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07/04/2019

ALGÉRIE. Revue de presse...

algérie,algériens,bouteflika,idéologie,presse algérienne,laïcité,fondamentalisme,religion,islam,femmes,liberté-algérie,algérie focus,el watan,le matin d’algérie,huffpost maghreb,observalgérie,couleurs d’algérie,abdelkhalek labbize,algérie penser librement,forum france-algérie,les algériennes,femmes insoumises dzJe reprends ici une sélection de mes lectures, depuis la note du mois dernier. Des articles que j’ai d’abord partagés sur mon mur Facebook, et par Messenger, et autour desquels des échanges se font, dont certains en messages (MP). Je vois souvent certains amis algériens les partager à leur tour (c’est ma contribution indirecte…), et réciproquement j’en partage des leurs. Quelques semaines où, comme je le dis dans la note d’hier, beaucoup de choses ont évolué. Des victoires, des avancées heureuses. Mais aussi des crispations qui révèlent un peu plus les fractures qu’on connaît déjà. En Algérie, quand on veut résumer, on peut dire qu’il y a une faille entre ceux qui aiment Kamel Daoud et les chroniqueurs critiques (bien plus nombreux à les apprécier que les autres ne le disent...) et ceux qui ont une aversion pour ces auteurs (en général à cause de leur conception laïque de la spiritualité - qu’ils soient croyants, agnostiques, ou  athées). Dans les réactions de rejet le mot ‘islamophobie' est vite sorti, ce concept qui cible le plus souvent la critique des idées (car la musulmanophobie n’a rien à voir avec ça). Et suivent les injures (‘traîtres’ pour les auteurs haïs, ou ‘racistes’ pour ceux qui ne sont ni musulmans ni Algériens…). J’ai lu récemment un post d’un internaute algérien (que je ne peux partager, même s’il était public, car il n’est pas en ligne ailleurs) où l’auteur, exaspéré par ces attaques injustes, et pour avoir réfléchi souvent à ces questions, résumait son point de vue avec cette formule, en titre : 'L’islamophobie : une invention des ténébreux’ (c’est-à-dire des islamistes). Et il commentait en rappelant que, si le mot est attesté bien avant cette instrumentalisation, son utilisation actuelle est leur création. 
 
Donc, lectures… ARTICLES dans l’ordre chronologique des parutions.
Sources algériennes, surtout, mais expression sur les deux rives, presse algérienne ou française. Et analyses extérieures aussi.
 
09-03-19, Kamel Daoud, Le Point. En ligne, seul le début est lisible, mais le lire, pour le regard de l'auteur sur ce qui se produit en Algérie (en accord avec ses intuitions antérieures), "La renaissance du corps algérien"… https://bit.ly/2Z4EuOg
 
"Derrière chaque voile, 3000 ans de haine envers la femme qui nous regarde" - Site "Socialisme libertaire"… Par Mohamed Kacimi, 10-03-19. L'auteur va rechercher dans les racines historiques des religions monothéistes - et des cultures qui sont le contexte de leur élaboration - les sources de cette injonction du voilement. Et le sens est celui de la volonté de soumettre la femme considérée comme inférieure aux hommes... https://bit.ly/2Ijgd17
 
Analyse d'Amin Zaoui, "Les deux mots qui fâchent les Algériens", Liberté Algérie14-03-19.
Citation : "La régionalisation et la laïcité, deux mots qui fâchent l’Algérie entière ou presque. Deux mots qui sèment l’animosité chez les Algériens, du moins la plupart. Un état mental sociétal qui surpasse l’appartenance à un tel groupe social ! Et pourtant ces deux mots, ces deux concepts demeurent, à mon sens, une clé parmi d’autres capable de répondre à un grand lot de nos problèmes modernes. Dans le sens philosophique de ces deux mots résident quelques réponses aux échecs qui gangrènent notre société, aux agacements à caractère socioéconomique et aux contrariétés à caractères religieux-identitaires. Mais pour approprier ces deux mots qui fâchent les Algériens, il faut une classe politique propre et courageuse et une intelligentsia visionnaire, critique et rationnelle."… https://bit.ly/2uV42iZ
 
"En Algérie, la longue marche de la société civile", The Conversation, 14-03-19. Par E. Matteudi, M. Péricard, avec Arab Irazouken (interviewé).
Sur le mouvement de révolte, qui n'est pas apparu spontanément mais est le résultat d'années d'implications associatives, d'initiatives culturelles de toutes sortes. Mais... "La ligne de crête est fragile entre une société civile qui a investi l'espace public, pacifique et rassemblée, et les écueils de part et d'autre de la violence ou du fondamentalisme toujours à l'affût."… https://bit.ly/2TGDW2l
Par Fiona Moghaddam. 
"Une contestation affranchie de tout parti",
France Culture, 15-03-19."
Une contestation qui
s'est construite sans les partis d'opposition."
(...) "En Algérie, l'opposition
est muselée, censurée, interdite dans les médias
publics. Les paroles qui ne seraient pas en accord
avec le discours officiel sont bannies des radios
et télévisions publiques."
https://bit.ly/2ColLni
"Le 'pouvoir' est aussi loin d’être une structure 
de clans
plaquée comme un corps étranger sur la
société." (…)
"Le ‘pouvoir' et la société
entretiennent un commerce étroit".

Par Jean-Pierre Peyroulou,
Esprit, 15-03-19
https://bit.ly/2YZGvv5
"Les Émirats arabes unis, le coffre fort du pouvoir 
algérien
", MondAfrique, par Nicolas Beau, 22-03-19.
Émirats qui rêvent d’un pouvoir fort en Algérie
et abritent les fortunes du clan. (Fuite des capitaux)… 
Voir aussi l'analyse du MondAfrique sur les
"sombres desseins" des Émiratis et Saoudiens(au 07-04).
https://bit.ly/2TRTG2l

"Écroué parce qu’il s’était opposé au cinquième mandat /
Qu’attend-on pour libérer Hadj Ghermoul ?!
".

Algérie Focus, 28-03-19. Il est prisonnier depuis
le 29 janvier pour ce qui a mis toute l’Algérie
dans la rue. On l’a accusé d’outrage, ses camarades
disent que la raison est son opposition au 5ème mandat…
https://bit.ly/2G3Ln9N
"Pourquoi l’Algérie ne sera pas islamiste !", 
El Watan, 28-03-19.
Par Meriem Khelifi, sociolinguiste
spécialiste du discours religieux.
Texte précieux, qui
montre que le traumatisme de la décennie noire est
souterrainement dans les mémoires collectives, dans une
sorte "d'habitus social" (concept de Vincent Cespedes).
L'analyse nuancée distingue les islamistes politiques
(dont elle pense qu'ils ne peuvent représenter un danger,
le contexte géopolitique et la période étant différents).
Mais elle considère cependant qu'un "islamisme' culturel"...
"interpelle". Rigorisme religieux, voilement...
Malgré la "salafisation du rapport au religieux",
qu'elle note, une "dynamique de résistance" et la
créativité populaire "protègent des dérives", et aussi
"la capacité d'une critique
de la religiosité"…
https://bit.ly/2OZZOjp
"Vague d’indignation après l’agression du 
'carré féministe',ce vendredi :
la démocratie se fera avec les femmes
ou ne se fera pas !
".

El Watan, 31-03-19, par Mustapha Benfodil.
Agression verbale et physique. ("Nous avons subi
la haine et la rage de manifestants"), avec, comme
argument que "ce n’est pas le moment" (d’exprimer
des revendications au sujet des droits des femmes,
les féministes pensant qu’au contraire c’est essentiel)… 
https://bit.ly/2WU88nt
"L’Algérie sera fédérale et laïque, ou ne sera pas",
Marianne, 02-04-19. Chronique de Karim Akouche,
écrivain,
qui définit un plan en six points pour
établir une démocratie
algérienne laïque. Donc…
Libérer la femme, l’histoire,
choisir la laïcité -
État coupé de la religion, supprimer
la hiérarchisation
des langues, rompre avec l’ethnicisme
régional
et le blocage des tabous, élaborer une Algérie

plurielle et laïque. Il insiste sur la nécessité d’une
révolution double - "institutionnelle et
civilisationnelle,
juridique et culturelle".
Il espère une rupture radicale avec

les formes du passé...
https://bit.ly/2Im8pMb
"Bouteflika démissionne" / "L'as de pique ne piquera plus", par Hebib Khalil, Le Matin d'Algérie, 02-04-19. Mais ce n'est pas fini... Il évoque la liste qu'il faudra faire de ceux qui devront partir et rendre des comptes. Et il résume ainsi le constat en voyant en Bouteflika 'l'as de pique'. Restent rois et valets à éliminer aussi. et... Citation : "Ce qui est sûr, est que le départ de Bouteflika n'est que le début d'une lutte contre ce qu'a semé son régime mafieux en graines du mal, en poison et en bombes à retardement. Il faut désamorcer le pays, le cultiver, le faire fleurir pour que les générations futures puissent vivre enfin le rêve de l'indépendance."… https://bit.ly/2IjqE4Q
Une chronique de Yassine Temlali, sur son blog 
hébergé par HuffpostMaghreb
"La révolution nous rend-elle meilleurs? Gare à l’autoglorification !"
C’est u
n exercice de lucidité, appliqué ici à l'actualité algérienne, mais
d'une pertinence qui concerne bien au-delà. Ou comment penser
le rapport à l'engagement et au politique (au politique, pas 'à la’),
02-04-19
https://bit.ly/2IkfXPj
Par Daikha Dridi,journaliste-reporter, blog hébergé par HuffpostMaghreb, chronique, 02-04-19.
"Comment une nation qui a eu honte du 5e mandat n’a-t-elle pas honte de traiter ses femmes comme des sous-citoyennes ?"
(Dans son texte elle précise que cette phrase n’est pas une accusation mais un programme, car les
Algériens ont commencé à parler de tout, et doivent continuer et tout aborder, aidant même par le dialogue ceux qui n’ont pas la même perception qu’eux de ce qu’il faut faire).
Citations : "Une ligne de fracture est apparue parmi les intervenantes entre celles qui pensent qu’il faut se battre ici et maintenant pour l’égalité totale et celles qui estiment que “ce n’est pas le moment" (...) "Les agressions contre les manifestantes féministes ont provoqué une onde de choc parmi les femmes et les hommes qui considèrent le combat pour l’égalité comme une priorité." (...) "Mais ces agressions, ne l’oublions pas, ont également suscité un véritable élan de solidarité envers les militantes qui ont été prises à partie et insultées."… https://bit.ly/2UoCuBH
 
Kamel Daoud, après la démission de Bouteflika,
"Nous pouvons enfin décider de choses, le pays nous appartient",
France-Inter, 03-04-2019. L'écrivain s'est beaucoup exprimé
pour soutenir l'élan de ce mouvement, et il est très suivi
sur son mur Facebook, très commenté. Beaucoup de ceux qui
le suivent le remercient, pour ses analyses et prises de position,
conscients que son engagement, pour dénoncer les dérives d'un
système rejeté, a certainement joué un rôle dans les prises
de conscience et le courage de dire, qui a toujours
été le sien, malgré des menaces. Il participe d'ailleurs aux
marches à Oran. Il exprime sa joie, mais dans ses posts il fait
aussi un travail de veilleur, mettant en garde contre les pièges
et les dérives. Sachant que le pouvoir et ses alliés
(privilégiés et compromis) résistera…
https://bit.ly/2I91978
"Bouteflika de la sacralisation à l’humiliation", 
Le Matin d’Algérie, Par Tawfiq Belfadel, 03-04-19
Il rend compte dans cette chronique du bouleversement
total créé par les manifestations. Inversion totale
des conditions et perceptions.Les masques tombent,
et le peuple algérien apparaît dans sa vérité positive,
loin des clichés. Et l'humiliation change de camp.
La honte est pour le pouvoir, le clan corrompu…
https://bit.ly/2Garsra
"L'après Bouteflika c’est maintenant",
par Philippe Martinat, Le Parisien, 04-04-19.
Citation :
"L'incertitude sur la suite et la transition
à venir est totale."…
https://bit.ly/2D2xQ1K
Entretien avec Nadia Tazi,  philosophe. Marianne, 05-04-19.
 "Agression transphobe de Julia" (c'était en marge d'une manif de la diaspora algérienne à Paris).
(D'elle, ce livre, "Le genre intraitable : politiques de la virilité dans le monde musulman").
 Citation : "Dès qu’il s’agit d’islam, l’embarras est palpable à gauche" (Elle en donne une explication : s’opposer à ‘l’islamophobie’ des Le Pen et autres. Mais elle rappelle aussi la proximité des positions sur la femme et les homosexuels, entre les populistes et les islamistes). … https://bit.ly/2uRhK6B
 
"En Algérie, la révolution des artistes-monde". France-Culture, 05-04-19.
Mention d'un "frémissement artistique libérateur" qui annonçait des changements depuis quelques années, avec des "signaux d’une résistance par l’art". Wassyla Tamzali, créatrice des "ateliers sauvages" a trouvé un nom pour ces créateurs contemporains : les "artistes monde" (expression venue de la littérature). Melissa Ziad, la danseuse dont la photographie est célèbre, dit ceci : "Une alternative au système dominant peut s’exprimer par la créativité artistique et amorcer une révolution des modes de pensée."… https://bit.ly/2WVGyWW
 
"Révolution joyeuse en Algérie : des jeunes filles lynchées à Alger". Par Pica Ouazi, 06-04-19, ObservAlgérie. Cette agression s’est passée à la fin de la manifestation du 5. Les agresseurs étaient apparemment drogués et dans un état de furie, au point que les témoins n'ont rien pu faire (les jeunes filles ont témoigné et des pages féministes en ont parlé). Ce fait (pas isolé, mais plus violent que d’autres) semble être une conséquence de l’appel au lynchage posé (vidéo ensuite retirée mais partagée) par un internaute algérien vivant à Londres (et qui a été interpellé) : il visait les femmes revendiquant des droits. Mais l’article précise aussi que la Toile a été le lieu d’une "campagne des 'islamo-conservateurs' contre la présence des femmes dans la rue". D’autres incidents sont signalés aussi. Des liens intégrés à l’article permettent de situer tout le contexte… https://bit.ly/2UHrr62
 
"En Algérie, le risque du naufrage économique", par Karim Kebir, correspondant du JDD à Alger. Le JDD (Journal du Dimanche), le 07-04-19. Chasser les corrupteurs et profiteurs ne suffira pas à relancer l’économie si une relance n’est pas provoquée par la diversification et pour lutter contre la dépendance aux hydrocarbures. L’article n’est pas lisible en ligne (sauf le début), mais l’auteur parle de la menace du ‘syndrome vénézuélien’ (pour les mêmes raisons). Il cite notamment un expert économique, Ferhat Aït Ali, inquiet… https://bit.ly/2YYvEBJ
 
O7-04-19. MondAfrique.
Très important article, une connaissance fine du contexte géopolitique...
"Les sombres dessins des Émiratis et des Saoudiens"...
 
Idir, propos du chanteur algérien recueillis par François Clemenceau. Pas lisiblement intégralement en ligne, mais déjà une ample partie du long article... A la fin ( non en ligne) il dit qu'il faudra vite travailler sur la Constitution (articles 1 et 2 notamment). Il parle aussi de la démocratie, la vraie, fondée sur l'État de droit, pas à la façon démocratie populaire des dictatures communistes. Et il cite un proverbe mexicain que lui a fait connaître son cousin:"Ils veulent nous enterrer, mais ils oublient que nous sommes des graines."
Le JDD, 07-04-19https://bit.ly/2UGicTD
Quotidien d’Oran. A signaler, un entretien avec
Inès Safi
,
née en Tunisie, chercheuse en théorie
de physique quantique,
CNRS. Regard sur l’islam
et point de vue sur la rationalité

spirituelle...
http://www.lequotidien-oran.com/?news=5274560
Mais tout n’est pas fiable dans le Quotidien d’Oran.
Voilà un article qui (entre autres points discutables)
prend Philippe de Villiers pour un historien et adhère
à ses thèses sur l’Europe créée par des… nazis…!!!
(Livre en question démonté par tous les historiens…
Point de vue d’un souverainiste très très à droite et
ami de Poutine). On sent l’effet RT sur la presse, là.
Contagion du conspirationnisme et de son vocabulaire
("les maîtres du monde")….
 http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5275271

Mise à jour, 9 mars.
Algérie-Focus, 08-04-19. "Algérie : La contre-révolution est à l'oeuvre ! La vigilance est de mise."
La page expose les « usages » et manipulations de la contre-révolution (sujets : élites isolées, désinformation, répression, déstabilisation par des actes violents, régionalisme)… https://bit.ly/2UcY9It
Au sujet du régionalisme, voir cet ancien article d’Abdou Semmar  (sens inchangé), Algérie-Focus, 2016...
"Je ne parle pas le kabyle et alors ?!!"… https://bit.ly/2Z2ZIMD
 
Article du Quotidien d’Oran sur une séance du Parlement en
l’absence de l’opposition.
Par Moncef Safi, le 09-04-19...
 
http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5275322
INFO RADIO, 9 mars...
Un président a été élu pour trois mois...
 
MISE à JOUR, 11 mars
10-04-19, Maghreb Émergent, par Nabil Mansouri
"Gaïd Salah utilise la menace et le spectre de la main étrangère"… https://bit.ly/2Z0Rkgw
Sur la stratégie de Gaid Salah (transition?)…
MondAfrique, 10-04-19… https://bit.ly/2uZvGeY
Mais l’article d’Abdou Semmar nuance la problématique,
Algérie Part10-04-19... https://bit.ly/2Z7hXAH
Grave, et inquiétant…
(signe de la contre-révolution crainte par Algérie-Focus, voir texte du 08-04-19 ?)
 
10-04-19, ALGER. "La voiture de l'épouse d’Abdou Semmar incendiée".
TSA (Tout sur l’Algérie)… https://bit.ly/2D6vxL6
Et, rappel des difficultés passées, MondAfrique (Juin 2017)
Article sur Abdou Semmar, d’Algérie Focus à Algérie Part… 
"Algérie. Abdou Semmar un journaliste insubmersible"… 
 
En marge de l’actualité
Un sujet qui concerne notre culture commune, la langue,
ce 'butin de guerre’ (Kateb Yacine). Algérie Part (19-02-19)
"Plus de 509 millions de francophones dans le monde : 
quelle place pour les Algériens ?"... 

PAGES Facebook
...
PAGE Fb "Algérie Penser Librement
En couverture, comme exergue,une citation de Nietzsche, une pensée d' "Ainsi parlait Zarathoustra", sagesse contre la violence : "Sur le chemin qu'ils suivaient ils ont inscrit le signe du sang, et leur folie enseignait qu'avec le sang on témoigne de la vérité. Mais le sang est le plus mauvais témoin de la vérité ; le sang empoisonne la doctrine la plus pure et la transforme en folie et en haine des coeurs.". En post 'épinglé', sorte de manifeste-programme éthique, un texte signé du nom de la page, paragraphe dense, comme un éditorial pour dire qu'il faut se libérer de l'obligation d'être un croyant, pour pouvoir être un citoyen. Ce n'est pas une profession de foi athée, mais (sous le signe des références à Mohamed Arkoun, penseur majeur du rapport des consciences libres à la spiritualité) l'exposition des conditions de la libération réelle d'un peuple du joug de pouvoirs oppressifs. Il faut refuser que la religion soit instrumentalisée pour manipuler (et donc asservir). Il faut rejeter toute utilisation de la religion comme outil de "combat politico-idéologique". La condition essentielle peut se résumer ainsi : commencer par se libérer soi-même. Ou on remplacera "une dictature par une autre, indéfiniment, car nous n'aurons pas été libres nous-mêmes."
LIEN PAGE...
 
PAGE Fb "Forum France-Algérie" 
Regard des Franco-Algériens sur l'actualité et la culture.
PAGE Fb,"Les Algériennes" (Toutes Les Algériennes)… 
Expression libre des femmes…
https://www.facebook.com/toutesLesAlgeriennes/
PAGE Fb "Femmes insoumises dz" 
PHOTOGRAPHIES des manifestations, El Hirak. 
Couleurs d’Algérie, SITE d’Abdelkhalek Labbize
https://bit.ly/2G5vVua
Et sa PAGE RB... https://www.facebook.com/pg/Labbize/posts/
………………..
S’INFORMER, suite... PETIT PORTAIL de LIENS...
Le Matin d'Algérie… http://www.lematindalgerie.com
Le Quotidien d’Oran… http://www.lequotidien-oran.com
TSA actu. Tout sur l’Algérie... https://www.tsa-algerie.com
Algérie Part… https://algeriepart.com 
Toute la PRESSE ALGÉRIENNE, LIENS...  https://www.tsa-algerie.com/press/
MondAfrique/Algérie... https://mondafrique.com/tag/algerie/
Le Point Afrique, Algérie… http://afrique.lepoint.fr/pays/algerie/
Courrier international. Algérie… 
Toute la PRESSE FRANÇAISE…. https://www.journauxfrancais.net  
PRESSE INTERNATIONALE, tous pays. LEXILOGOS
(et voir « Plan du site », ressources multiples…)
 
MC San Juan

06/04/2019

ALGÉRIE, suite... Une démission, des questions, des espoirs. Symbolique matin d'Algérie...

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Les manifestations ont donc continué jusqu’à la démission de Bouteflika, car le rejet du 5ème mandat ne pouvait tolérer un 4ème mandat prolongé. Mais la prise de conscience algérienne va plus loin. L’exigence est une rupture avec tout le système, le désir de se débarrasser de tout le clan du pouvoir, de la corruption de cette « famille » (au sens étroit, frère du président et alliés divers, et au sens large, c’est-à-dire tous les réseaux qui ont bénéficié d’avantages et privilèges). 
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Cependant la transition à créer, pour construire une démocratie réelle, ne se présente pas facilement. Il va falloir que des personnes sûres puissent obtenir la confiance de la population, et si des visages apparaissent, rien n’est encore acté. (Même s’il est évident qu’il y a des forces vives qui pourront jouer un rôle).
Il va falloir déjouer les pièges, et certains ont déjà été tendus. Des informations sortent, qui montrent que le pouvoir ne lâche pas aisément, et qu’il semblerait même qu’un officier de haut rang ait évité une catastrophe en refusant des ordres demandant d’affronter la foule. Rumeur ou réalité, le temps le dira.
 
En marge, des délires. On voit aussi des personnages, de partis associés au pouvoir, faire des discours délirants (des vidéos ont circulé). Ainsi une femme (qui a été ensuite la cible de moqueries cinglantes sur les réseaux sociaux algériens, francophones en tout cas) a pu dire, avec rage et conviction, que… les Juifs étaient les organisateurs de ce mouvement contre le pouvoir, pour détruire l’Algérie !!! Et revoilà le grand complot des conspirationnistes amateurs de RT, la voix du Kremlin, et autres sites du même genre.
Je n’ai pu que faire le lien avec autre chose que j’avais remarqué, juste avant. A circulé, sur des pages algériennes (Facebook et sans doute ailleurs) le texte d’un général français d’extrême droite, actif ou retraité je ne sais pas (personnage que tous les sites extrémistes adorent diffuser : RT, bien sûr, mais aussi des sites négationnistes, comme celui de Soral). Ce texte, donc largement présent en ligne, disait (je résume) que BHL était à la manoeuvre au sujet de l’Algérie : le texte "prévenait"(!). Et la réception était (commentaires...) une désolation horrifiée (BHL étant la métaphore du diable "sioniste" dans un certain imaginaire algérien - et maghrébin). On lui prête des faits multiples, on lui attribue la responsabilité de toutes les catastrophes. Et donc, pour certains, c’était cohérent. Sans qu’ils voient que le général soi-disant "protecteur" faisait passer un message de doute, sur un fond antisémite. (L’extrême droite française n’aimant les Algériens et les musulmans que pour tenter de partager avec eux un antisémitisme qu'elle leur prête d’avance, et qu’elle cherche à flatter, comme une certaine extrême gauche française, dans les milieux pro-palestiniens d’abord, car la Palestine est pour certains un mantra obsessionnel incontournable, dans l’oubli de bien d’autres conflits et drames du monde...).
Il y a un écho en Algérie pour cela. Et le pouvoir rejeté a bien joué avec, pour appuyer sa domination. Mais le rejet ne va pas encore, pour tous, jusqu’à refuser les effets idéologiques d’une longue propagande, et d’un formatage qui a utilisé autant la religion que l’éducation et les manipulations de l’Histoire officielle).
 
Pas pour tous, ce rejet de l’idéologie avec le système qui l’a modelée, mais chez beaucoup d’esprits, cultivés, lucides, et critiques : oui. 
Le fait que la presse algérienne ait réussi (malgré des difficultés - voir les pages Algérie de RSF) à maintenir une pluralité et à produire deux ou trois générations de chroniqueurs de grand talent, cela a permis que les idées circulent, que des intellectuels élaborent des pensées autonomes, radicalement en rupture.  
Autre facteur intéressant, la jeunesse de la population, qui a pu être désespérée par les blocages sociaux et le manque de perspectives, au point de risquer la mort (et trop souvent la trouver), en fuyant vers une Europe peut-être idéalisée. Car d’autres ont choisi d’agir. De nombreuses initiatives ont été le fait de jeunes (tant dans le domaine artistique qu’économique, environnemental, ou littéraire). 
Ces chroniqueurs, ces auteurs, ont certainement joué un rôle de pionniers, chacun à sa façon (parfois adulés, parfois détestés). 
Ainsi Kamel Daoud, Yasmina Khadra, Boualem Sansal, Aziz Chouaki, Anouar Benmalek, Mustapha Benfodil, Mohamed Kacimi, Amin Zaoui, Karim Akouche, Tawfiq Belfadel, Abdou Semmar (créateur d'Algérie Focus puis d'Algérie Part), Hebib Khalil, Khaled Belkouche (créateur du site web ObservAlgérie).et quelques autres… 
Et des femmes, affrontant elles aussi les tabous, les blocages, dans un souci de partage non conflictuel. Comme Daikha Dridi (journaliste-reporter), Nadia Tazi (philosophe), Meriem Khelifi (sociolinguiste spécialiste du discours religieux). Elles questionnent, expliquent... Elles et plusieurs autres (poètes, cinéastes, romancières...).
 
Et comment ne pas penser à la longue patience agissante (et visionnaire) de Mohamed Benchicou (créateur du journal "Le Matin d’Algérie") et à son livre sur Bouteflika, "Mystère Bouteflika, radioscopie d’un chef d’État". 
Rôle, aussi, à ne pas négliger, des diasporas, par le frottement à d’autres lieux et cultures, d’autres visions sociales et politiques, d’autres philosophies. Frottement à des démocraties fondées sur la laïcité, donc la séparation de la religion et de l’État, et une égalité juridique des femmes et des hommes. (Même si elles ne sont pas parfaites, même si l’idéal a ses failles, l’ouverture est un horizon).
 
De même, un courant a tracé sa route, bien avant ces manifestations. C’est celui des revendications des femmes pour une égalité à conquérir, juridiquement, concrètement et symboliquement. Beaucoup travaillent, certaines sont créatrices et chefs d’entreprises : l’égalité des droits est pour elles une évidence. Les femmes ont été dès le début très présentes dans les manifestations. Et la jeune danseuse qui en fut une très belle image en est un symbole flamboyant (voir la note précédente, lien en bas de celle-ci…). Mais un malaise a fini par être exprimé. Certaines se sont dit qu’elles risquaient de n’être qu’un faire-valoir d’un mouvement qui ne bénéficierait finalement peut-être qu’aux hommes, si les statuts qui gèrent la vie des femmes n’étaient pas changés. Et des pancartes avec des slogans féministes sont apparues (que ce féminisme ait le langage du féminisme européen, lui-même multiple et divisé, ou pas du tout ce langage). Ces signes de conscience féminine (ou féministe) ont affolé des marges conservatrices, et des réactions hostiles ont pu être constatées, que des pages de femmes ont dénoncé en relayant des témoignages. Ainsi la page Facebook "Les Algériennes", et d’autres pages que celle-ci partage aussi, comme "Femmes insoumises dz
Des faits ont beaucoup choqué, et entraîné de nombreuses réactions en Algérie. D’abord, donc, des bousculades ou agressions, de femmes - leurs slogans perçus par certains comme des provocations : même marginaux ces faits ont frappé les esprits, sidéré, même. (Et c’est ainsi qu’on a pu l’apprendre, par les témoignages et les réactions). Puis l’agression homophobe à Paris, place de la République, en marge de la manifestation de la diaspora algérienne. Et, ensuite, l’appel, sur vidéo, d’un homme hystérique demandant que des hommes agressent à l’acide des femmes ayant des comportements qu’ils trouveraient répréhensibles. Immédiatement tout a été fait pour le repérer (il vit à Londres, et l’on a même vu une photo de lui avec sa femme). Stupéfaction : vie apparemment anodine, allure moderne, femme non voilée, alors qu’on pouvait s’attendre à voir un "barbu" avec ses codes. Plaintes déposées. Et signalements des diffusions de la dite vidéo. Mais épisode similaire, un autre a refait la même chose. Plainte, encore. Puis, cette semaine, le lynchage de jeunes filles qui avaient des pancartes de revendications féministes (voir note suivante, un article daté 06-04-19). 
 
Tous ces remuements de pensée, sur les deux rives (et multiples rives diasporiques, parfois lointaines), ont produit des effets divers. Il y a donc des visions diverses et des fractures (qui peuvent se résoudre en pluralité acceptée ou provoquer des tensions, comme on peut le voir aux réactions de certains devant les textes de tel ou tel auteur, ou les positions de tel ou tel citoyen anonyme). 
... Fractures liées à la religion, déjà. Comme en France il y a des croyants, des agnostiques, et des athées. En Algérie les musulmans peuvent être des laïques convaincus ou des conservateurs (ou même des intégristes proches des théories des Frères musulmans). Il y a toujours des islamistes, qui guettent mais ne correspondent plus à ce qu’est l’Algérie de 2019 : ce qui n’empêche pas que la vigilance soit nécessaire, car ces courants ont des appuis, y compris à l’étranger, appuis idéologiques et financiers, et leurs stratégies sont habiles. Les menaces sont les mêmes que celles qu'on peut constater en France : manipulation, mensonge, masques (taqiya) et entrisme.
Les chroniques revendiquant des positions laïques sont, elles, de plus en plus nombreuses.
... Fractures, donc, liées au statut de la femme
... Et cassure au sujet de la Palestine (voir, note suivante, un article de Karim Akouche, daté du 02-04-19). Soutien obsessionnel très partagé, évident pour beaucoup. Mais des voix s’entendent, qui disent autre chose. Une exaspération, même. ("Assez avec la Palestine !"). 
... Fracture autre, celle liée à la France - que le pouvoir a voulu faire haïr, ramenant toutes les difficultés du pays à la colonisation, aux "colons" et aux harkis, dans une mystique du "traître". Pourtant, là aussi s’expriment des pensées autres, un regard nuancé. Et si Kamel Daoud avait, dans une chronique célèbre, regretté qu’il n’y ait pas eu un Mandela en 62 (pour que l’Histoire évolue autrement et que les Pieds-Noirs restent construire l’Algérie indépendante avec tous), d’autres disent espérer que le changement de régime change le regard sur le passé et fasse se rejoindre les mémoires de tous (dont natifs pieds-noirs et harkis, ou leurs descendants restés attachés aux racines algériennes). On peut associer à cette fracture celle autour d'Albert Camus, référence ou rejet (référence, ce dont témoignent des auteurs, et aussi des jeunes, dans un documentaire, disponible en DVD, Vivre avec Camus, où s'exprimaient deux jeunes algériens dont la lecture de Camus avait changé la vie, l'un pour l'avoir éloigné du suicide, l'autre pour l'avoir amené à s'engager dans des actions solidaires.)
Voir, pour tout cela, la revue de presse, qui évoque ces fractures : note qui suit...
 
Mais, comme le dit la philosophe Nadia Tazi (voir note suivante, entretien), l'essentiel est que le débat se soit installé, qu'il y ait parole, quels que soient les points de vue.
 
L’Algérie vit un moment enthousiasmant qui peut déboucher sur des transformations très heureuses, vers une réelle démocratie plurielle. Mais c’est une transition qui doit vaincre pièges et résistances. On doit espérer la réussite. Éthique de l’optimisme. Donc, encore, espoir.

Je ne mets ici que quatre LIENS : un ample article, des pages sur les deux livres mentionnés dans l’article, et ma note précédente (Algérie).

Dans la note qui suit je pose une revue de presse, qui complète, avec des textes récents, les lectures relatives aux premières revendications, mentionnées dans la note antérieure.
 
ARTICLE-dossier, par Brice Perrier, 3 avril 2019, Le Parisien week-end.
Parcours historique, réalisé à partir d’entretiens avec deux auteurs de livres importants.
D’une part avec Mohamed Benchicou. Et d’autre part avec Ardavan Amir-Aslani.
"Le 15 avril 1999  est élu président de l’Algérie."...https://bit.ly/2P0Ygpv
 
LIVRE. "Le Mystère Bouteflika, Radioscopie d’un chef d’État", de Mohamed Benchicou, éd. Riveneuve, mars 2018.
 
LIVRE. "L’Âge d’or de la diplomatie algérienne", d'Ardavan Amir-Aslani, éds. du Moment, 2015. 
 Fiche Decitre (dont résumé)... https://bit.ly/2X5KqVF
 
NOTE précédente, Trames nomades, 04-03-19. "Algérie. Refus, élans, inquiétudes et espoir."
(dossier d’analyses, revue de presse, et liens presse)... 
Note qui suit : revue de presse, 07-04-19...
………………..
S’INFORMER, suite... PETIT PORTAIL de LIENS...
Le Matin d'Algérie… http://www.lematindalgerie.com
Le Quotidien d’Oran… http://www.lequotidien-oran.com
TSA actu. Tout sur l’Algérie... https://www.tsa-algerie.com
Algérie Part… https://algeriepart.com 
Toute la PRESSE ALGÉRIENNE, LIENS...  https://www.tsa-algerie.com/press/
MondAfrique/Algérie... https://mondafrique.com/tag/algerie/
Le Point Afrique, Algérie… http://afrique.lepoint.fr/pays/algerie/
Courrier international. Algérie… 
Toute la PRESSE FRANÇAISE…. https://www.journauxfrancais.net  
PRESSE INTERNATIONALE, tous pays. LEXILOGOS
(et voir « Plan du site », ressources multiples…)
 
MC San Juan

04/03/2019

ALGÉRIE. Refus, élans, inquiétudes, et ESPOIR...

 
ESPOIR... 
ALGÉRIE… Comment ne pas suivre ? Un tel élan... Enthousiasmant, respectable, admirable, même, par la manière dont il est vécu et pensé. Pacifique, joyeux et triste à la fois. Joyeux, car, comme le dit Kamel Daoud, la peur a été cassée. Plus de peur d’affronter le régime. Plus de peur de provoquer des affrontements entre adversaires et soutiens du système (ou peur maîtrisée). Joyeux, l’élan, comme celui  de la danseuse au drapeau qui fait des pointes dans la manifestation, belle photographie, riche en symboles. Elle marquera l’Histoire, sa photographie. (Mais je ne l'ai d'abord trouvée que sur Facebook, sur une page, celle du livre "Alger sans Mozart", de Michel Canési et Jamil Rahman, Folio. Portrait de femme, aussi…). Imaginez une jeune femme élancée qui danse, cheveux au vent. On pourrait la penser Parisienne ou Madrilène. Une femme moderne, libre, d’évidence. Symbole de ce que peut être une Algérie libérée de la pression d’un clan dictatorial. Et, signe de ce qui est déjà en germe dans le pays, qui connaît, malgré le pouvoir, de multiples initiatives pour changer le quotidien (sociales, culturelles, environnementales, etc.). Avec, bien sûr, les archaïsmes qui tentent d’imposer obscurantisme et croyances aberrantes, les islamistes, moins agressifs (pas toujours) qui guettent, le complotisme, nourri, comme en France par la lecture de Russia Today, la voix du Kremlin… . Pays de fractures (mais on peut en dire autant, sur ce plan, de la France et de beaucoup d’autres, en ces temps de populismes et de nationalismes - au pluriel). Triste, l’élan, car portant l’inquiétude des risques de dérives et récupérations, et celle du manque d’alternatives. Mais les voix des intellectuels (universitaires, chroniqueurs, écrivains) portent à la vigilance. 
En France, on suit. D’abord la diaspora algérienne et les Franco-Algériens, qui manifestent à Paris et ailleurs, et participent au débat sur les réseaux sociaux et autrement. 
Ensuite les natifs d’Algérie, Pieds-Noirs attachés au pays actuel, et Juifs pieds-noirs (se définissant ainsi ou pas), ayant des liens sur les deux rives (et plus qu’on ne croit, souvent par les villes de naissance, contacts maintenus, mais aussi par des réseaux professionnels, des coopérations diverses). 
Enfin les observateurs (presse, médias, politiques). Avec de la sympathie.
La jeune danseuse s'appelle Melissa Ziad. Et la photographie est sur la page du Matin d'Algérie (celle de la chronique de Tawfiq Belfadel sur les femmes dans ce mouvement, commentaire et lien en bas de note). Choix avisé.
Cette jeune femme est entrée dans l'Histoire. Et pas seulement celle de son pays.
D'abord, de ce pays... Mais symboliquement au-delà. Je vois cette danse comme un signe de l'humain à venir.
SI nous marchons vers cela. La beauté, plutôt que les cris. Sens universel. 
Lien. Pour la PHOTOGRAPHIE, même si le haut est coupé (dommage). Pour l'article c'est plus bas... 
 
La presse française et internationale a couvert aussi les manifestations et relayé des analyses et questionnements.
L’Union européenne a appelé au respect des droits des manifestants. Manière de soutenir, tout en rappelant les liens entre l’UE et l’Algérie… AlgériePart… (D'autres signes et appels similaires suivent, d'après la presse algérienne). Europe, UE :
"La France a-t-telle son mot à dire sur l’Algérie ?" (Risques d'interprétations 
négatives ?).
"Si la France soutient la rue, ce sera de l’ingérence. Si la France
soutient le pouvoir, c’est la main de l’étranger. Dans les deux cas, la France
ne peut que produire un silence assourdissant’’.
Naoufel Brahimi El Mili, politologue. France Culture,4 mars 19… 
https://bit.ly/2ETQR7H
La France réagit, cependant, discrètement, lentement...
Diplomatie.gouv Site officiel. Réponses de Jean-Yves Le Drian,  ministre des Affaires étrangères. 
France 24, 06-03-19. "Pour Jean-Yves Le Drian il faut laisser le processus électoral se dérouler en Algérie."
 
....................
Les FAITS...
 
Refus du 5ème mandat
Dès janvier, le boycott des élections comme riposte.
JeuneAfrique, 25-01-19. "Présidentielle en Algérie, le front du boycott s’élargit"…
Manifestations partout
Des milliers de manifestants (puis beaucoup plus…)… 
Le Parisien, sur les manifestations,
22-02-19. "Manifestations tendues contre un 5ème mandat"…
 https://tinyurl.com/yxc4eo83
Courrier international, REVUE de PRESSE. 
"En Algérie des milliers de manifestants crient leur colère
contre Bouteflika
"...
https://tinyurl.com/y4qjap8l
Belle photographie d’une manifestation… 
BFMtv… https://tinyurl.com/yyu83jc8
Et la diaspora algérienne s’engage…Le Figaro, 28-02-19.
"En France aussi la diaspora descend dans la rue contre Bouteflika"...
 
Mais... Diaspora (et.. autre diaspora)… Fausse note. La Grande mosquée de Paris soutient le 5ème mandat de Bouteflika, y mettant même un budget. Elle se compromet nettement. TSA Algérie, 27-02-19. "La Grande mosquée de Paris au secours du candidat Bouteflika"… https://bit.ly/2HbQpV5
………..
Bouteflika se représente et promet des élections (ensuite…)…
Citations..."Cette nouvelle candidature fait bien sûr aussi la Une de la presse ce lundi. Le journal El Watan titre que le président, par sa décision d’être candidat, défie les Algériens. Dans son éditorial, le quotidien francophone estime que cette décision est une humiliation insupportable." 
"Pendant ce temps, sur les réseaux sociaux, les appels à la désobéissance civile sont relayés en masse. Plusieurs centaines de milliers d'internautes ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils participeraient au mouvement."
"Les promesses de Bouteflika n'apaisent pas la colère"RFI, 04-03-19… https://tinyurl.com/y6hg22sa
 
Le Point, 7 mars 19. "Algérie : le 5ème mandat fragilisé par une série de défections importantes." (Et par les informations sur la santé d’Abdelaziz Bouteflika, données par les médecins qui le suivent à Genève)… https://bit.ly/2H63gb6
 
REVUE de PRESSE, France Culture… Au 2 mars 19… 
....................
ANALYSES
 
"Pourquoi la jeunesse algérienne dit non." Omar Belhouchet, Marianne,
1er mars 19.
(Quatre grands paragraphes lisibles en ligne... L’essentiel…).
Omar Belhouchet est le fondateur d’El Watan.
Ce défenseur de l’état de droit dit que le 22 février a été un
'tournant historique’ dans le pays, avec cette jeunesse dont il loue
la maturité. Et il rappelle ce que sont les refus exprimés
par les jeunes (le régime, le système et sa corruption)…
 
La situation actuelle, 2019. 
Analyse approfondie d'El Mouhoub Mouhoud, universitaire (économie), Paris Dauphine.
Citations..."Il est tout d’abord désolant de constater que la préoccupation essentielle de certains observateurs en France, relayant la crainte des autorités, réside dans la peur d’un afflux massif d’immigrés. La « stabilité » garantissant la mise à distance des candidats potentiels à l’émigration vaudrait elle mieux que les espoirs du changement auquel aspire une jeunesse nombreuse et délaissée ? Il est vrai que ce fut déjà la première réaction du pouvoir politique en France au moment du déclenchement de la révolution tunisienne en 2010. Il serait bien plus utile de chercher à mieux comprendre les bases profondes de ce nouveau soulèvement." (...)"Ces propositions ne sont possibles que si une réforme profonde de l’État est réalisée. Il va sans dire que le préalable réside dans la lutte radicale contre la corruption à tous les niveaux et la mise en œuvre de mécanismes garantissant la transparence. Ce dernier point sera au centre des changements que réclament les Algériens." The Conversation, 1er mars 19, "Algérie, économie politique d'une rupture annoncée"… https://tinyurl.com/yxpwe5do
…………..
L’article de The Conversation ci-dessus répond indirectement à celui du Parisien qui parle de l’inquiétude française qui serait de voir s’installer en Algérie l’instabilité… Lien ci-dessous. La France n’a pas à soutenir silencieusement le maintien d’un régime mafieux et dictatorial pour des intérêts discutables et des peurs fantasmatiques… Le Parisien, 26-02-19. "Contestation en Algérie : ce qui inquiète la France"… https://tinyurl.com/yylc3q3f
.

L’état politique… 

"Thomas Serres est lecturer au département de politique à l’université de Californie, Santa Cruz, et chercheur associé à l’UMR développement et Sociétés. Il a publié des articles dans plusieurs revues à comités de lecture, dont « En attendant Bouteflika. Le Président et la crise de sens en Algérie », Année du Maghreb (2014). Il a également dirigé un ouvrage collectif avec Muriam H. Davis, intitulé « North Africa and the Making of Europe », Bloomsbury (2018). Il s’apprête à publier un ouvrage consacré à l’Algérie de Bouteflika chez Karthala, intitulé  'L’Algérie face à la catastrophe suspendue. Gérer la crise et blâmer le peuple sous Bouteflika (1999-2014)' (prévu pour mars 2019)." (....) "Pour le spécialiste de l’Algérie, le mouvement de contestation actuel en Algérie possède ses propres spécificités, ce qui permet de sortir de la « logique catastrophique » de la Libye et la Syrie."... Les clés du Moyen-Orient, 03-03-19. "Entretien avec Thomas Serres","En Algérie…"… https://tinyurl.com/y4vcu4p7

.
Aspiration au changement ou révolution ?  L’Orient le Jour, 07-03-19.
"Une prudente aspiration au changement plutôt qu’une révolution."
 
La question de la fraude électorale, par Mourad Benachenhou. (Citations... "L'Etat algérien actuel n'est ni algérien, ni démocratique, ni populaire." (..) "La normalité du quotidien masque l'anormalité du système politique algérien.")
Le Quotidien d’Oran, 03-03-19
 
..................
Des universitaires réagissent."Déclaration...". Actu-Fil...
https://tinyurl.com/y4wftaup
.
Les écrivains s’expriment, analysent, prévoient..
 
"Les écrivains algériens décrient le 5ème mandat", 
El Watan, 04-03-19...https://tinyurl.com/y69uss93
.
Kamel Daoud
Déjà, au moment du 4ème mandat, Kamel Daoud exprimait sa colère. Son texte a été repris cette fois par des lecteurs, notant qu'il suffit de dire 5 au lieu de 4, et tout reste valable. le texte est assez visionnaire, prévoyant
ce grand élan du peuple...
Citation... "Vous allez nous laisser un pays corrompu,
exsangue, défait, ridicule, mort, sans don et humilié
et cette humiliation on vous la rendra. C’est une
promesse et un serment. Ce peuple qui, selon vous
ne vous mérite pas, vous n’en méritez pas la terre.
Ils vous survivra et s’éveillera et vous renverra
vers le désert qui vous sied si bien. La cours des
comptes sera cette fois celle de l’histoire.’.
 
"Honte à toi Bouteflika",
Algérie Focus, 02-03-19https://tinyurl.com/y5c8fsxd
Et en 2019 Kamel Daoud voit une évolution, la peur rompue.
"Le mur de la peur a été cassé". Le Monde/Afrique,
Pas lisible intégralement en ligne, mais le début visible
est déjà intéressant.
Comment le "cadre’ des photos de Bouteflika est un symbole de
la prison politique qu’inflige le pouvoir au peuple algérien.
Car le Président n’est plus qu’une photo dans un cadre (c’est
le clan autour de lui qui tient le pouvoir). Sauf que le peuple
peut sortir du cadre…
"Bouteflika en Abd-El-cadre",
Le Point, 05-02-19… https://tinyurl.com/y6l9ef6a

Une analyse de Kamel Daoud.
Complexe lien et complexes regards
que ceux de la France sur l
Algérie (et son actualité). Et de
l
Algérie sur la France (dont son regard sur les Algériens).
Très subtilement Kamel Daoud donne des clés. Magnifique texte,
de plus, dont des passages rejoignent le poème en prose. Par
l
élan vital qui passe dans les mots. En parlant de lui, des
Algériens, des paradoxes des perceptions entre Algérie et
France, il parle de tous et de nous. Parfois avec humour
(sur
les islamistes)...

Citations
"A Paris, il fait froid comme si le corps était un os avec un prénom, nu."

(…) "
Paris est une fête. Le monde l’est aussi.
Et je suis son centre ouvert aux vents et aux images. Je marche. ».
Le Quotidien dOran, 
"Mon histoire commence par moi, pas par les autres"...
http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5272501
.
Yasmina Khadra
Espoir. "Le peuple peut changer les choses".
Le Parisien, 28-02-19...https://tinyurl.com/y42yrmru
Nouvelle candidature d'Abdelaziz Bouteflika :
"Cette proposition n'a pas de sens".
FranceTvInfo,3 mars 19...
Il y voit aussi une humiliation de Bouteflika autant
que du peuple algérien. Une histoire ubuesque, surréaliste… 
https://tinyurl.com/y6tjw9b7
.
Boualem Sansal 
Il oppose élan et crainte de la guerre civile (du fait du passé, décennie noire).
(Peur que le pouvoir brandit. Mais si la peur du pouvoir est cassé, comme
le note Kamel Daoud, la peur de la guerre civile sera supprimée aussi par
l’élan collectif. FigaroVox, 28-02-19… "Les jeunes exècrent le régime mais…"
Boualem Sansal est inquiet, pessimiste, 
sûr que le pouvoir ne lâchera pas. A lire sur le site
Littérature algérienne, 02-03-19…
"Le pouvoir ne tombera pas…."https://tinyurl.com/y64hhwfm
Le 1er mars 19 il faisait une analyse des pressions que le pouvoir
exerce pour se maintenir. Libération
"Il y a eu beaucoup d’arrestations préventives...".. 
 
Adn-news (Afrique du Nord), reprend un texte de Boualem Sansal paru dans Le Parisien le 3 mars 19. Pessimiste, là aussi, il compare avec scepticisme sur la suite les rapports du peuple avec le pouvoir à une série télé qui se répète…"Algérie saison 7 épisode 5"... 
................
Chroniqueurs/auteurs
Des ‘plumes'
(chroniques et autres publications,
dont livres parus ou à paraître)...
Amin Zaoui 
Scepticime par désespoir critique. C’est révélateur de l’état d’esprit d’une génération en colère.
"La démocratie est une culture, une civilisation et une vision philosophique de la vie politique individuelle et collective"...
"L'urne au temps d'urine de chameau", Liberté-Algérie, 28-02-19
"Pourquoi je ne crois pas aux urnes."… https://tinyurl.com/y3839kmg
 .
Hebib Khalil
Jeune chroniqueur du Matin, et écrivain. (L’Algérie est un pays à bons chroniqueurs… pays de « plumes »)…
Dès le début de janvier 19 il montrait ce qu’il y avait de scandaleux et inacceptable pour les Algériens dans la candidature de Bouteflika.
Citation. "L'appel de plusieurs personnalités « politiques » au président Bouteflika, 82 ans, malade et aphone depuis six ans, à briguer un nouveau mandant est un flagrant appel au meurtre, contre l'espoir de tout un peuple et d'une jeunesse désemparée."
"Jeux dangereux, le 5ème mandat de Bouteflika pourrait pousser les Algériens à la révolte !", Le Quotidien d’Oran, 03-01-19... https://www.djazairess.com/fr/lqo/5271362
 
Bel article, ci-dessous (écrit deux mois après), qui se partage entre lucidité désespérée (informée) et ouverture vers l’espoir en quelque chose qui, dans l’identité algérienne, est de l’ordre du paradoxe (ce renoncement du mektoub -c’est écrit - qui est aussi, paradoxalement, une foi dans le possible de la vie qui offre des surprises et retournements). Donc ouverture… "Ils soldent l’Algérie : le black friday d’avant l’independance day",
Le Matind'Algérie, 03-03-19… https://tinyurl.com/y3hqqnzw
 .
Tawfiq Belfadel
Une note de son blog (hébergé par Médiapart), de décembre, est un de ces avant-signes de la grande révolte qui a mis les gens dans la rue. Une analyse, à propos d’un fait, sur ce qui pour lui est une des « maladies » du pays, le rapport au corps, la conception (pudeur, interdits, etc.). Et cette note montre aussi les résistances qui peuvent freiner les avancées vers la liberté, la démocratie...
"La maladie du corps en Algérie", 18-12-18… Citation… "L’Algérie souffre atrocement de trois maladies : la maladie de l’Histoire, la maladie islamiste, et la maladie du corps. Le corps de la femme bien sûr.  Le mâle  est si  sacralisé qu’on ne parle jamais de son corps"… https://tinyurl.com/y3r6qd6x
 
Mais un article du 17 février (sur Oumma) traite de la présidentielle. Sur un mode ironique (qui n’est pas compris par certains commentateurs…). Il imagine un personnage qui se fabrique une personnalité, une biographie et des faux diplômes pour être candidat. C’est le mensonge personnifié, qui vend du vent, promet tout, et recommencera ce qui fut fait en corruption, exploitation, et utilisation de l’islam pour tromper encore plus (pour "séduire").. 
 
Et... dans Le Matin d’Algérie du 6 mars, une chronique de Tawfiq Belfadel  fait écho à mon introduction.
FEMMES… Elle est illustrée par la photographie que j’avais remarquée… Oui, c’est très juste, la place des femmes dans ce mouvement de refus est essentielle, et promesse d’espoir.
… J’apprécie moins, pour ma part, l’accent mis (là et ailleurs) sur la présence de D. Bouhired, adulée comme militante de l’indépendance (elle y risqua sa vie), mais qui choisit le terrorisme contre les civils, enfants compris. 
… MAIS pour les Algériens il y a des symboles de l’indépendance qui font sens.  Et même s’ils occultent d’autres réalités, ces symboles, c’est l’histoire, complexe (et douloureuse, passée par la mémoire d’une guerre, la conquête coloniale, et d’une autre guerre, d’indépendance). Et c’est à tous d’en intégrer les significations et paradoxes. Car l’histoire officielle a déformé ou caché beaucoup de choses, tant en Algérie qu’en France… (L’histoire et les médias). Et les différentes communautés concernées, en France notamment, aussi, n’ont pas toujours pris la mesure, réciproquement, des souffrances des autres… Être soi et l’autre change le regard… (Et le reste sera le travail des historiens). Ce qui se produit en ce moment est beau à voir, porteur d'espoir. Ce que les Algériens montrent d'eux au monde est très estimable. Admirable. Pourvu que tout continue dans cet esprit, et que la liberté soit au bout... !
"La femme et l’éveil de l’Algérie : fleurs et naufrage." ("L’Algérienne a un rôle primordial dans ces événements qualifiés d’éveil."). 
Le Matin d’Algérie, 6 mars 19… https://bit.ly/2C9SIn4
… ……………..
S’INFORMER, suite... PETIT PORTAIL de LIENS...
Le Matin d'Algérie… http://www.lematindalgerie.com
Le Quotidien d’Oran… http://www.lequotidien-oran.com
TSA actu. Tout sur l’Algérie... https://www.tsa-algerie.com
Algérie Part… https://algeriepart.com 
Toute la PRESSE ALGÉRIENNE, LIENS...  https://www.tsa-algerie.com/press/
MondAfrique/Algérie... https://mondafrique.com/tag/algerie/
Le Point Afrique, Algérie… http://afrique.lepoint.fr/pays/algerie/
Courrier international. Algérie… 
Toute la PRESSE FRANÇAISE…. https://www.journauxfrancais.net  
PRESSE INTERNATIONALE, tous pays. LEXILOGOS
(et voir « Plan du site », ressources multiples…)
 
MC San Juan

30/04/2015

« Petit-fils d’Algérie », BD, avril 2015

BD Petit-fils d'Algérie.jpg

 

 

 

 

Album de Joël Alessandra (scénario, dessin, couleurs), éd. Casterman, coll. Univers d’auteurs.

 

 

 

 

 

 

 

Critique, par David Taugis, sur actuabd.com. Intéressante, parce qu’elle met l’accent, dans l’origine de cette famille, dont l’histoire est donc comptée par le « petit-fils », dessinateur bédéiste,  sur le premier exil de ces Italiens. Immigrés : Français... après.

...Rappel important du fait migratoire dans la constitution de ce « peuple » de Pieds-Noirs, communauté majoritairement issue de l’immigration méditerranéenne. (Et qu’on a tendance à transformer en  « colons » venus de France, à les assimiler à eux, ou aux descendants des soldats colonisateurs... Non. Ils n’étaient même pas des Français, alors, eux. Ensuite, ils ont eu le tort de se laisser piéger par un mélange entre l’ancrage algérien - l’amour de cette terre - et la construction mensongère - élaborée par le pouvoir français, sa propagande - d’une identité qui devait se confondre avec l’acceptation d’un statut et d’une citoyenneté inégalitaires. Tous n’étaient pas dupes, mais beaucoup, car un système dans lequel on baigne nous imprègne. Et que la population, en France métropolitaine, globalement, l’appuyait). Citations : « Découverte poignante de Constantine par ce fils de Pieds-noirs italiens qu’est Joël Alessandra. Où il reconstruit son passé autant que des morceaux d’histoire d’Algérie. » (...) « Il se penche non seulement sur l’histoire de tous les Pieds-noirs, mais aussi sur l’évolution de l’Algérie, sa mémoire, ses blessures dues aux années terribles des attentats durant les années 1990. » / « Dans ’Petit-fils d’Algérie’, le sentiment de réconciliation et d’apaisement nous ramène au ‘Portugal’de Pedrosa. Une porte à nouveau ouverte vers le passé, et un chemin de mémoire éclairé pour les générations suivantes. ».

....Oui, il fallait insister aussi sur cet aspect : « réconciliation et apaisement ». Les générations qui suivent les temps des conflits et des violences peuvent avoir, réciproquement, un regard qui se défait des ombres et des peurs, mais garde les proximités. Dans la guerre d’Algérie (guerre d’indépendance), il y avait, d’une part, un peuple qui voulait ne plus dépendre d’une identité captive et se libérer de ce joug, et, d’autre part, un pouvoir colonisateur, avec son armée et ses fantasmes de puissance, en France métropolitaine. Au milieu, les Pieds-Noirs qui n’étaient ni l’un ni l’autre (mais dont certains choisirent d’être acteurs de cette libération nationale, et d’autres de tout faire pour ne pas perdre ce qu’ils considéraient comme leur patrie, mais française, notamment en se faisant manipuler par des stratèges suicidaires, cf. oas métro – comme on dit). Il est temps de mettre de côté les jugements (sur les uns et les autres) et de prendre en compte, surtout, ce sentiment, non-dit, pour des Pieds-Noirs, de se retrouver dans l’horreur d’une sorte de guerre civile. On voit mourir les uns et les autres, voisins et lointains (au sens littéral et au sens métaphorique). Exil sur exil : il y a de quoi perdre le sens des racines, et de quoi, chez ceux qui suivent, de tenter de le retrouver. ...Quand on lit cet album, on sait qu’on peut remplacer « Italiens » par « Espagnols », « Maltais », « Gitans », « Arméniens », etc. et repérer les mêmes schémas. Ainsi les BD des fils et petit-fils de Pieds-Noirs tiendront le rôle d’une salle de Musée de l’immigration... ! (Inexistante... elle). Migrations, errances... exils. Est-ce drame ou chance ? Un sens est à déchiffrer, à mon avis. Le résultat, aussi : métissage d’âme, qui peut ouvrir - et ouvre - les lignées à une acceptation de l’Autre, au goût des langues, au refus du racisme. Terrien, n’est-ce pas suffisant ? (Remarque récente d’un Pieds- Noirs arrivé en France très jeune adolescent – je mets PN avec ‘s’ car on a deux pieds, même si on est ‘un’). Lire l’article intégral de David Taugis, actuabd.com: http://www.actuabd.com/Petit-fils-d-Algerie-Par-Joel 

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Critique sur 9èmeart.fr. Par Alfro ... Moins bonne  critique, car partiale, et peu cohérente. Bizarrement, déjà, le site (dédié à la BD...) reproche à l’auteur son expression par la... BD (car, dit l’auteur de la page, c’est ainsi moins convaincant qu’un reportage... !). Ce qui est ignorer tout le courant de la BD qui crée en ayant comme supports des autobiographies, biographies, enquêtes, reportages,  voyages, récits historiques. Ensuite, le parti pris est flagrant. Alfro (pseudo…) sur 9emart.fr, donc, continue en exprimant son malaise. Comme le retour de ce petit-fils de Pieds-Noirs se fait dans l’harmonie, que ce qu’il apprend de la vie de sa famille en Algérie ne peut être que créateur de lien (au singulier, sens fort) avec les Algériens qu’il rencontre, la ville, la mémoire familiale, un ancrage dans cette part de son identité hérité. Comment... ???!!! Des Pieds-Noirs qui ne correspondent pas aux clichés construits par la métropole, une parole paisible avec les Algériens, du dialogue ??? Non, Alfro ne supporte pas ça. Donc il déclare que c’est « bâtard » comme point de vue. Il soupçonne de « l’angélisation », trouve que la violence de l’OAS et du FLN n’est pas assez présente... Sauf que l’auteur n’est pas venu pour ressasser la guerre et se vautrer dans les émotions négatives : il est venu (par accident au départ, une invitation qui se transforme) avec l’intention de profiter de ce voyage pour faire un pont entre lui et ceux dont il descend, un pont entre celui qui méconnaissait sa part algérienne et cette part enfouie, un pont entre lui et les êtres de l’Algérie vivante actuelle. Pour comprendre d’où il vient en partie. C’est juste... ce qu’il fallait faire. Et tant mieux si c’est de la BD. Cela complète une « collection » d’œuvres qui finissent par réaliser un portrait nuancé d’une communauté. (Les Pieds-Noirs et leur « algérianité » complexe, triste et joyeuse à la fois : triste par l’exil, joyeuse par la conscience d’une culture qui ne peut se perdre complètement, car elle se glisse dans les interstices de la mémoire transmise, même insuffisamment.  Et que, si la métropole a tendance à la jeter aux orties, cette mémoire, il y a aussi, justement, des consciences qui portent un autre regard, comme des éditeurs de BD...  Et il y a, c’est essentiel, une proximité avec les natifs de l’autre rive, par cette algérianité commune que même les descendants retrouvent quand ils franchissent la mer, ou sans la franchir encore, dans leurs rencontres d’autres exilés, sur cette rive.).   Ce texte critique décevant, par ces deux faiblesses importantes, donc, est à lire ici (il a quand même le mérite d’en parler, ce qui est déjà beaucoup). LIEN, 9emeart.fr : http://www.9emeart.fr/post/critique/franco-belge/petit-fils-d-algerie-la-critique-3882

Autres BD,  même thématique 

Jacques Ferrandez (particulièrement « Fils du Sud » dans « Carnets d’Orient ») et « L’Hôte » puis « L’Etranger » de Camus (voir TAGS à son nom, pour notes) : http://www.bedetheque.com/auteur-877-BD-Ferrandez-Jacques... 

« L’Algérie c’est beau comme l’Amérique », d’Olivia Burton et Mahi Grand http://steinkis.com/l-alg-eacute-rie-c-est-beau-comme-l-a... 

« Là-bas », de Tronchet-Sibran, éd Dupuis  http://www.dupuis.com/la-bas/bd/la-bas-la-bas/2870 

« Le chat du rabbin », de Joann Sfar https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Chat_du_rabbin

« Pierrot de Bab El Oued », éd Limage, Alger, de Sid Ali Melouah. Bio sur ActuaBD http://www.actuabd.com/Deces-du-dessinateur-algerien-Sid-... 

Hommage sur Femmes en action (forum). Sid Ali Melouah : http://femmesenaction.forumactif.fr/t644-deces-du-dessina...

Zoom sur la BD algérienne, sur ToutenBD, 2004 : http://www.toutenbd.com/dossiers/article/zoom-sur-la-bd-a...  

La BD algérienne à travers une expo (avril 2016) : http://www.lecourrierdelatlas.com/1115006042016-Caractere... 

...... BIBLIOGRAPHIE thématique, ALGÉRIE, guerre d’Algérie. Sélection de BD... http://www.bdfugue.com/bd/selections/independance-algerie

...... Voir aussi… Algérie, guerre d’Algérie, mémoire, livres Jeunesse… note. Un livre, et une bibliographie : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2016/02/29/un...

22/03/2015

D’ombre et de lumière... La poésie contre l’arrogance brumeuse...

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« J’écris pour que la vie soit respectée par tous /// je donne ma lumière à ceux que l’ombre étouffe »

Messaour Boulanouar

La Meilleure Force (et poème cité dans l’Anthologie de la poésie algérienne, « Quand la nuit se brise », dirigée par Abdelmadjid Kaouah, éds Autres temps, 2004 /Points, 2012)

 Que d’ombre... dans les paroles des uns et des autres, quand on aborde le sujet de l'Algérie (colonisation, décolonisation, communautés). Que d'ombre... chez ceux qui ont besoin de reprendre, pour on ne sait quelle satisfaction perverse, des litanies de rejet, dans leur seule poussière de mots sans lumière. Et cela se retrouve autant dans une certaine sorte de presse (celle qui choisit le masque nationaliste : qu'il soit fait de passion française ou de passion algérienne) que sur des sites et sur les réseaux sociaux (le fiel masqué... derrière des pseudos - ou sans pseudos, mais à l'abri de la distance, derrière son clavier). Sans doute ne lisent-ils pas assez la poésie, qui, peut-être, peut, par les mots, faire entrer un peu de conscience complexe...

Et dans ces charges d'ombre, si souvent (d'où que cela vienne) les Pieds-Noirs sont une cible pratique. Pratique, car cela permet d'éviter le regard lucide sur le réel. Celui qui ferait assumer consciemment par la France et ses composantes sociales, idéologiques et politiques - de gauche, aussi - les responsabilités du pouvoir de la métropole dans la guerre de colonisation, dans les injustices qui suivirent, et dans la guerre du refus de l'indépendance. (Guerre qui ne fut pas le fait des immigrés qui créeront ensuite ce métissage méditerranéen pied-noir, par le processus de migrations plurielles : Espagnols, Italiens, Maltais, Gitans... Guerre qui ne fut pas non plus, d'ailleurs, le choix des Communards français exilés de force, ni des Alsaciens fuyant pour garder leur identité). Cible, les PN, aussi, des nationalistes algériens aux pensées conformes à l'Histoire officielle, à l'idéologie officielle, préférant s'aveugler plutôt que penser et analyser les erreurs passées et les dérives présentes.  Le bouc émissaire, c'est confortable...

Cependant, ombre et ombres, de même, chez des nostalgiques d'un statut antérieur de l'Algérie coloniale, sans regard critique sur le fait colonial, dans l'idéalisation mensongère de réalités, qui, si on doit en voir la complexité, ne peuvent être comprises en dehors de ce constat : un passé enfermé dans l'aberration d'un système qu'un mot suffit à dénoncer, et c'est le mot "colonisation". Cette ombre-là a des effets pervers sur le regard qui est porté sur les Algériens ou Franco-Algériens, et, de manière élargie, fantasmée, sur les musulmans (d'autant plus que le terrorisme islamiste semble légitimer, autoriser, un glissement de perception où se produit une interférence faussée entre passé mal compris et présent analysé à la mesure seule des peurs). Extrême minorité des Pieds-Noirs et frange extrémiste générale de la population (dont il est difficile de saisir vraiment l'importance, la proportion, et aussi la toxicité réelle - car les statistiques viennent de sondages et études à relativiser - les questions semblant parfois suggérer les réponses). Et si, en plus, on fait intervenir la question de l'antisémitisme (qui vise, là encore, une partie des Pieds-Noirs, et les Juifs qui tiennent, malgré le destin et l'exil commun, à se définir autrement, seulement comme Français Juifs d'origine algérienne)... on retrouve autrement des miasmes idéologiques créateurs de haine. Et l'articulation, assez perverse, avec l'actualité moyen-orientale...  

Pourtant, dans cette période lourde, de montée des nationalismes européens, des fanatismes de toutes sortes, le seul langage qui vaille est celui de la fraternité. Dont la source, l'intelligence (la compréhension profonde), est à chercher dans la parole des écrivains.

Jean Pélégri, dans son ouvrage « Ma mère l’Algérie », Actes Sud, le dit bien, que les PN seraient chargés de « tous les péchés d’Algérie »... « Je pressentais qu’un jour prochain, par commodité simplificatrice, et parce que c’est l’habitude des métropoles, ma communauté, les Pieds-Noirs... » (...) « Alors que la colonisation était un fait global et politique qui relevait essentiellement de la France. » (page 70).

René-Jean Clot (peintre et écrivain), lui, écrivit dans « Une Patrie de Sel », Librairie Bleue, ceci  (à méditer)... Parlant de l’exil, du manque d’Alger : « Dans cette eau mouvante et trouble, il faut retirer la vermine politique. Dépolitiser, cela veut dire décrasser. Au début, j’étais perdu dans mon chagrin, maintenant mon chagrin m’a donné une leçon d’ordre moral. » (page 29). Et « Pourquoi, contre nous, cette ignorance, cette mauvaise foi des métropolitains ? Nous les dérangions. » (p.41). Et « Avec douleur nous nous sommes aperçus que, parlant des Pieds-Noirs, les métropolitains se trompaient de portes, de noms, de dates, de lois et, disons-le, d’Histoire de France. » (p.43). Et il ajoute : « Qu’avons-nous appris ? A vivre sans sombrer dans la haine. » (p.49). 

Que les Algériens et les Pieds-Noirs se parlent sans les chambres d’échos, et motivations douteuses, venant déformer la réalité des uns et des autres. Car ils sont liés par une terre et des imprégnations culturelles qui font se comprendre, sans regard « étranger »... Donc, au lieu de poursuivre les guerres, qu'ils servent de médiateurs, de créateurs de liens.

Les poètes algériens savent, eux aussi, dire les dangers de la haine, des dissensions qui apportent la mort.  Ainsi, Ahmed Azeggah, écrivain et humaniste de haute tenue, dans son poème « Arrêtez » (message que tous doivent entendre) : « Arrêtez de célébrer les massacres / Arrêtez de célébrer des noms / Arrêtez de célébrer les fantômes / Arrêtez de célébrer des dates » (...)  « Ce sang coagulé / Venin de la haine / Levain du racisme » (...) « ... et moi je suis Pied-noir et moi Juif et moi on m’appelait Bicot / On en a marre de vos histoires et vos Idées / Elles / Rebuteraient tous les rats écumeurs de poubelles » (...) « L’univers seule patrie » (A chacun son métier).

... 

Prolonger la réflexion... Livre de Jean-Jacques JORDI, « Les Pieds-Noirs », coll. Idées reçues, éd Le Cavalier bleu  http://www.lecavalierbleu.com/f/index.php?sp=liv&livr...

et "Pieds-Noirs, identité et culture", par MC S-J: http://editions-gandini.fr/df077-pieds-noirs-identite-et-... 

23/02/2015

ROGER HANIN. HOMMAGE...

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Pas question, pour moi, de ne pas rendre hommage à Roger Hanin, « le Raimu des Pieds-Noirs » (le Soir, Belgique, titre de l’article de Fabienne Bradfer). Acteur plus grand qu’on ne l’a suffisamment dit (et Alexandre Arcady le rappelle), homme d’idées, fidèle à ses racines, et antiraciste de toujours. Son dernier choix (être enterré à Alger, dans le cimetière juif où son père repose) est un geste symbolique très fort, un message envoyé autant aux Algériens qu’à la communauté des Pieds-Noirs (Juifs ou pas), et, aussi, aux Français métropolitains. Que comprendre ? L’appartenance irréversible à une terre de naissance et d’origine (ce qui n’est pas contradictoire avec la pleine implication dans la citoyenneté française). Le lien possible entre les communautés d’une même terre native ou originelle, sur cette rive et sur l’autre rive, à condition de se pacifier soi-même, de ne pas être dans une mémoire de la guerre qui évacuerait les mémoires de paix et de partage. La paix des esprits, donc, nécessaire. La fraternité, indispensable. Et ce message, il le lance dans une période secouée où il est d’autant plus nécessaire de l’entendre.

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Alexandre Arcady, cité par  Le Monde, 11-02-15. Il dit notamment que pour lui Roger Hanin était « de la même trempe que Gabin et Belmondo », et « n'a pas eu dans le monde du cinéma la reconnaissance qu'il méritait ».

Lettre-hommage d’Alexandre Arcady, réalisateur, dans une lettre ouverte écrite le 13, dans le retour vers Alger pour l’enterrement de Roger Hanin (selon le choix de l’acteur), lettre dans laquelle il cite Camus.  JDD, 18-02-15… http://www.lejdd.fr/Culture/Le-cineaste-Alexandre-Arcady-...

La proximité d’Elisabeth Guigou et Roger Hanin (« On trouvait Mitterrand injuste vis à vis des Pieds-Noirs et ça nous réunissait »). Lci.tf1... http://lci.tf1.fr/cinema/video/elisabeth-guigou-evoque-ro... 

 Le Parisien, 12-02-15. Dossier. Titres et sous-titres : « Il était bien plus que le commissaire Navarro ». / « L’Algérien / L’Amoureux/ L’Acteur / Evocation de Robert Castel, de Marthe Villalonga ("Roger Hanin le plus souvent marié à Marthe Villalonga") / L’Engagé / Ses grands rôles vus par Emmanuelle Boidron, Patrick Bruel, Alexandre Arcady, Richard Berry... 

LIVRES  de Roger Hanin. Sélection. « L’Ours en lambeaux », autobiographie. « Roger Hanin raconte et se raconte. Comme il parle : d'une écriture murmurée, traversée d'éclats et de chatoiements. ». Et « Les Sanglots de la fête » (histoire vraie de Blanchette, partie de la Casbah vers Paris, et qui mourra à Ravensbrück.) 

Fiche wikipedia (biographie, filmographie, bibliographie, théâtre)... https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Hanin 

Hommage. Article, Actu.J., "L'homme qui a fait entrer les Pieds-Noirs dans le cinéma français"... http://www.actuj.com/2015-02/culture/1451-mort-de-roger-h... 

17/11/2013

Camus complexe, Camus vraiment lu…

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Dictionnaire Camus.jpgCamus est encore l’objet de déformations de sa pensée : malentendus exploités, projections idéologiques, certitudes plaquées sur quelqu’un qui refusait la certitude, citations tronquées (dont la plus célèbre, une phrase prononcée à l’occasion du Prix Nobel). Or lire Camus, c’est d’abord, évidemment, le lire, et, comme il le disait dans une note des Carnets, attentivement. Et c’est tout lire. Car les ouvrages s’éclairent l’un l’autre, se complètent. Et occulter une partie de son œuvre, ou ne retenir que ce qui arrange une interprétation dans un sens ou un autre, c’est mentir. De même son action éclaire aussi le sens profond d’une éthique de vie (non d’une « morale »). Ainsi on retient son refus (légitime) du terrorisme, mais si c’est oublier le refus (identique) de la torture, c’est le trahir.

Si on note ses questionnements au sujet du pays natal déchiré, son rêve (pas si loin de celui des messalistes) d’un futur fraternel où les Pieds-Noirs Algériens ne seraient  pas exclus, ne le transformons pas en chantre de l’Algérie française – ce qu’il n’est pas, ayant dénoncé les injustices de la réalité coloniale, produit des choix de l’Etat, du pouvoir, au bénéfice des riches et de la métropole, pas des prolétaires pieds-noirs d’Algérie. N’en faisons pas un soutien de ceux qui fondent leurs choix sur la haine. Non, lui intervint pour éviter l’exécution de combattants indépendantistes, sans bruit : agir comptait, pas tirer honneur de l’action.

Lire « Le Premier Homme », chef d’œuvre admirable, fidélité à la source native, au milieu social d’où il vient, oui, il faut le lire et le relire. Relire est important : lire, c’est relire, se laisser accompagner par des phrases, laisser la mémoire s’en imprégner, et rendre ainsi possible la perception des liens et des tensions entre telles et telles pensées, sensations, expériences. Donc, Le Premier Homme… Mais en regard, aussi, Les Chroniques algériennes, les chroniques d’Alger républicain, les articles de Combat,  les Écrits libertaires, les Correspondances, les Carnets. Et revenir à Noces, à L’Envers et l’Endroit (source de cette écriture)…  Revenir aux pages qui sont, en prose, à mettre aussi dans le champ de la haute poésie.

On peut parcourir les dossiers de presse qui paraissent : ils donnent des clés, montrent la pluralité des lectures, la richesse de l’œuvre. J’aime aussi beaucoup le Dictionnaire Albert Camus (collection Bouquins) : immense travail qui fait, par articles thématiques, et très nombreuses entrées croisées, un ample parcours synthétique, précieux, riche de citations, d’extraits, pour éviter les omissions, donc  les trahisons …

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Volume regroupant romans, nouvelles, essais…  Coll. Quarto, éd. Gallimard : http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20131116_00390265

Oeuvres, Albert Camus, éd. Gallimard : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Quarto/OEuvres16

17/12/2012

« Algérie, histoires à ne pas dire ». Projection du 4ème volet et débat, le 20 décembre à Paris

FILM JPL.pngINSTITUT CULTS d'ISLAM.png

J'ai vu ce film plusieurs fois. Et cette partie oranaise avec une émotion décuplée par la langue, les langues d'Oranie, les visages de ces êtres, si loin, si proches. Etres qui parlent d'eux, de nous. Comme si l'exode des uns était aussi l'exil des autres. Comme si les vérités que cherchent les uns dans leur mémoire étaient les vérités que d'autres ont sur les lèvres. Jean-Pierre Lledo réussit à filmer les Algériens qui donnent leur parole d'une manière qui met en évidence la beauté des traits et des regards. Fraternité d'évidence, présente dans tous les volets de ce grand film. Regard d'Algérien, soucieux de la mémoire de ses communautés d'origine comme de la démocratie de l'Algérie contemporaine (démocratie qui a besoin de trouver la force d'interroger aussi les ombres de l'Histoire). Ce film a déplu au pouvoir algérien actuel, qui n'a compris ni l'enjeu ni l'authenticité de la démarche... Il est donc très important qu'il soit vu et débattu. Très important qu'il ait sa place dans un lieu comme l'Institut des Cultures d'Islam, dont le pluriel signifie diversité des approches et des identités  : plurielles, effectivement. Occasion, cette soirée, d'entendre le metteur en scène Kheireddine Lardjam parler d'Oran, parler d'Algérie et d'art, en citoyen à la recherche de la vérité de la ville et du pays, en artiste lucide et engagé, qui fait de l'art un outil créateur de beauté et créateur d'énergie : celle que ce qu'il produit peut donner aux spectateurs, aux témoins, aux autres artistes, conscients de tenir dans leurs mains une force transformatrice.

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JEUDI 20 décembre 2012, 19h, INSTITUT des CULTURES d’ISLAM. 

4 ème volet du film de Jean-Pierre Lledo, "Algérie, histoires à ne pas dire" (*) : Oran-Kheireddine Lardjam

Débat animé par Kheireddine Lardjam (**) après la projection.

Présentation sur le site de l’Institut : « Avec Algérie, histoires à ne pas dire, Jean-Pierre Lledo, dans le débat très actuel et l’ardente nécessité de trouver des voies d’élaboration d’une mémoire commune entre la France et l’Algérie, propose par ses films que chacun puisse apporter sa part de vérité au service d’une histoire plurielle. / Avec cette 4ème partie : Oran-Kheireddine Lardjam, c’est un retour sur en des plus grands déplacements de population dans l’histoire de l’Humanité. » (…) « Kheireddine Lardjam, metteur en scène de théâtre en quête d’une vérité revient sur une histoire cachée. ». 

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(*) Jean-Pierre LLEDO, metteur en scène franco-algérien, réalisateur de nombreux documentaires.

Fiche Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Lledo

Biographie et filmographie, sur Africultures : http://www.africultures.com/php/?nav=personne&no=5526

Blog J-P L, filmographie : http://lledo2007.skyrock.com/994145560-Jean-Pierre-LLEDO-FILMOGRAPHIE.html

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 Le FILM (2008), sur Allociné (fiche technique, synopsis, et bandes-annonces) : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=133459.html

Critique, Le Monde : http://bit.ly/1Qy0K5R  CITATIONS : « C'est un long et difficile voyage qui part de Skikda, à l'est de l'Algérie, pour finir à Oran. En quatre segments - Skikda, Alger, Constantine et Oran -, Jean-Pierre Lledo veut traverser la mémoire des Algériens. La mémoire des combats, celle des adversaires, celle la vie quotidienne avant et pendant le conflit. » (…) « Enfin, à Oran, c'est un jeune metteur en scène de théâtre, Kheireddine Ladjam, qui découvre une ville qu'il n'a jamais connue, peuplée d'Arabes, de juifs, d'Espagnols et de Français. Des vieillards se mettent à parler en castillan, une grand-mère voilée chante doucement Besame mucho. Kheireddine Ladjam exhume la tuerie qui suivit à Oran la déclaration d'indépendance. Une tuerie qui fit des dizaines de morts dans la population française, dont il n'avait jamais entendu parler qu'en termes vagues. » (…) « Le film de Jean-Pierre Lledo est plutôt comme une fenêtre d'où s'échappent des voix que l'on n'avait pas encore entendues. Et ce sont les mystères de ce discours hésitant, empêché, qui posent les questions les plus ardues. »

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(**) Kheireddine LARDJAM

Présentation sur le site de sa Compagnie, El Ajouad (et lien vers un entretien): http://www.elajouad.com/fr/presentation/kheireddine-lardjam

ENTRETIEN avec Kheireddine Lardjam, « Le théâtre en Algérie », vidéo Algérie-Focus : http://www.youtube.com/watch?v=2TN11E02Yz8

Site de l'ICI, Institut des Cultures d’Islam : http://www.institut-cultures-islam.org

04/11/2012

« HAÏR C'EST ENCORE DEPENDRE ». Réflexion à partir d'un texte de Daniel Maximin citant Césaire (texte à méditer...)

Des récupérations idéologiques et politiques ont cours en ce moment, là ou ailleurs, à propos de la reconnaissance des crimes du 17 octobre 1961 (déguisée par certains - qui y sont hostiles - en « repentance » : ce qui attise les passions, remue les émotions, les colères, les rancoeurs - ce qui, aussi, autorise la mauvaise foi…). Dans ces heurts où les mémoires et souffrances s’opposent (et intimement dans les questionnements personnels identitaires que ces débats réactivent) parfois la haine affleure (ou déborde). Haine et haines d’autant plus dangereuses que, dans un contexte de crise, des groupes politiques (des mouvances, des partis) instrumentalisent mémoire et Histoire pour, dans l’actualité sociale, introduire des thématiques discriminatoires, des divisions entre les communautés qui composent le pays, provoquer la peur (de l’autre, forcément). Et quand, en plus, la commémoration en hommage aux victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie entraîne une lutte de dates qui recouvre un conflit mémoriel plus important... on ne sait plus qui va crier le plus fort.

Il est donc peut-être nécessaire de relire certains textes qui proposent de prendre recul, de faire un peu silence en soi avec ces remuements douloureux sur un passé individuel et collectif. Qu’est-ce qui libère et qu’est-ce qui entrave ? Penser dans la solitude permet de retrouver son autonomie de pensée, de réfléchir autrement, sans influence politicienne ou communautaire (ce qui ne veut pas dire reniement d’appartenances : mais il y a plusieurs manières d’appartenir – en se faisant piéger par un enfermement idéologique et passionnel univoque, ou en acceptant de constater la complexité des regards sur la réalité et la complexité des communautés humaines elles-mêmes).Ce qui ne veut pas dire non plus renoncement à l'expression, ni même aux revendications justes... 

Daniel Maximin, à propos de la commémoration de l’esclavage, se pose les mêmes questions. On remplace « esclavage » par guerre d’Algérie, colonisation, décolonisation, et on a de quoi méditer sur les choix possibles (quels positionnements?) à ce sujet. (« On »  renvoie à des « mondes », divers : Pieds-Noirs et Harkis, oui - personnes, communautés, et associations - mais aussi Algériens sur les deux rives, Franco-Algériens, anciens appelés, métropolitains, pouvoirs, partis, médias… Mais c’est d’abord un appel à la conscience individuelle… exigence qui interfère… (Et c'est valable pour d'autres conflits passés et actuels...).


« La commémoration a un sens si elle n'est pas déviée. Car, plus important que le devoir de mémoire, il y a le droit à l'Histoire. Il faut que toute l'Histoire soit dite: pas seulement celle des douleurs, mais surtout la plus cachée, celle des résistances. La mémoire doit autant privilégier la parole des opprimés que la condamnation du discours de l'oppresseur. Elle doit montrer que l'esclavage a perdu, qu'il n'était pas fait pour fonder des sociétés, des cultures. Donc il ne doit y avoir ni ressentiment, ni resserrement, ni posture victimaire. Césaire disait : "Attention, haïr, c'est encore dépendre." » Evidemment, d'un lecteur du texte à l'autre l'opprimé et l'oppresseur auront des visages différents. Peu importe : ce qui compte surtout c'est la mise en garde... Attention...
 

Le sens du mot  « dépendre » peut être compris diversement. Ceux qui ont dépendu de l’autorité politique des autres, subi des oppressions (colonisation, esclavage), doivent se libérer du lien qui demeurerait avec la colère et la haine, et les maintiendrait dans une sorte de paradoxale dépendance, intérieure surtout, inconsciente. Mais les situations sont parfois plus complexes, autres, l’oppression avoir des formes très diverses, camouflées, les contraintes être de l’ordre de la manipulation (manipulation d’opinion, aussi, comme le montre et le dénonce Jean Pélégri dans son livre « Ma Mère l’Algérie » : comment la métropole – avec ses pouvoirs – a construit une image collective des Pieds-Noirs, en faisant de cette communauté un bouc émissaire). Et cependant, dans tous les cas, prolonger les luttes passées, ne rien remettre en question de ses croyances antérieures, rester dans la douleur des exils, quels qu’ils soient, cela aussi crée dépendance, autrement. Collectivement il faut travailler à une résilience libératrice, en déconstruisant les manipulations passées et présentes, en refusant les injonctions qui font jouer un rôle, créent une fausse identité, piègent dans de fausses valeurs (qu’on croit siennes et qui sont étrangères profondément). Bien sûr, parler de résilience (Algériens, Pieds-Noirs, Harkis, Appelés, Métropolitains) est plus difficile quand on évoque les plus terribles traumatismes (victimes du terrorisme, enfants de disparus ou de victimes d’assassinats ciblés, survivants d’un massacre, témoins de meurtres, de tortures, nés d’un viol, victimes de viol). C’est là que les communautés peuvent avoir un rôle apaisant ou au contraire aggravant (en croyant même parfois accompagner – mais en réactivant les souffrances, les colères, en les figeant dans un éternel passé, quand le présent est déjà assez dur). Attention aux héros qu’on se crée, aux icônes qu’on fabrique : certains masques peuvent être dévastateurs… Le défi est de ne pas choisir ce qui dévaste… Quand ceux qui haïssent ne dépendent pas seulement (encore…) de ceux qui les ont opprimés ou agressés (ou, c’est pareil, rôles inversés, de ceux qu’ils ont opprimés ou méprisés), mais dépendent aussi (et c’est peut-être la pire prison) de la part la plus sombre d’eux-mêmes, de l’ombre intérieure qui les hante et qu’ils projettent sur le monde, pour une vision manichéiste… 

L'entretien complet est à lire sur le site de L’Express. « Haïr, c’est encore dépendre », Daniel Maximin, 07-05-2009 : http://www.lexpress.fr/culture/livre/daniel-maximin-hair-c-est-encore-dependre_823480.html

Autre entretien, éclairant aussi. « Il faut arrêter d’être esclave de l’esclavage », Daniel Maximin, décembre 2006, L’Internaute : http://www.linternaute.com/histoire/magazine/interview/daniel-maximin/retranscription-daniel-maximin.shtml  (CITATIONS :« La volonté d'oppression est constitutive d'une partie de chacun d'entre nous. C'est le désir de mort pour soi ou pour l'autre qui s'oppose en permanence au désir de vie ou de faire vivre. » (…) « Il reste nécessaire de pratiquer "l'auto-surveillance" dont vous parlez (il répond à une question) vis-à-vis de chacun de nous et vis-à-vis des autres. Il n'est pas utopique de penser que la mort et le mal existeront toujours mais que la Résistance à leur empire est aussi permanente dans l'histoire des hommes. »)

C’est une leçon de lucidité.  Ne risquons-nous pas, nous, tous, en effet, d’être esclaves des attachements à la condition d’exilé (par exemple), quand nous ne sommes ici que de passage? (Ce peut être aussi le contraire, avec les pièges de l'ancrage local, ou des visions ethnicistes, à la façon des Identitaires ou des Indigènes de la République...). Ne sommes-nous pas, tous, souvent, dans l’illusion de l’innocence intime, communautaire, ou nationale, quand personne n’a échappé, en réalité, aux choix les plus mortifères. Ne serait-ce que par contagion. Ne serait-ce qu’en se taisant… 

12/04/2012

1962-2012. GUERRE D’ALGERIE, Histoire, mémoires, présent, et futur à construire. DOSSIER... et LIENS

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La presse a marqué l’anniversaire de mars (fin officielle de la guerre d’Algérie, mais pas des drames et des morts). L’indépendance, c’est après, et l’exode, c’est plus tard, l’été. J’ai lu, bien sûr, parfois avec une impression d’overdose (apprendre encore, apprendre, comprendre ? Ou réactiver des émotions ?). Parfois avec le sentiment, au contraire, d’un manque (tant de choses non dites, mal expliquées, refoulées, occultées).

J’ai mis du temps avant d’acheter le hors série du Monde, « Guerre d’Algérie, Mémoires parallèles ». D’abord à cause du titre. Parallèles, ces mémoires, vraiment ? Parallèles seulement ? Parallèles, lesquelles ? Algérie et France ? Mais quelle Algérie et quelle France ? L’Algérie du peuple ou l’Algérie du pouvoir ? La France métropolitaine ou celle des mémoires des natifs d’Algérie exilés ? Mémoires des historiens, des acteurs, ou des témoins ? Pays de 1962, ou pays actuels, en 2012 ? Oui, le numéro présente des mémoires parallèles, globalement. Mais les mémoires croisées de ceux qui veulent entrer dans la mémoire de l’autre, tout en assumant la leur, où sont-elles ? Je n’ai pas retrouvé tout à fait dans ce sommaire la force des problématiques posées avec tant d’humanisme lors de la conférence sur mémoire et histoire au Forum des images (voir ci-dessous, programme et bilan, deux notes). Mohammed Harbi, cependant, évoque la possibilité de mémoires partagées (pas encore communes, mais partagées).

Autre chose m’avait gênée, quand j’avais entrouvert le journal pour regarder rapidement l’avant-propos. Dès le début, une citation de Sartre, lui qui appelait au meurtre terroriste dans sa préface au livre de Frantz Fanon (ce qui avait scandalisé Jean Daniel). Sartre parlant de névrose au sujet de la France… on a les références qu’on peut… Mais le reste du texte de Michel Lefebvre pose d’une manière correcte la question des mémoires qui ne se rencontrent pas, dans cet avant-propos qui tient lieu d’éditorial…

 J’ai donc lu. En commençant par la fin : la bibliographie. Je la trouve très insuffisante, il aurait fallu deux pages. Ce qui manque semble correspondre à des choix, une vision partielle ou partiale : d’autres titres auraient pu rendre compte d’une réalité plus complexe. Benjamin Stora est omniprésent, et d’autres à peine évoqués, ou pas du tout (Cf. letexte de Roger Vétillard, mentionné plus bas, à propos de La Déchirure : même questionnement). Peu d’Algériens, peu de Pieds-Noirs. Pas de sites, la Toile est négligée : pourtant bien des adresses auraient pu être données, bien des pages indiquées (ne serait-ce que l’INA, mais pas seulement…). Absence de l’apport de la littérature (une bibliographie sans Mouloud Feraoun, Kateb Yacine, Albert Camus, Jean Pélégri, René-Jean Clot, et tant d’autres). Pas de filmographie… 

J’ai apprécié la publication du texte d’Albert Camus, sa « Trêve pour les civils », appel de 1956. J’ai lu les articles sur la torture, les viols (et la page, sur le poignard de Le Pen : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/16/le-grand-blond-au-poignard_1669337_3212.html ), les pages sur Jacques Chevallier, éclairantes aussi sur l’OAS (et je note qu’un livre sur lui va paraître en mai, «J. Chevallier, l’homme qui voulait empêcher la guerre d’Algérie », de José-Alain Fralon). L’entretien avec Mohammed Harbi est riche d’informations, et il y montre un esprit qui rejette le sectarisme, les visions figées : « La colonisation est un fait historique et social. Elle est ambivalente dans ses manifestations et c’est une erreur de dire qu’elle a été globalement positive ou globalement négative. » (Là il renvoie dos à dos les ultras de tous bords, extrémistes de droite ou de gauche). J’ai été intéressée par les témoignages, et notamment l’article sur Ali Aissaoui, fils d'ancien harki. Et j’ai aimé retrouver Jacques Ferrandez et ses BD. Mais je trouve qu’il manque des éclairages importants. Peu ou pas d’antériorité historique (un peu comme El Watan le reproche à La Déchirure : voir ci-dessous). Pas de présence collective des populations qui vivaient en Algérie, la complexité du sentiment d’appartenance à cette terre, la complexité des liens. Absence des « petits », des humbles et des pauvres. Rien ou presque sur la réalité coloniale, avec ses aspects divers – faits sociaux et culturels, injustices et apports. Et pas de questionnement au sujet du terrorisme (comme c’est fait à juste titre pour la torture). Les attentats contre les civils ont juste une place dans la chronologie…

Dans son texte sur les mémoires sous tension, B. Stora évacue d’une phrase la question du mur des victimes du FLN (Disparus), comme si c’était un facteur aggravant des tensions actuelles, comme si ces victimes n’avaient pas droit au respect, et leurs familles à un  lieu de recueillement… (Des controverses les avaient d’ailleurs assimilés à des activistes, ce qui est faux. Laissons les activistes avec les activistes et ne mélangeons pas tout…).

Un passage d'un texte (historienne, Sylvie Thénault) m'a interpellée. Idées reçues sur la guerre. Notamment une. Le fait qu'on ait confondu le rejet du FLN (pour ses méthodes, la terreur) et le rejet de l'indépendance. C'est une idée fausse qui perdure, oui. Mais de la même manière on confond l’anticolonialisme avec des pensées qu’on lui associe et qui n’ont pas à l’être. L'Histoire ne pouvait amener qu'à la fin de toutes les colonisations, quelle que soit leur forme (mais des colonisations continuent à être justifiées, cf. Tibet/Chine, pour ne donner qu’un exemple). Cependant refuser par principe le fait de coloniser ne force pas à penser le passé comme s’il se déroulait en 2012 : la conscience a changé dans les démocraties. Ces prises de conscience doivent être assumées par les pays, donc la France métropolitaine, dont les pouvoirs ont décidé de coloniser. Dénoncer le fait colonial ne doit pas devenir une condamnation des populations immigrées venues vivre et naître dans telle ou telle colonie. C’est pourtant ce qui se fait en France : les Pieds-Noirs sont utilisés comme alibi pour un déni historique (qui donc a colonisé si ce n’est la métropole des Français ? sûrement pas les immigrés espagnols ou les communards expulsés de force, ni les Alsaciens réfugiés, ni les Juifs berbères là depuis toujours… !). Jean Pélégri le disait bien dans son livre « Ma mère l’Algérie », on jettera l’opprobre sur les Pieds-Noirs qu’on accusera de tous les maux : habitude des métropoles, notait-il… Et penser la colonisation ne doit pas devenir (comme c’est souvent le cas) une sorte de catéchisme rigide posant des cadres où toute complexité des faits ne peut qu’échapper…            

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INFORMATIONS :

1830-1940 : "Un siècle de passions algériennes, Une histoire de l'Algérie coloniale", somme de Pierre Darmon : http://www.lepoint.fr/culture/2009-11-29/l-algerie-des-pa...

Guerre d’Algérie, fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d'Alg%C3%A9rie

Chronologie, sur linternaute.com (quelques repères) : http://www.linternaute.com/histoire/categorie/49/a/1/1/histoire_de_la_guerre_d_algerie.shtml

Livre. « Que sais-je ?». La guerre d’Algérie, par Guy Pervillé : http://guy.perville.free.fr/spip/article.php3?id_article=107

Le camp de LODI. « Le camp des oubliés », Nouvel Observateur, 2010  (Centaines de Pieds-Noirs indépendantistes arrêtés) :   http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20100318.OBS0307/lodi-le-camp-des-oublies.html

La Déchirure, documentaire France 2, de Benjamin Stora et Gabriel Le Bomin, avec la voix de Kad Merad.   Lire l’article du Parisien (Kad Merad raconte la guerre d’Algérie) : http://www.leparisien.fr/tv/kad-merad-raconte-la-guerre-d-algerie-11-03-2012-1899832.php  La qualité de ce documentaire n’est en général pas mise en doute, le sérieux de l’entreprise, mais il y a des controverses entre historiens français autour  de ce documentaire. Cf. Benjamin Stora et Daniel Lefeuvre : http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2012/04/10/23971171.html  Ou Roger Vétillard, qui met en question l’omniprésence de Benjamin Stora, et exprime quelques réserves concernant le film...  La réception en Algérie est assez critique (El Watan pointe la limitation du film à un axe qui occulte l’antériorité historique).

Dossier "Guerre d'Algérie'", sur Herodote  https://www.herodote.net/Guerre_d_Algerie-synthese-319.php 

« Fin de la guerre d’Algérie : le massacre d’Oran reste dans les mémoires » https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_du_5_juillet_1962  

Enlèvements, Disparus. "Les Pieds-Noirs ont-ils été abandonnés par la France?", Le Point, 25-01-12 :  http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/francois-guil...

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La tragédie des HARKIS...

Documents sur le site de l'association AJIR pour les harkis : http://www.harkis.com et sur le blog d'Harkis et droits de l’hommehttp://ahdh.blog.lemonde.fr

Harkis. VIdéo INA : http://www.ina.fr/video/CAA8200509301/les-harkis.fr.html 

L'EXIL. Texte de Serge Molines, sur Algérie-Pyrénées : http://www.algeriepyrenees.com/article-algerie-mon-amour-... 

Comment l'idéologie (des uns et des autres) déforme la réalité historique, jusqu'à nier des faits (massacres) ou à changer la réalité des causes (cf. Pierre Daum et son analyse idéologique haineuse de l'exode des Pieds-Noirs). Lire cette note au sujet des massacres de Harkis : Apprentis historiens (et manipulateurs), un article intéressant sur Harkis et Droits de l’homme : http://ahdh.blog.lemonde.fr/2016/04/02/les-harkis-la-2-cv... 

Sur les PIEDS-NOIRS... 

Les Pieds-Noirs, 50 ans après, Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/01/27/01016-... 

Pied-Noir (wiktionary) : https://fr.wiktionary.org/wiki/pied-noir 

Note historique, dossier Migrations, Pieds-Noirs (7 pages) : http://migrations.besancon.fr/quitter-son-pays/rapatries/... 

Fiche wikipedia, Pieds-Noirs : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pieds-noirs

Librairie Pied-Noir, Biblio : http://www.librairie-pied-noir.com

Et voir ici la liste Frères de Rive...s (Algériens et Pieds-Noirs, nombreux liens : dernière liste de la marge gauche)

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TEMOIGNAGES :

Portraits d’oubliés de la guerre d’Algérie, Nouvel Obs, 29-02-12 : http://tempsreel.nouvelobs.com/les-50-ans-de-la-fin-de-la-guerre-d-algerie/20120229.OBS2568/algerie-l-histoire-oubliee.html

Le souvenir à vif des Pieds-Noirs de Carnoux,Le Monde, 15-03-12, Julien et Christian Fenech : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/15/le-souve... ("un pied sur les deux rives", rêvant d'être de ceux qui seront le "fer de lance des contacts au-dessus de la Méditerranée")

Pieds-Noirs, Portraits d'exilés, Le Monde, 19-03-12 (famille Fenech, et autres témoignages): http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/19/pieds-no...

La mémoire refoulée des appelés d'Algérie : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/15/la-memoi...

France-Algérie : les blessures invisibles, France24 (« Ecouter la parole des victimes de tous bords » : crimes, tortures, disparitions, traumatismes). Vidéo et texte: http://www.france24.com/fr/20120317-france-algerie-blessures-invisibles?ns_campaign=editorial&ns_fee=0&ns_linkname=20120317_france_algerie_blessures_invisibles&ns_mchannel=RSS&ns_source=RSS_public (« Pourquoi cette chape de plomb ? Entre la France et l’Algérie, c’est une question de mémoire. Une mémoire en lambeaux. », Adel Gastel)

« Disparus sous le secret ». Libération, 16-03-2012 : http://www.liberation.fr/societe/01012396261-disparus-sous-le-secret (« «Mais qu’est-ce que ça veut dire, disparus ?» C’est sur cette question, posée en voix off par Hélène Cohen au-dessus de la tombe de son père, que s’ouvre Algérie 1962, l’été où ma famille a disparu, un documentaire de 90 minutes qu’elle a réalisé, coproduit par France Télévisions et 13 production. »)

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EXPRESSION de VICTIMES du FLN et de l’OAS (additif expo N Guiraud) :

Un article de Delphine Renard, victime de l’OAS. « Guerre d’Algérie : l’histoire en révision » : http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/02/07/guerre-d-algerie-l-histoire-en-revision_1639524_3232.html (Elle parle de la terreur venue de l’OAS, mais pas de celle causée par le terrorisme du FLN… Elle exprime une légitime révolte au sujet d’hommages rendus à des activistes. D’autres hommages, télévisuels notamment, chaînes publiques, ont pourtant été rendus, aussi,  à des poseuses de bombes du FLN. Seules leurs victimes en ont été choquées : mais leur souffrance n’en a  pas été reconnue pour autant… J’avais fait une note sur cela – tags : terrorisme, Algérie).

Livre, « Lettre à Zohra Drif », de Danielle Michel-Chich (Alger, attentat FLN du Milk-Bar), « La petite Dany du Milk Bar », La Croix, 08-02-2012, par Bruno Frappat : http://www.la-croix.com/Culture-Loisirs/Culture/Livres/La-petite-Dany-du-Milk-Bar-_NG_-2012-02-08-766546 (« Lettre à Zohra D. C’est un coup à l’estomac. Une révélation d’humanité. On n’ose pas dire un chef-d’œuvre tant il est mêlé à l’existence de son auteur. » (…) « Milk Bar, le 30 septembre 1956. Ce jour-là, rue d’Isly, à Alger, une militante du FLN, âgée de vingt-deux ans, dépose une bombe sous une table et s’enfuit. »)  ADDITIF 2 autres articles, éclairage différent

Exposition de Nicole Guiraud, Survivre :  http://dalgerie-djezair.viabloga.com/news/exposition-survivre-de-nicole-guiraud-a-perpignan-au-centre-de-documentation-des-francais-d-algerie-couvent-sainte-claire  (voir aussi à son nom, listes). EXPO prolongée jusqu'à fin avril.

Lettre ouverte de Nicole Guiraud (victime du FLN, attentat du Milk Bar) à Danielle Michel-Chich. Elle y exprime certains désaccords et son propre ressenti. La lecture de l’une et de l’autre nous permettra d’entrer dans la complexité des faits et de la manière de les penser. : http://dalgerie-djezair.viabloga.com/news/lettre-ouverte-de-nicole-guiraud-a-danielle-michel-chich  (« J’ai été très touchée par ce témoignage, pouvant parfois presque mot pour mot le faire mien… » (…) « Cependant, progressant dans la lecture du livre, je me suis posé quelques questions… » (…) » Vous écrivez également d’autres choses qui m’ont choquée, peut-être même blessée, et que je trouve profondément injustes. ») Nicole Guiraud réagit aussi à l’intervention de D M Chich dans une émission : http://dalgerie-djezair.viabloga.com/news/la-guerre-d-algerie-selon-b-stora-et-france-2-suite 

Associations :

L’ANPROMEVO (victimes de l’OAS) :  http://www.net1901.org/association/ASSOCIATION-NATIONALE-POUR-LA-PROTECTION-DE-LA-MEMOIRE-DES-VICTIMES-DE-LO.A.S.-ANPROMEVO,91263.html et  Les AMIS de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons  (M.Feraoun, M.Marchand, S.Ould Aoudia et leurs collègues, assassinés par l’OAS le 15 mars 1962) : http://max-marchand-mouloud-feraoun.fr 

L’AVICCEAL (association des victimes du FLN - dissoute en 62).  Du fait de la disparition de cette association ce sont les associations de rapatriés qui s’expriment à ce sujet, comme le Cercle algérianiste, par exemple (Voir, ainsi, certaines pages, point de vue sur l’Histoire) : http://www.cerclealgerianiste.fr/splash.html 

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QUESTIONNEMENTS :

Histoire de la guerre d’Algérie. Manuels en France et en Algérie, Le Monde, « Guerre d’Algérie, un récit à deux voix » : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/18/guerre-d-algerie-un-recit-deux-voix_1670676_3212.html

Sur la nostalgie de l’époque coloniale en Algérie, et la problématique du refoulé, en France, par Yassine Temlali, BabelMed, 3-1-06 (« Il faut être aussi clairs sur nous-mêmes, nous autres Algériens, que sur la société française. Le discours officiel algérien a toujours voulu faire croire aux jeunes générations que «le 1er novembre 1954, le peuple algérien s’est levé comme un seul homme contre le colonialisme». Ce n’est pas du tout vrai. Les Algériens qui ont pris le parti de la séparation de la France, le parti de l’indépendance totale de l’Algérie, étaient une infime minorité. Une autre partie de la population algérienne n’était pas indifférente à une certaine présence française en Algérie. Le courant qu’elle a pu représenter dans la société algérienne de l’époque existe encore aujourd’hui dans la société algérienne. » (…) « Le problème de fond en France est que la société française ne veut pas réellement s’interroger sur son histoire coloniale. Cette histoire est de l’ordre du refoulé. »)

Racisme colonial en France. Conséquences idéologiques de l’Histoire récente et de la manière de penser la guerre d’Algérie ; Une réflexion de Madjid Ben Chikh. (Discours antimusulman ou acceptation inconditionnelle, deux faces du même regard qui ne tient pas compte de la complexité diverse des êtres en globalisant une appartenance mythifiée). Sur MondeEnQuestion... 

Infiltration du FLN, paranoïa, exécutions, la bleuite, Nouvel Obs : http://tempsreel.nouvelobs.com/les-50-ans-de-la-fin-de-la-guerre-d-algerie/20120404.OBS5422/guerre-d-algerie-le-poison-de-la-bleuite.html

Analyse sur le terrorisme et la torture, point de vue sur la chaîne des causes, paru dans Libération en 2000, et repris sur Algeria Watch : http://www.algeria-watch.de/farticle/1954-62/addi.htm 

 « France-Algérie. : pacte contre la mémoire », de Ghania Khelifi, BabelMed, 30-01-12 : http://www.babelmed.net/Pais/Alg%C3%A9rie/francealg%EF%BF%BDrie_pacte.php?c=7243&m=36&l=fr  (« En réalité seuls ceux qui croient en l’amitié entre les deux peuples, ceux qui font la différence entre l’Etat colonial et les populations réclament la lumière sur l’histoire partagée et la libération des mémoires. Les autres ne sont que des politiciens que cette lumière effraie et dérange. »)

2012, anniversaire. La presse algérienne et la commémoration de la fin de la guerre, slateafrique.com : http://www.slateafrique.com/84333/algerie-france-guerre-c...

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LIVRES, BD, FILMS :

Sélection de livres, librairie Jeunesse, librairiesandales : http://librairiesandales.hautetfort.com/archive/2012/03/19/guerre-d-algerie-bibliographie-selective.html

Les ROMANS de la guerre, collectif, Omnibus, decitre.fr : http://www.decitre.fr/livres/Algerie-les-romans-de-la-guerre-Les-mauvais-sentiments-La-derniere-impression-Le-jardin-de-Djemila-Qui-se-souvient-de-la-mer-La-grotte-Les-Bagnoulis-L-opium-et-le-baton.aspx/9782258058507

Sur Kateb Yacine (l’écriture, l’engagement), par Yassine Temlali, BabelMed, 7-11-10 :  http://www.babelmed.net/Pais/Alg%C3%A9rie/kateb_yacine.php?c=6103&m=36&l=fr

Chroniques algériennes, d’Albert Camus, présentation brève, émission, France 3, document INA : http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/2288647001/albert-camus-chroniques-algeriennes-1939-1958.fr.html

BD. Carnets d’Orient, Terre fatale, Jacques Ferrandez, decitre.fr : http://www.decitre.fr/livres/Carnets-d-Orient-Tome-10-Terre-fatale.aspx/9782203015333 

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Etude. L’impact à long terme du traumatisme de masse. Enquête qui mériterait d’être élargie à d’autres groupes humains, victimes de génocides, pour les uns, de répression, pour les autres, d’exode, pour d’autres encore, de racisme et d'ostracisme, pour beaucoup. Cette étude pourrait  notamment concerner les anciens Harkis et leurs familles, les Pieds-Noirs et leurs descendants, et, bien sûr aussi, les Algériens et Franco-Algériens, générations successives sur les deux rives, toutes marquées par l'Histoire et la guerre. A lire sur armeniantrends : http://armeniantrends.blogspot.fr/2012/04/limpact-long-terme-du-traumatisme-de.html

21/01/2012

Boualem Sansal. Entretien avec Arezki Metref (le Soir d’Algérie) : citations

« Le premier réflexe de toute communauté est de rejeter celui qui vient lui dire des choses qui la dérangent dans ses certitudes ou dans son sommeil. »

 (Réponse de Boualem Sansal à la question d’Arezki Metref sur « la collision de son œuvre avec le dogme », et l’hostilité de ceux qui en sont les gardiens.)

Mais voici une autre citation,  qui donne son titre à la page : « L’Histoire de l’Algérie a toujours été, depuis l’Antiquité, écrite par les autres, les Romains, les Byzantins, les Vandales, les Arabes, les Turcs, les Espagnols, les Français, et tous nous ont traités dans leur Histoire comme si nous n’existions pas, comme si nous étions une race disparue ou vouée à la disparition, ou au mieux comme si nous étions une partie congrue d’eux, des bâtards. Et lorsque, enfin, nous sommes maîtres de notre destin, donc en mesure d’entrer dans notre Histoire et de la poursuivre, des gens, nos chefs autoproclamés, incultes et complexés, ont décidé de nous inscrire dans une Histoire qui n’est pas la nôtre, ils font comme s’ils avaient honte de notre identité, de notre histoire, comme si nous étions réellement des bâtards. »

Cet entretien complète tout à fait la réflexion entamée dans des notes précédentes, d’où l’importance que je lui accorde. Il faut que nous ayons le courage de déranger : la vérité des faits s’impose avec le temps, comme la complexité de la réalité fait éclater les certitudes simplificatrices...

Lecture intégrale de l’article, sur lematindz.net, 19-01-2012, « L’histoire de l’Algérie a toujours été écrite par les autres ». : http://www.lematindz.net/news/7072-boualem-sansal-lhistoire-de-lalgerie-a-toujours-ete-ecrite-par-les-autres.html

02/12/2011

CARNETS D’ORIENT, BD de Jacques Ferrandez, L’Intégrale

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Bédéiste, Jacques Ferrandez l’est, d’évidence : il a réussi à créer une oeuvre forte, riche d’albums qui nous racontent une histoire qui rejoint l’Histoire, celle de son pays natal, et des communautés de ce pays, dans un contexte violent de colonisation, guerre, et décolonisation. Des personnages riches en profondeur et humanité permettent de saisir la complexité de cette longue période, sans dogmatisme, sans projections idéologiques, sans volonté de juger les uns ou les autres. Les carnets d’Orient, qui constituent une part importante de cette œuvre, majeure même, sont regroupés en deux volumes (mais disponibles en albums séparés aussi). Je présenterai les différents ouvrages plus précisément, en leur consacrant, petit à petit, une vignette et une page dans un album dédié aux bandes dessinées, qui va s’ouvrir avec ces deux volumes compacts.

C’est donc un auteur de BD, un très bon. Cependant on découvre le peintre, à travers les tableaux de son personnage, Joseph Constant. Mais on sent que le bédéiste observe le peintre, car les tableaux font partie de l’histoire, et posent un regard sur l’histoire de l’art, aussi : l’orientalisme, ses réussites superbes et flamboyantes parfois, ses limites, que le bédéiste veut, lui, franchir. Il n’est pas dans un rapport de contemplation extérieure, celle qui reste étrangère, malgré la fascination qui est celle des grands artistes orientalistes, malgré l’empathie, même : lui regarde de l’intérieur, ses personnages jouent des rôles qui parlent aussi des siens, et de possibles identifications avec les uns et les autres, des parts des uns et des autres. Loin d’une vision duelle, il propose une lecture qui cherche l’approche universelle, et trouve cette dimension dans les récits d’une douloureuse période historique. C’est une création fidèle à l’héritage humaniste de Camus, de Feraoun.

CARNETS D’ORIENT, L’Intégrale, tome 1, 2008 : http://www.casterman.com/Bande-dessinee/Catalogue/albums-...

Présentation EDITEUR : «Ce premier tome de l’intégrale des CARNETS D’ORIENT de Jacques Ferrandez réunit en un volume unique les cinq premiers tomes de la série (de Carnets d’Orient au Cimetière des princesses) – soit l’époque historique s’étendant des premières années de la colonisation de l’Algérie à la veille de l’indépendance. Bonus : en complément de l’album, un carnet de croquis relié, à la manière d’un fac-similé, rassemble les peintures réalisées par Joseph Constant, le personnage principal du premier volume de la  série. »

L’intégrale, tome 2, 2011 BdFugue : http://www.bdfugue.com/carnets-d-orient-integrale-t-2

Présentation EDITEUR. Citation : « Après un premier tome regroupant les cinq épisodes du premier cycle narratif de la série, le second volume de cette intégrale rassemble en un volume unique les cinq titres du second cycle (La Guerre fantôme, Rue de la bombe, La fille du Djebel Amour, Dernière demeure et La Valise ou le cercueil), qui commence en 1954, à la veille de l’insurrection. »

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BioBibliographie de Jacques Ferrandez, sur wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Ferrandez   

 et… bdparadisio.com : http://www.bdparadisio.com/scripts/detail.cfm?id=664

Article, Le grand soleil de Jacques Ferrandez, sur actuabd.com : http://www.actuabd.com/Le-grand-soleil-de-Jacques-Ferrandez  (Citation : « La saga des Carnets d’Orient puise à deux sources très différentes. La première relève d’une certaine tradition historique de la bande dessinée franco-belge. Le trait de Ferrandez est sage, sans envolées excessives. Il fait preuve d’une certaine neutralité qui est aussi celle du propos. Ferrandez ne se propose pas de juger l’histoire de l’Algérie coloniale. Son graphisme respecte cette intention. »)

19/10/2011

Le 17 octobre 1961. Crime ? Oui. Crime d'Etat ? Oui. La mémoire, oui. Mais... toute la mémoire ?

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Lire pour s’informer. Mais aussi se poser quelques questions…

ARTICLES

Le Monde (deux grandes pages). Titre papier : « 17 octobre 1961, Toute une Histoire », titre sur le site : « Les plus faibles, ils les achevaient jusqu'à la mort » (reprenant une parole citée). 17-10-2011 : http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/10/17/17-octobre-1961-toute-une-histoire_1587334_3246.html

L’article du Monde donne beaucoup d’informations, et il est donc à lire, mais on peut lui reprocher, d’abord, de ne pas donner assez le contexte de ce jour précis.

« Ce jour-là, les "Français musulmans d'Algérie" manifestaient à l'appel de la fédération de France du FLN contre le couvre-feu qui leur avait été imposé par le préfet de police de Paris,Maurice Papon.  Cantonnés habituellement aux bidonvilles de banlieue, plus de 20 000 hommes, femmes et enfants défilent alors pacifiquement dans les rues du Quartier latin, sur les Grands Boulevards, aux abords des Champs-Elysées. La violence policière est inouïe. »

(Et j’ajouterai un autre reproche : il participe du déséquilibre de la mémoire, non par ce qu'il est, mais par les manques qui lui font face. Aura-t-on en mars deux pages sur le 26-3-62 ? Aura-t-on en juillet deux pages  sur le 5-7-62 ? Et sans amalgames ? Pas sûr… Mise à jour années suivantes : non, pas de pages...).

 Pour bien comprendre le drame, réel, de ce jour du 17 octobre il faut que nous ayons en mémoire qui est ce Maurice Papon, alors préfet de Paris : « Homme politique et haut fonctionnaire français, condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l’humanité pour des actes commis alors qu'il était secrétaire général de la préfecture de Gironde entre 1942 et 1944, sous l'occupation allemande. » Et «Préfet de police en mars 1958, il a également été impliqué dans la répression sanglante de la manifestation organisée par le FLN, et dans celle du 8 février 1962, organisée pour protester contre l'O.A.S., connue sous le nom de l'affaire de la station de métro Charonne. ». C’est un  rappel minimal, fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Papon  (Par contre sur wikipedia les chiffres donnés pour le 17 octobre ne sont pas très fiables).

Si le 17 octobre a mis beaucoup de temps à entrer dans la mémoire collective, signe d’une résistance à assumer certaines réalités de l’Histoire, et n’a pas la reconnaissance officielle que certains demandent, il est des drames similaires qui souffrent encore d’une longue amnésie, française ou algérienne : 26 mars 62 (Alger), 5 juillet 62 (Oran). (Quand, donc, deux grandes pages dans Le Monde pour le 5 juillet ?). Et, pire, ils sont l’occasion, quand l’amnésie fait une pause, d’une stigmatisation supplémentaire, déformations des faits, amalgames divers.

Oui, le 17 octobre, à Paris, était une manifestation à l’appel du FLN. Mais les manifestants, désarmés, ne devaient sans doute pas être tous des militants du FLN, et de loin (il y avait même des enfants !)… D’ailleurs tous les représentants du GPRA ne l’avaient pas approuvée. Et, oui, de même, les manifestants du 26 mars à Alger n’étaient pas des activistes de l’OAS (la plupart arrêtés ou enfuis…). Désarmés, de même : familles pacifiques parties au secours d’un quartier (et des enfants, aussi… !). Mais l’armée a tiré sur eux, et, là aussi, des blessés ont été achevés. Et le 5 juillet 62 ? Des criminels, ces Oranais ? Méritant un massacre que l’armée française a l’ordre de laisser se perpétrer sans intervenir ?

Et si les manifestants du 17 octobre qui sont morts sont effectivement les victimes d’un crime qu'il faut dénoncer, le FLN, qui appelait à cette manifestation, en avait déjà commis beaucoup, et en commettrait bien d'autres.

Donc, 17 octobre 1961, LISONS… REVUE de PRESSE (très nombreuses références) sur bdic.fr : http://www.bdic.fr/pdf/periodiques_17_octobre.pdf?9c91740d9bfb80d546734817b6e5c348=dba13e62d4b493063af1d8b1b0bd09cb   On tombe d’abord sur une page noire… Mais en cliquant  sur l’icône représentant deux feuillets pour un fichier (en haut  à gauche) la page s’ouvre sans problème…

Des FILMS ?

Je note, d’abord, UN film, car… je ne le vois mentionné nulle part. Et pourtant le 17 octobre 1961 y est largement évoqué… !(Mais l’occulterait-on parce que, dans un autre film, le réalisateur traite aussi du 5 juillet 1962 ? Fort possible… et révélateur de ce qu’est la mémoire des faits de l’Histoire, pour certains commentateurs et acteurs de commémorations. Victimes… ET victimes… On fait des cases, on tue deux fois les uns, croyant servir les autres, et enfermant tout le monde dans les frontières de la haine.).

« Algérie, mes fantômes », documentaire  de Jean-Pierre Lledo, 2004. Long passage sur le 17 octobre, avec des documents et des témoignageshttp://www.filmsdocumentaires.com/films/524-algeries-mes-...

« Chaque personnage témoin d'une blessure, est un fantôme opérant dans le travail de deuil, mais aussi pièce du puzzle d'une Algérie "imaginaire" dont il faut recoller les fragments éclatés, à partir de quoi peut s'élaborer une nouvelle identité… ». C’est ainsi que ce film est présenté sur Africultures : http://www.africultures.com/php/index.php?nav=film&no=762

Le 5 juillet 1962, c'est dans « Algérie, histoires à ne pas dire, 2007, 3ème volet d’une trilogie commencée avec Un rêve algérien, 2003. Deux liens : https://www.youtube.com/watch?v=g8NPraqczuo  et http://www.lemonde.fr/cinema/article/2008/02/26/algerie-h...  

Autres FILMS sur le 17 octobre 1961 : Trois documentaires, et un drame  « Ici on noie les Algériens », 2011, de Yasmina Adi ; «17 octobre 1961 : dissimulation d'un massacre », de Daniel Kupferstein, 2001; « Octobre à Paris »,de Jacques Panijel, 1962. Le drame : « Nuit noire, 17 octobre 1961 », d’Alain Tasma, 2004.

17 octobre 61, les films vus par Le Monde, 14-10-2011 : http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/10/14/octobre-a-paris-et-ici-on-noie-les-algeriens-le-17-octobre-1961-la-justice-se-noya-dans-la-seine_1587857_3476.html  

Une bande dessinée, Octobre noir, de Daeninckx et Mako, 2011 : http://www.bedetheque.com/serie-29903-BD-Octobre-noir.html

Une ASSOCIATION, « 17 octobre 1961 : contre l’oubli » : http://17octobre1961.free.fr/pages/association.htm

Et une autre… « Au nom de la mémoire ». Mémoire qui, là, semble très partielle et partiale, à mon sens, quand on voit les objectifs et les projets :  http://www.africine.org/?menu=fichedist&no=3026

Lesquels, parmi ceux qui réclament la reconnaissance du drame d'octobre 61 seraient d'accord pour remémorer les tragédies du 26 mars et du 5 juillet 1962 (dates censées être… après la fin de la guerre…) ? Certains, peut-être oui, d’autres sûrement pas : il en est pour qui il y a victimes et victimes…

Mais, de même, tous ceux qui commémorent, à juste titre, aussi, le 26 mars et le 5 juillet 1962, seraient-ils prêts à dénoncer avec la même force ce crime du 17 octobre?

C'est à ce prix, un partage des mémoires, si difficile que cela puisse paraître parfois, que le dialogue sur l'Histoire et la mémoire pourra véritablement s'instaurer entre les différentes communautés qui ont dû vivre des drames épouvantables, mal compris, oubliés ou occultés (et... objets de projections idéologiques et politiques, ou d'instrumentalisations diverses, par les uns ou par les autres). C'est ce travail sur soi-même, individuellement et collectivement, qui pacifiera les esprits. Cela commence par l'information, pour un regard vers l'autre débarrassé des miasmes de l'ignorance (méconnaissance qui va avec toutes les formes de la haine).

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17 octobre 61... Le FLN, qui appelait à cette manifestation, mais il était en proie à des divisions et luttes pour le pouvoir. Une partie était déjà en train d’éliminer ceux dont il ne voulait pas pour un partage du pouvoir après l’indépendance, par des assassinats ou par des manœuvres politiques.  Cette manifestation a peut-être été utilisée par un courant contre l'autre. Et le fait qu'un livre qui parlait de la répression du 17 octobre ait été censuré, effacé, par la volonté du FLN, est un signe (voir note du 09-11-11, lien ci-dessous, en bas de cette page). Mais pour ceux qui ont participé, appelés à protester contre les injustices de cette guerre et, concrètement contre le couvre-feu et le système très répressif de Maurice Papon c'était autre chose qu'un éventuel piège : l'expression d'une réelle révolte. Ceci dans le contexte du refus du pouvoir français d'accepter l'indépendance, pourtant inéluctable, mais retardée par les blocages politiques et idéologiques...  refus inséparable de la répression.

Le FLN, lui, autre face de cette tragédie, avait commis nombre de crimes, et allait en commettre d’autres, juste après l’indépendance et bien après. Voici un regard très acide sur les multiples commémorations qui se font en France, en oubliant toujours de mentionner la nature du FLN (nature que l’Algérie a payé très cher), et dans l’oubli de dates qui ne correspondent pas à la grille de lecture associée à une certaine vision de l’Histoire : http://ecrivainsmaghrebins.blogspot.com/2011/10/massacre-du-5-octobre-1988.html (Post sur <ecrivainsmaghrebins.blogspot>.« Massacre du  5 octobre 1988 ». Citation : « Pour ceux qui célèbrent le 17 Octobre à grande pompe, spécialement les Français, je précise que ces MILITANTS FLN INTÉGRISTES ont fait un triple CRIME contre leur propre Jeunesse en 1988, et d’autres après l’indépendance… »).

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Oui, police et armée de ce temps, il y a des CRIMES à dénoncer (armée, police, FLN, OAS). Mais…TOUS ! 17 octobre 1961, 26 mars 1962, 5 juillet 1962 (pour ne citer que ces trois dates, et malheureusement il y en  a bien d'autres…). Ces gens assassinés sont tous natifs de la même terre, Frères de terre, Frères de Rive...S. Tous victimes des erreurs et crimes de l’Histoire… 

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Ne pas oublier…

Deuils en partage. Meurtres en partage. L’horreur de la haine aveugle, de la bêtise criminelle.

Cheikh Raymond Leyris. Assassiné à Constantine, en juin 61. Infos : http://judeoandalouse.free.fr/cheikhraymond.html et http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/LaCulture/malouf.htm  

Mouloud Feraoun. Assassiné en mars 62. Lire : http://mouloudferaoun.free.fr/biographie.html et http://felina.pagesperso-orange.fr/doc/alg/feraoun.htm  (avec un texte de Germaine Tillion).

Jean Sénac, assassiné bien plus tard... Lire « Assassinat d’un poète », de Jean-Pierre Péroncel-Hugoz. http://www.decitre.fr/livres/assassinat-d-un-poete-978286...  

Voir aussi le film d’Abdelkrim Bahloul, « Le Soleil assassiné », sur Jean Sénac... Fiche wikipedia sur le film ... https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Soleil_assassiné  Et fiche sur AlloCiné (synopsis, bande-annonce, critiques presse...)... http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=44858.html

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Voir aussi, NOTE suivante, du 09-11-2011 http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/11/09/17... 

23/03/2011

Algérie, terre de SPIRITUALITES. Islam, soufisme, judaïsme, christianisme. Et une grande figure de concorde : Saint Augustin …

Spiritualités... Car comment parler du pays (son actualité, sa culture : note précédente) sans évoquer cette dimension essentielle de son histoire et de son identité, dimension qui interfère avec la réalité sociale, culturelle, politique, esthétique. (Et joue un rôle important dans les destins individuels, y compris pour les exilés des diasporas diverses : Algériens berbéro-arabes, Juifs algériens, Pieds-Noirs)… Même ceux qui refusent toute légitimité à cette part des vécus de l'être, à cette part intime qui privilégie intériorité et recherche de transcendance (que ce refus soit au nom d'un athéisme militant ou d'une laïcité parfois radicale), même eux sont concernés, car ils sont rejoints par ce qui participe de cette dimension dans l'art, la poésie, la recherche du bonheur et du sens. Spiritualité laïque...

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Des livres peuvent faire entrer dans cette pensée, son langage, ses références, ses repères particuliers. Et des créations plastiques...

Un livre

Sur la spiritualité musulmane, expérimentée dans une vie ouverte au pluriel des cultures… L’itinéraire intérieur de quelqu’un d’ancré dans le monde…

« Eclats d'islam » (Albin Michel, 2009), de Karima Berger (née à Ténès en Algérie, doctorat sur le nationalisme, vit en France depuis 1975). Journal sur le rapport à la spiritualité, dans le cadre de la double culture, et la richesse de la rencontre d'autres spiritualité. (Comment l'islam est vécu ainsi.  « Algérienne, installée en France depuis de nombreuses années, Karima Berger livre une réflexion très émouvante sur son identité spirituelle. » http://www.laprocure.com/livres/karima-berger/eclats-islam-chroniques-un-itineraire-spirituel_9782226183194.html

Une thèse

Sur littérature et spiritualité…

« La spiritualité algérienne s’invite à l’Inalco ». Thèse du poète Yacine Benabid, « Littérature et mystique dans l’Algérie contemporaine ».  Djazairess/El Watan, 07-04-2009. http://www.djazairess.com/fr/elwatan/121904  « Exercice d'interprétation tout aussi vertical qu'horizontal du phénomène mystique dans la culture arabo-musulmane, particulièrement dans sa version maghrébo-algérienne. » (Critique moderne, théorie littéraire, herméneutique, mystique comparée, étude d’un grand auteur soufi...).

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 Une oeuvre plastique et mystique...  Rachid Koraïchi, peintre algérien, plasticien soufi, graphiste...

Vidéo. 14 pièces sur des mystiques. "Les maîtres invisibles" : http://www.youtube.com/watch?v=0XSi4Ot-Hdo  

Autres vidéos (Deux Rives, une Mer / Espagne des trois cultures, etc.) : http://www.google.fr/search?hl=fr&biw=897&bih=389... 

Créations de Rachid Koraïchi (images Google, ample sélection) : http://www.google.fr/images?hl=fr&biw=897&bih=389...  

 Rachid Koraïchi a fait une donation importante à un hôpital parisien (des peintures données à l'hôpital La Pitié-Salpétrière :    (source La Croix, 25-01-11).

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SOCIETE et religion :

Le débat (français) sur l’islam… vu d’Algérie, sur algerie-focus, source Le Quotidien d’Oran, 18-03-11 : http://www.algerie-focus.com/2011/03/18/le-debat-sur-lislam-et-ses-multiples-facettes/  (intéressante analyse).

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Le SOUFISME en Algérie… Textes.

Explication, le soufisme sur un forum algérien, 2007 (et précisions sur l’opposition entre le soufisme et les courants de l’orthodoxie http://www.forum-algerie.com/islam-religions-philosophies/2470-le-soufisme-et-ces-pratiques.html  (« Aujourd'hui encore les courants les plus orthodoxes cherchent à diminuer l'influence des confréries soufies dans le monde, le soufisme étant considéré comme un instrument pour sortir du cadre d'une forme d'orthodoxie stricte et littérale. »)

Intervention de Barkahoum Ferhati (colloque de Bucarest, 2006) sur « Les femmes algérienne soufies » (Personnalité et rôle de Lalla Zeineb, occultée dans l’historiographie, avec une évocation d’ Isabelle Eberhardt, qui la connut. En introduction, réflexion sur l’utilisation, par le pouvoir, des confréries soufies, pour lutter contre le fondamentalisme religieux, l’islamisme : subventions, encouragement de la recherche, aide aux publications. Mais… dans l’oubli des femmes.). Texte complété par une riche bibliographie (dont un ouvrage de Jacques Berque et les « Notes de route » d’Isabelle Eberhardt.

Par Semmar Abderrahmane, article sur Saïd Djabelkhir, journaliste et chercheur algérien, qui étudie notamment le rôle culturel du soufisme, son influence sur la culture populaire, le langage, la philosophie, la poésie et l’art. (Il insiste aussi, dit le chroniqueur, sur la place de la tolérance dans le soufisme) : http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article4104

Riches apports… Mais, aussi, sur niarunblog, une réflexion critique, plus distancée, comme bilan d’un colloque: http://niarunblog.unblog.fr/lumieres-dislam1/6e-colloque-international-sur-le-soufisme/  (Source Liberté, 19-12-09). (Pragmatisme, pensée, femmes, et modernité).

SOUFISME algérien. Vidéo (Abd El Kader) :  http://www.dailymotion.com/video/xa1b44_lemir-abd-elkader...

Un festival et des colloques :

7ème festival international « Soufisme culture et musique »  à Annaba, décembre 2010 : http://fr.allafrica.com/stories/201012080331.html  [Présentation des conférences : culture, Histoire, dont une sur l’alchimiste algérien Ahmed Al Bûnî  (le « houroufisme » étudié en relation avec la philosophie et la psychanalyse chez Jung) et une sur la femme « chez la savante Adjm Bent El Nafiis ».]

Colloque sur le soufisme, 2009 : http://www.maliweb.net/category.php?NID=54143

Colloque sur l’islam (international) sur « Tlemcen, capitale de la culture islamique »  en février 2011 : http://fr.allafrica.com/stories/201102220561.html  (patrimoine, apports culturels, savants…). Et http://www.algerie-focus.com/2011/03/21/colloque-international-sur-lislam-au-maghreb-a-tlemcen/  21-03-11

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Saint Augustin. Un grand VISAGE de Souk-Ahras... visage d'Algérie, visage universel...

Citations sur evene.fr : http://www.evene.fr/celebre/biographie/saint-augustin-66....  

Fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Augustin_d'Hippone 

Colloque sur Saint Augustin, 2004, à Tizi Ouzou, « Entre platonisme et thélologie mystique » : http://www.algerie-dz.com/article149.html   (descendre sur la page après les liens publicitaires…). (Réhabilitation, réappropriation d’un penseur et mystique d’abord rejeté parce que chrétien, puis retrouvé et reconnu). « Depuis, les algériens ne cessent de redécouvrir et de s’initier aux pensées philosophiques et religieuses de ce patrimoine “algérien”, antérieur à l’histoire contemporaine de l’Algérie, en organisant et en participant à de nombreuses manifestations culturelles qui lui sont consacrées. »

Saint Augustin, « figure » chrétienne d’Algérie, dossier (intro, bio, livres, sermons, textes) :  http://www.assomption.org/Augustin/SommaireStAugustin.html

L’Olivier de Saint Augustin, à Souk-Ahras, Thagaste, sa ville de naissance, El Watan, 2006 : http://www.annabacity.net/dossiers/dossier_10_souk+ahras+-+olivier+saint+augustin.html  L’olivier entre mythe et réalité, El Watan, algerie-dz, 2004 : http://www.algerie-dz.com/article1045.html  

Un livre  ("Plaidoyer pour saint Augustin de Souk-Ahras), de Nacéra Benseddik : http://www.berberes.net/forum/viewtopic.php?f=15&t=283 

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Juifs d’Algérie

Sur la Kahina, reine berbère, juive (qui combattit contre les Arabes, au moment de l’invasion arabo-musulmane), à propos du quatrième colloque qui lui a été consacré, en mai 2009. Par Hakim Arabdiou, juillet 2009. http://www.gauchemip.org/spip.php?article10030 (Lire aussi la fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Kahena )

Algérie, les Juifs avant l’islam : http://www.judaicultures.info/Algerie-les-Juifs-avant-l-islam.html

Juifs d’Algérie (déchirure historique) sur sefarad.org  (source le Quotidien d’Oran, 2004) : http://www.sefarad.org/publication/lm/056/html/page31.html

Le site des Juifs d’Algérie, zlabia.com : http://www.zlabia.com

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Chrétiens d’Algérie, la mémoire d’une Algérie plurielle. (Histoire du christianisme en Algérie, premiers siècles, Algérie avant la France, années 1830-1962, et depuis l’indépendance). Synthèse claire, surafrik.com, au 19-12-10 :  http://www.afrik.com/article1773.html

Informations. Chrétiens de Méditerranée, chrétiens d’Algérie : http://www.chretiensdelamediterranee.com

Chrétiens de Kabylie, sur algeriepyrenees.com, janvier 2011 (source El Watan) : http://www.algeriepyrenees.com/article-algerie-les-chretiens-de-kabylie-64118005.html  

Le tombeau de la Chrétienne (Tipasa) : http://www.djamila.be/Documents/tombeau.htm 

 

Moines de Tibhirine 

Moines : http://www.algeria-watch.org/farticle/sale_guerre/teissier.htm Archevêque d’Alger, 2001 (qui interprète les informations qu’il a eues comme une preuve que ce sont les islamistes qui ont assassiné les moines).

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DIALOGUE interreligieux...

Page sur wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dialogue_interreligieux

Religions pour la Paix :  http://www.religionspourlapaix.org/

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Décryptage… ésotérique…

Don Quichotte, lu par la kabbaliste Dominique Aubier (d’origine espagnole, elle a gardé son nom français de résistante) : http://www.dominique-aubier.com/crbst_30.html  (« Don Quichotte, la réaffirmation messianique du Coran »). Février 2011.

Révolutions de la rive sud ? Une lecture très particulière (ésotérique, initiatique…), D.Aubier : http://dominiqueaubier.blogspot.com/2011/02/revolution-en-islam-algerie-tunisie.html