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13/02/2017

Les aveuglements coupables, et le FN à l'horizon, sordide bal des idéologies...

OBS FN.jpgOn voit actuellement beaucoup de posts sur les réseaux sociaux, de notes dispersées (et autres expressions) au sujet de Fillon... Mais fort peu sur celle qui se situe en tête des sondages, a des affaires en série, joue sur le lissage du parti d'extrême droite pour le faire passer pour un parti "normal". Jusqu'à retirer de son programme le rétablissement de la peine de mort (mais en gardant sa conviction et l'idée d'un référendum - qui serait bien mis en route par une propagande sur les peurs, en utilisant l'instinct de mort et de meurtre enfoui dans les inconscients - pour finir par la rétablir...). Jusqu'à camoufler un peu les fréquentations trop marquées de négationnisme, antisémitisme, racisme, mais en donnant encore largement des rôles à plusieurs dans le parti, et en rencontrant tant en France qu'à l’étranger des partenaires de soufre. Et tout en se faisant passer pour une grande "patriote" elle travaille à des relations internationales avec les dictateurs ou extrémistes qui ont les mêmes visions qu'elle, mais pas forcément un regard positif sur la France...! Ni des projets qui serviraient le pays. J'ai entendu un commentateur se demander si les Français n'avaient pas inconsciemment un désir de fascisme. La question se pose, quand on voit qu'on laisse caracoler en tête des sondages, avec indifférence, une Franco en jupe et cheveux blonds... Donc lecture, pour changer… « Les 5 intox de la candidate du FN »… http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/201702...

Des articles, mais moins de diffusion et de volonté de mise en valeur des questionnements, suivant les journaux.. (Ou au contraire, sur certaines chaînes, dans certaines émissions (radio, télé) un traitement occultant la réalité de la formation d’extrême droite (comme c’est le cas aussi, autre extrême, au sujet de groupes ou personnages porteurs de l’idéologie islamiste (comme si tout devait être lissé). Les électeurs FN de conviction ne changeront sans doute pas pour des informations problématiques sur leur parti (non pour l'argument du "tous pourris" mais parce que cela s'inscrit dans le refus du "système"  qu'ils considèrent que leurs élus peuvent détourner). Mais l'électorat est mobile, et une partie des électeurs de droite, lassés par le feuilleton des affaires, peuvent très bien glisser, eux, vers le FN (c’est déjà le cas pour certains),  ou pas, suivant ce qu'ils liront ou entendront. De plus il n'y a pas que la presse et les médias... Sur Facebook… de nombreux internautes de gauche (soucieux de mettre en avant leur candidat, ou - ego - de faire preuve de connivence idéologique adéquate) se focalisent uniquement sur des critiques de Fillon. Critiques répétitives, n’apportant rien qu’on ne sache déjà - suffisamment choquant en soi, litanie déroulée sans se préoccuper du risque majeur qui se profile (extrême droite soutenue par la propagande complotiste appuyée par des sites Pro-poutine et des manipulations diverses). Il y a des aveuglements coupables. Mais si l'on accepte la perspective d'une "présidente" dansant un jour en tant que telle encore au bal des nazis... on peut alors continuer à détourner la tête. Un président soupçonné de malversations financières ce ne serait guère mieux, mais l’un ne doit pas effacer l’autre…

Challenge FN.jpgPour le FN de Le Pen, Challenges a choisi de mettre l’accent sur, d’une part, les emplois fictifs (la dernière affaire en cours…), et, d’autre part, le programme économique catastrophique et fort coûteux de ce parti europhobe et xénophobe…

Emplois fictifs… https://www.challenges.fr/politique/assistants-parlementa...

Challenges (Lire l’actu), « L’extravagant programme de Marine Le Pen »… http://lirelactu.fr/source/challenges/f84184d0-8676-41cb-...

« Flou sur la sortie de l’euro, mal chiffré, coûteux… Le programme du Front national (…) …un creusement des déficits publics assuré. »… https://www.challenges.fr/politique/exclusif-l-essentiel-...

« Les promesses délirantes… » / « Sur la forme, c’est un catalogue de plus de 140 promesses, plus ou moins floues, souvent coûteuses et mal financées. Marine Le Pen ne s’embarrasse guère de l’équilibre des comptes publics. »… https://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/le...

06/01/2016

Jacques Derrida, la philosophie contre la peine de mort. Séminaire...

DERRIDA.gif« Derrida déclarait à Elisabeth Roudinesco que "tant qu’on n’aura pas déconstruit (…) le discours (…) qui prétend justifier la peine de mort de façon principielle, sans référence à la moindre utilité, on s’en tiendra à un discours abolitionniste précaire, limité, conditionné par les données empiriques, et, par essence, provisoire’’ » Jacques Derrida a donc élaboré, au cours de son séminaire, cette déconstruction systématique d’un discours philosophique favorable à la peine de mort, celui de Kant, pour développer une philosophie abolitionniste (Kant dont Derrida dit que sa pensée de la justice pénale se fonde sur une "morale sacrificielle" : c’est cette "pulsion sacrificielle" qu’il faut donc interroger). 

La chronique de Hicham-Stéphane Afeissa sur Non Fiction donne des clés très intéressantes pour comprendre cette démarche. 

Car c’est vrai que les arguments qu’on utilise contre la peine de mort (et cependant à juste titre) tiennent compte de la logique sociale (inefficacité, prouvée par des études statistiques, contre le crime) et de la morale (ne pas se faire meurtrier du meurtrier pour refuser le crime, ou ne pas déléguer à d’autres le geste de tuer, en assumant cependant le choix donc le crime : chaîne infinie). 

Mais cela reste une morale pensée sans avoir conscience de la dimension sacrificielle, que Jacques Derrida réintroduit dans son analyse.

Aspect très intéressant de la pensée de Derrida, aussi, c’est le lien fait avec notre rapport aux animaux ("Je pense la même chose pour le rapport aux animaux : derrière toutes les problématiques qui sont des alibis au sujet de notre consommation et de notre tuerie des animaux, il y a, au-delà de toutes les prétendues nécessités sur les protéines, etc., il y a une pulsion sacrificielle. (…) Il faut penser ce que signifie ‘sacrifice’ pour approcher aussi bien la question de l’animal que la question de la peine de mort, des deux côtés »).    

Je vois cette oeuvre abolitionniste comme un prolongement de l’écriture et de la lutte d’Albert Camus (et, plus loin dans le temps, de Victor Hugo). Camus et Derrida, deux natifs d’Algérie engagés (chacun à sa manière, chacun avec son langage) contre cette barbarie toujours si présente dans le monde. Cela peut nous aider, au-delà des pétitions et diverses actions contre les exécutions, l’engagement peut être plus fort s’il s’appuie sur des pensées fortes. 

C’est bien nécessaire quand on vient d’apprendre les 47 exécutions en Arabie saoudite, qu’on craint, dans ce pays, pour le poète palestinien et pour le jeune neveu d’un des dissidents assassinés. Quand on doit signer une pétition pour tenter de sauver trois jeunes condamnés en Iran (pays qui exécute encore plus que l’Arabie saoudite…). Même si de plus en plus de pays deviennent abolitionnistes nombreux sont ceux qui ne le sont pas encore (comme les USA, la Chine, etc.).

LIENS :

De Jacques Derrida… Volume 2, Séminaire, La peine de mort (2000-2001), éd. Galilée. Note sur Non fictionhttp://www.nonfiction.fr/article-7875-la_folie_de_la_rais... 

BioBiblio sur wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Derrida 

Sur une biographie de Jacques Derrida (celle de Benoît Peeters, éd. Flammarion). Présentation de l'éditeur: http://www.derrida.ws/index.php?option=com_content&ta...  

Et..., échos...

Réflexions sur la guillotine, Albert Camus : http://www.etudes-camusiennes.fr/wordpress/tag/reflexionx... 

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Le dernier jour d’un condamné, Victor Hugo  https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dernier_Jour_d%27un_condamnéjacques derrida,derrida,séminaire,albert camus,camus,kant,peine de mort,abolition,victor hugo,hicham-stéphane afeissa,non fiction,essais,livres,philosophie,sacrifice,morale,société,idées,animaux,exécutions,arabie saoudite,iran,u.s.a.,chine

13/10/2015

« Nos larmes ont la même couleur », un livre, des êtres, des rencontres...

LIVRE LARMES.jpg

Le titre est très beau, il traduit la manière dont la douleur est vécue, et l’éthique des êtres qui s’engagent, malgré toute la dureté du conflit, la situation qui semble bloquée. Sortir des colères et des rages, malgré l’horreur des drames (là c’est la mort absurde de son enfant, dans un conflit qui s’éternise, avec, de part et d’autre, des chercheurs de paix et des esprits enfermés dans la logique de guerre). Parler à la place des autres, c’est impossible, manipulateur (et trop le font, qui instrumentalisent la réalité, relativement proche mais lointaine cependant, pour des enjeux douteux). Mais entrer dans la souffrance de l’autre pour comprendre qu’elle est exactement la nôtre, c’est une démarche inverse, dont sont capables, justement, des êtres pour qui la réalité n’est pas une information externe, une analyse lue dans un journal, un info entendue, mais le vécu concret, émotionnel, charnel, et pourtant pensé. Celles qui témoignent sont des mères : elles ont perdu un fils, et militent ensemble. Ce conflit, on le suit avec tristesse ou rage, en lecteur/lectrice des journaux, oreille et yeux attentifs aux paroles et images télévisuelles, aux prises de position d’associations (fort diverses, clivées), aux commentaires vus ici et là sur des forums, et très souvent fort décevants, si ce n’est fort inquiétants (tant la haine s’y greffe, au point qu’on ne sait plus si le conflit est cause ou prétexte pour certains). 

Les uns, les autres : la séparation, encore, et les projections. Alors, quoi qu’on puisse penser des choix, des stratégies, des errements… des pouvoirs, constater que des personnes, particulièrement concernées, elles, sont capables d’entrer en empathie avec l’autre, apparemment étranger et ennemi, pour refuser la cassure, et tendre le fil du partage, c’est apaisant. Deux femmes témoignent, mais elles ne sont pas seules. Des familles israéliennes et palestiniennes se rencontrent régulièrement, toutes frappées par la même tragédie personnelle, et se saisissent de cela pour appeler à une prise de conscience, pour dire non à la violence et à la guerre, et dire qu’il est possible de penser autrement. 

On peut lire le livre d’Anne Guion, on peut aussi avoir envie de les entendre exprimer ce qu’elles vivent.  Bushra Awad, Palestinienne, et Robi Damelin, Israélienne, participent à des débats-échanges avec l’auteur du livre, en divers lieux. (Ainsi, le 15 octobre à l’église St-Merry : voir ci-dessous, précisions et lien). 

Le livre, « Nos larmes ont la même couleur » est celui d’Anne Guion, éd. du Cherche-Midi.

Page éditeur (dont version numérique), éd. du Cherche-Midihttp://www.cherche-midi.com/theme/Nos_larmes_ont_la_meme_...  

Résumé (et fiche technique, bio auteur), sur Decitre : http://www.decitre.fr/livres/nos-larmes-ont-la-meme-coule...  

Page Facebook dédiée : https://www.facebook.com/noslarmesontlamemecouleur 

 

Impossible de ne pas faire retour sur d’autres livres… 

Ceux de l’écrivain israélien David Grossman (qui a perdu son fils) :, « Tombé hors du temps »,  « Une femme fuyant l’annonce » et « Un cheval entre dans un bar ».

Bibliographie sur le site du Seuil : http://www.seuil.com/auteur-2742.htm 

« Tombé hors du temps », culturebox.francetvinfo : http://culturebox.francetvinfo.fr/livres/romans/tombe-hor... 

« Une femme fuyant l’annonce », Le Monde : http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/08/25/david-gro... 

« Un cheval entre dans un  bar » (et ce que dit l’auteur, dans la subtilité et la complexité, sur la société israélienne), culturebox.francetvinfo : http://culturebox.francetvinfo.fr/la-rentree-litteraire-2...   

Celui d’Izzeldin Abuelaish, médecin palestinien (qui a perdu trois de ses filles et sa nièce) : « Je ne haïrai point ».

Article du Point, par Armin Arefi, nov. 2012 : http://www.lepoint.fr/monde/israel-palestine-je-ne-hairai...  

En complément, dans la liste Actu, marge gauche de ce blog (il faut descendre un peu…), j’ai posé de nombreux liens vers des articles et des sites, classés à Israël ou Palestine ou Israël/Palestine….

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MISE à JOUR, 19-10-15, après le débat-échange du 15 octobre à Paris : 

Le 15 octobre, Bushra Awad et Robi Damelin, dont les témoignages ont été recueillis par Anne Guion, ont parlé de leur itinéraire personnel : comment passer de la souffrance, qui anéantit, à la capacité d’agir, comment ne pas s’enfermer dans la haine et le désir de vengeance. Elles ont parlé du temps nécessaire pour que le dialogue soit possible, et de la valeur du pardon, qui délivre les victimes et ceux qui ont agressé, tué. Oui, ont-elles dit, lutter pour la paix, contre la violence et la haine, c’est comme vider la mer avec une cuillère à thé. Mais, ont-elles insisté, nous ne pouvons pas renoncer, car nous devons protéger les enfants, l’avenir. Robin Damelin, répondant à une question, a dit que le gouvernement actuel d’Israël était le pire qu’ils pouvaient avoir (mais qu'en face...), que tout était expliqué par la peur, elle-même compréhensible , mais que rien n’était immobile. Elle a ajouté que rien ne pouvait s’ouvrir vers la paix tant que la colonisation continuerait. 
Elles ont expliqué qu’elles n’étaient pas seules, que Le Cercle des parents réunissait 600 familles, et que d’autres associations tentaient d’agir dans le même esprit, car l’espoir est, en quelque sorte, un devoir.
Cela, c’est ce qui est faisable pour eux, Israéliens et Palestiniens.
..
Mais, pour nous, qui vivons ailleurs et nous sentons concernés, impliqués, elles ont fait passer un message, qui leur paraît être l’essentiel de ce qu’elles veulent dire (en plus du pardon, libérateur, qui sort la victime de son statut de victime, et l’agresseur de ce qui semble être son inhumanité). Ce message est une supplique. Que nous cessions d’entrer dans le conflit par le choix d’un camp, que nous cessions de promouvoir la guerre dans des engagements partisans. Que nous soyons des deux camps, seule manière de les aider.
 
"Ne soyez pas pro-palestinien. Ne soyez pas pro-israélien.

Faites partie de la solution, pas du problème." 

........... MISE à JOUR, 07-06-16. Israël-Palestine, recherche d'une troisième voie... Israéliens et Palestiniens ensemble (qui contestent les choix des politiques et ont été déçus par des tentatives alternatives des camps de la Paix). "Two states, one homeland" : http://www.cclj.be/actu/israel/initiative-paix-two-states...

Dans le même esprit... pour lutter contre les clichés, il est bien de noter des expériences dialogiques qui réussissent et donnent espoir. Ou de repérer ce qui contredit les messages de haine ou les visions caricaturales... 

Ainsi, alors qu'en France le conflit Iraélo-palestinien, passionnel, est facilement instrumentalisé et présenté de manière caricaturale (des 'camps' s'affrontant avec haine) peu ont prêté attention à ce que dit la carte interactive de Facebook. En tête des premiers amis des Israéliens sur Facebook viennent les Palestiniens... http://www.caminteresse.fr/economie-societe/sur-facebook-... 

D'Israël, qui connaît en France le village de la paix? "Wahat as-Salam - Nevé Shalom - Oasis de Paix". Village établi par des citoyens israéliens, qui sont des Arabes palestiniens et des Juifs, ensemble... http://wasns.org/-oasis-de-paix- 

Et le Cercle des parents (parents israéliens et palestiniens qui ont perdu des enfants dans le conflit, guerre ou attentats) : http://www.theparentscircle.com

Enfin, lire la tribune magnifique d’Ahmed Meguini (Son récit, sa réflexion, sont une synthèse de tout ce qu'est aussi le message du livre d’Amartya Sen, « Identité et violence ». Ou comment on trouve notre humanité quand on sort de l’identité univoque.) : http://laicart.org/je-nai-pas-sauve-des-juifs-jai-sauve-d...

... Voir aussi ces trois notes... Une sur le film, "Une bouteille à la mer"... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/10/13/un...  Et celle-ci, lectures et liens pour le dialogue ("Penser le conflit sans être le conflit")... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/10/18/is... Et... sur une initiative particulière... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/11/05/is... 

... Et cet entretien avec Aline Baldinger pour son livre sur les "tisseurs de paix"... http://www.cclj.be/actu/israel/aline-baldinger-et-tisseur... 

... Tisseurs de paix, ici, ceux qui utilisent les langues partagées pour créer le dialogue et la compréhension par l'apprentissage linguistique : « Parler en paix » (apprendre l’arabe et l’hébreu ensemble) : http://www.parlerenpaix.org

01/08/2015

"les événements, les faits, les circonstances"

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« Ma conviction est que nous devrons toujours refuser de nous incliner devant les événements, les faits, les circonstances, la richesse et le pouvoir, l’histoire comme elle procède, le monde comme il va. Nous voulons voir la condition humaine telle qu’elle est. Et nous la connaissons désormais en profondeur. C’est l’horrible condition qui exige des charretées de cadavres et des siècles d’histoire pour provoquer une modification infime dans le destin de l’homme. » (…) « Combien  de Socrate ont été assassinés en Europe, ces dernières années ? C’est un signe. Le signe que seul un esprit socratique d’indulgence envers les autres et de rigueur envers nous-mêmes peut constituer une réelle menace pour une civilisation fondée sur le meurtre. Un signe, donc, que seul cet esprit peut rénover le monde. Toute action, fût-elle la plus admirable, qui aurait pour finalité d’asseoir la domination et le pouvoir, ne peut que mutiler l’homme encore plus atrocement. » Albert Camus, « La crise de l’homme » conférence prononcée en 1946 aux Etats-Unis, à la Colombia University. Texte publié par la NRF en janvier 1996.

Ce qu’il dit là après les ravages d’une terrible guerre, l’horreur de l’holocauste, Camus aurait pu le redire en 2015. C’est toujours la même réalité sombre qu’on constate : domination et intérêt, règne de la violence et de la mort.

Actuellement, désespérant spectacle des luttes autour des problèmes et des choix de la Grèce : dureté, mépris, fracture politique, lutte nord-sud dans une Europe plus déchirée qu’on pouvait croire. Pays en posture de bouc émissaire, et pays en position de jeux de règne. Aux frontières, la souffrance, la peur, la mort : migrants (et tout un continent qui interroge la géopolitique, les stratégies mondiales). Pour cela aussi faillite de la pensée qui ne sait s’en saisir, de l’éthique qui se dilue dans des peurs adverses. Plus loin, Asie, autres migrants, Rohingyas musulmans persécutés par des bouddhistes intégristes et racistes : faits sidérants, contraires aux catégories mises en place. Mais, au contraire, terreur diffusée par d’autres musulmans, fondamentalistes, intégristes, stratèges manipulateurs, eux : les islamistes habiles à installer la porosité idéologique qui fait recruter. Terroristes, mais qui se réfèrent à une religion, dont ils ont une vision où la spiritualité a disparu (à des années lumières de la superbe mystique des soufis, et même de la simple pratique du quotidien de tous ceux qui leur échappent et qu’ils voudraient détruire). Le terme « islamistes » contenant le radical « islam » certains réfutent son emploi, mais il est pourtant le seul à désigner le soubassement du système mis en place. Le fait que les confusions soient possibles, les projections et amalgames aussi, cela ne peut justifier le déni. Cela nous impose juste une vigilance accrue : penser des pôles inverses en même temps. Toujours sur le fil du rasoir. Et lire, beaucoup. Relire. Camus autant que la presse, où on trouve des débats de qualité. Terrorisme, il faut mettre le pluriel : les faits dramatiques récents, en Israël, le démontrent, comme la répétition des assassinats de noirs aux USA. « Meurtre », concept clé (rappel de Camus). Même un roi lion se fait assassiner par quelqu’un qui peut payer le droit de cruauté. Meurtre et peine de mort… encore largement répandue. Meurtres, massacres, bombardements, mensonges. « Refuser de nous incliner ». Et soutenir ceux qui refusent…

Mais fil du rasoir et grand écart, pas seulement pour la pensée. Aussi pour savoir quelle place donner en soi aux trois pointes de l’angle. A la préoccupation du monde (qui peut devenir hantise, dérive militante anesthésiante), d’un côté. A la contemplation de la beauté des choses dans ce même monde, à la création pour la déchiffrer, d’un autre côté. Et, enfin, au cheminement intérieur vers plus de conscience, de silence, de l’autre. Trois pieds, trois yeux. Donc, là, pendant que je lisais des poèmes (notes précédentes, notamment, une partie de mon « marché » de la poésie de juin), et pendant que je photographiais et écrivais, j’avais constamment en tête tous les bruits des faits, les mots de la presse, le texte de Camus, et d’autres, chroniques ou éditos, entretiens parfois : documents accumulés, lus stylo en main. Textes (très récents ou beaucoup moins récents…) qui me paraissent donner des clés, mériter relecture, aider à penser l’actualité, pour refuser l’emprise des faits, pour ne pas être prisonniers de leur pouvoir. Textes que je relis, pour moi, textes que je pose en citations dans des notes (ou dans les listes en marge des notes : réserve de pensées, de questionnements, et d'informations prises en compte dans la lenteur contraire aux précipitations des faits donnés en pâture sur des chaînes qui paradoxalement nous coupent du réel).

Indépendamment de ces liens, et pour accompagner Camus, en écho éthique, je note des citations diverses… ci-dessous.

« Pour la majorité d’entre nous qui, n’ayant pas les moyens de stopper la barbarie, est condamnée à la subir, reste la solitude partagée. Ce n’est pas rien. Car plus les êtres humains seront nombreux à être seuls, plus ils constitueront un espace susceptible de reprendre un jour la parole. Car qu’est-ce que l’éthique, pour finir, sinon tenir bon et refuser d’obéir, y compris sans le soutien de l’espoir ? ». Dominique Eddé, texte dans « L’orient littéraire », fragment cité par Marc Saghié, éditorial du Courrier international, hors série sur « L’islam en débat », début 2015 : http://www.lorientlitteraire.com/

La solitude partagée, cela peut donner ce qui suit… Entrer en empathie dans la réalité de la vie d’autrui, sa solitude, en gardant la nôtre, pour dire.

« La route est là ». Ce fut une expo à la Goutte d’Or  (Portes d’or): douleur des migrants. Les artistes du quartier ont choisi de porter la souffrance des exilés de la guerre, des dictatures et de la misère, d’en prendre une part et de la dire. Voici comment cette démarche fut introduite : « Ils quittent leur monde, traversent des mondes, transpercent les cloisons du monde. Ils en meurent, ici. Là, ils s’arrêtent mais ne sont jamais arrivés. Quand ils arrivent on les arrête. Ils repartent, s’envolent et font tourner la terre. Et nous les voyons passer, parfois mourir ; alors un peu de nous tous meurt avec chacun d’eux. ». Texte complet de la présentation de l’exposition collective, Portes d’or, lien, pdf : http://bit.ly/1LXvD5z 

Ce peut être aussi la solitude métaphysique, philosophique, conscience d’un exil sur terre, plus intense que l’exil d’un pays. Solitude commune à Atiq Rahimi et Albert Camus, dans la compréhension intime qu’en a Atiq Rahimi (qui, comme des lecteurs indiens, sait voir en lui une parenté méconnue : avec un Orient de l’esprit). Dans son commentaire sur sa lecture de L’Etranger, paru dans La Croix du 28-07-2011, il témoigne d’autres grandes proximités, comme Shams, ce mystique splendide, maître de Rûmi, Erri de Luca, et Dostoïevski. Et il cite Shams : « Le grand scripte a écrit trois textes, l’un qui pouvait être lu par les autres et par lui-même ; le deuxième qui pouvait être lu seulement par lui-même ; et le troisième qui ne peut être lu ni par les autres ni par lui : c’est moi. ». L’entretien, La Croix : http://bit.ly/1Di59uq

Solitude du refus du troupeau (idéologique, politique, identitaire, religieux…). « Le citoyen c’est l’homme sans étiquette », dit Régis Debray (entretien, Marianne, 5-11 juin 2015 : http://bit.ly/1MEDOp0

En fait la question du choix de la place des sujets sociaux, idéologiques, politiques - les faits, l’actualité, dans l’espace de notre pensée et de notre action, ce n’est pas seulement un problème de temps à consacrer à cela « contre » le temps du reste, c’est principalement la saisie d’un enjeu de langage. Thomas Clerc, ainsi, parle de l’abjection du langage, danger idéologique double : corruption abjecte de la pensée complaisante, idéologiquement paresseuse, d’une part, et anéantissement du langage par l’univers de la terreur, Libération : http://bit.ly/1ICOwJV

Mais, en deçà de la terreur, la politique, déjà, oppose une langue pervertie (par trop de cadres mentaux ?) à la présence du langage en poésie, qui est travail du questionnement, des marges et du doute, un « flou » qui fait traverser les couches du sens. On retrouve cette manière de penser chez Jérôme Ferrari : « La politique pourrit la langue, c’est-à-dire qu’elle fait à la langue l’exact contraire de la poésie ». Voir ce qu’il dit sur la physique quantique - le rapport au réel qu’elle bouleverse, et le rapprochement avec la démarche de la poésie soufie. Dans L’orient littéraire : http://bit.ly/1OW24kH 

04/04/2015

La RUE... Fin de la trêve hivernale... Regards.

DVD AU BORD DU MONDE.jpg300 hommes.jpg

 

Solitude, et pierres. Magnificence des lumières de la ville et terrible froideur. Corps épuisés, êtres dans l’errance. Pas celle de la recherche de soi vers le projet d’autre lieu extérieur et intérieur. L’errance dans la perte et le vide. Des yeux qui appellent au secours, ou qui n’appellent plus. C’est la rue, ici, partout, en France. Nuit : quelqu’un de très âgé étend une sorte de matelas et du plastique au-dessus de lui pour se protéger de l’humidité. Jour : deux enfants sourient aux passants, assis sur une toile avec leur mère, bout de trottoir froid. Scènes de tous les jours. Quai de métro : odeurs d’alcool et de cigarettes, hommes groupés, d’un côté, homme seul, ailleurs, qui lit : il ne veut rien des aides qui le feraient cohabiter avec ces voisins si différents. L’un d’eux, pourtant, cherche à parler aux inconnus : un peu de parole et de regard. Couloir de métro : quelqu’un aborde les gens en dansant, élégant, presque, rire des yeux, c’est l’autre solitude d’un être qu’on voit partout à des heures différentes. La rue est cet espace où se croisent ceux qui n’ont qu’elle comme lieu, et ceux qui n’ont qu’elle comme rencontre. Cela c’est le réel que tous peuvent faire entrer dans l'espace de leur conscience. On regarde ou on ne regarde pas, chacun dans son monde. Mais des créateurs choisissent de faire du regard une action, et  forcer celui des autres pour que peut-être une solidarité vienne (et ce n’est pas vain). Des associations font des paris, en croyant à la culture, la création, qui peut sauver. Documentaires dont la fonction principale est le témoignage (c’est ridicule d’exiger, comme le fait quelqu’un dans un commentaire sous une bande-annonce, de conditionner le fait de voir le film au pourcentage destiné aux gens de la rue). Et, autre expérience, regard de soi sur soi, photographies qui sont celles de ces hors lieux : témoignage, aussi, mais en plus opération d’alchimie, l’appareil photographique devient pour certains l’outil d’une résurrection, preuve que des initiatives particulières sont à inventer. Film, puis DVD, « Au bord du monde » : quel titre juste... l’idée de cet abîme qui fait frontière, sépare de tout. « 300 hommes » : hommes, d’abord humains, parlant de notre humanité. « Prises de rues », exposition. Photographies pour une « deuxième chance »...

 « Au bord du monde », documentaire de Claus Drexel. Bande-annonce (et commentaires sur le film) : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19540665&cfilm=220999.html

Critiques presse, allocine.fr : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-220999/critiques/presse/#pressreview40009004

Citations (presse) : Le Figaroscope : « Un film remarquable de noblesse et d'humanité. » / Marianne, par Alain Dreyfus : « Claus Drexel n'est pas le premier à traiter de la grande exclusion, mais il est le seul à le faire avec un tel parti pris esthétique. Non par afféterie, mais parce que le Cinémascope permet à l'oeil de discerner avec netteté tant les corps défaits que la splendide dureté du monde de pierre qui les abrite et les repousse. » / critikat.com, Marianne Fernandez : « un regard, un regard profondément humain »

Soutien de nombreuses associations (liste sur le site officiel, ainsi que les prix multiples qui récompensent cette œuvre) : « Nous soutenons le film ‘’Au bord du monde’’, pour la dignité et la parole qu'il donne aux sans-abri. Ce film ose le plus bel écrin de beauté pour ces âmes éprouvées et pose un regard sur une société qui ne parvient pas à les protéger. ». SITE (et DVD, Arte éditions, avril 2015) : http://www.auborddumonde.fr/index.php?chemin=null&langue=fr

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« 300 hommes », long-métrage documentaire d’Aline Dalbis et Emmanuel Gras (sortie fin mars 2015). Fiche allocine.fr : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=228337.html

Une démarche, dit Clément Ghys dans Libération (24-03-15), qui refuse de voir ces êtres dans un ensemble confus les abandonnant à l’anonymat : « respect absolu des réalisateurs pour leurs sujets ». Ils « donnent à voir des êtres au milieu d’un inframonde. ». Le lieu où se réfugient ces hommes est à Marseille : http://next.liberation.fr/cinema/2015/03/24/marges-a-l-ombre_1227602  

Diaporama, vidéo, informations et liens, sur le site Les films de l’air : http://www.lesfilmsdelair.com/film/300-hommes

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« Prises de rues », exposition. Treize photographes d’eux-mêmes... Les photographies ont été exposées sur les grilles de l’Hôtel de Ville du IVème arrondissement de Paris jusqu’au 23 mars 2015. Elles sont visibles sur le site Deuxième marche, et des tirages peuvent être achetés. Poésie, humour, tristesse de ce qui est signifié, mais traces d’espoir, regard qui dit très fort la réalité des paradoxes (ou les paradoxes de la réalité).  Les titres sont très révélateurs.

« Ascenseur social », de Stéphane Baratay. Un escalier envahi de feuilles mortes ou de papiers, sans personne, pour sortir, semble-t-il, d’un passage souterrain entre deux rues, ou venant d’un jardin (Les Tuileries peut-être).

« Au bout la lumière », de Lorenzo Barranco. Tunnel, comme ceux où se réfugient des gens qui dorment dehors, courbes qui font temple, flaques, et cercle de lumière du jour donnant sur des arbres aux troncs épais. Espoir ? Mais c’est... au bout.

Clic-claque photographie un ciel d’arbres, avec un lampadaire : « Bientôt la nuit, douce chaleur ». Ainsi, c’est un oxymore. Seule une lumière, mais tout en haut, seule douceur, dans la menace de la nuit froide.

« Bleu blanc rouge »... Elise Juville a trouvé un sens interdit rouge à côté d’une flèche bleue, dans l’autre sens mais quand même symbole contradictoire. Il y a les trois couleurs du drapeau français : le symbole est ici celui d’une trahison des valeurs. Quelle égalité ? Quelle fraternité ?

Le « Brouillard » de Michèle est celui d’une sorte de parc d’automne. Feuilles mortes. Est-ce un lieu de refuge ? De solitude ? D’évasion ?

« Clair obscur » de Ramen semble une photographie qui serait un fragment d’un film japonais. Quelqu’un est assis là, on ne sait où. L’échappée est barrée de planches, comme les marques d’un enfermement dans une situation insupportable.

« Hitchcok », photographie signée ‘Bossu de Notre-Dame’. Echo des oiseaux du cinéaste de l’effroi... Quelqu’un qui vit dans la rue, est en train de nourrir les pigeons, cherchant ce qu’il donne dans une sorte de voiture d’enfant chargée d’effets : lui partage... et ils viennent en masse à lui. Ce doit être sa joie.

« L’abandon », de Cerf-volant. Dans les mêmes tons un peu rosés : voiture d’enfant (vide), sol, feuilles mortes, un désert. La rue commence parfois pour certains par un abandon, enfant, mais l’abandon est aussi  ce non-geste collectif de la société. Solitudes.

Humour et poésie, chez Franck et Michel, Clic-claque (Le pseudo n’est pas clic-clac, mais bien clic-claque : gifle, froidure du vent qui claque dans les nuits dehors, mort risquée ou trouvée. Claques de la souffrance. Gifle que les images renvoient, pour secouer l'inertie sociale. On nous laisse interpréter. C’est aussi fort que les photographies, ce choix). Poésie et humour aussi chez Régis, Jean-Marc, et  les autres... Tout est très réussi...

SITE : http://deuxiememarche.org/exposition-prises-de-rue/

Page (et diaporama), toutelaculture.com : http://bit.ly/1Hu66gn

Article, Le Parisien, 20-02-15, par Philippe Baverel, « Des sans-abri derrière l'objectif » : http://bit.ly/1NHPW4G

14/03/2015

Fraternité et résistance... Penser la tension en soi, choisir la vie, la « spiritualisation de nos vies »...

PLAIDOYER Abd BIDAR.jpgLETTRE aux islamistes.gif

« Tout ce qui monte converge »

Teilhard de Chardin, cité par Abdennour Bidar (p.79)

« Mon cœur est devenu capable / d’accueillir toute forme. » (...) « Car l’amour est ma religion et ma foi. »

Ibn Arabi, cité par Abdennour Bidar (p.94)

 « Nous avons aujourd’hui l’occasion historique de changer d’ère en changeant de vision de l’homme. En échangeant cette mesure de l’homme à partir de son inhumanité contre sa mesure à partir de son humanité. » (p.71) / « Le sacré de la fraternité n’impose rien. Il laisse être. » (p.94)

Abdennour Bidar   Plaidoyer pour la fraternité, Albin Michel Spiritualités, 2015 : http://bit.ly/1AzC5Gz

« Savoir endiguer la déferlante extrémiste, ravaler le délabrement moral, guérir du malaise existentiel, en finir avec l’indigence intellectuelle et la déshérence culturelle. Telle est la vision programmatique pour sortir de l’ornière dans laquelle nous nous débattons. L’extrémisme est le culte sans la culture ; le fondamentalisme est la croyance sans la connaissance ; l’intégrisme est la religiosité sans la spiritualité. »

 Ghaleb Bencheikh, Editorial, Religions pour la paix, 10-01-15 : http://bit.ly/1BDoYcc

« Appartenir à deux cultures, loin de créer un choc de civilisations, est au contraire une richesse ; mais s’en tenir exclusivement à une soi-disant « culture d’origine », qui renie l’Autre dans son essence, risque pourtant d’engendrer un choc de cultures. »

Antoine Sfeir, Editorial, Cahiers de l’Orient N° 118, note de son blog, 05-02-15 : http://bit.ly/1FkLAQn

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Deux livres, dont l’un précède l’autre de plusieurs années, trois auteurs, et des expressions récentes répondant à l’actualité (entretiens, articles, tribunes, éditoriaux, émissions). Ce qui est proposé c’est de faire l’effort de penser la réalité en prenant du recul par rapport aux émotions d’abord traversées, en se remettant dans la rationalité de l’exigence fraternelle. Il y a le NON du refus du terrorisme. Mais il y a le OUI de l’engagement qui concerne chacun. Abdennour Bidar nous dit (Albin Michel, 2015) qu’il faut passer des luttes CONTRE aux actions POUR. Sortir du négatif. C’est au citoyen en chacun qu’il s’adresse dans son Plaidoyer, texte indispensable qui répond à l’urgence d’agir (la nôtre, implication concrète, individuelle).

Ni déni ni haine. Au contraire. Nuances dans le regard porté sur l’islam : distinction claire entre ce qui est  spiritualité fondée sur la culture, sur une perception historique, sur le questionnement philosophique, et ce qui n’est que dévoiements de l’ignorance, de la perte de liberté de conscience, et, pire, l'oppression ou la terreur qui veulent faire croire qu’elle sont légitimes.

J’ai noté « Penser la tension », car c’est un fil tendu entre des voies qui semblent parfois, ou semblent à certains, antinomiques. Deux sacralisations s’affrontent, nous dit Abdennour Bidar (liberté et spiritualité). Peut-être, justement, parce que, dans nos sociétés nous avons « évacué la dimension du sacré » et qu’il faut retrouver « un sacré partageable ». Les idéologies ne répondent plus aux questions actuelles, et nous n’avons pas encore réinvesti la valeur de la fraternité. Et ce qui oppose (nos « démons » réciproques souterrains) ce n’est que le miroir tendu qu’on refuse de voir. D’où cet examen de conscience double dont il parle. Son livre nous propose une éthique de la fraternité, pour laquelle un « travail sur soi » est nécessaire. En exergue, Régis Debray. Au cours des pages, des références, des citations : Pierre Rabhi pour « l’insurrection des consciences », Albert Camus, Mohammed Arkoun, Emmanuel Lévinas, Kant... Et, bien sûr, des versets du Coran. La philosophie n’interdit pas l’expérience mystique, au contraire, elle en fait une richesse intérieure enracinée dans le savoir : « Je suis croyant » / « Je crois en philosophe et en mystique ».  

Comment aimer une spiritualité et devoir poser un regard critique... Certains, qui essentialisent les croyants, portent un regard de suspicion sur l’effort de refondation que tentent de plus en plus d’intellectuels, et, ce faisant, ils se laissent atteindre par une dangereuse porosité avec les courants fondamentalistes. Aveuglement ou hypocrisie idéologique. Compromission, dans tous les cas.

Et comment, quand on mesure les dangers qui guettent, être cependant capable d’interroger ce qui fait obstacle à la fraternité, contrôler les pulsions de haine, prendre conscience de la nécessité de faire, sur soi, ce travail « d’intégration » dont parle pour chacun Abdennour Bidar (pour chacun, ,dit-il, pas à projeter sur autrui)... Alors qu’on croit que cela ne concerne que celui qui fait figure d’étranger (à sa foi, son origine, à son imaginaire identité fermée) alors que notre réalité plurielle nous demande de savoir entrer en elle et la faire entrer en nous... "Plaidoyer pour la fraternité"... http://www.albin-michel.fr/Plaidoyer-pour-la-fraternite-E... 

Ghaleb Bencheikh et Antoine Sfeir s’adressaient  (en 2008, éd. Bayard) aux islamistes, pour une parole autre, pour dénoncer les pièges. En 2015 le message est toujours valable, mais il est complété, enrichi par leur expression récente : textes divers éclairants. Chez Ghaleb Bencheikh, comme chez Abdennour Bidar, il y a la puissance d’un regard, intérieur à une spiritualité qu’ils veulent sauver des pièges, en croyants qui refusent les fausses lucidités, celles qui sont revendiquées notamment par des non croyants étrangers à l’islam, forts de leur ignorance et qui, pensant être solidaires, sont seulement cyniques par incompétence, et même, dit Abdennour Bidar, méprisants. Antoine Sfeir, lui, parle de l’intérieur d’un Orient originel fraternel, en connaisseur de réalités géopolitiques qui aident aussi à penser les faits religieux. Trois voix précieuses, qui aimeraient qu’on donne plus de place à toutes les autres, celles qui, intellectuelles et/ou mystiques, ouvrent le chemin d’une opportunité, pour la France, de faire un grand pas vers elle-même, pour s’accepter dans sa riche pluralité et barrer la route aux deux dangers complices : l’obscurantisme de la terreur (et ses penseurs voisins), d’une part, l’extrémisme haineux des droites identitaires (et ses idéologues voisins, politiciens ou pas), d'autre part. Porosités dont il faut se méfier... "Lettre aux islamistes"... http://www.decitre.fr/livres/lettre-ouverte-aux-islamiste... 

26/01/2015

COMPLOTISME CHRETIEN, DANS LE LIT GENERAL D’UNE BÊTISE SANS INNOCENCE...

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Avant aujourd’hui, j’avais vu qu’existaient des sites complotistes (connus surtout depuis leurs délires autour du 11 septembre 2001), phares désastreux d’une non-pensée. J’avais constaté, souvent par hasard, de lien en lien, que des blogs ou des sites, en apparence non contaminés par cette dérive idéologique, étaient en fait indirectement les diffuseurs (volontaires) de pages complotistes présentes sur les sites référencés dans leurs listes, et ainsi, de référence en référence, faisant aller vers le pire du pire. J’avais constaté ensuite, comme tous, que des forums fréquentés par des jeunes - et des idéologues de sous-culture - relayaient ces interprétations orientées (et de plus en plus haineuses). J’avais entendu les formules ravageuses de Dieudonné et son ami J-M Le Pen : provocation et conviction. Extrême droite, théoriciens de l’intégrisme islamiste, esprits perdus et sans culture... Oui : on voit, on signale l’incitation à la haine raciale (associations et portail PHAROS), on essaie d’analyser les sources, on consulte le site conspiracywatch, on met en garde des distraits, etc. On sait que les intégristes catholiques flirtent de près avec ces courants, oui. Mais aller jusqu’aux franges les plus folles (les plus dangereuses) de cette mouvance, c’est un voyage sur la Toile qui donne la nausée, et a de quoi terrifier. Le hasard m’a fait faire ce voyage hier soir. A partir de rien (en apparence : le complotisme avance d’abord masqué).

Donc...

J’ai reçu des mails où on m’envoyait un lien vers une vidéo (Youtube)... Entretien avec le réalisateur (journaliste chrétien) d’un film sur la figure de Marie (miracles, prédictions, etc.) : sur le « 3è secret de Fatima ». Un mot, vite présent : secret.   

Cela n'est pas vraiment dans mes centres d’intérêt (la spiritualité, oui, les dogmes religieux, non, les superstitions, encore moins). Mais j’ai voulu écouter pour répondre  à l’envoi, et voir ce que recouvrait ce lien avec ce mot « secret » accolé à un tel thème. Vite un autre mot suivait : « apocalypse ». Grand malaise... J’ai reconnu des codes présents ailleurs, pas dans les meilleures pages. (On est dans un univers où on se méfie, car « des choses sont cachées », des « secrets » gardés... des dangers occultés).

Quand j'ai un doute – ou plus - je cherche : les supports, les sources, les réseaux. La vidéo a un éditeur, l’éditeur un site, le site un vocabulaire... On tombe, là, d’évidence dans les réseaux du FN et de ses amis. Nécessité d'aller plus loin dans la recherche. .. J'ai d'ailleurs trouvé une page avec la réfutation d'un prêtre blogueur,  qui notait la tendance complotiste du film en question et de la parole du réalisateur (après un entretien avec lui), et mettait carrément en thème secondaire de sa page de blog « théorie du complot », gêné par cela (mais n’allant pas chercher, alors, les sources, liens, réseaux...).

En cherchant encore quels fils reliaient quoi à quoi, j’ai trouvé un titre similaire, mais pour un livre cette fois. Donc, question... Que signifiait l’intérêt ésotérique pour ce thème, avec cette part complotiste ? (Je sais, bien sûr, que l’ésotérisme a ses variantes d’extrême droite, bien fournies). Le hasard (recherches personnelles n'ayant rien à voir) m'a fait retomber sur les mêmes pages ou d'autres, similaires...

La référence ? Jovanovic,  livre. Et ce nom... listé (caprice du jour de google) vers le site d’Alain Soral... avec un éloge de Soral apr l’auteur en question, Jovanovic. Là on est complètement dans un temple du complotisme... avec des thématiques, des  invités, des références nettement d’extrême droite. Le « secret » religieux prend un bain idéologique et politique sans nuances, enrobé de l’obsessionnel « Nouvel ordre mondial ». C’est chrétien, tout ça ? Non : catholique intégriste (catholique politique...).  En tout cas ça cherche à être habile : ou comment afficher la haine et échapper aux signalements, aux plaintes...

Peut-il y avoir pire ? Difficile (car déjà...), mais, hélas, oui. Oui, dans l’hystérie. Les mots « secret » et « Fatima » (ensemble) sont un hameçon qui pêche en eaux très troubles... Jusqu’aux sites  délirants (délire d’interprétation...). La couleur est affichée, sans garde-fous : complotisme, antisémitisme (référence donnée comme un slogan, le faux des Protocoles des Sages de Sion, ramené à Protocoles, en raccourci pour initiés peut-être). Et... paranoïa. Ils sont là, blogueurs et commentateurs fascinés, se croyant cernés, menacés par un monde athée ou croyant autrement (car seuls les Chrétiens, d’après eux, seront sauvés et échapperont à l’apocalypse qu’aurait prédit Marie à Fatima et que d’autres relaient tous les quinze jours pour le mois suivant. Ridicule... Chrétiens sauvés ? Pas sûr qu’ils pensent cela, d’ailleurs. Juste les catholiques ? Ou seulement les catholiques traditionnalistes dans leur bunker réel et symbolique ? Sauvés de quoi, en plus ? De la mort ? C’est tout ce que cela leur fait, aux chrétiens complotistes, que croire ? Encore plus de terreur devant la fin inéluctable de leur corps ?

En tout cas cela n’ouvre pas leur cœur. Atroce indécence des propos sur certaines pages. Les morts des 7, 8, et 9 janvier 2015, sont « punis », car sataniques. Et les victimes juives de l’Hypercacher symbolisent « la fin de la synagogue de satan ». Et la marche du 11 était une « messe satanique ». Ceux qu’ils voient en ennemis sont censés être aidés par des forces surnaturelles maléfiques... Moyen-Âge  en 2015...

Quel rapport entre le complotisme soft (vidéo du départ) d’un rêveur de miracles dont il croit qu’on le prive, mais qui déjà installe la peur (apocalypse non symbolique), et qui, apparemment, ne se signale pas du tout par un langage qui signerait des choix porteurs de haine, au contraire... Mais trahit ses proximités idéologiques par l’hébergeur de son entretien (site tv politiquement défini, par les invités de son programme notamment, TV libertés). Quel rapport avec ceux qui affichent nettement le désir de meurtre (la satisfaction à l’énoncé des morts, et les menaces souterraines), la violence radicale ? Le rapport c’est l’effrayant glissement lent d’un site à l’autre, de degré en degré, d’une information apparemment anodine à une monstruosité criminelle, mortifère, qui voit du blasphème partout, et dans chaque blasphème prétendument repéré, un crime répété. Et la « distraction » des premiers lecteurs, de ceux qui reçoivent et diffusent cela, diffusant ainsi tout le reste : chaîne molle qui se termine par des vœux d’assassinat, de mort collective. C’est cette mollesse qui piège les gens. Le complotisme ne marcherait peut-être pas s’il se donnait immédiatement dans sa face la plus abjecte. C’est parce qu’il emprunte des voies lentes et détournées qu’il prend des consciences dans ses filets.

On a beaucoup parlé de jeunes complotistes, de forums et de sites de la sous-culture, d’une jeunesse musulmane ignorante de ses racines spirituelles, déculturée. On a pu le constater en tombant sur des pages assez folles elles aussi. Et, oui, de massive ignorance. Sauf que ce que j’ai vu là, à la fin, est d’un autre domaine : blogueur qui semble jongler avec érudition entre des symboliques complexes qu’il maîtrise intellectuellement, ayant beaucoup lu (du genre bac plus dix ou le faisant croire), et lecteurs et commentateurs fascinés par ce qu’ils pensent être tant d’intelligence... Complotisme intellectuel...

Je ne mettrai pas de liens vers ces sites (même pas pour partage d’information ou exigence de sources), et surtout pas le dernier vu, où des âmes mortes spirituellement communient au nom de « Marie » en buvant l’hostie de la haine produite par un mental malade. Non, cela s’analyse, pour réfléchir. Et se signale (voir ci-dessous).

Une approche sans agressivité (vidéo un peu pauvre) débouche sur l’infâme théorisé...

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Le complotisme n'est pas chrétien par essence (et pas plus musulman par essence) : il est d'extrême droite, d'une religion ou d'une autre, ou sans. Et il faut le dénoncer partout où on le trouve... 

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COMPLOTISME, INCITATION A LA HAINE RACIALE. SIGNALER :

Internet-signalement.gouv.fr  PORTAIL. PHAROS (signalements de contenus illicites) https://www.internet-signalement.gouv.fr/PortailWeb/planets/Accueil!input.action

S’INFORMER : SITE DEDIE  (revue de presse et de sites, dossiers, clés pour comprendre ce qui est en jeu) : CONSPIRACYWATCH, Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot : http://www.conspiracywatch.info/

25/01/2015

Regards pour penser janvier 2015 : cinéma, théâtre

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« nous sommes bords et marges / et mettons en évidence les blessures / qui obscurcissent le centre »

Luisa Futoransky

Les orties de Saorge (p.51), Les Eds de la Grenouillère/Editorial Leviatan (traduit de l’espagnol – Argentine - par Nelly Roffé)

Des œuvres prémonitoires n’ont pas été comprises au moment de leur réalisation (La Désintégration, par exemple...). Des créations ont eu du mal à trouver leur financement (L’Apôtre). Mais tous ces films sont du sens donné pour déchiffrer ce qui se refuse à la compréhension. Et, malgré les sujets douloureux ou terrifiants, l’art trouve quand même le moyen de créer de la beauté avec le plus sombre, le plus triste, pour nous remettre dans l’humain, quand il semble échapper à la conscience. Le risque de la censure ou de l’autocensure reste une des questions, cependant. Et la peur, le doute, la sidération...

Films à voir ou revoir. Et quand ils datent un peu, guetter les programmes (cinémas, télévision) ou chercher les DVD... Et, au pire (au moins...), regarder les bandes-annonces, les extraits qu’on trouve abondamment, lire ou relire les critiques : cela aussi nous enrichira, notre culture étant aussi faite de bribes, pas toujours d’œuvres intégrales... quand ce n’est pas possible ou pratique...

Voici des titres, qui mèneront vers des films, des bandes-annonces, des DVD, des séances (cinémathèques, etc.)...  

Poupées russes... Un titre mène à une thématique et donc à des questions, à des lectures aussi, et à un metteur en scène qui a créé d'autres oeuvres... Sélection d’oeuvres qui traitent des sujets qui hantent la presse et nos têtes en ce moment. Critiques de films, citations, perspectives de réflexion, questionnement.

19 REGARDS pour penser janvier 2015 (18 FILMS, une vidéo). 

Les FILMS : Loin des hommes, 2015 (de David Oelhoffen), Qu’Allah bénisse la France, 2014 (d’Abd Al Malik), Timbuktu, 2014 (d’Abderrahmane Sissoko), Eau argentée, 2014 (d’Ossama Mohammed et Wiam Simav Bedirxan), Interdites d’école, 2014 (de Jeannette Bougrab), L’Apôtre, 2014 (de Cheyenne Carron), El Algerian, 2014 (de Giovanni Zelko), Le repenti, 2013 (de Merzak Allouache), Les chevaux de Dieu, 2013 (de Nabil Ayouch), La Désintégration, 2012 (de Philippe Faucon), Laïcité Inch Allah, 2011 (de Nadia El Fani), C’est dur d’être aimé par des cons, 2008/reprise 2015 (de Daniel Leconte), Algérie, histoires à ne pas dire, 2008 (de Jean-Pierre Lledo), Cartouches gauloises, 2007 (de Mehdi Charef), Morituri, 2007 (d’Okacha Touita), El Manara, 2007 (de Belkacem Hadjadj), Qu’a-t-il mon pays ?, 2007,  (de Fatima Belhadj), OAS, une histoire interdite, 2003 (deFrançois Margolin et Georges–Marc Benamou)

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VIDEO essentielle, 2012 : Rencontre avec Danielle Chich (vers son questionnement adressé à Zohra Drif, Colloque de Marseille)  :  https://www.youtube.com/watch?v=Y0QF19zmkjg  

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Et... 7 REGARDS pour penser janvier 2015. THEÂTRE (cinq pièces, sept metteurs en scène). 

LES 5 PIECES : Les Justes, de Camus (deux mises en scène : Kheireddine Lardjam/Compagnie El Ajouad, et Stanislas Nordey), Incendies (de Wadji Mouawad, pièce mise en scène par lui ou d’autres, comme Stanislas Nordey, David Strosberg), L’Attentat (de Yasmina Khadra, adaptation mise en scène notamment par Israël Tshipamba, et aussi par Fabien Bergès/Humani Théâtre), 11 septembre 2001 (de Michel Vinaver, mise en scène de Robert Cantarella – articles/dossiers : textes de Julie Sermon, revue Agôn/Arts de la scène et Jean Baudrillard, le Monde, 02-11-01, lisible sur le site egs.edu), Lapidée, de Jean Chollet.

Pistes pour des recherches, pour une mémoire...

Réflexion sur le besoin d'images, le regard... et donc l'importance des films... Voir la note précédente... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/01/24/de... 

11/01/2015

MARCHER CONTRE LA TERREUR

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Le dire en quelques citations...

« Ils ont tiré sur des clowns. / Ils ont tiré sur l’humour. / Ils ont tiré sur des poètes. / Ils ont tiré sur la beauté. / (...) Ils ont tiré sur des Juifs. / Ils ont tiré sur la fraternité. /Ils ont tiré au nom de l’islam. / Ils ont tiré sur l’islam. / (...) ... mais aucune balle ne peut tuer la lumière. »

 Caroline Fourest, Le Monde, 11/12-01-2015

(Oui. Mais, si on prend le temps du lent silence, en soi, un peu à l’écart de ce qui se veut analyse politique et idéologique et de l’émotionnel de peine et de colère – un peu à l’écart seulement car cela demeure présent -  ces « ils », qui sont-ils pour tous les « je » que nous sommes ? Eux qui « ont tué » et ont choisi de se faire tuer, volontairement en affrontant, ajoutant leur mort aux morts, qui sont-ils ? C’est-à-dire de quelle écume du réel produit par la masse de nos « nous » émergent-ils ? Que faudra-t-il faire pour que cessent les chaînes mortifères de haine, de racisme, de fascisme ? Quelles failles faudra-t-il interroger ? Complexité des causalités, ici et ailleurs... Comment penser les actes impensables sans tomber dans la haine en miroir des haines.... Et comment penser les êtres qui commettent ces actes impensables... Comment ne pas laisser gagner le terrorisme qui veut nous entraîner dans ses dérives mortifères, et nous transformer aussi en porteurs de mort - en actes ou en mots... puisque les mots tuent aussi, préparant les gestes qu'ils justifient par avance, ou créant dans les esprits la place du possible de l'horreur.)

« Je rêve que 2015 nous délivre de la peur. De l’alerte, de l’alarme (...). « Peur du voisin, peur du lointain. Peur de la vie, peur de la mort. En plus de la peur de la guerre, la guerre des peurs. Et pour finir, la peur de la peur. (...) «... Je décrète : 2015, même pas peur ! »

Irène Frain, Le Un, 07-01-2015

« ... Rêvons que chacun, sur cette terre, autant qu’il en aura le temps, dans la portion de cette année qu’il lui sera donné de vivre, puisse et ose s’arracher à la routine, à la servitude, pour se tenir debout face aux barbaries, pour les faire reculer d’un sourire, pour réaliser au moins en partie ce qu’il porte d’unique en lui... »

Jacques Attali, Le Un, 07-01-2015 

(C’est bien « barbaries », qu’il écrit, pas « barbares ». Barbarie du terrorisme, des terrorismes, violence aveugle, constructions aberrantes de pensées justifiant l’horreur absolue, l’assassinat sans affect, les actes monstrueux. Criminels aux doubles visages, où les voisins ou familiers ne reconnaissent pas les meurtriers brutaux que révèlent les médias. Comment bascule-t-on ainsi ? Question que pose sans cesse Latifa Ibn Ziaten, elle dont le fils fut tué par Mohamed Merah, elle qui rencontra des jeunes du quartier de Merah et qui, effarée par leur ignorance et leur discours, décida de vouer sa vie au dialogue avec ces êtres capables d’être un jour d’autres semeurs de terreur, et pour cela, pour la prévention, créa une association au nom de ce fils aimé, Imad : http://association-imad.fr/ )

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« Lorsque tu es dans la solitude ou l’obscurité, j’aimerais tellement pouvoir te montrer la stupéfiante lumière de ton être profond. »

Hafiz. Exergue, cité par Jeff Foster, dans son livre « L’acceptation profonde », éd. Almora : http://www.almora.fr/livre/jeff-foster/335-l-acceptation-... 

« Et sans aucune raison, / Je commence à sautiller comme un enfant. / Et sans aucune raison je deviens une feuille / Qui est emportée si haut / J’embrasse la bouche du soleil / Et fonds. « 

Hafiz. Exergue, cité par Jeff Foster, dans son livre « Une absence extraordinaire », éd. Almora : http://www.almora.fr/livre/jeff-foster/338-une-absence-ex... 

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« En état de choc les Français se rassemblent », Le Parisien, 08-01-2015 : http://www.leparisien.fr/informations/en-etat-de-choc-les-francais-se-rassemblent-08-01-2015-4427749.php

« Libres, debout, ensemble », éditorial, Le Monde, 09-01-2015 : http://www.lemonde.fr/attaque-contre-charlie-hebdo/article/2015/01/08/libres-debout-ensemble_4551628_4550668.html [« C’est la meilleure réponse que nous puissions adresser aux auteurs de cet acte de guerre contre la France et les Français. Nous le devons aux victimes, nos amis. »]

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Mise à jour, 12-01-15. Extraordinaire réussite de cette marche : près de 2 millions à Paris (compte difficile tant la foule était nombreuse), près de 4 millions pour le pays... Evénement historique, communion fraternelle magnifique......  

30/11/2014

FERGURSON. Un éditorial, une citation… « La haine ne peut… »

Lu aujourd’hui. Editorial d’Alexandra Schwartzbrod, Libération, 29-30 novembre 2014. Analyse sur la situation actuelle, aux USA, après Fergurson : http://www.liberation.fr/monde/2014/11/28/tournant_1152965    (« Il y aura sans doute un avant et un après Ferguson. Aux Etats-Unis, mais aussi dans le reste du monde où beaucoup réalisent soudain qu’il ne suffit pas d’élire un président noir pour chasser les démons d’un lourd passé racial. Cinquante ans tout juste après l’abolition des dernières lois Jim Crow - qui instauraient la ségrégation raciale dans le pays -, les Américains (re)découvrent qu’il existe deux villes de Ferguson, une blanche et une noire qui rarement se croisent. Et surtout qu’il existe deux Amériques, une blanche et une noire, la première vivant dans de bien meilleures conditions que la seconde et risquant beaucoup moins d’être la cible de la police. » Suite sur le site du journal. )

Son éditorial se termine par une citation de Martin Luther King, valable pour ce thème, mais aussi pour bien d’autres…  «L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité : seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine : seul l’amour le peut.»

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Mise à jour. 06-12-14

Colère à New York : https://fr.news.yahoo.com/la-colère-persiste-aux-usa-après-la-disculpation-221529414--finance.html (« par Sebastien Malo et Joseph Ax. NEW YORK (Reuters) - La colère suscitée par la disculpation d'un policier blanc de New York impliqué dans la mort cet été d'Eric Garner, un père de famille noir, ne faiblit pas aux Etats-Unis, où de nouveaux rassemblements étaient prévus vendredi pour la troisième soirée consécutive./ Comme à Ferguson, dans le Missouri, où un grand jury a estimé le 24 novembre qu'il n'y avait pas matière à poursuivre le policier blanc Darren Wilson pour la mort en août du jeune noir Michael Brown, les jurés de Staten Island, l'un des quartiers de New York, ont jugé mercredi que le policier Daniel Pantaleo ne serait pas poursuivi pour la mort d'Eric Garner./ Contrairement à Ferguson, l'interpellation fatale de ce père de six enfants, revendeur de cigarettes à la sauvette, a pourtant été filmée le 17 juillet par un vidéaste amateur. On y voit l'agent new-yorkais et ses collègues l'immobiliser par strangulation tandis que Garner, asthmatique et en surcharge pondérale, dit à plusieurs reprises qu'il n'arrive plus à respirer. » ). Suite sur le site…

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Voir aussi liens LISTE "Actu" (marge gauche...). Articles classés à USA

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25/07/2014

FOOT. Retour sur le Mondial…

 

FOOT.jpgPourquoi vouloir faire une note sur le foot (alors que ce n’est pas un de mes centres d’intérêt (sauf quand je regardais la chorégraphie sacrée de Zidane…), que je ne suis jamais un match en entier, et que, tous ces jours, mes lectures de la presse et mes réflexions sont principalement liées à l'actualité... Parce que j’ai été attentive, quand même, à tout ce qui tournait autour de cet événement international, ce qu’il révélait, ce qu’il inspirait, et le sens qu’il avait pour des gens passionnés.

D’abord, en premier plan tout au début, la réalité sociale du Brésil, les colères populaires mettant en question l’argent dépensé pour cette fête mondiale dans un contexte de manque, l’écho que cela renvoyait des scandales de la préparation du Mondial futur au Qatar (exploitation esclavagiste, morts d’ouvriers, et statut de ce pays : argent, idéologie, politique et complicités plus que problématiques…). Voir l'article "Carton rouge" pour le Brésil 2014, sur ccfd-terre solidaire : http://bit.ly/UzCXgu 

Puis, petit à petit, en zappant sur les chaînes d’info, des bribes d’images et du sens qui se mettait en place, malgré tout, avec ces foules criant ou chantant ensemble (comme dans une messe inventée…). Une équipe des Bleus différente de ce qui précéda catastrophiquement, un enthousiasme de supporters qui traduisait l’envie de joie et de partage… Expérience (télévisuelle y compris) qui donne l’occasion de s’intéresser à des pays proches ou étrangers à travers le regard porté sur leurs sportifs, et d’observer, chez d’autres et en moi, la capacité de se sentir d’identité plurielle, au-delà de ces histoires de drapeaux...

Et que tant de personnes, d’esprits, aient le regard fixé en même temps sur un même lieu, tous ces gens qui regardaient des matchs, ou, comme moi, en grappillaient quelques bribes, c’était, je crois, un événement de conscience, un partage planétaire qui doit avoir du sens. Du jeu, simplement du jeu (même si l’argent y joue un rôle excessif…). Que des joies collectives soient si fortes alors que, en même temps, des conflits terribles continuent, le terrorisme, des drames, c’est paradoxal. Mais n’a-t-on pas besoin de se défaire de l’émotionnel négatif pour créer en marge, de temps en temps au moins, de l’émotionnel positif, collectivement ?

L’aspect idéologique m’a particulièrement intéressée. Faits interprétés, projections pour se complaire dans des rejets et cultiver la haine. Sans essayer de comprendre. Alors que d’autres donnent des clés pour percevoir au plus juste…

LECTURES...

(Une critique féroce du spectacle foot, dans un livre policier – un thriller - assez remarquable, par la langue et la culture de l’auteur, brillant observateur du monde actuel.  Ce n’est qu’un passage unique sur ce thème, dans cet ouvrage de près de 800 pages lu avec grand plaisir). Citation : « Il aperçut du vert sur l’écran et de minuscules silhouettes vêtues de bleu qui couraient dans tous les sens. Compte tenu de l’heure, il devait s’agir d’une rediffusion. Il soupira en songeant que des pays entiers étaient su le point de s’écrouler ; les quatre cavaliers de l’Apocalypse avaient pour noms finance, politique, religion et épuisement des ressources, et ils cravachaient ferme – mais la fourmilière continuait de danser sur le volcan et se passionner pour des choses aussi insignifiantes que le football. Servaz se dit que le jour où le monde finirait dans un déchaînement de catastrophes climatiques, d’effondrements boursiers, de massacres et d’émeutes, il y aurait des types assez cons pour marquer des buts et d’autres encore plus cons pour se rendre au stade et les encourager. » Bernard MINIER, « Le Cercle », p.103, Pocket 2013, XO Eds 2012.

On peut voir là une vision sans doute un peu élitiste, mais c’est un personnage qui parle… Et l'aspect dérisoire de passions supposées "inutiles" est mis en évidence. On peut opposer à cela une autre vision, celle d'un partage collectif qui dépasse le jeu de loin.

Car le foot, pour d’autres, ce peut être le lieu d’un apprentissage, d’une école de vie. Ce fut ainsi pour Albert CAMUS, qui écrivit ce qu’il devait au sport, au foot. Lire cette page fort intéressante (avec une citation de Camus sur la formation morale que lui donna le foot)... toutelaculture.com : http://bit.ly/1ookU9b  (« S'il ne deviendra jamais un grand gardien, Camus restera toute sa vie passionné de ce sport : quand avec l'argent du prix Nobel, il s'offre une propriété à Lourmarin dans le Lubéron, loin du tumulte dramatique algérois ou parisien, il occupe ses dimanches à traîner sur le bord du terrain en regardant les enfants du club local s'entraîner ou matcher contre le village voisin. Il ira même jusqu'à les sponsoriser et payer leur maillot. »)  Et celle-ci, qui reprend des citations, celle sur le sport en troisième paragraphe, où la place du foot est dominante, L’Express : http://bit.ly/WRoiPn

Une chronique intéressante dans Le Monde, 2010. Une citation de Camus  (l'éthique du sport) pour introduire une critique féroce : non du sport mais du système pourri par l’argent et l’arrogance de certains : http://bit.ly/1rRWzsm

En 2012, une autre chronique, du Courrier international, faisait l’éloge du football amateur, en l’opposant à l’univers professionnel : http://bit.ly/1pU8bZE

01/10/2013

Silence. Bribes au hasard de relectures…

« Il est plus facile de rencontrer des gens au Mexique. C’est une société qui ne souffre pas des barrières qu’on rencontre en Europe. Les gens y sont beaucoup plus accessibles.

-   Y compris à travers le silence ?

-   Y compris à travers le silence. »

 JMG Le Clezio, Ailleurs, Entretiens avec Jean-Louis Ezine 

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« Chaque mot / est à faire suivre / d’une pause de silence /      / afin que se referme / la cicatrice / de ce qui est dit. »

François Jacqmin, Prologue au silence

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« Et puis, il y a Morandi, il y a Bram. De leur silence tout a été dit. // (Il m’arrive de me satisfaire du silence. Ici je me repais du leur.) // Silence éminemment nostalgique, tout d’intellection méditative chez l’un, silence du plus grand retrait chez l’autre, chez Bram, où seules au-dessus du vide restent ses peintures (…). »

Gérard Titus-Carmel, Ombre portée

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« La voix de l’Ange se nomme parfois silence. »

Jean-Paul Sermonte, La voix du vent

05/05/2013

ISLAM radical, et évolutions de l’ISLAM, lecture d’un entretien, commentaire et liens

Des extrémistes dangereux utilisent la religion musulmane pour pervertir des esprits et former des terroristes, partout dans le monde (ce matin on apprenait encore un attentat en Somalie, faisant plus de dix morts, et récemment encore on pouvait constater la venue de jeunes djihadistes en Syrie). Mais une majorité de gens se définit autrement, souffrant par contre des amalgames et du racisme qu’ils entraînent (là se mêlent les peurs légitimes que le terrorisme* cause, et les fantasmes utilisés par l’extrême droite, stigmatisation ordinaire et actes inadmissibles : des tombes musulmanes viennent d’être profanées à Vitry**). Comme pour toutes les religions et croyances diverses la masse des croyants ne cherche pas généralement à approfondir connaissances et questionnements, mais des intellectuels se saisissent des interrogations qui sont nécessaires, et d’eux on ne parle pas souvent : on évoque plus fréquemment des personnalités médiatiques, toujours les mêmes, invitées dans des émissions qui cherchent plus à provoquer l’audimat qu’à donner la parole à des penseurs et à faire connaître les différents visages qui peuvent représenter une réalité humaine complexe. C’est pourquoi il faut lire des textes divers, pris à des sources variées. Ainsi cet article, qui donne la parole à un universitaire qui est loin de fuir la lucidité et l’inquiétude devant une évolution dont on ne peut savoir encore si elle aboutira au pire , mais qui permet aussi l’ouverture vers un espoir de changement. Rien n’est joué. Et ce que chacun peut faire, c’est, à sa mesure, porter les paroles d’espoir, refuser la haine autant que la terreur, apprendre, analyser. Et prévenir. (Comme veut le faire Latifa Ibn Ziaten, avec son association, IMAD ***). Elle, qui a perdu son fils, tué par Merah parce que soldat, au lieu de répondre par l’enfermement dans le désespoir et la haine, veut aider et prévenir. Analysant les causes complexes et les manipulations qui transforment des êtres en criminels, elle dit : « Je voudrais sauver ceux qui sont à l’origine de ma souffrance. ». Son livre, de témoignage, paru chez Flammarion, est mentionné sur le site de l’association.

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Interview de Mohamed-Chérif Fergani, chercheur, universitaire à Lyon. Deux citations (islam politique) :

Sur l’évolution de l’islam : « Je pense que l’islam est une religion comme toutes les autres : soit elles s’adaptent à leur temps et aux besoins des sociétés qui les adoptent, soient elles finiront par disparaître. La fonction d’une religion est de contribuer à la quête de sens qui est le propre de tout humain ; si elle ne peut plus ou refuse de s’adapter pour y contribuer, elle finira par mourir. L’islam ne montre pas un tel essoufflement : de nouvelles lectures sont produites et semblent satisfaire les musulmans par-delà la diversité de leurs formes de religiosité et de leurs options politiques, morales, culturelles, socio-économique. Chacun y va de son islam ! Ce foisonnement peut être perçu comme un signe de crise ou, au contraire, comme le signe d’une vitalité. Le devenir de l’islam dépend de ce qu’en feront les musulmans. S’ils arrivent à produire des lectures qui le concilient avec les exigences du progrès, de la liberté, de l’égalité, de la démocratie, des droits humains et des aspirations profondes communes à tous les humains, ils contribueront à en assurer la pérennité ; sinon, ils donneront raison à ceux qui y voit une religion du passé. »

Et sur les penseurs musulmans qui ouvrent d’autres pistes pour introduire d’autres concepts dans un ensemble qui doit se confronter à la modernité et aux nécessités de  la démocratie : « Ali Merad, Mohamed Arkoun, Nasr Hamid Abou Zid, Mohamed Talbi, Mahmoud Mohammad Taha, Jamal Al-Banna, Mohamed Hassan Al Amini, Chabastari, Abdelmajid Charfi, Iyadh Ben Achour et des dizaines, voire des centaines d’autres poursuivent l’effort des réformistes du XIXe et du XXe siècles et de philosophes comme Ibn Rochd pour libérer le sens du sacré de l’enfermement des orthodoxies et l’inscrire dans la vie et l’histoire de ses adeptes. Le problème est dans les systèmes politiques qui veulent maintenir cet enfermement en entretenant un corps de théologiens gardiens des orthodoxies auxquelles ils adossent leur autorité. »

TEXTE INTÉGRAL : (La Tunisie, l’islam politique, les mouvements révolutionnaires, les hypothèses sur l’avenir), sur algeriepatriotique.com...   http://bit.ly/10gEg0p

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Site de l’association créée par Latifa Ibn Ziaten,  IMAD (***), Association pour la jeunesse et la Paix : http://association-imad.fr

15/10/2012

Contre la peine de mort. Journée, Appel, liens, lectures…

Tant que la peine de mort ne sera pas abolie nous serons collectivement monstrueux. Qu’est-ce qui nous fait vivre dans l’acceptation de cette inhumanité ? En quoi participons-nous à ce qui la fait perdurer? Et comment, indépendamment des pétitions et luttes, pouvons-nous, au quotidien, changer ce qui, dans nos consciences, est complice ? Interrogations nécessaires…  Ce qui suit l’est, nécessaire, en premier plan : dire, savoir, agir.

Le 10 octobre était la Journée mondiale contre la peine de mort.  Six pays européens, dont la France, ont lancé un « Appel commun pour l’abolition de la peine de mort », à l’initiative de la Suisse  http://bit.ly/1XPhT0G

Citations : « Il est des batailles que nous ne pouvons pas gagner seuls. La lutte contre la peine de mort est de celles-ci. Isolés, les différents acteurs ne seraient sans doute pas arrivés à faire reculer le nombre d’ États qui ont encore recours à la peine capitale. C’est ensemble que nous tous, acteurs engagés pour l’abolition - États, organisations internationales et société civile - y sommes parvenus. Ce sera donc également ensemble que nous parviendrons à l’abolition totale. L’Allemagne, l’Autriche, la France, l’Italie, le Liechtenstein et la Suisse se veulent aux premières lignes de ce mouvement pour la dignité humaine.  Aujourd’hui, 10 octobre, nous célébrons le dixième anniversaire de la journée mondiale contre la peine de mort. Cette journée mondiale représente l’occasion de réaffirmer notre opposition à la peine capitale, en toutes circonstances. Représentants de pays partageant des valeurs communes, nous devons conjuguer nos efforts et parler d’une seule voix pour que disparaisse cette pratique qui n’a pas sa place au 21e siècle. /  (…) « Catherine Ashton, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, a déclaré à ce sujet : « La peine capitale est une sanction cruelle, inhumaine et irréversible qui porte atteinte au droit humain fondamental à la vie et à la dignité. En cas d’erreur judiciaire, dont aucun système juridique n’est à l’abri, la peine de mort constitue une perte de vie humaine tragique et irréversible. Elle ne peut ni annuler le crime qu’elle entend punir, ni atténuer la perte d’une victime. Une telle pratique devrait appartenir au passé. » (…) « En plus d’être à la pointe des contributions aux efforts déployés par les organisations de la société civile pour faire abolir la peine de mort, l’UE est la première instance régionale à avoir adopté des dispositions interdisant le commerce des biens utilisés en vue d’infliger la peine capitale (ou des actes de torture et des mauvais traitements), ainsi que la fourniture d’une assistance technique en rapport avec ces biens. »

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ASSOCIATIONS, liens :

WORLDCOALITION.ORG (en français). Actualité, faits, actions : http://bit.ly/1qIGMAi 

TEXTE sur l’inhumanité de la peine de mort (le thème de la Journée du 10-10-2012) : http://www.worldcoalition.org/fr/worldday2011.html 

Et... Des VOIX contre la peine de mort en Afrique  http://bit.ly/24crwul 

AMNESTY international. « En finir avec la peine de mort » : http://www.amnesty.org/fr/death-penalty

ENSEMBLE CONTRE LA PEINE de MORT, abolition.org : http://www.abolition.fr/

ACTION des CHRETIENS pour l’ABOLITION de la TORTURE, acatfrance : http://www.acatfrance.fr (infos, actions, pétitions)

FIACAT (Fédération internationale de l’ACAT), Argumentaire contre la peine de mort : http://www.fiacat.org/argumentaire-contre-la-peine-de-mort,127

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FICHE WIKIPEDIA : http://fr.wikipedia.org/wiki/Peine_de_mort  (ample : Histoire, actualité, débats et enjeux, bibliographie, filmographie, documents, liens).

CHINE(« premier pays au monde en nombre d'exécutions de condamnés à mort »): http://fr.wikipedia.org/wiki/Peine_de_mort_en_R%C3%A9publique_populaire_de_Chine …………………………………………………………………………………………………………………A LIRE ou relire

......... Sur Victor Hugo  (cliquer sur "plan du site" puis sur "son combat contre la peine de mort")...  http://www.victorhugo2002.culture.fr/culture/celebrations... 

 De Victor Hugo, « Le dernier jour d’un condamné » : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Dernier_Jour_d%27un_condamn%C3%A9 

et « Claude Gueux » : http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Gueux

......... Sur Albert Camus et son engagement contre la peine capitale  (Études camusiennes) : http://bit.ly/1WOuZx9

D’Albert Camus et Arthur Koestler, « Réflexions sur la peine capitale » : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9flexions_sur_la_peine_capitale   

......... Sur Robert Badinter : http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Badinter

De Robert Badinter, « L’Abolition » : http://www.bibliomonde.com/livre/abolition-2633.html

et « Contre la peine de mort – Ecrits 1970 – 2006 »  : http://www.decitre.fr/livres/contre-la-peine-de-mort-9782253122593.html

......... Liste d’œuvres diverses sur la peine de mort : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d'%C5%93uvres_traitant_de_la_peine_de_mort

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Articles :

La Croix, « Paris lance une campagne internationale anti-peine de mort », 09-10-12 : http://bit.ly/1VQZZgb

Libération, 27-09-12, « Le plaidoyer de Laurent Fabius contre la peine de mort », Fabrice Rousselot http://bit.ly/1QvciHd (« Une rencontre en tête à tête avec Kirk Bloodsworth, le premier Américain à avoir échappé à la peine de mort en 1992. C’est par ce temps fort que Laurent Fabius a marqué hier à New York la campagne lancée par la France pour l’abolition de la peine capitale à travers le monde. »)

Le Parisien, 27-10-12, «USA, Kirk Bloodsworth, premier condamné à mort américain innocenté par l’ADN » : http://bit.ly/1SrkFpk  (‘’Sa famille n'avait pas beaucoup d'argent, "ce qui est une mauvaise chose aux Etats-Unis, car quand on est pauvre en Amérique, comme quand on est noir, on a plus de risques d'écoper de la peine capitale que n'importe qui d'autre dans le pays". ‘’).

Le Figaro, 21-09-12, « Troy Davis, Amnesty veut une enquête » : http://bit.ly/1VLdEpJ (« Le 21 septembre 2011 à 23h08 en Géorgie, dans le sud-est des Etats-Unis, "Troy Davis a été exécuté en dépit de doutes importants et persistants sur sa culpabilité", plaide Suzanne Nossel, directrice générale d'Amnesty International-USA. »)

Le Monde, 22-11-2011, « Toute ma vie (en prison) dans les couloirs de la mort aux Etats-Unis », à propos d’un documentaire sur l’histoire tragique de Mumia Abu-Jamalhttp://bit.ly/1VQZqDj 

Le Monde, 10-10-2011 : « Aux Etats-Unis, la peine de mort est une continuation de la ségrégation raciale », entretien avec Arnaud Gaillard (sociologue), par Soren Seelow. (Sur un livre, « 999 » et un film, « Honk » : http://bit.ly/1MQfrqt 

29/09/2012

Biens visibles et biens invisibles, capabilités... Penser autrement le monde et nos vies…

Après une grande pause, des lectures qui nous invitent à des questionnements. Des articles pour poser des pistes de réflexion, et les livres des auteurs, si on veut aller plus loin…

« Daniel Cohen : Dans quel monde allons-nous vivre ? », JDD, 02-09-2012, par Marie-Laure Delorme : http://www.lejdd.fr/Culture/Livres/Actualite/Daniel-Cohen-Dans-quel-monde-allons-nous-vivre-550224 [CITATIONS : « L’auteur de La Prospérité du vice, une introduction (inquiète) à l’économie (Albin Michel, 2009) poursuit son étude des liens entre bonheur et économie puis entre morale et économie en multipliant les voyages dans les siècles et les oeuvres. Le constat est clair : le niveau de richesse d’une nation ne dit rien du bonheur des peuples. On est obligé de passer des courbes aux coeurs pour en comprendre la raison. Il faut tenir compte de la complexité d’un homme universel et éternel composé de pulsions et de désirs. Daniel Cohen fait le pont entre les chiffres et les lettres. Le lecteur de Fukuyama et Easterlin s’accompagne d’un lecteur de Proust et Pascal. » / « "L’homme moral quitte la salle quand l’Homo economicus y entre." On l’oublie de plus en plus. L’employé marchant à la prime n’est pas l’employé marchant à l’estime. Gagne-pain et savoir-faire font mauvais ménage. L’homme a besoin de sens. » / « L’homme surestime les biens visibles (l’image donnée aux autres) et sous-estime les biens invisibles (le sens des choses). »]

Entretien, Libération, 03-09-2012 : http://www.liberation.fr/economie/2012/09/03/pour-retrouver-le-gout-du-bonheur-revalorisons-l-idee-de-cooperation_843657

Le livre (site de l’éditeur, Albin Michel) : http://www.albin-michel.fr/multimedia/Documents/espace_journalistes/communiques_de_presse/201209/COHEN.pdf

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Autre réflexion, celle de Martha Nussbaum, qui développe la notion de capabilité, pour penser autrement, elle aussi, les valeurs qui fondent le bonheur humain et la recherche d’un monde juste.

« Capabilités, comment créer un monde plus juste ? », scienceshumaines.com, par Nicolas Journet, 05-09-2012: http://www.scienceshumaines.com/capabilites_fr_29433.html

Et...

politique.eu.org : http://politique.eu.org/spip.php?article1203