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17/02/2020

"L'Algérie de Kamel Daoud" (Oran en vedette). Documentaire de Jean-Marc Giri.

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Sur la 5, en replay. Kamel Daoud, Oran... Des témoignages,
sans aucun tabou. Et des moments forts. Comme la parole
de ceux qui partagent vie intellectuelle et quotidien convivial
avec Kamel Daoud, connaissent beaucoup de lui. Un portrait
d'Oran, dans sa spécificité. Ville unique, imprégnée d'Espagne
aussi (on a entendu des échos d'espagnol). Et ce que dit Kamel
Daoud de son écriture en réponse au livre de Camus, L'étranger,
évacue les projections et instrumentalisations. Il insiste sur le fait
que son roman n'est pas "contre" Camus, mais, dit-il, "un exercice
d'admiration", un peu insolent, une "conversation". Il est,
en fait, un camusien authentique, avec la liberté de pensée de qui peut
affronter tout en aimant, non pas parce qu'il fait, lui, un contresens
sur l'intention de Camus dans sa propre création, mais pour être
dans une parole commune qui pose des nuances clés sur les
perceptions intimes du réel. Kamel Daoud parle, à un moment,
de l'altérité, du manque d'altérité quand l'autre est absent et
qu'on le réinvente négativement, justement parce qu'il est absent.

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16/04/2019

Notre-Dame qui brûle… Choc.

ND DRAME.jpgJ’ai d’abord traduit cela ainsi :
Sidération et bouleversement. On se rend compte, dans l'émotion, de l'importance de ces lieux dans notre univers. Et du sens du mot "patrimoine". Un lieu sacré. (Pompiers admirables, qui ont sauvé l'essentiel.)
 
ND LARMES.jpgAlors, après les images et les mots, besoin d’autres mots, réparateurs. Reprendre racine dans le sens profond, qui console de l’ignorance, de la peur de voir détruites des traces de culture et de spiritualité (murs et symboles). Notre tristesse dit l’attachement à un lieu qui fait partie de nous, et auquel nous appartenons aussi, en partage avec tant d’autres. (Exception ND CENDRES.jpgfaite de ceux qui, il y en a et il y en a eu, ont besoin de ruminer de la haine : j’ai vu cela aussi, mais ce sont des marges ND DESASTRE.pngpathologiques, des névroses identitaires qui suent des phrases malodorantes et dysorthographiques - comme ces racialistes qui traînent à l’Unef et ailleurs...). Et, signes fraternels, des messages venus de partout, officiels et anonymes. J’ai été touchée de voir sur les pages Facebook algériennes ou marocaines (par exemple) des textes disant l’essentiel, des reproductions d’oeuvres d’art figurant la cathédrale, ou des citations de Victor Hugo. Émue par le beau message de Kamel Daoud sur ce que représente Notre-Dame (lieu d'art et de mémoire), et par les phrases des commentateurs algériens de sa page, exprimant leur émotion (sauf quelques grincheux, vite remis en place par les autres).

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06/04/2019

ALGÉRIE, suite... Une démission, des questions, des espoirs. Symbolique matin d'Algérie...

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Les manifestations ont donc continué jusqu’à la démission de Bouteflika, car le rejet du 5ème mandat ne pouvait tolérer un 4ème mandat prolongé. Mais la prise de conscience algérienne va plus loin. L’exigence est une rupture avec tout le système, le désir de se débarrasser de tout le clan du pouvoir, de la corruption de cette « famille » (au sens étroit, frère du président et alliés divers, et au sens large, c’est-à-dire tous les réseaux qui ont bénéficié d’avantages et privilèges). 
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Cependant la transition à créer, pour construire une démocratie réelle, ne se présente pas facilement. Il va falloir que des personnes sûres puissent obtenir la confiance de la population, et si des visages apparaissent, rien n’est encore acté. (Même s’il est évident qu’il y a des forces vives qui pourront jouer un rôle).
Il va falloir déjouer les pièges, et certains ont déjà été tendus. Des informations sortent, qui montrent que le pouvoir ne lâche pas aisément, et qu’il semblerait même qu’un officier de haut rang ait évité une catastrophe en refusant des ordres demandant d’affronter la foule. Rumeur ou réalité, le temps le dira.

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04/03/2019

ALGÉRIE. Refus, élans, inquiétudes, et ESPOIR...

ESPOIR... 
ALGÉRIE… Comment ne pas suivre ? Un tel élan... Enthousiasmant, respectable, admirable, même, par la manière dont il est vécu et pensé. Pacifique, joyeux et triste à la fois. Joyeux, car, comme le dit Kamel Daoud, la peur a été cassée. Plus de peur d’affronter le régime. Plus de peur de provoquer des affrontements entre adversaires et soutiens du système (ou peur maîtrisée). Joyeux, l’élan, comme celui  de la danseuse au drapeau qui fait des pointes dans la manifestation, belle photographie, riche en symboles. Elle marquera l’Histoire, sa photographie. (Mais je ne l'ai d'abord trouvée que sur Facebook, sur une page, celle du livre "Alger sans Mozart", de Michel Canési et Jamil Rahman, Folio. Portrait de femme, aussi…). Imaginez une jeune femme élancée qui danse, cheveux au vent. On pourrait la penser Parisienne ou Madrilène. Une femme moderne, libre, d’évidence. Symbole de ce que peut être une Algérie libérée de la pression d’un clan dictatorial. Et, signe de ce qui est déjà en germe dans le pays, qui connaît, malgré le pouvoir, de multiples initiatives pour changer le quotidien (sociales, culturelles, environnementales, etc.). Avec, bien sûr, les archaïsmes qui tentent d’imposer obscurantisme et croyances aberrantes, les islamistes, moins agressifs (pas toujours) qui guettent, le complotisme, nourri, comme en France par la lecture de Russia Today, la voix du Kremlin… . Pays de fractures (mais on peut en dire autant, sur ce plan, de la France et de beaucoup d’autres, en ces temps de populismes et de nationalismes - au pluriel). Triste, l’élan, car portant l’inquiétude des risques de dérives et récupérations, et celle du manque d’alternatives. Mais les voix des intellectuels (universitaires, chroniqueurs, écrivains) portent à la vigilance.

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28/07/2017

Kamel Daoud, lire et relire...

kamel daoud,mes indépendances,chroniques,chroniqueur,écrivain,livre,littérature,algérie,actes sud,droits humains,engagé,concerné,livres hebdo,prix,prix livre et droits de l’homme de la ville de nancyKamel Daoud est primé pour une reconnaissance de son oeuvre de chroniqueur engagé pour les droits humains. Lui préfère se dire « concerné », et, oui, il l’est. Oeuvre marquée par la publication d’un choix, ample, de ses textes dans « Mes indépendances », livre publié par Actes Sud. Superbe.

 

Que ses chroniques soient lues abondamment, elles qui mettent en scène, en quelque sorte, le balancement subtil entre le total "oui" à la vie et la tension du "non". "Mes indépendances". Magnifique écriture d'un grand chroniqueur (nouvelliste et romancier aussi), mais l'écrivain est complètement présent dans les pages profondes, brillantes, du journaliste.

 

Exercice de lucidité, processus de questionnement permanent.

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23/05/2017

Islam et islamisme... Distinguer.

Comment dénoncer l’islamisme sans servir les causes malveillantes du rejet des autres en Occident et ailleurs ? Comment proclamer l’altérité comme lieu de réflexion entre les jérémiades du Sud et les indifférences sophistiquées du Nord ? Comment dénoncer et dire ? Comment appeler à résister au Mal, à traquer en soi ses signes escamotés sous le prétexte de la communauté, de la religion ou de la spécificité culturelle, sans tomber dans l’offre de service aux radicalités d’en face ?  Comment écrire sans être sommé ?

 KameL Daoud (Introduction au recueil de ses chroniques 2010-2016, Mes indépendances, Barzakh / Actes Sud 2017).

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20/02/2017

Des ombres et des polémiques... Des mots et d'autres mots... Colonisation...

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03/04/2016

Penser ombre et lumière, sauver le sens : Abdennour Bidar et Kamel Daoud

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2015. Réflexion de Kamel Daoud, sur laïcité et religion, chronique publiée sur Tunisie Focus. Pour que le sens (cherché, ouvert) ne soit pas pris en otage… 

Je retrouve par hasard ces deux textes en même temps. Publiés à trois ans d’intervalle, ils se croisent exactement pour se rejoindre et nous aider à comprendre ce qui est à l’oeuvre actuellement : les attaques contre Kamel Daoud et l’enjeu majeur (soutenir cette voix, la conscience, la laïcité pour la démocratie - sauver la pensée). A travers la force de cette voix soutenir aussi celle des poètes prisonniers (Arabie saoudite, Qatar…). Refuser les injonctions qui traversent les frontières, les compromissions, le silence honteux, les alliances honteuses avec l’oppression. 

Relecture de l'entretien d’Abdennour Bidar (propos recueillis en 2012, Le Monde des Religions) pour penser les attaques actuelles contre Kamel Daoud, en mesurant mieux le contexte 2012-2016.

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10/03/2016

PROCÈS à ORAN. L’imam salafiste est condamné… Kamel Daoud gagne

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01/03/2016

CONTRE les "chiens de garde de la fatwa, déguisés en chercheurs". Réflexion, et lecture de la tribune de Pascal Bruckner

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Car... "A nous de décider quel monde nous voulons" (Kamel Daoud, Courrier international, 09-01-15 : http://bit.ly/1BLvE7G )

Et car... « Ces dernières décennies, le monde dit musulman vit, à travers les propagandes islamistes, une surexcitation de ces codes sexués patriarcaux que la charia entérine. En désignant la liberté sexuelle comme le point crucial de la culture occidentale, l’islamisme identifie les droits des femmes et des homosexuels comme les pires fléaux d’une « occidentalisation » qui détruirait l’identité islamique. La mixité et l’autonomie des femmes sont aussi présentées comme sources de corruption sociale et de désordre. Dans cette optique, la prescription du voile, garant de la pudeur, et des conduites inhérentes à respecter confère d’emblée aux femmes non voilées un caractère impudique. » Chahla Chafik  (Le Monde, 15-01-2016.

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27/02/2016

Pour Kamel Daoud. Des textes de soutien... en réponse à des inquisiteurs complices des fondamentalistes.

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« Quel islam pour quelle phobie ? L'islam de Médine ou l'islam de la Mecque ? L'islam soufi ou l'islam de Daech ? L'islam de Sayyid Qutb ou celui de Mahmoud Taha ? L'islam qui lapide ou l'islam d'Averroès ? L'islam de Mohammed Arkoun ou l'islam des ténèbres ? / N'a-t-on pas le droit de chercher à saisir la frontière qui sépare l'islam de l'islamisme, de comprendre comment l’islamisme se transforme en terrorisme ? »

Karim Akouche, chronique, Marianne, 26-02-16. http://bit.ly/1T5aqvJ 

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21/02/2016

LIRE KAMEL DAOUD (Et ses soutiens...).

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Ci-dessous, entretiens et articles qui permettent de mieux comprendre les enjeux de ce qui se passe dans nos sociétés, en rapport avec la parole possible et impossible, les mots porteurs de sens et les mots manipulateurs… Mais, aussi, les effets de miroir entre des positionnements réactionnaires, extrêmes (ceux qui nient le droit de penser autrement que dans le sillage de leurs interdits : islamistes, religieux radicaux, courants soumis à l’idéologie de l’islam radical, associations gangrenées par les Frères musulmans ou leurs complices complaisants) et des constructions mentales qui empruntent les masques de la fraternité (et parfois même de la laïcité) pour calquer leur langage, leurs constats, et leurs objectifs sur un salafisme  "soft", stratège habile.

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16/02/2016

KAMEL DAOUD, voix essentielle, grande conscience. Et polémiques destructrices causées par des censeurs...

Voix essentielle... Kamel Daoud.

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Des critiques sont venues cette fois, non directement des islamistes affirmés et affichés, salafistes algériens au lourd passé (décennie noire), mais d'inconnus, sur cette rive, en France, se présentant comme "intellectuels" (cependant rien ne les distingue dans ce domaine, et, après enquêtes faites par plusieurs, pour savoir qui ils sont - une blogueuse, Sonia, et d'autres - ils ont trouvé plutôt des proximités idéologiques avec des fondamentalistes).

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19/12/2015

CITATIONS et... TITRES. Lecture... Lecture... Lecture... (pour soi, ou pour offrir...)

Je crois que je devine pourquoi on écrit les vrais livres. Pas pour se rendre célèbre, mais pour mieux se rendre invisible, tout en réclamant à manger le vrai noyau du monde.

Kamel Daoud, Meursault, contre-enquête 

Donc, des livres écrits pour se rendre invisible (que les auteurs le sachent ou pas), des livres pour pénétrer le sens enfoui du réel… (le sachant). Des livres sur mon chemin, en phase avec ce chemin…

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22/12/2014

Kamel DAOUD. Journalistes algériens solidaires.

Soutien, d'évidence, parce que cette menace contre un journaliste et écrivain est insupportable. Que c'est révélateur de la mise en danger de soi que constitue la volonté de dire, quand on affronte les extrémismes en refusant leurs diktats. Que le sens de cette attaque est d'autant plus fort et violent que l'intellectuel visé est une figure de liberté et pensée de très haute exigence. La lecture de ses chroniques est une nourriture essentielle (intelligence, lucidité, et humanisme). Ce qui se joue là est la possibilité d'un monde à construire, d'une Algérie d'avenir, d'une traversée des frontières au-delà des limites identitaires et des enfermements. Mais la violence est aussi dans certains soutiens affirmés qui, en fait, trahissent le message réel de l’écrivain menacé. 

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Mise à jour (22-12-2014) : un texte de soutien, parmi tous ceux qu’on pourrait mentionner... Contribution, publiée dans Le Soir d’Algérie, 20-12-2014.  « De la charte de l’impunité à «la peine de mort» de Kamel Daoud », Par Leïla Aslaoui-Hemmadi :http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2014/12/20/article.php?sid=172343&cid=41

Ce texte (lisible intégralement sur le site du journal : ci-dessous de larges extraits) pose des questions importantes, pour lesquelles les réponses ne sont d’ailleurs pas simples. Tenter la réconciliation après des périodes de guerre civile, cela peut ramener la paix, stopper la haine et la mort... Mais si le terreau idéologique demeure, et si le pardon rencontre le mensonge de fausses renonciations, appuyées par des complaisances, le germe mortifère peut couver là. L’auteur du texte met aussi en question le terme de fatwa, qui, en effet, est détourné par les islamistes s’autoproclamant maîtres en religion... Les pétitions, ajoute-il, ne suffiront pas. Cet appel terrifiant d’un intégriste est une leçon, est-il dit finalement : la vigilance ne doit jamais cesser. 

Constat valable, à mon sens, autant à Paris qu’à Alger : des extrémismes menacent (certains similaires, dont la genèse échappe un peu trop aux analystes pour que les réponses soient toutes pertinentes, d’autres de nature différente, mais interférant avec la même culture de haine). Contre les fascismes (noirs ou verts) les polices et pouvoirs ne peuvent seuls agir : il faut une résistance de terrain, et des outils pour qu’elle puisse concrètement s’ancrer dans le quotidien et se faire entendre.... »

CITATIONS : « Abdelfatah machin… dans son ignorance crasse ne saura jamais rien de Camus, de L’étranger et de Meursault. Il ne retint des propos de Kamel Daoud que le terme «Dieu» lorsque probablement celui-ci a dit : «Si on ne tranche pas la question de Dieu dans le monde arabe, on ne va pas avancer.» Ah Dieu ! le monopole des islamistes. Ah Dieu ! dont eux seuls ont le droit de parler lorsqu’ils assassinent en son nom et de l’islam, lorsqu’ils demandent la mise à mort d’un poète, d’un écrivain, d’un cinéaste, d’une femme, d’un homme toujours au nom de Dieu, c’est bien ce qu’a fait Abdelfatah machin… lorsqu’il a lancé son cri de haine contre Kamel Daoud sans se forcer d’ailleurs, parce que tout son être n’est que haine, détestation à l’égard de tous ceux qui ne lui ressemblent pas mais surtout qui ne partagent pas son projet de société fait d’incurie et d’obscurantisme. Et en bon islamiste fidèle à ses principes : si on ne se soumet pas à son «diktat» il appelle au meurtre. «Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous. Leur meurtre est licite» inscrivirent les Frères musulmans de Hassan-El-Bana en 1953 dans leur charte. » /  (...) « Demain, si nous nous taisons, viendra le tour des journalistes, des éditeurs, d’autres écrivains, d’artistes-peintres, etc. Ne l’avons-nous pas vécu ? » / (...) « Voilà pourquoi notre vigilance est plus que jamais d’actualité, parce que l’islamiste tantôt assassine ceux qui «sont contre lui» tantôt il vocifère qu’il faut les tuer comme Abdelfatah machin… Le résultat est strictement identique. Voilà pourquoi nous sommes tous des Kamel Daoud solidaires avec lui et plus que jamais. Plus que jamais dis-je, car si Abdelfatah machin… et autres islamistes ont recours à l’anathème, à l’appel au meurtre, c’est essentiellement parce que «la charte de l’impunité» (dite «de réconciliation nationale ?») a fait d’eux non pas seulement des criminels de la pire espèce blanchis mais aujourd’hui des infatués récidivistes appelant à l’assassinat des républicains. A leurs côtés se tiennent leurs idéologues qui jureront qu’ils sont des non-violents, «des islamistes modérés» disent les naïfs ou les niais c’est selon ; mais qui en, leur for intérieur, partagent en tous points le hurlement barbare de Abdelfatah machin… » / (...) « Si de telles pratiques sont autorisées, tolérées, instrumentalisées par l’Etat, cela signifie, comme l’exprime Mohamed Issami que : «Leur «repentance» a concerné le recours à l’action terroriste et non aux idées qui sont l’intolérance, l’inquisition et finalement la violence. Autrement dit, la religion n’est qu’un retour à la case départ («Le FIS et le terrorisme : Au cœur de l’enfer» Le Matin éditions page 417). L’amnistie dite «de réconciliation nationale» garantissant l’impunité aux terroristes islamistes fait d’eux mais aussi de leurs soutiens d’hier et d’aujourd’hui des défenseurs acharnés de leur projet de société. C’est ainsi qu’il faut interpréter l’appel au meurtre de Abdelfatah machin… Et notre vigilance ainsi que notre solidarité avec Kamel Daoud ne sauraient s’arrêter à la signature d’une pétition. » / (...) « Alors oui, nous sommes tous des Kamel Daoud. Mille fois oui. » L. A.-H.