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05/06/2015

Rose Lokissim : engagement, courage, mort. L’irrécupérable dans nos vies... et la création, le regard

Libération, le 2 juin, page 24, un hommage à Rose Lokissim, exécutée en 1986 sous la dictature d'Hissène Habré... Par hasard, sur ma table encombrée, à côté de l'ordinateur ouvert, cet article, juste sous les mots "Mémoires et images du sens", pour une exposition (en 2001) de Jean-Bernard Chardel : titre, et apparente légende de l'oeuvre reproduite. Le sens d'être, dans ce que déchiffre la création en même temps que soi, et le sens d'être, pour le courage de dire "non"... L'irrécupérable, dans les deux cas. Grand écart intérieur entre le non multiple à inscrire-dire-écrire, murmure du quotidien, et le oui du regard (avec des mots ou sans). Je ? Dissonante, paradoxale. A la fois complètement dans l’écoute de la radicalité des chocs et douleurs du monde, vus de près et de loin. Et totalement tendue vers le contraire, vers un lieu sans lieu. 

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23/02/2015

ROGER HANIN. HOMMAGE...

roger hanin,raimu,pieds-noirs,alexandre arcady,communautés,juifs,identité,algérie,algériens,alger,casbah,fraternité,humanisme,navarro,elisabeth guigou,albert camus,cinéma,théâtre,engagement,autobiographie,livres,marthe villalonga,patrick bruel,richard berry,haninPas question, pour moi, de ne pas rendre hommage à Roger Hanin, « le Raimu des Pieds-Noirs » (le Soir, Belgique, titre de l’article de Fabienne Bradfer). Acteur plus grand qu’on ne l’a suffisamment dit (et Alexandre Arcady le rappelle), homme d’idées, fidèle à ses racines, et antiraciste de toujours. Son dernier choix (être enterré à Alger, dans le cimetière juif où son père repose) est un geste symbolique très fort, un message envoyé autant aux Algériens qu’à la communauté des Pieds-Noirs (Juifs ou pas), et, aussi, aux Français métropolitains. Que comprendre ? L’appartenance irréversible à une terre de naissance et d’origine (ce qui n’est pas contradictoire avec la pleine implication dans la citoyenneté française). Le lien possible entre les communautés d’une même terre native ou originelle, sur cette rive et sur l’autre rive, à condition de se pacifier soi-même, de ne pas être dans une mémoire de la guerre qui évacuerait les mémoires de paix et de partage. La paix des esprits, donc, nécessaire. La fraternité, indispensable. Et ce message, il le lance dans une période secouée où il est d’autant plus nécessaire de l’entendre.

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