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06/04/2019

ALGÉRIE, suite... Une démission, des questions, des espoirs. Symbolique matin d'Algérie...

algérie,algériens,diaspora,bouteflika,mandat,système,f.l.n.,politique,idéologie,religion,islam,femmes,mohamed benchicou,le parisien,brice perrier,kamel daoud,yasmina khadra,boualem sansal,aziz chouaki,anouar benmalek,amin zaoui,karim akouche,tawfiq belfadel,femmes insoumises dz,hebib khalil,ardavan amir-aslani,les algériennesBeaucoup de faits sont intervenus depuis ma première note-dossier.
Les manifestations ont donc continué jusqu’à la démission de Bouteflika, car le rejet du 5ème mandat ne pouvait tolérer un 4ème mandat prolongé. Mais la prise de conscience algérienne va plus loin. L’exigence est une rupture avec tout le système, le désir de se débarrasser de tout le clan du pouvoir, de la corruption de cette « famille » (au sens étroit, frère du président et alliés divers, et au sens large, c’est-à-dire tous les réseaux qui ont bénéficié d’avantages et privilèges). 
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Cependant la transition à créer, pour construire une démocratie réelle, ne se présente pas facilement. Il va falloir que des personnes sûres puissent obtenir la confiance de la population, et si des visages apparaissent, rien n’est encore acté. (Même s’il est évident qu’il y a des forces vives qui pourront jouer un rôle).
Il va falloir déjouer les pièges, et certains ont déjà été tendus. Des informations sortent, qui montrent que le pouvoir ne lâche pas aisément, et qu’il semblerait même qu’un officier de haut rang ait évité une catastrophe en refusant des ordres demandant d’affronter la foule. Rumeur ou réalité, le temps le dira.
 
En marge, des délires. On voit aussi des personnages, de partis associés au pouvoir, faire des discours délirants (des vidéos ont circulé). Ainsi une femme (qui a été ensuite la cible de moqueries cinglantes sur les réseaux sociaux algériens, francophones en tout cas) a pu dire, avec rage et conviction, que… les Juifs étaient les organisateurs de ce mouvement contre le pouvoir, pour détruire l’Algérie !!! Et revoilà le grand complot des conspirationnistes amateurs de RT, la voix du Kremlin, et autres sites du même genre.
Je n’ai pu que faire le lien avec autre chose que j’avais remarqué, juste avant. A circulé, sur des pages algériennes (Facebook et sans doute ailleurs) le texte d’un général français d’extrême droite, actif ou retraité je ne sais pas (personnage que tous les sites extrémistes adorent diffuser : RT, bien sûr, mais aussi des sites négationnistes, comme celui de Soral). Ce texte, donc largement présent en ligne, disait (je résume) que BHL était à la manoeuvre au sujet de l’Algérie : le texte "prévenait"(!). Et la réception était (commentaires...) une désolation horrifiée (BHL étant la métaphore du diable "sioniste" dans un certain imaginaire algérien - et maghrébin). On lui prête des faits multiples, on lui attribue la responsabilité de toutes les catastrophes. Et donc, pour certains, c’était cohérent. Sans qu’ils voient que le général soi-disant "protecteur" faisait passer un message de doute, sur un fond antisémite. (L’extrême droite française n’aimant les Algériens et les musulmans que pour tenter de partager avec eux un antisémitisme qu'elle leur prête d’avance, et qu’elle cherche à flatter, comme une certaine extrême gauche française, dans les milieux pro-palestiniens d’abord, car la Palestine est pour certains un mantra obsessionnel incontournable, dans l’oubli de bien d’autres conflits et drames du monde...).
Il y a un écho en Algérie pour cela. Et le pouvoir rejeté a bien joué avec, pour appuyer sa domination. Mais le rejet ne va pas encore, pour tous, jusqu’à refuser les effets idéologiques d’une longue propagande, et d’un formatage qui a utilisé autant la religion que l’éducation et les manipulations de l’Histoire officielle).
 
Pas pour tous, ce rejet de l’idéologie avec le système qui l’a modelée, mais chez beaucoup d’esprits, cultivés, lucides, et critiques : oui. 
Le fait que la presse algérienne ait réussi (malgré des difficultés - voir les pages Algérie de RSF) à maintenir une pluralité et à produire deux ou trois générations de chroniqueurs de grand talent, cela a permis que les idées circulent, que des intellectuels élaborent des pensées autonomes, radicalement en rupture.  
Autre facteur intéressant, la jeunesse de la population, qui a pu être désespérée par les blocages sociaux et le manque de perspectives, au point de risquer la mort (et trop souvent la trouver), en fuyant vers une Europe peut-être idéalisée. Car d’autres ont choisi d’agir. De nombreuses initiatives ont été le fait de jeunes (tant dans le domaine artistique qu’économique, environnemental, ou littéraire). 
Ces chroniqueurs, ces auteurs, ont certainement joué un rôle de pionniers, chacun à sa façon (parfois adulés, parfois détestés). 
Ainsi Kamel Daoud, Yasmina Khadra, Boualem Sansal, Aziz Chouaki, Anouar Benmalek, Mustapha Benfodil, Mohamed Kacimi, Amin Zaoui, Karim Akouche, Tawfiq Belfadel, Abdou Semmar (créateur d'Algérie Focus puis d'Algérie Part), Hebib Khalil, Khaled Belkouche (créateur du site web ObservAlgérie).et quelques autres… 
Et des femmes, affrontant elles aussi les tabous, les blocages, dans un souci de partage non conflictuel. Comme Daikha Dridi (journaliste-reporter), Nadia Tazi (philosophe), Meriem Khelifi (sociolinguiste spécialiste du discours religieux). Elles questionnent, expliquent... Elles et plusieurs autres (poètes, cinéastes, romancières...).
 
Et comment ne pas penser à la longue patience agissante (et visionnaire) de Mohamed Benchicou (créateur du journal "Le Matin d’Algérie") et à son livre sur Bouteflika, "Mystère Bouteflika, radioscopie d’un chef d’État". 
Rôle, aussi, à ne pas négliger, des diasporas, par le frottement à d’autres lieux et cultures, d’autres visions sociales et politiques, d’autres philosophies. Frottement à des démocraties fondées sur la laïcité, donc la séparation de la religion et de l’État, et une égalité juridique des femmes et des hommes. (Même si elles ne sont pas parfaites, même si l’idéal a ses failles, l’ouverture est un horizon).
 
De même, un courant a tracé sa route, bien avant ces manifestations. C’est celui des revendications des femmes pour une égalité à conquérir, juridiquement, concrètement et symboliquement. Beaucoup travaillent, certaines sont créatrices et chefs d’entreprises : l’égalité des droits est pour elles une évidence. Les femmes ont été dès le début très présentes dans les manifestations. Et la jeune danseuse qui en fut une très belle image en est un symbole flamboyant (voir la note précédente, lien en bas de celle-ci…). Mais un malaise a fini par être exprimé. Certaines se sont dit qu’elles risquaient de n’être qu’un faire-valoir d’un mouvement qui ne bénéficierait finalement peut-être qu’aux hommes, si les statuts qui gèrent la vie des femmes n’étaient pas changés. Et des pancartes avec des slogans féministes sont apparues (que ce féminisme ait le langage du féminisme européen, lui-même multiple et divisé, ou pas du tout ce langage). Ces signes de conscience féminine (ou féministe) ont affolé des marges conservatrices, et des réactions hostiles ont pu être constatées, que des pages de femmes ont dénoncé en relayant des témoignages. Ainsi la page Facebook "Les Algériennes", et d’autres pages que celle-ci partage aussi, comme "Femmes insoumises dz
Des faits ont beaucoup choqué, et entraîné de nombreuses réactions en Algérie. D’abord, donc, des bousculades ou agressions, de femmes - leurs slogans perçus par certains comme des provocations : même marginaux ces faits ont frappé les esprits, sidéré, même. (Et c’est ainsi qu’on a pu l’apprendre, par les témoignages et les réactions). Puis l’agression homophobe à Paris, place de la République, en marge de la manifestation de la diaspora algérienne. Et, ensuite, l’appel, sur vidéo, d’un homme hystérique demandant que des hommes agressent à l’acide des femmes ayant des comportements qu’ils trouveraient répréhensibles. Immédiatement tout a été fait pour le repérer (il vit à Londres, et l’on a même vu une photo de lui avec sa femme). Stupéfaction : vie apparemment anodine, allure moderne, femme non voilée, alors qu’on pouvait s’attendre à voir un "barbu" avec ses codes. Plaintes déposées. Et signalements des diffusions de la dite vidéo. Mais épisode similaire, un autre a refait la même chose. Plainte, encore. Puis, cette semaine, le lynchage de jeunes filles qui avaient des pancartes de revendications féministes (voir note suivante, un article daté 06-04-19). 
 
Tous ces remuements de pensée, sur les deux rives (et multiples rives diasporiques, parfois lointaines), ont produit des effets divers. Il y a donc des visions diverses et des fractures (qui peuvent se résoudre en pluralité acceptée ou provoquer des tensions, comme on peut le voir aux réactions de certains devant les textes de tel ou tel auteur, ou les positions de tel ou tel citoyen anonyme). 
... Fractures liées à la religion, déjà. Comme en France il y a des croyants, des agnostiques, et des athées. En Algérie les musulmans peuvent être des laïques convaincus ou des conservateurs (ou même des intégristes proches des théories des Frères musulmans). Il y a toujours des islamistes, qui guettent mais ne correspondent plus à ce qu’est l’Algérie de 2019 : ce qui n’empêche pas que la vigilance soit nécessaire, car ces courants ont des appuis, y compris à l’étranger, appuis idéologiques et financiers, et leurs stratégies sont habiles. Les menaces sont les mêmes que celles qu'on peut constater en France : manipulation, mensonge, masques (taqiya) et entrisme.
Les chroniques revendiquant des positions laïques sont, elles, de plus en plus nombreuses.
... Fractures, donc, liées au statut de la femme
... Et cassure au sujet de la Palestine (voir, note suivante, un article de Karim Akouche, daté du 02-04-19). Soutien obsessionnel très partagé, évident pour beaucoup. Mais des voix s’entendent, qui disent autre chose. Une exaspération, même. ("Assez avec la Palestine !"). 
... Fracture autre, celle liée à la France - que le pouvoir a voulu faire haïr, ramenant toutes les difficultés du pays à la colonisation, aux "colons" et aux harkis, dans une mystique du "traître". Pourtant, là aussi s’expriment des pensées autres, un regard nuancé. Et si Kamel Daoud avait, dans une chronique célèbre, regretté qu’il n’y ait pas eu un Mandela en 62 (pour que l’Histoire évolue autrement et que les Pieds-Noirs restent construire l’Algérie indépendante avec tous), d’autres disent espérer que le changement de régime change le regard sur le passé et fasse se rejoindre les mémoires de tous (dont natifs pieds-noirs et harkis, ou leurs descendants restés attachés aux racines algériennes). On peut associer à cette fracture celle autour d'Albert Camus, référence ou rejet (référence, ce dont témoignent des auteurs, et aussi des jeunes, dans un documentaire, disponible en DVD, Vivre avec Camus, où s'exprimaient deux jeunes algériens dont la lecture de Camus avait changé la vie, l'un pour l'avoir éloigné du suicide, l'autre pour l'avoir amené à s'engager dans des actions solidaires.)
Voir, pour tout cela, la revue de presse, qui évoque ces fractures : note qui suit...
 
Mais, comme le dit la philosophe Nadia Tazi (voir note suivante, entretien), l'essentiel est que le débat se soit installé, qu'il y ait parole, quels que soient les points de vue.
 
L’Algérie vit un moment enthousiasmant qui peut déboucher sur des transformations très heureuses, vers une réelle démocratie plurielle. Mais c’est une transition qui doit vaincre pièges et résistances. On doit espérer la réussite. Éthique de l’optimisme. Donc, encore, espoir.

Je ne mets ici que quatre LIENS : un ample article, des pages sur les deux livres mentionnés dans l’article, et ma note précédente (Algérie).

Dans la note qui suit je pose une revue de presse, qui complète, avec des textes récents, les lectures relatives aux premières revendications, mentionnées dans la note antérieure.
 
ARTICLE-dossier, par Brice Perrier, 3 avril 2019, Le Parisien week-end.
Parcours historique, réalisé à partir d’entretiens avec deux auteurs de livres importants.
D’une part avec Mohamed Benchicou. Et d’autre part avec Ardavan Amir-Aslani.
"Le 15 avril 1999  est élu président de l’Algérie."...https://bit.ly/2P0Ygpv
 
LIVRE. "Le Mystère Bouteflika, Radioscopie d’un chef d’État", de Mohamed Benchicou, éd. Riveneuve, mars 2018.
 
LIVRE. "L’Âge d’or de la diplomatie algérienne", d'Ardavan Amir-Aslani, éds. du Moment, 2015. 
 Fiche Decitre (dont résumé)... https://bit.ly/2X5KqVF
 
NOTE précédente, Trames nomades, 04-03-19. "Algérie. Refus, élans, inquiétudes et espoir."
(dossier d’analyses, revue de presse, et liens presse)... 
Note qui suit : revue de presse, 07-04-19...
………………..
S’INFORMER, suite... PETIT PORTAIL de LIENS...
Le Matin d'Algérie… http://www.lematindalgerie.com
Le Quotidien d’Oran… http://www.lequotidien-oran.com
TSA actu. Tout sur l’Algérie... https://www.tsa-algerie.com
Algérie Part… https://algeriepart.com 
Toute la PRESSE ALGÉRIENNE, LIENS...  https://www.tsa-algerie.com/press/
MondAfrique/Algérie... https://mondafrique.com/tag/algerie/
Le Point Afrique, Algérie… http://afrique.lepoint.fr/pays/algerie/
Courrier international. Algérie… 
Toute la PRESSE FRANÇAISE…. https://www.journauxfrancais.net  
PRESSE INTERNATIONALE, tous pays. LEXILOGOS
(et voir « Plan du site », ressources multiples…)
 
MC San Juan

04/03/2019

ALGÉRIE. Refus, élans, inquiétudes, et ESPOIR...

 
ESPOIR... 
ALGÉRIE… Comment ne pas suivre ? Un tel élan... Enthousiasmant, respectable, admirable, même, par la manière dont il est vécu et pensé. Pacifique, joyeux et triste à la fois. Joyeux, car, comme le dit Kamel Daoud, la peur a été cassée. Plus de peur d’affronter le régime. Plus de peur de provoquer des affrontements entre adversaires et soutiens du système (ou peur maîtrisée). Joyeux, l’élan, comme celui  de la danseuse au drapeau qui fait des pointes dans la manifestation, belle photographie, riche en symboles. Elle marquera l’Histoire, sa photographie. (Mais je ne l'ai d'abord trouvée que sur Facebook, sur une page, celle du livre "Alger sans Mozart", de Michel Canési et Jamil Rahman, Folio. Portrait de femme, aussi…). Imaginez une jeune femme élancée qui danse, cheveux au vent. On pourrait la penser Parisienne ou Madrilène. Une femme moderne, libre, d’évidence. Symbole de ce que peut être une Algérie libérée de la pression d’un clan dictatorial. Et, signe de ce qui est déjà en germe dans le pays, qui connaît, malgré le pouvoir, de multiples initiatives pour changer le quotidien (sociales, culturelles, environnementales, etc.). Avec, bien sûr, les archaïsmes qui tentent d’imposer obscurantisme et croyances aberrantes, les islamistes, moins agressifs (pas toujours) qui guettent, le complotisme, nourri, comme en France par la lecture de Russia Today, la voix du Kremlin… . Pays de fractures (mais on peut en dire autant, sur ce plan, de la France et de beaucoup d’autres, en ces temps de populismes et de nationalismes - au pluriel). Triste, l’élan, car portant l’inquiétude des risques de dérives et récupérations, et celle du manque d’alternatives. Mais les voix des intellectuels (universitaires, chroniqueurs, écrivains) portent à la vigilance. 
En France, on suit. D’abord la diaspora algérienne et les Franco-Algériens, qui manifestent à Paris et ailleurs, et participent au débat sur les réseaux sociaux et autrement. 
Ensuite les natifs d’Algérie, Pieds-Noirs attachés au pays actuel, et Juifs pieds-noirs (se définissant ainsi ou pas), ayant des liens sur les deux rives (et plus qu’on ne croit, souvent par les villes de naissance, contacts maintenus, mais aussi par des réseaux professionnels, des coopérations diverses). 
Enfin les observateurs (presse, médias, politiques). Avec de la sympathie.
La jeune danseuse s'appelle Melissa Ziad. Et la photographie est sur la page du Matin d'Algérie (celle de la chronique de Tawfiq Belfadel sur les femmes dans ce mouvement, commentaire et lien en bas de note). Choix avisé.
Cette jeune femme est entrée dans l'Histoire. Et pas seulement celle de son pays.
D'abord, de ce pays... Mais symboliquement au-delà. Je vois cette danse comme un signe de l'humain à venir.
SI nous marchons vers cela. La beauté, plutôt que les cris. Sens universel. 
Lien. Pour la PHOTOGRAPHIE, même si le haut est coupé (dommage). Pour l'article c'est plus bas... 
 
La presse française et internationale a couvert aussi les manifestations et relayé des analyses et questionnements.
L’Union européenne a appelé au respect des droits des manifestants. Manière de soutenir, tout en rappelant les liens entre l’UE et l’Algérie… AlgériePart… (D'autres signes et appels similaires suivent, d'après la presse algérienne). Europe, UE :
"La France a-t-telle son mot à dire sur l’Algérie ?" (Risques d'interprétations 
négatives ?).
"Si la France soutient la rue, ce sera de l’ingérence. Si la France
soutient le pouvoir, c’est la main de l’étranger. Dans les deux cas, la France
ne peut que produire un silence assourdissant’’.
Naoufel Brahimi El Mili, politologue. France Culture,4 mars 19… 
https://bit.ly/2ETQR7H
La France réagit, cependant, discrètement, lentement...
Diplomatie.gouv Site officiel. Réponses de Jean-Yves Le Drian,  ministre des Affaires étrangères. 
France 24, 06-03-19. "Pour Jean-Yves Le Drian il faut laisser le processus électoral se dérouler en Algérie."
 
....................
Les FAITS...
 
Refus du 5ème mandat
Dès janvier, le boycott des élections comme riposte.
JeuneAfrique, 25-01-19. "Présidentielle en Algérie, le front du boycott s’élargit"…
Manifestations partout
Des milliers de manifestants (puis beaucoup plus…)… 
Le Parisien, sur les manifestations,
22-02-19. "Manifestations tendues contre un 5ème mandat"…
 https://tinyurl.com/yxc4eo83
Courrier international, REVUE de PRESSE. 
"En Algérie des milliers de manifestants crient leur colère
contre Bouteflika
"...
https://tinyurl.com/y4qjap8l
Belle photographie d’une manifestation… 
BFMtv… https://tinyurl.com/yyu83jc8
Et la diaspora algérienne s’engage…Le Figaro, 28-02-19.
"En France aussi la diaspora descend dans la rue contre Bouteflika"...
 
Mais... Diaspora (et.. autre diaspora)… Fausse note. La Grande mosquée de Paris soutient le 5ème mandat de Bouteflika, y mettant même un budget. Elle se compromet nettement. TSA Algérie, 27-02-19. "La Grande mosquée de Paris au secours du candidat Bouteflika"… https://bit.ly/2HbQpV5
………..
Bouteflika se représente et promet des élections (ensuite…)…
Citations..."Cette nouvelle candidature fait bien sûr aussi la Une de la presse ce lundi. Le journal El Watan titre que le président, par sa décision d’être candidat, défie les Algériens. Dans son éditorial, le quotidien francophone estime que cette décision est une humiliation insupportable." 
"Pendant ce temps, sur les réseaux sociaux, les appels à la désobéissance civile sont relayés en masse. Plusieurs centaines de milliers d'internautes ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils participeraient au mouvement."
"Les promesses de Bouteflika n'apaisent pas la colère"RFI, 04-03-19… https://tinyurl.com/y6hg22sa
 
Le Point, 7 mars 19. "Algérie : le 5ème mandat fragilisé par une série de défections importantes." (Et par les informations sur la santé d’Abdelaziz Bouteflika, données par les médecins qui le suivent à Genève)… https://bit.ly/2H63gb6
 
REVUE de PRESSE, France Culture… Au 2 mars 19… 
....................
ANALYSES
 
"Pourquoi la jeunesse algérienne dit non." Omar Belhouchet, Marianne,
1er mars 19.
(Quatre grands paragraphes lisibles en ligne... L’essentiel…).
Omar Belhouchet est le fondateur d’El Watan.
Ce défenseur de l’état de droit dit que le 22 février a été un
'tournant historique’ dans le pays, avec cette jeunesse dont il loue
la maturité. Et il rappelle ce que sont les refus exprimés
par les jeunes (le régime, le système et sa corruption)…
 
La situation actuelle, 2019. 
Analyse approfondie d'El Mouhoub Mouhoud, universitaire (économie), Paris Dauphine.
Citations..."Il est tout d’abord désolant de constater que la préoccupation essentielle de certains observateurs en France, relayant la crainte des autorités, réside dans la peur d’un afflux massif d’immigrés. La « stabilité » garantissant la mise à distance des candidats potentiels à l’émigration vaudrait elle mieux que les espoirs du changement auquel aspire une jeunesse nombreuse et délaissée ? Il est vrai que ce fut déjà la première réaction du pouvoir politique en France au moment du déclenchement de la révolution tunisienne en 2010. Il serait bien plus utile de chercher à mieux comprendre les bases profondes de ce nouveau soulèvement." (...)"Ces propositions ne sont possibles que si une réforme profonde de l’État est réalisée. Il va sans dire que le préalable réside dans la lutte radicale contre la corruption à tous les niveaux et la mise en œuvre de mécanismes garantissant la transparence. Ce dernier point sera au centre des changements que réclament les Algériens." The Conversation, 1er mars 19, "Algérie, économie politique d'une rupture annoncée"… https://tinyurl.com/yxpwe5do
…………..
L’article de The Conversation ci-dessus répond indirectement à celui du Parisien qui parle de l’inquiétude française qui serait de voir s’installer en Algérie l’instabilité… Lien ci-dessous. La France n’a pas à soutenir silencieusement le maintien d’un régime mafieux et dictatorial pour des intérêts discutables et des peurs fantasmatiques… Le Parisien, 26-02-19. "Contestation en Algérie : ce qui inquiète la France"… https://tinyurl.com/yylc3q3f
.

L’état politique… 

"Thomas Serres est lecturer au département de politique à l’université de Californie, Santa Cruz, et chercheur associé à l’UMR développement et Sociétés. Il a publié des articles dans plusieurs revues à comités de lecture, dont « En attendant Bouteflika. Le Président et la crise de sens en Algérie », Année du Maghreb (2014). Il a également dirigé un ouvrage collectif avec Muriam H. Davis, intitulé « North Africa and the Making of Europe », Bloomsbury (2018). Il s’apprête à publier un ouvrage consacré à l’Algérie de Bouteflika chez Karthala, intitulé  'L’Algérie face à la catastrophe suspendue. Gérer la crise et blâmer le peuple sous Bouteflika (1999-2014)' (prévu pour mars 2019)." (....) "Pour le spécialiste de l’Algérie, le mouvement de contestation actuel en Algérie possède ses propres spécificités, ce qui permet de sortir de la « logique catastrophique » de la Libye et la Syrie."... Les clés du Moyen-Orient, 03-03-19. "Entretien avec Thomas Serres","En Algérie…"… https://tinyurl.com/y4vcu4p7

.
Aspiration au changement ou révolution ?  L’Orient le Jour, 07-03-19.
"Une prudente aspiration au changement plutôt qu’une révolution."
 
La question de la fraude électorale, par Mourad Benachenhou. (Citations... "L'Etat algérien actuel n'est ni algérien, ni démocratique, ni populaire." (..) "La normalité du quotidien masque l'anormalité du système politique algérien.")
Le Quotidien d’Oran, 03-03-19
 
..................
Des universitaires réagissent."Déclaration...". Actu-Fil...
https://tinyurl.com/y4wftaup
.
Les écrivains s’expriment, analysent, prévoient..
 
"Les écrivains algériens décrient le 5ème mandat", 
El Watan, 04-03-19...https://tinyurl.com/y69uss93
.
Kamel Daoud
Déjà, au moment du 4ème mandat, Kamel Daoud exprimait sa colère. Son texte a été repris cette fois par des lecteurs, notant qu'il suffit de dire 5 au lieu de 4, et tout reste valable. le texte est assez visionnaire, prévoyant
ce grand élan du peuple...
Citation... "Vous allez nous laisser un pays corrompu,
exsangue, défait, ridicule, mort, sans don et humilié
et cette humiliation on vous la rendra. C’est une
promesse et un serment. Ce peuple qui, selon vous
ne vous mérite pas, vous n’en méritez pas la terre.
Ils vous survivra et s’éveillera et vous renverra
vers le désert qui vous sied si bien. La cours des
comptes sera cette fois celle de l’histoire.’.
 
"Honte à toi Bouteflika",
Algérie Focus, 02-03-19https://tinyurl.com/y5c8fsxd
Et en 2019 Kamel Daoud voit une évolution, la peur rompue.
"Le mur de la peur a été cassé". Le Monde/Afrique,
Pas lisible intégralement en ligne, mais le début visible
est déjà intéressant.
Comment le "cadre’ des photos de Bouteflika est un symbole de
la prison politique qu’inflige le pouvoir au peuple algérien.
Car le Président n’est plus qu’une photo dans un cadre (c’est
le clan autour de lui qui tient le pouvoir). Sauf que le peuple
peut sortir du cadre…
"Bouteflika en Abd-El-cadre",
Le Point, 05-02-19… https://tinyurl.com/y6l9ef6a

Une analyse de Kamel Daoud.
Complexe lien et complexes regards
que ceux de la France sur l
Algérie (et son actualité). Et de
l
Algérie sur la France (dont son regard sur les Algériens).
Très subtilement Kamel Daoud donne des clés. Magnifique texte,
de plus, dont des passages rejoignent le poème en prose. Par
l
élan vital qui passe dans les mots. En parlant de lui, des
Algériens, des paradoxes des perceptions entre Algérie et
France, il parle de tous et de nous. Parfois avec humour
(sur
les islamistes)...

Citations
"A Paris, il fait froid comme si le corps était un os avec un prénom, nu."

(…) "
Paris est une fête. Le monde l’est aussi.
Et je suis son centre ouvert aux vents et aux images. Je marche. ».
Le Quotidien dOran, 
"Mon histoire commence par moi, pas par les autres"...
http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5272501
.
Yasmina Khadra
Espoir. "Le peuple peut changer les choses".
Le Parisien, 28-02-19...https://tinyurl.com/y42yrmru
Nouvelle candidature d'Abdelaziz Bouteflika :
"Cette proposition n'a pas de sens".
FranceTvInfo,3 mars 19...
Il y voit aussi une humiliation de Bouteflika autant
que du peuple algérien. Une histoire ubuesque, surréaliste… 
https://tinyurl.com/y6tjw9b7
.
Boualem Sansal 
Il oppose élan et crainte de la guerre civile (du fait du passé, décennie noire).
(Peur que le pouvoir brandit. Mais si la peur du pouvoir est cassé, comme
le note Kamel Daoud, la peur de la guerre civile sera supprimée aussi par
l’élan collectif. FigaroVox, 28-02-19… "Les jeunes exècrent le régime mais…"
Boualem Sansal est inquiet, pessimiste, 
sûr que le pouvoir ne lâchera pas. A lire sur le site
Littérature algérienne, 02-03-19…
"Le pouvoir ne tombera pas…."https://tinyurl.com/y64hhwfm
Le 1er mars 19 il faisait une analyse des pressions que le pouvoir
exerce pour se maintenir. Libération
"Il y a eu beaucoup d’arrestations préventives...".. 
 
Adn-news (Afrique du Nord), reprend un texte de Boualem Sansal paru dans Le Parisien le 3 mars 19. Pessimiste, là aussi, il compare avec scepticisme sur la suite les rapports du peuple avec le pouvoir à une série télé qui se répète…"Algérie saison 7 épisode 5"... 
................
Chroniqueurs/auteurs
Des ‘plumes'
(chroniques et autres publications,
dont livres parus ou à paraître)...
Amin Zaoui 
Scepticime par désespoir critique. C’est révélateur de l’état d’esprit d’une génération en colère.
"La démocratie est une culture, une civilisation et une vision philosophique de la vie politique individuelle et collective"...
"L'urne au temps d'urine de chameau", Liberté-Algérie, 28-02-19
"Pourquoi je ne crois pas aux urnes."… https://tinyurl.com/y3839kmg
 .
Hebib Khalil
Jeune chroniqueur du Matin, et écrivain. (L’Algérie est un pays à bons chroniqueurs… pays de « plumes »)…
Dès le début de janvier 19 il montrait ce qu’il y avait de scandaleux et inacceptable pour les Algériens dans la candidature de Bouteflika.
Citation. "L'appel de plusieurs personnalités « politiques » au président Bouteflika, 82 ans, malade et aphone depuis six ans, à briguer un nouveau mandant est un flagrant appel au meurtre, contre l'espoir de tout un peuple et d'une jeunesse désemparée."
"Jeux dangereux, le 5ème mandat de Bouteflika pourrait pousser les Algériens à la révolte !", Le Quotidien d’Oran, 03-01-19... https://www.djazairess.com/fr/lqo/5271362
 
Bel article, ci-dessous (écrit deux mois après), qui se partage entre lucidité désespérée (informée) et ouverture vers l’espoir en quelque chose qui, dans l’identité algérienne, est de l’ordre du paradoxe (ce renoncement du mektoub -c’est écrit - qui est aussi, paradoxalement, une foi dans le possible de la vie qui offre des surprises et retournements). Donc ouverture… "Ils soldent l’Algérie : le black friday d’avant l’independance day",
Le Matind'Algérie, 03-03-19… https://tinyurl.com/y3hqqnzw
 .
Tawfiq Belfadel
Une note de son blog (hébergé par Médiapart), de décembre, est un de ces avant-signes de la grande révolte qui a mis les gens dans la rue. Une analyse, à propos d’un fait, sur ce qui pour lui est une des « maladies » du pays, le rapport au corps, la conception (pudeur, interdits, etc.). Et cette note montre aussi les résistances qui peuvent freiner les avancées vers la liberté, la démocratie...
"La maladie du corps en Algérie", 18-12-18… Citation… "L’Algérie souffre atrocement de trois maladies : la maladie de l’Histoire, la maladie islamiste, et la maladie du corps. Le corps de la femme bien sûr.  Le mâle  est si  sacralisé qu’on ne parle jamais de son corps"… https://tinyurl.com/y3r6qd6x
 
Mais un article du 17 février (sur Oumma) traite de la présidentielle. Sur un mode ironique (qui n’est pas compris par certains commentateurs…). Il imagine un personnage qui se fabrique une personnalité, une biographie et des faux diplômes pour être candidat. C’est le mensonge personnifié, qui vend du vent, promet tout, et recommencera ce qui fut fait en corruption, exploitation, et utilisation de l’islam pour tromper encore plus (pour "séduire").. 
 
Et... dans Le Matin d’Algérie du 6 mars, une chronique de Tawfiq Belfadel  fait écho à mon introduction.
FEMMES… Elle est illustrée par la photographie que j’avais remarquée… Oui, c’est très juste, la place des femmes dans ce mouvement de refus est essentielle, et promesse d’espoir.
… J’apprécie moins, pour ma part, l’accent mis (là et ailleurs) sur la présence de D. Bouhired, adulée comme militante de l’indépendance (elle y risqua sa vie), mais qui choisit le terrorisme contre les civils, enfants compris. 
… MAIS pour les Algériens il y a des symboles de l’indépendance qui font sens.  Et même s’ils occultent d’autres réalités, ces symboles, c’est l’histoire, complexe (et douloureuse, passée par la mémoire d’une guerre, la conquête coloniale, et d’une autre guerre, d’indépendance). Et c’est à tous d’en intégrer les significations et paradoxes. Car l’histoire officielle a déformé ou caché beaucoup de choses, tant en Algérie qu’en France… (L’histoire et les médias). Et les différentes communautés concernées, en France notamment, aussi, n’ont pas toujours pris la mesure, réciproquement, des souffrances des autres… Être soi et l’autre change le regard… (Et le reste sera le travail des historiens). Ce qui se produit en ce moment est beau à voir, porteur d'espoir. Ce que les Algériens montrent d'eux au monde est très estimable. Admirable. Pourvu que tout continue dans cet esprit, et que la liberté soit au bout... !
"La femme et l’éveil de l’Algérie : fleurs et naufrage." ("L’Algérienne a un rôle primordial dans ces événements qualifiés d’éveil."). 
Le Matin d’Algérie, 6 mars 19… https://bit.ly/2C9SIn4
… ……………..
S’INFORMER, suite... PETIT PORTAIL de LIENS...
Le Matin d'Algérie… http://www.lematindalgerie.com
Le Quotidien d’Oran… http://www.lequotidien-oran.com
TSA actu. Tout sur l’Algérie... https://www.tsa-algerie.com
Algérie Part… https://algeriepart.com 
Toute la PRESSE ALGÉRIENNE, LIENS...  https://www.tsa-algerie.com/press/
MondAfrique/Algérie... https://mondafrique.com/tag/algerie/
Le Point Afrique, Algérie… http://afrique.lepoint.fr/pays/algerie/
Courrier international. Algérie… 
Toute la PRESSE FRANÇAISE…. https://www.journauxfrancais.net  
PRESSE INTERNATIONALE, tous pays. LEXILOGOS
(et voir « Plan du site », ressources multiples…)
 
MC San Juan

20/12/2013

Itinéraire d’une artiste : Nicole GUIRAUD, plasticienne

La valise à la mer. Objets de la mémoire, identité explosée, déchirée. 014.jpg

La liste complète de ses expos est sur le site de son galeriste, Peter Herrmann (fiche et expos depuis 2004) - voir ci-dessous, fin de note - mais je fais ici un choix très sélectif, pour présenter l’essentiel de sa démarche… Le travail avec cette galerie date des années 90 (alors à Stuttgart), avec le cycle des Vitrines, la série "Bouteilles à la mer", les collages transparents (plexiglas).  Dates clés suivantes, repères : 2004, 2009, 2012, 2013… Trois expositions sont présentes dans l’album EXPOS (2004, Berlin / 2012, Perpignan / 2013, Fdt Prinzhorn, Heidelberg : liens vers ces pages dans cette note, extraits). L’Allemagne est très présente, sa galerie étant à Berlin, et elle, vivant principalement à Francfort… L’exposition d’œuvres de la série « Archives » à Heidelberg me semble une reconnaissance particulièrement importante du sens de son parcours, l’occasion de revenir sur les traces posées pas à pas. Cette note est une première approche, suivant les pages des vignettes (pages des albums, déjà créées pour trois de ses expos, pour un film, un livre). Elle sera suivie par d’autres…   

(La valise à la mer… Installation de Nicole Guiraud. Photographie MC SJuan, 2004)

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Exposition à Berlin, 7 Mars - 30 Avril 2004, "Oran - Alger - Constantine", Berlin. Louzla Darabi, Nicole Guiraud, Samta Benyahia. Galerie Peter Herrmann : http://www.galerie-herrmann.de/arts/art2/oran_alger_constantine/index.htm  (J’avais fait le voyage à Berlin, pour cette exposition regroupant trois artistes nées en Algérie, et proposant à travers leurs œuvres un dialogue entre trois villes algériennes, comme lieux de mémoires individuelles, d’interrogations sur l’identité : croisement, dialogue entre des femmes du même pays, de communautés différentes, de vécus différents, mais en affinité native. J’avais ramené de cette rencontre des photographies et un entretien avec le galeriste, dont la démarche est née d’un amour pour le continent africain dans son ensemble, du Nord au Sud. (Petit à petit ces traces vont trouver leur place : « retour sur… », notes qui suivront…). Les œuvres de Nicole Guiraud présentées là appartenaient à la série « Le monde en bocal », mais on y voyait des œuvres qui préfiguraient le travail suivant en train de s’élaborer : l’archéologie de la mémoire : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/a-voir/1800559506.html )

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2009. « Archéologie de la mémoire » / Archäologie des Erinnerns : http://www.galerie-herrmann.com/arts/art2/2009_Guiraud/index.html

Page de Georges Festa sur l’œuvre de Nicole Guiraud. De la série « Le monde en bocal » à « Archéologie de la mémoire » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2010/10/nicole-guiraud.html (« Comment dire le démembrement, l’arrachement, au sens le plus littéral du terme ? Victime de la violence aveugle – cette guerre d’Algérie, où sombrera le message humaniste du chantre de Tipasa et de Noces -, Nicole Guiraud choisit l’Allemagne, autre terre de convulsions et d’exils où, au fil du temps, s’élabore une œuvre visionnaire, singulière. / De la série « Die Welt im Einmachglas » [Le Monde en bocal] (1975-2005) à sa récente exposition « Archäologie des Erinnerns » [Archéologie de la mémoire], une entreprise d’épuisement des formes et des mythes nous convie à interroger l’émiettement, la nostalgie, le désir d’altérité. » SUITE SUR LE SITE…)

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Premiers mois de 2012, Perpignan. Nicole Guiraud, « Survivre » : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/a-voir/1490367217.html [Dans le catalogue, plusieurs auteurs explicitent le sens profond de cette œuvre, le courage dont elle témoigne (j’en reprendrai la lecture…). Le titre, « Survivre », correspond à l’enjeu réel de la création dans l’itinéraire de cette plasticienne, qui, depuis l’enfance, toujours, dessine, sculpte, et peint. Ce n’est pas, ce titre, « Survivre », une simple formule, pas un jeu avec les thématiques générales de la vie et de la mort. C’est la question centrale que l’artiste se pose et pose à ceux qui regardent son « monde en bocal », ses créations graphiques, les peintures et montages.

Comment, quand on a (c’est son histoire) été atteinte dans son corps, au sortir de l’enfance, quand cette atteinte est irrémédiable et que chaque jour on revit son intégrité physique violemment déchirée, comment peut-on échapper au désespoir, se délivrer de la haine et de la colère, ne pas être prise par la folie ? Comment créer quand même… Justement. Nicole Guiraud crée pour tenir debout, pour que sa vocation d’artiste n’ait pas été détruite aussi par la bombe d’une terroriste, malgré la main manquante, le bras amputé. Elle crée pour témoigner, ayant fait de la lutte contre le terrorisme un axe central de sa vie. Et elle choisit le dialogue : c’est une des signataires du texte fondateur d’Algérie-Djezaïr, texte regroupant des Algériens  et des Pieds-Noirs, pour un partage de mémoire, un lien entre les communautés natives d’Algérie. L’expo de Berlin en 2004 fut un de ces signes de partage.]

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Expo décembre 2013, Nicole Guiraud à la Fondation Prinzhorn, page Trames nomades, album EXPOS : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/a-voir/171999384.html (Texte de Nicole Guiraud,courriels : « Le cycle des ARCHIVES retrace, au moyen d'assemblages d'objets, de textes et de dessins, le travail de mémoire - recherche des sources - entrepris sur trois décennies autour du thème de l'Algérie, celle de la paix, de la guerre, et pour finir de l'exil.  /// Cette oeuvre est difficile, austère, mais essentielle dans mon parcours artistique, et centrale dans mon parcours personnel. /// Le cycle des ARCHIVES  documente en grande partie le travail de mémoire sur l'identité (exil) et le vécu en Algérie (aussi l'enfance dans la guerre), entrepris pendant trois décennies  entre la France et l'Allemagne. » Présentation, à partir des précisions fournies par l’artiste, et suite de son texte, sur la page de l’album EXPOS …)

Site de la Fondation Prinzhorn : http://prinzhorn.ukl-hd.de/

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Nicole Guiraud, galerie Peter Herrmann (page de présentation et rappel des dates et titres des expositions principales : en bas de page cliquer sur les titres pour voir les œuvres correspondantes) : http://www.galerie-herrmann.de/arts/guiraud/index.htm

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Pour mémoire… Film, livre, galerie Peter Herrmann :

FILM. « Der Koffer, La valise à la mer », 1991. Mise en scène des déchirements de l’exil, des traumatismes de la mémoire et du corps. Parole de Nicole Guiraud, déchiffrant objet par objet la traversée d’une mer, la traversée du temps, fracture entre l’enfance blessée et le lent travail de construction de soi et de l’œuvre (Suite sur la page de l’album…) : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/films/2755090956.html

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LIVRE. « Algérie 1962. Journal de l’Apocalypse », éd. Atlantis, 2013 (bilingue allemand-français : Nicole Guiraud vit surtout en Allemagne, où elle a sa galerie) 

Page (Algérie 1962, Journal de l’Apocalypse) dans l’album Livres (récits, témoignages), Trames nomades : http://tramesnomades.hautetfort.com/album/romans-recits/823653163.html (Nicole GUIRAUD, plasticienne, fut victime d’un attentat terroriste l’année de ses dix ans, juste avant la rentrée scolaire, le 30 septembre 1956, au Milk Bar, café qui, comme son  nom l’indique, avait une clientèle familiale, on y amenait ses enfants. (Le Milk Bar a encore été la cible d’un attentat pendant la « décennie noire » du terrorisme islamiste. Héritage de la violence, cibles choisies pour des raisons similaires : comment faire naître le plus de terreur si ce n’est en tuant ou mutilant des enfants.). / Boualem SANSAL, le dit bien dans sa préface (« L’histoire se vit deux fois ») : ce Journal qu’écrivait Nicole Guiraud, en 1962, pour supporter ce climat de terreur, une adolescente algérienne aurait pu en écrire un de très similaire, car l’horreur a recommencé, héritière d’une violence légitimée, normalisée. SUITE sur la PAGE de L’ALBUM…)

Commentaire (lecture du Journal), sur le blog armeniantrends, de Georges Festa : http://armeniantrends.blogspot.fr/2012/12/nicole-guiraud-algerie-1962-journal-de.html (« Dimanche 30 septembre 1956, 18 heures 30 : Nicole, une fillette de dix ans se trouve, comme chaque année à la fin des vacances d’été, avec son père dans le Milk Bar, au coeur d’Alger, pour y déguster une glace, lorsqu’une bombe explose, déposée par le FLN (Front de libération nationale). Quatre personnes sont tuées et cinquante-deux autres blessées. Nicole perd son bras gauche. » (…) « Dans son journal, la jeune Nicole, âgée de quinze ans, note jour après jour les violences d’une guerre civile qui prend de plus en plus les traits d’une apocalypse » SUITE sur le SITE armeniantrends…)

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Textes de Georges FESTA inspirés par des œuvres de Nicole GUIRAUD (ces liens vers le blog de cet auteur sont dans ma liste « Poèmes », ici) : NG/GF : « Le Marabout de Sidi Moussa », prose : http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/02/nicole-guiraud-le-marabout-marabout.html  /// NG :  « Le peintre », GF : « Puisqu’ils ont voulu m’enfermer » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2011/10/nicole-guiraud-der-maler-painter.html  ///  NG « Le Couple », GF « Sables » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/12/nicole-guiraud-das-muschelpaar-couple.html  /// NG « Bouteille à la mer »,  GF « Et je m’enivrerai de mers / et de morts » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2012/12/nicole-guiraud-flaschenpost-message-in.html

 

14/04/2013

« Albert Camus, la pensée révoltée ». Philosophie magazine, hors-série

CAMUS philo.jpg

 

Nombreuses pages… Le premier homme, lu par Alain Finkielkraut, et des textes de Camus commentés par divers philosophes….

Un entretien avec Boualem Sansal, excellent, et dans lequel Martin Legros rappelle, dans un de ses questionnements, la phrase réellement prononcée par Camus sur la justice et sa mère, phrase constamment déformée, tronquée, par des gens ignorants ou intellectuellement malhonnêtes, détournant pour des raisons idéologiques ou politiques une pensée qui condamne le terrorisme. Cette phrase mérite d’être citée encore : « Si la justice prend la forme du terrorisme je choisis ma mère contre la justice. »

Déformer cette phrase (précédée par un rappel de la situation, les attentats contre les civils, qui peuvent atteindre sa mère quand elle prend un bus) c’est choisir le terrorisme, le justifier, contre toute justice, contre tout humanisme…

Il faut lire ce numéro hors-série de Philosophie magazine (avril-mai 2013), pour une approche particulière de l’œuvre de Camus, et de l’être Camus.

 

28/11/2012

« L’appel de l’intelligence », lectures et réflexion…

MODE d'EMPLOI  FESTIVAL.png

Mode d’emploi, festival, LYON. Les mots, les idées, l’intelligence... mobilisée... 

Présentation...

http://www.villagillet.net/portail/mode-demploi/presentat...

……………

En exergue à cette note qui donne lecture d’une parole sur l’intelligence (évoquant la complexité), et en écho à la rencontre introductive du festival Mode d’Emploi (dont on peut lire les interventions sur le courage) s’imposent deux citations d’Henri Michaux…

« Etant multiple, compliqué, complexe, et d’ailleurs fuyant – si tu te montres simple, tu seras un tricheur, un menteur. » (p 28)

« Lâche, tu as du courage. Mais où l’as-tu ? Tu ne le sais pas. / Il est là comme étranger à toi, tu n’as pas idée comment le mettre en fonctionnement. Sois donc plus chercheur, il est là, sot que tu es, endormi à cause de ton incurie, de ton incuriosité et parce que devant de nouveaux commencements tu te dérobes. Trouve-le donc. Trop bête de le laisser puisqu’il est en toi, en attente. Mais ne va pas le prendre là où il n’est pas, où en toi il ne tiendra jamais; il t’en cuirait. Tu n’en sortirais pas vivant. Ça ne plaisante pas, de ce côté. » (p.36)

Henri MICHAUX, Poteaux d’angle (Poésie/Gallimard).

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En conclusion de ma propre réflexion (précédée par des citations de Guy Walter), je mets une citation de Boualem SANSAL, fragment d’une réponse tiré d'un entretien avec  Arezki Metref, paru dans Le Matin en janvier 2012 (Histoire, identité, singularité d'une parole qui dérange). ………………………………………………………………………………...................................................................................... 

« Je pense que la complexité est un bien public. »

« Penser vraiment est toujours une mise en danger. »

« La pensée est toujours agonistique, le conflit d'idées est porteur d'énergie. »

« Je crois profondément en l'appel de l'intelligence. Je pense que tout le monde y répond. »

« Il y a un Eros de la pensée, un plaisir inouï à écouter des gens se parler. » (…) «… Cela crée une jubilation incroyable. »

Guy WALTER (répondant à Aude Lancelin : entretien, « L’appel de l’intelligence », Marianne, 17-11-12)

....................

Ces citations sont tirées d’un long entretien paru dans Marianne. Les passages dont elles sont extraites sont notés après le lien, ci-dessous. Les paragraphes éclairent un peu la pensée, l’article intégral (lisible sur le site) permet d’aller plus loin dans la compréhension de la démarche intellectuelle de Guy Walter, directeur de la Villa Gillet (Lyon) et organisateur de projets ambitieux. Comme ce Festival Mode d’emploi, où il propose au public d’entrer dans la « jubilation », et la profondeur, de la parole réellement dialogique (du 20 nov. au 02 déc. 2012). Exigence, complexité (accepter de prendre le temps d’entrer dans la nuance, le détail, les contradictions ou paradoxes, les questionnements). Prise de risque : secouer les pensées conformes, les paresses et les rejets partisans (quand si souvent on pense entre soi, du même au même, dans les certitudes installées). Mouvement vers l’autre dans la tension, mais pas dans l’anathème… Oser l’intelligence. (Avoir le courage d’oser l’intelligence ? Voir aussi, ci-dessous, la rencontre inaugurale de Mode d'emploi sur ce thème).

 « Guy Walter : l’appel de l’intelligence », Marianne, numéro du 17 au 23 novembre 2012, introduction et entretien, par Aude Lancelin :   http://www.marianne.net/Guy-Walter-l-appel-de-l-intelligence_a224371.html (CITATIONS (réponses de Guy Walter) : « (...) …Les philosophes ne sont plus invités à la télévision aux heures de grande écoute ou dans les radios généralistes. Pourquoi ? On prétend que ça va être trop compliqué, qu'il faut s'adapter à la capacité d'écoute des gens. C'est inouï. J'ai un credo qui me guide dans ce que je fais : je pense que la complexité est un bien public. Mon travail, ce n'est pas de rendre les choses plus simples, mais de les rendre plus complexes justement. Je suis absolument convaincu qu'il y a une ruse idéologique qui consiste à aliéner l'appétit d'intelligence, qui est pourtant évident chez tout le monde. Au fond, personne ne veut prendre le risque de faire entendre ces paroles-là, là où elles pourraient l'être. Il est vrai aussi que trop peu de médiateurs culturels et de journalistes prennent le risque de réfléchir vraiment à leur propre travail. Penser vraiment est toujours une mise en danger. » /// (…) «… (…) Préparant le programme de Mode d'emploi. Un grand nom de la sociologie a refusé catégoriquement de dialoguer avec quelque libéral que ce soit. Et j'ai essuyé d'autres refus du même genre. Pour moi, c'est une faute morale. La pensée est toujours agonistique, le conflit d'idées est porteur d'énergie, c'est ainsi, il faut l'accepter. » /// (...) « Je crois vraiment au plaisir de la pensée et à la force des assemblées. Il y a un Eros de la pensée, un plaisir inouï à écouter des gens se parler. Je garde, à cet égard, un souvenir ébloui du dialogue que nous avions organisé entre le théoricien de l'art Carlo Ginzburg et Paul Holdengräber, l'intervieweur de la New York Public Library. A la fin, le public les a ovationnés debout. Ginzburg a une telle générosité que, soudain, le public a eu le sentiment de pénétrer dans le labyrinthe de sa pensée. Evidemment, cela crée une jubilation incroyable. » /// (…)  « Je suis un mixte assez improbable : j'aime l'aristocratie de l'esprit, mais je suis un dandy démocrate. Je crois profondément en l'appel de l'intelligence. Je pense que tout le monde y répond. »)

Mode d’emploi (Festival des idées, organisé par Guy Walter). Programme et objectif : « Prendre le temps des questions, accepter la confrontation, imaginer des solutions : trouver le Mode d’emploi ». Participent des chercheurs, des écrivains, penseurs, artistes, et des citoyens : http://www.villagillet.net/fileadmin/Contenus_site/Tickets/Actualites/PROGRAMME_MODE_D__EMPLOI_light.pdf 

Le 15 novembre, une rencontre introductive interrogeait le courage (« Le courage : actualité d’une vertu ») : http://www.villagillet.net/portail/mode-demploi/details/article/le-courage-actualite-dune-vertu/  (« Rester ferme devant le danger, résister à l’oppression, affronter la souffrance ou la peur, surmonter la fatigue ou la paresse, trouver la force d’être soi-même... Toutes ces choses en nécessitent une autre : le courage. Désigné comme « première des qualités humaines car elle garantit toutes les autres » par Aristote, le courage est presque toujours perçu positivement. C’est lui qui permet de faire le saut, de se lancer, de commencer. Lui qui permet, chez Jankélévitch de réaliser les autres vertus : « Sincérité, justice ou modestie, elles commencent toutes par ce seuil de la décision inaugurale. » / Mais le courage n’est-il pas une valeur plus ambiguë que cela ? Est-il réservé aux héros ? Est-il nécessairement utilisé au service de la morale ? Le fanatique, le kamikaze, le terroriste, ne font-ils pas eux aussi preuve de courage ? Peut-on dire, avec Voltaire, qu’il n’est pas une vertu, mais « une qualité commune aux scélérats et aux grands hommes » ? ») 

Sur le site villagillet.net, les textes des intervenants sont disponibles : Kwame Anthony Appiah  (USA. Travaux sur le cosmopolitisme, l’ethnicité et l’identité/Le Code d’honneur), Caroline Fourest  (ProChoix/ Laïcité, Droits de l’homme/ Courage),  Pierre Zaoui  (Philosophie. Recherches sur Spinoza et Deleuze).……………………………………………………………………………………………………………………………………………

En tant que citoyen(ne)s nous sommes constamment devant ce choix de l’acceptation de la complexité, qui, pour être vécue dans la pensée, demande du temps, de la présence, une lutte contre les fatigues de la paresse, des questionnements permanents, beaucoup de lecture, beaucoup de doute, de patience (avec soi-même…). Complexité qui exige un travail intérieur - regard  sur le regard qu’on porte sur les êtres, les choses  et les faits; qui exige du silence, des périodes de retrait et d’autres de parole, d’écriture. Mais quand la complexité opère, l’autre choix à faire est celui du courage, car aucun dogme ne pourra nous récupérer (et en cela d’autres verront facilement dogme inverse au leur…). Courage qui est évident quand la pensée s’affirme contre des oppressions dans des contextes dictatoriaux, ou quand il faut lutter contre les extrémismes – y compris ceux qui s’expriment dans les marges (ou les failles) de nos démocraties. Mais courage, aussi, quand la pensée crée un espace de désaccord dans un lieu de partage, par refus de toute globalité simplificatrice. De cet espace il faut protéger les frontières, contre les autres et contre soi-même, contre la tentation du refuge dans l’appartenance. Nous sommes enrichis par (et à la fois empêtrés dans) des réseaux de liens, intimes et plus lointains. Nous sommes faits singuliers,  d’une communauté humaine, forcément (un corps né quelque part, nommé, un esprit nourri de croyances ou d’incroyances). Mais nous sommes aussi faits multiples, par le hasard des rencontres, du métier, des goûts, du lieu de vie, et même des voyages (immobiles ou errants) : nos diverses communautés humaines. Déchirés, si l’espace de liberté est douleur de la séparation, s’il se mêle à la peur de « déranger ». Paisibles, au contraire, s’il n’est que la conscience de la cohérence intérieure, d’une force qui sait que penser ne peut se faire sans déranger : d’abord soi-même.

« Le premier réflexe de toute communauté est de rejeter celui qui vient lui dire des choses qui la dérangent dans ses certitudes ou dans son sommeil. » (« Boualem Sansal : “L’histoire de l’Algérie a toujours été écrite par les autres“ », entretien avec Arezki Metref, Le Matin, 19-01-2012, lematindz.net :  http://www.lematindz.net/news/7072-boualem-sansal-lhistoire-de-lalgerie-a-toujours-ete-ecrite-par-les-autres.html  )

21/01/2012

Boualem Sansal. Entretien avec Arezki Metref (le Soir d’Algérie) : citations

« Le premier réflexe de toute communauté est de rejeter celui qui vient lui dire des choses qui la dérangent dans ses certitudes ou dans son sommeil. »

 (Réponse de Boualem Sansal à la question d’Arezki Metref sur « la collision de son œuvre avec le dogme », et l’hostilité de ceux qui en sont les gardiens.)

Mais voici une autre citation,  qui donne son titre à la page : « L’Histoire de l’Algérie a toujours été, depuis l’Antiquité, écrite par les autres, les Romains, les Byzantins, les Vandales, les Arabes, les Turcs, les Espagnols, les Français, et tous nous ont traités dans leur Histoire comme si nous n’existions pas, comme si nous étions une race disparue ou vouée à la disparition, ou au mieux comme si nous étions une partie congrue d’eux, des bâtards. Et lorsque, enfin, nous sommes maîtres de notre destin, donc en mesure d’entrer dans notre Histoire et de la poursuivre, des gens, nos chefs autoproclamés, incultes et complexés, ont décidé de nous inscrire dans une Histoire qui n’est pas la nôtre, ils font comme s’ils avaient honte de notre identité, de notre histoire, comme si nous étions réellement des bâtards. »

Cet entretien complète tout à fait la réflexion entamée dans des notes précédentes, d’où l’importance que je lui accorde. Il faut que nous ayons le courage de déranger : la vérité des faits s’impose avec le temps, comme la complexité de la réalité fait éclater les certitudes simplificatrices...

Lecture intégrale de l’article, sur lematindz.net, 19-01-2012, « L’histoire de l’Algérie a toujours été écrite par les autres ». : http://www.lematindz.net/news/7072-boualem-sansal-lhistoire-de-lalgerie-a-toujours-ete-ecrite-par-les-autres.html