masques qui cachent les corps ? Ou, comme l'analyse Camus, dans « Ni victimes ni bourreaux », la peur de dire, qui crée les silences complices. Les vitres pourraient symboliser le silence, mur invisible, abstrait mais compact). 

Dans le dossier de presse (à lire sur le site) on apprend que photographier en Algérie n'a pas été si facile pour l'artiste, constamment contrôlée, et ne pouvant obtenir d’avoir des échanges avec des étudiants. (Je me demande si c'est son intérêt pour Camus qui a dérangé un pouvoir qui ne le comprend toujours pas et qui a peur de sa liberté, contagieuse… Ou simplement la peur des regards lucides, d'où qu’ils viennent ? Pourtant son objectif était l’empathie. Répondre par l'amour aux défis du monde, morale camusienne aussi.)

Son SITE…  https://www.tomokoyoneda.com 

Lire le texte de Camus auquel elle se réfère, « Ni victimes ni bourreaux », 1948, Combat. Texte écrit contre le meurtre justifié idéologiquement au nom d’objectifs « futurs ». Éloge des « médiocres »  que nous sommes (Camus s'intègre dans ce « nous », et médiocres que nous devons être, ceux qui n’ont pas la force de supporter l’horreur de tuer). Réflexion sur la peur présente dans le monde, dans la conscience et l'inconscient des humains.

CITATIONS (c’est tellement actuel que c’est troublant, la réalité de 2018…) : 

« Le XVIIe siècle a été le siècle des mathématiques, le XVIIIe celui des sciences physiques, et le XIXe celui de la biologie. Notre XXe siècle est le siècle de la peur. » (…) 

« Le long dialogue des hommes vient de s’arrêter. Et, bien entendu, un homme qu’on ne peut pas persuader est un homme qui fait peur. C’est ainsi qu’à côté des gens qui ne parlaient pas parce qu’ils le jugeaient inutile s’étalait et s’étale toujours une immense conspiration du silence, acceptée par ceux qui tremblent et qui se donnent de bonnes raisons pour se cacher à eux-mêmes ce tremblement, et suscitée par ceux qui ont intérêt à le faire. »

« Depuis août 1944, tout le monde parle chez nous de révolution, et toujours si sincèrement, il n’y a pas de doute là-dessus. Mais la sincérité n’est pas une vertu en soi. Il y a des sincérités si confuses qu’elles sont pires que des mensonges. Il ne s’agit pas pour nous aujourd’hui de parler le langage du cœur, mais seulement de penser clair. » (…) 

« Je puis maintenant conclure. Tout ce qui me parait désirable, en ce moment, c’est qu’au milieu du monde du meurtre, on se décide à réfléchir au meurtre et à choisir. Si cela pouvait se faire, nous nous partagerions alors entre ceux qui acceptent à la rigueur d’être des meurtriers et ceux qui s’y refusent de toutes leurs forces. » 

Lecture intégrale, "Ni victimes ni bourreaux"pdf… https://inventin.lautre.net/livres/Camus-Ni-victimes-ni-b... 

Camus à Combat, éditoriaux et articles, 44-47… http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-e... 

L’éditorial de Camus après Hiroshima, extrait, suivi de textes de rares intervenants critiques… http://pm22100.net/docs/pdf/textes/121105_CAMUS_APRES_HIR... 

Marie-Claude San Juan

26/10/2016

Silence, on danse… Silence, on médite… et tisse.

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« La danse est une forme de foi, une espérance, disait-elle. C’est une aspiration, le besoin d’atteindre un univers, une atmosphère, un état qui vous fait progresser, la recherche d’une vérité. »

Yvette Chauviré, danseuse étoile (citée par Rosita Boisseau, Le Monde, ample article du 20-10-16 qui lui rend hommage après sa mort, le 19 octobre) http://www.lemonde.fr/culture/article/2016/10/19/mort-de-... 

Avant le 19 octobre, je voulais, depuis quelques jours, faire une note brève sur Masatake Ito, danseuse qui laisse son corps bouger en fluidité totale, osmose étrange entre elle et le vent, l’herbe. Contemplant cet instant magique de beauté absolue (ode à la vie) j’avais associé cette fusion avec les éléments à la pratique du chi qong spontané : rien de formel mais un laisser faire de l’énergie qui décide du geste. On est, regardant sa danse, devant une prière cosmique. Les mains envoient leurs spirales en ondes immenses qui rejoignent le ciel lointain, et plus, mais l’ancrage est total, pieds arrimés à la terre, plongeant leurs racines invisibles. Quand j’ai lu cette citation d’Yvette Chauviré j’ai trouvé qu’elle correspondait aussi (en partie au moins) à ce qui émane de Masatake Ito (lien vers une vidéo, en fin de note : magie d’un instant). Autre association naturelle, celle qui concerne un livre, « La danse des femmes » de Rosina-Fawzia Al-Rawi (née en Irak), où la danse (orientale) est présentée, étudiée, comparée, dans la même perspective que ce lien que je fais entre danse et pratique du chi qong avancé. Danse avec ses rituels d’initié(e)s, son mystère, voie pour faire émerger ce qui peut sourdre au-delà des blocages physiques, émotionnels, ou mentaux, et mystère de l’accès à soi. Tout un savoir est là, transmis de génération en génération. (Éd. Almora, 2011). Présentation détaillée sur une page d’Amazon (citation : « Elle détaille précisément des exercices qui ouvrent les centres d’énergies et nous permettent aussi de retrouver une harmonie intérieure. La danse concerne tout le corps et Fawzia nous montre comment ressentir chaque partie du corps pour nous ouvrir à notre espace intérieur de vie et de vibration. En reliant également la danse orientale à la mystique soufie et notamment à la danse des derviches tourneurs, Fawzia explique la dimension mystique et ésotérique de cette danse. »). Lien vers cette page (et d’autres, dont l’édition) sur cette note du blog, de 2011 « Conscience sans objet ». (J'ai remarqué aussi qu’au 25-10-16 on trouve un entretien avec Abdennour Bidar au sujet de son dernier livre, « Les Tisserands, réparer ensemble le tissu déchiré du monde » : http://consciencesansobjet.blogspot.fr/2011/11/rosina-faw... 

Le titre de cette note s’est imposé, par l’association qui s’est faite naturellement entre danse, méditation, et silence (même si la danse est souvent soutenue par la musique). Silence, aussi, de la mort. L’étoile disait que les rôles mouraient et renaissaient, recréés par une danseuse après une autre qui cessait ou disparaissait. Silence, quand on fait des pauses, comme l’explique très bien Alain Gourhant dans sa note de blog, « Pause, silence et poésie ». Silence comme espace de devenir, de ce devenir non obsédé par le futur personnel du petit « moi » mais ouvert au tissage du monde (qui a, oui, besoin d’être réparé par tous les tisserands de liens et d’art) : http://blog.psychotherapie-integrative.com/pause-silence-...

Un documentaire a été consacré à Yvette Chauviré par Dominique Delouche, « Yvette Chauviré pour l’exemple ». Extrait sur cette page : http://www.filmsdocumentaires.com/films/1184-yvette-chauv... 

Sur la page de FranceInfo l’article sur la danseuse étoile disparue est complété par deux vidéos, deux moments forts (Giselle, Le Cygne) de cette « étoile étincelante » : http://culturebox.francetvinfo.fr/scenes/la-mort-d-yvette... 

Regarder Masatake Ito. Vidéo. Le son est un peu brouillé, mais ce qui importe est la danse du corps : on peut mettre sur silence si cela gêne… (Je n’ai rien trouvé d’autre sur elle, ni article ni lien quelconque.) : https://www.youtube.com/watch?v=bgGIUQr5uTU 

07/06/2016

Deuil de blogs...

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MUSIQUE, Andalousie, fraternité. Il y avait un blog au nom héritier de l’Andalousie et de la pensée de Lorca. Une page sur "El Gusto", et le mot qui rejoint, en sens algérois, la signification  du duende andalou. La musique, et Enrico Macias, plus comme musicien que chanteur (chanteur aussi mais importance donnée à sa musique, à son orchestre andalou). 

Mais elduende.musicblog.fr ne peut plus être trouvé. La blogueuse l'avait écrit, disant qu'elle pensait arrêter, sans cesser d'aimer ce qu'elle aimait, fidèle à ses passions. Lassitude. Impression d'écrire dans le vent, dans la solitude, sans vraiment beaucoup de retour. Pourtant son blog était consulté. Moi je l'aimais particulièrement. Mais c'est vrai qu'on peut apprécier sans forcément commenter et contacter... Les notes sont des bouteilles à la mer, qui trouvent des échos inconnus souvent. Et puis, le temps… Elle tenait ce blog depuis longtemps, je crois, et voulait passer à autre chose. Mais c'est dur de découvrir que, voilà, c'est fait, le blog n'apparaît plus que par traces où plus rien ne peut se lire, mais où on voit qu'il y eut là des signes, du langage, des émotions, de l'amour... 

D'ailleurs cela pose un vrai problème de la mémoire (de la trace) de ces oeuvres qui ont accumulé des connaissances, des références, des pensées... Et qui disparaissent complètement. Deuil à faire d'un lien.

Emotion triste aussi - c’est autre chose - quand des sites ou blogs sont arrêtés par la mort du blogueur (forcément cela arrive : ainsi « Patawet », arrêté tout d’un coup). 

Et tristesse autrement, quand des blogs perdurent, mais silencieux depuis... un an, deux ans, ou plus. Et on ne sait pas pourquoi ce silence : lassitude, maladie, dépression, ou mort? Et même si en fait c'est le contraire, une vie passée à autre chose, qui prend le temps de s'échapper autrement... même cela est en rapport avec la mort, la fin, la disparition, l'éphémère... J’en connais un, de blog, entre vent et poème, ainsi silencieux. Quand je le consulte (archives riches) je parle en moi à la blogueuse (« Où es-tu, toi? », « Et qui maintient ce blog alors que tu ne parles plus? »), comme à une amie qui manquerait, une inconnue familière qu’on aurait aimé rencontrer…

Leçons de sagesse. Oui, rien n'est éternel, et encore moins dans cet espace virtuel. Et nous, pas plus. Car dans le miroir c'est notre propre finitude qu'on voit, et la sagesse n'est pas toujours au bord des yeux. Cependant il y a un autre questionnement, qui n'est pas personnel, pas pour une peine individuelle. La toile tissée est une oeuvre collective. Pourquoi perdre ces fragments? Pire quand ces fragments sont la seule mémoire de lieux, le seul témoignage de certains vécus collectifs, de certains exils. Le témoin meurt avec sa mémoire, et personne ne pourra tracer à sa place l’identique... Il manque quelque chose dans ce domaine.

Brisure, brisures. Justement, le traduire avec cette photographie, née de la trace d’une violence de rue. Vitre brisée, mais qui tenait encore. Cependant, en me déplaçant, le regard sur un éclat agressif s’est métamorphosé en vision de mandala, rayonnement partant d’un centre pour créer une étoile, métaphore d’un cosmos lumineux… accidenté par les consciences en recherche de sens. Même le hasard des signes nous enseigne. 

02/03/2016

ARBRES SCULPTEURS, ou le regard...

mms_img409634800.jpgArbres sculpteurs,mms_img-1172499541.jpg

 

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ou

 

 

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le regard.

 

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Leur calligraphie, 

 

 

 

 

 

mms_img2054070148.jpgciel tissé de bois.

 

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le

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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© MC San Juan (TramesNomades) / Texte et photographies

01/02/2016

Couleurs de pluie...

PART_1454345044381_mms_img415997126.jpgCouleurs de pluie, faire espace. Le regard peint, dans le silence.

 



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Juste percevoir, juste être. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PART_1454345044506_mms_img-14675022.jpgMais comment échapper au bruit social, au vacarme idéologique? Echapper aux récits… 

Car malgré le retrait dans l’instant la grande ombre au sol (sur une des photographies) fait partie de cet univers de pluie, en spectre de nuit, trace symbolique de tous les mots qui errent, hors des images, et qui ne sont pas ceux des poèmes. J’aurais pu la mettre hors champ, décider d’éviter, choix des yeux. Mais il me faudrait inventer une cellule zen, vide de journaux, de nouvelles, en ermite fantasmatique. Qui sait? 

© MC San Juan (TramesNomades) / Texte et photographies

10/01/2016

EXIL...62. Théâtre. "Dis-leur que la vérité est belle"

THEATRE.jpgRetour sur une pièce présentée en… 2010. Mais j’ai revu récemment un extrait (vidéo), et trouvé une connexion à faire, dans un dialogue, entre la violence qu’on affronte, ou qu’on n’affronte pas, et les formes de violence (terrorisme, mort et peur, et arrachement violent à son pays, exil). Aussi, la mort - encore - mais de ceux qui disparaissent… normalement, mais, par leur mort, suppriment la parole possible, qui expliquerait, pourrait expliquer peut-être enfin, ce qui a été vécu ensemble de violence affrontée (terrorisme, exil(s), ostracisme, etc.). Le silence ne peut plus se combler. Et le silence a été une réponse au traumatisme...

Les expériences passées différentes aident à penser le présent. (A rêver le futur?).

Vidéo, un extrait, avec un commentaire intéressant sur cette page  https://vimeo.com/51442056 

Note sur la pièce de Jacques Hadjaje (un résumé, d’Alger 1955 à Créteil aujourd’hui) : http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Dis-leur-q... 

Intéressante critique d’Elise Noiraud (élogieuse : tant pour le texte que pour le jeu des comédiens et la mise en scène de Jacques Hadjaje), Les trois coups. CITATION : « Oui, un travail d’orfèvre, pour un petit bijou. Une grande épopée de l’intime, où chaque élément compte, où chaque respiration est essentielle. Et de ce sens de l’infiniment petit naît celui de l’infiniment grand, avec une sensation de tragédie sourde qui parcourt tout le spectacle. Cette tension, génialement amenée sur scène par la direction de Jacques Hadjaje, c’est bien celle de la tragédie, celle qui fait advenir sous nos yeux l’inéluctable, sans échappatoire ni aire de repos. » : http://www.lestroiscoups.com/article-dis-leur-que-la-veri... 

24/07/2015

Lecture… Au sud de l’Occident, de Laurent Doucet

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Effacement, écrit Christian Viguié en introduction, effacement pour laisser parler autre chose que soi.

Oui, dans ce livre, un silence d’écoute semble être une sorte de programmation intérieure pour un voyage particulier. Laurent Doucet l’écrit dès la première page : « voir sans être vu ». Espaces entre les lignes, marge blanche qui signifie ce silence pour rendre le regard possible. Juste des notations sur des fragments de paysages, choses vues, la nature et les signes du lieu. Le végétal (« peuplier / cèdre / roseau » (…) coquelicot  (…) blé … palmeraies… Le minéral : sable…).

Mais les portes, le khôl, des «fils d’or », réels ou métaphoriques : l’humain, par les objets, les corps, les yeux.

Et, aussi, au-delà du lieu d’un désert marocain (« dunes », « sable ») la remontée des « cours d’eau caillouteux » semble souterrainement accompagner le parcours pour un itinéraire qui engage l’antériorité de questions personnelles. Il y a le silence pour l’innocence du regard : que seul le lieu existe, avec les êtres qui y vivent, pour une rencontre vierge, qui voit cependant autant la beauté que la violence et les souffrances, et sait le sel des larmes, pas seulement la beauté des arbres (« figuiers », « grenadiers »), pas seulement le son de l’oud.

Un motif intérieur, ou motivation (c’est un peu pareil), révèle des cercles et nœuds de questions à dénouer : « Quoi que tu fasses désormais / la vie / sera toujours un jardin que tu quittes ». Peut-être les caillouteux parcours et ce sable fascinent-ils au point de retenir (c’est douleur de s’arracher au lieu), hypnose volontaire qui fait pénétrer profondément dans la perception des pierres, du miel et des épices. Car la connaissance de l’autre lieu passe par l’intimité du corps qui goûte. Mais… « Plus ta langue réclamera d’épices / plus ta vie quittera de jardins ». On peut le comprendre aussi autrement. Ce qui est fort, trop fort, le piquant des épices, ce serait le piège de trop de présence de l'ego dans le plaisir du réel matériel, risque de fuite en avant, et de perte de soi pour le mirage du toujours plus (plus de sens, plus de beauté) : la phrase serait un frein de conscience, mise en garde, vœu de sagesse... 

Magie de « l’obsidienne semée par le vent », son que seuls entendent ceux qui ouvrent une oreille intérieure, et font écran au bruit des touristes ou des fausses apparences. Car ainsi la vraie rencontre est possible, mais c’est une soie fragile, comme celle que lavent des femmes. « Le réel est plus fort que le roseau », car « la poésie ne peint pas le paysage ». Non, il y a tout le reste dont elle est débitrice, le réel des êtres : « ils trônent au fond de tes yeux ». Cependant, luth ou souffle, c’est une possible métamorphose : « l’or du secret ». Rien n’est donné sauf le chemin. Et l’or se révèle à la relecture…

Page éditeur, La Passe du Vent (le livre est bilingue français-anglais) : http://www.lapasseduvent.com/Au-sud-de-l-occident.html

28/03/2015

Lire Jiddu Krishnamurti. Le Livre de la Méditation et de la Vie... Ecouter...

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Lire, relire, mais par fragments... Car c’est dense, et qu’on se retrouve devant un espace de questions, de paradoxes, d’apparentes contradictions. De retour à faire sur soi, mais un soi en construction et déconstruction permanente, qui est censé chercher sa liberté intérieure, une bascule de conscience. 

Je reprends donc juste quelques pages, pour commencer cette relecture. L’écoute. Quand le bruit des discours nous recherche, dans la politique et les débats...

Ecouter... pages 21 à 26. Jiddu Krishnamurti parle à un public qui l’écoute... Et il parle de l’écoute, interrogeant cet acte même. Mais qu’est-ce qu’écouter ? Est-ce simplement être là, intéressé ou captivé, s’oubliant soi pour recevoir la parole de l’autre ? Ou au contraire est-ce d’abord faire place à une sorte de silence, à l’écoute de soi (et par quel silence ?). Est-ce faire un effort d’attention soutenu, difficile, pour tenter de comprendre ce qui nous est dit. Ou est-ce lâcher cet effort qui est une barrière de plus à l’écoute réelle ? Doit-on se fixer sur les mots de l'autre, des autres? Mais quels sont les mots qu'on entend : ceux de celui qui parle, ou ceux qu'on invente, chargés de nos peurs, de nos idées, de nos fantasmes peut-être? Et justement, pendant cette période, en France, avec les questions posées et les évidences fausses qui se croisent, convictions et stratégies, croyances et mauvaise foi, que faire, nous, avec les mots des uns et des autres, quand même les mots sont matière à débat ou instrumentalisation. C'est là que le retour à la pensée de Jiddu Krishnamurti est bienfaisant. Cela donne envie de prendre du recul, de refuser les injonctions idéologiques diverses, d'en trouver la force intérieure. Marcher sur la ligne raide du fil dressé entre les abîmes. Solitude comme éthique. Mais que dit-il dans ces passages sur l'écoute, ce penseur unique, hors appartenances? Il parle des écrans à défaire pour écouter vraiment, ces projections diverses... "Nous est-il possible d'écarter tous ces écrans à travers lesquels nous écoutons - et d'écouter vraiment?" Il propose une sage méfiance. Attention au "bruit des mots". Pour se défaire des pièges de ce bruit-là... "écouter avec une passivité vigilante". Paradoxe bien représentatif des exigences du penseur méditant. Trouver en soi autant la vigilance extrême, lucidité et pensée intense, et en même temps se mettre en état de passivité. Fil du rasoir...   

L’ouvrage, Livre de Poche : http://www.livredepoche.com/le-livre-de-la-meditation-et-de-la-vie-jiddu-krishnamurti-9782253147527

« Sa conviction était qu'un tel changement devait passer par une transformation de ce qu'il appelait le ‘vieux cerveau conditionné de l'homme’ (‘mutation de la psyché’) afin d'accéder à une liberté que ni les religions, ni l’athéisme, ni les idéologies politiques ne seraient capables de produire, puisque, selon lui, elles ne font que perpétuer les conditionnements. ». C'est ce qui est dit de lui dans la fiche wikipedia, quia raison de mettre l'accent sur cette liberté qui refuse l'enfermement dans des systèmes de croyance. Spiritualité sans religion, transcendance sans le Dieu des croyances traditionnelles, mystique d'un maître qui ne se veut surtout pas maître : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jiddu_Krishnamurti

Site dédié (Association culturelle Krishnamurti). En exergue, une citation « La vérité est un pays sans chemin » : http://www.krishnamurti-france.org/  

J. Krishnamurti online : http://www.jkrishnamurti.org/fr/

Le journal des chercheurs, René Barbier. Textes sur Krishnamurti : http://barbier-rd.nom.fr/journal/spip.php?page=recherche&recherche=Krishnamurti

Page sur meditationfrance : http://www.meditationfrance.com/enseigne/krishnamurti.htm

Sur psychologies.com, « Le philosophe insoumis » : http://www.psychologies.com/Culture/Maitres-de-vie/Krishnamurti

Blog dédié : http://lapenseedekrishnamurti.midiblogs.com/ 

René Barbier sur Krishnamurti : http://www.barbier-rd.nom.fr/journal/spip.php?article1112

03/04/2014

Cure de silence... Ecume des faits...

Cure de silence...

J'ai ajouté quelques liens, pour compléter des listes (et supprimé des titres...).

Ecume des faits. Le monde bouge (et demeure, paradoxes...) : guerres, tensions, répressions, pollution, climat, politique. Inquiétudes et agacements, en écoutant ou lisant ce qui émerge de disputes vaines, agressivité inutile et stérile, négativité. 

Je ne me sens pas entrer dans les cadres d'analyses que je lis ou entends, souvent : manque de complexité. 

Poussière du temps... 

Poussière... ces faits lus dans la presse, suivis à la télévision. Car quand on ne reprend pas (pendant de longues semaines) ces réalités pour les commenter ou les lister, on voit, ensuite, que cela a été recouvert par le sable d'autres faits, d'autres analyses, et que ce qui paraissait incontournable est effacé par le temps. Ne demeure que l'essentiel, et quelques visages qui surnagent. Comme Jérôme Kerviel marchant. Car, quoi qu'on puisse penser de ses erreurs, la condamnation financière ressemble (ressemblait puisque cela est cassé) à une sorte de mise à mort (dette invraisemblable pour un seul homme, sans perspective de réinsertion dans une vie normale avec des projets et des rêves, pour une culpabilité qui, dans l'excès du jugement antérieur, donne l'impression de couvrir un énorme mensonge bancaire : celui des pouvoirs de l'argent cynique, cause première de la catastrophe).  

17/11/2013

La plongée dans un texte suppose…

« La plongée dans un texte suppose silence et solitude »

Régis Debray, entretien, recueilli par Louis de Courcy, dans La Croix, Livres et idées, 10-01-13 (lien inactif)

Dans cet entretien Régis Debray cite Julien Gracq : « La littérature est ce qui nous sauve de tout le machinal du monde »  et commente ainsi : « Elle déconstruit la machine, nous prend à revers dans nos attentes et nous oblige à renoncer au simplisme. »

A une question sur le style il répond : « ‘’Le style, c’est l’homme’’ (un mot de Buffon). Un style est une incarnation. A travers un style, je dois pouvoir rencontrer un souffle, un corps, une présence vivante. Et pas qu’on me délivre des idées : cela, les intellectuels savent faire. Mais qu’on me fasse passer un certain frisson existentiel, sensuel, sensoriel. Faire naître une émotion par les mots sans recourir à la musique, c’est très difficile. A défaut de génie, il y faut beaucoup de travail. »

21/10/2013

« Mon âme par toi guérie »...

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Des marginaux, ensemble… Un guérisseur malgré lui.

Il faut voir ce film de François Dupeyron, le voir, le faire voir, et ne rien dire : juste laisser agir en soi ce silence parfois nécessaire (celui dont je parlais dans des notes récentes). Ne pas mettre des mots inutiles... quand la force du film est hors parole. Le centre, c’est le cœur d’un homme qui se tait beaucoup, auquel Grégory Gadebois donne son corps et son jeu superbe… Mystère de ce que peuvent les mains et le regard, transcendance intérieure, déchirée.

Fiche AlloCiné (synopsis, bande-annonce, critiques presse)… http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=218130.html 

Critique, Le Monde (qui insiste sur la subtilité singulière)… http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/09/24/mon-ame-... 

01/10/2013

Silence. Bribes au hasard de relectures…

« Il est plus facile de rencontrer des gens au Mexique. C’est une société qui ne souffre pas des barrières qu’on rencontre en Europe. Les gens y sont beaucoup plus accessibles.

-   Y compris à travers le silence ?

-   Y compris à travers le silence. »

 JMG Le Clezio, Ailleurs, Entretiens avec Jean-Louis Ezine 

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« Chaque mot / est à faire suivre / d’une pause de silence /      / afin que se referme / la cicatrice / de ce qui est dit. »

François Jacqmin, Prologue au silence

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« Et puis, il y a Morandi, il y a Bram. De leur silence tout a été dit. // (Il m’arrive de me satisfaire du silence. Ici je me repais du leur.) // Silence éminemment nostalgique, tout d’intellection méditative chez l’un, silence du plus grand retrait chez l’autre, chez Bram, où seules au-dessus du vide restent ses peintures (…). »

Gérard Titus-Carmel, Ombre portée

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« La voix de l’Ange se nomme parfois silence. »

Jean-Paul Sermonte, La voix du vent

29/09/2013

SILENCE… jeûne de blog, fin. Pensées et bribes… silencieuses

Parfois, communiquer devient la nécessité impulsive de jour en jour, au-delà du temps qu’il faudrait… Les faits sont là, le besoin de faire écran à la violence, à la bêtise : désir d’être solidaire, de changer la conscience collective, d’être part de l’écriture d’un autre paradigme planétaire. Infime part, infime tant qu’on peut se dire que l’énergie se perd à lutter contre des murs. Pourtant, si les dictatures n’aiment pas la masse des libres écritures infimes perdues sur la Toile c’est bien qu’elles en mesurent la puissance collective. Alors notre tissage, métissage de consciences, sert bien à quelque chose. ..

Cependant, quand on s’intéresse au monde large, donc, la vague des informations est telle, et les émotions qu’elle procure si fortes, que cela enfouit notre silence intérieur dans un bruit sourd qui, peut-être, est néfaste.

Se taire… Et dans le silence rester à l’écoute. Le bruit du monde redevient extérieur, et laisse la place aux visages qui sont derrière les faits. Ces visages, aujourd’hui, sont ceux des ouvriers qui, au Qatar, sont exploités et sacrifiés pour construire le décor des projets sportifs du régime. Perversité politique, masques. Hier, c’était celui du vendeur de rue chinois exécuté. Demain ce seront leurs visages et tant d’autres, comme ceux des Roms qui dorment en bas de chez moi, et disent bonsoir en voisins... ou ceux des chrétiens d'Orient agressés et menacés. L’écoute dans le silence laisse place au regard – même à distance, celui qui permet les mots…

Silence ?

Le hasard de ma bibliothèque m’a offert des bribes de silence… Lectures. CITATIONS :

« Lorsque je trouve / dans mon silence / une parole / elle est creusée dans ma vie / comme un abîme. » Congé, Vie d’un homme, Giuseppe Ungaretti 

« D’autres ont cherché par de violents combats, des éclats, des tumultes de pinceaux, des éclaboussements d’encre à simuler le plus grand bruit. Ceci ne montre que le silence. – C’est une femme, les yeux fixes, sans éclat, les yeux muets ; un visage tremblant et délicat mais immobile ; -- une lèvre sans paroles… (…) « Rien ne bouge ; rien ne crie, rien ne gémit… (…) » Du silence, Peintures, Victor Ségalen

« Derrière la trame visible de l’univers, au-delà du mirage des molécules – la maya (illusion) de l’apparence physique -, se trouve une matrice intrinsèquement invisible et homogène remplie de vide. Ce vide orchestre en silence (…). » Les clés spirituelles de la richesse, Deepak Chopra 

(Ne pas entendre, dans ce titre, richesse au sens matériel du terme : ce serait réducteur inutilement…)

18/07/2013

« Elle murmure des signes à ses doigts »

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« Elle murmure des signes à ses doigts »

 « Rêves, aspirations à la présence ! Et il marche

 Voué à l’éveil, à la nuit qui n’est pas la mort »

  « Chaque arbre est introspection »

 Les SONNETS

Ted Berrigan

Traduit de l’anglais (USA), par Martin Richet

Voilà… pause dans les signes. Retomber sur les nuages, ou tendre la main vers les nuages. Non ceux de l’irréalité illusoire pour se promener dans un monde imaginaire sans racisme et sans haine (petites fleurs et sentiments doucereux…), mais ceux de l’énergie ascensionnelle, de la présence, du sens, du retour sur soi . Pour ne pas s’engoncer dans l’émotion de la colère. La dire, la vivre, mais lâcher l’emprise des émotions. Ainsi, agir, corps libre des miasmes. Hier, ma colère était causée par l'ostracisme, rencontre répétitive : les gens, souvent, s'enferment dans des refuges de haine, érigent des murs de clichés et vous les renvoient avec l'arrogance de l'ignorance (quelle que soit l'identité ainsi heurtée). On tombe, alors, sur des conversations captées, des phrases de trop dans des articles, une remarque choquante à la radio. Impossible, après, d'accepter de se nourrir de textes fades.

Mais vient la rencontre heureuse d'un vers magique, qui semble émerger d'une profonde contemplation, du seul regard qui sache. 

« Elle murmure des signes à ses doigts ». Tant de sens pour ce vers répété par Ted Berrigan… Regard d’un homme sur la danse des doigts d’une femme retirée en elle-même ? Elle, ou je, quand on écrit. Et quand on lit. Sens offert dans la communication, signes donnés. Murmure, pour soi, du corps à lui-même, murmure de la conscience intérieure. Détour par le silence, même si, ensuite, il faut crier pour dire l’injuste, quand on reviendra au monde, nourri de densité. Réconcilié...

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Sur Ted Berrigan :

Page éditeur (éds. joca seria): http://bit.ly/12zwcte   (sur le site on peut feuilleter les premières pages…)

Page de Florence Trocmé, sur Dezibao, 08-04-2013 (avec des liens) : http://bit.ly/10Ke7Ip

Sur Remue.net, un petit dossier, et plusieurs poèmes, offerts au site par le traducteur de Ted Berrigan, Martin Richet : http://bit.ly/195KfxZ       

08/03/2013

« Je me disais aussi… », La vie promise, de Guy Goffette : poèmes… et liens…

LA VIE GOFFETTE.png

« Je me disais aussi : vivre est autre chose / que cet oubli du temps qui passe et des ravages de l’amour, et de l’usure – ce que nous faisons / du matin à la nuit : fendre la mer, / fendre le ciel, la terre, tout à tour oiseau, / poisson, taupe, enfin : jouant à brasser l’air » 

Guy Goffette, La vie promise , éd. Gallimard

Ce poème, intégral, sur Carnets de poésie : http://guesswhoandwhere.typepad.fr/carnets_de_poesie/2008/03/guy-goffette--.html

Une chronique de Céline Barbillon, Le nouveau recueil (revue)  : http://www.lenouveaurecueil.fr/Goffette.htm

Une note de Jean-Michel Maulpoix : http://www.maulpoix.net/goffette.html

Une page, sur Esprits nomades : http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/goffette/Goffette.pdf

Trois ouvrages lus par Michel Baglin, revue Textures (Guy Goffette, La parole « qui éclaire de l’intérieur » : http://revue-texture.fr/spip.php?article1

Fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Goffette

J’ajoute ici un autre fragment de poème, même ouvrage (p.102) :

« C’est la route qu’on n’a pas prise / qui essaime le plus --- l’autre a fini /// dans un sac au fond de quelle chambre obscure / avec la carte des illusions, un morceau /// de montagne ou d’enfance et beaucoup / de poussière, autant dire perdue à jamais : / nous ne reviendrons plus vers nous, la route / est sans retour et tous les ponts /// coupés » (…)

Dans ces poèmes, mélancolie des questionnements sur nos vécus et nos choix (« où donc étais-je, là-bas, si je n’ai pas dansé ? », p.83), sur le temps, la communication avec l’autre (« des silences que rien ne cimente », p.103), et cette sourde parole intérieure absente ou bruissante…

Importance de l’incipit (ici en début de note): on commence, et si la page ne nous dit rien, peut-être que l’ouvrage entier sera clos pour nous. Si, au contraire, une porte de sens s’ouvre, alors on peut continuer : le livre est une lettre qui a trouvé son destinataire…  Lire, relire, ouvrir aussi des pages au hasard, et, là, pour un courrier venu de personne, juste de soi à soi...