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24/07/2019

Des faits. Céline, Voyage au bout du nazisme. Preuves.

1. TAGUIEFF.jpgA lire, CITATIONS et liens… Les FAITS, les preuves...
 
Annnick Duraffour, chronique, CAIRN-info, 2013… "Il assiste au meeting de Doriot du 1er février 42. La presse doriotiste se flatte de sa présence en publiant une photographie ainsi légendée : 'Le grand écrivain Louis-Ferdnand Céline a assisté à la réunion du Vel d'Hiv. Le voici suivant avec émotion l'exposé de Jacques Doriot.' " (...) "Nous voyons en lui un spécimen de ce que l'humanité peut porter de plus vil et de plus dangereux pour les autres. Céline est dans la littérature française une exception sinistre..." (Informations, dans ce texte, sur les dénonciations de Juifs par Céline. Et précisions sur la volonté de faire pression pour faire appliquer des méthodes radicales d'épuration ethnique...   
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Entretien avec Pierre-André Taguieff
, L’Express, 2018. "Céline, agent d’influence nazi"… 
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Tribune de Pierre-André Taguieff, FigaroVox, 2018. "Céline, collaborateur enthousiaste du régime nazi."..
"L'admiration pieuse et inconditionnelle pour le « génie littéraire » nommé Céline, avec son cortège de légendes fabriquées par le « grantécrivain » lui-même, a longtemps fait partie du culturellement correct. Le snobisme célinophile permettait aux esprits grégaires de se prendre pour des aventuriers de l'esprit, des anticonformistes d’élite.’’ (…)''De Faurisson à Sollers en passant par Nabe et Soral, des marginaux aux installés de la célinerie, les prédicants célinistes ont tous entonné le credo victimaire."
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"Voyage au bout du nazisme ? ". Article, Libération, juillet 2019 (Le point d’interrogation est supprimé d’évidence par le compte-rendu qui est fait des émissions de France-Culture…). Donc, Voyage au bout du nazisme, oui. Excellent article.
"La question n’est pas celle d’un Céline antisémite, ce qu’il est de toute évidence, mais celle d’un Céline militant activement pour Hitler." (…) "Dans ses Pamphlets Céline épouse clairement le nazisme. C’est chez lui une conviction." (…) "Quand on lit Bagatelles pour un massacre… on retrouve toutes les idées nazies, dites avec une force expressive qui n’existe même pas dans la littérature nazie elle-même." (Citations de Johann Chapoutot, historien, auteur de "Comprendre le nazisme", c’est-à-dire mettre du savoir sur l’ombre, et "La révolution culturelle nazie", qui analyse la pensée nazie, le processus de sa mise en œuvre). L’article montre, dans le dernier paragraphe, en reprenant les observations de l’historien cité ici,  que les obsessions nazies de Céline sont toujours présentes dans l’extrême droite, sous ses différentes facettes. 
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"L’écrivain fasciste Louis-Ferdinand Céline", Par Robert Paris, MatièreRévolution, 2016…
Des citations qui suffisent à situer...
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Article. "Autoportrait de Céline en salaud délirant", Le Monde,  05-07-19. (Au sujet des Cahiers de prison)… 
"Écrites en 1946, au moment des bilans humains de la guerre, ces phrases composent en vérité l’autoportrait d’un salaud aveuglé par un délire persistant : un salaud en détresse, mais qui refuse obstinément d’admettre que le pire a eu lieu et qu’il en a été partie prenante."
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Céline, sur Robert Desnos. Sommation... 
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LIVRES
céline,louis-ferdinand céline,nazisme,collaboration,fascisme,extrême droite,citations,livres,annnick duraffour,pierre-andré taguieff,voyage au bout de l’abject,voyage au bout du nazisme,l’écrivain fasciste louis-ferdinand céline,la race,le juif"Céline, la race, le Juif".Livre  d’Annick Duraffour et Pierre-André Taguieff, éd. Fayard, 1-2-2017
"Avec Céline, c’est tout un imaginaire raciste, antisémite et complotiste qui se livre à l’observation. Se montre ici le fonctionnement d’un esprit raidi dans un réseau de préjugés et de convictions inébranlables…" (…) "Ce livre est une somme, le livre de référence que l’on attendait sur le cas Céline. Il croise la lecture des textes avec l’histoire intellectuelle et politique. Une étude critique, rompant avec les habituelles approches, plus ou moins apologétiques. L’érudition y est mise au service de la volonté de clarifier et de comprendre."
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De Patrick Lepetit, "Voyage au bout de l'abject. Louis-Ferdinand Céline, antisémite et antimaçon", éd. Atelier de création libertaire, 01-07-2017. Sur le "premier des révisionnistes, véritable pousse-au-crime"... 
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Recension du livre de Patrick Lepetit, note de blog
"Voyage au bout de l'abject ne fait que confirmer ce que l'on savait déjà. Le bouquin n'en reste pas moins essentiel car le combat est loin d'être terminé."
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Écho tragique. "D’Asperger, nazi, assassin d’enfants", Le Monde, 29-03-19.
Edith Sheffer dit, dans son livre "Les enfants d'Asperger", qui était ce psychiatre autrichien nazi qui a donné son nom à un autisme (mot inventé, autisme, par un psychiatre suisse pour caractériser un repli sur soi psychotique, et détourné par Asperger). Comment peut-on encore utiliser ce nom, Asperger, pour qualifier des personnes ?

08/07/2019

Des recueils de poésie à lire en vacances... (et après aussi).

Une_anthologie_de_la_poesie_francaise.jpgQuant à la poésie (gemme, cosse, graines, floraison) c’est le territoire originaire de la parole, personne ne peut apprendre à personne à écrire de la poésie. Une boussole oriente et dénude les mots jusqu’à la pleine page silencieuse du poème de la voix. 
      Patrick Laupin, Le Rien qui précède
 éd. Gros textes, coll. La petite porte, 2019
(Poète, auteur du livre sur  Mallarmé, coll. Poètes d’aujourd’hui, Seghers, 2004. Recueils chez différents éditeurs).
La poésie n’est pas pour moi un exercice réussi lorsque les contraintes ou les procédures ont été respectées, elle est à chaque fois invention d’une écrire-vivre, tension de langue contre ce qui nous rend muets.
Antoine Emaz 
 
Quelqu’un, sur Facebook, a réagi aux listes de livres  « d’été » que font les journaux, les blogs, les sites, les revues en ligne. Constatant un déni d’existence opposé à la poésie, il a fait une liste de recueils… Oui. On propose de quoi se distraire, se délasser. Romans, romans, et romans. La poésie ? Oubliée. (Et j’ajoute à cela l’oubli des aphorismes, catégorie d’ailleurs niée dans le classement des bibliothèques. Mais dans certains recueils de poésie, ils sont présents aussi). Réaction ? Faire des listes de recueils de poésie à mettre dans les valises. Au choix de chacun. Ceci n’étant pas négation du reste. Pour ma part je lirai en vacances de la poésie, toujours. (Plus précisément je relirai surtout, découvrirai un peu.) Mais je ne me priverai pas de romans policiers, de livres de science-fiction, et, même, de mangas (j’en ai repérés). Et il y aura aussi systématiquement un temps pour les journaux et une philosophie non-systémique, en plus de grands textes de sagesse, à relire. (Car la poésie des petites fleurs loin des sursauts du monde et des questionnements sur vivre et mourir - ou la haute spiritualité - ce n'est pas mon truc).
 
1 ANTHOL FR 0rizet.jpgDonc, listes. Et j'ai fait la mienne. Le but n’est pas de s’adresser à des érudits, ni à ceux qui connaissent à fond l’univers de la poésie, jusqu’aux publications les plus récentes (même si j’en mentionne un peu). Ni de proposer de se ruiner (comme on peut être tenté de le faire au Marché de la Poésie…). Non. Proposer à un public large des titres, c’est permettre aussi une initiation, par des livres qui ne soient pas effrayants par l’ampleur, et en prévoir qui soient disponibles à des prix modiques...

ANTHOL FR POCHE.jpgANTHOLOGIES d’abord. 
La meilleure façon de découvrir quels sont les poètes dont on voudra lire des livres et ceux qui ne nous « accrochent » pas. 
Car de la poésie, comme de la littérature en général, on ne lira pas tous les livres... Tous ne sont pas faits pour nous (goûts, affinités, rapport aux mots, au langage, méta-philosophie racine proche ou lointaine, adverse parfois). Pas plus qu’on ne rencontrera tous les êtres humains qu’on est susceptible de croiser, même en se limitant à notre quartier… Alors la ville, le pays, le monde… Alors le temps des siècles : tant d’auteurs et tant de langues… Et même, de certains auteurs choisis, dont on aime beaucoup un ouvrage on ne lira pas tous les autres. Car même parmi les meilleurs certains écrivent trop. (Trop de textes dans un livre, trop de livres en bibliographie. Apparemment il manque alors le silence, et les coups de ciseaux pour enlever ce qui excède). 
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Anthologies de la poésie française.
… de Jean-François Revel, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins… 
… Ou (De Villon à Verlaine), d’Annie Collognat-Barès. Livre de poche, Libretti (poèmes, présentation, notes et index…). (2€)…. En poche, aussi, l’anthologie de Georges Pompidou... Ou celle de Jean Orizet. Et plusieurs titres, catégorie ‘poésie'… 1 Haikus.jpgPlus, ouverture à l’ailleurs, L’art du haïku
 
1 LETTRES RILKE .jpg… Chez Librio, certaines anthologies, comme celle de Sébastien Lapaque, au très beau titre, J'ai vu passer dans mon rêve - titre emprunté à Verlaine, dont une citation est mise en exergue. Son introduction est excellente (quatre pages denses, qui suivent l'épitaphe, une définition rigoureuse de la poésie). Même collection Librio, des recueils (pour 2€). Comme ceci, de Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète... 
 
… La poésie est présente aux éditions Mille-Et-Une-Nuits. (Pour 3€). Il faut fouiner… 
 
Écrivains francophones du Maghreb, sous la direction d’Albert Memmi, éds Seghers. Dont poètes… 
 
Anthologie de la poésie algérienne, Quand la nuit se brise, par Abdelmadjid Kaouah, Autres temps, Points poche.
 
… Poésie espagnole / les nouvelles générations PU.Lyon, (anthologie bilingue) par Pedro Provencio
 
1 FEMMES.jpgQuelqu’un plus tard se souviendra de nous, (femmes poètes, noms majeurs, monde : mes très chères y sont). Poésie/Gallimard...
 
Poètes du monde… Anthologies (et collections). Dont livre éd. Marabout…1 ANTHOL MONDE.jpg
 
Poèmes chan (de moines du bouddhisme chan). Picquier poche.
 
1 Anthol vers unique.jpg… Et enfin, Anthologie du vers unique, de Georges Schehadé. Une merveille…
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TITRES seuls. RECUEILS… 
 
Si vaste d’être seul, de Tristan Cabral,  Le Cherche Midi (recension faite, 2018, lien ci-dessous). (Dernier livre, Poèmes à dire, éd. Chemins de Plume, Nice). Lien vers la note…  http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2018/07/22/si... 
 
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Au secret, de Franck André Jamme, éds. Isabelle Sauvage
 
Variations sur le silence, de Philippe Mac Leod, éds Ad Solem
 
Hautes lassitudes, de Jean-Marie Blas de Roblès, Dumerchez
 
Apostumes, de Jean-Luc Sarré, Le Bruit du temps
 
Six titres, coll. Poésie/Gallimard
    … Terre énergumène, de Marie-Claire Bancquart
    … En trente-trois morceaux, de René Char 
    … Jonas, de Jean-Paul de Dadelsen
    … Les Mégères de la mer, suivi de Poèmes de Samuel Wood, de Louis-René Des Forêts
    … Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer ? de Claude Roy
     … Toute personne qui tombe a des ailes, d’Ingeborg Bachmann
 
Et…
Trois leçons de ténèbres, de José Ángel Valente, éds Unes, traduction et préface de Jacques Ancet (recueil bilingue).
Oeuvre sur l’eau, d’Erri De Luca, éd. Seghers (biilingue).
Poème à la durée, de Peter Handke, NRF Gallimard
Le Souffle du Monde, d’Yves Simon, éd. Librio… 
1 NERVAL.jpgAurélia, de Gérard de Nerval… Philo et poésie aux Éds Mille-Et-Une-Nuits… https://www.lecteurs.com/editeur/mille-et-une-nuits/11517
 
Autres titres, voir les notes de la catégorie "Recensions"… dont une note de dix titres (Égarer la lenteur)… Et beaucoup d'autres sur un seul livre, comme par exemple "Échos du silence", de François Cheng et Patrick Le Bescont... (Je mettrai des liens dans la liste "Trames nomades... Relire" qui est en marge gauche et doit être mise à jour...)
 
De François Cheng j'emporterai "La vraie vie est ici" (Poésie/Gallimard), pour relire et relire. Il parle à l'âme, à hauteur d'âme, mais des pages peuvent aussi faire venir les larmes aux yeux, tant l'émotion est présente, devant des faits de tous les jours ou l'évocation de grandes douleurs humaines - en empathie avec tout ce qui est. Et tant il sait dire aussi des hésitations entre bonheur et souffrance, présence des autres et solitude radicale, un "Je" discret, pudique, mais là. Une écriture du paradoxe métaphysique, vécu, des oscillations entre le Soi et le moi. 
Et je prendrai ses trois romans, disponibles en livre de poche. Pas lus encore. 
Poésie, encore, voir, en marge droite (descendre un peu) trois listes de liens vers des sites et blogs, des éditions, des revues (papier ou en ligne).
 
MC San Juan
 
LIEN important. Hommage.
TEXTURE. Revue de poésie créée par Michel Baglin, poète dont on perd la présence et garde l’oeuvre…

28/05/2019

"Chaque pas est une séquence". Sur deux livres d'Éric Dubois.

DUBOIS 1 .jpg"Chaque pas est une séquence"
 
C’est important, un titre. Cela donne une clé, est déjà un poème minimal, la trace d’une langue. Celui-ci est un message, qui parle à la fois de vie et d’écriture.
Avancer, dans les difficultés des jours, les siennes et celles du monde auquel le poète est sensible, car pas enfermé dans la contemplation de soi, tout en étant attentif au devenir de soi.
Je crois ce recueil central, par rapport à ce que j’ai pu lire d’autre d'Éric Dubois. Il est paru en 2016. On y trouve un travail sur le langage, un questionnement sur ce qui se joue dans le langage, celui du poème mais pas seulement. 
"Arpenteur du silence" est le premier vers, comme un programme d’écriture et de démarche intérieure, dans cette recherche, apparemment paradoxale, de sens là où il n’y a pas de sens dit. Où il faut peut-être même se méfier de ce qui serait trop dit.
Ce sens il commence par le trouver dans la matérialité du réel, dans les éléments et paysages du monde : l’eau, la pluie, la pierre, le soleil, le sable, le vent, les arbres. Mais on voit aussi que le regard est accompagné de questions. "Quel territoire délimiter" dans ce monde ?  Le sien ? Celui de l’espace des choses, des gens ? Celui d’un cosmos dont on chercherait l’écho dans le silence ? Avec des mots, ou sans les mots ?
Et il y a le doute, au sujet du sens, au sujet du langage. Peut-être même sur le sens d’écrire. Parce qu’il y a la mémoire et le temps qui encombrent.
La mémoire est un risque pris pour l’introspection, où l’auteur voit la possibilité de fractures : "l’œil du désordre". Quand on fouille en soi, quand on analyse, pour construire on détruit, fragmente, sépare.
Mais se profile toujours une sorte de sagesse dans le regard que l’écrivain porte sur lui-même et sur cette écriture de lui-même, pour être capable de se regarder, soi, comme on regarde qui n’est pas soi :
                      "Attention à soi
                       comme à un autre
                       fragile"
DUBOIS 3 CAPITAL .jpgContre les pièges du temps, qui est "le manteau d’ombre des gens". Superbe et profonde formule, qui rejoint la parole des hautes sagesses sur le relatif et l’absolu, sur les apparences des personnages que nous jouons, englués dans le temps. Mais au-delà il y a l’être, et la poésie permet cette transfiguration du langage : "La poésie suspend le mot dans un bain d’être". C’était évoqué quelques pages avant, quand il parlait du "rien dans le tout", comme esquisse d’un dieu (sans majuscule). Là "l’oracle" fait rencontrer "le prénom de Dieu" (avec majuscule). Quoi qu’il y ait derrière ce mot, on y lit la promesse d’un sens, d’une universalité.
Signe qu’on peut "être l’écho / de quelque chose", qu’on peut espérer "la lumière", et dire "non" pour ouvrir le oui. 
"On a tous un masque insaisissable
 que l’écriture tente de cicatriser"
Ce que l’écriture réussit c’est le déchiffrement des "mots qui sculptent l’invisible". "Derrière l’opacité" pouvoir déceler "l’essentiel".
Le poète dessine une "trajectoire" qui ouvre "les possibles" pour lui, le texte, le monde. Afin de "rêver" et de pouvoir "fixer l’étoile". Déchiffrant la vie comme un "poème illisible", qui devient lisible, pas à pas.
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"Langage(s)"...
Un autre recueil, titré "Langage(s)", jeu de sens entre singulier et pluriel, prolonge (en 2017) cette méditation sur le silence et sur le sens. Sur l’être, la personne, précieux "puits artésien" du fait du langage, infinie profondeur de sens, plus que surface de signes. Il y a toujours la lumière, et il y a des questions. Le bruit contre le silence. La solitude contre la rencontre du regard. La mort comme horizon des vies et même du monde. L’absence contre la puissance d’être. Et cette "porosité" qui menace, de soi avec l’ombre des douleurs, de soi avec les émotions de la mémoire et de l’oubli. 
Mais celui qui écrit lit dans le monde "l’orchestre savant des énigmes".
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DUBOIS 2.jpgUn ouvrage sort en ce moment, pas encore lu, que je lirai. Même édition. Témoignage sur un vécu douloureux, dépassé."L'homme qui entendait des voix"...
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Du poète savoir qu’il est aussi revuiste ("Le Capital des mots"), et blogueur ("Les tribulations d’Éric Dubois").
 
MC San Juan
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LIENS
LIVRES...
... "Chaque pas est une séquence", page des éditions Unicité...
... "Langage(s)". Éditions Unicité…
... "L'homme qui entendait des voix"...
...... REVUE de poésie en ligne. "Le Capital des mots"...
...... BLOG. "Les tribulations d'Éric Dubois. Journal de poésie"...

24/04/2019

"La mort n’est point notre issue". Parole de poète, François Cheng

GLOIRE ICI CHENG.jpg"La mort n’est point notre issue,
  Car plus grand que nous
  Est notre désir, lequel rejoint
  Celui du commencement,
  Désir de la Vie."
  François Cheng, La vraie gloire est ici
 
AME CHENG.jpg"L’âme n’est pas seulement la marque de l’unicité de chaque personne, elle lui assure une unité de fond, et, par là,   une dignité, une valeur, en tant qu’être."
François Cheng, De l’âme
 
ENFIN ROYAUME CHENG.jpg
 
 
 
 
 
 
 
 
"Ce que tu donnes trace une voie
 Te menant plus loin que tes pas."
  François Cheng, Enfin le royaume
 
Sur plusieurs moments de parole du poète, La Grande librairie (2015, 2016, 2018). 
2019... J'avais mis, dans la note sur l'incendie, le lien vers l'émission "Spéciale Notre-Dame", où François Cheng est présent. Je le remets ici... https://www.youtube.com/watch?v=s49jQRLDFn4 
 
Dans La Grande librairie, l'émission de François Busnel, en novembre 2015, François Cheng parle de son livre,
"La vraie gloire est ici" (Gallimard, 2015), de la poésie, de la création, et de vivre "ici et maintenant" l’instant présent. "Vivre est un triomphe du Tout sur le rien, malgré tout" (comme, le rappelle-t-il, le dit Rilke à un jeune poète, Jules Supervielle, en lui écrivant une semaine avant sa mort : "en dépit de tout, la vie est une gloire"….). La "gloire" est la splendeur de la nature, et des "hauts chants" des êtres humains.
Il parle de la "concentration en soi", d’une sorte d’ascèse qui rend cela possible. Les poèmes ont pour but, dit-il, de révéler cela, les paradoxes de la présence, entre souffrances, épreuves, ténèbres donc, mais lumière des rencontres (avec les êtres ou avec une transcendance)… Et même la mort, la perspective de la mort,  nous offre selon lui la possibilité d’atteindre le sens de tout cela. Y compris dans le travail sur la langue ("épurée"). Et "rien ne vaut la vie" , "même si la vie ne vaut peut-être rien" (il cite alors André Malraux), et même si la tragédie est là (y compris dans la détresse de la misère, pauvreté que le poète a connue) : mais toujours le message de la vie est là aussi, cet "humus" Et l’ailleurs de Rimbaud est, pour lui, "toujours un ici et maintenant". François Busnel insiste sur la manière dont François Cheng dépasse les paradoxes qui opposent souffrances et joie.
Car "La mort n’est point notre issue" (début d’un des poèmes)… Sans la mort, dit-il, "nous n’aurions aucune perspective de transfiguration, alors que la mort nous offre la chance d’atteindre une autre forme d’être, un ordre supérieur d’être." "Rien ne vaut la vie, il insiste, car ‘il y a cette unicité de l’être’.
VIDÉO (extrait de La Grande librairie)…
"La vraie gloire est ici", page éditeur, Gallimard… 
 
Autre moment de La Grande librairie (autour du livre "De l’âme", écrit avec l'intention de réhabiliter ce mot (tabou, presque, en Occident). "Souffle vital", explique-t-il, qu’on retrouve partout (ainsi dans le chi chinois,ou le souffle du latin et des autres cultures). L’âme est "la marque de l’unicité de chacun de nous", liée à une forme de "transcendance". "L’esprit et l’âme sont intimement liés, entrelacés". François Cheng évoque des auteurs comme Malraux et Camus (pour une lettre) qui, parlant des nazis disait qu'ils tentaient de "tuer l’esprit et l’âme". Et c'est cela qui est le sens principal, tuer l'âme. C'est important, pour François Cheng, qu'Albert Camus ait utilisé ce mot et dise ainsi quelque chose d'essentiel. Il aimerait que ce texte soit beaucoup lu.
VIDÉO. La Grande librairie, 2016...
"De l’âme", page éditeur, Albin Michel (une correspondance)…
 
Et, sur un autre ouvrage, "Enfin le royaume", recueil de quatrains, La Grande librairie, février 2018...
On entend d’abord le témoignage de Dany Laferrière, qui dit la part d'écorché vif de François Cheng, qui acquiesce (disant qu’il peut avoir du mal à dormir pendant des jours à cause d’un fait divers bouleversant). De la poésie il dit que celle qu’il aime est celle des poètes de l’être, et il cite Dante. À propos du quatrain il parle d’une lignée de poètes, comme Rimbaud, Nerval, Michaux, Char, poètes "diamantaires". L’écriture du quatrain demande, dit-il, une aimantation (il avait évoqué un instant avant, la "cristallisation"). Il cite aussi Jeanne d’Arc, ce qu’elle a dit aux juges : "Puis vint cette voix, environ l’heure de midi, au temps de l’été, dans le jardin de mon père". C’est un quatrain parfait : (5-7-5-7). Dont il dit que tous les Français devraient le savoir par coeur.
VIDÉO (La Grande librairie, février 2018, extrait)… 
"Enfin le royaume", page éditeur, Gallimard...
 
Et encore, retour à 2016. "Le livre qui a changé ma vie" Le choix de François Cheng n’est pas un recueil de poèmes, mais "À la recherche du temps perdu" de Marcel Proust. Choix d’écrivain, car ce qu’a dit Proust sur l’écriture lui a donné confiance en la possibilité de tout transformer par l’écriture, de se "réconcilier avec la vie". Par cette affirmation : "La vraie vie est une vie vécue et repensée et recrée par l’écriture".
 
MC San Juan
 
Réponse au commentaire (transmise aussi directement en MP sur FB).
Merci pour ce message, qui aide à penser la démarche, à s'interroger.
Oui. Comme c'est interrogé dans un commentaire, ces notes, ces messages sont pour faire signe de sens, d'espoir, en s'appuyant, ici, sur la parole d'un grand poète de l'être. Nécessaire cette alternance avec les colères contre les atteintes multiples aux droits (dissidences, certains pays) et la résurgence de pensées et écritures fascistes (cf. mes notes au sujet de chroniques sur Céline : Céline et l'abjection et Céline, voyage au bout du nazisme). Je crois, comme la géographe Sylvie Brunel (page dans Le Monde du 26 juillet 19) que nous devons "remettre un peu de sérénité dans nos existences". Mais il n'est en aucun cas question de "fuir le monde". On ne libère personne (sauf à agir pour sortir de vrais murs des dissidents), on peut juste travailler à être plus libre soi-même, à être plus vrai. C'est le sens de la parole de François Cheng, entrer dans la profondeur de l'être. Quand à Fred Vargas, elle ne m'intéresse en rien. Et ce qu'elle devait entendre au sujet de son protégé terroriste, des intellectuels italiens (informés et concernés) ont répondu. Et c'est suffisant.

23/04/2019

Relire Sylvain Tesson. "Notre-Dame-des-vertiges"... (Et l'écouter, car la parole est belle...)

OSCILLATION TESSON.jpg"Je crois à la mémoire des pierres."
Sylvain Tesson, "Notre-Dame-des-vertiges", Philo Mag 
"Une très légère oscillation" (Journal 2014-2017, Pocket)
 
CHEMINS NOIRS.jpgEt (dans le prolongement de cette ascèse de l'ascension, celle de la marche sur les chemins de France...),
ceci : "La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs. Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre."
Sylvain Tesson, "Les chemins noirs" (Folio).  
 ……………………………….
PHILO MAG.pngPhilosophie magazine a eu la bonne idée de proposer (site et page Facebook) de relire le témoignage de Sylvain Tesson (publié en 2015). Il y fait le récit de son "ascension" de Notre-Dame (de l’immense escalier qui mène aux tours), en guise de "rééducation" après un grave accident. Il a l’idée de le faire, en voisin, alors qu’il constate à quel point il a vu souvent, et peu regardé, Notre-Dame (comme si souvent les Parisiens, par habitude de lieux qu’on finit par oublier de connaître). Et ce seront des jours et des jours d’escalade… Dans cette page il note les pensées de tous ces jours.
 
Ainsi, l’escalier en colimaçon lui inspire cette réflexion : "La spirale du colimaçon, elle, recompose son permanent retour. L’éternel retour est dans l’escalier à vis. Tout visiteur de Notre-Dame tient du derviche tourneur." / "Je pensais au génie de ces architectes qui inventèrent le colimaçon. Avaient-ils observé la nature pour mettre au point leur trouvaille ? S’étaient-ils inspirés de la graine de tilleul tombant de la branche en tournicotant ? Avaient-ils été influencés par la coquille de l’escargot ? Peut-être avaient-ils tenu à incarner un symbole, car la spirale recèle une dimension métaphysique. Toute méditation a la forme d’une spirale : la pensée tourne sur elle-même, s’enfonce lentement dans les tréfonds psychiques." Et, parlant de "l’explosion de la lumière", quand on arrive tout en haut, il note : "Notre-Dame est une cathédrale du Christ mais – chevet au Levant et tours au couchant – elle est également un temple solaire."
 
Quasimodo et les gargouilles de Viollet- le-Duc le consolaient de sa paralysie faciale : "Rien n’était perdu me susurraient les gargouilles : toute bête a sa belle."
 
Il observait les visiteurs : "Pas un ne regardait Paris de son œil. Ils brandissaient tous un écran entre le monde et eux."
 
Et, pour conclure, guéri, il dit ceci, de cette expérience particulière, liée au lieu : "Il y avait quelque chose d’alchimique dans ces heures d’exercices. Comme si le mystère, la puissance de Notre-Dame irriguait mes chairs." La page sur Philo Mag
 
Augustin Trapenard a lu cet hommage de Sylvain Tesson
à Notre-Dame, sur France Inter, le 16 avril 
 
Et Sylvain Tesson, dans La Grande librairie de François Busnel, du 18 avril 2019, dit que Notre-Dame lui a "véritablement sauvé la vie". Passionnante intervention à écouter et réécouter. C’est presque une ode mystique, car il explique que c’est, d’après lui (c’est son ressenti), l’énergie spirituelle sacrée de ce lieu qui a guéri le corps,  par imprégnation du biologique, du physique, par la force du lieu, la mémoire sacrée du lieu, en quelque sorte.... "La mémoire des pierres"…
La Grande librairie, extrait... 
 
MC San Juan

20/04/2019

"Le Maître de lumière", livre de Jean-Luc Leguay, danseur chorégraphe devenu enlumineur initié…

LEGUAY LUMIERE.jpgCe qui peut nous faire comprendre la force de notre émotion devant Notre-Dame en feu, je le trouve dans un livre de Jean-Luc Leguay, "Le Maître de lumière". (Histoire de son initiation à l’art de l’enluminure,un long itinéraire...).
 
Patrimoine, oui, cette cathédrale. Mais livre d’une mémoire sacrée, où ce qui est dans les pierres, visible et non visible, est la trace des signes et des savoirs que des artisans initiés ont inscrits. Nous ne le savons pas, ne le comprenons pas intellectuellement, mais nous le sentons intuitivement.
 
Parlant de l’art de l’enluminure, appris avec un maître (moine italien de haute spiritualité, le "Maître") il explique comment des éléments invisibles sont travaillés avec autant de soin que ce qui est visible. Car ils jouent un rôle dans la structure de l’oeuvre, son sens et son message. Ainsi, peignant un personnage il pose l’essentiel au-dessous de ce qui sera visible. Jean-Luc Leguay cite Paul Klee, pour montrer que la conscience artistique, si elle est authentique, tient compte de cela… Je recopie ici un grand passage (page 150 de l’édition Albin Michel, 2004, où cette citation figure) :
 
"L’initié dissimule un point de couleur précieuse en dessous — or, lapis-lazuli, émeraude —  (…) comme un trésor enfoui, inscrivant la terre et le ciel dans la couleur de la peau. Cette vibration de la matière influence celui qui regarde. Tout n’est pas fait pour être vu. De même, les bâtisseurs de cathédrales cachaient des sculptures extraordinaires sur les hauteurs, invisibles depuis le parvis. Personne ne les voyait jamais mais elles participaient de la vibration générale de l’édifice. Dans cet esprit les faces arrière des statues ornant les portails étaient sculptées consciencieusement. L’invisible était travaillé avec le même zèle que l’apparent. De même les enluminures sont truffées de petits trésors cachés. 
'L'art ne reproduit pas le visible, il rend visible' disait Paul Klee. Il donne à voir autre chose que le réel."
 
L’initiation à son "métier" aura duré dix ans, pour que sa main devienne "main de lumière" (et que l’humilité et la patience de la vraie création le traverse totalement). Celui qui ne crée pas dans cet état d’esprit ne fait que donner à voir son "labyrinthe" intérieur, 'enténébreur', est-il enseigné (contaminant les autres, qui regardent ou lisent). Celui qui griffonne des oeuvres de l’ego, pressé d’être reconnu par les autres, avant de s’être connu lui-même au sens de ce que nous dit cet initié… Grande leçon d'humilité, que ce témoignage de qui se veut artisan de lumière. 
 
Voir la RECENSION complète de ce superbe livre. NOTE posée, après celle-ci, le 01-05-2019 (et petit portail de  liens : pages des éditions, site de l'enlumineur, note d'un blog sur une conférence...) ... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2019/05/01/le-maitre-de-lumiere-un-voyage-dans-le-silence-qui-n-a-pas-6147871.html
 
MC San Juan

18/02/2019

3. ANTISÉMITISME. Des LIVRES pour le combattre idéologiquement…

antisémitisme,livres,benjamin fondane,hannah arendt,alain finkielkraut,pierre-andré taguieff,delphine horvilleur,georges bensoussan,andré versaille,jean birnbaumUn jour viendra, c'est sûr, de la soif apaisée, 
nous serons au-delà du souvenir, la mort 
aura parachevé les travaux de la haine, 
je serai un bouquet d'orties sous vos pieds, 
– alors, eh bien, sachez que j'avais un visage 
comme vous. Une bouche qui priait, comme vous.
Benjamin Fondane, assassiné en octobre 1944 à Auschwitz-Birkenau
 
 
antisémitisme,livres,benjamin fondane,hannah arendt,alain finkielkraut,pierre-andré taguieff,delphine horvilleur,georges bensoussan,andré versaille,jean birnbaum"Sur l’antisémitisme / Les origines du totalitarisme", Hannah Arendt.
Tenter de comprendre ce qui ne peut se saisir, ce que "rien de précédent" n’aide à penser...
Page éditeur, Seuil... https://bit.ly/2VcwEQb
 
Alain Finkielkraut, bibliographie, page éditeur, Fayard...
 
Alain Finkielkraut, "Le Juif imaginaire", Seuil
Identité héritée, identité entre recherche des repères dans l'Histoire et désir d'en intégrer les diverses formes,
en se chargeant de mémoires et d'expériences qui ne sont pas soi et le sont pourtant.
Le cheminement entre "l'ostentation" et la "fidélité". 
Voyage intime dans la subjectivité qui construit petit à petit un être intérieur fait de culture et de valeurs.
Ontologie de l'identité.
Le judaïsme et la judéité, dimension juive du "Je" qui sent et pense aussi à partir et à travers une archéologie de
sens multiples accumulés par le temps, médités et "pris pour soi".
Et en soi l'universalité, aussi. Questionnée. 
 
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Page éditeur, Stock… https://bit.ly/2BO4FPw
Article (positif) du JDD sur cet ouvrage. (Élisabeth de Fontenay, sait que la "vérité gagne à parler par plusieurs bouches à la fois ».)  La lecture de l’ouvrage permet, montre l’article, de nuancer la perception des positions parfois abruptes d’Alain Finkielkraut, à travers ce regard amical d’estime qu’est celui d’Élisabeth de Fontenay, regard pourtant souvent divergent.
 
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Citation… "Les années trente, dit-on, sont de retour. L’ordre moral sort des catacombes, la crise économique pousse à la recherche d’un bouc émissaire et l’islamophobie prend le relais de l’antisémitisme. Cette analogie historique prétend nous éclairer : elle nous aveugle. Voulant lire ce qui arrive à la lumière de ce qui est arrivé, elle en occulte la nouveauté inquiétante.". Lien... 
 
Pierre-André Taguieff, plusieurs livres de ce philosophe (et politologue).
Ils abordent tous les sujets qui permettent de réfléchir rigoureusement à ce qui est en jeu dans ce qui crée et favorise l’antisémitisme et le complotisme. 
 
P-A Taguieff. "La force du préjugé. Essai sur le racisme et ses doubles". Réflexion sur le racisme et l’antiracisme. Penser philosophiquement un sujet obscurci par des tabous et fonder autrement l’antiracisme…
Page éditeur, Gallimard… https://bit.ly/2tqK677
 
antisémitisme,livres,benjamin fondane,hannah arendt,alain finkielkraut,pierre-andré taguieff,delphine horvilleur,georges bensoussan,andré versaille,jean birnbaumP-A Taguieff. "17 thèses sur l’islamisme, l’anti-islamisme et l’islamophobie"…
Une synthèse rigoureuse, qui résume une pensée, et donne des repères…
Blog, Le Huffington Post... https://bit.ly/2TXP7iW
 
antisémitisme,livres,benjamin fondane,hannah arendt,alain finkielkraut,pierre-andré taguieff,delphine horvilleur,georges bensoussan,andré versaille,jean birnbaum"Réflexions sur la question antisémite", Delphine Horvilleur. Présentation éditeur, citation... "L'antisémitisme tel qu’il est perçu par les textes sacrés, la tradition rabbinique et les légendes juives. Dans tout ce corpus dont elle fait l’exégèse, elle analyse la conscience particulière qu’ont les juifs de ce qui habite la psyché antisémite à travers le temps, et de ce dont elle « charge » le juif"...
Page éditeur, Grasset... 
 
André Versaille traite indirectement de l'antisémitisme puisqu'il affronte la pensée de l'islam et de l'islamisme en refusant les dénis des intellectuels de gauche, qui rendent les Européens (et donc les Français, donc les Français juifs) responsables des dérives islamistes et donc des crimes des djihadistes, déresponsabilisés, eux. Miroir pervers de la culpabilisation... Et cela fait échouer les analyses et les "réponses". Or il faut aller à la source idéologique, et c'est ce qu'il fait, point par point. ("Les musulmans ne sont pas des bébés phoques"). Travail sur Voltaire, en parallèle. Et tout cela disponible en ligne. On peut tout trouver à partir de son SITE, qui renvoie aussi au BLOG. Une pensée de gauche qui met en question les aveuglements de la gauche. C'est approfondi et pourtant très lisible. Pour tous.
Cet entretien est éclairant (sur le site du CCLJ belge)...
 
antisémitisme,livres,benjamin fondane,hannah arendt,alain finkielkraut,pierre-andré taguieff,delphine horvilleur,georges bensoussan,andré versaille,jean birnbaumContre la haine, plaidoyer pour l’impur, de Carolin Emcke "Quelque chose a changé" (...) "On hait désormais ouvertement et sans vergogne."
Page éditeur, Seuil... "Carolin Emcke conduit une analyse à la fois littéraire et philosophique des contextes qui expliquent la haine xénophobe, raciale, sociale et sexiste minant nos sociétés."...
 
Jean Birnbaum, qui a beaucoup de divergences avec Alain Finkielkraut, dans la manière d'envisager l'identité, a une démarche qui rejoint (autrement) celle d'André Versaille. Lui aussi rejette le déni.
Ses éditoriaux littéraires posent aussi des repères. Un livre traite de l'oubli de la religion (de toutes, de la dimension religieuse dans la vie des individus et des peuples, et dans le domaine politique - qui ne peut, dit-il, être pensé sans tenir compte de cet aspect).
 
antisémitisme,livres,benjamin fondane,hannah arendt,alain finkielkraut,pierre-andré taguieff,delphine horvilleur,georges bensoussan,andré versaille,jean birnbaum,xénophobie,haine,carolin emcke"Un silence religieux/La gauche face au djihadisme", de Jean Birnbaum...
Cet entretien permet de rendre compte du point de vue qui a mené à ce travail...
La gauche, l'identité...
 
antisémitisme,livres,benjamin fondane,hannah arendt,alain finkielkraut,pierre-andré taguieff,delphine horvilleur,georges bensoussan,andré versaille,jean birnbaum"Les territoires perdus de la République", de Georges Bensoussan.
Préface d'Alain Finkielkraut.
Constat et dénonciation du déni au sujet de l’islamisme,ses offensives
et ses effets tragiques…
Page éditeur, Gallimard...https://bit.ly/2S8fy3S
 
"Le Nouvel antisémitisme en France". Collectif 
(L.Ferry, P.Bruckner,Ph. Val, M.G.Wolkowicz,B.Sansal,
J-P Winter, G. Bensoussan
)

livre préfacé par Élisabeth de Fontenay
Page éditeur, Albin-Michel...https://bit.ly/2SJXlPd
BIBLIOGRAPHIE thématique. 
150 livres abordant l’antisémitisme (romans, essais, témoignages…)…
https://booknode.com/antisemitisme_4148
Anciennes NOTES du blog sur ce sujet... Voir TAGS, "recherche" en marge droite (tags : antisémitisme, négationnisme, complotisme) et CATÉGORIES, liste en marge gauche (antisémitisme, racisme, négationnisme, complotisme).
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MISE à JOUR, 1er mars 19. Indication de livres à découvrir... 
antisémitisme,livres,benjamin fondane,hannah arendt,alain finkielkraut,pierre-andré taguieff,delphine horvilleur,georges bensoussan,andré versaille,jean birnbaum,xénophobie,haine,carolin emcke,élisabeth de fontenayPar Jean Birnbaum, chronique à propos de l’essai du sociologue Danny Trom sur la situation des Juifs en France et en Europe actuellement, "La France sans les Juifs". Émancipaton, extermination, expulsion. Malaise et insécurité. Climat d’ostracisme qui touche des classes sociales diverses et vient de populations d’origines diverses. Causes diverses, celles qui produisent le ressentiment… L’article évoque le livre d’Emmanuel Todd, "Qui est Charlie ?" (2015), au sujet du double attentat du Cybercacher et de Charlie Hebdo. Il rappelle aussi les intuitions de Michel Houellebecq dans son livre "Soumission" ("Imaginant une France sous emprise islamiste, il égrenait les notations sur la disparition progressive des Juifs, leur expulsion patiente, silencieuse, presque inaperçue."). 
antisémitisme,livres,benjamin fondane,hannah arendt,alain finkielkraut,pierre-andré taguieff,delphine horvilleur,georges bensoussan,andré versaille,jean birnbaum,xénophobie,haine,carolin emcke,élisabeth de fontenayDans la même page Jean Birnbaum associe cette recension à un billet sur la parution d’un ouvrage de Jean-Claude Milner, "Considérations sur l’Europe", suite d’un premier sur la France. Une vision inquiète des limites de chimères européennes, qui accentuent le danger pour les Juifs. (Inquiétude, mais avec la volonté de "sauver l’idéal européen", ainsi que le rappelle la page de l’éditeur, Cerf). Chronique : "L’expulsion silencieuse des Juifs d’Europe", Le Monde, 1er mars 19, Jean Birnbaum
Page éditeur, PUF. Le livre de Danny Trom… https://www.puf.com/content/La_France_sans_les_juifs
Page éditeur, Cerf, le livre de Jean-Claude Milner (avec Philippe Petit)…
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SIGNALER... (publications ou faits)
INFOS. Gouv.fr… "Tous unis contre la haine"...
Dénoncer la haine (dont apologie du terrorisme)...
Égalité contre le racisme. LIENS (associations antiracistes)...
 
MC San Juan

22/07/2018

"Si vaste d'être seul". Citer Tristan Cabral... (citations et recension)

CABRAL .jpg« J’ai faim d’abîmes / Et des oiseaux muets tombent / tout doucement / Sur le monde… » (p. 19)

« J’ai le visage d’un grand brûlé dans son habit de cendre » (p.27)

« Parfois aussi / il coupait les mains des sources / et on le retrouvait  / dans l’arbre à feu » (Gaspar, p. 32)

« Qui ramassera les ombres ? / qui ramassera les noms ? /qui lavera la terre de tous ses bourreaux ? » (p. 39)

 « Sur une croix de bois  // rejetée par la mer  /// On peut lire en trois langues : / en arménien, en hébreu et en grec / ‘SI VASTE D’ÊTRE SEUL........ !’ » (P.75)

                              Fragments de poèmes, « Si vaste d’être seul ». Page éditeur... https://www.lisez.com/livre-grand-format/si-vaste-detre-s...

Livre bouleversant (publié en 2013, éd. du Cherche-Midi). Titre magnifique. Un tel vers suffit à dire la force d’une œuvre entière, à la justifier, à la rendre incontournable. Je pense qu’il vaut mieux quelques fragments de cette force radicale (comme ceux que je cite ci-dessus) que des sommes de livres dont ne jaillissent rien d’évident.

On a envie de consoler Tristan Cabral pour le fait d’être humain dans un monde où les dictateurs oppriment et les bourreaux tuent. Nous y sommes aussi, mais lui, écorché vif et qui le sait (il l’écrit), vit en empathie particulièrement douloureuse les drames de l’Histoire récente (Holocauste) ou très récente (répressions diverses, souffrances et morts). À tel point qu’il semble qu’il le vive dans son corps même. Sa marque est un engagement de toute la vie contre les injustices et les oppressions. Son écriture est charnelle (je la ressens ainsi), brûlante. Son lyrisme est servi par des métaphores ancrées, terriennes, nées du regard sur le monde concret et social. Et c’est allié à un réalisme cru, qui dit la mort avec la réalité du cadavre, sans évacuer l’horreur des désastres causés par l’humain à l’humain. La philosophie est là (il l'enseigna), par ce qui souterrainement motive le questionnement. Quel sens dans ce monde si c’est peuplé de tant de douleurs ?

Lui aussi cite, et beaucoup. Au début du livre, exergues pour l’ensemble, la solitude par Albert Cohen (« Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte. »)  et Franz Kafka (« Je suis seul… Comme Franz Kafka… »). Mais à l’intérieur, citations (ainsi, pleine page, des vers d’Anna Akhmatova, son Requiem : parenté d’évidence avec elle), ou, exergue de poème, André Laude. Et des noms dans le corps même des textes (Celan, Machado, Lorca…). Car « vaste » c’est cela aussi. Béance solitaire, mais univers personnel peuplé, habité, par des esprits frères. Et c'est beaucoup plus, la conscience d'un espace intérieur immense que la solitude révèle, même si elle est douloureuse, même si  peut être effrayant ce regard sur cet infini en soi.

Né en 44 il a enseigné la philosophie longtemps. Son pseudo d’auteur est une création en soi : "Yann Houssin prend le nom de plume de Tristan Cabral en hommage à l'homme politique bissau-guinéen et cap-verdier Amilcar Cabral et à Tristan, du conte populaire Tristan et Iseut." (Fiche Wikipedia).

Je viens de découvrir une très belle recension de David Campisi, sur La Cause littéraire (suivie d’une bibliographie). J’en copie le début… (Suite sur le site, lien ci-dessous) :

« Tristan Cabral recopie ce qu’il voit sur les murs. A l’affût des drames d’aujourd’hui comme de ceux d’hier, furetant dans les massacres, au creux des catastrophes humaines, partout où rôde l’odeur âcre du sang, le poète promène sa sensibilité au gré des choses que l’on tait trop souvent, là où le temps a laissé la place au silence, quand le monde qui tourne va trop vite pour pleurer ses morts.

Mais de quoi nous parle Tristan Cabral ? Si vaste d’être seul est un recueil des poèmes à vif, de réflexions sentimentales, d’aphorismes qui résonnent. Si tout semble délié, quelques faisceaux traversent la poésie de Cabral : les arbres, d’abord, au cœur de son lyrisme, et puis la mer, ensuite, la mer de Bretagne, celle qui ouvre sur l’éternité et s’écrase sur le sable, et puis ses « phares aux yeux fermés » qui n’éclairent plus rien. »…  http://www.lacauselitteraire.fr/si-vaste-d-etre-seul-tris...

MC San Juan

12/07/2018

L'ardent pays d'André Campos Rodriguez...

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(…) s’élève lentement 

ce qui n’a pas de nom. »

André Campos Rodriguez (Légendes, Éclats, Approches. Editinter, Robert Dadillon, 1999)

Réédition dans l’anthologie « Pour que s’élève ce qui n’a pas de nom », choix de poèmes  1985-2015, 212 pages, éd. L’Ardent pays, 2016.

Le titre que j’ai mis pour cette note reprend le nom de la revue en ligne créée par l’auteur, édition L’Ardent pays.  C’est à la fois une volonté de programme collectif et un aveu d’orientation personnelle, l’ardeur (notion qui était en vedette pour le Printemps des Poètes, mais le nom est bien antérieur pour l’édition). Feu intérieur, de recherche et de création. Le pays que je désigne ainsi est l'espace de son écriture... 

« Pour que s’élève ce qui n’a pas de nom » est donc le titre du livre que je viens d’achever (l’exergue indique la source). Ce fut une très bonne idée que réunir des textes de plusieurs recueils épuisés, parus chez des éditeurs divers (comme Aube, Rétro-Viseur, Editinter, etc.) Pour moi c'est une découverte et j'apprécie beaucoup. C'est une méditation continue, avec des fils qui se tissent d'un recueil à l'autre, la recherche du centre, du noyau spirituel sans trahir le lien avec la matérialité du réel concret. Ou la recherche des mots qui pourraient dire ce centre. On a l'impression que c'est écrit sur la frontière, traversée ou pas, qui sépare le méditant du sage passé du côté d'un éveil. Un peu comme si c'était une enquête sur ce qui est derrière ce miroir, ou sur comment le dire. (C'est clair page 171, par exemple : "Il suffirait de... "). J'y ai même trouvé, dans ce livre, une citation, deux vers qui correspondent à ma démarche en photographie. Je les cite : "L'eau, la pierre, le feu : chaque mot / détient une gradation de secrets." (p. 55). Oui. Et le regard les capte. J’ai remarqué aussi une citation de René Char (en exergue p. 69, l’impossible), et une de Pierre Dhainaut sur l'ombre, page 109. Ombre métaphorique (et aussi, pour moi, ombre captée photographiquement, thématique qui m'est chère). J'ai apprécié de trouver Ramana Maharshi (cité p. 181). Cela rejoint le processus de création de soi qui est aussi dépouillement de soi (je reprends les termes en résumant). Ce qui définirait l'art poétique tel qu'il apparaît au fil des pages ce serait la synthèse entre les pages 86 et 160. Être "l'explorateur des failles" (du monde, du réel), et habiter "un songe si vaste qu'il possède le pouvoir de délier le temps" et d'inscrire la "simple épiphanie proche de l'inconnu.". Lecture faite en affinité de démarche et d'écriture. 

200 pages qui se lisent d’un trait, et s’ouvrent ensuite, pour relire.

CITATIONS…

... Pour se libérer des pierres / inutiles, faut-il donc creuser / l’ombre de soi-même ?

...         Seul

      peut nous aider

      l’appui incessant 

         du silence

... En te traversant  / tu accèdes au centre

...   accepter l’obscur / révèle l’étincelle

... le monde est en toi / mais tu es aussi le monde

... Tout but porte l’abîme / qui nous sépare de nous-mêmes.

.... Mais le labyrinthe est un lieu / noyé de signes obscurs 

... Tout désert porte un marcheur exalté / par la fécondité de la distance / voyant et météore

... Comment peux-tu être, / si tu ne cherches plus.

... L’ombre garde sa cadence et grave, dans la mémoire des pierres, l’obstination de la nuit.

... De ce dilemme / tu ne pourras sortir  / avant d’avoir posé ta lampe / entre l’ombre  et la clarté

...  Qui peut oser  cet Ouvert qui n’est qu’une dissolution, l’immolation consentie de soi-même, une première fois irréversible comme la mort ?

... se quitter soi-même / s’alléger /         / se dépouiller / s’élargir 

... Oiseau de l’âme /   / déplie tes ailes / évade-toi dans l’azur /   / sois le témoin silencieux 

LIENS…

La revue en ligne qu’il anime, édition de l’anthologie L’Ardent pays... http://ardentpays12.over-blog.com 

Une page sur lui, autre revue où il est cette fois l’invité, Possibles... http://longueroye.free.fr/pos23acr.php 

« Pour que s’élève ce qui n’a pas de nom », une recension du recueil-anthologie, par Pierre Perrin, note de bloghttp://lefraisregard.free.fr/rodriguez.php

MC San Juan

12/02/2018

Michel Simonet, balayeur et écrivain.

SIMONET.jpgL'article du Nouvel observateur me donne très envie de lire ce livre de Michel Simonet. Après avoir lu avec intérêt l'art poétique de Roger Caillois (son éthique, qui s'adresse quand même plutôt aux auteurs assez connus pour risquer d'en faire usage de pouvoir, il me semble, même si certains points peuvent être adoptés par ceux qui aiment l'ombre - ou que l'ombre choisit...) je trouve que la démarche de cet homme est un art poétique en actes. Il pense la vie en libertaire "total" (total, mais non "radical"). N'ayant pas encore lu le livre je ne peux avoir d'avis sur la qualité littéraire, bien sûr (ce sera plus tard, en mise à jour). Mais j'ai l'impression qu'il y a une profondeur vécue, une sorte de sagesse qui émane de cet homme, un savoir spirituel. Et son goût pour ce métier de balayeur (cantonnier à Fribourg) me fait penser à ce que disait Stephen Jourdain ("sage" s'il en est, pour ne dire par ce mot qu'un peu de lui), dans un de ses livres, revenant sur les tâches quotidiennes qu'il aimait accomplir : balayer, frotter, laver... Sans doute parce que, par ces gestes, on entre ainsi dans un rapport physique à la matérialité du réel, on est dans l'instant pur, loin des idées trop mentales... Donc, je lirai... 

L'article de Jérôme Garcin... https://bibliobs.nouvelobs.com/l-humeur-de-jerome-garcin/...

Page de la revue Conférence, 2017 (avec les illustrations, dessins de Pierre Dupont)… http://www.revue-conference.com/index.php 

Premier éditeur, diffusion Payot, 2015…. https://www.payot.ch/Detail/une_rose_et_un_balai-michel_s... 

11/02/2018

Cyril Chevrot, un itinéraire spirituel. (Et un blog à découvrir…).

CYRIL CHEVROT.jpgJe trouve ce témoignage de Cyril Chevrot particulièrement intéressant, sur son itinéraire culturel et spirituel. Une conversion à l'islam, puis un retrait car le courant qu'il avait rejoint (simplement parce que c'était là, dans le quartier) s'est révélé un piège idéologique et une déception spirituelle. Mais à partir de cela, qui a joué son rôle au moment où il en avait besoin, une ouverture de conscience s'est produite, suite à son retrait, lui évitant de basculer dans un total rejet destructeur. Il a choisi l'autonomie hors religions, qui permet de se nourrir de ce que la culture humaine a produit de fort, philosophiquement et spirituellement, en gardant de son expérience de l'islam la part haute, et en cherchant des proximités avec d'autres pensées, proches ou lointaines. Ce n'est pas non plus l'éloge d'un syncrétisme médiocre, loin de là. Je pense, en le lisant, à ce que dit Tobie Nathan de la demande métaphysique des jeunes,  qui n'est pas comprise, qui ne reçoit pas de réponses... LIRE... https://cyrilc42.blog/2018/02/01/pourquoi-je-suis-devenu-... 

Vidéo. Cyril Chevrot lecteur d’Abdennour Bidar…  http://lactualitedessocialistes.hautetfort.com/archive/20... 

Plusieurs autres livres qu’il a sélectionnés (bon choix)… Divers auteurs...  https://cyrilc42.blog/2017/02/17/presentation-du-livre-da... 

Citations d’Abdennour Bidarhttps://cyrilc42.blog/tag/les-tisserands/ 

Vidéo. Extrait du livre d’Abdennour Bidar, Les Tisserands. Sur la spiritualité individuelle… et... https://www.youtube.com/watch?v=mLsMMdZBkxA 

Sommaire du site de Cyril Chevrothttps://cyrilc42.blog 

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(En marge de cette note, complément, entretien avec Abdennour Bidar,

Fondation Jean Jaurès

(et page de titres de vidéos )... https://www.youtube.com/watch?v=opNaP2WEYSI 

08/02/2018

Maurice Merleau-Ponty. Le regard, la création...

MERLEAU-PONTY.jpg« Le peintre, quel qu'il soit, pendant qu'il peint, pratique une théorie magique de la vision. »

Maurice Merleau-Ponty (cité, exergue, sur la page de France Culture).

Phénoménologie du regard ? (France Culture a donné à lire des extraits de « L’Oeil et l’Esprit » de Maurice Merleau-Ponty). Sur la page, un très beau texte sur le "voyant" visible, sur cette énigme du ressenti de la vision qui fait que voit ce "soi" qui est vu aussi. Donc un regard dans un corps-conscience perçoit en étant dans l'espace du concret, au milieu des choses. Rien d'abstrait. Expérience ordinaire de celui qui regarde. Mais ensuite, expérience extraordinaire de celui qui donne à regarder ce qu'il est seul à saisir. Matérialité de la peinture. Matérialité immatérielle de la photographie. Et, autre transcription du regard, les mots, quand il n'y a plus de trace autre que mentale.
Cette magie de la peinture, je veux bien la penser pour la photographie... Et, même, la poésie... Mais il existe aussi un regard qui crée dans l'absolu sans forcément produire une trace de son opération mentale - ou plus que mentale.
Merleau-Ponty est à relire bien au-delà d’un fragment, pour méditer avec lui sur nous, regardant… https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-... 

Merleau-Ponty 2.jpg« L’Oeil et l’Esprit »… « Merleau-Ponty réinterroge la vision, en même temps que la peinture. Il cherche, une fois de plus, les mots du commencement, des mots, par exemple, capables de nommer ce qui fait le miracle du corps humain, son inexplicable animation, sitôt noué son dialogue muet avec les autres, le monde et lui-même – et aussi la fragilité de ce miracle.» Claude Lefort (page de l’édition)… http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-e... 

Relire aussi « Signes »… http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-e... 

Maurice Merleau-Ponty, fiche wikipedia (de la matière, beaucoup, même s’il est dit que des références manquent)… https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Merleau-Ponty 

Document PDF... Sur Philopsis... « La perception selon Marleau-Ponty », par Pascal Dupond… http://www.philopsis.fr/IMG/pdf_perception_merleau-ponty_... 

17/12/2017

Etty Hillesum. Retour sur une oeuvre magnifique...

ETTY HILLESUM 1  VIE.jpgRetour sur une oeuvre magnifique (à lire et relire infiniment), d’une femme fascinante, à la voix, l’écriture, lumineuse (sa voix non séparable de sa voie, sublime, vécue et écrite...). 

Née en 1914, Esther (Etty) Hillesum meurt à Auschwitz le 30 novembre 1943.

Je viens de découvrir par hasard une note de blog (de juin 2015, lien ci-dessous, avec d’autres) qui m’a fait ressortir encore le livre d’Etty Hillesum, son Journal 1941-43 (journal, et rares lettres du camp de transit, puis le silence), publié au Seuil en 1985, sous le titre « Une vie bouleversée » (disponible maintenant dans la collection Points Seuil. L’édition a publié depuis l’intégralité des lettres, « Les écrits d’Etty Hillesum »).  

Elle savait ce qui l’attendait, l’horreur du camp et la mort. Mais elle voulait le vivre en étant dans ce qu’elle appelait la grâce, cette part d’elle indestructible, cet état devenu son éthique dans son rapport avec elle-même. Son itinéraire était celui d’une recherche de progression intérieure. Elle s’était nourrie de grands textes, et même quand le découragement l’atteignait elle refusait de s’y laisser emprisonner.  Ce Journal est un témoignage spirituel. Dans un contexte terrible qui pourrait détruire toute foi, en n’importe qui, mais pas en elle, qui continue à s’affirmer dans une volonté d’âme. Ce n’est pas un être désincarné, une mystique qui renierait son corps et la capacité de désirer. Loin de là. De nombreux passages du journal témoignent de soin ancrage dans un réel qui sait les élans passionnels et les doutes.

ETTY H JOURNAL 2.jpgC’est bouleversant, impressionnant. 

A chaque fois qu’on met un visage sur un être parmi les millions que le nazisme meurtrier a anéantis on prend de nouveau la mesure de l’horreur. 

Mais ce Journal veut nous donner aussi mesure de la lumière qu’elle tend vers nous. Être-âme, comment le dire autrement ?

Il faut lire ce livre si ce n’est fait. Et le relire. Ouvrir les pages au hasard de temps en temps aussi, comme on le fait des textes des sages et des mystiques. 

ETTY HILLESUM  2 .gifPuis découvrir ensuite l’intégralité des lettres publiées au Seuil… 

Je choisis quelques CITATIONS dans les pages du Journal…

Page 78. «  Un écho flotte encore en moi de la sensation radieuse de dilatation que j’ai connue cette nuit. Paix et espace pour toutes choses. »

p. 138. « La vie et la mort, la souffrance et la joie, les ampoules des pieds meurtris, le jasmin derrière la maison, les persécutions, les atrocités sans nombre, tout, tout est en moi et forme un ensemble puissant, je l’accepte comme une totalité indivisible et je commence à comprendre de mieux en mieux  - pour mon propre usage, sans pouvoir encore l’expliquer à d’autres - la logique de cette totalité. » 

p.180. Lectrice de Rilke, au travail elle s’échappe ainsi : « Et moi, dans un coin, je lis Rilke. »

p. 181. «  En moi un immense silence, qui ne cesse de croître. Tout autour, un flux de paroles qui vous épuisent parce qu’elles n’expriment rien. » 

p.226. « Je vais reprendre ma lecture de saint Augustin. Quelle sévérité, mais quel feu ! »

p. 228. « Une âme est un composé de feu et de cristal de roche. » 

p. 229. « On voudrait être un baume versé sur tant de plaies. »

p.237. Lettre du camp de transit de Westerbork. « Un moment vient où l’on ne peut plus agir, il faut se contenter d’être et d’accepter; Et cette acceptation je la cultive depuis bien longtemps, mais elle n’est valable que pour moi-même, jamais pour les autres. C’est pourquoi ma situation est si désespérante en ce moment.»

p. 238. « Je me sens de force à affronter mon destin, mais pas celui de mes parents. Ceci est la dernière lettre que je puisse écrire librement. Cet après-midi on nous retirera nos cartes d’identité.»

p. 240.«  Ah ! tu sais, quand on n‘a pas en soi une force énorme qui nous permet de considérer le monde extérieur comme une série d’incidents pittoresques incapables de rivaliser avec la grande splendeur (je ne trouve pas d’autre mot) qui est notre inaliénable trésor intérieur - alors on a tout lieu de sombrer dans le désespoir ». » 

LIENS… 

Note de blog, de Marc Alpozzo. « Etty Hillesum, derrière les barbelés la grâce »… Sa note est une chronique sur un ouvrage qui tente de rendre compte des jours qui suivirent la fin du journal et des lettres. « A propos d’Olympia Alberti, ‘Etty Hillesum, l'amour dans l’âme’. » http://bit.ly/2AGVSMC

Note brève (citations), « Journal d’une âme… Etty Hillesum »… Blog Zoher Tahora… http://zoher.tahora.over-blog.com/2014/10/le-journal-d-un... 

Chronique de Sophie Galabru, La Cause littéraire, 02-03-17… http://bit.ly/2kCO73h 

Itinéraire sur les traces d’Etty Hillesum, plusieurs notes de blog (Le moine ruminant…) sur un voyage… Citation (note du 3 juillet 2014) : "Dans une recension du journal et des lettres d'Etty Hillesum, Elizabeth O’Connor (professeure et écrivaine américaine, décédée en 1998) affirme que l’œuvre d’Etty Hillesum est « le document spirituel le plus signifiant de notre époque ». L’Écrivain néerlandais Abe Herzberg, qui a contribué à la publication de l’œuvre d’Etty, affirme quant à lui : « Je n’hésite pas à dire qu’à mon sens, nous nous trouvons ici en présence d’un des sommets de la littérature néerlandaise. » Paul Lebeau parle du Journal d’Etty comme l’un des « événements spirituels et littéraires les plus marquants du milieu du XXè siècle."… http://bit.ly/2CKFNGT

Les huit noteshttps://moineruminant.com/tag/etty-hillesum/ 

LIVRE. « Une vie bouleversée », Journal, coll. Points Seuilhttp://bit.ly/2AZXDIQ  

LIVRE. « Les Écrits d’Etty Hillesum » (intégralité des lettres), éd. du Seuil, 2008. Page de Decitre… http://bit.ly/2zimV2q 

DOSSIER, éd. Arfuyen… http://www.arfuyen.fr/hillesum.html 

SITE dédié, « Les Amis d’Etty Hillesum ». Textes et informations, bibliographie (oeuvres sur elle), documents sonores, liens… http://www.amisdettyhillesum.fr/index.htm 

Page de France Loisirs. Diffusion d’un livre d’Yves Bériault « Etty Hillesum, témoin de dieu dans l’abîme du mal ». (Extrait de la présentation : « Puisant à la fois au judaïsme et au christianisme, elle découvre Dieu au plus intime d'elle-même, sans toutefois jamais adhérer à une confession religieuse. L'auteur trace pour nous un portrait saisissant de cette femme au parcours hors du commun. »)… http://bit.ly/2B1EJBl 

Fiche wikipedia… https://fr.wikipedia.org/wiki/Etty_Hillesum 

Documentaires, en ligne… 

« De mémoire d’homme », de Valentine Cohen… Les textes d’Etty Hillesum…  https://www.dailymotion.com/video/x26w1e6 

Film pour la mémoire historique de l’Europe, et la lecture du livre d’Etty Hillesum… « Etty Hillesum », d’André Bossuroy… Textes donnés à lire et dits, en français. Chant en anglais. Dialogues. Informations. http://www.dailymotion.com/video/xorwkn 

16/12/2017

Alain Finkielkraut, celui que certains aiment détester... "Terrain miné" ?

FINKIELKRAUT 1.jpg« …Lorsqu’il  m’arrive de perdre mon sang-froid, c’est parce que je suis la cible  favorite de ceux qui n’ont que le mot “changement” à la bouche et pour qui rien ne bouge. »

Alain Finkielkraut

« En terrain miné ». Dialogue épistolaire avec Elisabeth de Fontenay). La page de l’édition…

(Citation éclairante, au sujet des humeurs d’Alain Finkielkraut, qui lui font parfois réagir vivement, maladroitement donc… Réponse indirecte à la polémique récente, et à d’autres…)... http://www.editions-stock.fr/en-terrain-mine-9782234083424 

Oui, la citation de Houria B. par Finkielkraut manquait de guillemets oraux ou écrits, mais la dérision portait sur les termes de ce vocabulaire racialiste qui n'est pas celui de Finkielkraut mais bien du PIR (dit-il)... Le constat qu'il faisait des présences des uns ou des autres n'était pas complètement faux, tout moqueur qu'il soit, même si ceux qui ont montré de l'émotion à la mort de Johnny Hallyday,  sans être forcément dans la rue, mais en écrivant, appartenaient à des communautés diverses. (Superbes hommages que j'ai partagés ici, preuve s'il en est). Mais faire de Finkielkraut un raciste de la même veine que ceux du PIR, c'est aussi stupide que de faire de Camus un "terroriste" (Camus est banni des bibliothèques turques pour ce qualificatif et pour ses idées que les résistants à la dictature d'Erdogan utiliseraient...). C'est de la mauvaise foi (ce qui se produit quand on détermine ses positionnements idéologiques avec des arguments qui déguisent et masquent  les raisons réelles, plus ou moins inconscientes - mais pas toujours inconscientes...). Finkielkraut dérange surtout parce qu'il refuse les dénis et dénonce l'antisémitisme (réel, ample, puisque le tiers des agressions racistes sont antisémites alors que les Juifs constituent 1% de la population française, agressions ayant été,  on le sait, jusqu'aux attentats meurtriers ciblés). Et s'il peut être parfois maladroit (à force d'être attaqué on a le droit de  montrer de l'humeur...) il reste l'intelligence qu'il a toujours été.  On le sait quand on l'a lu et quand on le lit. Mais ses interventions peuvent être passionnelles et ses analyses se perdre dans des détours de langage qui ratent leur but. Oui. Donc soyons lecteurs, capables de ne pas le suivre dans un pessimisme excessif (sur l'avenir) ou les négativités (regard sur le présent) tout en entendant des inquiétudes, légitimes cependant. Comme sont légitimes les critiques qu'on peut faire de ses positionnements quand il rejoint des auteurs qui devraient lui rester étrangers, par fidélité à lui-même (lire la chronique de Jean Birnbaum, lien ci-dessous).

Suis-je toujours d’accord avec Alain Finkielkraut ? Non, souvent pas du tout. Mais on peut exprimer des interrogations, des désaccords aussi, à condition de ne pas faire d’injustes procès fondés sur des interprétations erronées et des projections.

Je n’aime pas les polémiques haineuses de ceux qui visent autre chose que les termes utilisés dans un instant d’humeur. Ils auraient attaqué sur n’importe quoi, cherchant des prétextes pour nourrir une haine qui a d’autres raisons, dont l’antisémitisme de certains - de beaucoup - même masqué, ou le rejet de toute pensée qui réfute des complaisances identitaires ou idéologiques (mais parfois en tombant dans des pièges tendus en miroir, c’est vrai). Par contre je peux apprécier les réflexions critiques, et les trouver aussi nécessaires, si elles se situent dans un dialogue respectueux de l’être, quand elles viennent d’Elisabeth de Fontenay (livre à deux) ou de Jean Birnbaum. (Liens ci-dessous…). Pas de mauvaise foi, là. 

Voici la réponse d’Alain Finkielkraut lui-même à la polémique sur l’emploi du mot « souchiens », Marianne, 11-12-2017, par Thomas Vampouille… (Effectivement, on peut lui reprocher une maladresse (d’humeur, sans doute) mais lui attribuer une réelle adhésion au contenu idéologique d’une pensée empruntée à Houria Bouteldja de manière critique, c’est excessif. (Et ceux qui protestent ne sont pas toujours ceux qui ont critiqué le vocabulaire et l’idéologie du PIR)… S'il réfute c'est bien qu'il prend distance... (Et prend conscience d'une dérive de langage par imitation, provocation aux effets pervers). https://www.marianne.net/societe/souchiens-alain-finkielk... 

La chronique que je propose en lecture ci-dessous est nécessaire… Elle est de Mathieu Bock-Côté (Québec), Figaro.fr, 14-12-17… Il décrypte les attaques portées contre un intellectuel français, avec un recul qui rend l'analyse plus pertinente encore, hors passions locales... (Que ceux qui aiment détester Alain Finkielkraut lisent, eux aussi)... http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2017/12/14/31002-2017121...

LIENS complémentaires, dont réflexions critiques… 

« De quoi Alain Finkielkraut est-il le nom? », Le Point, 02-05-2014, par Sébastien Le Fol… http://bit.ly/2j6rKTx 

« Cinq livres clés de Finkielkraut », Le Point, 11-04-2015, par Thomas Mahler … http://www.lepoint.fr/politique/5-livres-cles-de-finkielk... 

Elisabeth Badinter, « L’équation Finkielkraut = Zemmour = FN est absurde », Le Point, 11-04-2015… http://bit.ly/2k2JOiv 

 « En terrain miné ». Livre de dialogue, introduction et extraits. Par Anne Rosencher. « Elisabeth Fontenay et Alain Finkielkraut : Ce qui nous oppose »… Amitié malgré des désaccords (et nourrie par eux). L’Express, 07-09-2017… http://bit.ly/2k4RDnO 

« Alain Finkielkraut joue avec le feu ». Par Jean Birnbaum, Le Monde, 23-10-2013 . Une critique d’autant plus intéressante qu’elle part de la lecture attentive et critique des textes d’une oeuvre qu’il connaît bien (ici d’un livre surtout, précisément), sans acrimonie personnelle, en disant une inquiétude sur des proximités avec des idéologues qui n’aident pas à penser. Il pose la question d’une trahison de l’auteur par lui-même, en comprenant les racines d’une évolution avec laquelle il n’est pas en accord du tout. Mais il ne rejette pas tout des questionnements et de leurs raisons… Passionnante chronique, où Alain Finkielkraut n’est pas une cible (comme souvent ailleurs) mais un auteur traité en interlocuteur problématique par certains aspects. Jean Birnbaum peut être dur, mais pas injuste… http://lemde.fr/2kBFh63 

Fiche wikipediahttps://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Finkielkraut

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MISE à JOUR, 18-12-17. Chronique. Sarah Cattan répond avec humour (et plus) à la polémique autour d’Alain Finkielkraut. Tribune juive, 17-12-17… http://www.tribunejuive.info/opinions/finkie-mets-nous-de...

04/12/2017

LAÏCITÉ, islamisme, pensée contre postures. Notes de blog utiles (de Roger Evano). Et chroniques (IPhilo...)...

ISLAMISME.jpgLAÏCITÉ... Edgar Morin répond à Roger Evano (qui l’interrogeait dans une note précédente) mais il montre encore qu'il n'est pas très clair avec le multiculturamisme, donc avec la laïcité, malgré sa mise au point, et quand il parle de ne pas heurter sur la question du sacré il légitime indirectement la notion de blasphème, qui est à refuser car elle interdit toute pensée critique, et n’a pas sa place dans un contexte laïque). Le multiculturalisme (cf. Angleterre) est une organisation sociale qui sépare et enferme les "communautés" dans des ghettos (croyances, règles, valeurs... coupées de la constitution générale et de la circulation plurielle de la culture). Mais c'est analysé, et les autres notes de Roger Evano donnent encore des réponses... Précieux blog. https://blogs.mediapart.fr/roger-evano/blog/011217/la-rep... 

Lire aussi cette note (« Lettre à Mediapart : Oui, vous saviez »). Importante (dans le contexte où l’islamisme a ses soutiens complaisants qui l’aident à tisser sa toile en France), note dont je copie l’introduction et la première phrase : « Il est toujours facile de jouer sur les émotions, il est plus difficile de manipuler les faits. Quelles sont, depuis plusieurs années, les carences de Médiapart, concernant Tariq Ramadan et plus généralement l'islamisme? Ce n'est pas d'avoir couvert les agissements sexuels de Tariq Ramadan, ce dont vous vous défendez, mais c'est de vous être montrés proches politiquement. » /// « La question qui vous est posée est celle de votre complaisance avec les thèses des Frères Musulmans portées par Tariq Ramadan. » https://blogs.mediapart.fr/roger-evano/blog/171117/lettre... 

Et celle-ci, toujours sur la problématique des postures de Médiapart/Plenel… Et une redéfinition de ce qu’est l’islamisme, ses visées totalitairesCITATIONS… « Ceux qui attendaient des réponses à leurs questions en sont pour leurs frais. L'expression longuement réfléchie d'Edwy Plénel est une succession d'esquives et de reculades maquillées en maladresses. » (…) « A la question que chacun d'entre nous peut se poser : pourquoi s'opposer à l'islamisme? je réponds que je me bats pour une société laïque, plus libre, plus égalitaire, plus fraternelle. Or l'islamisme, loin d'être un courant émancipateur, loin de soutenir la cause des opprimés, est tout-à-fait compatible avec l'impérialisme, l'oligarchie, l'exploitation des travailleurs, l'accaparement des richesses, le pillage des ressources, le racisme, les inégalités et les injustices que développent les régimes capitalistes. L'islamisme ne se trouve ni à gauche ni à l'extrême gauche mais à droite par son conservatisme et à l'extrême droite par ses visées totalitaires. Troquer les valeurs de liberté des sociétés démocratiques capitalistes pour un projet de société, tout autant capitaliste, où la liberté est filtrée par le tamis des versets du coran est une régression. » https://blogs.mediapart.fr/roger-evano/blog/251117/le-deb... 

On peut lire le livre de l’auteur :  "La démocratie face au défi de l’islamisme", éditions L’Harmattan... http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogu... 

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Autre définition de l’islamisme, autre approche, site IPhilo… Par L. Hansen-Love (sur la page un lien vers un article du Courrier international… que je pose aussi, plus bas)… CITATION... « Il faut donc déclarer que l’islamisme radical et terroriste n’est plus une religion. C’est une idéologie, ce qui est bien différent. Et cette idéologie, délirante et paranoïaque, on a le droit de la critiquer ! Cette critique peut passer – entre autres – par la dénonciation de son caractère totalitaire. Totalitaire : qui veut s’emparer de l’homme tout entier et qui veut régir le monde dans sa totalité. Une telle « idéologie » (au sens de H. Arendt) ne capte pas la violence pour la canaliser, l’encadrer, voire l’euphémiser. Tout au contraire, elle la prône pour asseoir sa puissance séculière, mais aussi pour justifier la guerre totale, éliminer l’Autre et précipiter l’Apocalypse. Elle est totalitaire car elle présente l’ extermination de l’ ennemi comme la condition du possibilité du Salut. Elle est totalitaire car elle ne dissocie pas politique et religion mais prétend – à l’opposé – dériver un dessein « politique » de la religion. Elle est totalitaire car elle divise la planète entre amis et ennemis, tout comme le préconisait l’idéologie nazie. Elle est totalitaire car elle déclare la guerre à la civilisation en tant que telle. Elle est totalitaire car elle nie l’unité de l’humanité, dès lors qu’elle en scinde l’humanité en trois groupes (les croyants, les infidèles, et les égarés). Elle est totalitaire car elle sacralise la mort, désacralise la vie et déshumanise l’ennemi. » http://iphilo.fr/2015/11/25/islam-religion-totalitarisme-... 

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Article du Courrier international. Éclairant aussi… « Que veut vraiment l’Ei ? »… https://www.courrierinternational.com/article/enquete-ce-...

Et, sur Ramadan, retour sur un décryptage paru en ... 2003, et toujours valable, sur "L'entrisme de Tariq Ramadan"... Libération, article de Cynthia Fleury et Emmanuel Lemieux... http://www.liberation.fr/tribune/2003/11/19/l-entrisme-de...