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23/02/2015

ROGER HANIN. HOMMAGE...

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Pas question, pour moi, de ne pas rendre hommage à Roger Hanin, « le Raimu des Pieds-Noirs » (le Soir, Belgique, titre de l’article de Fabienne Bradfer). Acteur plus grand qu’on ne l’a suffisamment dit (et Alexandre Arcady le rappelle), homme d’idées, fidèle à ses racines, et antiraciste de toujours. Son dernier choix (être enterré à Alger, dans le cimetière juif où son père repose) est un geste symbolique très fort, un message envoyé autant aux Algériens qu’à la communauté des Pieds-Noirs (Juifs ou pas), et, aussi, aux Français métropolitains. Que comprendre ? L’appartenance irréversible à une terre de naissance et d’origine (ce qui n’est pas contradictoire avec la pleine implication dans la citoyenneté française). Le lien possible entre les communautés d’une même terre native ou originelle, sur cette rive et sur l’autre rive, à condition de se pacifier soi-même, de ne pas être dans une mémoire de la guerre qui évacuerait les mémoires de paix et de partage. La paix des esprits, donc, nécessaire. La fraternité, indispensable. Et ce message, il le lance dans une période secouée où il est d’autant plus nécessaire de l’entendre.

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Alexandre Arcady, cité par  Le Monde, 11-02-15. Il dit notamment que pour lui Roger Hanin était « de la même trempe que Gabin et Belmondo », et « n'a pas eu dans le monde du cinéma la reconnaissance qu'il méritait ».

Lettre-hommage d’Alexandre Arcady, réalisateur, dans une lettre ouverte écrite le 13, dans le retour vers Alger pour l’enterrement de Roger Hanin (selon le choix de l’acteur), lettre dans laquelle il cite Camus.  JDD, 18-02-15… http://www.lejdd.fr/Culture/Le-cineaste-Alexandre-Arcady-...

La proximité d’Elisabeth Guigou et Roger Hanin (« On trouvait Mitterrand injuste vis à vis des Pieds-Noirs et ça nous réunissait »). Lci.tf1... http://lci.tf1.fr/cinema/video/elisabeth-guigou-evoque-ro... 

 Le Parisien, 12-02-15. Dossier. Titres et sous-titres : « Il était bien plus que le commissaire Navarro ». / « L’Algérien / L’Amoureux/ L’Acteur / Evocation de Robert Castel, de Marthe Villalonga ("Roger Hanin le plus souvent marié à Marthe Villalonga") / L’Engagé / Ses grands rôles vus par Emmanuelle Boidron, Patrick Bruel, Alexandre Arcady, Richard Berry... 

LIVRES  de Roger Hanin. Sélection. « L’Ours en lambeaux », autobiographie. « Roger Hanin raconte et se raconte. Comme il parle : d'une écriture murmurée, traversée d'éclats et de chatoiements. ». Et « Les Sanglots de la fête » (histoire vraie de Blanchette, partie de la Casbah vers Paris, et qui mourra à Ravensbrück.) 

Fiche wikipedia (biographie, filmographie, bibliographie, théâtre)... https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Hanin 

Hommage. Article, Actu.J., "L'homme qui a fait entrer les Pieds-Noirs dans le cinéma français"... http://www.actuj.com/2015-02/culture/1451-mort-de-roger-h... 

15/01/2015

Lecture de Charlie, numéro 1178 : irrévérence, questions, tristesse, rire ...

CHARLIE MERCREDI.jpgLIBERATION du 15 janvier.jpgCANARD.png

 J’ai lu, aujourd’hui, intégralement, Charlie Hebdo... Digne de la Une, à laquelle je disais déjà hier que j’adhérais complètement (et ravie de trouver dans Libération, ce jeudi, une analyse qui rejoint ma lecture : résumé et citations dans la mise à jour de la note du 14-01...). Celle de Soufiane Zitouni, qui enseigne la philosophie au lycée Averroès.

Dans Charlie, l’éditorial de Gérard Biard, « L’Apéro », pose la question des « Oui, mais »... (Dessins et critiques de Charlie, oui, mais, quand même...). Crainte du retour aux frilosités critiques antérieures. (A juste titre : j’entends, infos, que le Pape catholique a protesté contre ce qui, pour lui, est atteinte au sacré des uns ou des autres. Veut-il, le Pape, remettre au goût du jour la question du blasphème, et être suivi par les Français qui partagent sa foi ?). Colère, dans l'édito, contre les manœuvres des complotistes, actifs dès le 7... Et insistance sur la notion de laïcité : « pas la laïcité-je-ne-sais-quoi, la laïcité point final. »

Jean-Yves Camus, dans sa chronique, « Les charognards du complot », décrypte ce phénomène inquiétant. Citation : « Si on laisse de côté les indécrottables tarés de l’ultradroite antisémite, pour qui tout est « sioniste » et « juif », il ne faut pas se leurrer : ce complotisme est un problème de la gauche radicale et de la sous-culture islamo-gauchiste qui sévit sur les forums. ».

Laurent Léger, lui, interroge les « trous dans le filet » du renseignement..

Le reste : émotion, réflexions, dessins, humour et humour sur larmes... c’est dans le journal. « Charlie » 1178 est  en vente plusieurs jours encore (plus d’exemplaires le matin dans les boutiques importantes, qui ont plus de place que les petits kiosques...). 

LAÏCITE... Au début de l’éditorial, il y a l’affirmation du refus de l’expression « laïcard intégriste », que Gérard Biard aimerait voir « disparaître  du vocabulaire intellectuel et politique ». Sauf que pour cela il faudrait que cela disparaisse de la réalité. Or les « laïcards intégristes » cela existe  : conception erronée de la laïcité, qui n’est plus, chez certains, séparation des églises et de l’Etat ("laïcité point final"), mais volonté d’imposer une vision, et mépris de tous ceux qui oseraient affirmer une foi quelconque – sans pour autant s’abstraire d’une société laïque. (Ce n'est pas une laïcité qu'on réduirait, à laquelle on enlèverait quelque chose, mais une laïcité à laquelle on ajoute quelque chose : on la colore, vision "laïcarde", d'une obligation de. croyance, athéisme imposé comme norme d'une pensée qui se voudrait laïque). Certains croient à une transcendance, d’autres pas. Point. Ils ne sont pas plus « crétins » les uns que les autres (vocabulaire qui pourtant désigne plus facilement les uns que les autres dans la parole des athées convaincus que sont souvent les laïcards, pas forcément les laïques, même militants, et vocabulaire qu'on retrouve parfois dans les expressions "des" Charlie).  

Crainte du retour des « oui, mais »... Oui, l’irrévérence et le droit au blasphème ne doivent pas se heurter aux « oui, mais » qui peuvent vite rejoindre l’appel à la contrainte ou à la censure. Oui, irrévérence et droit au blasphème "point final" aussi, cf. G. Biard... Cependant, malgré le massacre, on ne doit pas non plus sacraliser Charlie au point de refuser la critique. C’était, c’est, et cela reste un journal : ce serait une erreur d’en faire un emblème intouchable. Justement, dans Charlie, la critique féroce des religions, des pouvoirs,  et des postures idéologiques ou politiques qui ont leur ridicule, cela doit continuer. Mais il ne faudrait pas oublier une autre posture qui s’apparente au religieux : l’athéisme militant, bardé de certitudes qui ne sont pas plus fondées que celles sur le dieu (Dieu...) ou les dieux des autres. D’ailleurs ce mot de « dieu » ne recouvre pas forcément dans l’esprit de croyants un personnage de conte pour enfant : ce peut être simplement la croyance en une transcendance, quelque chose qu’on suppose, hors ou dans l’être humain, dépasser le petit personnage que nous sommes tous, piégé dans une pauvre identité limitée et en partie illusoire.  

(Et ce « dieu » dans l’esprit des agnostiques c’est seulement un point d’interrogation, pour ces êtres qui disent « je ne sais pas », donc les moins « religieux » qui soient... et peut-être les plus authentiquement laïques... Car comment prendre une posture totalitaire avec un « je ne sais pas » ?).

Critère du « je ne sais pas », donc, tant pour lire Charlie que pour interroger ses propres éventuelles « croyances ». Pour que la laïcité (mal comprise) ne devienne pas le mot clé du risque d’un autre obscurantisme. (Après tout des régimes totalitaires ont fait du refus du religieux une matière de la répression... de la liberté d’expression : les églises ne régentaient plus l’Etat, certes, mais l’Etat, lui, régentait un vide spirituel pour mieux opprimer). Sauf à tomber dans le piège dans lequel semble être tombé Amnesty international (2010), qui voit de la discrimination dans un outil de la laïcité (« la laïcité point final », comme le dit Gérard Biard. L'erreur d' Amnesty... donc.  Alors, oui, même si j’aime bien ajouter des « mais » aux « oui », pour quoi que ce soit (comment, autrement, penser les nuances et la complexité ?), devant de telles dérives associatives, on attend avec impatience la caricature qui pourra s’en inspirer... Amnesty et les « curés » fondamentalistes d’un islam dévoyé... Décidément, la dérision est nécessaire... (Mais je continuerai à signer des pétitions d'Amnesty : autres...).

Et, j'y reviens, le regard critique sur toute lecture...Voir, dans Charlie à venir, ce qui manquerait (en fonction de l'actualité). Voir ce qui est en trop (une chronique acceptée, il y a des années, par erreur, sur un brûlot, choix corrigé ensuite). Regard attentif, et critique s'il le faut. Cela aussi c'est respecter. 

[Mise à jour, 16-01-15. Obsèques émouvantes... Mais... je ressens un malaise, en entendant (infos) Mélenchon se lancer dans un discours tremblant d’émotion, lui qui, là, représenterait une figure critique libre du soutien de Charlie, lui, l’ami de Chavez, le soutien du pouvoir répressif de Cuba. Présence qui a été préférée à celle de Jeannette Bougrab, qui semble avoir dérangé. Les raisons de cet éloignement ne sont pas connues : ce peut être du fait de ses appartenances politiques ou pour d'autres résistances qui, dans tous les cas, choquent dans le contexte (il semble qu'elle ait décidé de ne pas venir ou qu'elle ne l'ai pu), malgré sa douleur évidente. Si c'est un rejet motivé par des préjugés idéologiques, c'est blessant, si la cause est émotionnelle (rivalité de proximité dans le deuil) c'est troublant. En tout cas, d'elle, on ne peut que saluer l'immense courage, prouvé par les risques pris afin de réaliser un documentaire, bien digne du courage de Charb. (Qu’importe qu’une relation soit officielle ou pas, discrète ou pas : si on est peiné on doit être invité à vivre sa peine...). Autre chose, triste signe des errances idéologiques dans la mouvance PCF, bien avant le massacre de Charlie Hebdo, à la fête de L’Humanité, où Charb vint (il votait PC, dit-on), un rappeur, Médine, était invité. (Lui qui crie « Crucifions les laïcards » dans un clip (« Don’t Laïk », je crois) pour ne relever qu’un exemple de ce qui n’est pas loin de l’appel au meurtre... et quoi qu'il puisse dire, depuis : les mots sont plus que des sons). Le mot "laïcards" signifie "laïques", là...  Triste coïncidence : « Médine, l’étrange invité à la fête de l’Humanité », Marianne, 27-09-2014 : http://www.marianne.net/Medine-l-etrange-invite-de-la-Fete-de-l-Humanite_a241577.html

MISE à JOUR 18-01-2015 (obsèques, suite...). ARTICLE : « La double peine de Jeannette Bougrab », Le Parisien, 18-01-2015 http://bit.ly/1xlT3aD (« Il manquait quelqu'un vendredi aux obsèques de Charb, à Pontoise. Jeannette Bougrab, qui, la semaine dernière, avait de façon forte et émouvante crié sa douleur sur les plateaux de télévision, révélant qu'elle était la compagne du dessinateur, n'aura pas pu lui rendre un dernier hommage et assister à ses funérailles. » / «... hospitalisée au Val-de-Grâce à Paris depuis plusieurs jours, n'est rentrée chez elle qu'hier. »

Mise à jour 24-01-15. Déclaration de l’avocat de Jeannette Bougrab. Le Point, 23-01-15 :  http://mobile.lepoint.fr/people/mise-en-cause-de-sa-relation-avec-charb-jeannette-bougrab-prete-a-aller-en-justice-23-01-2015-1898972_2116.php

Mise à jour, 02-02-15. Lecture de cette page : "Le 'oui-mais' est une formule assassine", Le Huffingtonpost, par Pauline Bebe, 1ère femme rabbin, 19-01-15 : http://huff.to/163pAeA

Mise à jour, 02-02-15. Réactions (pays) au numéro du 14 janvier. Huffingtonpost, 14-01-15 : http://huff.to/1Dvh5nx 

La lecture  de Charlie (à entendre lecture de ce numéro, et lecture du journal en général), cette lecture ne serait pas complète sans proposer la réflexion de Nicolas Bedos, sur le courage de l’humour (l’estime qu’il exprime pour les caricaturistes de Charlie, et l’affirmation de sa propre démarche, courageuse et engagée). Son admiration pour les journalistes assassinés ne l’empêche pas de soumettre un questionnement d'humoriste, questions à lui-même aussi), tout en rappelant le refus de l’autocensure : « Nicolas Bedos : ‘ Laissez-nous l’ouvrir et risquer notre peau ’ », Le Monde, 10-01-2015. Entretien : « Pleurer la bande Charlie n’empêche pas de rappeler son combat offensif, quasi hebdomadaire, à l’encontre des symboles islamiques. Non, Charlie n’était pas un repaire de déconneurs bon enfants. Et alors ? J’étais de tout cœur avec eux. Mais nier l’obsession satirique de Charb concernant l’Islam serait une provocation à l’égard des jeunes musulmans - ceux-là même qui, jamais, n’ont souhaité une telle barbarie. Charlie avait le droit - et le devoir – de concentrer son vitriol sur l’Islam radical mais on ne peut pas dire qu’il était un journal satirique classique. C’est faire de l’angélisme, du politiquement correct, et ça risque d’attiser le sentiment d’exclusion des jeunes musulmans. Qui pourraient se dire : ‘S’ils ne reconnaissent pas que certains dessins étaient extrêmement véhéments, alors j’emmerde Charlie et la France’ ». Article complet : http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/01/10/nicolas-bedos-laissez-nous-l-ouvrir-et-risquer-notre-peau_4553347_3246.html

...... Echo de plusieurs questions évoquées ici, dans « Le canard enchaîné » : complotisme (article « Complètement complot » (etc.)......

...... Site de Charlie Hebdo : http://www.charliehebdo.fr/

........ Site du Canard enchaîné http://lecanardenchaine.fr/

05/06/2013

Yasmina Khadra dans le dictionnaire Robert... (de natif à natif...)

Robert.jpgYasmina Khadra, écrivain algérien que j'apprécie particulièrement est une des nouvelles "entrées" dans le dictionnaire Robert des noms propres, 2013. (Il est l'auteur, notamment, du livre "Ce que le jour doit à la nuit", regard humaniste sur les liens entre les natifs d'Algérie, des individus des différentes communautés, liens que seuls des natifs peuvent traduire).

La presse algérienne a réagi à cette information, et la Toile de même, avec satisfaction, globalement. Mais j’ai vu, aussi, des commentaires aigres, comme deux réactions au-dessous d’un article du journal « Liberté », qui mentionnait seulement le fait, en citant aussi quelques autres nomsUn des internautes dit que pour lui c’est un non-événement, sans expliquer pourquoi (un autre lui demande si c’est parce qu’il ne l’a pas lu ou ne l’aime pas ou pour une autre raison). Et quelqu’un exprime son agacement devant ce qu’il interprète comme un « besoin maladif » des Algériens d’être reconnus par la France (autrement ils ne relèveraient pas cette entrée comme un fait qui mérite information, sous-entend-il). Double (ou triple) erreur de mesure (très réductrice), à mon sens, dans l’agacement de cet internaute. D’abord, mentionner cela et en être satisfait n’a sans doute rien à voir avec un quelconque désir de prendre sens en fonction de ce qui se dirait en France. Ensuite, dans le contexte mondialisé qui est celui de notre société en 2013, dans ce début du XXIème siècle, il n’est pas anodin de repérer les noms qui apparaissent dans un tel dictionnaire, référence culturelle de poids, quel que soit le pays (ou, aussi, d’apprécier qu’un écrivain de son pays soit traduit en de nombreuses langues et lu dans le monde entier). Qu’un auteur algérien, américain, ou français, soit présent dans ces pages, cela ne signifie pas (seulement) qu’en France on le « reconnaît », mais que le choix s’impose par l’évidence d’une présence au-delà d’une lecture purement française – constatation d’une portée de l’œuvre bien loin d’une petite appréciation hexagonale. (Et, en plus, d'un écrivain qui écrit en français, comme beaucoup d'auteurs algériens, depuis la "prise de guerre" notée par Kateb Yacine parlant de la langue française, conservée comme un butin). Ne pas oublier la réciprocité : on remarque, en France, quand des créations sont appréciées en Algérie ou que des faits vont dans le sens du dialogue. Doit-on éternellement lire ce qui traverse la frontière symbolique à la lumière du référent « colonisation » ? Ne doit-on interpréter les réactions qu’en y cherchant le soupçon d’un syndrome postcolonial (dans un sens ou dans un autre)? Non. Et ceux qui tranquillement constatent avec plaisir que la place d’un écrivain dépasse les frontières réelles et les pièges idéologiques de l’Histoire sont les plus libres, intérieurement : ils ont une identité qui n’a plus besoin, justement, de revendiquer une séparation, car elle est. Simplement : elle est .  Le temps des amertumes doit laisser la place aux fils tendus entre les rives. Enfin, ce dictionnaire Robert fut créé par un lexicographe né en Algérie... Et son œuvre contribue, longtemps après sa mort, à faire connaître aux lecteurs contemporains les êtres remarquables de sa terre natale… Symboliquement voilà un signe intéressant : la boucle est bouclée… fil tendu de natif à natif de la même terre.

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Le dictionnaire, et Paul Robert :

La « philosophie » du Robert, selon le site les-dictionnaires.com : « Paul Robert est né en 1910 en sol algérien. C’est à la suite de la rédaction de sa thèse de doctorat en économie politique que cet homme minutieux décide de l’inaptitude des dictionnaires de l’époque. Dès 1945, il entreprend de créer lui-même un nouveau dictionnaire mieux adapté aux réalités de cette seconde moitié du 20e siècle. » (…) « Paul Robert a changé le visage du dictionnaire pour lui donner une aura plus intellectuelle et une note plus moderne aussi. »: http://www.les-dictionnaires.com/robert.html

Le créateur du dictionnairele lexicographe Paul Robert (1910/Algérie-1980/France)? Voir la biographie et l'oeuvre sur la fiche wikipedia, infos et liens. De la naissance à Orléansville/Chlef, Algérie, à la création de l’édition en 1951, sans oublier l’ouvrage personnel publié en 1970 sur cette aventure – cette entreprise -  intellectuelle, les différents dictionnaires "Robert" : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Robert_(lexicographe)  (Il eut une équipe importante de collaborateurs, dont Alain Rey, Josette Rey-Debove, Henri Cottez, Roger-Georges Morvan…). »

Sur la genèse de cette création, écouter l'entretien du 12-11-1968 (Paul Robert parle d’une évidence, idée venue en 1935, « illumination » soudaine), conscience d’un manque dans ce domaine du dictionnaire, de la lexicographie, et élaboration du projet. Vidéo : http://bit.ly/1aN5ZL8  

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Yasmina Khadra :

Fiche wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Yasmina_Khadra

Le site officiel de l’auteur : http://www.yasmina-khadra.com/

Page de l’édition Julliard : http://bit.ly/12sKmA2

27/11/2012

Je regrette que des gens bruyants…

« Je regrette que des gens bruyants stigmatisent une communauté à des fins électoralistes. J’avais écrit Musulmanes pour rendre hommage à une civilisation, une culture déjà montrée du doigt à l’époque. Mais là, ça devient dément. »

Michel Sardou,  JDD, 25-11-12

Entretien à lire sur le Journal du Dimanche. Michel Sardou :  « Je suis un anarchiste qui paye ses impôts », 25-11-12 : http://www.lejdd.fr/Culture/Musique/Actualite/Michel-Sardou-Je-suis-un-anarchiste-qui-paye-ses-impots-577564 

"Musulmanes",  la vidéo (Bercy) : https://www.youtube.com/watch?v=J15L8KhqCvs&list=RDJ1... 

04/11/2012

« HAÏR C'EST ENCORE DEPENDRE ». Réflexion à partir d'un texte de Daniel Maximin citant Césaire (texte à méditer...)

Des récupérations idéologiques et politiques ont cours en ce moment, là ou ailleurs, à propos de la reconnaissance des crimes du 17 octobre 1961 (déguisée par certains - qui y sont hostiles - en « repentance » : ce qui attise les passions, remue les émotions, les colères, les rancoeurs - ce qui, aussi, autorise la mauvaise foi…). Dans ces heurts où les mémoires et souffrances s’opposent (et intimement dans les questionnements personnels identitaires que ces débats réactivent) parfois la haine affleure (ou déborde). Haine et haines d’autant plus dangereuses que, dans un contexte de crise, des groupes politiques (des mouvances, des partis) instrumentalisent mémoire et Histoire pour, dans l’actualité sociale, introduire des thématiques discriminatoires, des divisions entre les communautés qui composent le pays, provoquer la peur (de l’autre, forcément). Et quand, en plus, la commémoration en hommage aux victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie entraîne une lutte de dates qui recouvre un conflit mémoriel plus important... on ne sait plus qui va crier le plus fort.

Il est donc peut-être nécessaire de relire certains textes qui proposent de prendre recul, de faire un peu silence en soi avec ces remuements douloureux sur un passé individuel et collectif. Qu’est-ce qui libère et qu’est-ce qui entrave ? Penser dans la solitude permet de retrouver son autonomie de pensée, de réfléchir autrement, sans influence politicienne ou communautaire (ce qui ne veut pas dire reniement d’appartenances : mais il y a plusieurs manières d’appartenir – en se faisant piéger par un enfermement idéologique et passionnel univoque, ou en acceptant de constater la complexité des regards sur la réalité et la complexité des communautés humaines elles-mêmes).Ce qui ne veut pas dire non plus renoncement à l'expression, ni même aux revendications justes... 

Daniel Maximin, à propos de la commémoration de l’esclavage, se pose les mêmes questions. On remplace « esclavage » par guerre d’Algérie, colonisation, décolonisation, et on a de quoi méditer sur les choix possibles (quels positionnements?) à ce sujet. (« On »  renvoie à des « mondes », divers : Pieds-Noirs et Harkis, oui - personnes, communautés, et associations - mais aussi Algériens sur les deux rives, Franco-Algériens, anciens appelés, métropolitains, pouvoirs, partis, médias… Mais c’est d’abord un appel à la conscience individuelle… exigence qui interfère… (Et c'est valable pour d'autres conflits passés et actuels...).


« La commémoration a un sens si elle n'est pas déviée. Car, plus important que le devoir de mémoire, il y a le droit à l'Histoire. Il faut que toute l'Histoire soit dite: pas seulement celle des douleurs, mais surtout la plus cachée, celle des résistances. La mémoire doit autant privilégier la parole des opprimés que la condamnation du discours de l'oppresseur. Elle doit montrer que l'esclavage a perdu, qu'il n'était pas fait pour fonder des sociétés, des cultures. Donc il ne doit y avoir ni ressentiment, ni resserrement, ni posture victimaire. Césaire disait : "Attention, haïr, c'est encore dépendre." » Evidemment, d'un lecteur du texte à l'autre l'opprimé et l'oppresseur auront des visages différents. Peu importe : ce qui compte surtout c'est la mise en garde... Attention...
 

Le sens du mot  « dépendre » peut être compris diversement. Ceux qui ont dépendu de l’autorité politique des autres, subi des oppressions (colonisation, esclavage), doivent se libérer du lien qui demeurerait avec la colère et la haine, et les maintiendrait dans une sorte de paradoxale dépendance, intérieure surtout, inconsciente. Mais les situations sont parfois plus complexes, autres, l’oppression avoir des formes très diverses, camouflées, les contraintes être de l’ordre de la manipulation (manipulation d’opinion, aussi, comme le montre et le dénonce Jean Pélégri dans son livre « Ma Mère l’Algérie » : comment la métropole – avec ses pouvoirs – a construit une image collective des Pieds-Noirs, en faisant de cette communauté un bouc émissaire). Et cependant, dans tous les cas, prolonger les luttes passées, ne rien remettre en question de ses croyances antérieures, rester dans la douleur des exils, quels qu’ils soient, cela aussi crée dépendance, autrement. Collectivement il faut travailler à une résilience libératrice, en déconstruisant les manipulations passées et présentes, en refusant les injonctions qui font jouer un rôle, créent une fausse identité, piègent dans de fausses valeurs (qu’on croit siennes et qui sont étrangères profondément). Bien sûr, parler de résilience (Algériens, Pieds-Noirs, Harkis, Appelés, Métropolitains) est plus difficile quand on évoque les plus terribles traumatismes (victimes du terrorisme, enfants de disparus ou de victimes d’assassinats ciblés, survivants d’un massacre, témoins de meurtres, de tortures, nés d’un viol, victimes de viol). C’est là que les communautés peuvent avoir un rôle apaisant ou au contraire aggravant (en croyant même parfois accompagner – mais en réactivant les souffrances, les colères, en les figeant dans un éternel passé, quand le présent est déjà assez dur). Attention aux héros qu’on se crée, aux icônes qu’on fabrique : certains masques peuvent être dévastateurs… Le défi est de ne pas choisir ce qui dévaste… Quand ceux qui haïssent ne dépendent pas seulement (encore…) de ceux qui les ont opprimés ou agressés (ou, c’est pareil, rôles inversés, de ceux qu’ils ont opprimés ou méprisés), mais dépendent aussi (et c’est peut-être la pire prison) de la part la plus sombre d’eux-mêmes, de l’ombre intérieure qui les hante et qu’ils projettent sur le monde, pour une vision manichéiste… 

L'entretien complet est à lire sur le site de L’Express. « Haïr, c’est encore dépendre », Daniel Maximin, 07-05-2009 : http://www.lexpress.fr/culture/livre/daniel-maximin-hair-c-est-encore-dependre_823480.html

Autre entretien, éclairant aussi. « Il faut arrêter d’être esclave de l’esclavage », Daniel Maximin, décembre 2006, L’Internaute : http://www.linternaute.com/histoire/magazine/interview/daniel-maximin/retranscription-daniel-maximin.shtml  (CITATIONS :« La volonté d'oppression est constitutive d'une partie de chacun d'entre nous. C'est le désir de mort pour soi ou pour l'autre qui s'oppose en permanence au désir de vie ou de faire vivre. » (…) « Il reste nécessaire de pratiquer "l'auto-surveillance" dont vous parlez (il répond à une question) vis-à-vis de chacun de nous et vis-à-vis des autres. Il n'est pas utopique de penser que la mort et le mal existeront toujours mais que la Résistance à leur empire est aussi permanente dans l'histoire des hommes. »)

C’est une leçon de lucidité.  Ne risquons-nous pas, nous, tous, en effet, d’être esclaves des attachements à la condition d’exilé (par exemple), quand nous ne sommes ici que de passage? (Ce peut être aussi le contraire, avec les pièges de l'ancrage local, ou des visions ethnicistes, à la façon des Identitaires ou des Indigènes de la République...). Ne sommes-nous pas, tous, souvent, dans l’illusion de l’innocence intime, communautaire, ou nationale, quand personne n’a échappé, en réalité, aux choix les plus mortifères. Ne serait-ce que par contagion. Ne serait-ce qu’en se taisant… 

30/03/2012

FAIRE FRANCE ENSEMBLE. Pétition Respect Mag-Nouvel Obs. Le texte (et ma réflexion...)

FAIRE FRANCE ENSEMBLE.png

« Nous intellectuels, responsables ou citoyens musulmans, juifs, chrétiens ou non croyants, voulons manifester notre volonté de préserver l’unité de la nation autour des valeurs de la République dans l’épreuve que traverse le pays après les assassinats des enfants juifs, de leur professeur, et des militaires de Toulouse et de Montauban. L’heure est grave : dans cette période de campagne présidentielle, nous mettons en garde tous les candidats contre la tentation d’instrumentaliser ce drame à des fins partisanes et de diviser les Français sur des critères communautaires que nous récusons. »

SUITE du texte, et signature, sur le site petitions24.net : http://www.petitions24.net/faire_france_ensemble 

L'Appel sur Le Nouvel Observateur : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120327.OBS4745/faire-france-ensemble-signez-l-appel-du-nouvel-obs-et-respect-mag.html (avec le lien vers deux articles, dont la chronique de Jean Daniel)

Pendant que nous tentons de penser ce qui est si difficilement pensable, mais doit l’être….Et pendant que nous lisons des textes divers de contributeurs ayant des points de vue parfois très contradictoires sur ce que peut la raison devant la folie et le fanatisme meurtrier, pendant ce temps la présidentielle continue. Campagne coupée en deux par l’horreur des faits. Dans cette campagne c’est bien de dire aux candidats ce dont nous ne voulons pas. Ni abjecte instrumentalisation, ni récupérations douteuses. On le dit de plusieurs manières, dont les pétitions sont une part. Notre « je » pour exprimer nos refus, ne laisse que notre nom, perdu parmi d’autres. Il est très possible que, signataires, nous ne donnions pas tout à fait le même sens aux mots de ce texte. Peut-être, même, que nous pourrions être en désaccord total, sur certains points, importants pour nous, avec des « je » qui voisinent le nôtre.

Justement… Je lis et relis des articles, et laisse aussi les textes de côté, prenant le temps de la réflexion. Mais j’ai été, dans ces lectures, particulièrement intéressée par le difficile équilibre à trouver entre les deux marges extrêmes de ce que croit pouvoir l’approche rationnelle, au-delà de l’émotionnel.

D’une part, la volonté de définir les diverses causalités d’une tuerie ignoble,  pour que,  les appréhendant un peu mieux, on tente de voir comment notre pays peut mener la lutte contre le terrorisme (surveillance des extrémistes, lois, police, justice, société, psychiatrie, culture, éducation, idéologie, lutte contre la délinquance et le trafic d’armes, communautés, religions, spiritualité, relations internationales, politique, géopolitique, etc.). Mais, dans cette volonté, le risque d’un glissement vers une « compréhension » qui banalise (comme dans un texte « littéraire » paru dans Le Monde ce jeudi), ou, pire, excuse presque, projetant la culpabilité sur un contexte social qui ne peut certainement pas expliquer à lui seul une si grande folie criminelle (comme le fait Tariq Ramadan dans un entretien que j’ai lu sur un blog - et paru dans Le Monde des Religions : semblable à lui-même). NON! Il ne faut pas déplacer la responsabilité, la culpabilité !!! Il ne faut pas manipuler...

D’autre part, le souci, de combattre. Surtout, combattre (grilles similaires, mais pensées autrement). Avec, cette fois, le piège des projections, des simplifications outrancières. Le risque, aussi, de se rapprocher de ceux qui instrumentalisent (qui font semblant de lutter contre la terreur, mais cachent derrière cela d'autres objectifs réels, haineux : la terreur sert leur propagande, comme leur haine sert la terreur - diabolique complicité).

Le « pourquoi » de tels faits. Et le « comment » de la lutte contre ces faits. Pas de juste milieu confortable, là. Juste un nécessaire aller-retour entre les deux frontières à ne pas dépasser.

Mais, oui : FAIRE France ENSEMBLE... J'ai donc signé.

23/01/2012

Les Identités meurtrières, d’Amin Maalouf. INCIPIT

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« Depuis que l’ai quitté le Liban en 1976 pour m’installer en France, que de fois m’a-t-on demandé, avec les meilleures intentions du monde, si je me sentais ‘’plutôt français’’ ou ‘’plutôt libanais’’. Je réponds invariablement : ‘’L’un et l’autre !’’. (…) Ce qui fait que je suis moi-même et pas un autre, c’est que je suis ainsi à la lisière de deux pays, de deux ou trois langues, de plusieurs traditions culturelles. C’est précisément cela qui définit mon identité. Serais-je plus authentique si je m’amputais d’une partie de moi-même ? (…) « Moitié français, donc, et moitié libanais ? Pas du tout ! L’identité ne se compartimente pas, elle ne se répartit ni par moitiés, ni par tiers, ni par plages cloisonnées.»

Dans cet ouvrage Amin Maalouf rejette cette idée dangereuse qui serait celle d’une identité unique comme essence de notre être, alors que notre réalité est complexe, plurielle, et cette complexité unique pour chaque être. Dangereuse conception, dit-il (et il le démontre avec des exemples précis) que ce qui « réduit l’identité entière à une seule appartenance, proclamée avec rage ». Car « C’est ainsi que l’on ‘’fabrique ‘’ des massacreurs ». Oui, l’identité peut être un piège, quand l’appartenance enferme dans de fausses fidélités, que l’enfermement vienne des ‘’siens’’ (engagements communautaires, sociaux ou idéologiques) ou du regard des ‘’autres’’ (projections, rejets, fantasmes). Alors que les siens sont aussi ‘’autres’’ et que les autres sont aussi ‘’nôtres’’.

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Fiche wikipedia sur le LIVRE : http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Identit%C3%A9s_meurtri%C3%A8res

Page éditeur, éd. Grassethttp://www.grasset.fr/les-identites-meurtrieres-978224654... 

Livre de poche : http://www.livredepoche.com/les-identites-meurtrieres-ami...