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17/05/2015

Regards d’artistes, regard sur des œuvres d’artistes : une exposition, galerie Mamia Bretesché...

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Je viens à peine de voir cette exposition, qui se terminait deux jours après...

De revoir, plutôt, car j’étais passée très vite une première fois, et je voulais retrouver ce qui m’avait accrochée dans l’instant. Car les dessins, les peintures, les créations plastiques, c’est tout de suite qu’on aime, ou pas, que le regard saisit ce qui va nous traverser, ou rester en surface, ne parler en rien, ou, au contraire, se faire langage intérieur, questions. La première œuvre que j’avais remarquée, d’abord, c’était une tête graphique, œuvre de Sofia Hijat. Cela faisait écho à des recherches que j’avais voulu mener (en enseignant la poésie visuelle, persuadée du fait que le graphisme est une voie de liberté : par les doigts passent des signes issus du corps, de l’inconscient du corps, et ce chemin fait accéder à un savoir secret, sa propre liberté). C’est là un langage si proche que j’y ai reconnu d’instinct d’où venait ce besoin de tracer de mots un visage, d’en emplir le cerveau...  Mais la force qu’elle y met, et le sens, cela est très particulier, s’intègre ici à un art personnel très maîtrisé. Poésie visuelle, peut-être (dans ma perception), si j’ai le goût d’y retrouver cela, et vision d’une corporéité qui m’enchante, car c’est le corps et la tête qui revendique une autonomie de pensée et de création. Et quelle force...  Cependant, se rapprochant, on déchiffre des lettres et des bribes de mots, lettres et syllabes arrachées au français et à l’arabe, questionnement sur la double culture, qui est, vue ainsi, bien plus qu’un croisement de savoirs. Cela devient une peau tissée de racines duelles, multiples quand on pense aux étymologies plurielles des langues. La peau c’est bien plus que l’intellect brut. Cela signifie (et je ne peux qu’adhérer à cela) que nos langues mêlées nous créent, sensuellement tout autant qu’intellectuellement (qu’on les maîtrise tout à fait ou qu’on en soit imprégné sans savoir les utiliser également dans tous les contextes). Langues désirantes. Mais aussi que nous portons en nous, physiquement et esthétiquement, les traces et souffrances héritées des mémoires séculaires d’où nous venons. Pour nous délivrer de ces douleurs ancrées dans le corps, et au contraire en saisir les messages de vitalité créative, de joie, il faut les tracer ensemble dans notre conscience et les œuvres, dire ce que ces corps d’identités multiples savent, et de quels messages riches ils sont porteurs. Ode au métissage, cette œuvre concerne tout le monde, car qui oserait se croire autre que métis ? (J’ai photographié aussi un fragment de près, de ce visage de mots, pour en montrer le tissage). De l’artiste il y avait d’autres œuvres, dont un autre visage, avec des surimpressions différentes, images entre rêve (ou cauchemar, suivant lecture) et réel projeté. Evidence d’une démarche qui appartient à une œuvre construite en lucidité.

Mais dans cette exposition j’ai aimé tout autant les deux autres artistes. Ils avaient tous en commun cette présence des lettres ou chiffres mêlés aux dessins ou peintures, dans des styles très différents.

Très émue par les œuvres de Mounir Gouri, qui demandent de rester longtemps à les « lire ». D’abord pour repérer les différents outils plastiques qu’il utilise : crayon du dessin, beaucoup, encre, gouache ou aquarelle, pour de minuscules taches d’orange-rouge (ou de pointes de rose sur une des créations, et un peu de bleu sur une autre). Une sorte de signature s’impose : fil de fer barbelé qui court, fin, soit pour emprisonner très légèrement un corps d’homme assis (un méditant ?), soit pour menacer des êtres qui sont là, au-dessous, soit pour suspendre des objets. Symboles nombreux, mais, aussi, discrets. Tout est d’une très grande finesse, subtil. Et c’est poignant. Car ce fil de petites pointes dures, posé là, et là, qui semble risquer de tout déchirer, marque un enfermement qui est une souffrance et qui est refusé. Chacun peut l’interpréter comme il le sent : questionnement métaphysique ou douleur sociale, réflexion idéologique, philosophique, ou interrogation intime. Je vois dans cette œuvre l’expression d’une connaissance du corps, de la conscience, de l’énergie (ce corps-conscience du tao chinois, ou ce corps mystique du soufi – ce qui revient d’ailleurs au même). J’ignore, n’ayant pas eu l’occasion de parler avec l’artiste, si lui-même sait ce qu’il montre, ou s’il le fait par prescience, s’il a, malgré lui, un savoir intuitif qui est antérieur à la prise de conscience. Mais c’est comme s’il dessinait les centres énergétiques du corps (le chakra de l’Inde, le  tan tien de la Chine...). Tourbillons crayonnés qui sortent du sommet de la tête, spirales ascendantes, ou du ventre, en avant. Des êtres sont là, parfois plusieurs, à côté les uns des autres, mais comme silencieux, parfois seuls, et entravés par ces fers à peine marqués mais si présents. Le fil de fer peut relier des corps solitaires, comme si la communication était atteinte par ce qui emprisonne. Et il peut suspendre, ou frôler de sa présence esquissée, des symboles, nombreux (posés là comme le seraient les mots d’un poème) : valises, sacs, clés, cœurs, ballons, minotaures... et fleur moucharabieh multipliée, rosée. La fleur apaise, dessine comme un bijou, adoucit la présence dure des minuscules pointes de fer : un peu d’espoir. (Est-ce hommage aux femmes, de la part de l’homme artiste, que faire de la fleur moucharabieh la messagère de cet espoir? J’aurais tendance à le croire. Ou un appel à ce qui, dans la culture, agit dans le quotidien pour donner de la douceur à la vie, refuge rassurant des objets traditionnels de la maison familiale?). Mon désir, sortant de là, aurait été de pouvoir partir avec un livre empli des reproductions de ces fines ciselures signifiantes, ces poèmes visuels en suspension... (Un éditeur, un jour, peut-être ?).

Et il y avait les tableaux d’Abdelkrim Tajiouti. Des œuvres au fond noir (pour des questions nécessaires et sombres...). Sur ce noir, des chiffres blancs, nombreux, parfois isolés, un 7 (un 2 ?),  parfois créant des nombres restreints ou infinis. Et, sur chaque tableau, un objet symbole de ce que la peinture dénonce. Chauve-souris (menace, dévoration, nuit, drone, peur ?), grenade porteuse de mort, signe de guerre, et arme. Les chiffres représenteraient autant les soldats ou terroristes que les victimes. Enfants soldats, aussi ? Chiffres infinis tant les morts s’accumulent depuis des siècles, et tant ils tombent, dans notre siècle à peine achevé, dans notre siècle à peine commencé... Chiffres ? J’y vois aussi l’argent des marchands d’armes, trafiquants d’un côté, vendeurs « légaux » de l’autre, pays, comme le nôtre qui est dans les premiers à faire voyager les instruments de mort... Comme les chiffres n’ont pas de signe distinctif (tueurs ou morts,  humains ou sommes) on peut y voir un sens : peu importent les morts pour les marchands, peu importent les droits humains pour le marché, légal ou mafieux. Ce sont des œuvres de colère, juste colère. On sent une obsession (plus que légitime pour qui refuse que la violence et la haine mènent les actions des hommes et régissent l’ambiance de nos vies). Refus intense de cette violence, décision de mettre en face toute la force de l’art, un art engagé s’il en est. On m’a dit (car je ne l’avais pas vu) qu’en décembre l’artiste avait exposé là - et cela était resté en janvier (œuvre tristement visionnaire pour Paris) un Kalachnikov, ce fusil d’assaut des bandits et des terroristes, mais le sien était en savon de Marseille. Idée géniale. Si les armes devenaient de simples statues à faire fondre dans l’eau, la mort s’éloignerait (celle qui vient du meurtre). L’arme en savon se transformerait en objet de purification, ou en jouet ridicule, car ridicule est ce goût de la mort et de la violence, ridicule à force de bêtise et de cruauté ignorante. C’est ce que ces œuvres  nous disent.

Le hasard m’a fait découvrir sur la Toile (croisement de rencontres) une artiste qui est présente aussi sur le site et dont les créations m’intéressent (quelque chose à voir avec l’art chorégraphique...) : Annabel Aoun Blanco. Raison de plus pour suggérer de chercher, sur le site de la galerie, au-delà de la page d’accueil (déjà ample) la rubrique où des pages sont consacrées à divers créateurs (il n’y a pas que ces quatre noms).  Ainsi j’ai repéré d’autres œuvres qui me touchent : le Don Quijote de Nasr-Eddine Bennacer et son cœur sur la main, cela ne peut que me parler... Comme ce que je revois de Samta Benyahia, qui a exposé aussi ici, et dont je connais bien l’œuvre. J’aime les photographies issues des vidéos de Yun Aiyoung, forme d’art aux possibilités troublantes, pour traduire un monde de fantasmagories, entrer dans le rêve. Yamou... On croit voir d’abord  une photographie... d’un univers étrange et beau, mais non : huile sur toile ! Et les fenêtres de Luis Moragon, dans la nuit, je ne peux qu’apprécier : cela rejoint chez moi une thématique obsessionnelle (mais heureuse), peut-être à cause de Baudelaire...  Et ceux qui iront fouiner dans ces pages en ligne feront d’autres découvertes, vers d’autres artistes, suivant leur univers intérieur (là c’est ce qui coïncide avec le mien...).

Donc... pour ce voyage (et en savoir plus sur les artistes dont je parle ci-dessus, ayant vu les œuvres, ou que j’évoque ensuite, ayant deviné ces œuvres, ainsi que la Toile les transmet), visiter le site, Galerie Mamia Bretesché  : http://www.mamiabreteschegallery.com/  

01/05/2015

POESIE VISUELLE, note introductive...

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Voici une introduction à la poésie visuelle... Mon regard, pour commencer, puis des citations issues de recherches universitaires, dont la lecture de ce qui est lisible en ligne est fort abordable (d'abord un essai de définition sur la poésie visuelle, comme forme poétique, ses sources, son évolution, puis  une thèse sur un poète visuel). De nombreux liens suivent (page BNF, textes, SITES - très beaux visuellement, livres, bibliographies, vidéo, film, PORTAILS de liens, répertoires... Etc.)     

Passionnantes approches, qui peuvent ouvrir une porte (des portes)  vers une étude approfondie et éclairante. Ceci peut concerner des passionnés, déjà intéressés et lecteurs "visuels", mais aussi être l'occasion d'une découverte aux promesses infinies, pour les autres. La poésie, qui peine souvent à se faire lire, est un domaine où se manifestent des tentatives de métamorphose de ce que peut être tant l'écriture que la lecture. Parfois cela va jusqu'à une conscience d'art total. Créer avec l'énergie vitale de tous ses sens, faire entrer le poème dans une chorégraphie, le geste dans le poème... Penser et vivre le regard créateur de poésie au même titre que la main qui trace des mots. Laisser dans l'image les mots se deviner, s'inventer. Provoquer, par des techniques diverses, dont la photographie, un graphisme sans lettres, ou lettres captées autrement. Faire du regard un acteur de poésie, au même titre que l'intellect qui use des mots, des alliances de sens. Traverser des limites. D'autant plus que les outils que nous avons actuellement nous donnent la possibilité de les transformer en stylos alternatifs et rejoindre, ainsi, l'art plastique, les arts visuels, les arts du geste, la danse... Etc.   

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« La poésie visuelle : essai de définition », par Vincent Foucaud , agrégé d’espagnol, recherche (thèse) sur la poésie visuelle.  (Archives ouvertes. HAL, document bilingue anglais-français). Pour une approche vraiment informée : https://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-00658808/document [ CITATIONS : « Elle est une forme de poésie expérimentale et se trouve par conséquent intimement liée à d’autres formes de poésies contemporaines comme la poésie sonore, la polypoésie, la typoésie, la poésie concrète, la cyberpoésie... » (...) «... Cette forme d’art ultra-contemporaine (en effet, les anthologies existantes citent toutes des poètes vivants) s’inscrit dans la très ancienne tradition de la poésie figurative que l’on fait remonter à l’Antiquité. » (...)  « Mais la poésie visuelle s’inspire aussi des multiples associations texte-image qui parsèment les arts visuels, depuis les hiéroglyphes égyptiens de l’Antiquité jusqu’aux tableaux de Miró qui intègrent des mots dans la peinture, comme dans l’oeuvre ‘Escargot femme fleur étoile’(1934). La poésie visuelle est donc née de traditions artistiques diverses et anciennes. Elle se présente pourtant comme une forme d’art inédite et novatrice.» (...) «... Nous essaierons de mettre en évidence les caractéristiques propres à la poésie visuelle. Pour cela, nous nous appuierons uniquement sur un corpus espagnol, plus précisément sur 235 poèmes composés par quelques 58 poètes visuels, tous cités dans l’ouvrage de Alfonso López Gradolí : ‘Poesía visual española (Antología incompleta)’(Madrid, Calambur, 2007» (...) «... Cette réflexion d’ordre méta-artistique était sous-tendue par un système multi-réflexif complexe de mises en scène du signifiant. » / « Ce qui frappe en premier lieu quand on s'intéresse aux poèmes visuels, c'est leur caractère ludique. » (...) «... Les poèmes visuels sont davantage caractérisés par une réflexion plus profonde sur la poésie elle-même, sur l'art en général et sur le statut du poète. » (...) « par sa forme hybride associant plusieurs sémiologies souvent issues de plusieurs disciplines artistiques, elle pose plus que jamais le problème des frontières entre les différents arts et celles entre l'art et la littérature. Cette caractéristique de la poésie visuelle a été mise en évidence par la poétesse visuelle Julia Otxoa qui parle de « ‘poesía visual como arte combinatoria.’ » (...) « Ce caractère combinatoire de la poésie visuelle pose parallèlement le problème du statut du poète visuel qui n'est plus jugé sur son style d'écriture ou sur sa manipulation des vers ou des rimes, mais bien sur sa virtuosité à composer les macro-signes que sont les poèmes visuels. Certes, le poète visuel reste un assembleur de signes, mais il ne s'agira plus d'associer dans un syntagme des signes linguistiques comme le fait le poète traditionnel, mais des signes linguistiques avec des signes iconiques. Ces signes iconiques se révèlent parfois être des images insérées par montage, sans que celles-ci soient modifiées par la main du poète. » (...) «... Cette forme d'art est constituée d'un enchâssement de réflexivités fondées sur plusieurs mises en scène simultanées du signifiant.» (...) « Ainsi, en conclusion, nous pouvons observer que la poésie visuelle est une forme transcendante d'art dans le sens où elle s'interroge sans cesse non seulement sur sa propre matière, mais aussi sur la notion d'art et plus généralement sur le langage. » (...) « Elle rappelle ainsi que la lecture est un acte tout aussi subjectif que l'écriture. »] TEXTE intégral sur le site, voir le lien ci-dessus...

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THESE de Marc Audi, 2011, Sorbonne et Barcelone. Sur la poésie visuelle de Joan Brossa (1919-1998). SEPT PAGES (passionnantes) de présentation de l’objet de la thèse, à lire là : http://www.paris-sorbonne.fr/IMG/pdf/AUDI_position.pdf [ CITATIONS :  « L’objet de cette thèse est de décrire, de mettre en contexte et d’analyser l’intégralité de la poésie visuelle de Joan Brossa, composée de 1941 à 1998, en très grande partie inédite à ce jour. Considéré comme l’une des personnalités majeures de la littérature et de l’art expérimentaux du XXe siècle en Catalogne et en Espagne, son oeuvre est un pivot entre les avant-gardes historiques – très riches dans les domaines catalan et espagnol. » (...) « Brossa mit au centre de ses recherches la poésie qu'il a appelé visuelle à partir de la fin des années 1950. C'est précisément dans ce domaine particulier que l'on peut lire, aujourd'hui, une partie de l'histoire des croisements entre l'art et la littérature des cinquante dernières années. » (...) « Ses liens avec le groupe madrilène El Paso dans les années 1950, les dialogues de la poésie visuelle de Brossa avec l’oeuvre plastique de Tàpies, Chillida ou Miró à partir des années 1960, sont quelques exemples d’un travail ouvert sur son temps. Outre ces collaborations, ’étude de la poésie visuelle fait apparaître le contexte comme un matériau en soi. La récupération, l’objet trouvé, le travail à partir de la presse, sont des techniques de composition que Brossa hérite du dadaïsme et du surréalisme, mais qu’il porte à un degré de pertinence extraordinaire, dans une Espagne et une Catalogne muselées. » (...) « Dès le début de nos recherches, le dépouillement des archives de poésie visuelle à la Fundació Joan Brossa de Barcelone a été une source d’émerveillement et de questionnement. Les originaux de plus de mille poèmes visuels y sont conservés, souvent organisés en recueils inédits, des séries de collages de matériaux de récupération, verbaux ou alphabétiques essentiellement. Nous avons conçu le projet d’en établir une recension intégrale » (...) « La première partie de cette étude est consacrée à la définition du concept de poésie visuelle en général. Celui-ci interroge les limites et la nature du genre poétique, auquel Brossa reproche son enfermement dans le domaine strictement littéraire. Si la poésie visuelle est un autre de la littérature, il faut donc déterminer en quoi, et selon quels principes. L'examen de la notion de poésie expérimentale s'avère nécessaire avant de parvenir à l'une de ses branches, la poésie visuelle. » (...) « Reprise probablement au poète italien Carlo Belloli, puis utilisée par de nombreux poètes expérimentaux dans toute l’Europe et en Amérique avec des variantes depuis les années 1950 – dont celui plus connu peut-être de poésie concrète –, la notion de poésie visuelle est restée fort vague. Elle désigne une poésie dont les enjeux formels et sémiotiques reposent fondamentalement sur l’image plutôt que sur le langage. L’héritage de l’oeuvre de Kurt Schwitters, qui fut avant tout poète, et du questionnement radical de Dada sur le langage et la signification y est très présent » (...) « Cependant dans le domaine littéraire, toujours dans le sillage de Dada, l’incessante exploration brossienne transforma la manière de concevoir, d’imprimer, de diffuser et de ‘lire’ les poèmes.» (...) « Les poèmes visuels sont donc des objets hybrides, sur la ligne de partage très poreuse au XXe siècle entre les domaines littéraire et plastique. » (...) « Ce sont des poèmes sans syntaxe, la plupart du temps sans texte, l’image n’y ayant pas de fonction illustrative. Une poésie qui compose des images non rhétoriques, des images au sens propre, représente un défi théorique pour la critique littéraire, » (...) «... Brossa propose une nouvelle perception du poème ainsi qu’une nouvelle façon de faire de la poésie qui répond à ce qui lui apparaît comme une insuffisance du texte. Le texte, pour Brossa, n’atteint l’imagination que de manière indirecte et médiate ; il faut solliciter d’autres sens, de nouvelles formes. Le bouleversement technique va de pair avec un renversement de l’attitude poétique : le poète-médium transcrivant des images rêvées cède le pas au poète visuel qui crée directement de nouvelles images. » (...) « La poésie visuelle dialogue alors avec la création proprement plastique. » (...) « Brossa baptise ses créations plastiques du nom de poésie visuelle. C’est un parler paradoxal dans la mesure où dans ses images le poète se tait tout en disant ceci est un poème. En quoi ces images sont-elles des poèmes ? La poésie naît ici des liens incessants que l’image entretient avec la lettre, mais aussi et surtout, des séries ordonnées d’images. » (...) « Les poèmes visuels s’inscrivent dans une syntaxe propre. » (...) « ... le hasard joue un rôle essentiel jusque dans la réflexion sur l’existence que Brossa a de plus en plus menée dans sa poésie littéraire. » (...) « La thèse comprend (...) une base de données comprenant plus de mille poèmes visuels. » (...) « ... utilité pour les archives de la Fundació Joan Brossa, qui viennent d’être transférées au Museu d’Art Contemporani de Barcelona (MACBA). » Page sur Joan Brossa (musée) : http://www.macba.cat/ca/brossa-joan

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Documentation BNF : http://data.bnf.fr/11959250/poesie_visuelle/

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TEXTES :

Jacques Donguy, « Poésie visuelle internationale », parcours : http://www.costis.org/x/donguy/poesie-visuelle-fr.htm

Poésie visuelle (« ‘l’interlangue’ de mon siècle »), par Gaëlle Theval, revue littéraire Trans : http://trans.revues.org/157

« Penser l’image, voir le texte », par Bettina Thiers , La vie des idées : http://www.laviedesidees.fr/Penser-l-image-voir-le-texte.html

« Le poème visuel », préface d’une anthologie, par Harry Polkinhorn, sur  le blog de Lucien Suel : http://academie23.blogspot.fr/2007/10/anthologie-posie-visuelle-harry.html

« La poésie visuelle », par Giovanni Pozzi , page Books google : http://bit.ly/1DIwI9b 

Artwiki. Poésie visuelle, texte : http://www.artwiki.fr/wakka.php?wiki=PoesieVisuelle

Jean-Jacques Thomas, « Essais sur la poésie française », éd. P.U. Lille, sur un livre de Pierre Garnier (« Spatialisme et poésie concrète », éd. Gallimard, 1960), page Books Google : http://bit.ly/1JGQwCd 

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SITES dédiés, œuvres, poètes visuels :

Xavier Dandoy de Casabianca : http://xddc.org/index.html

Démosthène Agrafiotis : http://dagrafiotis.com/?cat=8&lang=fr

Hortense Gauthier : http://des-plis-et.com/tag/poesie-visuelle/

Ratures, SITE (collectif) d’expression poétique (Grenoble): http://ratures.over-blog.fr/album-1299672.html

Poésie cybernétique, scriptpoèmes, photographies  d’Antero De Alda, et ANTHOLOGIE de poésie visuelle : http://www.anterodealda.com/p_visuelle.htm

Collection de poésie visuelle et sonore, site de poésie Tapin : http://tapin2.org/

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LIEUX, événements :

Galerie 13 (et liens): http://poesievisuelletreizegalerie.blogspot.fr/

Galerie nomade, librairie, livres d’artistes : http://artistesdulivre.com 

Association PAGES, promotion du livre d’artistes : http://www.pages-paris.com

Librairie Nicaise : http://www.nicaise.com

Biennale de poésie visuelle et Festival « Poètes pour la paix » (avec  trois ONG : ‘Poetas del mundo’, ‘100 thousand poets for change’ et ‘World poetry movement’ : http://www.lr2l.fr/acteur/biennale-de-poesie-visuelle-ille-sur-tet.html

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LIVRES :

« Typoèmes », livre de Jérôme Peignot (typographie et poésie visuelle), éd. du Seuil : http://jeromepeignot.free.fr/2004-peignot-typoemes/2004-00.html

LIVRE, de Julien Blaine, « Cours minimal sur la poésie contemporaine » (quelques clés sur la poésie), éd. Al Dante : http://al-dante.org/poesie/blaine-julien-cours-minimal-sur-la-poesie-contemporaine/ 

Et citation (le « descriptif ») sur Cultura : http://bit.ly/1FDPXa0 

Plus... BIBLIOGRAPHIE, tag ‘poésie visuelle’ (dont plusieurs ouvrages de Julien Blaine), éd. Al Dante : http://al-dante.org/shop-4/product-tag/poesie-visuelle/

Bibliographie, Médiathèque de Paris : http://bit.ly/1dBKfKQ 

Ilse Garnier, « Jazz pour les yeux / Anthologie de poésie spatiale, éds. « L’herbe qui tremble » : http://www.lherbequitremble.fr/catalogue-Garnier.html

Pierre Garnier, « Manifeste pour une poésie nouvelle, visuelle et phonique », éd Silvaire (fonds cédé aux Eds du Rocher). / Texte sur Pierre Garnier (Célébration) , par  François Huglo, sur Sitaudis : http://www.sitaudis.fr/Celebrations/pierre-garnier-un-agitateur.php

« Visuelle poésie », éd. Reclam Phillip. Sur Decitre : http://bit.ly/1zl8czz 

BIBLIOGRAPHIE, BNF, le livre d’artiste, PDF : http://www.bnf.fr/documents/biblio_livre_artiste.pdf

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DOSSIER: « Avant-gardes poétiques et littérature numérique » : http://www.olats.org/livresetudes/basiques/litteraturenumerique/5_basiquesLN.php

ETUDE  et  reproductions, « Des signes dans l’espace », sur Recours au poème : http://www.recoursaupoeme.fr/essais/des-signes-dans-l%E2%80%99espace/lucien-wasselin

ENTRETIEN avec Philippe Castellin, par Alexandre Gherban, sur Poezibao. « La poésie est sans épithète » (ou les cloisons qui sont des leurres...) : http://bit.ly/1ECFf1o

PUZZLE d’écrits de 1 à 11 (au 29-04-15), par Camille de Toledo, « Manifeste d’un art potentiel » (pour situer la question de la poésie visuelle dans le contexte général de la création contemporaine, XXI è siècle), Remue-net : http://remue.net/spip.php?article7235   (en marge le sommaire de l’ensemble)

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SOMMES...

« L’œil littéraire. La vision comme opérateur scriptural », collectif, P.U. Rennes. Etudes réunies par Paul Dirkx : http://artsetmondesocial.blogspot.fr/2015/03/lil-litteraire-la-vision-comme.html

« Anthologie du graphisme », éds Pyramid : http://pyramyd-editions.com/anthologie-du-graphisme/

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Cédérom, Académie de Grenoble, « Créations poétiques au XXème siècle », site de Créteil : http://bit.ly/1ECGsFV 

Effets spéciaux et poésie visuelle, Jean-Marie Marbach. VIDEO  : http://www.jm-marbach.net/

FILM, documentaire de Claudio Francia, « De la poésie visuelle à l’Art total », Yadé films : http://www.lussasdoc.org/film-de_la_poesie_visuelle_a_l_a... 

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PORTAIL :

Répertoire de poésie (portail, nombreux sites) : http://repertoiredepoesie.free.fr/ecriture-online.htm#editeursonline

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IMAGES Google. Poésie visuelle : http://bit.ly/1GDr7Ty 

Poésie visuelle contemporaine. IMAGES Google (des images communes, et quelques images présentes sur une page et pas sur l’autre...)  : http://bit.ly/1zAwNku 

Images google, livres d'artistes : http://bit.ly/1Y2rK5u

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PAGES wikipedia (pour certains liens, certaines références) :

Poésie visuelle : http://fr.wikipedia.org/wiki/Po%C3%A9sie_visuelle

Poésie graphique : http://fr.wikipedia.org/wiki/Po%C3%A9sie_graphique

Calligramme : http://fr.wikipedia.org/wiki/Calligramme

Livre d'artiste : https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_d%27artiste 

30/04/2015

« Petit-fils d’Algérie », BD, avril 2015

BD Petit-fils d'Algérie.jpg

 

 

 

 

Album de Joël Alessandra (scénario, dessin, couleurs), éd. Casterman, coll. Univers d’auteurs.

 

 

 

 

 

 

 

Critique, par David Taugis, sur actuabd.com. Intéressante, parce qu’elle met l’accent, dans l’origine de cette famille, dont l’histoire est donc comptée par le « petit-fils », dessinateur bédéiste,  sur le premier exil de ces Italiens. Immigrés : Français... après.

...Rappel important du fait migratoire dans la constitution de ce « peuple » de Pieds-Noirs, communauté majoritairement issue de l’immigration méditerranéenne. (Et qu’on a tendance à transformer en  « colons » venus de France, à les assimiler à eux, ou aux descendants des soldats colonisateurs... Non. Ils n’étaient même pas des Français, alors, eux. Ensuite, ils ont eu le tort de se laisser piéger par un mélange entre l’ancrage algérien - l’amour de cette terre - et la construction mensongère - élaborée par le pouvoir français, sa propagande - d’une identité qui devait se confondre avec l’acceptation d’un statut et d’une citoyenneté inégalitaires. Tous n’étaient pas dupes, mais beaucoup, car un système dans lequel on baigne nous imprègne. Et que la population, en France métropolitaine, globalement, l’appuyait). Citations : « Découverte poignante de Constantine par ce fils de Pieds-noirs italiens qu’est Joël Alessandra. Où il reconstruit son passé autant que des morceaux d’histoire d’Algérie. » (...) « Il se penche non seulement sur l’histoire de tous les Pieds-noirs, mais aussi sur l’évolution de l’Algérie, sa mémoire, ses blessures dues aux années terribles des attentats durant les années 1990. » / « Dans ’Petit-fils d’Algérie’, le sentiment de réconciliation et d’apaisement nous ramène au ‘Portugal’de Pedrosa. Une porte à nouveau ouverte vers le passé, et un chemin de mémoire éclairé pour les générations suivantes. ».

....Oui, il fallait insister aussi sur cet aspect : « réconciliation et apaisement ». Les générations qui suivent les temps des conflits et des violences peuvent avoir, réciproquement, un regard qui se défait des ombres et des peurs, mais garde les proximités. Dans la guerre d’Algérie (guerre d’indépendance), il y avait, d’une part, un peuple qui voulait ne plus dépendre d’une identité captive et se libérer de ce joug, et, d’autre part, un pouvoir colonisateur, avec son armée et ses fantasmes de puissance, en France métropolitaine. Au milieu, les Pieds-Noirs qui n’étaient ni l’un ni l’autre (mais dont certains choisirent d’être acteurs de cette libération nationale, et d’autres de tout faire pour ne pas perdre ce qu’ils considéraient comme leur patrie, mais française, notamment en se faisant manipuler par des stratèges suicidaires, cf. oas métro – comme on dit). Il est temps de mettre de côté les jugements (sur les uns et les autres) et de prendre en compte, surtout, ce sentiment, non-dit, pour des Pieds-Noirs, de se retrouver dans l’horreur d’une sorte de guerre civile. On voit mourir les uns et les autres, voisins et lointains (au sens littéral et au sens métaphorique). Exil sur exil : il y a de quoi perdre le sens des racines, et de quoi, chez ceux qui suivent, de tenter de le retrouver. ...Quand on lit cet album, on sait qu’on peut remplacer « Italiens » par « Espagnols », « Maltais », « Gitans », « Arméniens », etc. et repérer les mêmes schémas. Ainsi les BD des fils et petit-fils de Pieds-Noirs tiendront le rôle d’une salle de Musée de l’immigration... ! (Inexistante... elle). Migrations, errances... exils. Est-ce drame ou chance ? Un sens est à déchiffrer, à mon avis. Le résultat, aussi : métissage d’âme, qui peut ouvrir - et ouvre - les lignées à une acceptation de l’Autre, au goût des langues, au refus du racisme. Terrien, n’est-ce pas suffisant ? (Remarque récente d’un Pieds- Noirs arrivé en France très jeune adolescent – je mets PN avec ‘s’ car on a deux pieds, même si on est ‘un’). Lire l’article intégral de David Taugis, actuabd.com: http://www.actuabd.com/Petit-fils-d-Algerie-Par-Joel 

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Critique sur 9èmeart.fr. Par Alfro ... Moins bonne  critique, car partiale, et peu cohérente. Bizarrement, déjà, le site (dédié à la BD...) reproche à l’auteur son expression par la... BD (car, dit l’auteur de la page, c’est ainsi moins convaincant qu’un reportage... !). Ce qui est ignorer tout le courant de la BD qui crée en ayant comme supports des autobiographies, biographies, enquêtes, reportages,  voyages, récits historiques. Ensuite, le parti pris est flagrant. Alfro (pseudo…) sur 9emart.fr, donc, continue en exprimant son malaise. Comme le retour de ce petit-fils de Pieds-Noirs se fait dans l’harmonie, que ce qu’il apprend de la vie de sa famille en Algérie ne peut être que créateur de lien (au singulier, sens fort) avec les Algériens qu’il rencontre, la ville, la mémoire familiale, un ancrage dans cette part de son identité hérité. Comment... ???!!! Des Pieds-Noirs qui ne correspondent pas aux clichés construits par la métropole, une parole paisible avec les Algériens, du dialogue ??? Non, Alfro ne supporte pas ça. Donc il déclare que c’est « bâtard » comme point de vue. Il soupçonne de « l’angélisation », trouve que la violence de l’OAS et du FLN n’est pas assez présente... Sauf que l’auteur n’est pas venu pour ressasser la guerre et se vautrer dans les émotions négatives : il est venu (par accident au départ, une invitation qui se transforme) avec l’intention de profiter de ce voyage pour faire un pont entre lui et ceux dont il descend, un pont entre celui qui méconnaissait sa part algérienne et cette part enfouie, un pont entre lui et les êtres de l’Algérie vivante actuelle. Pour comprendre d’où il vient en partie. C’est juste... ce qu’il fallait faire. Et tant mieux si c’est de la BD. Cela complète une « collection » d’œuvres qui finissent par réaliser un portrait nuancé d’une communauté. (Les Pieds-Noirs et leur « algérianité » complexe, triste et joyeuse à la fois : triste par l’exil, joyeuse par la conscience d’une culture qui ne peut se perdre complètement, car elle se glisse dans les interstices de la mémoire transmise, même insuffisamment.  Et que, si la métropole a tendance à la jeter aux orties, cette mémoire, il y a aussi, justement, des consciences qui portent un autre regard, comme des éditeurs de BD...  Et il y a, c’est essentiel, une proximité avec les natifs de l’autre rive, par cette algérianité commune que même les descendants retrouvent quand ils franchissent la mer, ou sans la franchir encore, dans leurs rencontres d’autres exilés, sur cette rive.).   Ce texte critique décevant, par ces deux faiblesses importantes, donc, est à lire ici (il a quand même le mérite d’en parler, ce qui est déjà beaucoup). LIEN, 9emeart.fr : http://www.9emeart.fr/post/critique/franco-belge/petit-fils-d-algerie-la-critique-3882

Autres BD,  même thématique 

Jacques Ferrandez (particulièrement « Fils du Sud » dans « Carnets d’Orient ») et « L’Hôte » puis « L’Etranger » de Camus (voir TAGS à son nom, pour notes) : http://www.bedetheque.com/auteur-877-BD-Ferrandez-Jacques... 

« L’Algérie c’est beau comme l’Amérique », d’Olivia Burton et Mahi Grand http://steinkis.com/l-alg-eacute-rie-c-est-beau-comme-l-a... 

« Là-bas », de Tronchet-Sibran, éd Dupuis  http://www.dupuis.com/la-bas/bd/la-bas-la-bas/2870 

« Le chat du rabbin », de Joann Sfar https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Chat_du_rabbin

« Pierrot de Bab El Oued », éd Limage, Alger, de Sid Ali Melouah. Bio sur ActuaBD http://www.actuabd.com/Deces-du-dessinateur-algerien-Sid-... 

Hommage sur Femmes en action (forum). Sid Ali Melouah : http://femmesenaction.forumactif.fr/t644-deces-du-dessina...

Zoom sur la BD algérienne, sur ToutenBD, 2004 : http://www.toutenbd.com/dossiers/article/zoom-sur-la-bd-a...  

La BD algérienne à travers une expo (avril 2016) : http://www.lecourrierdelatlas.com/1115006042016-Caractere... 

...... BIBLIOGRAPHIE thématique, ALGÉRIE, guerre d’Algérie. Sélection de BD... http://www.bdfugue.com/bd/selections/independance-algerie

...... Voir aussi… Algérie, guerre d’Algérie, mémoire, livres Jeunesse… note. Un livre, et une bibliographie : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2016/02/29/un...

29/04/2015

Jean-Paul Gaultier, exposition au Grand Palais, Paris, du 1er avril au 3 août 2015.

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 Une exposition qui donne de la joie. Malgré les drames de l'actualité, la vie nous rattrape, forte.  

Quand on arrive dans les salles de l'exposition, la surprise est vite présente. On ne savait pas à quoi s'attendre vraiment, même en ayant lu des articles, vu des pages sur la Toile. Des visages mobiles qui se mettent à parler... mystère de la technique : on est retenu, comme hypnotisé... Impression de percevoir l'amour que l'artiste exprime pour les gens à travers ce qu'il crée. Se déploie un théâtre des corps heureux (divers mais heureux). D'une nudité naturelle, légère, esquissée, pudique à force d'être si évidente. On comprend mieux le rôle des vêtements, vus dans des clips musicaux qu'on reconnaît. Ces défilés si lointains, si étrangers à mon univers, d'habitude, je me rends compte, en fait, qu'ils ont glissé dans ma culture du quotidien, que Jean-Paul Gautier a fait déborder la mode hors de la mode, comme il a fait entrer sa culture du quotidien dans un art qui le transcende, le métamorphose. Même les flacons de parfum, qui me paraissaient si bizarres, prennent sens. La clé en est donnée par le petit ourson du premier geste créatif, l'objet d'enfance qui fut et reste le témoin d'une vocation, d'un appel. C'est émouvant de voir la trace d'une naissance à la création. C'est cela déjà qui procure de la joie, cette entrée sans effraction dans cette genèse : l'élaboration d'un monde intérieur, où on voit comment il se construit en découvrant sa voie. Ensuite on ne peut qu'éprouver de l'enthousiasme devant tant d'inventivité, de liberté.

J'ai pris quatre photographies, dont les trois posées là, et une que je garde pour une autre lecture...

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Présentation, site du Grand Palais : http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/jean-paul-gaultier :   [ Citations (description) : « L’exposition présente des pièces inédites du créateur (haute couture et prêt-à-porter), créées entre 1970 et 2013. Elles sont accompagnées de croquis, archives, costumes de scène, extraits de films, de défilés, de concerts, de vidéoclips, de spectacles de danse et d’émissions télévisées » (...) « Cette exposition est réalisée par le Musée des beaux-arts de Montréal avec la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, et la collaboration de la Maison Jean Paul Gaultier, Paris. »]...

Exponaute : http://www.exponaute.com/expositions/8894-la-planete-mode...

Diaporama, sur timeout.fr (visible quand la souris passe sur la photographie...) : http://www.timeout.fr/paris/art/exposition-jean-paul-gaul...  

26/04/2012

BD. LOMAX, Collecteurs de Folk Songs

lomax,collecteurs de folk song,b.d.,bande dessinée,arts visuels,amérique,frantz duchazeau,alan lomax,musique,culture,bulles zik,albumsCréation graphique et récit (authentique) de Frantz Duchazeau, éd. Dargaud, 2011. Oeuvre intéressante : luttes raciales de l'Amérique, en 1933, états du Sud, et créativité musicale des Noirs. Voix et messages... Le dessin rend la force des présences.

Cet album fait partie des 10 ouvrages sélectionnés pour le prix Bulles ZIK 2012 (prix participatif), qui sera remis le 10 juin pour la clôture du festival (BD et musique).  

Critiques (citations élogieuses), précisions et liens, ALBUM LOMAX : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/bandes-dessinees/4213014281.html