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22/05/2020

Publication. Ombres géométriques frôlées par le vent (photographies et textes), éds. Unicité

 
1.OMBRES.jpgFaire signe non pas vers une image déjà visible, mais vers ce non-visible qui peu à peu se trame aux lisières du visible.
Jacques Ancet, Portrait d’une ombre
 
Du flou. Du vague. Du frissonnant. De l’indécis. As-tu besoin de clarté ? Que ferais-tu du clair, du distinct ? 
Gilbert Lascault, Sans s’abolir pourtant
 
Indatable regard.
Mémoire d'horizon.
Edmond Jabès, Désir d'un commencement, Angoisse d'une seule fin
 
..........................
La genèse de ce livre est une longue histoire. 
Comme celle des textes que j’ai écrits précisément pour ce livre-là (et qui comptent autant pour moi que les photographies, sources de tout, elles, cependant).
 
Une série de hasards, de synchronicités, dans la succession de mes saisons mentales. 
Cela commence par la rencontre d’une artiste intéressée par mes photographies d’ombres, lors d’un salon d’automne, je crois. (Je vois encore le soleil doux sur des livres et des visages, et les feuilles rousses d’un jardin intérieur, au centre de Paris).

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18/05/2020

POÉSIE. Un recueil de Silvaine ARABO... Arcanes majeurs (sommet abouti)

2 Arabo.jpgSeconde lecture…
 
Arcanes majeurs, éd. Alcyone, 2018
 
La poésie est une mathématique mystique et voluptueuse du feu.
Carl Sandburg, Aphorismes (trad. de l’anglais américain par Alain Bosquet)
Cette définition de la poésie me paraît l’idéale entrée pour la recension d’un livre où le dragon mythique a son blason, et la poésie, par lui, son feu affirmé...
 
Dans le Tarot  de Marseille les vingt-deux arcanes sont des cartes qui représentent des réalités archétypales, personnages ou processus ou parts de l’univers (lune, soleil). Elles renvoient à des réalités intérieures de la psyché, et à des étapes dans un chemin initiatique. Riches de symbolisme, fortes d’une dynamique énergétique, c’est un univers infiniment commenté, dont les figures stylisées offrent un miroir à qui veut s’y interroger. 
Mais Silvaine Arabo a créé son propre référentiel d’arcanes (que la plasticienne Claudine Goux a mis en images).
Ici il n’y a pas vingt-deux arcanes mais quinze. Peu de personnages, trois - le roi, la reine (la mère), le mage. Un animal (l’oiseau). Tous les autres sont des éléments de la nature (vents, forêt, ozone…). C’est un tarot chamanique, commençant et finissant par un Chant.

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17/05/2020

POÉSIE. Un recueil de Silvaine ARABO... Au fil du labyrinthe (pour commencer)

1 Arabo.jpgDe  Au Fil du labyrinthe aux Arcanes majeurs, en passant par les Marines résiliences, ce sont deux livres et trois chemins intérieurs tracés par Silvaine Arabo. Et de l’un à l’autre un itinéraire secret se dévoile, autant à celle qui écrit qu’au lecteur. Car ce sont les mots qui mettent au jour ce qui se déroulait en partie inconsciemment. Mais quand je note "inconsciemment", je pense, bien sûr, d’abord, à l’inconscient individuel qui agit en nous, épurant nos émotions, et créant notre identité en nous affrontant à nos douleurs et à nos ombres. Mais aussi à deux autres réalités de ce qu’on nomme "inconscient". Individuel, encore, ce non-su de notre centre le plus haut, ce Soi qui guide et cache sa connaissance, jusqu’à ce que des signes et synchronicités tressent un langage qu’on entend. Et, tel que Jung l’a explicité, autre inconscient, la part collective de nos imaginaires, mythes et savoirs. Le parcours personnel, dans sa réalité la plus noble, est une initiation qui, petit à petit, connecte ces trois espaces et crée une résonance qui va faire sens. Alors le "Je" sait qui il est. C’est à lire cela que Silvaine Arabo invite dans ces livres. Et c’est certainement parce qu’elle pressentait en avoir les clés qu’elle a décidé, des décennies après les avoir écrits, de porter à un éditeur des textes si anciens. Ainsi, ont paru, à un an d’intervalle, deux recueils  séparés par cinquante années.
(La photographie de couverture est de Silvaine Arabo)

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13/05/2020

Lire ERRI DE LUCA. "Europe mes mises à feu", "Le samedi de la terre", et les poèmes...

1. EUROPE De Luca.jpgLes cendres du froid sont dans le feu qui chante le refus.
René Char
Feuillets d’Hypnos (recueil dédicacé à Albert Camus)
 
Voici notre vie pétrie sans levain,
du pain envoyé sur les visages des eaux.
Erri De Luca
Aller simple, 2002, Seghers, bilingue (trad. Danièle Valin, parution du recueil en même temps en Italie)
 
L’univers était liquide, il fut divisé en deux,
un dessus et un dessous d’eaux,
avec le firmament au milieu.
Erri De Luca
Œuvre sur l’eau, 2012, Gallimard, bilingue (trad. Danièle Valin, recueil paru en 2005 en Italie)

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12/05/2020

POÉSIE. Saraswati 10, parcours de citations...

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Je commence par les citations hors textes, choix de l’édition qui dit une orientation (éthique, esthétique, philosophique, spirituelle). Ces phrases d’auteurs sont des signes posés entre les différentes parties (les onze chapitres des réponses aux questions), séparées aussi par des poèmes. C’est un peu une discrète réponse indirecte aux questions par l’éditrice, Silvaine Arabo. J’en retiens ce à quoi j’adhère plus (parfois je ne copie qu’un fragment d’une citation plus longue…).
Je remets les couvertures d’autres numéros de la revue, en lien visuel entre ces deux notes.

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10/05/2020

POÉSIE. Saraswati, retour sur une revue de 2009 (une somme...)

2 Saraswati.jpg"Le travail mené par Silvaine Arabo est de passion et de don de soi. Il est totalement voué au Poème, à travers tout ce que ce mot contient de capacité constructive. Par le Poème, Silvaine Arabo, ancienne directrice de feu les éditions de l'Atlantique, qui éditèrent par exemple Michel Host ou les traductions de Claude Mourthé, entend la peinture, la sculpture, les poèmes, mais aussi les animaux et tout ce que la vie contient de palpitation et de sacré."
Gwen Garnier-Duguy, Recours au poème, 07-09-2014 (début d'une chronique sur le numéro 13 de la revue Saraswati).
J’ai choisi cette citation en exergue, car elle me semble traduire précisément la démarche de l’éditrice (et poète)... https://www.recoursaupoeme.fr/saraswati-revue-de-poesie-d...

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06/05/2020

Le temps du sable...

sable,char,rimbaud,camus,unamuno,photographie,temps,trace,marie-claude san juanC'est de ressemblance que vit le sable ; c'est de son vide diapré qu'il meurt.

Edmond Jabès, Le petit livre de la subversion hors de soupçon

 

Sable, sables… Je rêve de sable. Marcher pieds nus sur la plage, marcher longtemps, jusqu’à atteindre un autre lieu, s’arrêter et méditer devant la mer, Méditerranée évidemment. J’ai des tas de souvenirs de sable, celui des plages, celui du désert, celui d’un vent de sable, enfance, celui d’un livre magnifique ("La femme des sables", d’Abe Kôbô), celui (ceux) de René Char préfaçant Rimbaud, pour dire le parti du poète qui "empêche les sables mortels de s’épandre sur l’aire de notre coeur". (Et c’est d’actualité, à condition que le poète de 2020, en temps d’épidémie, ne soit pas enfermé dans une contemplation fascinée, regard porté sur ses propres textes et son auto-promotion lassante, avec le poème du jour, qui n'a pas subi l'épreuve du tiroir - mais, c'est autre chose, j'apprécie d'avoir des informations sur les publications abouties). 

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26/11/2019

Une heure de jour en moins, poèmes de Jim Harrison

1 JIM.jpgJe relis le recueil de poèmes de Jim Harrison. 
Le lisant j'ai un peu l'impression de vivre
ce qu'il dit, lui, de sa lecture de Su Tung p'o.
Il lit un auteur mort et lui parle comme
il parlerait à son père. Je lis Jim Harrison
et je dialogue avec un ami mort (en 2016),
jamais rencontré. Il fait le récit de souvenirs
et de moments présents, il confie des
pensées intimes, des peurs et des joies.
La nature est omniprésente, paisible ou
très sauvage. Les animaux, chiens, oiseaux
(beaucoup...), ours, serpents... Des êtres
rencontrés, des humbles, des auteurs.
Il parle du zen, avec un regard ironique
sur lui-même et de l'estime et tendresse
pour des maîtres rencontrés.
Et, de page en page, des aphorismes
profonds sont insérés dans le fil de sa parole.
Sa femme est évoquée, discrètement (ainsi par la pensée qu'après
tant de nuits ensemble l'un des deux partira le premier, et par
quelques anecdotes).
Il parle de la vieillesse, de la mort, de la tristesse d'avoir l'impression de ne plus
reconnaître son pays, et de la vie, simplement. Je pourrais beaucoup citer.
Je choisis un fragment : "Finis le vin dans ce champ aéré, retourne au cimetière
dans l'obscurité et tresse entre les pierres la danse lente de ton nom seulement
visible des oiseaux."
https://www.jailu.com/Catalogue/litterature-etrangere/une...

25/11/2019

Tao-tö king. À lire et relire...

1 TAO .jpgCitations... 
" Tout être porte sur son dos l'obscurité et serre 
dans ses bras la lumière." "Seul le rien s'insère dans ce qui n'a pas de failles.
À quoi je reconnais l'efficace du non-agir." "Le Tao caché n'a pas de nom. Et pourtant c'est lui
seul qui soutient et parachève tous les êtres."
Lao-Tseu
Absolu sommet. Le taoïsme essentiel. L'écriture nue
qui ne se perd jamais en dispersions inutiles. J'en ai
deux volumes. Relus et relus. Celui de la collection
Idées de Gallimard, poche. (Deux cent pages, dont
une cinquantaine pour la préface d'Étiemble). Et
celui des Mille-Et-Une-Nuits. Bilingue, pour 4 euros
environ. Avec 55 notes et une brève postface de
Catherine Despeux.
Deux traductions différentes.
Celle de Liou Kia-Hway pour Idées/Gallimard
et celle de Stanislas Julien pour Mille-Et-Une-Nuits. "Livre de la Voie et de la Vertu"... Trace d'un sage méditant passé de l'autre côté du miroir de la conscience.
Ne pas prendre le mot "vertu" au sens qu'aimeraient les pudibonds.
Ni la "voie" comme un chemin figé. Bien au contraire.

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-S...

08/11/2019

Voix, d'Antonio Porchia, encore...

1 VOIX.jpgC'est cet ouvrage que j'ai d'abord lu en découvrant Antonio Porchia, ses "Voix". Fragments de sagesse, aphorismes-poèmes, "haut langage" au sens de Jean Cohen. Depuis j'ai récupéré d'autres éditions, plus complètes ou intégrales. Mais c'est ce livre qui reste ma référence préférée (le premier, de 1979, postérieur cependant à des fragments publiés par Guy Lévis Mano). Même si j'accorde de l'importance à d'autres, comme la publication bilingue chez erès, la source à lire en espagnol... Voix... En très peu de lignes une sagesse qui vient d'une sorte de méditation permanente dans le simple quotidien. Un constant exercice de lucidité, aussi. À lire et relire infiniment.

"Je n'ai trouvé qu'en Antonio Porchia une aussi haute coïncidence entre la sagesse de la vie et la sagesse du langage."
Roberto Juarroz (extrait de la 4ème de couverture).
 
Citations...
 
Avant de parcourir mon chemin, j'étais mon chemin.
.
Quand je crois que la pierre est pierre, que le nuage est nuage, je suis en état d'inconscience.
.
Ce que je sais je le supporte avec ce que je ne sais pas.
.
Maintenant que mes idées embrassent avec mes yeux, mes bras sont sans objet.
.
Ce qui est hors de moi est une imitation mal faite de ce qui est en moi.
 

21/07/2019

Des "Cafés noirs" à Luis Ocaña, un parcours d'écrivain...

 
On s’en tient à ce qui s’envole : une feuille, un oiseau, un peu d’encre, une pensée.
 
Puis des ailes.
Hervé Bougel, Petites fadaises à la fenêtre

Retour sur quelques livres. Le parcours d’écriture (non exhaustif) d’Hervé Bougel. C’est le moment d’y revenir, maintenant que l’auteur-éditeur a décidé d’arrêter l’édition, après une vingtaine d’années intenses, où il a mené de front son œuvre personnelle, sa vie professionnelle, et l’édition. Il va se consacrer totalement à son écriture.

Publication de livres, dès 1995 (suivant la bibliographie).
Je vais directement plus loin…
 
hervé bougel,cafés noirs,petites fadaises à la fenêtre,les pommarins,osram osram,travails,tombeau pour luis ocaña,poésieCafés noirs, Les Carnets du Dessert de Lune, 2002. Avec des illustrations de Sophie Jolivet.
Au début un poème-préface de Jean-Pierre Chambon, qui présente l’auteur, en familier complice. 
Une vingtaine de textes, proses. Rencontres au hasard des cafés, ou d’un buffet de gare. Portraits de personnages rocambolesques et cinglantes dénonciations de comportements racistes. Des récits de faits divers, presque des scènes de théâtre. Et des souvenirs, comme la grenadine d’enfance.
 
hervé bougel,cafés noirs,petites fadaises à la fenêtre,les pommarins,osram osram,travails,tombeau pour luis ocaña,poésiePetites fadaises à la fenêtre, La Chambre d’échos, 2004.
Un livre qui se relit de bout en bout, ou au hasard des pages. Comme on le fait pour un recueil de poèmes. 
En exergue, Georges Perros (« Prendre l’air / était son métier »). Et tout le long du livre des citations, en italique (références à la fin), une vingtaine.
C’est un journal de regard. Notations brèves, jour après jour, et livre structuré en suivant les quatre saisons, 365 jours… L’auteur, à sa fenêtre (comme le dit le titre) observe, contemple, et note. Parfois avec tendresse, parfois avec une distance ironique. Scènes de tous les jours, une vie de quartier, une rue qui ressemble à d’autres. Scènes universelles du quotidien, des passants, n’importe où. Notations en prose qui sont des fragments poétiques ou souvent une ligne se détache, comme un vers unique, poème minimal lui-même dans un poème-fragment. Mais aussi notes qui sont des poèmes de deux ou trois vers libres. Des pensées qui viennent du regard et s’en échappent. Il rêve aussi, et laisse l’imagination transformer des klaxons en cris d’oiseaux. Mais toujours, exercice de lucidité. Acuité d’esprit, et humour qui trouve les flèches, même en citant Prévert (« Ceux qui sont chauves à l’intérieur de la tête »). Parfois il dialogue avec l’auteur cité. Ainsi, le 16 décembre, sa phrase, une ligne, est entre deux citations de Jacques Bertin
 
hervé bougel,cafés noirs,petites fadaises à la fenêtre,les pommarins,osram osram,travails,tombeau pour luis ocaña,poésieLes Pommarins, Les Carnets du Dessert de Lune, 2008. Préface de Roland Tixier, illustrations d’Hubert Daronnat
La réalité de l’entreprise, brute, brutale, cruelle. L’usine du travail qui écrase, mais lieu, aussi, d’humanité : des visages, la société, telle quelle. Lui écrit, se souvenant de tout, sans illusions, sans acceptation, sans complaisance. Il dit la fatigue du corps et de l’esprit, les destins qui se perdent là. Et comme le dit Roland Tixier : «  Il nous prend à témoin avec des mots dont la force fait dire : c’est ainsi, c’est vrai. » 
 
Osram, Osram. Atelier du Hanneton, 2009.
Seize poèmes denses, qui privilégient le quatrain. Variations sur la lumière, le regard, le corps, sous l'univers des ampoules et des néons. La réalité peinte, et une métaphore du réel. Ce qui est montré, ce qui est ressenti, sans masques.
 
Travails, Les Carnets du dessert de Lune, 2013.
Quatrième de couverture de Christian Degoutte
Longs poèmes verticaux de trois ou quatre pages. Vers courts. Une autobiographie qui mêle des souvenirs divers, le travail justement. Des lieux, des gens, des faits. Fragments de vie, détails, charge de mémoire. 
 
hervé bougel,cafés noirs,petites fadaises à la fenêtre,les pommarins,osram osram,travails,tombeau pour luis ocaña,poésieTombeau pour Luis Ocaña, La Table ronde, 2014. 
Dans cet ouvrage 71 textes, proses, où le Je désigne Luis Ocaña. L’auteur entre dans la mémoire et les jours du coureur cycliste espagnol qui immigra en France. Il parle à sa place, comme pénétré par sa rage, ses douleurs, l’injustice d’un  destin brisé, et la conscience de ce qui menait peut-être à cela. Le premier texte est celui du suicide, mai 1994. Et comme une litanie cela revient, parce que c’est le moment d’un aboutissement triste, et c’est, dans le livre, le point de départ de l’entreprise de dévoilement du mystère Ocaña. Le dernier, le 71, est celui de la chute sur le Tour de France  en juillet 1971, qui le fit perdre. Les chiffres sont une clé, car on comprend ainsi que 1971 est une sorte de naissance du drame, et la sienne dans le drame. Et même si en 1973 il fut vainqueur, le point de vue qui est pris ici met l’accent sur cette tragédie. De cette chute à la mort, comme une boucle de destin. Une tragédie qui se poursuit avec des accidents, la catastrophe qui anéantit sa plantation, son refuge après la fin de sa carrière, et la maladie. On découvre comment la passion du vélo lui est venue, tôt. On pénètre dans le secret de ses doutes, regrets, et rêves. On vit ses douleurs physiques. Et on va de page en page d’un poème (en prose) à un autre. 
 Comme si on avait sous les yeux une tragédie en 71 stances. Et l’archéologie d’une passion dévorante, l’histoire d’un « forcené ». Des mots, les siens, en espagnol, inscrivent cette histoire particulière dans l’univers « del sentimiento trágico de la vida » d’Unamuno. Et interrogent. Quelle est la source de telles passons ? Lui répondit à un journaliste que rien n’avait été plus fort que sa vie de coureur. Le sens d’une vie. Malgré les ratages la force d’une puissance incarnée, pour être. En face de la mort. 
 
MC San Juan
Ce parcours sera complété... 
Hervé BOUGEL. Bio-Biblio, M-E-L (qui devra être actualisée)... http://www.m-e-l.fr/,ec,1156

18/07/2019

"Énigmes du seuil". Ou "prendre place dans une part d'infini"...

      rio di maria,l’arbre à paroles,poésie,citations,infini,métaphysique,le capital des mots,patrick lowie,portrait onirique,énigmes du seuilje dessine mon ombre 
     à l’encre de mon corps
chargé de pages d’incertitudes
     à incendier le futur
                    Rio Di Maria
         Énigmes du seuil, L’Arbre à paroles, 2018
(Dans ses dessins, nombreux, un théâtre magique, quelque chose qui fait penser au métissage culturel du continent sud-américain, une hispanité indienne. Mais il vit depuis presque toujours en Belgique, et ses origines sont italiennes, de Sicile. J’ai trouvé, pourtant, une parenté, dans ces dessins, avec la psychomagie d’Alejandro Jodorowsky, éblouissant artiste franco-chilien).  
 
L’épitaphe est une dédicace offerte à ses proches, en forme de message sur la conscience d’être. « Nous ne serons jamais que poèmes inachevés ». C’est très beau. Poèmes inachevés, au pluriel, mais aussi au singulier, donc lui. Éthique de vie. Se construire comme une œuvre d’art en inachèvement perpétuel, comme un corps-conscience imprégné de mots en gestation. « Que » poèmes… Mais écrire cela n’est pas réducteur, c’est mettre l’accent sur la nécessité de savoir ce qui en nous doit se vivre comme présence en devenir. Mise en garde. Ne pas se laisser perdre au mirage, social ou autre, d’une réalisation dont il faudrait se contenter. Et plus loin dans le recueil il écrit que « La vie s’accomplit en multiples métamorphoses. » 
 
Le poème qui donne son titre au recueil de Rio Di Maria, Énigmes du seuil, superbe, est très mystérieux. De quoi proposer de nombreuses interprétations possibles. J’y lis une interrogation métaphysique. Qu’y a-t-il à la source originelle de tout, dans « l’antarctique du premier langage » ? N’est-ce que « grand sommeil », « néant » ? Et la « maison vide » invoquée, est-ce l’univers sans l’évidence d’un Dieu qui réponde ? Le seuil est-il passage vers l’absence de tout sens ? Ou porte à ouvrir en nous pour accéder à ce premier langage et le déchiffrer ? « Énigmes ». Donc possibles sens offerts. Savoir qu’on ne sait pas et chercher. Savoir qu’on peut saisir des parts de signification. Il semble que tout le livre soit une tentative de déchiffrement de l’énigme plurielle d’un seuil métaphysique, porte ouvrant autant en soi qu’au-dehors. De ce monde intérieur et extérieur (et de la connexion entre les deux) les oiseaux seraient les alchimistes. « Comment dire l’explosion de prévisions des oiseaux ? » 
 
La clé serait la capacité « d’être ailleurs ». Mais quel est cet ailleurs ? Cela veut-il signifier la difficulté de se libérer de soi-même, du moi apparent qui n’est pas l’âme haute, du corps prisonnier de la matière ? Ou est-ce dire la nécessité de savoir être les autres, en empathie avec l’étranger pareil à soi, mais qui se situe dans un « ailleurs » à traduire ? L’autre espace est-il « un pays d’oracles fantômes », un « pays déchiré ». Ou au contraire un lointain qui s’en échappe ? Car il évoque de texte en texte un monde de « hurlements », dans des « orages de neige », un monde entre violence et beauté, le réel mêlé à un univers de « songes ». Comme si affronter la cassure entre le réel et ses ombres, d’un côté, et un rêve de lumière, de l’autre, était l’enjeu de l’écriture.  
 
Alors, pour le réussir, vivre d’abord en soi la genèse du processus en œuvre. « Chaque jour / faire table rase de tout et renaître autre ». Il faut se délivrer des mémoires qui encombrent, pour arriver neuf à la page. Et se délivrer aussi des silences qui ne sont pas encore l’accès au silence fondateur d’écriture. « Oublier le passé / et ses rubis de silence ». Le poète, homme, cherche en lui, par l’oubli, l’éclosion de la part féminine qui se posera dans le « Contre à la mort ». Présence du réel du monde autant que des paraboles de l’imaginaire. Il parle de « Devenir / celui qui oscille dans l’urgente image / floue et inguérissable ». Osciller. Assumer l’aller-retour entre des réels qui s’opposent, et les dire. Car « il fait noir », dans ce réel, par « l’ombre guerrière ». Parce que dans vivre et écrire, d’un côté il y a le mot « guerre », synthèse de tout, et de l’autre le mot « infini ». Car le « Je » du poète, qui se parle à lui-même, est « À l’écoute / derrière la porte des doutes », s’imprégnant des « sanglots des comètes ». Comme si l'univers se pensait à travers lui, souffrant de l’état du monde. Dimension cosmique de l’humain, présente dans tout le livre. Les messagers en sont le soleil, les oiseaux, les galaxies. Pour un dialogue avec le « silence de l’immensité ». Énigmes, mais présence. Malgré l’incertitude.
 
Et « Basta ! ». Le cri est assumé, contre ce qui anéantit, met l’humain sous tutelle. Mais il envoie sa « lettre-bouteille à la mer-éternité ». Et... « l’accident c’est survivre », dit un poème dédié à Bernard Noël. Paradoxe. On écrit face à la mort, de soi, des autres. Et face à un « labyrinthe intérieur ». Celui de soi, de l’autre, cet « apatride » intime autant qu’errant étranger. Métaphore des exils terrestres et des exils de l'être, « la mer émigre en sa préface »… Il mentionne au moins deux fois la « terreur » de notre nature éphémère. Et pourtant, derniers vers du dernier poème, magnifique fin ouverte à l’espoir… On a la réponse métaphysique…
«  … l’impalpable cosmos
 Dans une goutte d’eau intemporelle
toutes ses créations finissent par devenir UN ». 
Rio Di Maria, Énigmes du seuil, page 148
 
MC San Juan
 
PAGE de la Maison de la Poésie d’Amay, Belgique. Énigmes du seuil…  
 
CARTE D'IDENTITÉ LITTÉRAIRE. Sa page sur Le Capital des mots, revue de poésie...
 
Portrait onirique, par Patrick Lowie (plus un lien)... 

17/07/2019

"L'homme qui entendait des voix", et qui est, lui, une voix qui compte...

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aux yeux gantés de soleil
comme des pierres
rêvant d’absolu
                      Éric Dubois  
Blocs, poème / L’homme qui entendait des voix, éds. Unicité, 2019 (Récit autobiographique, finement préfacé par Laurence Bouvet - poète et psychologue. Portrait de couverture par Jacques Cauda)
 
C’est avec l’oeil du dedans que je te regarde, ô Pape au sommet du dedans. C’est du dedans que je te ressemble, moi, poussée, idée, lèvre, lévitation, rêve, cri, renonciation à l’idée, suspendu entre toutes les formes, et n’espérant plus que le vent.
                            Antonin Artaud
Adresse au Dalaï-Lama (Textes de la période surréaliste)
 L’Ombilic des Limbes et autres textes, Poésie/Gallimard
 
Des voix disaient : «  Univers est dans la nuit ! » 
                     Gérard de Nerval     
            Aurélia, Mille-Et-Une-Nuits (p.34)
Pourquoi, me dis-je, ne point enfin forcer ces portes mystiques, armé de toute ma volonté, et dominer mes sensations au lieu de les subir ?
                                      Aurélia (p. 97)
 
Il faut se battre contre le mur du silence.
                    Yannick Noah
'Yannick Noah veut briser le tabou des maladies mentales’ (Entretien exclusif, Le Parisien, 9 juin 2019)
 
En  France, 12 millions de personnes souffrent d’une maladie mentale, soit une sur cinq.
Marion Leboyer, psychiatre, Le Parisien, même page
 
Il faut du courage pour chacun de nous, pour mettre hors de l’intime les vécus de l’intime, quand il semble que cela soit nécessaire. Il faut un courage plus grand encore quand ces vécus sont, dans le contexte de notre vie sociale, culturelle, des réalités qu’on occulte pour ne pas affronter les peurs qu’elles provoquent. On se protège contre le risque de voir affleurer à la conscience éveillée les gouffres de l’inconscient, et, les rencontrant dans des récits, en général on hésite entre fascination et terreur.
 
Ce courage, un poète l’a eu. Éric Dubois. Il n’est pas le premier auteur à mettre des mots sur ce qu’on appelle folie. On a lu Nerval, Artaud, et d’autres, et leur grandeur est inséparable de la part délirante et nocturne. Peut-être même, paradoxalement, en émane-t-elle aussi. 
 
Plus rare est ce qu’on trouve dans ce livre. Une analyse du processus qui mena l’auteur à des périodes de démence, avec délires, angoisses, et actes manqués. Il tente, et réussit, une chirurgie mentale, psychologique, psychanalytique. Et c’est cohérent avec son choix de vie. Il a affronté les crises, accepté les diagnostics et les soins, suivi une thérapie, pour mettre des mots dans un dialogue qui continue à sauver. 
 
Quelle cause, ou causes, dans ce qui a déterminé la bascule irrationnelle dans une sorte de délire mystique ? On ne saura pas vraiment (pas plus que lui ne le sait) s’il y avait vraiment, peut-être, une fragilité originelle. (Toutes les fragilités ne font pas basculer).
Au départ, un enfant choyé, puis un adolescent qui ressemble à beaucoup d’autres (timide, mal dans sa peau, attiré par les filles et s’y prenant mal). Mais cette timidité, ce malaise, cela va devenir, dans le contexte du travail salarié, pour le jeune adulte, prétexte à être victime de ce qu’on sait maintenant nommer : harcèlement. Il rencontre, dans l’entreprise, de faux amis et de vrais bourreaux. Injonctions contradictoires, pressions, moqueries. Il faut s’amuser entre amis et accepter d’être la proie de la bêtise cruelle. Pour un timide qui ne s’est pas encore trouvé réagir est difficile. En parler, impossible. 
Aurait-il basculé sans la cruauté de ces criminels psychiques, cruauté qui participe aux atteintes qui rendent fou ? Pas sûr. Mais laissons, car il n’est plus temps, pour lui, d’avoir à régler d’autres comptes avec eux, ce serait stérile retour en arrière. Son livre dénonce, dit les faits, et c’est déjà très important.
 
Mais il y a l’aspect mystique. Bien sûr on peut n’y voir que du délire. Cependant je ne peux m’empêcher de penser à des lectures d’autres témoignages qui n’ont rien de psychiatrique. Des autobiographies de mystiques, justement, parlant du processus d’éveil qu’ils ont vécu, et comment ils ont frôlé parfois la folie. La rencontre entre la conscience ordinaire et l’approche d’une perception autre, d’un autre savoir, celui du « Soi » qui n’est pas ce « moi » de tous les jours, pas ce mental de la rationalité ordinaire. Peut-être a-t-il été confronté à cela aussi, par moments, sans avoir les outils, alors, pour le mesurer et prendre distance. Pris dans le déchirement entre la conscience de celui qui vit des épreuves sociales et de celui qui aspire à retrouver en lui une mémoire d’âme et la confond avec des mirages, où voix et voix se mêlent. Depuis il s’est débarrassé de l’attrait pour des dogmes, et a une conception spirituelle qui permet la liberté, en raison : « J’ai l’idée non pas d’un Dieu humain, anthropomorphe, mais d’une force cosmique, d’un principe universel au-delà de l’entendement. » 
 
Au bout du compte, s’il pense que l’écriture l’a sauvé, il sait entendre que ce ne fut pas qu’elle, mais la médecine, la thérapie et des proches aimants. Et finalement il a réussi à retrouver les rails d’une rationalité qui permet de s’inscrire dans le temps de tous. Il a su puiser en lui de quoi faire œuvre, ce qui suffit à donner le sens d’une vie. Faire œuvre, et aider les autres à exister avec leurs écrits. Double défi. Réussi. Et continuer l’écriture qui « prouve », témoignant pour lui et pour les autres, avec sa poésie : « Je suis un écrivain parce que maintenant j’ai tant à démontrer, à dire que je ne suis plus cette ombre du passé, ce fantôme de jeune homme tantôt discret et introverti, tantôt agaçant, volubile et extraverti. »  
 
Cet ouvrage, très en marge de sa poésie, est un cadeau qu’il fait à tous ceux qui vivent une détresse psychiatrique, sont marqués du sceau d’un diagnostic, qu’ils peuvent vivre comme infamant, ou qui peut conduire leur famille à les rejeter. Vies entre hôpital et errance, vies solitaires. Ce cadeau il le fait à tous, car les proches de ces errants de la raison sont concernés. Au-delà c’est un message essentiel lancé comme une bouteille à la mer, à la société. Attention aux comportements qui tuent psychiquement. Attention au silence indifférent. Et aux questions existentielles. Que faisons-nous de la folie des autres ? Comment répondons-nous au défi d’être (corps ET âme) pour donner sens et témoigner du sens ? 
 
Il raconte avoir brûlé une copie, un jour d’examen, dans un amphithéâtre. Acte manqué, moment fou. Mais j’y vois un symbole intéressant, assez beau. Presque l’acte constitutif de sa naissance à l’écriture. Brûler l’inessentiel, et ne plus vouloir pour soi que l’écriture authentique. Devenir poète en inscrivant un refus radical : brûler ce qu’on refuse. Preuve que même hors raison il peut y avoir en soi un savoir qui traverse les frontières entre folie et sagesse. Au-delà de la conscience ordinaire. Serait-ce celle de l’âme qui sait ?  Peut-être bien. 
 
MC San Juan
 
PAGE éditeur, éds Unicité. Présentation de l’auteur...
 
Autre recension, ici. Celle de son recueil Chaque pas est une séquence... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2019/05/28/ch...

12/07/2019

TZIGANES, GITANS, ROMS, MANOUCHES. Les connaître, les lire…

1 TZIGANE .jpgSongez-y : nous sommes tous / Le gitan d’un autre (Félix Monget, Gitanitude/poèmes)  

Je n’ai pas encore compris / comment fonctionne le monde, / mais je sais très bien / ce que le ciel exige de moi. / Le temps du gâchis est fini. / Maintenant je pose la main / sur tout ce qui est beau.  (Alexandre Romanes, Paroles perdues)

1 AME.jpgAu terrain vague des Tsiganes / Où papillonne l’enfant nu, / J’entends un orchestre d’oiseaux. (Esméralda Romanez - liens plus bas dans la note).

1 ROMANES.jpgCe qui m’attriste et me met en colère, c’est que les préjugés sont vivaces et tenaces. Les stéréotypes véhiculés au sujet des Roms demeurent identiques à ceux des années 40. On n’a rien appris de l’histoire qui se répète inlassablement. (Tony Gatlif, Entretien - lien plus bas dans la note).  

1. EXILS.jpgIl y a un feu sous les arbres : / on l’entend qui parle bas / à la nation endormie / près des portes de la ville. /// Si nous marchons en silence, / âmes de peu de durée / entre les sombres demeures, / c’est de crainte que tu meures, / murmure perpétuel / de la lumière cachée. (Philippe Jaccottet, Les Gitans, recueil L’Ignorant, 1958) 

……………………………………………………...  

1. FILM.jpgIl y a eu récemment des faits plus que problématiques. Rumeurs et peurs finissant par des menaces et des agressions. Invention d'enlèvements d'enfants et hystéries collectives dans certains quartiers. Contre les Roms.

Peuples nomades, qui ont été victimes à très grande échelle de la catastrophe de l’holocauste, cette mémoire étant largement occultée (voir ci-dessous des liens vers des informations). La Shoah, pour les Gitans c’est "Porajmos" ou "Samudaripen". 

On leur reproche le fait de s’installer n’importe où et de déranger la vie des villages. Mais les accueils prévus sont très largement insuffisants. 

Certes certains font parfois parler d’eux pour des faits de délinquance. Mais comment survivre quand les droits au travail ne sont pas vraiment reconnus (suivant le statut mal compris de ceux qui traversent les frontières). Et quand la mendicité est réprimée (voir l’entretien de Tony Gatlif). Les préjugés, eux, assimilent toute une communauté à une minorité.

D’eux, des apports à la culture de tous, peu est su. Pourtant il suffit de traverser la frontière et de penser « Andalousie » pour voir partout les marques d’une pensée et d’un rapport au corps et au monde qui a une dimension métaphysique. Le geste qui porte à la danse, magnifie la main, c’est une transfiguration de l’être. (Et de même le geste mental, qui ancre dans le réel et dans quelque chose de sacré – ce qui ne veut pas dire religieux).  

De cette réalité qu’est le nomadisme, de la force de liberté qu’elle donne, nous ramenant à une source profonde de l’humain, ontologiquement, peu est compris.

Et que sait-on de la littérature tzigane ? 

D’où la nécessité de cette note. Pour donner à lire, à commencer de lire, le monde gitan. 

MC San Juan

.....................LIENS vers des pages, des SITES. Artistes et auteurs...........................................

Nommer (généralités nécessaires)... https://www.linternaute.com/actualite/societe/1175540-rom...

Aborder le sujet… Page sur les Tsiganes... http://mayvon.chez-alice.fr

FICHE wikipedia. ROMS. Dont partie Littérature… https://fr.wikipedia.org/wiki/Roms

Un SITE. Fils du vent sans pays. Tsiganes, gens du voyage… http://filsduvent.kazeo.com

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Pour commencer (hors axe mais pas tout à fait…)

Le prénom d’Enrico Macias vient de sa rencontre à Constantine avec le groupe gitan de musiciens de la famille Enrico. Il les fréquenta tant qu’ils finirent par l’intégrer et le nommer « petit Enrico ». Il y a en lui quelque chose de gitan (en plus du maalouf appris avec son beau-père)… Il chante "L’âme des Gitans" et "Le feu des Gitans", va sur scène en duo avec  Kendji Girac, jeune gitan catalan, avec lequel on sent une proximité de repères.

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Federico Garcia Lorca, poète du cante jondo, poète des gitans. FlamencoWeb... https://www.flamencoweb.fr/spip/spip.php?article179

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Tony Gatlif, gitan ET français natif d’Algérie. Boualem Dahmani, dit Tony Gatlif, est un cinéaste né  à Alger. Père kabyle, mère tzigane. Engagé dans la défense de la cause tzigane.

Cinéaste (dont Exils. FILM sur le retour en Algérie d’un jeune couple, un fils de Pieds-Noirs, une fille de Franco-Algériens)...  http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=54123.html

ENTRETIEN   informations et réflexions… Son FILM (et livre)  Liberté est mentionné (sur les persécutions subies par les Tziganes)… https://owl-ge.ch/arts-scenes/cinema/article/entretien-to...

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Un poète gitan connu et publié (livres), Alexandre Romanès, du cirque Romanès…

Article d’Alexandre Romanes. "Nomades nous resterons", Le Monde…https://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/26/nomades-n...

SITE sur le cirque Romanes (Voyageurs créateurs)...  http://www.voyageurscreateurs.com/romanes-poetes-tsiganes/

Ses LIVRES...http://www.gallimard.fr/Contributeurs/Alexandre-Romanes

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Manitas de Plata. Considérable musicien...

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LIVRES... 

POÈMES ROMS (et gitans, tsiganes). Une sélection… http://www.revue-secousse.fr/Secousse-02/Carte-blanche/Sk...

LISTE de LIVRES TZIGANES sur BABELIO (et introduction  avec lien vers article de The Conversation)…https://www.babelio.com/liste/7311/Litteratures-Rromani-R...

LIVRE. Anina. "Je suis tzigane et je le reste"… https://www.france-terre-asile.org/actualites/la-presse-e... 

LIVRE. Semi-autobiographique. Sandra Jayat... https://www.decitre.fr/livres/la-zingarina-ou-l-herbe-sau...

Autres livres d’elle (récits de vie de gitans). Cf. El Romanes... https://www.decitre.fr/auteur/230752/Sandra+Jayat

Couleur de fumée, une épopée tzigane, de Menihért Lakatos, Actes Sud, 1986. Traduit du hongrois... https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature-etrangere/...

Félix Monget (a vécu beaucoup avec les gitans, l’est devenu de coeur). Un poème de lui était dans l’église de Ste Marie de la mer, c’est là que je l’ai lu d’abord, émue. De lui Esmérada Romanez dit qu’il est "tisseur de passerelles".

"Il ne faut pas faire pleurer les anges", L’Harmattan, coll. Poètes des cinq continents. Et autres LIVRES de lui (dont ses témoignages sur le monde gitan)… http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&... 

Et c’est par lui (sur un site disparu) que j’avais découvert la poétesse Esmeralda Romanez. 

Qui est Esméralda Romanez (pas Romanes, autre famille)…. http://www.diversite-europe.eu/fr/news/esmeralda-romanez-...

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ÉDITION Wallada (dont une collection tsigane). Édition présente au Marché de la poésie... http://www.wallada.fr

Contes manouches... http://wallada.free.fr/boutique/?p=productsMore&iProd...  

Chansons manouches... http://wallada.free.fr/boutique/?p=productsList&iCate...

Waroutcho. COLLECTION TSIGANE. Liste de LIVRES… http://wallada.free.fr/boutique/?p=productsList&iCate...

Théâtre. "El duende" (textes de Lorca et Romanès). Descendre sur la page jusqu’au titre et texte... https://www.francetvinfo.fr/culture/spectacles/theatre/el...

Chorégraphe d’origine manouche, Michaël Stoll. Compagnie Mémoires vives. "Samuradipen", création sur le génocide… http://cie-memoires-vives.org/samudaripen/

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Porajmos = le génocide des tsiganes... https://fr.wikipedia.org/wiki/Porajmos

Autre nom. Samuradipen. Le génocide des tsiganes (roms, gitans). (Nom, aussi, d’une association qui avait été créée par la poétesse Esméralda Romanez)… https://fr.wiktionary.org/wiki/Samudaripen  

La Croisée des chemins. La guerre secrète des Tsiganes 1840-1944,de Jan Yoors, Phébus/Libretto, 2005... "Né en Andalousie en 1922 et nourri par une enfance cosmopolite, Jan Yoors fut, durant la Seconde Guerre mondiale, agent de liaison entre les Tsiganes et les Forces alliées. Il est mort à New York, le 28 novembre 1977." (page éditeur)... http://www.editionslibretto.fr/la-croisee-des-chemins-jan-yoors-9782752901071

Mémoire du CAMP tsigane, Montreuil-Bellay (Maine et Loire). Camp oublié… https://jacques-sigot.blogspot.com

et aussi... http://memoireducamptsigane.blogspot.com

PAGE (infos de Jacques Sigot qui fut instituteur à Montreuil-Bellay)...https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/camp-dinternement...

Article (2013)... http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/07/23/01016-...

08/07/2019

Des recueils de poésie à lire en vacances... (et après aussi).

Une_anthologie_de_la_poesie_francaise.jpgQuant à la poésie (gemme, cosse, graines, floraison) c’est le territoire originaire de la parole, personne ne peut apprendre à personne à écrire de la poésie. Une boussole oriente et dénude les mots jusqu’à la pleine page silencieuse du poème de la voix. 
      Patrick Laupin, Le Rien qui précède
 éd. Gros textes, coll. La petite porte, 2019
(Poète, auteur du livre sur  Mallarmé, coll. Poètes d’aujourd’hui, Seghers, 2004. Recueils chez différents éditeurs).
La poésie n’est pas pour moi un exercice réussi lorsque les contraintes ou les procédures ont été respectées, elle est à chaque fois invention d’une écrire-vivre, tension de langue contre ce qui nous rend muets.
Antoine Emaz 
 
Quelqu’un, sur Facebook, a réagi aux listes de livres  « d’été » que font les journaux, les blogs, les sites, les revues en ligne. Constatant un déni d’existence opposé à la poésie, il a fait une liste de recueils… Oui. On propose de quoi se distraire, se délasser. Romans, romans, et romans. La poésie ? Oubliée. (Et j’ajoute à cela l’oubli des aphorismes, catégorie d’ailleurs niée dans le classement des bibliothèques. Mais dans certains recueils de poésie, ils sont présents aussi). Réaction ? Faire des listes de recueils de poésie à mettre dans les valises. Au choix de chacun. Ceci n’étant pas négation du reste. Pour ma part je lirai en vacances de la poésie, toujours. (Plus précisément je relirai surtout, découvrirai un peu.) Mais je ne me priverai pas de romans policiers, de livres de science-fiction, et, même, de mangas (j’en ai repérés). Et il y aura aussi systématiquement un temps pour les journaux et une philosophie non-systémique, en plus de grands textes de sagesse, à relire. (Car la poésie des petites fleurs loin des sursauts du monde et des questionnements sur vivre et mourir - ou la haute spiritualité - ce n'est pas mon truc).
 
1 ANTHOL FR 0rizet.jpgDonc, listes. Et j'ai fait la mienne. Le but n’est pas de s’adresser à des érudits, ni à ceux qui connaissent à fond l’univers de la poésie, jusqu’aux publications les plus récentes (même si j’en mentionne un peu). Ni de proposer de se ruiner (comme on peut être tenté de le faire au Marché de la Poésie…). Non. Proposer à un public large des titres, c’est permettre aussi une initiation, par des livres qui ne soient pas effrayants par l’ampleur, et en prévoir qui soient disponibles à des prix modiques...

ANTHOL FR POCHE.jpgANTHOLOGIES d’abord. 
La meilleure façon de découvrir quels sont les poètes dont on voudra lire des livres et ceux qui ne nous « accrochent » pas. 
Car de la poésie, comme de la littérature en général, on ne lira pas tous les livres... Tous ne sont pas faits pour nous (goûts, affinités, rapport aux mots, au langage, méta-philosophie racine proche ou lointaine, adverse parfois). Pas plus qu’on ne rencontrera tous les êtres humains qu’on est susceptible de croiser, même en se limitant à notre quartier… Alors la ville, le pays, le monde… Alors le temps des siècles : tant d’auteurs et tant de langues… Et même, de certains auteurs choisis, dont on aime beaucoup un ouvrage on ne lira pas tous les autres. Car même parmi les meilleurs certains écrivent trop. (Trop de textes dans un livre, trop de livres en bibliographie. Apparemment il manque alors le silence, et les coups de ciseaux pour enlever ce qui excède). 
.
Anthologies de la poésie française.
… de Jean-François Revel, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins… 
… Ou (De Villon à Verlaine), d’Annie Collognat-Barès. Livre de poche, Libretti (poèmes, présentation, notes et index…). (2€)…. En poche, aussi, l’anthologie de Georges Pompidou... Ou celle de Jean Orizet. Et plusieurs titres, catégorie ‘poésie'… 1 Haikus.jpgPlus, ouverture à l’ailleurs, L’art du haïku
 
1 LETTRES RILKE .jpg… Chez Librio, certaines anthologies, comme celle de Sébastien Lapaque, au très beau titre, J'ai vu passer dans mon rêve - titre emprunté à Verlaine, dont une citation est mise en exergue. Son introduction est excellente (quatre pages denses, qui suivent l'épitaphe, une définition rigoureuse de la poésie). Même collection Librio, des recueils (pour 2€). Comme ceci, de Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète... 
 
… La poésie est présente aux éditions Mille-Et-Une-Nuits. (Pour 3€). Il faut fouiner… 
 
Écrivains francophones du Maghreb, sous la direction d’Albert Memmi, éds Seghers. Dont poètes… 
 
Anthologie de la poésie algérienne, Quand la nuit se brise, par Abdelmadjid Kaouah, Autres temps, Points poche.
 
… Poésie espagnole / les nouvelles générations PU.Lyon, (anthologie bilingue) par Pedro Provencio
 
1 FEMMES.jpgQuelqu’un plus tard se souviendra de nous, (femmes poètes, noms majeurs, monde : mes très chères y sont). Poésie/Gallimard...
 
Poètes du monde… Anthologies (et collections). Dont livre éd. Marabout…1 ANTHOL MONDE.jpg
 
Poèmes chan (de moines du bouddhisme chan). Picquier poche.
 
1 Anthol vers unique.jpg… Et enfin, Anthologie du vers unique, de Georges Schehadé. Une merveille…
…………………………………………………………..
TITRES seuls. RECUEILS… 
 
Si vaste d’être seul, de Tristan Cabral,  Le Cherche Midi (recension faite, 2018, lien ci-dessous). (Dernier livre, Poèmes à dire, éd. Chemins de Plume, Nice). Lien vers la note…  http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2018/07/22/si... 
 
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Au secret, de Franck André Jamme, éds. Isabelle Sauvage
 
Variations sur le silence, de Philippe Mac Leod, éds Ad Solem
 
Hautes lassitudes, de Jean-Marie Blas de Roblès, Dumerchez
 
Apostumes, de Jean-Luc Sarré, Le Bruit du temps
 
Six titres, coll. Poésie/Gallimard
    … Terre énergumène, de Marie-Claire Bancquart
    … En trente-trois morceaux, de René Char 
    … Jonas, de Jean-Paul de Dadelsen
    … Les Mégères de la mer, suivi de Poèmes de Samuel Wood, de Louis-René Des Forêts
    … Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer ? de Claude Roy
     … Toute personne qui tombe a des ailes, d’Ingeborg Bachmann
 
Et…
Trois leçons de ténèbres, de José Ángel Valente, éds Unes, traduction et préface de Jacques Ancet (recueil bilingue).
Oeuvre sur l’eau, d’Erri De Luca, éd. Seghers (biilingue).
Poème à la durée, de Peter Handke, NRF Gallimard
Le Souffle du Monde, d’Yves Simon, éd. Librio… 
1 NERVAL.jpgAurélia, de Gérard de Nerval… Philo et poésie aux Éds Mille-Et-Une-Nuits… https://www.lecteurs.com/editeur/mille-et-une-nuits/11517
 
Autres titres, voir les notes de la catégorie "Recensions"… dont une note de dix titres (Égarer la lenteur)… Et beaucoup d'autres sur un seul livre, comme par exemple "Échos du silence", de François Cheng et Patrick Le Bescont... (Je mettrai des liens dans la liste "Trames nomades... Relire" qui est en marge gauche et doit être mise à jour...)
 
De François Cheng j'emporterai "La vraie vie est ici" (Poésie/Gallimard), pour relire et relire. Il parle à l'âme, à hauteur d'âme, mais des pages peuvent aussi faire venir les larmes aux yeux, tant l'émotion est présente, devant des faits de tous les jours ou l'évocation de grandes douleurs humaines - en empathie avec tout ce qui est. Et tant il sait dire aussi des hésitations entre bonheur et souffrance, présence des autres et solitude radicale, un "Je" discret, pudique, mais là. Une écriture du paradoxe métaphysique, vécu, des oscillations entre le Soi et le moi. 
Et je prendrai ses trois romans, disponibles en livre de poche. Pas lus encore. 
Poésie, encore, voir, en marge droite (descendre un peu) trois listes de liens vers des sites et blogs, des éditions, des revues (papier ou en ligne).
 
MC San Juan
 
LIEN important. Hommage.
TEXTURE. Revue de poésie créée par Michel Baglin, poète dont on perd la présence et garde l’oeuvre…