08/12/2024
Boualem SANSAL. Arrestation, questions, soutien...
Ma conviction est que nous devrons toujours refuser de nous incliner devant les événements, les faits, les circonstances, la richesse et le pouvoir, l’histoire comme elle procède, le monde comme il va.
Albert Camus, La crise de l’homme, Conférence, 1946, Columbia Université, NRF, 1996, p. 25. Conférences et discours 1936-1958, Folio, 2017.
J'ai un goût très vif pour la liberté. Et pour tout intellectuel, la liberté finit par se confondre avec la liberté d’expression.
Albert Camus, Carnets II, Gallimard, 1964, pp. 141-142
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SOIRÉE du 16-12, 20h. Comité de soutien de Boualem Sansal. Inscription par mail : comite.soutien.boualem.sansal@gmail.com
Initiative de la Revue politique et parlementaire. Comité présidé par Catherine Camus.
Théâtre libre, 4 bd de Strasbourg, Paris.
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Solène Vary, Privé de visa à 48 heures d’une audience cruciale, l’avocat de Boualem Sansal se voit interdit d’entrée en Algérie, Le Figaro, 09-12-2024. https://www.lefigaro.fr/international/l-avocat-de-boualem-sansal-se-voit-interdit-d-entree-en-algerie-20241209
La demande de libération, faite par les avocats algériens de Boualem Sansal, a été refusée le 11-12. La nouvelle demande devrait être possible dans un mois, ce qui est inquiétant.
Pour « une solidarité sans faille » ...
Kamel Bencheikh, Boualem Sansal : un ami, un esprit des Lumières, un homme en danger, Le Matin d’Algérie, 22-11-2024.
Citations : « Boualem Sansal est bien plus qu’un écrivain franco-algérien d’exception. Sa plume, empreinte de laïcité, d’universalité et d’un profond humanisme, incarne l’héritage des Lumières. / Boualem Sansal est, à mes yeux, une figure lumineuse de notre époque, portant haut les valeurs de liberté, de vérité et de justice, même dans un contexte qui les étouffe. » (...) « C’est pourquoi son sort actuel m’alarme profondément. » (...) « Cette arrestation, qui ne peut être vue que comme une tentative de museler sa voix libre et critique, me bouleverse et m’indigne. » (...) « ...Cette fois-ci, c’est à nous de répondre à son courage par une solidarité sans faille. »… https://lematindalgerie.com/boualem-sansal-un-ami-un-esprit-des-lumieres-un-homme-en-danger/
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SOUTIEN. Cagnotte de soutien sur HelloAsso, au nom de "Société de soutien international à Boualem Sansal", pour tous les frais juridiques sur les deux rives et frais de communication à l'international. Même les sommes modiques comptent. Autre possibilité : Chèque à l'ordre de Société de soutien international à Boualem Sansal - 5 rue Gaston Gallimard - 75007 Paris.
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17:23 Publié dans Boualem SANSAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : boualem sansal, sansal, écriture, solidarité, soutien, libération, liberté, valeurs, courage, liberté d’expression, algérie, humanisme
05/12/2024
Boualem SANSAL. Lire et relire, pour mesurer l'importance de l'œuvre et des questionnements
Il est des lieux qui font du temps un chemin de calvaire sans retour. (...) La nuit est une prison dans la prison.
Boualem Sansal, incipit, L’Enfant fou de l’arbre creux
Au tout début de cet ouvrage on est déjà dans l’univers de la prison, au moment, fin du jour où l’ombre avance et où brusquement le cri du muezzin étreint la ville... Ces pages sont révélatrices du lieu et de ce qui dépasse aussi ce lieu, métaphoriquement, dans la force de l’écriture de l’auteur. De même, autre métaphore, l’enfant fou qui donne son titre à l’ouvrage, habitant d’un arbre creux (qu’un hibou maléfique a quitté). Mystère, l'inexplicable, qui est en soi un rejet de la raison. Relisant ce passage, et pensant à Boualem Sansal prisonnier, c’est comme la représentation symbolique de la solitude des consciences libres que j’y vois aujourd’hui, quand la raison ne permet plus de saisir le sens de faits irrationnels, comme l’arrestation de l’écrivain. Et, dans l’anxiété de penser à cette situation si injuste, pour celui qui est entouré des murs qui enferment et des murs des mensonges projetés par ceux qui veulent faire de lui un portrait destructeur, j’ai une phrase (de 2084. La fin du monde) qui revient et tourne en moi, comme une question sourde : Pour des gens qui ne sont jamais sortis de leur peur, l’ailleurs est un abîme. Or celui qui pense en lucidité et amour mêlés, comme il fait, est un ailleurs et un abîme à la fois pour ces gens dont la peur, le ressentiment, l’idéologie, mettent des masques qui voilent le sens des paroles, des pages, des livres de Boualem Sansal. Lui dont toute l'œuvre est une lettre d'amitié envoyée à l'Algérie (d'amour alors plutôt), et au monde (de désir de paix, donc). Comme le dit un de ses titres... Le soutenir c’est aussi le faire lire. Que tous puissent reconnaître la puissance de l’œuvre d’un humaniste à dimension universelle.
MC San Juan
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Donc lire, relire, proposer de lire.
Tous ses livres sont publiés par Gallimard, et beaucoup repris en Folio.
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23:45 Publié dans Boualem SANSAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : boualem sansal, sansal, livres, écriture, éthique, liberté, valeurs, lucidité, complexité, algérie, monde, paix, respect, humanisme
03/12/2024
RELIRE CAMUS... pour soi, pour autrui
Le combat contre l’injustice, l’oppression et l’obscurantisme est une entreprise « sisyphienne ». Camus y a pris sa part. Son parler vrai, juste et clair, son sens du dialogue et son souci de l’autre manqueront encore longtemps. Il reste à découvrir ou à relire ses livres.
Jeanyves Guérin, « Introduction » (en titre une longue citation de Camus, l'excipit de L'Homme révolté), Dictionnaire Albert Camus, Robert Laffont, 2009.
Camus est immense, Sartre et ses amis se sont trompés, par méchanceté, par jalousie et, aussi, par dogmatisme ou idéologie. Camus est immense parce que le message qu’il nous délivre est à hauteur d’homme.
Thierry Renard et Michel Kneubühler, « Un vif besoin de Camus », in Pour saluer Albert Camus, La passe du vent, 2013.
C'est en cela que je me sens proche de l’homme. Dans les rapports qu’il entretient non pas avec les autres mais avec lui-même. Des rapports complexes, liés à une quête inlassable, non pas de la vérité que l’on sait multiforme, mais d’une authenticité, de la vérité de son être, qu’on est le seul à pouvoir définir.
Maïssa Bey, L’ombre d’un homme qui marche au soleil. Réflexions sur Albert Camus, Chèvre-feuille étoilée, 2004, rééd. 2006
Comment être inféodé à une philosophie de l'histoire et épouser ta conception de la liberté ? Comment en somme concilier ton refus de la servitude avec l'allégeance tacite à un antitotalitarisme contre un autre moins fréquentable ? / Tu as été l'animateur intransigeant de la gauche anti totalitaire. Tu as refusé tous les totalitarismes qu'ils soient communistes ou fascistes.
Daniel Leconte, réalisateur, Camus forever, Huffingtonpost, 07-11-2013. https://www.huffingtonpost.fr/actualites/article/camus-fo...
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23:05 Publié dans Albert CAMUS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : camus, valeurs, pensée, humanité, solidarité, liberté, livres, citations, boualem sansal, sansal, livres camus, éthique
18/05/2024
Israël-Gaza, suite… À l’écoute de tous, les regards de Joann Sfar, Ismaël Saidi, Gilles Kepel, Sophia Aram, Kamel Daoud, et diverses voix...
Mon seul drapeau ce sont mes habits / mon seul hymne est mon souffle, / et le premier et le dernier mot est : / « ICI. ». / Je suis un fanatique de la paix
Yehuda Amichaï, poète israélien
Vous, qui tenez sur les seuils, entrez / et prenez avec nous le café arabe. / Vous pourriez vous sentir des humains, comme nous. / Vous, qui tenez sur les seuils, sortez de nos matins / Et nous serons rassurés d’être comme vous, des humains
Mahmoud Darwich, poète palestinien
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01:36 Publié dans ACTU/MÉMO.valeurs.idées, Israël-Palestine/tisseurs.de.paix | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : israël, gaza, israéliens, palestiniens, yehuda amichaï, mahmoud darwich, dialogue, valeurs, paix, humanisme, fraternité, partage, joann sfar, ismaël saidi, sophia aram, gilles kepel, jérusalem, nous vivrons, holocaustes, the times of israël, kamel daoud, l.p.m, c.c.l.j.
23/02/2024
ROBERT BADINTER, hommage.
Cet homme remarquable, Robert Badinter, a prolongé l’action de Victor Hugo, Albert Camus, Arthur Koestler, et quelques autres… L’abolition de la peine de mort, en 1981, est sa réalisation principale, aux répercussions importantes dans la conscience nationale et internationale (car la lutte pour l’abolition se nourrit des choix des pays abolitionnistes, surtout quand la parole a la force de celle de Robert Badinter). Mais en tant qu’avocat il a associé ce combat de justice à celui concernant les conditions de vie des prisonniers et l’état des prisons, en se désolant des difficultés et des lenteurs à réformer, soucieux aussi de penser la réinsertion des prisonniers après leur libération.
23:53 Publié dans A.aleph.genèses.pensée, LIVRES, bibliographes, anthologies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : robert badinter, abolition, justice, engagement, humanisme, valeurs, livres, citations
22/02/2024
JEAN MALAURIE, hommage
Jean Malaurie c’est pour moi (et pour beaucoup) d’abord deux repères. Les Inuits, et la collection Terre humaine. Il nous a fait découvrir les uns (leur univers, leurs croyances, leur animisme) et il a créé une collection fabuleuse, un espace pour les publications des ethnologues, ouvrant le monde aux lecteurs.
00:07 Publié dans A.aleph.genèses.pensée, LIVRES, bibliographes, anthologies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jean malaurie, inuits, terre humaine, ethnologie, arctique, animisme, chamanisme, peuples premiers, de la pierre à l’âme, sagesses, valeurs, humanisme, culture, livres, citations
21/02/2024
(2) PRINTEMPS des POÈTES 2024. Des réponses faites aux... censeurs
Les réponses qui furent faites pour protester contre cette attaque m’intéressent. Comme tout cela concerne ce que signifie la poésie, c’est l’occasion d’y réfléchir.
Sophie Nauleau a qualifié la tribune, et cette levée haineuse, de « cabale effarante, consternante pour ne pas dire monstrueuse », alors qu’elle « assume pleinement » le choix du « parrain féérique » qu’est, dit-elle, Sylvain Tesson. Jack Lang, le créateur du Printemps des Poètes, choqué par la tribune, a écrit dans un tweet, repris par la presse, qu’un « tel crétinisme est une insulte à la poésie qui, par excellence, est libre et sans frontières. ». Et William Marx, professeur au Collège de France, écrit (tribune publiée par Libération, 25 janvier en ligne) : « La poésie mérite mieux que cette haine ». Il intervient aussi le 29 janvier dans un débat sur « L’Affaire Sylvain Tesson » pour une émission de France culture (voir plus bas).
23:37 Publié dans A.B.C. Un sujet de A à Z, ACTU/MÉMO.valeurs.idées, POÉSIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : printemps des poètes, poésie, sophie nauleau, sylvain tesson, livres, voyages, aphorismes, valeurs, liberté, altérité, humanisme, club le figaro culture sylvain tesson, figaro vox, contre-tribune le point, france culture signes des temps
17/02/2024
(1) PRINTEMPS des POÈTES 2024. Poésie et... désolantes polémiques
Ayant composé des vers (…) J’ai oublié de prendre part aux polémiques de doctrine.
Milarepa
Notre poésie vit et meurt de refus et de dédains : du goût, du style, du sujet, de la mémoire, du public, du cœur, de l’art, et même de la beauté, et même du poème. (…) Qui dit mots dit mode. / Qui dit mode dit mort.
Gabriel Audisio, Misères de notre poésie, Seghers, 1943.
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Édition 2024 (9 au 25 mars), la Grâce. Le texte-programme du Printemps des Poètes est de Sophie Nauleau (directrice du Printemps depuis quelques années, et démissionnaire suite à la polémique lancée le 18 janvier dans Libération, « aucune parole n’étant audible ») : voir le lien, en fin de note pour lire son texte sur le thème de la grâce.
Je ne sais rien des éventuelles tensions autres, internes à l’institution, mais des reproches exprimés par des auteurs concernaient l’absence de recueils de poèmes dans sa bibliographie, en plus du choix du parrain refusé dans une tribune-pétition. Cependant elle a publié plusieurs études et anthologies, et j’ai lu d’elle un essai dont le titre dit comment la poésie est, selon elle, un univers pour un cheminement intérieur : La poésie à l’épreuve de soi.
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23:42 Publié dans A.B.C. Un sujet de A à Z, ACTU/MÉMO.valeurs.idées, POÉSIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : printemps des poètes, poésie, sophie nauleau, sylvain tesson, fabienne verdier, françois cheng, zéno bianu, jean rouaud, valeurs
06/02/2024
Israël, Gaza, et le Hamas. Le 7 octobre et après… Israël-Palestine ? / Dernière mise à jour, le 14-5-24...
Mais on ne sème pas le mensonge, il prolifère, il occupe l’étendue qu’il doit constituer lui-même peu à peu, ce qui lui est facile quand tous les moyens sont prêts pour cela. Et pendant ce temps, la vérité enterrée germe.
María Zambrano, Sentiers (trad. Nelly Lhermillier), éd. des femmes 1992.
La Basilique de l'Annonciation expose mosaïques et vitraux de la vierge Marie selon l'imagerie d'une trentaine de nations différentes. Dans les circonstances actuelles ces images rappellent que la chose que nous devrions sacraliser au-dessus de tout est la vie humaine. Albert Cohen disait que ce qui nous rend frères c'est notre sort commun, la mort prochaine. Ces figures de mères et d'enfants revêtent aujourd'hui une importance particulière. Qu'aucun de nous n'endurcisse jamais son cœur au sort d'un camp ou de l'autre. Nous sommes semblables par notre désarroi.
Joann Sfar, post Facebook public, 15-12-2023.
Les lucioles sont partout dans le monde. Le jour, elles disparaissent ; la nuit, elles dissipent le doute et la peur et orientent les humains./Voici ma conviction : la révolte dépourvue de tout désir de paix n’est qu’un vacarme de train rouillé en partance pour le néant.
Karim Akouche, Les lucioles de l'espoir, extrait d’un texte, post Facebook public, 3-11-2023.
À ceux qui... à Paris, Tel-Aviv, Gaza ou ailleurs… se relèveront de la haine et sauront être des bougies dans le noir.
Delphine Horvilleur, fragment de la dédicace du livre à paraître (le 21-02-2024). Comment ça va pas ? Conversations après le 7 octobre, Grasset. (Citations supplémentaires, voir dossier de liens, "Livres").
Aider la Palestine ou aider à la paix, c'est créer des lieux de dialogue. Si vous pensez qu'importer la guerre va sauver quiconque vous êtes des clowns. Gloire à celles et ceux qui au milieu de ce concours mondial de barbarie parviennent à maintenir la discussion, l'écoute, l'espace nécessaire pour que chacun apprenne à faire évoluer son narratif.
Joann Sfar, post public, 14-03-24
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J’étais dans l’esprit de Hanouka et Noël, deux fêtes célébrant différemment la lumière, et exprimant le besoin humain de créer du sens et de l'espoir, et j’ai trouvé le message de Joann Sfar, posé le 15 décembre, particulièrement juste. (Mais pour en saisir toute la force lire l'ensemble de ses posts, sa solidarité profonde avec les victimes du 7 octobre, avec l’angoisse des familles pour les otages, mais aussi sa compassion pour les souffrances causées par la guerre pour la population de Gaza, victime d’ailleurs autrement du Hamas). Il s'adresse, sans déni mais sans haine, à ceux qui se savent "semblables" par leur "désarroi". D’autres préfèrent guerroyer en lançant des mots et des certitudes (et des arguments et références pour confirmer ces certitudes...). Écho aux messages fraternels de Joann Sfar, la page d'un metteur en scène, Ismaël Saidi, qui, comme lui, dénonce les faiseurs de haine, l'antisémitisme, le terrorisme, et diffuse des messages de fraternité, d'humanisme, sans concessions.
(Après un TEXTE introductif, un DOSSIER de citations et liens... / Et, après les liens, un texte en CONCLUSION (questionnement et citation...)
01:58 Publié dans A.B.C. Un sujet de A à Z, ACTU/MÉMO.valeurs.idées, CITATIONS.exergues.incipit.excipit, Israël-Palestine/tisseurs.de.paix | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : palestine, hamas, antisémitisme, valeurs, presse, livres, citations, fraternité, gaza, terrorisme, perspectives, paix, humanisme, 7 octobre, israël
21/08/2023
De Paul Souleyre, Quelque part dans la foule il y a toi. Récit. D'une rive à l'autre, se trouver soi
Comme Albert Camus à travers son Premier homme, Paul Souleyre, né après l’exil de ses parents pieds-noirs, mène une recherche des origines, de l’identité, quête initiatique où quelques mentions de Camus sont des clés. Douleur du deuil, et naissance à soi-même. L’inconscient sait ce qu’on ignore, et il guide. Histoire initiatique du « retour » guérisseur vers l’Algérie de qui n’y a jamais vécu mais est habité par son algérianité. Retour vers le pays chanté par Camus, même si c’est vers la rouge terre de l’Oranie des racines. La réalité est parfois magicienne, et l’écriture force plus qu’analytique. Quand, à la différence de tous les membres de la famille […] [son] Là-bas tourne dans le vide (p. 127). Camus apparaît dans un moment triste, mais en soutien, pour avoir évoqué la mort et le deuil : À ton enterrement j’ai lu un petit texte de Camus que j’avais entendu dans une chronique. […] Camus n’était pas du genre à enfermer les gens dans des cartons […] …plus de force ; je voulais vivre le même sentiment avec toi (pp. 52-53).
Et dans son parcours de recherche sur les siens il constate des similitudes entre la vie de son grand-père à Oran et celle de Camus (p. 157). Mais l’un a eu la littérature pour transfigurer les traumatismes, l’autre pas.
23:55 Publié dans ALGERIE/Algériens.hist.mémo.culture, PN.H.peuple.Camus, Recensions.livres.poésie.citations©MC.San Juan | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paul souleyre, quelque part dans la foule il y a toi, memoblog oran, algérie, oran, pieds-noirs, exil, identité, deuil, mémoire, transmission, valeurs, amina mekahli, ahmed azeggagh, poésie, citations, albert camus
19/08/2023
Lionel d'Arabie, de Daniel Saint-Hamont. Livre de mémoire, hommage rendu au père. Orients-éditions
Le livre, Lionel d’Arabie (Orients-éditions, 2020), hommage rendu au père, est offert par l’auteur en dédicace à sa cousine, Zineb Hadj Hamou Ferroukhi, avec la mention « Algérienne invaincue ». Elle est évoquée aussi dans ces pages, et semble être un pilier familial, comme le fut, diversement, la grand-mère Aïcha (accueillant sa belle-fille chrétienne).
Daniel Saint-Hamont, est fils d’un ciel camusien, dit le préfacier, Jean-Paul Enthoven, né dans la même ville que lui (Mascara, donc). Peut-être que la lecture de cet ouvrage a été pour le préfacier, co-auteur d’un Dictionnaire amoureux de Marcel Proust, une madeleine de mémoire, alors qu’il se dit fils indigne du même sol. Fils indigne, peut-être pas, fils douloureux au moins, si on comprend, à ce qu’il écrit, ce besoin de congédier ces souvenirs, ceux des rues chaudes de leur ville commune. Il n’est pas seul à faire cela. On peut nommer : effet d’exil. Sa lecture de l’ouvrage est en totale empathie. J’ai aimé sa perception du père et de l’oncle de Daniel Saint-Hamont, son idée d’uchronie pour caractériser leur rapport avec un passé pour lequel ils rêvent d’une sorte de possible non advenu, n’ayant au cœur, l’un et l’autre, que l’amour du pays et le désir de paix. Uchronie, donc, et cela provoque le titre de la préface : La Guerre d’Algérie n’aura pas lieu ! Oui, une autre Histoire aurait été possible, une indépendance autrement, si tous les natifs d’Algérie avaient eu ce goût de la fraternité, et su faire le choix du métissage, comme dans la famille de Daniel Saint-Hamont. Alors aurait été possible ce que disait Mouloud Feraoun à Albert Camus, sur l’évolution des natifs d’origine européenne, devenant petit à petit des indigènes s’assimilant aux autochtones et leur ressemblant de plus en plus (mais n’en ayant pas suffisamment conscience, ajoutait-il, le regrettant).
13/08/2023
Diérèse, revue, et Les Deux-Siciles, parcours de lecture
Parcours des trois derniers numéros de la revue Diérèse, n° 85-86-87 (et une échappée vers un plus ancien, 82, pour deux réflexions importantes, et des poèmes). Mais plutôt que prendre numéro par numéro je vais regrouper par rubriques (éditoriaux, études / poèmes / recensions, notes de lecture).
J’apprécie que les éditoriaux soient rédigés par des auteurs différents, qui présentent ce qu’est l’écriture pour eux, ce que signifie profondément cette entreprise de création. Tous ceux que j’ai lus, ne se limitant pas à une réflexion formelle ou à des questions de pure esthétique littéraire, développent plutôt une analyse de ce que signifie l’expérience d’écrire, son enjeu vital. Écrire fait intervenir des parts de sa vie différentes, dimensions qui s’imbriquent en strates complexes, et chacun peut mettre l’accent sur tel ou tel aspect : psychologie, corps, société, théorie, métaphysique… Lisant ces textes on peut avoir envie de découvrir certains auteurs qu’on ne connaissait pas, quand on sent que la démarche correspond à ce qu’est, pour soi, juste exigence.
Couverture de la revue, maquette de Xavier Makowski.
Cependant, avant ce parcours j’ai envie de mentionner trois livres rapportés du Marché de la Poésie de juin, stand des Deux-Siciles. Ils feront l’objet d’une vraie lecture en automne…
… Fragments & cætera. Une anthologie de poésie brève.
Établie et présentée par Jacques Coly.
… Si profonde est la forêt. Anthologie de la poésie des Tang.
Traduite et présentée par Guomei Chen. Préface de Pierre Dhainaut.
… D’Ores et Déjà (poésie), de Daniel Martinez.
23:43 Publié dans Recensions.REVUES.poésie.citations.©MC San Juan | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : diérèse, les deux-siciles, daniel martinez, poésie, citations, valeurs, art, culture
09/05/2023
8 mai. Mémoire. Donc relire Albert Camus...
En ce 8 mai, relire Lettres à un ami allemand d'Albert Camus...
Le 8 mai marque la mémoire de la victoire contre le nazisme et la fin de la 2de guerre mondiale. C'est aussi un jour d'hommage à Jean Moulin, résistant, qui mourut le 8 juillet 1943 des tortures de l'Occupant.
Camus, résistant (Combat clandestin), écrivit ses Lettres à un ami allemand, dont seules les deux premières furent publiées pendant la guerre, les deux autres à la Libération.
Regroupées par Gallimard en 1948, elles sont disponibles en collection de poche, Folio,1991.
Ce sont des textes qui donnent la mesure du refus de tout totalitarisme meurtrier. Échos pour l'actualité mondiale...
00:03 Publié dans ACTU/MÉMO.valeurs.idées, Albert CAMUS, ALGERIE/Algériens.hist.mémo.culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : albert camus, camus, lettres à un ami allemand, jean moulin, lucien sportisse, 8 mai 1945, algérie, sétif, melouza, oran, valeurs, ahmed azeggah, citations, mémoire, oubli
19/02/2023
Camus et le FLN, essai de Tarik Djerroud. Publication en France et en Algérie
Voici ma lecture de l'essai de Tarik Djerroud (écrivain et éditeur), Camus et le FLN. (Publication sur les deux rives, en Algérie et en France. Erick Bonnier, France, et Tafat, Algérie, 2022. Mes références renvoient aux pages des éditions Erick Bonnier).
Pour commencer, l'incipit (qui me servira d'exergue). La première phrase de l'introduction (quatre pages, qui mériteraient un tiré à part ) : Sous la voûte céleste, sur la terre des hommes et des femmes, chaque siècle déverse son lot de frayeurs, rendant la condition humaine souvent tragique.
Sujet brûlant, s’il en est… Et traité avec la justesse de ton qu’il fallait. Livre important, la position d’Albert Camus étant souvent mal comprise car mal connue. Or l’essai se base sur des documents et informe.
Déjà, les trois exergues sont un programme : choix de lucidité, refus des pièges idéologiques, goût du débat. (Georges Clémenceau, sur le mensonge. Malek Haddad, pour la difficulté de vivre l’Histoire et de l’étudier en même temps. Dudley Field Malone, et l’utilité du débat contradictoire…)
Puis l’introduction. Quatre pages (pp. 9-12) qui définissent l’intention de déconstruire les manipulations de ceux qui utilisent l’Histoire pour leurs stratégies et non pour rechercher la vérité des faits. Donc expurger la démesure, cette fille de la peur, de l’ignorance et de la haine ou du calcul intéressé ! Et commencer par des questions : Mais de prime abord, qui était vraiment Camus, enfant de la terre algérienne ? Qui était vraiment le FLN ? La méthode est exposée, en quatre points : approche mémorielle, puis choix d’un angle analytique contradictoire et rejet des lectures dogmatiques, et enfin volonté d’évacuer tout tribunal sacralisant ou manichéisme infantilisant. Pour saisir les vérités des uns et des autres.
Démarche qui suivra la chronologie de l’Histoire. Du Centenaire de 1930 (avec ses paradoxes), vécu si différemment par les uns ou les autres, jusqu’à la mort de Camus en janvier 1960, puis l’indépendance de 1962 et les suites (autre pouvoir, autres tensions).
Constat : l’eau tiède de l’histoire laissait flotter à sa surface un Camus pluriel et un FLN multiple.
Et en conclusion de ces quatre pages : En fait, la recherche d’une sagesse, par temps de paix comme par temps de guerre, est la plus belle ambition de cet ouvrage.
En fin de note, lien vers la page des Éditions Erick Bonnier. Et trois notes de lecture de cet essai (citations et liens) : page du site Mare Nostrum (par Robert Mazziotta), chronique du journal Le Matin d'Algérie (par Kamal Guerroua), note de blog de Jean-Pierre Ryf (le créateur et administrateur principal du groupe Facebook Les Amis d'Albert Camus - fréquenté sur les deux rives).
21:09 Publié dans Albert CAMUS, ALGERIE/Algériens.hist.mémo.culture, Recensions.livres.poésie.citations©MC.San Juan | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : albert camus, camus, f.l.n., algérie, guerre d’algérie, camus et le f.l.n., tarik djerroud, erick bonnier, tafat, kamal guerroua, robert mazziotta, mare nostrum, jean-pierre ryf, georges-marc benhamou, alain vircondelet, jean-jacques bedu, josé lenzini, valeurs, humanisme, citations, livres, leïla sebbar, le matin d'algérie
12/04/2022
Présidentielle, 2ème tour...
J'ai lu, sur un post Facebook, une histoire signifiante.
Une fourmi qui déteste un autre insecte vote pour l'insecticide. Résultat tous périssent, même le grillon abstentionniste. Et j'ajoute... Périssent aussi les pucerons électeurs d'un ambitieux éliminé au 1er tour, et leur tiers finissant chez l'insecticide.
.... Mais lire ceci, un article de PhiloMag, plus sérieux mais rejoignant le sens de la petite histoire, un autre biais cognitif... Le paradoxe du poulet de Russell... "Marine Le Pen n'a jamais été aussi proche du pouvoir... et pourtant, c'est comme si son élection paraissait moins dangereuse aux yeux de nombreux électeurs. Un paradoxe ? Plutôt un biais cognitif, dont Russell expliquait la nature de manière limpide."... https://www.philomag.com/articles/marine-le-pen-aux-porte...
Autre analyse (lecture intégrale en ligne, aussi), PhiloMag. Candidats... et "vision, incarnation, narration"... Ce qu'ils en ont fait... https://www.philomag.com/articles/le-pen-contre-macron-un...
20:15 Publié dans ACTU/MÉMO.valeurs.idées | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : présidentielle, démocratie, valeurs, humanisme, droits humains, propagande, extrême droite