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31/01/2015

« Libérons Internet du Négationnisme ! ». Pétition

PRIMO LEVI HOMME.jpgSHOAH 2.jpgRobert Antelme ESPECE.png

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« N'oubliez pas que cela fut, / Non, ne l'oubliez pas »

Primo Levi

Poème en exergue à « Si c’est un homme », Pocket éd.

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« Vint, vint. / Vint une parole, vint » (...) « Cendre. / Cendre, cendre. / Nuit. »

Paul Celan

Grille de parole, Christian Bourgois éditeur

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 « Saviez-vous que la souffrance n’a pas de limite / l’horreur pas de frontière / Le saviez-vous/  Vous qui savez. »

Charlotte Delbo, « Aucun de nous ne reviendra », Eds. de Minuit

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Il suffit de faire des recherches sur Internet pour tomber par hasard sur des blogs négationnistes, des pages négationnistes sur des sites qui n’ont rien à voir avec l’Histoire, des rumeurs sur des forums, du complotisme dans des commentaires de vidéos ou d’articles, du mensonge et du mensonge... Donc, oui, il est nécessaire de lutter, tous, contre cela : la Toile ne doit pas être le domaine de la propagande négationniste et haineuse. A nous, d’abord, d’occuper l’espace avec des pages conformes aux exigences du respect de la réalité, des pages pour une éthique de la pensée et de la transmission. Culture,  connaissance, contre l’ignorance et la mauvaise foi de blogueurs ou d’idéologues (encartés ou pas). A nous de dialoguer, aussi, avec les expéditeurs de messages qui (sans que ces internautes s’en rendent forcément compte) contiennent des éléments associés à ces idéologies problématiques. Répondre par l’information. A nous de signaler (LICRA, ACAT, PHAROS, etc.) les contenus illicites.  

Prises de conscience et réactions. Mais ce n’est pas juste une gentille intention. C’est un engagement : être attentif, savoir repérer les clés, les codes, les réseaux. Chercher qui est qui. (Un discours anodin – page, vidéo - peut être un masque : c’est un ensemble de signes qui révèle comment situer un positionnement et son éventuelle dangerosité). Il y a ce qui sera évident pour tout le monde, et le reste, plus dur à déceler. Boris Cyrulnik l’a dit récemment en parlant des attentats (et c’est lié) : il faut « s’armer intellectuellement ».  [Sur ce sujet, complotisme et négationnisme, voir, notamment, note précédente, 30-01-15 (« Négationnisme contre mémoire et Histoire de l’Holocauste »)  et note du 26-01-15 (« Complotisme chrétien, dans le lit général d’une bêtise sans innocence »)]... [Mise à jour 02-02-15... Vigilance d'autant plus nécessaire que les nazis ont encore une présence dans des chaînes de liens qui impliquent des réseaux divers, des pays divers. Lire, article du Monde du 02-02-15, par Géraldine Schwarz. Titre papier : "Les nazis ne meurent jamais", titre web "Enquête sur la seconde vie des nazis" : http://www.lemonde.fr/international/article/2015/02/01/enquete-sur-la-seconde-vie-des-nazis_4567656_3210.html ]

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Libérons Internet du Négationnisme !

PETITION UEJF et UDA (avec d'autres associations).

POUR SIGNER : http://freetheinternetfromdenial.wesign.it/fr

(Pétition publiée dans Libération du 27-01-15 / Page Rebonds, sous le titre de la pétition, en Tribune).

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« Aujourd'hui, qui recherche des informations sur la Shoah via les grandes plateformes d'échange et de diffusion en ligne tombe immanquablement sur des discours qui cherchent à prouver que la Shoah n’aurait pas existé. De nombreuses vidéos figurant parmi les premiers résultats de la recherche mobilisent des arguments pseudo-scientifiques afin de démontrer que l’extermination des Juifs et des Roms en Europe ne fut pas ce que l’on prétend dans les livres d’histoire. 

Avant les négationnistes d’aujourd’hui, les nazis eux-mêmes ont cherché à effacer toute trace du génocide afin d’oblitérer leur crime. Aujourd’hui, le négationnisme est un délit dans un grand nombre de pays, et aux yeux de l’Organisation des Nations-Unies depuis 2007.

Alors qu’Internet est devenue la source d’information essentielle pour les nouvelles générations, la diffusion du négationnisme contribue à la banalisation du racisme et de l’antisémitisme dans notre société, augmente l’indifférence et provoque des passages à l’acte violents. Les réseaux sociaux se sont donnés les moyens de bannir le fléau des contenus pédo-pornographiques, et d’interdire les incitations à la haine. 

Aujourd’hui, nous demandons aux grands réseaux sociaux de prendre leurs responsabilités et d’interdire les contenus négationnistes dans leurs conditions d'utilisation.

Nous, survivants de la Shoah, refusons qu’au 70ème anniversaire de notre libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, les outils de la modernité soient laissés à ceux qui veulent détruire notre monde de valeurs.

Nous, étudiants, dernière génération à connaître des rescapés, refusons que les réseaux sociaux que nous utilisons au quotidien abondent de contenus et vidéos négationnistes.

Nous, dirigeants d’associations engagées dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, refusons d’abandonner la liberté pour laquelle nous combattons à ceux qui en font un alibi de la haine.

Nous, citoyens, refusons qu’Internet légitime la violence et la manipulation.

La vérité de l'histoire a besoin que chaque citoyen responsable s'engage pour veiller sur elle. Il est déjà plus que temps que tous les hommes de bonne volonté, de toutes les nations, simple utilisateur, architecte ou investisseur d'Internet, s'impliquent pour la défense de la vérité. Car si Internet est notre bien commun, il dépend de chacun de nous que la vérité y triomphe du mensonge. »

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Premiers signataires :

A l'initiative de l'Union des Etudiants Juifs de France [UEJF] et de l'Union des Déportés d'Auschwitz [UDA]

Raphaël Esraïl, Président de l’Union des Déportés d’Auschwitz

Sacha Reingewirtz, Président de l’Union des Etudiants Juifs de France

Benjamin Orenstein, Président de l’Amicale des Déportés d’Auschwitz du Rhône

Elie Buzyn, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

Alberto Israel,  rescapé d’Auschwitz-Birkenau

David Schulhof, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

Zesia Laskier, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

Alfred Szalawecz, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

Claude Bloch, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

Sam Rupkowski, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

Jeannette Deplace, rescapée d’Auschwitz-Birkenau

Julien Godet, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

Yvette Levy, rescapée d’Auschwitz-Birkenau

Nicolas Roth, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

David Brin, rescapé d’Auschwitz-Birkenau

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Organisations signataires :

William Martinet, Président de l’UNEF

Alexandre Leroy, Président de la FAGE

Olivier Vial, Président de l’UNI

Andi Gergely, Chairperson of the World Union of Jewish Students

Jane Braden-Golay, Président de l'EUJS (European Union of Jewish Students)

Gilles Clavreul, Préfet, Délégué Interministériel à la Lutte Contre le Racisme et l’Antisémitisme

Dominique Sopo, Président de SOS RACISME

Benjamin Abtan, Président de l’EGAM (European Grassroots Antiracist Movement)

Alain Jakubowicz, Président de la LICRA

David Harris, Directeur de l’American Jewish Committee

Simone Rodan-Benzaquen, Directrice de l'American Jewish Committee en France

Richard Odier, Directeur du Centre Simon Wiesenthal France

Seta Papazian, Présidente du Collectif V.A.N. (Vigilance Arménienne contre le Négationnisme)

Marcel Kabanda, Président d’Ibuka-France (pour la mémoire du génocide des Tutsi au Rwanda)

Alain Daumas, Président de l’U.F.A.T. (Union Française des Associations Tsiganes)

Souâd belhaddad, Présidente de Citoyenneté Possible

François Durpaire, historien

Philippe Coen, président de l'Initiative de Prévention de la Haine - Respect Zone

30/01/2015

NEGATIONNISME CONTRE MEMOIRE ET HISTOIRE DE L’HOLOCAUSTE

 

Nuit et brouillard.jpgLa DOULEUR.png

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 « Nous sommes de petites haches / à fendre l’immensité / d’avant notre naissance, / d’après notre mort. / Et nous dirons de chaque vie / qu’elle est un pore de l’éternité. »

Monique Rosenberg

Le sucre de mes pas, Jacques André éditeur

« Une étoile triste dans les cieux. / Ils sont venus me chercher dans ma propre maison. / Ils m’ont pris et emmené au camp, / Où ils m’ont brûlé jusqu’aux cendres. »

Chant populaire en romanès des Roms du Burgenland : http://www.romasintigenocide.eu/fr/home/e-les-survivants/e9-identite-d2019apres-guerre

« Que faire contre l’oubli / Quand les pierres s’effritent et perdent leurs syllabes. »

Tahar Ben jelloun

Les pierres du temps, recueil, éd. Points Seuil/Poésie

"Et tu n'es pas revenu". PHRASE-TITRE, de Marceline Loridan-Ivens : http://grasset.fr/et-tu-nes-pas-revenu-9782246853916

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Communiqué de presse, ONU (Choix de la date du 27 janvier, anniversaire de la libération d'Auschwitz, le 27-01-1945): « LE 27 JANVIER SERA DÉSORMAIS JOURNÉE INTERNATIONALE DE COMMÉMORATION EN MÉMOIRE DES VICTIMES DE L’HOLOCAUSTE,  DÉCIDE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ». 42ème séance plénière, 01-11-2005 : http://www.un.org/press/fr/2005/AG10413.doc.htm :

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HOLOCAUSTE, SHOAH, PORAJMOS/SAMUDARIPEN... GENOCIDE...  extermination...

Mémoire...

Sur le site du Mémorial de la Shoah l’accent est mis sur le mot SHOAH ("catastrophe"), qui dit en hébreu l’extermination des Juifs, centrale : plus de 6 millions de Juifs exterminés de manière systématique. Les Tziganes ont eux aussi des termes pour désigner leur génocide (car c’en est un : ½ million de Tziganes exterminés, ce qui, proportionnellement à leur nombre en Europe, est une destruction considérable). Meurtre collectif : "Porajmos", "Samudaripen". Dans la décision de l’ONU, le terme « HOLOCAUSTE » réunit toutes les victimes de cette entreprise de suppression  de la surface de la terre des peuples qu’on veut faire disparaître (Juifs, d’abord – obsession nazie, Tziganes, et groupes ethniques, ainsi les Noirs). Mais aussi  des êtres qui vivent leur humanité (leur sexualité) d’une manière que les nazis refusent de faire entrer dans l’humain : les homosexuels (le Triangle rose). Et les handicapés, êtres inenvisageables dans ce délire de pureté aryenne où les accidents de la nature et la fragilité humaine ne peuvent pas être pensés. Toutes les victimes de ce moment historique particulier de volonté génocidaire programmée et industrialisée. Et uniquement de ce moment singulier, car il est tel qu’il représente le summum de ce qui peut être conçu et mis en œuvre pour détruire l’humain. Et détruit justement l’humain.

Déshumanisation de nous tous, y compris maintenant, si nous ne gardons pas mémoire pour tenter de comprendre comment on peut arriver à créer une « industrie » du génocide. Tragédie historique unique, qui défie la pensée. Qu’il y ait eu, avant et depuis, d’autres génocides, et des massacres, n’enlève pas la singularité de ce moment de l’Histoire européenne. Pour penser le Cambodge, par exemple, nous avons besoin de penser l’Holocauste (Holocauste /Shoah/ Porajmos..).  Mort de tous. Et  ici, maintenant. De même pour penser le terrorisme. De quelle part de l’homme vient la capacité d’être décideur de génocide, acteur actif de génocide, acteur passif (simple exécutant qui ne résiste pas à l’innommable et obéit aux ordres de meurtre ou de torture), témoin indifférent (ceux qui voyaient leurs voisins juifs être emmenés, ou disparaître – Rafle du Vel D’Hiv, ceux qui passaient sans s’émouvoir au bord de camps, comme celui de Drancy près de Paris, ceux qui, même, trouvaient normal que les Juifs doivent porter l’étoile jaune). Dans quel tréfonds des êtres, de notre être, demeure ce pouvoir de haine, de mort, de destruction de tout sens ?

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Le communiqué de l’ONU insiste sur le fait que le texte de l’Assemblée rejette « tout déni de l’Holocauste », « que ce déni soit total ou partiel ». Le négationnisme est désigné clairement. En 2005. En 2015, avec le développement d’Internet il envahit des sphères culturelles (de sous-culture...) plus vastes, de manière plus pernicieuse, car donnant à lire facilement une contre-Histoire dont le mensonge peut prendre dans ses filets des cerveaux divers.

Il sort, ce négationnisme, de l’univers  de l’extrême droite proche des néonazis (et il parle fort). Il  fait signer des pétitions de soutien à Faurisson (sous prétexte de liberté d’expression), pour s’adjoindre diverses sortes de mouvances idéologiques antisémites. Qui sont :

L’islamisme, instrumentalisation politique de l’islam, jusqu’au djihadisme. Négationnisme, ici, qui légitime les voies meurtrières, et que l’actualité révèle tragiquement.

Une ultragauche radicale (écologiste parfois), sous prétexte du soutien aux Palestiniens : le soutien devenant haine, la critique du gouvernement israélien (qui serait acceptable, légitime - comme pour tout gouvernement, tout pouvoir, tout parti ou courant idéologique - mais dans un tout autre cadre éthique...)... devenant déni du droit d’Israël à exister, rejet élargi à tout un peuple, puis à tous les Juifs (mais la chronologie peut être inverse...). Par haine on devient négationniste, pour ne pas avoir à reconnaître une singularité qui nécessite de passer sur le terrain du questionnement ontologique, loin des slogans.

L’intégrisme catholique (qui retrouve l’impensé de ses aversions ancestrales : jusqu’au désir de meurtre). Voir la note du 26-01-15 ("Complotisme chrétien" : catholique intégriste, précisément...).

Un espace sous-culturel confus, sans frontières définies, celui d’un certain ésotérisme. Où l’apparent désir de comprendre le monde, le goût des significations souterraines du réel, la curiosité pour une démarche interprétative des symboles, finit par rejoindre (à force de mauvaises questions sur les signes, sans repères conceptuels) l’univers du complotisme. (Et comme celui-ci est associé au négationnisme historique, de glissement en glissement cet ésotérisme flou peut être capté par l’ésotérisme d’extrême droite, politiquement assumé).

Refus, dans tous les cas, de ce que le judaïsme interroge dans le monde, depuis, à la source, la pensée du monothéisme, qui écarte les dieux pluriels et les idoles, et remplace les jeux de miroir des récits antérieurs par la pensée d’une transcendance, et, en ce sens, est fondateur des religions qui suivent, et de la culture issue du monde méditerranéen. Culture qui a essaimé dans le monde entier sous les formes diverses du christianisme et de l’islam (ou leurs marges culturelles), et dialogue avec les mythes grecs. Refus de la source (car penser ainsi la source de ce qu’on est interroge qui on est). Refus du commentaire infini dont le judaïsme authentique fait une constante philosophique et éthique. Car cet infini de la pensée, de la lecture, ne peut coïncider avec les raccourcis des certitudes.

Refus de voir la réalité du génocide des Tziganes, aussi,  quand actuellement on met les Roms dans une marge en stigmatisant, excluant, et en globalisant le réel. Peuple nié, génocide nié.

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POUR MEMOIRE... POUR SAVOIR. GUERRE, CAMPS, GENOCIDE :  

« SHOAH, l'histoire contre les fanatismes ». Editorial, Le Monde, 28-01-15 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/27/shoah-l-histoire-contre-les-fanatismes_4564244_3232.html (["(Pour ne pas) nier la singularité absolue du massacre des Juifs (et des Tziganes) d’Europe par le régime nazi."]

La SHOAH. DOSSIER Hérodote : (Chronologie des faits. Genèse de l’antisémitisme nazi. L’extermination des Juifs.) :  http://www.herodote.net/La_Shoah-synthese-334.php 

27 janvier 2015. Libération du camp d'Auschwitz-Birkenau. Hérodote : http://www.herodote.net/27_janvier_1945-evenement-19450127.php

Génocide des Tziganes, Mémoires tsiganes : http://www.memoires-tsiganes1939-1946.fr/genocide.html

Génocide. « Le destin des Tziganes pendant la seconde guerre mondiale », romasintigenocide.eu : http://www.romasintigenocide.eu/fr/home/d-genocide

HistoQuiz. Génocide des Tziganes, par Marie-Christine Hubert et Daniel Laurent : http://www.histoquiz-contemporain.com/Histoquiz/Lesdossiers/seconde/tziganes/Dossiers.htm

26 FILMS sur la SHOAH/l’HOLOCAUSTE. Sens critique : http://www.senscritique.com/liste/Films_sur_la_Shoah_l_holocauste/179896

Des LIVRES pour ne pas oublier, shoah-memory.org : http://shoah-memory.org/livres_sur_la_shoah.shtml

Liste de LIVRES. Seconde guerre mondiale, génocide. Fiche wikipedia :   http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27%C5%93uvres_litt%C3%A9raires_inspir%C3%A9es_par_la_Seconde_Guerre_mondiale#G.C3.A9nocide_des_Juifs 

"Etre sans destin", Imre Kertesz, Actes Sud : http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature-etrangere/e...

« Aucun de nous ne reviendra », Charlotte Delbo, TEXTES : http://www.escabelle.com/spectacle_extrait.asp?spectacle=23

MEMORIAL de la SHOAH : http://www.memorialdelashoah.org 

TEMOIGNAGE. "Si je suis resté vivant...". Rencontre avec Henri BORLANT, par Natalie Levisalles, Libération, 26-01-15 : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/26/si-je-suis-reste-vivant_1189283 

HISTOIRE. "Le cheminement de la mémoire de la déportation". Entretien avec Annette Wieviorka, historienne, spécialiste de la Shoah et de l'histoire des Juifs au XXè siècle. Libération, 26-01-15. Propos recueillis par Natalie Levisalles : http://www.liberation.fr/monde/2015/01/26/auschwitz-est-u... 

"Auschwitz, le combat permanent contre l'oubli", Le Parisien, 27-01-15, article, par Eric Hacquemand, et vidéo-témoignage : http://www.leparisien.fr/espace-premium/fait-du-jour/auschwitz-le-combat-permanent-contre-l-oubli-27-01-2015-4481615.php

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SITE du Mémorial de la Shoah. Deux documents :

« LE TEXTE du COMMUNIQUE de L'ONU: Décision historique à l'Assemblée générale pour marquer chaque année la mémoire de l'Holocauste ». (CITATIONS (début de la page): « 1 novembre 2005.  L'Assemblée générale a adopté aujourd'hui une résolution "historique" proclamant le 27 janvier, jour de la libération du camp d'extermination nazi d'Auschwitz, "Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste", pour se souvenir des crimes du passé et pour prévenir les actes de génocide dans le futur. / Déposée par Israël, co-parrainée par 104 pays et adoptée par consensus, la résolution sur la mémoire de l'Holocauste "prie instamment les Etats membres d'élaborer des programme d'éducation qui graveront dans l'esprit des générations futures les enseignements de l'Holocauste, afin d'aider à prévenir les actes de génocide". / Le texte rejette "tout déni de l'Holocauste", c'est-à-dire l'entreprise d'extermination systématique du peuple juif, "en tant qu'événement historique, que ce déni soit total ou partiel". » (...) « L'Assemblée générale avait entamé hier un débat sur la "Mémoire de l'Holocauste" au cours duquel le représentant israélien avait déclaré que "si cette tentative barbare et systématique pour éliminer un peuple entier à une échelle sans parallèle dans l'Histoire avait été une tragédie unique pour le peuple juif, ses leçons demeuraient universelles". » (...) « "Nous sommes nés des cendres de la deuxième guerre mondiale, après l'Holocauste, et non seulement il fait partie de notre histoire mais nous avons aussi la responsabilité sacrée d'en enseigner les leçons, d'encourager la tolérance et de lutter contre l'anti-sémitisme et d'autres discriminations", avait souligné Kofi Annan (voir notre dépêche du 15 mars 2005). » (...) « Plus d'une trentaine de personnalités avait pris la parole pour rendre hommage aux victimes des tortionnaires nazis et exhorter la communauté internationale à tirer les leçons de ce qui s'est passé à Auschwitz. / "Les génocides du Cambodge et du Rwanda n'auraient jamais dû avoir lieu, et ce qui se passe au Darfour, dans l'indifférence générale, ne devrait pas se produire. Le monde ne tirera donc jamais les enseignements de ce qui s'est passé à Auschwitz et dans les autres camps de la mort ?", avait demandé Elie Wiesel, Prix Nobel de la paix et rescapé des camps de concentration nazis. » (...) « Plus de 6 millions de Juifs, dont au moins 1,2 millions d'enfants, ont été exterminés par les Nazis pendant la seconde guerre mondiale, sur les 9 millions de Juifs vivant en Europe à la veille de la guerre. Dans les camps de la mort du régime nazi d'Adolf Hitler, ont aussi péri près d'un demi-million de Tziganes et près de 250.000 handicapés, ainsi que des milliers d'opposants au régime, d'intellectuels et d'homosexuels. / Le 27 janvier 1945, le camp d'extermination nazi d'Auschwitz, où trois millions de personnes ont été victimes des chambres à gaz et des fours crématoires, a été libéré par les Alliés. / Voir la page spéciale consacrée à la session commémorative extraordinaire pour le 60e anniversaire de la libération des camps de concentration nazis. »

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Tribune d’Avishai Margalit (philosophe, universitaire à Jérusalem, auteur de « L’Ethique du souvenir », à paraître le 10 février). Parue dans Le Monde du 27-01-2015. (CITATIONS : « Je distingue deux façons de poser le problème de la mémoire et de sa formation : la politique de la mémoire et l'éthique du souvenir. La politique de la mémoire met en jeu l'utilisation que divers régimes font de la mémoire, et de l'oubli, pour établir leur légitimité. Dans le cadre de l'éthique du souvenir, la question porte sur le devoir de se remémorer tel ou tel événement, et sur le sujet de ce devoir. En outre, l'éthique du souvenir s'efforce de savoir s'il n'y a pas également un devoir d'oubli permettant le pardon. Ici, je ne me préoccuperai que d'éthique du souvenir, et non de politique de la mémoire, même s'il reste toujours autour du souvenir de la Shoah beaucoup de politique. /// La question éthique est la suivante : la commémoration de la Shoah est-elle un devoir et, si tel est le cas, à qui incombe ce devoir ? A l'humanité entière : telle est la réponse contenue dans l'idée d'établir une journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste. Je suis d'avis qu'il est légitime d'exiger cette commémoration de l'ensemble de l'humanité, tout en ayant conscience que cela ne va pas de soi et qu'une telle injonction requiert d'être justifiée.  (...) « S'il y a un sens à ce que l'ensemble de l'humanité s'associe à cette commémoration, c'est parce que la Shoah est une manifestation du mal radical. » (...) « Avec leur conception raciste, leur politique de destruction systématique des juifs, les nazis ne se sont pas contentés d'adopter une conduite immorale dans les faits. Ils ont ébranlé le présupposé fondamental sur lequel repose une humanité partagée. La Shoah constitue une agression contre la possibilité même d'un ordre de la moralité et, en ce sens, elle représente bien un signal d'alarme qui s'adresse à toute l'humanité. L'établissement d'un ordre de la moralité est l'intérêt supérieur de tout homme. C'est pourquoi la commémoration de la Shoah est dans l'intérêt de toute la communauté humaine. " ») 

MISE à JOUR 18-02-15. LIVRE. "Les philosophes face au nazisme. Avant, pendant, après Auschwitz". Philo Eds, janvier 2015. Collectif. La philosophie à l'épreuve du mal.

Philosophie magazine :  http://www.philomag.com/les-idees/les-philosophes-face-au-nazisme-avant-pendant-apres-auschwitz-11015

Fiche DECITRE : http://www.decitre.fr/livres/les-philosophes-face-au-nazisme-9782953813050.html

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MISE à JOUR 01-03-15. Holocauste. "Shoah : ces Tsiganes qu'on rejette", par Ouri Wesoly, CCLJ : http://www.cclj.be/article/3/6410

Série documentaire. "Jusqu'au dernier, La destruction des Juifs d'Europe", de William Karel et Blanche Finger, France 2, produite par Paul Rozenberg et Céline Nusse : http://www.france2.fr/evenements/jusqu-au-dernier-la-destruction-des-juifs-d-europe

..........MISE à JOUR 08-05-15. Un SITE à découvrir absolument : Mémorial 98 (écho au centenaire de l'Affaire Dreyfus, 1998) : http://www.memorial98.org/ Sur le site, adresse du blog associé, plus Facebook et twitter... 

04/01/2015

« Aux yeux d’une fleur »... Ou retour sur Noël, Hanouccah, l’Aïd El Mouloud...

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 « Aux yeux d’une fleur, / le monde est une fleur. / Aux yeux d’une épine, / le monde est une épine. » Texte d’une chanson d’Ani Chöying Drolma, nonne star du Népal (d’origine tibétaine). /// Paraphrasons en détournant... Aux yeux d’une étoile Noël serait une fête lumineuse, aux riches symboles... Aux yeux d’une ombre ce serait fantaisie ridicule, piège idéologique, danger à écarter, liberté à détruire. (L’ombre étant suivant les lieux et moments un idéologue bouffi de certitudes, un tyran maître en dictature, un fondamentaliste rêvant d’exclure toute croyance autre que la sienne, toute pensée s’écartant de ses normes.) En France on a vu des épines se déguiser en fleurs (l’extrême droite tentant de récupérer la symbolique chrétienne pour en faire un masque identitaire...) et des épines afficher leur part d’ombre (de faux laïques se disant libres penseurs... et proposant une vision assez totalitaire, car marque par un militantisme extrême contre toute dimension spirituelle - et ce n'est pas cela être laïque...).

Crèches...? « La crèche dépasse la sphère du religieux », Le JDD, 21-12-2014, entretien : http://www.lejdd.fr/Societe/Religion/Creches-de-Noel-La-creche-depasse-la-sphere-religieuse-707826

« étoile qui survit à ses ternissures / comment la voit-on de l’infini où elle s’insère ? » Fragment d’un poème d’Abdelwahab Meddeb (page 12, « Portrait du poète en soufi »).

Dans les disputes idéologiques entre étoiles et épines... l’infini est oublié, celui que le poète inscrit justement dans sa méditation...

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Noël, fête heureuse dans certains pays, situation terrifiante dans d’autres (voir le livre ci-dessous, tour du monde des réalités diverses...), malaise ailleurs, moins gravement, ou pressions ridicules, autres lieux, cf. Chine : « Pékin appelle à résister à Noël, ‘’fête kitsch de l’Occident’’ », titre du Monde, 28-29 déc. 2014. 

« Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde  http://www.xoeditions.com/livres/le-livre-noir-de-la-cond...

Mais (autre livre), au-delà du drame de Tibhirine, un témoignage magnifique permet un regard où l’espoir de fraternité demeure. « Le jardinier de Tibhirine ». Surtout ne pas instrumentaliser l’assassinat des moines de Tibhirine : ce serait les trahir et trahir celui qui poursuit la présence et incarne le message, ce « jardinier » de Tibhirine, jardinier concrètement et « jardinier » spirituellement http://www.lecerclepoints.com/livre-jardinier-tibhirine-j...

Noël, c’est un ensemble de symboles (étudiés dans des notes précédentes) et de mythes, dont cette présence fantasmatique qui fait rêver l’enfance...  « Le mythe du père noël », de Viara Timtcheva, éd. L’Harmattan, 2006. L’ouvrage reprend l’histoire de ce mythe des origines à la fin du XXè siècle : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=22617

Richesse des signes... Mais qui remarque la concordance des dates ? Hanouccah dont le huitième jour rejoint Noël, l’Aïd El Mouloud qui suit Noël de peu. Le penser peut aider à saisir la fraternité au-delà des drames, le dialogue malgré des réalités divergentes... L'origine des fêtes religieuses n'a souvent que peu de rapport avec la religion, les dates s'inscrivant dans la continuité de rituels païens, liés au rapport avec la nature.

Hanouccah : http://www.evous.fr/Hanouka-ou-la-fete-des-lumieres,1180116.html

L’Aïd El Mouloud, naissance du Prophète pour les musulmans : http://www.joursferies.fr/al-mawlid.php

Donc, traces pour mémoire...

Fêtes, trois religions du livre : http://icalendrier.fr/religion/

Fêtes au fil des mois : http://www.calendrier-des-religions.ch/fetes.php

Ce pour... 12 traditions : http://www.calendrier-des-religions.ch/fetes.php?t=0

Le site se limite ainsi aux dates, mais il s’ouvre vers le site de l’édition (Suisse) du calendrier, riche : revue de presse interreligieuse – dans un but culturel et éducatif avec textes lisibles en ligne, liens nombreux...

Revue de presse : http://editions-agora.ch/page.php?label=revue_presse

Liens : http://editions-agora.ch/page.php?label=liens_utiles

Liens... dont Religioscope : http://www.religion.info/  (liste d’articles, double, en anglais et en français, et lien avec l’actualité, cf. l’Ei, le jihadisme, etc.). Cf. texte (ample) : « Analyse: djihadisme et "dérives sectaires" », questionnement de Jean-François Mayer : http://religion.info/french/articles/article_652.shtml#.VJX13CsgBg  ou Eurel http://www.eurel.info/  (données diverses, pays européens) et Clims (Infos sur mouvements spirituels et minorités) : http://www.clims.ch  (réflexion sur l’intégrisme, mais aussi sur l’universalisme...).  

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Dialogue interreligieux et interculturel (site de l’UNESCO) : http://www.unesco.org/new/fr/culture/themes/dialogue

Dialogue interreligieux, fiche wikipedia :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Dialogue_interreligieux

Lecture pour prolonger la réflexion sur ces cultures religieuses. Un livre : « Petit guide des religions à l’usage des mécréants ». Passionnant entretien avec l’auteur, Alain de Botton, Le Monde, 23-05-2012 : http://www.lemondedesreligions.fr/culture/alain-de-botton-pour-un-athee-les-religions-restent-une-source-de-sagesse-extraordinaire-23-05-2012-2520_112.php

Et, pour conclure, citation d’une ancienne page du Forum 104. « Interspirituel ou interreligieux ? », par Yvon Le Mince :  « L’interspirituel n’est pas l’interreligieux. Il se préoccupe moins de hiérarchie, de dogme, d’institution... » (...) « L’interspirituel n’est cependant pas totalement autre que l’interreligieux. »)

18/12/2014

« Portrait du poète en soufi ». Lire Abdelwahab Meddeb, conscience éclairante...

 

SOUFI.jpgIncipit : "Ô souffle ô voix / ô saveur ô parfum / l'eau que la bouche donne et reçoit / la fleur qui dans l'oreille bruit / le jardin où les mains sont fleurs / le nombril que l'œil boit "  (1, p.7)

Citations :" que serait l'aurore / sans le noir de la nuit? "   (deux vers du fragment '54', p.47)

"matière soufie dense infinie en perpétuelle / découverte dire encore et toujours et à jamais / sur la voie inventer ses haltes ses points de fuite / et reprendre le chemin de logis en maison / où se vit et s'entend la jouissance autre / parfois sur le pré de désolation ou à son bord / ou à l'ombre de la maison de contrition / ailleurs ça peut être sur les rives de la jubilation / en mouvement sans cesse sans s'arrêter / porteur d'un feu qui..." (...) // (début du poème '97', p.107)   

"Portrait du poète en soufi", coll. L’Extrême contemporain, éd. Belin, 2014 (155 poèmes comme fragments de méditation).

J'ai choisi trois pages pour introduire cette lecture : la présentation du livre sur le site de l'édition, le portrait que fait Nicolas Truong de l'écrivain, un texte de lui sur le conflit israélo-palestinien. Et, bien sûr, trois citations, dont l'incipit. J'admire depuis fort longtemps cet auteur, brillant intellectuel né en Tunisie, qui, au-delà de ses dons de poète, de lecteur, de penseur, avait une faim du monde, un désir d'universalité, une grande exigence spirituelle. Force éthique exprimée dans la douleur du constat que nous sommes forcés, tous, de faire, devant la lâcheté hypocrite des enfermements complaisants dans la bêtise et la haine (dans la bêtise de la haine...). Dénonciation des murs dressés par les fausses croyances identitaires, par une sorte de goût mortifère du conflit avec l'Autre qu'on croit autre, ce goût de la mort contre la vie... Il le dit, notamment, cela, avec rage et souffrance, en humaniste profond, dans le texte "Pornographie de l'horreur". Voix perdue, l'immédiate : il est décédé en novembre 2014. Mais ses livres demeurent : la voix porte, à la fois intemporelle - par sa dimension spirituelle - et intensément dans le temps de nos vies, temps de ce monde qu'il pensa.    

Fiche éditeur : ("Pensées d'un néo-nomade" : "Le poète, soufi d'un nouveau genre en quête de la poésie globale de notre temps, trouve sa matière en réinventant sa patrie dans un nomadisme à l'horizon du monde" / (...) "Abdelwahab Meddeb, tunisien de culture française, est une personnalité importante du monde culturel. Il est écrivain, poète, philosophe et universitaire. Il produit et anime chaque vendredi sur France Culture l'émission "Cultures d'islam". Il a enseigné aux universités de Yale, Genève et Nanterre. Il a été lauréat en France de plusieurs prix littéraires.") :http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-portrait-du-poete-en-soufi-23819.php

PORTRAIT « Mort de l’essayiste et romancier Abdelwahab Meddeb (1946-2014) », Le Monde, 06-11-2014, par Nicolas Truong : http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2014/11/06/mort-de-l-essayiste-et-romancier-abdelwahab-meddeb-1946-2014_4519799_3382.html (CITATIONS : «Poète, islamologue, essayiste et romancier, né en 1946 à Tunis, Abdelwahab Meddeb est mort à la clinique Bizet, à Paris, mercredi 5 novembre, d’un cancer du poumon. Grand érudit, pétri de culture musulmane et occidentale, il plaidait sans relâche pour un Islam des Lumières, un dialogue des civilisations face au choc des nations, des images et des représentations. / « Passionné par la littérature la plus exigeante, ce sont les attentats du 11 septembre 2001 qui conduisirent ce poète et romancier franco-tunisien à descendre dans l’arène des débats. « Si, selon Voltaire, l'intolérance fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l'Allemagne, l'intégrisme est la maladie de l'islam », écrivait-il en ouverture à La Maladie de l’islam (Seuil, 2002), son ouvrage-phare, dans lequel il invitait le monde musulman à balayer « devant sa porte » et à rompre avec la spirale de la violence et du ressentiment. Il ne cessa de combattre l’islamisme radical, tout comme le mépris ignare pour les musulmans dans lequel se complaisent certains intellectuels français.  / « Une position singulière, qui lui valut d’avoir des adversaires dans chaque camp. Mais aussi de nombreux amis et soutiens, tels... » (... voir l’article...). » / (...) «"Je porte en moi la maladie de l’islam’’ », disait-il encore alors qu’il luttait contre son cancer. » / « Pour lutter contre le littéralisme et l’intégrisme, séparer le politique du théologique, il propose de chercher dans la tradition du soufisme d’Ibn Arabi (1165-1240) notamment, la voie d’un islam ouvert à la pluralité des mondes. Cette préoccupation est au cœur du Portrait du poète en soufi, son dernier ouvrage. ») 

Cette remarquable ouverture de conscience se voit dans ce texte qui met dos à dos les violences et la terreur dans le conflit Israël-Palestine : « Pornographie de l'horreur », A.Meddeb, Le Monde, 12-01-2009 : http://www.lemonde.fr/idees/article/2009/01/12/pornographie-de-l-horreur-par-abdelwahab-meddeb_1140741_3232.html

MC San Juan

21/11/2014

ALBERT CAMUS, relire « Noces », et « Retour à Tipasa »… citations...

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NOCES

INCIPIT (« Noces à Tipasa », premières phrases de « Noces »…) : « Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. A certaines heures la campagne est noire de soleil. Les yeux tentent vainement de saisir autre chose que des gouttes de lumière et de couleurs qui tremblent au bord des cils. »

EXCIPIT  (« Le Désert », dernières phrases de « Noces »…) : « Florence ! Un des seuls lieux d’Europe où j’ai compris qu’au cœur de ma révolte dormait un consentement. Dans son ciel mêlé de larmes et de soleil, j’apprenais à consentir à la terre et à brûler dans la flamme sombre de ces fêtes. J’éprouvais… mais quel mot ? quelle démesure ? comment consacrer l’accord de l’amour et de la révolte ? La terre ! Dans ce grand temple déserté par les dieux, toutes mes idoles ont des pieds d’argile. »

CITATIONS (Noces) : http://evene.lefigaro.fr/livres/livre/albert-camus-noces-2065.php?citations

« RETOUR à TIPASA » (« L’Eté »)…

INCIPIT : « Depuis cinq jours que la pluie coulait sans trêve sur Alger, elle avait fini par mouiller la mer elle-même. « 

EXCIPIT : « Mais peut-être un jour, quand nous serons prêts à mourir d’épuisement et d’ignorance, pourrai-je renoncer à nos tombeaux criards, pour aller m’étendre dans la vallée, sous la même lumière, et apprendre une dernière fois ce que je sais. »

Extrait(texte) : http://amorysparadise.tumblr.com/post/72781146963/lete-de-albert-camus-extrait-du-retour-a-tipasa

Très intéressants sont les EXERGUES  choisis par Camus pour nous faire entrer dans ces deux livres, ou certains chapitres, par le sens qu’ils affirment, la force de cette lutte entre ombre et lumière, en soi pour cet accord que cherche Camus entre révolte et amour, et, dehors, entre regard sur la part sombre et mortifère du réel (créé par l’homme, le hasard ou une éventuelle transcendance peut-être présente dans ce que les paysages disent du monde) et la splendeur lumineuse du monde naturel. Pas d’athéisme affirmé chez Camus mais une sorte de mysticisme agnostique déchiré. Exergues, donc. Pour « Noces » c’est Stendhal (La duchesse de Palliano) et la mort du Cardinal Carrafa étranglé par le bourreau : « Le bourreau étrangla le Cardinal Carrafa avec un cordon de soie qui se rompit : il fallut y revenir deux fois. Le Cardinal regarda le bourreau sans daigner prononcer un mot. » La mort, le crime, l’horreur… Pour « Retour à Tipasa » c’est une citation extraite de Médée : « Tu as navigué d’une âme furieuse loin de la demeure paternelle, franchissant les doubles rochers de la mer, et tu habites une terre étrangère ». Echo, dans « La mer au plus près », qui suit « Retour à Tipasa » dans « L’Eté » : « J’ai grandi dans la mer et la pauvreté m’a été fastueuse, puis j’ai perdu la mer… ».  Cependant  l’exergue de l’ensemble est une citation de Holderlin : « Mais toi, tu es né pour un jour limpide… ». La lumière, encore… Le choix d’un exergue c’est part intégrante de l’écriture, tissage entre lire et écrire.

06/08/2014

« Dans mes veines ce n’est pas du sang qui coule, c’est l’eau… ». Lire Jean Venturini, poète…

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Guerre au Proche-Orient, désastres violents en Irak, Syrie, et ailleurs (images de corps martyrisés)… Vacances, tout de même, près ou loin – qui font s’échapper de l’actualité autant que des habitudes, changer de regard et de paysage… Et la poésie ? Quelle place lui donnera-t-on en cet été ? Lire et relire, bien sûr… Jean Venturini, par exemple. Lui qui, par son écriture et sa vie, est au croisement de ce que je viens d’évoquer. Révolte et colère (or n’est-ce pas ce que nous ressentons en voyant les ravages des conflits, la furie de ce goût de la mort des humains, avec tant de variantes ?). Regard : les yeux aimés, la beauté de visages ou d’arbres, la lumière, des couleurs, et même la laideur, puisque c’est du vivant, que c’est. La part de l’ombre en soi, murmurée ou criée, contemplée avec lucidité (or si tous nous faisions cet effort de descente dans ce labyrinthe d’émotions, de frustrations, de blessures… peut-être y aurait-il moins de projections, de volonté d’anéantissement des autres quand on les décrète étrangers, ennemis, maudits ?). Guerre : c’est bien cela qui a tué Jean Venturini en 1940, même si le naufrage de son sous-marin semble avoir été dû à la rencontre accidentelle d’un champ de mines. Pas de champ de mines sans guerre…

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Il y a quelques années, ayant vainement cherché un exemplaire du recueil épuisé de Jean Venturini, dont je ne connaissais que le poème de l’anthologie de Pierre Seghers… j’avais fini par mettre une annonce de recherche sur le site d’une association de collectionneurs (chercheurs de documents en rapport avec la culture des pays d’Afrique du Nord). Et j’avais été contactée par la personne qui possédait le rare ouvrage (et qui m’offrit la copie pour qu’enfin je puisse lire l’œuvre intégrale : merci !). Comme lui je regrettais que ce poète ne soit plus réédité : quelle tristesse de voir disparaître la trace d’une écriture brûlante, sacrifiée avec la vie de l’auteur dans ce naufrage de 1940. Que serait devenu ce jeune rimbaldien vivant au Maroc ? Seghers voyait en lui  la promesse d’une œuvre à poursuivre. Si Antoine Lantéri avait perdu ce livre, ou l’avait oublié, son héritier n’aurait jamais pu lancer sa recherche et nous n’aurions pas dans les mains tous les autres textes (car personne ne se préoccupait de faire revivre ce recueil et la voix de Jean Venturini).

OUTLINES  a été réédité… enfin, en 2009. Avec un avant-propos de Jean-Luc FALCO, qui explique comment cela a été possible, la préface originelle de René GUILLOT, ému par la jeunesse du poète tôt disparu, par la force des élans de l’auteur, par sa révolte entre colères et rêves d’amour.  L’ouvrage est complété par une documentation sur le sous-marin Le Morse et son naufrage. Eds VAILLANT : http://www.editionsvaillant.net/

Fiche sur DECITRE, librairie en ligne (on peut commander ainsi l’ouvrage, ou chez son libraire de quartier) : http://www.decitre.fr/livres/outlines-9782916986067.html

Relisant  le recueil, là, pour en choisir des citations, je remarque l’importance des points de suspension dans ses textes... Ne pas clore, laisser la pensée poursuivre son errance dans les mots non écrits, ou le rêve. Noter la phrase, le vers, mais poser ainsi, aussi, l’hésitation : on n’aura pas tout dit, ni trouvé exactement les mots adéquats, car jamais le poème n’est vraiment achevé intérieurement (« Demain peut-être en cherchant bien, je trouverais d’autres mots – plus beaux. » - Phrases dans l’ombre). Et le poème est ouvert à d’autres sens derrière les mots, dans le silence : les points de suspension valent retournement, comme si le silence était une marge en miroir, qui amplifie la phrase.

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Jean Venturini, est né en Tunisie en 1921 mais a vécu ensuite au Maroc. Il est mort en mer quand le sous-marin Le Morse (où il s’était engagé comme marin radio) a été détruit par des mines, en 1940 au large de Casablanca.  Son poème Sang est visionnaire : « Dans les veines ce n’est pas du sang qui coule, c’est l’eau, l’eau amère des océans houleux… »

« Outlines », est son seul recueil de poèmes (éd. 1939, puis 1940). 48 poèmes dont « Sang », qui fut publié dans l’anthologie de Pierre Seghers, « Le Livre d’Or de la Poésie française » (des origines à 1940), éd. Marabout.  Jean Venturini est le dernier poète cité dans ce volume : http://fr.wikipedia.org/wiki/Outlines

Pierre SEGHERS écrivait ceci à son sujet, introduisant le texte choisi : « Révolté, rimbaldien, son unique recueil « Outlines » parut en novembre 1939 à Casablanca. Il annonçait un grand poète. Comment ne pas penser, le lisant, que le poète est un « voyant », qu’il est doué d’une extraordinaire prescience ? »

PAGE dédiée au poète sur wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Venturini

Monographie, par Madeleine Kérisit : http://www.auxmarins.net//fiche_marin/7305/Venturini

Evocation du marin Jean Venturini  (M. Kérisit), sur http://www.amedenosmarins.fr/pages/Jean_Venturini_marin_mort_pour_la_France_et_poete-2908728.html

CITATIONS (et fragment de l'hommage de Max-Pol Fouchet, revue "Fontaine", 1940) sur : http://fr.wikiquote.org/wiki/Jean_Venturini

Le poème « SANG » : http://egoak.free.fr/VENTURIN.htm

Deux poèmes sur un blog : SANG » et « FAREWELL » : http://raynaldopierrelouis.over-blog.com/2014/05/deux-poemes-tires-du-recueil-outlines-de-jean-ventur.html

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CITATIONS, en feuilletant les pages du recueil… Pour donner envie de lire le recueil entier :  

VENTS :

 « Vrai, j’ai trop erré… / J’ai trop pleuré… / Mes yeux / S’en sont allés / Et mon cœur est vieux… / Ma gorge est nouée d’avoir trop râlé / Mes amours et mes haines… / Oh qui cassera mes chaînes ? »(Chanson de fou)

« J’ai dans mes veines un sang rouge / Epais comme du vin nouveau… du gros vin / Lourd et sombre, plein d’alcools encore inavoués…  /// Un sang qui gronde et noue mes tempes… /// (…) Et qui sait mon cœur, comme du pus… /// …Peut-être ai-je aussi un peu de la lumière du ciel / Un peu de la tendresse et de la paix du monde / Qui murmurent quand ma brute s’endort » (Hérédité)

« Ceux de la nuit / Qui s’en vont dans la brume et dans la pluie / Sont mes frères… / Je les reconnais les gueux, les hères, / Leurs visages blêmes et laids / Me sont familiers… «  (Ceux de la nuit)

« Je sais les fugues de lumière sur l’eau des mares… / Et la douceur immense des couchants violets / Qui flottent sur les horizons qui s’effarent, / Funèbres reflets de pourpres inviolées. » (Paysan)

« J’ai jeté vers le ciel de hauts gibets pour / y pendre mes rêves… / (…) Aux arbres de la forêt j’ai noué des cordes pour pendre mes rêves… » (La sérénade aux pendus)

« Je veux la nuit profonde des hivers blancs, / muette et froide comme les caveaux sous la terre… /la nuit muette, pleine de l’élan / dur des arbres nus vers les gouffres sans lumière. » (Nuit)

« Dans mes veines ce n’est pas du sang qui coule, c’est l’eau, l’eau amère des océans houleux… » (Sang)

« Mais il n’y a personne devant moi, c’était / Un souvenir entré par les fenêtres avec / Le souffle chaud du vent d’été… » (Fenêtres)

« Alors je suis parti en une recherche effarée, / J’ai erré dans la nuit sans bords / Pour trouver la lisière que l’aube colore… / … L’aube était morte, linceulée de ses voiles déchirés. » (Recherches) [ En exergue, une citation de René GUILLOT : « De la terre au ciel en passant par où ? » (Chemin)

« Sur les flots glauques comme l’émeraude de ses yeux, / Je souffrirai des lunes pleines du mal de souvenir / Puis tout mourra dans mon cœur silencieux…  / Alors enfin libre je ne pourrai plus revenir.» (L’appel)

…..

MAROC :

« Moi je songe à des fontaines, à des chants murmurés / dans la paix fraîche des harems… » (Marrakech)

« Dans les bleus froissements d’ailes des ramiers, / le soir s’en est venu dormir sur les palmiers… /// (…) Demain peut-être en cherchant bien, je trouverais d’autres mots – plus beaux. » (Phrases dans l’ombre)

« Ils ont marché longtemps, les vents… » (Révolte). Poème dédié à René GUILLOT.

« Menaces de sang dans le soleil / Les étandards chérifiens / Fouaillent les ciels trop bleus. /// Un jour viendra, un jour glorieux / Où leurs étoiles vertes / Bondiront dans la lumière » (Un jour)

…..

ELLES (en exergue, Rimbaud (« Je voudrais vous casser les hanches / D’avoir aimé ») :

« Vous êtes entrées au jardin de mon âme » (Jeunes filles)

« …Viendra-t-il jamais, ce vent qui doit calmer ma fièvre ? » (Jeux d’eau)

« Mourir comme le jour bleu qui s’achève, / Et mêler mon âme aux senteurs pourries de l’automne. » (Automne)

« Ton souvenir c’est un naufrage / Dans les eaux calmes du large… / Une cassure sur le miroir / De ma mémoire… » (Marines)

« Ne regarde jamais du côté de la mer… «  (Naufrage)

« Mais les chimères aussi meurent.. » (Vous en souvenez vous)

RENOUVEAU

« J’ai trop pensé, j’ai trop rêvé » (Renouveau)

25/07/2014

FOOT. Retour sur le Mondial…

 

FOOT.jpgPourquoi vouloir faire une note sur le foot (alors que ce n’est pas un de mes centres d’intérêt (sauf quand je regardais la chorégraphie sacrée de Zidane…), que je ne suis jamais un match en entier, et que, tous ces jours, mes lectures de la presse et mes réflexions sont principalement liées à l'actualité... Parce que j’ai été attentive, quand même, à tout ce qui tournait autour de cet événement international, ce qu’il révélait, ce qu’il inspirait, et le sens qu’il avait pour des gens passionnés.

D’abord, en premier plan tout au début, la réalité sociale du Brésil, les colères populaires mettant en question l’argent dépensé pour cette fête mondiale dans un contexte de manque, l’écho que cela renvoyait des scandales de la préparation du Mondial futur au Qatar (exploitation esclavagiste, morts d’ouvriers, et statut de ce pays : argent, idéologie, politique et complicités plus que problématiques…). Voir l'article "Carton rouge" pour le Brésil 2014, sur ccfd-terre solidaire : http://bit.ly/UzCXgu 

Puis, petit à petit, en zappant sur les chaînes d’info, des bribes d’images et du sens qui se mettait en place, malgré tout, avec ces foules criant ou chantant ensemble (comme dans une messe inventée…). Une équipe des Bleus différente de ce qui précéda catastrophiquement, un enthousiasme de supporters qui traduisait l’envie de joie et de partage… Expérience (télévisuelle y compris) qui donne l’occasion de s’intéresser à des pays proches ou étrangers à travers le regard porté sur leurs sportifs, et d’observer, chez d’autres et en moi, la capacité de se sentir d’identité plurielle, au-delà de ces histoires de drapeaux...

Et que tant de personnes, d’esprits, aient le regard fixé en même temps sur un même lieu, tous ces gens qui regardaient des matchs, ou, comme moi, en grappillaient quelques bribes, c’était, je crois, un événement de conscience, un partage planétaire qui doit avoir du sens. Du jeu, simplement du jeu (même si l’argent y joue un rôle excessif…). Que des joies collectives soient si fortes alors que, en même temps, des conflits terribles continuent, le terrorisme, des drames, c’est paradoxal. Mais n’a-t-on pas besoin de se défaire de l’émotionnel négatif pour créer en marge, de temps en temps au moins, de l’émotionnel positif, collectivement ?

L’aspect idéologique m’a particulièrement intéressée. Faits interprétés, projections pour se complaire dans des rejets et cultiver la haine. Sans essayer de comprendre. Alors que d’autres donnent des clés pour percevoir au plus juste…

LECTURES...

(Une critique féroce du spectacle foot, dans un livre policier – un thriller - assez remarquable, par la langue et la culture de l’auteur, brillant observateur du monde actuel.  Ce n’est qu’un passage unique sur ce thème, dans cet ouvrage de près de 800 pages lu avec grand plaisir). Citation : « Il aperçut du vert sur l’écran et de minuscules silhouettes vêtues de bleu qui couraient dans tous les sens. Compte tenu de l’heure, il devait s’agir d’une rediffusion. Il soupira en songeant que des pays entiers étaient su le point de s’écrouler ; les quatre cavaliers de l’Apocalypse avaient pour noms finance, politique, religion et épuisement des ressources, et ils cravachaient ferme – mais la fourmilière continuait de danser sur le volcan et se passionner pour des choses aussi insignifiantes que le football. Servaz se dit que le jour où le monde finirait dans un déchaînement de catastrophes climatiques, d’effondrements boursiers, de massacres et d’émeutes, il y aurait des types assez cons pour marquer des buts et d’autres encore plus cons pour se rendre au stade et les encourager. » Bernard MINIER, « Le Cercle », p.103, Pocket 2013, XO Eds 2012.

On peut voir là une vision sans doute un peu élitiste, mais c’est un personnage qui parle… Et l'aspect dérisoire de passions supposées "inutiles" est mis en évidence. On peut opposer à cela une autre vision, celle d'un partage collectif qui dépasse le jeu de loin.

Car le foot, pour d’autres, ce peut être le lieu d’un apprentissage, d’une école de vie. Ce fut ainsi pour Albert CAMUS, qui écrivit ce qu’il devait au sport, au foot. Lire cette page fort intéressante (avec une citation de Camus sur la formation morale que lui donna le foot)... toutelaculture.com : http://bit.ly/1ookU9b  (« S'il ne deviendra jamais un grand gardien, Camus restera toute sa vie passionné de ce sport : quand avec l'argent du prix Nobel, il s'offre une propriété à Lourmarin dans le Lubéron, loin du tumulte dramatique algérois ou parisien, il occupe ses dimanches à traîner sur le bord du terrain en regardant les enfants du club local s'entraîner ou matcher contre le village voisin. Il ira même jusqu'à les sponsoriser et payer leur maillot. »)  Et celle-ci, qui reprend des citations, celle sur le sport en troisième paragraphe, où la place du foot est dominante, L’Express : http://bit.ly/WRoiPn

Une chronique intéressante dans Le Monde, 2010. Une citation de Camus  (l'éthique du sport) pour introduire une critique féroce : non du sport mais du système pourri par l’argent et l’arrogance de certains : http://bit.ly/1rRWzsm

En 2012, une autre chronique, du Courrier international, faisait l’éloge du football amateur, en l’opposant à l’univers professionnel : http://bit.ly/1pU8bZE

10/01/2014

SITES et PAGES sur Albert Camus, pour commencer l'année, en ce mois de janvier, anniversaire de sa mort en 1960

« Si j’avais à écrire ici un livre de morale, il aurait cent pages et 99 seraient blanches. Sur la dernière j’écrirais : ‘’ Je ne connais qu’un seul devoir et c’est celui d’aimer.’’ »

Albert Camus, Carnets (passage cité aussi, expo et livre, « Albert Camus citoyen du monde »)

« La pensée d’Albert Camus est un héritage vivant, ses mots résonnent toujours d’une vérité toute contemporaine. Qu’on les lise dans un manuscrit, une édition originale, un livre de poche ou un support électronique, les mots de Camus laissent échapper images et sensations qui frappent notre conscience. Tout l’art de Camus se produit dans l’écho de la lecture. »

« Albert Camus citoyen du monde. Mettre en scène une pensée »

Yacine Aït Kaci, réalisateur de l’exposition d’Aix-en-Provence

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SITES et PAGES à consulter :

ETUDES CAMUSIENNES :http://www.etudes-camusiennes.fr/wordpress/ (Présidente de la Société des Etudes camusiennes : Agnès Spiquel)

WEB CAMUS : http://webcamus.free.fr/ (Georges Bénicourt)

DISCOURS d’Albert Camus, remise du prix NOBEL, Stockholm, 1957. Sur nobelprize.org : http://bit.ly/1enP5aS

Archives INA, Albert Camus. Vidéos et Docs audios, ina.fr : http://bit.ly/1aeBpul

CENTRE ALBERT CAMUS, Cité du livre, Aix : http://bit.ly/1d8OgSX

Daniel Leconte, CAMUS FOREVER, 07-11-13 (rappels salutaires… !), huffingtonpost.fr : http://huff.to/1dkFuDa  (« Je ne suis pas sûr en effet que ceux qui t'encensent aujourd'hui sont tous de vrais héritiers. Pas sûr qu'ils résistent à vouloir recueillir une parcelle de ta gloire pour faire oublier leurs égarements et redorer un blason terni par des engagements qui ne te ressemblent pas ou pire qui les trahissent. Pas sûrs en somme que tous te soient fidèles quand ils font aujourd'hui ton éloge. » / « Je ne voudrais pas à mon tour privatiser ton héritage mais comment copiner avec Bouteflika par exemple et dans le même temps se revendiquer de toi ? Comment continuer à célébrer le génie de Sartre et te vouer une admiration sans limite ? Comment être inféodé à une philosophie de l'histoire et épouser ta conception de la liberté ? Comment en somme concilier ton refus de la servitude avec avec l'allégeance tacite à un antitotalitarisme contre un autre moins fréquentable ? / Tu as été l'animateur intransigeant de la gauche anti totalitaire. Tu as refusé tous les totalitarismes qu'ils soient communistes ou fascistes. » / « Que tu avais raison contre tous et tous ceux qui nous serinaient à l'époque qu'il valait mieux avoir tort avec Sartre que raison avec toi. Alors merci Albert pour cette lucidité qui 100 ans après fait aussi ta grandeur. Par les temps qui courent, elle nous aide à vivre avec notre temps.”). Et son livre... "Camus si tu savais"...

Lecture du Cahier de l’Herne sur Camus, par Nadia Agsous, « Albert Camus,  le ‘’semeur de questions’’… », 13-10-13, huffingtonpost.fr: http://huff.to/1a7Ijoj

Centenaire Camus, ouvrages, sur a-lire.info : http://bit.ly/1ktW07L 

PHILOMAG, hommage : http://bit.ly/1hEWCoR

Biographie : http://mael.monnier.free.fr/bac_francais/etranger/viecamus.htm  Autres pages du même site, sommaire : http://mael.monnier.free.fr/bac_francais/etranger/index.htm

Cinq livres présentés brièvement (La Chute, L’Eté, L’Etranger, Noces, La Peste), par François Lavallée : http://pages.infinit.net/flaval/Le_critique/Critiques_Livres_C.html#CamusEte

Hommage ? Article huffingtonpost.fr : http://www.huffingtonpost.fr/2013/11/07/centenaire-albert-camus-hommage-polemique_n_4226536.html (L’hommage officiel est tiède, mais tant mieux peut-être : "Aujourd'hui, on a pris la mesure de l'impact et de la densité du travail de Camus. L'hommage national, il existe à travers la parution d'ouvrages, les événements qui ont lieu dans de nombreux centres culturels et tous les éléments mis à disposition du public. Cet hommage là me paraît plus correspondre à l'esprit camusien que des commémorations officielles." Agnès Spiquel)

...Autres notes sur Albert Camus : catégorie et tags...

 

04/12/2013

La voie nomade, d’Anne Perrier

VOIE NOMADE.jpg

Minuscule livre, éds  Zoé. Mais poésie majuscule. Auteur primé en 2012, reconnaissance d’un itinéraire de poète.

En exergue au recueil, Emily Dickinson :

" Et pour occupation ceci :

  Ouvrir bien grandes mes étroites mains

  Pour ramasser le Paradis"

 

Incipit :

"Ô rompre les amarres

  Partir partir

  Je ne suis pas de ceux qui restent"

 

Citation :

"Je cherche le chemin qui dure

 Toujours toujours toujours"

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Dossier, sur culturactif, site suisse : http://www.culturactif.ch/ecrivains/perrier.htm

Sur le site du Printemps des poètes (avec une bibliographie) : http://www.printempsdespoetes.com/index.php?url=poetheque/poetes_fiche.php&cle=924

Fiche decitre.fr (le livre): http://www.decitre.fr/livres/la-voie-nomade-9782881823978.html#technical_info

Un texte (et des liens, vers un portrait, d'autres textes, d'autres sites), sur Terres de femmes, page titrée La VOIX nomade : http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2012/05/anne-perrier-la-voix-nomade.html

30/11/2013

« Matrone obscure qui préfère l’exil ». Juste une citation... Poésie.

« Méfions-nous (…)

parce que jamais ils ne furent sincères ceux qui ont crié pour des oreilles approbatrices (…)

Nous sommes toujours au bord de la méfiance

et n’aimons jamais la rectitude des maîtres

parce que la vérité de notre temps est matrone obscure qui préfère l’exil »

Les mêmes paroles

Angel Pariente

Traduit de l’espagnol par Marcel Hennart (Poèmes d’Espagne / Poètes du silence, éd. Cahiers Bleus)

17/11/2013

La plongée dans un texte suppose…

« La plongée dans un texte suppose silence et solitude »

Régis Debray, entretien, recueilli par Louis de Courcy, dans La Croix, Livres et idées, 10-01-13 (lien inactif)

Dans cet entretien Régis Debray cite Julien Gracq : « La littérature est ce qui nous sauve de tout le machinal du monde »  et commente ainsi : « Elle déconstruit la machine, nous prend à revers dans nos attentes et nous oblige à renoncer au simplisme. »

A une question sur le style il répond : « ‘’Le style, c’est l’homme’’ (un mot de Buffon). Un style est une incarnation. A travers un style, je dois pouvoir rencontrer un souffle, un corps, une présence vivante. Et pas qu’on me délivre des idées : cela, les intellectuels savent faire. Mais qu’on me fasse passer un certain frisson existentiel, sensuel, sensoriel. Faire naître une émotion par les mots sans recourir à la musique, c’est très difficile. A défaut de génie, il y faut beaucoup de travail. »

15/11/2013

Funambules…

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« Nous sommes tous des funambules dans nos propres vies. »

Antoine Rigot, compagnie Les Colporteurs (Cité par Marie-Anne Kleiber, JDD, 10-11-13)

 

Avoir failli ne plus marcher, quand son métier repose sur un corps libre de danser, avoir cru devoir renoncer à tout, et vaincre tout. Création, message, et leçon de vie... Funambules, nous aussi, autrement... 

Le fil, conducteur de sa vie, article du JDD, sur l'itinéraire de création d'Antoine Rigot : http://www.lejdd.fr/JDD-Paris/Antoine-Rigot-le-fil-comme-conducteur-de-sa-vie-637891

03/11/2013

« Tout ce qui monte converge » : François Cheng citant Teilhard de Chardin

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« Cheng : ‘’j’ai pris la meilleure part des deux cultures’’ », article de Mohamed Aïssaoui, Le Figaro littéraire, 30-10-13. (Je n’ai pas trouvé de lien vers cet article… lisible sur le journal papier…). Le critique écrit :  « Il cite Teilhard de Chardin pour expliquer les bienfaits de ce double ‘’je’’ : « Tout ce qui monte converge ». (Double ‘’je’’ d’une appartenance à une identité culturelle originelle et à une langue et une culture adoptées radicalement. Appartenance serait d’ailleurs réducteur, à moins d’inverser : possession, imprégnation, de cette double richesse, plutôt. Voilà un fort témoignage de ce qui irrigue la littérature et la langue française, venant des êtres issus d’un ailleurs qui les a nourris, ensemencés d’abord, et continue d’agir en eux, car, dit François Cheng cité par le chroniqueur, « Personne ne peut perdre son âme ». Leçon, donc, sur ce qui rassemble.)

Même page, l’article suivant, lisible en ligne :

"François Cheng ou la vie ouverte", par Jean d’Ormesson. Chronique sur l’essai « Cinq méditations sur la mort autrement dit sur la vie » : http://bit.ly/1pEscsW

Voir, sur l’ouvrage, cette page (éditeur, Albin Michel)  http://bit.ly/1k8HS3t 

03/10/2013

« Le doux parfum des temps à venir… »

parfum,essence,monde,utopie,espoir,john harvey,lyonel trouillot,roman policier,poésie,culture,citations,liberté,valeurs,bibliothèque« … La poitrine ouverte par une blessure qui recommençait à saigner, l’inconnu ne savait pas du tout vers quoi il courait, seulement à quoi il essayait d’échapper. »

Preuve vivante, John Harvey 

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« Garde tes filtres pour ta route. / Et souviens-toi qu’une femme libre est maîtresse de son parfum. »

Et

« Pour ce qui te concerne / que tu fasses serment de désobéissance à tout obstacle / ou convention / qui t’éloignerait de ton essence. »

Ou

« Danse / cueille / restitue. »

Le doux parfum des temps à venir, Lyonel Trouillot  

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Deux livres empruntés à la bibliothèque Mouffetard / Mohamed Arkoun...

Cet homme inconnu qui court, blessé, au début de ce roman policier, m’a paru la métaphore de l’état du monde actuel, et c’est pour cette phrase, lue en ouvrant l’ouvrage au hasard, que j’ai choisi de le prendre. Violence, fuite, course qui ne dit pas son sens…

Mais le poème, qui aborde pourtant la violence et la douleur à travers le récit d’une femme à  son enfant, offre un message d’espoir. Le parfum est aussi symbole d’« utopie », aura de signification, trace et promesse d’un monde à construire, pas seulement trace olfactive ou symbolique des traumatismes.  (« Tu leur diras : cherchons ensemble »). Tout n’est pas perdu, car « toute chose vivante n’est pas définitive. »  Magnifique ouvrage…  qui rentrera vite dans ma bibliothèque… (Mise à jour, 10-10-13 : c'est fait...!) Voir, Actes Sud, fiche auteur : http://www.actes-sud.fr/contributeurs/trouillot-lyonel 

Et page (Actes Sud) sur le livre... http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/le-doux-par...

01/10/2013

Silence. Bribes au hasard de relectures…

« Il est plus facile de rencontrer des gens au Mexique. C’est une société qui ne souffre pas des barrières qu’on rencontre en Europe. Les gens y sont beaucoup plus accessibles.

-   Y compris à travers le silence ?

-   Y compris à travers le silence. »

 JMG Le Clezio, Ailleurs, Entretiens avec Jean-Louis Ezine 

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« Chaque mot / est à faire suivre / d’une pause de silence /      / afin que se referme / la cicatrice / de ce qui est dit. »

François Jacqmin, Prologue au silence

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« Et puis, il y a Morandi, il y a Bram. De leur silence tout a été dit. // (Il m’arrive de me satisfaire du silence. Ici je me repais du leur.) // Silence éminemment nostalgique, tout d’intellection méditative chez l’un, silence du plus grand retrait chez l’autre, chez Bram, où seules au-dessus du vide restent ses peintures (…). »

Gérard Titus-Carmel, Ombre portée

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« La voix de l’Ange se nomme parfois silence. »

Jean-Paul Sermonte, La voix du vent