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16/06/2015

Découvrir José Val del Omar. Note introductive à l’exposition d’une héritière du cinéaste-poète, Sara Malinarich

LIVRE VAL del OMAR.jpg

Note introductive, car pour comprendre la démarche de Sara Malinarich (note qui va suivre) il faut, je crois, se situer dans le sillage du cinéaste, inventeur et chercheur, poète, présent dans l’exposition que j’ai vue il y a quelques jours, et qui est toujours visible, galerie Mamia Bretesché. Doublement présent. D’abord par la continuité d’une inventivité technique (et de la réflexion qu’elle induit sur ce qu’est regarder, sur le rapport entre la vue et les autres sens, sur les interférences tant visuelles que sonores). Ensuite par ses textes, citations transférées par des tweets, eux-mêmes envoyés au logiciel inventé pour métamorphose éclatée en graphisme et couleurs. Je ne connaissais pas José Val del Omar cinéaste et inventeur, découvert grâce à cette exposition. (J’ai du mal à comprendre comment c’est possible : le Jeu de Paume avait pourtant créé un événement pour faire connaître le cinéma expérimental dont il fut - et reste après sa mort - un maître, mais, autrement, apparemment, grand silence réducteur.) On est enfoui dans une masse d’informations où surnage beaucoup de vide et on rate des clés essentielles, pour comprendre l’art, le réel, et soi. Je ne le connaissais pas plus comme poète, et les fragments que j’ai découverts m’ont paru de la plus haute poésie (voir ci-dessous, citations, et  note suivante, exergues et textes saisis dans mes photographies : j’ai tenté de les rendre bien lisibles...). Il suffit de trois vers, trois phrases, pour découvrir un auteur et savoir s’il devient essentiel ou ne le sera jamais. Lui sera essentiel. Pour compenser le manque antérieur j’ai cherché (sur la Toile) ses films, ses écrits, et des présentations de son œuvre, tout regardé, tout écouté, tout lu (en français, en espagnol). Enthousiasme total. Quelqu’un dit de lui (vidéo sur son cinéma) qu’il fait une sorte d’alchimie. Et c’est exactement cela. Hypnotique, fascinant. Mais pas hypnotique d’une manière qui nous endormirait : au contraire, plutôt de l’ordre de l’effet méditatif, qui fait accéder à d’autres dimensions du réel intérieur et extérieur, en secouant pour réveiller, éveiller.

Poète, José Val del Omar l’est aussi dans les titres et sous-titres. Comme pour « Fuego en Castilla », sous-titre : «  Ensayo sómnambulo de visión táctil en noche de un mundo palpable. » (Essai somnambule de vision tactile dans la nuit d’un monde palpable). L’essai c’est aussi à comprendre au sens philosophique, des concepts sont pensés avec des formes, du mouvement, des instants photographiques. Création formelle et création de pensée. Poète, dans le choix des exergues. Pour « Fuego en Castilla », c’est Federico Garcia Lorca : « En España, / todas las primaveras viene la muerte / y levanta las cortinas. » (En Espagne, la mort vient pour tous les printemps, et soulève les rideaux). Poète, aussi, et penseur, dans le choix de mettre « Sin fin » au lieu de Fin pour clore ses films. Sans fin, lente poursuite du sens dans la perception, la recherche technique. Sans fin dans la durée et sans fin dans l’espace. Parce que les interférences visuelles et sonores (diaphonie...) se prolongent hors du film.

Poète, Val del Omar, autant que cinéaste, et cinéaste en poète.  Diego Quemada-Díez, réalisateur, en parle dans un entretien au sujet d’un film sur les migrants (Guatemala et Mexique vers les USA), « Rêves d’or », propos recueillis en 2012 par Carine Trenteun sur  CinéMatraque (Citation qui éclaire la démarche de José Val del Omar – la poésie par les mots et la poésie comme éthique cinématographique) : http://www.cinematraque.com/2013/12/rencontre-avec-diego-quemada-diez-realisateur-de-reves-dor-la-jaula-de-oro/# :  « Mon poète préféré, José Val del Omar, qui est aussi réalisateur, dit que le cinéma relève d’un acte de manipulation extrême, car les gens entrent dans une pièce sombre où on ne leur montre juste qu’une partie de la réalité. Les spectateurs viennent pour que nous déposions nos rêves. Toute cette manipulation ne se justifie que s’il y a un but poétique. Nous avons donc une grande responsabilité. Cette poésie doit être générée par de l’empathie et de l’amour. Toute la construction d’un univers de fiction est reliée à tous ces éléments pris de la réalité, tous ces témoignages. » Diego Quemada-Diez en parle aussi là, insistant sur cette référence première, intensément présente : http://www.festival-cannes.fr/fr/theDailyArticle/60190.html

Poète. Les fragments donnés à lire en légende des créations graphiques proposées par Sara Malinarich  (renvoi de citations du poète aux expéditeurs de messages adressés au logiciel, voir l'explication de la démarche dans la note à venir) sont révélateurs de la manière dont José Val del Omar pense la place de la conscience individuelle dans la conscience globale : lui, nous, le monde-cosmos...

Citations : « Lo que llamamos contranos u opuestos son trozos de la Unidad. » (Ce que nous appelons présences contraires ou réalités adverses sont des fragments  de l’Un).

... « Todo desea ser Todo, y para ser Todo hay que no ser nada. Comenzar por quedar vacio. » (En tout il y a désir d’être le Tout, et pour être Tout il faut n’être rien. Commencer par rester vide.)

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A lire (en français, en espagnol...).

J’ai trouvé des notes en français : d’Olivier Arezki (article, 2003, et page de liens), d’Olivier Hadouchi (chronique, 2007 puis 2010), du Jeu de Paume (deux pages de présentation d’un événement sur le cinéma expérimental espagnol, 2011), un dossier de créations sur des vidéos en espagnol.

L’article d’Olivier Arezki, paru en 2003, sur le court-métrage « Fuego en Castilla » : http://www.cineastes.net/textes/arezki-fuego.html Citation : « José Val del Omar est un cinéaste alchimiste convoquant divers éléments, tels le feu, la terre, et l’eau. Un poète qui passe d’une incursion dans le monde contemporain où le temps file à toute vitesse (horloge, montage rapide et saccadé), avec des voitures filant, phares allumés, à un ciel traversé de sombres nuages. Sa caméra effectue souvent des envolées verticales, et sait abolir la perspective pour lui substituer des images anamorphosées, répandre des formes allongées (on pense au Greco), évanescentes, animer des statues, par des jeux de montage et de lumières, violents et très sophistiqués qui utilisent à merveille les richesses et les subtilités du noir et blanc (contrastes, palettes de gris, jeu sur les tonalités…). »

Page de liens, créée par Olivier Arezki : http://www.cineastes.net/c/omar.html

La longue chronique d’Olivier Hadouchi, en deux parties, enrichie de notes : excellente analyse, très grande maîtrise du sujet. Et en plus il met en exergue une citation de Maria Zambrano, philosophe que j’apprécie particulièrement, et qui, effectivement, rejoint ce qu'on découvre de José Val del Omar, êtres en affinité : « Pur oubli dans la nuit/ puisqu’il fait toujours nuit / pour celui qui vit à moitié.». Mars 2010 (trace antérieure, moins ample, 2007), CinéFabrika, « l’autre revue du cinéma et des arts visuels », « Notes autour de Val del Omar et d’un cinéma de la métamorphose et du crépitement », première partie : http://cinefabrika.blogspot.fr/2010/03/notes-autour-du-cinema-de-val-del-omar.html

Citations (le texte d'Olivier Hadouchi) : « Cinéaste espagnol né à Grenade en 1904, il est notamment l’auteur d’un des plus grands accomplissements filmiques tous genres, supports et catégories confondus, un « triptyque élémentaire d’Espagne » réunissant trois films réalisés à plusieurs années voire décennies d’intervalle » (...) « ...mettant la technique au service de la libération, pour réunir Jean de la Croix et Prométhée, l’albumine et l’aluminium, l’incarnation métaphysique et le fil à haute tension. Espoir de participer à l’émergence d’une autre voie, et que nous appelons « cinéma expérimental » par commodité, car il s’agit en premier lieu d’un cinéma d’avant-garde, à partir d’une appréhension originale de cette notion. Soit d’un cinéma élargi qui ouvre intensément les portes de la perception, travaille sur ses matières mêmes (penchant pour l’anamorphose, le décentrement, le reflet...) » (...) « ... inventeur de néologismes (‘mécamystique’ est le plus révélateur)... »

Deuxième partie : http://cinefabrika.blogspot.fr/2010/03/notes-autour-de-val-del-omar-2eme-p.html   Citations : « Topographie(s) plurielle(s) d’une Espagne palimpseste. » (...)  « En Andalousie, Grenade tournée vers le sud et l’est : l’Orient » (...) « Val del Omar juxtapose : une étoile de David en mosaïque, des inscriptions calligraphiées en arabe, des chants et des danses gitans andalous. »

Page de présentation, site, Jeu de Paume. « La sélection s’ouvre avec un artiste essentiel, José Val del Omar» : http://www.jeudepaume.org/index.php?page=article&idArt=1446

Jeu de Paume. 50 ans de cinéma expérimental en Espagne (mars-avril 2011). Document pdf : http://www.jeudepaume.org/pdf/DelExtasisAlArrebato.pdf

Dossier, créations de José Val del Omar, sur Point to Point, blog : http://pointopoint.blogg.org/jose-val-del-omar-un-fantastico-fantastic-a116322996

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Vidéos, en espagnol  (en espagnol, mais fragments de l’œuvre à regarder – et écouter) :

Le cinéma de José Val del  Omar. Présentation, vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=F_emTQaMFPY

Film. "Aguaespejo granadino" - 1955 José Val del Omar (« Miroir d’eau grenadin ». L’eau-miroir de Grenade, l’eau comme miroir. Sur la pierre et l’eau dans la réalité et la culture andalouse)

Val del Omar, entre cinéaste, génial technicien,  et alchimiste (mot employé par celui qui introduit la vidéo). En espagnol : https://www.youtube.com/watch?v=Nk7t8hRyFRE

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Textes en espagnol. Pour lire, et traduire approximativement : http://tr.voila.fr/ 

Site dédié (très riche et très beau, complet : le cinéma, les collages, les textes) : http://www.valdelomar.com

Page Facebook dédiée: https://www.facebook.com/pages/Val-del-Omar/46660711337

Fiche Wikipedia (filmographie et  bibliographie : livres « de », livres « sur » Val del Omar) : http://es.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Val_del_Omar

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Exposition de Sara Malinarich et d’un couple de vidéastes (groupe White Black Fungus), galerie Mamia Bretesché...

Le destin des textes du cinéaste poète est un rêve, dans l'aventure ainsi proposée par Sara Malinarich. Magie. Voilà ce que la poésie peut être, aussi, hors des revues et livres, pour circuler. Là, on peut le lire démultiplié, associé aux graphismes créés par le module, citations qui circulent, et demeurent, disponibles, sur la page du twitter machine (qui emprunte un visage...). Regarder, et LIRE José Val del Omar. Lire et relire. Fragments qui donneront envie de plonger dans un livre. Et, car c'est aussi- ou surtout - une aventure du regard, guidée par la pensée de Val del Omar, regarder, regarder...! Sans négliger d'entrer dans les interrogations du penseur inventeur sur ce qu'est le regard, la conscience, créer. Se demander, avec lui, quel est le rapport entre le regard conscient, ce regard décalé à la fois par la volonté de ce pas de côté, métaphysique en quelque sorte, et décalé par ce que la technique propose comme métamorphoses, anamorphoses... Qui regarde en nous, le seul "je" ou cet espace immense où le "je" devient autre? (Et qui crée?). C'est peut-être cela que Rimbaud voulait dire, encore Rimbaud... Plus de citations de José Val del Omar. Voir, note suivante, quelques phrases, en espagnol, et ma traduction, très libre. 

Rachael Runner (Le procédé est d'envoyer un tweet au logiciel Rachael Runner, en intégrant ce qui activera la réponse et la transformation (#telepresence). La création visuelle viendra en réponse avec une citation de José Val del Omar  : https://twitter.com/rachael_runner

De même, dans le catalogue de l'exposition, les créations graphiques sont associées aux phrases du poète, puisque ce sont les phrases qui sont renvoyées avec la production visuelle. Document pdf (regarder... lire...) : http://www.intact01.net/wp-content/uploads/2015/05/catalogo_expo_mamia.pdf 

13/06/2015

La solution du compas... Poésie, art, le centre et les cercles...

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« Elle est rebelle au fond, / La civière du temps. »

(...)

« Rien ne demeure / Qui ne résiste et qui ne sache. »

Jean-Marie Blas de Roblès, Hautes lassitudes (éd. Dumerchez, pp.33 et 36)

 « Des artistes oeuvrent avec goût. / Des esthètes jugent en connaisseurs. / Et des hommes crèvent en mordant leurs poings dans toutes les nuits du monde. »

Roger Gilbert-Lecomte, La Vie l’Amour la Mort le Vide et le Vent (et autres textes), Poésie/Gallimard, p.144.

 ...

En ce moment, c’est le Marché de la Poésie, et j’y vais...

En 2011, se catapultaient la catastrophe nucléaire au Japon, qui transformait les paysages en cauchemars, et le Printemps des Poètes qui avait pour thème « Infinis paysages ». J’avais vu là une obligation de questionnement, évidemment...(Etrange coïncidence, ces lectures parlant de terre, de vent, de fleuves et de mer, de feuillages, de forêts, de pays regardés ou fantasmés, quand la nature se rappelle à nous, par séismes et tsunamis, et quand, en Libye, un dictateur métamorphose son pays en lieu de mort, sans que les pays, autour, prennent les moyens de mettre fin à l’horreur. La poésie. Quand même… ou encore plus ?). Cela je l’écrivais en 2011. Maintenant, « mettre fin à l’horreur » pose question tout autant quand on voit les conséquences de certaines interventions.

Mais ce n’est pas le sujet, aujourd’hui. La question centrale reste celle de l’écriture : « La poésie. Quand même… ou encore plus ? » L’actualité est autre (migrants qui meurent, intégristes qui tuent, près et loin), le déchirement perdure.  Quand même... ce serait frôler encore cette tentation du renoncement, le sentiment de l’impuissance du langage et de la beauté, le refuge dans les seuls engagements, ou même la fuite dans l’univers politique. Ce serait l’illusion d’un sens de machine. Encore plus... ce pourrait être un autre piège, si les poèmes deviennent des tracts, ou, si, voulant échapper au tract ils s’enferment dans un « je » loin de l’universalité. Encore plus... oui, si c’est plus de lecture en profondeur, plus d’écriture au secret d’un rivage « encore plus ». Plus beau, plus dérangeant, plus autre. Donc plus largement humain.

Grand écart. Ni cela ni cela. Ou la solution du compas. Celle dont parle Elif Shafak, auteur du superbe roman multiple « Soufi, mon amour » (Texte sur Istanbul, Libération Next, page 98, Juin 2015). Elle en fait une réponse nomade, pour vivre entre deux lieux, se référant à Rûmi : « Le poète mystique persan parle de ‘vivre comme un compas’. L’une des jambes du compas est statique, fixée à un endroit, tandis que l’autre dessine un cercle autour de ce point, tournant, cherchant, toujours à l’affût. » On peut appliquer cela à tout. Ecriture, création, engagement et retrait, spiritualité. Ancrage statique dans la part solitaire et l’exigence du regard, cercle et cercles de la rencontre du monde, merveilles et horreurs, paroles pour et paroles contre. Puis retour au centre silencieux, créatif.

Marché de la poésie : http://poesie.evous.fr/

© MC San Juan (TramesNomades)

11/06/2015

André LAUDE, poète. Réédition d’une somme, son parcours d’un demi-siècle de lectures et regards...

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Mon dieu / donnez-nous notre pain quotidien / mais donnez-nous aussi / tout ce qu'ils nomment inutile : / le jaune de Van Gogh / le Mystère de Vermeer de Delft / la chanson de Petrarque et Laure / la course du lièvre effrayé à minuit devant les pharesde l'auto / le sourire de la touriste juive polonaise à Liverpool / le quatuor des cigales au pied de Montségur / la figure délivrée par le crachat sur un vieux piano / la plainte d'amour de la neige / la vision du couple nu au centre exact de la clairière / en Forêt noire / le cerceau de la petite fille dans une ruelle de Barcelone / le soleil des poitrines nues de femmes et d'hommes / dont la marche commune abrège la nuit

André Laude

Libre dans le désert / Comme une blessure rapprochée du soleil

Réédition en coédition (2015, les deux volumes écrits par André Laude pour Les Nouvelles littéraires en 1975). Un parcours de plusieurs décennies : littérature et art... « La Légende du demi-siècle d’André Laude. Introuvable aujourd’hui, ce bijou de la culture contemporaine circule sous le manteau, comme un Samizdat... Pour marquer les vingt ans de la mort d’André Laude, la Revue A L’Index et Levée d’Encre le rééditent dans son intégralité. »

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Les éditeurs de « La légende du demi-siècle » intégrale : A  L’Index/Le livre à dire et Levée d’encre...

Infos : A  L’Index/Le livre à dire...   Courriel : revue.alindex@free.fr

 Site : http://lelivradire.blogspot.fr/ (vol.1, Levée d’encre)

Blog : http://lelivreadire.blogspot.fr/2015/05/laude-en-cours.html  (vol.2, Levée d’encre / A L’Index)

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Archives... La légende du demi-siècle 1, note sur la publication en 2011, éds Levée d’encre. Le Post/Huffingtonpost. « La légende d’André Laude », 29-04--2011 : http://huff.to/1KYNzdE

Des poèmes d’André Laude, à lire en ligne sur Albatroz (blog) : http://albatroz.blog4ever.com/articles/poasie-a-andra-laude

Poèmes, aussi, sur « Poésie, Muzik, Etc. » : https://poesiemuziketc.wordpress.com/2012/09/13/andre-laude-poemes/ 

André Laude, Poezibao, Par Marie-Claire Bancquart  (« Ne pas oublier André Laude ! Ultrasubjectif et ultraengagé, avec cette langue d'objurgations et de violences qui se fait aussi bouleversante de dénuement personnel, il a souvent quelque chose de mystérieux dans ses alliances de mots, dans ses références. Et en même temps il écrit avec une pureté et une simplicité persuasives.») : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2008/11/oeuvre-potique.html

« Poésie urgente », site des Amis d’André Laude : http://andre.laude.pagesperso-orange.fr/

Hommage (libertaire) : http://lesvoleursdefeu.free.fr/crbst_21.html

Esprits nomades. Titre, « Une colère si proche du soleil », qui fait écho à un vers de René Char et à un titre d’André Laude, « Comme une blessure rapprochée du soleil », 1979 : http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/laude/laude.html

Une note forte de Stéphane Vallet sur son blog « Le cercle des inquiets » (et d’autres pages sur ce poète, dates diverses) : http://bit.ly/1GAaJsZ

Une belle page de Bernard Morlino, sur son blog : http://bit.ly/1FL8ygv

Un poème (de détresse), un portrait (par Cartier-Bresson, dessin), et une note brève, éclairante sur la difficulté à vivre de cet auteur, qui, d’après ce qui est dit, ne pouvait ni être aidé, ni être aimé facilement par des femmes dans l’intime - trop torturé pour ne pas faire souffrir en retour celles qui l’aimèrent, douloureusement. (Mais, aimé, il le fut d’amis, les pages qu’on trouve le montrent – amis souvent impuissants, cependant, à faire écran à une douleur ayant certainement des racines anciennes, peut-être simplement cette mort si précoce de la mère). Cette page aide à comprendre le déchirement des textes, au bord de gouffres intérieurs : http://www.dechargelarevue.com/id/index.php?art=183

Un témoignage poignant, et le dernier poème, testament bouleversant. Par André Chenet, 2009, sur Francopolis : http://www.francopolis.net/Vie-Poete/Laude-octobre09.html

Sur une exposition d’artistes qu’André Laude appréciait, 2013 : https://agendapoetique06.wordpress.com/tag/andre-laude/

« André Laude : rêveur inguérissable, coureur d'infini », Poebzine, note du 22-02-15, par François-Xavier Farine (et lien vers une de ses chroniques) : http://poebzine.canalblog.com/archives/2015/02/22/31582663.html

Des poèmes d’André Laude, à lire en ligne sur Albatroz (blog) : http://albatroz.blog4ever.com/articles/poasie-a-andra-laude

Fiche wikipedia, André Laude : http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Laude

Un ouvrage peut aider la compréhension des dimensions de l’œuvre, en la resituant dans un cadre (non enfermant, au contraire) : « Histoire de la littérature libertaire en France », de Thierry Maricourt, Albin Michel, 1990. (Même si certains engagements révolutionnaires d’André Laude ne furent pas toujours d’esprit libertaire : Cuba, etc. Le poète eut là, aussi, ses forces et ses faiblesses, dans les choix, les idéaux contradictoires. Une vie a toujours ses points aveugles. Celle-ci comme une autre. Reste un être émouvant, un itinéraire cohérent, et une œuvre, forte.) Page, édition : http://bit.ly/1L32Op9

06/06/2015

Exergues, encore. Fil tissé, lentement et longtemps...

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J’ai rajouté cinq citations... à la note du 2 mai (qui, déjà, reprenait l’ancienne note en l’amplifiant). De phrase en phrases...

Exergues, c’était le cas, en créant le blog en 2010. Citations qui font manifeste... Mais, cinq ans après, page infinie où je vois les absences, ce que je pose est toujours exergue, confirmation de la permanence d’un regard, d’une démarche, et recommencement de jour en jour des questionnements. Certitude des incertitudes. Âmes... frères, car... (frères : neutre des consciences...).

Image ? Photographie d’un voile dont on devine la trame, trace qui cache, transparence qui révèle. Exactement comme dans l’écriture. Exactement comme dans le choix de citations repères d’affinités.

............  Voici ce qui est maintenant à la fin de la note du 2 :

«  le monde est un tissu d’épiphanies / toute chose visible porte en elle / les traces de l’Invisible »   Abdelwahab Meddeb, Portrait du poète en soufi (Belin)

« Indemne, qui le prétend ? / Mais d’où survient le lien, la ligature du moment ? »  Jean-Marie Blas de Roblès, Hautes lassitudes (Dumerchez)

« L’Orient n’a jamais commis l’erreur de verser dans la poésie individuelle ; tout ce qui a une valeur dans la poésie orientale traite de l’universel. » Antonin Artaud, Préface (élogieuse) au recueil de Roger Gilbert-Lecomte, La Vie l’Amour la Mort le Vide et le Vent  (Poésie/Gallimard)

« Je ne reconnaîtrai jamais le droit d’écrire ou de peindre qu’à des voyants »  Roger Gilbert-Lecomte (à propos de Sima), Puisque peinture il y a... / Œuvres complètes (Gallimard)

« Nous ne voulons pas écrire, nous nous laissons écrire. »  Roger Gilbert-Lecomte, Avant-propos au premier numéro du Grand Jeu (Poésie/Gallimard et Oeuvres complètes, Gallimard)

...............

Note du 02-05-15. De phrase... en phrases lues, relues, danser en esprit. CITATIONS : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/05/02/de-phrase-en-phrases-lues-relues-danser-en-esprit-citations-5614926.html 

28/05/2015

Autoportrait en collage capté...

AUTOPORTRAIT mai 2015.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« à la rencontre du noyau où survit le moi / pour de nouveau cingler au large »

« jubilation que la saisie emporte vers la vision / de ce que l’œil ne voit ni même ne devine »

Abdelwahab Meddeb, Portrait du poète en soufi, éd. Belin (p. 43 et p. 108)

« Mathématique obscure de l’ivresse, mise en abîme de soi-même et qui brise l’eau pure des miroirs. »

Jean-Marie Blas de Roblès, Hautes lassitudes, éd. Dumerchez (p.23)

...... 

Il faisait froid, hors saison. Pull clair enroulé sur les épaules, je cherchais les reflets des lumières sur les vitres, le regard sur la rue, dehors,  et sur les objets, dedans. Mais j’ai capté le collage des chimères vraies d’un instant. Même boire du café rend ivre, et voyant pour soi pour l’autre. Car il faut l’être, ivre, pour regarder dedans dehors et mêler tout dans sa joie d’œil... Baudelaire a raison, et Rimbaud.

© MC San Juan (TramesNomades) / Texte et photographie

27/05/2015

Andalousie ? Non : Andalousies...

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Ancestrale Andalousie à l’histoire complexe, aux récits parfois contraires. Et même si la réalité est  recouverte en partie par une mythologie idéale, il reste des mémoires transmises, qui touchent à un mystère identitaire. Ce qui est passé, de génération en génération, c’est un goût musical commun à plusieurs rives, les mêmes chants, un tissage de langues, une esthétique visuelle, architecturale notamment, qui transcende les frontières. Et des visages qui se ressemblent, car les gènes, au cours des siècles, ont circulé... Emprunts biologiques nés d’amours frontières. Andalousies, dit Jacques Berque, car ce pluriel donne une direction à la fraternité que les êtres humains, malgré tout, cherchent. L’Andalousie a ceci de particulier, qu’elle reste, plus qu’une région, une patrie intérieure des exilés, longtemps après qu’ils aient raconté leurs migrations, ou leur fuite, longtemps après, chez leurs descendants. Elle se fait centre diasporique, repère. Et quand on entend chanter Marlène Samoun, pour des chants sépharades en plusieurs langues, ou qu’on entend le violon ou la voix de Rachid Brahim-Djelloul, on part dans un voyage intime, on pénètre dans les douleurs et les joies de milliers de noms (avec les nôtres peut-être), dans un passé lointain, et dans le présent si proche qu’il suffit de quelques mots en espagnol ou de quelques heures en train, pour traverser le temps... Elle est peut-être, notre Andalousie métisse, la patrie intérieure de tous les humanistes, de tous ceux qui refusent les entraves de la haine, les pièges des barrières.

Il y a aussi, dans la souterraine identité andalouse (et espagnole), la conscience marrane. Ce mot peut se lire comme une injure faite aux conversos (porcs, pour ne pas vouloir en manger), ou trouver dans l'hébreu le sens de consciences forcées (à la conversion). Car des 5% de Juifs, seuls 12% partirent. C'est ainsi que certains donnèrent des saints chrétiens, authentiques mystiques ne sachant plus leur identité religieuse familiale (car leurs parents les protégeaient en ne la leur disant pas...). Et c'est ainsi que l'Espagne andalouse s'interrogea beaucoup, après le franquisme, sur les interférences cachées de ses visages culturels et spirituels...

On peut aller plus loin dans les questions, et sentir, encore plus, le ridicule des enfermements identitaires. Zev ben Shimon Halevi (Warren Kenton), kabbaliste anglais fascinant, écrivit un roman initiatique sur l'Andalousie des mystiques, "L'Envoyé de l'Esprit", publié d'abord en anglais à Londres et à New York, puis en français en 1991. Rencontres de destins, groupes hétérogènes qui s'enseignent. Talmud, kabbale et soufisme qui se frôlent et s'interpénètrent, familles qui se croisent... Chrétiens récents aux antécédents juifs "ou" musulmans, et même juifs "et" musulmans. Cela commence par "un matin glacé du printemps de 1491". Cela finit sur une scène de mort et son contraire. On parle de "l'envoyé de ce temps". (Non le Messie final des uns ou des autres, mais le "Katub", un esprit ordinaire en apparence - singulier ou pluriel - qui supporte le monde par son feu intérieur... Que les êtres ne reconnaissent pas, ou reconnaissent, et qui meurt, comme tous, suivi par un autre.) Il y a Rachel et Avraham, Hakim et Mora, à la fin, page 239. Rachel... "Mon père était juif et ma mère maure, avant que nous devenions chrétiens.", avait-elle dit, page 100... 

Encore plus loin? Si on parle à un taoïste ou un mystique tibétain, il dira que, sans doute, dans d'autres vies que parcourut notre âme, nous avons, nous, parcouru plus que des vies. En voyageur d'identité... Juif une vie, musulman une autre, chrétien la suivante, athée cérébral une autre fois, ou avant. Agnostique, souvent, en recherche de lucidité. Méditant parfois, et sage, peut-être, ou fou. En tout cas ennemi de soi-même dans les vies d'intégrisme, d'inquisition, de fermeture communautaire, tuant son miroir ou son frère. Mais il dira aussi qu'au bout du bout du temps (qui n'est pas ce que l'on croit) on finit par prendre conscience de ce que sont les mirages de nos rivages intérieurs, et par se voir soi-même dans l'autre, sage ou fou. Car notre réalité est une mise en abyme...    

« J’appelle à des Andalousies toujours recommencées, dont nous portons en nous à la fois les décombres amoncelés et l’inlassable espérance. » Jacques Berque, né en Algérie, leçon de clôture prononcée au Collège de France, en juin 1981.

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LECTURES....

"El Ideal Andaluz", de Blas Infante, Sevilla, Arévalo, 1915. Réédition, Sevilla. Junta de Andalucía, 2010, centrodeestudiosandaluces.es : http://bit.ly/1KyxuOQ

"Identité andalouse", de Gabriel Martinez-Gros, Actes sud, 1997 : http://bit.ly/1AwVsqe

"Al-Andalus, 711-1492", de Pierre Guichard, Hachette/Pluriel. Sur le site Bibliomonde : http://www.bibliomonde.com/livre/andalus-711-1492-1814.html

 "Construction des identités", l’exemple de l’Andalousie. Recherche d’Ébane  Mexcin, Montpellier : http://bit.ly/1EwiBEi

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Sites...

L’Andalousie par elle-même, "Así es Andalucía", andalucia.org : http://bit.ly/1RmaP9r

Fiche wikipedia (liens, dont portails): http://fr.wikipedia.org/wiki/Andalousie

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Notes antérieures...

J’ai fait une mise à jour dans une note du 07-03-11, en constatant un manque étonnant (note qui était suivie d’une autre page, le 11). Multiples liens, livres et musique, sites dédiés, aussi : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/03/07/andalousies.html

Autre note, complémentaire, le 11-03-11 : http://bit.ly/1GC3dfO

16/05/2015

Pause café... lectures, nuits, et lumières.

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« Il a mis

 

le café / Dans la tasse / Il a mis le lait / Dans la tasse de café  / Il a mis le sucre / Dans le café au lait / Avec la petite cuiller / Il a tourné / Il a bu le café au lait / Et il a reposé la tasse / Sans me parler »

Déjeuner du matin. « Paroles »

Jacques Prévert CAFE 10.jpg

Le café était déjà dans la CAFE 5.jpgCAFE 2.jpgCAFE 1.jpgtasse... car servi, et ce n'était pas le matin. Je n’ai mis ni lait ni sucre, juste de l’eau chaude, un peu...  Je ne suis pas restée silencieuse (pas trop), mais j’ai lu, beaucoup (pause café, volonté de solitude, fugue...), et regardé, beaucoup (puis photographié, un peu), les lumières, la transparence des vitres, les reflets, les ombres, le passage fugitif de formes. Je ne sais qui pleure à la fin du poème de Prévert : lui, peut-être, ou celui qui regarde et ne peut entrer, pas même pour un café. Ou n’importe qui de solitaire (mais en douleur de l’être dans un instant où il ne le voudrait pas, ou, pire, l’étant toujours, perdu dans la rue et dans sa souffrance, comme il est vrai qu’on croise des êtres dont le visage dit une tristesse comme une hantise). Prévert a cet amour des autres qui rend capable cette empathie qui fait dire je, entrer dans la conscience de l’autre, épouser ce qu’il ne sait pas dire ou ne sait pas même de lui. Dans l’amour qu’on a pour les cafés, ces lieux de concentration, où lire prend une intensité particulière (et où malgré tout des lecteurs se croisent et se parlent...) il y a sans doute une mémoire de poèmes de Prévert (inversant la tristesse en douceur de présence), et d’autres poèmes qui ne parlent pas de café mais de fenêtres ou de visages. Intertextualité de la conscience de l’instant. Précieuses pauses, pour moi, que ces parenthèses que je vole au temps, que je vole aux autres, même, si je peux, ayant un rendez-vous avec moi-même que je ne sacrifie à rien.

Parenthèses si nécessaires, de silence (même s’il y a un fond de musique - que souvent j’apprécie, critère du choix du lieu). Quand le monde fait tous ces jours un bruit de peine de mort (Indonésie, Egypte, Etats-Unis... pour ne citer que les dernières terribles informations). Un bruit de couloir de la mort (lire sur le site d’ECPM l’histoire d’Ahmed, au Maroc, qui avait été condamné à mort pour un slogan, puis gracié au bout de longues années de prison dans ce couloir de terreur, et enfin libéré : un survivant...). Un bruit de détresses en mer (Méditerranée, Asie du Sud-Est). Malgré tout, après le journal, j’ai fini « Et il dit » d’Erri de Luca (de lui je lis tout), et continué à lire Alain Vircondelet sur Marguerite Duras (ce qu’il écrit est plus que précieux, proche, d’une profondeur infinie). Etrange comme, dans nos vies, se mêlent nos joies d’instant en instant, et des désastres partagés. De même, se croisent la lecture des faits bruts, des analyses vives, et l’intime entrée dans des œuvres qui rajoutent de la magie à la réalité. C’est pour cela que j’ai noté au pluriel « lectures, nuits, et lumières ». 

© MC San Juan (TramesNomades) / Texte et photographies

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11/05/2015

Edouard Glissant. Retour sur une œuvre majeure...

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« L’écrivain est l’ethnologue de soi-même » 

Edouard Glissant cité par René de Ceccaty, Le Monde (papier), 4-2-11

Au soir tardif du 10 mai, je relis une de mes notes de 2011, sur cet auteur, un hommage juste après sa mort. Quand on se souvient des drames que les pièges identitaires (forcément inégalitaires et vouant les êtres au racisme) ont causé dans l’histoire, relire un penseur-poète qui nous propose une éthique du nomadisme, une dynamique des interférences, ne peut que nous aider à traverser ces pièges. De ma note (très longue, par les très nombreux liens) je ne reprends ici qu’un fragment, nécessaire, et des citations (en ajoutant une), peu de liens (mais j’en ajoute trois)...  Ci-dessous...

Dénonçant  l’enfermement dans une identité limitative qui resterait figée, il opposait notamment les notions de créolité et de créolisation, ce dernier concept se posant dans la dynamique d’un monde moderne exigeant de l’individu l’acceptation d’une réflexion sur son identité, pas pour la renier, mais pour prendre conscience de sa nécessaire transformation du fait des interférences culturelles, des échanges. L’éthique entre les peuples devant être celle de la relation, pas de la domination. Le lisant, on peut comprendre la « poésie » comme genre, mais aussi comme modalité du regard sur le monde, esthétique de l’éthique des interférences. Penser « l’envers lumineux de l’histoire »...

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CITATIONS :

 « Toute parole est une terre / Il est de fouiller son sous-sol / Où un espace meuble est gardé / Brûlant, pour ce que l'arbre dit ». Plus… sur : http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/glissant_champ.html 

« Le nomadisme m’a permis d’échapper à tous les enfermements. Mais en voyageant, on transporte toujours ‘‘ses’’ lieux avec soi, ses lieux communs .Chaque lieu est incontournable. On ne peut le remplacer ni en faire le tour.» (...) « Au plus fort de mon activité politique dans les années 60, j’écrivais des poèmes résolument opaques. L’obscur est le renoncement aux fausses vérités des transparences. Je réclame pour tous le droit à l’opacité.» (Édouard Glissant cité dans l’article de Gilles Anquetil, Le Nouvel Observateur) http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20110203.OBS7408/hommage-le-cyclone-glissant.html

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LIENS :

Le site officiel : http://www.edouardglissant.fr/  (En exergue, ceci : « Le poète achemine la connaissance du monde dans son épaisseur et sa durée, l’envers lumineux de l’histoire qui a l’homme pour seul témoin. »)

Une page sur Recours au poème, « Les Fruits de l’Archipel », par Marc-Williams DeBono : http://www.recoursaupoeme.fr/essais/les-fruits-de-l%E2%80%99archipel/marc-williams-debono

Un sommaire (articles sur l’auteur), remue.net : http://remue.net/spip.php?mot119

Et... la note (liens, dont papalagi...) sur Trames nomades, en 2011... Edouard Glissant, le poète, le penseur du Tout-Monde, de la "créolisation" du monde. Hommage : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2011/02/05/edouard-glissant-le-poete-le-penseur-du-tout-monde-de-la-cre.html

10/05/2015

« Suspendus à l’indéfini »... Images, entre indéfini et défini. Fragments d’autoportrait...

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« Nous sommes tous suspendus à l’indéfini »

 

 Carolyn Carlson (elle rappelle cette phrase, fragment poétique, dans un entretien publié dans la revue Polka - interview, par Elisa Mignot, N°29/mars-avril-mai 2015).

 

« Suspendus à l’indéfini »... C’est peut-être pour cela qu’il est si difficile de passer de l’indéfini au défini... pour tenter de donner des clés, ou de faire indirectement son autoportrait, ou choisir un symbole qui nous représente.  Mais cette pensée de Carolyn Carlson va plus loin. L’indéfini, c’est la marge qui permet la création...  et c’est l’espace qui rend possible l’interprétation.

Justement, entre indéfini de la création, et indéfini de la lecture qu’on en fait, même quand c’est soi, l’hésitation peut être longue.

Sur Facebook (où je continue mon apprentissage en lenteur) la plupart des gens mettent leur visage en profil, des créations en « pages » créatives, peu de symboles. Moi qui aime les détours j’ai mis du temps à choisir les images... que j’ai fini par poser.  Fragments de bibliothèque et désordre de table ... J’ai utilisé aussi pour le blog, ici, en haut à droite, une des photographies (minuscule, car vignette pour poser des liens : écritures ou créations visuelles). Je les pose donc ici, complètes, visibles et lisibles... et même une, qui n’est restée qu’un instant (et fait partie d’une série de pluie : il pleuvait, j’ai regardé... A suivre). 

© MC San Juan (TramesNomades) / Texte et photographies

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08/05/2015

Place Igor Stravinsky, Paris, 7 mai 2015. Des voix et des images pour les dissidents d’Arabie saoudite

PHOTO 9 RAIF.jpgPHOTO 10 RAIF.jpgPHOTO 11 RAIF.jpgPHOTO 8 RAIF.jpgPHOTO 6 RAIF.jpgPHOTO 7 RAIF.jpgPHOTO 5 RAIF.jpgPHOTO 3 RAIF.jpgPHOTO 1 RAIF.jpgPHOTO 2 RAIF.jpgPHOTO 3 RAIF.jpg

PHOTO 12 RAIF.jpgarabie saoudite,dissidence,dissidents,liberté,liberté d’expression,raif badawi,waleed abu al-khair,samar badawi,abdullah al-hamid,droits humains,7 mai 2015,place stravisnky,amnesty,r.s.f.,photographies,citations,prison,prisonniersPhotographies... Manière de prolonger ces moments solidaires, de faire trace. Seuls visages visibles, militants qui ont donné leur accord ou qui ont posé volontairement (ceux qui ont prêté leur voix un instant  à chacun des prisonniers...). Je photographie les messages, dans le contexte du lieu, aidée pour certaines images par des mains tenant des papiers : symboles forts, ces mains, tissant ces fils tendus vers d’autres, pour ne pas les oublier...  

Lecture : des citations publiées par les associations ayant appelé au rassemblement du 7 mai à Paris.

"De nos cellules nous allumerons des bougies" (Dr. Abdullah Al-Hamid)  

« Je n’ai pas été enfermé pour avoir pris ma propre défense. Je l’ai été parce que je défendais les personnes opprimées de mon pays. Ne m’oubliez pas. Mais, par dessus tout, n’oubliez pas celles et ceux que je défendais. » (Waleed Abu Al-Khair, avocat des droits humains, condamné à quinze ans de prison)

« Vivre longtemps dans une cage obscure nous fait craindre la liberté. » (Waleed Abu Al-Khair)

« Aujourd’hui, il est temps de défendre la liberté d’expression en tant que telle ! Pour que jamais plus une personne ne puisse être jetée en prison pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression. » (Samar Badawi (frère emprisonné, mari emprisonné - porte-parole des dissidents...)

Extraits de NOTES de Raif Badawi (blog), repris par le GUARDIAN (en anglais). « A look at the writings of Saudi blogger Raif Badawi – sentenced to 1,000 lashes » : http://www.theguardian.com/world/2015/jan/14/-sp-saudi-blogger-extracts-raif-badawi 

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Rappel. NOTE du 07-03-2015, sur RAIF BADAWI : http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/03/07/ra... 

02/05/2015

De phrase... en phrases lues, relues, danser en esprit. CITATIONS

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« Vent tissé », seuils et pas... (C’était le titre de la note du 04-12-2010. Exergues...).

Trames... Vent tissé, fils brisés, parfois. Tisser, c’est faire pont, mais c’est aussi dénouer les nœuds mensongers, dénoncer l’injuste, par le murmure ou par le cri. Cependant, toujours, revenir au silence, au poème, au regard…  Voici mon manifeste aux mots empruntés. Goût de citer, d’extraire, qui n’est séparable, pour moi, ni de la lecture, ni de l’écriture… Seuils et pas.

Je reprends, ci-dessous, plusieurs des exergues posés en 2010, au moment de la création du blog sur hautetfort... et un peu après. Et, là, cette anthologie miniature, sorte de manifeste aux mots empruntés, s’enrichit encore de quelques citations... qui me sont essentielles. Exercice : bribes notées au fil des lectures, cristal des livres, essence nourricière. Anthologie, et autoportrait... Danser en esprit... Être.

Autoportrait, peut-être, aussi, ce fragment de l’intime sur deux étagères... Lire (trames... errance / écriture... / identités traversées... / être...).

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« La seconde métaphore est la trame. » 

  Jorge Luis Borges,

  Treize poèmes.

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« Notre vie est du vent tissé. »   

   Joseph Joubert,

   Pensées.   

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« Cela qui fait de nous l’humanité

Tissage et métissage »

Salah STETIE, Le Bleu de la question (ds A poèmes ouverts, Anthologie, choix de JP Siméon, éd. Points)

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 « Je suis seuil et je suis chemin.

 Je suis pierre qui dit l'horizon.

 Je suis l'enclos des pas nomades.

 Je suis paume où se lisent les lignes de l'ailleurs. »

  Jacques Lacarrière

    A l'Orée du pays fertile

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« Trame parmi les incidents / Peut lui être augure »

Ted Berrigan

Les sonnets 

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« Il est urgent de réveiller le nomade que chacun porte en soi. »

Jean Malaurie

Ultima Thulé

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« On n'est pas originaire d'un lieu mais de plusieurs. »

Eric Faye

Somnambule dans Istanbul

(cité par Florence Bouchy, Le Monde du 29-11-2013) ......

 « Salut aux passeurs, aux errants, aux exilés. »

Jean-Claude Xuereb, Ulysse ou l’ultime épreuve

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« ... l’habité, l’inhabité. / Voué à l’errance. »

Edmond Jabès

Récit

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 « Ils construisent des murs et ils détruisent le vent. »

Jean-Marie Kerwich, poète gitan, cité par Alexandre Romanès, poète et directeur de cirque.

Nomades, nous resterons : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/26/nomades-nous-resterons-par-alexandre-romanes_1485448_3232.html )     

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« Développez votre étrangeté légitime. »

René Char

Fureur et mystère

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« errance de qui ne se lasse pas / de traverser les frontières »

Abdelwahab Meddeb

Portrait du poète en soufi

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« Sur cet îlot de l’univers / L’univers seule patrie »

Ahmed Azeggah

Arrêtez (Anthologie de la poésie algérienne, « Quand la nuit se brise », dirigée par Abdelmadjid Kaouah, Points)

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« La pensée avant d’être œuvre est trajet. »

Henri Michaux

Poteaux d’angle

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« La Nature est une Maison Hantée – mais l’Art – une Maison qui essaie de l’être. »

Emily Dickinson

Autoportrait au roitelet

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 « -- Et cela pourriez-vous le décrire? Et je répondis : -- Oui, je le peux. »

        Anna Akhmatova    

       Requiem

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« Dans de la colle durcie, Ce pas. Oh, que d'efforts Pour repousser pour rebrousser la route De l'opinion commune! » 

      Marina Tsvétaeva         Le Poème de l'air

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 « Qui dira l’intérieur d’une orange ? / Qui peut à cette clarté-là lire au-dedans des pierres précieuses ? »

Rainer Maria Rilke

Chant éloigné

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« De jour tu écris le poème / qui écrit / en toi / la nuit »

Henry Bauchau

Nous ne sommes pas séparés

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« Je reconnais ma nuit je reconnais ma cendre / Ce qu’à la fin j’ai su comment le faire entendre / Comment ce que je sais le dire de mon mieux »

Aragon

Le roman inachevé

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« Un livre ouvert c’est aussi la nuit. »

Marguerite Duras

Ecrire

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« Affirmer et garder par un poème, / ce qu’est la durée. »

Peter Handke

Poème à la durée

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« J’efface en écrivant. J’écris en effaçant. Je l’un ou l’autre, ou l’inverse. N’importe. Je cultive les passerelles. »

Lyonel Trouillot

Eloge de la contemplation/Poésie

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« Travaillant et retravaillant / les mêmes textes / jour après jour / perdant tout sens / de ‘production’ et de ‘publication’ / toute idée d’une ‘réputation’ à forger / engagé plutôt dans quelque chose / -- loin de toute littérature -- / que l’on pourrait pertinemment nommer / un yoga poétique. »

Kenneth White

La Résidence de la solitude et de la lumière / méditations pyrénéennes 1

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« Un coup de dés jamais n’abolira le hasard » (...) « C’était le nombre  issu stellaire » (...) « Rien n’aura eu lieu que le lieu » (...) « Toute Pensée émet un Coup de Dés »

Stéphane Mallarmé

Un coup de dés

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« Pour chercher le ‘duende’*, il n’existe ni carte ni ascèse. On sait seulement qu’il brûle le sang comme une pommade d’éclats de verre... » (« Le ‘duende’ opère sur le corps de la danseuse comme le vent sur le sable. »

Federico Garcia Lorca

Jeu et théorie du duende

[* el duende : (intraduisible...). La flamme de l’art, qui rend possible l’art, la poésie. Le souffle du flamenco, le feu qui jaillit de l’élan du corps, hors de toute maîtrise technique. Une magie qui opère à la frontière de la souffrance et de la joie. De l’ordre de la transe mystique ou sensuelle. Transcende tout. C’est présent ou pas, et on le sait.]

Federico Garcia Lorca

Jeu et théorie du duende

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« Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. » (...) « Enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

Charles Baudelaire

Petits poèmes en prose

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« J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d’or d’étoile à étoile, et je danse. »

Arthur Rimbaud

Les Illuminations

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« Les labyrinthes érudits de Borges ont ouvert mon troisième œil en me faisant découvrir les profondeurs des sagas et des mythologies. »

Erri de Luca

La parole contraire

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 « Mon pays, / C'est toutes parts où des hommes. / Mon pays? / Toutes parts où des soleils. »

Gabriel Audisio, poème

Hommes au soleil, 1923

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« Sur cet îlot de l’univers / L’univers seule patrie »

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« Seul un esprit socratique d'indulgence envers les autres et de rigueur envers nous-mêmes peut constituer une réelle menace pour une civilisation fondée sur le meurtre. »       

Albert Camus      

Conférence, 1946, Columbia University, USA. NRF, janvier 1996, n° 516.

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« Si l'homme nouveau n'invente pas un vocabulaire à la mesure de sa conscience / Que s'écroule l'homme nouveau. » Jean Sénac Citoyens de beauté 

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« On se croit libre de vivre sa vie d’être humain et d’écrivain, ne se reconnaissant d’autres obligations que celles que vous dicte votre conscience d’être humain ordinaire, semblable — et singulier pourtant — à des milliards d’autres êtres humains.

Et on se retrouve face à une foultitude d’individus et d’institutions qui ne rêvent que de vous inclure de gré ou de force dans une division du monde en troupeaux ethniques, évidemment hiérarchisés les uns par rapport aux autres. » 

Anouar Benmalek

De la malédiction d’être arabe

et de quelques moyens, pour un écrivain arabe, d’y échapper

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 « Vivre ailleurs que là a changé pour moi le sens du mot vivre. »

Marie Cardinal

Au pays de mes racines

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 « Qu’avons-nous appris ? A vivre sans sombrer dans la haine. »

René-Jean Clot

Une Patrie de Sel

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« Les paysages sont comme les livres : ils nous ouvrent à la vie mais leur sens change selon l’âge et les circonstances. (…) Et, matrice de notre mémoire, ils nous constituent à jamais. C’est en eux que s’élaborent, jour après jour, notre sensibilité et notre métaphysique du monde. »

Jean Pélégri

Ma mère, l’Algérie

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« Un honnête homme, un homme de cœur, ne saurait se taire ni se boucher les oreilles. »

Mouloud Feraoun

Journal 1955-1962

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« Jamais l'Obscur en soi ne fut si parfait / car toutes les haines emmêlées / à la liasse des remords / ont saccagé les derniers relents de la lumière »

Umar Timol

(Source : africultures.com / Rubrique POESIE)

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« Oui, j’essaierai d’être. Car je crois que c’est orgueil de n’être pas. »

Antonio Porchia

Voix

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« Je suis l’analogue de ce qui est. »

Paul Valéry

Ego scriptor

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« As-tu déjà regardé l’ombre de tes larmes ? Ce n’est pas une ombre ordinaire, ça n’a rien à voir. C’est une ombre venue exprès pour nos cœurs d’un autre monde lointain. »

Haruki Murakami

Chroniques de l’oiseau à ressort

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« Prends et lis! Prends et lis! »

Augustin (de Thagaste, 654-430)

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« le monde est un tissu d’épiphanies / toute chose visible porte en elle / les traces de l’Invisible »

Abdelwahab Meddeb, Portrait du poète en soufi (Belin)

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« Indemne, qui le prétend ? / Mais d’où survient le lien, la ligature du moment ? »

 Jean-Marie Blas de Roblès, Hautes lassitudes (Dumerchez)

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« L’Orient n’a jamais commis l’erreur de verser dans la poésie individuelle ; tout ce qui a une valeur dans la poésie orientale traite de l’universel. »  Antonin Artaud, Préface (élogieuse) au recueil de Roger Gilbert-Lecomte, La Vie l’Amour la Mort le Vide et le Vent  (Poésie/Gallimard)

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« Je ne reconnaîtrai jamais le droit d’écrire ou de peindre qu’à des voyants » Roger Gilbert-Lecomte (à propos de Sima), Puisque peinture il y a... / Œuvres complètes (Gallimard)

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« Nous ne voulons pas écrire, nous nous laissons écrire. » Roger Gilbert-Lecomte, Avant-propos au premier numéro du Grand Jeu (Poésie/Gallimard et Oeuvres complètes, Gallimard) 

19/04/2015

Huy Thiêp NGUYEN. Leçon d’écriture, leçon de liberté... "Refuser de courber l'échine..."

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« Il en est de la littérature comme de la Voie. Etre, c'est ne pas être; ne pas être, c'est être. "Plein" et "vide" sont des catégories de la pensée (...) si l'on considère la littérature comme une voie parmi tant d'autres, afin de se perfectionner, on ne se sera pas trop trompé... » (Un maître parle...)

Huy Thiêp NGUYEN, « Mon oncle Hoat et autres nouvelles »

Il y a des relectures qui résonnent en nous particulièrement. Celle d’un article de L’Express, de 2012, prend un sens différent, en fonction de l’actualité récente, des dissensions idéologiques brutales qui font devoir se positionner dans le combat contre les fanatismes, les intégrismes, et les pensées de haine. (Mais ce ne sont pas vraiment des pensées, celles-ci, juste des fracas émotionnels qui sortant de la part la plus sombre des peurs souterraines construisent des machines mentales de destruction, ou des complicités avec ces machines mentales. Porosité des univers des mots...).

Dans cet article, qui suit l’interdiction faite à Huy Thiêp Nguyen de sortir du Vietnam, pour répondre à une invitation à l’étranger (France...), tout est dit de la situation des écrivains dans ce pays, et tout est dit de la manière dont cet auteur trouve le moyen de traverser les murs qu’on lui oppose. Tout est dit aussi du choix qui reste à ceux qui refusent les oppressions totalitaires, qu’elles soient politiques ou religieuses. Et du choix qui reste à tous, partout : « refuser de courber l’échine ».

Lire ceci : « L'écrivain doit nager à contre-courant et, par conséquent, il s'attire constamment des ennuis, dit Thiêp. Qu'importe qu'on cherche à lui couper les ailes, il doit refuser de courber l'échine. Car il aime la liberté, et c'est un réel handicap. Cherchons cette liberté dans la douleur, au sein même de la pauvreté et des coups bas politiques. »  (Et lire ou relire tout cet article, précieux, et intégralement en ligne).

L’Express, 21/06/2012, par André Clavel : http://www.lexpress.fr/culture/livre/crimes-amour-et-chatiment_1128950.html

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Ses livres, référencés sur le site « vietnam.aujourdhui »   : http://vietnam.aujourdhui.free.fr/livres/nguyenht.htm

Librairie internationale (livre mentionné en exergue et autres publications de l’auteur) : http://bit.ly/1HIGoHe

Fiche wikipedia : http://bit.ly/1yIZNWO

06/04/2015

Ecriture... A L’INDEX N° 28, revue littéraire

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Puissante œuvre poétique que celle d’Anne Sexton

 

 

 

 

 

(née en 1928 dans le Massachusetts, morte en 1974, suicidée), fascinante même dans cette obsession suicidaire (qu’elle partage avec Sylvia Plath, poète immense aussi, née en 1932, morte en 1963, par un suicide que toute son œuvre  semble annoncer). Amitié qui constitue le dossier d’ouverture de la revue. Ce qu’Anne Sexton écrit sur (et à) Sylvia Plath est bouleversant, intime, riche autant pour ce partage fraternel d’émotion que pour tout ce qui est dit du processus d’écriture, entrelacé dans le même partage. Puissante écriture, tant pour les textes d’analyse de soi (par quelqu’un qui a vécu la démarche analytique) que pour les poèmes. On la connaît peu, d’où la nécessité d’un tel dossier. Je ne sais pas pourquoi elle a été plus négligée, en France, que Sylvia Plath. J’ai aimé le portrait que Jacques Basse fait des deux auteurs (non, moi je ne mets pas le « e » d’un féminin formel, qui, à mon avis, est un contresens linguistique). Jacques Basse, je l’avais découvert par hasard, avant de lire A L’Index, en cherchant un texte de René-Jean Clot, et le nom m’avait mené à son site, et au portrait du peintre-écrivain (qui m’est cher, très cher), et depuis c’est lui que je cherche aussi, pour ce regard sur des visages marqués par l’écriture. Traits noirs, mais pas tristes, ici. C’est la vitalité qu’il a voulu montrer, pas le désespoir sourd. Dépressives, Anne Sexton et Sylvia Plath, le sont donc au point d’en mourir, de « vouloir mourir » (comme l’affirme en titre le poème de la page 11, d’Anne Sexton, ou page 17 celui sur « La Mort de Sylvia »). Mais leur lecture donne de la joie, par la profondeur du cri intérieur, par la maîtrise lucide, malgré tout, du langage pour saisir ce qui est en jeu,  même quand, comme moi, on se sent complètement étranger à ce genre de triste déchirement intérieur. Mais sans doute en nous tous y a-t-il un écho de tels questionnements. Camus l’a dit, la question du suicide est le sujet philosophique central, et moral, c’est pourquoi ces poètes parlent de nos vies. Et la différence avec elles, avec elle, c’est qu’elles savent, elle sait, quel est le gouffre qui  attire. Nous, consciemment, non, mais qui sait ce qui est mortifère dans nos rapports aux émotions, au corps, au monde. Parfois nous frôlons la mise en danger de soi, par une fuite apparente des parts sombres, et l’inconscient est là.

Magnifique texte, que celui de Frédéric Miquel, dès le début : « Un verre à la main, une bouteille de vodka dans l’autre, elle se mit à exhumer amoureusement les souvenirs enfouis au plus profond de la terre séchée de sa mémoire... ». Il parle d’un « corps solaire » mais c’est l’être entier qui est solaire dans ce portrait d’un « physique éblouissant de beauté ». Texte amoureux. C’est la juste approche, pour lire et relire : que ce soit amoureux. Voilà un critère pour apprécier une œuvre : produit-elle en nous un tel élan (comment, peu importe, mais d'une impulsion violente, de manière inconditionnelle et dans la distance de la gratuité) vers l’être qui a tracé ces mots-là? Anne Sexton y réussit. (Tous ceux qui ont écrit ou dessiné pour ce dossier l’expriment diversement).

Echo des ombres, êtres perdus dans l’immense et dans l’angoisse, le beau poème de Guy Girard (2011). Je retiens ici un fragment, particulièrement : « dansante évidence de la lumière éclairant de son ombre / ce grain de poussière  dans le jeu de quilles du présent. »

Rabiaa Marhouch dit son admiration pour les poèmes d’Anne Sexton, comme dans une sorte de terreur : « Ta poésie me terrasse ». « Ma page blanche » : je le vois, ce texte,  comme un poème en prose. Elle y parle de la lecture de cette œuvre accomplie, achevée, d’Anne Sexton, qui peut être contemplée dans un ciel de splendeur et qui écrase par sa magnificence, quand on admire. Un début, une fin, finalité qui peut paraître trop loin, inatteignable. Je peux comprendre, et l’angoisse et l’élan que le texte sait traduire avec force : « Ma poésie est à délivrer de ta Poésie. »... Au début, cependant, elle écrivait : « Je suis une immensité qui se méconnaît. ». Oui... C'est une phrase qui restera longtemps dans la mémoire, après l'avoir lue. On aura donc envie de relire ce texte, et de suivre cette écriture...

Mais aucune de mes grandes admirations ne m’a jamais fait ressentir ces peurs, même adolescente. Très jeune je savais (et je l’avais décidé, je m’en souviens, à douze ans exactement : j’ai même le souvenir d’un instant précis, à l’ombre d’une entrée de patio, cristallisation des pensées de beaucoup de moments et de jours...). Je savais que le temps serait mon espace d’écriture, des décennies de travail devant moi quand d’autres avaient des décennies de travail derrière eux. De plus, Rimbaud démontrait que l’inverse est possible, l’intense concentre le temps et tout peut être transcendé. La preuve... Enfin, pourquoi craindre le temps si l’on ne rêve pas d’une accumulation de livres remplissant une bibliothèque, mais plutôt de l’ouvrage essentiel, qui serait le produit de la déchirure d’infinis brouillons,  alchimie de soi autant que des mots tracés. L’importance de la création ce n’est pas le poids. Je n’ai pas un rapport quantitatif avec la mesure d’une œuvre. Et ne m’intéresse, pour moi et les autres (écriture, ici, lecture, là), que ce que signifie (et crée) cette lente métamorphose que l’écriture ne fait pas que traduire mais bien plus produit. Les mots comme un feu qui brûle l’inessentiel et fait sourdre de notre ombre des scories qui ne sont pas des déchets mais gardent en eux une densité volcanique faite de son contraire, et, en eux, aussi, ces vacuoles d’espace cosmique. Le creux de soi, centre libre, n’est pas que racines. Ce que je veux dire par cosmique, c’est justement ce qui empêche l’admiration de se muer en peur de ne pouvoir atteindre cela qui est écrit par quelqu’un d’autre.  Tous peuvent être sculpteurs d’eux-mêmes, donc de leur œuvre. A condition de... Affaire de travail, de lecture, et de conscience. De perception de cet espace immense autant interne qu’externe. Et de ce sens présent partout, qu’il faut juste déchiffrer. Est-ce orgueil ? Non. L’humilité, je la mets plutôt dans un goût pour la longue patience, très longue patience... Et pourquoi pas ? Regards et regard...

Donc, poèmes d’Anne Sexton, dans ce numéro. Citations. « Vouloir mourir » (texte pp.11-12) :

« Puisque vous demandez, la plupart du temps je ne me souviens pas. / Je marche dans mes vêtements sans porter la marque de ce voyage. / Puis ce désir viscéral presque innommable revient. »

Et

« La Mort de Sylvia » (pp.17-19)

« Sylvia, Sylvia, / où es-tu allée / après m’avoir écrit / du Devonshire (...) ? » (...) « à quoi as-tu été fidèle, / comment, au juste, t’es-tu allongée dedans ? »

(...)

« cette mort que nous disions avoir toutes deux dépassée, / celle que nous portions sur nos poitrines maigres »

Cette mort l’attriste, mais lui donne le désir « d’y goûter, comme à du sel. »... Elle le fera, plus tard. Ses textes disent qu’elle ne sait toujours pas de quelle plaie vient encore ce désir de mourir qu’elle croyait avoir vaincu. « Innommable » désir, sans mémoire pour pouvoir le cerner. Innommable, car il est le désastre du défi lancé à l’écriture. Si les mots d’Anne Sexton avaient pu saisir totalement l’attrait de la mort, cet attrait aurait-il été englouti dans le travail de mise à la conscience par l’écriture ? Ou, au contraire, si l’enjeu avait juste un peu déplacé le regard ? L’influence de Robert Lowell n’a-t-elle pas été un frein, malgré ce qu’elle en dit, admirative et reconnaissante ? Dans un texte elle écrit « Après tout, le suicide est le contraire du poème » (« Le pilier de bar devait chanter », pp.7-11, citation, p.10). Et elle ajoute qu’avec Sylvia elles discutaient « souvent de contraires ». C’est comme si, là, on était au bord d’une frontière qui aurait pu être traversée dans un sens ou tout à fait dans l’autre sens. Même si, bien sûr, on ne peut rien dire sur le mystère des bascules dans la dépression, ni, dans le fond, pas beaucoup plus sur ce que l’écriture arrive à vaincre chez autrui...

Ce dossier seul justifie la parution du numéro, qu’il emplit déjà, jusqu’à la page 26 (seulement ?) : qu’il emplit de sens.

Mais d’autres textes suivent...

Poèmes de la « Petite anthologie portative ». Plusieurs auteurs. Je relève un nom, pour les textes que je préfère : Nora Thermes, d’évidence. Découverte d’une écriture, où je sens un souffle, une pensée qui sous-tend la poésie (pp. 36-38). Une démarche qui engage tout l’être. C’est une écriture...  On reste à hauteur du dossier...  Citer, c’est parfois trahir un peu, quand tout est lié (comme pour le texte de Rabiaa  Marhouch...). Mais commenter sans citer, non.

Donc... Nora Thermes « S’enorgueillir alors de n’être jamais qu’à soi / Et ne se dicter comme quête relationnelle / (Pour ne point effleurer l’affect, / Et sanctifier l’angoisse) / Que la triomphante obtention / Des ombres des corps les moins lumineux » (...) ///   « Et tisser sans transparence des liens furtifs / Fugaces, pour ne point plonger / Ne point goûter la douce douleur salée / Des abîmes d’impudiques » 

Pages 49 à 64, jeu entre écriture et dessins, Jean Chatard et Claudine Goux. Humour et poésie. C’est original (« Visages, Nuages, Mirages »).

Pages 65 à 69, mon texte, poème, vers libres et prose. « Une et toutes douleurs ». Exergues (bien sûr...) : Anna Akhmatova, Monique Rosenberg, Lyonel Trouillot, Geneviève Clancy. Je ne peux que tisser lecture et écriture. Je ne citerai qu’un fragment, tout au début. Il donne une des clés, en posant une question : « Le lieu est-il l’exil de la pensée ? ». Exils, conscience : méditation... La traversée des frontières est au centre de mon identité, de tous mes questionnements. Pluriel interne, valises « arrachées », et chiffre de l'éthique nomade. Regard autre. Je signe d'un S, mémoire du soleil-signature de Jean Sénac, et de l'initiale en commun, S solaire, oui, et S des pluriels, qui ouvre le multiple en soi et dehors (MC San Juan...).

Page 77, poème, « Marelle », de Jean-Claude Tardif. Evidemment le jeu n’est qu’un prétexte, pour cartographier bien plus que les pas sautillants d’enfants... J’aime beaucoup. On entre plus facilement dans un univers quand on a lu des recueils, des pages diverses de l’auteur. Dans un poème on ouvre alors un monde. On peut se tromper et inventer un sens qui n’est pas celui que l’auteur voulait nous faire lire. Mais le lecteur crée aussi le texte qui inscrit plus que le poète croyait dire (et il le sait).

Donc... « Sur le chemin de la marelle / L’éclat calcaire / Limite au bonheur »  Pourquoi limite ? Parce que cela casse la symétrie plane ? Parce que cela alourdit et ramène au sol vers l’éclat (trop poudreux ?) « L’enfant solaire » ? Ferme son espace ?  Mais quand même l’élan qui élève. « Agir »... « Lancer la pierre / Contraindre l’espace ». Non, décidément, ce n’est plus seulement le jeu d’enfance, le rêve dans la lumière. J’y vois le symbole de nos vies, tous au départ « enfants solaires », à sauter « Sur la nuit et les jours », « Blancs et noirs » du jeu,  à devoir trouver la route entre les « droites » quand un instant peut faire dévier, et arriver, au bout du compte, à être capable de dévier exprès des chemins fixés, sans angoisse. Le but, la fin, dans le texte, c’est aller  « Jusqu’à l’asymétrie ». Parce que l’espace libre échappera aux traits normatifs, que la vie fera entrer du désordre dans nos jours et nos années, et nous forcera à sortir des repères anxieux, obsessionnels, des normes et des cadres. Mais il y a un mot, « lutte », qui marque l’effort de l’enfant dans son jeu (pour suivre ce qui est droit), et, peut-être, la lutte de l’adulte, au contraire (pour fuir ce qui est trop droit...). Asymétrie vivante, l’art... 

Les pages qui suivent sont de Claire Dumay. Feuilletant la revue sans regarder le sommaire pour trouver les pages, au départ, j’ai lu la dernière phrase d’un de ses deux textes (pp.78 à 85), et j’ai immédiatement reconnu le style, signe qu’il est très personnel. Un style...  « Essai d’autobiographie », voilà qui soutient ma lecture du poème de Jean-Claude Tardif... La même chose est dite (sans le savoir, en voulant dire le contraire, en regrettant ce contraire...). Elle explique son impossibilité à inscrire un quelconque projet autobiographique qui ressemblerait à ce qu’elle lit ailleurs. Elle croit devoir s’en désoler... Parce qu’elle perd les repères, ne sait plus où elle va, en est « ébranlée, bousculée ». Justement, c’est bien. C’est signe que l’écriture ne se ment pas, que le désordre de la vie est bien là (qui fait arriver où on ne va pas, et fort heureusement car autrement on n’aurait pas su le décider...). Bien sûr les visages du passé ne seront pas les visages du passé. Les bribes captées deviendront autre chose. Et « tourner autour » c’est cela qui est intéressant, car autour on prend le juste recul, alors que dedans on serait enfoui dans les identifications faussaires. « Tourner autour » obligerait-il vraiment au « recyclage d’une gestation unique » que même cela serait une perspective d’écriture. Une page qui devient cent, car elle a autant de significations que de tentatives d’écriture du même instant d’un être. « Impasse » ? « Inutile de dévider l’impasse », écrit-elle. Moi, justement, j’entre dans ce texte qui se dit impasse avec un plaisir de lecture où je trouve matière à comprendre, à interroger. Les histoires tranquillement déroulées ne m’intéressent pas, mais cette hésitation de l’écriture, oui. Car le basculement est en train de se jouer. On approche l’asymétrie que visait le poème Marelle... Parce que le doute l’installe. Aux orties le moment où Pascal « marchait solitaire sur la grève » : c’est juste une clé, le saut de la marelle, avant ce trou du silence où autre chose émerge. Et que ces doutes sont bien écrits... !

Claire Dumay, encore, « Ecrire le matin ». Là aussi j’aime beaucoup. Amusée, aussi. Je remplacerais matin par nuit et je reconnaîtrais  la plupart des signes. Le matin, pour moi, serait celui des nuits blanches (alors je peux voir l’aube). Très beau texte sur l’écriture, celle qui vient sans qu’on la cherche, comme d’une étrangère. Lieux et rythme d’un monde très féminin. Solitude de l’écriture dans les moments où l’espace se libère. Rangements... ou ménage qui va marquer des pauses cérébrales, gestes dont on ne sait s’ils produisent, causent, ce qui s’écrit, ou viennent de ce qui s’écrit. Boisson chaude qui donne de la douceur au corps. Toilette décalée pour ne pas stopper l’élan du flux qui passe par les doigts. Citations : « Je quitte le mémorial, les eaux sacrificielles, la crypte funéraire » (...) « L’exode des mots supplante la stagnation, le règne de l’immobilité. Moi qui suis un être d’attache, fidèle à mes demeures, m’affranchis malgré moi de ces contrées souterraines, de la claustration du confessionnal. » (...) «  J’entre en migration. Les lettres qui sont frappées sur le clavier ne sont plus traces, ni empreintes. »   

Poème... Anne-Marie Marcelli, pp. 90-95. « Prémonitoires ». Le silence, l’écriture, le corps, la peur (ou les peurs). Toujours, l’écriture est interrogée, questions entrelacées aux thèmes courants de la vie (le corps, les liens, les lieux, la matière). Je lis, et des fragments retiennent l’œil.  Ainsi :

« Je vis / Que les pierres / Même les pierres / Se froisseraient comme du papier / ... / Et nous sommes / Moins que pierre » (...) « Ecoutons / Les murmures étouffés / De la source du verbe / Qui tremblent dans nos os » (...) « Faisons la paix / Avec le temps / Silence / Prière ». Belle méditation sur la genèse de nos écritures... et ce qui s’installe quand on fait taire les mots. Une sagesse du silence ?

Des poèmes en prose de Marie-Anne Bruch je préfère « Toussaint », « Sable et cendre », « Cercles ». 

A noter, une étude (dense, riche) d’Alexandre Zotos, sur la poésie d’ Ali Podrimja.

Et des recensions.

A L’Index N°28, Table des matières (et, sur ce blog éditeur, numéros précédents et projets) : http://lelivreadire.blogspot.fr/2015/02/a-lindex-n28-en-cours.html

Autres numéros de la revue, ici : notes, blog Trames nomades, tags...

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Anne Sexton, site dédié : http://anne-sexton.blogspot.fr/

05/04/2015

PAGES TISSEES. Des blogs, des blogs, des blogs et leurs liens... Sites et lecture infinie...

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« ...On gagne en liberté avec les années. Je suis maintenant dans une urgence et une impatience adolescentes. Il faut que les choses aient lieu. » (...) « ... Affronter les gens ou ne pas les affronter. On peut mettre, ou non, la négation. »

Maïtena Biraben , citée par Marie-Laure Delorme, JDD, Regards/Portraits, 05-04-15

« ...On a toutes les lumières en soi. » (...) « Je suis aussi bien passionnée par les textes taoïstes que soufis ou chrétiens. Ils ouvrent des portes intérieures et nous aident à traverser les émotions. Je ne suis pas religieuse et assez méfiante vis-à-vis des croyances, même si j’ai un sens des rituels, si importants dans le respect de l’autre. »

Juliette Binoche, entretien, JDD, 05-04-15, propos recueillis par Alexis Campion

................................................ ("Qui si je criais", voir le lien, fin de note, avant "poésie" (Poezibao) et "sagesses")............

Hasard des lectures du jour, exergues trouvés sans les chercher, dans la presse. Citations qui disent exactement certaines choses essentielles. Que ce qui doit être pour donner sens complètement à notre vie ait lieu. Qu’on pose le non qu’il faut poser, comme le font les auteurs de pages qui suivent... Et que des mots cassent les murs intérieurs. Et pourquoi ce choix d'illustration (qu'on retrouve en vignette et en lien, vers un site)? Car c'est révélateur du processus qui mène aux pages lues. On cherche un poème, et on tombe sur un lien vers un site de ressources, un site de veille. Pages tissées... Des blogs, des sites. Pages personnelles ou simples lectures, colères, engagements, humanisme, poésie, revues et éditions, parfois. Préférences. Pour des écritures, des thématiques, des questionnements. Une esthétique... qui fait éthique... parentés morales. Murmures et cris. Plus on lit de pages sur papier et plus on lit de pages sur la Toile, et inversement. Découvertes de poèmes, de commentaires, désir d’aller lire tel recueil... Réflexion en cours, actualité, et le hasard qui fait rencontrer, justement, les pages qui donnent les clés qui manquaient. Voyage... d’un clic je suis à... Nouméa. D’un autre je reviens à... Lampedusa (trois adresses dans la liste en marge, trois textes). Ci-dessous j’ai surtout repris des titres qui étaient dans la liste en marge (pages qui n’y sont plus, mais les sites, oui, pour l’essentiel), ou ajouté des liens qui n’y étaient pas encore, pour construire une mémoire de pages, ici... Dans certains cas l’actualité impose, comme la nécessité de garder trace de « paroles contraires » (cf. note du 30-03-15), consciences solidaires de Soufiane Zitouni : les liens sont dans cette note, et certains blogs découverts ainsi rejoignent la liste (Pages tissées) pour d’autres écritures. J’aime les blogs de netwriters, de gens qui écrivent vraiment, pas ceux où l’on se contente de faire copie de textes lus... Sauf quand, c’est rare, le montage des choix est une création, un collage qui fait sens. Ici, j’ai choisi des blogueurs que je connais, et des blogwriters inconnus (blogwriter, j’aime ce terme anglais, pour une fois... emprunt que je garde : c’est court, c’est net). Inconnus mais proches en conscience. La liste en marge est alphabétique. Ici je vais tenter un ordre (logique intérieure...). Je ne mets pas (ou exceptionnellement, si la structure du blog le rend nécessaire) le lien vers l’accueil des sites, mais je choisis une page particulière, que je voudrais faire découvrir, et je la laisse longtemps en ligne (liste puis note). On peut ensuite voyager dans les pages ouvertes... Tisser ainsi des fils entre les pages des uns et des autres, connus et inconnus, c’est, presque, aussi, tracer un autoportrait, ou portrait en projet, en advenir.

Pour commencer.... Je pose des pages précises. Mais ensuite on peut aller découvrir tout ce qui peut être lu d'autre en allant voir l'accueil, les sommaires... Lecture infinie, donc...

MEMOIRE du VENT, septembre 2012, un texte de Khalil Gibran, « Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit... » (extrait, Le Prophète). Je fréquente ces pages depuis longtemps... Poésie, voyage... Pas de mise à jour depuis 2013 ? Lassitude peut-être (je n’aime pas le trop long silence des blogs. Mais pourtant...) : http://memoireduvent.canalblog.com/archives/2012/09/06/25048943.html

BLOG de Jean-Claude Tardif, écrivain et éditeur (une ample note mensuelle, ou quelques notes brèves). A L’INDEX, novembre 2014, Jacques Basse, Anthologie de poésie turque (Visages de poésie), et autres informations littéraires. L’exigence comme méthode et pratique. Lucidité comme éthique sociale et d’écriture, fidélité au réel. Un goût des autres, savoir prendre le temps de rendre hommage. C’est ce que je perçois :   http://poesiealindex.blogspot.fr/2014_11_01_archive.html     

Le livre à dire, Empreinte. A L’Index N° 29. J-C Tardif veut faire lire et relire Gabriel Okoundji : http://lelivreadire.blogspot.fr/2015/02/a-lindex-n29-n-empreinte-consacre.html

PAPALAGUI, BLOG de Christian Tortel, journaliste, s’intéresse aux « littératures éparses et ultrapériphériques ». Il nous ouvre des mondes, et interroge une certaine immobilité perverse qui fige les consciences, source de tous les pièges du racisme, ou de l'indifférence. Invite au nomadisme de l'âme (à comprendre comme esprit, intelligence du regard). Sur cette page, juin 2013, une citation de René Char (« Va vers ton risque... ») et Les Matinaux en illustration (plus une explication du terme papalagi - ou papalagui). Dans ses liens : îles, sud, nomadisme et « tout-monde »...  http://papalagi.blog.lemonde.fr/2013/06/26/va-vers-ton-risque/

Le rendez-vous des civilisations, de Florent de Gigord, dont le blog montre l’intérêt pour la spiritualité, à condition qu’elle soit liée à une démarche libre. Liberté de conscience, d’abord. Culture ouverte aux sagesses diverses. Culture large, nourrie de lectures. Humanisme et fraternité. Le dialogue contre les idéologies de l’affrontement. Connaître la pensée et la spiritualité des autres, pour comprendre. Donc voyager hors de ses cadres, entrer en empathie dans le cœur, le centre, des sagesses proches et lointaines. Esprit curieux de découvrir et faire découvrir des sites, en proximité éthique (et esthétique...). Ainsi, dans la note qui suit, il présente d’un trait en une ligne (mais avec des illustrations choisies), un blog qui fait partie justement aussi de mon panthéon, « Thé au jasmin ». Et il répond à un commentaire, de manière intéressante, même page : http://flo92100.blogspot.fr/2013/04/the-au-jasmin.html

« Thé au jasmin », blog de Kenza, qui aime la voix de Melody Gardot, la poésie, la peinture... En exergue : « L'art et rien que l'art, nous avons l'art pour ne point mourir de la vérité. »,  Friedrich Nietzsche. Et, sur certaines pages, comme un programme, cette citation : «Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.», Emile Bernard. La blogueuse fait des choix, reprend des notes d’éditeurs, cite, sait associer une reproduction (c’est très riche en illustrations : peintures, expositions diverses), écrit peu, mais un peu, comme dans cette page, citation et remarque brève qui fait présence. Ce que j’aime, je crois, c’est ce « tissage » (là aussi) de références qui sont un langage en soi : http://theaujasmin.blogspot.fr/search/label/Lectures

Vivre à BELCOURT, site de Luc Demarchi. Petit à petit le site accumule des pages autobiographiques, classées dans les portfolios, et on voit une écriture se définir, s’affirmer. Certains textes offrent des fulgurances. Deux autres pages à lire dans la liste en marge, deux pages que j’aime particulièrement. Parole d’exil, de tendresse, réflexion sur la mémoire, sur le lieu d’ancrage, l’enfance, autrui. Le retour sur soi rejoint l’universalité des émotions. Le lisant on se demande quelle est l’influence des paysages (nature et ville) sur notre formation, quels sont les liens entre les gens d’un même quartier, la fraternité des appartenances, non communautaires, mais d’ancrage dans un espace voisin. Et le passage dans l’imaginaire de l’autre rive (imaginaire car le réel se recrée, et la vision traverse le temps) offre une méditation sur le regard, les perceptions. Je rêve d’un recueil qui regrouperait ces pages en ouvrage à feuilleter. En voilà une, « Le rendez-vous manqué » (Camus !)... http://belcourtois.com/index.php/projet/le-rendez-vous-ma...

ARMENIANtrends/Mes Arménies. Voilà ce qu’il donne en accueil comme autoportrait et programmation : « Arménies - traversées de soi, de l'autre - flux et reflux informulés - quête d'Eden - les saisons d'ordalie - accéder aux métamorphoses - scander les gouffres et les cimes - multiple, errant, total ». Oui, traversées de soi, de l'autre : Arménie en thème majeur, mais aussi des poèmes personnels, dispersés ça et là, des pages (et poèmes, aussi), sur les créations d’une plasticienne qui vit entre Allemagne et France, Nicole Guiraud (présente aussi sur mon blog, note et album, listes, etc.), des réflexions que l’histoire ou l’actualité impose, des traductions. Humanisme engagé, fraternité. Là j’ai choisi un poème, « L’œil » : http://armeniantrends.blogspot.fr/2013/10/loeil.html

Les SONGES d'une NUIT. Blog de Pôl Kraly. "L'homme sans costume", 15-12-13. Il y a une démarche très personnelle, une recherche. Pages méditées qui cherchent une cohérence entre exigence spirituelle et éthique laïque : http://lessongesdunenuit.hautetfort.com/archive/2013/12/15/l-homme-sans-costume-5247759.html

MEMOIRE de Là-bas. Blog d'Hubert Ripoll. LIVRE, liens, commentaires, contributions. Une très belle écriture tente une cartographie identitaire loin de tout enfermement : http://memoiredelabas.blogspot.fr/2009/08/alimentez-vous-meme-memoire-de-la-bas.html

MEMOBLOG, de Paul Souleyre. Mémoire, encore, mais la recherche de fils et filles de Pieds-Noirs. Questions sur la transmission, l’identité, le rapport avec l’autre rive. Avec la perception d’une deuxième génération d’exil et mémoire (ou oubli : l’amnésie doit parfois être interrogée quand on fait ce chemin vers une vérité de la transmission). Désir de lucidité, même si cela peut déranger des regards venant d’une autre génération, d’une autre approche idéologique (là l’idéologie est évacuée, volonté d’une démarche rigoureuse, plongée en soi, archéologie des passages de témoins des anciens aux plus jeunes, par les mots et par les silences). « Un peu d'ordre dans Mémoblog », en accueil : http://www.memoblog.fr/ 

MUSIQUE, Andalousie, fraternité. Blog "El Duende", de Florence Guilbot. Une page sur "El Gusto", et le mot qui rejoint, en sens algérois, la signification andalouse du duende. La musique andalouse, et Enrico Macias, plus comme musicien que chanteur (chanteur aussi mais importance donnée à sa musique, son orchestre andalou). Mais elduende.musicblog.fr ne peut plus être trouvé. La blogueuse l'avait écrit, disant qu'elle pensait arrêter, sans cesser d'aimer ce qu'elle aimait, fidèle à ses passions. Lassitude ou besoin de passer à autre chose.  (Mise à jour, 06-06-2016).

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TITRES et LIENS. Humanisme, sagesses, écritures, engagements, se croisent.... Des VOIX....

Abdou LABBIZE, photographe algérien. Humanisme, générosité. Il offre au regard les êtres et les lieux, les paysages et le patrimoine de l’Algérie. Série PORTRAITS. Regarder en musique : http://www.labbize.net/French/Pictures/Portraits/Portraits.htm 

Anouar BENMALEK. Questionnaire de Proust. De quoi entrer dans l’univers profond d’un écrivain de talent : http://anouarbenmalek.free.fr/textes_divers/questionnaireDeProust_juin2008.htm

L'AGORA, Canada. Immense site, lecture infinie... CONTE SOUFI sur la pauvreté et la mort. Rûmi : http://agora.qc.ca/thematiques/mort/documents/le_cercueil

VACARME.org. Texte très important. A lire, relire, méditer. UNE VIE NON FASCISTE : http://www.vacarme.org/article2288.html 

Patricia Grange, BLOG Papillons de mots, "A l'origine notre père obscur", recension, et poème : http://www.papillonsdemots.fr/2015/01/26/a-lorigine-notre... Voir son site, Le Jardin de Mariposa (et écouter... en accueil) : http://www.patriciagrange.fr/ 

Cathy GARCIA. "Le désespoir des anges", d'Henri Kénol. Une note, pour découvrir tout le blog : http://bit.ly/1bYMEOZ

Muriel DIALLO, texte sur la création en exil... http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&... Voir aussi la page sur aflit.arts (Afrique, Femmes écrivains) : http://aflit.arts.uwa.edu.au/DialloMuriel.html   

Kamel DAOUD. Algérie-Focus, Djazairi, ma langue : http://bit.ly/1axv0Bm

Kamel DAOUD. Sur la haine. Le Quotidien d’Oran : http://bit.ly/1IA7DkZ  

ESPRITS NOMADES. Emily Dickinson, "la recluse incandescente" : http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/dickinson/dickinson.html

Jalel El Gharbi, BLOG. « S’il n’y avait qu’un texte à faire connaître... », Giono, et F. Bach http://jalelelgharbipoesie.blogspot.fr/2014/06/sil-ny-avait-quun-texte-faire-connaitre.html

NOUS LAMINAIRES. Julien Delmaire, sur Yahia Belaskri : http://bit.ly/1J9uEfu

KAIZEN. REZA, entretien. « Femme témoin de paix » : http://bit.ly/1GVwMIB

 Chahla Chafiq, SITE.  Reparler d’humanisme : http://bit.ly/1xQNS8G

Chahla Chafiq, SITE. « Jaune de nulle part », POEME : http://bit.ly/1P9CN7Y  

Ecritures du monde...Chantal  Serrière, BLOG. « Claude s’en est allée » :  http://bit.ly/1P9CVo5  

Le journal des chercheurs, René Barbier. « La fraternité de reliance »... (et sa lecture d’Abdennour Bidar) : http://www.barbier-rd.nom.fr/journal/spip.php?article1963

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Soufiane Zitouni est attaqué, suspecté, propos déformés. Mais des consciences réagissent. J’avais posé une citation et le lien pour intégrer sa lecture de la couverture du « journal des survivants », Charlie, à ma propre réflexion, très intéressée par le fait de découvrir une interprétation proche de la mienne, qui avait été écrite d’instinct (alors qu’il se référait à un hadith, en philosophe et en mystique). J’ai suivi ensuite l’évolution des réactions, sa démission, ce qu’il en écrivit, lu des commentaires, des articles. Puis j’ai lu avec attention les notes qui suivent, essentielles, ayant du mal à supporter les pièges manipulateurs des fondamentalismes... qui sont le terreau des horreurs qu’on apprend jour après jour...

Mohamed Louizi. BLOG. Lycée Averroès del’UOJF : http://bit.ly/1CGGED0 

Suite... Lycée… PRECISIONS : http://bit.ly/1FbXvw0

Mohamed Louizi. Suite... INTIMIDATIONS : http://bit.ly/1P9Dnma

Vincent Bonnet. BLOG. "Deux cas pour la liberté d'expression" (et Médiapart)... https://blogs.mediapart.fr/vincent-bonnet/blog/160215/de-...

Germinal Pinalie, BLOG. Face à Edwy Plenel : http://bit.ly/1J9wddv

Et, ample complément d’information, article de Libération, rencontre avec Soufiane Zitouni, 18-02-15, propos recueillis par Anastasia Vécrin : http://bit.ly/1Ler0AL

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Voyage... loin, ou moins loin, mais toujours possible entrée vers soi...

Madrépores éds. Nouméa. « Âmes errantes » : http://madrepores.blogspot.fr/2012/06/ames-errantes.html

Scholastique Mukasonga. « Ce que murmurent les collines » :  http://www.scholastiquemukasonga.net/home/ce-que-murmurent-les-collines/

El PODER de la PALABRA. Lire, voir, écouter (musique) http://www.epdlp.com/index.php

BABELMED.  « Anatomie de l’errance », de Bruce Chatwin, par Rosita Ferrato : http://bit.ly/1CGHbVF

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« Qui si je criais...? », Florence Trocmé. « VEILLE autour de l'antisémitisme, des exterminations & génocides, répressions, oppression et persécutions, hier et aujourd'hui ». Ressources nombreuses en ligne : http://www.scoop.it/t/qui-si-je-criais

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Marina Tsvetaïeva, POESIE...  BioBibliographie, par Florence Trocmé, POEZIBAO : http://poezibao.typepad.com/poezibao/2005/05/marina_tsvta...

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Sagesses...

SOUFISME.org.  Faouzi Skali sur Eva de Vitray : http://www.soufisme.org/site/spip.php?article10 

Lectures non duelles, un SITE et ses LIENS : http://leveil.org/liens

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Clin d’œil, après un drame... ALGERazur. BLOG. Note sur Florence Arthaud, fille de Pieds-Noirs (mère) http://algerazur.canalblog.com/archives/2015/03/10/31678797.html

30/03/2015

« Parole contraire ». Présence contre l’absence, l’évitement, la fuite, le renoncement... Mots autres...

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Page éditeur, « La parole contraire », janvier 2015, Gallimard : http://bit.ly/1z8suFE

 On reproche à Erri De Luca une « incitation » à la violence, pour avoir utilisé le mot « saboter », en répondant à une question de journaliste au sujet de la ligne Lyon Turin que la région concernée  refuse et qui présente de grands dangers environnementaux et de santé publique. Il soutient le refus et prête ses mots d’écrivain à ce refus. Reprenant une injonction biblique il dit devoir « ouvrir la bouche pour les muets », parler pour les « sans-voix », pour défendre ce droit à la parole des autres. De ce projet contestable du Val de Suse (« réaliser un lieu qui n’existe pas ») il dit : « Une utopie, et des pires qui soient, est l’asservissement d’un territoire à une spéculation déclarée stratégique pour de plus grands abus. » (p.19). Il rappelle que cela passe par « Le percement et la pulvérisation des gisements d’amiante » (pp. 19 et 39). Et il évoque de même les gisements de pechblende (radioactif) qui doivent aussi être percés (p.40). Mais son propos principal est la revendication de son droit de parole d’écrivain et le refus de la distorsion du sens des mots qui est à la base de l’accusation. « Saboter », ce n’est pas pour lui faire violence, c’est « entraver », rendre impossible ce qu’on refuse, et entraver les mensonges et la désinformation.

Cet écrivain est un autodidacte qui fut d’abord un ouvrier, dont la révolte explique les engagements passés. L’érudit qu’il est devenu par grande patience de lecteur intense, et pour avoir fait des choix éthiques qui signifiaient engagement autre dans le travail des langues, notamment. L’holocauste, et précisément la Shoah qui en est l’ombre immense, ont été pour lui devoir de langage : apprendre le yiddish parce que les êtres qui le parlaient avaient été tués en masse et que la langue risquait de disparaître, apprendre l’hébreu ancien et faire de la Bible une lecture quotidienne...

Lecteur, il l’a été de livres fondateurs, pour lui. « En tant que lecteur, je n’ai pas eu de préférence pour la littérature sociale et politique. Les labyrinthes érudits de Borges ont ouvert mon troisième œil en me faisant découvrir les profondeurs des sagas et des mythologies. » (p.11). Il évoque Orwell dans la genèse de son anarchisme. Libertaire il est, et reste. Par-dessus tout il est écrivain, et il se bat pour le sens donné aux mots. Et pour ce droit à la « parole contraire », celle qui ne se soumet ni aux ordres, ni aux modes, ni  au groupe. Celle qui est portée par une conscience autonome et donc libre. Responsable. Et qui se doit de résister. « J’ai été formé à l’école du XXème siècle où les écrivains, les poètes, ont payé le prix fort pour leurs paroles. » (p. 37). Son livre est une sorte de manifeste éthique, qui pousse le lecteur à l’examen de sa propre parole. Que fait-il du langage devant les abus et oppressions dont il est témoin, même de loin... ?

LIRE...

Tribune sur le contexte du procès fait en Italie à Erri de Luca, sur plainte d’une société française (LTF, Lyon Turin Ferroviaire) et recension du livre rédigé par lui pour faire connaître sa position. Libération, 02-02-2015, par Eliane Patriarca (lisible en ligne intégralement) : http://bit.ly/1IIpsz1  (Citations : « Erri de Luca fut, dans les années 70, militant de Lotta Continua » (...)  « avant de faire des mots son seul outil, d’apprendre l’hébreu ancien et le yiddish, de devenir cet érudit qui lit chaque matin l'Ancien Testament, ce mystique sans religion qui puise dans la Bible une concentration unique de sens et de poésie. »  (...) « Comment en est-on arrivé en Italie à inculper un écrivain pour des mots ? »

Chronique de François Xavier, Salon littéraire : http://bit.ly/1OO42ow

Entretien, JDD, 8 mars 2015, propos recueillis par Cécile Amar. Le titre papier était « Je donne ma voix à ceux qui n’en ont pas » : http://bit.ly/1Ajx4CP (Citations : Sur le sens du mot ‘saboter’ : « Dans toutes les langues du monde, ce verbe a des sens multiples. Saboter, en plus de produire des dommages matériels, embrasse le sens d'entraver, empêcher, faire obstruction, s'opposer. » (...) Sur le rôle de l’écrivain « Il y a un verset des proverbes dans l'Ancien Testament qui stipule :"Ouvre ta bouche pour le muet." Écrire, c'est la possibilité pour quelqu'un qui a un écho public d'offrir son audience, sa parole à ceux qui n'ont pas ce droit. " » (...) « Apprendre le yiddish était la seule chose que pouvait faire quelqu'un né après 1945. Je voulais remuer les lèvres d'une langue assassinée. » / Sur l’hébreu (il lit la Bible en hébreu): « Cela n'a rien à voir avec le monde juif. Dans la Bible, la parole fait advenir les choses.» (...) « Il y a un mot hébreu qui tient ensemble le mot et la chose accomplie, c'est davar. En tant que lecteur et écrivain, je suis fasciné par cet emploi de la parole, qui lie le dire et le faire. Je suis comme un alpiniste dans l'Himalaya qui veut visiter les montagnes les plus hautes de la planète. Dans l'ancien hébreu, les montagnes les plus hautes sont rejointes par la parole. »)

Rencontre avec Erri De Luca, EHSS/Rencontres littéraires : http://bit.ly/1He97RF  

SOUTIEN : http://soutienaerrideluca.net/

Pétition : http://www.petitions24.net/soutien_a_erri_de_luca

..............  Paroles contraires... aussi :

Cette conviction (nécessité et force de l'optimisme) chez Thierry Saussez : «En ces temps où la barbarie et l'extrémisme exercent une telle menace, nous affirmons qu'il faut dépasser l'indignation proclamatoire pour faire de l'engagement un axe fondamental de notre action. » (Car l’indignation proclamatoire n’est pas « parole contraire » : elle n’est que justification de son retrait, elle est l’inverse de la parole contraire)...Tribune de Thierry SaussezJDD, 22-03-15 : http://bit.ly/1He94Fq

Parole contraire... En soi, débat intérieur, et, dans la société (démocratique), place pour les contradictions, pour les « contraires ». Je lis un entretien dans lequel Eugène Green parle de l’oxymore, car « Le dogmatisme est un refus de l’oxymore »... EntretienLe Monde, 24-03-15, propos recueillis par Aureliano Tonet : http://bit.ly/1OO4bZb

De même, ce que dit Roger-Pol Droit sur François Jullienà propos de son "Lexique euro-chinois de la penséerencontre la même problématique. Parole contraire, pensée contraire, philosophie réelle tout simplement. Cette pensée qui met du "jeu" dans les évidences, les dérangeant donc. Un mot : "dynamique". Ce qui parle dans le contraire, c'est l'écart, le pas de côté qui questionne les certitudes... Chronique de Roger-Pol Droit, sur la pensée de François Jullien, Le Monde, 26-03-15 : http://bit.ly/1HVYgPZ