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03/07/2016

"Sous la cendre"... la lumière du regard. Un itinéraire d'écriture...

CENDRE.jpg« Elle avait tant désiré vouloir être haute et intelligible. Autre que sous-entendue, en suspens, voire insoupçonnable. »

Roland Chopard, La voix du silence / Sous la cendre (incipit)

« Je porte le temps brûlé dans mes yeux et je voyage vers vous »

Nizar Kabbani, Femmes (Arfuyen)

« Après le feu, le bois devient cendre; le bois ne peut contempler les cendres, et les cendres ne peuvent voir le bois. »

Tozan (Hokyo Zan Mai), cité par Taisen Deshimaru, La Pratique du zen (Albin Michel)

« Les êtres sont en attente, ils l’étaient avant l’incendie, ils l’étaient sous la cendre, ils le sont, plus que jamais, en ce livre né du feu et en réponse au désastre. »

Claude Louis-Combet, postface / Sous la cendre

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« Le temps brûlé », c’est exactement cela : « dans » les yeux. Car ce sont les écrits accumulés dans un temps antérieur qui ont disparu, détruits par un incendie, et avec eux le temps linéaire. Mais pas le regard. Au contraire. Dans ce livre qui cherche la mémoire de ses textes brûlés (et ne les cherche plus, car la « voix » a changé de registre en opérant une transmutation hors temps et hors « je » : elle n’a plus besoin de cette mémoire vraiment), dans ce livre un écrivain vient vers nous, depuis longtemps, d’avant le feu.

Pourquoi ai-je choisi de mettre Tozan en exergue? Rien dans cet ouvrage ne parle de zen. Mais quelque chose en lui rejoint un détachement proche de cette sagesse a-religieuse dépouillée. Une raison sobre capable d’élargir son espace à l’ouvert rilkéen, à cette hauteur. C’est né de l’alchimie du feu. Pas celui de l’incendie, celui des mots de l’écrivain, celui de l’imaginaire né des feuilles en forêt, celui de l’oeil qui peint à partir d’un centre de l’être.

On entre dans ce livre comme dans un fleuve, un flux de mots et de cendre qui draine une lumière. C’est une ample méditation sur l’écriture et la trace, sur le deuil de son oeuvre, quand les manuscrits ont été détruits et qu’il n’en demeure que de vagues réminiscences en soi. Ce presque rien est cependant fait de bribes qui seront matière inconsciente pour le cheminement d’une interrogation qui dépasse l’histoire personnelle de la perte. L’écriture, là, affronte le silence et le risque du silence, car devant la béance de l’absence des pages créées il pourrait y avoir le choix du renoncement. Recommencer, c’est impossible. Ne plus écrire, en voyant dans l’incendie un signe du destin, c’est ce qu’un certain vertige pourrait produire. Mais au contraire, écrire l’essentiel, créer « le » livre du rêve mallarméen, cela est l’autre choix, qui ne se fera pas consciemment ou pas complètement consciemment. 

Car les mots vont se mettre à sourdre d’un centre de soi qui n’est ni cérébral ni émotionnel. Ce qui se met en mouvement transcende le biographique. Je pense à ce que dit Alain Borer préfaçant Zéno Bianu : racontant une anecdote, un échec vécu à deux (moins dramatique), il dit qu’ils ont compris longtemps après que c’était un koan zen, en quelque sorte. Et j’ai associé, lisant, l’incendie à un koan magistral, qui, intuitivement perçu et intégré par l’auteur, l’a propulsé plus loin, semble-t-il, que ce qu’il croyait pouvoir attendre de son écriture jusque-là (par excès d’effacement aux raisons multiples).

On a sous les yeux, non seulement une réflexion sur un itinéraire particulier, mais, à partir d’une plongée singulière dans le questionnement sur le processus de création, un texte qui se meut en art poétique à portée bien plus large. Les citations que Roland Chopard a choisies comme exergues annoncent une thématique qui englobe son expérience et rejoint les démarches de méditants de l’écriture : Maurice Blanchot et Pascal Quignard. C’est « la voix du silence » qui s’exprime, sans que que le « je » intervienne. Cette voix qui perdure car elle puise dans tout ce qui échappe à l’anecdotique. Et c’est cela, écrire. Refuser les mièvreries subjectives et se mettre en face du miroir que le feu a créé, même s’il fait advenir des remontées de vécus, de deuils. Plonger dans ce que le silence recouvre, lui résister tout en l’acceptant (mais autrement), et le révéler en trouvant les mots. Cette voix… « n’est pas soutenue par l’addiction à un égocentrisme pourtant si nécessaire à la plupart des accapareurs de paroles. » (p. 22). 

La poésie vers laquelle tendre se dilue dans le langage, écrit-il (p. 26-27). Doute et peur, sont les freins du passé. Mais ces obstacles intérieurs sont aussi les signes d’un immense refus de ce qui n’est que mirages formels, conformité à des codes plus sociaux que littéraires ou artistiques (lire p. 25). Ce refus est l’expression d’une exigence radicale. C’est à Gilbert Lascault que je pense en relisant certaines pages que je perçois comme des textes rebelles (p. 25, notamment). Dans « Écrits timides sur le visible », Gilbert Lascault inscrit sa démarche « loin des certitudes, hors des polémiques », et, pour la défense de son « esthétique dispersée », il fait l’éloge d’un pluriel qui ne néglige ni l’errance nomade ni le goût du « peu » (comme la poussière prisée par léonard de Vinci). Mais aussi il fait le procès de ceux qui construisent des schémas et des normes pour « établir des ordres et des hiérarchies », interdire le « territoire » de l’art « à ceux qui ne seraient pas dignes d’y entrer ». C’est vrai aussi pour ce qu’on nomme poésie, littérature. Au point que, indépendamment de drames tels que des incendies qui détruisent (ou des sauvegardes qui se perdent) le plus grand obstacle à l’existence d’une oeuvre peut être le long évitement qui maintient indéfiniment les textes dans le tiroir de la maturation hésitante. Cet évitement qui a précédé le feu, l’auteur en parle. Mais il a deux faces. Dont une est la résistance qu’il faudrait savoir déjouer (et qui peut faire que jamais l’oeuvre n’existe, le temps passant, ou qu’elle soit tragiquement posthume). Et l’autre c’est ce retour à Mallarmé, l’attente de l’achèvement, de l’intense dont on sait qu’il est en train d’advenir. 

Ici le feu a été le déclencheur pour dire stop, et accepter l’achèvement. Alors se tisse cette méditation lente qui est poésie autrement. Et le gris que le feu a créé en recourant les couleurs de cendre il le choisit ou se laisse le choisir. Ce gris dont Gilbert Lascault dit (même ouvrage) qu’il est du côté des béances et du mouvant, éduquant l’oeil. 

De la « Suite » sur le silence on passe à « Écripeindre » (p.39), entre regard et forêt, lieu « mythique » et lieu réel qui semble avoir été le maître en fugue et leçon d’oeil. Derrière le poète (car ce long texte ample est poème) se cache l’oeil du peintre. Est riche de sensualité la parole tracée pour dire cette fascination pour la forêt, l’imaginaire et les feuilles. Une des clés est donnée par les citations de William Blake et Léonard de Vinci (p.47) : le « grain de sable » de l’un, où tout peut être vu, si on contemple suffisamment, et le « vieux mur » de l’autre, où se créent nos fantasmagories, si on accepte de regarder librement et assez longtemps. Tentation de la peinture : « Partir d’un signe, d’une trace et tourner autour, le traverser, le masquer, le mettre en évidence ou l’effacer au prix d’un travail qui se contenterait d’obéir à des injonctions. » Autre clé, la citation de Pessoa (p. 55), qui affirme la force de la littérature pour échapper à l’incommunicable… Mais les clés sont plurielles, références de lecteur avide, et qui relit : Pound (pp. 79-80), Giroux (p. 80), Ponge (p. 82), pour ne citer que quelques noms (voir citations, exergues, évocations…). Relire, nous aussi : c’est posé pour qu’on déchiffre… Clés dans une clé dans une clé. Tableaux dans un tableau dans un tableau. Mot dans un mot (« écripeindre »), texte dans texte. Construction en abyme, affirme-t-il, comme méthode « qui permet le retour » (p.74). La voix singulière s’ouvre à une « polyphonie » (p. 78), car des bribes multiples affleurent. 

Roland Chopard a réussi à éviter d’abandonner la voix au piège du « perpétuel chantier » (p. 87), en acceptant la fin de cette écriture-là, en décidant de donner à lire ce qui est advenu. 

Et du poème en prose il a fait un réel art poétique, valable au-delà de lui, car toute écriture se fonde sur des cendres écartées (de tout autres cendres), sur la pénétration dans un labyrinthe à déchiffrer. Toute écriture authentique affronte le vide et le doute et cherche le « comment » en raturant un infini palimpseste, en prenant le risque de tout effacer ou de ne jamais donner à lire. Tout poète est lecteur d’oeil. (Ou n’est pas). L’auteur le sait qui écrit-peint et cite Edmond Jabès : « c’est l’oeil qui déclenche le vrai questionnement » (p. 103). L’écrivain écoute Bach en recouvrant de mots ses pages. Bach « comme un baume » (p. 112). 

Le drame du feu devient une métaphore universelle pour dire la création et la mort, le doute, le vide, et la force d’une alchimie transformatrice. Où l’auteur naît à lui-même. Où le poète non seulement crée mais enseigne, par cette longue lettre-poème avec ses banderoles de fumée grise, porteuses de sens. Théorie littéraire (en refus de l’égocentrisme), humble (par rejet du théorique brut).  Pur poème, enfoui dans sa prose, pierres gravées, en quelque sorte. Comme Bach ce livre peut être un baume. Pour moi, oui...  

Pour clore, j’ai envie de citer un texte de Claude Louis-Combet, car c’est une phrase qui convient à cet ouvrage (ce n’est pas étonnant qu’il ait su saisir à ce point l’enjeu vital du livre dont il a écrit la postface). C’est l’excipit d’un livre de fragments paru en 1992 : « Mais c'est la langue qui est l’organe majeur de la création verbale. Elle a le goût du désir et le goût de l’infini et c’est un seul et même goût. » (« Le Don de Langue », Lettres vives).

« Sous la cendre ». La page sur le site de l’édition Lettres vives (parution mai 2016) : http://www.editions-lettresvives.com/2016/05/parutions-pr... 

28/06/2016

ECRITURES interférentes, qui respirent le monde, font rhizome, et disent l’oeil. PAGES TISSÉES…

HABITER-LE-MONDE-POETIQUEMENT-COUV-300dpi2-668x1024.gif« Pour l’abandon

ne fais confiance à personne

il te faut te déserter toi-même. »

Francis Coffinet, 

« Ni le moi, ni le mot, mais le monde. »

Kenneth White 

Les sites et blogs "tissés" par moi (dont je viens de vérifier la liste, « Pages tissées », et dont je pose des liens vers des pages précises, notes) sont eux-mêmes (pour la majorité) des tissages complexes qui mêlent dans leurs pages des poèmes, commentaires, regards, et… analyses. Blogs, sites, revues (suivant les cas). L’écriture (poésie, principalement) est le plus souvent l’axe (avec la lecture qui s’y greffe : car celui qui écrit lit - si vraiment il écrit). Mais le poème (ou le fragment) peut être suivi par une note-chronique, quand l’actualité impose une réflexion, quand l’urgence du réel demande une autre parole, dans l’instant. La création littéraire, étant, elle, dans le temps d’une lenteur qui nécessite une mise à distance. Donc tous sont dans un écart de tension intérieure qui obéit à une exigence éthique. Du poème à l’article ou à la note de blog, rupture de modalité. Mais l’un nourrit l’autre, et réciproquement, par cette tension de présence maintenue, en même temps, à son intériorité, et, au-dehors, à l’espace autour de soi, concret et social : d’où la conscience du lointain devenu prochain. 

Comme les îles du monde de Christian Tortel, sur son blog Papalagi. Éveilleur de proximité, il nous fait traverser les mers pour lire Haïti, par exemple, ou, en éveilleur de mémoire du Tout-Monde, déchiffrer nos pluralités. Son blog est une oeuvre, un livre-somme. On feuillette (c’est une image, mais pas si fausse…) et on passe d’une réflexion à une lecture, d’un haïku à un poème plus ample. Et c’est bien que son écriture s’inscrive ainsi entre les pages qu’il consacre à tant d’autres. On y voit un écrivain.

Ce sont des pages glanées sur les sites et blogs de cette liste « Pages tissées ». Pour cette troisième note, des auteurs soucieux d’inscrire la trace de leur démarche à la fois dans l’espace réel du monde (sa matérialité vivante, ancrage et questionnements) et dans l’espace virtuel de la parole à autrui, textes offerts à l’inconnu, en plus des éventuelles publications, éphémères ou pérennes. Mais, aussi, poètes blogueurs désireux de faire rhizome : notes pour des recensions, exergues et citations, démarche de réseau, liens posés, abondants. Enfin, écrivains qui dialoguent avec l’image, le regard étant central, non pour chercher des « illustrations » complices, mais pour créer avec l’oeil, soit seul soit en partage (livres d’artistes). Poètes qui sont en même temps photographes ou peintres, comme prolongement de l’acte d’écrire. La trace est toujours la trace, mais plurielle.

J'intègre à cette note des liens vers des revues où la réflexion théorique donne une place essentielle à la création, et où la pensée "par" le poème n'est pas sacrifiée à la pensée "du" poème objet d'étude. Où l'intelligence du monde passe par sa perception poétique, même dans une rubrique hors poésie. Mais les revues de poésie sont, elles, à découvrir dans la liste adéquate... en marge.

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Donc... PAPALAGI. BLOG Le Monde, de Christian Tortel ("littératures éparses et ultrapériphériques"). Poème : « Des papillons, les ailes du désir » : http://papalagi.blog.lemonde.fr/2015/01/01/des-papillons-... 

...Note, même blog, sur la discussion de mauvaise foi autour de l’enseignement de l’arabe, « Enseigner l’arabe, ou pas?… » : http://papalagi.blog.lemonde.fr/2016/06/05/enseigner-lara... 

... Discrète, une catégorie « Haïku »… pour des perles posées, regards, notes du réel lu poétiquement (ce qui peut être cependant douloureusement). Ainsi, la rue : http://papalagi.blog.lemonde.fr/2016/06/17/haiku-169/ 

... Ailleurs, un blog cité par lui, « J’apprends l’arabe », et cette note choisie : « Il faut savoir payer l’impôt de son savoir » http://djehaarabe.blogspot.fr/2011/08/il-faut-savoir-paye... 

... Sur ce blog, djehaarabe, je relève la citation (trilingue) de Pablo Neruda (espagnol, arabe, français), « Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n’empêcheront pas le printemps de revenir… »  http://djehaarabe.blogspot.fr/2015/09/ils-pourront-couper... 

...Comme j’ai découvert ce blog de citations en langues, dans ses liens (et dans un renvoi de note), on peut découvrir pas mal de pages, les listes de liens étant amples, sur Papalagi…  

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BLOG de Jalel El Gharbi, POÉSIE. Lire, ainsi, un article sur l’écriture de Toussaint Médine Shangô (posé là par l’auteur blogueur après avoir appris le décès de l’écrivain) : http://jalelelgharbipoesie.blogspot.fr/2016/06/toussaint-... 

... Ou « En relisant Primo Levi » http://jalelelgharbipoesie.blogspot.fr/2014/10/en-relisan... 

... Sur Jehat.com  « Littératures inouïes »  http://www.jehat.com/Jehaat/Fr/Poets/JalelEl-Gharbi.htm 

... Traducteur et critique Jalel El Gharbi est aussi poète. LIVRE : « Prière du vieux maître soufi au lendemain de la fête »  http://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-priere-v... 

... Voir aussi un poème de Jalel El Gharbi sur le blog d’ Emmila Gitana (« Poème de l’exil, du monde qui rétrécit et des égorgeurs ») : http://emmila.canalblog.com/archives/2013/08/30/27924668.... 

... Et je retiens cette page évoquant Paul Badin...  http://jalelelgharbipoesie.blogspot.fr/2016/03/paul-badin...

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Florence Trocmé, créatrice inspirée du site de poésie Poezibao (ressources, recensions, anthologie…), et du précieux site de Veille « Qui si je criais? », tient un blog attaché à Poezibao, Le « Flotoir ». Nom qui évoque l’impermanence, les notations respectant le flou de la pensée des instants, le flux de notations guidées par le hasard des lectures et des informations. Captation des moments, c’est le blog d’une lectrice attentive, non conforme. Bribes de flotoir, où un passage (fragments du 26 juin) insiste sur l’intérêt qu’il peut y avoir à ne pas comprendre un passage qu’on lit, car alors on devra affronter réellement le sens à saisir. Moment d’arrêt où une autre intelligence peut advenir. Ce qui est dit là pourrait être le manifeste d’une humilité patiente proposée comme méthode de lecture et de vie. Fragments de prose qui coulent : une pensée. Réflexion sur la contemplation du réel et la photographie. A lire, là, ces « bribes » du 26 juin, en deux notes distinctes, sous le même titre, « J’ai un jour tendu l’oreille »... http://poezibao.typepad.com/flotoir/2016/06/jai-un-jour-t... et « J’ai un jour tendu l’oreille (2) »... http://poezibao.typepad.com/flotoir/2016/06/jai-un-jour-t...  

… Voir, note du 19 juin, « Écrire de la main gauche », les fragments sur le visage, la lecture, la poésie, etc. les fragments à l’intérieur des notes ont des titres clairs qui permettent de sélectionner ses lectures, si on ne peut tout lire.

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Le SITE de Jean-Michel Maulpoix présente des notes de lecture, des articles publiés d’abord en revues, des pages bibliographiques pour des présentations rapides de ses livres, avec des liens vers des recensions. Des textes récents, au 27 juin, je choisis les notes sur « La poésie a mauvais genre » (José Corti) et « Le voyageur à son retour » (Le Passeur), et les études amples sur Paul Valéry, « le contemporain capital » (conférence) et Yves Bonnefoy (sur la difficulté de lecture « Du mouvement et de l’immobilité de Douve », méditation sur ce que Bonnefoy appelle « la cérémonie de l’obscurité », et dévoilement  de renversements opérés dans et par l’écriture, image annulée ou gardée mais dépouillée de ses attributs « d’image ». Et je garde aussi, là, le passage sur le carnet de voyage, manuscrit pour rêver. Liens : Le carnet de voyage : http://www.maulpoix.net/poetiquecarnet.html  / Sur Valéry : http://www.maulpoix.net/contemporaincapital.html  / Sur Bonnefoy : http://www.maulpoix.net/Theatrebonnefoy.html   

… Il faut chercher des pages diverses en utilisant le sommaire, comme le renvoi, avec « Manuscrits « , vers des carnets de voyage, des notes entre départ et retour… A « Pages critiques sur la poésie » on trouvera un sommaire (réflexions et entretiens sur la poésie).  Lien (accueil) : http://www.maulpoix.net 

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Lire Francis Coffinet, guidé par son SITE et des pages dispersées (il faut fouiner sur la Toile). Je le lis depuis des années (même si je suis très loin de tout connaître). La meilleure présentation de ce qui peut se lire en ligne serait peut-être ces fragments, poème(s), que je trouve (je cherche les mots, très beaux, oui, superbes, mais ce n’est pas suffisant pour traduire). Intenses, c’est déjà mieux. Il est de ces textes qui sont captés immédiatement, et demandent cependant à être relus. On les saisira sans doute plus profondément ainsi, mais ce n’est pas la raison principale de la relecture. C’est pour retrouver la musique qui continue en soi après avoir lâché la page… Ou pour respirer l’essence de ce qui parle là de l’être (au double sens du terme, parfum et centre axial). Magnifique titre de la page (qui reprend un fragment de vers : « Je t’ai construit dans la promesse / toi / qui porte ta couronne au centre de ton oeil. ». « La Revue des Ressources », 2008 : http://www.larevuedesressources.org/je-t-ai-construit-dan... 

… « Les Ambassades du vide », éds L’Oreille du loup (voir à Catalogue) : http://loreilleduloup.blogspot.fr 

… « Je suis allé au soufre natif », Les Cahiers bleus : http://www.les-cahiers-bleus.com/shop/Je-suis-alle-au-sou... 

… Le site officiel présente le prisme de ses expressions créatrices (triple art, au moins). J’aime particulièrement le dialogue entre poésie et regard, car il est plasticien, et cela est perceptible dans ce qu’il écrit. Ce qui explique aussi le goût qu’il a pour les livres d’artistes où il associe ses poèmes aux créations graphiques, aux peintures ou gravures d’autres plasticiens, en affinité d’évidence. Par exemple ce qui a été créé pour l’édition Transignum (Wanda Mihuelac), comme « Un requiem pour le viseur » : http://www.transignum.com . Ou les livres-oeuvres pensés avec la plasticienne Thérèse Boucraut…  Mais voir aussi la page sur le Trio Sinistra (théâtre/musique/performance) : http://francis.coffinet.free.fr 

... Livres chez divers éditeurs (dont Dumerchez). Plusieurs ouvrages publiés par Alidades... http://alidades.librairie.pagespro-orange.fr/coffinet.html 

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Thierry Guinhut, sur son BLOG, Littératures, fait alterner notes sur la littérature, textes traitant de  photographie, et fragments de travaux en chantier… Ainsi, la page sur Anna Akhmatova, entre recension et réflexion sur la traduction : http://www.thierry-guinhut-litteratures.com/2015/03/requi... 

... Et, autre sujet, on parcourt un itinéraire photographique, pratique et théorique, à travers lequel l’auteur interroge directement le sien. La question du « beau » en photographie (du beau, et donc du laid) : http://www.thierry-guinhut-litteratures.com/article-rober...

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Photographie aussi, Cartier-Bresson, expo de 2014, sur le blog Un café littéraire :   https://uncafelitteraire.wordpress.com/2014/02/18/henri-c...    (Et des fragments autobiographiques, des notations diverses)

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BLOG que je découvre, poésie, en découvrant l’auteur : Les tribulations d’Éric Dubois. On y trouve des poèmes, des fragments, des notes de lecture (voir les catégories), et son « work in progress » (quand les blogs sont nos ateliers d’écriture…). A lire aussi, des notes très très brèves (Journal de l’esprit). Ce peut être une phrase courte, quelques mots, pas une ligne entière… Un début de poème possible, ou un aphorisme. Et, même, un seul mot (qui peut être une question). 

… J’ai remarqué un lien vers un blog qui est aussi présent dans ma liste de… pages tissées (Pierre-Louis Reynaldo). Volonté de faire connaître. Le poète blogueur indique d’ailleurs cet objectif de promotion de la poésie (concrétisé par l’association et le site « Le Capital des Mots », revue en ligne). Lire : http://www.le-capital-des-mots.fr

… Parmi ses poèmes en ligne (de ce « work in progress »), voici celui-ci, du 11 juin : http://www.ericdubois.net/2016/06/poeme.html 

… Ailleurs, il signale, sur une page, la recension de son livre (« Chaque pas est une séquence », éd. Unicité) dans la revue « Décharge » http://www.ericdubois.net/2016/05/dans-la-revue-decharge.... 

…Ou, autre page, la lecture faite d’un autre ouvrage de lui, un ensemble (la réédition de textes parus ailleurs), chronique sur Terre à ciel : http://www.ericdubois.net/2016/04/dans-terre-a-ciel.html

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J’apprécie l’alternance, entre poèmes et réflexions denses, actuelles, sur le SITE de René Barbier, Le Journal des chercheurs. Poème (Le mitraillage), rêve, liens : http://www.barbier-rd.nom.fr/journal/spip.php?article1966 

Et, poème (Détachement)   http://www.barbier-rd.nom.fr/journal/spip.php?article2184

Analyse (essentielle) sur Daech, la pulsion de mort, le pétrole, la peur, l’imaginaire social. En exergue, René Char, et, pour référence, la pensée d’Hannah Arendt sur le totalitarisme. Citation : « Daech n’a que faire de l’écologie démocratique. C’est un totalitarisme comme en parle Hannah Arendt. Il veut enfermer l’ensemble du monde dans son univers lié à la pulsion de mort. / Les acteurs des multinationales agro-alimentaires et pétrolières fonctionnent également à la pulsion de mort. Sur ce point ils se rejoignent. / Avoir la lucidité de comprendre l’imaginaire social qui se joue à travers leurs jeux destructeurs est une nécessité à l’époque actuelle pour tous les citoyens libres du monde. » A lire : http://www.barbier-rd.nom.fr/journal/spip.php?article2092

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Sur le site de La Revue des Ressources, recension d’un ouvrage publié par leurs éditions (ERR), collection Carnets de la grande ERRance. Livre d’entretiens de Kenneth White avec Régis Poulet, « Panorama géopoétique ». Pages introductives, en quelque sorte, pour un projet éditorial destiné à promouvoir une pensée autre du rapport à la terre, à la biosphère.

... Ce premier livre (six en tout, à cette date, dont ceux de Régis Poulet et Laurent Margantin) : http://www.larevuedesressources.org/parution-de-panorama-... 

… Le texte inaugural de l’Institut de géopoétique, 1989, écrit par Kenneth White pour l’Institut. Référence, notamment, à Holderlin, comme pour l’anthologie de l’édition Poesis (« Habiter poétiquement le monde »). Texte http://www.institut-geopoetique.org/fr/presentation-de-l-... 

… Proximité (ERR…). Ce site d’écritures disséminées (mais connectées, autour d’une association, pensée en rhizome…). Interactions, créations, et fil de blogs d’auteurs (nombreux liens), WEBasso :  http://www.webasso-auteurs.net 

… De l’espace d’ Oeuvres ouvertes (Laurent Margantin et ses blogsbooks), je choisis cette note sur Kenneth White (pour la « cristallisation » du sens, quand la boucle est bouclée…) : http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article3412 

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Dans Trilogies, une réflexion sur l’art, pas récente, mais toujours valable, ouvre des perspectives passionnantes sur la création actuelle. Vers une transmodernité métisse  : http://trilogies.ch/articles/khan-cherkaoui-vers 

... Autre rubrique, un dossier en cinq parties sur Etty Hillesum (1/5)  http://trilogies.ch/articles/etty-hillesum-rencontre  Voir aussi les citations (Paroles), et les notes sur le cinéma.

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Revue Vacarme.  Ma sélection du moment… Entretien (janvier 15) Bricolages contre un désastre annoncé », Yves Citton : http://www.vacarme.org/article2729.html 

... Et page sur l'islam, l'islamophobie : « Lignes de fond en Méditerranée », entretien  avec Jocelyne Dakhlia   http://www.vacarme.org/article2747.html 

... Orlando et suites. « (Re)politiser nos identités minoritaires », par Valentin Chémery   http://www.vacarme.org/article2904.html 

... Sur « De l’écoute et de l’inécoute » (et la poésie), texte de Pierre Zaoui : http://www.vacarme.org/article2797.html

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Les Influences, site-revue. « Etre sans idée » : un texte à méditer, de Philippe Chriqui http://www.lesinfluences.fr/Etre-sans-idee.html 

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Sur The dissident.eu  une lettre d’Hermann Hesse à un jeune artiste (1949) : http://the-dissident.eu/10850/lettre-dhermann-hesse-a-jeu... 

... Et un manifeste inédit de Camus sur la liberté de la presse (Camus et Arendt sont les deux références clés) : http://the-dissident.eu/manifeste-de-camus/ 

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ANTHOLOGIE MANIFESTE. « Habiter poétiquement le monde », éd. Poesis : http://www.poesis-editions.fr/habiter-poetiquement-le-mon... 

. Tout à fait à part... (et sans doute vers l'ébauche d'une note, d'automne peut-être, pour tisser des regards), voici les créations de Khadija El Abyad... De la beauté, et beaucoup de pensée donnée à... voir... L'oeil écrit, autrement. Et elle, d'ailleurs, glisse des titres, parfois, qui sont des bribes de poèmes... http://khadijaelabyad.tumblr.com

VOIR aussi les LISTES en marge des notes : Pages tissées (marge gauche), et (marge droite) : Poésie, Editions de poésie, Revues de poésie, Poètes et poèmes, Citations, et… Blogs... L'ensemble est mon PORTAIL portatif POÉSIE, complété par les notes de la catégorie "Poésie".

Pages tissées, trois notes posées à la suite (les 26, 27, et 28 juin), et une catégorie, même nom (ces pages et une note antérieure).

08/06/2016

MARINA...

MARINA.jpg« Un poète c’est quelqu’un qui a un don égal pour l’âme et pour le verbe. »

Marina Tsvetaïeva, « Le poète et la critique »

Marina Tsvetaïeva, sa POESIE d’un livre à l’autre, d’un site à l’autre (graphies différentes de son nom, parfois Tsvetaeva). Majeure, Marina. Un des auteurs pour notre île déserte. Elle, le contraire du désert. Une lumière, au-delà de tant de souffrances, mais toujours, en elle, cette fulgurance d'âme. Comptent ses poèmes, comptent ses essais. Superbe pensée. Mieux que beaucoup d'autres, elle sait dire ce que signifie créer, en regardant sa vie dans le miroir des oppressions, des exils, des morts des pertes, avec l'étoile du sens au creux de son être. Précieux volumes, édités par "Le Temps qu'il fait" : "L'Art à la lumière de la conscience", " Le Poète et le Temps", "Le Poète et la Critique"... En marge de "L'Offense lyrique", des lampes qui balisent le chemin... 

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Liens...       

Marina Tsvetaïeva, POESIE  BioBibliographie, par Florence Trocmé, POEZIBAO : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2005/05/marina_tsvta...

Des poèmes, POEZIBAO : http://bit.ly/1DCBUlp

Magnifique dossier, sur ESPRITS NOMADES (« Indices terrestres », « Marina, Marina », « Une passante de l’éternité », textes et BIBLIOGRAPHIE ): http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/tsvetaeva/t... 

REMUE.net, lecture de Marina Tsvetaeva par Dominique Dussidour. Commentaire médité, belle page, et des textes  http://remue.net/spip.php?article2314

TERRES de FEMMES (Angèle Paoli) : Un poème, et des liens vers d’autres textes sur d’autres pages du même site http://bit.ly/1NMjxKu

Recension (un volume, « Insomnie et autres poèmes »), et citations, sur RECOURS au POEME : http://bit.ly/1CIovoq

Textes, bibliographie, liens, TERRE à CIEL : http://terreaciel.free.fr/poetes/poetestsvetaeva.htm 

FRANCE CULTURE, Marina… http://www.franceculture.fr/personne-marina-tsvetaieva 

et, France Culture, « Les forçats de l’absolu » : http://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemin...

Chronique de Cécile Guivarch, Francopolis... http://www.francopolis.net/revues/TsvetaievaM.html 

Et Lettre à Marina, de Zeio, Francopolis... http://www.francopolis.net/Vie-Poete/MARINATSVETAEVA.html 

Fiche wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marina_Tsvetaïeva 

SITE dédié : http://tsvetaeva.free.fr/index.html

Couvertures de livres, titres à voir… images google (recherche : « Marina Tsvetaeva livres »)… 

24/02/2016

"Devant moi quelque chose qui s'ouvre dans le ciel ou la terre." Ou quand Naseer Shamma pense son art...

SHAMMA .jpg«Je vois devant moi quelque chose qui s’ouvre dans le ciel ou la terre. Alors je me précipite dans cette brèche. Il faut perdre son chemin pour en trouver un bien meilleur.» (Pour dire ce qu’est pour lui le processus d’improvisation, de création).

Naseer Shamma, cité par Jean-Pierre Perrin, dans sa chronique, Libération, 22-02-16.

Naseer Shamma avait programmé un concert à l’Olympia, avec plusieurs musiciens, soirée unique avant une tournée internationale. D’où certains articles récents, comme celui de  Libération. Excellente approche, qui mérite une lecture attentive et intégrale. "L'oud, l'autre luth de Naseer Shamma" : http://next.liberation.fr/musique/2016/02/22/l-oud-l-autr... 

Ce qui est remarquable dans la démarche du musicien irakien, c’est la manière dont il voit le rôle (et le pouvoir) de son instrument. Ainsi il raconte comment il a aidé quelqu’un (un jeune Irakien) dont la famille avait été tuée par des tirs américains, à se libérer de la colère et de la haine stérile pour capter et traduire la présence prolongée des êtres anéantis, à partir de la musique. Et ainsi témoigner, sans destruction ni autodestruction. Oeuvre de paix et d’humanisme. (« Mondialisation de l’oud », dit le musicien.). Pour cela il crée des « Maisons de l’oud », inspirées de celle du Caire, considérée comme la meilleure du monde pour son enseignement.  

Présentation du concert (résumé) sur le site de l’Olympia : http://www.olympiahall.com/hip-hop-reggae/naseer-shamma.h... 

Une note de 2012, quelques indications supplémentaires intéressantes  http://www.mondomix.com/news/naseer-shamma-magnifique-mai... 

Page sur le luth arabe (oud et divers instruments proches), la musique et Constantine. Site de Serge Gilard, dédié à Constantine (ville où il passa son enfance malgré une naissance en France) : http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/laculture/artis... 

Naseer Shamma, titres sur Deezer : http://www.deezer.com/artist/1289598?autoplay=true  

Titres sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=dZN8rd8NpqA&list=RDdZ... 

Sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/x40k0u_naseer-shamma-ira... 

Et au Festival de guitare de Cordoba, Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=IUVRL1It7BQ

07/11/2015

FRED DEUX… « Faire vivre l’obscur »

« Dire ce que tu es. Ce qui revient à parler de ce qui vient vers toi et comment tu vas vers l’autre »

Fred Deux 

« Eloigné des modes, le travail de Fred Deux - et de Cécile Reims -, par sa puissance évocatrice, son univers obsessionnel et viscéral, bouleverse le confort de nos certitudes esthétiques. »

Carlos Pardo 

Bel article dense, de Carlos Pardo (et beau titre, « Faire vivre l’obscur »), sur cet artiste double (écriture et peinture) créateur de « livres uniques », né en 24 et mort en septembre 2015. Artiste relié au courant du biomorphisme. Evocation, dans ce texte, aussi, de sa compagne de vie et d’art, Cécile Reims, graveur : http://www.monde-diplomatique.fr/2015/11/PARDO/54163

FRED DEUX.jpgExprimer « la flamme à l’intérieur du bide », « racler au fond de la boue de la vie ». Carlos Pardo choisit de citer ces deux formules de Fred Deux, qui, toutes deux, parlent de profondeur, d’humus originel. Processus de création, chez Fred Deux, où brûler et déchirer c’est le même geste de plongée en soi et dans le creux de ce qui est à la source des passions et douleurs. La boue ce n’est pas le sale et putride seulement, c’est la matière vivante, terre et eau. Le ventre, pas la tête, et le feu, pas l’excrément. Passion, intensité, mais aussi, écho d’une intuition profonde, qui rejoint la parole des chamans taoïstes : feu source, centre. 

Double création… Difficile à assumer dans un contexte formaliste où on devrait n’être qu’une partie de sa voix. Au point qu’il fut, lui, obligé de prendre un pseudonyme d’écriture (qu’il finit par lâcher). C’est significatif. Etre regard ou tracer des mots. Devoir choisir alors que l’écriture est regard et que l’art visuel est hanté par le langage. Que l’un porte l’autre. Importance de cet itinéraire qui fait repère… 

« Faire vivre l’obscur »... Lui fouille dans les hantises de souffrances originelles et interroge une réalité enfouie autant dans le corps que dans la conscience.

De ce qui peut être lu, je choisis « Le For intérieur », éd. Les Cahiers dessinés. Et « Dessins bruissants, pensées murmurées », éd. Alain Margaron. Mais il y a toute une bibliographie à découvrir. Voir la fiche wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fred_Deux

Autre éclairage, article, Le Monde, 14-09-15, par Philippe Dagen, qui insiste sur le mystère d’une œuvre et d’une vie où l’introspection est si présente : http://www.lemonde.fr/arts/article/2015/09/14/l-artiste-et-ecrivain-fred-deux-est-mort_4756490_1655012.html  

« Le For intérieur », Les Cahiers dessinés : http://www.lescahiersdessines.fr/le-for-interieur-fred-deux-9791090875333 

Reproductions, voir, galerie Alain Margaron (qui annonce une rétrospective à Lyon en 2016 : http://galerieamargaron.com/artistes/fred-deux-2/

25/07/2015

Autoportraits d’ombres…

Lignes.pngarbre cercles.png

escalier.pngconversation.pngbain d'arbre.pngFascination pour l’ombre. Soi entre réel et perte, sur la surface des choses. A peine là, éphémère, visible et invisible. Trace sans langage, mais que les mots peuvent saisir, trace qui donne envie de mots tout autant que de silence. Présence qui s’efface sans effacer le sol. Autoportraits d’ombre, dialogue intérieur, voyage dans la conscience, autrement. L’ombre c’est dehors, c’est dans la lumière, la marche des rues. L’œil intense. C’est soi, mais n’importe qui. Ou peut-être pas…

Là, cinq photographies, au hasard parmi d’autres… Autoportrait aux lignes, la géométrie est une écriture du réel. Photographie à l’arbre diagonal dans sa grille aux deux cercles, instant photographique, c’est ce geste qui compte, comme si j’avais besoin de fixer cet acte du fugitif, apparemment si bref, et pourtant si longuement présent dans la maturation du regard, le fixer pour en savoir quelque chose. Capture d’autoportrait à l’escalier, ce fut d’un clic plus que rapide, en courant presque, pour ne pas perdre les angles de lumière. Conversation, quand même, hasard d’un moment, croiser les amitiés voisines mais vite retrouver le temps des yeux, un temps qui se veut solitaire. Bain d’arbre, tenir l’appareil d’une main, l’autre levée vers les branches, pour rendre hommage aux feuillages, respiration de paume. 

© MC San Juan (TramesNomades) / Texte et photographies

16/06/2015

Découvrir José Val del Omar. Note introductive à l’exposition d’une héritière du cinéaste-poète, Sara Malinarich

LIVRE VAL del OMAR.jpg

Note introductive, car pour comprendre la démarche de Sara Malinarich (note qui va suivre) il faut, je crois, se situer dans le sillage du cinéaste, inventeur et chercheur, poète, présent dans l’exposition que j’ai vue il y a quelques jours, et qui est toujours visible, galerie Mamia Bretesché. Doublement présent. D’abord par la continuité d’une inventivité technique (et de la réflexion qu’elle induit sur ce qu’est regarder, sur le rapport entre la vue et les autres sens, sur les interférences tant visuelles que sonores). Ensuite par ses textes, citations transférées par des tweets, eux-mêmes envoyés au logiciel inventé pour métamorphose éclatée en graphisme et couleurs. Je ne connaissais pas José Val del Omar cinéaste et inventeur, découvert grâce à cette exposition. (J’ai du mal à comprendre comment c’est possible : le Jeu de Paume avait pourtant créé un événement pour faire connaître le cinéma expérimental dont il fut - et reste après sa mort - un maître, mais, autrement, apparemment, grand silence réducteur.) On est enfoui dans une masse d’informations où surnage beaucoup de vide et on rate des clés essentielles, pour comprendre l’art, le réel, et soi. Je ne le connaissais pas plus comme poète, et les fragments que j’ai découverts m’ont paru de la plus haute poésie (voir ci-dessous, citations, et  note suivante, exergues et textes saisis dans mes photographies : j’ai tenté de les rendre bien lisibles...). Il suffit de trois vers, trois phrases, pour découvrir un auteur et savoir s’il devient essentiel ou ne le sera jamais. Lui sera essentiel. Pour compenser le manque antérieur j’ai cherché (sur la Toile) ses films, ses écrits, et des présentations de son œuvre, tout regardé, tout écouté, tout lu (en français, en espagnol). Enthousiasme total. Quelqu’un dit de lui (vidéo sur son cinéma) qu’il fait une sorte d’alchimie. Et c’est exactement cela. Hypnotique, fascinant. Mais pas hypnotique d’une manière qui nous endormirait : au contraire, plutôt de l’ordre de l’effet méditatif, qui fait accéder à d’autres dimensions du réel intérieur et extérieur, en secouant pour réveiller, éveiller.

Poète, José Val del Omar l’est aussi dans les titres et sous-titres. Comme pour « Fuego en Castilla », sous-titre : «  Ensayo sómnambulo de visión táctil en noche de un mundo palpable. » (Essai somnambule de vision tactile dans la nuit d’un monde palpable). L’essai c’est aussi à comprendre au sens philosophique, des concepts sont pensés avec des formes, du mouvement, des instants photographiques. Création formelle et création de pensée. Poète, dans le choix des exergues. Pour « Fuego en Castilla », c’est Federico Garcia Lorca : « En España, / todas las primaveras viene la muerte / y levanta las cortinas. » (En Espagne, la mort vient pour tous les printemps, et soulève les rideaux). Poète, aussi, et penseur, dans le choix de mettre « Sin fin » au lieu de Fin pour clore ses films. Sans fin, lente poursuite du sens dans la perception, la recherche technique. Sans fin dans la durée et sans fin dans l’espace. Parce que les interférences visuelles et sonores (diaphonie...) se prolongent hors du film.

Poète, Val del Omar, autant que cinéaste, et cinéaste en poète.  Diego Quemada-Díez, réalisateur, en parle dans un entretien au sujet d’un film sur les migrants (Guatemala et Mexique vers les USA), « Rêves d’or », propos recueillis en 2012 par Carine Trenteun sur  CinéMatraque (Citation qui éclaire la démarche de José Val del Omar – la poésie par les mots et la poésie comme éthique cinématographique) : http://www.cinematraque.com/2013/12/rencontre-avec-diego-quemada-diez-realisateur-de-reves-dor-la-jaula-de-oro/# :  « Mon poète préféré, José Val del Omar, qui est aussi réalisateur, dit que le cinéma relève d’un acte de manipulation extrême, car les gens entrent dans une pièce sombre où on ne leur montre juste qu’une partie de la réalité. Les spectateurs viennent pour que nous déposions nos rêves. Toute cette manipulation ne se justifie que s’il y a un but poétique. Nous avons donc une grande responsabilité. Cette poésie doit être générée par de l’empathie et de l’amour. Toute la construction d’un univers de fiction est reliée à tous ces éléments pris de la réalité, tous ces témoignages. » Diego Quemada-Diez en parle aussi là, insistant sur cette référence première, intensément présente : http://www.festival-cannes.fr/fr/theDailyArticle/60190.html

Poète. Les fragments donnés à lire en légende des créations graphiques proposées par Sara Malinarich  (renvoi de citations du poète aux expéditeurs de messages adressés au logiciel, voir l'explication de la démarche dans la note à venir) sont révélateurs de la manière dont José Val del Omar pense la place de la conscience individuelle dans la conscience globale : lui, nous, le monde-cosmos...

Citations : « Lo que llamamos contranos u opuestos son trozos de la Unidad. » (Ce que nous appelons présences contraires ou réalités adverses sont des fragments  de l’Un).

... « Todo desea ser Todo, y para ser Todo hay que no ser nada. Comenzar por quedar vacio. » (En tout il y a désir d’être le Tout, et pour être Tout il faut n’être rien. Commencer par rester vide.)

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A lire (en français, en espagnol...).

J’ai trouvé des notes en français : d’Olivier Arezki (article, 2003, et page de liens), d’Olivier Hadouchi (chronique, 2007 puis 2010), du Jeu de Paume (deux pages de présentation d’un événement sur le cinéma expérimental espagnol, 2011), un dossier de créations sur des vidéos en espagnol.

L’article d’Olivier Arezki, paru en 2003, sur le court-métrage « Fuego en Castilla » : http://www.cineastes.net/textes/arezki-fuego.html Citation : « José Val del Omar est un cinéaste alchimiste convoquant divers éléments, tels le feu, la terre, et l’eau. Un poète qui passe d’une incursion dans le monde contemporain où le temps file à toute vitesse (horloge, montage rapide et saccadé), avec des voitures filant, phares allumés, à un ciel traversé de sombres nuages. Sa caméra effectue souvent des envolées verticales, et sait abolir la perspective pour lui substituer des images anamorphosées, répandre des formes allongées (on pense au Greco), évanescentes, animer des statues, par des jeux de montage et de lumières, violents et très sophistiqués qui utilisent à merveille les richesses et les subtilités du noir et blanc (contrastes, palettes de gris, jeu sur les tonalités…). »

Page de liens, créée par Olivier Arezki : http://www.cineastes.net/c/omar.html

La longue chronique d’Olivier Hadouchi, en deux parties, enrichie de notes : excellente analyse, très grande maîtrise du sujet. Et en plus il met en exergue une citation de Maria Zambrano, philosophe que j’apprécie particulièrement, et qui, effectivement, rejoint ce qu'on découvre de José Val del Omar, êtres en affinité : « Pur oubli dans la nuit/ puisqu’il fait toujours nuit / pour celui qui vit à moitié.». Mars 2010 (trace antérieure, moins ample, 2007), CinéFabrika, « l’autre revue du cinéma et des arts visuels », « Notes autour de Val del Omar et d’un cinéma de la métamorphose et du crépitement », première partie : http://cinefabrika.blogspot.fr/2010/03/notes-autour-du-cinema-de-val-del-omar.html

Citations (le texte d'Olivier Hadouchi) : « Cinéaste espagnol né à Grenade en 1904, il est notamment l’auteur d’un des plus grands accomplissements filmiques tous genres, supports et catégories confondus, un « triptyque élémentaire d’Espagne » réunissant trois films réalisés à plusieurs années voire décennies d’intervalle » (...) « ...mettant la technique au service de la libération, pour réunir Jean de la Croix et Prométhée, l’albumine et l’aluminium, l’incarnation métaphysique et le fil à haute tension. Espoir de participer à l’émergence d’une autre voie, et que nous appelons « cinéma expérimental » par commodité, car il s’agit en premier lieu d’un cinéma d’avant-garde, à partir d’une appréhension originale de cette notion. Soit d’un cinéma élargi qui ouvre intensément les portes de la perception, travaille sur ses matières mêmes (penchant pour l’anamorphose, le décentrement, le reflet...) » (...) « ... inventeur de néologismes (‘mécamystique’ est le plus révélateur)... »

Deuxième partie : http://cinefabrika.blogspot.fr/2010/03/notes-autour-de-val-del-omar-2eme-p.html   Citations : « Topographie(s) plurielle(s) d’une Espagne palimpseste. » (...)  « En Andalousie, Grenade tournée vers le sud et l’est : l’Orient » (...) « Val del Omar juxtapose : une étoile de David en mosaïque, des inscriptions calligraphiées en arabe, des chants et des danses gitans andalous. »

Page de présentation, site, Jeu de Paume. « La sélection s’ouvre avec un artiste essentiel, José Val del Omar» : http://www.jeudepaume.org/index.php?page=article&idArt=1446

Jeu de Paume. 50 ans de cinéma expérimental en Espagne (mars-avril 2011). Document pdf : http://www.jeudepaume.org/pdf/DelExtasisAlArrebato.pdf

Dossier, créations de José Val del Omar, sur Point to Point, blog : http://pointopoint.blogg.org/jose-val-del-omar-un-fantastico-fantastic-a116322996

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Vidéos, en espagnol  (en espagnol, mais fragments de l’œuvre à regarder – et écouter) :

Le cinéma de José Val del  Omar. Présentation, vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=F_emTQaMFPY

Film. "Aguaespejo granadino" - 1955 José Val del Omar (« Miroir d’eau grenadin ». L’eau-miroir de Grenade, l’eau comme miroir. Sur la pierre et l’eau dans la réalité et la culture andalouse)

Val del Omar, entre cinéaste, génial technicien,  et alchimiste (mot employé par celui qui introduit la vidéo). En espagnol : https://www.youtube.com/watch?v=Nk7t8hRyFRE

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Textes en espagnol. Pour lire, et traduire approximativement : http://tr.voila.fr/ 

Site dédié (très riche et très beau, complet : le cinéma, les collages, les textes) : http://www.valdelomar.com

Page Facebook dédiée: https://www.facebook.com/pages/Val-del-Omar/46660711337

Fiche Wikipedia (filmographie et  bibliographie : livres « de », livres « sur » Val del Omar) : http://es.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Val_del_Omar

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Exposition de Sara Malinarich et d’un couple de vidéastes (groupe White Black Fungus), galerie Mamia Bretesché...

Le destin des textes du cinéaste poète est un rêve, dans l'aventure ainsi proposée par Sara Malinarich. Magie. Voilà ce que la poésie peut être, aussi, hors des revues et livres, pour circuler. Là, on peut le lire démultiplié, associé aux graphismes créés par le module, citations qui circulent, et demeurent, disponibles, sur la page du twitter machine (qui emprunte un visage...). Regarder, et LIRE José Val del Omar. Lire et relire. Fragments qui donneront envie de plonger dans un livre. Et, car c'est aussi- ou surtout - une aventure du regard, guidée par la pensée de Val del Omar, regarder, regarder...! Sans négliger d'entrer dans les interrogations du penseur inventeur sur ce qu'est le regard, la conscience, créer. Se demander, avec lui, quel est le rapport entre le regard conscient, ce regard décalé à la fois par la volonté de ce pas de côté, métaphysique en quelque sorte, et décalé par ce que la technique propose comme métamorphoses, anamorphoses... Qui regarde en nous, le seul "je" ou cet espace immense où le "je" devient autre? (Et qui crée?). C'est peut-être cela que Rimbaud voulait dire, encore Rimbaud... Plus de citations de José Val del Omar. Voir, note suivante, quelques phrases, en espagnol, et ma traduction, très libre. 

Rachael Runner (Le procédé est d'envoyer un tweet au logiciel Rachael Runner, en intégrant ce qui activera la réponse et la transformation (#telepresence). La création visuelle viendra en réponse avec une citation de José Val del Omar  : https://twitter.com/rachael_runner

De même, dans le catalogue de l'exposition, les créations graphiques sont associées aux phrases du poète, puisque ce sont les phrases qui sont renvoyées avec la production visuelle. Document pdf (regarder... lire...) : http://www.intact01.net/wp-content/uploads/2015/05/catalogo_expo_mamia.pdf 

05/06/2015

Rose Lokissim : engagement, courage, mort. L’irrécupérable dans nos vies... et la création, le regard

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Libération, le 2 juin, page 24, un hommage à Rose Lokissim, exécutée en 1986 sous la dictature d'Hissène Habré... Par hasard, sur ma table encombrée, à côté de l'ordinateur ouvert, cet article, juste sous les mots "Mémoires et images du sens", pour une exposition (en 2001) de Jean-Bernard Chardel : titre, et apparente légende de l'oeuvre reproduite. Le sens d'être, dans ce que déchiffre la création en même temps que soi, et le sens d'être, pour le courage de dire "non"... L'irrécupérable, dans les deux cas. Grand écart intérieur entre le non multiple à inscrire-dire-écrire, murmure du quotidien, et le oui du regard (avec des mots ou sans). Je ? Dissonante, paradoxale. A la fois complètement dans l’écoute de la radicalité des chocs et douleurs du monde, vus de près et de loin. Et totalement tendue vers le contraire, vers un lieu sans lieu.  

Lire :

« La prophétie de Rose, prisonnière d'Hissène Habré », Libération, 02-05-15. Par Reed Brody et Olivier Bercault : http://www.liberation.fr/monde/2015/06/01/la-prophetie-de-rose-prisonniere-d-hissene-habre_1320914

Informations HRW sur le documentaire réalisé par Isabel Coixet, « Parler de Rose », où la voix qui raconte est celle de Juliette Binoche : http://www.hrw.org/fr/news/2015/05/21/tchadsenegal-coup-de-projecteur-sur-l-imminent-proces-de-hissene-habre 

10/05/2015

« Suspendus à l’indéfini »... Images, entre indéfini et défini. Fragments d’autoportrait...

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« Nous sommes tous suspendus à l’indéfini »

 

 Carolyn Carlson (elle rappelle cette phrase, fragment poétique, dans un entretien publié dans la revue Polka - interview, par Elisa Mignot, N°29/mars-avril-mai 2015).

 

« Suspendus à l’indéfini »... C’est peut-être pour cela qu’il est si difficile de passer de l’indéfini au défini... pour tenter de donner des clés, ou de faire indirectement son autoportrait, ou choisir un symbole qui nous représente.  Mais cette pensée de Carolyn Carlson va plus loin. L’indéfini, c’est la marge qui permet la création...  et c’est l’espace qui rend possible l’interprétation.

Justement, entre indéfini de la création, et indéfini de la lecture qu’on en fait, même quand c’est soi, l’hésitation peut être longue.

Sur Facebook (où je continue mon apprentissage en lenteur) la plupart des gens mettent leur visage en profil, des créations en « pages » créatives, peu de symboles. Moi qui aime les détours j’ai mis du temps à choisir les images... que j’ai fini par poser.  Fragments de bibliothèque et désordre de table ... J’ai utilisé aussi pour le blog, ici, en haut à droite, une des photographies (minuscule, car vignette pour poser des liens : écritures ou créations visuelles). Je les pose donc ici, complètes, visibles et lisibles... et même une, qui n’est restée qu’un instant (et fait partie d’une série de pluie : il pleuvait, j’ai regardé... A suivre). 

© MC San Juan (TramesNomades) / Texte et photographies

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02/05/2015

De phrase... en phrases lues, relues, danser en esprit. CITATIONS

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« Vent tissé », seuils et pas... (C’était le titre de la note du 04-12-2010. Exergues...).

Trames... Vent tissé, fils brisés, parfois. Tisser, c’est faire pont, mais c’est aussi dénouer les nœuds mensongers, dénoncer l’injuste, par le murmure ou par le cri. Cependant, toujours, revenir au silence, au poème, au regard…  Voici mon manifeste aux mots empruntés. Goût de citer, d’extraire, qui n’est séparable, pour moi, ni de la lecture, ni de l’écriture… Seuils et pas.

Je reprends, ci-dessous, plusieurs des exergues posés en 2010, au moment de la création du blog sur hautetfort... et un peu après. Et, là, cette anthologie miniature, sorte de manifeste aux mots empruntés, s’enrichit encore de quelques citations... qui me sont essentielles. Exercice : bribes notées au fil des lectures, cristal des livres, essence nourricière. Anthologie, et autoportrait... Danser en esprit... Être.

Autoportrait, peut-être, aussi, ce fragment de l’intime sur deux étagères... Lire (trames... errance / écriture... / identités traversées... / être...).

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« La seconde métaphore est la trame. » 

  Jorge Luis Borges,

  Treize poèmes.

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« Notre vie est du vent tissé. »   

   Joseph Joubert,

   Pensées.   

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« Cela qui fait de nous l’humanité

Tissage et métissage »

Salah STETIE, Le Bleu de la question (ds A poèmes ouverts, Anthologie, choix de JP Siméon, éd. Points)

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 « Je suis seuil et je suis chemin.

 Je suis pierre qui dit l'horizon.

 Je suis l'enclos des pas nomades.

 Je suis paume où se lisent les lignes de l'ailleurs. »

  Jacques Lacarrière

    A l'Orée du pays fertile

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« Trame parmi les incidents / Peut lui être augure »

Ted Berrigan

Les sonnets 

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« Il est urgent de réveiller le nomade que chacun porte en soi. »

Jean Malaurie

Ultima Thulé

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« On n'est pas originaire d'un lieu mais de plusieurs. »

Eric Faye

Somnambule dans Istanbul

(cité par Florence Bouchy, Le Monde du 29-11-2013) ......

 « Salut aux passeurs, aux errants, aux exilés. »

Jean-Claude Xuereb, Ulysse ou l’ultime épreuve

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« ... l’habité, l’inhabité. / Voué à l’errance. »

Edmond Jabès

Récit

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 « Ils construisent des murs et ils détruisent le vent. »

Jean-Marie Kerwich, poète gitan, cité par Alexandre Romanès, poète et directeur de cirque.

Nomades, nous resterons : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/26/nomades-nous-resterons-par-alexandre-romanes_1485448_3232.html )     

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« Développez votre étrangeté légitime. »

René Char

Fureur et mystère

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« errance de qui ne se lasse pas / de traverser les frontières »

Abdelwahab Meddeb

Portrait du poète en soufi

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« Sur cet îlot de l’univers / L’univers seule patrie »

Ahmed Azeggah

Arrêtez (Anthologie de la poésie algérienne, « Quand la nuit se brise », dirigée par Abdelmadjid Kaouah, Points)

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« La pensée avant d’être œuvre est trajet. »

Henri Michaux

Poteaux d’angle

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« La Nature est une Maison Hantée – mais l’Art – une Maison qui essaie de l’être. »

Emily Dickinson

Autoportrait au roitelet

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 « -- Et cela pourriez-vous le décrire? Et je répondis : -- Oui, je le peux. »

        Anna Akhmatova    

       Requiem

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« Dans de la colle durcie, Ce pas. Oh, que d'efforts Pour repousser pour rebrousser la route De l'opinion commune! » 

      Marina Tsvétaeva         Le Poème de l'air

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 « Qui dira l’intérieur d’une orange ? / Qui peut à cette clarté-là lire au-dedans des pierres précieuses ? »

Rainer Maria Rilke

Chant éloigné

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« De jour tu écris le poème / qui écrit / en toi / la nuit »

Henry Bauchau

Nous ne sommes pas séparés

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« Je reconnais ma nuit je reconnais ma cendre / Ce qu’à la fin j’ai su comment le faire entendre / Comment ce que je sais le dire de mon mieux »

Aragon

Le roman inachevé

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« Un livre ouvert c’est aussi la nuit. »

Marguerite Duras

Ecrire

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« Affirmer et garder par un poème, / ce qu’est la durée. »

Peter Handke

Poème à la durée

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« J’efface en écrivant. J’écris en effaçant. Je l’un ou l’autre, ou l’inverse. N’importe. Je cultive les passerelles. »

Lyonel Trouillot

Eloge de la contemplation/Poésie

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« Travaillant et retravaillant / les mêmes textes / jour après jour / perdant tout sens / de ‘production’ et de ‘publication’ / toute idée d’une ‘réputation’ à forger / engagé plutôt dans quelque chose / -- loin de toute littérature -- / que l’on pourrait pertinemment nommer / un yoga poétique. »

Kenneth White

La Résidence de la solitude et de la lumière / méditations pyrénéennes 1

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« Un coup de dés jamais n’abolira le hasard » (...) « C’était le nombre  issu stellaire » (...) « Rien n’aura eu lieu que le lieu » (...) « Toute Pensée émet un Coup de Dés »

Stéphane Mallarmé

Un coup de dés

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« Pour chercher le ‘duende’*, il n’existe ni carte ni ascèse. On sait seulement qu’il brûle le sang comme une pommade d’éclats de verre... » (« Le ‘duende’ opère sur le corps de la danseuse comme le vent sur le sable. »

Federico Garcia Lorca

Jeu et théorie du duende

[* el duende : (intraduisible...). La flamme de l’art, qui rend possible l’art, la poésie. Le souffle du flamenco, le feu qui jaillit de l’élan du corps, hors de toute maîtrise technique. Une magie qui opère à la frontière de la souffrance et de la joie. De l’ordre de la transe mystique ou sensuelle. Transcende tout. C’est présent ou pas, et on le sait.]

Federico Garcia Lorca

Jeu et théorie du duende

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« Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. » (...) « Enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

Charles Baudelaire

Petits poèmes en prose

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« J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d’or d’étoile à étoile, et je danse. »

Arthur Rimbaud

Les Illuminations

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« Les labyrinthes érudits de Borges ont ouvert mon troisième œil en me faisant découvrir les profondeurs des sagas et des mythologies. »

Erri de Luca

La parole contraire

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 « Mon pays, / C'est toutes parts où des hommes. / Mon pays? / Toutes parts où des soleils. »

Gabriel Audisio, poème

Hommes au soleil, 1923

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« Sur cet îlot de l’univers / L’univers seule patrie »

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« Seul un esprit socratique d'indulgence envers les autres et de rigueur envers nous-mêmes peut constituer une réelle menace pour une civilisation fondée sur le meurtre. »       

Albert Camus      

Conférence, 1946, Columbia University, USA. NRF, janvier 1996, n° 516.

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« Si l'homme nouveau n'invente pas un vocabulaire à la mesure de sa conscience / Que s'écroule l'homme nouveau. » Jean Sénac Citoyens de beauté 

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« On se croit libre de vivre sa vie d’être humain et d’écrivain, ne se reconnaissant d’autres obligations que celles que vous dicte votre conscience d’être humain ordinaire, semblable — et singulier pourtant — à des milliards d’autres êtres humains.

Et on se retrouve face à une foultitude d’individus et d’institutions qui ne rêvent que de vous inclure de gré ou de force dans une division du monde en troupeaux ethniques, évidemment hiérarchisés les uns par rapport aux autres. » 

Anouar Benmalek

De la malédiction d’être arabe

et de quelques moyens, pour un écrivain arabe, d’y échapper

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 « Vivre ailleurs que là a changé pour moi le sens du mot vivre. »

Marie Cardinal

Au pays de mes racines

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 « Qu’avons-nous appris ? A vivre sans sombrer dans la haine. »

René-Jean Clot

Une Patrie de Sel

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« Les paysages sont comme les livres : ils nous ouvrent à la vie mais leur sens change selon l’âge et les circonstances. (…) Et, matrice de notre mémoire, ils nous constituent à jamais. C’est en eux que s’élaborent, jour après jour, notre sensibilité et notre métaphysique du monde. »

Jean Pélégri

Ma mère, l’Algérie

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« Un honnête homme, un homme de cœur, ne saurait se taire ni se boucher les oreilles. »

Mouloud Feraoun

Journal 1955-1962

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« Jamais l'Obscur en soi ne fut si parfait / car toutes les haines emmêlées / à la liasse des remords / ont saccagé les derniers relents de la lumière »

Umar Timol

(Source : africultures.com / Rubrique POESIE)

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« Oui, j’essaierai d’être. Car je crois que c’est orgueil de n’être pas. »

Antonio Porchia

Voix

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« Je suis l’analogue de ce qui est. »

Paul Valéry

Ego scriptor

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« As-tu déjà regardé l’ombre de tes larmes ? Ce n’est pas une ombre ordinaire, ça n’a rien à voir. C’est une ombre venue exprès pour nos cœurs d’un autre monde lointain. »

Haruki Murakami

Chroniques de l’oiseau à ressort

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« Prends et lis! Prends et lis! »

Augustin (de Thagaste, 654-430)

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« le monde est un tissu d’épiphanies / toute chose visible porte en elle / les traces de l’Invisible »

Abdelwahab Meddeb, Portrait du poète en soufi (Belin)

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« Indemne, qui le prétend ? / Mais d’où survient le lien, la ligature du moment ? »

 Jean-Marie Blas de Roblès, Hautes lassitudes (Dumerchez)

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« L’Orient n’a jamais commis l’erreur de verser dans la poésie individuelle ; tout ce qui a une valeur dans la poésie orientale traite de l’universel. »  Antonin Artaud, Préface (élogieuse) au recueil de Roger Gilbert-Lecomte, La Vie l’Amour la Mort le Vide et le Vent  (Poésie/Gallimard)

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« Je ne reconnaîtrai jamais le droit d’écrire ou de peindre qu’à des voyants » Roger Gilbert-Lecomte (à propos de Sima), Puisque peinture il y a... / Œuvres complètes (Gallimard)

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« Nous ne voulons pas écrire, nous nous laissons écrire. » Roger Gilbert-Lecomte, Avant-propos au premier numéro du Grand Jeu (Poésie/Gallimard et Oeuvres complètes, Gallimard) 

29/04/2015

Jean-Paul Gaultier, exposition au Grand Palais, Paris, du 1er avril au 3 août 2015.

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 Une exposition qui donne de la joie. Malgré les drames de l'actualité, la vie nous rattrape, forte.  

Quand on arrive dans les salles de l'exposition, la surprise est vite présente. On ne savait pas à quoi s'attendre vraiment, même en ayant lu des articles, vu des pages sur la Toile. Des visages mobiles qui se mettent à parler... mystère de la technique : on est retenu, comme hypnotisé... Impression de percevoir l'amour que l'artiste exprime pour les gens à travers ce qu'il crée. Se déploie un théâtre des corps heureux (divers mais heureux). D'une nudité naturelle, légère, esquissée, pudique à force d'être si évidente. On comprend mieux le rôle des vêtements, vus dans des clips musicaux qu'on reconnaît. Ces défilés si lointains, si étrangers à mon univers, d'habitude, je me rends compte, en fait, qu'ils ont glissé dans ma culture du quotidien, que Jean-Paul Gautier a fait déborder la mode hors de la mode, comme il a fait entrer sa culture du quotidien dans un art qui le transcende, le métamorphose. Même les flacons de parfum, qui me paraissaient si bizarres, prennent sens. La clé en est donnée par le petit ourson du premier geste créatif, l'objet d'enfance qui fut et reste le témoin d'une vocation, d'un appel. C'est émouvant de voir la trace d'une naissance à la création. C'est cela déjà qui procure de la joie, cette entrée sans effraction dans cette genèse : l'élaboration d'un monde intérieur, où on voit comment il se construit en découvrant sa voie. Ensuite on ne peut qu'éprouver de l'enthousiasme devant tant d'inventivité, de liberté.

J'ai pris quatre photographies, dont les trois posées là, et une que je garde pour une autre lecture...

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Présentation, site du Grand Palais : http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/jean-paul-gaultier :   [ Citations (description) : « L’exposition présente des pièces inédites du créateur (haute couture et prêt-à-porter), créées entre 1970 et 2013. Elles sont accompagnées de croquis, archives, costumes de scène, extraits de films, de défilés, de concerts, de vidéoclips, de spectacles de danse et d’émissions télévisées » (...) « Cette exposition est réalisée par le Musée des beaux-arts de Montréal avec la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, et la collaboration de la Maison Jean Paul Gaultier, Paris. »]...

Exponaute : http://www.exponaute.com/expositions/8894-la-planete-mode...

Diaporama, sur timeout.fr (visible quand la souris passe sur la photographie...) : http://www.timeout.fr/paris/art/exposition-jean-paul-gaul...  

14/04/2015

Hasard, vent, création... et relecture d’ August Strindberg...

PHOTO MUR.jpgL'Echoppe.png

Je marche, et je deviens street-artiste imaginaire... Puisque je ne le suis pas vraiment, ou seulement si on peut parler de street-art des captations, non de ce qui est peint sur les murs, mais de ce que les murs peignent... Je me contente paresseusement de regarder, et de photographier. Les yeux errent au hasard des pas, et justement, là, je vois une image créée par l’agacement de passeurs (peut-être) qui ont déchiré les affiches, et, sans s’en rendre compte, sans doute, ont participé à une construction mentale collective. Moi j’y vois un ciel, l’image d’un mur aussi, et le symbole de l’écriture qui n’est que cet amoncellement-destruction des phrases venues, effacées, reprises ou jetées, déchirées aussi, puis recréées par l’effarement du temps. J’y vois le vent, des voiles ou des feuilles. Quelqu’un a tracé un chiffre, que je préfèrerais à l’envers (donc que je mettrai à l’envers : il suffira d’un geste du doigt pour que cela s’inverse). Et il reste un fragment du mot cinéma, seule trace minuscule d’un texte, mot (aussi) que je préfère lire à l’envers, ou ne plus pouvoir lire, qu’il n’y ait que les lettres, comme pour un graphe miniaturisé.  

Hasard, vent, création...  En rentrant je regarde l’image jouée aux dés de l’incertain, je note ce qu’elle me dit. Et je repense à August Strindberg, parce que ces trois mots font écho... Recherche d’un petit livre de quelques pages, perdu sur les rayons : « Du hasard dans la production artistique » (publié en 1894, « Revue des Revues »), éd. L’Echoppe, 1990. Relecture... Il raconte comment des Malais utilisent des bambous « végétant aux bois » (son expression), en faisant des trous dans les troncs, et comment « couchés sur terre » ils écoutent « des symphonies exécutées par ces harpes éoliennes gigantesques »... « mélodie et harmonie selon le hasard du coup de vent. » Mais il évoque aussi les tisserands se servant du kaléidoscope, et c’est « l’occurrence aveugle » qui réunit les « morceaux de verre peints ». A partir de cela il explique sa conception de la création, comment il allie recherche et hasard, tant en musique qu’en peinture, pensant qu’il faut « imiter la manière de créer de la nature ». (Oui, ici, en ville, ce sera la nature qui se mêle aux murs et aux sols...).

Ce texte aide à comprendre sa démarche d’écrivain, auteur dramatique. Voir cette page, Encyclopédie de L’Agora : http://agora.qc.ca/dossiers/August_Strindberg  

Jean-Pierre Sarrazac, universitaire et auteur dramatique, lit le texte concernant la peinture et le commente, parlant de « méthode de création transversale », de l’inconscient, d’une « dramaturgie de l’autoportrait » où on cherche à capter la part inconnue en soi, individuelle et commune (le transpersonnel), par la libre association, sorte d’écriture automatique (conception, 1894, qui précède le Manifeste du surréalisme) . Lien : http://www.dailymotion.com/video/xaf46a_jean-pierre-sarrazac-strindberg-pei_creation

Auguste STRINDBERG, encyclopédie Larousse en ligne : http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/August_Strindberg/145332

Fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/August_Strindberg

© MC San Juan (TramesNomades) / Texte et photographie

20/12/2013

Itinéraire d’une artiste : Nicole GUIRAUD, plasticienne

La valise à la mer. Objets de la mémoire, identité explosée, déchirée. 014.jpg

La liste complète de ses expos est sur le site de son galeriste, Peter Herrmann (fiche et expos depuis 2004) - voir ci-dessous, fin de note - mais je fais ici un choix très sélectif, pour présenter l’essentiel de sa démarche… Le travail avec cette galerie date des années 90 (alors à Stuttgart), avec le cycle des Vitrines, la série "Bouteilles à la mer", les collages transparents (plexiglas).  Dates clés suivantes, repères : 2004, 2009, 2012, 2013… Trois expositions sont présentes dans l’album EXPOS (2004, Berlin / 2012, Perpignan / 2013, Fdt Prinzhorn, Heidelberg : liens vers ces pages dans cette note, extraits). L’Allemagne est très présente, sa galerie étant à Berlin, et elle, vivant principalement à Francfort… L’exposition d’œuvres de la série « Archives » à Heidelberg me semble une reconnaissance particulièrement importante du sens de son parcours, l’occasion de revenir sur les traces posées pas à pas. Cette note est une première approche, suivant les pages des vignettes (pages des albums, déjà créées pour trois de ses expos, pour un film, un livre). Elle sera suivie par d’autres…   

(La valise à la mer… Installation de Nicole Guiraud. Photographie MC SJuan, 2004)

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Exposition à Berlin, 7 Mars - 30 Avril 2004, "Oran - Alger - Constantine", Berlin. Louzla Darabi, Nicole Guiraud, Samta Benyahia. Galerie Peter Herrmann : http://www.galerie-herrmann.de/arts/art2/oran_alger_constantine/index.htm  (J’avais fait le voyage à Berlin, pour cette exposition regroupant trois artistes nées en Algérie, et proposant à travers leurs œuvres un dialogue entre trois villes algériennes, comme lieux de mémoires individuelles, d’interrogations sur l’identité : croisement, dialogue entre des femmes du même pays, de communautés différentes, de vécus différents, mais en affinité native. J’avais ramené de cette rencontre des photographies et un entretien avec le galeriste, dont la démarche est née d’un amour pour le continent africain dans son ensemble, du Nord au Sud. (Petit à petit ces traces vont trouver leur place : « retour sur… », notes qui suivront…). Les œuvres de Nicole Guiraud présentées là appartenaient à la série « Le monde en bocal », mais on y voyait des œuvres qui préfiguraient le travail suivant en train de s’élaborer : l’archéologie de la mémoire : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/a-voir/1800559506.html )

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2009. « Archéologie de la mémoire » / Archäologie des Erinnerns : http://www.galerie-herrmann.com/arts/art2/2009_Guiraud/index.html

Page de Georges Festa sur l’œuvre de Nicole Guiraud. De la série « Le monde en bocal » à « Archéologie de la mémoire » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2010/10/nicole-guiraud.html (« Comment dire le démembrement, l’arrachement, au sens le plus littéral du terme ? Victime de la violence aveugle – cette guerre d’Algérie, où sombrera le message humaniste du chantre de Tipasa et de Noces -, Nicole Guiraud choisit l’Allemagne, autre terre de convulsions et d’exils où, au fil du temps, s’élabore une œuvre visionnaire, singulière. / De la série « Die Welt im Einmachglas » [Le Monde en bocal] (1975-2005) à sa récente exposition « Archäologie des Erinnerns » [Archéologie de la mémoire], une entreprise d’épuisement des formes et des mythes nous convie à interroger l’émiettement, la nostalgie, le désir d’altérité. » SUITE SUR LE SITE…)

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Premiers mois de 2012, Perpignan. Nicole Guiraud, « Survivre » : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/a-voir/1490367217.html [Dans le catalogue, plusieurs auteurs explicitent le sens profond de cette œuvre, le courage dont elle témoigne (j’en reprendrai la lecture…). Le titre, « Survivre », correspond à l’enjeu réel de la création dans l’itinéraire de cette plasticienne, qui, depuis l’enfance, toujours, dessine, sculpte, et peint. Ce n’est pas, ce titre, « Survivre », une simple formule, pas un jeu avec les thématiques générales de la vie et de la mort. C’est la question centrale que l’artiste se pose et pose à ceux qui regardent son « monde en bocal », ses créations graphiques, les peintures et montages.

Comment, quand on a (c’est son histoire) été atteinte dans son corps, au sortir de l’enfance, quand cette atteinte est irrémédiable et que chaque jour on revit son intégrité physique violemment déchirée, comment peut-on échapper au désespoir, se délivrer de la haine et de la colère, ne pas être prise par la folie ? Comment créer quand même… Justement. Nicole Guiraud crée pour tenir debout, pour que sa vocation d’artiste n’ait pas été détruite aussi par la bombe d’une terroriste, malgré la main manquante, le bras amputé. Elle crée pour témoigner, ayant fait de la lutte contre le terrorisme un axe central de sa vie. Et elle choisit le dialogue : c’est une des signataires du texte fondateur d’Algérie-Djezaïr, texte regroupant des Algériens  et des Pieds-Noirs, pour un partage de mémoire, un lien entre les communautés natives d’Algérie. L’expo de Berlin en 2004 fut un de ces signes de partage.]

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Expo décembre 2013, Nicole Guiraud à la Fondation Prinzhorn, page Trames nomades, album EXPOS : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/a-voir/171999384.html (Texte de Nicole Guiraud,courriels : « Le cycle des ARCHIVES retrace, au moyen d'assemblages d'objets, de textes et de dessins, le travail de mémoire - recherche des sources - entrepris sur trois décennies autour du thème de l'Algérie, celle de la paix, de la guerre, et pour finir de l'exil.  /// Cette oeuvre est difficile, austère, mais essentielle dans mon parcours artistique, et centrale dans mon parcours personnel. /// Le cycle des ARCHIVES  documente en grande partie le travail de mémoire sur l'identité (exil) et le vécu en Algérie (aussi l'enfance dans la guerre), entrepris pendant trois décennies  entre la France et l'Allemagne. » Présentation, à partir des précisions fournies par l’artiste, et suite de son texte, sur la page de l’album EXPOS …)

Site de la Fondation Prinzhorn : http://prinzhorn.ukl-hd.de/

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Nicole Guiraud, galerie Peter Herrmann (page de présentation et rappel des dates et titres des expositions principales : en bas de page cliquer sur les titres pour voir les œuvres correspondantes) : http://www.galerie-herrmann.de/arts/guiraud/index.htm

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Pour mémoire… Film, livre, galerie Peter Herrmann :

FILM. « Der Koffer, La valise à la mer », 1991. Mise en scène des déchirements de l’exil, des traumatismes de la mémoire et du corps. Parole de Nicole Guiraud, déchiffrant objet par objet la traversée d’une mer, la traversée du temps, fracture entre l’enfance blessée et le lent travail de construction de soi et de l’œuvre (Suite sur la page de l’album…) : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/films/2755090956.html

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LIVRE. « Algérie 1962. Journal de l’Apocalypse », éd. Atlantis, 2013 (bilingue allemand-français : Nicole Guiraud vit surtout en Allemagne, où elle a sa galerie) 

Page (Algérie 1962, Journal de l’Apocalypse) dans l’album Livres (récits, témoignages), Trames nomades : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/romans-recits/823653163.html (Nicole GUIRAUD, plasticienne, fut victime d’un attentat terroriste l’année de ses dix ans, juste avant la rentrée scolaire, le 30 septembre 1956, au Milk Bar, café qui, comme son  nom l’indique, avait une clientèle familiale, on y amenait ses enfants. (Le Milk Bar a encore été la cible d’un attentat pendant la « décennie noire » du terrorisme islamiste. Héritage de la violence, cibles choisies pour des raisons similaires : comment faire naître le plus de terreur si ce n’est en tuant ou mutilant des enfants.). / Boualem SANSAL, le dit bien dans sa préface (« L’histoire se vit deux fois ») : ce Journal qu’écrivait Nicole Guiraud, en 1962, pour supporter ce climat de terreur, une adolescente algérienne aurait pu en écrire un de très similaire, car l’horreur a recommencé, héritière d’une violence légitimée, normalisée. SUITE sur la PAGE de L’ALBUM…)

Commentaire (lecture du Journal), sur le blog armeniantrends, de Georges Festa : http://armeniantrends.blogspot.fr/2012/12/nicole-guiraud-algerie-1962-journal-de.html (« Dimanche 30 septembre 1956, 18 heures 30 : Nicole, une fillette de dix ans se trouve, comme chaque année à la fin des vacances d’été, avec son père dans le Milk Bar, au coeur d’Alger, pour y déguster une glace, lorsqu’une bombe explose, déposée par le FLN (Front de libération nationale). Quatre personnes sont tuées et cinquante-deux autres blessées. Nicole perd son bras gauche. » (…) « Dans son journal, la jeune Nicole, âgée de quinze ans, note jour après jour les violences d’une guerre civile qui prend de plus en plus les traits d’une apocalypse » SUITE sur le SITE armeniantrends…)

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Textes de Georges FESTA inspirés par des œuvres de Nicole GUIRAUD (ces liens vers le blog de cet auteur sont dans ma liste « Poèmes », ici) : NG/GF : « Le Marabout de Sidi Moussa », prose : http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/02/nicole-guiraud-le-marabout-marabout.html  /// NG :  « Le peintre », GF : « Puisqu’ils ont voulu m’enfermer » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2011/10/nicole-guiraud-der-maler-painter.html  ///  NG « Le Couple », GF « Sables » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/12/nicole-guiraud-das-muschelpaar-couple.html  /// NG « Bouteille à la mer »,  GF « Et je m’enivrerai de mers / et de morts » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2012/12/nicole-guiraud-flaschenpost-message-in.html

 

26/11/2013

CAMUS, L’ART et la REVOLTE, l’hommage d’Abd Al Malik…

THEATRE abd-al-malik.jpg

Spectacle « inspiré librement » de la lecture de L’Envers et l’Endroit d'Albert Camus, hommage musical d'Abd Al Malik,  Théâtre du Châtelet (soirée unique à Paris, le 16-12-2013 – après des représentations en province). "L'art et la révolte"... 


Présentation sur le site du Châtelet , extrait : « Le rappeur-poète Abd Al Malik part à la rencontre de l'oeuvre d’Albert Camus. De la poésie à l’état brut, de la philosophie mise en musique. / A l’image d’Albert Camus, Abd al Malik porte haut l’intelligence du texte et une pensée aigüe sur l’existence et sur la condition d’artiste. / Abd al Malik choisit de partir de nouvelles de
L’Envers et l’endroit, texte de jeunesse de Camus publié à Alger en 1937, que l’écrivain considère comme la source secrète qui a alimenté toute sa pensée. » 

ABD AL MALIK a présenté ce qu’il propose sur le site artemedia.fr : « Qu’y a-t- il de commun entre Albert Camus et moi-même ? Il n’y a aucune prétention dans la question que je me pose, mais plutôt une aspiration. Car j’ai toujours vu en Camus un idéal dans la manière d’être artiste, un élan dans la façon d’habiter l’écriture. J’ai surtout vu en lui, comme en moi, ce farouche besoin de représenter « son peuple », de représenter les siens et, par eux, de chercher inlassablement le moyen de se connecter à tous. C’est en ce sens que ce qui m’intéresse dans ce projet n’est pas de « parler » de son oeuvre (ou de lui-même finalement), mais de questionner les origines philosophiques de celle-ci. Je dirais même de questionner l’origine philosophique, et j’oserais presque dire spirituelle, de celle-ci. Et, de mon point de vue, comme il le dit lui-même d’ailleurs, tout s’origine (et quelque part se termine) dans cet ouvrage de jeunesse intitulé L’ Envers et l’endroit. La préface qu’il fait à la réédition de ce petit livre, vingt ans plus tard, a toujours été pour moi une sorte de feuille de route. Je dirais même une sorte de viatique dans ma quête, en tant qu’homme de mots, d’une certaine vérité artistique. » 

Vidéo ("Quand Abd Al Malik rencontre Albert Camus"). Extrait. Le spectacle d’Abd Al Malik présenté dans le sud (cf. Aix en mars 2013). Charles Berling parle de cette initiative: « Le postulat de départ je le trouve formidable. Cela rencontre l’universalité formidable d’Albert Camus » : http://www.youtube.com/watch?v=4PawEAjNMIc

.......Articles sur le spectacle........

Le Parisien, Abd Al malik slame Albert Camus , 13-03-2013 http://bit.ly/10Mhanx    (« Entre rap, rock et musique classique, Abd al Malik slame Albert Camus "son idéal, son grand frère des cités ». (…) «Je l'ai lu comme un grand frère de la cité qui était en train de me parler. On se rend compte avec son oeuvre que Camus, c'est un gars de chez nous. Il y parle de sa mère, le fait d'avoir été élevé seul par sa mère. Vous imaginez, toute suite ça faisait écho", explique l'artiste dont la photo de sa mère apparaît au lever de rideau.Le rappeur fait la rencontre d'Albert Camus à l'école. Il commence par L'Étranger qui le "bouleverse ". A la même époque, Régis Fayette-Mikano de son vrai nom, commence à faire du rap et "veut devenir artiste"."Camus disait en substance 'la culture m'a arrachée de ma condition'. Une phrase qui fait sens. J'ai vécu dans un milieu dur et ma passion pour la littérature a été une vraie fenêtre de sortie", raconte le slameur. »)

Le Monde, par Raphaëlle Rérolle, 07-11-2013, "Abd Al Malik : lame du rap": http://bit.ly/17UZgDL   CITATIONS : « Sans Camus, il n'y aurait pas Abd al Malik. » (dit de lui-même Abd Al Malik, qui a découvert Camus avec passion, jeune, et fait un lien entre cette découverte et son chemin vers l’écriture et la création). (…) « Autant dire que le rappeur occupe une position très particulière sur la scène musicale. « Un mec dans le hip-hop qui travaille sur les textes de Camus, les mômes ont un peu de mal à comprendre », s'amuse son copain Laurent Garnier, star de la musique électro et fan depuis des années. »  /  « C'est la littérature qui l'a sauvé, dit-il. Camus, précisément, venu à sa rescousse quand il avait 12 ans. ‘La lecture de L'Envers et l'Endroit a été un vrai bouleversement, raconte Abd al Malik : voilà un type qui venait d'une cité, comme moi, qui avait été élevé par une mère seule. Comme moi, il avait rencontré des enseignants qui croyaient en lui’ »

Dans Télérama du 09-03-2013, Gilles Rof  écrivait (extrait) : « L’art et la révolte, spectacle musical inspiré de ses textes, se veut un hommage du slameur à l’un de ses grands inspirateurs. »  / A la question sur l’origine de ce spectacle, il répond : « Catherine Camus, la fille d’Albert Camus, et Dominique Bluzet, le directeur du grand théâtre de Provence à Aix, souhaitaient une création autour de l’écrivain en 2013, dans le cadre de la Capitale de la culture, mais aussi du centenaire de sa naissance. Ils m’ont contacté pour me proposer de travailler autour du Premier homme… Moi, j’avais une autre idée. / Quand j’ai lu L’envers et l’endroit, je devais avoir 13 ans. Je commençais à m’intéresser au rap et ce livre a été une sorte de révélation. Avec cette préface que Camus a écrite 20 ans après la première édition du livre. Un texte où il fait le point sur lui, sur ses origines, sur ce que c’est que représenter les siens, être un écrivain, un artiste… Immédiatement, ces quelques pages sont devenues comme un viatique pour moi. Une feuille de route, que j’ai gardée jusqu’à maintenant. Ça correspondait à ce que je devais être en tant qu’artiste. »

...... ABD AL MALIK........

SITE officiel : http://www.abdalmalik.fr/  

Fiche wikipedia : http://bit.ly/fGSjoO

........ALBERT CAMUS.......le livre source et le thème du spectacle........

L’Envers et l’Endroit, note sur le site de la Société des Etudes camusiennes, par Paul Viallaneix : http://www.etudes-camusiennes.fr/wordpress/1937/03/09/lenvers-et-lendroit-1937/  (L’œuvre à laquelle se réfère Abd Al Malik – voir sa présentation – le  texte originel du livre et la préface ajoutée pour une réédition : pour Camus c’est effectivement une œuvre source, un centre). 

CAMUS, L’art de la révolteEmission sur France Culture, 22-09-2013, (Raphaël Enthoven). 59 minutes, document audio. En exergue (page de la radio), la lettre de René Char à Albert Camus, après la lecture de L’Homme révolté. Il dit son enthousiasme et son respect, remercie. Extrait : « Après avoir lu – et relu – votre Homme révolté j’ai cherché qui et quelle oeuvre de cet ordre – le plus essentiel – avait pouvoir d’approcher de vous et d’elle en ce temps ? Personne et aucune oeuvre. C’est avec un enthousiasme réfléchi que je vous dis cela. Ce n’est certes pas dans le carré blanc d’une lettre que le volume, les lignes et l’extraordinaire profonde surface de votre livre peuvent être résumés et proposés à autrui. D’abord j’ai admiré à quelle hauteur familière (qui ne vous met pas hors d’atteinte, et en vous faisant solidaire, vous expose à tous les coups) vous vous êtes placé pour dévider votre fil de foudre et de bon sens. Quel généreux courage ! quelle puissante et irréfutable intelligence tout au long ! » Suite sur le site de France Culture : http://bit.ly/1eyBtLl

25/05/2013

Lectures intégratives, et nouveau paradigme… Des liens…

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Découverte du blog d'Alain Gourhant...

Lectures intégratives… Des notes, des citations, des choix de lectures suggérées (auteurs, créateurs : art, intériorité, démarches de vie). Présentation et CITATIONS, espace "Création" : http://www.psychotherapie-integrative.com/creation.htm

Propos sur la poésie : http://www.alaingourhant.fr/propos-poesie.htm

Citations (poésie) : http://www.alaingourhant.fr/poesie-des-citations.htm

Notes sur la spiritualité : http://blog.psychotherapie-integrative.com/category/spiritualite/

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Site découvert par hasard, en cherchant des informations sur je ne sais plus quel auteur...