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28/05/2017

La haine...

Tristesse. L'Égypte, après Manchester et avant, encore, L’Afghanistan (et alors qu’on n’en parle pas, famille kurde massacrée à Mossoul, Irak : voir la tribune du MPCT, en lien ci-dessous).

Egypte... 

Encore la haine des islamistes qui exécutent cet "autre" qui les terrifie. Haine de celui qui croit autrement (ou ne croit pas). Haine de l'autre d'autant plus qu'il est "soi". Les coptes ne sont pas une minorité en Égypte, mais ils dérangent l'obsession islamiste du "pur", et la conviction d'avoir la seule croyance qui vaille. Les extrêmes droites criminelles sont toutes les mêmes, avec leur obsession d'une pureté, obsession qui est l'exact reflet du refus du vivant. L'islamiste s'est inventé un dieu pouvant regarder son immonde "fidèle" en train d'assassiner des hommes, des femmes, des enfants. Un dieu détestant les visages du vivant. L'assassin fanatique, avec le faux amour pour son dieu (il croit ou fait semblant), peut tirer sur des enfants car il est enfermé dans une carapace de fer rouillé qui ne sait plus rien des visages et de l'humain, coupé des sens et de lui par l'idéologie fondamentaliste. Il tue et c'est avec la jouissance du pouvoir sur l'autre (de celui qui n'a pas de pouvoir sur lui-même). Seule jouissance dont il soit capable. Car quelqu'un qui se souviendrait de la peau, du regard et des parfums ne pourrait être cet atroce criminel. Je n'écris pas cette dernière phrase par hasard. Mais pour avoir réfléchi à la réaction du gouvernement égyptien qui bombarde des terroristes à l'extérieur. Peut-être ont-ils un lien avec ce massacre (peut-être), mais cela ne suffira pas. S'il n'y a pas une lutte institutionnelle, une lutte idéologique assumée politiquement, ils continueront. Et c'est valable pour la France, l'Europe, l'Occident, le monde. Trump dit vouloir lutter contre le terrorisme mais il salue les maîtres d'une source "religieuse" essentielle et lui vend des armes. La France a fait pareil (saluts et armes). A l'intérieur des pays on joue la complaisance complice, on oublie ce que "laïcité" veut dire (celle sans adjectifs). On oublie de même, que si la musulmanophobie existe (et peut-être même l'islamophobie) le mot "islamophobie" sert de porte d'entrée aux fondamentalistes hypocrites qui en font un fond de commerce et un écran pour empêcher de penser librement autant "pour" que "contre". Pourquoi avoir parlé des sens et des parfums (fragile obstacle aux fanatismes, en apparence) ? Parce que ! Avec une autre manière d'éduquer on peut participer au recul de ce qui est mortifère. Même le hip hop entre dans ce qui réveille les gens, à mon avis. École, rue, quartiers... Et télé, il faut tout changer. (Ce n'est pas avec des animateurs qui diffusent les mêmes balivernes haineuses que les intégristes qu'on va rendre les gens plus vivants…).

Il faudrait aussi que les faits soient connus, qu'il y ait un travail sérieux d'information. Pour pouvoir comprendre. Lire, ci-dessous, en plus des articles, la note de blog de Mohamed Louizi : il y donne un éclairage qu'on ne trouve pas ailleurs...

…………...

Articles… 

"Les coptes égyptiens exécutés après avoir refusé de renier leur foi". Courrier international 27-05-17... http://www.courrierinternational.com/depeche/les-coptes-e... 

Tribune intéressante sur le site du MPCT. Égypte, et Irak… http://www.mpctasso.org/spip.php?article1686 

Manchester. L’enquête après le drame. Ouest Francehttp://www.ouest-france.fr/faits-divers/attentat/attentat...

Afghanistan. RFIhttp://www.rfi.fr/asie-pacifique/20170527-afghanistan-moi...

NOTE de BLOG. informations et décryptage par Mohamed Louizi... http://mlouizi.unblog.fr/2017/05/26/attentat-de-mancheste...   

03/04/2017

Sur une manifestation… et des questions.

Samedi, une manifestation a eu lieu, censée être un soutien aux Palestiniens, mais révélatrice d'autres motifs idéologiques. L'appel était signé notamment par le racialiste PIR et une liste d'associations pro-palestiniennes (mais surtout hostiles à Israël et aux Juifs : pas vraiment pour la paix et deux États...). Un des slogans pour relayer l'appel était "Séparation du CRIF et de l'État", ce qui signifie qu'étaient reprises les thèses complotistes sur le soi-disant pouvoir des Juifs. La récente manifestation contre les violences policières avait été largement l'occasion de crier des slogans antisémites (et le sujet n'avait rien à voir pourtant avec Israël et la communauté juive...). Que ce genre de manifestation soit autorisé par la préfecture est scandaleux. Des personnalités étaient intervenues pour qu'elle soit interdite (dont la maire de Paris, signalant un risque de trouble à l'ordre public). Lire la note de blog d'Hebib Meyer (ample et documentée), qui fait quelques rappels nécessaires... http://www.huffingtonpost.fr/meyer-habib/manifestation-bo...

Attiser les tensions est très dangereux. Et de tels appels sont très loin des positions de ceux qui soutiennent des projets de paix (et donc sont capables de critiquer ceux qui s'y opposent, sans oublier que ces freins sont largement aussi chez les Palestiniens : le Hamas n'étant pas un modèle d'humanisme et de démocratie, sa charte en est un signe, entre autres).

Les liens ci-dessous donnent des informations complémentaires : analyse de Laurent Joffrin sur les dessous du mouvement BDS, chronique de Libération sur les réseaux antisémites, lien vers le site de LPM (La Paix Maintenant, qui milite pour la paix entre les deux peuples en informant largement), lien vers la page des communiqués du CCLJ (Centre Communautaire Laïc Juif belge), qui a le souci de l'intégrité d'Israël comme pays et de la sécurité du peuple, mais n'hésite pas à critiquer le gouvernement israélien pour dénoncer des atteintes aux droits des Palestiniens : tout le contraire d'un positionnement identitaire (le piège dans lequel d'autres tombent, cette manifestation en étant une preuve : le piège identitaire crée la haine...). Voir aussi l'analyse du MPCT (Mouvement contre le terrorisme).

Les positions univoques ne mènent pas à la paix. Comme le demandaient les deux mères (israélienne et palestinienne) témoignant dans le livre "Nos larmes ont la même couleur", à l'étranger ne pas entrer dans le conflit, dans la guerre, mais soutenir les initiatives de paix. (Ainsi, pour ne donner qu'un exemple, les associations pro-palestiniennes qui manifestaient ont-elles parlé quelque part de la grande marche pour la paix de femmes très nombreuses avançant ensemble, Israéliennes et Palestiniennes? Non.). A noter, parmi les signataires, Mgr Gaillot (!) et quelqu'un pour l'Acat (chrétiens contre la torture...). Décidément, relents inquiétants. Il y a aussi quelqu’un d’Ensemble... Et un groupe de La France insoumise (Douai), mais la virgule entre le nom du mouvement et le groupe peut faire croire que L.F.I. signe en tant que mouvement.

Aucune autre association de droits de l'homme ne s'est compromise, en dehors d'Acat...

LIENS... 

"BDS, dessous d’un boycott", chronique de Laurent Joffrin, Libération (2015, mais toujours valable…)… http://www.liberation.fr/planete/2015/08/14/bds-dessous-d...

Autour des manifs pro-palestiniennes, "Antisémitisme, les réseaux de la haine", chronique, Libération (2014, toujours valable)... http://www.liberation.fr/societe/2014/07/22/antisemitisme...

La Paix maintenant s'engage pour la paix entre les deux peuples dans la perspective de deux États… http://www.lapaixmaintenant.org 

CCLJ. Centre Communautaire Laïc Juif. Les communiqués n’hésitent pas à critiquer des actions du gouvernement israélien, mais la charte (lisible dans la rubrique « Qui sommes-nous? ») affirme le souci de l’intégrité d’Israël et la lutte contre l’antisémitisme... http://www.cclj.be/tags/communiqués 

Note (au sujet de cette manifestation) sur le site du MPCT Résistance au Terrorisme... http://www.mpctasso.org/spip.php?article1654

28/09/2016

ALEP… Prendre le temps de lire et de regarder…

SYRIE.jpgD’abord, le récit bouleversant de Karam Al-Masri, jeune photographe, correspondant syrien de l’AFP, sur le blog de l’AFP… https://making-of.afp.com/couvrir-alep-la-peur-au-ventre-... 

 

 

 En complément utile, l’éditorial, très juste, de Laurent Joffrin : « Cyniques »… La barbarie cynique du couple Assad-Poutine, l’impuissance ou le cynisme complice des témoins… http://www.liberation.fr/planete/2016/09/26/cyniques_1511... 

J’ai écrit, hier ou avant-hier, ailleurs, ceci, que je reprends ici : « Si on ne se sent pas concerné par cela, tout le reste est inutile : écrire, peindre, photographier, danser, chercher, ou... méditer... Tout le reste est alors contemplation vaine et vide de son ego… » 

J’ai aimé une oeuvre de Jean-Marc Musial, titrée « Sortir de l’enfer », que j’ai associée (mon regard intérieur) aux photographies d’Alep, parents dévastés devant le corps de leur enfant, enfants fuyant (tentant de fuir). J’y voyais la même douleur, le sang, les pierres, le désastre. Heureusement, l’art peut dire le réel, en sortant des médiocres  remuements sentimentaux. Ses oeuvres sont visibles sur sa page Facebook (« Un dessin par nuit »). Une autre création m’a retenue, très sombre, très nocturne, j’y ai vu des yeux effarés (où je les ai inventés : peu importe, c’est fait pour cela, pour qu’on invente aussi, qu’on projette rêves et angoisses, et tristesse de l’impuissance contre la violence et la guerre…). Page : https://www.facebook.com/undessinparnuit 

« Éloge de la haine », couverture paradoxale comme icône symbolique de cette note contre la violence, la guerre, et la haine. Justement. Pour la référence nécessaire (connaître par les Syriens les problématiques réelles, leurs racines, et tenter de comprendre la réalité dramatique pour laquelle, simples citoyens, nous nous sentons si impuissants). 

Donc, des livres… Écrivains syriens, L’Orient littéraire : http://lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=16&a... 

Déjà, en 2012, Khaled Khalifa le disait, Nouvel Obs. Complicité internationale… http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2012/02/08/lecri... 

et... Le Monde... https://www.actualitte.com/article/monde-edition/l-ecriva... 

Entretien avec Khaled Khalifa, 2011, au sujet de son livre « L’Éloge de la haine »... http://www.jeuneafrique.com/191163/culture/khaled-khalifa... 

Page sur le livre, Actes Sud... http://www.actes-sud.fr/catalogue/sciences-politiques-et-... 

Pour s’informer régulièrement sur la Syrie, « Un oeil sur la Syrie », blog Le Monde... http://syrie.blog.lemonde.fr

21/02/2016

LIRE KAMEL DAOUD, soutien, suite... (Et soutiens...). Note et LIENS...

kamel daoud,daoud,chroniques algériennes,algérie,journalisme,idéologie,islamisme,islamistes,salafistes,islamophobie,intégristes,intégrisme,laïcité,religions,islam,musulmans,identité,peurs,politique,imaginaire,haine,autre,frères musulmans,liberté,pensée,critique,presse,inquisitionJ’ai lu la chronique d’Aziz Benyahia (Algérie-Focus, 19-02-16 : http://www.algerie-focus.com/2016/02/135541/ ), publiée aussi sur la page Facebook « Chroniques algériennes » sous le même titre  « Notre soutien sans faille avec Kamel Daoud »… (J’ai  posé ma réaction en commentaire sur la page FB).  Voici ce que j’ai écrit : 

Notre soutien doit être sans faille. Oui. Qu'il le soit...! Alors pas de virgules mentales qui rendent la réaction plus que confuse ("faux-pas", "saillie post-coloniale", "intellectuels" signataires, etc.). C’est l’inverse d’un soutien. L'analyse de Kamel Daoud n'est en rien mise en question par l'enquête allemande, et on le savait dès les premières informations. Aucun faux-pas dans sa chronique. (Le faux-pas est celui des signataires de ce texte lâche, et il est aussi celui du journal Le Monde, pas capable, là, de vérifier qui écrit avant d'accepter de publier...). "Saillie post-coloniale"...! Alors qu'il oppose deux visions fantasmatiques, celle d'hommes enfermés dans une perception qui chosifie les femmes (est-ce faux???!!!) et celle d'Européens projetant sur l'Autre, réfugié ou migrant, des peurs liées à la méconnaissance. (Son texte est très clair sur ce point. Les "intellectuels" - qui n'en sont pas vraiment - osent le soupçon d'islamophobie...! C'est ne pas savoir lire, ni le texte qu'ils critiquent ni l'ensemble des chroniques : le contexte d'une pensée est un tout). Ce que combat Kamel Daoud ce n'est certainement pas sa propre culture, dont il ne cesse de dire l'attachement qu'il a pour ce qui constitue son identité, tout ce qui fait l'algérianité. Ce que combat Kamel Daoud, en chroniqueur ouvreur de consciences, ce ne sont que les postures radicales qui piègent les gens en rendant les choix impossibles et en plaçant partout des barbelés mentaux. Ceux qui peuvent se prendre pour des cibles (ayant besoin de réagir contre le chroniqueur : ainsi ce collectif de 19 noms) ne peuvent être que des gens qui confondent islam et islamisme (comme le fait l'extrême droite européenne...). Ou qui sont islamistes. Ou complices-complaisants. Mais quand on lit une tribune on doit se demander (règle de l'énonciation) : "qui parle?", "d'où?", "en s'adressant à qui?".   Le lieu d'où parlent des gens, d'où ils écrivent, est autant fait des titres dont ils s'affublent que des appartenances idéologiques qui les constituent (affichées ou masquées)... Une femme a pris le temps de faire son enquête sur les personnes derrière les noms. Et c'est révélateur… Lire (Sonia), sur sicsic.blog.lemonde, note du 13-02-16. 

Lire « Dis-moi d’où tu écris ». Enquête sur l’identité réelle (idéologique) des signataires de la tribune hostile à Kamel Daoud, masqués sous des titres qui cachent des choix et des objectifs. Blog. http://sicsic.blog.lemonde.fr/2016/02/13/dis-moi-dou-tu-e...

J’ajoute ci-dessous six liens, et des citations. Entretiens et articles qui permettent de mieux comprendre les enjeux de ce qui se passe dans nos sociétés, en rapport avec la parole possible et impossible, les mots porteurs de sens et les mots manipulateurs… Mais, aussi, les effets de miroir entre des positionnements réactionnaires, extrêmes (ceux qui nient le droit de penser autrement que dans le sillage de leurs interdits : islamistes, religieux radicaux, courants soumis à l’idéologie de l’islam radical, associations gangrenées par les Frères musulmans ou leurs complices complaisants) et des constructions mentales qui empruntent les masques de la fraternité (et parfois même de la laïcité) pour calquer leur langage, leurs constats, et leurs objectifs sur un salafisme  ‘soft’, stratège habile.

Entretien de Kamel Daoud avec Samira Hadj Amar, Le Temps/dz, 17-02-16 (Il parle d’un arrêt des chroniques, d’un repos auquel il pensait même avant l’histoire de la tribune, fatigué par les pressions incessantes. Mais l’arrêt du journalisme ne serait  pas l’arrêt de l’écriture). : http://www.letempsdz.com/index.php/175478-le-romancier-et... (Citations : « Ce journaliste, chroniqueur depuis une vingtaine d'années, a enchaîné les prix et les distinctions. En retour, il s'est fait lyncher. Il en parle. » (…) KD : « Cela fait 20 ans que je subis ces pressions. Je suis arrivé au point où chaque fois que je reçois un prix, j'ai peur. Parce que nous sommes arrivés à une situation de sous culture et de paranoïa où  au lieu d'applaudir un algérien qui parvient à décrocher le prix du meilleur journaliste  en France de l'année, on lui tombe dessus. Je ne dis pas que tout le monde est comme ça. Je reçois beaucoup de soutien (…). »

De Kamel Daoud, texte publié dans Chroniques algériennes ( https://www.facebook.com/Chroniques-Algériennes-497977740...  ) , FB, 19-02-16. (Il fait là le diagnostic de ce qui motive les comportements idéologiques, très associés à des frilosités identitaires, des crispations, des obsessions). « Questions fascinantes ». Citations : « D'où vient que certains se sentent menacés dans leur identité, dans leur conviction religieuse, dans leur conception de l'histoire et dans leur mémoire dès que quelqu'un pense autrement qu'eux ? La peur d'être dans l'erreur les poussant donc à imposer l'unanimité et combattre la différence ? De la fragilité des convictions intimes ? De la haine de soi qui passe par la haine de l'Autre ? (…) « Le regard tourné vers ce Nord qui les écrase, les fascine, les rend jaunes de jalousie. Le dos tourné à l'Afrique où l'on meurt quand cela ne les concerne pas: Dieu a créé l'Occident et eux comme couple du monde, le reste c'est des déchets. Il y a des cheikhs et des fatwas pour chaque femme en jupe, mais pas un seul pour nourrir la faim en Somalie. L'abbé Pierre n'est pas un emploi de musulman ?» (…) «… De quoi cela est-il le signe ? Du déni. ») / (Il énumère tous les problèmes divers contre lesquels il y aurait de quoi se révolter et lutter : les misères, violences, souffrances, proches ou lointaines). / « Rien de tout cela ne gêne. Sauf le genou de la femme, l'avis de Kamel Daoud, le film «l'Oranais», dénoncer la solidarité assise et couchée avec la Palestine, l'Occident en général, le bikini en particulier et l'affirmation que je suis Algérien ou le cas d'Israël comme structure des imaginaires morbides. Pourquoi cela existe ? Pourquoi l'âme algérienne est-elle encerclée par une meute de chiens aigus et des ogres pulpeux ?

Entretien d’Alexandre Devecchio avec Laurent Bouvet, professeur de science politique, Le Figaro, 19-02-16. « Cologne, ‘islamophobie’ : ce que révèle l’affaire Kamel Daoud ». Il parle de l’aveuglement et des complaisances : http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/19/31003-20160... (Citation :  « Le terme islamophobie sert précisément d'arme à tous ces promoteurs de l'islamisme politique et à leurs alliés. Sous son aspect descriptif d'une réalité qui existe et qui doit être combattue avec vigueur, les paroles et les actes anti-musulmans, il sert avant tout à disqualifier et à mettre en accusation toutes celles et tous ceux qui émettent des critiques contre cet islamisme politique et ses alliés. Et lorsqu'il est déconstruit, avec force, récemment encore par Elisabeth Badinter, ou par Kamel Daoud aujourd'hui, il se trouve toujours des militants zélés ou des idiots utiles de la cause islamiste pour les désigner comme coupables d'être anti-musulmans. / Le terme lui-même n'est parfois même plus interrogé.»

Sur les signataires de la tribune contre Kamel Daoud et sur…Plenel… et l’extrême gauche. « Défendons Kamel Daoud ». Blog :http://in-girum-imus.blogg.org/defendons-kamel-daoud-a125...  (Citations : « Cela nous amène à la question suivante : pourquoi les militants d’extrême-gauche ne soutiennent-ils pas Daoud ? Pourquoi persistent-ils à se produire dans des théâtres avec le propagandiste des Frères Musulmans Tariq Ramadan ? Les Frères Musulmans sont ce qu’il y a de plus rétrograde en terre d’Islam. Mais les gauchistes préfèrent mener la lutte contre cette chimère nommée « islamophobie » plutôt que de lutter contre la pensée religieuse. En ce sens ils rejoignent le camp de la réaction et se situent clairement à droite de l’échiquier politique. » Et, chronique de Kamel Daoud, sur, justement ce soupçon permanent "d'islamophobie" que j'évoque ci-dessus (la tribune hostile, les islamistes contre des pensées critiques). "Le verdict d'islamophobie sert aujourd'hui d'inquisition"  http://www.marianne.net/kamel-daoud-verdict-islamophobie-... 

Lire aussi, de Sara Daniel, "L'islam et la gauche". "KD ne renoncez-pas"  http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160220.OBS5014/l-i...

......

MISE à JOUR, 23-02-16. SOUTIENS. Une note du blog d'Hebib Khalil qui démonte les polémiques hypocrites (et malveillantes) par l'humour. Cela grince, et c'est fait pour provoquer un peu de vraie pensée http://khalilhebib.over-blog.com/2016/02/rapport-maladif-... 

...... Et note du blog de Sérénade Chafik, "Kamel Daoud face à la horde des nouveaux inquisiteurs"  http://www.huffingtonpost.fr/serenade-chafik/kamel-daoud-... (Citation : « Je me suis interrogée sur l'identité des signataires, et en consultant les profils de chacun, il a été aisé de constater qu'ils partageaient presque tous la même préoccupation. La plupart d'entre eux ont des publications qui les placent dans le courant racialiste qui dénonce la politique "postcoloniale" de l’Occident. »)

..... D’un écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, soutien envoyé de Dakar, posé sur son blog et publié par le Courrier international  http://www.courrierinternational.com/article/tribune-kame...

..... Vidéo. Regard philosophique. Raphaël Enthoven  http://www.dailymotion.com/video/x3t1jlu_pourquoi-des-qu-...

....... "Pourquoi Kamel Daoud a raison", par Fawzia Zouari, Jeune Afrque  http://www.jeuneafrique.com/mag/304007/societe/polemique-...

...... "Les nouveaux procureurs de la pensée...?", El Watan, par Hacen Ouali. Synthèse remarquable :   http://www.elwatan.com/actualite/les-nouveaux-procureurs-... (Citations : « Après l’inquisition des ayatollahs du salafisme d’ici, le procès en islamophobie de la bien-pensance d’ailleurs.Depuis deux ans, le journaliste et romancier Kamel Daoud subit un lynchage religieux et politico-médiatique sans pareil. Presqu’à chaque chronique, chaque phrase prononcée, chaque tribune, il est sommé de s’expliquer. Quand il n’est pas conduit carrément devant le tribunal de la bien-pensante dominante. » (…) « Leur texte…(…) « Truffé de jugements et de procès d’intention. » (…) « A suivre cette logique, en accusant Daoud d’alimenter le fantasme d’islamophobie, les dix-neuf intellectuels ne donnent-ils pas du grain à moudre aux prédicateurs et autres marchands de la mort qui n’attendent que cela pour relancer leurs fatwas ? » (…) « …vont jusqu’à écrire que «Kamel Daoud intervient en tant qu’intellectuel laïque minoritaire dans son pays, en lutte quotidienne contre un puritanisme parfois violent». Voilà une autre thèse chère aux islamistes algériens qui considèrent que la démocratie, la liberté de conscience, l’égalité des sexes, l’émancipation sont des «valeurs étrangères à notre société portées par une minorité occidentalisée». (…) « C’est au nom de cette «déviance» que les Djaout, Mekbel, Liabes, Belkhenchir et des dizaines de journalistes ont été sauvagement assassinés. Vingt-ans avant Charlie Hebdo. » (…) « N’est-il pas du rôle de l’intellectuel de penser à contre-courant, contre lui-même, contre les siens ? En filigrane, cette tribune laisse croire, laisse entendre que l’«indigène» Kamel Daoud n’est pas en mesure de réfléchir, incapable d’intelligence. » (…) « Comme toutes les autres, la société algérienne a plus que jamais besoin des Kamel Daoud pour mieux disséquer les maux qui la traversent et malmener des certitudes mortifères. »)

...... "Du silence coupable contre Kamel Daoud", par Sophie Bélaïch, Huffingtsonpost, 24-02-16  http://www.huffingtonpost.fr/sophie-belaich/kamel-daoud-i... (Citations : « Quelle argumentation (elle s’adresse aux auteurs de la tribune haineuse). Depuis quand le fait d'être minoritaire serait-il synonyme d'avoir tort? Et s'il est si minoritaire, pourquoi prenez-vous alors le temps de vous réunir et de vous mettre d'accord, ensemble, sur un texte commun, pour le jeter ainsi à la vindicte populaire? Curieux, curieux, très curieux. » (…) « Cette tribune est loin d'être anecdotique. En visant Kamel Daoud, nous sommes tous en ligne de mire. » (…) « Il y a un réel problème si on ne lit pas clairement la bienveillance dans les écrits de Kamel Daoud, à travers ses dénonciations. On veut ainsi "tuer le messager". Essayer d'"annuler" le message en tentant de tuer intellectuellement le messager. C'est une erreur intellectuelle grave qui relève d'une forme de négationnisme. » (…) « Vive les esprits éclairés et vive l'Islam des Lumières. » (…) « Kamel Daoud, vous dérangez des prétendus bien-pensants malveillants qui se croient de gauche, mais qui encouragent clairement l'islamisme, qui en prennent une part de responsabilité. »)

...... Mise à jour 25-02-16 : « Kamel Daoud, la meute et les lâches », par Etienne Gernelle, Le Point/Afrique, 22-02-16  http://afrique.lepoint.fr/actualites/etienne-gernelle-kam...  (Citation : « C’est bien là le fardeau de Kamel Daoud : devoir supporter en Algérie les fanatiques de la religion et en France les imbéciles gaucho-régressifs, qui, révélant au passage des préjugés déterministes douteux, tentent de l'enfermer dans une case. Comme s'il leur était insupportable qu'un Algérien fût laïque et libre de sa pensée. »)

..... « Retour sur la ‘polémique Kamel Daoud’ en trois questions » (ou le point sur... ce qui est dénoncé car mal lu, sur ceux qui critiquent pour avoir mal lu, et sur ceux qui, sachant lire, le défendent…). Jeune Afrique, 25-02-16, par Rebecca Chaouch   http://www.jeuneafrique.com/305399/societe/retour-polemiq...

15/02/2016

ANTISÉMITISME. Des clés (savoir, dénoncer). Revue de textes...

On rend hommage à Ilan Halimi, on a marqué en janvier la mémoire d’attentats (et d’attentats antisémites), avec le souvenir d’autres assassinats, une enquête vient de montrer la permanence de clichés, signe de grande ignorance, et, enfin, des rumeurs envahissent la Toile en diffusant des théories du complot nourrissant la haine des Juifs… notamment en liaison avec le fondamentalisme islamiste, idéologie politique, et en liaison avec les réseaux négationnistes liés à l'extrême droite... Il est donc important de revenir encore sur la nécessité de refuser tout ce qui attise la haine. Mensonges, désinformations, ignorance. D’où cette revue de liens qui proposent des éléments de compréhension de ce qu’est l’antisémitisme et des moyens de lutter contre, par l'information, la connaissance. Ce qui ne peut se séparer, malgré la spécificité de chaque racisme, d'une lutte contre toutes les formes de racisme (haine des Musulmans, des Noirs, des Roms, peur des étrangers, des réfugiés, etc.). 

Rapports sur l’antisémitisme en Francehttp://www.antisemitisme.fr 

De l’antijudaïsme à l’antisémitisme, dossier Hérodote  http://www.herodote.net/610_a_1492-synthese-24.php 

Fiche-dossier wikipedia (avec bibliographie et liens) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Antisémitisme 

Antisémitisme, ushmm.orghttp://www.ushmm.org/wlc/fr/article.php?ModuleId=32  

« L’antisémitisme qu’on ne veut pas voir », Libération, 23-01-15  http://www.liberation.fr/societe/2015/01/23/l-antisemitis... 

Antisémitisme. France Culture. Dominique Schnapper : http://www.franceculture.fr/emissions/hors-champs/dominiq...

La haine des Juifs scandée dans des rues parisiennes (manifestation ‘Jour de colère’, intégristes et extrême droite, 26 janvier 14) : http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/video-... 

et la réaction de Robert Badinter : http://www.francetvinfo.fr/politique/robert-badinter-deno... 

Slogans antisémites dans des manifestations pro-palestiniennes, comme en juillet 2014 : http://www.huffingtonpost.fr/marc-knobel/violence-manifes... 

Islamisme et antisémitisme, article de 2012  http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/10/08/islamisme-... 

Antisémitisme et fondamentalisme islamiste, article de 2015  http://www.liberation.fr/debats/2015/02/15/antisemitisme-... 

Entretien avec Samir Amghar, spécialiste du salafisme, sur l'antisémitisme associé à l'idéologie de l'islam radical : http://www.cclj.be/actu/politique-societe/radicalisme-mus... 

Antisémitisme d’extrême droite. Par Jean-Yves Camus, conférence, vidéo, Akademhttp://www.akadem.org/sommaire/cours/les-filiations-ideol... 

Informations diverses sur l’extrême droite antisémite et négationniste. Cercle Jean Moulin : http://cercle.jean.moulin.over-blog.com/tag/extreme%20dro... 

Extrême droite et négationnisme : http://the-dissident.eu/6260/valerie-igounet-lextreme-dro...

Michel Wieviorka, un livre (« L’antisémitisme expliqué aux jeunes », éd. du seuil) et des textes http://wieviorka.hypotheses.org/tag/antisemitisme?lang=pt... 

TAGS Antisémitisme, articles… L’Express : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/regain-d-antisem... 

Le Figaro : http://plus.lefigaro.fr/tag/antisemitisme 

Antisémitisme. Textes, CRIF : http://www.crif.org/fr/blogs/categorie/antisémitisme 

Actualité, culture, CCLJ : http://www.cclj.be 

Culture juive, lutte contre l'antisémitisme, CICAD, : http://www.cicad.ch/fr/cicad-action/culture-juive.html 

Lutte contre l’antisémitisme et le racisme : LICRA, SOS-racisme, MRAP.

Citation de Martin Luther King, sur le lien entre antisémitisme et antisionisme : « Qu'est-ce-que l'antisionisme ? » dans une revue en anglais (Saturday Review, août 1967, p. 45,  texte cité dans  wikiquote de wikipedia (antisémitisme) : « L'antisémitisme, la haine envers le peuple juif, a été et reste une tache sur l'âme de l'humanité. Nous sommes pleinement d'accord sur ce point. Alors sache aussi cela : antisioniste signifie de manière inhérente antisémite, et il en sera toujours ainsi. Pourquoi en est-il ainsi ? Tu sais que le Sionisme n'est rien de moins que le rêve et l'idéal du peuple juif de retourner vivre sur sa propre terre. Le peuple juif, nous disent les Ecritures, vécut en union florissante sur la Terre Sainte, sa patrie. Ils en furent expulsés par le tyran de Rome, les mêmes Romains qui assassinèrent si cruellement Notre Seigneur. Chassé de sa patrie, sa nation en cendres, le peuple juif fut forcé d'errer sur le globe. Encore et encore, le peuple juif souffrit aux mains de chaque tyran qui vint à régner sur lui. (...) Pour quiconque chérit ce droit inaliénable de toute l'humanité, il devrait être si facile de comprendre, de soutenir le droit du peuple juif à vivre sur l'antique Terre d'Israël. Tous les hommes de bonne volonté se réjouiront de la réalisation de la promesse de Dieu, que son peuple retourne dans la joie sur la terre qui lui a été volée. C'est cela le Sionisme, rien de plus, rien de moins. »

Mais reconnaître le droit d'existence pour un peuple et un pays n'interdit pas le regard critique sur des positionnements politiques. Cependant, pour Israël, comme pour tout autre pays, pas plus... L'antisémitisme commence quand la critique est extrême et obsessionnelle, diabolisant ce pays, démocratique, et ignorant, ailleurs, des dictatures (dans l'indifférence d'un non-engagement complice), ou ne portant aucun regard critique sur les autres forces en jeu dans le conflit israélo-palestinien (idéologie, terrorisme, etc.). 

BDS et l’affaire des feuilles de bricks produites en région parisienne, CRIF : http://www.crif.org/fr/blog/que-se-cache-t-il-vraiment-de...

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Mise à jour 28-02-16... 

…. Comment Dieudonné a sombré dans l’antisémitisme… (L’article ne rappelle pas les liens de Dieudonné avec Jean-Marie Le Pen et le FN, et toutes les dérives complotistes : ce n’est pas le sujet, il note juste le rôle du complotisme dans un moment de basculement. Mais il mentionne le soutien donné au négationnisme) https://fr.news.yahoo.com/président-licra-raconte-lancien... 

…. Et ceci. Un antisémite, obscur faiseur de piges, occupé à remplir un journal peu lu, se lâche sur twitter (twitter, qui ne bouge pas s’il n’y a pas de signalements) et se met hors des lois : http://rue89.nouvelobs.com/2016/02/24/twitter-lantisemite...

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... LIRE ou RELIRE. ÉDITORIAL, de Jean-Pierre Denis, La Vie, "Dire l'antisémitisme avec des mots fermes", 17-02-2015  http://www.lavie.fr/debats/edito/dire-l-antisemitisme-ave... 

ENTRETIEN. Pierre-André Taguieff, « Les mots qui tuent », Marianne, 2015 (Propos recueillis par Alexis Lacroixhttp://www.marianne.net/pierre-andre-taguieff-les-mots-qu...  Et, 2011 (propos recueillis par Christophe Ono-Dit-Biot), "P-A Taguieff décode la théorie du complot", Le Point http://www.lepoint.fr/societe/taguieff-decode-la-theorie-...

Elie Barnavi, entretien, L’Express, 2014. « L’antisémitisme n’est pas le problème des seuls Juifs. il est toujours le signe d’une pathologie sociale plus profonde. » : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/elie-barnavi-l-a... 

SOMME. « Dictionnaire historique et critique du racisme ». Dir. Pierre-André Taguieff, 250 contributeurs, 540 articles. PUF, 2013 : http://www.univ-droit.fr/recherche/nomodos/116-parution/6...

Ce qui fut dit sur Hitler (ou l’aveuglement, encore et encore). Slate : http://www.slate.fr/story/114945/permier-article-new-york...

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Pour compléter cette page, lecture possible des précédentes notes :  voir « antisémitisme » dans la liste des catégories (marge gauche, descendre un peu…). De même recherche possible avec le tag « antisémitisme ». ........................................................................................................................................................

Mais... Lutter contre l’antisémitisme c’est connaître l’histoire, la culture juive… LIENS :

"Qui si je criais?" (Veille : antisémitisme, génocides) http://www.scoop.it/t/qui-si-je-criais 

Culture juive, jalons, INAhttp://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu04582/la-...

Akadem, conférences (vidéos) : http://www.akadem.org

Musée d’art et histoire du judaïsmehttp://www.mahj.org/fr/index.php 

Portail, culture juive, wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Judaïsme

CCLJ. Centre communautaire laïc juif, Belgiquehttp://www.cclj.be 

Judaïsme laïque (voir à « documents » pour trouver certains textes annoncés en sommaire…) : http://www.ajhl.org 

Harissa (lumière sur culture Maghreb, et infos diverses): http://www.harissa.com/news/  

AGIR contre l'antisémitisme  (et signaler), voir les sites des associations antiracistes : Licra, SOS-racisme, Mrap… (liste Agir, ici)

SIGNALER (Internet) : https://www.internet-signalement.gouv.fr/PortailWeb/plane...

Théories du complot (associées souvent à l’antisémitisme)... Décryptage sur ConspiracyWatch (Observatoire du conspirationnisme) : http://www.conspiracywatch.info

14/02/2016

ILAN HALIMI, mémoire et hommage...

ilan halimi,juifs,antisémitisme,racisme,haine,clichés,barbarie,gang des barbares,torture,séquestration,assassinat,idéologie,hommages,humanisme,solidarité,mémoire,conscience,24 joursDix ans. Et, depuis, d‘autres agressions antisémites (doublées en un an d’après les dernières statistiques), et d’autres assassinats, des attentats, plus des constats inquiétants sur le maintien des clichés, la circulation de désinformations issues des théories du complot. La mémoire de ce drame atroce rend palpable la nécessité de lutter contre les idéologies de haine. Ci-dessous des articles pour vérifier nos informations, et d’autres pour y réfléchir…

« Ilan Halimi, dix ans après », Le Monde, 13-02-16 : http://bit.ly/1ozvrBM 

« Une blessure toujours à vif », Libération, 19-01-16 : http://bit.ly/20vX7n5 

ilan halimi,juifs,antisémitisme,racisme,haine,clichés,barbarie,gang des barbares,torture,séquestration,assassinat,idéologie,hommages,humanisme,solidarité,mémoire,conscience,24 jours« Le calvaire d’Ilan Halimi », L’Obs, 21-01-16 : http://bit.ly/1OIA0A6 

Paris XIIème, Le Parisien, « Vibrant hommage », 11-02-16 : http://bit.ly/1Tg7FWT 

Paris XIIème, reportage, Le Parisien, vidéo. « L’hommage à Ilan », avec des témoignages, 11-02-16 : http://bit.ly/243dufu 

Hommage, à Bagneux, le 13, ville où Ilan Halimi fut séquestré et torturé, victime de l’antisémitisme abject, des clichés sur les Juifs que le racisme diffuse, HuffingtonPost, 13-02-16 : http://huff.to/1TZXs1m 

 

 

 

DOSSIER sur wikipedia

L’affaire du gang des barbares : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_gang_des_barbares 

Et en anglais une note titrée Ilan Halimi : https://en.wikipedia.org/wiki/Ilan_Halimi 

Entretien avec Emilie Frèche, (co-auteur du livre sur le calvaire d'Ilam Halimi et co-scénariste du film sur ce drame), CCLJ : http://bit.ly/1XqRAxZ  

Un texte de Jean-Yves Camus, en 2006, CCLJ, « Antisémitisme sans idéologie ou banalité absolue du mal » : http://bit.ly/1R27CMr

Article, Le Figaro, 02-04-2009, sur le livre "24 jours", par Ruth Halimi et Émilie Frèchehttp://bit.ly/1i3wnZm 

Article de Causeur sur "24 jours", le film d'Alexandre Arcady  http://www.causeur.fr/arcady-ilan-halimi-27263.html

19/01/2016

Agression antisémite à Marseille. Réfléchir...

On apprend les agressions, comme celle de Marseille, effrayante par la haine affirmée, aussi radicale que celle qui a causé les assassinats précédents (Toulouse, Bruxelles, Paris, etc.). On lit des commentaires divers, qui ne tiennent pas toujours compte de tous les éléments en jeu, notamment les confusions avec l’alibi de la défense des Palestiniens, défense qui diabolise Israël bien au-delà des critiques légitimes qu’on peut faire du gouvernement et des extrémistes hostiles à la paix. Oubli des initiatives de paix, des efforts dialogiques d'associations. Effacement de tout regard critique sur le Hamas et la réalité des déclarations et des choix des pouvoirs locaux. Volonté de boycott de ce pays (colonies et au-delà, jusqu’à manifester pour refuser des danseurs), et de ce seul pays, comme si les atrocités des exécutions et des atteintes aux droits humains dans des pays autres, comme l’Arabie saoudite, le Qatar ou l’Iran, étaient singulièrement occultées. Et envahissement de la pensée conspirationniste, très présente dans les réseaux sociaux et certains forums, en association fréquente avec l’antisémitisme, plus ou moins masqué derrière un antisionisme peu référencé. Concordance entre pro-palestiniens des courants extrêmes (gauche ou droite) qui, sur ce sujet, sont d’accord. Comme on le voit dans les articles du Parisien du 19 janvier, faisant une double page sur les relations sulfureuses de Marine Le Pen avec des anciens du GUD, reconvertis dans l’antisionisme militant, pour donner forme à leur antisémitisme.    

« Agression antisémite à Marseille : cette plus longue haine », par Joseph Macé-Scaron, 15-01-16, Marianne : http://www.marianne.net/agression-antisemite-marseille-ce... 

Mais je complèterai par un document sur un spécialiste des théories du complot, qui révèle (encore) les liens entre ces courants et la Russie (Soral, liens avec le FN et voyages en Russie). Alain Soral, qui a fondé le site d’extrême droite « Egalité et Réconciliation » avec Philippe Péninque (tous deux reconvertis dans l’antisionisme militant). Street Press : http://www.streetpress.com/sujet/1453121203-exclu-documen... 

Sur le conspirationnisme, sité dédié : http://www.conspiracywatch.info/F-A-Q_r11.html 

Et, pour conclure, il faut noter que les agressions antisémites ont augmenté, comme les agressions contre les musulmans. Le refus d’un racisme ne peut faire tolérer un autre racisme…

04/12/2015

"Frères et soeurs d'infortune"... en rencontre profonde d'humanité essentielle

Ombre chaîne NUIT attentat.jpgJai lu ce texte d’abord dans Marianne du 4 décembre, rubrique Journal des lecteurs. Je le retrouve en ligne sur un blog. (Je l'introduis, avec, en exergue, cette photographie qui interroge nos chaînes, nos ombres, le refus des chaînes... Mais la capacité de voir l'ombre, et donc la lumière...).

Danielle Michel-Chich, née en Algérie, qui a perdu une jambe à cinq ans en 1956 lors de l’attentat du Milk Bar, écrit aux blessés du 13 novembre. Car, si on a pensé beaucoup aux morts, absence irréversible, douleur infinie des proches, demeurent les blessés, si nombreux, dont certains le sont très gravement, et on peut se douter que des corps seront irrémédiablement atteints. Danielle Michel-Chich sait, pour le vivre, qu’on ne peut pas oublier cette atteinte, toujours présente pour rappeler le fracas terrifiant de cet instant. Terrorisme alors, terrorisme encore. Terreur telle qu’elle sidère quelque chose en soi et dans l’entourage, proche ou moins proche : communauté, concitoyens, compatriotes, et tout simplement humains, qui, même très loin, ressentent l’effet du choc, partagent. Ce choc physique et psychique se prolonge longtemps, et c’est un travail sur soi qu’en défaire ce qui serait obstacle au fait de vivre, malgré et à cause de ça, plus, encore plus, ou, simplement, vivre. Comment réagir, comment penser, et comment ne pas s’enfermer dans la haine? Sachant plus que personne les pièges et les ressources de vie qu’on trouve en soi, qu’on décide de trouver en soi, Danielle Michel-Chich s’adresse à tous ceux qui sont directement meurtris. Meurtris ils le sont par le deuil, s’ils ont perdu un proche (parfois deux, ou plus). Ils le sont par l’inquiétude et la révolte devant la souffrance de ceux qu’ils aiment, encore hospitalisés ou revenus chez eux et suivis. Devant le saccage des corps et des liens par la folie de fanatiques. Ils peuvent l’être, aussi, meurtris, par la colère. Colère contre les assassins, colère contre ceux qui n’ont pas su empêcher cela, comme l’ont exprimé fortement des pères révoltés (pourquoi n’a-t-on pas fait avant ce qu’on fait maintenant? pourquoi n’a-t-on pas pris la mesure des failles?). De la souffrance à la haine, de la colère à la haine, le fil est ténu. Parfois cela submerge, même quand on s’y refuse. Mais cela nous détruit, la haine est une prison.

Danielle Michel-Chich leur dit comment elle a réagi, les ‘choix’ qu’elle a faits (se demandant - elle met un point d’interrogation - si ce sont des choix ou un instinct vital qui a coulé sans le décider). Elle a choisi la vie, la joie, l’implication. 

Et elle leur exprime un seul souhait : qu’ils puissent éviter l’écueil de la haine.

D’elle on peut entendre cela, d’autres ce serait différent. Elle parle du lieu du partage, fraternité de douleur, d’infortune (au sens fort : ce hasard tragique qui atteint dans un instant, et aurait pu ne pas atteindre). 

Elle a un autre message : même si elle reprend le mot ‘victimes’ au début de son texte, pour dire à qui elle s’adresse, elle précise à la fin qu’elle récuse ce mot (‘étiquette salement collante’). Mot qui est une autre prison, chape de plomb qui réduit une identité singulière en la figeant dans un moment et dans un rôle. Avec le risque d’être transformé en icône d’une vision. Idéologies qui veulent leurs martyrs pour les maintenir dans leurs filets, en prétextant parfois les protéger, les soutenir. 

Elle parle de réactions à son livre, sans jugement. Dans le contexte passionnel de la mémoire de la guerre d’Algérie, les projections sont encore importantes, tant les douleurs peuvent avoir été violentes, et tous n’ont pas les mêmes ressources pour se délivrer de la haine. Certains ont peut-être désiré d’elle un partage de haine qu’elle n’a jamais proposé. Elle dit seulement que la haine empêche d’avancer. (D’autres ont vécu des drames similaires, et refusé la haine - ainsi la plasticienne Nicole Guiraud, qui a failli mourir en 1956, au Milk Bar, petite fille, et a perdu un bras. Pas de haine non plus. Mais chaque être exprime à sa façon son choix de vie : écrire, créer, militer pour la fraternité, les uns, militer contre le terrorisme, les autres) .  

Voici donc le texte si dense et fort que Danielle Michel-Chich offre aux êtres blessés du 13 novembre (corps et âmes) : « A mes jeunes frères et soeurs d’infortune » : https://blogs.mediapart.fr/danielle-michel-chich/blog/231... 

Dans une chronique du Monde, le 1er décembre, Benoît Hopquin faisait l’éloge des 130 morts, jeunes, citoyens heureux d’une Babel. Ce qu’il dit d’eux on peut le reprendre pour les vivants, les blessés, les meurtris, qui vont se reconstruire : « Ils étaient pioupious de la liesse, sentinelles du vivre-ensemble, artificiers de l’amitié, balançant encore leurs salves de rires, juste avant le drame. » Ils le seront encore, même si, comme le dit Danielle Michel-Chich, il leur faudra beaucoup de courage. Lien : http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/11/30/morts-au... 

Le processus  de reconstruction de soi et de sa vie, c’est un peu le prolongement de ce que raconte ce couple de survivants, Caroline Dos Santos et Julien Boudot : « S’extraire de l’horreur » cela va continuer...  « S’extraire de l’horreur. Hébétés, ahuris, encore dans l’épouvante. Et courir dans la nuit. Survivants! Chercher désespérément un taxi au milieu des sirènes. Et se serrer l’un contre l’autre tandis que la voiture file sur les berges de la Seine et s’éloigne de ce théâtre de guerre. Incrédules. Pleins de larmes et de frissons. Avec l’urgence de vivre. » (…) « J’oscille en permanence », dit Caroline (entre pleurs et rires). Propos recueillis par Annick Cojean : "Je t'aime, on ne doit pas mourir" Lire : http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/28... 

Humanité… Visages. Êtres émouvants, généreux. Et le mal, son mystère. Comment et pourquoi peut-on arriver à ne plus être capables de reconnaître en l’autre un visage, une conscience, un sujet? Humanisation et déshumanisation, disent Fabienne Brugère et Guillaume Le Blanc, philosophes, dans une tribune de La Croix du 1er décembre, "L'idée d'humanité" : « Dans toute société, il existe alors des processus d'humanisation portés par des valeurs et des processus de déshumanisation qui tiennent à la présence de la violence ou du mal. ‘Liberté, égalité, fraternité’  est une devise qui porte une idée de l'humanité, et qui doit s'incarner dans des processus d’humanisation… » (…) « Nous avons plus que jamais besoin de tenir ensemble, à la fois dans un même pays, mais aussi dans un univers mondialisé. Défendre les valeurs de l'humanité revient à ne pas faire des autres des ennemis, à ne pas oublier non plus l'ennemi intérieur. Le mal peut toujours être porté surtout s'il trouve les supports pour se déployer. » L’ennemi intérieur qui peut faire basculer un individu dans la folie meurtrière ou l’assassinat de masse. L’ennemi intérieur, tapi en soi, fait de rancoeurs, de ressassements, de haine plus ou moins consciente… Radicalité qui s’installe, fantasmes et théories du complot, fuite dans le jihadisme. Ou, autre radicalité jumelle, rejet de l’autre, xénophobie, projections. Le mal, qui s’insinue dans l’esprit, le langage, nourrit le meurtre dans tous les cas. Donc tentons de faire des valeurs les remparts au mal tapi dans l’ombre : http://www.la-croix.com/Archives/2015-12-01/FORUM.-L-idee...

03/02/2015

Parler du fascisme tapi dans l'islamisme...(MAIS...). Lectures... Courrier international...

COURRIER international.jpgCOURRIER ISLAM.jpgParler du fascisme, oui. Fascisme... C'est cela que désignent les auteurs de ces articles, journalistes ou écrivains, qui s'expriment dans le monde - et, précisément, aussi (voir les deux derniers articles), dans le "monde arabe" (notion controversée, mais qui recouvre une réalité culturelle et géopolitique cependant). Fondamentalisme qui est avant tout idéologique, politique. Fascisme qui ment en prenant le masque d'un attachement à une appartenance religieuse (même si celle-ci peut interroger ce qui en elle permet cette captation), et en emprisonnant les populations dont c'est la croyance ou la culture. (Ou dont c'est une des cultures, car les êtres sont tissés de cultures plurielles, surtout dans le contexte de notre univers mondialisé, diasporique, métissé, voyageur, nomade, connecté, traversé de réseaux...). Totalitarisme qui a un projet (fou peut-être, mais d'autres folies ont déjà réussi à opprimer terriblement : mémoire de l'Inquisition, du nazisme, du stalinisme...). Idéologie fondée sur des constructions mentales manipulatrices, une rationalité mêlée considérablement d'irrationalité (complotisme et négationnisme n'étant que deux aspects de la mise hors raison). Plongée mortifère dans le culte du passé, la peur de la femme, la peur du rire, du sport, de la musique, de l'art, de la pensée...

Fascisme tapi dans l'islamisme... PAS dans l'islam (vision haineuse que veut imposer l'extrême droite, pour rejeter les musulmans, par pur racisme, xénophobie en tout cas, refus culturel, peur identitaire). Pas dans l'islam tel que le pratiquent la majorité des gens qui le vivent comme spiritualité. Donc pas en eux, seulement croyants parfois, ou même pratiquants - plus ou moins, comme dans toutes les religions. Pas en eux, sur lesquels on risque de projeter l'ombre des terroristes revendiqués musulmans. Projeter cela c'est projeter la peur, et ouvrir la place (dont d'autres pourront se saisir) pour les agressions, verbales ou physiques. Attention, NE PAS confondre... Eviter de superposer les mots et les gens (ou idéologie et croyance religieuse). L'extrême droite nous tend et nous tendra ce piège, qui n'est que le miroir de celui que tendent les islamistes djihadistes (cela conforte leurs analyses jumelles fondées sur la haine de l'Autre...). Confondre, c'est pratique, facile... c'est penser en raccourci. Ne pas penser en raccourci, c'est, aussi, interroger, comme le font de nombreux intellectuels musulmans et des islamologues, ce qui, dans les sources de la religion, peut autoriser la violence, la légitimer. Dans tous les textes de ces intellectuels, donnés à lire dans les revues de presse de plusieurs de mes notes (et dans les références de livres) la complexité est présente. Mais, si la complexité est présente, dans la pensée comme dans la réalité, l'interrogation devra se porter aussi sur le lien des religions avec les revendications identitaires, et sur le lien des appartenances idéo-religieuses avec la perception que les uns ont des autres (croyants ou incroyants, et croyants autrement). [En Norvège, Anders Behring Breivik, le terroriste chrétien qui tua 77 personnes et en blessa 151 en juillet 2011 - des cibles idéologiques - ne le fit évidemment pas au nom de l'islam, mais bien au nom de ses convictions politiques d'extrême droite, sous-tendues par le désir de défendre sa conception d'une identité européenne associée à la chrétienté, qu'il voulait préserver... Preuve que des fanatiques idéologiques peuvent se saisir du religieux à des fins politiques. Stratégiquement parfois, ou même sincèrement... Car le rapport avec la foi est subjectif, donc facilement passionnel, et peut devenir doctrinaire si les questionnements n'ouvrent pas la lecture des textes aux interprétations divergentes. Et, au-delà, si des clés ne sont pas données, culturellement, pour dire comment distinguer ce qui est de l'ordre de la spiritualité, de la recherche de sens, et ce qui est de l'ordre de la politique.] Religion, et religions, ou cultures imbriquées... Rien n'est simplement cela ou le contraire.     

Complexité? Bien mise à mal, encore, quand on enferme les êtres dans des catégories. Car que veut-on dire quand on dit "musulmans"? Ceux qui ne sont ni chrétiens, ni juifs, ni bouddhistes? (Cela ne rend pas forcément musulman...). N'y-a-t-il pas dans cette appellation, y compris pour refuser (à juste titre) tout amalgame avec les terroristes, une manière de désigner une origine? C'est hypocrite et mensonger. Lire la tribune d'Ahmed Benchemsi, parue dans Le Monde du 16-01-15 : "Le 'musulman modéré', une version actualisée du bon nègre". [Citations : "En les qualifiant de 'musulmans', on les singularise déjà." (...) "L'islam, c'est d'une ridicule évidence, n'est inscrit dans le patrimoine génétique de personne." (...) "Sauf à considérer que leur origine ethnique conditionne leur façon de penser (ce qui est la définition même du racisme)"]. Texte intégral : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/01/16/le-musulman-modere-une-version-actualisee-du-bon-negre_4557616_3212.html   

Donc, LECTURES (citations...), pour commencer (ou poursuivre), la confrontation, avec, réellement, ce qu'est l'islamisme... Et non pas ce que nos paresses, notre idéologie, ou notre inconscient, voudraient nous faire croire (dans un sens ou un autre...). Vu de... Québec (l'idéologie...), Ukraine (ne pas tolérer l'intolérable, car ce serait renoncer à la démocratie...), Liban (répondre au fascisme...), Tunisie (des fascistes... imbéciles... qui osent se réclamer d'Allah..), presse monde arabe à Londres (Explications... Non, ni la France, ni les Juifs, n'ont mérité ça. Caricatures? Comprendre que se moquer du Prophète c'est comme se moquer de Moïse. Oui, on peut se moquer de Moïse, mais pas de l'Holocauste, car ce n'est pas la même chose... ), Syrien en exil à Londres (racines historiques de l'islamisme, la source : idéologues refusant la modernité et voulant faire du religieux la norme qui régente tout...). Un dossier, sous forme de revue de presse, qui est une bonne synthèse de questions essentielles...

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Vu de Québec. « Quand l'idéologie tue », par Paul Journet, La Presse (Montréal, 09-01-15), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-du-quebec-quand-l-ideologie-tue [ CITATIONS : « (S’interroger sur...) la part de responsabilité du modèle français d’intégration des minorités. Cet examen est prématuré et simpliste. Il repose sur une confusion entre trois concepts liés mais distincts. L’intégration des immigrants (...), la laïcité (...) et enfin l’intégrisme, la religion devenue militante et violente. Ni la laïcité, trop molle ou stricte, ni l’intégration déficiente ne causent l’intégrisme. Et elles ne suffiront pas à l’éteindre. (...) L’islamisme existe aussi dans des pays où l’intégration ne pose pas problème. ( ...) On oublie que les musulmans forment les plus nombreuses victimes des islamistes et que leur ras-le-bol augmente au Pakistan et ailleurs. Les djihadistes ne correspondent pas à un profil unique. (...) Certains sont fous, d’autres sont diaboliquement rationnels. ». L’auteur insiste sur la nécessité « d’admettre le pouvoir meurtrier de l’idéologie » et d’éviter deux pièges. Le premier est de réagir en adhérant aux thèses de l’extrême droite, récupérant les attentats pour « amalgamer les islamistes à l’ensemble des musulmans qui pratiquent pourtant leur foi dans la paix. » De réagir en croyant à la « bête théorie du choc des civilisations » qui « sert les islamistes » - par la polarisation qu’ils veulent créer pour « mieux recruter ». Au contraire, « Il faut dénoncer sans relâche cette xénophobie. ». L’autre piège, l’autre danger, est « non pas de récupérer, mais d’étouffer le débat sur l’islamisme. »]

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Vu d’Ukraine. « Le prix sanglant du ‘politiquement correct’ », par Sergueï Grabovskiy, Den (Kiev, 09-0-115), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-d-ukraine-le-prix-sanglant-du-politiquement-correct [ CITATIONS : « Pour l’heure, ni l’Europe, ni les Etats-Unis, ni l’Ukraine ne sont prêts à exprimer ouvertement les faits essentiels qui ont abouti aux attentats terroristes à Paris, ni la réalité fondamentale qui se dissimule derrière ces actes. » (...) « On ne parle pas seulement de religion, mais de politique parée d’atours religieux. Nous sommes face à une chose digne de l’obscurantisme médiéval ou des Cent-Noirs [mouvement nationaliste, monarchiste et antisémite apparu dans l’Empire russe au début du XXème siècle.] Pour être plus précis, cette idéologie terroriste est un ‘fascisme islamiste’, qui s’appuie sur des idées totalitaires et nourrit des ambitions planétaires. /// En dépit de cette réalité la majorité des journalistes et des dirigeants (...) parlent d’atteinte aux médias et à la liberté d’expression’. Or, ce terrorisme est très particulier, car il a pour objectif ultime la liquidation de la civilisation euro-atlantique (ou ‘judéo-chrétienne’ comme elle se définit elle-même). » (...) « Attentats (...) absurdes » ( ?). « Non. » (...) « ... ce sont des actes complètement rationnels qui s’inscrivent dans le cadre de cette vision du monde totalitaire. » (...) « Il y a eu le bolchevisme, le fascisme et le nazisme, la vague de l’extrême gauche appelant à une révolution mondiale dans les années 1970, et maintenant il y a l’islam militant. » L’auteur dit que, à son avis, la réponse aux attentats de Paris est « la fin de toute ‘tolérance’ face aux agissements des fondamentalistes et des tenants du fascisme islamiste. » (...) Car ne pas le faire « revient à saper les fondements de la démocratie européenne tout en donnant aux musulmans qui défendent les valeurs démocratiques le sentiment d’être abandonnés face au totalitarisme. »]

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Vu du Liban. « Le poing du fascisme », par Alex Rowell, Now (Beyrouth, 07-01-15), Courrier international, 15/21-01-15 : http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/14/vu-du-liban-le-poing-du-fascisme  [ CITATIONS : « Les rues de Paris, qu’ont autrefois foulées Descartes, Diderot et Voltaire, ont été ensanglantées. Une fois de plus, l’esprit humoristique, ironique et intellectuel est frappé en pleine face par le poing du fascisme.3 (...) « Insondables illusions. Certains, bien entendu, verront dans ce qui s’est passé une sorte de justice expéditive à l’égard du passé colonial de la France ou de ses interventions récentes au Mali ou en Libye. Peu importe aux yeux de ces gens que la seule ‘vengeance’ invoquée par les tueurs l’ait été au nom du Prophète... » (...) « Plus dangereux sont ceux qui diront que ce qui s’est passé aujourd’hui prouve la nécessité de montrer plus de ‘sensibilité’ ou (de façon plus paternaliste) de ‘sens commun’ dans ce que les medias publient au sujet de la religion. » (...) « ... La réalité a toujours prouvé exactement le contraire : ceux qui répondent à la satire par le meurtre doivent être non pas moins mais encore plus critiqués... »]

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Vu de Tunisie. « Des imbéciles qui se réclament d'Allah », par Slaheddine Charlie Dchicha, Kapitalis (Tunis, 08-01-15), Courrier international, 15/21-01-15. [ CITATIONS : « Les fascistes qui ont tué les journalistes de Charlie Hebdo sont les mêmes qui égorgent des policiers et des soldats en Tunisie, et sèment la désolation en Irak, en Syrie et en Libye. Ainsi donc deux ou trois sinistres individus, parce que le hasard les a fait naître dans une famille musulmane, s’autoproclament porte-parole des musulmans et s’érigent en représentants de Mahomet voire d’Allah sur terre. Quelle prétention ! Quelle fatuité ! Quelle suffisance ! » (...) « Ces criminels fanatiques et imbéciles prennent en otage les musulmans de France et d’ailleurs. » (...) « Car ces fascistes sont les agents et les promoteurs autoproclamés d’un ordre totalitaire, le même qui émet une fatwa contre Kamel Daoud en Algérie. L’autoproclamation, voilà la malédiction du monde arabe et musulman. » (...) « Le génial journaliste algérien Kamel Daoud a mille fois raison lorsqu’il affirme : ‘Si l’on ne tranche dans le monde dit arabe la question de Dieu, on ne va pas réhabiliter l’homme, on ne va pas avancer... La question religieuse devient  vitale dans le monde arabe. Il faut qu’on la tranche, il faut qu’on la réfléchisse pour pouvoir avancer.’ »]

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Vu du monde arabe. « Non, la France n'a pas mérité ça ! », par Hazem Saghieh, Al-Hayat (Londres, 10-01-15), Courrier international, 15/21-01-15. [ CITATIONS : « Les auteurs du crime contre la revue satirique Charlie Hebdo ont eu comme seules paroles, d’après ce qu’on en sait, les cris “Allahu Akbar” et l’affirmation qu’ils voulaient “venger le Prophète”. En revanche, des éditorialistes [arabes] et des militants des réseaux sociaux se sont efforcés de trouver des raisons auxquelles les criminels eux-mêmes n’auraient pas pensé et qui sont très loin de leur univers mental simpliste de terroristes. ///Cette ambiguïté, voire complaisance, dont ces éditorialistes font preuve face au crime s’explique par le sentiment que dans nos contrées le réflexe de faire l’unité [entre musulmans] prime les autres considérations. Alors qu’en un clin d’œil on voit les multiples guerres civiles qui déchirent le monde arabo-musulman, ce qui donne à cette “unité” un côté pathologique. Mettons de côté les accusations contre le sionisme, les mises à l’index de la France, des Etats-Unis et des puissances occultes, ainsi que les discours oiseux selon lesquels “eux-mêmes” [la France] l’ont cherché. » (...) « Certains Arabes disent que les caricaturistes se sont moqués de l’islam mais pas de l’Holocauste. Le fait est qu’il y a une différence profonde entre les deux. Selon les dessinateurs de ce journal et selon les lois de leur pays, on a le droit de heurter les sensibilités religieuses et d’attaquer les symboles du sacré. » (...) « C’est tout autre chose que de se moquer de drames humains récents, ayant fait des victimes dont des proches sont encore en vie. On peut se moquer de Moïse, mais pas de l’Holocauste. » (...) « D’autres veulent “que les Juifs dégustent un peu, eux aussi, des souffrances que nous subissons” !  /// Or les Juifs ont bien assez dégusté au cours des dizaines de siècles, bien plus que nous Arabes. Personne, pas même les racistes parmi les Juifs, ne dit que les Arabes devraient subir la même chose. Certes, l’islamophobie existe dans les pays occidentaux. Mais il ne faut pas oublier que ces pays sont les seuls qui débattent de ce phénomène, l’analysent et le condamnent. C’est probablement la frustration que nous ressentons depuis [l’échec] des révolutions, échec qui nous prive de la liberté qui nous aurait permis, à nous aussi, de débattre de ces phénomènes, de les analyser et de les condamner. »]

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VU de Londres (article d’un écrivain, opposant syrien). « Comment l'islamisme a triomphé », par Yassine al-Haj Saleh, Al-Quds Al-Arabi (Londres, 10-01-15), Courrier international, 29-01/04-02 :  http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/29/comment-l-islamisme-a-triomphe [Intro. Courrier int. : « Pour cet écrivain et opposant syrien, l’attrait de la modernité a été supplanté dans les pays arabes par la religion à partir des années 1970, alors que l’instruction cessait d’être un gage de progrès social et que se répandait la corruption. » /// ARTICLE. CITATIONS : « L’acclimatation à la modernité n’a pas rencontré de résistance particulière dans le monde musulman pendant environ un siècle, de la deuxième moitié du XIXe siècle aux années 1970. Cela allait de pair avec l’amélioration des conditions de vie et l’apparition d’opportunités de promotion sociale, d’abord pour les hommes, ensuite pour les femmes. » (...) « Quoi qu’il en soit, ce qui meut les sociétés arabes, à l’instar de n’importe quelle société, c’est la perspective d’améliorer la vie en ce bas monde. Et dans aucun pays arabe la lutte anticoloniale n’a été essentiellement religieuse, même si l’islam a fait partie des éléments de mobilisation. » (...) « Jusque dans les années 1970, la tendance générale était à la modernisation des institutions, de la société... » (...) « Certes, cette modernité a rencontré des résistances... » (...) « Que s’est-il donc passé dans les années 1970 pour que les choses s’inversent, pour que le voile soit à nouveau répandu et que les islamistes puissent prétendre se substituer à l’autorité de l’Etat ? On l’explique couramment par l’islam ou par une structure mentale propre aux musulmans. Cette vision des choses correspond à celle des islamistes eux-mêmes puisqu’ils prônent le ‘retour au véritable islam’ et la primauté de la religion dans tous les aspects de la vie. » // « Cette explication n’en est pas une. Pour commencer, parce que les musulmans ne sont pas entièrement  structurés par la religion. En revanche on peut faire remonter cette tendance, dont l’Etat islamique [Ei, Daech] représente le point culminant, à une idée forgée par  Sayyid Qutb, (...) l’idéologue égyptien des islamistes, idée selon laquelle il fallait s’écarter de la modernité. » (Idée, dit-il, qui s’est développée au moment où « les libertés reculaient » – dictateurs, enrichissements de tyrans. » (...) « Ce nouveau climat a permis aux islamistes de répandre leur vision du monde. Aujourd’hui la première tâche consiste à renouer avec le progrès, c'est-à-dire à offrir au plus grand nombre des opportunités pour une vie meilleure.»]

27/01/2015

PETITION internationale. MUSULMANS du MONDE. « Notre responsabilité à l'égard du terrorisme au nom de l'islam »

Je m’écarte un bref instant du regard sur les images terribles du documentaire (nécessaire et important) qui passe sur la 2, « Jusqu’au dernier » (mais je ne m'écarte pas de l’écoute...), pour poser cette information (qui fait écho aux appels déjà publiés par des associations de musulmans laïcs - et laïques). Cf. celui que j’ai mentionné dans la note  du 16-01-15, « Des mots, des chants, des mots...Voix musiciennes et voix musulmanes ». Cet appel international ajoute l’affirmation d’un engagement du signataire : « Chacun des signataires s’engage à militer pour la primauté du droit, des droits humains et de la citoyenneté. ». Ce, après avoir insisté sur ce point : « Tous les discours ou entreprises visant à encourager ou à promouvoir les radicalisations, la haine, le racisme, doivent être criminalisés. ». (Ceci est à entendre par tous, pas seulement les musulmans signataires de cet appel, mais les chrétiens, juifs, athées, agnostiques, et croyants de diverses cultures. Car l’ambiance est aussi, malheureusement, ces derniers jours, en France, à des ripostes haineuses aux drames récents - ripostes en actes ou en discours. Et ailleurs, la haine prospère, comme d’habitude...). Cette pétition a une qualité remarquable, en ceci qu’elle proclame que signer une pétition est certes un acte qui a effet sur ce qu’on vit, mais que s’en contenter ne suffit pas : agir devra prendre aussi d’autres formes, pour l’affirmation des refus ou des adhésions, et pour le courage du dialogue. « Militer »... De même, son intérêt est qu'elle rappelle quelles sont les réponses pour réformer l'islam, c'est-à-dire d'abord réformer la lecture des divers textes fondateurs : tenir compte de leur historicité. Enfin, elle redit ceci, qui est indispensable : pour promouvoir la citoyenneté et les droits humains, il n'y a que l'éducation, la culture.

[Attention à ne pas prendre le mot "responsabilité" comme un aveu de culpabilité après les assassinats et drames ici et à l'étranger. (Comme une sorte de réponse à la double injonction contradictoire envoyée par certains : "exprimez-vous, mais soyez cachés"). Ce serait un contresens. C'est une REPONSE autre, au présent, pour agir maintenant, dans la poursuite consciente des engagements déjà pris, dans et hors une appartenance culturelle. Responsabilité active, espoir critique pour le futur. Constat et engagement... D'autant plus que cet engagement est déjà actif pour beaucoup, mais l'actualité exige un élargissement à une dimension plus grande, et sur un plan international.] C'est ainsi que je comprends cet appel...

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Ci-dessous, le TEXTE de l’appel, le LIEN vers la pétition, la LISTE des PREMIERS SIGNATAIRES.

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Déclaration

Notre responsabilité à l’égard du terrorisme au nom de l’islam

Le monde est en train de vivre une guerre déclenchée par des individus et des groupes qui se réclament de l’islam. En Syrie, en Irak, en Libye, en Tunisie, au Nigéria, en France, etc., cette guerre est la même. Elle est conduite au nom d’une certaine lecture de l’islam.

Cette guerre nous interpelle tous, nous, laïcs issus du monde islamique. Il est de notre responsabilité d’agir et de nous opposer à tout ce qui l’alimente.

Des réformes sont indispensables dans le monde musulman pour contrer cette guerre. La citoyenneté, l’égalité, la liberté de conscience, l’État de droit et les droits humains sont des antidotes indispensables.

Aujourd’hui, la réponse à cette guerre ne consiste à pas à dire que l’islam n’est pas cela. Car c’est bien au nom d’une certaine lecture de l’islam que ces actes sont commis. Non, la réponse consiste à reconnaître et affirmer l’historicité et l’inapplicabilité d’un certain nombre de textes que contient la tradition musulmane. Et à en tirer les conclusions.

Les troupes ennemies qui mènent cette guerre mondiale ne sont pas constituées de simples égarés mais de combattants fanatisés et déterminés. Ces combattants sont nourris par des textes islamiques qui appellent à la violence, qui existent dans les autres religions et qui relèvent d’un autre contexte, d’un autre âge, aujourd’hui dépassés. Ce corpus est le référentiel des groupes jihadistes. Tous les acteurs concernés, à commencer par les religieux et les autorités de chaque pays, doivent le déclarer comme inadapté, dépassé et inapplicable. Cette position doit être le début d’une véritable réforme du champ religieux de chaque pays et au-delà du champ religieux, d’une mise à niveau des législations.

L’activation et l’instrumentalisation de ce corpus, quelle qu’en soit la raison, doivent être dénoncées d’une manière explicite par les autorités, les religieux, les sociétés civiles ainsi que dans les manuels scolaires et sur les médias.

Nous avons la responsabilité de combattre l’activation de ce corpus et de tous les processus qui y conduisent. Tous les discours ou entreprises visant à encourager ou à promouvoir les radicalisations, la haine, le racisme, doivent être criminalisés. Les programmes scolaires et les discours des médias publics ainsi que les prêches des mosquées doivent être conformes aux idéaux universels de la liberté de conscience et des droits individuels.

Il n’existe pas de religion supérieure à une autre. L’humanité est une et indivisible.

Chacun des signataires s’engage à militer pour la primauté du droit, des droits humains et de la citoyenneté.

Le 11 janvier 2015

POUR SIGNER :

http://www.petitions24.net/notre_responsabilite_a_legard_du_terrorisme_au_nom_de_lislam

Premiers signataires :Raja Benslama, psychanalyste, universitaire, Tunisie/ Fethi Benslama, psychanalyste, professeur des universités, Tunisie, France/Ali Mezghani, Professeur agrégé en droit, Tunisie/Salah Elouadie, poète, président du Mouvement Damir, Maroc/Hella Lahbib, journaliste, Tunisie/Naceureddine Elafrite, journaliste, Maroc, Tunisie/Latefa Aharrare, actrice, Maroc/Aziz Al-Azmeh, universitaire, Syrie/Munaim Alfakir, poète, Irak/Tewfik Allal, coordinateur du Manifeste des Libertés, Algérie, France/Azzeddine Allam, professeur universitaire, Maroc/Zoubir  Arous, professeur  et directeur du laboratoire « Religion et Société », Université d'Alger 2, Algérie/Ahmed Assid, écrivain, Maroc/Fouzia Assouli, militante associative-Fédération de la Ligue des Droits des Femmes, Maroc/Houari Baki, psychanalyste, Algérie, France/Slimane Bedrani, Professeur à l'ENSA, Directeur de recherche associé au CREAD, Algérie/Yagoutha Belgacem, directrice artistique Siwa, Tunisie/Souhayr Belhassan, journaliste, Tunisie/Yadh Ben Achour, vice-président du Comité des droits de l'Homme des Nations Unies. Ancien doyen de la Faculté des sciences juridiques. Tunisie/Ghaleb Bencheikh, islamologue, France/Ali  Bencheneb, professeur émérite, ancien recteur d’académie, Algérie/Kmar Bendana, historienne, Tunisie/Cherif Bennadji, professeur à l'université d’Alger 1, Algérie/Basset Ben Hassan, président de l’Institut arabe des droits de l’Homme, Tunisie/Tabrizi Ben Salah, professeur de droit international, Doyen honoraire, Algérie/Lotfi Ben Slama, stomatologue, Tunisie, France/Nédra Ben Smail, psychanalyste, Tunisie/Sophie Bessis, agrégée d’histoire, journaliste, Tunisie, France/Jawad Boulus, écrivain et avocat, Palestine/Abdelaziz Boumeshouli, professeur d’université, écrivain, Maroc/Mohamed Chafiq, académicien, Maroc/Saloua Charfi, professeur de journalisme, Tunisie/Khedija Cherif, universitaire, Tunisie/Mohamed Ali Cherif, cinéaste, Tunisie/Moulim El Aaroussi, écrivain, Maroc/Said Elakhal, Chercheur, militant associatif, Maroc/Abdallah El Hariri, artiste peintre, directeur artistique, Maroc/Nabile Farès, psychanalyste, écrivain, Algérie, France/Cherif Ferjani, professeur des universités, Tunisie, France/Claudette Ferjani, militante associative, Tunisie/Habib Gherar, professeur à l’université d’Aix-Marseille, France/Nacer-eddine Ghozali, professeur agrégé en droit, Algérie, France/Nedim Gursel, écrivain, Turquie, France/Selma Hajri, médecin, Tunisie/Mohamed Ham, psychanalyste, professeur des universités, Maroc, France/Salem Hamza, psychiatre, Tunisie, France/ Ahmed Henni, professeur des universités, Algérie, France/Mahmoud Hussein, écrivain, France, Egypte/Kadhem Jihad Hassan, écrivain, professeur d’université, Irak, France/Marcel Khalifé, artiste, Liban/Abdellatif Laâbi, poète, Maroc/Kamal Lahbib, militant associatif - Collectif Démocratie et Modernité, Maroc/Slim Laghmani, professeur de droit à l’université de Carthage, Tunisie/Delenda Largueche, historienne, Tunisie/Ali Magoudi, psychanalyste, psychiatre, France/Ahmed Mahiou, professeur de droit, ancien doyen, Algérie/Faïka Moujahid, psychanalyste, Algérie/Hatem Mrad, professeur d’université, Tunisie/Kalthoum Meziou, Professeur à la Faculté des Sciences Juridiques Politique et Sociales de Tunis. Tunisie/Hamad Nazir, psychanalyste, France/Mounira Nessah, psychologue clinicienne, Tunisie, France/Hamadi Redissi, professeur d’université, Tunisie/Nouredine Saadi, écrivain, Algérie/Hachem Saleh, écrivain, traducteur, Syrie/Rajaa Stitou, psychanalyste, enseignante Université Montpellier 3, Maroc, France/Wassila Tamzali, écrivain, Algérie/Georges Tarabichi, écrivain, traducteur, Syrie/Adnane Yassine, poète, Maroc/Yahya Yakhlef, écrivain et romancier, Palestine/Lahcen Zinoun, chorégraphe et cinéaste, Maroc.

Pétition signée « Groupe laïc »

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Lire aussi, Huffpost Maghreb, "Des intellectuels issus du monde arabe se mobilisent" : http://www.huffpostmaghreb.com/2015/01/16/petition-charlie-hebdo-intellectuels-laics-musulmans-mobilises_n_6486262.html 

VOIR, autres PETITIONS, 8ème LISTE MARGE GAUCHE (après vignettes, liste Agir, etc...). Dernière pétition ajoutée hier : NEGATIONNISME sur INTERNET...    

.... VOIX MUSULMANES... VOIR aussi la note sur les voix, les chants, les textes... Engagements... http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2015/01/16/de...   

23/01/2015

« Pourquoi tant de haine ? », dossier, Le Un

UN HAINE.jpg

 

 

« Ce n’est pas vrai qu’un mort / Soit comme un vague empire / Plein d’ordres et de bruit. (...) – Mais c’est vrai que des morts / Font sur terre un silence / Plus fort que le sommeil. »

 Souvenir

Guillevic      (recueil « Exécutoire »). Poème choisi par Louis Chevaillier, rubrique « La voix du poète », Le Un  

En exergue du numéro, Camus (parlant des Possédés). CITATION : « Pour moi Dostoïevski est d’abord l’écrivain qui, bien avant Nietzsche, a su discerner le nihilisme contemporain, le définir, prédire ses suites monstrueuses, et tenter d’indiquer les voies du salut. Son sujet principal est ce qu’il appelle lui-même ‘’l’esprit profond, l’esprit de négation et de mort’’, l’esprit qui, revendiquant la liberté illimitée du ‘’tout est permis’’, débouche dans la destruction de tout ou dans la servitude de tous. » (Témoins, automne 1957-1958).

Après les attentats, tenter de penser les racines des drames, et les perspectives offertes à ceux qui ne veulent pas rester impuissants et n’attendent pas tout (mais beaucoup cependant) des pouvoirs de l’Etat. Editorial : « Après le deuil vient le temps de la réflexion. ». Suite en Une... 

Différents points de vue (et, justement, différents : la complexité de cette réalité terrifiante est saisie, et le lecteur peut réfléchir en sortant des excès compassionnels – du seul compassionnel – et échapper aux injonctions politico-morales qui forcent à penser dans un sens, pris au piège, parfois, de clichés désolants. Là, non,  rien de tel : des avis qui se confrontent, mais sans polémique, entrant tellement dans la recherche de ce qui, racines complexes des faits, échappe d’abord au regard de l’émotion. Mots clés de la thématique :  fanatisme, djihadisme, islam, Coran, laïcité... "Pourquoi en sommes-nous là?"

Les contributeurs : Edgar Morin, Leïla Slimani, Michel Onfray, Dominique Schnapper, Metin Arditi, Olivier Roy, Mayanthi Fernando, Tahar Ben Jelloun. Noter, aussi, la rubrique "Repères", qui, en dessins, fait l'historique de l'insertion des jeunes dans les quartiers (par Manon Paulic/Jochen Gerner).

Sur le site certains articles sont lisibles. Ainsi : « Un islam sans racines ni culture », par Olivier Roy, http://le1hebdo.fr/numero/40/un-islam-sans-racines-ni-culture-651.html

Et « Une armée de plumes », par Leïla Slimani : http://le1hebdo.fr/numero/40/une-arme-de-plumes-642.html

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CITATIONS :

"Aux essayistes, comme aux écrivains, va bientôt revenir la tâche de prendre de la distance. De faire quelques pas en arrière pour apprécier ce qui se passe." (...) "La littérature est plus que jamais nécessaire. Elle ramène de la complexité et de l'ambiguïté dans un monde qui les rejette." Leïla Slimani, écrivain, "Une armée de plumes".

"Les humiliations subies ne s'oublient pas. Elles se transmettent de génération en génération. La marginalité sociale et le chômage endémique n'expliquent pas tout. La démocratie 'extrême' ne favorise pas l'intégration des populations marginales ou fragiles. Elle cultive une relativité des valeurs qui constitue un choc pour les héritiers des cultures traditionnelles." (...) "Il faut lutter contre l'antisémitisme, même sous ses formes sophistiquées d'antisionisme (...)." / "Il faut lutter pour que cesse la lente communautarisation de la société française. Trop souvent les politiques ont alimenté l'idée de 'communautés' au sein de la société française et fait apparaître les juifs et les musulmans comme étrangers à la nation, tandis que se développait la confusion entre juif et Israélien." Dominique Schnapper, sociologue, "Les ressorts de la haine".

"IL Y A UN TEMPS POUR TOUT". "Un temps pour dire (...) qu'une terre éclairée doit savoir vivre avec celui qu'elle a a fait venir pour vider ses poubelles." (...) "Il y a un temps pour dire que former des imams français qui souscrivent aux valeurs de la France ne serait pas la pire des idées."/"Un temps pour rappeler ces mots : Il ne faut jamais blesser les hommes, disait Machiavel. Il faut les caresser ou les occire, car un homme blessé est un animal dangereux." (...) "Un temps pour rappeler à François Hollande, qui parle d'unité, que ce mot dit l'unicité, qu'il est le contraire de la pluralité. Que c'est un mot d'exclusion. C'est d'union qu'il faut parler. D'union, qui désigne une entente entre plusieurs. Ce qui est tout autre chose. Et c'est le cœur du problème." Metin Arditi, écrivain, "To be or not to be Charlie"

"Dehors, droite et gauche confondues, la France a bombardé les populations musulmanes (...) sous prétexte de lutter contre le terrorisme." (...) "La plupart des intellectuels (...)"... 'je songe au terrible rôle de BHL..." (...)  "Comment ces guerres répétées contre les musulmans partout sur la planète depuis presque un quart de siècle ne pouvaient-elles pas faire de la France une cible? Ce qu'elle est devenue aujourd'hui. Islamophobe au-dehors, la France est islamophobe au-dedans." (...) Que n'avons-nous aujourd'hui, à gauche, un Chevènement capable, au-dehors, de mener une politique proarabe qui ne soit pas anti-israélienne et, au-dedans, de conduire une politique clairement laïque qui ne laisse aucun pion se positionner dans une stratégie antirépublicaine sur l'échiquier français." Michel Onfray, philosophe, "Le balai de l'apprenti sorcier"

"Les rejetés rejettent ceux qui les rejettent. Une partie de ces jeunes se sentent non pas Français, mais privés de patrie." (...) "Pour les jeunes d'ascendance maghrébine, le poids de la colonisation qu'ont subie leurs ascendants n'a pas disparu." (...) "Une grande majorité d'Arabo-musulmans souffrent de toutes les humiliations subies par le monde arabe. Ils voient dans les guerres américaines en Afghanistan et en Irak des interventions impérialistes contre des nations arabes." (...) "L'Occident dénonce avec horreur le terrorisme aveugle qui tue civils, femmes et enfants, sans se soucier que dans le monde arabo-musulman, on dénonce avec horreur les bombardements aveugles qui tuent civils, femmes et enfants, les assassinats ciblés par drones ou autres." (...) "Ainsi la guerre du Moyen-Orient est entrée en France le 7 janvier 2015." (...) "L'IMPUISSANCE." (...) "La coalition inclut l'Arabie saoudite, dont le régime est proche de celui que rêve d'instaurer Daech." (...) "L'AVEUGLEMENT. L'interventionnisme occidental accentue la décomposition des nations du Moyen-Orient qu'il a en grande partie provoquée." (...) "L'ILLUSION. L'objectif des Occidentaux au Moyen-Orient est la restauration des Etats-nations déjà décomposés. Alors qu'il existe un seul et vrai but de guerre à opposer au califat de Daech, c'est la confédération du Moyen-Orient, à l'image amplifiée d'un Liban, qui respecterait l'autonomie et la liberté des ethnies et des religions diverses qui y sont implantées, dont le christianisme" (...) "Sauf redressement et changement de voie, tout s'aggravera, y compris en France." (...) "... L'espoir serait que, de cette société civile qui s'est réveillée, puisse naître en dehors des partis une confédération d'associations." (...) "Mais malheureusement l'anti-islamisme profite maintenant du raz-de-marée de dimanche, l'orientant pour isoler, culpabiliser, dégrader les populations musulmanes. De plus une incompréhension réciproque s'est installée dans les esprits : les uns, laïcs, ne peuvent admettre une limitation de nature religieuse à la liberté, quand les autres ne peuvent accepter une atteinte à ce que leur religion a de plus sacré. / "La réponse n'est pas dans les polémiques lapidaires. Elle est dans l'introduction au cœur de la culture française, et d'abord à l'école, d'une culture historique." (...) "Il faut également rappeler que le 'terrorisme' n'est pas une invention islamique en Europe." (...) "La re-pensée, la ré-éducation sont beaucoup plus nécessaires que les proclamations antiracistes. / S'impose à nous une grande, lourde, mais nécessaire tâche de régénération de la pensée, qui comporte nécessairement une regénération de la pensée politique." Edgar Morin, philosophe, "Essayons de comprendre..."

"Terroristes ou djihadistes, ils se construisent un statut de héros, de guerriers (...) ils se mettent en scène (...) ne préparent ni leur fuite ni des lendemains qui chantent, et meurent en direct à la une des journaux télévisés, dans un bref spasme de toute-puissance." (...) "En ce sens ils sont bien le produit d'une culture nihiliste et individualiste de la violence que l'on retrouve dans d'autres secteurs de la jeunesse (...)."Il y a beaucoup de rebelles en quête d'une cause, mais la cause qu'ils peuvent choisir n'est évidemment pas neutre." (...) "On pourrait enfin se demander si la 'laïcité' ne fabrique pas à son tour un sacré qui échapperait à la liberté d'expression." (...) Ce religieux (...) est reconstruit à partir d'une déculturation profonde des nouvelles générations. Le salafisme, qui en est l'expression la plus pure, rejette toutes les cultures à commencer par la culture musulmane et sa propore histoire. (...) " L'Arabie saoudite... (...) La Mecque aujourd'hui, c'est Las Vegas plus la charia." (...) "Historiquement, l'islam comme le christianisme se sont 'enculturés', aujourd'hui religion et culture se séparent. La question est donc non pas de 'réformer' l'islam, mais de 'culturer' l'islam en l'insérant dans la société française. En mettant en avant une conception de la laïcité qui exclurait le religieux de l'espace public, on contribue à 'fanatiser' le religieux." Olivier Roy, politologue, spécialiste de l'islam politique, "Un islam sans racines ni culture".

"Les musulmans sont donc placés dans une situation impossible : ils doivent désavouer une appartenance communautaire à laquelle ils sont pourtant constamment réduits." Mayanthi Fernando, anthropologue, "Le fardeau de la représentation".

"Deux visions du monde vont s'affronter à travers la lecture du Coran. La première est portée par des théologiens appartenant au courant mutazilite, des rationalistes lisant le texte de manière symbolique et métaphorique." (...) "... Face à eux des traditionalistes pour qui le Coran est non seulement incréé, mais doit être lu de manière littérale sans aucune distance ni interprétation." (...) '... Victoire de l'obscurité sur la lumière, du rigorisme sur l'intelligence." (...) "La défaite de la raison est aussi celle de l'humanisme qu'on trouve dans le Coran." Tahar Ben Jelloun, écrivain, "Lire le Coran".

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Des lectures sont suggérées, au fil des articles ou dans la note "Pour aller plus loin". Dont l'ouvrage d'Abdelwahab Meddeb, "La Maladie de l'islam", 2202, éd. du Seuil, ou "Généalogie de l'islamisme" d'Olivier Roy, Pluriel, 2011.

 

10/01/2015

Jours sombres. Résister...

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La mort, encore. Assassinats. Encore la haine... Résister... Résister à la peur, à la haine, aux divisions...

 

 

 

 

Attentat antisémite porte de Vincennes, Libération, 09-01-15. « Quatre otages sont morts » : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/09/prise-d-otages-dans-une-epicerie-casher-a-la-sortie-de-paris_1176953

Communiqué de la LICRA, 09-01-15 : Hommage rendu à toutes les victimes : « Les premiers ont été exécutés parce qu'ils étaient libres, les seconds parce qu'ils étaient juifs, les troisièmes parce qu'ils étaient les symboles de la République, mais c'est le même fanatisme qui les a frappés. »

« Comment résister à l’intimidation ? »Kaoutar Harchi,romancière et anthropologue, intervenant  ce 9 janvier à l’émission « Ce soir ou jamais », posait de manière fort intéressante la question de l’expression des musulmans, considérant qu’il fallait trouver un juste positionnement en évitant des pièges contraires. Refuser le positionnement victimaire de ceux qui s’investissent dans un militantisme axé sur la thématique de la lutte contre l’islamophobie. Mais refuser aussi de répondre à une sorte d’injonction à devoir s’exprimer comme musulman ou musulman supposé pour cause d’origine (quand on peut être athée ou agnostique, et même être musulman croyant mais de manière privée, intime, intérieure). Car un musulman ayant d’abord une existence sociale, de citoyen ancré dans une profession, n’a pas à mettre en scène une visibilité particulière : il s’exprime en citoyen, simplement. Elle définissait ainsi une pensée et expression inscrite dans une sorte de tension (en disant qu’il fallait que la foi musulmane se réfléchisse, au sens du regard dans un miroir où on peut se voir se reflétant, donc se penser) : tension nécessaire pour toute appartenance religieuse. Donc ni victimisation, ni réponse de justification particulière pour se « démarquer » des terroristes qui instrumentalisent la religion : http://www.france2.fr/emissions/ce-soir-ou-jamais/diffusions/09-01-2015_289187

Cette réflexion est évidemment au cœur des questionnements associés à la lutte contre la radicalisation de candidats au Jihad...  Si ce langage était compris par tous il n’y aurait pas d’individu prêt à mourir pour des causes fantasmées. Mais d’autres intervenants invités parfois (ou souvent) à la même émission, ont fait passer des messages contraires, comme la porte-parole des « Indigènes de la République », eux qui accusaient les dessinateurs de Charlie Hebdo d’être racistes et qui ont donc nourri les haines vengeresses des criminels. On commence à tuer avec les mots. Confondre la dérision et le racisme est un signe de grande rigidité, de pensée aveugle.

De même ceux qui instrumentalisent le conflit israélo-palestinien, ayant une passion obsessionnelle pour le soutien des Palestiniens (Hamas compris, tel que), et vouant une critique totale destinée à Israël parfois exclusivement, ceux-là donnent des armes mentales à l’antisémitisme meurtrier. (Boycott d’Israël seul, présenté comme action prioritaire et absolue, alors que rien de tel n’est jamais proposé pour lutter contre les pires dictatures, qui ne dérangent pas les mêmes...). Alors qu’une critique (légitime...) d’un pouvoir n’aurait pas les mêmes effets désastreux si elle n’excluait pas la critique des pouvoirs adverses, et si elle s’accompagnait d’actions favorisant le dialogue entre les peuples, d’informations sur les initiatives de paix entreprises par des Israéliens et des Palestiniens (certaines ensemble, comme l’expérience de « Nevé Shalom- Wahat as-Salam »-« Oasis de Paix », pour ne donner ici qu’un exemple  - mais il y en a bien d’autres : http://wasns.org/-oasis-de-paix- ). Et si elle soutenait parallèlement la lutte contre l’antisémitisme. Donc des questions doivent se poser, des consciences s’interroger... car les crimes ont des racines complexes et les responsabilités sont diluées. (Comme nous pouvons tous nous interroger, d’ailleurs, sur la solidarité insuffisante quand Charlie manquait d’argent, dans cette période d’avant l’attentat, dans un silence assez général, heureusement corrigé par l’immense élan maintenant. Avons-nous su voir l’importance de leur rôle et de leur courage ? Pas à temps...).

Si l’horreur des attaques de ces derniers jours favorisait ces questionnements, on pourrait espérer... Espérer résister...

Cependant, évidemment, la lutte contre le terrorisme ne se situe pas seulement et principalement sur notre territoire et elle n’est pas qu’idéologique (mais cela ne dispense pas des analyses sur l’ici maintenant). Cette lutte est aussi militaire, policière, politique. 

Robert Badinter, réaction recueillie par Laure Bretton, Libération, 07-01-15, après l’attentat de Charlie Hebdo. « Les terroristes nous tendent un piège politique » : http://www.liberation.fr/societe/2015/01/07/robert-badinter-les-terroristes-nous-tendent-un-piege-politique_1175717 («Enfin, pensons aussi en cette heure d’épreuve au piège politique que nous tendent les terroristes. Ceux qui crient "allahou akbar" au moment de tuer d’autres hommes, ceux-là trahissent par fanatisme l’idéal religieux dont ils se réclament. Ils espèrent aussi que la colère et l’indignation qui emportent la nation trouvera chez certains son expression dans un rejet et une hostilité à l’égard de tous les musulmans de France. Ainsi se creuserait le fossé qu’ils rêvent d’ouvrir entre les musulmans et les autres citoyens. Allumer la haine entre les Français, susciter par le crime la violence intercommunautaire, voilà leur dessein, au-delà de la pulsion de mort qui entraîne ces fanatiques qui tuent en invoquant Dieu. Refusons ce qui serait leur victoire. Et gardons-nous des amalgames injustes et des passions fratricides.»)

« Les Français sont là, debout, unis ». Entretien avec Max Gallo, Le Parisien, 09-01-15. Propos recueillis par Frédéric Gerschel :  http://bit.ly/1ADmqeB

(« Quand on tire sur des policiers et des journalistes avec des armes aussi puissantes en plein Paris, il y a la volonté affichée de créer un climat de guerre. »)... Il considère que parler du 11 septembre en référence à l’attaque contre Charlie Hebdo, c’est un anachronisme qui occulte une réelle analyse des faits. Il met en garde contre l’amalgame musulmans / terroristes : « Il faut faire en sorte que chacun ne reste pas dans son particularisme. Il faut une ouverture plus franche vers le monde musulman » (...) « Nous devons considérer les membres de la communauté musulmane comme des Français à part entière, les intégrer comme on l’a fait dans le passé avec les Italiens ou d’autres Français d’origines différentes. Cela suppose aussi des efforts de leur part. »

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Page d'ENAR (réseau européen antiraciste) : http://enar-eu.org/ENAR-condemns-anti-Semitic-killing 

19/12/2014

Kamel Daoud menacé. Une liberté agissante, qui dérange...

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Petite revue de presse, puis réflexion personnelle... et liens vers pages de Kamel Daoud.

« Un salafiste algérien émet une "fatwa" contre Kamel Daoud », Le Monde ,18-12-2014, par Amir Akef (Alger, correspondance) : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/12/17/un-salafiste-algerien-emet-une-fatwa-contre-kamel-daoud_4541882_3212.html (Extrait : « Un imam salafiste, Abdelfatah Hamadache, chef du parti non autorisé du Front de la Sahwa islamique salafiste algérienne, a émis mardi 16 décembre 2014, sur sa page Facebook une « fatwa » contre l’écrivain et chroniqueur Kamel Daoud, qualifié d’ennemi de l’islam et de la langue arabe, d’écrivain « sionisé » qui insulterait Allah et le Coran. »)

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« Menacé de mort, Kamel Daoud porte plainte contre son pourfendeur », France24, 17/18-12-2014: http://www.france24.com/fr/20141217-menace-mort-ecrivain-kamel-daoud-porte-plainte-dirigeant-salafiste-algerie-islamisme/  (CITATIONS : « Le journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud a porté plainte en Algérie, mercredi 17 décembre, contre le dirigeant salafiste qui a demandé sa condamnation à mort sur Facebook. » /// « Kamel Daoud dérange et ce n’est pas nouveau. Connu pour ses prises de position très virulentes contre la religion ou ses chroniques sans complaisances à l’égard du président Abdelaziz Bouteflika, le romancier et journaliste algérien est régulièrement la cible d’insultes et de critiques. Cette fois, le  finaliste du  Goncourt est menacé de mort. Le dirigeant salafiste Abdelfatah Hamadache a lancé mardi 16 décembre une fatwa contre l’auteur de "Meursault, contre-enquête". » /// « "Je trouve ça dramatique [ce type de menace] dans un pays qui a beaucoup souffert, mais il ne faut pas y accorder plus d’importance que cela", confie Kamel Daoud à France 24. "Abdelfatah Hamadache est un simple clown islamiste. C’est un homme médiatique qui a un sens de la comédie très poussé. Mais j’ai toujours pensé à haute voix et je ne vais pas m’arrêter parce qu’il a émis une menace de mort", poursuit l’auteur. / Plus tôt dans la journée, Kamel Daoud avait publié sur son mur Facebook : "Fatwa pour me tuer émise par le mouvement salafiste algérien. Signé par le Abd El Fettah Hamdache. Voilà où mène le sentiment d'impunité chez ces gens là."  Il précise sa pensée : "Depuis quelques mois, il y a une poussée des islamistes en Algérie et il n’y a pas de ligne rouge. Pas de réaction politique", regrette l’écrivain. » /// « Vague d’indignation en Algérie : La menace de mort d’Abdelfatah Hamadache a soulevé une vague d'indignation sur les réseaux sociaux. »)

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Soutien des journalistes algériens : communiqué, déclarations, articles, réactions sur les réseaux sociaux, pétition...

Analyse, « Hamadache, ce terroriste protégé par le régime algérien », par Abdou Semmar, 17-12-2014, Algérie-Focus : http://www.algerie-focus.com/blog/2014/12/hamadache-ce-terroriste-protege-par-le-regime-algerien-par-abdou-semmar/  (CITATIONS : « ‘’Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion’’, avait dit un jour le regretté Voltaire. Abdelfatah Hamadache, cet imam salafiste algérien qui veut «réislamiser» à sa manière la société algérienne, incarne parfaitement ce monstre dont parle si bien le bon vieux Voltaire.  // Un monstre de terrorisme intellectuel qui a franchi hier mercredi toutes les lignes rouges en appelant au «meurtre» de l’écrivain, certes d’expression francophone mais Algérien avant tout, Kamel Daoud. » // (...) « Les règles du jeu sont claires : le terrorisme idéologique de Hamadache est toléré, pour ne pas dire soutenu, dans la mesure où il ne vise que ces opposants honnis par le régime. Un terrorisme accepté s’il ne s’en prend qu’aux homosexuels, couples amoureux, femmes émancipées ou jeunes algériens en quête de liberté sexuelle. Un terrorisme idéologique protégé même puisqu’il est instrumentalisé par un régime soucieux de préserver le statu-quo. Dieu merci, tous les Algériens ne sont pas dupes… »). (Article intégral sur le site...)

Malheureusement, en cherchant des infos supplémentaires sur la Toile, on tombe aussi, ici, sur les tentatives haineuses des spécialistes de l’obsessionnelle hantise de l’islam : amalgame islam/islamisme donné comme allant de soi. Abdelwahab Meddeb parlait du « mépris ignare » de certains intellectuels par rapport aux musulmans (voir la note précédente). Oui, cela existe, mais là, c’est encore un cran au-dessous : ces gens ne méritent pas le titre d’intellectuels, car ils n’élaborent aucune pensée, mais naviguent dans un brouillard idéologique constitué de constructions fantasmatiques. Ils  déforment la pensée de Kamel Daoud (que sans doute ils n’ont pas lu, ou pas vraiment) pour instrumentaliser le fait de cette fatwa, en essayant de faire entrer cela dans leur système idéologique qui fantasme des foules hystériques appelant en chœur au meurtre dans le sillage du salafiste clownesque. Les réactions algériennes, massives, d’indignation et de soutien à Kamel Daoud ? Evidemment ils n’en parlent pas : cela ne cadre pas avec leur volonté de produire de la peur, de nourrir les préventions contre les musulmans en général. Extrême droite aux visages politiques divers, sites d’incitation à la haine (quand je vois sur une page d’accueil  carrément la revendication de « l’islamophobie » comme « opinion », avec un appel à participer à une campagne islamophobe...). On apprend, en fouinant, que Christine Tasin (Riposte laïque...) a été relaxée en appel (procès de Belfort)  pour des termes injurieux à l’égard de l’islam (... !!!). Si on détournait le dessin humoristique reproduit sur la page de Reporters.Dz on pourrait poser la question : « De quoi ces faiseurs d’agitation sont-ils le nom ? » Et répondre : « 50 nuances de haine », ou (variante) « 50 nuances de FN » (appartenance ou pas, d’ailleurs : le FN a ses marges...).

Preuve, tout cela, qu’il est extrêmement important de lire et faire lire les intellectuels de culture musulmane (croyants ou pas, pratiquants ou pas, mystiques ou pas), les musulmans qui veulent inscrire une pensée d’un islam des lumières, les islamologues, les soufis (qui représentent une haute spiritualité, une « sagesse », au-delà même de toute appartenance religieuse)s. Aussi important, cela, que la lutte indispensable contre l’idéologie salafiste, les miasmes jihadistes. L’absence de culture est porteuse d’errance et perte. 

L’intégrisme est « une maladie de l’islam » disait Abdelwahad Meddeb. Oui, mais pas seulement. Car si les horreurs de l’Inquisition catholique furent une maladie du christianisme elles furent aussi une maladie de société, de civilisation, d’époque, un révélateur des impensés du temps, des refoulés d’un inconscient perverti... Et la réalité d’un intégrisme qui fascine ici et ailleurs des gamins perdus autant que des idéologues rendus fous par leurs constructions mentales, cette réalité n’est pas qu’une maladie de l’islam (tout en l’étant évidemment totalement, aussi) : elle est un révélateur des failles contemporaines, locales et mondiales.

Des esprits de la qualité de Kamel Daoud interrogent les confusions identitaires, les illusoires « appartenances», les mensonges idéologiques, les croyances erronées, les instrumentalisations de conflits, les confiscations mémorielles.  Donc heurtent, ces esprits, ceux qui sont dérangés, ainsi, dans leur fanatisme, leur paresse, ou leur folie. C’est ce qu’a fait récemment, autres questions, autres urgences de parole, Harry Roselmack, dans Le Monde du 17-12-2014 (« Halte aux mauvais réflexes identitaires ! », dénonçant notamment des dérives racistes, antisémites précisément, dans la complaisante indulgence de certains devant les formulations haineuses de Dieudonné, sous prétexte d’appartenance communautaire).  

Les racistes hypocrites diront qu’ils désignent des faiblesses de communautés humaines critiquables, et ils feront semblant de croire trouver là arguments pour leur haine. Sauf que c’est l’inverse qui est vrai... Quel miroir est tendu là ? A mon sens celui qui force à se demander en quoi on interroge ses propres failles, en quoi on est capable d’échapper aux diktats communautaires de ses éventuelles appartenances (né quelque part, à tel moment, avec telle ou telle ascendance, telle(s) langue(s), et telle ou telle éducation religieuse ou athée). Comment gère-t-on l’écart nécessaire entre appartenir et savoir traverser les frontières réelles et symboliques ?

Le plus difficile, justement, est le regard critique sur les choix de ceux dont nous partageons une identité, un être là qui nous définit en partie ou beaucoup, suivant les ressentis. La légitime solidarité doit-elle être aveugle ? Celui qui dénonce les dérives prend pour certains la figure du « traître » (comme Camus, celui, surtout, des Chroniques algériennes ou de l’appel à la Trêve, perçu par les ultras comme l’homme à abattre, par exemple). L’intime déchirure sera parfois l’écart d’une lettre entre solidaire de n’importe quoi ou solitaire... Risque pris par ceux qui lancent leur parole au premier plan, risque récompensé par la reconnaissance des « justes », comme cela se voit dans l’élan de nombreux Algériens pour soutenir le chroniqueur et écrivain Kamel Daoud...

Donc tomber dans le piège du regard négatif sur une communauté ou un peuple parce que de l’intérieur des paroles critiques s’élaborent et se publient, c’est un contre-sens absolu. Estimable la communauté humaine, estimable le peuple capable de faire émerger des esprits critiques dans le regard sur soi (soi collectif...).

Sur la Toile, on voit donc l’élan unanime d’un soutien authentique de l’écrivain menacé, sur les deux rives et au-delà. Et on voit aussi, en marge, le faux soutien, ici (et sans doute ailleurs), de menteurs qui font semblant d’adhérer à une pensée qui est leur exact contraire, pour mieux nourrir leur fantasmatique délirante. C’est la stratégie habituelle de l’extrême droite : récupérer des valeurs pour les détourner et les inverser. Ces gens ne valent pas mieux que le salafiste : leur « solidarité » apparente et leur « soutien », affiché, à Kamel Daoud ne sont que le masque (assez transparent) de leurs projections mortifères. 

Peu importe pour lui. L’essentiel est ailleurs, dans l’appui authentique que son intégrité et son intelligence entraînent, massivement. Mais pour ceux qui veulent comprendre ce qui se joue en France autour du seul mot « islam », c’est important de regarder dans les marges problématiques qui s’étalent sur la Toile...

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Kamel Daoud 

Sur Decitre, auteur : http://www.decitre.fr/auteur/1565553/Kamel+Daoud/

Kamel Daoud, chroniqueur...  Impact 21, Algérie Focus, etc.

Articles de Kamel Daoud, Le Quotidien d’Oran, regroupés sur djazairess.com : http://www.djazairess.com/fr/author/Kamel+Daoud

30/11/2014

FERGURSON. Un éditorial, une citation… « La haine ne peut… »

Lu aujourd’hui. Editorial d’Alexandra Schwartzbrod, Libération, 29-30 novembre 2014. Analyse sur la situation actuelle, aux USA, après Fergurson : http://www.liberation.fr/monde/2014/11/28/tournant_1152965    (« Il y aura sans doute un avant et un après Ferguson. Aux Etats-Unis, mais aussi dans le reste du monde où beaucoup réalisent soudain qu’il ne suffit pas d’élire un président noir pour chasser les démons d’un lourd passé racial. Cinquante ans tout juste après l’abolition des dernières lois Jim Crow - qui instauraient la ségrégation raciale dans le pays -, les Américains (re)découvrent qu’il existe deux villes de Ferguson, une blanche et une noire qui rarement se croisent. Et surtout qu’il existe deux Amériques, une blanche et une noire, la première vivant dans de bien meilleures conditions que la seconde et risquant beaucoup moins d’être la cible de la police. » Suite sur le site du journal. )

Son éditorial se termine par une citation de Martin Luther King, valable pour ce thème, mais aussi pour bien d’autres…  «L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité : seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine : seul l’amour le peut.»

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Mise à jour. 06-12-14

Colère à New York : https://fr.news.yahoo.com/la-colère-persiste-aux-usa-après-la-disculpation-221529414--finance.html (« par Sebastien Malo et Joseph Ax. NEW YORK (Reuters) - La colère suscitée par la disculpation d'un policier blanc de New York impliqué dans la mort cet été d'Eric Garner, un père de famille noir, ne faiblit pas aux Etats-Unis, où de nouveaux rassemblements étaient prévus vendredi pour la troisième soirée consécutive./ Comme à Ferguson, dans le Missouri, où un grand jury a estimé le 24 novembre qu'il n'y avait pas matière à poursuivre le policier blanc Darren Wilson pour la mort en août du jeune noir Michael Brown, les jurés de Staten Island, l'un des quartiers de New York, ont jugé mercredi que le policier Daniel Pantaleo ne serait pas poursuivi pour la mort d'Eric Garner./ Contrairement à Ferguson, l'interpellation fatale de ce père de six enfants, revendeur de cigarettes à la sauvette, a pourtant été filmée le 17 juillet par un vidéaste amateur. On y voit l'agent new-yorkais et ses collègues l'immobiliser par strangulation tandis que Garner, asthmatique et en surcharge pondérale, dit à plusieurs reprises qu'il n'arrive plus à respirer. » ). Suite sur le site…

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Voir aussi liens LISTE "Actu" (marge gauche...). Articles classés à USA

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04/11/2012

« HAÏR C'EST ENCORE DEPENDRE ». Réflexion à partir d'un texte de Daniel Maximin citant Césaire (texte à méditer...)

Des récupérations idéologiques et politiques ont cours en ce moment, là ou ailleurs, à propos de la reconnaissance des crimes du 17 octobre 1961 (déguisée par certains - qui y sont hostiles - en « repentance » : ce qui attise les passions, remue les émotions, les colères, les rancoeurs - ce qui, aussi, autorise la mauvaise foi…). Dans ces heurts où les mémoires et souffrances s’opposent (et intimement dans les questionnements personnels identitaires que ces débats réactivent) parfois la haine affleure (ou déborde). Haine et haines d’autant plus dangereuses que, dans un contexte de crise, des groupes politiques (des mouvances, des partis) instrumentalisent mémoire et Histoire pour, dans l’actualité sociale, introduire des thématiques discriminatoires, des divisions entre les communautés qui composent le pays, provoquer la peur (de l’autre, forcément). Et quand, en plus, la commémoration en hommage aux victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie entraîne une lutte de dates qui recouvre un conflit mémoriel plus important... on ne sait plus qui va crier le plus fort.

Il est donc peut-être nécessaire de relire certains textes qui proposent de prendre recul, de faire un peu silence en soi avec ces remuements douloureux sur un passé individuel et collectif. Qu’est-ce qui libère et qu’est-ce qui entrave ? Penser dans la solitude permet de retrouver son autonomie de pensée, de réfléchir autrement, sans influence politicienne ou communautaire (ce qui ne veut pas dire reniement d’appartenances : mais il y a plusieurs manières d’appartenir – en se faisant piéger par un enfermement idéologique et passionnel univoque, ou en acceptant de constater la complexité des regards sur la réalité et la complexité des communautés humaines elles-mêmes).Ce qui ne veut pas dire non plus renoncement à l'expression, ni même aux revendications justes... 

Daniel Maximin, à propos de la commémoration de l’esclavage, se pose les mêmes questions. On remplace « esclavage » par guerre d’Algérie, colonisation, décolonisation, et on a de quoi méditer sur les choix possibles (quels positionnements?) à ce sujet. (« On »  renvoie à des « mondes », divers : Pieds-Noirs et Harkis, oui - personnes, communautés, et associations - mais aussi Algériens sur les deux rives, Franco-Algériens, anciens appelés, métropolitains, pouvoirs, partis, médias… Mais c’est d’abord un appel à la conscience individuelle… exigence qui interfère… (Et c'est valable pour d'autres conflits passés et actuels...).


« La commémoration a un sens si elle n'est pas déviée. Car, plus important que le devoir de mémoire, il y a le droit à l'Histoire. Il faut que toute l'Histoire soit dite: pas seulement celle des douleurs, mais surtout la plus cachée, celle des résistances. La mémoire doit autant privilégier la parole des opprimés que la condamnation du discours de l'oppresseur. Elle doit montrer que l'esclavage a perdu, qu'il n'était pas fait pour fonder des sociétés, des cultures. Donc il ne doit y avoir ni ressentiment, ni resserrement, ni posture victimaire. Césaire disait : "Attention, haïr, c'est encore dépendre." » Evidemment, d'un lecteur du texte à l'autre l'opprimé et l'oppresseur auront des visages différents. Peu importe : ce qui compte surtout c'est la mise en garde... Attention...
 

Le sens du mot  « dépendre » peut être compris diversement. Ceux qui ont dépendu de l’autorité politique des autres, subi des oppressions (colonisation, esclavage), doivent se libérer du lien qui demeurerait avec la colère et la haine, et les maintiendrait dans une sorte de paradoxale dépendance, intérieure surtout, inconsciente. Mais les situations sont parfois plus complexes, autres, l’oppression avoir des formes très diverses, camouflées, les contraintes être de l’ordre de la manipulation (manipulation d’opinion, aussi, comme le montre et le dénonce Jean Pélégri dans son livre « Ma Mère l’Algérie » : comment la métropole – avec ses pouvoirs – a construit une image collective des Pieds-Noirs, en faisant de cette communauté un bouc émissaire). Et cependant, dans tous les cas, prolonger les luttes passées, ne rien remettre en question de ses croyances antérieures, rester dans la douleur des exils, quels qu’ils soient, cela aussi crée dépendance, autrement. Collectivement il faut travailler à une résilience libératrice, en déconstruisant les manipulations passées et présentes, en refusant les injonctions qui font jouer un rôle, créent une fausse identité, piègent dans de fausses valeurs (qu’on croit siennes et qui sont étrangères profondément). Bien sûr, parler de résilience (Algériens, Pieds-Noirs, Harkis, Appelés, Métropolitains) est plus difficile quand on évoque les plus terribles traumatismes (victimes du terrorisme, enfants de disparus ou de victimes d’assassinats ciblés, survivants d’un massacre, témoins de meurtres, de tortures, nés d’un viol, victimes de viol). C’est là que les communautés peuvent avoir un rôle apaisant ou au contraire aggravant (en croyant même parfois accompagner – mais en réactivant les souffrances, les colères, en les figeant dans un éternel passé, quand le présent est déjà assez dur). Attention aux héros qu’on se crée, aux icônes qu’on fabrique : certains masques peuvent être dévastateurs… Le défi est de ne pas choisir ce qui dévaste… Quand ceux qui haïssent ne dépendent pas seulement (encore…) de ceux qui les ont opprimés ou agressés (ou, c’est pareil, rôles inversés, de ceux qu’ils ont opprimés ou méprisés), mais dépendent aussi (et c’est peut-être la pire prison) de la part la plus sombre d’eux-mêmes, de l’ombre intérieure qui les hante et qu’ils projettent sur le monde, pour une vision manichéiste… 

L'entretien complet est à lire sur le site de L’Express. « Haïr, c’est encore dépendre », Daniel Maximin, 07-05-2009 : http://www.lexpress.fr/culture/livre/daniel-maximin-hair-c-est-encore-dependre_823480.html

Autre entretien, éclairant aussi. « Il faut arrêter d’être esclave de l’esclavage », Daniel Maximin, décembre 2006, L’Internaute : http://www.linternaute.com/histoire/magazine/interview/daniel-maximin/retranscription-daniel-maximin.shtml  (CITATIONS :« La volonté d'oppression est constitutive d'une partie de chacun d'entre nous. C'est le désir de mort pour soi ou pour l'autre qui s'oppose en permanence au désir de vie ou de faire vivre. » (…) « Il reste nécessaire de pratiquer "l'auto-surveillance" dont vous parlez (il répond à une question) vis-à-vis de chacun de nous et vis-à-vis des autres. Il n'est pas utopique de penser que la mort et le mal existeront toujours mais que la Résistance à leur empire est aussi permanente dans l'histoire des hommes. »)

C’est une leçon de lucidité.  Ne risquons-nous pas, nous, tous, en effet, d’être esclaves des attachements à la condition d’exilé (par exemple), quand nous ne sommes ici que de passage? (Ce peut être aussi le contraire, avec les pièges de l'ancrage local, ou des visions ethnicistes, à la façon des Identitaires ou des Indigènes de la République...). Ne sommes-nous pas, tous, souvent, dans l’illusion de l’innocence intime, communautaire, ou nationale, quand personne n’a échappé, en réalité, aux choix les plus mortifères. Ne serait-ce que par contagion. Ne serait-ce qu’en se taisant…