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09/05/2020

Deux poésies sur La macchina sognante, site italien de littérature du monde...

-1070359074.jpegLa macchina sognante est un site italien, une revue en ligne de littérature du monde, dont deux coeurs actifs sont Pina Piccolo et Sana Darghmouni, avec toute une équipe (liste dans la présentation du site, "Chi siamo"). Je viens d'y être traduite, dans le numéro 18, pour deux textes, par Sana Darghmouni, universitaire et traductrice à Bologne. Un poème et des fragments accompagnés de deux autoportraits et d’une brève bio-biblio. Publication bilingue. Après avoir lu cette page ouvrir les autres, pour un grand voyage littéraire. C'est émouvant, ce partage avec l'Italie, alors qu'on vit des épreuves communes… Et c’est une expérience particulière que la lecture des textes en deux langues… 

Le poème est « Arrêtez »  (publié d’abord dans la revue À L’Index), précédé de deux exergues, citations d’Ahmed Azeggah et de René-Jean Clot. Les fragments sont le début d’un recueil de 2018, publié chez pré#carré éditeur (et épuisé), en exergue une citation de Jean-Claude Tardif.

Je note le début du poème (les exergues et le texte entier sont sur le site), et je reprends un des fragments de l’ensemble « 36 traversées d’aubes crépusculaires », le 6. Exergue et autres fragments sur le site. 

En italien et français. 

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24/07/2018

À L’INDEX, revue de poésie. Recension (et citations).

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Sortie du numéro 36, et retour sur le 33...

Le numéro 36 est sorti en juin, riche de nombreux textes, près de 200 pages de poèmes et nouvelles.

Dans l’éditorial, Jean-Claude Tardif appelle à une conscience éveillée aux réalités du monde dont l’évolution inquiète. Relire Barjavel et Orwell, dit-il… Et il redonne l’axe, l’éthique, de la poésie qui est accueillie dans ces pages : « Pas un aller de soi vers soi, mais avant tout un allant de soi vers les autres ».

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23/12/2014

« A L’INDEX » N° 27, revue, « espace d’écrits » (poésie, fiction, écritures de soi, voix d’ailleurs, notes de lecture...)

INDEX 27.jpg

« Ce matin j’ai écrit deux poèmes. / Je ne me demande pas pour l’instant quel sens / possède ou non ce travail obscur. / Simplement c’est une autre façon, possible, d’être vivant. » («... No me pregunto ya por el sentido / que tiene o no tiene este oficio oscuro...”) 

Luis Benitez, poète argentin (A L’Index n° 27, traduction de Françoise Laly), pp. 114 à 123.

 Ce choix en exergue : hommage, pour des textes (il y en a plusieurs dans la revue 27) que j’apprécie particulièrement...  

En quatrième de couverture je remarque une définition de la poésie (ou plutôt une conception de la poésie...) qui me convient assez, moi qui ai le goût du monde ouvert, du regard sur les pays proches ou lointains, intérieurs-extérieurs. D’ailleurs ce fragment pourrait sans doute atterrir dans la liste de mes exergues de blog (mon manifeste, ici)... C’est un paragraphe de Jean-Pierre Chérès, dont je relève ce passage: « Etre poète, c’est se donner corps et esprit à la présence du monde, c’est être possédé par le monde, c’est ouvrir en permanence ses antennes sensibles à l’univers... ». Mais si ce texte se trouve en « quatrième », mis ainsi en évidence, c’est bien aussi parce qu’il correspond à l’esprit de la revue, tel que veut l’impulser Jean-Claude Tardif, l’écrivain-éditeur. Les gens qui se retrouvent à publier là des textes (poèmes – vers ou prose – ou récits) semblent avoir en commun un sens d’âme nomade. Certains parce qu’ils ont traversé des frontières, d’autres parce que les frontières traversées sont plutôt des origines et des langues tissées en eux, d’autres encore parce que leur regard est hanté par l’horizon d’un ailleurs réel ou imaginaire.

Et cela s’inscrit dans les mots. Pas seulement pour les « Voix d’ailleurs », comme les pages bilingues de Luis Benitez, poète argentin, ou l’étude de Claire Lajus sur la poésie turque contemporaine (« poésie méconnue », note-t-elle avec raison en sous-titre). Non, pas seulement. Claire Sicard-Dumay, elle, interroge ses voyages intimes, « morceau d’Espagne » ou « bout de la jetée à Zurich ». En écho, malgré la différence de démarche et d’écriture, la « mémoire lavée au vitriol » de Jacques Nunes-Teodoro, dans « Saudade », poème qui interroge un « siècle furieux » et « l’ambition de nos ombres » (ambition perdue ?). Un autre de ses textes rend un hommage croisé à Primo Levi et Giacometti, un autre encore à son père, immigré et ouvrier. Et ses pages vont vers un océan qui n’est pas de rêve mais de réel, dur...  Gérard Lemaire, lui, cherche en creusant le centre d’un or solaire : « or de l’esprit », « lueur », « incendie » éventuel, possible, pas sûr : souffle, en humilité.

Je n’ai pas encore lu le dossier sur l’œuvre d’Yves Martin (à plusieurs mains). Je le ferai plus tard...  D’ailleurs je n’ai pas tout lu. Mais comment est-ce que je lis une telle revue ? Comme je lis toujours n’importe quel regroupement de textes (et même les recueils d’auteurs), exactement comme je commence à lire debout en librairie ou bibliothèque (pour voir si cela vaut le coup soit d’acheter soit d’emprunter). Cela ferait peut-être hurler des puristes (ou des hypocrites qui ne mesurent pas le temps de leurs lectures et font semblant de tout vouloir..) ou ceux qui pensent qu’il faut chercher la valeur d’un écrit avec lente attention. Pas moi... La lenteur je la garde pour les relectures (et je relis beaucoup, une fois que le test premier a fait garder l’ouvrage). Ma méthode est la lecture transversale (en bibliothèque, debout, pages tournant à toute vitesse : cela accroche ou pas – et si ce n’est pas le cas aucune lenteur ne me fera aimer ce que l’œil rapide n’a pas capté. Après tout, pour moi (en ce même domaine : la poésie) la méthode est le ciseau d’exigence : pourquoi n’aurais-je pas la même rigueur pour autrui ?

Eh bien, là, beaucoup de textes ont déjà passé le cap du rayon transversal... et donc mérité la relecture lente. Les pages ne s’ouvrent pas par hasard, elles viennent chercher l’œil. Si je n’aime pas tout de suite je n’aimerai pas plus tard. Et si j’aime vite des vers, j’aimerai en lenteur. (Je cherche d’abord la poésie, vers ou prose).

La préface (de Jean-Claude Tardif) interroge la discrétion qu’on reproche parfois à la revue. C’est vrai qu’une telle qualité mériterait plus d’envergure... avec ces pages qui font vivre du  contemporain.

J’ai parcouru aussi des notes de lecture. Ces regards qui vont donner l’envie d’aller vers un ouvrage, un auteur. Et j’ai lu avec attention, particulièrement, les deux textes qui parlent d’auteurs que je connais (pour ce que je ne connais pas je reviendrai...). Etonnée de voir Omar Khayyâm, comme si souvent (malgré l’intérêt qu’il suscite, et l’hommage authentique qui est rendu à son art), victime d’un malentendu répétitif : le vin, l’ivresse : portrait d’un épicurien qui deviendrait presque une sorte de matérialiste, athée militant (j’exagère...). Or Khayyâm doit, je pense, être lu à la lumière du contexte de son temps (codes d’écriture et de vie comme portes de liberté, provocations aussi, pour sauver sa solitude intérieure). Mais surtout à l’aide des clés que la symbolique soufie donne pour entrer autrement dans cette œuvre, et la déchiffrer....   Mais ce lecteur aime l’auteur qu’il évoque et le fréquente, preuve que les œuvres riches se donnent diversement à qui veut faire le pas vers elles. Ma lecture sera différente, avec ce vin où les soufis, qui savent une autre dimension du poète, voient la traduction d’une saveur (important cette notion de saveur dans cette voie) qui révèle une aventure, une expérience difficilement traduisible autrement. Le portrait de Shams de Tabriz que fait Elif Shafak dans le roman « Soufi, mon amour » (10/18) croise la figure de Khayyâm, d’une certaine manière. Personnages qui échappent à tous les cadres. Vin réel et vin symbolique ont droit de cité, et rôle... pour eux. Lire, ainsi, une autre introduction à l’œuvre, pourra prolonger la découverte qui est proposée dans la revue « A L’Index » (par quelqu’un qui fréquente son œuvre depuis longtemps). Autre lecture : http://kulturica.com/k/litterature/les-quatrains-d-omar-khayyam/ (Citation : « De ce fait, pendant des siècles, Omar Khayyam est passé pour un païen qui s’adonnait à la boisson et à d’autres jouissances diverses, un "libre penseur" proche de l’hérétisme aux yeux des religieux, des occidentaux et… du reste du monde. Il a échappé aux yeux des profanes que les termes de "vin", "taverne" ou "ivresse" pouvaient avoir un sens mystique très éloigné du sens premier. Mais, pour les esprits sensibilisés à la mystique soufie, Khayyam a toujours été un maître. »)

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Une autre note de lecture concerne Jean Sénac, œuvre de mon panthéon personnel (et bien plus, œuvre d’ancrage, d’identité). Poète frère (« frère(s) de terre » comme la page d’un site algérien nomme les natifs du pays de toutes communautés – de terre et d’esprit). Native hispanité algérienne...  (Dans mon poème « 36 choses à faire avant de mourir », chez pré#carré, je choisissais de terminer ainsi : « 36. Envoyer un télégramme à Jean Sénac, pour qu’il me tende la main, juste à la fin. »). J’apprécie qu’on le propose aux lecteurs : c’est un immense auteur (lui qui « signe d’un  soleil »). Mais, non, Sénac n’était pas « amoureux des » Algériens : il était, il est, un Algérien majeur. La formule en fait un étranger et cela me déconcerte, me blesse. Sans carte nationale, oui, ce du fait des règles ethniques et religieuses, choix d’un régime politique à vision univoque, et de la démarche qu'il aurait dû faire de demande de la nationalité algérienne pour l'obtenir. Or il considérait qu'il n'avait pas à la "demander", que c'était un droit de naissance et d'engagement. Sur l'assassinat de Sénac, il faut lire "Assassinat d'un poète" de Jean-Pierre Péroncel-Hugoz... et on apprend alors beaucoup sur la fin de la vie de Sénac, en éclairant la vie entière. Et sur toute la souffrance de l’indépendantiste voyant son pays se perdre... 

Mais l’essentiel est de donner à lire (ou envie de relire encore) et Khayyâm et Sénac, ce qui fut le but des contributeurs... et qu’ils ont, dans le fond, réussi, je crois...

MC San Juan

Pour en savoir plus, A L’INDEX : http://lelivreadire.blogspot.fr/

08/03/2013

« Je me disais aussi… », La vie promise, de Guy Goffette : poèmes… et liens…

LA VIE GOFFETTE.png

« Je me disais aussi : vivre est autre chose / que cet oubli du temps qui passe et des ravages de l’amour, et de l’usure – ce que nous faisons / du matin à la nuit : fendre la mer, / fendre le ciel, la terre, tout à tour oiseau, / poisson, taupe, enfin : jouant à brasser l’air » 

Guy Goffette, La vie promise , éd. Gallimard

Ce poème, intégral, sur Carnets de poésie : http://guesswhoandwhere.typepad.fr/carnets_de_poesie/2008/03/guy-goffette--.html

Une chronique de Céline Barbillon, Le nouveau recueil (revue)  : http://www.lenouveaurecueil.fr/Goffette.htm

Une note de Jean-Michel Maulpoix : http://www.maulpoix.net/goffette.html

Une page, sur Esprits nomades : http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/goffette/Goffette.pdf

Trois ouvrages lus par Michel Baglin, revue Textures (Guy Goffette, La parole « qui éclaire de l’intérieur » : http://revue-texture.fr/spip.php?article1

Fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_Goffette

J’ajoute ici un autre fragment de poème, même ouvrage (p.102) :

« C’est la route qu’on n’a pas prise / qui essaime le plus --- l’autre a fini /// dans un sac au fond de quelle chambre obscure / avec la carte des illusions, un morceau /// de montagne ou d’enfance et beaucoup / de poussière, autant dire perdue à jamais : / nous ne reviendrons plus vers nous, la route / est sans retour et tous les ponts /// coupés » (…)

Dans ces poèmes, mélancolie des questionnements sur nos vécus et nos choix (« où donc étais-je, là-bas, si je n’ai pas dansé ? », p.83), sur le temps, la communication avec l’autre (« des silences que rien ne cimente », p.103), et cette sourde parole intérieure absente ou bruissante…

Importance de l’incipit (ici en début de note): on commence, et si la page ne nous dit rien, peut-être que l’ouvrage entier sera clos pour nous. Si, au contraire, une porte de sens s’ouvre, alors on peut continuer : le livre est une lettre qui a trouvé son destinataire…  Lire, relire, ouvrir aussi des pages au hasard, et, là, pour un courrier venu de personne, juste de soi à soi...

06/12/2012

Un poème ouvre un monde et des mondes… Lire Messaour Boulanouar , « semeur de conscience ». Lire l’anthologie « Quand la nuit se brise ». Lire Abdelmajid Kaouah, éveilleur… Lire Ahmed Azeggah, cri en alerte...

ECRIS DE SOUR.pngPOESIE.pngANTHO 2004.png

Voici un  texte qui introduit un livre, devient la clé pour un autre (l’anthologie), et pourrait être le manifeste de ceux qui signent d’autres pages du même ensemble, pages vers des pages...  

« J’écris pour que la vie soit respectée par tous / je donne ma lumière à ceux que l’ombre étouffe / ceux qui vaincront la honte et la vermine //

j’écris pour l’homme en peine l’homme aveugl e /  l’homme fermé par la tristesse /  l’homme fermé à la splendeur du jour //

(…)

j’écris pour tous ceux qui ont pu sauver / de l’ombre et du commun naufrage /  un coin secret pour leur étoile / un clair hublot dans leurs nuages / j’écris pour la lumière qui s’impose / pour le bonheur qui se révèle / j’écris pour accomplir / pour m’accomplir au cœur de mes semblables / pour que fleurisse en nous le désert froid du mal //

 (…)

j’écris pour apaiser mon sang / mon sang violent et dur et lourd de siècles tristes /j’écris pour partager ma joie /  avec ceux qui m’écoutent //

j’écris pour être heureux pour être libre / pour tous les hommes vrais  / qui comprennent mes cris ma peine et mon espoir / J’écris pour éveiller l’azur / au fond  des yeux malades / au fond des vieux étangs de honte //

j’écris pour qu’on défende / pour qu’on respecte /  l’arbre qui monte /  le blé qui pousse / l’herbe au désert  / l’espoir des hommes »

Messaour Boulanouar ,  La meilleure force   

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Que ce poème donne déjà envie de lire l’anthologie, et le poète, puis petit à petit les œuvres disponibles des auteurs cités… Un texte, un livre, et des livres dans un autre livre (extraits et titres qui vont s’ouvrir : des pages vers des pages…).

Il peut suffire d’un texte pour entrer dans une œuvre, en saisir la force, la nécessité, l’évidence. Par ce texte lu, on entre dans l'univers poétique de Messaoud Boulanouar, et le poète entre dans le monde intérieur de ceux qui le découvrent, alchimie transformatrice.

Donc ce texte est la clé d’un livre, celui de son auteur, mais aussi de tout un ouvrage, cette "Anthologie de la poésie algérienne" dirigée par Abdelmajid Kaouah. Ensemble au titre d'espoir au titre d’espoir et désespoir en même temps, superbe titre, « Quand la nuit se brise », POINTS, 2012.

Sur l’auteur de l’anthologie, qui est aussi poète, voir la fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdelmadjid_Kaouah  (Avec une biographie, une bibliographie, et une citation de Tahar Djaout  (Les Mots migrateurs, anthologie, Alger, 1984). Extrait : « L'écriture d'Abdelmadjid Kaouah possède un souffle indéniablement épique, quelque chose comme le rythme d'une marche vers une destination où l'homme demeure la préoccupation essentielle. ». Consulter aussi l'article de LIMAG : http://www.limag.refer.org/Volumes/Kaouah.htm

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Autre page que je retiendrai, une note sur le site Texture (Michel Baglin), qui cite Serge Pey faisant l’éloge de l’écrivain (« Abdelmajid Kaouah, du journalisme à la poésie »), et donne à lire quelques textes du poète, dont je reprends un fragment : http://baglinmichel.over-blog.com/article-30951492.html ( Serge Pey : « La poésie d'Abdelmadjid Kaouah se fait avec les os et le sang de l'air, les yeux de l'eau, les mains du feu. Partout où il y a de l'amour et de la lutte pour l'amour. La poésie de Kaouah est un chemin vers la liberté. Elle nous rappelle qu'il faut arriver au plus profond de soi, dans son lointain territoire intime pour soudain trouver l'autre et sa langue. » // Abdelmajid Kaouah  : « oui il faut se lever chaque matin / à une heure humaine / mais à quelle halante horloge / expier les pétales calcinés  »)

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BLOG de l’auteur de l’anthologie, johablogspotcom-kaouah : http://wwwjohablogspotcom-kaouah.blogspot.fr

Sur ce blog, une très belle page d’Abdelmajid KAOUAH analyse la poésie de Messaour BOULANOUAR. L’auteur en cite quelques fragments, rappelant une publication trop ancienne, 1963, aux Editions du Scorpion, et la nécessité d’une lecture intégrale (à rendre de nouveau possible…), pour que les citations brèves ne nous fassent pas comprendre cette œuvre de manière réductrice, ne nous amènent pas à la trahir, quand sa dimension transcende toute lecture : http://wwwjohablogspotcom-kaouah.blogspot.fr/search?q=Messaour+Boulanouar  (« Dans les poèmes gorgés de réel circule aussi un flot spirituel charriant foi et sueur humaines. Un lieu fertile (où l’épi lourd et plein à la tête pesante / remplace l’épi vide et triste). / Mais comment résumer un poème de deux cents pages fournies, une prise de parole agitée par une famine de silence séculaire ? » (…) « Il n’y d’autre issue, d’autre justice que de l’entendre intégralement. L’ironie, si un jour l’édition se piquait au jeu, voudrait que l’on remonte à La meilleure force, enfantée avant Serkadji. Si justice se pouvait pour le poète. / Entre l’oued et les remparts El Kheïr demeure.» )

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Fiche wikipedia sur le poète MESSAOUR Boulanouar. (Avec des avis de poètes : citations de Jean Sénac, Tahar Djaout, Arezki Metref ; des citations du poète, sur sa conception de l’écriture, de la poésie ; des références bibliographiques – dont le rappel de titres d’anthologies, mais un seul lien externe) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Messaour_Boulanouar  (« Messaour Boulanouar, né le 11 février 1933 à Sour El-Ghozlane (Bouira), est un poète algérien de langue française, compagnon d'écriture de ses amis Kateb Yacine et Jean Sénac. Dans la littérature algérienne, il appartient à la génération qui a vécu sous le colonialisme et accompagné la guerre de libération menant à l'indépendance de l'Algérie. Comme Kateb Yacine, il signe ses recueils de son nom, Messaour, puis de son prénom, Boulanouar. ») CITATION : « Je n'écris pas pour me distraire ni pour distraire les autres. je reste semeur de conscience. ». ENTRETIEN avec Tahar Djaout, Algérie-Actualité.

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EVEILLEURS.  Danielle CATALA et Abdelmajid KAOUAH lisent le très beau poème « Arrêtez », d’Ahmed AZEGGAH, et d’autres textes (R.Boudjedra,  A. Djebar...) :  http://l.apres.over-blog.com/article-danielle-catala-et-abdelmadjid-kaouah-du-coeur-et-de-l-ame-106461251.html 

22/11/2012

« Le poète ne dit qu’un seul mot… », Pierre Jean Jouve

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«Le poète ne dit qu’un seul mot toute sa vie

Quand il parvient à le desceller des orages».

Pierre Jean Jouve

« Jouve écrivit ces vers magnifiques... (…) « Ce 'seul mot' n’est pas un mot seul, isolable, jeté une fois pour toutes, c’est un mystère lové au creux de l’intériorité. Et qui résonne avec celle des autres.

Pour Bauchau, poète, auteur dramatique et romancier, ce 'mot' aussi existe et il tenta de le 'desceller'. Quant aux 'orages', il les voit agissant au plus profond de l’inconscient, dans les souvenirs d’enfance retravaillés, dans les presciences de la mythologie grecque… »

Bruno Frappat

« Les poètes et la Sibylle », La Croix, 22-11-12, par Bruno Frappat (critique du livre de Henry Bauchau, « Pierre et Blanche, Souvenirs sur Pierre Jean Jouve et Blanche Reverchon »). 

05/11/2012

Le poète Jacques DUPIN est mort le 27 octobre à 85 ans

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Juste donner à lire articles et citations… pour aller, ou revenir, vers les livres…

« Dehors, les charniers occupent le lit des fleuves perdus sous la terre. La roche qui se délite est la sœur du ciel qui se fend. L’événement devance les présages, et l’oiseau attaque l’oiseau. (...) 

   Ce que je vois et que je tais m’épouvante. Ce dont je parle, et que j’ignore, me délivre. Ne me délivre pas. Toutes mes nuits suffiront-elles à décomposer cet éclair ? O visage aperçu, inexorable et martelé par l’air aveugle et blanc ! »  (…)

« Ivre, ayant renversé ta charrue, tu as pris le soc pour un astre, et la terre t’a donné raison. »

  Jacques Dupin, Lichens

Revue de presse :

« Jacques Dupin, biographe de Miro et poète est mort », L’Express, 29-10-2012 : http://www.lexpress.fr/culture/livre/jacques-dupin-biographe-de-miro-et-poete-est-mort_1180887.html (« Le poète et grand spécialiste d'art Jacques Dupin, biographe de Miro et proche de Giacometti, Bacon, Tàpies mais aussi René Char ou Paul Auster, est décédé samedi à Paris, à l'âge de 85 ans. »)

Même journal, L’Express, un portrait de l’écrivain, en 2001, « Jacques Dupin, le forgeron des mots » : http://www.lexpress.fr/culture/livre/jacques-dupin-le-forgeron-des-mots_804239.html (« Galeriste et critique d'art spécialiste de Miró, le poète livre depuis cinquante ans un combat intime avec le langage. »)

« La mort de Jacques Dupin », Nouvel Obs, 19-10-2012 : http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20121029.OBS7410/la-mort-de-jacques-dupin.html  (« Grand critique d'art et grand poète, l'ami de René Char et Francis Bacon avait 85 ans. » / « Jacques Dupin est mort samedi 27 octobre à Paris. Certains retiendront qu’il était poète, ami de René Char ou Yves Bonnefoy, auteur de recueils comme «Echancré», «le Grésil», «Ecart» ou «Coudrier». D’autres se rappelleront plus volontiers le spécialiste d’art, biographe de Miro et proche de Giacometti, qui a offert les murs de la galerie Lelong, dont il était le cofondateur, à Tapiès ou Bacon./ Il faudra en fait se souvenir de lui comme d'un artiste qui a abrité en lui les passions conjointes de l’écriture et de la peinture, deux activités connexes, au fond. »)

Le Monde (page Disparitions), 01-11-2012, « Jacques Dupin, critique d’art et poète » :  http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2012/11/01/jac...        (« Il avait fait de son œuvre âpre et lyrique, "succession nécessaire de ruptures, de dérives, d'embrasements", écrivait-il, un dialogue fécond et constant avec les grands poètes et peintres de son temps. » (…)  Il continue de creuser le sillon d'une poésie abrupte, nourrie de matières et de couleurs, traversée par des images d'effondrements, ou d'Eboulements (titre de son unique pièce de théâtre), hantée par des lieux à pic, comme l'Ardèche, le Japon et les Pyrénées. L'embrasure (Gallimard, 1969), De singes et de mouches (Gallimard, 1983) témoignent de sa poétique radicale, aiguisée – une poésie qu'il définit comme étant du " refus " : " le poète ne s'approprie rien, il s'appauvrit de tout" »)

Libération, 29-10-12, « Jacques Dupin, feu poète du refus », par Eric Loret : http://www.liberation.fr/culture/2012/10/29/jacques-dupin-feu-poete-du-refus_856859 (« Disparition. Admiré par Paul Auster, l’auteur était un des derniers grands d’un genre sacrifié » / « Les grands textes, les grands écrivains, ne se lèvent pas seuls, pas sur un fond de désolation. Ils sont génération. » / « Le poète Jacques Dupin, ami d’André du Bouchet, de Pierre Reverdy, de Philippe Jaccottet, d’Henri Michaux ou de Michel Leiris est mort samedi à l’âge de 85 ans. On ne sait si son nom dira encore quelque chose. Les poètes sont désormais tous disparus pour les médias et l’industrie du livre. De la famille littéraire à laquelle il appartenait, descendante de René Char, seul Yves Bonnefoy veille encore. L’université appela «littérale» la poésie de ces amis, qui estimaient que la langue ne peut rejoindre l’être, sinon dans l’attente infinie. »

Le Journal des Arts, 30-10-12, « Décès du galeriste et poète Jacques Dupin » : http://www.lejournaldesarts.fr/site/archives/docs_article/105174/deces-du-galeriste-et-poete-jacques-dupin.php (« Poète reconnu, Jacques Dupin s’était vu consacré une exposition en 1992 par le centre international de poésie de Marseille. Son œuvre littéraire donnera également lieu à un colloque à l’Université Lille III en 1995, qui sera publié sous le titre de L’injonction silencieuse. »)

......... SITES....

Page éditeur, chez POL - qui le publie depuis 1986 : http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=auteur&numauteur=64

DOSSIER, sur remue.net : http://remue.net/spip.php?rubrique90 (Etudes, commentaires, et le poème Lichens - bilingue)

 BioBibliographie, sur poezibao : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2006/02/jacques_dupin.html

Et des textes (anthologie permanente de poezibao) comme celui-ci (extrait) :

« si je le dois je le fais

 je ne dois rien je le fais

l’encre devient invisible

l’espace de l’écriture
une cage électrifiée

qui soude persécuteur
et persécuté »
Jacques Dupin, Sept poèmes, revue Action Poétique n° 172, juin 2003, p. 4.

Plusieurs pages sur Terres de femmes... http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2007/03/4_mars... 

BioBibliographie, sur wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Dupin#Po.C3.A9sie

Citation de Jacques Dupin, sur evene.fr : http://www.evene.fr/celebre/biographie/jacques-dupin-4068.php : "Expérience sans mesure, inexpiable, la poésie ne comble pas mais au contraire approfondit toujours le manque et le tourment qui la suscitent."

........REVUES........

ENTRETIEN. Propos recueillis par Valéry Hugotte, pour la revue Prétexte : Sur la poésie : « Je pense qu'elle se situe, quel que soit le monde, dans la contestation, dans le contre-pouvoir, dans la négation de l'horreur qui se perpétue. Elle est, par son absence, sa blancheur, sa barre de fer chauffée à blanc, le seul horizon qui se pose radicalement contre : l'oppression, les massacres, le viol, la magouille, l'exclusion, le racisme, le trafic d'armes et d'organes, la prostitution des enfants, le génocide, etc... le catalogue est ouvert, est béant... »

Texture.  Lecture de « Ballast » par Bernard Mazo, « Jacques Dupin ou  ‘’l’injonction silencieuse’’ du poème » : http://revue-texture.fr/spip.php?article246

Le Magazine littérairesur « Ballast » : http://www.magazine-litteraire.com/critique/poesie/ballast-jacques-dupin-19-11-2010-31862

Dans Le Matricule des Anges, article d’Emmanuel Laugier sur « Matière du Souffle »lmda.net : http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=3441

.........BLOGS........  

Page sur le blog de Claude Chambardunnecessairemalentendu : http://www.unnecessairemalentendu.com/archive/2012/10/29/jacques-dupin.html  (des liens, un texte).

Jacques Dupin, par Léon Mazzella, sur son blog Kally Vasco (Preuve qu’on peut être l’auteur du « Parler pied-noir » et de l’anthologie « Si tu meurs avant moi je te tue ! » - ouvrages précieux sur une langue populaire inventive et métisse, parlée surtout, écrite aussi - et s’intéresser à la Langue haute, dans les sommets de l’écriture exigeante, abrupte même parfois) : http://leonmazzella.hautetfort.com/archive/2012/11/03/jacques-dupin.html

In memoriam Jacques Dupin, sur le blog d’Alain Freixe, lapoesieetsesentours : http://lapoesieetsesentours.blogspirit.com/archive/2012/10/29/in-memoriam-jacques-dupin.html (Et cette CITATION, en exergue : « "Je n'ai jamais avancé que dans l'ignorance de tout, ce que je sais, je le dilapide en marchant et je suis au bout du chemin" »)

« L’impossible catharsis de Jacques Dupin (Ecart, POL)», par Bernard Simeone, sur maulpoix.net  : http://www.maulpoix.net/dupin.html

« Le poète troglodyte : avec Jacques Dupin dans la proximité du murmure », Ta résonance, blog martinritman.blogspot :  http://martinritman.blogspot.fr/2012/10/le-poete-troglody...

16/03/2012

Le Japon, un an après la catastrophe

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La presse mêle les articles sur l’anniversaire de la catastrophe nucléaire et les pages culturelles d’hommage au Japon, en relation avec le Salon du livre. Cela interfère évidemment : infos et littérature ou mangas, tout se croise. Et même quand les œuvres ne parlent pas de Fukushima directement, ou sont très antérieures, on lit et on évoque malgré soi d’autres sens, comme en déchiffrement d’une trame fatale, de 1945 à aujourd’hui. Ainsi, ce haïku de Kobayashi Issa, dit Issa (XIXè siècle) : « En ce monde nous marchons / sur le toit de l’enfer / et regardons les fleurs ». Ou, XXè siècle, celui-ci, de  Ishihara Yakka  : « La mort en ce printemps / doit jouer / sur les rivages du ciel ». Ou cet autre,  de Morita Tomoko : « Elle cherche et trouve / les lèvres de la plaie --- / la main de l’homme ».

Un blog francophone (mais avec des liens vers la presse japonaise anglophone) fait le point sur le drame nucléaire de Fukushima et ses conséquences, démonte les désinformations : http://fukushima.over-blog.fr/  

Articles… « Des vies brisées par un mal invisible », le Japon un an après, Le JDD, 11-03-2012 : http://www.lejdd.fr/International/Asie/Actualite/A-Fukushima-entre-destins-brises-et-vies-disloquees-493551/  (« La vie à Minamisoma ne tient plus qu’à un souffle. Celui du vent qui charrie au loin la poussière radioactive. » Le médecin qui se sacrifie, et les remarques sur les carences du pouvoir, la blogueuse qui perd ses dents, la mère qui apprend que sa fille est gravement atteinte, ceux qui survivent, et s’interrogent…)

Kenzaburô Ôé, prix Nobel de littérature 1994, lutte pour la fin du nucléaire. Le Monde des livres, entretien, 16-03-2012,  « Sommes-nous un peuple aussi facile à berner ? » : http://www.lemonde.fr/livres/article/2012/03/15/kenzaburo-oe-sommes-nous-un-peuple-aussi-facile-a-berner_1669357_3260.html  (« Car cette crise ne se réduit pas au désastre de Fukushima. Le plus désespérant pour moi est la "conspiration du silence" des compagnies d'électricité, des administrations, du gouvernement et des médias pour cacher les dangers. Depuis mars 2011 ont été dévoilés tant de mensonges - et il y en a probablement d'autres... La révélation de cette complicité des élites pour dissimuler la vérité me bouleverse. Sommes-nous un peuple aussi facile à berner ? »)

Le Japon est l’invité du Salon du livre 2012. Littérature et Culture manga...

Echo... Hiroshima, 1955, 10 ans après la bombe atomique. BD, manga, Le pays des cerisiers, de Fumiyo Kouno : http://www.actuabd.com/Le-Pays-des-cerisiers-Fumiyo-Kouno-Kana (« Évidemment, un titre vient immédiatemment à l’esprit si l’on pense à manga et à bombe atomique, celui de Gen d’Hiroshima, la série de Keiji Nakazawa actuellement en cours de publication chez Vertige Graphic. Mais là où Nakazawa s’inspirait de sa vie et de celle de sa famille pour nous faire partager l’horreur de la bombe, Fumiyo Kouno, une mangaka née en 1964 à Hiroshima même, fait œuvre de fiction. »)

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APPEL  INTERNATIONAL . Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima : des crimes contre l’humanité. En français : http://fukushima.over-blog.fr/article-appel-international-hiroshima-tchernobyl-fukushima-des-crimes-contre-l-humanite-101458831.html  Et en anglais : http://fukushima.over-blog.fr/article-international-appeal-hiroshima-chernobyl-fukushima-crimes-against-humanity-101394506.html

27/12/2011

Henry Bauchau, Tentatives de louange

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« Accorde-moi, comme aux Rois mages, de connaître l'étoile
/ Du brûlant, brûlant amour
/ Que je connaisse enfin la libre efflorescence qui est, qui est là, qui est toi,
/ O silencieux, souterrain, souverain Seigneur des eaux, des plantes, des vivants
/ Et de la nourriture de tous. »

Henry Bauchau, Tentatives de louange, poèmes

Actes Sud, coll. Le Souffle de l’esprit, 2011

Ecrits de 2009-2010, recueil publié dans l’année des 99 ans de l’auteur

ACTES SUD : http://www.actes-sud.fr/catalogue/religions-et-spirituali... (Présentation EDITEUR : « Textes de sagesse et de gratitude, Tentatives de louange est une ode à la fragilité, un éloge du doute, une interrogation sur l'essentiel de la vie. »)

Le Choix des bibliothécaires : http://www.lechoixdesbibliothecaires.com/livre-111990-ten...  

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Ce livre paraît en même temps que L’Enfant rieur, même éditeur. Le premier ouvrage d’Henry Bauchau fut publié à 45 ans, et le succès vint plus tard, près de ses 70 ans. Patiemment une œuvre s’est construite, avec exigence. Mais qu’aurait compté la hâte, quand le temps d’écrire se confond avec le temps d’être, qui n’est que lente maturation…

29/11/2011

A poèmes ouverts. Parcours d’un livre. Choix de citations…

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A poèmes ouverts. Anthologie. 50 poètes français présentés par Jean-Pierre Siméon pour Le Printemps des Poètes. Ed. Points, 2008 http://www.lecerclepoints.com/livre-poemes-ouverts-collec...

Ma lecture, pour un choix très subjectif : mes fragments préférés(mais, d’abord, les absences que je repère…).

Jean-Pierre Siméon dit proposer un  « échantillon de voix ». Et, dit-il, de la poésie, «… C’est ça la poésie, d’abord et surtout, une questionneuse enragée. Moins il y a de réponses, plus elle interroge… ». Puis : « … Si vous vous dites : ‘C’est bien ma langue mais je n’ai jamais vu ma langue dans cet état’, probable que vous êtes en face d’un poème. »

 (Mais…  il y a de grands absents, cependant, dans cette  intéressante anthologie. Ainsi, Bonnefoy, Clot, Xuereb… Je mets trois liens ci-dessous pour compenser ce manque.)

Yves BONNEFOY : http://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Bonnefoy

René-Jean CLOT : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9-Jean_Clot

Jean-Claude XUEREB  :  http://xuereb-p oesie.pagesperso-orange.fr/  ]

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Parcours. CITATIONS :

Dans cette ville où tout se vend je suis le vent / je suis la marge. / (…)  / Comprenez-vous que dans mon chant ce qui chante /  c’est le silence ? / Je n’existe pas à plein temps. Je suis avec ce qui commence.  Marc ALYN, Avec ce qui commence                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

Celui qui marche d’un pas lent dans la rue de l’exil  / C’est toi  / C’est moi  / Regarde-le bien, ce n’est qu’un homme / Qu’importe le temps, la ressemblance, le sourire au bout des larmes l’étranger a toujours un ciel froissé au fond des yeux   Tahar BEN JELLOUN, Eloge de l’autre

Lutteur il souffle sur des tisons /  son visage mal géré par la nuit  Aimé CESAIRE, Mort à l’aube

La gare pickpocket déleste de leur passé ceux qui la traversent / Sans savoir vers où le verrou du soleil va s’ouvrir / Et quelle liberté en secret peut cicatriser notre vie.  Charles DOBZYNSKI, Gare de l’Est                                                                                                               

on ne dort pas / on trie on écrit on pétrit on assemble (…) le poème aussi est / façon de voir venir / du fond du sombre / les mots comme un ciel d’aube   Antoine EMAZ, Sous les étoiles exactement                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  

peut-être que l’espoir / n’est qu’une entaille dans la chair / une étincelle sans futur / dans la mémoire   Claude ESTEBAN

Marcheur à Paris tu te cognes aux blessures / ouvertes au trépan chaque jour pour travaux     Ludovic JANVIER                     

et pourquoi naguère n’ai-je pas été là / pour empêcher que survienne / l’épreuve qui t’a laissé cette fêlure (…) et pourtant tu es ma blessure / c’est toi qui me fais grandir   Charles JULIET, Ton regard ta voix                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    

Tu descends le chemin de mon sang / comme un caravanier / la route de la soie / Lorsque tu tomberas de mes hanches / mille ans auront passé   Anise KOLTZ

Cela dit / c’est de persister qu’il s’agit / Ne pas oublier (…)Protéger de ses poèmes nus / la flamme de la petite bougie    Abdellatif LAABI, La flamme de la petite bougie

J’ai laissé sur le sol mes armes / de chasseur / et tout mon silence durci sur le feu / nu contre le sol / je cherche à être la terre / le support de l’étoile du matin   Luis MIZON

Khayâm, je crois te lire  en Bonnefoy / La poésie dure comme sortilège   Azadée NICHAPOUR, Quatre quatrains pour Omar Khayâm

ce qui restera caché / cette chose est devant nous / qu’est-ce qu’un visage / le couvercle d’un secret  Bernard NOEL, Lumière du noir

Ce qui existe, / c’est depuis hier. / Le reste c’est du blanc.   Virgile NOVARINA, Ecrits de nuit pour noctiluque                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

Dans une valise idéale /  on peut ranger tout l’univers / la troupe engloutie des étoiles / une seule fourmi  / un seul amour   Serge PEY

 Il y a le bleu des brèches et des horizons pâles / Il y a que je pense à un figuier comme / A la perfection du sommeil  Lionel RAY, L’icône espérance

Peut-on imaginer le visage d’un arbre, d’un nuage ou / d’une flaque ? / Oui, en fermant les yeux. / Pour connaître celui des hommes, c’est pareil, il faut fermer les yeux et écouter la voix de celui qui parle…    Dominique SAMPIERO, Portrait sensible

Ces ombres qui rasent le mur /  Et passent, sont-ce mes souvenirs… ?   Léopold SEDAR SENGHOR, Brouillard

L’homme est fait de la matière de l’arc-en-ciel  /  Il est couleur (…)D’autres couleurs existent que je ne connais pas / Qui sont à l’intérieur dans les cœurs et les âmes (…)Et l’invisible aussi / Que l’homme voit si même il dit ne pas le voir / Cela qui fait de nous l’humanité / Tissage et métissage   Salah STETIE, Le Bleu de la question               

Ô cette rumeur de l’inconnu /  au coin des rues de la terre   André VELTER, Courir le monde

seul évolue l’esprit solitaire / dans les lieux déserts / aux heures vides / au fond de nuits méditatives / face à des aurores lumineuses    Kenneth WHITE, Mont-Saint-Michel, XIè siècle

06/11/2011

Liu Xia (artiste et femme de Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix, prisonnier, expose au Musée de Boulogne-Billancourt jusqu’au 9 novembre

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Liu Xia, qui écrit, peint, photographie (et qui est assignée à résidence par la justice chinoise) a le crâne rasé pour protester contre l’emprisonnement des artistes dissidents. (Liu Xiaobo, son époux, prix Nobel de la paix est en prison depuis 2009).  

« La Force Silencieuse » de Liu Xia au Musée de Boulogne-Billancourt, RSF, 03-11-2011 : (« Peintre, poète et photographe...  Liu Xia... (...)  Aujourd’hui pour la première fois, ses œuvres sont exposées publiquement à Boulogne-Billancourt. Révoltée, l’artiste a souhaité révéler au monde ses photographies »). Mise à jour, avril 2016 : les liens posés pour cette exposition ont été retirés car devenus inactifs...

Précisions sur le site de Boulogne Billancourt :  (« Les Boulonnais auront la primeur de la découverte de l’oeuvre photographique de l’artiste chinoise Liu Xia, épouse de Liu Xiaobo, qui, depuis 30 ans, se bat pour la défense des droits de l’Homme, de la démocratie, de la liberté d’expression. Très jeune, Liu Xia se passionne pour la poésie, la peinture et la photographie. »(…) « Elle n’a plus aucun contact avec l’extérieur et ne reçoit personne à l’exception des membres de sa famille. » (…) « » »Vivre avec ces poupées / Me remplit d’une force silencieuse / Quand le monde se ferme de tous côtés / Nous communiquons avec les gestes’’, écrit-elle dans un poème intitulé La Force silencieuse (1998). Commencée après son mariage (1996), cette série de photos est sa façon de communiquer avec son mari, et de contourner la censure tandis que lettres ou autres textes auraient été confisqués. »)

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MISE à JOUR avril 2016. (Bilan des infos - rares - qu'on a au sujet de Liu Xia et de Liu Xiaobo) :

Peintre, poète et photographe, recluse chez elle (en résidence surveillée depuis le prix Nobel de son mari Liu Xiaobo). Fiche wikipedia  https://fr.wikipedia.org/wiki/Liu_Xia_(artiste) 

2012. Article du Monde sur un bref entretien avec elle, pendant une pause des gardiens (rappel des circonstances, mention d’une pétition de Prix Nobel réclamant la libération de Liu Xiaobo et de sa femme, et d’une lettre d’intellectuels chinois)  : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/12/06/l... 

2013. Article du Monde, qui rend compte du procès fait au frère de Liu Xia, rétorsion en réaction aux visites de militants, pression sur elle. Précisions sur sa situation (coupée de tout, à part des visites extérieures surveillées) : prisonnière sans inculpation motivée : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/04/23/l... 

2014. Article de La Croix, sur une vidéo clandestine  qui donne des nouvelle d’elle (toujours coupée de tout, déprimée, malade) et cite les fragments d’un poème (« Est-ce un arbre ? C’est moi, toute seule. Est-ce un arbre en hiver ? C’est ainsi, durant toute l’année »). Elle lit deux poèmes (dans le corps de l’article, la vidéo, sous-titrée en anglais, mise en ligne par le PEN club) : http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/L-epouse-du-Nobel... 

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Liu Xia a finalement pu quitter la Chine, et elle est réfugiée en Allemagne.

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MISE à JOUR après le décès de Liu Xiaobo.

...... FICHE WIKIPEDIA... LIU XIAOBOdécédé le 13 juillet 2017 en prison. Le pouvoir fit disperser ses cendres dans la mer... Sa femme Liu Xia (poète et photographe) a réussi, finalement, à quitter la Chine, après bien des épreuves. Elle est réfugiée en Allemagne...  https://fr.wikipedia.org/wiki/Liu_Xiaobo 

....... Qui était le Prix Nobel de littérature Liu Xiaobo, mort en captivité ?, FranceTVinfo...  https://www.francetvinfo.fr/monde/chine/qui-etait-liu-xia...

……. ....... "L’hommage impossible", en Chine. La Chine veut effacer sa mémoire… http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20180712-chine-mort-liu-...