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27/07/2019

ABÉCÉDAIRE (citations pour penser). De A, comme antisémitisme à V comme valeurs, en passant par M, comme migrants.

 
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Delphine Horvilleur, rabbin, Le Figaro, 14-02-2019. Entretien au sujet de son livre, Réflexions sur la question antisémite, Grasset, 2019...
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ÉCONOMIE et MUTATION de CIVILISATION. "Nous vivons, à mon sens, une rupture radicale, une mutation non seulement de société mais de civilisation. Nous la vivons très mal. (…) Pour la première fois au cours de l’histoire, l’ensemble des humains n’est plus indispensable au petit nombre de ceux qui gèrent l’économie mondiale. L’économie s’investit chaque jour davantage dans la spéculation pure." 
Viviane Forrester. Entretien, Le Courrier de l’Unesco, Juin 1997. Au sujet de son livre, L’horreur économique, Fayard, 1996. 
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ÉCONOMIE et PROPHÉTIE AUTORÉALISATRICE. "En économie, il n’existe pas deux facteurs de production le capital et le travail -, mais trois : il faut y ajouter la confiance, c’est-à-dire la psychologie collective. (…)   L’économie est, bien plus que la politique, le domaine des ‘prophéties autoréalisatrices’ : penser une chose c’’est contribuer à la réaliser."
Alain Minc, essayiste, DirectSoir, 26-05-2019
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HAINE. "Les discours de haine embrasent le monde, les réseaux sociaux sont exploités pour véhiculer le sectarisme. Les mouvements néonazis et les idéologies de la suprématie blanche prolifèrent.  (…) Au cours des dernières décennies, les discours de haine ont été annonciateurs des crimes atroces qui les ont suivis, génocides compris. Je crains que le monde ne se trouve à nouveau dans une période critique de la bataille contre le démon de la haine. (…) La haine est un danger pour tous et c’est donc l’affaire de tous que de la combattre." 
António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, Le JDD, 30-06-2019
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HUMANITAIRE et droits humains. La catastrophe en SYRIE. TRIBUNE du 12-04-2018 et toujours valable, hélas… DIRE NON à la TERREUR, DIRE NON à la MORT.
Signée par Raphaël Pitti, médecin de guerre et ses collègues de l’UOSSM : Ziad Alissa et Anas Chaker
Extraits :
"Aujourd’hui, nous ne pouvons que continuer de nous indigner et de faire entendre notre voix de médecins, de soignants pour dire stop à la terreur, stop à la mort qui n’en finit pas de s’abattre, que ce soit par la voie d’armes conventionnelles ou d’attaques chimiques. Assez de ces gesticulations, de cette hypocrisie, de ces raisonnements qui visent à préserver des intérêts géopolitiques, géostratégiques ou que sais-je encore ! Mais aussi la lâcheté des autres.(…) Nous ne demandons pas d’intervention militaire, mais le respect du droit humanitaire, la reconnaissance de la catastrophe humanitaire en Syrie." (VOIR aussi la liste "SYRIE", marge gauche du blog. Plusieurs liens).
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INDIFFÉRENCE. "Les pires crimes de l’histoire ont été pour la plupart commis non par haine mais par indifférence. Ils ont été engendrés par des gens qui auraient pu faire quelque chose mais qui n’ont pas même pris la peine de lever le petit doigt. L’indifférence tue.  Peut-être que votre indifférence ne vous tuera pas, vous, mais il est probable qu’elle tuera quelqu’un d’autre."
Yuval Noah Harari, Le Monde, 24-05-2019. (Auteur de Sapiens : une brève histoire de l’humanité, Albin Michel, 2015, et de 21 leçons pour le XXIème siècle, Albin Michel, 2018.
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Roberto SavianoLe JDD, 04-03-2019, encart. 
Et entretien en ligne (Mafia et politiques), 04-03-19 (après l’assassinat du journaliste slovaque Jan Kuciak qui enquêtait sur la corruption avec la Ndrangheta)… https://www.lejdd.fr/International/roberto-saviano-les-re...
 
VOIR aussi LISTE MAFIA (plusieurs liens, marge gauche du blog)
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TYRANS, qu’on ADMET. "En ces temps de mondialisation avancée, ce qui change, c’est aussi le rapport à la tyrannie. Elle choque moins. On s’y fait et, si on ne la justifie pas, on l’admet - au nom de la lutte contre le djihadisme, de la non-ingérence, de la stabilité dans telle ou telle région ou tout simplement au nom du business." (Tyrans. Il cite… Égypte d’Al-Sissi digne de Pinochet, Arabie saoudite qui assassine et exécute en nombre, Corée du Nord, banalisée par Trump, Chine et contrôle numérique, Russie et ultra-droite…).
Alain Frachon, Chronique, Un temps de tyrans, Le Monde, 22-05-2019.
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VALEURS (ou le PIRE). "À partir du moment où nous ne sommes plus capables de savoir profondément quelles sont nos convictions, quelles sont les valeurs qu’on veut défendre au-delà du résultat à atteindre, on ne peut que se laisser entraîner sur le terrain du pire." 
Georges Lavaudant, metteur en scène. Le Monde, 27-04-2002 

26/05/2019

ÉLECTIONS EUROPÉENNES. Ou la nécessité de voter.

EUROPE.jpgParcours d’analyses importantes. Ou savoir les raisons d’un vote.
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La mort de la politique ? (Voir éditorial du Courrier international, au sujet des Gilets jaunes, refus des partis, ou refus de la politique ?).Or nous avons un choix "politique" à faire dimanche. Au sens de "conscience politique", conscience des enjeux.
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Un message d'un grand penseur qui nous dit de voter... Et de voter, aussi, dans notre intérêt individuel (quel que soit le résultat : car nous serons transformés par nos choix). Passionnant. 
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La chronique de Yuval Noah Harari (Le Monde du 24 mai 19) prolonge l'analyse proposée par Alain Frachon. C'est l'auteur d'un ouvrage important ("Sapiens : une brève histoire de l'humanité", 2015), qui réfléchit aussi, là, en tenant compte de la réalité planétaire. Et il nous interpelle, car il considère que les élections européennes sont bien plus qu'une mesure de la réalité d'un continent, mais un événement dont les enjeux (risqués) intéressent bien au-delà. Pourquoi ? Parce que, dit-il (et les Européens ne le savent pas suffisamment eux-mêmes) l'Europe a réalisé quelque chose d'unique. "L'Europe représente jusqu'ici la tentative la plus réussie de l'histoire pour trouver le bon équilibre entre intérêts nationaux, régionaux et mondiaux. (...) Elle a créé l'harmonie sans imposer l'uniformité.". Et, dit-il, "Si l'expérience européenne échoue, comment espérer que le reste du monde réussira ?" Il réfute les arguments qui expliqueraient un refus de voter. Il y a des désaccords et des refus... Et on a des reproches à faire à certains politiques. Oui. Mais on peut l'exprimer et prendre aussi la mesure de ce qui est mieux que d'autres perspectives. Ne pas choisir le pire. Et ne pas refuser de choisir pour n'avoir pas la perfection à l'horizon. Ne pas croire que tous les politiques sont corrompus ("tous pourris"). C'est faux, on ne peut dire ça. Beaucoup sont sincèrement engagés. (Mais tous ne sont pas à mettre sur le même plan. Ainsi les nazis avaient comme opposants des partis et pouvoirs qui pouvaient être critiquables, mais peu importait, il fallait les soutenir, eux, contre le pire). Et, enfin, chaque voix compte, pour la société. Et notre voix compte aussi individuellement pour nous-même (quel que soit le résultat). Et là son argument est très particulier. Votez pour vous, parce que votre choix vous changera, vous, si c'est celui du coeur. Et l'effet suivra dans votre vie. Avec des conséquences contraires suivant le choix (coeur fermé ou ouverture vers le souci d'autrui). Il utilise, dans son texte, une comparaison intéressante, contre la peur de la mondialisation. Le foot. On s'y donne des règles que tous acceptent, et on peut jouer ensemble, en gardant son identité nationale. Être à la fois en train d'agir pour son pays, ou de soutenir son équipe, et en train de partager un événement qui relève de la mondialisation. Or on peut faire la même chose dans les autres domaines (économiques, sociaux, etc.).
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Analyser, et résister. Donc ( je complète le message de la chronique ...) VOTER.
Comme souvent, la chronique d'Alain Frachon (Le Monde, 24 mai 19) donne pas mal de pistes de réflexion. Ici, à partir de ses observations, et des lectures d'historiens, de bilans d'ONG et d'analystes divers, il fait le portrait de l'état de la démocratie dans le monde. Constat inquiétant sur la montée des autocraties, et, pire, sur la banalisation qui fait "accepter", ou du moins tolérer, la fréquentation de régimes qui oppriment et tuent. Alibi de la non-ingérence (qui n'interdit pourtant pas de penser et de dire), raisons de géopolitique plus ou moins défendables, et intérêts commerciaux étouffant les options morales et les conceptions relatives aux droits humains. Sans naïveté ni angélisme au sujet des règles des relations internationales il montre cependant comment la démocratie est mise en danger dans le monde entier. Liens affichés avec des dictateurs ainsi légitimés, options éthiques écartées, modèles infamants réhabilités, tout concorde. Ce n'est pas sans causes. Crise motivée par des questions sociales (inégalités, injustices), peurs planétaires (menace climatique), bouleversements médiatiques (effets des réseaux sociaux). Alors, que faire ? Penser, analyser, réagir. L'historien Robert Darnton, nous dit Alain Frachon, parle (dans une chronique du New York Times) d'un "changement de climat politique", dans le sens du recul des démocraties, et nous conseille de relire Voltaire, pour comprendre ce qui est en jeu, processus et sens. Et un autre penseur, nous dit-il, Stephen Greenblatt (érudit d'Harvard), nous conseille, lui, la lecture de Shakespeare (on peut lire son ouvrage "Tyrans. Shakespeare raconte le XXIè siècle"). En attendant, retenons l'inquiétant constat, et résistons. Premier pas : VOTER contre ceux qui combattent les valeurs de la démocratie et sont influencés par des autocraties (d'un genre ou d'un autre).
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Quand l'extrême droite utilise la peur des réfugiés (autant que celle des migrants économiques) et que, à l'inverse, l'extrême gauche présente une réalité fantasmée des migrations et de la société française, le journal Le Parisien veut témoigner en montrant des itinéraires réels, complexes, de personnes qui viennent enrichir notre réalité et dire comment elles y voient leur intégration, sur quelles valeurs et quels partages. Trois portraits.
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Une voix qui compte. A moins de préférer être (dangereusement) amnésiques.
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Comment on voit une logique tant idéologique et politique que chronologique (histoire qui se suit) dans les alliances et les intérêts. Comme le dit la chronique, le faux patriotisme de l'extrême droite (et autres souverainistes..) est totale inféodation au Kremlin. (J'ajoute : avec le soutien d'un Bannon qui "conseille", pour d'autres intérêts et d'autres motivations.) Convergence des autoritarismes. Et on s'abstiendrait de voter ?
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Bannon est très impliqué, malgré les démentis des intéressés (RN). Dit donner des conseils au RN (et populistes ailleurs) "sur la levée de fonds", et attendre des effets sur la politique aux Usa, par ce qui adviendra en Europe. Enjeu national pour lui, et international.
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Vigilance.… Autre menace.  Informations, à lire, sur les stratégies des Frères musulmans aux Européennes. Nécessité de ne pas voter pour des listes qui seraient complaisantes avec ces idéologies.http://www.cclj.be/node/12602?fbclid=IwAR3UdtcMi1wPXICcVc1RXEd7ZLu1z8RRcrba3kYQzexmoTir2qjisR6-Kxw

03/02/2019

Gilets jaunes... Des ANALYSES, des points de vue, des questions.

« La révolte n’est pas le ressentiment ». ANALYSE de Brigitte Stora, auteur, pour le CCLJ belge (Juifs laïques). Elle décrypte les émotions en jeu, les concepts utilisés (qui traduisent quelle orientation ?), les revendications exprimées (qui signent quelle appartenance idéologique, quelle identité politique ?). Et elle prend en compte les « marges » qui, si on les néglige, empêchent de penser idéologiquement et politiquement ce qui se produit. Comment ne pas voir les dérapages antisémites, racistes, homophobes (tags, slogans, banderoles, violences et mises en question, rejets). Ceci sans jugement globalisant. Mais un courant collectif entraîne des individus qui sont pris dans la force dominante et suivent des « leaders » dont ils ne repèrent pas les composantes réelles, les itinéraires passés et les liens, les influences, les réseaux... 

Dans ce texte elle affirme d’abord une volonté de reconnaître les légitimités et le refus de réduire un mouvement à ses marges : « On ne pourra jamais réduire la colère de milliers de personnes à un mouvement ou à un mot. La complexité, les contradictions, la richesse des êtres humains est toujours plus grande qu’une définition politique. La plupart des revendications des Gilets Jaunes sont légitimes et on ne peut se détourner d’une cause en raison de ses écarts. » Mais elle refuse aussi de croire que le début avait une « pureté » idéale : les dérives étaient là tout au début. Présents, la haine, le populisme, le complotisme. A l’injustice de la violence sociale la réaction n’est pas une critique des excès du capitalisme mais, dit-elle, une « réplique » utilisant la violence en miroir sans perspectives sociales, économiques, politiques. Rejet des institutions et des partis, rejet des élites (pas celles des grands profits, pas un capitalisme cynique, non, mais les intellectuels et les politiques élus).

Les « valeurs d’émancipation » ont été moquées (« Droits de l’hommisme », « bons sentiments » et « bien-pensance ».  « Pourtant la colère populaire sans les valeurs d’émancipation, sans les organisations qui les ont portées, n’est hélas le plus souvent que la possibilité du fascisme. » 

Elle cite Albert Camus, « L’homme révolté », avec une phrase essentielle (alors qu’elle a été citée ailleurs à contretemps, confondant Histoire et actualité). Cette phrase, au contraire, parle de processus généraux, répétitifs, réalités valables à toutes les périodes de l’Histoire : « Quand le ressentiment supplante la révolte », écrivait Albert Camus dans L'Homme révolté, « alors l’on voit se lever partout la cohorte ricanante de ces petits rebelles, graines d'esclaves, qui finissent par s'offrir, aujourd'hui, sur tous les marchés d'Europe, à n'importe quelle servitude ».’

En conclusion elle note que « La haine ne signe aucune authenticité autre que celle du fascisme. » Après avoir insisté sur le fait que le plus grand mépris des manifestants Gilets jaunes est celui qui ne dénonce pas les dérives (comme si cela était part d’eux, de cette partie du peuple qui se veut (à tort) tout le peuple. Or dénoncer ce qui devait l’être (dont le cadre de l’ensemble, la dominante complotiste qui va avec les restes des failles), cela a toujours été, depuis des semaines, pris comme mépris... http://www.cclj.be/node/12270

Un regard extérieur, L’Orient le jour. Le mouvement vu du Liban… https://www.lorientlejour.com/article/1146462/democratie-...
Un questionnement, venu de Belgique; Le Soirhttps://plus.lesoir.be/199128/article/2019-01-07/gilets-j...
« L’urgence démocratique commence par le bas… », 
The conversationhttps://theconversation.com/gilets-jaunes-lurgence-democr...
La FOULE, les MOUVEMENTS de MASSE… Et le risque de la haine. Libération… https://www.liberation.fr/debats/2018/04/11/le-but-c-est-...
« L’antifascisme n’est pas une option », 
Le Mondehttps://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/15/sarah-kil...

DÉNONCER CE QUI DOIT L’ÊTRE… Cela s’est fait à partir d’enquêtes, investigations, observations, analyses. Et la simple attention à ce qu’on pouvait lire sur des pages ou entendre lors d’entretiens, de prises de parole (y compris à la télévision), cela suffisait pour faire des constats inquiétants.

Parcourir cette page pour prendre la mesure de l’influence des thèses complotistes chez les Gilets jaunes, Conspiracy Watch… https://www.conspiracywatch.info/etienne-chouard-gilets-j...

Un décryptage nuancé, Les Décodeurs, Le Monde. Vérification de 74 infos sur les PAGES Facebook des Gilets jaunes. 24 problématiques, les autres assez correctes. Mais les problèmes portent sur des sujets centraux, la répression et la « censure »… https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/01/31/d...

L’univers idéologique des Gilets jaunes…
Plongée au cœur des PAGES Facebook des GJ, Le Monde… Une France qui se sent humiliée, pas vraiment antisémite, raciste ou homophobe, mais dans la défiance des élites : « sentiment de persécution » et tendance au complotisme… https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/01/30/p...

Autre plongée dans l’univers des COMPTES Facebook des Gilets jaunes, Le Nouvel Observateur (une enquête faite par un journaliste pour la Fondation Jean Jaurès… Le constat est : « édifiant »... https://www.nouvelobs.com/politique/20190111.OBS8351/plon...

La démarche de ce décryptage, sur le site de la Fondation Jean Jaurès… https://jean-jaures.org/nos-productions/en-immersion-nume...

De nombreuses questions se posent. Dont celle des ingérences étrangères supposées (sans que la genèse du mouvement soit attribuée à des influences externes : il a sa logique et sa dynamique, avec ses causes et revendications). Mais des faits interrogent. Dont le constat sur l'activité intense de trolls russes et l'influence de sites comme Russia Today, RT, ou Sputnik. Lire l'investigation d'une journaliste finlandaise sur l'usine à trolls de Moscou... https://m.usbeketrica.com/article/les-ambitions-des-troll...

D'autre part Bannon s'installe à Bruxelles où il a un bureau et se déplace beaucoup en Europe pour soutenir les extrêmes droites. Avec M. Le Pen dans son sillage. Autre direction, même extrémisme... (Et les divers nationalistes européens soutiennent les GJ, s'affirmant en phase avec ce mouvement)... https://www.huffingtonpost.fr/2018/12/08/paris-brule-se-r...

Qu'y a -t-til derrière le RIC ? Des revendications de partis extrémistes et le militantisme ancien d'Étienne Chouard, apprécié par de nombreux Gilets jaunes. Or penser un référendum cadré pour respecter les institutions, ou rêver d'un outil pour destituer le gouvernement élu ce n'est pas la même chose. Et c'est là qu'il y a fracture entre des GJ démocrates - qui veulent améliorer la participation et rendre cette démocratie plus juste, notamment fiscalement - et des factieux (car comment le dire autrement ?) qui ne veulent pas de réformes, pas de débat, pas de démocratie représentative. Pour situer ces fractures, voir qui est ce personnage adulé par les plus  réfractaires à tout dialogue, Chouard. Lire ceci... Conspiracy watch... https://www.conspiracywatch.info/pour-francois-ruffin-eti...  Et lire cela, Huffingtonpost... https://www.huffingtonpost.fr/2018/12/19/etienne-chouard-...

Autre question, la violence. Celle des casseurs (venus pour cela, ultras), mais aussi celle de certains Gilets jaunes qui légitiment le fait d'incendier, détruire, agresser, bloquer. Et la violence verbale. Mots de haine (racisme, antisémitisme, homophobie, haine des élites, menaces). Pas une majorité, mais suffisamment pour faire nombre et inquiéter. Autre forme de violence, la durée qui coûte cher à tous, économiquement. Et la violence des armes utilisées pour maintenir l'ordre, non létales mais dangereuses (A Bauer lui-même a exprimé un désaccord). Dans un contexte où la police est exténuée par des semaines très dures et face à des gens qui viennent affronter (pas tous, non, mais trop). Un médecin a lancé une demande de moratoire. C'est à discuter... Il faut des solutions de remplacement.

Enfin, reste la réflexion que chacun doit avoir sur les perspectives. Un débat est proposé,et commencé . Peut-être même une consultation (...?). Si la société civile se saisit des outils qu'elle a, et des outils qui sont proposés là pour participer, beaucoup de pistes peuvent être ouvertes... (Pour plus de justice sociale - même si la France distribue plus que d'autres, des inégalités évidentes demeurent, précarité et travail insuffisamment reconnu, alors que des PDG ont des traitements indécents bien au-delà de ce qu'il faut pour vivre dans un luxe acceptable. Pour une fiscalité revue. Pour la laïcité respectée et les fondamentalismes combattus. Sans oublier les problèmes du logement, et le sujet de l'écologie...) MAIS en espérant que ce soit autrement que dans la posture de la revendication sans implication, dans l'attente passive de solutions venues "d'en haut". On peut inventer le "possible"... Cela passe par soi-même, pour chacun.

31/01/2018

Charlie Hebdo. Mercredi...

CHARLIE .jpgJuste trois citations, pour rappel de réalité… Ou « Ce que ces trois années ont vraiment changé »…  

"Il n'est pas normal que dans une démocratie, en temps de paix, un journal satirique, un journal d'opinion, un journal d'information, un journal de distraction, n'importe quel journal, soit contraint de vivre sous protection, qu'elle soit privée ou publique. C'est même scandaleux, car cela signifie que la liberté de la presse n'est pas pleinement assurée. La République française, qui est loin d'être parfaite, a sans doute sa part de responsabilité dans cette situation." (Gérard Biard, Charlie, 3 janvier 2018, tribune "À la manivelle"). 

 "Nous ne sommes pas des héros, seulement des humains qui croient encore dans des valeurs humaines universelles. Et cela nous donne le droit d'interpeller notre président, Emmanuel Macron, et tous ceux qui exercent en notre nom un pouvoir public. Monsieur le président, est-il bien juste que nous soyons contraints d'acheter ainsi notre vie en payant une police privée ? Et ce faisant de privatiser notre liberté et notre sécurité ? Est-il juste que la République française ne garantisse pas réellement le droit de Charlie à réunir son équipe, à réaliser son travail hebdomadaire sous la protection efficace de policiers de la République ? " (Fabrice Nicolino, dans la chronique sur les conditions de vie des journalistes dans le contexte actuel, depuis l'attentat. Charlie du 3 janvier 2018, "Ce que ces trois années ont vraiment changé").

"Arrivant du pays des mollahs, où les Indigènes de la République et les Frères musulmans pensent qu'il fait bon vivre, j'avais perdu repères et boussole." (...) "Dans mon pays d'origine, ceux qu'on désigne ici comme 'islamistes extrémistes', voire 'djihadistes', gouvernent et se revendiquent 'vrais musulmans'." (...) "Dès que Charlie m'a invitée à écrire dans le journal j'ai dit oui. Parce que nous avons les mêmes ennemis." (Chandortt Djavann, romancière et essayiste d'origine iranienne, rubrique "Papier buvard", Charlie du 3 janvier 2018).


Charlie cette semaine...  SITE. (Sommaire, textes, dessins, couverture)… https://charliehebdo.fr 

En illustration, un hors-série…

19/12/2015

CITATIONS et... TITRES. Lecture... Lecture... Lecture... (pour soi, ou pour offrir...)

« Je crois que je devine pourquoi on écrit les vrais livres. Pas pour se rendre célèbre, mais pour mieux se rendre invisible, tout en réclamant à manger le vrai noyau du monde. »

Kamel Daoud, « Meursault, contre-enquête »

Donc, des livres écrits pour se rendre invisible (que les auteurs le sachent ou pas), des livres pour pénétrer le sens enfoui du réel… (le sachant). Des livres sur mon chemin, en phase avec ce chemin…


GESTE.jpg
POÉSIE. « Le moindre geste », de Michel Bourçon, éd. pré#carré / Hervé Bougel, décembre 2015. Citations : « peut-être que la direction à prendre n’est ni en soi / ni au dehors, que le panneau indicateur se trouve / planté dans la divergence. » (…) « entre soi et les choses / quelque chose / qui ne rejoint rien » Page éditeur : http://precarrediteur.fr/?page_id=1529 

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ATTESTE.jpgPOÉSIE. (Et publication Jeunesse). « J’atteste / contre la barbarie », d’Abdellatif Laâbi, éd. Rue du Monde (avec un dossier documentaire d’Alain Serres et des dessins de Zaü). Lecture pour tous les âges. Un poème écrit après la tuerie de janvier 2015, et publié en urgence après les massacres de novembre. Livre essentiel pour affirmer un idéal d’humanité, un refus des monstruosités produites par la haine et la folie idéologique. Page éditeur : http://www.rue-des-livres.com/livre/235504404X/j_atteste....  Librairie en ligne, La Courte échelle : http://lacourteechelle.hautetfort.com/archive/2015/12/07/... 

Le Monde, article, « Parler des attentats aux jeunes lecteurs » : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/12/15/parler-des... 


Abdellatif Laâbi.jpg

POÉSIE, même auteur, Abdellatif Laâbi, « La saison manquante », Éds. de La Différence : https://www.ladifference.fr/la-saison-manquante-suivi-de-... 

 

 

et Recours au poème, recension : http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/abdellatif-laâbi-l... 

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PEN ANTHOLOGIE.jpg

 

 

 

POÉSIE. PEN club français. « Liberté de créer, liberté de crier », anthologie.

Recension, par Emmanuel Baugue, Recours au poème  http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/pen-club-français-... 

D’Emmanuel Baugue, des chroniques sur Recours au poème, dont celle sur le poète Ashraf Fayad (agir : « A propos… ». Il le dit ‘saoudien’ alors qu’il est palestinien, mais le poète a effectivement représenté l’Arabie saoudite comme poète-artiste, ancré dans le pays où il vit, donc…). Et lire aussi deux textes sur la poésie (« Contre le simulacre » et « De la poésie »). Liste après le paragraphe sur lui : http://www.recoursaupoeme.fr/users/emmanuel-baugue 

Falaises.jpgEt, de lui, un recueil, « Falaises de l’abrupt » : http://www.recoursaupoemeediteurs.com/premiers-poemes/fal...

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TURC.jpgPOÉSIE.« Août 1936. Dernier mois dans le ventre de ma mère », d'Özdemir Ince. Préface de Lionel Ray, poèmes traduits du turc par Claire Lajus, éd. A L’Index (Le livre à dire / Jean-Claude Tardif lelivreadire.blogspot.com / revue.alindex@free.fr ). Citations : « Que je puisse voir à quoi ressemble une forêt de pluie » (…) « J’attends ma naissance depuis l’origine / de l’univers, je m’attends » (…) « Je serai un révolté, si jamais je me décide, / et si je reste là pour toujours » Page sur la revue Aynahttp://revueayna.com/actualites/

NAITRE.jpgPOÉSIE. « Naître si mourir », de Hyam Yared (née à Beyrouth), éds. Mémoire d’encrier (Canada/Québec). Citations (son prologue) : « Naître de toute évidence, puisque mourir est le dernier rêve. » (…) « Car on ne meurt pas, on rejoue une dernière fois sa naissance. » Citations (poèmes) : « L’errance est mon décharnement. Nos regards / — nos déchirés. On court après nos visages. » (…) « Où tu es je suis / visage. Où peut-être / je ne suis. » (…)  « Les morts ont tous droit à l’obscure. » Page éditeur : http://memoiredencrier.com/naitre-si-mourir-hyam-yared/ 

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DIAMS.jpgESSAI. « Je ne suis pas Diam’s », de Fawzia Zouari (franco-tunisienne), éd. Stock. Citations : « Je ne suis pas Diam’s. Ni par la naissance, ni par le parcours, ni par la conception de l’islam. J’ai vu le jour en Tunisie, dans un petit village où mon père avait le titre de "cheikh" qui lui conférait une autorité religieuse. Ma mère a passé sa vie enfermée derrière les murs de sa maison et je n’ ai aperçu sa chevelure que sur son lit de mort. Vers douze ans, mes soeurs aînées ont été interdites d’ école et cloîtrées. Je me suis alors promis d’aller jusqu’au bout de mes études et de ne pas me voiler. » Page éditeurhttp://www.editions-stock.fr/je-ne-suis-pas-diams-9782234...  Articles, Jeune Afrique : http://www.jeuneafrique.com/mag/274208/culture/livres-je-...  et Kapitalis (Tunisie) : http://kapitalis.com/tunisie/2015/11/23/je-ne-suis-pas-di... 

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NUIT.jpgFRAGMENTS (prose poétique, méditation et engagement). « À ce stade de la nuit », De Maylis de Kerangal, éd. Verticales. Comment un nom entendu à la radio (Lampedusa) traverse (est traversé par) des sens divers : mémoire, rêve, et cauchemar réel, enfin. Citations : « à ce stade de la nuit je tourne toujours les pages du journal, je les balaie du regard, je repère les titres, les légendes des photographies » (…) « La nuit avance. Je suis maintenant rivée à l’île de Lampedusa comme on s’obsède d’une poussière sur une feuille vierge. » (…) « Heures nocturnes, lumière qui perle au bout des cils, fatigue extralucide, vitesse de la pensée : l’événement cristallise doucement. » (…) « Etrangement le toponyme insulaire (…) mais ce matin, matin du 3 octobre 2013, il s’est retourné comme un gant, Lampedusa concentrant en lui seul la honte et la révolte, le chagrin, désignant désormais un état du monde, un tout autre récit. » Page éditeur http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Verticales/Mi... 

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Sur le site de Charlie Hebdo (édition créée par Charlie Hebdo, Les échappés)  https://charliehebdo.fr/editions-les-echappes/ 

Diffusion librairie en ligne, Decitre  http://www.decitre.fr/livres/tout-est-pardonne-9782357661... 

…....

EUX.jpgÉDITION JEUNESSE… « Eux, c’est nous », Les éditeurs Jeunesse avec les réfugiés, éd. Cimade/Gallimard http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD-JEUNESSE/Cima... 

PETITS.jpget « Les questions des tout-petits sur les méchants », de Marie Aubinais (illustrations d’Elsa Fouquier et Anouk Rucard), éd. Bayard Jeunesse. Présentation (illustrée) du livre, blog de Liyahhttp://www.leslecturesdeliyah.com/livre-pour-enfants-ques... 

Page Bayard éducation : http://www.bayardeducation.com/article/donner-aux-enfants... 

13/01/2015

MÊME PAS PEUR !!! 11 JANVIER 2015, MARCHE HISTORIQUE...

Le MONDE couv  11 janvier.jpgLe PARISIEN LIBERTE MARCHE.jpgLIBERATION PEUPLE  2.jpgL'Humanité.jpgLA CROIX DEBOUT.jpg

 

 

 

 

Revue de presse... Quelques traces en images, titres, articles... d’un fait immense...  Des citations...   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/12/le-message-du-11-janvier_4554379_3224.html (« Le message du 11 janvier », éditorial, Le Monde du 12-01, daté 13-01-2015. Citations : « Les Français, ces jours derniers, ont adressé un message puissant au monde et aux auteurs des odieux attentats terroristes de la semaine dernière. Un message de rassemblement, un message de détermination, et surtout un message d’attachement aux valeurs qui ont été attaquées : la liberté, la tolérance, le pluralisme. Ils l’ont fait dans le calme et avec une dignité admirable. / Une fois l’émotion retombée, des questions vont se poser sur la meilleure manière de nous protéger. Comment éviter que de tels actes se reproduisent ? Comment écarter la menace ? Comment mettre les terroristes potentiels hors d’état de nuire, alors que nous savons désormais qu’ils vivent parmi nous, au sein même de notre société ? » / (...) « Il faut, bien sûr, réagir avec la plus grande fermeté. Il faut procéder à un examen sans concession des failles de notre dispositif, notamment dans le domaine du renseignement (...) » / « Mais il faut aussi éviter le piège du 11-Septembre aux Etats-Unis : celui de la « guerre mondiale contre la terreur » du président George W. Bush et d’un arsenal de répression et de surveillance sans précédent (...) » ///  Le reste de l’éditorial évoque notamment les moyens de lutte dont dispose déjà la France, la lutte contre la radicalisation, et l’Europe : « Le terrorisme islamiste doit être combattu à l’échelle européenne. ». Texte complet réservé en lecture abonnés ou sur journal papier...) 

« Le pire n'est pas toujours sûr », chronique de Gérard Courtois, Le Monde  du 12, daté 13-01-2015 : http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/01/12/le-pire-n-est-pas-toujours-sur_4554462_823448.html (Citations : « Mais dès aujourd’hui sauront-ils les uns et les autres rester à la hauteur ? Au-delà de l’émotion, gouvernement, majorité et opposition républicaine sauront-ils engager le débat aussi urgent qu’indispensable sur les remèdes à apporter au traumatisme subi par le pays ? C’est leur responsabilité. Elle reste à démontrer. » / (...) « Une nouvelle fois se posera la question de l’équilibre entre le respect des libertés démocratiques et l’efficacité de la réponse policière, à l’échelle de la France et à celle de l’Europe. » : (...) « Au-delà, une question plus large et plus lourde encore est posée : comment la France a-t-elle pu en arriver là ? » (...) « Pourquoi la République se laisse-t-elle gagner par un racisme latent et un antisémitisme odieux ? Comment empêcher que toute la communauté des musulmans de France ne soit prise en otage par les djihadistes qui ont armé le bras des assassins parisiens ? » Texte complet réservé en lecture abonnés ou sur journal papier...)

« Un élan magnifique », éditorial, par Laurent Joffrin, Libération, 12-01-2015 : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/11/un-elan-magnifique_1178617 : (Citations : «  L’espoir, avec le chagrin, marchait en tête du cortège. Dévastée, en pleurs, fatiguée du tumulte, mais chavirée par une solidarité grande comme la mer, l’équipe de Charlie a marché dans Paris, suivie par plus d’un million et demi de personnes, c’est-à-dire par la République. » (...) « La plus grande manifestation depuis la Libération ! Quelque chose d’inouï s’est passé dimanche dans les rues de France. Contre la violence, contre l’obscurantisme, contre la division des communautés, le pays de Voltaire et de Cabu s’est soulevé dans un immense élan civique. La République a été frappée au cœur. Deux jours plus tard, la République est debout. » (...) « Chacun a ressenti, au plus profond de lui-même, que tout ce qui le protège, tout ce qui lui assure une vie adulte et responsable, tout ce à quoi il croit a été attaqué par les fanatiques. Marcher pour dire non. Marcher pour être libre. » (...) « Les fractures ne sont pas seulement dans la réalité, dans la société. Elles sont dans les esprits. La bataille se joue dans les têtes. Eh bien cette mobilisation restera dans les mémoires comme une borne, un amer, un sémaphore démocratique ! Comment la faire fructifier ? C’est tout simple : combattre, tous les jours, ici et maintenant, demain et plus tard, avec force, avec patience, la peste identitaire. Chacun a droit à sa patrie, à sa religion, à sa tradition, à ses racines. » Texte complet à lire sur le site du journal.)

« Marche républicaine à Paris : une ampleur sans précédent », Libération, 11-01-2015 : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/11/en-direct-la-place-de-la-republique-noire-de-monde_1178277

« Charlie, hebdo antirécup », Libération, 12-01-2015 :   http://www.liberation.fr/societe/2015/01/11/charlie-hebdo-antirecup_1178666 (Sur les risques de récupération de la manif, réponse de chroniqueurs et dessinateurs de Charlie)

« Des réponses vraies et justes », Le Parisien, éditorial du 12-01-2015 : http://www.leparisien.fr/espace-premium/fait-du-jour/des-reponses-vraies-et-justes-12-01-2015-4438705.php (Citation : « Les immenses défilés de ces deux derniers jours sont aussi un réveil, une prise de conscience face aux erreurs ou aux errements de notre société qui ont abouti à ce que des criminels fanatiques osent venir insulter nos valeurs et chercher à saper les fondements de notre république. »)  

« Vivre libre », éditorial, par Guillaume Goubert, La Croix, 12-01-2015  (Citations : « Bravant la peur et la haine, des foules immenses d’hommes et de femmes, jeunes et moins jeunes, de toute opinion, de toute religion, de toute condition et de toute nationalité, ont marché ensemble hier à Paris et dans toute la France pour affronter la barbarie qui a tué les collaborateurs d’un journal satirique, des policiers, des clients d’un supermarché casher. Dix-sept personnes qui, comme les manifestants, étaient différentes par leurs origines, leurs convictions, leurs religions – ou leur non-religion. Et c’est bien cela qui, profondément, réunissait les manifestants, la volonté de vivre dans une société ouverte, où l’on peut librement exprimer ses opinions et pratiquer sans crainte sa religion, que l’on soit juif, chrétien ou musulman. » (...) « Ce sentiment d’unité est bien sûr terriblement fragile. Peu de chose suffira pour que les querelles et l’acrimonie reprennent le dessus. Mais il est permis d’espérer. Cela relève de chacun d’entre nous. Il faut chaque jour, partout, préférer la concorde à la division, choisir la bienveillance plutôt que la méfiance. C’est ainsi que nous serons fidèles à ceux qui sont tombés. C’est ainsi que nous vaincrons la peur et la haine. » Texte complet à lire sur le site du journal.)

16/12/2014

La solidarité humaine, c’est...

DEBOUT PAYE.png

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J’ai lu, cette semaine, dans Le Parisien, deux articles sur des jeunes impliqués de manière très positive, constructive, courageuse (courageuse, car c’est aussi renoncer à du temps égoïste pour soi, se heurter à des obstacles, ne pas toujours être compris). Lisant cela j’ai repensé à un texte de Jean Birnbaum, lu en septembre, et faisant l’éloge de cette attitude – valeur – qu’est la solidarité...  J’avais en mémoire la formule de sa conclusion... en plus du livre évoqué... « Debout-Payé » (2014, éds. Le Nouvel Attila), de Gauz...

« Solidarité vigile » était le titre de cette chronique de Jean Birnbaum, qui, dans Le Monde des livres (05-09-2014), présentait un livre singulier, où un jeune auteur, de l’intérieur, donne une voix à un monde ivoirien présent et visible dans les commerces et les rues – mais pas toujours « vu » réellement ni connu, les vigiles : http://www.lemonde.fr/livres/article/2014/09/04/solidarite-vigile_4481651_3260.html(« Debout-Payé est le roman d’Ossiri, étudiant ivoirien devenu vigile après avoir atterri sans papier en France en 1990. »)

« La solidarité humaine, c’est une certaine manière de se tenir dans le monde. Debout. » : Jean Birnbaum concluait ainsi son article pour dire l’éthique solidaire du vigile qui ici observe, comprend et aide quand il le peut : debout concrètement, physiquement, et debout, en conscience.

Pour en savoir plus sur cet ouvrage : Debout-Payé, fiche éditeur, Le Nouvel Attila : http://www.lenouvelattila.fr/debout-paye/#libraires [avec revue de presse et avis de libraires, interview de l’auteur (vidéo) et document audio (paroles de vigiles).

Et solidaires, donc, deux jeunes parmi d’autres... (Le Parisien, se fait souvent l’écho de choix positifs, de réussites témoignant d’une autre société pourtant tissée dans la nôtre, de regards d’espoir, par des portraits opposés aux clichés négatifs portés sur les jeunes, la banlieue, les cités...).  

« Ma force, elle vient de la banlieue » (Samira "femme de coeur"), Le Parisien, 12-05-2014 http://www.leparisien.fr/laparisienne/societe/samira-femme-de-coeur-ma-force-elle-vient-de-la-banlieue-12-12-2014-4368481.php

« Rémi, 16 ans, lycéen et champion de la solidarité », Le Parisien, 13-12-2014 : http://www.leparisien.fr/espace-premium/essonne-91/remi-16-ans-lyceen-et-champion-de-la-solidarite-13-12-2014-4369783.php

17/12/2013

« Quand j’ai lu Albert Camus »… Abd Al Malik…

THEATRE abd-al-malik.jpg

Merci, Abd Al Malik…

Hier soir j’ai assisté à l’hommage rendu à Camus par un lecteur intense… Abd Al Malik. Triomphe. Les spectateurs présents ont senti, compris, l’authenticité de la démarche, le lien entre cet homme jeune, pur produit de notre réalité contemporaine, qu’il transcende dans la création, dans l’écriture, et l’auteur magnifique où il se reconnaît. Il révèle comment, lui, il est concerné, comment, lui, il a été transformé par une lecture. Le choc, les points communs (misère, soleil, exigence entre souffrance, désespoir, et espoir, refus, amour, mère aimée, omniprésente, père absent, trou béant du manque, et, je crois, aussi, la double identité : partage et richesse, déchirement et tension vers un absolu).

Il répète cette phrase en litanie « Quand j’ai lu Albert Camus », puis « Après avoir lu Albert Camus ». Lecture et vécu se croisent, dans une marche sur un fil ténu, où tout pourrait basculer… Et si cette rencontre ne s’était faite, où serais-je, semble-t-il dire. Figure paternelle et message d’éthique et de force. Ou comment vivre, donner du sens, comment s’échapper du risque de mourir, quand des jeunes autour de soi meurent et que tout risquait de nous entraîner encore et encore dans les mêmes dérives mortelles.

Il parle, dit-il, à partir de sa « parcelle d’humanité » (bien grande… !), de ce refus des injustices, refus de la misère quand les autres n’en sortent pas, de la mort (on guillotine encore, rappelle-t-il, dans une longue lettre qu’il adresse à Camus, lui qui lutta contre la peine de mort, pour l’abolition). On guillotine de plusieurs façons, aussi : en abandonnant, en niant, en discriminant. 

Il cite Camus, et Jacques Martial lit Camus.

Ecran. Le visage d’Albert Camus, présence forte.

Ecran. Ombre d’un corps qui danse, magnifiquement.

Musiciens. Soutiennent la voix, sont une voix.

La Méditerranée (et Gibraltar. Alger en passant par Oujda…).

Scène. Danseurs de hip hop qui expriment la même chose, qui font écho à ce qui crie. Gestes purs, souplesse extrême : corps qui se tordent, comme enchaînés, et se libèrent, mais comme s’ils se déchiraient.  

Camus, cité par Abd Al Malik, lu par Jacques Martial, parlait de cette fausse communication où la méchanceté veut se faire passer pour de l’intelligence. Entendant cela, je repensais à une critique négative de ce spectacle, lue je ne sais plus où. On reprochait au rappeur poète de trop centrer sur lui cet hommage, comme prisonnier de son ego, et on disait être gêné par la présence des danseurs de hip hop, comme si cela ne pouvait correspondre à une parole sur un auteur comme Camus. Pourquoi donc ?  Au contraire, l’hommage tire sa force de ce rapport à soi. (Je fais le lien avec le documentaire de Joël Calmettes,  « Vivre avec Camus ». Des jeunes aussi y parlent de leur expérience, et c’est bouleversant : notamment ces jeunes qui en Algérie ont trouvé le lien avec le natif frère d’âme). Ce n’est pas piège de l’ego, mais traduction vitale : l’intellect n’est pas absent, mais l’émotion passe par le corps, c’est tripal. Les mains d’Abd Al Malik en disent autant que les mots. Et le hip hop, moi j’aime ça. J’y vois un art qui défait les armures de souffrance, qui libère corps et cœurs. Corps et cœurs qui savent des douleurs et des joies (des joies parce que des douleurs…). Car « Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre » répète inlassablement Abd Al Malik, avec la voix et les mains. Les applaudissements qui accueillent cet hommage sont aussi, forcément, adhésion à l'œuvre et à l'éthique de Camus. Cela corrige Sartre et autres faiseurs d'ombre... Abd Al Malik voudrait réconcilier Sartre et Camus (il le dit à un moment : espoir de paix entre les idées, mais certaines idées sont antinomiques...). Et rien ne peut effacer les paroles de  Sartre, son appel au meurtre, l'éloge de la violence (préface célèbre...).Un auteur mort ne peut revenir sur ses mots. Ce qui peut être apaisé c'est le rapport entre les vivants, capables de faire l'effort du pardon, et capables de cet effort paradoxal de la rencontre entre mémoire et oubli : devoir de mémoire, témoignages, mais effacement de ce qui excède, par le retour au présent... Non, on ne peut se réconcilier avec le choix du terrorisme, on ne peut que le refuser... C'est Kamel Daoud qui a raison sur ce point. En Algérie, en 1962, nous n'avons pas eu un Mandela, a-t-il écrit ( http://www.djazairess.com/fr/lqo/5191330 )... Mais, maintenant, nous pouvons tous tenter la même démarche : voir en l'autre une humanité pareille, se mettre à sa place... 

Juliette Greco fut sur scène un instant.

Amnesty international proposait, dehors, à l’étage, de signer les appels d'actions en cours.

Et en sortant on pouvait se procurer des livres ou disques. Celui tiré du spectacle (L’art et la révolte), avec quelques textes, et une note de remerciement à Catherine Camus, qui encouragea l’entreprise. Le dernier livre d’Abd Al Malik n’était plus disponible là (il est en librairie) : « L’Islam au secours de la République ». (C'est toute la démarche de paix d'Abd Al Malik, en musulman proche du soufisme, soufi, même : il veut faire passer un message positif, montrer qu'il y a une autre voie en islam, et que cette voie peut coïncider avec les valeurs et réalités de la République).  

SITE officiel d'Ab Al Malikhttp://www.abdalmalik.fr/   

03/10/2013

« Le doux parfum des temps à venir… »

parfum,essence,monde,utopie,espoir,john harvey,lyonel trouillot,roman policier,poésie,culture,citations,liberté,valeurs,bibliothèque« … La poitrine ouverte par une blessure qui recommençait à saigner, l’inconnu ne savait pas du tout vers quoi il courait, seulement à quoi il essayait d’échapper. »

Preuve vivante, John Harvey 

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« Garde tes filtres pour ta route. / Et souviens-toi qu’une femme libre est maîtresse de son parfum. »

Et

« Pour ce qui te concerne / que tu fasses serment de désobéissance à tout obstacle / ou convention / qui t’éloignerait de ton essence. »

Ou

« Danse / cueille / restitue. »

Le doux parfum des temps à venir, Lyonel Trouillot  

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Deux livres empruntés à la bibliothèque Mouffetard / Mohamed Arkoun...

Cet homme inconnu qui court, blessé, au début de ce roman policier, m’a paru la métaphore de l’état du monde actuel, et c’est pour cette phrase, lue en ouvrant l’ouvrage au hasard, que j’ai choisi de le prendre. Violence, fuite, course qui ne dit pas son sens…

Mais le poème, qui aborde pourtant la violence et la douleur à travers le récit d’une femme à  son enfant, offre un message d’espoir. Le parfum est aussi symbole d’« utopie », aura de signification, trace et promesse d’un monde à construire, pas seulement trace olfactive ou symbolique des traumatismes.  (« Tu leur diras : cherchons ensemble »). Tout n’est pas perdu, car « toute chose vivante n’est pas définitive. »  Magnifique ouvrage…  qui rentrera vite dans ma bibliothèque… (Mise à jour, 10-10-13 : c'est fait...!) Voir, Actes Sud, fiche auteur : http://www.actes-sud.fr/contributeurs/trouillot-lyonel 

Et page (Actes Sud) sur le livre... http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/le-doux-par...

17/11/2012

Solidarité...Timbres de la Croix-Rouge française...

CROIX RGE 2.pngTIMBRES CROIX-ROUGE.png2 timbres....png

 

  

« En 2012, La Poste et la Croix-Rouge française ont souhaité changer l'identité visuelle du bloc de 5 timbres-poste en faisant travailler une jeune artiste : Pénélope Bagieu, avec comme fil conducteur des valeurs telles que la générosité, l'entraide, la solidarité et la chaleur. » : http://www.laposte.net/

Soutien qui peut être décidé par beaucoup (surtaxe du bloc : 2 euros). Manière de rendre la solidarité abordable... Régulièrement des blocs de timbres Croix-Rouge sortent...

30/03/2012

FAIRE FRANCE ENSEMBLE. Pétition Respect Mag-Nouvel Obs. Le texte (et ma réflexion...)

FAIRE FRANCE ENSEMBLE.png

« Nous intellectuels, responsables ou citoyens musulmans, juifs, chrétiens ou non croyants, voulons manifester notre volonté de préserver l’unité de la nation autour des valeurs de la République dans l’épreuve que traverse le pays après les assassinats des enfants juifs, de leur professeur, et des militaires de Toulouse et de Montauban. L’heure est grave : dans cette période de campagne présidentielle, nous mettons en garde tous les candidats contre la tentation d’instrumentaliser ce drame à des fins partisanes et de diviser les Français sur des critères communautaires que nous récusons. »

SUITE du texte, et signature, sur le site petitions24.net : http://www.petitions24.net/faire_france_ensemble 

L'Appel sur Le Nouvel Observateur : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120327.OBS4745/faire-france-ensemble-signez-l-appel-du-nouvel-obs-et-respect-mag.html (avec le lien vers deux articles, dont la chronique de Jean Daniel)

Pendant que nous tentons de penser ce qui est si difficilement pensable, mais doit l’être….Et pendant que nous lisons des textes divers de contributeurs ayant des points de vue parfois très contradictoires sur ce que peut la raison devant la folie et le fanatisme meurtrier, pendant ce temps la présidentielle continue. Campagne coupée en deux par l’horreur des faits. Dans cette campagne c’est bien de dire aux candidats ce dont nous ne voulons pas. Ni abjecte instrumentalisation, ni récupérations douteuses. On le dit de plusieurs manières, dont les pétitions sont une part. Notre « je » pour exprimer nos refus, ne laisse que notre nom, perdu parmi d’autres. Il est très possible que, signataires, nous ne donnions pas tout à fait le même sens aux mots de ce texte. Peut-être, même, que nous pourrions être en désaccord total, sur certains points, importants pour nous, avec des « je » qui voisinent le nôtre.

Justement… Je lis et relis des articles, et laisse aussi les textes de côté, prenant le temps de la réflexion. Mais j’ai été, dans ces lectures, particulièrement intéressée par le difficile équilibre à trouver entre les deux marges extrêmes de ce que croit pouvoir l’approche rationnelle, au-delà de l’émotionnel.

D’une part, la volonté de définir les diverses causalités d’une tuerie ignoble,  pour que,  les appréhendant un peu mieux, on tente de voir comment notre pays peut mener la lutte contre le terrorisme (surveillance des extrémistes, lois, police, justice, société, psychiatrie, culture, éducation, idéologie, lutte contre la délinquance et le trafic d’armes, communautés, religions, spiritualité, relations internationales, politique, géopolitique, etc.). Mais, dans cette volonté, le risque d’un glissement vers une « compréhension » qui banalise (comme dans un texte « littéraire » paru dans Le Monde ce jeudi), ou, pire, excuse presque, projetant la culpabilité sur un contexte social qui ne peut certainement pas expliquer à lui seul une si grande folie criminelle (comme le fait Tariq Ramadan dans un entretien que j’ai lu sur un blog - et paru dans Le Monde des Religions : semblable à lui-même). NON! Il ne faut pas déplacer la responsabilité, la culpabilité !!! Il ne faut pas manipuler...

D’autre part, le souci, de combattre. Surtout, combattre (grilles similaires, mais pensées autrement). Avec, cette fois, le piège des projections, des simplifications outrancières. Le risque, aussi, de se rapprocher de ceux qui instrumentalisent (qui font semblant de lutter contre la terreur, mais cachent derrière cela d'autres objectifs réels, haineux : la terreur sert leur propagande, comme leur haine sert la terreur - diabolique complicité).

Le « pourquoi » de tels faits. Et le « comment » de la lutte contre ces faits. Pas de juste milieu confortable, là. Juste un nécessaire aller-retour entre les deux frontières à ne pas dépasser.

Mais, oui : FAIRE France ENSEMBLE... J'ai donc signé.

19/03/2011

Salon du livre, suite… « Abd Al Malik, la plume et le cœur », compte-rendu de la rencontre du 18 mars 2011

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http://www.salondulivreparis.com/

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Une rencontre avec le public était donc programmée, pour ce vendredi 18 mars, avec Abd Al Malik, rappeur, slameur, écrivain  (voir la note précédente). L’échange était animé par Juan Masseyna (France 5), qui posait des questions permettant de faire le tour des thématiques essentielles, et encourageait le public à en poser aussi. Il y en eut d’intéressantes, dont une, lancée au vol, presque comme un  fragment de slam, entre poésie et philosophie…  Les questions de l’animateur, sauf exception, sont sous-entendues, ou reprises dans la formulation des mots clés des réponses d’Abd Al Malik, ou inscrites dans la formulation de la pensée, au départ…  (C’était très fluide le passage de la question à la réponse).

Je souligne les mots clés, je souligne et mets en gras les mots ou les expressions sur lesquels il a fait porter une accentuation, les mettant donc en valeur. Mais ce n’est pas la trace d’un enregistrement, ni de notes de sténo : notes prises au vol, traduction de l’essentiel, le plus fidèlement possible.

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Dès ses premiers mots Abd Al Malik insiste sur l’importance, pour lui, de créer du sens, de faire lien. A propos du slam il parle d’énergie. Celle qui circule, qui se donne et celle qu’on donne, propre à la forme même de la parole dans le partage. Passer du rap au slam, pour lui, c’était logique, dans la mesure où ce qui compte pour lui, ce sont les mots. Parce que les mots font sens.

Evoquant le hip hop, lié à cette même culture, il cite un écrivain américain (il n’a pas rappelé le nom) dont il avait lu une pensée sur cet art du corps en mouvement : « Les Baudelaire d’aujourd’hui sont les artistes du hip hop. » Pourquoi ? Parce qu’ils ont créé une forme nouvelle : ils ont donc vraiment créé (et c’est une forme, justement, qui correspond à l’époque, qui peut traduire ce que ces artistes d’aujourd’hui vivent et ressentent).

Au sujet du rap il fait remarquer que c’est une musique qui intègre toutes les autres musiques actuelles : ce n’est pas un genre à part, mais une forme qui contient.

Que doit-on faire avec l’art, l’expression ? Si on garde en conscience la notion d’universelon doit aller vers l’autre, critiquer ce qui fait mur, défaire les murs barrières. Mais en s’interrogeant, en se demandant comment on peut faire cela, soi. Comment défaire ces barrières déjà en soi, ne pas participer à ce qui dresse les obstacles, ne pas en être complices involontaires par manque de lucidité. Comment amener sa part de lumière au lieu de chercher des responsables extérieurs à nos échecs et douleurs ?

Et qu’est-ce qu’on peut faire au sujet des fantasmes projetés sur les banlieues et sur l’islam ? Moi, dit-il, je cherche à répondre à ces questions avec ma spiritualité. (Mais chacun la sienne : cela peut être divers).

Comment, lui demande Juan Masseyna, passe-t-on du texte écrit pour être chanté au texte destiné à un livre ? C’est la même dynamique, dit Abd Al Malik. Pour le rap, le chant, c’est la musique qui fait venir les mots. Dans l’écriture de livres c’est d’une autre manière, on ne travaille pas de la même façon, on revient en relisant, on soumet au premier lecteur qui réagit, mais ce sont toujours les mots. Pour le rappeur ou pour l’écrivain, l’important ce sont les mots.

Dès le départ, d’entrée, je voulais faire les deux.

Pourquoi pas un scénario ? lui demande un comédien… Justement, je travaille sur cela pour mon livre « Qu’Allah bénisse la France ». C’est une « grammaire » qui m’intéresse, celle du scénario...

Les mots. Ils sont là pour soigner. Si on est dans un élan de vie on transmet la vie. Si on est dans un élan de mort on transmet la mort. Je suis dans cette démarche de partage parce que j’ai vu la mort au sens propre. Dans mon quartier, où l’héroïne était une plaie à un moment.

On ne parle pas assez d’une pauvreté qui est celle du manque de mots. La pauvreté en mots, quand on ne peut mettre des mots sur ses douleurs. Il y a des jeunes qui disent que cela ne sert à rien d’aller à l’école si on ne peut pas, après, avoir du « taf », de l’argent. Non. On doit d’abord aller à l’école pour les outils, pour la maîtrise de la langue.

Moi, je me suis reconnu dans Camus, dans Césaire, dans Sartre, etc. On se dit, lisant,  qu’il y a quelque chose de commun, d’homogène, qui, finalement, nous lie.

D’où l’importance d’investir dans l’Education nationale.

La seule communauté qui compte c’est la communauté nationale.

« La guerre des banlieues n’aura pas lieu », ce titre est là pour dire qu’on est acteurs de nos propres vies. Et on parle de la schizophrénie, dans les cités,  d’être de là et de là (comme si c’était un partage problématique). Non , il adviendra ce que moi, ce que nous, nous aurons décidé. C’est aussi un message vers les médias. Car la manière dont on nous regarde détermine la manière dont on se comporte. Pouvoir des médias… La banlieue ce n’est pas une machine, car dedans il y a des individus.

Pourquoi cette volonté absolue de réintégrer le quartier dans les débats concernant la France ? Le quartier ce n’est pas périphérique. Le quartier c’est une allégorie pour parler de la France. La banlieue est la France. Tout se joue dans les quartiers, tout y est.

Ce qui m’intéresse c’est de lancer des passerelles, car s’il y a dialogue il y a la possibilité du changement .

Le vocabulaire de mon personnage, dans le dernier livre, Peggy ? Ce n’est pas le mien. Il vit des choses que je connais, des choses que je ne connais pas : c’est un personnage. Moi je fais attention aux mots que j’emploie, je n’aime pas, par exemple, les mots vulgaires, car une attitude et des mots déterminent un comportement. Mais le personnage a son propre cheminement.

La mémoire c’est quelque chose de central, pour qu’une expérience serve. Ainsi, dans le livre de Primo Levi, « Si c’est un homme », l’auteur dit que dans le camp il faisait attention à son hygiène, malgré les conditions si dures, pour garder son humanité. Important de se rappeler notre humanité. Ou alors notre semblable devient un chiffre, un sondage. Or chaque individu se construit dans la reconnaissance de l’autre.

Un auditeur lui demande s’il est dans une recherche de la réconciliation (avec l’autre, avec lui), d’une rédemption, dans le passage du slam à une autre musique, ou d’une musique à l’autre. Non. Pas réconciliation, plutôt cheminement.

Ne plus avoir peur d’être soi. Donc courage d’aller vers soi.

Avant je cherchais des responsables ailleurs, en dehors de moi. Maintenant je fais la démarche d’avoir le courage d’être moi. On chemine vers soi.

On dit de moi que je suis consensuel ? Oui. Je suis pour le consensus actif : chercher ce qui rapproche, je veux être fédérateur.

Cela vient de ma démarche spirituelle. Attention, je ne suis pas prosélyte. Pour moi la spiritualité c’est ma religion musulmane, pour d’autres cela peut être le sport, une autre religion, ou autre chose.

Racines ? Moi, je suis 100% du Congo, et 100% français. Car il faut sortir de la schizophrénie

Quand je lis « L’Envers et l’Endroit » de Camus, ce qu’il dit de ses origines, d’où il vient : c’est moi. Quand je lis Aragon, je me reconnais. Je suis décomplexé

L’arbre ne fait pas ses fruits sur les racines.

Les racines c’est très important. Mais je ne suis pas mes racines.

Etre en paix avec soi est la seule manière d’être en paix avec les autres.

Décomplexé… par rapport à la littérature, par rapport au fait d’être noir. Etc.

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