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10/03/2020

Femmes, les droits avant et après le 8 mars…

3 Femmes.jpgLa journée du 8 mars est l’occasion d’un rappel, le moment d’une expression des femmes dans le monde. 
 
En marchant ou en prenant la parole, des messages sont portés, plus difficilement dans certains pays que dans d’autres. Femmes féministes ou simplement femmes qui, sans être engagées dans telle ou telle association, sont conscientes des problèmes qui demeurent, de l’inégalité des droits dans la société à l’inégalité des salaires, en passant par la 'charge mentale’ des responsabilités privées, et sans oublier la question des violences (agressions, harcèlement, féminicides). 
1 Femmes.jpg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cependant le féminisme a des visages divers, dont certains problématiques, comme le radicalisme contre-productif et certaines dérives  (tribunal sur réseaux sociaux, soupçons et rumeurs) qui ne sont pas la parole  légitime pour témoigner.
 Femmes Voile rép.gifUne autre face problématique est le paradoxe de courants qui se disent féministes mais diffusent des idées qui sont contraires à l’intérêt des femmes, en rejoignant des pensées fondées sur des options fondamentalistes, intégristes, sous prétexte d’identité à revendiquer. Communautarisme et racialisme sont des pièges.
Diam's.jpgEt, encore un autre piège, la confusion qui fait croire que l’atteinte à la langue qu’on veut ‘inclusive’ (ou l’enfermement dans des codes artificiels, en méconnaissance des réalités linguistiques) est une ‘révolution’ qui fait avancer les droits des femmes. Enlaidir la langue avec ce jeu idiot des points pour entrer le féminin même là où un neutre implicite dit au contraire une égalité de fonction, c’est ridicule. 
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De même, Florence Delay, en 2015, sur France Culture, disait que son espoir, jeune, "était de devenir un écrivain, pas une écrivaine, un auteur dramatique, pas une auteure". Et Jacqueline de Romilly (propos cités sur le blog Grains de sel) disait sa déception de se voir appeler professeure, alors que le concours de recrutement nommait les professeurs (sans e), femmes et hommes.
 
Ceci posé, il faut noter le courage des femmes qui luttent pour leurs droits, refusant de se soumettre aux injonctions de dictatures ou aux pressions de groupes haineux. Ainsi les femmes qui refusent l’obligation du voilement, en Arabie saoudite, Iran ou ailleurs. Au péril de leur vie et au risque de la prison et de la torture. Ainsi les marcheuses qui, au Pakistan, ont dû affronter la violence des islamistes venant les attaquer pour les disperser.
Dans des pays qui cherchent à établir la démocratie, comme en Algérie, les femmes ont un rôle majeur. Et la revendication féministe principale est l’abrogation du code de la famille et de l’héritage, qui est totalement inégalitaire et soumet les femmes. Pas de démocratie sans cela, disent les féministes. En Inde le viol est un fléau, pour lequel les réponses officielles sont encore très insuffisantes, même si une prise de conscience commence à se noter.
Le marqueur qui fait la différence entre les associations dites féministes c’est la laïcité, l'universalisme, et le respect des règles républicaines. Question de valeurs… 
……………………………………...
Pour s’informer… Textes, associations, sites ou pages Facebook, LIVRES, et chant… 
 
TEXTES… 
Sur HRW, Human Rights Watch. "Les gouvernements devraient honorer leurs engagements en matière de droits"… https://cutt.ly/RtoZ6sw
i
Un texte de 2019, qui reste actuel, publié par le CLR, Comité Laïcité République, "Pour un 8 mars universaliste", appel collectif… https://cutt.ly/ytoXoKz
 
"Laïcité, égalité, mixité". Ce sont les valeurs affirmées par Femmes contre les intégrismes, association qui avait  été créée pour soutenir les associations algériennes agissant pour l’abrogation du code de la famille. Texte d’orientation… 
 
MANIFESTE à signer. "Pour en finir avec les intégrismes"… 
 
"Le féminisme a-t-il perdu la tête ?" Les VigilantEs, 2 mars 2020… 
 
Sisyphe.org. Regard féministe sur le monde
Article sur de particulières atteintes aux droits des femmes (Canada)...
(ou comment l’idéologie peut subvertir les faits)…
…………………. 
ASSOCIATIONS féministes… (liens ici,ci-dessus et ci-dessous, et liste en marge droite du blog, ‘Penser femmes’)… 
Femmes contre les intégrismes
Les VigilantEs
Sisyphe.org
Regards de femmes
 
Pages Facebook (associations...). Et… 
Femmes algériennes libres et sans voile… https://cutt.ly/RtoXOns 
 
Voir aussi la page Facebook féministe,  Les Algériennes.
…………………..
LIVRES, sélection… 
 
De Razika Adani. "Islam : quel problème ? Les défis de la réforme", Afrique Orient, Maroc, 2018. (Puisque la laïicité et la religion sont un des points de fracture au sujet des droits des femmes)… https://cutt.ly/XtoXHKC
 
De Razika Adani lire aussi ceci, TSA… "L’Algérie ne sortira de son archaïsme que si elle met fin aux discriminations envers les femmes’https://cutt.ly/gtoXBpT
 
De Fawzia Zouari,
"Je ne suis pas Diam’s", Stock, 2015
 
D'Emma Goldman, "De la liberté des femmes", Payot, 2020…
 
"Enjamber la flaque où se reflète l’enfer", de Souad Labbize, 2019, Éds iXe, bilingue français-arabe.
Livre douloureux, au beau titre explicite. Enfer du viol (des viols) et du déni. C’est le déni qui permet la répétition, qui permet que cela puisse être. Solitude de l’enfant, détresse non dite et non sue. L’adulte écrit. Souad Labbize parle des ombres de la société algérienne, ombres qui ont leurs miroirs ailleurs.
………………….
LIVRES, des LISTES, bibliographies... 
 
Sur Regards de femmes, LISTE de LIVRES à lire. Plusieurs pages de références. Accent mis sur la laïcité et les obstacles aux droits des femmes dans le monde… 
 
Le choix de Sud-Ouest, cinq livres
 
Sur Le Temps, 25 livres...
 
Et une centaine de livres sur Babelio
…………….
ÉDITIONS
Chèvre-feuille étoilée, Montpellier.
Éditions de femmes en Méditerranée...
 
Des femmes...
……………..
CHANT de femmes pour la paix…. 
Le beau message de Yael Deckelbaum, artiste née à Jérusalem, et qui chante l’espoir de paix venant des femmes… 
"Prayer of the mothers"…  Deux vidéos (dont la marche des femmes juives et arabes unies)… https://cutt.ly/NtoCWiq
 
"Women of The World Unite", Yael Deckelbaum
.......................
SOLIDARITÉ...
"Poète… vos papiers ! pour Asli Erdogan", éds des femmes...

07/04/2019

ALGÉRIE. Revue de presse...

algérie,algériens,bouteflika,idéologie,presse algérienne,laïcité,fondamentalisme,religion,islam,femmes,liberté-algérie,algérie focus,el watan,le matin d’algérie,huffpost maghreb,observalgérie,couleurs d’algérie,abdelkhalek labbize,algérie penser librement,forum france-algérie,les algériennes,femmes insoumises dzJe reprends ici une sélection de mes lectures, depuis la note du mois dernier. Des articles que j’ai d’abord partagés sur mon mur Facebook, et par Messenger, et autour desquels des échanges se font, dont certains en messages (MP). Je vois souvent certains amis algériens les partager à leur tour (c’est ma contribution indirecte…), et réciproquement j’en partage des leurs. Quelques semaines où, comme je le dis dans la note d’hier, beaucoup de choses ont évolué. Des victoires, des avancées heureuses. Mais aussi des crispations qui révèlent un peu plus les fractures qu’on connaît déjà. En Algérie, quand on veut résumer, on peut dire qu’il y a une faille entre ceux qui aiment Kamel Daoud et les chroniqueurs critiques (bien plus nombreux à les apprécier que les autres ne le disent...) et ceux qui ont une aversion pour ces auteurs (en général à cause de leur conception laïque de la spiritualité - qu’ils soient croyants, agnostiques, ou  athées). Dans les réactions de rejet le mot ‘islamophobie' est vite sorti, ce concept qui cible le plus souvent la critique des idées (car la musulmanophobie n’a rien à voir avec ça). Et suivent les injures (‘traîtres’ pour les auteurs haïs, ou ‘racistes’ pour ceux qui ne sont ni musulmans ni Algériens…). J’ai lu récemment un post d’un internaute algérien (que je ne peux partager, même s’il était public, car il n’est pas en ligne ailleurs) où l’auteur, exaspéré par ces attaques injustes, et pour avoir réfléchi souvent à ces questions, résumait son point de vue avec cette formule, en titre : 'L’islamophobie : une invention des ténébreux’ (c’est-à-dire des islamistes). Et il commentait en rappelant que, si le mot est attesté bien avant cette instrumentalisation, son utilisation actuelle est leur création. 
 
Donc, lectures… ARTICLES dans l’ordre chronologique des parutions.
Sources algériennes, surtout, mais expression sur les deux rives, presse algérienne ou française. Et analyses extérieures aussi.
 
09-03-19, Kamel Daoud, Le Point. En ligne, seul le début est lisible, mais le lire, pour le regard de l'auteur sur ce qui se produit en Algérie (en accord avec ses intuitions antérieures), "La renaissance du corps algérien"… https://bit.ly/2Z4EuOg
 
"Derrière chaque voile, 3000 ans de haine envers la femme qui nous regarde" - Site "Socialisme libertaire"… Par Mohamed Kacimi, 10-03-19. L'auteur va rechercher dans les racines historiques des religions monothéistes - et des cultures qui sont le contexte de leur élaboration - les sources de cette injonction du voilement. Et le sens est celui de la volonté de soumettre la femme considérée comme inférieure aux hommes... https://bit.ly/2Ijgd17
 
Analyse d'Amin Zaoui, "Les deux mots qui fâchent les Algériens", Liberté Algérie14-03-19.
Citation : "La régionalisation et la laïcité, deux mots qui fâchent l’Algérie entière ou presque. Deux mots qui sèment l’animosité chez les Algériens, du moins la plupart. Un état mental sociétal qui surpasse l’appartenance à un tel groupe social ! Et pourtant ces deux mots, ces deux concepts demeurent, à mon sens, une clé parmi d’autres capable de répondre à un grand lot de nos problèmes modernes. Dans le sens philosophique de ces deux mots résident quelques réponses aux échecs qui gangrènent notre société, aux agacements à caractère socioéconomique et aux contrariétés à caractères religieux-identitaires. Mais pour approprier ces deux mots qui fâchent les Algériens, il faut une classe politique propre et courageuse et une intelligentsia visionnaire, critique et rationnelle."… https://bit.ly/2uV42iZ
 
"En Algérie, la longue marche de la société civile", The Conversation, 14-03-19. Par E. Matteudi, M. Péricard, avec Arab Irazouken (interviewé).
Sur le mouvement de révolte, qui n'est pas apparu spontanément mais est le résultat d'années d'implications associatives, d'initiatives culturelles de toutes sortes. Mais... "La ligne de crête est fragile entre une société civile qui a investi l'espace public, pacifique et rassemblée, et les écueils de part et d'autre de la violence ou du fondamentalisme toujours à l'affût."… https://bit.ly/2TGDW2l
Par Fiona Moghaddam. 
"Une contestation affranchie de tout parti",
France Culture, 15-03-19."
Une contestation qui
s'est construite sans les partis d'opposition."
(...) "En Algérie, l'opposition
est muselée, censurée, interdite dans les médias
publics. Les paroles qui ne seraient pas en accord
avec le discours officiel sont bannies des radios
et télévisions publiques."
https://bit.ly/2ColLni
"Le 'pouvoir' est aussi loin d’être une structure 
de clans
plaquée comme un corps étranger sur la
société." (…)
"Le ‘pouvoir' et la société
entretiennent un commerce étroit".

Par Jean-Pierre Peyroulou,
Esprit, 15-03-19
https://bit.ly/2YZGvv5
"Les Émirats arabes unis, le coffre fort du pouvoir 
algérien
", MondAfrique, par Nicolas Beau, 22-03-19.
Émirats qui rêvent d’un pouvoir fort en Algérie
et abritent les fortunes du clan. (Fuite des capitaux)… 
Voir aussi l'analyse du MondAfrique sur les
"sombres desseins" des Émiratis et Saoudiens(au 07-04).
https://bit.ly/2TRTG2l

"Écroué parce qu’il s’était opposé au cinquième mandat /
Qu’attend-on pour libérer Hadj Ghermoul ?!
".

Algérie Focus, 28-03-19. Il est prisonnier depuis
le 29 janvier pour ce qui a mis toute l’Algérie
dans la rue. On l’a accusé d’outrage, ses camarades
disent que la raison est son opposition au 5ème mandat…
https://bit.ly/2G3Ln9N
"Pourquoi l’Algérie ne sera pas islamiste !", 
El Watan, 28-03-19.
Par Meriem Khelifi, sociolinguiste
spécialiste du discours religieux.
Texte précieux, qui
montre que le traumatisme de la décennie noire est
souterrainement dans les mémoires collectives, dans une
sorte "d'habitus social" (concept de Vincent Cespedes).
L'analyse nuancée distingue les islamistes politiques
(dont elle pense qu'ils ne peuvent représenter un danger,
le contexte géopolitique et la période étant différents).
Mais elle considère cependant qu'un "islamisme' culturel"...
"interpelle". Rigorisme religieux, voilement...
Malgré la "salafisation du rapport au religieux",
qu'elle note, une "dynamique de résistance" et la
créativité populaire "protègent des dérives", et aussi
"la capacité d'une critique
de la religiosité"…
https://bit.ly/2OZZOjp
"Vague d’indignation après l’agression du 
'carré féministe',ce vendredi :
la démocratie se fera avec les femmes
ou ne se fera pas !
".

El Watan, 31-03-19, par Mustapha Benfodil.
Agression verbale et physique. ("Nous avons subi
la haine et la rage de manifestants"), avec, comme
argument que "ce n’est pas le moment" (d’exprimer
des revendications au sujet des droits des femmes,
les féministes pensant qu’au contraire c’est essentiel)… 
https://bit.ly/2WU88nt
"L’Algérie sera fédérale et laïque, ou ne sera pas",
Marianne, 02-04-19. Chronique de Karim Akouche,
écrivain,
qui définit un plan en six points pour
établir une démocratie
algérienne laïque. Donc…
Libérer la femme, l’histoire,
choisir la laïcité -
État coupé de la religion, supprimer
la hiérarchisation
des langues, rompre avec l’ethnicisme
régional
et le blocage des tabous, élaborer une Algérie

plurielle et laïque. Il insiste sur la nécessité d’une
révolution double - "institutionnelle et
civilisationnelle,
juridique et culturelle".
Il espère une rupture radicale avec

les formes du passé...
https://bit.ly/2Im8pMb
"Bouteflika démissionne" / "L'as de pique ne piquera plus", par Hebib Khalil, Le Matin d'Algérie, 02-04-19. Mais ce n'est pas fini... Il évoque la liste qu'il faudra faire de ceux qui devront partir et rendre des comptes. Et il résume ainsi le constat en voyant en Bouteflika 'l'as de pique'. Restent rois et valets à éliminer aussi. et... Citation : "Ce qui est sûr, est que le départ de Bouteflika n'est que le début d'une lutte contre ce qu'a semé son régime mafieux en graines du mal, en poison et en bombes à retardement. Il faut désamorcer le pays, le cultiver, le faire fleurir pour que les générations futures puissent vivre enfin le rêve de l'indépendance."… https://bit.ly/2IjqE4Q
Une chronique de Yassine Temlali, sur son blog 
hébergé par HuffpostMaghreb
"La révolution nous rend-elle meilleurs? Gare à l’autoglorification !"
C’est u
n exercice de lucidité, appliqué ici à l'actualité algérienne, mais
d'une pertinence qui concerne bien au-delà. Ou comment penser
le rapport à l'engagement et au politique (au politique, pas 'à la’),
02-04-19
https://bit.ly/2IkfXPj
Par Daikha Dridi,journaliste-reporter, blog hébergé par HuffpostMaghreb, chronique, 02-04-19.
"Comment une nation qui a eu honte du 5e mandat n’a-t-elle pas honte de traiter ses femmes comme des sous-citoyennes ?"
(Dans son texte elle précise que cette phrase n’est pas une accusation mais un programme, car les
Algériens ont commencé à parler de tout, et doivent continuer et tout aborder, aidant même par le dialogue ceux qui n’ont pas la même perception qu’eux de ce qu’il faut faire).
Citations : "Une ligne de fracture est apparue parmi les intervenantes entre celles qui pensent qu’il faut se battre ici et maintenant pour l’égalité totale et celles qui estiment que “ce n’est pas le moment" (...) "Les agressions contre les manifestantes féministes ont provoqué une onde de choc parmi les femmes et les hommes qui considèrent le combat pour l’égalité comme une priorité." (...) "Mais ces agressions, ne l’oublions pas, ont également suscité un véritable élan de solidarité envers les militantes qui ont été prises à partie et insultées."… https://bit.ly/2UoCuBH
 
Kamel Daoud, après la démission de Bouteflika,
"Nous pouvons enfin décider de choses, le pays nous appartient",
France-Inter, 03-04-2019. L'écrivain s'est beaucoup exprimé
pour soutenir l'élan de ce mouvement, et il est très suivi
sur son mur Facebook, très commenté. Beaucoup de ceux qui
le suivent le remercient, pour ses analyses et prises de position,
conscients que son engagement, pour dénoncer les dérives d'un
système rejeté, a certainement joué un rôle dans les prises
de conscience et le courage de dire, qui a toujours
été le sien, malgré des menaces. Il participe d'ailleurs aux
marches à Oran. Il exprime sa joie, mais dans ses posts il fait
aussi un travail de veilleur, mettant en garde contre les pièges
et les dérives. Sachant que le pouvoir et ses alliés
(privilégiés et compromis) résistera…
https://bit.ly/2I91978
"Bouteflika de la sacralisation à l’humiliation", 
Le Matin d’Algérie, Par Tawfiq Belfadel, 03-04-19
Il rend compte dans cette chronique du bouleversement
total créé par les manifestations. Inversion totale
des conditions et perceptions.Les masques tombent,
et le peuple algérien apparaît dans sa vérité positive,
loin des clichés. Et l'humiliation change de camp.
La honte est pour le pouvoir, le clan corrompu…
https://bit.ly/2Garsra
"L'après Bouteflika c’est maintenant",
par Philippe Martinat, Le Parisien, 04-04-19.
Citation :
"L'incertitude sur la suite et la transition
à venir est totale."…
https://bit.ly/2D2xQ1K
Entretien avec Nadia Tazi,  philosophe. Marianne, 05-04-19.
 "Agression transphobe de Julia" (c'était en marge d'une manif de la diaspora algérienne à Paris).
(D'elle, ce livre, "Le genre intraitable : politiques de la virilité dans le monde musulman").
 Citation : "Dès qu’il s’agit d’islam, l’embarras est palpable à gauche" (Elle en donne une explication : s’opposer à ‘l’islamophobie’ des Le Pen et autres. Mais elle rappelle aussi la proximité des positions sur la femme et les homosexuels, entre les populistes et les islamistes). … https://bit.ly/2uRhK6B
 
"En Algérie, la révolution des artistes-monde". France-Culture, 05-04-19.
Mention d'un "frémissement artistique libérateur" qui annonçait des changements depuis quelques années, avec des "signaux d’une résistance par l’art". Wassyla Tamzali, créatrice des "ateliers sauvages" a trouvé un nom pour ces créateurs contemporains : les "artistes monde" (expression venue de la littérature). Melissa Ziad, la danseuse dont la photographie est célèbre, dit ceci : "Une alternative au système dominant peut s’exprimer par la créativité artistique et amorcer une révolution des modes de pensée."… https://bit.ly/2WVGyWW
 
"Révolution joyeuse en Algérie : des jeunes filles lynchées à Alger". Par Pica Ouazi, 06-04-19, ObservAlgérie. Cette agression s’est passée à la fin de la manifestation du 5. Les agresseurs étaient apparemment drogués et dans un état de furie, au point que les témoins n'ont rien pu faire (les jeunes filles ont témoigné et des pages féministes en ont parlé). Ce fait (pas isolé, mais plus violent que d’autres) semble être une conséquence de l’appel au lynchage posé (vidéo ensuite retirée mais partagée) par un internaute algérien vivant à Londres (et qui a été interpellé) : il visait les femmes revendiquant des droits. Mais l’article précise aussi que la Toile a été le lieu d’une "campagne des 'islamo-conservateurs' contre la présence des femmes dans la rue". D’autres incidents sont signalés aussi. Des liens intégrés à l’article permettent de situer tout le contexte… https://bit.ly/2UHrr62
 
"En Algérie, le risque du naufrage économique", par Karim Kebir, correspondant du JDD à Alger. Le JDD (Journal du Dimanche), le 07-04-19. Chasser les corrupteurs et profiteurs ne suffira pas à relancer l’économie si une relance n’est pas provoquée par la diversification et pour lutter contre la dépendance aux hydrocarbures. L’article n’est pas lisible en ligne (sauf le début), mais l’auteur parle de la menace du ‘syndrome vénézuélien’ (pour les mêmes raisons). Il cite notamment un expert économique, Ferhat Aït Ali, inquiet… https://bit.ly/2YYvEBJ
 
O7-04-19. MondAfrique.
Très important article, une connaissance fine du contexte géopolitique...
"Les sombres dessins des Émiratis et des Saoudiens"...
 
Idir, propos du chanteur algérien recueillis par François Clemenceau. Pas lisiblement intégralement en ligne, mais déjà une ample partie du long article... A la fin ( non en ligne) il dit qu'il faudra vite travailler sur la Constitution (articles 1 et 2 notamment). Il parle aussi de la démocratie, la vraie, fondée sur l'État de droit, pas à la façon démocratie populaire des dictatures communistes. Et il cite un proverbe mexicain que lui a fait connaître son cousin:"Ils veulent nous enterrer, mais ils oublient que nous sommes des graines."
Le JDD, 07-04-19https://bit.ly/2UGicTD
Quotidien d’Oran. A signaler, un entretien avec
Inès Safi
,
née en Tunisie, chercheuse en théorie
de physique quantique,
CNRS. Regard sur l’islam
et point de vue sur la rationalité

spirituelle...
http://www.lequotidien-oran.com/?news=5274560
Mais tout n’est pas fiable dans le Quotidien d’Oran.
Voilà un article qui (entre autres points discutables)
prend Philippe de Villiers pour un historien et adhère
à ses thèses sur l’Europe créée par des… nazis…!!!
(Livre en question démonté par tous les historiens…
Point de vue d’un souverainiste très très à droite et
ami de Poutine). On sent l’effet RT sur la presse, là.
Contagion du conspirationnisme et de son vocabulaire
("les maîtres du monde")….
 http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5275271

Mise à jour, 9 mars.
Algérie-Focus, 08-04-19. "Algérie : La contre-révolution est à l'oeuvre ! La vigilance est de mise."
La page expose les « usages » et manipulations de la contre-révolution (sujets : élites isolées, désinformation, répression, déstabilisation par des actes violents, régionalisme)… https://bit.ly/2UcY9It
Au sujet du régionalisme, voir cet ancien article d’Abdou Semmar  (sens inchangé), Algérie-Focus, 2016...
"Je ne parle pas le kabyle et alors ?!!"… https://bit.ly/2Z2ZIMD
 
Article du Quotidien d’Oran sur une séance du Parlement en
l’absence de l’opposition.
Par Moncef Safi, le 09-04-19...
 
http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5275322
INFO RADIO, 9 mars...
Un président a été élu pour trois mois...
 
MISE à JOUR, 11 mars
10-04-19, Maghreb Émergent, par Nabil Mansouri
"Gaïd Salah utilise la menace et le spectre de la main étrangère"… https://bit.ly/2Z0Rkgw
Sur la stratégie de Gaid Salah (transition?)…
MondAfrique, 10-04-19… https://bit.ly/2uZvGeY
Mais l’article d’Abdou Semmar nuance la problématique,
Algérie Part10-04-19... https://bit.ly/2Z7hXAH
Grave, et inquiétant…
(signe de la contre-révolution crainte par Algérie-Focus, voir texte du 08-04-19 ?)
 
10-04-19, ALGER. "La voiture de l'épouse d’Abdou Semmar incendiée".
TSA (Tout sur l’Algérie)… https://bit.ly/2D6vxL6
Et, rappel des difficultés passées, MondAfrique (Juin 2017)
Article sur Abdou Semmar, d’Algérie Focus à Algérie Part… 
"Algérie. Abdou Semmar un journaliste insubmersible"… 
 
En marge de l’actualité
Un sujet qui concerne notre culture commune, la langue,
ce 'butin de guerre’ (Kateb Yacine). Algérie Part (19-02-19)
"Plus de 509 millions de francophones dans le monde : 
quelle place pour les Algériens ?"... 

PAGES Facebook
...
PAGE Fb "Algérie Penser Librement
En couverture, comme exergue,une citation de Nietzsche, une pensée d' "Ainsi parlait Zarathoustra", sagesse contre la violence : "Sur le chemin qu'ils suivaient ils ont inscrit le signe du sang, et leur folie enseignait qu'avec le sang on témoigne de la vérité. Mais le sang est le plus mauvais témoin de la vérité ; le sang empoisonne la doctrine la plus pure et la transforme en folie et en haine des coeurs.". En post 'épinglé', sorte de manifeste-programme éthique, un texte signé du nom de la page, paragraphe dense, comme un éditorial pour dire qu'il faut se libérer de l'obligation d'être un croyant, pour pouvoir être un citoyen. Ce n'est pas une profession de foi athée, mais (sous le signe des références à Mohamed Arkoun, penseur majeur du rapport des consciences libres à la spiritualité) l'exposition des conditions de la libération réelle d'un peuple du joug de pouvoirs oppressifs. Il faut refuser que la religion soit instrumentalisée pour manipuler (et donc asservir). Il faut rejeter toute utilisation de la religion comme outil de "combat politico-idéologique". La condition essentielle peut se résumer ainsi : commencer par se libérer soi-même. Ou on remplacera "une dictature par une autre, indéfiniment, car nous n'aurons pas été libres nous-mêmes."
LIEN PAGE...
 
PAGE Fb "Forum France-Algérie" 
Regard des Franco-Algériens sur l'actualité et la culture.
PAGE Fb,"Les Algériennes" (Toutes Les Algériennes)… 
Expression libre des femmes…
https://www.facebook.com/toutesLesAlgeriennes/
PAGE Fb "Femmes insoumises dz" 
PHOTOGRAPHIES des manifestations, El Hirak. 
Couleurs d’Algérie, SITE d’Abdelkhalek Labbize
https://bit.ly/2G5vVua
Et sa PAGE RB... https://www.facebook.com/pg/Labbize/posts/
………………..
S’INFORMER, suite... PETIT PORTAIL de LIENS...
Le Matin d'Algérie… http://www.lematindalgerie.com
Le Quotidien d’Oran… http://www.lequotidien-oran.com
TSA actu. Tout sur l’Algérie... https://www.tsa-algerie.com
Algérie Part… https://algeriepart.com 
Toute la PRESSE ALGÉRIENNE, LIENS...  https://www.tsa-algerie.com/press/
MondAfrique/Algérie... https://mondafrique.com/tag/algerie/
Le Point Afrique, Algérie… http://afrique.lepoint.fr/pays/algerie/
Courrier international. Algérie… 
Toute la PRESSE FRANÇAISE…. https://www.journauxfrancais.net  
PRESSE INTERNATIONALE, tous pays. LEXILOGOS
(et voir « Plan du site », ressources multiples…)
 
MC San Juan

06/04/2019

ALGÉRIE, suite... Une démission, des questions, des espoirs. Symbolique matin d'Algérie...

algérie,algériens,diaspora,bouteflika,mandat,système,f.l.n.,politique,idéologie,religion,islam,femmes,mohamed benchicou,le parisien,brice perrier,kamel daoud,yasmina khadra,boualem sansal,aziz chouaki,anouar benmalek,amin zaoui,karim akouche,tawfiq belfadel,femmes insoumises dz,hebib khalil,ardavan amir-aslani,les algériennesBeaucoup de faits sont intervenus depuis ma première note-dossier.
Les manifestations ont donc continué jusqu’à la démission de Bouteflika, car le rejet du 5ème mandat ne pouvait tolérer un 4ème mandat prolongé. Mais la prise de conscience algérienne va plus loin. L’exigence est une rupture avec tout le système, le désir de se débarrasser de tout le clan du pouvoir, de la corruption de cette « famille » (au sens étroit, frère du président et alliés divers, et au sens large, c’est-à-dire tous les réseaux qui ont bénéficié d’avantages et privilèges). 
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Cependant la transition à créer, pour construire une démocratie réelle, ne se présente pas facilement. Il va falloir que des personnes sûres puissent obtenir la confiance de la population, et si des visages apparaissent, rien n’est encore acté. (Même s’il est évident qu’il y a des forces vives qui pourront jouer un rôle).
Il va falloir déjouer les pièges, et certains ont déjà été tendus. Des informations sortent, qui montrent que le pouvoir ne lâche pas aisément, et qu’il semblerait même qu’un officier de haut rang ait évité une catastrophe en refusant des ordres demandant d’affronter la foule. Rumeur ou réalité, le temps le dira.
 
En marge, des délires. On voit aussi des personnages, de partis associés au pouvoir, faire des discours délirants (des vidéos ont circulé). Ainsi une femme (qui a été ensuite la cible de moqueries cinglantes sur les réseaux sociaux algériens, francophones en tout cas) a pu dire, avec rage et conviction, que… les Juifs étaient les organisateurs de ce mouvement contre le pouvoir, pour détruire l’Algérie !!! Et revoilà le grand complot des conspirationnistes amateurs de RT, la voix du Kremlin, et autres sites du même genre.
Je n’ai pu que faire le lien avec autre chose que j’avais remarqué, juste avant. A circulé, sur des pages algériennes (Facebook et sans doute ailleurs) le texte d’un général français d’extrême droite, actif ou retraité je ne sais pas (personnage que tous les sites extrémistes adorent diffuser : RT, bien sûr, mais aussi des sites négationnistes, comme celui de Soral). Ce texte, donc largement présent en ligne, disait (je résume) que BHL était à la manoeuvre au sujet de l’Algérie : le texte "prévenait"(!). Et la réception était (commentaires...) une désolation horrifiée (BHL étant la métaphore du diable "sioniste" dans un certain imaginaire algérien - et maghrébin). On lui prête des faits multiples, on lui attribue la responsabilité de toutes les catastrophes. Et donc, pour certains, c’était cohérent. Sans qu’ils voient que le général soi-disant "protecteur" faisait passer un message de doute, sur un fond antisémite. (L’extrême droite française n’aimant les Algériens et les musulmans que pour tenter de partager avec eux un antisémitisme qu'elle leur prête d’avance, et qu’elle cherche à flatter, comme une certaine extrême gauche française, dans les milieux pro-palestiniens d’abord, car la Palestine est pour certains un mantra obsessionnel incontournable, dans l’oubli de bien d’autres conflits et drames du monde...).
Il y a un écho en Algérie pour cela. Et le pouvoir rejeté a bien joué avec, pour appuyer sa domination. Mais le rejet ne va pas encore, pour tous, jusqu’à refuser les effets idéologiques d’une longue propagande, et d’un formatage qui a utilisé autant la religion que l’éducation et les manipulations de l’Histoire officielle).
 
Pas pour tous, ce rejet de l’idéologie avec le système qui l’a modelée, mais chez beaucoup d’esprits, cultivés, lucides, et critiques : oui. 
Le fait que la presse algérienne ait réussi (malgré des difficultés - voir les pages Algérie de RSF) à maintenir une pluralité et à produire deux ou trois générations de chroniqueurs de grand talent, cela a permis que les idées circulent, que des intellectuels élaborent des pensées autonomes, radicalement en rupture.  
Autre facteur intéressant, la jeunesse de la population, qui a pu être désespérée par les blocages sociaux et le manque de perspectives, au point de risquer la mort (et trop souvent la trouver), en fuyant vers une Europe peut-être idéalisée. Car d’autres ont choisi d’agir. De nombreuses initiatives ont été le fait de jeunes (tant dans le domaine artistique qu’économique, environnemental, ou littéraire). 
Ces chroniqueurs, ces auteurs, ont certainement joué un rôle de pionniers, chacun à sa façon (parfois adulés, parfois détestés). 
Ainsi Kamel Daoud, Yasmina Khadra, Boualem Sansal, Aziz Chouaki, Anouar Benmalek, Mustapha Benfodil, Mohamed Kacimi, Amin Zaoui, Karim Akouche, Tawfiq Belfadel, Abdou Semmar (créateur d'Algérie Focus puis d'Algérie Part), Hebib Khalil, Khaled Belkouche (créateur du site web ObservAlgérie).et quelques autres… 
Et des femmes, affrontant elles aussi les tabous, les blocages, dans un souci de partage non conflictuel. Comme Daikha Dridi (journaliste-reporter), Nadia Tazi (philosophe), Meriem Khelifi (sociolinguiste spécialiste du discours religieux). Elles questionnent, expliquent... Elles et plusieurs autres (poètes, cinéastes, romancières...).
 
Et comment ne pas penser à la longue patience agissante (et visionnaire) de Mohamed Benchicou (créateur du journal "Le Matin d’Algérie") et à son livre sur Bouteflika, "Mystère Bouteflika, radioscopie d’un chef d’État". 
Rôle, aussi, à ne pas négliger, des diasporas, par le frottement à d’autres lieux et cultures, d’autres visions sociales et politiques, d’autres philosophies. Frottement à des démocraties fondées sur la laïcité, donc la séparation de la religion et de l’État, et une égalité juridique des femmes et des hommes. (Même si elles ne sont pas parfaites, même si l’idéal a ses failles, l’ouverture est un horizon).
 
De même, un courant a tracé sa route, bien avant ces manifestations. C’est celui des revendications des femmes pour une égalité à conquérir, juridiquement, concrètement et symboliquement. Beaucoup travaillent, certaines sont créatrices et chefs d’entreprises : l’égalité des droits est pour elles une évidence. Les femmes ont été dès le début très présentes dans les manifestations. Et la jeune danseuse qui en fut une très belle image en est un symbole flamboyant (voir la note précédente, lien en bas de celle-ci…). Mais un malaise a fini par être exprimé. Certaines se sont dit qu’elles risquaient de n’être qu’un faire-valoir d’un mouvement qui ne bénéficierait finalement peut-être qu’aux hommes, si les statuts qui gèrent la vie des femmes n’étaient pas changés. Et des pancartes avec des slogans féministes sont apparues (que ce féminisme ait le langage du féminisme européen, lui-même multiple et divisé, ou pas du tout ce langage). Ces signes de conscience féminine (ou féministe) ont affolé des marges conservatrices, et des réactions hostiles ont pu être constatées, que des pages de femmes ont dénoncé en relayant des témoignages. Ainsi la page Facebook "Les Algériennes", et d’autres pages que celle-ci partage aussi, comme "Femmes insoumises dz
Des faits ont beaucoup choqué, et entraîné de nombreuses réactions en Algérie. D’abord, donc, des bousculades ou agressions, de femmes - leurs slogans perçus par certains comme des provocations : même marginaux ces faits ont frappé les esprits, sidéré, même. (Et c’est ainsi qu’on a pu l’apprendre, par les témoignages et les réactions). Puis l’agression homophobe à Paris, place de la République, en marge de la manifestation de la diaspora algérienne. Et, ensuite, l’appel, sur vidéo, d’un homme hystérique demandant que des hommes agressent à l’acide des femmes ayant des comportements qu’ils trouveraient répréhensibles. Immédiatement tout a été fait pour le repérer (il vit à Londres, et l’on a même vu une photo de lui avec sa femme). Stupéfaction : vie apparemment anodine, allure moderne, femme non voilée, alors qu’on pouvait s’attendre à voir un "barbu" avec ses codes. Plaintes déposées. Et signalements des diffusions de la dite vidéo. Mais épisode similaire, un autre a refait la même chose. Plainte, encore. Puis, cette semaine, le lynchage de jeunes filles qui avaient des pancartes de revendications féministes (voir note suivante, un article daté 06-04-19). 
 
Tous ces remuements de pensée, sur les deux rives (et multiples rives diasporiques, parfois lointaines), ont produit des effets divers. Il y a donc des visions diverses et des fractures (qui peuvent se résoudre en pluralité acceptée ou provoquer des tensions, comme on peut le voir aux réactions de certains devant les textes de tel ou tel auteur, ou les positions de tel ou tel citoyen anonyme). 
... Fractures liées à la religion, déjà. Comme en France il y a des croyants, des agnostiques, et des athées. En Algérie les musulmans peuvent être des laïques convaincus ou des conservateurs (ou même des intégristes proches des théories des Frères musulmans). Il y a toujours des islamistes, qui guettent mais ne correspondent plus à ce qu’est l’Algérie de 2019 : ce qui n’empêche pas que la vigilance soit nécessaire, car ces courants ont des appuis, y compris à l’étranger, appuis idéologiques et financiers, et leurs stratégies sont habiles. Les menaces sont les mêmes que celles qu'on peut constater en France : manipulation, mensonge, masques (taqiya) et entrisme.
Les chroniques revendiquant des positions laïques sont, elles, de plus en plus nombreuses.
... Fractures, donc, liées au statut de la femme
... Et cassure au sujet de la Palestine (voir, note suivante, un article de Karim Akouche, daté du 02-04-19). Soutien obsessionnel très partagé, évident pour beaucoup. Mais des voix s’entendent, qui disent autre chose. Une exaspération, même. ("Assez avec la Palestine !"). 
... Fracture autre, celle liée à la France - que le pouvoir a voulu faire haïr, ramenant toutes les difficultés du pays à la colonisation, aux "colons" et aux harkis, dans une mystique du "traître". Pourtant, là aussi s’expriment des pensées autres, un regard nuancé. Et si Kamel Daoud avait, dans une chronique célèbre, regretté qu’il n’y ait pas eu un Mandela en 62 (pour que l’Histoire évolue autrement et que les Pieds-Noirs restent construire l’Algérie indépendante avec tous), d’autres disent espérer que le changement de régime change le regard sur le passé et fasse se rejoindre les mémoires de tous (dont natifs pieds-noirs et harkis, ou leurs descendants restés attachés aux racines algériennes). On peut associer à cette fracture celle autour d'Albert Camus, référence ou rejet (référence, ce dont témoignent des auteurs, et aussi des jeunes, dans un documentaire, disponible en DVD, Vivre avec Camus, où s'exprimaient deux jeunes algériens dont la lecture de Camus avait changé la vie, l'un pour l'avoir éloigné du suicide, l'autre pour l'avoir amené à s'engager dans des actions solidaires.)
Voir, pour tout cela, la revue de presse, qui évoque ces fractures : note qui suit...
 
Mais, comme le dit la philosophe Nadia Tazi (voir note suivante, entretien), l'essentiel est que le débat se soit installé, qu'il y ait parole, quels que soient les points de vue.
 
L’Algérie vit un moment enthousiasmant qui peut déboucher sur des transformations très heureuses, vers une réelle démocratie plurielle. Mais c’est une transition qui doit vaincre pièges et résistances. On doit espérer la réussite. Éthique de l’optimisme. Donc, encore, espoir.

Je ne mets ici que quatre LIENS : un ample article, des pages sur les deux livres mentionnés dans l’article, et ma note précédente (Algérie).

Dans la note qui suit je pose une revue de presse, qui complète, avec des textes récents, les lectures relatives aux premières revendications, mentionnées dans la note antérieure.
 
ARTICLE-dossier, par Brice Perrier, 3 avril 2019, Le Parisien week-end.
Parcours historique, réalisé à partir d’entretiens avec deux auteurs de livres importants.
D’une part avec Mohamed Benchicou. Et d’autre part avec Ardavan Amir-Aslani.
"Le 15 avril 1999  est élu président de l’Algérie."...https://bit.ly/2P0Ygpv
 
LIVRE. "Le Mystère Bouteflika, Radioscopie d’un chef d’État", de Mohamed Benchicou, éd. Riveneuve, mars 2018.
 
LIVRE. "L’Âge d’or de la diplomatie algérienne", d'Ardavan Amir-Aslani, éds. du Moment, 2015. 
 Fiche Decitre (dont résumé)... https://bit.ly/2X5KqVF
 
NOTE précédente, Trames nomades, 04-03-19. "Algérie. Refus, élans, inquiétudes et espoir."
(dossier d’analyses, revue de presse, et liens presse)... 
Note qui suit : revue de presse, 07-04-19...
………………..
S’INFORMER, suite... PETIT PORTAIL de LIENS...
Le Matin d'Algérie… http://www.lematindalgerie.com
Le Quotidien d’Oran… http://www.lequotidien-oran.com
TSA actu. Tout sur l’Algérie... https://www.tsa-algerie.com
Algérie Part… https://algeriepart.com 
Toute la PRESSE ALGÉRIENNE, LIENS...  https://www.tsa-algerie.com/press/
MondAfrique/Algérie... https://mondafrique.com/tag/algerie/
Le Point Afrique, Algérie… http://afrique.lepoint.fr/pays/algerie/
Courrier international. Algérie… 
Toute la PRESSE FRANÇAISE…. https://www.journauxfrancais.net  
PRESSE INTERNATIONALE, tous pays. LEXILOGOS
(et voir « Plan du site », ressources multiples…)
 
MC San Juan

24/07/2017

COMPLEXITÉ. Le voile inquiétant... et le voile autrement.

DIAMS.jpgLaïque inconditionnelle, oui. Exaspérée par les injonctions des intégristes qui utilisent le voile des femmes comme marqueurs, et désirant combattre leur idéologie à visée politique, oui. (D'ailleurs,  j'ai diffusé l'info sur la manif des femmes sans voiles, pour ce droit de refuser et d'analyser les enjeux et la portée). MAIS je tiens au regard complexe sur des faits complexes. J'ai lu avec intérêt le livre important de Fawzia Zouari, "Je ne suis pas Diam's", contre le voile,  qui, dans ce qu'elle en sait, n'a été qu'un porteur de domination et d'enfermement, ravageur, mortel. Cependant je lis aussi les témoignages et analyses qui expriment une autre perception. Et j'écoute. Ne soyons pas naïfs, car les islamistes ne le sont pas, non. Stratèges dangereux, autocrates menaçants et exécuteurs, quand ils ont le pouvoir. Pervers et haineux quand ils manipulent pour y accéder. Mais ne soyons pas non plus d'arrogants justiciers froids. Luttons avec les armes de la laïcité. Refusons les prêches obscurantistes, le complotisme,  l'antisémitisme (tout cela s'associe). Refusons la maltraitance des fillettes qu'on voile, protestons contre les manoeuvres clientélistes de certains élus, ou leur complaisance. Soyons solidaires avec celles qui refusent le voile au péril de leur vie. ET ne soyons pas persuadés de savoir ce qu'il y a dans la conscience d'une jeune fille ou femme qui fait un choix surprenant pour nous, dérangeant. Les sujets, pour combattre la radicalité inquiétante ne manquent pas. Alors prenons un peu distance pour dépassionner celui-ci… Sous les voiles il y a des visages. Ne mettons pas d'écrans entre ces visages et nous. On se croise et on se rencontre dans le hasard du quotidien, il faut que là aussi on laisse entrer ce tissu des liens d'un instant avec des inconnues. Un jour les parfums remplaceront les voiles. Alors faisons l'éloge des parfums, de la danse, des couleurs, et de la lecture. Quant à l'infâme niqab, si laid, la loi existe… Les couleurs, justement. Le fondamentalisme les a en horreur puisqu’il recouvre les femmes d’un linceul (quelle que soit la valeur symbolique que les intégristes puissent donner au noir…). En donner le goût dès l’enfance serait une prévention à ne pas négliger… même si cela paraît à certains un écran dérisoire... 

VOILE.jpgJ’ajoute à cette réflexion des liens… qui renvoient à des analyses diverses.

ENTRETIEN. Le Point, 2015. Fawzia Zouari, journaliste tunisienne, parle du livre ("Je ne suis pas Diam's", éds Stock) dans lequel elle interpelle Diam’s, dont elle nie la légitimité à la représenter, à parler pour elle. Diam’s, convertie, se voilant pour, pense-t-elle, être conforme à sa foi. Diam’s étant à l’opposé de ce qu’être musulmane signifie pour l’auteur… L’article dit bien en quoi et pourquoi elle s’insurge... « Diam’s ne peut pas parler en mon nom »… http://bit.ly/2tAIXZb 

Article de Jeune Afrique, 2015  (journal dont elle est la collaboratrice), sur le livre de Fawzia  Zouari…L’article dit bien en quoi et pourquoi elle s’insurge. (Et mentionne aussi les titres des deux livres de Diam’s, où celle-ci raconte son itinéraire et justifie ses choix.)... http://bit.ly/2eLUt1c  

Présentation du livre, page des éditions StockCITATION : « L’ auteur s’engage avec passion en faveur d’un islam des Lumières, intégré dans le pays de la laïcité dont elle défend les valeurs. »... http://www.editions-stock.fr/je-ne-suis-pas-diams-9782234... 

Voici un article (Revue des deux mondes, 2016, par Valérie Toranian )qui dénonce la compromission de certaines marques de la mode avec les codes d’un islam puritain, "Fausse pudeur et vraie imposture". Des commentaires divers le suivent (pour, contre, sincères ou de mauvaise foi). J’en retiens un, qui pose le problème de l’injonction renvoyée par ces critiques sans nuances à des femmes qui, pour une raison ou pour une autre, ont choisi le voile : « Arrêtez de stigmatiser le port du voile, vous soumettez vous-même une pression identitaire à ces femmes et elles ne savent plus où elles en sont. Elles qui sont entre 2 pressions l’une politique et l’autre salafiste. Elles sont vraiment courageuses !! Qu’elles portent le voile ou non. » (Cela va dans le sens de ce que je ressens. Poser des questions, oui, mais sortir des certitudes en parlant de vécus qui ne sont pas les nôtres.)… http://www.revuedesdeuxmondes.fr/fausse-pudeur-et-vraie-i...  

Mais j’ai trouvé une analyse, 2016  (sur Orient XXI, journal libanais de qualité) d’une chercheuse musulmane, Neslihan Çevik, qui porte un regard nuancé sur la complexité des évolutions, ne signifiant pas forcément l’enfermement qu’on craint (pas pour toutes,du moins). Car elle prend en compte des modifications dans les goûts et la mode où se construisent des identités qui ne se veulent pas conformes. D’où ce courant « hipster » (volonté d’une affirmation personnelle différente des normes religieuses des rigoristes, mais en phase avec l’identité musulmane revendiquée), et cela donne mipster… (le m pour « musulmane »)... « Le foulard islamique, la mode et l’émancipation » http://bit.ly/2tXYQIm  

Et, sur Paris-Match, 2015, le compte-rendu d’une enquête auprès de femmes voilées, « Jamais sans mon voile », avec la mention de deux livres, dont celui de Nahida Nakad, « Derrière le voile ». L’article n’évacue pas le rôle des Frères musulmans dans ces pressions faites aux femmes, et il mentionne le voilement choquant d’enfants, cette maltraitance. Mais il donne la parole à des femmes voilées qui disent leur ressenti (pas toujours compris, ce ressenti, d’ailleurs, par les musulmans de leur famille ou de leur entourage, qui se méfient de leur évolution, et s’interrogent sur le sens que cela a, car effectivement cela peut être aussi signe de radicalisation inquiétante, si le choix est le niqab)... http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Jamais-sans-mon-vo... 

ENTRETIEN. Nahida Nakad, Paris-Match, 2013, "Le voile est l'arbre qui cache la forêt". Au sujet de son livre. CITATIONS  (parlant de son expérience des déchirements au Liban sur ces questions d’identité religieuse, et leurs pièges) : « Je suis très respectueuse de l’importance de la laïcité, et en même temps de la religion. » (…) « J’ai voulu expliquer combien il était important d’apaiser le débat, et de le recentrer sur les vraies questions. Car – et c’est ce que j’espère avoir expliqué dans ce livre - le problème n’est pas le voile, il est ailleurs. Il l’est devenu en France, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. A force de ne regarder que le voile, on laisse passer des choses, on ne fait pas attention à ce qui se passe en profondeur dans la société française, qui est une islamisation réelle, et plus que cela – ce que j’explique dans le chapitre «La Oumma» - ce sentiment d’appartenance à la communauté religieuse plus qu’à la Nation. Or, c’est le plus grand danger qui puisse exister dans un pays. Je l’ai vu au Liban, et je le crains en France – dans une bien moindre mesure, toutefois, car c’est un pays ancien qui a des racines démocratiques bien ancrées, et qui a ses garde-fous. »... http://bit.ly/2vGS0ZH  

« Derrière le voile », de Nahida Nakad, éds. Don Quichotte. Présentation de l’éditeurCITATION : « Les musulmanes revendiquent quant à elles leur liberté individuelle et de culte lorsqu’elles veulent se couvrir, et vivent difficilement l’incompréhension qui leur est opposée. Tous s’appuient sur la même loi, tous s’opposent au nom du même principe. Mais alors, quel est le vrai sens du voile – des voiles ? »…http://bit.ly/2eLLOff 

LIVRES… Si vous mettez « voile musulman, livres » sur google, images, en recherche (« musulman », pour ne pas tomber sur les bateaux à voile…) vous aurez de nombreuses couvertures de livres sur ce sujet… 

BIBLIOGRAPHIES. Il y en a une du CNRS, « Le corps, la voix, le voile », très ample, mais dépassant de loin le thème du voile… http://books.openedition.org/editionscnrs/3675?lang=fr

Celle de Sens critique, 2015, est brève donc incomplète. 13 livres et des pistes. « Le voile : Femmes, islam et visibilité en France »… http://bit.ly/2tXwDS2 

Celle de Préfixes, ample, 2013 (Bibliothèque de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée, Lyon)  a une introduction qui semble un peu partiale. Le thème englobe des études généralistes sur l’islam et des titres spécifiquement sur le voile. Sont cités Dounia Bouzar (plusieurs fois…), Alain Gresh… Mais aussi, Mohamed Arkoun, précieuse référence, et Abdennour Bidar (regard mystique et authentiquement laïque).. "Le voile islamique en France : une bibliographie"... http://prefixesmom.hypotheses.org/1173

..............  Pour compléter, une adresse précieuse. SITE. Une ample étude sur l’islamisme et le déni à son sujet. Cela permet de rester dans un cadre qui n’accepte pas la naïveté, même si (c’est mon cas) il défend la fraternité, dans le respect des altérités. C’est le feuilleton d'André Versaille, intégralement lisible en ligne, et qui deviendra livre... http://www.andreversaille.be

11/02/2017

Laïcité, femmes, nudité. Le regard de Delphine Horvilleur, « rabbin laïque »…

RABBIN.jpgTrès pertinente la manière dont elle pense l'opposition entre les deux conceptions de la laïcité telles qu'elles se définissent en France et aux USA. Protéger d'abord les croyances des "empêchements" et limitations qui peuvent être imposées par l'État, cela aboutit (il me semble) à des aberrations, comme les pressions pour imposer le créationnisme dans l'éducation, sous prétexte de conviction religieuse et de droit d'expression. Cela autorise toutes les dérives et donne du pouvoir aux fondamentalistes et intégristes. Alors que la conception française veut protéger l'individu des risques fondamentalistes. (D'où l'aversion que les intégristes ont pour la laïcité : laïcité sans adjectifs...).

« Les Américains sont les héritiers d’une séparation de l’Église et de l’État destinée à protéger les croyances individuelles de la pression étatique. En France, c’est l’inverse. On a voulu protéger l’État et les individus des pressions religieuses. La laïcité à la française est là pour garantir à l’individu, quelle que soit son appartenance, la possibilité de parler à la première personne du singulier sans pression d’une première personne du pluriel. Sans pression du “nous” communautaire.». (Une des citations d’un article sur Delphine Horvilleur, Le Devoir, Canada)... http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religion/49093...

« En tenue d’Ève », de Delphine Horvilleur. Livre sur la femme, la nudité, le regard, le corps. Citation (extrait de la page éditeur, Grasset)… « Les discours religieux fondamentalistes actuels expriment une obsession croissante de la pudeur des femmes. Réduite aux parties de son corps susceptibles d’éveiller le désir, la femme est « génitalisée » à outrance. Faut-il alors couvrir sa nudité ? Faut-il la renvoyer à son destin : le voilement ? »… http://www.grasset.fr/en-tenue-deve-9782246787457

26/10/2016

Silence, on danse… Silence, on médite… et tisse.

DANSE.jpg

 

« La danse est une forme de foi, une espérance, disait-elle. C’est une aspiration, le besoin d’atteindre un univers, une atmosphère, un état qui vous fait progresser, la recherche d’une vérité. »

Yvette Chauviré, danseuse étoile (citée par Rosita Boisseau, Le Monde, ample article du 20-10-16 qui lui rend hommage après sa mort, le 19 octobre) http://www.lemonde.fr/culture/article/2016/10/19/mort-de-... 

Avant le 19 octobre, je voulais, depuis quelques jours, faire une note brève sur Masatake Ito, danseuse qui laisse son corps bouger en fluidité totale, osmose étrange entre elle et le vent, l’herbe. Contemplant cet instant magique de beauté absolue (ode à la vie) j’avais associé cette fusion avec les éléments à la pratique du chi qong spontané : rien de formel mais un laisser faire de l’énergie qui décide du geste. On est, regardant sa danse, devant une prière cosmique. Les mains envoient leurs spirales en ondes immenses qui rejoignent le ciel lointain, et plus, mais l’ancrage est total, pieds arrimés à la terre, plongeant leurs racines invisibles. Quand j’ai lu cette citation d’Yvette Chauviré j’ai trouvé qu’elle correspondait aussi (en partie au moins) à ce qui émane de Masatake Ito (lien vers une vidéo, en fin de note : magie d’un instant). Autre association naturelle, celle qui concerne un livre, « La danse des femmes » de Rosina-Fawzia Al-Rawi (née en Irak), où la danse (orientale) est présentée, étudiée, comparée, dans la même perspective que ce lien que je fais entre danse et pratique du chi qong avancé. Danse avec ses rituels d’initié(e)s, son mystère, voie pour faire émerger ce qui peut sourdre au-delà des blocages physiques, émotionnels, ou mentaux, et mystère de l’accès à soi. Tout un savoir est là, transmis de génération en génération. (Éd. Almora, 2011). Présentation détaillée sur une page d’Amazon (citation : « Elle détaille précisément des exercices qui ouvrent les centres d’énergies et nous permettent aussi de retrouver une harmonie intérieure. La danse concerne tout le corps et Fawzia nous montre comment ressentir chaque partie du corps pour nous ouvrir à notre espace intérieur de vie et de vibration. En reliant également la danse orientale à la mystique soufie et notamment à la danse des derviches tourneurs, Fawzia explique la dimension mystique et ésotérique de cette danse. »). Lien vers cette page (et d’autres, dont l’édition) sur cette note du blog, de 2011 « Conscience sans objet ». (J'ai remarqué aussi qu’au 25-10-16 on trouve un entretien avec Abdennour Bidar au sujet de son dernier livre, « Les Tisserands, réparer ensemble le tissu déchiré du monde » : http://consciencesansobjet.blogspot.fr/2011/11/rosina-faw... 

Le titre de cette note s’est imposé, par l’association qui s’est faite naturellement entre danse, méditation, et silence (même si la danse est souvent soutenue par la musique). Silence, aussi, de la mort. L’étoile disait que les rôles mouraient et renaissaient, recréés par une danseuse après une autre qui cessait ou disparaissait. Silence, quand on fait des pauses, comme l’explique très bien Alain Gourhant dans sa note de blog, « Pause, silence et poésie ». Silence comme espace de devenir, de ce devenir non obsédé par le futur personnel du petit « moi » mais ouvert au tissage du monde (qui a, oui, besoin d’être réparé par tous les tisserands de liens et d’art) : http://blog.psychotherapie-integrative.com/pause-silence-...

Un documentaire a été consacré à Yvette Chauviré par Dominique Delouche, « Yvette Chauviré pour l’exemple ». Extrait sur cette page : http://www.filmsdocumentaires.com/films/1184-yvette-chauv... 

Sur la page de FranceInfo l’article sur la danseuse étoile disparue est complété par deux vidéos, deux moments forts (Giselle, Le Cygne) de cette « étoile étincelante » : http://culturebox.francetvinfo.fr/scenes/la-mort-d-yvette... 

Regarder Masatake Ito. Vidéo. Le son est un peu brouillé, mais ce qui importe est la danse du corps : on peut mettre sur silence si cela gêne… (Je n’ai rien trouvé d’autre sur elle, ni article ni lien quelconque.) : https://www.youtube.com/watch?v=bgGIUQr5uTU 

18/06/2016

Super Oum. Quelque chose de l’ordre de la danse…

VOILE.jpgOui, quelque chose de l’ordre de la danse… Pourtant rien ne danse, dans cette exposition de Fatima Mazmouz. Sauf dans l’immobilité d’avant le geste. Visages voilés sous des couleurs et le blanc de la gaze (pas celle des fils légers, mais celle de blessures recouvertes). On « voit » le geste de l’arrachage de ces tissus qui cachent la peau et les yeux des visages. Arrachés par celles qui les portent et par celle qui les représente. Car l’excès de ce qui emmitoufle ces regards enfouis, masqués, ne peut être suivi que par un arrachement brutal, un dévoilement qui vienne répondre à l’interrogation identitaire. Qui existe sans pouvoir être vu(e)? Et quel regard paradoxal commande de masquer? 

mms_img900244544.jpgJ’imagine ce qu’aurait fait Pina Bausch de cette scène inaugurale, présente dans plusieurs cadres. Les femmes seraient entrées sur scène et des personnages seraient venus lentement les provoquer (certains), les délivrer (d’autres ou les mêmes). Des hommes. 

« Chaque femme effrayée, je lui ai donné une patrie » écrivait Nizar Kabbani dans son poème « Tribunal » (Femmes, éd. Arfuyen). Et c’est cela aussi que l’artiste ici veut inscrire, non la patrie mais le questionnement de la patrie, racines et charges, paradoxes de l’ancrage culturel, riche, de l’appartenance, interrogée, de la pluralité identitaire par les migrations et par la conscience de l’universalité. Au bout du compte, le crâne dessiné porte bien des traces de lieux et des drapeaux, mais il est crâne de mort. Des identités en partie illusoires ne restera que la part commune : mourir. Alors on se détourne du crâne et on regarde de nouveau les têtes sous leurs voiles. Les pansements qui cachent les visages recouvrent aussi les os, et s’ils consolent peut-être les femmes de la douleur visible, ils ne soignent rien de l’invisible, et ne protègent pas du mensonge et de l’hypocrisie. (Quand au Maroc une actrice est diffamée et brutalisée pour avoir joué le rôle d’une prostituée, on sait que la violence vient du refoulé).

Ailleurs, c’est une joueuse de catch très dénudée, et enceinte. Comme toutes les femmes dont on voit les corps aux ventres énormes, et sur lesquelles des signes identitaires sont présents, questions obsessionnelles. Mais toutes ont aussi une étoile à la place du coeur, point commun, parcelle cosmique. Qu’est-ce qui est « mère »? La femme ou la terre? Qu’est-ce qui fait l’humain? Le ventre originel de l’espèce incarnée, ou l’ancrage terrestre d’une « poussière d’étoiles »? La joueuse de catch, elle, n’est ni belle (plutôt laide) ni fragile : au contraire, lutteuse à la façon des héroïnes de bandes dessinées, contre les clichés.

Des calligraphies font, elles, des chorégraphies de signes autour de femmes, pour une représentation de l’espace culturel qui hante l’inconscient corporel, richesse complexe à interroger. 

Une des plus grandes oeuvres est une photographie retravaillée où l’inscription des lettres fait à la fois écran et miroir, avec des couleurs chaudes qui rejoignent un peu celles des masques, mais dans une musicalité autre. Car on pourrait y voir un chant, comme une partition qui serait un autoportrait en gestation… Dont l’autre part serait la Marianne sous un drapeau métis (oeuvre visible sur le site de la galerie).

Exposition à voir jusqu’au 25 juin, Galerie Mamia Bretesché : http://www.mamiabreteschegallery.com

A Lire, sur Afrique in visu, un entretien avec Fatima Mermouz, en 2007, au moment d'une exposition dans la même galerie... http://www.afriqueinvisu.org/les-detournements,021.html 

08/03/2016

FEMMES... CONTRE LES INTEGRISMES. Contre le VIOL et le DÉNI... CONTRE la soumission, les totalitarismes...

« Deux cailloux blancs dans mon visage, 

 Dans le silence deux muets

 Ombrés encore d’un secret

 Et lourds du poids mort des images. »

 Louise de VilmorinANTHO.jpg 

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MANIFESTE, signable par les femmes ET par les hommes…Il me paraît convenir à cette journée symbolique qui permet de dénoncer des abus et crimes. 

« Les droits des femmes sont plus que jamais bafoués au nom des religions, en France et partout dans le monde, ce qui est intolérable. C’est pourquoi FCI lance le manifeste "Pour en finir avec les intégrisme " » (…) « Quelles que soient leur idéologie et leurs pratiques religieuses sectaires, tous les mouvements intégristes sont gangrénés par l’ignorance, le machisme et l’obscurantisme, jusqu’au meurtre. Tous ont en commun d’asservir les femmes, de contrecarrer les évolutions sociétales, d’étouffer la liberté de conscience et d’expression. Leur volonté de domination doit cesser. Ensemble, nous allons briser le silence des millions d’hommes et de femmes qui subissent leurs diktats sexistes. » SUITE (et SIGNATURE) sur le site… http://www.fci-asso.org/index.php/manifeste-femme-contre-...  (Info 7 mars, signature de Boualem Sansal qui a découvert le manifeste...).LOGO FCI .png

Les intégristes voilent… et violent. C’est même une arme de guerre et de torture, le viol… Mais ils ne sont pas les seuls (et une enquête récente a montré l’ignorance qui entoure encore la réalité terrifiante du viol). Femmes violées, et fillettes violées (enfants, filles et garçons). Malsain rapport à la sexualité, hypocrisie. Harcèlement et pressions (rue, transports, travail…).

CONTRE le VIOLhttp://www.contreleviol.fr 

et

STOP au DÉNI (violences sexuelles) : http://stopaudeni.com/campagne-stop-au-deni-2015 

Il suffit de regarder les photographies des gouvernements pour savoir où est le pouvoir. (Sans parler de la triste esthétique d’un monde sans couleurs, uniforme…). Salaires inférieurs et promotions problématiques : constat. Pour changer cela : les actions, et la parole.

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Inversion des valeurs… Quand l’Obs. http://www.prochoix.org/wordpress/?p=868 

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PAROLES de FEMMES, associations, SITES… 

Sisyphe (ample site très riche : informations internationales, analyses) http://sisyphe.org

Les Nouvelles News (regards de femmes sur l’actualité) http://www.lesnouvellesnews.fr 

FCI. F.contre les intégrismes (le site du manifeste) : http://www.fci-asso.org

Femme&libre.orghttp://yaelmellul.livehost.fr 

ProcChoix : http://www.prochoix.org/wordpress/ 

ForumFMéd. : http://forumfemmesmed.blogspot.fr 

Osez... http://osezlefeminisme.fr 

Ni Putes ni Soumiseshttp://www.npns.fr 

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FÉMINISMEFiche wikipedia (Histoire, idées, bibliographie, associations, sites) https://fr.wikipedia.org/wiki/Féminisme 

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HISTOIRE du 8 mars. 

Sur Hérodote : http://www.herodote.net/almanach-ID-2481.php 

Site dédié : http://8mars.info/histoire/ 

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POÉSIE, femmes. (8 mars, journée a-poétique, s’il en est… Mais l’inscription dans la mémoire du vivant, c’est aussi inscrire son sillage, traces d’encre et de mots).

LIVRE... Anthologie, Poésie Gallimard, « Quelqu’un plus tard se souviendra de nous » : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Poesie-Gallim...

Femmes poètes, du M-Âge au XXème siècle : http://www.poetesses.fr 

Anthologie en ligne, écriture de femmes (Terres de femmes): http://terresdefemmes.blogs.com/anthologie_potique/anthol... 

Fiche wikipedia. Femmes poètes françaises https://fr.wikipedia.org/wiki/Catégorie:Poétesse_français... 

01/03/2016

CONTRE les "chiens de garde de la fatwa, déguisés en chercheurs". Réflexion, et lecture de la tribune de Pascal Bruckner

mms_img1203484475.jpgSoutien de Kamel Daoud, suite...

Car... "A nous de décider quel monde nous voulons" (Kamel Daoud, Courrier international, 09-01-15 : http://bit.ly/1BLvE7G )

Et car... « Ces dernières décennies, le monde dit musulman vit, à travers les propagandes islamistes, une surexcitation de ces codes sexués patriarcaux que la charia entérine. En désignant la liberté sexuelle comme le point crucial de la culture occidentale, l’islamisme identifie les droits des femmes et des homosexuels comme les pires fléaux d’une « occidentalisation » qui détruirait l’identité islamique. La mixité et l’autonomie des femmes sont aussi présentées comme sources de corruption sociale et de désordre. Dans cette optique, la prescription du voile, garant de la pudeur, et des conduites inhérentes à respecter confère d’emblée aux femmes non voilées un caractère impudique. » Chahla Chafik  (Le Monde, 15-01-2016.

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"Le Monde" a récidivé, en ouvrant une page (partagée) à une des signataires de la tribune hostile à Kamel Daoud (qui reprend les mêmes slogans donnés pour de la pensée… et ne comprend toujours pas ce qu’a écrit l’auteur que ces inquisiteurs accusent de tous les maux). Et en titrant, de manière choquante, « Peut-on critiquer Kamel Daoud? » (Pourquoi ne pas titrer « A-t-on le droit d’appuyer les fatwas contre les auteurs libres? » ou « A-t-on le droit de lyncher avec des mots hypocrites les penseurs qui nous dépassent? » ou « A-t-on le droit d’être les complices complaisants des islamistes? A-t-on le droit d’être des collaborateurs? »)

De quoi s’agit-il? Un auteur, chroniqueur et écrivain (qui depuis des années porte sur la société, les mentalités, les intégrismes, un regard d’une grande lucidité) a réagi à un fait dramatique, l’agression de femmes, à Cologne, par des hommes venant de pays arabo-musulmans (ce que l’enquête a démontré, mais que l’on savait dès les premiers témoignages, malgré le silence gêné d’officiels). Réagir à l’actualité, c’est le travail des chroniqueurs. Tenter de comprendre les causes des faits, de décrypter le réel, c’est du journalisme. 

Des agressions sexuelles? oui, ce fut le cas.

L’ identité des hommes? Oui, ce que disent les faits, les témoins, puis l’enquête, cela conforte le questionnement de Kamel Daoud. Pays, culture, appartenance à un ensemble déterminé par des codes machistes légitimés par des justifications se référant à une interprétation rigide de sources religieuses (ou un dévoiement inventant des règles que les sources ne confirment pas…).

Réelles agressions, occultées par les auteurs de la tribune qu’elles dérangent moins que le fait de les analyser et questionner, apparemment. Le crime de l’auteur est de refuser le déni. Et comme le déni est ce qui remplace la pensée pour les censeurs, il faut condamner celui qui le refuse.

Pourtant il n’y a pas  que Cologne. Le wahhabisme s’étend, là où il a le pouvoir les femmes sont soumises à l’effacement derrière les voiles qui masquent corps et beauté (car autrement les hommes ne sauraient résister aux pulsions?) et à des interdits, une soumission. Le voile sert aux salafistes de marque et d’affiche, et la notion de « pudeur » d’occultation à tout vécu de la sexualité qui ne soit d’emprise.

Il n’y a pas que Cologne. Mais, aussi, il n’y a pas que Kamel Daoud qui interroge et dénonce ce qui doit être interrogé et dénoncé. Pourquoi tant de hargne contre lui? Ce n’est pas seulement pour la grande qualité de son écriture (que les inquisiteurs n’ont pas l’air de savoir apprécier). Ce n’est pas seulement pour sa notoriété. 

Serait-ce parce qu’ils sont dérangés par la grande complexité de sa pensée? Justement? Complexité qui, notamment dans cette chronique sur Cologne, lui faisait renvoyer dos à dos les fantasmes des uns et des autres, les peurs des uns contre les peurs des autres. Ou, autre page, autre jour, dénoncer « les » intégrismes (« L’intégriste universel »). S’il n’accepte pas les pièges de la victimisation jouée et surdouée, qui évacue toute responsabilité, il n’accepte pas plus les pièges d’une idéalisation fausse des réalités occidentales. L’acuité du regard, Kamel Daoud l’exerce sur tout. 

Serait-ce à cause de cette fatwa? Par un désir inconscient de complaire aux salafistes? A moins que ce soit plus que complaire, et plus qu’inconscient? 

Ou, calcul stratégique qui aurait été impulsé par un courant idéologique qui sait infiltrer et capter des passeurs de message, serait-ce parce que, fragilisé par cette fatwa, il est une cible idéale pour ensuite décourager les autres auteurs. (Chroniqueurs, blogueurs, journalistes divers, romanciers, poètes ou philosophes?) On commence avec celui qui est le plus en vue, primé récemment encore (et on se saisit de ce moment, peut-être pas par hasard…), avec l’intention de continuer ensuite avec d’autres. 

Ou…? Je cherche, je réfléchis, depuis plusieurs jours, lisant les réactions des uns et des autres, tous ces soutiens qui sont de plus en plus nombreux. Et je me demande s’il n’y a pas quelque chose qui est de l’ordre du racisme, même si des signataires s’appuient sur leurs noms pour revendiquer une appartenance à l’univers culturel de l’auteur. Le racisme qui est ressenti devant celui qui échappe aux catégories, dont vous craignez qu’il vous ressemble au point que vous ne sachiez plus vous différencier. Kamel Daoud, lui, est très clair. Il est et se dit Algérien, totalement, avec amour pour la terre native et les êtres qui la peuplent. Il en prend toute la culture héritée, ne faisant pas profession d’athéisme. Il a choisi d’écrire en français, comme beaucoup (cette prise revendiquée par le grand Kateb Yacine). Et son esprit saisit le monde autant que le lieu. Son écriture produit des « chroniques algériennes », mais son art rejoint l’universel. Une conscience qu’on ne peut enfermer dans une case, et qui gêne le désir qu’ont certains de se mettre dans de confortables cases conformes : la victime éternelle de l’Histoire coloniale, le croyant toujours stigmatisé, l’antiraciste vigilant (ou qui croit l’être,antiraciste), l’ami « des » musulmans (qu’il confond souvent avec les islamistes, mais…), l’intellectuel (ou croyant l’être car bardé d’éventuels diplômes ou titres) professant le multiculturalisme (mais en fait le mono-culturalisme pluriel tel que défini par Amartya Sen), l’identitaire qui ne sait pas qu’il l’est (mais il l’est : obsédé par l’appartenance, l’origine, la fidélité aux frontières et aux normes dictées).

Oui, racisme sans doute. 

Et peur. Car Kamel Daoud interroge autant les conforts et failles de l’impensé européen (machisme miroir qui refusait de voir du viol là où il y avait viol) que les failles dans ce qu’il dit de son monde d’autre bord de mer. Secousse sur deux rives. 

Si de telles questions viennent d’Algérie, l’onde de choc qui se prolonge peut déchirer bien des certitudes. Et les « sociologues », enfermés dans leurs systèmes, être perdus sans leurs cadres repères. C’est leur statut aussi qu’ils défendent. Leur échec à savoir penser ce qu’un écrivain peut formuler avec d’autres mots et concepts que ceux que leurs schémas ne savent pas saisir. 

Ce que l’exigence de lucidité de Kamel Daoud provoque, c’est un questionnement sur le rapport de la société avec le féminin (plus que le rapport féminin-masculin seul), de manière universelle. Et aussi de la société avec la pensée et les frontières artificielles entre domaines de compétence. La force d’écriture d’un auteur dépasse en rigueur, par son art, les productions dites universitaires. Parfois une chronique vaut plus que certains livres lourds de pages et de certitudes. 

La flamme d’un style contre la glace des intégrismes (même coiffés).

Pour que l’intelligence ne soit pas marquée d’illégitimité…

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Et donc, j’ai lu, aujourd’hui, la tribune de Pascal Bruckner, qui oppose sa lecture des faits et sa perspicacité à l’obscurantisme déguisé en maîtrise. Soutien affirmé de Kamel Daoud. Affirmé et argumenté.

Le titre pose les points sur les « i »… Fatwas. Le « s » associe les signataires (et la récidive individuelle de l’une d’entre eux) à la monstruosité de l’appel du salafiste vouant la pensée à la mort. Car c’est effectivement du même ordre.

« Défendons les libres-penseurs contre les fatwas de l’intelligentsia », est donc le titre (papier) de cette tribune de Pascal Bruckner, dans Le Monde daté 2 mars. Sur le site le complément (« venus du monde musulman ») correspond bien au contenu du texte… (même si la notion de « monde musulman » masque la pluralité des mondes dits de l’islam - où, d’ailleurs, tout n’est pas « islam »… malgré les injonctions de forces dominantes - et où « islam » recouvre des réalités plurielles aussi). 

« Comment faire taire une voix originale ? », dit-il, « Par deux moyens : la menace physique, d’un côté, le discrédit moral, de l’autre. »

Si, insiste-t-il (à juste titre), Kamel Daoud a évoqué la misère sexuelle, la frustration, « Il n’est pas le premier à proposer une telle lecture : de Tahar Ben Jelloun à Fethi Benslama, nombreux sont les écrivains ou psychanalystes, originaires d’Afrique du Nord, à avoir mis en lumière la misère sexuelle, la relégation des femmes, l’interdit de l’homosexualité dans le monde arabe. ». Mais lui, note-t-il, a appliqué sa réflexion aux agressions de Cologne. C’est concret, c’est ici, c’est tabou. Donc : « Il s’agit de lui fermer la bouche en l’accusant de racisme. » Et « Avec cette pétition, on n’est pas dans le débat intellectuel, parfaitement légitime, mais dans la démonologie. » Pour supprimer de l’horizon, de manière inconsciemment magique, ce qui est insupportable car très grave, « il ne faut pas en parler »… « il ne faut rien en dire ». Comme si ne pas nommer avait pouvoir d’évacuer le réel dérangeant... « Une sorte d’interdit pèse sur l’interprétation. » 

Pascal Bruckner porte l’attention sur une inversion de la prise en compte des faits. Se soucier des personnes agressées portant l’attention sur la violence des hommes et leur identité, il ne faut pas le faire : donc se taire est le choix de ceux qui dénient à Kamel Daoud le droit de dire, questionner, analyser des… faits. Non, il faut se soucier plutôt de l’image que cela donnerait des cultures auxquelles ils se rattachent, disent implicitement les censeurs. Et du religieux, dont la présence est dominante. Parler du religieux, là, c’est forcément, explique Pascal Bruckner, être accusé d’islamophobie (ce qui a été fait dans leur tribune pétitionnaire) : « Voilà donc, le terme d’islamophobie, ce mot du vocabulaire colonial du XIX ème siècle, transformé en arme de guerre idéologique par les mollahs de Téhéran en 1979, à nouveau utilisé comme instrument de censure.» Censure, visant les intellectuels au-delà de Kamel Daoud  : « C’est toute la nébuleuse critique de l’intelligentsia franco-maghrébine qui est visée par les pétitionnaires. »

Et, là, Pascal Bruckner fait le lien avec la période stalinienne, où les tabous étaient aussi violents, où l’on désignait comme traîtres réactionnaires ceux qui osaient critiquer l’URSS, alors intouchable au regard de communistes suivistes… Une certaine gauche ne supporte pas de voir ses illusions percées à jour. (Je dirais, pour ma part, une gauche qui frôle l’extrême droite…).

Il dénonce aussi ce qui relève, dit-il, d’une sorte d’apartheid intellectuel (on ne reconnaît pas à l’intellectuel algérien, maghrébin, le droit de critiquer sa propre culture). Le regard critique sur soi étant un privilège d’européen : « mépris néo-colonial masqué sous la défense de l’islam ». Pascal Bruckner regrette qu’au lieu d’aider les penseurs dissidents à « combattre le fanatisme», les intellectuels soutiennent « les pouvoirs dominants » et « cautionnent »... la « bigoterie religieuse en cours » : « trahison des clercs », encore… 

Contre les « chiens de garde de la fatwa, déguisés en chercheurs » (titre de la note emprunté à cette citation),  Pascal Bruckner en appelle à ceux qui sauront « appuyer ces voix divergentes » : « Il n’est pas de cause plus sacrée ». I agree…! Car l’enjeu est de taille, pour la paix, pour la démocratie, pour le bonheur et l’intelligence des individus. Lien vers le texte (non lisible intégralement…), Le Monde, daté 02-03 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/03/01/defendons-...

........ MISE à JOUR, 03-03-16 :

Chronique de Kamel Daoud « Mes petites guerres de libération ». Il explique son rapport à l’écriture, ses décisions : « «En règle générale, je n'aime pas parler à la première personne. Le « je » est un abus. Encore plus chez un journaliste. Cela me gêne comme une carapace ou un maquillage. Cela me rappelle ces egos démesurés qui croissent chez les « engagés », les militants, les intellectuels ou chez les bavards. Ecrire est une exigence de la lucidité et cela impose de s'effacer. Au « je », je préfère l'artifice de « chroniqueur ». Un statut d'administrateur de la métaphore. Cela me permet d'écrire tout en gambadant, libre, derrière les mots. Cela donne de l'importance à l'Autre. Laisser courir un vent. Ouvrir une fenêtre sur une poignée de main. Ecouter et rester un peu immobile pour voir surgir l'inattendu dans le buisson des verbes. Exprimer des idées sans les alourdir par son propre ego.   http://www.lequotidien-oran.com/?news=5225706

Plainte de Kamel Daoud contre le salafiste auteur de la fatwaProcès. Six mois requis (justice). Décision le 8 mars  http://www.lecourrierdelatlas.com/1097201032016Affaire-Da... 

« Haro sur un écrivain révolté », par Anne Hamidou, 23-02-16  http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/02/23/kamel-da...  

Marianne, 01-03-16. Sur la troisième intervention de Fawzia Zouari (sur France Inter le 1er mars, après des chroniques de soutien à Kamel Daoud parues dans Jeune Afrique et Libération - liens posés ici (note du 21-02, l’une, du 27-02, l’autre) : http://www.marianne.net/kamel-daoud-est-victime-fatwa-lai...

Tribune de Manuel Valls : https://www.actualitte.com/article/tribunes/en-soutien-a-... 

André Comte-Sponville. Pourquoi philosopher quand… « N’aurait-on pas le droit d’être…? ». L'Express  http://www.lexpress.fr/actualite/societe/andre-comte-spon... 

Et, Franck Crudo, "Le politiquement correct, l’islam et moi", http://www.causeur.fr/comte-sponville-islam-politiquement...

Note blog de Sébastien Fath, 01-03-16 (laïcité, protestantisme) : « Kamel Daoud, défaite du débat et misère de la sociologie française » : http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/archive/2016/03...

Réaction de la Licra (Pas vu d’autre intervention d’associations antiracistes pour l’instant): http://www.licra.org/quels-mots-face-aux-maux/ 

Communiqué signé par Cherifa Kheddar, Blida, Présidente de l’association " Djazairouna" des Familles Victimes du Terrorisme Islamiste, et Huguette Chomsky Magnis, Paris, Secrétaire générale du Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme (MPCT). « Solidaires de Kamel Daoud, solidaires de toutes les femmes victimes de violences sexuelles, solidaires de toutes les victimes du terrorisme islamiste » : http://www.mpctasso.org/spip.php?article1484

Texte de Myriam Ibn Arabi, publié par Virgil Brill, (blog) https://blogs.mediapart.fr/virgil-brill/blog/220216/aux-o... 

Additif 9 mars 16. Réaction de Tahar Ben Jelloun  http://www.le360.ma/fr/blog/le-coup-de-gueule/affaire-kam... 

............... Mise à jour 04-03-16

Entretien avec Lydia Guirous, qui situe le contexte idéologique de la polémique…. Les faux débats  et les attaques s’inscrivent dans le cadre d’une lutte où le fondamentalisme trouve des complices. Lydia Guirous dénonce les pièges et dit les enjeux. « L’islamisme c’est le nazisme du XXIème siècle ». par Lydia Guirous, L’Écho, Belgique, 02-03-16. Citations : « Nous avons une gauche da­van­tage sou­cieuse d’évi­ter les ac­cu­sa­tions d’is­la­mo­pho­bie que de condam­ner le fa­na­tisme is­la­mique. C’est triste pour la France et c’est in­dé­cent pour toutes les vic­times. » (…) « Les ac­com­mo­de­ments rai­son­nables ont mené à l’échec de l’in­té­gra­tion. Quant au voile, il n’est rien d’autre que le sym­bole de la sou­mis­sion et de l’in­fé­rio­rité de la femme. Le com­mu­nau­ta­risme re­li­gieux est le ter­reau de la ra­di­ca­li­sa­tion. Or, par quoi passe le com­mu­nau­ta­risme re­li­gieux au­jour­d’hui? Par le pro­sé­ly­tisme. Et quels sont les ou­tils de ce pro­sé­ly­tisme? Ce sont les signes os­ten­ta­toires re­li­gieux: voile, burqa, niqab, etc. Ces at­tri­buts sont de­ve­nus le sym­bole du refus d’un mode de vie, de toute forme d’in­té­gra­tion. » (…) « On a fait preuve d’un aveu­gle­ment et d’un ro­man­tisme ef­frayant. L’is­la­misme, c’est le na­zisme du XXIe siècle. » https://m.lecho.be/economie_politique_europe_general/L_is...  

Les deux articles qui suivent illustrent ce que Lydia Guirous explique…

« Manuel Valls, merci pour Kamel Daoud. / Le Premier ministre a frappé fort. Plenel n’a pas apprécié », Causeur, 03-03-16. Dans cet article, Marc Cohen met en question le positionnement d’Edwy Plenel (symbolique d’un aveuglement) : http://www.causeur.fr/manuel-valls-kamel-daoud-edwy-plene... 

Mohamed Louizi, lui, va plus loin en pointant des liens qui lui semblent faire sens : https://blogs.mediapart.fr/mohamed-louizi/blog/110615/med...

20/01/2016

Deux fois le féminin pour interroger le rapport au religieux et à la société...

Les communautés qui affrontent le plus d’hostilité actuellement sont les Juifs et les Musulmans, en France. L’antisémitisme a des effets plus dramatiques car il entraîne l’adhésion à des idéologies meurtrières, mais les agressions contre les musulmans ont triplé, d'après les dernières statistiques. Cependant, malgré cela, les actes antisémites sont deux fois plus nombreux, 806 dénombrés en 2015, pour 400 actes antimusulmans (actes dont le nombre est contesté par certains* quand des associations spécifiques intègrent à cela des réactions à des pratiques discutables ou à des discours de haine : expulsions d'imams qui se mettent hors la loi). Les uns et les autres subissent des stigmatisations d’une sorte ou d’une autre. Cela interroge le rapport des individus à l’idéologie, et à la religion, quand elle devient soit le prétexte à se faire haïr ou tuer soit le prétexte pour haïr et tuer. Poser les bonnes questions et trouver des éléments de réponse, cela dépasse de loin le seul débat intellectuel mais devient une question de survie. « Sauver » est le terme qu’utilisent les mères de la Brigade des mères. Résoudre les conflits, y compris celui qui oppose Israéliens et Palestiniens et entraîne souffrances et morts, c’est un des thèmes de la réflexion de Delphine Horvilleur, qui rappelle l’assassinat de Yitzhak Rabin.

* (cf. une tribune d'Eric Conan, dans Marianne du 15 au 21 janvier, qui traite de la laïcité et de la polémique déclenchée par un interview d'Elisabeth Badinter, qui posait la question de la nécessité de pouvoir critiquer toutes les religions, islam compris - alors que le mot "islamophobie" est souvent utilisé pour faire barrage à tout questionnement...)

Voilà ce qu’écrivent en tête de leur site des femmes musulmanes, antiracistes, et désireuses de sortir des pièges de la victimisation ou de la radicalisation : « Nous sommes toutes Mères et françaises. Nous allons lancer des ponts de la connaissance entre les banlieues et les centres villes, entre Paris et Sevran, et créer l’Ecole de la République des Mères. Nous voulons que les lois de la République soient appliquées pour sauver les Mères et les enfants. Nous sommes contre la Radicalisation, l’Islamophobie, L’Antisémitisme, la Victimisation, le clientélisme. C’est terminé. » Nadia Remadna : http://www.brigadedesmeres.org ((Pour ma part je préfère parler de haine des musulmans, ce qui rejoint une forme de racisme, que d'islamophobie, ce terme d' "islamophobie" restant controversé car au spectre trop large et à la définition floue : qu'entend-on vraiment par cela? Si c'est le questionnement de l'idéologie associée à une certaine vision de la religion, ce questionnement est légitime et nécessaire. Si c'est le refus d'accepter la foi des croyants, et par extension ces croyants, c'est problématique. Dans quel cadre peut-on faire entrer la critique de l'islam radical, politique? Dans quel cadre peut-on faire entrer un regard critique sur le fondamentalisme? L'antisémitisme, par exemple, ne recouvre pas la critique qu'on peut faire des postures intégristes de certains courants juifs (et que les Juifs laïques font eux-mêmes) : il recouvre clairement la haine des Juifs en tant que Juifs. La Brigade des mères entend certainement par islamophobe la haine des musulmans en tant que tels...))

Delphine Horvilleur, elle, rabbin libéral, parle du féminin, du « va-et-vient entre le texte et l’humain », qui est central dans la pratique religieuse, et elle évoque les positions conservatrices, en France, des instances religieuses (et des mentalités) en général. Elle invite ainsi à un questionnement intime et social, en relation avec l’actualité et la résolution des conflits. Car « l’altérité est au coeur du conflit ». Elle nomme le fondamentalisme (présent dans toutes les religions : on l'a vu lors des débats sur le mariage pour tous...) qui est une fermeture qui fige tout, pensée et langage, codifie les comportements (en utilisant notamment la notion de pudeur pour dominer la femme), empêche la liberté : http://www.telerama.fr/idees/le-rabbin-delphine-horvilleu...

23/03/2015

Martine BLIGNY, peintre. ART en Arles... Exposition collective

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« dans le favorable, le considérable / j’avance. »

Monique Rosenberg, La Splendeur déjà / Poèmes, éd. L’Harmattan (p.23)

Espace Van Gogh, Arles, 15-25 mars 2015.  « Vénus éternelle » : http://www.souchaudartproject.com/venus-eternelle/  

Méditation sur le corps féminin proposée à plusieurs artistes, dont Martine Bligny.

Précisions sur le projet collectif, et liens, dans la note-vignette (voir ci-dessous).

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Je ne parlerai que de l’artiste dont je connais l’œuvre, que j’apprécie particulièrement. 

Martine BLIGNY, donc... 

Il semble qu’elle puise dans une mémoire souterraine, ancestrale, et c’est d’une puissante modernité...

En regardant les peintures de Martine Bligny on entre dans un mystère qui nous fait traverser le temps, alors que les visages peints, eux, semblent le traverser pour sourdre des murs et advenir. Comme si l’artiste, peignant, n’avait fait qu’aller chercher dans la mémoire des pierres la trace de traits dont elle porterait le souvenir en elle, profondément. Des bleus, des ombres, couleurs qui diffusent intérieurement une lumière sourde, qui peut-être émane des yeux de ces êtres si loin si proches, ou de l’énergie des corps. Antiquité ? Moyen-Âge ? Errants d’ailleurs mais de notre siècle ? Visages de danseurs méditants, immobiles, qui nous regardent. Et nous, si on regarde en même temps tous les visages de la page google, par exemple (justement parce qu’ils sont sur deux rangs, tous) il y a inversion du regard. Comme pour une seule peinture mais c’est plus évident. Ils nous contemplent d’au-delà des siècles, comme pour interroger notre humanité. Beauté de traits dont l’étrangeté vient de la pureté silencieuse de l’expression. Silence de l’âme, calme du sens. Qu’avez-vous fait de votre silence ? disent les portraits...  Qu’avez-vous fait de votre visage ? Des visages du monde ?

Pour la photographie de l’artiste au travail, on peut aller, aussi,  sur l’ancien site, abandonné. La force signifiante du geste, la peinture étant ce geste de tracer, qu’il soit inscrit là comme  un instant volé à la solitude de la création, c’est une symbolique entrée dans l’univers des visages et des corps peints par Martine Bligny,  d’autant plus qu’on y voit la peinture qui est élaborée.

Ancien site :  http://martine.bligny.free.fr/    

Très beau texte de Christian Noorbergen, lisible intégralement sur le nouveau site Odexpo de l’artiste. CITATION : « Noyé de haute mémoire, un visage s'abîme dans la mer des visages. Tous les dehors du monde ont disparu. Martine Bligny efface les excès de la réalité, les blessures du dedans, et les effets provisoires du monde. » :  http://www.martine-bligny.odexpo.com/       

Quelques œuvres de Martine Bligny à voir sur google images : http://bit.ly/1HtiOPA

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TRACES DIVERSES, expos antérieures, sites...  Liens, note-vignette. Clic/lire : http://tramesnomades.hautetfort.com/list/martine-bligny-p...

12/03/2015

FEMMES... Retour sur le 8 mars. Et permanence des questions : droits, création, monde...

 

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« Je suis survivante /  parfois tortue millénaire / parfois oiseau de proie »

 

J’irai encore, de Myriam Montoya, poème intégral (bilingue) sur le site de Terres de femmes : http://terresdefemmes.blogs.com/anthologie_potique/myriam-montoyajirai-encore.html

Couverture d’une anthologie de poésie pour revenir sur une journée apoétique... Mais c’est ainsi que s’ouvre (exergue, page titre) et se ferme, presque, cette note ( parmi les derniers liens choisis : une question sur les femmes caricaturistes, et choix – limité - de références poétiques... Car c’est aussi par l’écriture, et précisément aussi par l’écriture de poèmes, comme par la trace inscrite sur des pages dessinées, que les femmes peuvent prendre part au débat sur ce que doit être le monde, et leur place dans ce monde. Libres traits, d’encre et de mots. Ce que je propose de lire, ce sont des pages d’informations (l’état des lieux, des manques, des atteintes aux droits...). Mais aussi des portraits (destins brisés, ou vies en marche, signes d’espoir). Et des visages, des visages (monde, Afrique, Haïti, Maroc, monde...). Puis, encore, des infos, l’histoire du 8 mars, et, donc, la caricature questionnée et la poésie, proposée... « Quelqu’un plus tard se souviendra de nous ». Car laisser sa trace c’est aussi un droit : agir au point que cela reste en mémoire, ne serait-ce que pour une page, un dessin, ou (pourquoi pas...) une recette (voir le blog cuisine plurielle, aux si belles photographies de femmes...). Et, donc, pouvoir désirer s’inscrire ainsi dans le monde, en avoir la force, le pouvoir, la liberté... 

FEMMES dans le monde. Dix exemples (pays... divers et lutte pour les droits des femmes encore bien utile...). Par Catherine Fournier, 08-03-15 FranceTV info : http://bit.ly/1BZnZFd

Asia Bibi, chrétienne condamnée à mort au Pakistan pour un verre d’eau transformé en blasphème... Régimes répressifs et obscurantisme allié du totalitarisme. Femmes prises au piège au péril de leur vie. (Ainsi... elle, parmi d'autres...). INFOS et pétitions, bas de note : solidarité...

10 femmes journalistes (courage de ces êtres, dans des pays où ce n’est pas évident...). RSF : http://fr.rsf.org/etre-femme-journaliste-05-03-2015,47646.html

9 femmes en Afrique, Le Monde/Afrique, 07-03-15, par Marc Bettinelli : http://bit.ly/1x5qL4r

Le 8 mars à Haïti, SOLIDARITES.org : http://bit.ly/1B6wbfV

Visages de femmes, portraits de femmes au quotidien. Voyages pluriels sur le blog Cuisine plurielle. Ici, le Maroc, page du 8 mars 2015 : http://bit.ly/1MuMk7A

PLANETOSCOPE. Situation en temps réel... Violence conjugale en France:http://www.planetoscope.com/Criminalite/1730-victimes-de-violence-conjugale-en-france.html  « Chaque minute environ, on recense une victime de violence conjugale en France, soit 540 000 par an, le plus souvent des femmes. Une femme décède sous les coups de son conjoint tous les 3 jours en France (174 décès de violence conjugale en 2012 et 146 en 2013). »

VIDEO (brève). Les violences faites aux femmes en cinq chiffres choc , 20 minutes, 25-11-2014: http://bit.ly/1pkBWHP  (« Chaque année en France, plus de 200 000 femmes se déclarent victimes de violences conjugales. Le plus souvent, il s’agit de violences répétées. » / « D’après les chiffres publiés par l’Observatoire national des violences faites aux femmes en 2013, environ 83.000 femmes de 18 à 59 ans ont déclaré avoir été victimes de viols ou tentatives de viols en 2012. »)

Campagne à noter. Pétition de CARE .org : "Donne du pouvoir aux femmes si t'es un homme" : http://www.carefrance.org/sitesunhomme 

MANIFESTE d'Amnesty international "Mon corps mes droits" (droits sexuels et reproductifs). Texte et signature : http://www.amnesty.fr/Mon-corps-mes-droits 

8 mars. SITE dédié. Histoire (en bas de la page plan du site, page Héroïnes, page Biblio et sites...) : http://8mars.info/histoire/ 

Histoire du 8 mars, page sur Herodote : http://www.herodote.net/almanach-ID-2481.php 

...

Associations... 

INFOS. Regards de femmes sur l’actualité et le monde : http://www.lesnouvellesnews.fr/ 

Femmes contre les intégrismes... http://www.fci-asso.org/index.php/manifeste-femme-contre-... 

Sisyphe.org... http://sisyphe.org 

...

QUESTION. « Où sont les femmes caricaturistes ? »ici.radio-canada.ca  (Sur les conditionnements, les stéréotypes, les blocages et freins divers) : http://bit.ly/1D84udz 

...

Quelques poèmes sur le thème des femmes (de poètes hommes ou femmes). Ils suivent une introduction d’une page sur le blog du CRDP de Versailles . « Femmes en poésie »  : http://bit.ly/18dk89X 

Femmes poètes. Anthologie 2015, Terres de femmes (une sélection du site) : http://bit.ly/1eugqWB 

« Quelqu’un plus tard se souviendra de nous ». Anthologie, 15 poètes. Poésie/Gallimard... http://bit.ly/1AgTBA5

...... 

Solidarité avec ASIA BIBI 

ACAT (actions) : http://www.acatfrance.fr/action/condamnation-a_mort_confi... 

Pétitions... Mes opinions : http://bit.ly/1b3pyGl 

et... Cyberacteurs : http://bit.ly/19diJ4j 

Mise à jour 16-03-15. Article du 16-03, La Croix. Asia BIBI. Entretien avec la journaliste Anne-Isabelle Tollet, auteur du livre "Blasphème" (Oh Editions, 2011). Dernières nouvelles précises : http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Continuer-de-f...

Mise à jour 03-06-2016 (Asia Bibi ciblée par la propagande islamiste) : https://www.portesouvertes.fr/informer/espace-radio/chron... 

Comité international de soutien : http://www.asiabibi.com

26/11/2011

VIOLENCES contre les FEMMES. Infos sur la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. 25 novembre…

Le site journee-mondiale.com  Rappel historique, et sens de cette journée : http://www.journee-mondiale.com/132/25_novembre-internationale_elimination_violences_femmes.htm  (« Si l'on demandait à un citoyen pris au hasard ce que signifie pour lui le 25 novembre, nul doute que cela ne lui évoquerait pas grande chose sauf peut-être la Sainte Catherine s'il a gardé en mémoire de vieilles traditions... C'est pourtant la date choisie par les Nations Unies pour célébrer la Journée Internationale pour l'Elimination de la Violence contre les Femmes.  / Son origine remonte à 1960, lorsqu'en République Dominicaine les sœurs Mirabal furent assassinées parce qu'elles militaient pour leurs droits. Elles devinrent alors les symboles du combat pour éradiquer ce fléau qu'est la violence à l'égard des femmes. »)

 Fiche Wikipedia, infos aussi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_internationale_pour_l'%C3%A9limination_de_la_violence_%C3%A0_l'%C3%A9gard_des_femmes

 Ne pas réduire la violence à la question de la violence physique (celle qui aboutit à un meurtre tous les deux jours, presque, en France, et doit donc être prise au sérieux).  En allant chercher à la source dans les rapports sociaux, notamment dans des formes subtiles, aussi, de ce qui dépend de rapports de force entre le féminin et le masculin. Domination des petits chefs (ou prétendus chefs…) qui se croient autorisés à mépriser, dans les relations hors de la sphère privée (travail, engagements). C’est observable.

Le dénigrement, dit-on, est le premier signe de la violence en gestation. Langage qui peut dériver vers la simple impolitesse évidente, dans l’affrontement d’idées, ou même l’incorrection vulgaire. Conviction qu’on peut se permettre (certains hommes) l’affirmation d’une sorte d’autorité native, d’espèce sans doute. Dérive qui apparaît notamment quand la femme n’est pas séduite (y compris sur un plan intellectuel, quand la séduction amoureuse n’est pas le sujet) chez des hommes qui se croient investis d’un pouvoir (par le fait de connaissances qu’ils croient maîtriser plus que d’autres, par le fait de rôles sociaux dont ils pensent que cela leur donne une supériorité sociale). Hommes  qui sont habitués à être estimés, admirés même parfois, ou qui le croient. Entre l’agression verbale vulgaire du dénigrement affirmé et le jeu de supériorité sournois qui prend des formes légères, glissements peu visibles et peu repérés, il y a des degrés nombreux. On observe cela dans les jeux sociaux.

Il faut interroger aussi la notion de virilité (qui échappe au seul plan physique), et qui dépend de schémas mentaux dont les effets sont aussi négatifs sur les relations de pouvoir et d’autorité entre les hommes eux-mêmes. Violence des rivalités.

Mais on peut se questionner au sujet de l’éducation reçue par des hommes dont les mères ont omis de faire passer un certain nombre de messages dès l’enfance. On peut s’interroger au sujet du comportement des femmes dans la vie quotidienne et sociale. La « servitude volontaire » a aussi des formes féminines, quand la complaisance complice légitime des comportements illégitimes. Coresponsabilité, dans certains cas. (Evidente quand on voit le  spectacle donné par certaines émissions télévisuelles).  

Ce qui n’empêche pas de criminaliser ce qui doit l’être. Violence physique, menaces et viols. Ces crimes ne sont pas encore suffisamment pris en compte. Et si nous améliorons le statut des femmes ici, le respect, la sécurité, nous serons plus efficaces et plus audibles quand nous protesterons contre l'horreur des lapidations de femmes, ailleurs.

Une interrogation, en marge de ces questions relatives à la violence et aux crimes, concerne l’appellation « demoiselle », « mademoiselle », qui désigne des femmes qui ne se sont jamais mariées (ce qui ne veut pas dire qu’elles n’aient pas eu de vie amoureuse et sexuelle, et même qu’elles n’aient pas choisi pour autant de mettre des enfants au monde). Des féministes demandent la suppression de ces termes qui marquent une différence de traitement du célibat (différence de regard sur une situation). Cette revendication ne semble pas être comprise. Pourtant on ne dit pas damoiseau (ou "demoiseau"…). Demoiselle connote une sorte de virginité (au départ c’est bien le sens qu’on entend). Mais plus encore une valeur « femme » (adulte) qui ne serait donnée que par le mariage. Comme si la femme restait dans une enfance non mature tant que la marque du nom d’un homme ne lui donnait pas le statut d’individu majeur. Le langage a des effets qui ne devraient pas être négligés. Quand la femme sera reconnue, dans les mots qui nomment, femme majeure en tant que telle, sujet autonome par son existence et rien d’autre (et pouvant être pensée ainsi, pas seulement comme être mineur auquel on ne reconnaissait pas le droit de voter il n’y a pas si longtemps…) peut-être que des hommes auront moins tendance à la penser comme objet, et conscience à bas prix.

Lire... Terrafemina.com : http://www.terrafemina.com/societe/solidarites-engagement/articles/9037--novembre--journee-internationale-contre-les-violences-faites-aux-femmes.html

Alliance des Femmes pour la Démocratie (informations intéressantes, dont celle concernant un point de vue d’E.Badinter, publié sur le site du  Monde - avec des infos erronées -  et un article de réponse qui ne l’est toujours pas : http://www.alliancedesfemmes.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=19&Itemid=52

Femmes solidaires : http://femmes-solidaires.org/spip.php?rubrique9

17/10/2011

« Et maintenant on va où ? », de (et avec) Nadine Labaki

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Fiche du FILM, synopsis, vidéos, sur allocine.fr  :  http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=189935.html

Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19236225&cfilm=189935.html

CRITIQUES :

« Film humaniste, pas féministe », par Hela Khamarou, sur Rue 89, 18-09-11. Eloge : http://www.rue89.com/2011/09/18/et-maintenant-ou-on-va-film-humaniste-pas-feministe-222363  

« La coïncidence du calendrier a fait que quelques heures auparavant, j'assistais au lancement du programme « Tagore, Neruda, Césaire : pour un universel réconcilié » à l'Unesco. Si j'en parle, c'est que les deux sujets se sont miraculeusement rejoints et se sont imposés à moi comme une évidence autour du thème de l'humanisme. Car c'est bien de cela que traite ce film : d'un universel réconcilié. » (..)  « Il y a quelque chose d'Emir Kusturica là-dedans. La bande originale composée en amont par son mari, Khaled Mouzanar, avec qui elle avait déjà collaboré sur « Caramel », y est pour beaucoup. La musique fait partie intégrante de l'œuvre. » (…) «  « La magie de ce film c'est qu'il importe peu que cela se passe au Liban. »

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« La Libanaise Nadine Labaki tente d'exorciser les fantômes de la mort », par Thomas Sotinel, Le Monde,13-09-11 : http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/09/13/et-maintenant-on-va-ou-la-libanaise-nadine-labaki-tente-d-exorciser-les-fantomes-de-la-mort_1571600_3476.html « C'est à ça, rien que ça, que Nadine Labaki a voulu se mesurer : la foi et la mort. Dans cette région du monde, on meurt encore (volontairement ou non) pour le nom du dieu qu'on invoque. » (…) « La jeune réalisatrice libanaise ne veut pas tenir pour acquis ce danger permanent qui plane sur les communautés et remet en cause le fondement de la société dans laquelle elle vit. »

……………………………………

 « Et maintenant on va où ? ». Choix de société, choix des haines attisées ou des démarches de paix…  Comment faire ? Soit les enfermements communautaires, soit la rébellion contre les passions toxiques.  C’est de cela que traite le film. Il émeut (le sujet est grave : la mort, la douleur), et, en même temps il fait rire, beaucoup : humour omniprésent, qui amplifie la tendresse d’un regard humaniste. Visages, corps, tels qu’ils sont, sans recherche, beaux d’être vrais. Gestuelle chorégraphiée, dès le début, incipit des corps. Musique, chants, rythme (rythme qui, sourdement, exprime une sorte de colère latente, où se mêle le goût de la vie, la joie d’être, et la joie d’être avec les autres). C’est un très beau film. Un message contre la bêtise. Et, oui, plus humaniste que féministe, même s’il dit les femmes, dans leur rage contre la guerre absurde. A voir… !

15/10/2011

Laïcité Inch'Allah, documentaire de Nadia El Fani. Un film à voir et faire voir.

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Film... courage d'une femme qui sait ce qu'il faut refuser. Car il pose justement le problème des compromissions des pouvoirs, des confusions entre loi citoyenne et commandements religieux.

Impossible de ne pas penser au problème des arrangements pris, ici, au mépris des luttes des femmes laïques, quand d'autres affrontent des intégristes au péril de leur vie. Pour construire la démocratie que les islamistes ne veulent pas.

On peut, aussi, interroger cette notion du « religieux »  (quand cela interfère avec la loi et la vie civile - c'est le questionnement du film)... devenant croyance dominante – ou aspirant à le devenir : aspirant, donc, à être une norme générale, que ce soit sur un plan idéologique ou que ce soit de l'ordre du politique. Quand les frontières se brouillent. 

Ce film courageux, de quoi parle-t-il donc, précisément?

FICHE, BANDE-ANNONCE, et vidéos, sur allocine : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=195311.html

Résumé et commentaire, Evene (« INSTRUCTIF et CITOYEN. ») : http://www.evene.fr/cinema/films/laicite-inch-allah-38236.php « Sous le régime de Ben Ali, pendant l’été 2010, la réalisatrice franco-tunisienne Nadia El Fani était en train de tourner son deuxième long métrage documentaire, pendant le ramadan, sur la laïcité et la liberté des femmes. La Révolution et le renversement du régime donnèrent tout à coup à son projet une tournure inattendue… » (…) « … la ferveur militante du propos n’est alourdie d’aucune conclusion dogmatique. » (…) « À noter également, une bande-son truffée de magnifiques chansons appelant à la liberté. Instructif et citoyen. »

Extrait, VIDEO : http://www.youtube.com/watch?v=OVvqd0zixhY

Critiques, points de vue :

Première (Fiche et synopsis) :  http://www.premiere.fr/film/Laicite-Inch-Allah-2769194

Le Monde http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/09/20/laicite-inch-allah-un-document-utile-a-la-comprehension-du-printemps-arabe_1574515_3476.html « Ce qui aurait sans doute été une déploration de l'emprise de l'islam sur la société, poussée par une intellectuelle qui revendique son athéisme, est devenu un argument - voire une arme - dans le débat qui traverse la société tunisienne. » (…) « Le matériau est passionnant et par la vertu de l'histoire, Laïcité Inch Allah est un document utile à la compréhension du printemps arabe. »

RFI : http://www.rfi.fr/france/20110920-laicite-inch-allah-sort-france « Laïcité Inch’Allah ! prône la tolérance et la séparation de l'Etat et de la religion. Une idée qui a suscité des réactions violentes chez les islamistes tunisiens. » (…) « Son documentaire, un temps intitulé Ni Allah ni maître choque les islamistes qui lancent une véritable campagne de haine. La réalisatrice est même menacée de mort. Mais Nadia el Fani ne veut pas céder. ''Je demande aux autorités tunisiennes, aux partis politiques, aux associations, à tous les gens de la société civile, de soutenir le fait qu’on n’a pas viré Ben Ali pour que les Benalistes nous imposent leur censure et leur mode de vie.'' »

Télérama (Trois scènes commentées par Nadia El Fani : VIDEOS et textes) : http://www.telerama.fr/cinema/laicite-inch-allah-revolution-tunisie,73190.php (Sur le jeûne du ramadan – tabous, hypocrisie, menaces. Les femmes, leurs revendications, la violence des islamistes. Savoir à quoi s’en tenir : « Mais après tout, mieux vaut savoir de quoi ils sont capables maintenant, plutôt que de les laisser accéder au pouvoir démocratiquement, eux qui n'ont nullement l'intention de pratiquer la démocratie. »).

Comme au Cinéma (Revue de presse, citations brèves : Studio CinéLive, TéléCinéObs, Le JDD/ Journal du Dimanche) : http://www.commeaucinema.com/film/laicite-inch-allah,214111

Regards croisés, BLOG. Le contexte. Texte sur les réactions de salafistes qui tentent d’empêcher la projection du film, sur la polémique provoquée par le film, considéré comme provocateur et inacceptable par les intégristes, les islamistes. Intervention de Nadia El Fani (vidéo) et commentaires d’internautes http://regardscroises.blog.tdg.ch/archive/2011/06/29/tunisie-de-ni-allah-ni-maitre-a-laicite-inch-allah.html « "Les salafistes voulaient empêcher la projection du film. Nous leur avons suggéré de le voir pour ensuite donner leur point de vue, mais ils ont refusé", a déclaré à l'AP le critique cinématographique Naceur Saâdi, connu pour être un fervent défenseur de la liberté d'expression et de création. » (…) « Suite à la polémique qu'a créé le film " Ni allah, ni maître" , réalisé par la tunisienne Nadia el Fani, cette dernière a décidé de changer le titre de son film à cause de la mauvaise interprétation de celui-ci. "Ni allah, ni maître" devient alors "Laïcité, inch'Allah". »

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Rue 89, « Tunisie : Nadia El Fani, cinéaste menacée de mort parce qu'athée », 09-05-2011 : http://www.rue89.com/2011/05/09/nadia-el-fani-realisatrice-tunisienne-menacee-de-mort-parce-quathee-203068 « Une interview tronquée de l'auteur de « Ni Allah, ni maître » suscite la haine des islamistes, qui multiplient les attaques. A chaque fois qu'elle tape son nom sur Facebook, elle découvre une nouvelle page d'appel à la haine contre elle. » (Le tire a été modifié depuis, voir Regards croisés, ci-dessus).