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22/03/2017

Mortel printemps… Si doux.

mms_img-1573165880.jpgMortel printemps… Si doux, annonciateur d’encore plus de douceur. Mais signe de l’éphémère. Tourne le temps, viennent les fleurs, le rose, une autre lumière. -1070359136.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

 

Mortel, au sens de fort, passion de vie, savoir de mort. mms_img-510984261.jpgInstants de parfums, de silence contemplatif, de rêve, pourquoi pas?

 

 

 

 

 

 

 

Paradoxe de ces joies qui sont contemporaines des douleurs voisines ou lointaines… La beauté est là, tranquille, mais tout peut exploser, si passe un fou d’une haine ou d’une autre. mms_img-257479403.jpgEt les fleurs sont aussi ailleurs, entre les pierres, malgré les persécutions, les exécutions, les bombes…
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Alors on choisira le grand écart permanent. On militera, on écrira, on méditera… 

 

 

 

Regardant les arbres et la lumière d'un jardin.

03/05/2016

Jean-Claude Xuereb. Répondre aux questions graves...

XUEREB.gif« Aux questions les plus graves, nous répondons, en fin de compte, par notre existence entière. Ce que l’on dit entre temps n’a aucune valeur, car lorsque tout est achevé, on répond avec l’ensemble de sa vie aux questions que le monde vous a posées. »

Sándor Márai, Les Braises 

En exergue à son ouvrage, « Le jour ni l’heure », Jean-Claude Xuereb a choisi de poser cette pensée profonde d’un écrivain hongrois au destin douloureux, dans les secousses de l’Histoire, Sándor Márai. Antifasciste qui doit fuir son pays, puis homme inquiet et déçu quand le régime communiste s’installe en Hongrie. Longtemps méconnu, puis enfin révélé. Solitude et deuils, et permanence d’une cohérence, d’une fidélité à ses valeurs. 

Jean-Claude Xuereb nous parle évidemment à travers cela. Lui aussi l’Histoire l’a bousculé, lui aussi vit des deuils (c’est évoqué dans certains poèmes du recueil, et se croisent là mots pour dire attachements et mémoire, mots pour questionner la vie, le sens). Les années passant, nous dit-il à travers le choix de cet exergue, on pense au bilan de sa vie, de son oeuvre : comment a-t-on répondu aux épreuves, aux événements, quelles réponses a-t-on données pour dépasser les traumatismes et échapper aux pièges des faux miroirs idéologiques? A-t-on su répondre, contre la haine des vengeurs dans les secousses du temps? 

De belles rencontres : Albert Camus, René Char, Jamel Eddine Bencheikh… Et, en 1970, l’éditeur René Rougerie - auquel il rend hommage en lui dédicaçant un grand poème (« Job ou les avatars du corps-poème ». Titre où j’entends comme un écho des interrogations de Jean Sénac, terrien de la même Algérie méditerranéenne. En exergue, non au livre mais au poème, page 37, à côté de Raymond Guilhem (« Attrait du vide »… « Mon corps privé de lendemain »…« néant d’étoiles »… ), Albert Camus, fraternelle référence et… horizon philosophique qui veut dépasser le désespoir du vide et de l’absurde (étape et non fin dans le cheminement de pensée de l’écrivain philosophe), projet éthique de l’humaniste qu’est Camus (« Il faut imager Sisyphe heureux »). Le mythe camusien de Sisyphe associé à l’éditeur, et au « corps-poème », juste après la citation de Guilhem, pour qui « Un dieu ne tendra pas la main ». Comment, pour celui qui se dit (avec un peu de distance ironique) « mécréant », penser la fin de tout et de soi, la fin, comme celle de l’éditeur ami, René Rougerie? Et comment penser le retour de l’écriture, de poème en poème, de recueil en recueil? Le livre comme un mont qu’on gravit, un mont intérieur : à chaque fois autre et semblable dans l’exigence, Sisyphe reprend l’effort répété. 

Mais Jean Rousselot écrivit « On peut mourir / la gorge obstruée par un cachet d’espérance » et c’est ce qui introduit le très beau poème « Pour ainsi dire », page 7. Refuser ce qui serait, pense-t-il (« mécréant »!) le mensonge d’un faux rêve. Mais regarder, à travers les objets qui sont là, ce qui est signe que « l’ancre » a été posée vraiment « au défi des exils successifs », que le soleil est amical (« comparse » comme l’amour).

Mais qui est, page 15, le « prophète / non reconnu des siens »? Est-ce le poète, dont « la trace messagère » n’est pas suffisamment comprise, les poètes étant souvent voués aux signes « que nul ne déchiffre »? A ces « lointains d’indicible »? (Comme l’écrivain Sándor Márai le fut longtemps).

Ceci est aussi l’exil, ou une conséquence de l’exil. 

Méditation devant le miroir, page 18, pour questionner « le sens du verbe ‘réfléchir’ » et chercher en soi l’être essentiel derrière un reflet ou ce qu’on perçoit comme masque de soi-même (car le temps altère le visage, et se reconnaît-on?). Alors qu’en soi c’est « un enfant qui pleure » les deuils (page 65), mais un enfant qui a gardé le privilège de l’accord avec le soleil natif, retrouvé où qu’il soit.

Est-ce surtout le poète, ou surtout, simplement, l’homme de chair, le père, le grand-père (poème offert à ses petits-fils, page 21) qui hésite entre l’effacement (page 56) et la trace (page 57) ?  « Il faudrait se délester pas à pas » écrit-il page 60. 

Alors que (exergue, page 53, Léon Tolstoï, « Les hommes sont comme des rivières »). Mais, « coup de dé » le hasard a fait naître dans un lieu dévasté par les « purulences de l’Histoire ». Oui, Algérie native, longue guerre, conflits et terreurs, déchirements, exil.  Plusieurs textes l’évoquent, si on sait, et c’est un balancement entre mémoire d’autrefois et mémoire de retour, pour un « site revisité ». Importance des lieux, comme ce Ravin de la Femme Sauvage, évoqué dans ces « Horizons de l’enfance », page 49. Mais. « je n’ai reconnu que le ciel »… Importance des êtres : Augustin « mon frère de Thagaste et Carthage », page 45. Repère. Augustin, frère de cette « Terre violente » (page 46), violente mais « Terre d’amour »… Pour laquelle la mémoire est déchirée par les souvenirs de supplices. 

René-Jean Clot chanta sa douloureuse « ...Patrie de Sel », Albert Camus grava, dans le temps d’une guerre que l’on peut penser aussi comme guerre civile, ses « Chroniques algériennes » de dénonciation de l’injuste. Et je pourrais citer une litanie de témoins (Pélégri, Roy, Cardinal, Roblès, Audisio, Marcello-Fabri, Sénac, Vircondelet, et Dib, Feraoun, Haddad, Boulanouar, Yacine, Azeggah, Djaout, Alloula, Gréki, Kréa, Martinez, Amrouche, etc.). 

Jean-Claude Xuereb, lui, distille des inscriptions qui invoquent l’Histoire d’une terre, l’identité d’errants méditerranéens, ancrés ou déplacés. Et il le fait de telle façon que tout natif le reconnaîtra comme frère d’algérianité, mais que cette réalité est transmutée en vérité universelle sur la planète de tous les exilés. Nimrod, que je viens de lire, comprendrait. Tchad, Algérie, îles, lointain… qu’importe. L’homme qui écrit aime les arbres et les oiseaux, même s’il dit ne pas avoir réussi à les apprivoiser… ces oiseaux libres des jardins ou des chemins. Mais quand? Aux « horizons de l’enfance » d’avant ou de l’enfance en soi, qui perdure, avec les images de son ciel d’autrefois? 

Magnifique ouvrage… Grande oeuvre. Impossible de lire dans l’ordre ces poèmes. Il faut tourner les pages et revenir en arrière pour saisir le sens de ce qui fait aller-retour et se cache puis se révèle… Et relire. 

Chaque livre des poètes est un morceau de testament. Tout est présent à chaque fois. Plus ou moins consciemment. Et plus la vie avance et plus c’est le cas. Mais pour cet ouvrage c’est une évidence dès le choix de l’exergue. Ce qui compte le plus doit être dit. Ce qui dot être tracé doit l’être absolument sans attendre. Dire les proximités, les solitudes, les tensions de l’écriture (Sisyphe…!) pour capter même ce qu’on ne sait. Les mots, l’amour, le soleil, la mémoire des suppliciés. Parce que la révolte est aussi un devoir, celle de Camus, celle des Justes. Et c’est le camp de Jean-Claude Xuereb.

J’ai une tendresse particulière pour un recueil (qui semble épuisé chez Rougerie), « Pouvoir des clés », livre où il réaffirme le programme d’une écriture qui se veut « outil de lucidité » (page 25). Avec l’humilité de celui qui espère que les Clés s’ouvrent, pour « oser persévérer » à écrire. Car la poésie vient avec ses clés, ou pas : mystère du courage de poursuivre. Je retrouve dans cet ouvrage le « pays natal », le désir de la mer, le soleil, les oiseaux et les arbres. Et les questions « graves »,  incessantes, pour une ontologie de l’écriture et du regard sur vivre, être, passer. 

Dans « Pouvoir des clés » les mots sont « lavés ». Dans « Le jour ni l’heure », encore plus, sont lavés les mots et l’être, le réel des paysages et des destins. La lucidité est affutée : encore plus. L’écriture demeure, le style est reconnaissable, mais l’intensité est autre : Sisyphe a gravi la montagne et le ciel des lieux est aussi un ciel du sens. Très grand livre, vraiment. Car le lecteur, qu’il soit mécréant ou mystique, sera, lisant, lui aussi devant un miroir et la buée du temps, vers l’inéluctable fin. Lui aussi devra interroger sa vie, ce qu’il restera de ses choix à sa mort(dont il ne sait ni "le jour ni l’heure"). Valeur. Traces. Et textes, s’il écrit.

(Et je ne peux que mentionner l’avant-propos, deux pages, au poème-livre d’Anne-Lise Blanchard, Le Bleu violent de la vie, éd. Orage-Lagune-Express, 2004. Texte émouvant, sur l’exil et l’héritage des blessures, la parole des générations qui suivent…) 

Fiche wikipediahttps://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Xuereb 

Page sur le site du Printemps des poètes : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Xuereb 

Dossier, revue Phoenix, Marseille, numéro 15, automne 2014. Commande possible de numéros antérieurs... http://www.revuephoenix.com/auteurs/jean-claude-xuereb.html 

Page de blog, celui d’Abdelmadjid Kaouah (auteur d’une anthologie de la poésie algérienne, « Quand la nuit se brise », Points), Joha : http://wwwjohablogspotcom-kaouah.blogspot.fr/2012/02/jean... 

Portrait, par Jacques Basse (portrait, poème et note) : http://www.jacques-basse.net/2008/09/23/jean-claude-xuereb/ 

Page sur Recours au poème (avec deux textes : Ce qui bouge, et Regain) : http://www.recoursaupoeme.fr/poètes/jean-claude-xuereb 

Nombreuses pages correspondant à des parutions dans diverses revues de poésie, comme Sillages, Texture, etc.

LIVRES publiés par les éditions Rougerie : http://www.editions-rougerie.fr 

.... MISE à JOUR 03-06-2016... Jean-Claude Xuereb, par Jean-Louis Vidal. Coll. Présence de la poésie, éd. des Vanneaux...  http://les.vanneaux.free.fr 

.... NOTE © MC San Juan (Trames nomades) 

Posée aussi... page Facebook : https://www.facebook.com/TramesNomades 

04/12/2015

"Frères et soeurs d'infortune"... en rencontre profonde d'humanité essentielle

Ombre chaîne NUIT attentat.jpgJai lu ce texte d’abord dans Marianne du 4 décembre, rubrique Journal des lecteurs. Je le retrouve en ligne sur un blog. (Je l'introduis, avec, en exergue, cette photographie qui interroge nos chaînes, nos ombres, le refus des chaînes... Mais la capacité de voir l'ombre, et donc la lumière...).

Danielle Michel-Chich, née en Algérie, qui a perdu une jambe à cinq ans en 1956 lors de l’attentat du Milk Bar, écrit aux blessés du 13 novembre. Car, si on a pensé beaucoup aux morts, absence irréversible, douleur infinie des proches, demeurent les blessés, si nombreux, dont certains le sont très gravement, et on peut se douter que des corps seront irrémédiablement atteints. Danielle Michel-Chich sait, pour le vivre, qu’on ne peut pas oublier cette atteinte, toujours présente pour rappeler le fracas terrifiant de cet instant. Terrorisme alors, terrorisme encore. Terreur telle qu’elle sidère quelque chose en soi et dans l’entourage, proche ou moins proche : communauté, concitoyens, compatriotes, et tout simplement humains, qui, même très loin, ressentent l’effet du choc, partagent. Ce choc physique et psychique se prolonge longtemps, et c’est un travail sur soi qu’en défaire ce qui serait obstacle au fait de vivre, malgré et à cause de ça, plus, encore plus, ou, simplement, vivre. Comment réagir, comment penser, et comment ne pas s’enfermer dans la haine? Sachant plus que personne les pièges et les ressources de vie qu’on trouve en soi, qu’on décide de trouver en soi, Danielle Michel-Chich s’adresse à tous ceux qui sont directement meurtris. Meurtris ils le sont par le deuil, s’ils ont perdu un proche (parfois deux, ou plus). Ils le sont par l’inquiétude et la révolte devant la souffrance de ceux qu’ils aiment, encore hospitalisés ou revenus chez eux et suivis. Devant le saccage des corps et des liens par la folie de fanatiques. Ils peuvent l’être, aussi, meurtris, par la colère. Colère contre les assassins, colère contre ceux qui n’ont pas su empêcher cela, comme l’ont exprimé fortement des pères révoltés (pourquoi n’a-t-on pas fait avant ce qu’on fait maintenant? pourquoi n’a-t-on pas pris la mesure des failles?). De la souffrance à la haine, de la colère à la haine, le fil est ténu. Parfois cela submerge, même quand on s’y refuse. Mais cela nous détruit, la haine est une prison.

Danielle Michel-Chich leur dit comment elle a réagi, les ‘choix’ qu’elle a faits (se demandant - elle met un point d’interrogation - si ce sont des choix ou un instinct vital qui a coulé sans le décider). Elle a choisi la vie, la joie, l’implication. 

Et elle leur exprime un seul souhait : qu’ils puissent éviter l’écueil de la haine.

D’elle on peut entendre cela, d’autres ce serait différent. Elle parle du lieu du partage, fraternité de douleur, d’infortune (au sens fort : ce hasard tragique qui atteint dans un instant, et aurait pu ne pas atteindre). 

Elle a un autre message : même si elle reprend le mot ‘victimes’ au début de son texte, pour dire à qui elle s’adresse, elle précise à la fin qu’elle récuse ce mot (‘étiquette salement collante’). Mot qui est une autre prison, chape de plomb qui réduit une identité singulière en la figeant dans un moment et dans un rôle. Avec le risque d’être transformé en icône d’une vision. Idéologies qui veulent leurs martyrs pour les maintenir dans leurs filets, en prétextant parfois les protéger, les soutenir. 

Elle parle de réactions à son livre, sans jugement. Dans le contexte passionnel de la mémoire de la guerre d’Algérie, les projections sont encore importantes, tant les douleurs peuvent avoir été violentes, et tous n’ont pas les mêmes ressources pour se délivrer de la haine. Certains ont peut-être désiré d’elle un partage de haine qu’elle n’a jamais proposé. Elle dit seulement que la haine empêche d’avancer. (D’autres ont vécu des drames similaires, et refusé la haine - ainsi la plasticienne Nicole Guiraud, qui a failli mourir en 1956, au Milk Bar, petite fille, et a perdu un bras. Pas de haine non plus. Mais chaque être exprime à sa façon son choix de vie : écrire, créer, militer pour la fraternité, les uns, militer contre le terrorisme, les autres) .  

Voici donc le texte si dense et fort que Danielle Michel-Chich offre aux êtres blessés du 13 novembre (corps et âmes) : « A mes jeunes frères et soeurs d’infortune » : https://blogs.mediapart.fr/danielle-michel-chich/blog/231... 

Dans une chronique du Monde, le 1er décembre, Benoît Hopquin faisait l’éloge des 130 morts, jeunes, citoyens heureux d’une Babel. Ce qu’il dit d’eux on peut le reprendre pour les vivants, les blessés, les meurtris, qui vont se reconstruire : « Ils étaient pioupious de la liesse, sentinelles du vivre-ensemble, artificiers de l’amitié, balançant encore leurs salves de rires, juste avant le drame. » Ils le seront encore, même si, comme le dit Danielle Michel-Chich, il leur faudra beaucoup de courage. Lien : http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/11/30/morts-au... 

Le processus  de reconstruction de soi et de sa vie, c’est un peu le prolongement de ce que raconte ce couple de survivants, Caroline Dos Santos et Julien Boudot : « S’extraire de l’horreur » cela va continuer...  « S’extraire de l’horreur. Hébétés, ahuris, encore dans l’épouvante. Et courir dans la nuit. Survivants! Chercher désespérément un taxi au milieu des sirènes. Et se serrer l’un contre l’autre tandis que la voiture file sur les berges de la Seine et s’éloigne de ce théâtre de guerre. Incrédules. Pleins de larmes et de frissons. Avec l’urgence de vivre. » (…) « J’oscille en permanence », dit Caroline (entre pleurs et rires). Propos recueillis par Annick Cojean : "Je t'aime, on ne doit pas mourir" Lire : http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/28... 

Humanité… Visages. Êtres émouvants, généreux. Et le mal, son mystère. Comment et pourquoi peut-on arriver à ne plus être capables de reconnaître en l’autre un visage, une conscience, un sujet? Humanisation et déshumanisation, disent Fabienne Brugère et Guillaume Le Blanc, philosophes, dans une tribune de La Croix du 1er décembre, "L'idée d'humanité" : « Dans toute société, il existe alors des processus d'humanisation portés par des valeurs et des processus de déshumanisation qui tiennent à la présence de la violence ou du mal. ‘Liberté, égalité, fraternité’  est une devise qui porte une idée de l'humanité, et qui doit s'incarner dans des processus d’humanisation… » (…) « Nous avons plus que jamais besoin de tenir ensemble, à la fois dans un même pays, mais aussi dans un univers mondialisé. Défendre les valeurs de l'humanité revient à ne pas faire des autres des ennemis, à ne pas oublier non plus l'ennemi intérieur. Le mal peut toujours être porté surtout s'il trouve les supports pour se déployer. » L’ennemi intérieur qui peut faire basculer un individu dans la folie meurtrière ou l’assassinat de masse. L’ennemi intérieur, tapi en soi, fait de rancoeurs, de ressassements, de haine plus ou moins consciente… Radicalité qui s’installe, fantasmes et théories du complot, fuite dans le jihadisme. Ou, autre radicalité jumelle, rejet de l’autre, xénophobie, projections. Le mal, qui s’insinue dans l’esprit, le langage, nourrit le meurtre dans tous les cas. Donc tentons de faire des valeurs les remparts au mal tapi dans l’ombre : http://www.la-croix.com/Archives/2015-12-01/FORUM.-L-idee...

08/11/2011

Empreintes, documentaire, France 5 : "Erik Orsenna, éloge de la curiosité", et mention d'autres films de Joël Calmettes

ORSENNA, ORSENNA  CURIOSITE.gifCAMUS DVD.gifMANDELA DVD.gif

Présentation, France 5 : « Joël Calmettes embrasse toutes les facettes de cette personnalité érudite dans un portrait au long cours, de son port d’attache breton à Jaipur, en Inde, en passant par l’Antarctique et l’Afrique. Ce film rend compte de sa quête insatiable de la connaissance, sous toutes les latitudes et sous toutes ses formes. »

Empreintes, France 5 : http://www.france5.fr/et-vous/France-5-et-vous/Les-progra...

Sélection des EXTRAITS choisis par France 5 (autres CITATIONS complètes sur la page de France 5). Paroles d’Erik Orsenna : « Naviguer, c’est inventer sa route, puisqu’il n’y a pas de route ; comme dans les livres, il n’y a pas de route. » (…) « Le monde aujourd’hui est un monde relié. Si on veut le comprendre, il faut être au courant de tous ces liens, donc il faut camper dans toutes sortes de territoires.  » (…) «  J’aime le sérieux, mais j’adore me marrer. J’aime la solitude, mais j’adore les assistances, les publics. […] Si je suis écrivain, c’est parce que je ne supporte pas d’avoir une seule vie. » (…) « Je ne supporte pas la grandiloquence. » (…) « On écrit au moins autant avec les blancs qu’avec les mots. »

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Le DVD, « Erik Orsenna, éloge de la curiosité ». Présentation de l’éditeur : « Erik Orsenna est toujours « ailleurs », là où personne ne l'attend / tour à tour écrivain, économiste, académicien, navigateur, etc. Le film se devait de rendre compte des différentes facettes d’une vie où la curiosité tient une place si centrale qu’elle la structure. Tourné au fil du temps pendant plus d’un an, construit comme une chronique, le film témoigne au plus près de son quotidien de la pluralité des activités d’Erik Orsenna. » (…) « La vie d’Erik Orsenna est aussi faite de rencontres. Dans le film, il croise Jean Audouze (astrophysicien), Abdou Diouf (ancien président de la République du Sénégal), un historien indien à Jaipur, un ouvrier dans une mine d’or au Mali, etc. Eric Orsenna est pudique. Ici pourtant il lève avec délicatesse et profondeur un voile sur les douleurs qui l’ont poussé à écrire. » (…) « Un homme en perpétuel mouvement qui trouve son équilibre, chaque jour (ou plutôt chaque nuit), dans la solitude de l’écriture. »

Chiloé Productions :  http://www.chiloe.fr/1/dvd_erik_orsenna_255066.html

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J’ai suivi cette émission passionnante. J’avais lu un bon article dans le journal La Croix du 4-11-11, mais je n’ai pas retrouvé la page sur le site. Jeanne Ferney, titrait sa chronique télé, pour cette émission, « Le ‘’Tintin’’ de la littérature » (en référence à ce qui est dit dans le film de ce surnom donné amicalement à Erik Orsenna en raison de son goût du monde et des autres, de son enthousiasme). Elle relevait le rappel de l’émission de Bernard Pivot, Apostrophes, qui, en 1988, saluait Erik Orsenna pour (note la journaliste) «… le savoir inouï et la soif de connaissance dont débordent ses écrits », en disant, elle le cite, de l’œuvre d’Orsenna « C’est un éloge de la culture générale et presque de la culture inutile. » Culture inutile, répondait Erik Orsenna, oui : car les détails comptent, tout prend sens.  

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J’ai effectivement pu constater que le message que faisait passer Orsenna était, totalement, un très bel éloge de la curiosité. Celle qui nourrit une sorte de fringale insatiable de la rencontre des êtres et des lieux du monde. Celle d’un immense élan dans sa passion pour l’Afrique : car, dit-il « L’Afrique tisse des liens. En Europe je meurs du manque de liens. ». De la curiosité il dit « Celui qui est curieux soigne le monde », en s’appuyant, parlant dans une classe à de jeunes enfants, sur l’étymologie. (Quelle bonne idée ! Bien sûr… ! En latin  ‘’curiosus’’ signifie ‘’qui a soin de’’). Aux enfants il fait chercher des mots qui commencent par ‘’cur’’, les laisse trouver ‘’cure’’, ‘’curatif’’… et, alors, pouvoir entendre - et comprendre - sa conception du regard curieux, de l’être curieux.  La curiosité, pour lui (il le dit ailleurs dans un des moments du documentaire) débouche forcément dans la nécessaire transversalité, dont il fait donc l’éloge aussi. Car comment être vraiment curieux et ouvert si on reste enfermé dans une seule spécialité, un seul rôle, une seule vie ? Ecrivain, parce que… «… je ne supporte pas d’avoir une seule vie ». Publier des livres, dit-il, lui donne aussi (ils se vendent) la liberté matérielle de faire des enquêtes, en prenant tout le temps nécessaire à la « rencontre » de l’autre et d’ailleurs, et de publier ensuite librement les résultats de ses recherches. « Etre écrivain pour cette liberté »

Bel hommage mérité, et très réussi, que ce documentaire…

Mots clés, donc : curiosité, soin, LIENS, monde relié, TISSER, rencontre,culture, connaissance, TRANSVERSALITE, sérieux, rire, solitude, publics, écriture, écrivain, vies (plusieurs en une !), publics, liberté. Clés, oui, pour une éthique du rapport aux autres et au monde.

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Autres documentaires de Joël Calmettes en DVD :

Albert Camus, la tragédie du bonheur : http://video.fnac.com/a2771535/Albert-Camus-DVD-Zone-2

Mandela, au nom de la liberté : http://video.fnac.com/a2800054/Mandela-au-nom-de-la-liberte-DVD-Zone-2

Autres titres : http://recherche.fnac.com/ia605406/Joel-Calmettes?SID=983798b8-d4d5-f39f-ead0-ae966bf399e6&UID=096F611F0-4A0A-2595-6C23-F0E13E02485E&Origin=fnac_google&OrderInSession=1&TTL=060520122324

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Plus un documentaire qui fut diffusé sur France 5 (et le DVD édité), différents auteurs :

Musulmans de France, série de films, France 5 : http://www.france5.fr/et-vous/France-5-et-vous/Mini-sites/Bonus/Musulmans-de-France/p-9331-La-serie-documentaire.htm

DVD. Présentation de l’éditeur : « Un double DVD de Musulmans de France... Edité par France Télévisions Distribution, ce coffret regroupe les trois épisodes de la série documentaire et propose, en bonus, une interview du réalisateur Karim Miské, un making of de la musique originale et des sous-titres pour sourds et malentendants. »