30/11/2024
Mes réponses au questionnaire de Pi [P(oés)i(e)] de Christophe Condello...
En accueil des pages du site de Christophe Condello, l’exergue suivant : Les arbres sont des êtres qui rêvent, Aristote.
J’aime y trouver cette phrase. Je l’associe au livre de Mario Mercier, L’enseignement de l’arbre-maître, longue méditation, parcours ou pauses immobiles en forêt, la nuit surtout. Rêves des arbres et rêves d’un arbre se mêlant aux siens. Le message de l’arbre est, notamment, que l’homme est un arbre qui marche...
Le questionnaire de Christophe Condello (poète et éditeur au Québec) comporte des questions types, les mêmes pour tous ceux qu’il invite. Mais les pages qu’on lit, résultant de cela, sont très différentes. Car la question déclenche une introspection (pour ce qui concerne le rapport à l’écriture et à la lecture de poésie) et penser les réponses force à entrer dans sa vérité intime, pour arriver à dire sa démarche. S’interroger ainsi, ce qui fait partie dans tous les cas du travail d’écriture, donne l’occasion, inscrivant ce que l’on capte, de saisir encore des parts de soi qui se précisent. Mettre des mots...
12/11/2024
Un refuge autre que l’exil, de Theombogü. Éditions du Cygne
Ouvrant le livre on trouve des pages titrées, qui sembleraient hésiter entre le fragment et le poème. Le poème, oui, même si plusieurs passages affirment le contraire (pp 39, 40, 41). Le mot « dégoût » est même posé comme un rejet total assumé par le personnage d’un court récit qui ressent de l’aversion pour les « poéticiens ». Incompris, il détruit ses manuscrits et se débarrasse des ouvrages de poésie contemporaine. Mais l’auteur en question est « un écrivain exilé ». Le sujet ne concerne alors plus les conditions de l’écriture, mais l’écriture de l’exilé. La page qui suit présente le désespoir d’un universitaire qui perd toute foi en son domaine de recherche et d’écriture : « je ne crois plus à rien : ni à cette poésie aphasique, ni à cette philosophie amnésique, ni à cette sagesse angélique, ni à ces religions monomaniaques. ». Pour conclure : « Aurais-je oublié d’aimer ? » et se résigner « à la solitude ». C’est le portrait de celui qui a pu se laisser piéger par un univers poussiéreux, celui des « poéticiens » critiqués par l’exilé de la page précédente... Et enfin c'est un texte sans personnage extérieur apparent, un narrateur qui dit Je et qu’on pourrait croire être l’auteur. Lui résiste à la poésie : « Je ne suis pas poète », répète-t-il. Pourquoi ? Car... « Si la poésie était seule, je serais devenu poète. Beaucoup d’ingrats cheminent avec elle durant toute leur carrière, durant toute leur existence. Et j’ai horreur de l’ingratitude. ». Carrière, le mot étranger à toute poésie, et pourtant qui définit certains itinéraires. Alors, personnages loin de l’auteur, ou parlant pour lui, ces trois pages sont un éloge de l’authenticité et le refus des postures formelles, des artifices stériles, négation de la poésie. Par inversion, éloge de ce que devrait être la poésie. D’ailleurs l’ouvrage est dans la collection Voix au poème. Et ce n’est pas par hasard que l’auteur, Theombogü, fait partie du comité de rédaction de la revue Po&sie.
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01:36 Publié dans Recensions.livres.poésie.citations©MC.San Juan | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : un refuge autre que l’exil, éditions du cygne, theombogü, exil, écriture, poésie, po&sie