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23/05/2017

Islam et islamisme... Distinguer.

« Comment dénoncer l’islamisme sans servir les causes malveillantes du rejet des autres en Occident et ailleurs ? Comment proclamer l’altérité comme lieu de réflexion entre les jérémiades du Sud et les indifférences sophistiquées du Nord ? Comment dénoncer et dire ? Comment appeler à résister au Mal, à traquer en soi ses signes escamotés sous le prétexte de la communauté, de la religion ou de la spécificité culturelle, sans tomber dans l’offre de service aux radicalités d’en face ?  Comment écrire sans être sommé ? » 

                     KameL Daoud (Introduction au recueil de ses chroniques 2010-2016, "Mes indépendances", Barzakh / Actes Sud 2017).

Il est extrêmement important de distinguer l'islam (la religion de croyants qui ne sont pas des idéologues mais seulement des gens qui accordent une place à la spiritualité dans leur vie, en fonction de la culture transmise) et l'islamisme (construction idéologique et politique à visée totalitaire). Si on crée la confusion on stigmatise des gens qu'on voue ainsi à l'enfermement identitaire (et, pour les plus fragiles psychologiquement ou socialement, à une possible radicalisation). "Aimer" ou pas une religion ou les religions n'est ni de l'ordre d'une pensée politique ni une démarche laïque authentique. La séparation des églises et de l'État que définit la loi de 1905 n'exige ni amour ni détestation : juste de la vigilance et de la rigueur. Ce n'est pas la droite en tant que telle mais les extrêmes droites qui rejettent l'islam (et englobent les êtres dans leur détestation qui devient alors une forme de racisme) : le FN, les identitaires, des associations comme Riposte laïque. De même la complaisance à l'égard des islamistes a pour origine les analyses erronées non de la gauche mais des extrêmes gauches (aveuglement ancien qui date de la guerre d'Algérie et se poursuit aussi dans certains réseaux pro-palestiniens univoques et antisémites). La gauche a suivi (pas toujours) du fait d'un malaise néocolonial qui est dans certains cas un alibi. Enfin, l'anticléricalisme est une chose, mais "ne pas aimer les religions" n'est pas un marqueur de gauche (il y a des croyants engagés à gauche, autant que d'incroyants - même si ce terme de "croyants" n'est pas vraiment adapté car réducteur : des individus pour qui la spiritualité est part intégrante de leur vie, dans une religion ou hors de toute structure religieuse). Les marqueurs de gauche sont l'action pour la justice sociale, le respect de la liberté de conscience et de l'intégrité de la personne, des valeurs s'exprimant notamment par des refus (abolition de la peine de mort...). Les confusions produisent aussi des totalitarismes (et cela commence par le choix des mots) ; les pièges sémantiques deviennent des pièges dialectiques. Sur la question des religions... le stalinisme a érigé l'athéisme en "religion" de remplacement : ce n'est pas un modèle à suivre. La nature du totalitarisme se définit par une emprise sur la conscience des individus, en fonction de ce que le pouvoir du moment croit être la juste manière de penser, croire, ou ne pas croire. Les dictatures islamistes imposent de croire à leur manière, l'Inquisition catholique le fit aussi, avec la même violence, mais le stalinisme imposa tout aussi violemment de ne pas croire...

 

02/04/2017

« Si le lien des mots à leur référence est coupé… »

FERRARI.jpg« Si le lien des mots à leur référence est coupé, toutes les manipulations sont possibles »

Jérôme Ferrari, entretien, L’Humanité

Acuité des questionnements sur l’actualité, dans cet entretien. L’auteur (qui enseigne la philosophie) publie des chroniques parues dans La Croix (il dit ne pas être croyant mais avoir une sorte d’attirance pour quelque chose qui est de l’ordre de la spiritualité, sans savoir pourquoi). Il a voulu, à travers ces chroniques, ne pas répondre à l’immédiateté vaine, mais prendre le recul de la pensée, appliquer les outils de la philosophie pour poser un regard sur le mouvant des événements, des thèmes de la période. Parce qu’il en percevait la nécessité. L’urgence sans précipitation, en quelque sorte. Et effectivement il met l’accent sur des failles  importantes qui menacent la communication et l’information : les fausses vérités auxquelles des gens vont croire et les réalités factuelles qu’ils refuseront de prendre en compte en croyant faire oeuvre de vigilance, alors qu’ils se laisseront prendre aux pièges du complotisme ou de ces « faits alternatifs » inventés par des manipulateurs. Il repère, pour l’avoir étudié sur lui-même, les modalités de l’enfermement dans des codes conformes (le groupe, le courant, la norme militante qui refuse la complexité, le doute, le retrait et le questionnement dérangeant de l’individu). Il examine le lien entre le social et ce qui fait cadre autrement, pour interroger la crise politique que nous vivons (la présidentielle en est un symptôme…). Et enfin (parmi les éléments que je choisis de citer, parce qu’ils me semblent centraux, il questionne, d’un côté, les pièges identitaires et leur instrumentalisation politique (nation figée, appartenance close et univoque), et, d’un autre côté, le fondamentalisme religieux, particulièrement dans une dérive de l’islam en islamisme (dérive qui est associée à un autre piège identitaire, quand l’identité se mêle à des concepts liés au sacré). 

Citations (entretien) : « En 1951, Hannah Arendt a écrit : « Le citoyen idéal d’un régime totalitaire n’est pas un militant convaincu, c’est quelqu’un pour qui la distinction entre vérité et mensonge n’a plus aucun sens. » Nous y sommes : » (…) « Mon expérience m’a guéri du militantisme. Il conduit, selon moi, à une grégarisation de la pensée. Je parle d’un conformisme social qui imprègne les individus et n’a rien à voir avec leur intelligence. » (…) « Les superstructures ne correspondent plus à la réalité sociale. Peut-être qu’en France l’explosion de la droite et de la gauche, pour des raisons assez symétriques, est le signe de cette crise. Avec des choses inacceptables : être un homme politique, voir les tentations identitaires, le gros danger qui guette, et trouver que c’est une bonne idée d’en jouer, c’est criminel, indigne. » (…) « Avoir vécu dans des pays arabes à majorité musulmane permet de faire l’expérience de la pluralité de l’islam, de constater que, de fait, c’est la version fondamentaliste qui tend à se répandre majoritairement. C’est inquiétant parce que cela tend à valider l’identification qui est faite ici entre islam et fondamentalisme. » 

L’entretien, L’Humanité, 24 mars 2017... http://bit.ly/2nYeSDb 

Deux liens sur le livre qui reprend les chroniques de La Croix : « Il se passe quelque chose », de Jérôme Ferrari, Flammarion… 

La Cause littéraire… http://www.lacauselitteraire.fr/il-se-passe-quelque-chose... 

Fiche Decitre… http://www.decitre.fr/livres/il-se-passe-quelque-chose-97... 

13/02/2017

Les aveuglements coupables, et le FN à l'horizon, sordide bal des idéologies...

OBS FN.jpgOn voit actuellement beaucoup de posts sur les réseaux sociaux, de notes dispersées (et autres expressions) au sujet de Fillon... Mais fort peu sur celle qui se situe en tête des sondages, a des affaires en série, joue sur le lissage du parti d'extrême droite pour le faire passer pour un parti "normal". Jusqu'à retirer de son programme le rétablissement de la peine de mort (mais en gardant sa conviction et l'idée d'un référendum - qui serait bien mis en route par une propagande sur les peurs, en utilisant l'instinct de mort et de meurtre enfoui dans les inconscients - pour finir par la rétablir...). Jusqu'à camoufler un peu les fréquentations trop marquées de négationnisme, antisémitisme, racisme, mais en donnant encore largement des rôles à plusieurs dans le parti, et en rencontrant tant en France qu'à l’étranger des partenaires de soufre. Et tout en se faisant passer pour une grande "patriote" elle travaille à des relations internationales avec les dictateurs ou extrémistes qui ont les mêmes visions qu'elle, mais pas forcément un regard positif sur la France...! Ni des projets qui serviraient le pays. J'ai entendu un commentateur se demander si les Français n'avaient pas inconsciemment un désir de fascisme. La question se pose, quand on voit qu'on laisse caracoler en tête des sondages, avec indifférence, une Franco en jupe et cheveux blonds... Donc lecture, pour changer… « Les 5 intox de la candidate du FN »… http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/201702...

Des articles, mais moins de diffusion et de volonté de mise en valeur des questionnements, suivant les journaux.. (Ou au contraire, sur certaines chaînes, dans certaines émissions (radio, télé) un traitement occultant la réalité de la formation d’extrême droite (comme c’est le cas aussi, autre extrême, au sujet de groupes ou personnages porteurs de l’idéologie islamiste (comme si tout devait être lissé). Les électeurs FN de conviction ne changeront sans doute pas pour des informations problématiques sur leur parti (non pour l'argument du "tous pourris" mais parce que cela s'inscrit dans le refus du "système"  qu'ils considèrent que leurs élus peuvent détourner). Mais l'électorat est mobile, et une partie des électeurs de droite, lassés par le feuilleton des affaires, peuvent très bien glisser, eux, vers le FN (c’est déjà le cas pour certains),  ou pas, suivant ce qu'ils liront ou entendront. De plus il n'y a pas que la presse et les médias... Sur Facebook… de nombreux internautes de gauche (soucieux de mettre en avant leur candidat, ou - ego - de faire preuve de connivence idéologique adéquate) se focalisent uniquement sur des critiques de Fillon. Critiques répétitives, n’apportant rien qu’on ne sache déjà - suffisamment choquant en soi, litanie déroulée sans se préoccuper du risque majeur qui se profile (extrême droite soutenue par la propagande complotiste appuyée par des sites Pro-poutine et des manipulations diverses). Il y a des aveuglements coupables. Mais si l'on accepte la perspective d'une "présidente" dansant un jour en tant que telle encore au bal des nazis... on peut alors continuer à détourner la tête. Un président soupçonné de malversations financières ce ne serait guère mieux, mais l’un ne doit pas effacer l’autre…

Challenge FN.jpgPour le FN de Le Pen, Challenges a choisi de mettre l’accent sur, d’une part, les emplois fictifs (la dernière affaire en cours…), et, d’autre part, le programme économique catastrophique et fort coûteux de ce parti europhobe et xénophobe…

Emplois fictifs… https://www.challenges.fr/politique/assistants-parlementa...

Challenges (Lire l’actu), « L’extravagant programme de Marine Le Pen »… http://lirelactu.fr/source/challenges/f84184d0-8676-41cb-...

« Flou sur la sortie de l’euro, mal chiffré, coûteux… Le programme du Front national (…) …un creusement des déficits publics assuré. »… https://www.challenges.fr/politique/exclusif-l-essentiel-...

« Les promesses délirantes… » / « Sur la forme, c’est un catalogue de plus de 140 promesses, plus ou moins floues, souvent coûteuses et mal financées. Marine Le Pen ne s’embarrasse guère de l’équilibre des comptes publics. »… https://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/le...

23/11/2016

"Habiter poétiquement le monde", Poesis.

HABITER-LE-MONDE-POETIQUEMENT-COUV-300dpi2-668x1024.gif« Riche en mérites, mais poétiquement toujours, / Sur terre habite l’homme. »

                           Friedrich Hölderlin

(Exergue de l’anthologie-manifeste réalisée par Frédéric Brun, et dont le titre s’inspire de cette pensée d’Hölderlin. Formule, non, bien plus. Fragment d’un poème, « En bleu adorable », et vision-programme.)

...

« …Il faut, sans innocence et naïveté, certes, dépasser ses doutes pour s’offrir un chemin de résistance. » 

                                          Frédéric Brun

(Avant-propos de l’anthologie, « chemin de résistance », car il n’est pas évident de suivre avec optimisme la formule d’Hölderlin. Le manifeste que veut être cette anthologie tient compte des difficultés d’un monde traversé par des laideurs qui peuvent masquer sa beauté, sa possible beauté. Résister par un acte de lucidité, un retour sur soi, une volonté de métamorphose. Pour créer un monde plus juste il faut d’abord se mettre en situation de refus. Résistance contre ce qui doit être refusé, et résistance contre la part amnésique de soi, oublieuse de son essence. Ensuite, alors, créer et agir.)... http://www.poesis-editions.fr/habiter-poetiquement-le-mon... 

...

Cette anthologie, très ample (pas loin de quatre cent pages, 367 exactement) ne donne pas à lire des poèmes (sauf fragments de citations), mais des textes « sur » la poésie. Principalement des écrits de poètes sur leur art, mais pas uniquement : penseurs qui sont proches de la poésie, pour en être lecteurs attentifs, ou pour avoir une conception de leur écriture qui s’en rapproche, et personnalités qui, par leur vision et leur action, tentent de définir ce que peut être « habiter poétiquement le monde ». Ainsi Pierre Rabhi est présent, au même titre que Gaston Bachelard ou Hubert Reeves. 

Des poètes présents dans cet ouvrage je retrouve beaucoup de mes propres références. Ainsi, dès l’avant-propos, et dans la table des matières, je vois mentionnés des noms qui sont aussi sur les rayons de ma bibliothèque (mais je ne les citerai pas tous…). Voici : Joubert (celui des « Pensées »), Baudelaire, Dickinson, Rimbaud, Mallarmé, Rilke, Valéry, Tagore, Pessoa, Tsvetaeva, Artaud, Michaux, Paz, Chedid, Borges, Neruda, Bonnefoy, Aleixandre, Juarroz, White, Glissant, Adonis, Sedakova, Deguy, Cheng, Midal (dont j’apprécie les textes dans la revue « Ultreïa »), Bobin (que je retiens à la mesure des résistances que certains lui opposent au nom d’une fausse rationalité confondue avec l’aveuglement arrogant), Bianu, Velter, Siméon… et d’autres. 

J’aurais ajouté certains noms (Nerval...?!), comme celui de Jabès, par exemple…! Camus manque aussi, et Lorca (son texte sur El duende…!). De même Levis Mano, poète et éditeur génial… Et Maria Zambrano, philosophe espagnole, qui a écrit des pages magnifiques sur la poésie…? Et Anna Akhmatova? J’aurais trouvé le moyen de placer Antonio Porchia… Les « trous » dans mon abécédaire idéal peuvent être dus à une volonté de cohérence intérieure, autre que celle que je projette…

(Mais ce n’est pas mon anthologie… et elle est d’une telle richesse que je reviens à mon objectif : picorer, dans l’ordre, des citations, pour me faire, en feuilleton, notes après notes, comme cela viendra, une anthologie miniature… de l’anthologie. Ainsi, partager un plaisir de lecture, en donnant des bribes, pour mener vers la lecture du livre entier ceux qui auront été séduits par l’entreprise - ce considérable travail de lecture et recherche qui a été produit par Frédéric Brun… Mais l’objectif complémentaire, mais pas secondaire, est d’être passeur de ces messages qui ont un sens politique, bien au-dessus des batailles des égos politiciens. Comme le dit Pierre Rabhi, une façon aussi de faire ma part, ce qui est à la source de la raison d’être de ce blog, et de tout ce que je peux écrire, là ou ailleurs…). 

Pour l’instant je ne vais citer, ci-dessous, que l’avant-propos. Puisque « habiter poétiquement le monde » définit tout autant une conception de la manière de choisir de vivre sur cette planète pour le temps qui nous est réservé que de la manière de concevoir le rôle de la poésie, cette écriture spécifique qui manie les mots mais vient d’un regard particulier d’êtres qui engagent une éthique de vie. Regard, âme, spiritualité, conscience… sont des termes qui peuvent aider à traduire ce qu’est l’expérience poétique, ses liens avec le quotidien banal et la hauteur d’une perception de ce qu’est « être », pas seulement exister. En fait, la mystique (que plusieurs assument en tant que telle pour exprimer ce qu’est leur itinéraire entre ciel et terre) rejoint l’écologie et la politique. Non la politique partisane, mais l’engagement d’un Hugo. Non l’écologie comme une mode sans remise en question profonde, mais une écologie qui est tout autant écologie de soi-même - comme l’affirme Michel Deguy, transformation intime, pas vers autre chose (lire Pierre Rabhi..)…

L’autre nom majeur, ici, fondateur, en dehors d’Hölderlin, est celui de Kenneth White, car si éthique il y a, c’est bien dans la pensée de ce très grand poète, dont l’ambition n’est pas, pourtant, d’être cela (un « grand poète » reconnu, ou simplement connu) mais d’impulser une pensée du monde, dans le monde, solidaire, une « géopoétique » d’êtres incarnés, soucieux de leur planète, et conscients de leur place dans le cosmos. 

Consulter ce site : http://www.kennethwhite.org/geopoetique/   

Et celui-ci : http://www.oeuvresouvertes.net/autres_espaces/white.html 

Pour Kenneth White, « la poésie commence par un refus radical du monde », le monde tel qu’il est, fait par les hommes, pour l’injustice, la violence et la haine (ou l’ennui). Monde mobile, inachevé, il est là pour qu’on le crée et qu’on se crée en même temps, et ainsi qu’on crée les liens avec les autres humains, à la mesure de notre connexion cosmique, puisque nous sommes part du cosmos et devons nous en souvenir, pour devenir qui nous sommes… 

De Kenneth White j’ai envie de copier un poème du recueil « La résidence de la solitude et de la lumière » (William Blake and co, 1978). Car il dit une intention principale, sur quels refus se fonde sa démarche essentielle, et donc sur quelle création fondamentale et fondatrice : 

« Travaillant et retravaillant

   les mêmes textes

   jour après jour

   perdant tout sens

   de ‘production’ et de ‘publication’

   toute idée d’une ‘réputation’ à forger

   engagé plutôt dans quelque chose

   — loin de toute littérature —

  que l’on pourrait pertinemment nommer

  un yoga poétique » 

(Sagesse humble, humble du vrai orgueil d’être, qui devrait être méditée par pas mal de gens qui jettent en pâture des écrits trop imprégnés d’une ambition qui suinte entre les mots et les pages, et nous fait remporter  certains livres achetés par erreur, vers des circuits moins exigeants… Car alors l’âme est désertée, il ne reste que le vide un peu trop « littéraire », au très mauvais sens du terme  ).

Je reviens donc à l’avant-propos de Frédéric Brun (une dizaine de pages).

Après avoir cité de nouveau Hölderlin : « Et pourquoi des poètes en temps de détresse? », il rappelle que « l’habitat poétique exige une éthique », pour laquelle l’homme doit cesser de mettre l’économique en première place, et donc changer de priorités « pour retrouver l’essence de son existence ». Pour cela, notamment, se nourrir de beauté, regarder (« s’en inondant l’âme et les yeux »). Et il conclut : « Cette attitude poétique pourrait, si nous étions plus nombreux à l’adopter ou au moins à en prendre conscience, devenir également un acte politique et écologique qui participerait au changement du monde. » 

21/02/2016

LIRE KAMEL DAOUD, soutien, suite... (Et soutiens...). Note et LIENS...

kamel daoud,daoud,chroniques algériennes,algérie,journalisme,idéologie,islamisme,islamistes,salafistes,islamophobie,intégristes,intégrisme,laïcité,religions,islam,musulmans,identité,peurs,politique,imaginaire,haine,autre,frères musulmans,liberté,pensée,critique,presse,inquisitionJ’ai lu la chronique d’Aziz Benyahia (Algérie-Focus, 19-02-16 : http://www.algerie-focus.com/2016/02/135541/ ), publiée aussi sur la page Facebook « Chroniques algériennes » sous le même titre  « Notre soutien sans faille avec Kamel Daoud »… (J’ai  posé ma réaction en commentaire sur la page FB).  Voici ce que j’ai écrit : 

Notre soutien doit être sans faille. Oui. Qu'il le soit...! Alors pas de virgules mentales qui rendent la réaction plus que confuse ("faux-pas", "saillie post-coloniale", "intellectuels" signataires, etc.). C’est l’inverse d’un soutien. L'analyse de Kamel Daoud n'est en rien mise en question par l'enquête allemande, et on le savait dès les premières informations. Aucun faux-pas dans sa chronique. (Le faux-pas est celui des signataires de ce texte lâche, et il est aussi celui du journal Le Monde, pas capable, là, de vérifier qui écrit avant d'accepter de publier...). "Saillie post-coloniale"...! Alors qu'il oppose deux visions fantasmatiques, celle d'hommes enfermés dans une perception qui chosifie les femmes (est-ce faux???!!!) et celle d'Européens projetant sur l'Autre, réfugié ou migrant, des peurs liées à la méconnaissance. (Son texte est très clair sur ce point. Les "intellectuels" - qui n'en sont pas vraiment - osent le soupçon d'islamophobie...! C'est ne pas savoir lire, ni le texte qu'ils critiquent ni l'ensemble des chroniques : le contexte d'une pensée est un tout). Ce que combat Kamel Daoud ce n'est certainement pas sa propre culture, dont il ne cesse de dire l'attachement qu'il a pour ce qui constitue son identité, tout ce qui fait l'algérianité. Ce que combat Kamel Daoud, en chroniqueur ouvreur de consciences, ce ne sont que les postures radicales qui piègent les gens en rendant les choix impossibles et en plaçant partout des barbelés mentaux. Ceux qui peuvent se prendre pour des cibles (ayant besoin de réagir contre le chroniqueur : ainsi ce collectif de 19 noms) ne peuvent être que des gens qui confondent islam et islamisme (comme le fait l'extrême droite européenne...). Ou qui sont islamistes. Ou complices-complaisants. Mais quand on lit une tribune on doit se demander (règle de l'énonciation) : "qui parle?", "d'où?", "en s'adressant à qui?".   Le lieu d'où parlent des gens, d'où ils écrivent, est autant fait des titres dont ils s'affublent que des appartenances idéologiques qui les constituent (affichées ou masquées)... Une femme a pris le temps de faire son enquête sur les personnes derrière les noms. Et c'est révélateur… Lire (Sonia), sur sicsic.blog.lemonde, note du 13-02-16. 

Lire « Dis-moi d’où tu écris ». Enquête sur l’identité réelle (idéologique) des signataires de la tribune hostile à Kamel Daoud, masqués sous des titres qui cachent des choix et des objectifs. Blog. http://sicsic.blog.lemonde.fr/2016/02/13/dis-moi-dou-tu-e...

J’ajoute ci-dessous six liens, et des citations. Entretiens et articles qui permettent de mieux comprendre les enjeux de ce qui se passe dans nos sociétés, en rapport avec la parole possible et impossible, les mots porteurs de sens et les mots manipulateurs… Mais, aussi, les effets de miroir entre des positionnements réactionnaires, extrêmes (ceux qui nient le droit de penser autrement que dans le sillage de leurs interdits : islamistes, religieux radicaux, courants soumis à l’idéologie de l’islam radical, associations gangrenées par les Frères musulmans ou leurs complices complaisants) et des constructions mentales qui empruntent les masques de la fraternité (et parfois même de la laïcité) pour calquer leur langage, leurs constats, et leurs objectifs sur un salafisme  ‘soft’, stratège habile.

Entretien de Kamel Daoud avec Samira Hadj Amar, Le Temps/dz, 17-02-16 (Il parle d’un arrêt des chroniques, d’un repos auquel il pensait même avant l’histoire de la tribune, fatigué par les pressions incessantes. Mais l’arrêt du journalisme ne serait  pas l’arrêt de l’écriture). : http://www.letempsdz.com/index.php/175478-le-romancier-et... (Citations : « Ce journaliste, chroniqueur depuis une vingtaine d'années, a enchaîné les prix et les distinctions. En retour, il s'est fait lyncher. Il en parle. » (…) KD : « Cela fait 20 ans que je subis ces pressions. Je suis arrivé au point où chaque fois que je reçois un prix, j'ai peur. Parce que nous sommes arrivés à une situation de sous culture et de paranoïa où  au lieu d'applaudir un algérien qui parvient à décrocher le prix du meilleur journaliste  en France de l'année, on lui tombe dessus. Je ne dis pas que tout le monde est comme ça. Je reçois beaucoup de soutien (…). »

De Kamel Daoud, texte publié dans Chroniques algériennes ( https://www.facebook.com/Chroniques-Algériennes-497977740...  ) , FB, 19-02-16. (Il fait là le diagnostic de ce qui motive les comportements idéologiques, très associés à des frilosités identitaires, des crispations, des obsessions). « Questions fascinantes ». Citations : « D'où vient que certains se sentent menacés dans leur identité, dans leur conviction religieuse, dans leur conception de l'histoire et dans leur mémoire dès que quelqu'un pense autrement qu'eux ? La peur d'être dans l'erreur les poussant donc à imposer l'unanimité et combattre la différence ? De la fragilité des convictions intimes ? De la haine de soi qui passe par la haine de l'Autre ? (…) « Le regard tourné vers ce Nord qui les écrase, les fascine, les rend jaunes de jalousie. Le dos tourné à l'Afrique où l'on meurt quand cela ne les concerne pas: Dieu a créé l'Occident et eux comme couple du monde, le reste c'est des déchets. Il y a des cheikhs et des fatwas pour chaque femme en jupe, mais pas un seul pour nourrir la faim en Somalie. L'abbé Pierre n'est pas un emploi de musulman ?» (…) «… De quoi cela est-il le signe ? Du déni. ») / (Il énumère tous les problèmes divers contre lesquels il y aurait de quoi se révolter et lutter : les misères, violences, souffrances, proches ou lointaines). / « Rien de tout cela ne gêne. Sauf le genou de la femme, l'avis de Kamel Daoud, le film «l'Oranais», dénoncer la solidarité assise et couchée avec la Palestine, l'Occident en général, le bikini en particulier et l'affirmation que je suis Algérien ou le cas d'Israël comme structure des imaginaires morbides. Pourquoi cela existe ? Pourquoi l'âme algérienne est-elle encerclée par une meute de chiens aigus et des ogres pulpeux ?

Entretien d’Alexandre Devecchio avec Laurent Bouvet, professeur de science politique, Le Figaro, 19-02-16. « Cologne, ‘islamophobie’ : ce que révèle l’affaire Kamel Daoud ». Il parle de l’aveuglement et des complaisances : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/19/31003-20160... (Citation :  « Le terme islamophobie sert précisément d'arme à tous ces promoteurs de l'islamisme politique et à leurs alliés. Sous son aspect descriptif d'une réalité qui existe et qui doit être combattue avec vigueur, les paroles et les actes anti-musulmans, il sert avant tout à disqualifier et à mettre en accusation toutes celles et tous ceux qui émettent des critiques contre cet islamisme politique et ses alliés. Et lorsqu'il est déconstruit, avec force, récemment encore par Elisabeth Badinter, ou par Kamel Daoud aujourd'hui, il se trouve toujours des militants zélés ou des idiots utiles de la cause islamiste pour les désigner comme coupables d'être anti-musulmans. / Le terme lui-même n'est parfois même plus interrogé.»

Sur les signataires de la tribune contre Kamel Daoud et sur…Plenel… et l’extrême gauche. « Défendons Kamel Daoud ». Blog :http://in-girum-imus.blogg.org/defendons-kamel-daoud-a125...  (Citations : « Cela nous amène à la question suivante : pourquoi les militants d’extrême-gauche ne soutiennent-ils pas Daoud ? Pourquoi persistent-ils à se produire dans des théâtres avec le propagandiste des Frères Musulmans Tariq Ramadan ? Les Frères Musulmans sont ce qu’il y a de plus rétrograde en terre d’Islam. Mais les gauchistes préfèrent mener la lutte contre cette chimère nommée « islamophobie » plutôt que de lutter contre la pensée religieuse. En ce sens ils rejoignent le camp de la réaction et se situent clairement à droite de l’échiquier politique. » Et, chronique de Kamel Daoud, sur, justement ce soupçon permanent "d'islamophobie" que j'évoque ci-dessus (la tribune hostile, les islamistes contre des pensées critiques). "Le verdict d'islamophobie sert aujourd'hui d'inquisition"  http://www.marianne.net/kamel-daoud-verdict-islamophobie-... 

Lire aussi, de Sara Daniel, "L'islam et la gauche". "KD ne renoncez-pas"  http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160220.OBS5014/l-i...

......

MISE à JOUR, 23-02-16. SOUTIENS. Une note du blog d'Hebib Khalil qui démonte les polémiques hypocrites (et malveillantes) par l'humour. Cela grince, et c'est fait pour provoquer un peu de vraie pensée http://khalilhebib.over-blog.com/2016/02/rapport-maladif-... 

...... Et note du blog de Sérénade Chafik, "Kamel Daoud face à la horde des nouveaux inquisiteurs"  http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... (Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. »)

..... D’un écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, soutien envoyé de Dakar, posé sur son blog et publié par le Courrier international  http://www.courrierinternational.com/article/tribune-kame...

..... Vidéo. Regard philosophique. Raphaël Enthoven  http://www.dailymotion.com/video/x3t1jlu_pourquoi-des-qu-...

....... "Pourquoi Kamel Daoud a raison", par Fawzia Zouari, Jeune Afrque  http://www.jeuneafrique.com/mag/304007/societe/polemique-...

...... "Les nouveaux procureurs de la pensée...?", El Watan, par Hacen Ouali. Synthèse remarquable :   http://www.elwatan.com/actualite/les-nouveaux-procureurs-... (Citations : « Après l’inquisition des ayatollahs du salafisme d’ici, le procès en islamophobie de la bien-pensance d’ailleurs.Depuis deux ans, le journaliste et romancier Kamel Daoud subit un lynchage religieux et politico-médiatique sans pareil. Presqu’à chaque chronique, chaque phrase prononcée, chaque tribune, il est sommé de s’expliquer. Quand il n’est pas conduit carrément devant le tribunal de la bien-pensante dominante. » (…) « Leur texte…(…) « Truffé de jugements et de procès d’intention. » (…) « A suivre cette logique, en accusant Daoud d’alimenter le fantasme d’islamophobie, les dix-neuf intellectuels ne donnent-ils pas du grain à moudre aux prédicateurs et autres marchands de la mort qui n’attendent que cela pour relancer leurs fatwas ? » (…) « …vont jusqu’à écrire que «Kamel Daoud intervient en tant qu’intellectuel laïque minoritaire dans son pays, en lutte quotidienne contre un puritanisme parfois violent». Voilà une autre thèse chère aux islamistes algériens qui considèrent que la démocratie, la liberté de conscience, l’égalité des sexes, l’émancipation sont des «valeurs étrangères à notre société portées par une minorité occidentalisée». (…) « C’est au nom de cette «déviance» que les Djaout, Mekbel, Liabes, Belkhenchir et des dizaines de journalistes ont été sauvagement assassinés. Vingt-ans avant Charlie Hebdo. » (…) « N’est-il pas du rôle de l’intellectuel de penser à contre-courant, contre lui-même, contre les siens ? En filigrane, cette tribune laisse croire, laisse entendre que l’«indigène» Kamel Daoud n’est pas en mesure de réfléchir, incapable d’intelligence. » (…) « Comme toutes les autres, la société algérienne a plus que jamais besoin des Kamel Daoud pour mieux disséquer les maux qui la traversent et malmener des certitudes mortifères. »)

...... "Du silence coupable contre Kamel Daoud", par Sophie Bélaïch, Huffingtsonpost, 24-02-16  http://www.huffingtonpost.fr/sophie-belaich/kamel-daoud-i... (Citations : « Quelle argumentation (elle s’adresse aux auteurs de la tribune haineuse). Depuis quand le fait d'être minoritaire serait-il synonyme d'avoir tort? Et s'il est si minoritaire, pourquoi prenez-vous alors le temps de vous réunir et de vous mettre d'accord, ensemble, sur un texte commun, pour le jeter ainsi à la vindicte populaire? Curieux, curieux, très curieux. » (…) « Cette tribune est loin d'être anecdotique. En visant Kamel Daoud, nous sommes tous en ligne de mire. » (…) « Il y a un réel problème si on ne lit pas clairement la bienveillance dans les écrits de Kamel Daoud, à travers ses dénonciations. On veut ainsi "tuer le messager". Essayer d'"annuler" le message en tentant de tuer intellectuellement le messager. C'est une erreur intellectuelle grave qui relève d'une forme de négationnisme. » (…) « Vive les esprits éclairés et vive l'Islam des Lumières. » (…) « Kamel Daoud, vous dérangez des prétendus bien-pensants malveillants qui se croient de gauche, mais qui encouragent clairement l'islamisme, qui en prennent une part de responsabilité. »)

...... Mise à jour 25-02-16 : « Kamel Daoud, la meute et les lâches », par Etienne Gernelle, Le Point/Afrique, 22-02-16  http://afrique.lepoint.fr/actualites/etienne-gernelle-kam...  (Citation : « C’est bien là le fardeau de Kamel Daoud : devoir supporter en Algérie les fanatiques de la religion et en France les imbéciles gaucho-régressifs, qui, révélant au passage des préjugés déterministes douteux, tentent de l'enfermer dans une case. Comme s'il leur était insupportable qu'un Algérien fût laïque et libre de sa pensée. »)

..... « Retour sur la ‘polémique Kamel Daoud’ en trois questions » (ou le point sur... ce qui est dénoncé car mal lu, sur ceux qui critiquent pour avoir mal lu, et sur ceux qui, sachant lire, le défendent…). Jeune Afrique, 25-02-16, par Rebecca Chaouch   http://www.jeuneafrique.com/305399/societe/retour-polemiq...

28/11/2015

PARIS-TUNISIE… Des attentats qui convergent. Des questions.

Un entretien, Guy Sitbon, journaliste français, répond à Leaders. 

Deux textes (rubrique ‘Opinions’, Leaders) : Mourad Guellaty et Badie Ben Ghachem.

Et une question de la rédaction, Leaders (une conférence nationale sur le terrorisme?).

Paris, en première ligne (Europe) dans le combat contre Daech…

Tunis, en première ligne (Maghreb, et plus) pour le projet démocratique et la lutte contre le terrorisme… Eclairage de Leaders...

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Un outil de presse en ligne, tunisien. Et des réflexions qui se rejoignent… France et Tunisie.

Une réflexion sur (et contre) le terrorisme, par Mourad Guellaty, Leaders/Opinions, 26-11-2015. Texte. (Terrorisme en Tunisie, terrorisme dans le monde, et la faillite des réactions). CITATION : « Il est étonnant que des Etats, aussi puissants que les USA, l’URSS, la France, et bien d’autres, n’aient pas trouvé encore l’équation qui permette de mettre un terme à leurs incroyables avancées. / Quand les calculs politiciens, qui se répandent au sein du monde, vont-ils cesser, et mettre un terme à ces agissements bien réels mais de parcours virtuels? / Quand notre  monde va –il se coaliser, oublier ses errements : trop d’injustices, trop de corruption, trop de favoritisme, trop de sensations, trop d’ambitions, trop de déraisons,  partout, oui partout, et gagner la guerre de son temps? ». LIENhttp://www.leaders.com.tn/article/18504-tunisie-2015-la-g... 

Guy Sitbon, journaliste français natif de Tunisie, analyse, pour Leaders (Tunisie), « Les tenants et aboutissants des attaques de Paris ». Entretien (vidéo), 23-11-15. Pas de surprise, dit-il. Riposte, puisque nous combattons Daech. Ce qui ne justifie rien, et ne doit pas suspendre la riposte. Questions sur les engagements insuffisants de certains pays (Europe). Remarque sur la coalition, qui serait plutôt une convergence de choix, d’engagements. Cela suffira-t-il à éradiquer Daech? « Je n’en sais rien », dit-il. Mise en question de la conception qui montre Daech comme le « bébé » des Américains : conception purement polémique, dit-il. Il évoque la question des recrutements et les racines de ce qui permet ces recrutements (misère et propagande). Et aussi le problème du financement de Daech par, notamment, la vente de pétrole à moindre prix (et qui trouve des acheteurs). Analyse de certains errements de langage au sujet de la perception de l’islam en France, d’ignorances. Volonté de refuser les amalgames. Il distingue le prestige de l’islam chez certains penseurs qui y voient un contrepoids à l’Occident, et, au contraire, la méfiance que provoque l’islam : des préjugés historiques aux racines profondes sont accentués par la peur provoqués par Daech, cette hérésie « qui appartient à cette ère civisationnelle » (comme d’autres, veut-il dire, furent les hérésies d’autres temps). VIDEO : https://www.youtube.com/watch?v=UgUbWruTv4Y 

Réflexion de Badie Ben Ghachem, 23-11-15, Leaders/Opinions, « Le Nouveau Monde et le Désert » (vente d’armes, achat de pétrole, prospérité financière de Daech/Ei…). CITATION : « (…) …une opinion publique qui ne croit plus à la classe politique   bernée par le lobby des armes ou celui du pétrole selon des choix stratégiques implacables. / Il est vrai que le commerce des armes est incompatible avec la paix mais nous continuons à croire que le développement du commerce à l’instar des civilisations antiques devrait être source de prospérité et de paix. / Seul le commerce de Daesch continue de prospérer. Ils se nourrissent du pétrole pour acheter des armes. / Le «Nouveau Monde» continue à vendre des armes pour pouvoir acheter du pétrole! ». LIEN : http://www.leaders.com.tn/article/18485-le-nouveau-monde-... 

Question, au sujet d’une conférence nationale sur le terrorisme, en Tunisie. Obstacles et heurts entre groupes et partis… Comme les débats politiciens en France… Lien , Leaders : http://www.leaders.com.tn/article/18512-une-conference-co... 

13/10/2015

« Nos larmes ont la même couleur », un livre, des êtres, des rencontres...

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Le titre est très beau, il traduit la manière dont la douleur est vécue, et l’éthique des êtres qui s’engagent, malgré toute la dureté du conflit, la situation qui semble bloquée. Sortir des colères et des rages, malgré l’horreur des drames (là c’est la mort absurde de son enfant, dans un conflit qui s’éternise, avec, de part et d’autre, des chercheurs de paix et des esprits enfermés dans la logique de guerre). Parler à la place des autres, c’est impossible, manipulateur (et trop le font, qui instrumentalisent la réalité, relativement proche mais lointaine cependant, pour des enjeux douteux). Mais entrer dans la souffrance de l’autre pour comprendre qu’elle est exactement la nôtre, c’est une démarche inverse, dont sont capables, justement, des êtres pour qui la réalité n’est pas une information externe, une analyse lue dans un journal, un info entendue, mais le vécu concret, émotionnel, charnel, et pourtant pensé. Celles qui témoignent sont des mères : elles ont perdu un fils, et militent ensemble. Ce conflit, on le suit avec tristesse ou rage, en lecteur/lectrice des journaux, oreille et yeux attentifs aux paroles et images télévisuelles, aux prises de position d’associations (fort diverses, clivées), aux commentaires vus ici et là sur des forums, et très souvent fort décevants, si ce n’est fort inquiétants (tant la haine s’y greffe, au point qu’on ne sait plus si le conflit est cause ou prétexte pour certains). 

Les uns, les autres : la séparation, encore, et les projections. Alors, quoi qu’on puisse penser des choix, des stratégies, des errements… des pouvoirs, constater que des personnes, particulièrement concernées, elles, sont capables d’entrer en empathie avec l’autre, apparemment étranger et ennemi, pour refuser la cassure, et tendre le fil du partage, c’est apaisant. Deux femmes témoignent, mais elles ne sont pas seules. Des familles israéliennes et palestiniennes se rencontrent régulièrement, toutes frappées par la même tragédie personnelle, et se saisissent de cela pour appeler à une prise de conscience, pour dire non à la violence et à la guerre, et dire qu’il est possible de penser autrement. 

On peut lire le livre d’Anne Guion, on peut aussi avoir envie de les entendre exprimer ce qu’elles vivent.  Bushra Awad, Palestinienne, et Robi Damelin, Israélienne, participent à des débats-échanges avec l’auteur du livre, en divers lieux. (Ainsi, le 15 octobre à l’église St-Merry : voir ci-dessous, précisions et lien). 

Le livre, « Nos larmes ont la même couleur » est celui d’Anne Guion, éd. du Cherche-Midi.

Page éditeur (dont version numérique), éd. du Cherche-Midihttp://www.cherche-midi.com/theme/Nos_larmes_ont_la_meme_...  

Résumé (et fiche technique, bio auteur), sur Decitre : http://www.decitre.fr/livres/nos-larmes-ont-la-meme-coule...  

Page Facebook dédiée : https://www.facebook.com/noslarmesontlamemecouleur 

 

Impossible de ne pas faire retour sur d’autres livres… 

Ceux de l’écrivain israélien David Grossman (qui a perdu son fils) :, « Tombé hors du temps »,  « Une femme fuyant l’annonce » et « Un cheval entre dans un bar ».

Bibliographie sur le site du Seuil : http://www.seuil.com/auteur-2742.htm 

« Tombé hors du temps », culturebox.francetvinfo : http://culturebox.francetvinfo.fr/livres/romans/tombe-hor... 

« Une femme fuyant l’annonce », Le Monde : http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/08/25/david-gro... 

« Un cheval entre dans un  bar » (et ce que dit l’auteur, dans la subtilité et la complexité, sur la société israélienne), culturebox.francetvinfo : http://culturebox.francetvinfo.fr/la-rentree-litteraire-2...   

Celui d’Izzeldin Abuelaish, médecin palestinien (qui a perdu trois de ses filles et sa nièce) : « Je ne haïrai point ».

Article du Point, par Armin Arefi, nov. 2012 : http://www.lepoint.fr/monde/israel-palestine-je-ne-hairai...  

En complément, dans la liste Actu, marge gauche de ce blog (il faut descendre un peu…), j’ai posé de nombreux liens vers des articles et des sites, classés à Israël ou Palestine ou Israël/Palestine….

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MISE à JOUR, 19-10-15, après le débat-échange du 15 octobre à Paris : 

Le 15 octobre, Bushra Awad et Robi Damelin, dont les témoignages ont été recueillis par Anne Guion, ont parlé de leur itinéraire personnel : comment passer de la souffrance, qui anéantit, à la capacité d’agir, comment ne pas s’enfermer dans la haine et le désir de vengeance. Elles ont parlé du temps nécessaire pour que le dialogue soit possible, et de la valeur du pardon, qui délivre les victimes et ceux qui ont agressé, tué. Oui, ont-elles dit, lutter pour la paix, contre la violence et la haine, c’est comme vider la mer avec une cuillère à thé. Mais, ont-elles insisté, nous ne pouvons pas renoncer, car nous devons protéger les enfants, l’avenir. Robin Damelin, répondant à une question, a dit que le gouvernement actuel d’Israël était le pire qu’ils pouvaient avoir (mais qu'en face...), que tout était expliqué par la peur, elle-même compréhensible , mais que rien n’était immobile. Elle a ajouté que rien ne pouvait s’ouvrir vers la paix tant que la colonisation continuerait. 
Elles ont expliqué qu’elles n’étaient pas seules, que Le Cercle des parents réunissait 600 familles, et que d’autres associations tentaient d’agir dans le même esprit, car l’espoir est, en quelque sorte, un devoir.
Cela, c’est ce qui est faisable pour eux, Israéliens et Palestiniens.
..
Mais, pour nous, qui vivons ailleurs et nous sentons concernés, impliqués, elles ont fait passer un message, qui leur paraît être l’essentiel de ce qu’elles veulent dire (en plus du pardon, libérateur, qui sort la victime de son statut de victime, et l’agresseur de ce qui semble être son inhumanité). Ce message est une supplique. Que nous cessions d’entrer dans le conflit par le choix d’un camp, que nous cessions de promouvoir la guerre dans des engagements partisans. Que nous soyons des deux camps, seule manière de les aider.
 
"Ne soyez pas pro-palestinien. Ne soyez pas pro-israélien.

Faites partie de la solution, pas du problème." 

........... MISE à JOUR, 07-06-16. Israël-Palestine, recherche d'une troisième voie... Israéliens et Palestiniens ensemble (qui contestent les choix des politiques et ont été déçus par des tentatives alternatives des camps de la Paix). "Two states, one homeland" : http://www.cclj.be/actu/israel/initiative-paix-two-states...

Dans le même esprit... pour lutter contre les clichés, il est bien de noter des expériences dialogiques qui réussissent et donnent espoir. Ou de repérer ce qui contredit les messages de haine ou les visions caricaturales... 

Ainsi, alors qu'en France le conflit Iraélo-palestinien, passionnel, est facilement instrumentalisé et présenté de manière caricaturale (des 'camps' s'affrontant avec haine) peu ont prêté attention à ce que dit la carte interactive de Facebook. En tête des premiers amis des Israéliens sur Facebook viennent les Palestiniens... http://www.caminteresse.fr/economie-societe/sur-facebook-... 

D'Israël, qui connaît en France le village de la paix? "Wahat as-Salam - Nevé Shalom - Oasis de Paix". Village établi par des citoyens israéliens, qui sont des Arabes palestiniens et des Juifs, ensemble... http://wasns.org/-oasis-de-paix- 

Et le Cercle des parents (parents israéliens et palestiniens qui ont perdu des enfants dans le conflit, guerre ou attentats) : http://www.theparentscircle.com

Enfin, lire la tribune magnifique d’Ahmed Meguini (Son récit, sa réflexion, sont une synthèse de tout ce qu'est aussi le message du livre d’Amartya Sen, « Identité et violence ». Ou comment on trouve notre humanité quand on sort de l’identité univoque.) : http://laicart.org/je-nai-pas-sauve-des-juifs-jai-sauve-d...

... Voir aussi ces trois notes... Une sur le film, "Une bouteille à la mer"... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/10/13/un...  Et celle-ci, lectures et liens pour le dialogue ("Penser le conflit sans être le conflit")... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/10/18/is... Et... sur une initiative particulière... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/11/05/is... 

... Et cet entretien avec Aline Baldinger pour son livre sur les "tisseurs de paix"... http://www.cclj.be/actu/israel/aline-baldinger-et-tisseur... 

... Tisseurs de paix, ici, ceux qui utilisent les langues partagées pour créer le dialogue et la compréhension par l'apprentissage linguistique : « Parler en paix » (apprendre l’arabe et l’hébreu ensemble) : http://www.parlerenpaix.org

01/08/2015

"les événements, les faits, les circonstances"

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« Ma conviction est que nous devrons toujours refuser de nous incliner devant les événements, les faits, les circonstances, la richesse et le pouvoir, l’histoire comme elle procède, le monde comme il va. Nous voulons voir la condition humaine telle qu’elle est. Et nous la connaissons désormais en profondeur. C’est l’horrible condition qui exige des charretées de cadavres et des siècles d’histoire pour provoquer une modification infime dans le destin de l’homme. » (…) « Combien  de Socrate ont été assassinés en Europe, ces dernières années ? C’est un signe. Le signe que seul un esprit socratique d’indulgence envers les autres et de rigueur envers nous-mêmes peut constituer une réelle menace pour une civilisation fondée sur le meurtre. Un signe, donc, que seul cet esprit peut rénover le monde. Toute action, fût-elle la plus admirable, qui aurait pour finalité d’asseoir la domination et le pouvoir, ne peut que mutiler l’homme encore plus atrocement. » Albert Camus, « La crise de l’homme » conférence prononcée en 1946 aux Etats-Unis, à la Colombia University. Texte publié par la NRF en janvier 1996.

Ce qu’il dit là après les ravages d’une terrible guerre, l’horreur de l’holocauste, Camus aurait pu le redire en 2015. C’est toujours la même réalité sombre qu’on constate : domination et intérêt, règne de la violence et de la mort.

Actuellement, désespérant spectacle des luttes autour des problèmes et des choix de la Grèce : dureté, mépris, fracture politique, lutte nord-sud dans une Europe plus déchirée qu’on pouvait croire. Pays en posture de bouc émissaire, et pays en position de jeux de règne. Aux frontières, la souffrance, la peur, la mort : migrants (et tout un continent qui interroge la géopolitique, les stratégies mondiales). Pour cela aussi faillite de la pensée qui ne sait s’en saisir, de l’éthique qui se dilue dans des peurs adverses. Plus loin, Asie, autres migrants, Rohingyas musulmans persécutés par des bouddhistes intégristes et racistes : faits sidérants, contraires aux catégories mises en place. Mais, au contraire, terreur diffusée par d’autres musulmans, fondamentalistes, intégristes, stratèges manipulateurs, eux : les islamistes habiles à installer la porosité idéologique qui fait recruter. Terroristes, mais qui se réfèrent à une religion, dont ils ont une vision où la spiritualité a disparu (à des années lumières de la superbe mystique des soufis, et même de la simple pratique du quotidien de tous ceux qui leur échappent et qu’ils voudraient détruire). Le terme « islamistes » contenant le radical « islam » certains réfutent son emploi, mais il est pourtant le seul à désigner le soubassement du système mis en place. Le fait que les confusions soient possibles, les projections et amalgames aussi, cela ne peut justifier le déni. Cela nous impose juste une vigilance accrue : penser des pôles inverses en même temps. Toujours sur le fil du rasoir. Et lire, beaucoup. Relire. Camus autant que la presse, où on trouve des débats de qualité. Terrorisme, il faut mettre le pluriel : les faits dramatiques récents, en Israël, le démontrent, comme la répétition des assassinats de noirs aux USA. « Meurtre », concept clé (rappel de Camus). Même un roi lion se fait assassiner par quelqu’un qui peut payer le droit de cruauté. Meurtre et peine de mort… encore largement répandue. Meurtres, massacres, bombardements, mensonges. « Refuser de nous incliner ». Et soutenir ceux qui refusent…

Mais fil du rasoir et grand écart, pas seulement pour la pensée. Aussi pour savoir quelle place donner en soi aux trois pointes de l’angle. A la préoccupation du monde (qui peut devenir hantise, dérive militante anesthésiante), d’un côté. A la contemplation de la beauté des choses dans ce même monde, à la création pour la déchiffrer, d’un autre côté. Et, enfin, au cheminement intérieur vers plus de conscience, de silence, de l’autre. Trois pieds, trois yeux. Donc, là, pendant que je lisais des poèmes (notes précédentes, notamment, une partie de mon « marché » de la poésie de juin), et pendant que je photographiais et écrivais, j’avais constamment en tête tous les bruits des faits, les mots de la presse, le texte de Camus, et d’autres, chroniques ou éditos, entretiens parfois : documents accumulés, lus stylo en main. Textes (très récents ou beaucoup moins récents…) qui me paraissent donner des clés, mériter relecture, aider à penser l’actualité, pour refuser l’emprise des faits, pour ne pas être prisonniers de leur pouvoir. Textes que je relis, pour moi, textes que je pose en citations dans des notes (ou dans les listes en marge des notes : réserve de pensées, de questionnements, et d'informations prises en compte dans la lenteur contraire aux précipitations des faits donnés en pâture sur des chaînes qui paradoxalement nous coupent du réel).

Indépendamment de ces liens, et pour accompagner Camus, en écho éthique, je note des citations diverses… ci-dessous.

« Pour la majorité d’entre nous qui, n’ayant pas les moyens de stopper la barbarie, est condamnée à la subir, reste la solitude partagée. Ce n’est pas rien. Car plus les êtres humains seront nombreux à être seuls, plus ils constitueront un espace susceptible de reprendre un jour la parole. Car qu’est-ce que l’éthique, pour finir, sinon tenir bon et refuser d’obéir, y compris sans le soutien de l’espoir ? ». Dominique Eddé, texte dans « L’orient littéraire », fragment cité par Marc Saghié, éditorial du Courrier international, hors série sur « L’islam en débat », début 2015 : http://www.lorientlitteraire.com/

La solitude partagée, cela peut donner ce qui suit… Entrer en empathie dans la réalité de la vie d’autrui, sa solitude, en gardant la nôtre, pour dire.

« La route est là ». Ce fut une expo à la Goutte d’Or  (Portes d’or): douleur des migrants. Les artistes du quartier ont choisi de porter la souffrance des exilés de la guerre, des dictatures et de la misère, d’en prendre une part et de la dire. Voici comment cette démarche fut introduite : « Ils quittent leur monde, traversent des mondes, transpercent les cloisons du monde. Ils en meurent, ici. Là, ils s’arrêtent mais ne sont jamais arrivés. Quand ils arrivent on les arrête. Ils repartent, s’envolent et font tourner la terre. Et nous les voyons passer, parfois mourir ; alors un peu de nous tous meurt avec chacun d’eux. ». Texte complet de la présentation de l’exposition collective, Portes d’or, lien, pdf : http://bit.ly/1LXvD5z 

Ce peut être aussi la solitude métaphysique, philosophique, conscience d’un exil sur terre, plus intense que l’exil d’un pays. Solitude commune à Atiq Rahimi et Albert Camus, dans la compréhension intime qu’en a Atiq Rahimi (qui, comme des lecteurs indiens, sait voir en lui une parenté méconnue : avec un Orient de l’esprit). Dans son commentaire sur sa lecture de L’Etranger, paru dans La Croix du 28-07-2011, il témoigne d’autres grandes proximités, comme Shams, ce mystique splendide, maître de Rûmi, Erri de Luca, et Dostoïevski. Et il cite Shams : « Le grand scripte a écrit trois textes, l’un qui pouvait être lu par les autres et par lui-même ; le deuxième qui pouvait être lu seulement par lui-même ; et le troisième qui ne peut être lu ni par les autres ni par lui : c’est moi. ». L’entretien, La Croix : http://bit.ly/1Di59uq

Solitude du refus du troupeau (idéologique, politique, identitaire, religieux…). « Le citoyen c’est l’homme sans étiquette », dit Régis Debray (entretien, Marianne, 5-11 juin 2015 : http://bit.ly/1MEDOp0

En fait la question du choix de la place des sujets sociaux, idéologiques, politiques - les faits, l’actualité, dans l’espace de notre pensée et de notre action, ce n’est pas seulement un problème de temps à consacrer à cela « contre » le temps du reste, c’est principalement la saisie d’un enjeu de langage. Thomas Clerc, ainsi, parle de l’abjection du langage, danger idéologique double : corruption abjecte de la pensée complaisante, idéologiquement paresseuse, d’une part, et anéantissement du langage par l’univers de la terreur, Libération : http://bit.ly/1ICOwJV

Mais, en deçà de la terreur, la politique, déjà, oppose une langue pervertie (par trop de cadres mentaux ?) à la présence du langage en poésie, qui est travail du questionnement, des marges et du doute, un « flou » qui fait traverser les couches du sens. On retrouve cette manière de penser chez Jérôme Ferrari : « La politique pourrit la langue, c’est-à-dire qu’elle fait à la langue l’exact contraire de la poésie ». Voir ce qu’il dit sur la physique quantique - le rapport au réel qu’elle bouleverse, et le rapprochement avec la démarche de la poésie soufie. Dans L’orient littéraire : http://bit.ly/1OW24kH 

03/02/2015

Parler du fascisme tapi dans l'islamisme...(MAIS...). Lectures... Courrier international...

COURRIER international.jpgCOURRIER ISLAM.jpgParler du fascisme, oui. Fascisme... C'est cela que désignent les auteurs de ces articles, journalistes ou écrivains, qui s'expriment dans le monde - et, précisément, aussi (voir les deux derniers articles), dans le "monde arabe" (notion controversée, mais qui recouvre une réalité culturelle et géopolitique cependant). Fondamentalisme qui est avant tout idéologique, politique. Fascisme qui ment en prenant le masque d'un attachement à une appartenance religieuse (même si celle-ci peut interroger ce qui en elle permet cette captation), et en emprisonnant les populations dont c'est la croyance ou la culture. (Ou dont c'est une des cultures, car les êtres sont tissés de cultures plurielles, surtout dans le contexte de notre univers mondialisé, diasporique, métissé, voyageur, nomade, connecté, traversé de réseaux...). Totalitarisme qui a un projet (fou peut-être, mais d'autres folies ont déjà réussi à opprimer terriblement : mémoire de l'Inquisition, du nazisme, du stalinisme...). Idéologie fondée sur des constructions mentales manipulatrices, une rationalité mêlée considérablement d'irrationalité (complotisme et négationnisme n'étant que deux aspects de la mise hors raison). Plongée mortifère dans le culte du passé, la peur de la femme, la peur du rire, du sport, de la musique, de l'art, de la pensée...

Fascisme tapi dans l'islamisme... PAS dans l'islam (vision haineuse que veut imposer l'extrême droite, pour rejeter les musulmans, par pur racisme, xénophobie en tout cas, refus culturel, peur identitaire). Pas dans l'islam tel que le pratiquent la majorité des gens qui le vivent comme spiritualité. Donc pas en eux, seulement croyants parfois, ou même pratiquants - plus ou moins, comme dans toutes les religions. Pas en eux, sur lesquels on risque de projeter l'ombre des terroristes revendiqués musulmans. Projeter cela c'est projeter la peur, et ouvrir la place (dont d'autres pourront se saisir) pour les agressions, verbales ou physiques. Attention, NE PAS confondre... Eviter de superposer les mots et les gens (ou idéologie et croyance religieuse). L'extrême droite nous tend et nous tendra ce piège, qui n'est que le miroir de celui que tendent les islamistes djihadistes (cela conforte leurs analyses jumelles fondées sur la haine de l'Autre...). Confondre, c'est pratique, facile... c'est penser en raccourci. Ne pas penser en raccourci, c'est, aussi, interroger, comme le font de nombreux intellectuels musulmans et des islamologues, ce qui, dans les sources de la religion, peut autoriser la violence, la légitimer. Dans tous les textes de ces intellectuels, donnés à lire dans les revues de presse de plusieurs de mes notes (et dans les références de livres) la complexité est présente. Mais, si la complexité est présente, dans la pensée comme dans la réalité, l'interrogation devra se porter aussi sur le lien des religions avec les revendications identitaires, et sur le lien des appartenances idéo-religieuses avec la perception que les uns ont des autres (croyants ou incroyants, et croyants autrement). [En Norvège, Anders Behring Breivik, le terroriste chrétien qui tua 77 personnes et en blessa 151 en juillet 2011 - des cibles idéologiques - ne le fit évidemment pas au nom de l'islam, mais bien au nom de ses convictions politiques d'extrême droite, sous-tendues par le désir de défendre sa conception d'une identité européenne associée à la chrétienté, qu'il voulait préserver... Preuve que des fanatiques idéologiques peuvent se saisir du religieux à des fins politiques. Stratégiquement parfois, ou même sincèrement... Car le rapport avec la foi est subjectif, donc facilement passionnel, et peut devenir doctrinaire si les questionnements n'ouvrent pas la lecture des textes aux interprétations divergentes. Et, au-delà, si des clés ne sont pas données, culturellement, pour dire comment distinguer ce qui est de l'ordre de la spiritualité, de la recherche de sens, et ce qui est de l'ordre de la politique.] Religion, et religions, ou cultures imbriquées... Rien n'est simplement cela ou le contraire.     

Complexité? Bien mise à mal, encore, quand on enferme les êtres dans des catégories. Car que veut-on dire quand on dit "musulmans"? Ceux qui ne sont ni chrétiens, ni juifs, ni bouddhistes? (Cela ne rend pas forcément musulman...). N'y-a-t-il pas dans cette appellation, y compris pour refuser (à juste titre) tout amalgame avec les terroristes, une manière de désigner une origine? C'est hypocrite et mensonger. Lire la tribune d'Ahmed Benchemsi, parue dans Le Monde du 16-01-15 : "Le 'musulman modéré', une version actualisée du bon nègre". [Citations : "En les qualifiant de 'musulmans', on les singularise déjà." (...) "L'islam, c'est d'une ridicule évidence, n'est inscrit dans le patrimoine génétique de personne." (...) "Sauf à considérer que leur origine ethnique conditionne leur façon de penser (ce qui est la définition même du racisme)"]. Texte intégral : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/01/16/le-musulman-modere-une-version-actualisee-du-bon-negre_4557616_3212.html   

Donc, LECTURES (citations...), pour commencer (ou poursuivre), la confrontation, avec, réellement, ce qu'est l'islamisme... Et non pas ce que nos paresses, notre idéologie, ou notre inconscient, voudraient nous faire croire (dans un sens ou un autre...). Vu de... Québec (l'idéologie...), Ukraine (ne pas tolérer l'intolérable, car ce serait renoncer à la démocratie...), Liban (répondre au fascisme...), Tunisie (des fascistes... imbéciles... qui osent se réclamer d'Allah..), presse monde arabe à Londres (Explications... Non, ni la France, ni les Juifs, n'ont mérité ça. Caricatures? Comprendre que se moquer du Prophète c'est comme se moquer de Moïse. Oui, on peut se moquer de Moïse, mais pas de l'Holocauste, car ce n'est pas la même chose... ), Syrien en exil à Londres (racines historiques de l'islamisme, la source : idéologues refusant la modernité et voulant faire du religieux la norme qui régente tout...). Un dossier, sous forme de revue de presse, qui est une bonne synthèse de questions essentielles...

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Vu de Québec. « Quand l'idéologie tue », par Paul Journet, La Presse (Montréal, 09-01-15), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-du-quebec-quand-l-ideologie-tue [ CITATIONS : « (S’interroger sur...) la part de responsabilité du modèle français d’intégration des minorités. Cet examen est prématuré et simpliste. Il repose sur une confusion entre trois concepts liés mais distincts. L’intégration des immigrants (...), la laïcité (...) et enfin l’intégrisme, la religion devenue militante et violente. Ni la laïcité, trop molle ou stricte, ni l’intégration déficiente ne causent l’intégrisme. Et elles ne suffiront pas à l’éteindre. (...) L’islamisme existe aussi dans des pays où l’intégration ne pose pas problème. ( ...) On oublie que les musulmans forment les plus nombreuses victimes des islamistes et que leur ras-le-bol augmente au Pakistan et ailleurs. Les djihadistes ne correspondent pas à un profil unique. (...) Certains sont fous, d’autres sont diaboliquement rationnels. ». L’auteur insiste sur la nécessité « d’admettre le pouvoir meurtrier de l’idéologie » et d’éviter deux pièges. Le premier est de réagir en adhérant aux thèses de l’extrême droite, récupérant les attentats pour « amalgamer les islamistes à l’ensemble des musulmans qui pratiquent pourtant leur foi dans la paix. » De réagir en croyant à la « bête théorie du choc des civilisations » qui « sert les islamistes » - par la polarisation qu’ils veulent créer pour « mieux recruter ». Au contraire, « Il faut dénoncer sans relâche cette xénophobie. ». L’autre piège, l’autre danger, est « non pas de récupérer, mais d’étouffer le débat sur l’islamisme. »]

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Vu d’Ukraine. « Le prix sanglant du ‘politiquement correct’ », par Sergueï Grabovskiy, Den (Kiev, 09-0-115), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-d-ukraine-le-prix-sanglant-du-politiquement-correct [ CITATIONS : « Pour l’heure, ni l’Europe, ni les Etats-Unis, ni l’Ukraine ne sont prêts à exprimer ouvertement les faits essentiels qui ont abouti aux attentats terroristes à Paris, ni la réalité fondamentale qui se dissimule derrière ces actes. » (...) « On ne parle pas seulement de religion, mais de politique parée d’atours religieux. Nous sommes face à une chose digne de l’obscurantisme médiéval ou des Cent-Noirs [mouvement nationaliste, monarchiste et antisémite apparu dans l’Empire russe au début du XXème siècle.] Pour être plus précis, cette idéologie terroriste est un ‘fascisme islamiste’, qui s’appuie sur des idées totalitaires et nourrit des ambitions planétaires. /// En dépit de cette réalité la majorité des journalistes et des dirigeants (...) parlent d’atteinte aux médias et à la liberté d’expression’. Or, ce terrorisme est très particulier, car il a pour objectif ultime la liquidation de la civilisation euro-atlantique (ou ‘judéo-chrétienne’ comme elle se définit elle-même). » (...) « Attentats (...) absurdes » ( ?). « Non. » (...) « ... ce sont des actes complètement rationnels qui s’inscrivent dans le cadre de cette vision du monde totalitaire. » (...) « Il y a eu le bolchevisme, le fascisme et le nazisme, la vague de l’extrême gauche appelant à une révolution mondiale dans les années 1970, et maintenant il y a l’islam militant. » L’auteur dit que, à son avis, la réponse aux attentats de Paris est « la fin de toute ‘tolérance’ face aux agissements des fondamentalistes et des tenants du fascisme islamiste. » (...) Car ne pas le faire « revient à saper les fondements de la démocratie européenne tout en donnant aux musulmans qui défendent les valeurs démocratiques le sentiment d’être abandonnés face au totalitarisme. »]

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Vu du Liban. « Le poing du fascisme », par Alex Rowell, Now (Beyrouth, 07-01-15), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-du-liban-le-poing-du-fascisme  [ CITATIONS : « Les rues de Paris, qu’ont autrefois foulées Descartes, Diderot et Voltaire, ont été ensanglantées. Une fois de plus, l’esprit humoristique, ironique et intellectuel est frappé en pleine face par le poing du fascisme.3 (...) « Insondables illusions. Certains, bien entendu, verront dans ce qui s’est passé une sorte de justice expéditive à l’égard du passé colonial de la France ou de ses interventions récentes au Mali ou en Libye. Peu importe aux yeux de ces gens que la seule ‘vengeance’ invoquée par les tueurs l’ait été au nom du Prophète... » (...) « Plus dangereux sont ceux qui diront que ce qui s’est passé aujourd’hui prouve la nécessité de montrer plus de ‘sensibilité’ ou (de façon plus paternaliste) de ‘sens commun’ dans ce que les medias publient au sujet de la religion. » (...) « ... La réalité a toujours prouvé exactement le contraire : ceux qui répondent à la satire par le meurtre doivent être non pas moins mais encore plus critiqués... »]

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Vu de Tunisie. « Des imbéciles qui se réclament d'Allah », par Slaheddine Charlie Dchicha, Kapitalis (Tunis, 08-01-15), Courrier international, 15/21-01-15. [ CITATIONS : « Les fascistes qui ont tué les journalistes de Charlie Hebdo sont les mêmes qui égorgent des policiers et des soldats en Tunisie, et sèment la désolation en Irak, en Syrie et en Libye. Ainsi donc deux ou trois sinistres individus, parce que le hasard les a fait naître dans une famille musulmane, s’autoproclament porte-parole des musulmans et s’érigent en représentants de Mahomet voire d’Allah sur terre. Quelle prétention ! Quelle fatuité ! Quelle suffisance ! » (...) « Ces criminels fanatiques et imbéciles prennent en otage les musulmans de France et d’ailleurs. » (...) « Car ces fascistes sont les agents et les promoteurs autoproclamés d’un ordre totalitaire, le même qui émet une fatwa contre Kamel Daoud en Algérie. L’autoproclamation, voilà la malédiction du monde arabe et musulman. » (...) « Le génial journaliste algérien Kamel Daoud a mille fois raison lorsqu’il affirme : ‘Si l’on ne tranche dans le monde dit arabe la question de Dieu, on ne va pas réhabiliter l’homme, on ne va pas avancer... La question religieuse devient  vitale dans le monde arabe. Il faut qu’on la tranche, il faut qu’on la réfléchisse pour pouvoir avancer.’ »]

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Vu du monde arabe. « Non, la France n'a pas mérité ça ! », par Hazem Saghieh, Al-Hayat (Londres, 10-01-15), Courrier international, 15/21-01-15. [ CITATIONS : « Les auteurs du crime contre la revue satirique Charlie Hebdo ont eu comme seules paroles, d’après ce qu’on en sait, les cris “Allahu Akbar” et l’affirmation qu’ils voulaient “venger le Prophète”. En revanche, des éditorialistes [arabes] et des militants des réseaux sociaux se sont efforcés de trouver des raisons auxquelles les criminels eux-mêmes n’auraient pas pensé et qui sont très loin de leur univers mental simpliste de terroristes. ///Cette ambiguïté, voire complaisance, dont ces éditorialistes font preuve face au crime s’explique par le sentiment que dans nos contrées le réflexe de faire l’unité [entre musulmans] prime les autres considérations. Alors qu’en un clin d’œil on voit les multiples guerres civiles qui déchirent le monde arabo-musulman, ce qui donne à cette “unité” un côté pathologique. Mettons de côté les accusations contre le sionisme, les mises à l’index de la France, des Etats-Unis et des puissances occultes, ainsi que les discours oiseux selon lesquels “eux-mêmes” [la France] l’ont cherché. » (...) « Certains Arabes disent que les caricaturistes se sont moqués de l’islam mais pas de l’Holocauste. Le fait est qu’il y a une différence profonde entre les deux. Selon les dessinateurs de ce journal et selon les lois de leur pays, on a le droit de heurter les sensibilités religieuses et d’attaquer les symboles du sacré. » (...) « C’est tout autre chose que de se moquer de drames humains récents, ayant fait des victimes dont des proches sont encore en vie. On peut se moquer de Moïse, mais pas de l’Holocauste. » (...) « D’autres veulent “que les Juifs dégustent un peu, eux aussi, des souffrances que nous subissons” !  /// Or les Juifs ont bien assez dégusté au cours des dizaines de siècles, bien plus que nous Arabes. Personne, pas même les racistes parmi les Juifs, ne dit que les Arabes devraient subir la même chose. Certes, l’islamophobie existe dans les pays occidentaux. Mais il ne faut pas oublier que ces pays sont les seuls qui débattent de ce phénomène, l’analysent et le condamnent. C’est probablement la frustration que nous ressentons depuis [l’échec] des révolutions, échec qui nous prive de la liberté qui nous aurait permis, à nous aussi, de débattre de ces phénomènes, de les analyser et de les condamner. »]

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VU de Londres (article d’un écrivain, opposant syrien). « Comment l'islamisme a triomphé », par Yassine al-Haj Saleh, Al-Quds Al-Arabi (Londres, 10-01-15), Courrier international, 29-01/04-02 :  http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/29/comment-l-islamisme-a-triomphe [Intro. Courrier int. : « Pour cet écrivain et opposant syrien, l’attrait de la modernité a été supplanté dans les pays arabes par la religion à partir des années 1970, alors que l’instruction cessait d’être un gage de progrès social et que se répandait la corruption. » /// ARTICLE. CITATIONS : « L’acclimatation à la modernité n’a pas rencontré de résistance particulière dans le monde musulman pendant environ un siècle, de la deuxième moitié du XIXe siècle aux années 1970. Cela allait de pair avec l’amélioration des conditions de vie et l’apparition d’opportunités de promotion sociale, d’abord pour les hommes, ensuite pour les femmes. » (...) « Quoi qu’il en soit, ce qui meut les sociétés arabes, à l’instar de n’importe quelle société, c’est la perspective d’améliorer la vie en ce bas monde. Et dans aucun pays arabe la lutte anticoloniale n’a été essentiellement religieuse, même si l’islam a fait partie des éléments de mobilisation. » (...) « Jusque dans les années 1970, la tendance générale était à la modernisation des institutions, de la société... » (...) « Certes, cette modernité a rencontré des résistances... » (...) « Que s’est-il donc passé dans les années 1970 pour que les choses s’inversent, pour que le voile soit à nouveau répandu et que les islamistes puissent prétendre se substituer à l’autorité de l’Etat ? On l’explique couramment par l’islam ou par une structure mentale propre aux musulmans. Cette vision des choses correspond à celle des islamistes eux-mêmes puisqu’ils prônent le ‘retour au véritable islam’ et la primauté de la religion dans tous les aspects de la vie. » // « Cette explication n’en est pas une. Pour commencer, parce que les musulmans ne sont pas entièrement  structurés par la religion. En revanche on peut faire remonter cette tendance, dont l’Etat islamique [Ei, Daech] représente le point culminant, à une idée forgée par  Sayyid Qutb, (...) l’idéologue égyptien des islamistes, idée selon laquelle il fallait s’écarter de la modernité. » (Idée, dit-il, qui s’est développée au moment où « les libertés reculaient » – dictateurs, enrichissements de tyrans. » (...) « Ce nouveau climat a permis aux islamistes de répandre leur vision du monde. Aujourd’hui la première tâche consiste à renouer avec le progrès, c'est-à-dire à offrir au plus grand nombre des opportunités pour une vie meilleure.»]

25/10/2013

Musulmans contre islamistes… A lire...

Dossier du Courrier international daté 24-10-13. Deux articles et un éditorial sont lisibles (partie d'un dossier plus ample)... http://www.courrierinternational.com/magazine/2013/1199-musulmans-contre-islamistes  (« Violence, terrorisme et répression au nom de l’islam, fatwas délirantes, droits des femmes en régression : les musulmans en ont assez de sentir l’emprise des islamistes sur leur vie et sur leur image. » (…)  « De la Tunisie au Pakistan, des intellectuels musulmans veulent en finir avec la chape de plomb de l’obscurantisme. Des voix de femmes et d’hommes blessés que l’on n’avait pas l’habitude d’entendre. »)

Courrier int.jpg

14/06/2013

« Qui donc est l'homme pour accepter… »

michel rocard,pierre larrouturou,économie,banques,finances,politique,audace,europe,crise,gauche« "Toutes les grandes défaites se résument en deux mots : trop tard", affirmait le général MacArthur. Allons-nous attendre qu'il soit trop tard pour comprendre la gravité de la situation ? Allons-nous attendre qu'il soit trop tard pour rompre avec des stratégies qui nous mènent dans le mur ? ». C’est ainsi, sur le site du journal Le Monde, qu’est introduite la tribune de l’ancien premier ministre Michel Rocard et de l’économiste Pierre Larrouturou.

Ce texte est un appel à une prise de conscience de l’urgence de la situation, tant française qu’européenne et mondiale (Etats-Unis, Japon, Chine…). Prise de conscience des responsables, « discours de vérité » à assumer, « audace » des décisions rendues nécessaires par l’ampleur des problèmes.  Car le constat est effrayant : chômage qui augmente, surendettement des Etats, spéculation, « privilèges »  des banques privées, récession plus grave qu’il n’est dit, montée de l’extrême droite en Europe, et, à l’horizon, risque de guerres pour l’eau ou l’énergie, catastrophes… si la réalité n’est pas regardée avec lucidité. Contre cela : « audace intellectuelle et politique » pour affronter « la résistance des égoïsmes »

Concrètement, c’est, avant la conférence sociale des 20 et 21 juin, un appel pour « un nouveau cycle de négociations sur l’emploi » en France. Et, comme nous ne vivons pas (et ne pouvons vivre) en autarcie, une autre exigence est posée par les auteurs : que la France demande, en 2013, là, « un nouveau Bretton Woods », « pour réorganiser le système financier international ».

On parle beaucoup de certains lanceurs d’alerte, en ce moment : ils dénoncent, en prenant des risques parfois considérables, des situations inacceptables. Et, choqués, nous adhérons en masse, souvent, car nous percevons que nous sommes concernés, que ces êtres nous défendent, en quelque sorte. Mais là, sommes-nous prêts à entendre ces voix qui sont elles aussi, d’une certaine façon, celles de lanceurs d’alerte, même si leur statut est différent, leur prestige d’une autre nature? Elles peuvent avoir plus de mal, ces voix,  à entraîner l’adhésion des esprits : car nous sommes interpellés nous aussi. Saurons-nous sortir de ces  égoïsmes qui résistent à ce qui dérange les intérêts personnels, les rituels de pensée, les habitudes corporatistes, les clichés idéologiques, les enfermements communautaires, et partisans, et locaux ? Pourrons-nous faire pression sur nos élus pour refuser d’être trompés sur les dangers qui se profilent et demander que des choix courageux soient faits, très vite ?

La page du Monde, « Gare au prochain tsunami financier », tribune de Michel Rocard et Pierre Larrouturou (mis en ligne le 12-06-2013) : http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/06/12/gare-au-prochain-tsunami-financier_3428946_3232.html  

CITATIONS (« Qui donc est l'homme pour accepter que... ?»)

« Si nous continuons à laisser pourrir la situation, si nous continuons à mettre quelques rustines en misant sur un miraculeux retour de la croissance (auquel plus personne ne croit) tout cela peut, en quelques années, finir dans un fracas terrifiant. »

« Et, dès aujourd'hui, nous sommes nombreux à ressentir un malaise plus intime : qui donc est l'homme pour être traité ainsi ? Qui donc est l'homme pour accepter que des millions d'hommes et de femmes vivent dans la plus grande pauvreté alors que, globalement, nous n'avons jamais été aussi riches ? »

« Crise sociale, crise financière, crise climatique, crise démocratique, crise du sens... dans tous ces domaines, nous sommes proches d'un point de non-retour. »

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Inquiétante, leur tribune ? Oui. Désespérante ? Non. Car ils proposent des solutions. (Il  serait plus inquiétant qu’ils ne soient pas entendus…).

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Pour aller plus loin...

Les deux auteurs de cette tribune ont publié un livre en janvier 2013, « La gauche n’a plus droit à l’erreur », éd. Flammarion : http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=43159&levelCode=sciences  (« Le but de ce livre est de dire la vérité sur les dangers qui nous menacent mais aussi et surtout de proposer des solutions à la hauteur des enjeux. », page éditeur.)

01/12/2012

TIBET à La CIMADE...

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Conférence organisée par La Cimade au Centre international de Massy, pour le Tibet. C’est l’occasion de rappeler le drame de ce pays, occupé, réprimé. Drame qui revient dans l'actualité avec des images terribles d'immolations : signe du désespoir de ceux qui ne savent plus comment agir, comment faire réagir les consciences internationales. Quand des arguments économiques font se taire des gouvernants (la force du marché...) ou réduire à des remarques (alibis?) l'intervention sur la question des droits de l'homme. Quand des choix idéologiques font oublier le Tibet, oublier le mot "colonisation" (que les mêmes utilisent pourtant abondamment pour parler de la Cisjordanie). Or la solidarité ne devrait pas accepter d'aveuglements pour des raisons d'alliances partisanes, des raisons de complaisance. 

... "Que se passe-t-il au Tibet?". Pour répondre à cela le Président de l'association de la communauté tibétaine en France, Thupten GYATSO, doit intervenir. Et trois femmes tibétaines, réfugiées en France, témoigner : Kunsang GYALTSEN, Yangkey YANGEUK, et Dolma LOBSANG).

Présentation de cette conférence, par la CIMADE : "Depuis quelques temps de nouvelles vagues d’immolation ont lieu au Tibet, et dans les pays d’accueil des réfugiés tibétains, notamment en Inde. Que se passe-t-il? Quels sont les enjeux de l’occupation chinoise? Pourquoi une répression si forte, comment la situation en est-elle arrivée à ce point de non-retour? Et comment exprimer notre solidarité concrète ? D’abord en écoutant leur témoignage...
Pour mieux nous faire comprendre la lutte qu’ils mènent, les réfugiés tibétains de Massy ont choisi de nous raconter leur réalité au Tibet et les raisons de leur fuite jusqu’en Europe."

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INFORMATIONS (Sur La Cimade, sur le Tibet)....

SITE de LA CIMADE : http://www.lacimade.org

Association France-Tibet :http://www.tibet.fr

04/11/2012

« HAÏR C'EST ENCORE DEPENDRE ». Réflexion à partir d'un texte de Daniel Maximin citant Césaire (texte à méditer...)

Des récupérations idéologiques et politiques ont cours en ce moment, là ou ailleurs, à propos de la reconnaissance des crimes du 17 octobre 1961 (déguisée par certains - qui y sont hostiles - en « repentance » : ce qui attise les passions, remue les émotions, les colères, les rancoeurs - ce qui, aussi, autorise la mauvaise foi…). Dans ces heurts où les mémoires et souffrances s’opposent (et intimement dans les questionnements personnels identitaires que ces débats réactivent) parfois la haine affleure (ou déborde). Haine et haines d’autant plus dangereuses que, dans un contexte de crise, des groupes politiques (des mouvances, des partis) instrumentalisent mémoire et Histoire pour, dans l’actualité sociale, introduire des thématiques discriminatoires, des divisions entre les communautés qui composent le pays, provoquer la peur (de l’autre, forcément). Et quand, en plus, la commémoration en hommage aux victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie entraîne une lutte de dates qui recouvre un conflit mémoriel plus important... on ne sait plus qui va crier le plus fort.

Il est donc peut-être nécessaire de relire certains textes qui proposent de prendre recul, de faire un peu silence en soi avec ces remuements douloureux sur un passé individuel et collectif. Qu’est-ce qui libère et qu’est-ce qui entrave ? Penser dans la solitude permet de retrouver son autonomie de pensée, de réfléchir autrement, sans influence politicienne ou communautaire (ce qui ne veut pas dire reniement d’appartenances : mais il y a plusieurs manières d’appartenir – en se faisant piéger par un enfermement idéologique et passionnel univoque, ou en acceptant de constater la complexité des regards sur la réalité et la complexité des communautés humaines elles-mêmes).Ce qui ne veut pas dire non plus renoncement à l'expression, ni même aux revendications justes... 

Daniel Maximin, à propos de la commémoration de l’esclavage, se pose les mêmes questions. On remplace « esclavage » par guerre d’Algérie, colonisation, décolonisation, et on a de quoi méditer sur les choix possibles (quels positionnements?) à ce sujet. (« On »  renvoie à des « mondes », divers : Pieds-Noirs et Harkis, oui - personnes, communautés, et associations - mais aussi Algériens sur les deux rives, Franco-Algériens, anciens appelés, métropolitains, pouvoirs, partis, médias… Mais c’est d’abord un appel à la conscience individuelle… exigence qui interfère… (Et c'est valable pour d'autres conflits passés et actuels...).


« La commémoration a un sens si elle n'est pas déviée. Car, plus important que le devoir de mémoire, il y a le droit à l'Histoire. Il faut que toute l'Histoire soit dite: pas seulement celle des douleurs, mais surtout la plus cachée, celle des résistances. La mémoire doit autant privilégier la parole des opprimés que la condamnation du discours de l'oppresseur. Elle doit montrer que l'esclavage a perdu, qu'il n'était pas fait pour fonder des sociétés, des cultures. Donc il ne doit y avoir ni ressentiment, ni resserrement, ni posture victimaire. Césaire disait : "Attention, haïr, c'est encore dépendre." » Evidemment, d'un lecteur du texte à l'autre l'opprimé et l'oppresseur auront des visages différents. Peu importe : ce qui compte surtout c'est la mise en garde... Attention...
 

Le sens du mot  « dépendre » peut être compris diversement. Ceux qui ont dépendu de l’autorité politique des autres, subi des oppressions (colonisation, esclavage), doivent se libérer du lien qui demeurerait avec la colère et la haine, et les maintiendrait dans une sorte de paradoxale dépendance, intérieure surtout, inconsciente. Mais les situations sont parfois plus complexes, autres, l’oppression avoir des formes très diverses, camouflées, les contraintes être de l’ordre de la manipulation (manipulation d’opinion, aussi, comme le montre et le dénonce Jean Pélégri dans son livre « Ma Mère l’Algérie » : comment la métropole – avec ses pouvoirs – a construit une image collective des Pieds-Noirs, en faisant de cette communauté un bouc émissaire). Et cependant, dans tous les cas, prolonger les luttes passées, ne rien remettre en question de ses croyances antérieures, rester dans la douleur des exils, quels qu’ils soient, cela aussi crée dépendance, autrement. Collectivement il faut travailler à une résilience libératrice, en déconstruisant les manipulations passées et présentes, en refusant les injonctions qui font jouer un rôle, créent une fausse identité, piègent dans de fausses valeurs (qu’on croit siennes et qui sont étrangères profondément). Bien sûr, parler de résilience (Algériens, Pieds-Noirs, Harkis, Appelés, Métropolitains) est plus difficile quand on évoque les plus terribles traumatismes (victimes du terrorisme, enfants de disparus ou de victimes d’assassinats ciblés, survivants d’un massacre, témoins de meurtres, de tortures, nés d’un viol, victimes de viol). C’est là que les communautés peuvent avoir un rôle apaisant ou au contraire aggravant (en croyant même parfois accompagner – mais en réactivant les souffrances, les colères, en les figeant dans un éternel passé, quand le présent est déjà assez dur). Attention aux héros qu’on se crée, aux icônes qu’on fabrique : certains masques peuvent être dévastateurs… Le défi est de ne pas choisir ce qui dévaste… Quand ceux qui haïssent ne dépendent pas seulement (encore…) de ceux qui les ont opprimés ou agressés (ou, c’est pareil, rôles inversés, de ceux qu’ils ont opprimés ou méprisés), mais dépendent aussi (et c’est peut-être la pire prison) de la part la plus sombre d’eux-mêmes, de l’ombre intérieure qui les hante et qu’ils projettent sur le monde, pour une vision manichéiste… 

L'entretien complet est à lire sur le site de L’Express. « Haïr, c’est encore dépendre », Daniel Maximin, 07-05-2009 : http://www.lexpress.fr/culture/livre/daniel-maximin-hair-c-est-encore-dependre_823480.html

Autre entretien, éclairant aussi. « Il faut arrêter d’être esclave de l’esclavage », Daniel Maximin, décembre 2006, L’Internaute : http://www.linternaute.com/histoire/magazine/interview/daniel-maximin/retranscription-daniel-maximin.shtml  (CITATIONS :« La volonté d'oppression est constitutive d'une partie de chacun d'entre nous. C'est le désir de mort pour soi ou pour l'autre qui s'oppose en permanence au désir de vie ou de faire vivre. » (…) « Il reste nécessaire de pratiquer "l'auto-surveillance" dont vous parlez (il répond à une question) vis-à-vis de chacun de nous et vis-à-vis des autres. Il n'est pas utopique de penser que la mort et le mal existeront toujours mais que la Résistance à leur empire est aussi permanente dans l'histoire des hommes. »)

C’est une leçon de lucidité.  Ne risquons-nous pas, nous, tous, en effet, d’être esclaves des attachements à la condition d’exilé (par exemple), quand nous ne sommes ici que de passage? (Ce peut être aussi le contraire, avec les pièges de l'ancrage local, ou des visions ethnicistes, à la façon des Identitaires ou des Indigènes de la République...). Ne sommes-nous pas, tous, souvent, dans l’illusion de l’innocence intime, communautaire, ou nationale, quand personne n’a échappé, en réalité, aux choix les plus mortifères. Ne serait-ce que par contagion. Ne serait-ce qu’en se taisant… 

30/03/2012

FAIRE FRANCE ENSEMBLE. Pétition Respect Mag-Nouvel Obs. Le texte (et ma réflexion...)

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« Nous intellectuels, responsables ou citoyens musulmans, juifs, chrétiens ou non croyants, voulons manifester notre volonté de préserver l’unité de la nation autour des valeurs de la République dans l’épreuve que traverse le pays après les assassinats des enfants juifs, de leur professeur, et des militaires de Toulouse et de Montauban. L’heure est grave : dans cette période de campagne présidentielle, nous mettons en garde tous les candidats contre la tentation d’instrumentaliser ce drame à des fins partisanes et de diviser les Français sur des critères communautaires que nous récusons. »

SUITE du texte, et signature, sur le site petitions24.net : http://www.petitions24.net/faire_france_ensemble 

L'Appel sur Le Nouvel Observateur : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120327.OBS4745/faire-france-ensemble-signez-l-appel-du-nouvel-obs-et-respect-mag.html (avec le lien vers deux articles, dont la chronique de Jean Daniel)

Pendant que nous tentons de penser ce qui est si difficilement pensable, mais doit l’être….Et pendant que nous lisons des textes divers de contributeurs ayant des points de vue parfois très contradictoires sur ce que peut la raison devant la folie et le fanatisme meurtrier, pendant ce temps la présidentielle continue. Campagne coupée en deux par l’horreur des faits. Dans cette campagne c’est bien de dire aux candidats ce dont nous ne voulons pas. Ni abjecte instrumentalisation, ni récupérations douteuses. On le dit de plusieurs manières, dont les pétitions sont une part. Notre « je » pour exprimer nos refus, ne laisse que notre nom, perdu parmi d’autres. Il est très possible que, signataires, nous ne donnions pas tout à fait le même sens aux mots de ce texte. Peut-être, même, que nous pourrions être en désaccord total, sur certains points, importants pour nous, avec des « je » qui voisinent le nôtre.

Justement… Je lis et relis des articles, et laisse aussi les textes de côté, prenant le temps de la réflexion. Mais j’ai été, dans ces lectures, particulièrement intéressée par le difficile équilibre à trouver entre les deux marges extrêmes de ce que croit pouvoir l’approche rationnelle, au-delà de l’émotionnel.

D’une part, la volonté de définir les diverses causalités d’une tuerie ignoble,  pour que,  les appréhendant un peu mieux, on tente de voir comment notre pays peut mener la lutte contre le terrorisme (surveillance des extrémistes, lois, police, justice, société, psychiatrie, culture, éducation, idéologie, lutte contre la délinquance et le trafic d’armes, communautés, religions, spiritualité, relations internationales, politique, géopolitique, etc.). Mais, dans cette volonté, le risque d’un glissement vers une « compréhension » qui banalise (comme dans un texte « littéraire » paru dans Le Monde ce jeudi), ou, pire, excuse presque, projetant la culpabilité sur un contexte social qui ne peut certainement pas expliquer à lui seul une si grande folie criminelle (comme le fait Tariq Ramadan dans un entretien que j’ai lu sur un blog - et paru dans Le Monde des Religions : semblable à lui-même). NON! Il ne faut pas déplacer la responsabilité, la culpabilité !!! Il ne faut pas manipuler...

D’autre part, le souci, de combattre. Surtout, combattre (grilles similaires, mais pensées autrement). Avec, cette fois, le piège des projections, des simplifications outrancières. Le risque, aussi, de se rapprocher de ceux qui instrumentalisent (qui font semblant de lutter contre la terreur, mais cachent derrière cela d'autres objectifs réels, haineux : la terreur sert leur propagande, comme leur haine sert la terreur - diabolique complicité).

Le « pourquoi » de tels faits. Et le « comment » de la lutte contre ces faits. Pas de juste milieu confortable, là. Juste un nécessaire aller-retour entre les deux frontières à ne pas dépasser.

Mais, oui : FAIRE France ENSEMBLE... J'ai donc signé.

22/12/2011

Vaclav Havel, revue de presse : hommage…

« La vérité et l'amour doivent vaincre le mensonge et la haine ». Ce slogan des manifestants de 1989 est resté attaché au nom de Vaclav Havel, lui qui a réussi à déclencher une révolution sans violence.

L’ancien président de la Tchécoslovaquie puis de la République tchèque, Vaclav Havel « avait passé cinq ans dans les geôles communistes avant 1989 ». Le Monde, 18-12-2011 : http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/12/18/vaclav-havel-est-mort_1620226_3214.html

« Le dramaturge - qui n'a jamais reçu le prix Nobel de littérature, pas plus d'ailleurs que celui de la paix - a acquis la célébrité en faisant tomber le régime communiste au pouvoir à Prague en réclamant le respect des droits de l'homme. »

Dans une page du Monde, daté 20-12, Vaclav Havel est cité. Article signé Natalie Nougayrède et Martin Plichta : « Comment se fait-il que ce nœud de contradictions bizarres que je suis, puisse traverser une vie – et même, me dit-on, avec un certain succès ? ». On retrouve là l’artiste, l’intellectuel, toujours présent derrière le visage de celui qui sut s’engager au plus haut sommet pour mener son pays vers la démocratie (et qui fut déçu par le partage qu’il n’aurait pas désiré).

Autre article, même date, 20-12, signé Marion Van Renterghem : « Un dramaturge de l'absurde contre l'idéologie totalitaire ». Citations : « Il se voulait avant tout poète, dramaturge, écrivain. On le préférait dissident, militant pour les libertés, habitué des prisons, résistant obstiné, fondateur de la Charte 77, chef d’Etat. » (…) « Plus sa dissidence l’expose à la répression, plus il est tenté, dans son théâtre, de mettre sa propre expérience en abyme. » (…) « Dans les années 1970 surgit Ferdinand Vanek, philosophe rebelle (…) alter ego manifeste du dramaturge et héros du triptyque réunissant trois courtes pièces en un acte. Audience, Vernissage, Pétition (Gallimard, 1980). ».  

Autres titres :

Le Parisien, 19-12-2011, « Havel, la mort d’une icône » : http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/havel-la-mort-d-une-icone-19-12-2011-1774841.php (« Il avait rencontré la semaine dernière à Prague le dalaï –lama et exprimé son soutien aux manifestants anti-Poutine à Moscou. »)

Le Figaro, 18-12-2011, « Vaclav Havel, conscience morale de l'Europe post communiste » : http://www.lefigaro.fr/international/2011/12/18/01003-20111218ARTFIG00197-havel-conscience-morale-de-l-europe-postcommuniste.php

Libération, 19-12-2011, « Vaclav Havel, un bohème en politique » (dossier titré « Vaclav Havel, le dissident » : http://www.liberation.fr/monde/01012378465-v-clav-havel-un-boheme-en-politique

Le Figaro, 18-12-2011, « Au théâtre, écrivain témoin de son temps », par Armelle Héliot :  http://www.lefigaro.fr/theatre/2011/12/18/03003-20111218ARTFIG00181-au-theatre-havel-etait-un-ecrivain-temoin-de-son-temps.php    (« En 1976, Vaclav Havel avait dit: «Je voudrais que le théâtre soit la voie de la conscience des hommes et de la société.» Par son œuvre, c'est possible. »)

Le Nouvel Observateur, 18-12-2011, « Mort d’un président philosophe » : http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20111218.OBS7032/vaclav-havel-mort-d-un-president-philosophe.html

Et, ENTRETIEN, « Ce que j’ai cru, ce que je crois », Vaclav Havel par lui-même, Le Nouvel Observateur, 18-12-2011 : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20111218.OBS7027/ce-que-j-ai-cru-ce-que-je-crois-par-vaclav-havel.html

La Croix, 18-12-2011, « Vaclav Havel, intellectuel en politique », par Alain Guillemolles : http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Vaclav-Havel-intellectuel-en-politique-est-mort-_EG_-2011-12-18-748193  (« Après 1968 et l’écrasement du printemps de Prague, il devient une des figures de la résistance intellectuelle au régime communiste, se refusant à se laisser gagner par l’apathie générale qui s’empare des sociétés d’Europe centrale. En 1975, il publie une Lettre à Husak, le président tchécoslovaque, qui est un des textes fondateurs de la dissidence. Puis en 1977, il participe à la fondation de la Charte 77, dont il sera un des trois portes paroles. »).

Ses ouvrages, Rue des Livres  : http://www.rue-des-livres.com/auteurs/1052/p2/vaclav_havel.html