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22/05/2020

Publication. Ombres géométriques frôlées par le vent (photographies et textes), éds. Unicité

 
1.OMBRES.jpgFaire signe non pas vers une image déjà visible, mais vers ce non-visible qui peu à peu se trame aux lisières du visible.
Jacques Ancet, Portrait d’une ombre
 
Du flou. Du vague. Du frissonnant. De l’indécis. As-tu besoin de clarté ? Que ferais-tu du clair, du distinct ? 
Gilbert Lascault, Sans s’abolir pourtant
 
Indatable regard.
Mémoire d'horizon.
Edmond Jabès, Désir d'un commencement, Angoisse d'une seule fin
 
..........................
La genèse de ce livre est une longue histoire. 
Une série de hasards, de synchronicités, dans la succession de mes saisons mentales. 
Cela commence par la rencontre d’une artiste intéressée par mes photographies d’ombres, lors d’un salon d’automne, je crois. (Je vois encore le soleil doux sur des livres et des visages, et les feuilles rousses d’un jardin intérieur, au centre de Paris).

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21/05/2020

Origine Horizon. Superbe recueil de Stanislas Cazeneuve

1 Origine Horizon.pngautour
avide
un vase
pour les rêves
.
Je suis un cantique plus qu’un visage.
 
Stanislas Cazeneuve, Origine Horizon, La Crypte, 2019
...
Deux parties, dans ce livre. Et deux exergues.
Un vers de Jacques Dupin pour la première, "Visage sans figure", sur le visage absent, l’obscurité née de cela, en soi.
Un fragment d’Héraclite, pour la deuxième, qui lui emprunte son titre, "L’homme dans la nuit se prépare une lampe".
Tout est déjà là. 
Visage insaisissable de la mère, présence abandonnante, dans l’effacement d’elle. 
Puis celui qui écrit, fouillant dans la nuit des douleurs intimes et des questions, mais sachant dans quel processus de mise à jour il est entré. La vraie lampe dans la maison éclaire aussi le lieu de l’écriture "confidence" (il le dit, et ce mot prend une dimension particulière - c’est comme Montaigne nous parlant). La lampe symbolique, elle, s’élabore en écrivant. (On regarde autrement sa lampe, chez soi, en sortant de ce livre…).
Enfin, il y a la lumière, dans les deux exergues. 
La lampe d’Héraclite, donc, polysémique. (Magnifique fragment "recomposé" par Marcel Conche, et noté intégralement, pour introduire la partie où l'auteur se dira "outre-naissant", regardant ses mains comme "deux idéogrammes" à déchiffrer).
Pour Jacques Dupin c’est le titre du recueil qui rejoint le message d’Héraclite et la lumière; "Le corps clairvoyant" de Dupin rencontre cet "éveillé" du matin qui "touche la mort en dormant", et "éveillé"… "touche le dormant". Rimbaud, Voyant, n’est pas loin.

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18/05/2020

POÉSIE. Un recueil de Silvaine ARABO... Arcanes majeurs (sommet abouti)

2 Arabo.jpgSeconde lecture…
 
Arcanes majeurs, éd. Alcyone, 2018
 
La poésie est une mathématique mystique et voluptueuse du feu.
Carl Sandburg, Aphorismes (trad. de l’anglais américain par Alain Bosquet)
Cette définition de la poésie me paraît l’idéale entrée pour la recension d’un livre où le dragon mythique a son blason, et la poésie, par lui, son feu affirmé...
 
Dans le Tarot  de Marseille les vingt-deux arcanes sont des cartes qui représentent des réalités archétypales, personnages ou processus ou parts de l’univers (lune, soleil). Elles renvoient à des réalités intérieures de la psyché, et à des étapes dans un chemin initiatique. Riches de symbolisme, fortes d’une dynamique énergétique, c’est un univers infiniment commenté, dont les figures stylisées offrent un miroir à qui veut s’y interroger. 
Mais Silvaine Arabo a créé son propre référentiel d’arcanes (que la plasticienne Claudine Goux a mis en images).
Ici il n’y a pas vingt-deux arcanes mais quinze. Peu de personnages, trois - le roi, la reine (la mère), le mage. Un animal (l’oiseau). Tous les autres sont des éléments de la nature (vents, forêt, ozone…). C’est un tarot chamanique, commençant et finissant par un Chant.

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17/05/2020

POÉSIE. Un recueil de Silvaine ARABO... Au fil du labyrinthe (pour commencer)

1 Arabo.jpgDe  Au Fil du labyrinthe aux Arcanes majeurs, en passant par les Marines résiliences, ce sont deux livres et trois chemins intérieurs tracés par Silvaine Arabo. Et de l’un à l’autre un itinéraire secret se dévoile, autant à celle qui écrit qu’au lecteur. Car ce sont les mots qui mettent au jour ce qui se déroulait en partie inconsciemment. Mais quand je note "inconsciemment", je pense, bien sûr, d’abord, à l’inconscient individuel qui agit en nous, épurant nos émotions, et créant notre identité en nous affrontant à nos douleurs et à nos ombres. Mais aussi à deux autres réalités de ce qu’on nomme "inconscient". Individuel, encore, ce non-su de notre centre le plus haut, ce Soi qui guide et cache sa connaissance, jusqu’à ce que des signes et synchronicités tressent un langage qu’on entend. Et, tel que Jung l’a explicité, autre inconscient, la part collective de nos imaginaires, mythes et savoirs. Le parcours personnel, dans sa réalité la plus noble, est une initiation qui, petit à petit, connecte ces trois espaces et crée une résonance qui va faire sens. Alors le "Je" sait qui il est. C’est à lire cela que Silvaine Arabo invite dans ces livres. Et c’est certainement parce qu’elle pressentait en avoir les clés qu’elle a décidé, des décennies après les avoir écrits, de porter à un éditeur des textes si anciens. Ainsi, ont paru, à un an d’intervalle, deux recueils  séparés par cinquante années.
(La photographie de couverture est de Silvaine Arabo)

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13/05/2020

Lire ERRI DE LUCA. "Europe mes mises à feu", "Le samedi de la terre", et les poèmes...

1. EUROPE De Luca.jpgLes cendres du froid sont dans le feu qui chante le refus.
René Char
Feuillets d’Hypnos (recueil dédicacé à Albert Camus)
 
Voici notre vie pétrie sans levain,
du pain envoyé sur les visages des eaux.
Erri De Luca
Aller simple, 2002, Seghers, bilingue (trad. Danièle Valin, parution du recueil en même temps en Italie)
 
L’univers était liquide, il fut divisé en deux,
un dessus et un dessous d’eaux,
avec le firmament au milieu.
Erri De Luca
Œuvre sur l’eau, 2012, Gallimard, bilingue (trad. Danièle Valin, recueil paru en 2005 en Italie)

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12/05/2020

POÉSIE. Saraswati 10, parcours de citations...

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Je commence par les citations hors textes, choix de l’édition qui dit une orientation (éthique, esthétique, philosophique, spirituelle). Ces phrases d’auteurs sont des signes posés entre les différentes parties (les onze chapitres des réponses aux questions), séparées aussi par des poèmes. C’est un peu une discrète réponse indirecte aux questions par l’éditrice, Silvaine Arabo. J’en retiens ce à quoi j’adhère plus (parfois je ne copie qu’un fragment d’une citation plus longue…).
Je remets les couvertures d’autres numéros de la revue, en lien visuel entre ces deux notes.

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10/05/2020

POÉSIE. Saraswati, retour sur une revue de 2009 (une somme...)

2 Saraswati.jpg"Le travail mené par Silvaine Arabo est de passion et de don de soi. Il est totalement voué au Poème, à travers tout ce que ce mot contient de capacité constructive. Par le Poème, Silvaine Arabo, ancienne directrice de feu les éditions de l'Atlantique, qui éditèrent par exemple Michel Host ou les traductions de Claude Mourthé, entend la peinture, la sculpture, les poèmes, mais aussi les animaux et tout ce que la vie contient de palpitation et de sacré."
Gwen Garnier-Duguy, Recours au poème, 07-09-2014 (début d'une chronique sur le numéro 13 de la revue Saraswati).
J’ai choisi cette citation en exergue, car elle me semble traduire précisément la démarche de l’éditrice (et poète)... https://www.recoursaupoeme.fr/saraswati-revue-de-poesie-d...

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09/05/2020

Deux poésies sur La macchina sognante, site italien de littérature du monde...

-1070359074.jpegLa macchina sognante est un site italien, une revue en ligne de littérature du monde, dont deux coeurs actifs sont Pina Piccolo et Sana Darghmouni, avec toute une équipe (liste dans la présentation du site, "Chi siamo"). Je viens d'y être traduite, dans le numéro 18, pour deux textes, par Sana Darghmouni, universitaire et traductrice à Bologne. Un poème et des fragments accompagnés de deux autoportraits et d’une brève bio-biblio. Publication bilingue. Après avoir lu cette page ouvrir les autres, pour un grand voyage littéraire. C'est émouvant, ce partage avec l'Italie, alors qu'on vit des épreuves communes… Et c’est une expérience particulière que la lecture des textes en deux langues… 

Le poème est « Arrêtez »  (publié d’abord dans la revue À L’Index), précédé de deux exergues, citations d’Ahmed Azeggah et de René-Jean Clot. Les fragments sont le début d’un recueil de 2018, publié chez pré#carré éditeur (et épuisé), en exergue une citation de Jean-Claude Tardif.

Je note le début du poème (les exergues et le texte entier sont sur le site), et je reprends un des fragments de l’ensemble « 36 traversées d’aubes crépusculaires », le 6. Exergue et autres fragments sur le site. 

En italien et français. 

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15/04/2020

Coronavirus. Quoi faire ? Des LIENS, des LIENS, des LIENS…

2 contagions.jpg"Notre tâche d'homme est de trouver les quelques formules qui apaiseront l'angoisse infinie des âmes libres. Nous avons à recoudre ce qui est déchiré, à rendre la justice imaginable dans un monde si évidemment injuste, le bonheur significatif pour des peuples empoisonnés par le malheur du siècle. Naturellement, c'est une tâche surhumaine. Mais on appelle surhumaines les tâches que les hommes mettent longtemps à accomplir, voilà tout" .
 Albert Camus, Les Amandiers / L’Été
 
Les quatre notes qui précèdent sur l’épidémie que nous vivons (et les débats ou questions que cela entraîne) ne sont que le tiers ou quart des traces de mes recherches sur ce Covid-19 et l’autour de... J’ai beaucoup lu, trié, cherché, vérifié, et fini par élaborer plusieurs listes que je pose en association avec ces notes. Cette recherche est ma participation, pour ce blog, au partage solidaire que l’épidémie rend nécessaire. Chacun y trouvera ce qu’il voudra (ou ne voudra pas). Je ne retiens que ce que je connais (notamment pour des propositions concrètes et des méthodes). 
Je les mets en tête, elles vont donc repousser plus bas des liens concernant des droits humains, des recensions littéraires, des blogs tissés, des sites. Plus bas la poésie, la photographie, la spiritualité, la laïcité, etc. Mais toujours là.
Ces listes (alors en brouillons cachés) m’ont déjà servi à retrouver vite de quoi répondre à une question, démonter un fake, retrouver une référence, relire et réfléchir. Ce sont pour moi des outils. Offerts à ceux qui s’en saisiront. Comme des cailloux dans la forêt des journées de cette période… Pour, chacun de son côté, 'recoudre ce qui est déchiré'.

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25/11/2019

Tao-tö king. À lire et relire...

1 TAO .jpgCitations... 
" Tout être porte sur son dos l'obscurité et serre 
dans ses bras la lumière." "Seul le rien s'insère dans ce qui n'a pas de failles.
À quoi je reconnais l'efficace du non-agir." "Le Tao caché n'a pas de nom. Et pourtant c'est lui
seul qui soutient et parachève tous les êtres."
Lao-Tseu
Absolu sommet. Le taoïsme essentiel. L'écriture nue
qui ne se perd jamais en dispersions inutiles. J'en ai
deux volumes. Relus et relus. Celui de la collection
Idées de Gallimard, poche. (Deux cent pages, dont
une cinquantaine pour la préface d'Étiemble). Et
celui des Mille-Et-Une-Nuits. Bilingue, pour 4 euros
environ. Avec 55 notes et une brève postface de
Catherine Despeux.
Deux traductions différentes.
Celle de Liou Kia-Hway pour Idées/Gallimard
et celle de Stanislas Julien pour Mille-Et-Une-Nuits. "Livre de la Voie et de la Vertu"... Trace d'un sage méditant passé de l'autre côté du miroir de la conscience.
Ne pas prendre le mot "vertu" au sens qu'aimeraient les pudibonds.
Ni la "voie" comme un chemin figé. Bien au contraire.

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-S...

28/07/2019

ABÉCÉDAIRE (citations pour penser). De É comme écriture (inclusive ? ) à T comme transparence, en passant par P comme planète

écriture inclusive,experts,normes,pédagogie,poésie,psychanalyse,rêves,transparence,citationsÉCRITURE INCLUSIVE ou LANGUE PRISE en OTAGE ? "Ils confondent les signes de la langue qui servent à distinguer des types de mots avec ce qu’ils désignent dans l’extralinguistique (ce qu’on nomme le "réel" en psychanalyse) : "masculin" et "féminin" en grammaire ne signifient pas "homme" et "femme"."
Tribune (d'universitaires), Le vertuisme égalitariste l’emporte sur le bon sens (titre papier), Le Monde, 12-07-2019
.
ÉCRITURE INCLUSIVE en QUESTIONS. Point de vue critique. 
"L’idée que le genre grammatical masculin et le genre biologique masculin sont homologues est profondément inexacte. (…) La taie d’oreiller n’est pas plus féminine que l’oreiller. (…) Rendre les langues coupables de solidarités avec des volontés idéologiques est un raccourci trop facile. (…) On peut être irrévocablement féministe - c’est mon cas - et absolument rétive à l’écriture inclusive. (…) L’écriture inclusive est impossible à moraliser et dévoie les signes de ponctuation et typographiques."
Danièle Manesse, entretien, Le masculin de la langue n’est pas le masculin du monde sensible, Le Monde, 31-05-2019. (Livre : Le féminin et le masculin dans la langue. L’écriture inclusive en questions. ESF)

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27/07/2019

ABÉCÉDAIRE (citations pour penser). De A, comme antisémitisme à V comme valeurs, en passant par H comme humanitaire (Syrie !), et M comme migrants.

antisémitisme,économie,haine,indifférence,mafia,migrants,planète,tyrans,valeurs,gomorra,citations,humanitaire,syrie"La haine du Juif n’est pas une simple xénophobie ou une haine traditionnelle. (…) L’antisémite reproche au Juif d’être ce qu’il aurait dû être. (…) La figure du Juif ce n’est pas que la figure de l’autre, c’est l’autre qui me ressemble trop. Cela renvoie tout un chacun au fait qu’il y a de l’autre en lui. (…) L’antisémitisme n’est pas le problème des Juifs mais celui des antisémites, de la nation, de ceux qui ferment les yeux et de ceux qui nourrissent l’antisémitisme."
Delphine Horvilleur, rabbin, Le Figaro, 14-02-2019. Entretien au sujet de son livre, Réflexions sur la question antisémite, Grasset, 2019...

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24/07/2019

Des faits. Céline, Voyage au bout du nazisme. Preuves.

1. TAGUIEFF.jpgA lire, CITATIONS et liens… Les FAITS, les preuves...
 
Annnick Duraffour, chronique, CAIRN-info, 2013… "Il assiste au meeting de Doriot du 1er février 42. La presse doriotiste se flatte de sa présence en publiant une photographie ainsi légendée : 'Le grand écrivain Louis-Ferdnand Céline a assisté à la réunion du Vel d'Hiv. Le voici suivant avec émotion l'exposé de Jacques Doriot.' " (...) "Nous voyons en lui un spécimen de ce que l'humanité peut porter de plus vil et de plus dangereux pour les autres. Céline est dans la littérature française une exception sinistre..." (Informations, dans ce texte, sur les dénonciations de Juifs par Céline. Et précisions sur la volonté de faire pression pour faire appliquer des méthodes radicales d'épuration ethnique...   
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Entretien avec Pierre-André Taguieff
, L’Express, 2018. "Céline, agent d’influence nazi"… 
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Tribune de Pierre-André Taguieff, FigaroVox, 2018. "Céline, collaborateur enthousiaste du régime nazi."..
"L'admiration pieuse et inconditionnelle pour le « génie littéraire » nommé Céline, avec son cortège de légendes fabriquées par le « grantécrivain » lui-même, a longtemps fait partie du culturellement correct. Le snobisme célinophile permettait aux esprits grégaires de se prendre pour des aventuriers de l'esprit, des anticonformistes d’élite.’’ (…)''De Faurisson à Sollers en passant par Nabe et Soral, des marginaux aux installés de la célinerie, les prédicants célinistes ont tous entonné le credo victimaire."
…………………
"Voyage au bout du nazisme ? ". Article, Libération, juillet 2019 (Le point d’interrogation est supprimé d’évidence par le compte-rendu qui est fait des émissions de France-Culture…). Donc, Voyage au bout du nazisme, oui. Excellent article.
"La question n’est pas celle d’un Céline antisémite, ce qu’il est de toute évidence, mais celle d’un Céline militant activement pour Hitler." (…) "Dans ses Pamphlets Céline épouse clairement le nazisme. C’est chez lui une conviction." (…) "Quand on lit Bagatelles pour un massacre… on retrouve toutes les idées nazies, dites avec une force expressive qui n’existe même pas dans la littérature nazie elle-même." (Citations de Johann Chapoutot, historien, auteur de "Comprendre le nazisme", c’est-à-dire mettre du savoir sur l’ombre, et "La révolution culturelle nazie", qui analyse la pensée nazie, le processus de sa mise en œuvre). L’article montre, dans le dernier paragraphe, en reprenant les observations de l’historien cité ici,  que les obsessions nazies de Céline sont toujours présentes dans l’extrême droite, sous ses différentes facettes. 
………..
"L’écrivain fasciste Louis-Ferdinand Céline", Par Robert Paris, MatièreRévolution, 2016…
Des citations qui suffisent à situer...
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Article. "Autoportrait de Céline en salaud délirant", Le Monde,  05-07-19. (Au sujet des Cahiers de prison)… 
"Écrites en 1946, au moment des bilans humains de la guerre, ces phrases composent en vérité l’autoportrait d’un salaud aveuglé par un délire persistant : un salaud en détresse, mais qui refuse obstinément d’admettre que le pire a eu lieu et qu’il en a été partie prenante."
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Céline, sur Robert Desnos. Sommation... 
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LIVRES
céline,louis-ferdinand céline,nazisme,collaboration,fascisme,extrême droite,citations,livres,annnick duraffour,pierre-andré taguieff,voyage au bout de l’abject,voyage au bout du nazisme,l’écrivain fasciste louis-ferdinand céline,la race,le juif"Céline, la race, le Juif".Livre  d’Annick Duraffour et Pierre-André Taguieff, éd. Fayard, 1-2-2017
"Avec Céline, c’est tout un imaginaire raciste, antisémite et complotiste qui se livre à l’observation. Se montre ici le fonctionnement d’un esprit raidi dans un réseau de préjugés et de convictions inébranlables…" (…) "Ce livre est une somme, le livre de référence que l’on attendait sur le cas Céline. Il croise la lecture des textes avec l’histoire intellectuelle et politique. Une étude critique, rompant avec les habituelles approches, plus ou moins apologétiques. L’érudition y est mise au service de la volonté de clarifier et de comprendre."
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De Patrick Lepetit, "Voyage au bout de l'abject. Louis-Ferdinand Céline, antisémite et antimaçon", éd. Atelier de création libertaire, 01-07-2017. Sur le "premier des révisionnistes, véritable pousse-au-crime"... 
……...
Recension du livre de Patrick Lepetit, note de blog
"Voyage au bout de l'abject ne fait que confirmer ce que l'on savait déjà. Le bouquin n'en reste pas moins essentiel car le combat est loin d'être terminé."
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Écho tragique. "D’Asperger, nazi, assassin d’enfants", Le Monde, 29-03-19.
Edith Sheffer dit, dans son livre "Les enfants d'Asperger", qui était ce psychiatre autrichien nazi qui a donné son nom à un autisme (mot inventé, autisme, par un psychiatre suisse pour caractériser un repli sur soi psychotique, et détourné par Asperger). Comment peut-on encore utiliser ce nom, Asperger, pour qualifier des personnes ?

18/07/2019

"Énigmes du seuil". Ou "prendre place dans une part d'infini"...

      rio di maria,l’arbre à paroles,poésie,citations,infini,métaphysique,le capital des mots,patrick lowie,portrait onirique,énigmes du seuilje dessine mon ombre 
     à l’encre de mon corps
chargé de pages d’incertitudes
     à incendier le futur
                    Rio Di Maria
         Énigmes du seuil, L’Arbre à paroles, 2018
(Dans ses dessins, nombreux, un théâtre magique, quelque chose qui fait penser au métissage culturel du continent sud-américain, une hispanité indienne. Mais il vit depuis presque toujours en Belgique, et ses origines sont italiennes, de Sicile. J’ai trouvé, pourtant, une parenté, dans ces dessins, avec la psychomagie d’Alejandro Jodorowsky, éblouissant artiste franco-chilien).  
 
L’épitaphe est une dédicace offerte à ses proches, en forme de message sur la conscience d’être. « Nous ne serons jamais que poèmes inachevés ». C’est très beau. Poèmes inachevés, au pluriel, mais aussi au singulier, donc lui. Éthique de vie. Se construire comme une œuvre d’art en inachèvement perpétuel, comme un corps-conscience imprégné de mots en gestation. « Que » poèmes… Mais écrire cela n’est pas réducteur, c’est mettre l’accent sur la nécessité de savoir ce qui en nous doit se vivre comme présence en devenir. Mise en garde. Ne pas se laisser perdre au mirage, social ou autre, d’une réalisation dont il faudrait se contenter. Et plus loin dans le recueil il écrit que « La vie s’accomplit en multiples métamorphoses. » 
 
Le poème qui donne son titre au recueil de Rio Di Maria, Énigmes du seuil, superbe, est très mystérieux. De quoi proposer de nombreuses interprétations possibles. J’y lis une interrogation métaphysique. Qu’y a-t-il à la source originelle de tout, dans « l’antarctique du premier langage » ? N’est-ce que « grand sommeil », « néant » ? Et la « maison vide » invoquée, est-ce l’univers sans l’évidence d’un Dieu qui réponde ? Le seuil est-il passage vers l’absence de tout sens ? Ou porte à ouvrir en nous pour accéder à ce premier langage et le déchiffrer ? « Énigmes ». Donc possibles sens offerts. Savoir qu’on ne sait pas et chercher. Savoir qu’on peut saisir des parts de signification. Il semble que tout le livre soit une tentative de déchiffrement de l’énigme plurielle d’un seuil métaphysique, porte ouvrant autant en soi qu’au-dehors. De ce monde intérieur et extérieur (et de la connexion entre les deux) les oiseaux seraient les alchimistes. « Comment dire l’explosion de prévisions des oiseaux ? » 
 
La clé serait la capacité « d’être ailleurs ». Mais quel est cet ailleurs ? Cela veut-il signifier la difficulté de se libérer de soi-même, du moi apparent qui n’est pas l’âme haute, du corps prisonnier de la matière ? Ou est-ce dire la nécessité de savoir être les autres, en empathie avec l’étranger pareil à soi, mais qui se situe dans un « ailleurs » à traduire ? L’autre espace est-il « un pays d’oracles fantômes », un « pays déchiré ». Ou au contraire un lointain qui s’en échappe ? Car il évoque de texte en texte un monde de « hurlements », dans des « orages de neige », un monde entre violence et beauté, le réel mêlé à un univers de « songes ». Comme si affronter la cassure entre le réel et ses ombres, d’un côté, et un rêve de lumière, de l’autre, était l’enjeu de l’écriture.  
 
Alors, pour le réussir, vivre d’abord en soi la genèse du processus en œuvre. « Chaque jour / faire table rase de tout et renaître autre ». Il faut se délivrer des mémoires qui encombrent, pour arriver neuf à la page. Et se délivrer aussi des silences qui ne sont pas encore l’accès au silence fondateur d’écriture. « Oublier le passé / et ses rubis de silence ». Le poète, homme, cherche en lui, par l’oubli, l’éclosion de la part féminine qui se posera dans le « Contre à la mort ». Présence du réel du monde autant que des paraboles de l’imaginaire. Il parle de « Devenir / celui qui oscille dans l’urgente image / floue et inguérissable ». Osciller. Assumer l’aller-retour entre des réels qui s’opposent, et les dire. Car « il fait noir », dans ce réel, par « l’ombre guerrière ». Parce que dans vivre et écrire, d’un côté il y a le mot « guerre », synthèse de tout, et de l’autre le mot « infini ». Car le « Je » du poète, qui se parle à lui-même, est « À l’écoute / derrière la porte des doutes », s’imprégnant des « sanglots des comètes ». Comme si l'univers se pensait à travers lui, souffrant de l’état du monde. Dimension cosmique de l’humain, présente dans tout le livre. Les messagers en sont le soleil, les oiseaux, les galaxies. Pour un dialogue avec le « silence de l’immensité ». Énigmes, mais présence. Malgré l’incertitude.
 
Et « Basta ! ». Le cri est assumé, contre ce qui anéantit, met l’humain sous tutelle. Mais il envoie sa « lettre-bouteille à la mer-éternité ». Et... « l’accident c’est survivre », dit un poème dédié à Bernard Noël. Paradoxe. On écrit face à la mort, de soi, des autres. Et face à un « labyrinthe intérieur ». Celui de soi, de l’autre, cet « apatride » intime autant qu’errant étranger. Métaphore des exils terrestres et des exils de l'être, « la mer émigre en sa préface »… Il mentionne au moins deux fois la « terreur » de notre nature éphémère. Et pourtant, derniers vers du dernier poème, magnifique fin ouverte à l’espoir… On a la réponse métaphysique…
«  … l’impalpable cosmos
 Dans une goutte d’eau intemporelle
toutes ses créations finissent par devenir UN ». 
Rio Di Maria, Énigmes du seuil, page 148
 
MC San Juan
 
PAGE de la Maison de la Poésie d’Amay, Belgique. Énigmes du seuil…  
 
CARTE D'IDENTITÉ LITTÉRAIRE. Sa page sur Le Capital des mots, revue de poésie...
 
Portrait onirique, par Patrick Lowie (plus un lien)... 

07/07/2019

"La réalité telle qu'elle est"... "Paroles de méditation".

1 PAROLES.jpgLa sagesse consiste à parler de la réalité telle qu’elle est et agir selon notre nature véritable.                                                                     Héraclite 

                       (cité dans Paroles de méditation, Albin Michel, coll. Carnets de sagesse)

 
Dans son introduction Marc de Smedt dit que la découverte des textes de grands sages d’Orient a été le déclencheur de son envie de pratiquer les techniques de méditation dont leurs paroles étaient en quelque sorte issues.    « Mon univers philosophique s’élargit à l’infini », écrit-il. De la pratique (il mentionne le yoga et le zen - zazen, l’assise) il dit surtout ceci : immobilité, respiration, silence. Les citations qui suivent sont, dit-il, des paroles de grands méditants, « choisies pour éclairer notre route et notre assise méditatrice ».
 
J’en retiens certaines (dont celle posée en exergue).
...
Ne cherchez pas la voie chez les autres.
                              Maître Tozan
 
Le ciel et la terre ont les mêmes racines.
Le ciel et la terre et notre ego ont la même source.
Toutes les existences sont un seul esprit, un seul corps.
                                     Maître Dogen
 
Le vieil arbre mort au coeur de la montagne
précipite son corps au-dessus de l’abîme sans fond.
(…)
Dénudé par les tempêtes, il a traversé dix mille hivers.
Seule subsiste l’essence de l’arbre.
                                  Kodo Sawaki
 
Parce que l’esprit d’éveil est l’origine de toute activité réelle, il apparaît naturellement et automatiquement de lui-même. Il ne peut être défini ni par l’existence ni par la non-existence.
                                                                       Taisen Deshimaru
 
Ayant médité la formation des Trois Corps en soi, 
J’ai oublié de songer à l’espoir et à la crainte.
Ayant médité cette vie et l’au-delà,
J’ai oublié la crainte de la naissance et de la mort.
(…)
Ayant fait de mon corps mon propre monastère,
J’ai oublié le monastère de la ville.
Ayant adopté l’esprit sans la lettre,
J’ai oublié de disséquer les mots.
                                    Milarepa 
 
As-tu mis ton être au diapason de la grande souffrance de l’humanité, ô candidat à la lumière ? 
                                                     La Sagesse du Grand Sentier
 
À l’intérieur du cosmos, au sein de l’univers, se trouve un trésor. Il se cache à l’intérieur du corps.
                                                                Maître Ummon
 
Il n’y a pas de structure à changer, seulement se libérer de la complicité avec la structure.
                                                                 Yvan Amar
 
Ce que nous appelons « je », 
n’est qu’une porte battante
qui va et vient
quand nous inspirons 
et quand nous expirions.
              Suzuki Roski
 
A la fin du livre, une bibliographie donne les sources des textes. 
Et, comme toujours pour cette collection, l’iconographie est très belle.
 
LIENS... 
Sur Babelio une série de couvertures de la collection…
 
Sur le site d’Albin Michel, rubrique Spiritualités. (En recherche noter : Paroles de… Et tous les titres de la collection viennent)...